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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Nettoyage ethnique à Jérusalem</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 21:59:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Philippe Lewandowski « Le maire de Jérusalem, Nir Barakat, a annoncé que la municipalité allait classer 70.000 citoyens de Jérusalem comme non-résidents, dans le cadre de la campagne israélienne visant à atteindre une majorité juive à Jérusalem-Est. 70.000 résidents palestiniens, déjà coupés du reste de Jérusalem par le mur d’apartheid israélien, seront désormais privés de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Philippe Lewandowski</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>« Le maire de Jérusalem, Nir Barakat, a annoncé que la municipalité allait classer 70.000 citoyens de Jérusalem comme non-résidents, dans le cadre de la campagne israélienne visant à atteindre une majorité juive à Jérusalem-Est. 70.000 résidents palestiniens, déjà coupés du reste de Jérusalem par le mur d’apartheid israélien, seront désormais privés de papiers d’identité, et leur administration transférée de la Municipalité de Jérusalem à l’administration civile de l’armée israélienne en Cisjordanie »</strong>.</em> [1]</p>
<p style="text-align: justify;">La brutalité et le caractère extrêmement grave de cette annonce ne doivent pas être sous-estimés. Il s’agit ni plus ni moins de la reprise, ou plus exactement de la poursuite de la Nakba (catastrophe), dans une ampleur qui n’a été dépassée que lors de la sinistre année 1948.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un peu d’histoire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons que le plan de partage mort-né de 1947 [2] prévoyait, aux côtés d’un État palestinien et d’un État israélien, un statut à part pour Jérusalem et ses environs (incluant Bethléem), qui seraient administrés par l’ONU. Cette résolution et ce statut ont été balayés par la guerre de 1948 : « <em>Pour David Ben Gourion, Jérusalem ne pouvait se trouver hors du périmètre du nouvel État juif. C’est pourquoi la bataille pour Jérusalem fut une priorité absolue. Les forces armées israéliennes réussirent à s’assurer le contrôle de la partie ouest de la ville, obligeant ses habitants palestiniens à se réfugier derrière la ligne d’armistice tracée à proximité des murailles de la vieille ville qui demeura dans la partie arabe de la Palestine, bientôt annexée par la Transjordanie du roi Abdallah</em> ». [3]</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation dura jusqu’à la guerre de 1967, à l’issue de laquelle Israël occupa l’ensemble de la ville, la Cisjordanie ainsi que le Golan. L’annexion unilatérale d’une partie de ces territoires n’est pas reconnue par la communauté internationale, ils doivent donc, dans leur ensemble, être considérés comme des territoires occupés. La puissance occupante est censée ne pas s’en prendre à la population locale, et toute colonisation demeure en principe illégale. Mais le projet sioniste n’a cure du droit international.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dépossession rampante</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Terres et habitations constituent les premières cibles des nouveaux arrivants. Les expropriateurs n’ont pas toujours la patience d’attendre que s’écroulent des demeures faute d’entretien (mais les Palestiniens n’obtiennent de permis de construire, et donc de maintenir en état, qu’avec la plus grande parcimonie, voire qu’à titre exceptionnel), il n’est donc pas rare de voir des bulldozers raser des maisons, côté pile ; côté face, des colons s’installent sans façon dans des immeubles habités par des Palestiniens en chassant tout simplement ces derniers sous la protection de l’armée.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images22.jpeg"><img class="size-full wp-image-6006 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images22.jpeg" alt="" width="275" height="183" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les personnes, quant à elles, se voient gratifiés de statuts aussi divers que variables, accompagnés de droits plus ou moins restreints. Les 250.000 Palestiniens de Jérusalem reçoivent ainsi une carte de résident bleue (qui leur donne en pratique le droit d’habiter à Jérusalem-Est, mais nul droit de vote), dont le renouvellement « <em>est un processus long, ennuyeux, et parfois humiliant, une routine annuelle à laquelle il faut se soumettre dans les bureaux du Ministère de l’Intérieur dans la partie Est de Jérusalem</em> » [4]. La perte de cette carte ressemble fort au prélude d’un processus d’expulsion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De l’accélération à l’explosion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une augmentation notable des refus de renouvellement de cartes avait été observée en 2009 : « <em>En 2008, selon le Haaretz , le ministère de l’intérieur israélien a privé de statut de résident 4 577 Palestiniens . Au cours des quarante années précédentes, 8 558 Palestiniens au total avaient perdu ce statut. Soit une augmentation exponentielle</em> ». [5]</p>
<p style="text-align: justify;">Le chiffre effarant de 70.000 non renouvellements prend dès lors toute sa signification. Surtout si on le met en rapport avec l’annonce presque simultanée de l’autorisation de la construction de 130 nouveaux logements pour Israéliens juifs à Jérusalem-Est. [6]</p>
<p style="text-align: justify;">En termes clairs, qu’est-ce donc si ce n’est de la purification ethnique au grand jour ? Les pitres médiatiques habituels restent bien entendu silencieux. Ceux qu’on dit grands dans les pays occidentaux leur emboîtent le pas dans l’inaction. Pouvons-nous nous taire ?</p>
<p align="right"><strong><a href="http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?auteur48">Philippe Lewandowski</a></strong></p>
<p align="right">27 janvier 2012</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[1] Wadi Hilweh Information Center, 70.000 Palestiniens de Jérusalem vont être reclassés comme citoyens de Cisjordanie, <a href="http://www.ism-france.org/communiques/70000-palestiniens-de-Jerusalem-vont-etre-reclasses-comme-citoyens-de-Cisjordanie-article-16452">http://www.ism-france.org/communiqu&#8230;</a> , 30-12-2011, consulté le 01-01-2012.</p>
<p>[2] Résolution 181 de l’ONU, votée le 29 novembre 1947, mais sans consultation des populations concernées</p>
<p>[3] Jean-Paul Chagnollaud &amp; Sid-Ahmed Souiah, <em>Atlas des Palestiniens</em>. Paris : Autrement, 2011, p.54.</p>
<p>[4] <em>Jérusalem, le rapport occulté : rapports 2005 et 2008 des diplomates de l’Union Européenne en poste à Jérusalem</em>, présentation par René Backmann. Paris : Salvator, 2009, p.63.</p>
<p>[5] Blog de Gilles Paris, journaliste au Monde, <a href="http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/2009/12/02/4-577-palestiniens-en-moins-a-jerusalem-est-en-2008/">http://israelpalestine.blog.lemonde&#8230;</a>, 02-12-2009, consulté le 01-01-2012.</p>
<p>[6] En fait, ce sont 15.000 unités d’habitations supplémentaires réservées aux Juifs qui sont prévues d’ici 2015. Cf. Jean-Paul Chagnollaud &amp; Sid-Ahmed Souiah, op. cit., p.57.</p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2557">http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2557</a></p>
<p><strong>Photo</strong> : <a href="http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4848">http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4848</a></p>
<p><strong>Pour en savoir plus </strong>:</p>
<p>lire « <em>La politique d&#8217;Israël à Jérusalem inquiète les Européens</em> »  par  Laurent Zecchini, correspondant du Monde à Jérusalem ; télécharger : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Politique-Israël-à-Jérusalem.pdf">Politique Israël à Jérusalem</a></p>
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		<title>Gouvernance et responsabilité dans la zone de l&#8217;UE</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 18:22:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Le CCFD-Terre Solidaire a organisé les 8 et 9 décembre 2011 à l’occasion de ses 50 ans, un colloque international intitulé « Gouvernance et responsabilité, proposition pour un développement humain et solidaire » ainsi présenté : « Débattre afin de trouver des solutions aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés, résonne chaque jour davantage comme une urgence. Le faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le CCFD-Terre Solidaire a organisé les 8 et 9 décembre 2011 à l’occasion de ses 50 ans, un colloque international intitulé « <strong>Gouvernance et responsabilité, proposition pour un développement humain et solidaire » </strong>ainsi <a href="http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/a/agenda_2700.php">présenté</a> :<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« </strong>Débattre afin de trouver des solutions aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés, résonne chaque jour davantage comme une urgence. Le faire en réunissant des décideurs, des chefs d&#8217;entreprise, des philosophes, des responsables de mouvements sociaux et de jeunes chercheurs du Nord comme du Sud de notre hémisphère, est pour nous la garantie d&#8217;un débat exigeant et la reconnaissance que la planète est une et les regards multiples.</p>
<p style="text-align: justify;">Fort de cinquante années d&#8217;expérience de partenariat avec de multiples acteurs du développement sur les cinq continents, le CCFD-Terre Solidaire souhaite ainsi apporter sa contribution à un travail de redéfinition du modèle de développement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce colloque s&#8217;inscrit dans un travail plus large de réflexion prospective engagé par le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires pour identifier les initiatives porteuses de sens et de transformation. Comment redéfinir les concepts de gouvernance et d&#8217;humanité ? Quelles politiques publiques pour subvenir aux besoins des populations malgré la finitude des ressources naturelles ? Quel modèle économique replacera l&#8217;homme au centre ?  ».</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/CCFD.jpeg"><img class="size-full wp-image-5998 aligncenter" title="CCFD" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/CCFD.jpeg" alt="" width="160" height="188" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’un des intervenants a été <strong>Gaël Giraud, </strong>chercheur en économie au CNRS, de formation mathématique. Ses travaux portent un regard original sur l’économie financière et explorent les aspects éthiques des sciences économiques. Jésuite, et ancien praticien de la finance, il apporte des propositions de gouvernance économique. Son intervention est construite autour des trois points suivants :</p>
<p style="text-align: justify;">1. La gouvernance de la zone européenne. Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align: justify;">2. La part de responsabilité des marchés financiers et du secteur bancaire dans cette situation.</p>
<p style="text-align: justify;">3. Les types de grandes propositions et de solutions que l’on pourrait envisager.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour écouter cette intervention d’une vingtaine de minutes, après deux minutes de présentation, cliquer  <a href="http://vimeo.com/34613599">ICI</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>En savoir plus </strong>:</p>
<p>Lire :  « <em>20 propositions pour réformer le capitalisme </em>», sous la direction de Gaël Giraud et Cécile Renouard, Ed. Flammarion, 22 € et sur <a href="http://20propositions.com">http://20propositions.com</a> (réédition 2012).</p>
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		<title>La dette de la France, un secret bancaire ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/02/02/la-dette-de-la-france-un-secret-bancaire/</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 17:01:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Ivan du Roy  Qui détient la dette de la France ? Cette question, chaque contribuable français est en droit de se la poser. Ses impôts ne servent-ils pas à payer en partie les intérêts de la dette ? Or, si l’on dispose des quelques informations générales, savoir en détail qui détient les créances françaises et pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>Par Ivan du Roy</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><em><strong>Qui détient la dette de la France ? Cette question, chaque contribuable français est en droit de se la poser. Ses impôts ne servent-ils pas à payer en partie les intérêts de la dette ? Or, si l’on dispose des quelques informations générales, savoir en détail qui détient les créances françaises et pour quel montant relève du secret extrêmement bien gardé. L’opacité est totale et couverte par la loi.</strong></em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Euroclear.jpeg"><img class="size-full wp-image-5991 aligncenter" title="Euroclear" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Euroclear.jpeg" alt="" width="78" height="69" /></a></p>
<p><strong>Enquête.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">1 317 milliards d’euros. Tel est le montant, fin 2011, de la dette de l’État français. Qui sont ses créanciers ? La dette est-elle concentrée entre quelques richissimes mains ? Ou répartie entre une multitude de petits épargnants, du détenteur d’une assurance vie en Picardie au retraité du Minnesota qui vit des dividendes versés par son fonds de pension ? Les prêteurs sont-ils des spéculateurs, prêts à tout pour faire monter les taux d’intérêt, ou des investisseurs tranquilles ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em> « Le savoir permettrait de mesurer les conséquences potentielles d’un défaut de paiement, même partiel. Et de ne pas se retrouver dans une situation de spoliation de petits épargnants »</em>, explique Thomas Coutrot, économiste et coprésident d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). Les banques européennes, et françaises, qui ont bénéficié avant Noël d’un beau cadeau de la Banque centrale européenne – un prêt à 1 % sur plus de 450 milliards d’euros – pour les inciter à acheter de la dette européenne, jouent-elles le jeu ? Pour tenter de répondre à toutes ces questions, il faut suivre le parcours d’un bon ou d’une obligation du Trésor.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>42,5 milliards d’euros d’intérêts versés à des inconnus ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour se financer, l’État émet des titres financiers que des investisseurs achètent. Plusieurs types de titres, avec chacun leur échéance et leur taux d’intérêt, sont régulièrement proposés à la vente [1]. C’est l’Agence France Trésor (AFT) qui gère leur mise aux enchères (adjudication). Vingt grandes banques agréées, les « spécialistes en valeur du Trésor » («<a href="http://www.aft.gouv.fr/articles/liste-des-svt_96.html">SVT</a>» de BNP Paribas à Goldman Sachs, en passant par Natixis, la Deutsche Bank ou la Société générale), sont chargées de les écouler sur les marchés financiers. Elles savent donc à qui elles revendent éventuellement ces titres. Ensuite, obligations et bons du Trésor circulent sur les marchés, mais son détenteur final perçoit chaque année ses intérêts. Ceux-ci totalisaient 42,5 milliards d’euros – la charge de la dette – en 2010. En théorie, on devrait donc savoir à qui ils sont versés.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le site de l’AFT, le citoyen curieux apprend juste que 66 % des détenteurs de la dette sont des « non-résidents ». <em>« En gros, un tiers de la dette est détenu par des investisseurs français, un tiers au sein de la zone euro, et un tiers à l’étranger, en dehors de la zone euro »</em>, précise Tân Le Quang, responsable de la communication au sein de l’agence. Problème : <em>« Les non-résidents peuvent être de faux non-résidents, des Français détenteurs d’un portefeuille d’obligations via un paradis fiscal »</em>, objecte Michel Husson, de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). <em>« Un investisseur saoudien, qui détient de la dette française car il a investi dans un fonds d’investissement à Londres, est comptabilisé comme un investisseur britannique »</em>, complète Patrick Artus, économiste à la banque Natixis [2] <em>« Les trois plus gros détenteurs de la dette française sont le Luxembourg, les îles Caïmans et le Royaume-Uni »</em>, lance-t-il. Les Îles Caïmans, un paradis fiscal des Caraïbes autant peuplé que Châteauroux (44 000 âmes), pourrait donc ainsi faire basculer le destin des Français ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dette, un secret d’État ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les enquêtes réalisées par l’Agence France Trésor auprès de ses vingt banques partenaires permettent d’en savoir un peu plus sur les gros acheteurs : principalement des banques centrales, des fonds souverains, des assureurs, des banques commerciales et des fonds de pension. Ce que confirme la base de données financières eMAXX, mise en place par Thomson et l’agence de presse Reuters, qui publient régulièrement <a href="http://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL5E7N51QI20111228">la liste</a> <em>« des 50 plus gros détenteurs de dette souveraine française »</em> (hors banques centrales). Nous y retrouvons des assureurs (Axa, Allianz…), des mutuelles (MMA, MAAF, Groupama…), des banques (BNP-Paribas, La Banque postale, ING…) et une multitude de fonds d’investissement, principalement européens. Nous n’en saurons pas davantage : <em>« Ce sont les banques qui voient les flux, pas nous. Les investisseurs en dette souveraine n’ont pas l’obligation de dévoiler leur position »</em>, confie Tân Le Quang. Mais pourquoi est-il impossible de savoir qui détient quoi et combien ?</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourtant simple : cette absence de transparence est inscrite dans la loi. <em>« Les textes actuellement en vigueur [<span style="text-decoration: underline;">3</span>] n’autorisent les conservateurs d’instruments financiers (…) à communiquer aux émetteurs la liste de leurs détenteurs finaux qu’aux seuls émetteurs d’actions, de bons de souscription d’actions ou d’instruments de taux donnant immédiatement ou à terme accès au capital. Par conséquent, l’Agence France Trésor (AFT) ne peut pas identifier précisément les détenteurs</em> [des obligations et bons du Trésor] », <a href="http://www.senat.fr/questions/base/2010/qSEQ100613641.html">répond</a>, en 2010, le ministère de l’Économie et des Finances à un sénateur trop curieux. Traduction : si les entreprises ont le droit de savoir qui sont leurs actionnaires, il est interdit à l’État français de connaître ses créanciers. La dette, un secret bancaire ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Opacité généralisée</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette opacité, <em>« nous soupçonnons une extrême concentration</em>, confie Thomas Coutrot. <em>On pourrait très bien disposer d’informations statistiques sur la concentration des portefeuilles et la nature de ceux qui les détiennent »</em>. Des chercheurs suisses ont récemment révélé que 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes, possèdent 40 % de la valeur économique et financière des dizaines de milliers de multinationales du monde entier (lire <a href="http://www.bastamag.net/article1719.html">notre article</a>). Il serait étonnant qu’il n’en soit pas ainsi pour les dettes souveraines. Selon les données présentées par la Banque des règlements internationaux (BRI), un organisme géré par 58 banques centrales nationales, les banques étrangères possédaient en juin dernier <a href="http://www.gecodia.fr/Qui-detient-la-dette-de-la-France-Pres-de-180-milliards-pour-les-banques-etrangeres_a2505.html">13% de la dette</a> de l’État français. Soit 176 milliards d’euros, dont plus des deux tiers sont entre les mains de banques britanniques, japonaises, allemandes, états-uniennes et suisses. Mais il ne s’agit que d’un euro sur dix empruntés.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est pourtant tout à fait possible, en théorie, d’en savoir plus. C’est la société <a href="file://localhost/site/public/EF">Euroclear France</a> [<span style="text-decoration: underline;">4</span>], un organisme boursier privé, qui est <em>« le dépositaire central des titres français »</em>. Elle sert d’intermédiaire entre la Banque de France et les détenteurs de titres du Trésor pour leur verser leurs intérêts ou leur pécule quand l’emprunt arrive à échéance. Un peu comme la chambre de compensation Clearstream sert, au Luxembourg, de « péage » entre les transactions financières. Euroclear France sait donc parfaitement qui détient combien à quel moment. Mais la loi l’autorise à ne pas rendre publiques ces données. Pourtant, ce sont bien les citoyens qui paient la charge de la dette.</p>
<p style="text-align: right;" align="right"><strong>Ivan du Roy</strong></p>
<p align="right">12 janvier 2012</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">1</span>] Leur échéance de remboursement s’étale d’un à cinquante ans. Leur taux varie entre 1 % et 4 %. Plus l’échéance de remboursement est lointaine, plus le taux est élevé.</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">2</span>] <em>Le Monde</em> du 23 juin 2011.</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">3</span>] Notamment l’article L. 228-2 du code de commerce, décret d’application n° 2002-803 du 3 mai 2002 publié au Journal officiel du 5 mai 2002, et l’article L. 212-4 du code monétaire et financier relatif à la nominativité obligatoire</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">4</span>] Ancienne Société interprofessionnelle pour la compensation des valeurs mobilières (Sicovam).</p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://www.bastamag.net/article2041.html">http://www.bastamag.net/article2041.html</a></p>
<p><strong><a href="http://www.bastamag.net/article2096.html">Soutenir BASTA</a>, </strong>média libre.<strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Pourquoi l’oligarchie financière ne veut pas de l’économie sociale</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 16:43:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretien avec...]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Ivan du Roy Les ravages du capitalisme financier remettent au goût du jour « l’économie sociale ». L’idée de créer des sociétés coopératives, où l’actionnaire ne prédomine plus, se répand de nouveau parmi les salariés. Les associations rassemblant consommateurs et producteurs se multiplient pour contourner les grands groupes. Les banques éthiques suscitent un regain d’intérêt… D’où [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Ivan du Roy </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les ravages du capitalisme financier remettent au goût du jour « l’économie sociale ». L’idée de créer des sociétés coopératives, où l’actionnaire ne prédomine plus, se répand de nouveau parmi les salariés. Les associations rassemblant consommateurs et producteurs se multiplient pour contourner les grands groupes. Les banques éthiques suscitent un regain d’intérêt… D’où vient cette « économie sociale » ? Peut-elle constituer une alternative au système économique actuel ?</em></strong></p>
<p><strong>Entretien avec Jean-Philippe Milesy, délégué général de la coopérative Rencontres sociales.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Coopératives.jpg"><img class="size-full wp-image-5987 aligncenter" title="Coopératives" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Coopératives.jpg" alt="" width="312" height="240" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Basta !</em></strong><strong> </strong> : <strong>D’où vient « l’économie sociale » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean-Philippe Milesy  [<span style="text-decoration: underline;">1</span>] :</strong> Historiquement, l’économie sociale se constitue en réaction au libéralisme économique de la Révolution française et des régimes suivants. La loi Le Chapelier (promulguée en juin 1791) interdit tout groupement de citoyens, d’ouvriers ou de paysans. Au départ, les formes d’économie sociale sont des démarches pragmatiques de citoyens, dans un quartier ou sur un territoire donné, pour mettre en commun le peu qu’ils ont : capacité de travail, outils, épargne, inventivité&#8230; Une des premières sociétés de secours mutuel s’appelle « Le sou du linceul » : des gens d’un quartier qui réunissent leurs maigres économies pour éviter qu’on enterre les leurs comme des chiens. Cela renvoie à la Chanson des Canuts. C’est l’essence de l’économie sociale : des réponses collectives immédiates à un besoin social non satisfait. Des artisans mettent en commun leurs outils, d’autres leur pécule pour pratiquer le crédit, alors réservé aux grandes entreprises. Autre exemple : dans les fabriques, le système de l’économat assujettit les travailleurs au magasin de l’entreprise. Les employés doivent y acheter les produits dont ils ont besoin – une manière pour le patron de récupérer leurs salaires. En réaction, des circuits courts sont mis en place, qui permettent aux travailleurs d’aller se fournir chez des paysans et industriels pour ne plus dépendre des prix fixés par le patron.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qui sont les initiateurs de ce mouvement ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’économie sociale est alors portée par des militants, partisans du fouriérisme (de Charles Fourier et de son idée de phalanstère, ndlr), de Proudhon (qui incarne l’un des courants de l’anarchisme, ndlr), des socialistes utopistes, des chrétiens sociaux issus du mouvement ouvrier, et même des bourgeois, voire des petits aristocrates, en rébellion contre le capitalisme manufacturier et le libéralisme financier. Ces structures pragmatiques et dispersées vont assurer leur pérennité grâce à l’idée de fédéralisme lancée par Proudhon ou le penseur anarchiste Élisée Reclus. On assiste à des regroupements de caisses de crédit, d’associations de secours mutuel, comme la Société d’épargne de crédit mutuel des ouvriers relieurs à Paris avec le socialiste Eugène Varlin, et d’associations ouvrières de production. Des structures fédérées suffisantes pour peser, et qui annoncent la création des syndicats [<span style="text-decoration: underline;">2</span>]. La liberté, l’égalité et la solidarité constituent leurs principes communs : la libre création, avec des citoyens qui, librement, se regroupent ; la démocratie, avec le principe un homme égale une voix, indépendamment de sa fortune ; et l’impartageabilité des résultats, vers des détenteurs du capital, par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi les mouvements progressistes et révolutionnaires qui émergent au sein du mouvement ouvrier au XIXe siècle ne portent-ils pas pleinement cette économie sociale ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les deux courants majeurs du mouvement ouvrier – marxiste et anarchiste – adoptent des attitudes ambiguës envers l’économie sociale. Ils reconnaissent l’intérêt du mouvement mais portent des jugements très sévères sur la perte d’énergie qu’induirait, selon eux, l’économie sociale : le temps que les ouvriers passent à monter ces structures est autant de temps qui n’est pas consacré à la lutte contre le capital. En parallèle, l’État, dès Napoléon III, tente de capter ces structures, de les institutionnaliser. Certains courants du mouvement ouvrier, autour du socialiste Jules Guesde, par exemple, considèrent que seul l’État peut assurer la régulation, la laïcité… La conquête de l’État devient donc la priorité. Et c’est un débat qui perdure encore aujourd’hui. Le soutien à de nouvelles formes d’économie sociale n’est pas vu comme un levier principal du changement par la gauche.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et ensuite ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Durant tout le XXe siècle, l’économie sociale va s’isoler et s’institutionnaliser, malgré les « coopératives rouges » créées dans les années 1920 ou les coopératives ouvrières relancées sous le Front populaire en 1936. À la Libération, on peut dire que l’économie sociale « rate le coche ». Le Conseil national de la Résistance n’y fera guère référence. Si les gaullistes, les démocrates chrétiens et les communistes n’ont alors aucune idée de ce qu’est l’économie sociale, c’est aussi parce qu’une partie des notables du mouvement se sont compromis sous le régime de Vichy, en cédant au corporatisme et à la solidarité nationale. L’économie sociale va ensuite subir les remous de la guerre froide, la CGT y est marginalisée. Elle retrouve un peu de force dans les années 1970 avec l’arrivée de la deuxième gauche, porteuse des idées du christianisme social, notamment dans le monde rural, où la tradition de coopération est encore vivace. Les coopératives agricoles ne sont pas encore devenues des multinationales agroalimentaires, la vie démocratique y est alors présente. Des initiatives comme Lip jouent un rôle dans cette renaissance. La CGT s’ouvre aux coopératives de luttes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment expliquer le regain d’intérêt actuel pour l’économie sociale, en particulier pour les sociétés coopératives (Scop), médiatisée par les tentatives de reprise des entreprises SeaFrance ou Fralib par leurs salariés ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, la destruction de l’État providence, ou de l’État du compromis social, la dislocation des mesures héritées du Conseil national de la Résistance et la domination du capitalisme financier la remettent au goût du jour. Le fait que des entreprises pourtant bénéficiaires soient lâchées par leurs actionnaires invite à réagir. Mais il n’est pas toujours sûr que ces entreprises puissent demeurer rentables en dehors d’un groupe capitaliste, qui leur facilite les accès au marché.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelles sont les conditions d’une reprise en coopérative ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Trois conditions sont nécessaires : l’engagement des salariés, la démocratie et une dose de réalisme économique. Il semble que ces conditions n’étaient pas réunies dans le cas de SeaFrance. Une Scop n’est pas un îlot de socialisme. Elle se situe sur un marché, doit produire quelque chose qui se vend, avoir la confiance de ses clients. Dans ce cadre, la transformation de PME en coopérative est plus réaliste. Les grosses entreprises, c’est plus difficile. Mais cela peut fonctionner : Chèque Déjeuner face à Sodexo, ou Acome dans la fibre optique. Ce n’est pas un modèle, mais chaque fois une aventure humaine recommencée. Les Scop ont besoin d’un soutien populaire. L’économie sociale est avant tout un élan collectif, ce que l’on a tendance à oublier. Ce n’est pas un leader charismatique, avec des gens qui suivent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’économie sociale peut-elle faire du travail un vecteur d’émancipation, dans un contexte où les conditions de travail et l’emploi se dégradent ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il existe une ambiguïté vis-à-vis des salariés. À part les Scop, au sein desquelles les salariés sont eux-mêmes sociétaires, toutes les organisations de l’économie sociale sont dans un rapport classique de subordination. La Macif ou la MGEN sont des mutuelles entre sociétaires – leurs adhérents –, pas entre salariés. Même s’ils y sont globalement mieux traités que dans une entreprise d’assurance privée, ils ne participent pas au processus politique de l’économie sociale. Les salariés d’un comité d’entreprise ne bénéficient pas forcément des avantages du CE. À l’intérieur de ces entreprises, la lutte des classes existe : il y a des syndicats, des institutions représentatives du personnel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le mouvement associatif est pourtant très peu syndiqué…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le monde associatif, c’est plus compliqué. D’abord parce qu’une association est contrainte par ses recettes. Ensuite parce qu’une partie des dirigeants du monde associatif estiment – leurs structures agissant pour le bien commun – que les salariés doivent prendre une part de la souffrance de leur public. Du coup, on vit parfois dans une certaine économie de la misère : <em>« Ne vous attendez pas à être bien payés »</em>, répète-t-on aux salariés. L’institutionnalisation des associations par les pouvoirs publics pèse aussi sur la gestion des ressources humaines. La contractualisation par appel à projets aggrave le phénomène et favorise le « moins-disant » social. Trop d’associations dépendent de la commande publique. C’est dangereux. Il suffit que le maire change et une association est obligée de se séparer brutalement d’une partie de ses salariés, sans avoir les moyens de mettre en place un plan social. Tout cela accroît la précarité. En l’absence de réserves ou de fonds de roulement, la sortie de crise est souvent catastrophique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’économie sociale ne peut-elle survivre qu’en marge du secteur concurrentiel ou peut-elle incarner une réelle alternative ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il existe une économie sociale de transformation et une économie sociale conservatrice à l’abri de ses statuts, comme certaines coopératives agricoles ou les coopératives de la grande distribution, tel le groupe Leclerc (une coopérative de commerçants) : des regroupements de patrons qui peuvent adopter le même comportement prédateur que certaines multinationales. L’oligarchie financière ne veut pas de l’économie sociale. Laisser se développer des entreprises fondées sur autre chose que la recherche du profit maximum des actionnaires n’est pas envisageable. En Allemagne, le tissu de PME subsiste pour l’instant grâce aux règles anciennes du compromis social. Si l’économie sociale se développait trop, le modèle du management unique – où le travail est la plaie et où tout retour sur investissement à moins de deux chiffres est jugé minable – serait remis en cause. Et le système des financiers serait vicié. Pour le patronat comme pour certains politiques, l’idée d’un pluralisme économique est donc intolérable. L’économie sociale est donc acceptée seulement comme une économie subsidiaire. Elle montre que l’alternative est possible, mais n’est pas en son état actuel l’alternative elle-même.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cette économie sociale compte également des acteurs financiers importants (Crédit agricole, groupe Caisse d’Épargne-Banque populaire, Crédit mutuel…). Sont-ils si différents que les acteurs bancaires classiques, pointés du doigt depuis le début de la crise ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au sein du Crédit agricole, on assiste à une certaine tension entre les hypercapitalistes de Crédit agricole SA (société anonyme) face aux élus et aux équipes qui viennent de la Fédération nationale du Crédit agricole (l’instance de réflexion, d’expression et de représentation des Caisses régionales, ndlr). Idem au Crédit mutuel ou au sein du groupe Caisse d’Épargne-Banque populaire, où l’arrivée de François Pérol il y a deux ans <a href="http://www.bastamag.net/article524.html">a tendu la situation</a>. Le Crédit mutuel et les banques populaires se sont mis à communiquer sur leur statut d’économie sociale. Ils ont donc conscience que s’en revendiquer favorise leur implantation et la fidélité de leurs clients. Ils ne peuvent pas affirmer que leurs sociétaires occupent une place dominante sans leur donner un peu de pouvoir. Quand la Maif choisit le slogan « assureur militant », cela change la donne et infléchit nécessairement, et dans le bon sens, les pratiques. Ils ne peuvent pas rester dans la schizophrénie. Et si revendiquer les principes de l’économie sociale peut être un avantage compétitif, pourquoi s’en priver ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1 salarié français sur 10 travaille dans l’économie sociale (2,3 millions de salariés). Pourquoi ses structures représentatives sont-elles si peu présentes dans le débat public, à l’image du Ceges (Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale), invisible face au Medef ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au sein du collège patronal, où il se présentait pour la première fois aux élections prud’homales de 2004, l’AES, un groupement d’entreprises de l’économie sociale, réalise 9 % des voix, avec seulement trois syndicats d’employeurs et sans les grandes instances de l’économie sociale. Le Medef n’a pas apprécié. En 2008, l’AES, avec cette fois l’appui du Ceges, passe de 9 % à 19 %, et ce, sans le secteur agricole et sans les banques coopératives qui restent au Medef. Cela signifie que des entrepreneurs capitalistes ou des artisans votent en faveur des listes de l’économie sociale pour marquer leur opposition au Medef. Il serait donc légitime que les employeurs de l’ES détiennent 20 % des sièges patronaux dans tous les dispositifs paritaires dans lequel l’État est impliqué. Or, le Medef refuse obstinément et revendique le monopole de la représentation patronale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Selon vous, l’économie sociale est-elle davantage présente dans le débat politique, en particulier à l’occasion de l’élection présidentielle ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelles que soient les arrière-pensées politiques, la reconnaissance de l’économie sociale progresse. À gauche, les équipes de chaque candidat qui travaillent sur le sujet se sont renforcées. La vision que l’État devait tout régler est en train d’évoluer, y compris au Front de gauche. Même l’UMP compte un délégué à l’économie sociale, ce qui n’était pas le cas auparavant. De leur côté, les collectivités locales ont tendance à regarder plus attentivement ceux qui travaillent sur le lien social, face au démembrement des services publics. Cela les force à interroger le modèle étatique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quel est le rôle de Rencontres sociales dans ce contexte ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://rencontres-sociales.org/">Rencontres sociales</a> est une boîte à outils pour susciter les coopérations entre les diverses maisons de l’économie sociale, et les secteurs du mouvement social et syndical, avec une vision d’une économie sociale transformatrice de la société. Pour prendre deux exemples, nous travaillons sur de nouvelles formes de restauration collective sociale, à partir d’un travail avec la CCAS (Caisse centrale d’activités sociales des industries électriques et gazières) et avec un certain nombre d’acteurs qui cherchent à échapper au cartel constitué par les grandes sociétés financières qui œuvrent dans le secteur de la restauration collective (Sodexo, Elior et Compass). Avec la mutuelle Chorum, nous travaillons à mettre en place des activités de loisirs et de vacances sociales et culturelles pour les salariés d’associations, de TPE et de PME qui ne bénéficient pas de comités d’entreprise.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Recueilli par Ivan du Roy</strong></p>
<p style="text-align: right;" align="right">2 février 2012</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">1</span>] Délégué général de la coopérative <a href="http://rencontres-sociales.org/">Rencontres sociales</a>.</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">2</span>] La Fédération parisienne des sociétés ouvrières constitue le noyau de la future CGT, créée en 1895.</p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://www.bastamag.net/auteur2.html">http://www.bastamag.net/auteur2.html</a></p>
<p><strong><a href="http://www.bastamag.net/article2096.html">Soutenir BASTA</a>, </strong>média libre.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>1905 dans la Constitution</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/31/1905-dans-la-constitution/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 18:54:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>
		<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
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		<description><![CDATA[L’OCL exprime sa position concernant la proposition de François Hollande d&#8217;inscrire le concordat d&#8217;Alsace Moselle dans la Constitution dans une courte déclaration qui s&#8217;appuie sur une argumentation dont les éléments figurant dans les deux textes joints* expriment bien sa réflexion. Déclaration de l’OCL : L&#8217;OCL (Observatoire Chrétien de la Laïcité) se félicite de la volonté de M. François Hollande, s’il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’OCL exprime sa position concernant la proposition de François Hollande d&#8217;inscrire le concordat d&#8217;Alsace Moselle dans la Constitution dans une courte déclaration qui s&#8217;appuie sur une argumentation dont les éléments figurant dans les deux textes joints* expriment bien sa réflexion. </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/loi2-1905.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5975" title="loi2-1905" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/loi2-1905.jpeg" alt="" width="240" height="304" /></a></p>
<p><strong>Déclaration de l’OCL </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;OCL (Observatoire Chrétien de la Laïcité) se félicite de la volonté de M. François Hollande, s’il est élu président de la République, d&#8217;introduire les articles fondateurs de la Loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans la Constitution de la République Française, mais déplore l&#8217;information selon laquelle ce candidat se préparerait aussi à rendre constitutionnelle l&#8217;exception concordataire en Alsace-Moselle.<br />
Ces exceptions, dues à des circonstances historiques particulières, n&#8217;ont plus de raison d&#8217;être aujourd’hui et doivent donc disparaître même si pour cela des négociations et des étapes peuvent s’avérer nécessaires.<br />
L&#8217;OCL affirme que c&#8217;est la Loi de 1905 qui doit devenir la loi de l&#8217;ensemble de la République française.</p>
<p align="right">Jean Riedinger - Secrétaire de l&#8217;OCL</p>
<p align="right">Lundi 30 janvier 2012</p>
<p>* <strong>Textes joints</strong> :</p>
<p>1- Extraits de l’article de Charles Arambourou, à télécharger : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Extraits-C.Arambourou.pdf">Extraits C.Arambourou</a></p>
<p>2- Extraits de l’entretien de Jean Baubérot avec l’AFP, à télécharger : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/J.Bauberot-Laïcité-et-Concordat.pdf">J.Bauberot-Laïcité et Concordat</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>LA VIE DE NSAE : ACTUALITÉS</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 18:28:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[LISTE DES ARTICLES PUBLIÉS entre le 14 décembre 2011 et le 30 janvier 2012. Vous trouverez ci-après la liste des articles mis en ligne chaque semaine durant cette période. En effet, par suite d’un incident technique informatique (lié à la mise en place d’une nouvelle version du logiciel de gestion), l’envoi de notre « Newsletter » hebdomadaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>LISTE DES ARTICLES PUBLIÉS entre le 14 décembre 2011 et le 30 janvier 2012.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong><strong><em>Vous trouverez ci-après la liste des articles mis en ligne chaque semaine durant cette période. En effet, par suite d’un incident technique informatique (lié à la mise en place d’une nouvelle version du logiciel de gestion), l’envoi de notre « Newsletter » hebdomadaire n’a pu se faire depuis le 19 décembre 2011.</em></strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 19 déc. 2011 </span></strong>:</p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/14/ils-nous-font-payer-la-crise/">ILS NOUS FONT PAYER LA CRISE</a></strong>, publié le 14 déc. 2011 (Faire société autrement, nos combats).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La crise actuelle n’est pas de notre fait ! Elle est provoquée et organisée par le capitalisme financier et spéculatif! Le système capitaliste financier et les politiques qui le soutiennent permettent que l’argent se multiplie entre les mains de ceux qui, de plus en plus nombreux, le possèdent. Ce système déréglementé leur permet de tirer [...]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/15/la-violence-religieuse-est-inacceptable/">La violence religieuse est inacceptable</a>, </strong>publié le 15 déc. 2011 (Actualité, en France).</p>
<p style="text-align: justify;"> <em>Par Guy Coq * Dans les polémiques qui montent de plus en plus souvent sur le thème du blasphème, il ne faut pas que les chrétiens oublient qu’ils sont dans une position de faiblesse. Ils se réclament d’un homme en qui ils voient le Verbe de Dieu. Et cet homme-là, éminente présence de Dieu [...]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/15/sauvez-les-citoyens-avant-les-banques/">Sauvez les citoyens avant les banques !</a> </strong>publié le 15 déc.<strong> </strong>2011(Faire société autrement, Economie et société).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il n’y a pas de sortie simple de la zone euro Par James K. Galbraith et Aurore Lalucq *   La crise de la zone euro est une crise bancaire qui a pris la forme d’une série de crises des dettes souveraines. Une crise aggravée par des idées économiques réactionnaires, une architecture défectueuse et un [...]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/15/levangile-de-noel-des-sans-papiers/#more-5712">L’Evangile de Noël des « sans-papiers</a> , </strong>publié le 15 déc. 2011 (Faire Eglise autrement, hotspot, textes libérateurs).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Paraphrase des évangiles de la nativité  Par Emmanuel Terray Nativité du Christ d’Andrei Roublev, Galerie Tretiakov, Moscou En ce temps-là vivait à Nazareth en Galilée un homme appelé Joseph. Joseph était charpentier, et il venait de se marier avec une jeune femme qui s’appelait Marie. Or il advint en ces jours-là que parut un édit [...]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/15/les-dissidents/">LES DISSIDENTS</a>, </strong>publié le 15 déc. 2011 (Le réseau NSAE, au cœur de réseaux actifs).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Message pastoral de Francisco Pérez, archevêque de Pampelune et de Tuleda, pour l’Avent  Le document ci-après nous a été transmis via le réseau IMWAC (International Movement We Are Church) par nos amis espagnols de « Nosotros Somos Iglesia » . Son titre  est : « Il y a des chrétiens qui s’opposent au pape et aux évêques » […]</em><em></em></p>
<p>_________________________________________________</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 26 Décembre 2011 </span></strong>:</p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/22/priere-de-sabeel/">PRIÈRE DE SABEEL</a></strong>, publié le 22 déc. 2011 (Actualité à ne pas manquer).</p>
<p>Dieu de miséricorde et d’amour, nous te rendons grâce pour les nombreuses bénédictions que tu nous as gracieusement […]</p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/22/laurent-mucchielli-%E2%80%89punir-plus-vite-et-plus-tot%E2%80%89">Laurent Mucchielli : «  Punir plus vite et plus tôt  »</a>, </strong>publié le 22 déc. 2011 (Opinions et débats, entretien avec)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Non, la violence des jeunes n’est pas en augmentation, et les politiques sécuritaires produisent de la délinquance alors qu’elles prétendent la combattre. En réalité, la justice a surtout besoin de moyens. Fondateur de l’Observatoire régional de la délinquance en Paca, Laurent Mucchielli* publie un essai qui analyse la construction politique de la violence. Sur fond [...]</em></p>
<p><em> </em><strong>- <a href="http://www.nsae.fr/2011/12/22/la-crise-dun-pontificat-qui-a-peur-du-monde-et-de-lavenir/">La crise d’un pontificat qui a peur du monde et de l’avenir, un livre de Marco Politi</a></strong></p>
<p>publié le 22 déc. 2011 (Faire Eglise autrement, Chantiers de réforme).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Un livre de Marco Politi Par Luca Kocci Il est difficile, voire impossible, de regarder et d’imaginer l’avenir de l’Église catholique, lorsque la préoccupation dominante est la défense et la conservation de ce qui existe. En effet, dans ce cas, le résultat n’est même pas la préservation et l’immobilisme, mais la restauration et un “retour [...]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/23/crises-de-dette-crises-sociales/">Crises de dette, crises sociales</a>, </strong>publié le  23 déc. 2011 (Faire société autrement, Economie et société).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par Christian Chavagneux   Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne. De la même façon, les dettes qui sont remboursées rubis sur l’ongle ne font jamais la une. Mais lorsque des débiteurs sont en difficulté, tous les regards se tournent vers eux. Et, de ce point de vue, l’actualité a été plutôt chargée depuis [...]</em></p>
<p><em> </em>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/23/pistes-pour-une-nouvelle-vision-ecologico-spirituelle/">Pistes pour une nouvelle vision écologico-spirituelle</a>, </strong>publié le 23 déc. 2011 (Faire société autrement, Ethique et vie).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par Leonardo Boff   Dans ce numéro (DIAL de décembre 2011), les trois premiers textes * se rapportent plus particulièrement à la Bolivie, et ce quatrième article, rédigé par le théologien brésilien Leonardo Boff fait écho en bien des points aux deux premiers, rédigés par Javier Medina, ainsi que, plus largement, aux textes présentant une [...]</em></p>
<p style="text-align: justify;">___________________________________________________</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 2 Janvier 2012 </span></strong>:</p>
<p><strong>- <a href="http://www.nsae.fr/2011/12/29/noel-2011-a-bethleem-homelie-de-mgr-fouad-twal/">Noël 2011 à Bethléem : homélie de Mgr Fouad Twal</a>, </strong>publié le 29 déc. 2011 (Actualité, horspot, à ne pas manquer).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les </em><em><a href="http://www.amisdesabeel-france.blogspot.com/">Amis de Sabeel-France</a></em><em> nous ont transmis l’homélie prononcée à Bethléem la nuit de Noël par le patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal en présence, comme c’est la tradition, des autorités civiles et en premier lieu du président Mahmoud Abbas. Il y exprime des positions claires sur la situation politique, en lançant un appel pour que soit mis un terme à la violence et à l’injustice, en réclamant la paix, la stabilité et la sécurité pour tout le Moyen-Orient.[…]</em></p>
<p><em>- </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/29/gaza-le-droit-bafoue/">Gaza : le droit bafoué</a></strong>, publié le 29 déc. 2011 (Actualité, dans le monde).<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>A l’occasion des 3 ans de l’attaque militaire menée par Israël sur la bande de Gaza entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, une tribune a été publiée dans le journal Libération par un collectif d’ONG françaises, palestiniennes et israéliennes […]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em>-<em> </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/29/canards-sans-tete/">Canards sans tête</a>, </strong>par Serge Halimi, publié le 29 déc. 2011 (Opinions et débats, coup de cœur).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les sommets de dirigeants européens se suivent et échouent ; la Maison Blanche et le Congrès se querellent sans résultat. « Les marchés » l’ont compris, et traitent dorénavant les élus comme des canards sans tête, simples jouets des forces qu’ils ont eux-mêmes enfantées et qu’ils ne savent plus maîtriser. Au même moment pourtant — en France, en Russie, aux Etats-Unis et ailleurs —, des élections présidentielles se préparent. Elles saturent l’espace civique et médiatique, créant un sentiment irréel de déconnexion entre le dire et le faire. […]</em></p>
<p><em>- </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/29/resituer-le-nucleaire/">Resituer le nucléaire</a>, </strong>entretien avec<strong> </strong>Jean-Claude Guillebaud pour la revue <em>Les Réseaux des Parvis</em> (Paru dans le n° 52), publié le 29 déc. 2011 (Faire société autrement, éthique et vie).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Parvis</em></strong><em> : L’importance accordée au nucléaire civil et militaire n’est-elle pas un des révélateurs les plus parlants de la logique qui gouverne l’évolution du monde contemporain ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Jean-Claude Guillebaud </em></strong><em>: Les enjeux de l’énergie atomique me sont apparus cruciaux dès le début des années 70 quand j’ai couvert, pour le journal « Le Monde », les premières grandes manifestations antinucléaires. Au forcing entrepris par EDF pour convaincre les Français de la nécessité du tout nucléaire s’est vite opposée, résolument non violente et d’emblée transnationale, une puissante résistance citoyenne. […]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/30/notre-societe-a-besoin-dapprendre-de-ses-membres-les-plus-fragiles/">Notre société a besoin d’apprendre de ses membres les plus fragiles</a></strong>, publié le 30 déc. 2011 (Faire société autrement, nos combats).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>J’écris ces lignes en décembre. Lorsque Feuille de Route paraîtra en janvier, bien des choses se seront passées. Ce dont je suis malheureusement certain, c’est que la situation sera plus difficile pour beaucoup de personnes, et notamment les plus pauvres d’entre nous […]</em></p>
<p style="text-align: justify;">____________________________________________________</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 9 Janvier 2012 </span></strong><span style="text-decoration: underline;">:</span></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/un-monde-tortionnaire-rapport-acat-france-2011-limplacable-engrenage/">“Un monde tortionnaire. Rapport ACAT- France 2011″ : l’”implacable engrenage”,</a></strong> publié le 5 janv. 2012 (Actualité, dans le monde).</p>
<p><em>Le livre du jour, par Florence Beaugé</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Près d’un pays sur deux pratique la torture, aujourd’hui, dans le monde. C’est le constat accablant que fait l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). “Du waterboarding à la falaqa, bienvenue dans un monde tortionnaire !” L’ACAT-France ouvre en ces termes son rapport annuel*, le deuxième du genre.[…]</em><em></em></p>
<p><em> </em>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/la-tva-antisociale-de-sarkozy/">La TVA antisociale de Sarkozy</a>, </strong>publié le 5 janv. 2012 (Actualité, en France).</p>
<p><em>par </em><em><a href="http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?auteur4">Jean-Jacques Chavigné</a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avec la TVA « sociale », Sarkozy affirme avoir trouvé une mesure miracle. Augmenter de 3 ou 4 points le taux de la TVA permettrait, selon lui, de gagner sur tous les tableaux à la fois : augmenter les salaires directs, ne pas augmenter les prix, lutter contre les délocalisations, financer la protection sociale…[…]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/de-decembre-1991-a-decembre-2011/">De décembre 1991 à décembre 2011</a>, </strong>publié le 5 janv. 2012 (Faire société autrement, témoignages).</p>
<p><em>Par Ghania Mouffok</em></p>
<p><em>De l’Algérienne Ghania Mouffok*, “Une femme à sa fenêtre”, cette intéressante chronique qui revient, vingt ans après, sur la victoire électorale du FIS – et l’arrêt du processus démocratique qui s’en est suivi, par le “coup d’Etat constitutionnel” que l’on sait […].</em><em></em></p>
<p><em> </em>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/en-finir-avec-latome-cest-possible/">En finir avec l’atome, c’est possible !,</a> </strong>publié le 5 janv. 2012 (Opinion et débats, coups de cœur).</p>
<p><em>par Benjamin Dessus* et Bernard Laponche**, membres de Global Chance, association d’experts indépendants sur l’énergie et le climat.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Depuis toujours, en France, le nucléaire paraissait intouchable. Mais la catastrophe de Fukushima a changé la donne : même dans un pays très avancé, un accident majeur peut se produire ! Et toutes les interrogations jusqu’ici soigneusement évitées émergeaient à nouveau : le risque d’accident majeur bien entendu, mais aussi la production de déchets radioactifs très dangereux et la menace aggravée du risque de prolifération des armes nucléaires […]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/ces-derniers-jours-furent-les-plus-difficiles-de-mon-existence/">Ces derniers jours furent les plus difficiles de mon existence</a>, </strong>publié le 5 janv. 2012 !Faire société autrement, témoignages).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Françoise Manhes et Martine Millet du réseau Chrétiens de la Méditerranée ont rencontré cette jeune femme lors de leur dernier voyage en Palestine. Le texte qu’elle a écrit en septembre les a profondément émues et touchées. Elles ont eu l’occasion d’en discuter avec elle. Ghada Naser a accepté qu’il soit traduit et diffusé à condition – a-t-elle dit – qu’il ne soit pas tronqué, car elle a fait une mauvaise expérience avec quelqu’un qui a diffusé son texte en le modifiant […]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/06/appel-du-groupe-evangile-et-societe-ges-a-signer-la-petition-pour-un-audit-citoyen-de-la-dette-publique/">Appel du Groupe « Evangile et société » (GES) à signer la pétition « Pour un audit citoyen de la dette publique »,</a></strong> publié le 6 janv. 2012 ( Faire société autrement).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La crise sert d’alibi et de moteur pour poursuivre une politique qui affecte en priorité les petits, les pauvres, ceux qui sont sous le seuil de pauvreté.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce sont ceux-là le cœur de notre combat : rendre leur dignité à tous ceux qui sont  <strong>esclaves de la misère</strong></em><em>… <strong>7millions et demi de salariés qui perçoivent moins de 750 € par mois</strong></em><em>, ce qui touche près de <strong>30 millions de personnes</strong></em><em>. Inadmissible aussi bien pour le citoyen que pour le disciple déclaré du fils de l’homme, Jésus de Nazareth.[…]</em></p>
<p>___________________________________________________</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 16 Janvier 2012</span> :</strong></p>
<p><strong>- </strong><strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/14/le-cri-de-montesinos-hier-et-aujourdhui/">Le cri de Montesinos, hier et aujourd’hui</a></strong><strong>, </strong>publié le 14 janvier 2012 (Faire église autrement).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce texte de Víctor Codina, prêtre jésuite et théologien a paru dans le numéro 786 de la revue Christus (Mexique) (octobre 2011). Il commémore les 500 ans du sermon de Montesinos, préparé par la communauté de frères dominicains de l’île caribéenne de La Española et prononcé le 21 décembre 1511 par le Frère Antonio de Montesinos devant les conquistadors et les notables espagnols de l’île.Mexique) (octobre 2011). Il commémore les 500 ans du sermon de Montesinos, préparé par la commCe texte de Víctor Codina, prêtre jésuite et théologien a paru dans le numéro 786 de la revue Christus (Mexique) (octobre 2011). Il commémore les 500 ans du sermon de Montesinos, préparé par la communauté de frères dominicains de l’île caribéenne de La Española et prononcé le 21 décembre 1511 par le Frère Antonio de Montesinos devant les conquistadors et les notables espagnols de l’île.[…]</em></p>
<p style="text-align: justify;">___________________________________________________</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 23 Janvier 2012 </span> :</strong></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/20/outre-mer-la-face-cachee-de-la-retention/">Outre-mer la face cachée de la rétention</a>, </strong>publié le 20 janvier 2012 (Faire société autrement).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mardi 13 décembre 2011, les cinq associations présentes en rétention l’Assfam, Forum réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et l’Ordre de Malte ont rendu public leur premier rapport commun sur les centres et locaux de rétention administrative ( CRA et LRA). Ce rapport dresse un bilan encore une fois accablant de la politique du gouvernement [...]</em></p>
<p><em>- </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/20/gaza-trois-ans-apres-loperation-plomb-durci/">Gaza : trois ans après l’opération « Plomb durci »,</a></strong> publié le 20 janvier 2012 (Actualités).</p>
<p><em>Depuis le 18 janvier 2009 la bande de Gaza survit aux conditions drastiques mises en place suite à l’offensive israélienne sur son territoire. Bernard Flichy, du département Moyen-Orient du Secours Catholique, nous rappelle ces conditions.[…]</em></p>
<p><em>- </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/20/guantanamo-une-decennie-datteintes-aux-droits-humains/">Guantanamo : une décennie d&#8217;atteintes aux droits humains</a></strong>, publié le 20 janvier 2012 (Actualités).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>A l’occasion des 10 ans du centre, le rapport &#8220;Guantánamo: A Decade of Damage to Human Rights&#8221; met en lumière le traitement illégal infligé aux prisonniers de Guantánamo et expose en quoi ce centre de détention constitue encore une atteinte aux droits humains.[…]</em></p>
<p><em>- </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/20/ruee-sur-les-terres-dethiopie/">Ruée sur les terres d&#8217;Ethiopie</a></strong>,  publié le 20 janvier 2012 (Faire société autrement).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Un sol riche, un climat tropical et de l&#8217;eau en abondance : la région de Gambela, dans l&#8217;ouest du pays, est fertile. Des investisseurs étrangers y louent à vil prix des milliers d&#8217;hectares pour développer une agriculture intensive. Sans toujours se soucier de l&#8217;environnement et des populations […]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/20/contre-le-discours-dominant-sur-la-dette-publique-linsurrection-democratique/">Contre le discours dominant sur la dette publique. L&#8217;insurrection démocratique</a></strong>, publié le 20 janvier 2012 (Opinion et débats).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, &#8221; vit depuis plus de trente ans à crédit &#8220;. L&#8217;enjeu pour la gauche serait seulement de &#8221; donner du sens à la rigueur &#8221; en attendant de &#8221; relancer la croissance &#8221; […]</em></p>
<p><strong>- <a href="http://www.nsae.fr/2012/01/20/les-economistes-atterres-sinvitent-dans-la-campagne-presidentielle/">Les « Economistes atterés » s’invitent dans la compagne présidentielle</a>, </strong>par Christine Monin et Laurent Grzybowski, publié le 20 janvier 2012 (Faire société autrement).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>27 experts en économie, réunis par un même refus du néo-libéralisme, publient </em>Changer l&#8217;économie*<em>. Un ouvrage collectif qui rassemble une série de propositions pour 2012 et livre des pistes pour sortir de la crise. Un changement est possible, disent-ils. Après, tout est affaire de choix et de volonté politiques.[…]</em></p>
<p>__________________________________________________</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 30 Janvier 2012</span> :</strong></p>
<p><strong>- <a href="http://www.nsae.fr/category/opinions-debats/entretien-avec/">« Le marché  gouverne », </a></strong> publié le 26 janvier 2012 (Opinions et débats-Entretien avec).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>En confiant les clés de la crise aux financiers, en écoutant  trop les agences de notation, en renonçant à une autre politique, les gouvernements européens mettent en péril la démocratie.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Entretien avec André Orléan, économiste « atterré. </em><em>Propos recueillis par Frédéric Joignot […]</em></p>
<p> - <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/26/ue-de-nombreuses-atteintes-aux-droits-humains-commises-au-sein-meme-de-lunion-europeenne-sont-ignorees/">UE : De nombreuses atteintes aux droits humains commises au sein même de l’Union européenne sont ignorées</a></strong>, publié le 26 janvier 2012 (Actualité).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le bilan de l’Europe en matière de droits humains s’est détérioré de façon alarmante en 2011 selon Human Rights Watch. </em><em>L’Union européenne et ses États membres se sont avérés peu désireux de s’attaquer aux atteintes aux droits humains commises sur ce continent en 2011, alors même que leurs dirigeants affirmaient publiquement l’importance de cette question comme ayant inspiré le Printemps arabe, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2012. […]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/26/appel-en-faveur-du-desarmement-nucleaire-unilateral-de-la-france-2/">APPEL EN FAVEUR du DESARMEMENT NUCLEAIRE UNILATERAL de la France</a></strong>, publié le 26 janvier 2012 (Faire société autrement).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous avons publié le 1<sup>er</sup> décembre 2011 une </em><em><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/01/appel-en-faveur-du-desarmement-nucleaire-unilateral-de-la-france/">version préliminaire de cet Appel avec des références documentaires</a></em><em> et en annonçant qu’une pétition citoyenne serait lancée prochainement. Vous trouverez ci-après :</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>            • le texte définitif de l’Appel signé par 46 personnalités et initié par le Mouvement pour une Alternative Non-Violente (</em><em><a href="http://nonviolence.fr/">MAN</a></em><em>) dans le cadre de sa campagne sur le thème « Libérons la France des armes nucléaires ».</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>             • la PETITION à signer et diffuser pour demander le désarmement nucléaire unilatéral de la France, en ligne sur le site </em><em><a href="http://www.fsan.fr/">http://www.fsan.fr</a> […]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/26/la-laicite-embrigadee-a-droite/">La laïcité embrigadée à droite</a></strong>, publié le 26 janvier 2012 (Opinions et débats).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean Baubérot dénonce une « </em><em> </em><em>nouvelle laïcité</em><em> </em><em> », qui vise surtout à réprimer les minorités religieuses, musulmans en tête.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean Baubérot dénonce dans son dernier ouvrage* la récupération et l’utilisation fallacieuse, idéologique et politicienne, de la laïcité par la droite dure ou l’extrême droite, envers l’islam et l’immigration musulmane. Il appelle à retrouver le véritable esprit de la loi de 1905 pour refonder une laïcité républicaine utile à notre époque.[…]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/27/cela-se-passe-en-ile-de-france/">Cela se passe en Ile-de-France !</a></strong> publié le 26 janvier 2012 (Le réseau NSAE).</p>
<p><em>Deux INVITATIONS pour des rencontres à venir :</em></p>
<p><em>            • Week-end du 11 et 12 février 2012 à Paris […]</em></p>
<p><em>            • Samedi 24 mars de 14h à 18h à Paris […]</em></p>
<p>- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/26/assemblee-generale-des-reseaux-du-parvis-a-angers/">Assemblée générale des Réseaux du Parvis à Angers</a></strong>, publié le 26 janvier 2012 (Le réseau NSAE).</p>
<p><em><a href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/reseaux-du-parvis/assemblees-generales">Asemblée générale des 19 et 20 novembre 2011 à Angers</a></em><em></em></p>
<p><em><a href="http://www.dailymotion.com/video/xn50it_ag-de-parvis-2011-grand_people">Soirée festive</a></em><em> (Film) […]</em></p>
<p>_____________________________________________________</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Cela se passe en Ile-de-France !</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 22:37:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au coeur de réseaux actifs]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux INVITATIONS pour des rencontres à venir :             • Week-end du 11 et 12 février 2012 à Paris : sur le thème « Christianisme et subversion », à l’initiative de l’association culturelle de Boquen et du mouvement du christianisme social. Inscription préalable indispensable. Télécharger l’invitation : ChristsubversParis11.02.12             • Samedi 24 mars de 14h à 18h à Paris, réunion-débat sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images21.jpeg"><img class="size-full wp-image-5958 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images21.jpeg" alt="" width="251" height="201" /></a></p>
<p>Deux INVITATIONS pour des rencontres à venir :</p>
<p style="text-align: justify;">            • <strong>Week-end du</strong> <strong>11 et 12 février 2012</strong> à Paris : sur le thème « <strong>Christianisme et subversion </strong>», à l’initiative de l’association culturelle de Boquen et du mouvement du christianisme social.</p>
<p style="text-align: justify;">Inscription préalable indispensable.</p>
<p>Télécharger l’invitation : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ChristsubversParis11.02.12.pdf">ChristsubversParis11.02.12</a></p>
<p style="text-align: justify;">            • <strong>Samedi 24 mars de 14h à 18h</strong> à Paris, réunion-débat sur le thème « <strong>Conséquences des politiques agricoles internationales sur la vie des paysans, des consommateurs et des citoyens du nord et du sud »</strong>, à l’initiative de l’association <em>Partenia 77</em> avec le collectif <em>NSAE Paris-IdF </em>et avec le soutien du groupe <em>Evangile et Société</em> des Réseaux du Parvis et de l’association <em>Les Amis du 68 rue de Babylone.</em></p>
<p>Télécharger l’invitation : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PARTENIA-77-24-Mars-2012.pdf">PARTENIA 77 -24 Mars 2012</a><strong></strong></p>
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		<title>La laïcité embrigadée à droite</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 21:41:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean Baubérot dénonce une «  nouvelle laïcité  », qui vise surtout à réprimer les minorités religieuses, musulmans en tête. Jean Baubérot dénonce dans son dernier ouvrage* la récupération et l’utilisation fallacieuse, idéologique et politicienne, de la laïcité par la droite dure ou l’extrême droite, envers l’islam et l’immigration musulmane. Il appelle à retrouver le véritable esprit de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Jean Baubérot dénonce une « </em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>nouvelle laïcité</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em> », qui vise surtout à réprimer les minorités religieuses, musulmans en tête.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean Baubérot dénonce dans son dernier ouvrage* la récupération et l’utilisation fallacieuse, idéologique et politicienne, de la laïcité par la droite dure ou l’extrême droite, envers l’islam et l’immigration musulmane. Il appelle à retrouver le véritable esprit de la loi de 1905 pour refonder une laïcité républicaine utile à notre époque.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span id="more-5937"></span></p>
<p></em></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PhotoBaubérot1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5948" title="PhotoBaubérot" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PhotoBaubérot1.jpg" alt="" width="448" height="230" /></a></p>
<p style="text-align: left;"> <strong>Entretien - </strong>Propos recueillis par Olivier Doubre</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que cette « nouvelle laïcité », ou « laïcité falsifiée », mise en avant par la droite et même l’extrême droite aujourd’hui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean Baubérot :</strong> Ce que j’explique dans le livre est qu’il y a aujourd’hui deux laïcités entremêlées. D’un côté, la laïcité historique et le dispositif dont on a hérité, avec à la fois la loi de Jules Ferry laïcisant l’école publique et la loi de 1905 séparant les églises et l’État (et toute la jurisprudence qui en découle). C’est une laïcité de liberté et de raison, et l’islam peut tout à fait en être bénéficiaire. Pour prendre un exemple, il y a un processus qui n’est pas encore achevé ni encore vraiment satisfaisant mais qui est en cours. Il s’agit de la création d’aumôneries musulmanes à l’armée, dans les prisons et les hôpitaux. Cela, en application de l’article 2 de la loi de 1905 qui dispose qu’il n’y a pas de subvention pour le clergé ou les religions, mais qu’il peut y avoir de l’argent public pour les aumôneries dans les lieux fermés. Dans la vie quotidienne, il y a donc des éléments qui ont trait à cette laïcité-là. Mais il y a une autre laïcité aujourd’hui, revendiquée au départ par la droite classique. Je me réfère beaucoup sur ce point à un texte de François Baroin écrit pour le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, en mai 2003, soit vingt mois après les attentats du 11 septembre 2001. Il s’intitule « <em>Pour une nouvelle laïcité</em> ». C’est un texte tout à fait intelligent, avec une forte cohérence interne de l’auteur, mais avec évidemment une perspective clairement de droite. Il y explique que le conflit des deux France, entre anticléricalisme et cléricalisme, est terminé et dépassé pour l’opinion publique, mais qu’aujourd’hui, ce qui est en jeu, c’est un certain islam, une certaine immigration. La laïcité deviendrait donc, selon lui, culturelle et identitaire. Et cette laïcité-là, qu’il appelle celle de « la droite de mai », c’est-à-dire de la victoire de Jacques Chirac en 2002 contre Jean-Marie Le Pen, peut devenir une valeur de la droite, à la fois contre le Front national et contre la gauche qui, dit-il, est « droits-de-l’hommiste » et complexée par rapport à la colonisation… Or, même si ce n’est pas l’objet principal du livre, il faut reconnaître qu’une partie de la gauche partage cette nouvelle laïcité et que toute la droite n’y adhère pas entièrement – même si celle-ci est tendanciellement plutôt de droite et la laïcité historique traditionnellement ancrée à gauche.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment se manifeste cette « nouvelle laïcité » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On détourne la loi de 1905 de son sens, on lui fait dire autre chose que ce qu’elle a dit. On peut comprendre cette loi en la lisant (ce que peu de gens ont fait en réalité) ainsi qu’en se penchant sur les débats parlementaires de l’époque, avec les amendements qui ont été adoptés ou refusés. Ce sont ces débats qui montrent l’esprit véritable de la loi. Dans la laïcité, il y a plusieurs principes : la neutralité, la séparation, la liberté de conscience et l’égalité de tous. Or aujourd’hui, cette « nouvelle laïcité » atrophie le principe de séparation (on l’a vu dans les débats sur l’euthanasie, sur le mariage homosexuel, qui relèvent de la séparation puisqu’il s’agit de la distinction entre les morales religieuses et les morales civiles).</p>
<p style="text-align: justify;">On atrophie aussi considérablement le principe de non-discrimination : l’aspect le plus flagrant, c’est que le Haut Conseil à l’intégration, de plus en plus, fait des propositions en matière de laïcité. Ce qui est totalement anormal puisque la laïcité est l’affaire de tous les Français, aucune population particulière ne saurait être visée par elle. On atrophie enfin la liberté de conscience : l’UMP est très subtil sur ce point en dissociant laïcité et liberté religieuse. Cela revient à dresser une laïcité répressive contre les minorités religieuses puisqu’on enlève la liberté religieuse de la laïcité. D’autre part, comme on parle de liberté religieuse et non de liberté de conscience, on peut y voir une certaine réofficialisation feutrée de certaines religions, notamment le catholicisme ou d’un islam modéré qui accepterait d’être contrôlé étroitement par l’État. C’est une politique assez subtile mais désastreuse puisqu’elle tire la laïcité vers quelque chose de répressif, ce qui est le meilleur moyen de la faire refuser par la rive sud de la Méditerranée. C’est donc non seulement très mauvais au niveau national mais aussi au niveau international.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Toutefois, la laïcité devrait aussi servir, dites-vous, le combat pour l’égalité des sexes. En quoi est-elle là encore falsifiée ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut rappeler d’emblée que ce n’était pas un des objectifs initiaux de la laïcité historique. Ou alors elle y a contribué de manière assez ambiguë. Je cite ainsi Jules Ferry sous la IIIe République, qui a voulu faire l’éducation des filles, mais il s’agissait de la femme enjeu entre la République et le cléricalisme plus que de la femme actrice et maîtresse de sa vie. Rappelons que Jules Ferry a dit : <em>« Il faut que la femme appartienne à la science ou qu’elle appartienne à l’église ! »</em> Or aujourd’hui, on pense évidemment que la femme doit s’appartenir à elle-même ! Par contre, lorsqu’il y a eu laïcisation des mœurs avec la loi Neuwirth sur la contraception ou la loi Veil sur l’avortement, la laïcité est devenue implicitement une laïcité féministe, puisque ces lois ont séparé la législation civile des morales religieuses en étant favorables aux femmes. Mais cela n’a été qu’implicite : les laïques se sont focalisés uniquement sur les subventions aux écoles privées, mais ils ont très peu revendiqué la laïcité au bénéfice des lois sur la contraception ou l’avortement, alors qu’ils auraient dû le faire. Ils n’ont finalement commencé à prôner l’égalité des sexes qu’en 1989, quand a débuté le débat sur le foulard islamique à l’école. Je montre l’ambiguïté de cette position puisque, d’un côté, le fait que la laïcité veuille se lier à l’égalité des sexes, c’est assurément un progrès, mais de l’autre, on la brandit face à des musulmanes, donc face à une minorité religieuse, en supposant que toutes les femmes voilées sont obligatoirement des femmes soumises. Or on sait bien que cela peut être parfois le cas, mais pas forcément, loin de là.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On retrouve là, selon vous, un vieux schéma antiféministe de la fin du XIXe siècle…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On sait qu’il était courant à l’époque de penser qu’une femme allant au confessionnal était forcément soumise au curé. Or, nombre d’études historiques ont montré que c’était en grande partie faux : dans le confessionnal, il y avait quasiment toujours négociation entre les femmes et leurs confesseurs. Cette idéologie de la soumission des femmes remise au goût du jour fait partie d’une idéologie dominante, certes anticléricale, mais machiste. Ce que je dénonce et combat dans mon livre est cette ambivalence très forte où l’égalité hommes-femmes ne vient à la laïcité que contre certaines femmes et non pas contre le machisme des hommes. Je prône pour ma part une laïcité qui se relie évidemment au combat pour l’égalité entre les sexes mais en dénonçant le machisme : le point de rencontre entre les deux doit être le refus de la discrimination. Aujourd’hui, paradoxalement, toute la prétendue laïcité au nom de l’égalité hommes-femmes est utilisée contre des femmes !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Propos recueillis par Olivier Doubre </strong></p>
<p><strong>Note </strong>: Jean Baubérot est professeur émérite d’histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études (CNRS-EPHE).</p>
<p><strong>Source</strong> : article paru dans Politis n° 1187 du 26 janvier 2012, actuellement en kiosque</p>
<p><a href="http://www.politis.fr">http://www.politis.fr</a></p>
<p>* « <em>La laïcité falsifiée </em>», par Jean Baubérot, La Découverte, « Cahiers libres », 216 pages, 17 €.</p>
<p>Télécharger la table des matières :  <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Table-des-matièresJ.Baubérot.pdf">Table des matièresJ.Baubérot</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LivreJBaubérot.jpeg"><img class="size-full wp-image-5942 aligncenter" title="LivreJBaubérot" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LivreJBaubérot.jpeg" alt="" width="174" height="290" /></a></p>
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		<title>Assemblée générale des Réseaux du Parvis à Angers</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 21:26:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au coeur de réseaux actifs]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Asemblée générale des 19 et 20 novembre 2011 à Angers Soirée festive &#160; &#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/reseaux-du-parvis/assemblees-generales">Asemblée générale des 19 et 20 novembre 2011 à Angers</a></p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/xn50it_ag-de-parvis-2011-grand_people">Soirée festive</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>APPEL EN FAVEUR du DESARMEMENT NUCLEAIRE UNILATERAL de la FRANCE</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 15:54:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons publié le 1er décembre 2011 une version préliminaire de cet Appel avec des références documentaires et en annonçant qu’une pétition citoyenne serait lancée prochainement. Vous trouverez ci-après :             • le texte définitif de l’Appel signé par 46 personnalités et initié par le Mouvement pour une Alternative Non-Violente (MAN) dans le cadre de sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nous avons publié le 1<sup>er</sup> décembre 2011 une <a href="http://www.nsae.fr/2011/12/01/appel-en-faveur-du-desarmement-nucleaire-unilateral-de-la-france/">version préliminaire de cet Appel avec des références documentaires</a> et en annonçant qu’une pétition citoyenne serait lancée prochainement. Vous trouverez ci-après :</strong></p>
<p><strong>            • le texte définitif de l’Appel signé par 46 personnalités et initié par le Mouvement pour une Alternative Non-Violente (<a href="http://nonviolence.fr/">MAN</a>) dans le cadre de sa campagne sur le thème « Libérons la France des armes nucléaires ».</strong></p>
<p><strong>             • la PETITION à signer et diffuser pour demander <em>le désarmement nucléaire unilatéral de la France</em>, en ligne sur le site <a href="http://www.fsan.fr">http://www.fsan.fr</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/colombe-entre-2-mains.jpg"><img class=" wp-image-5928 aligncenter" title="colombe-entre-2-mains" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/colombe-entre-2-mains.jpg" alt="" width="239" height="216" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Appel en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la France</strong></p>
<p>16 janvier 2012</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Que tout emploi d’arme nucléaire soit un crime, cela a été clairement affirmé par l’ONU dès 1961 : <em>« Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’humanité et commettant un crime contre l’humanité et la civilisation. »</em></strong><strong> (résolution du 24 novembre 1961). Trop peu en ont tiré la conclusion logique : si l’emploi des armes nucléaires est un « crime contre l’humanité », la seule menace d’y recourir est d’ores et déjà criminelle. Or c’est sur une telle menace que reposent les stratégies dites « de dissuasion nucléaire ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Certes, l’argument moral ne convaincra probablement pas les décideurs politiques et militaires. Dans ce domaine comme en bien d’autres, un prétendu réalisme prétend toujours récuser un prétendu moralisme. Il convient donc de convaincre les décideurs que l’im-moralité intrinsèque de l’arme nucléaire se double de son in-faisabilité stratégique : le simple réalisme oblige à reconnaître que les armes nucléaires ne nous protègent d’aucune des menaces qui peuvent peser sur notre sécurité. Elles sont notamment incapables de dissuader le moindre terrorisme. Par contre, leur possession même constitue une menace non seulement pour d’autres peuples mais aussi pour nous-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la véritable raison de la dissuasion nucléaire n’est pas d’assurer la défense de la population, mais de conférer à l’État un simulacre de puissance, celle-ci n’étant qu’une puissance de destruction et d’anéantissement.</p>
<p style="text-align: justify;">En maintenant et en modernisant son système d’armes nucléaires, la France ne peut qu’encourager la prolifération mondiale : s’il prétend que l’arme nucléaire est la garantie de la sécurité des Français, comment l’État français peut-il demander aux peuples non dotés de l’arme nucléaire de renoncer à la posséder ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le désarmement nucléaire satisferait aussi bien les exigences de « l’éthique de conviction » que celles de « l’éthique de responsabilité ». Et les unes sont aussi impérieuses que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">La dissuasion nucléaire, en outre, exige des citoyen(ne)s qu’ils abandonnent leur destin à la seule décision du Président de la République. L’arme nucléaire implique donc, par une nécessité organique, « l’exercice solitaire du pouvoir ». Tout le processus de développement du système de la dissuasion nucléaire a été et reste entièrement opaque à tout contrôle citoyen.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, l’équipement en armes nucléaires engloutit des sommes considérables. Le coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 est estimé à 228,67 milliards d’euros. Alors qu’on nous répète que le pays traverse une grave crise, la loi de programmation militaire (2009-2014) prévoit pour la dissuasion nucléaire un budget annuel moyen de 3,3 milliards d’euros : 2,3 milliards pour moderniser nos armes, et 1 milliard d’euros pour leur soutien et mise en œuvre. Ces investissements, directement financés par les impôts, ne sont pas socialement utiles. Ils sont parmi ceux qui produisent le moins d’emplois. Il n’est donc nullement démagogique d’affirmer que ces sommes seraient mieux utilisées dans d’autres secteurs de l’économie, notamment dans les services publics à la population aujourd’hui menacés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dissuasion nucléaire est donc immorale, irréaliste, dangereuse et coûteuse</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nombreux sont ceux qui en sont convaincus et partagent l’espoir d’un monde sans armes nucléaires. Mais cet espoir risque fort d’être déçu : il faudrait attendre que toutes les puissances nucléaires se mettent d’accord pour une telle abolition générale. C’est oublier notre propre responsabilité de citoyens d’un pays nucléaire : nous ne sommes pas directement responsables du désarmement mondial, mais nous le sommes entièrement du désarmement nucléaire de notre pays. Il nous appartient de construire la paix et la sécurité dans une <strong>France sans armes nucléaires</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, sans attendre l’abolition générale des armes nucléaires par une convention internationale encore et toujours hypothétique, nous estimons que pour nous, citoyen(ne)s français(es), il est de notre responsabilité de demander dès à présent :</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>le désarmement nucléaire unilatéral de la France</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le désarmement nucléaire unilatéral de notre pays est possible si les Français le veulent. Mais jusqu’à présent, ils n’ont jamais eu la possibilité d’en débattre pour dire s’ils le veulent ou s’ils ne le veulent pas ; c’est ce débat qu’il est urgent de susciter. Les Français doivent pouvoir exprimer en toute liberté leur volonté de renoncer à l’arme nucléaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin que les citoyen(ne)s français(es) exercent effectivement ce pouvoir de décision, il convient d‘envisager l’organisation d’un référendum d’initiative populaire, puisque c’est, dans une démocratie, le seul moyen de donner au peuple souverain la possibilité de s’exprimer sur une question vitale.</p>
<p><strong>Les 46 signataires</strong> :</p>
<p><strong>Olivier ABEL</strong><em>, philosophe</em><strong></strong></p>
<p><strong>Guy AURENCHE</strong><em>, avocat honoraire</em></p>
<p><strong>Maria BIEDRAWA</strong><em>, Présidente du </em>Mouvement International de la Réconciliation <em>(MIR)</em></p>
<p><strong>Paul BLANQUART</strong><em>, sociologue, écrivain</em></p>
<p><strong>Simone de BOLLARDIÈRE</strong></p>
<p><strong>Bernard BOUDOURESQUE</strong><em>, prêtre de la </em>Mission de France<em>, ancien ingénieur au </em>Commissariat à l’Energie Atomique<em> (CEA)</em></p>
<p><strong>José de BROUCKER</strong><em>, journaliste </em></p>
<p><strong>Thierry CASTELBOU</strong><em>, directeur de publication du journal </em>Gardarem lo Larzac<em></em></p>
<p><strong>Bernard DANGEARD</strong><em>, responsable de la communauté francophone de </em>l’Arche<em> de Lanza del Vasto</em></p>
<p><strong>Bernard DRÈANO</strong><em>, président de </em>l’Assemblée Européenne des Citoyens<em> (HCA, France)</em></p>
<p><strong>Hélène DUPONT</strong><em>, secrétaire de l’association </em>Partenia 2000<em></em></p>
<p><strong>Isabelle FILLIOZAT</strong><em>, psychologue, psychothérapeute, écrivaine</em></p>
<p><strong>Dominique FONTAINE</strong>, <em>vicaire général de la</em> Mission de France</p>
<p><strong>Bernard GINISTY</strong>, <em>philosophe</em></p>
<p><strong>Etienne GODINOT</strong><em>, président de </em>l’Institut de Recherche sur la résolution Non-violente des Conflits<em> (IRNC)</em></p>
<p><strong>Françoise HERITIER</strong><em>, anthopologue</em>, <em>professeure honoraire au </em>Collège de France<em></em></p>
<p><strong>Stéphane HESSEL</strong><em>, ambassadeur de France</em></p>
<p><strong>Albert JACQUARD</strong><em>, généticien</em></p>
<p><strong>Patrick JIMENA</strong><em>, initiateur du </em>Festival Camino <em>Agir pour la non-violence</em></p>
<p><strong>Gustave MASSIAH</strong><em>, économiste</em></p>
<p><strong>Olivier MAUREL</strong><em>, écrivain</em></p>
<p><strong>Christian MELLON</strong><em>, jésuite, membre du </em>Centre de recherche et d’action sociales<em> (CERAS)</em></p>
<p><strong>Philippe MEIRIEU</strong><em>, professeur à l’Université Lyon II</em></p>
<p><strong>Jean MERCKAERT</strong><em>, rédactuer en chef de la revue </em>Projet<em></em></p>
<p><strong>Edgar MORIN</strong><em>, philosophe et écrivain</em></p>
<p><strong>Jacques MULLER</strong><em>, ancien sénateur</em></p>
<p><strong>Jean-Marie MULLER</strong><em>,philosophe, écrivain, porte parole du </em>Mouvement pour une Alternative Non-violente<em> (MAN)</em></p>
<p><strong>Antoine NOUIS</strong><em>, directeur de publication de la revue </em>Réforme<em></em></p>
<p><strong>Jean-Paul NUNEZ</strong>, pasteur, vice-président du MIR<em></em></p>
<p><strong>Richard PETRIS</strong><em>, Directeur de l’</em>Ecole de la Paix<em>, Grenoble.</em></p>
<p><strong>Bernard QUELQUEJEU</strong><em>, dominicain, philosophe</em></p>
<p><strong>Pierre RABHI</strong><em>, paysan, écrivain et philosophe français d’origine algérienne</em></p>
<p><strong>Alain REFALO</strong><em>, enseignant, fondateur du </em>Centre de Ressources sur la Non-violence de Midi-Pyrénées<em></em></p>
<p><strong>Matthieu RICARD</strong><em>, moine bouddhiste, écrivain</em></p>
<p><strong>Alain RICHARD</strong><em>, franciscain à Toulouse</em></p>
<p><strong>Jacques RICHARD</strong><em>, docteur en médecine</em></p>
<p><strong>Lama Denys RINPOCHE</strong><em>, supérieur de la communauté bouddhiste </em>Dachang Rimay</p>
<p><strong>Jean-Pierre SCHMITZ</strong>, <em>président de la fédération</em> Réseaux du Parvis</p>
<p><strong>Antoine SONTAG</strong>, prêtre<em></em></p>
<p><strong>Bernard STEPHAN</strong><em>, P.D.G de </em>Témoignage Chrétien</p>
<p><strong>Alain TOURAINE</strong>, <em>directeur d’études à </em>l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales<em></em></p>
<p><strong>Marlène TUININGA</strong>, <em>journaliste, membre de la</em> Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté<em> (WILPF)</em></p>
<p><strong>Didier VANHOUTTE</strong><em>, ancien président de la fédération </em>Réseaux du Parvis<em> </em></p>
<p><strong>François VAILLANT</strong>, <em>rédacteur en chef de la revue</em> Alternatives Non-Violentes</p>
<p><strong>Paul VIRILIO</strong>, <em>philosophe, écrivain</em></p>
<p><strong>Patrick VIVERET</strong>, <em>philosophe, écrivain</em></p>
<p>_____________________________________</p>
<p><strong>Contact</strong> : Jean-Marie Muller – tél. : 02 38 75 04 60</p>
<p><em>Mouvement pour une Alternative Non-violence</em> (MAN) :</p>
<p><a href="mailto:man@nonviolence.fr">man@nonviolence.fr</a> ;   <a href="http://www.nonviolence.fr">http://www.nonviolence.fr</a></p>
<p>______________________________________</p>
<p>•   <a href="http://www.francesansarmesnucleaires.fr/spip.php?article11">Signer la pétition en ligne</a></p>
<p>•  Télécharger (pdf) :</p>
<p>- l’Appel :        <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Appel-désarmement-nucl-unil-F-16.01.12.pdf">Appel désarmement nucl unil F 16.01.12</a></p>
<p>- la pétition  :     <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Petition-MAN.pdf">Petition MAN</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>UE : De nombreuses atteintes aux droits humains commises au sein même de l’Union européenne sont ignorées</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 12:49:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Le bilan de l’Europe en matière de droits humains s’est détérioré de façon alarmante en 2011 selon Human Rights Watch.   L’Union européenne et ses États membres se sont avérés peu désireux de s’attaquer aux atteintes aux droits humains commises sur ce continent en 2011, alors même que leurs dirigeants affirmaient publiquement l’importance de cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le bilan de l’Europe en matière de droits humains s’est détérioré de façon alarmante en 2011 selon Human Rights Watch. </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/HumanR.W..jpeg"><img class="size-full wp-image-5923 aligncenter" title="HumanR.W." src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/HumanR.W..jpeg" alt="" width="232" height="218" /></a></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’Union européenne et ses États membres se sont avérés peu désireux de s’attaquer aux atteintes aux droits humains commises sur ce continent en 2011, alors même que leurs dirigeants affirmaient publiquement l’importance de cette question comme ayant inspiré le Printemps arabe, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2012<em>. </em></p>
<p style="text-align: justify;">Human Rights Watch a constaté des tendances préoccupantes en matière de droits humains au sein de l’<a href="http://www.hrw.org/fr/node/104026">Union européenne</a>, relevant des événements survenus dans neuf États membres ainsi que des évolutions dans les domaines de la migration et de l’asile, de la discrimination et de l’intolérance, et des politiques antiterroristes.</p>
<p style="text-align: justify;">Un <a href="http://www.hrw.org/fr/node/104205">chapitre</a> spécifique du rapport analyse les tendances à long terme en matière de droits humains en Europe. Ce chapitre conclut que la détérioration du respect des droits humains, la faible application de ces droits lorsque des violations se produisent, l’influence croissante de partis extrémistes, et le recul de l’idée que les droits s’appliquent également à chacun équivalent à une crise qui réclame une action urgente.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Si l’on en juge par les belles paroles sur le Printemps arabe en 2011, les droits humains pourraient sembler une préoccupation centrale de l’Union européenne</em> », a déclaré<span style="text-decoration: underline;"> Benjamin Ward</span>, directeur adjoint de la division Europe et Asie centrale au sein de Human Rights Watch. « <em>La triste vérité est que les gouvernements de l’UE mettent trop souvent de côté les droits humains au sein même de l’Europe lorsqu’ils s’avèrent gênants, en particulier ceux des minorités vulnérables et des migrants, et balaient d’un revers de main les critiques portées sur les atteintes à ces droits</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son rapport de 676 pages, Human Rights Watch a évalué les progrès réalisés en matière de droits humains durant l’année écoulée dans plus de 90 pays, notamment les soulèvements populaires dans le monde arabe que peu de personnes auraient imaginés.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’idée d’une crise des droits humains en Europe pourrait sembler improbable, un examen plus approfondi révèle des tendances préoccupantes, selon Human Rights Watch. Quatre évolutions se détachent : l’érosion des droits dans le cadre de politiques antiterroristes ; l’intolérance croissante et des politiques constituant des abus envers les minorités et les migrants ; la montée de partis populistes extrémistes et leur influence sur les politiques générales ; et l’efficacité amoindrie des institutions et des instruments qui protègent les droits humains.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines politiques européennes en réponse à la migration en provenance d’Afrique du Nord ont illustré l’approche négative de l’UE en 2011. Il s’agit notamment d’appels à limiter la liberté de mouvement au sein des frontières internes de l’UE, de conflits portant sur la responsabilité du sauvetage de migrants risquant la noyade, et d’une réticence à la réinstallation de réfugiés en provenance de la Libye.</p>
<p style="text-align: justify;">Les partis populistes extrémistes sont demeurés influents à travers le continent européen, altérant les politiques générales, en particulier sur les questions relatives aux Roms, aux Musulmans et aux migrants. Les gouvernements de l’UE ont fréquemment réagi en se faisant l’écho des critiques de ces partis envers les minorités et en appliquant des politiques qui transgressaient les droits humains.</p>
<p style="text-align: justify;">La Commission européenne s’est abstenue de mettre en œuvre avec fermeté son devoir d’agir contre des mesures qui violent la Charte des droits fondamentaux et d’autres lois de l’UE. Elle a accepté des amendements timides à une loi sur les médias hautement problématique en Hongrie, renoncé à engager des poursuites contre la France à propos de l’expulsion de Roms originaires d’Europe de l’Est en dépit d’abus persistants, et suspendu les poursuites contre la Grèce alors même que ce pays n’a pas fait grand-chose pour réformer son système d’asile profondément défectueux et ses conditions de détention inhumaines et dégradantes. Le 17 janvier, la Commission européenne a annoncé le lancement de procédures d’infraction contre la Hongrie, relatives au nouveau système de nominations judiciaires adopté dans ce pays ; il est toutefois difficile de prévoir l’effet qu’auront ces procédures sur l’ingérence plus générale du gouvernement hongrois dans le travail des tribunaux et des médias.</p>
<p style="text-align: justify;"> « <em>Malgré toutes ses promesses de tolérance zéro, la Commission européenne s’est montrée réticente à interpeller les États membres à propos de leurs bilans en matière de droits humains</em> », a indiqué Benjamin Ward. « <em>Si la Commission ne fait pas preuve de davantage de courage, la pente descendante en matière de droits au sein de l’UE semble devoir se poursuivre</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Principales évolutions en 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Alors que des centaines de migrants se sont noyés en Méditerranée en tentant de fuir la Libye, l’UE s’est abstenue d’entreprendre une action concertée pour améliorer la coordination des efforts de sauvetages en mer ou pour aider à réinstaller un nombre important de réfugiés reconnus en provenance d’Afrique du nord. Si l’Italie et Malte ont secouru de nombreux bateaux, le fait qu’un bateau de guerre n’aurait pas secouru un bateau en détresse fin mars et début avril aurait entraîné la mort de 63 personnes. Des conflits portant sur le lieu de débarquement des migrants et des demandeurs d’asile secourus ont mis d’autres personnes en danger.</p>
<p style="text-align: justify;">Les progrès vers un système d’asile commun sont restés lents, toutes les directives amendées proposées portant sur la réception, les procédures et la qualification demeurant en attente à la fin de l’année. L’approche de l’UE a mis l’accent sur le contrôle de la migration plutôt que sur l’accès à la protection pour les personnes qui en ont besoin.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un jugement marquant du mois de janvier, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), un tribunal du Conseil de l’Europe dont les décisions sont contraignantes pour les États de l’UE, a conclu que les renvois de demandeurs d’asile vers la Grèce depuis d’autres pays de l’UE violaient leurs droits. La décision de la CEDH invoquait les conditions de détention inhumaines et dégradantes, ainsi que le manque d’accès réel à l’asile en Grèce. La Cour est demeurée un instrument crucial pour la protection des droits humains dans l’ensemble de l’UE, en dépit d’attaques politiques de la part de certaines personnes en Europe, entre autres de ministres du Royaume-Uni.</p>
<p style="text-align: justify;"> Le jugement de la CEDH, ainsi qu’un autre similaire rendu par la Cour de justice de l’UE en décembre, ont mis en relief les problèmes relatifs au règlement « Dublin » de l’UE, qui exige que le premier pays d’entrée traite les demandes d’asile, ce qui impose un fardeau injuste aux pays qui se trouvent aux frontières externes de l’UE. La plupart des États ont suspendu les renvois vers la Grèce mais les efforts pour réformer le règlement sont restés au point mort en raison de l’opposition d’une majorité des membres de l’UE.</p>
<p style="text-align: justify;"> Les violences racistes et xénophobes à l’encontre des migrants, des demandeurs d’asile et des Roms ont constitué un problème grave dans plusieurs pays, notamment en Grèce, en Italie et en Hongrie, avec une réponse insuffisante de la part de ces gouvernements. Les horribles attaques terroristes en Norvège perpétrées en juillet par un extrémiste xénophobe qui a tué 77 personnes ont souligné les dangers d’une intolérance non réprimée, tandis que la décision du gouvernement norvégien de répondre par « <em>plus d’ouverture, plus de démocratie et plus d’humanité</em> » a donné un exemple positif. De nouvelles lois sont entrées en vigueur en France et en Belgique interdisant le voile intégral musulman ; au cours de cette même année, les dirigeants français et britanniques ont déclaré que le multiculturalisme était une politique qui a échoué.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines mesures antiterroristes en vigueur dans des pays européens ont porté atteinte aux droits humains. L’Espagne autorise la détention au secret pour une durée pouvant aller jusqu’à 13 jours. Des réformes portant sur les règles de garde à vue par la police en France ont laissé en place des possibilités d’interroger des personnes soupçonnées de terrorisme sans qu’un avocat soit présent, et de refuser l’accès à un avocat pour une durée pouvant atteindre 72 heures. Des propositions législatives visant à limiter des ordres de contrôles et de détention préventive antiterroriste au Royaume-Uni ont été affaiblies par des dispositions permettant de les rétablir en cas d’urgence.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu de progrès ont été réalisés contre l’impunité pour complicité de la part de gouvernements européens avec les tortures et la détention secrète pratiquées par les États-Unis. La Lituanie a clôturé son enquête, il y a eu peu de progrès dans une enquête similaire en Pologne, et les autorités roumaines ont formulé des démentis répétés malgré des preuves identifiant l’emplacement d’un ancien centre de détention secrète de la CIA à Bucarest. Un tribunal allemand a rejeté une affaire impliquant le gouvernement allemand pour avoir omis de procéder à l’extradition de citoyens étatsuniens soupçonnés d’implication dans le renvoi en 2004 vers l’Afghanistan d’un citoyen allemand naturalisé.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Le résultat net de l’évolution des droits humains en Europe suscite de graves préoccupations</em> », a conclu Benjamin Ward. « <em>Sans une action concertée des gouvernements de l’UE, il se pourrait que la prochaine génération d’Européens considère les droits humains comme une valeur facultative plutôt que fondamentale</em>. »</p>
<p align="right">(Bruxelles, le 22 janvier 2012)</p>
<p><strong>Source</strong> : Communiqué de presse de <em>Human Rights Watch</em> du 22 janvier 2012</p>
<p><a href="http://www.hrw.org/fr/news/2012/01/22/ue-de-nombreuses-atteintes-aux-droits-humains-commises-au-sein-m-me-de-l-union-europ">http://www.hrw.org/fr/news/2012/01/22/ue-de-nombreuses-atteintes-aux-droits-humains-commises-au-sein-m-me-de-l-union-europ</a></p>
<p><strong>A lire </strong>: le Rapport Mondial 2012 : Union européenne &#8211; Synthèse pays (16 pages)</p>
<p>à télécharger (PDF) : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/eu_fr_2012.pdf">eu_fr_2012</a></p>
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		<title>« Le marché  gouverne »</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 12:32:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretien avec...]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[En confiant les clés de la crise aux financiers, en écoutant  trop les agences de notation, en renonçant à une autre politique, les gouvernements européens mettent en péril la démocratie. Entretien avec André Orléan, économiste « atterré. Propos recueillis par Frédéric Joignot La politique ne se fait pas à la corbeille&#8221;, lançait le général de Gaulle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong>En confiant les clés de la crise aux financiers, en écoutant  trop les agences de notation, en renonçant à une autre politique, les gouvernements européens mettent en péril la démocratie.</strong></em></p>
<p><strong>Entretien avec André Orléan, économiste « atterré.</strong></p>
<p>Propos recueillis par Frédéric Joignot</p>
<p style="text-align: justify;">L<em>a politique ne se fait pas à la corbeille&#8221;</em>, lançait le général de Gaulle le 28 octobre 1966 quand la Bourse plongeait, après avoir exagérément monté, en 1962. L&#8217;économiste André Orléan, directeur de recherche au CNRS, rappelle cette formule pour montrer, dans un entretien au <em>Monde</em>, que le pouvoir politique est aujourd&#8217;hui assujetti aux décisions des marchés financiers. De la même façon, il trouve <em>&#8220;disproportionné&#8221;</em> l&#8217;affolement qui a suivi la dégradation de la note de la France par l&#8217;agence de notation Standard &amp; Poor&#8217;s.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Empire-de-la-valeur-refonder-l-economie.jpg"><img class="size-full wp-image-5918 aligncenter" title="Empire-de-la-valeur-refonder-l-economie" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Empire-de-la-valeur-refonder-l-economie.jpg" alt="" width="211" height="270" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">André Orléan, 61 ans, vient de recevoir le prestigieux prix Paul-Ricoeur pour son ouvrage <em>L&#8217;Empire de la valeur. Refonder l&#8217;économie</em> (Seuil, 2011). Il déploie dans ce livre une critique de fond des économistes &#8220;néoclassiques&#8221;, qui veulent faire croire à l&#8217;<em>&#8220;objectivité&#8221;</em> des valeurs financières, quand lui décrit un système subjectif. Pour éviter les fausses évaluations, les crises et les krachs cycliques, mais aussi les politiques de rigueur imposées aux populations, André Orléan affirme qu&#8217;il faut repenser la notion de valeur, en comprendre les limites, redonner sa force au pouvoir politique.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pour s&#8217;atteler à cette réflexion qu&#8217;André Orléan préside l&#8217;Association française d&#8217;économie politique (AFEP), qui milite pour le pluralisme dans l&#8217;enseignement et la recherche en économie. Il est aussi un des quatre signataires du <em>Manifeste d&#8217;économistes atterrés </em>(éd. Les liens qui libèrent, 2010), qui remettent en cause la politique de l&#8217;Union européenne dans le traitement de la dette souveraine. Le quatuor vient de publier aussi <em>Changer d&#8217;économie ! Nos propositions pour 2012</em> (éd. Les liens qui libèrent).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qui gouverne en Europe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la zone euro, c&#8217;est le marché. Le pouvoir politique se conforme à ses priorités et craint ses évaluations. On le voit encore avec la dégradation de la note de la France par Standard &amp; Poor&#8217;s. En même temps, le marché financier est un souverain profondément erratique et incohérent. Il n&#8217;est jamais satisfait, comme on le constate avec ces politiques de rigueur qui s&#8217;accompagnent d&#8217;une croissance faible, elle-même source de nouvelles difficultés. Au final, on a l&#8217;impression que, dans la zone euro, la confiance ne reviendra jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Historiquement, la primauté du politique, c&#8217;est-à-dire sa capacité à encadrer les intérêts financiers, a eu comme instrument essentiel la banque centrale. Il ne faut pas perdre de vue cette réalité : c&#8217;est par le biais de la puissance monétaire qu&#8217;il a été possible de faire prévaloir l&#8217;intérêt collectif. Mais cela suppose que la banque centrale soit placée sous l&#8217;autorité du pouvoir politique. C&#8217;est ce qu&#8217;on constate dans les grandes démocraties. Cependant cette architecture, qui a fait ses preuves, n&#8217;a pas été adoptée par la zone euro. Une Banque centrale européenne (BCE) coupée du politique est une très mauvaise chose. Elle est, en elle-même, l&#8217;expression d&#8217;une crise très profonde de la démocratie européenne, de son impuissance congénitale.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ailleurs, il serait plus exact de dire que l&#8217;autonomie radicale de la banque centrale, plus que le résultat d&#8217;une doctrine, est la conséquence du fait qu&#8217;il n&#8217;existe pas de facto de souveraineté européenne. Car l&#8217;histoire montre qu&#8217;un véritable souverain sait capter à son profit l&#8217;institut d&#8217;émission, quel que soit son statut juridique. Autrement dit, le premier geste d&#8217;un véritable pouvoir politique européen serait de placer la banque centrale sous son autorité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand on entend que &#8220;les marchés imposent leurs vues&#8221;, de quels marchés est-il question ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quand on dit &#8220;les marchés&#8221;, on ne dit pas l&#8217;économie de marché, ni les marchés de biens. On parle des marchés financiers. On en parle comme s&#8217;ils résumaient toute l&#8217;économie, et qu&#8217;ils étaient rationnels et stables. S&#8217;ils étaient aptes à produire des estimations correctes des valeurs et des prix, leur rôle serait utile. Le problème vient du fait qu&#8217;il n&#8217;en est rien. Ils sont, de ce point de vue, très différents des marchés de biens. Ceux-ci traitent de marchandises réelles, ayant une utilité que les consommateurs peuvent juger, alors que les marchés financiers reposent sur des paris subjectifs, spéculatifs. Ce sont des marchés de promesses. On y vend et achète des anticipations. Leur logique est d&#8217;une nature mimétique : chaque investisseur se positionne en fonction de ce que les autres vont faire. Ils ressemblent fortement à ces médias qui cherchent à découvrir non les informations importantes mais celles susceptibles d&#8217;être appréciées par le public.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cette raison, un marché financier est par nature mobile, instable, plein de dérapages incontrôlés. Il s&#8217;y produit inévitablement des bulles, qui explosent quand l&#8217;écart à la réalité devient trop énorme pour être nié. Or la théorie libérale veut nous faire croire que les marchés financiers donnent des valeurs pertinentes, des prix objectifs, et qu&#8217;au final l&#8217;autorégulation va l&#8217;emporter. C&#8217;est ainsi que la financiarisation a été vendue aux populations.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette construction a été démentie par les crises qui se succèdent, depuis 1987 jusqu&#8217;au tsunami financier de 2007 et à la crise d&#8217;aujourd&#8217;hui. On ne peut se fier aux prix financiers, que ce soit un taux d&#8217;intérêt, un taux de change ou le prix d&#8217;une action.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi leur stratégie finit-elle toujours par l&#8217;emporter</strong><strong> ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;en a pas toujours été ainsi. Nous vivons même une situation complètement originale. Dans les capitalismes qui l&#8217;ont précédée, qu&#8217;ils soient &#8220;fordien&#8221;, &#8220;rhénan&#8221;, &#8220;managérial&#8221; ou autre, le contrôle des entreprises était soit dans les mains de leur propriétaire, soit, lorsque le capital était trop dilué, dans les mains des directions d&#8217;entreprise. Il s&#8217;ensuivait une forte diversité des points de vue et des évaluations. Dans ces capitalismes, seul le &#8220;flottant&#8221; était laissé au marché, le reste était géré au sein d&#8217;institutions spécifiques, que ce soient des familles, des banques, à la manière du capitalisme rhénan, ou l&#8217;Etat, comme dans le cas français.</p>
<p style="text-align: justify;">A partir des années 1980, on a liquidé progressivement les blocs de contrôle, jugés trop coûteux, et parce que les jeux du marché faisaient apparaître de fortes opportunités de profit. Ce faisant a émergé une forme nouvelle de capitalisme, financiarisée, où la diversité des points de vue est bien moins marquée car le marché y constitue le coeur des évaluations économiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le capital financier finit-il par englober</strong><strong> toute l&#8217;activité ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Que ce soit le marché des actions, qui définit la norme de rentabilité exigée, le marché des changes, qui détermine la valeur de l&#8217;euro, ou le marché de la dette, qui impose une rigueur budgétaire, la sphère financière domine tous les choix. Or, à la différence des marchés de biens, la finance a une dimension directement collective. Elle saisit l&#8217;économie dans sa totalité à partir d&#8217;une analyse de sa macroéconomie, de ses institutions et de sa politique. En conséquence, la primauté du politique sur le terrain de l&#8217;évaluation globale se trouve battue en brèche par la finance. C&#8217;est une situation inédite, qui met en danger la vie démocratique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, Standard &amp; Poor&#8217;s justifie sa dégradation de la note française en estimant que l&#8217;accord européen du 9 décembre 2011 sur la &#8220;règle d&#8217;or&#8221; budgétaire ne constitue pas <em>&#8220;une avancée suffisamment importante&#8221; </em>pour sortir la zone euro de la crise. Il n&#8217;y a pas lieu de s&#8217;offusquer d&#8217;un tel jugement : la démocratie suppose la liberté des opinions, et Standard &amp; Poor&#8217;s peut estimer que la politique suivie met en danger le remboursement de la dette publique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui pose problème, c&#8217;est le poids disproportionné qui est accordé à cette opinion. A-t-on oublié que ces agences se sont trompées à de multiples reprises &#8211; lors de la crise du Sud-Est asiatique en 1997, lors de l&#8217;affaire Enron ou lors de l&#8217;évaluation des produits titrisés à l&#8217;origine de la crise actuelle ? Ce poids disproportionné est le reflet de l&#8217;impuissance des autorités politiques à faire valoir une autre vision du monde que celle des intérêts financiers.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si vous deviez donner</strong><strong> un exemple du pouvoir</strong><strong> des marchés, ce serait lequel ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Fin décembre 2011, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de prêter 489 milliards d&#8217;euros aux banques au taux très bas de 1 %. Dans le même temps, un pays comme l&#8217;Italie doit emprunter, aux banques cette fois, à 5 % ou 6 %. Beaucoup de citoyens s&#8217;étonnent de cette différence de traitement au profit des banques. La BCE est bien la véritable puissance financière en Europe. Près de 500 milliards d&#8217;euros, c&#8217;est considérable, et des prêts à 1 %, pour trois ans, c&#8217;est du jamais-vu ! Pourtant, les banques ne se prêtent plus entre elles, leurs notes ont été dégradées, leurs bilans sont encore opaques, la défiance règne. Et de plus, elles n&#8217;ont pas vu venir la crise des subprimes, elles ont montré une incompétence notable, et elles ont été sauvées par l&#8217;argent public&#8230; Nous sommes loin du dogme d&#8217;autorégulation des marchés financiers ! En outre, pour une part importante, le financement octroyé aux banques européennes ne va nullement à l&#8217;économie réelle mais reste stocké sur des comptes auprès de la BCE !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi ces 489 milliards de la BCE vont-ils aux banques et non directement aux Etats ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La BCE a les moyens d&#8217;intervenir pour racheter de la dette. Mais dès qu&#8217;il s&#8217;agit de soutenir les Etats en difficulté, nos dirigeants et économistes protestent : <em>&#8220;Cela va faire</em><em> de l&#8217;inflation, nous allons plomber</em><em> les actifs de la BCE.&#8221;</em> Lorsqu&#8217;il s&#8217;agit des banques, on ne parle plus des risques inflationnistes ou de solvabilité&#8230; On met les Etats endettés entre les mains des marchés financiers, qui vont fixer à leur guise le prix de leur aide : actuellement, pour dix ans, 6,5 % pour l&#8217;Italie et 5 % pour l&#8217;Espagne. Les pays du Sud européen sont condamnés à consacrer une part considérable de leurs recettes budgétaires au remboursement de leur dette, produisant une réduction drastique des dépenses publiques, dramatique pour leur population.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La BCE n&#8217;a donc pas le droit de prêter</strong><strong> aux Etats. Doit-on le regretter</strong><strong> ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. C&#8217;est un choix discutable. Il existe un dogme de l&#8217;indépendance de la BCE vis-à-vis des Etats, en vérité imposé par l&#8217;Allemagne. Or, il serait rationnel de soutenir des pays solvables qui connaissent des difficultés du fait de l&#8217;instabilité des marchés. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est ainsi qu&#8217;agissent tous les grands pays, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, mais pas l&#8217;Europe. Racheter de la dette ne résoudrait pas tous les problèmes. Mais cela changerait profondément le climat actuel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;Allemagne impose l&#8217;indépendance de la BCE parce qu&#8217;elle craint l&#8217;insolvabilité de pays du Sud. Se trompe-t-elle ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On confond crise de solvabilité et crise de liquidités. L&#8217;Italie a des dettes importantes mais elle reste solvable. Il est stupide et dangereux de laisser ce pays payer des intérêts élevés. Si la BCE rachetait de la dette publique, les taux d&#8217;intérêt se détendraient immédiatement. On pourrait alors aborder les questions fondamentales, sociales, écologiques, sans oublier la croissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais nous sommes paralysés par l&#8217;intransigeance allemande. Nous sommes dans une situation proche de l&#8217;entre-deux-guerres, quand déjà les pays européens menaient des politiques déflationnistes, ce qui a conduit au chômage de masse. Il en est ainsi parce que l&#8217;Europe reste très marquée par son adhésion au capitalisme financiarisé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment redonner</strong><strong> toute sa force à la gouvernance politique ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les historiens nous apprennent que la démocratie ne s&#8217;identifie pas à des règles formelles. Si le suffrage universel est un élément important de la vie démocratique, il ne suffit pas de convoquer tous les ans le Parlement européen pour avoir une véritable démocratie. Celle-ci reste formelle si elle ne réussit pas à produire une véritable communauté. Or, rien de tel n&#8217;existe en Europe &#8211; c&#8217;est la juxtaposition de 27 corps politiques qui jamais ne se mêlent. La politique européenne se réduit à des rencontres d&#8217;experts dominées par les questions techniques &#8211; voyez la &#8220;règle d&#8217;or&#8221; &#8211; sans que la question du consentement européen soit posée. Le seul modèle véritablement européen proposé à la discussion est celui qu&#8217;avancent les marchés financiers ! Il faut dire que l&#8217;Europe est intoxiquée par la financiarisation, ce dont témoigne l&#8217;omniprésence des hommes de la finance dans les lieux de pouvoir. Aujourd&#8217;hui, Goldman Sachs a supplanté l&#8217;ENA pour ce qui est des élites européennes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le repli nationaliste est-il une solution ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je comprends que la crise européenne puisse conduire certains à avoir la nostalgie de ce qui existait &#8220;avant&#8221; et même souhaiter y revenir : <em>&#8220;Quittons l&#8217;euro, nous allons pouvoir faire bouger</em><em> les taux de change, gérer</em><em> la dette, décider</em><em> d&#8217;une politique industrielle nationale, etc.&#8221; </em>Mais l&#8217;industrie s&#8217;est mondialisée. Les leviers dont nous disposerions en revenant à des communautés nationales ne seraient plus à la hauteur des problèmes. J&#8217;ai peur que nous n&#8217;ayons d&#8217;autres choix que de faire émerger une politique européenne.</p>
<p style="text-align: justify;">En même temps, tout montre que c&#8217;est là un projet problématique. En supposant même que les gouvernements nationaux abandonnent leur engagement actuel en faveur d&#8217;une Europe financiarisée, il sera très difficile de faire en sorte que la juxtaposition de peuples aux destins séparés accouche d&#8217;un peuple nouveau. C&#8217;est affaire d&#8217;histoire commune, pas de gestion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce manque de solidarité européenne ne provient-il pas aussi de la profonde crise sociale que connaissent les populations ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a certainement un grave malaise en Europe, l&#8217;idée que l&#8217;ascenseur social ne fonctionne plus, que les politiques ne protègent plus les populations et laissent les services publics se dégrader. La précarisation s&#8217;étend, la paupérisation aussi, on assiste à un délitement syndical, beaucoup de gens ont l&#8217;impression que rien ne peut être changé. Une sensation d&#8217;irrémédiable gagne. Cela joue dans la crise de la représentation politique européenne, qui apparaît de plus en plus comme déconnectée des réalités.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi, avec d&#8217;autres, avoir</strong><strong> fondé les Economistes atterrés et publié le livre &#8220;Changer d&#8217;économie !&#8221; ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Malgré l&#8217;impact mondial de la crise des subprimes, le diagnostic dominant n&#8217;a jamais remis en cause le rôle central des marchés. Dans les différents G20, on a certes critiqué l&#8217;opacité des opérations financières, les bonus des traders, les erreurs des agences de notation, les paradis fiscaux, mais la financiarisation n&#8217;a jamais été remise en cause. Le mot d&#8217;ordre est celui d&#8217;une finance rendue efficace parce que devenue transparente. Aux Economistes atterrés, nous ne sommes pas d&#8217;accord. Côté transparence, les réformes avancent très lentement. On n&#8217;a pas vu grand-chose, si ce n&#8217;est l&#8217;obligation pour les banques de se constituer de nouveaux fonds propres. On voit surtout des lobbys bancaires qui résistent tant qu&#8217;ils peuvent. Notre diagnostic est que la finance a acquis trop de poids dans la macroéconomie.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour changer l&#8217;économie, je mets l&#8217;accent sur la promulgation d&#8217;un nouveau Glass-Steagall Act. Cette réforme qui fut adoptée aux Etats-Unis en 1933, puis abandonnée en 1999, institue une incompatibilité radicale entre les métiers de la banque de dépôt et de la banque d&#8217;investissement. Ce faisant, il s&#8217;agit de faire connaître publiquement la dangerosité de la spéculation et d&#8217;en protéger le circuit des dépôts et du crédit.</p>
<p style="text-align: justify;"> Une des propositions des Economistes atterrés est que les pays de la zone euro devraient pouvoir pratiquer des politiques budgétaires autonomes &#8211; cela implique que la BCE garantisse les dettes. Nous proposons aussi de réduire les niches fiscales et d&#8217;imposer plus fortement les plus hauts revenus. J&#8217;ajouterai que les banques doivent être incitées à faire leur métier, à savoir investir dans l&#8217;économie réelle, créatrice de biens et d&#8217;emplois. Il faut réorganiser le métier bancaire, le détourner de la spéculation. Et, chaque fois qu&#8217;est proposée une innovation financière, se demander si elle est bonne pour l&#8217;économie réelle. Ce serait là un complet changement d&#8217;orientation.</p>
<p align="right"><strong>Propos recueillis par Frédéric Joignot</strong></p>
<p><strong>À LIRE</strong><strong> :</strong></p>
<p><em> <strong>• Changer d&#8217;économie! Nos propositions pour 2012</strong></em>, par Les Economistes atterrés (Ed. Des liens qui libèrent, 280p., 18,50€)</p>
<p><em> </em>• <strong><em>L&#8217;empire de la valeur. Refonder l&#8217;économie</em></strong>, par André Orléan (Seuil, 2011)</p>
<p><strong>Source </strong>: article publié dans le Cahier  du « Monde » n° 20840 Culture &amp; Idées daté du 21 janvier 2012.</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr">http://www.lemonde.fr</a></p>
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		<item>
		<title>Les &#8220;Economistes atterrés&#8221; s&#8217;invitent dans la campagne présidentielle</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/les-economistes-atterres-sinvitent-dans-la-campagne-presidentielle/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2012/01/20/les-economistes-atterres-sinvitent-dans-la-campagne-presidentielle/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 17:11:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Christine Monin et Laurent Grzybowski  27 experts en économie, réunis par un même refus du néo-libéralisme, publient Changer l&#8217;économie*. Un ouvrage collectif qui rassemble une série de propositions pour 2012 et livre des pistes pour sortir de la crise. Un changement est possible, disent-ils. Après, tout est affaire de choix et de volonté politiques. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Christine Monin et Laurent Grzybowski</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><strong><em>27 experts en économie, réunis par un même refus du néo-libéralisme, publient </em></strong><strong>Changer l&#8217;économie*<em>. Un ouvrage collectif qui rassemble une série de propositions pour 2012 et livre des pistes pour sortir de la crise. Un changement est possible, disent-ils. Après, tout est affaire de choix et de volonté politiques.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/changer-economie.jpg"><img class="size-full wp-image-5903 aligncenter" title="changer-economie" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/changer-economie.jpg" alt="" width="208" height="313" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Pousser aussi loin que possible la critique de l&#8217;idéologie néo-libérale et relancer le débat citoyen sur les solutions à la crise. Tels sont les deux objectifs que se sont fixés les 27 experts du <a href="http://atterres.org/">collectif des économistes atterrés</a> qui publient Changer l&#8217;économie (aux éditions les Liens qui libèrent). &#8220;Ce livre n&#8217;est pas un programme cohérent mais une série de propositions &#8211; dont certaines peuvent être contradictoires &#8211; qui montrent que des politiques alternatives sont à la fois souhaitables et possibles&#8221;. Indépendants de tout pouvoir politique ou financier, ces économistes souhaitent faire vivre une pensée libre et critique et donner à réfléchir à la veille des échéances électorales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Atterrés s&#8217;étaient constitués en octobre 2010</strong> autour d&#8217;un <a href="http://atterres.org/page/manifeste-d%C3%A9conomistes-atterr%C3%A9s">Manifeste</a> en forme de ras-le bol. &#8220;Nous assistons aujourd&#8217;hui à une crise majeure du capitalisme qui a atteint les fondements mêmes de notre économie. (…) Pourtant, en dépit de ces bouleversements, les responsables politiques assènent avec certitude : il faut réduire les dépenses publiques, engager des réformes structurelles&#8230; en s&#8217;appuyant sur des fausses évidences, théoriquement mal étayées&#8221;, expliquait alors à La Vie Philippe Askenazy, chercheur à l&#8217;Ecole d&#8217;économie de Paris.</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>Ils ont, depuis cet acte fondateur,</strong> animé des dizaines de débats dans toute la France, publié un second ouvrage : 20 ans d’aveuglement. L’Europe au bord du gouffre (Les liens qui libèrent) pour partager leurs analyses avec le plus grand nombre. Le collectif a grandi et rassemble aujourd&#8217;hui quelque 2000 personnes d&#8217;horizons variés, portées par un même désir de mettre fin au règne de la finance, dans la banque et dans l&#8217;entreprise, pour revenir à une économie &#8220;plus réelle&#8221;. &#8220;Il faut que les banquiers redécouvrent le cœur de leur métier, même s&#8217;il est un peu ennuyeux, et arrêtent de jouer au casino&#8221;. Devant les membres de l&#8217;Association des journalistes de l&#8217;information sociale (AJIS), le 5 janvier, plusieurs d&#8217;entre eux sont intervenus pour critiquer durement la politique économique du gouvernement qui, en diminuant l&#8217;imposition des revenus du capital, du patrimoine et des droits de transmission, &#8220;a détruit une partie des bases fiscales traditionnelles&#8221;. Tous s&#8217;inquiètent également des risques sociaux inhérents aux politiques d&#8217;austérité en vigueur aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au menu du livre : des propositions tant sur l&#8217;Europe</strong>, le verdissement de l&#8217;économie, la fiscalité, la finance que le travail ou la protection sociale. Oscillant entre radicalité et réformisme, utopie et réalisme. En Europe, les économistes atterrés plaident pour que les États membres retrouvent la maitrise de leur politique budgétaire &#8211; dont ils se sont privés avec le Pacte de Maastricht &#8211; afin d&#8217;être mieux outillés pour affronter la crise. Mais cela n&#8217;est possible qu&#8217;à deux conditions : que la Banque centrale européenne garantisse les dettes des États, ce qui n&#8217;est aujourd&#8217;hui pas le cas, et que ces derniers fassent preuve d&#8217;une solidarité sans faille. Autrement dit que les pays du Nord apportent un soutien inconditionnel à la Grèce, au Portugal, à l&#8217;Espagne ou à l&#8217;Italie. Les économistes atterrés suggèrent également qu&#8217;en lieu et place d&#8217;une austérité généralisée, les pays du Nord mènent des politiques expansionnistes, et que les pays du Sud s&#8217;attellent à leur réindustrialisation. La lutte contre l&#8217;évasion fiscale et la corruption doivent également, selon eux, devenir une priorité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sur la fiscalité, les économistes proposent une réforme</strong> qui s&#8217;appuie sur trois propositions simples : supprimer les niches fiscales, créer deux nouvelles tranches d&#8217;impôt sur le revenu, et harmoniser les politiques fiscales des pays de l&#8217;Union pour éviter une concurrence qui bénéficie aujourd&#8217;hui aux grandes entreprises et aux ménages les plus aisés. Ces derniers peuvent, en effet, exercer une véritable pression sur les gouvernements pour exiger des baisses d&#8217;impôt, en brandissant la menace de l&#8217;évasion fiscale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sur le plan social, ils refusent à la fois austérité et privatisations.</strong> &#8220;Contrairement à une idée reçue, la crise n&#8217;est pas liée à un excès de dépenses, mais à une diminution des recettes de l&#8217;Etat&#8221;, affirme Sabine Issehnane, chercheuse au Centre d&#8217;économie de l&#8217;université Paris Nord, membre du collectif. &#8220;Pour sortir de la crise, dit-elle, il faudrait commencer par relancer une véritable politique sociale. La privatisation de la protection sociale coûte beaucoup plus cher à la collectivité que le système public des retraites, de la santé ou des allocations familiales.&#8221; Prenant le contre-pied de nombreux décideurs, cette jeune économiste estime également qu&#8217;il faudrait aller plus loin dans la réduction du temps de travail, &#8220;moins violente que le chômage et le sous-emploi&#8221;, mais en l&#8217;organisant de manière &#8220;plus solidaire et moins individualiste&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Que l&#8217;on a adhère ou non à ces propositions,</strong> l&#8217;ouvrage, clair et abordable, a le mérite de relancer un débat trop souvent phagocyté par l&#8217;urgence et d&#8217;interroger les fondements de la politique économique. Surtout, il nous rappelle que la sortie de crise n&#8217;est possible qu&#8217;à condition de mener une réflexion globale et non pas à coup de mesures, annoncées pêle-mêle aux médias, sans hiérarchie ni cohérence véritable. De quoi donner aux candidats à l&#8217;élection présidentielle matière à réflexion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Source</strong> : publié le 10/01/2012</p>
<p><a href="http://www.lavie.fr//actualite/economie/les-economistes-atterres-s-invitent-dans-la-campagne-presidentielle-10-01-2012-23041_6.php">http://www.lavie.fr//actualite/economie/les-economistes-atterres-s-invitent-dans-la-campagne-presidentielle-10-01-2012-23041_6.php</a></p>
<p>* « <em>Changer d’économie ! – nos propositions pour 2012</em> », Les économistes atterrés, Ed. Les liens qui libèrent , 280 pages, 18,50 €, 2012.</p>
<p><strong>En savoir plus </strong>:  cf <a href="http://atterres.org/article/changer-d%C3%A9conomie-notre-nouveau-livre-est-sorti">le site des économistes atterrés</a></p>
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		<title>Contre le discours dominant sur la dette publique. L&#8217;insurrection démocratique</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/contre-le-discours-dominant-sur-la-dette-publique-linsurrection-democratique/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 13:44:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, &#8221; vit depuis plus de trente ans à crédit &#8220;. L&#8217;enjeu pour la gauche serait seulement de &#8221; donner du sens [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audit-Dette.jpeg"><img class="size-medium wp-image-5896 aligncenter" title="Audit-Dette" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audit-Dette-300x161.jpg" alt="" width="300" height="161" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, <em>&#8221; vit depuis plus de trente ans à crédit &#8220;</em>. L&#8217;enjeu pour la gauche serait seulement de <em>&#8221; donner du sens à la rigueur &#8220;</em> en attendant de <em>&#8221; relancer la croissance &#8220;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce scénario semble aussi évident que l&#8217;air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur &#8221; La dépense publique et son évolution &#8220;, publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à&#8230; 52,9 % dans les années 2000.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les déficits et la dette ont flambé, ce n&#8217;est pas du fait d&#8217;une envolée des dépenses, mais à cause d&#8217;une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d&#8217;impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d&#8217;euros. Et la crise financière a provoqué une chute brutale des recettes publiques déjà érodées par cette contre-révolution fiscale. Cette dette est celle de la finance et du néolibéralisme, pas des assurés sociaux ni des citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux narrations aussi contradictoires de l&#8217;histoire de la dette publique déterminent deux réponses antagoniques. Selon l&#8217;histoire officielle, une cure sévère d&#8217;amaigrissement budgétaire s&#8217;impose, sans débat autre que sur les modalités, pour que la France restaure ses finances publiques et que ses entreprises redeviennent compétitives. Dans la narration alternative, à l&#8217;inverse, la clé de la situation réside dans une réforme fiscale redistributive, couplée à une cure amaigrissante et une mise sous tutelle&#8230; du secteur financier.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, la réforme fiscale, qui permet de réduire le déficit courant, n&#8217;épongera pas la dette : les intérêts versés en 2011 aux rentiers &#8211; ceux-là mêmes qui ont bénéficié des baisses d&#8217;impôts &#8211; se montent à 50 milliards d&#8217;euros, avant même la prochaine perte du triple A et de probables hausses des taux exigées par les marchés.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour alléger ce fardeau, préserver les services publics et la protection sociale, et enclencher une transition écologique, le débat démocratique devra déterminer si une part de cette dette est illégitime, c&#8217;est-à-dire contractée au nom d&#8217;arguments infondés et au bénéfice d&#8217;intérêts particuliers et, le cas échéant, décider un défaut sur cette partie de la dette. Les Etats devront à l&#8217;avenir se financer ailleurs qu&#8217;auprès des seuls marchés financiers, comme ils le faisaient jusqu&#8217;au début des années 1980 : faute de quoi ils ne pourront plus prétendre à aucune souveraineté.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils devront également prendre acte que cette crise est aussi celle d&#8217;un modèle de croissance insoutenable, et réorienter les investissements publics vers des programmes écologiquement plus sobres et plus riches en emplois, au lieu de grands projets productivistes, coûteux et obsolètes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si la narration critique a pour elle la vraisemblance du diagnostic, elle se heurte aux &#8221; évidences &#8221; martelées, et la nécessaire radicalité des réponses qu&#8217;elle appelle peut inquiéter. C&#8217;est pourquoi un appel pour un &#8221; audit citoyen de la dette publique &#8221; a été lancé mi-octobre 2011 par des personnalités et nombre d&#8217;organisations syndicales, associatives et politiques, rejoints depuis par plus de 50 000 citoyens (<a href="http://www.audit-citoyen.org">Audit-citoyen.org</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Des collectifs locaux se créent dans de nombreuses localités pour proposer aux citoyens de s&#8217;emparer de ce débat. Ces initiatives n&#8217;ont pas encore intéressé les médias, mais veulent susciter dans les profondeurs de la société un débat de la même intensité que celui qui a précédé le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005.</p>
<p style="text-align: justify;">Car les questions alors débattues se posent avec une tout autre acuité, à l&#8217;heure où le tsunami de l&#8217;austérité arrive d&#8217;Europe méridionale. Les réformes institutionnelles adoptées depuis un an, et parachevées par le &#8221; traité intergouvernemental à Vingt-Six &#8221; décidé au sommet européen de décembre, ne font que radicaliser une logique de répression budgétaire et de soumission aux marchés financiers, dont la crise manifeste pourtant l&#8217;échec patent. Alors que le navire de Maastricht s&#8217;est déchiré sur les récifs de la crise financière, les capitaines s&#8217;épuisent à coller des rustines sur les débris qui flottent.</p>
<p style="text-align: justify;">Une idée a servi de clé de voûte à l&#8217;architecture européenne depuis Maastricht : les marchés sont plus intelligents que les gouvernements et les électeurs. Concurrence fiscale et sociale au sein d&#8217;un marché libre et non faussé ; réduction des recettes publiques pour augmenter la compétitivité ; obligation faite aux Etats, en cas de déficits, de se financer sur les marchés ; interdiction faite aux Etats de s&#8217;entraider financièrement&#8230; : la zone euro a été conçue pour éliminer les politiques économiques volontaristes et placer les Etats sous le pilotage automatique des marchés. La tentative désespérée de sauver cette architecture aux principes obsolètes ne peut qu&#8217;échouer, fût-ce avec des eurobonds (des titres communs pour mutualiser la dette des pays de la zone euro) qui resteront soumis au jugement et donc aux critères de &#8221; bonne gestion &#8221; des marchés.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;échec programmé de ce sauvetage peut déboucher dans les années à venir sur un éclatement de l&#8217;euro et un déferlement des courants nationalistes, autoritaires et xénophobes qui travaillent les sociétés européennes. Mais le pire n&#8217;est pas certain. Les aspirations démocratiques, elles aussi, sont très vivaces en Europe, notamment dans la jeunesse, comme le montre l&#8217;essor des mouvements &#8221; indignés &#8221; dans les pays du Sud, jusqu&#8217;ici les plus touchés par la crise sociale et démocratique.</p>
<p style="text-align: justify;">La nomination d&#8217;anciens dirigeants de Goldman Sachs comme chefs de gouvernement en Grèce et en Italie, ministre des finances en Espagne ou président de la Banque centrale européenne, ne passe pas. Pas plus que les cris d&#8217;orfraie devant l&#8217;éventualité d&#8217;un référendum, en Grèce ou ailleurs. Les citoyens ne veulent plus être <em>&#8221; des jouets dans les mains des banques et des politiciens &#8220;</em>, comme disent les &#8221; indignés &#8221; espagnols. Ils veulent pouvoir peser sur leur avenir, faire des projets pour leurs enfants, stopper les dégradations sociales et écologiques qui les indignent.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audit2.jpeg"><img class="size-full wp-image-5897 aligncenter" title="Audit2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audit2.jpeg" alt="" width="160" height="183" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Face à la surdité des élites, une insurrection démocratique est nécessaire en Europe comme d&#8217;ailleurs aux Etats-Unis, dans le monde arabe, en Russie&#8230; Il s&#8217;agit de refonder la démocratie dans le champ politique, par un recours intense aux mécanismes de la démocratie directe (initiatives citoyennes, référendums révocatoires&#8230;) et de la démocratie délibérative (conférences citoyennes, deuxième Chambre tirée au sort&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;agit aussi de l&#8217;élargir au champ économique, à commencer par le système bancaire, dont le sauvetage imminent par les deniers publics doit être l&#8217;occasion de le placer sous le contrôle non pas des fonctionnaires de Bercy ou de Bruxelles, mais de la société civile. L&#8217;horizon semble bouché par leur dette : dégageons-le en réinventant notre démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Collectif</strong></p>
<p><em>Geneviève Azam, économiste,</em> <em>membre du conseil scientifique d&#8217;Attac ; </em></p>
<p><em>Etienne Balibar, philosophe ; </em></p>
<p><em>Thomas Coutrot, économiste, coprésident d&#8217;Attac ;</em></p>
<p><em>Dominique Méda, sociologue ;</em></p>
<p><em>Yves Sintomer, politologue</em></p>
<p>« <strong>Leur dette, notre démocratie </strong>» Attac a organisé, en partenariat avec Mediapart, une journée de débats sur ce thème, le dimanche 15 janvier, à l&#8217;Espace Reuilly (Paris 12e).</p>
<p><a href="http://www.france.attac.org/dossiers/leur-dette-notre-democratie">Retrouvez les échos de cette journée</a> (interventions, photos, vidéos).</p>
<p><strong>Source</strong> : article publié dans Le Monde daté du 14 janvier 2012</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr">http://www.lemonde.fr</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Ruée sur les terres d&#8217;Ethiopie</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/ruee-sur-les-terres-dethiopie/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 12:19:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Gilles van Kote Addis-Abeba et Gambela (Ethiopie)  Envoyé spécial Un sol riche, un climat tropical et de l&#8217;eau en abondance : la région de Gambela, dans l&#8217;ouest du pays, est fertile. Des investisseurs étrangers y louent à vil prix des milliers d&#8217;hectares pour développer une agriculture intensive. Sans toujours se soucier de l&#8217;environnement et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Gilles van Kote</strong></p>
<p><strong>Addis-Abeba et Gambela (Ethiopie)</strong></p>
<p><strong> </strong>Envoyé spécial</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Un sol riche, un climat tropical et de l&#8217;eau en abondance : la région de Gambela, dans l&#8217;ouest du pays, est fertile. Des investisseurs étrangers y louent à vil prix des milliers d&#8217;hectares pour développer une agriculture intensive. Sans toujours se soucier de l&#8217;environnement et des populations.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/carte-ethiopie-jimma.jpg"><img class="size-full wp-image-5889 aligncenter" title="carte-ethiopie-jimma" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/carte-ethiopie-jimma.jpg" alt="" width="150" height="233" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">[Source carte *]</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques kilomètres avant le village d&#8217;Ilya, dans l&#8217;ouest de l&#8217;Ethiopie, la forêt cède brutalement la place à un paysage torturé, d&#8217;où émergent souches renversées et îlots herbeux, au milieu de larges saignées d&#8217;une terre noire mise à nu par les opérations de défrichage. <em>&#8221; Bienvenue à la ferme Karuturi, 100 000 hectares &#8220;,</em> indique le panneau planté au bord de la piste.</p>
<p style="text-align: justify;">Leader mondial du marché des roses coupées, le groupe indien Karuturi Global a signé en 2010 avec l&#8217;Etat éthiopien un contrat de location de 100 000 ha de terres, assorti d&#8217;une option sur 200 000 ha supplémentaires, dans la région de Gambela. Le document de neuf pages, consultable sur Internet, fixe le loyer payé par Karuturi à 20 birrs éthiopiens (0,90 euro) par hectare et par année et la durée du bail à cinquante ans. Du classique pour ce genre de contrat.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Ethiopie &#8211; et la région de Gambela en particulier &#8211; est le théâtre d&#8217;une véritable course aux terres arables. Les organisations non gouvernementales (ONG), qui dénoncent le phénomène, l&#8217;appellent le <em>&#8221; land grabbing &#8220;</em> (accaparement des terres). L&#8217;achat ou la location à vil prix de centaines de milliers d&#8217;hectares, par des investisseurs le plus souvent étrangers, se sont répandus en Afrique mais aussi en Asie, en Amérique latine ou en Europe de l&#8217;Est.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8221; Nous préférons parler de développement des terres, affirme Birinder Singh, le manager indien qui dirige les opérations de Karuturi en Ethiopie depuis son bureau d&#8217;Addis-Abeba, situé dans un immeuble d&#8217;affaires flambant neuf. Nous contribuons au développement du pays, que ce soit en exportant et en faisant rentrer des devises, ou bien en produisant des denrées alimentaires à destination du marché local. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la région de Gambela, que certains ont rebaptisée <em>&#8221; Karuturiland &#8220;,</em> les terres exploitées par le groupe indien s&#8217;étendent à perte de vue, autour d&#8217;Ilya et sur la rive gauche de la rivière Baro, dont les eaux finiront dans le Nil. Karuturi a prévu d&#8217;y cultiver le riz, le maïs, la canne et le palmier à huile. Mais les 80 kilomètres de digues construits pour contenir le Baro n&#8217;ont pas suffi : 20 000 hectares de maïs, la première récolte attendue par Karuturi, ont été détruits, en octobre 2011, par la crue de la rivière. La compagnie estime la perte à 11 millions d&#8217;euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis, elle a fait appel à des experts néerlandais et indiens pour repenser la gestion de l&#8217;eau sur son exploitation et envisage de créer des sortes de polders. Mais Sai Ramakrishna Karuturi, le jeune patron du groupe qui affirmait il n&#8217;y a pas si longtemps vouloir <em>&#8221; produire pour nourrir le monde &#8220;,</em> provoque le scepticisme des autres investisseurs. Ils estiment que ses visées sont essentiellement spéculatives. <em>&#8221; Karuturi fait tout ce qu&#8217;il ne faut pas faire &#8220;,</em> déplore François Achour, un Français travaillant pour un fonds d&#8217;investissement allemand.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier exemple remonte au mois d&#8217;octobre, lorsque le défrichage d&#8217;une zone boisée a provoqué un accrochage avec les habitants d&#8217;Ilya. <em>&#8221; Quand nous avons entendu les machines, nous sommes aussitôt allés les arrêter, raconte un responsable du village. Ce qui se passe n&#8217;est pas bon pour nous. Ils détruisent les forêts où nous allons chercher le bois et où nous chassons chaque année les antilopes et les cochons sauvages. &#8220;</em> Les villageois peinent déjà à trouver du bois pour recouvrir leurs cases traditionnelles ornées de magnifiques motifs géométriques et certains d&#8217;entre eux envisagent de le remplacer par de la tôle ondulée.</p>
<p style="text-align: justify;">Devant ce mouvement spontané de protestation, le gouvernement régional a convoqué une réunion, où il a été décidé d&#8217;épargner la zone contestée. Dorénavant, chaque samedi, une séance d&#8217;information réunit les représentants de l&#8217;entreprise et ceux du village. Selon ces derniers, Karuturi, dont le camp de base entouré de clôtures grillagées est situé de l&#8217;autre côté de la route, leur aurait également promis des groupes électrogènes.</p>
<p style="text-align: justify;">La région de Gambela est loin de tout, et notamment des préoccupations du pouvoir central éthiopien : Addis-Abeba se trouve à une quinzaine d&#8217;heures de route, et seulement trois vols hebdomadaires relient la capitale à cette région. Sa position géographique, au pied des hauts plateaux éthiopiens et face au Soudan du Sud, ainsi que son climat, tropical, en font un monde à part.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa population clairsemée (307 000 habitants sur 30 000 km2, un territoire grand comme la Belgique) est essentiellement composée d&#8217;Anouaks et de Nuers, d&#8217;origine nilotique, dont les relations avec ceux qu&#8217;ils appellent avec mépris les <em>&#8221; highlanders &#8220;</em> (les gens des hauts plateaux) sont exécrables. Montrée du doigt par l&#8217;ONG Human Rights Watch, l&#8217;armée éthiopienne a toujours démenti être responsable du massacre de plusieurs centaines d&#8217;Anouaks de Gambela en 2003.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce nouvel eldorado a trois atouts : sa terre incroyablement fertile, son chaud soleil et surtout l&#8217;eau, qui dévale en abondance depuis les hauts plateaux. Ce qui explique l&#8217;engouement des investisseurs : selon le gouvernement régional, sept entreprises étrangères (quatre indiennes, deux chinoises et une saoudienne) ainsi qu&#8217;environ trois cents investisseurs éthiopiens &#8211; sur des surfaces plus modestes &#8211; y louent des terres.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette stratégie s&#8217;accompagne d&#8217;une déforestation massive. Saudi Star, compagnie appartenant au cheikh Mohammed Al-Amoudi, richissime Saoudien né en Ethiopie, dont le projet est de convertir 10 000 ha &#8211; et peut-être un jour jusqu&#8217;à 130 000 &#8211; à la riziculture, reconnaît avoir dû abattre environ 100 000 arbres mais affirme prévoir d&#8217;en replanter un million.</p>
<p style="text-align: justify;">La région, dont un tiers de la superficie, soit 830 000 ha, a été placée dans une &#8221; banque fédérale de terres &#8221; où les investisseurs sont invités à piocher, a commencé à changer de visage. D&#8217;immenses espaces vides ou cultivés ont remplacé les frondaisons tropicales ou les hautes herbes.</p>
<p style="text-align: justify;">Des champs de coton, cultivés majoritairement par les investisseurs éthiopiens, dont un seul serait originaire de la région, bordent maintenant la piste reliant les villes de Gambela et d&#8217;Abobo, donnant au paysage des airs de <em>&#8221; Deep South &#8220;</em> américain. Des routes de terre ont été tracées dans la savane pour permettre la circulation des poids lourds, qui projettent des nuages de poussière aux alentours.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;aide d&#8217;une branche, Muhammad Manzoor Khan gratte la surface du sol, au pied d&#8217;un arbre. <em>&#8221; Regardez cette terre, elle a tout ce qu&#8217;il faut, tout y pousse ! Pourquoi les gens d&#8217;ici ont-ils faim ? &#8220;</em>, s&#8217;exclame ce distingué agronome pakistanais de 69 ans, chargé de la supervision du projet Saudi Star à Gambela. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près d&#8217;un tiers de la population de la région reçoit une aide alimentaire.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;objectif de Saudi Star est de produire 1 million de tonnes de riz de qualité supérieure par an, dont les deux tiers seront exportés, essentiellement vers le Moyen-Orient et l&#8217;Arabie saoudite. Pour assurer l&#8217;irrigation de ses rizières, un canal creusé &#8211; puis abandonné &#8211; dans les années 1980 par les Soviétiques, est en cours de prolongation. Son débit sera de 22 m3 par seconde, prélevés dans une vaste retenue d&#8217;eau située près d&#8217;Abobo. Les contrats de location de terres ne prévoient aucune limite d&#8217;utilisation des ressources naturelles.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;activité est intense, aussi bien autour du canal, où s&#8217;affairent des engins surpuissants, que dans les rizières, où des moissonneuses effectuent les premières récoltes sur une zone d&#8217;essai de 112 hectares. Sous le soleil ardent, des experts pakistanais supervisent quelques dizaines de travailleurs éthiopiens. <em>&#8221; Les pluies ont été très tardives, le sol est boueux et les machines rencontrent des difficultés inhabituelles &#8220;</em>, reconnaît l&#8217;un des techniciens, Habib Ur Rahman.</p>
<p style="text-align: justify;">A 2 kilomètres de là, plusieurs centaines de tracteurs et de machines agricoles attendent le jour où l&#8217;exploitation tournera à plein. <em>&#8221; Il y en a pour 89 millions de dollars &#8211; 68 millions d&#8217;euros &#8211; &#8220;</em>, assure Muhammad Manzoor Khan. Deux camps, baptisés Alpha et Bravo, ont été construits au milieu de la savane. Des préfabriqués y abritent les bureaux, les espaces de vie et les chambres des experts pakistanais, mais aussi de Suédois travaillant au creusement du canal. Les Ethiopiens qui occupent des emplois qualifiés, surtout des conducteurs d&#8217;engins, sont aussi logés sur place.</p>
<p style="text-align: justify;">Les travailleurs journaliers, comme les femmes employées dans la petite unité de blanchiment du riz, sont acheminés chaque jour par bus depuis Abobo, situé à une vingtaine de kilomètres. <em>&#8221; Nous sommes payées 25 birrs &#8211; 1,10 euro &#8211; par jour, déclare une femme en train de replanter du riz, de l&#8217;eau jusqu&#8217;aux genoux. Nous avons demandé à plusieurs reprises des augmentations, mais sans succès. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Saudi Star prévoit de faire travailler de 3 000 à 4 000 Ethiopiens quand son projet aura atteint sa vitesse de croisière, alors que Karuturi évoque aujourd&#8217;hui le chiffre de 20 000 emplois futurs &#8211; après en avoir fait miroiter 60 000. Pour l&#8217;heure, ce sont tout au plus quelques centaines d&#8217;emplois que les investisseurs ont créés dans la région.</p>
<p style="text-align: justify;">Ruchi Group, une entreprise indienne qui loue 25 000 ha de l&#8217;autre côté du canal de Saudi Star, vient d&#8217;effectuer sa première récolte test de soja, une légumineuse inconnue dans cette contrée. Elle emploie aujourd&#8217;hui onze contractuels éthiopiens, payés entre 2 500 et 4 500 birrs (110 et 195 euros) par mois et encadrés par sept experts indiens. Les travailleurs journaliers, ainsi que les gardes qui assurent la sécurité, sont fournis à la demande par les autorités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ruchi Group dit vouloir associer les agriculteurs locaux à son projet. <em>&#8221; Nous leur avons proposé de les aider à se lancer dans la culture du soja,</em> explique Lankella Manohar, un agronome de 38 ans qui a laissé femme et enfants en Inde pour venir cultiver cet oléagineux dans la savane éthiopienne. <em>Pas besoin de machines : deux boeufs suffisent. Nous leur fournirons les semences et les outils la première année, quelques conseils, puis nous achèterons leur récolte. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ruchi Group affirme avoir l&#8217;intention d&#8217;ouvrir une usine de fabrication d&#8217;huile de soja dans la ville de Gambela, où aucune industrie n&#8217;existe actuellement. Un projet qui permettrait de créer de 1 500 à 2 000 emplois directs ou indirects et fait briller les yeux des responsables du gouvernement régional.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8221; Mais il n&#8217;y a que très peu d&#8217;emplois pour les populations indigènes &#8220;,</em> affirme un Anouak pour qui l&#8217;anonymat est <em>&#8221; une question de vie ou de mort &#8220;</em>. <em>&#8221; Les emplois sont accaparés par les &#8220;highlanders&#8221;. On fait disparaître les forêts, vitales pour les villageois qui y trouvent plantes médicinales ou racines et fruits sauvages en période de disette et peuvent y chercher refuge en cas de besoin. C&#8217;est une façon de nous déposséder&#8230; &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la chute d&#8217;Hailé Sélassié en 1975, la terre appartient à l&#8217;Etat, qui ne reconnaît ni droits coutumiers ni droits d&#8217;usage. Sans être forcément habitées, les terres louées aux investisseurs pouvaient être utilisées par les habitants pour le ramassage du bois, pour le pâturage des troupeaux ou pour des cultures périodiques, les agriculteurs locaux pratiquant la rotation des terres.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la région, la question de la spoliation des terres vient se télescoper avec un programme de &#8221; villagisation &#8221; dont l&#8217;objectif est de déplacer 45 000 foyers d&#8217;ici à 2013 vers des agglomérations qui disposent des services de base de santé et d&#8217;éducation. Une pratique controversée, qui pourrait cacher l&#8217;intention des autorités : libérer des terres arables en vue de les louer à des investisseurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un rapport qu&#8217;elle a consacré, en 2011, à la question de la location de terres en Ethiopie, l&#8217;ONG Oakland Institute reconnaît cependant <em>&#8221; n&#8217;avoir recueilli aucune preuve de déplacements de populations directement imputables aux activités d&#8217;investissement dans les terres &#8220;.</em> Autour des pistes menant aux terres louées au sud de Gambela par Saudi Star ou par Ruchi Group, aucune trace d&#8217;occupation humaine récente n&#8217;est visible.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8221; Il n&#8217;y a eu aucun déplacement de population, ces terres étaient vierges, insiste Tesfaye Mulugeta, le très zélé responsable des relations publiques du gouvernement régional. Nos paysans n&#8217;ont ni les moyens d&#8217;y investir ni le savoir-faire pour les exploiter. Dites-le bien dans vos articles, dites la vérité : ces terres n&#8217;étaient utilisées par personne, et les investisseurs sont nos partenaires sur la voie du développement. Nous avons besoin d&#8217;eux. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Saudi Star affirme avoir l&#8217;intention d&#8217;investir 1,5 milliard d&#8217;euros dans son projet de riziculture, alors que Karuturi évalue le coût de mise en culture d&#8217;un hectare à 1 500 euros. Mais que signifient de tels montants pour des villageois pratiquant l&#8217;agriculture de subsistance et assistant, vaguement inquiets, à l&#8217;irruption d&#8217;une agriculture intensive à leur porte ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8221; Les terres que nous cultivions ont été cédées par les autorités régionales à un investisseur éthiopien, raconte un cultivateur de maïs du village de Perbongo, niché au creux de la forêt. Le gouvernement nous en a attribué de nouvelles, mais nous craignons qu&#8217;il décide un jour de les louer et nous demande de partir pour de bon. &#8221; </em>Tous les précédents en attestent : dans ce type de transactions, l&#8217;information et la consultation des populations ne sont pas de mise.</p>
<p style="text-align: center;"><strong> _________________________________________</strong></p>
<p><strong> </strong><em><strong>L&#8217;or vert attise la convoitise des spéculateurs</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">LE TAUX DE CROISSANCE annuel du secteur agricole, en Ethiopie, dépasse 11 %, selon les chiffres officiels. L&#8217;attraction de l&#8217;or vert ne se dément pas et le gouvernement de Meles Zenawi a ouvert en grand les portes du pays aux investisseurs étrangers. <em>&#8221; On nous a déroulé le tapis rouge &#8220;,</em> résume l&#8217;homme d&#8217;affaires indien Sai Ramakrishna Karuturi.</p>
<p style="text-align: justify;">Exonérations fiscales et douanières, prix de location de la terre insignifiant, usage illimité des ressources naturelles, sans compter une main-d&#8217;oeuvre abondante et bon marché : ces atouts s&#8217;ajoutent à un environnement politique stable avec un niveau de sécurité rare dans cette région du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Les entrepreneurs, indiens, chinois, arabes mais aussi occidentaux, se bousculent donc au portillon. Le gouvernement évalue à 74 millions le nombre d&#8217;hectares de terres cultivables dans le pays&#8230; pour 15 millions actuellement exploités.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut croiser ainsi, dans le centre de l&#8217;Ethiopie, le représentant d&#8217;une entreprise laitière néo-zélandaise dont le projet est d&#8217;acheminer par bateaux plusieurs dizaines de milliers de vaches depuis l&#8217;Océanie, de les nourrir de luzerne produite localement et d&#8217;inonder le marché du lait en poudre depuis l&#8217;Afrique jusqu&#8217;en Inde en passant par le Moyen-Orient.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dégâts collatéraux</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em> &#8221; C&#8217;est ici qu&#8217;il faut être, c&#8217;est ici que ça se passe,</em> assure François Achour, directeur général d&#8217;Acazis, la filiale éthiopienne d&#8217;une entreprise allemande qui a obtenu la concession de 50 000 ha près d&#8217;Harar, dans l&#8217;Est du pays, pour produire biocarburants et huile d&#8217;arachide. <em>Le deal est simple, l&#8217;Ethiopie nous dit : &#8220;J&#8217;ai des travailleurs et des terres vierges, apportez-moi de l&#8217;argent et de la technologie.&#8221; &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Mais n&#8217;y a-t-il pas d&#8217;autre voie pour l&#8217;Ethiopie que la conversion d&#8217;une agriculture familiale &#8211; qui fait vivre aujourd&#8217;hui, tant bien que mal, 85 % de la population &#8211; aux méthodes d&#8217;exploitation intensive, avec les dégâts sociaux et environnementaux collatéraux que l&#8217;on connaît ?</p>
<p style="text-align: justify;">Un rapport publié en décembre 2011 par l&#8217;International Land Coalition, un réseau d&#8217;institutions internationales, de centres de recherches et d&#8217;organisations non gouvernementales (ONG), conclut à un impact globalement négatif de <em>&#8221; la course à la terre &#8220;</em> sur les petits agriculteurs des pays du Sud. Or, selon ce rapport, le phénomène concernerait 203 millions d&#8217;hectares dans le monde, dont 71 millions feraient l&#8217;objet de contrats fermes de vente ou de location.</p>
<p style="text-align: justify;">Environ 20 % de ces terres seraient réellement exploitées, ces investissements étant souvent d&#8217;ordre spéculatif. Il peut s&#8217;agir aussi de sécuriser ses approvisionnements alimentaires, comme le fait l&#8217;Arabie saoudite. Les sociétés détenues en Ethiopie par le cheikh Mohammed Al-Amoudi, classé par le magazine américain <em>Forbes</em> à la 63e place des hommes les plus riches de la planète en 2011, exportent ainsi vers le golfe Persique la majeure partie de leur production. <em>&#8221; Notre but n&#8217;est pas seulement d&#8217;assurer la sécurité alimentaire de l&#8217;Arabie saoudite, mais de faire sortir l&#8217;Ethiopie de la pauvreté,</em> assure cependant Nebiyu Samuel, conseiller du cheikh. <em>C&#8217;est une stratégie gagnant-gagnant. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Cette hypothèse pourrait s&#8217;envisager si les Etats étaient en mesure de faire respecter les droits fonciers existants, d&#8217;imposer des contreparties et de dicter un cahier des charges aux investisseurs. Mais l&#8217;exemple éthiopien tend à montrer que c&#8217;est une illusion. <em>&#8221; Le suivi de l&#8217;application des contrats semble faible, voire inexistant &#8220;,</em> estime l&#8217;ONG Oakland Institute, qui n&#8217;a relevé qu&#8217;un seul cas d&#8217;inspection par les autorités. Et il concernait un investisseur éthiopien.</p>
<p style="text-align: justify;">Les obligations fixées par les contrats de location de terres sont souvent vagues, nulle sanction n&#8217;est prévue en cas de non-respect. Les entreprises sont ainsi censées remettre une enquête d&#8217;impact environnemental dans les trois mois suivant la signature du contrat. Les trois firmes sollicitées par <em>Le Monde</em> ont répondu qu&#8217;elles avaient bien fait réaliser cette enquête. Aucune n&#8217;a été en mesure de la communiquer.</p>
<p><strong>G. v. K.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong></strong>______________________________</p>
<p><strong>Source </strong>: article publié dans le Monde daté du 6 janvier 2012 ;  <a href="http://www.lemonde.fr">http://www.lemonde.fr</a></p>
<p><strong>* Source carte de l’Ethiopie</strong> :</p>
<p><a href="http://www.ethiquable.coop/fr/filieres-impacts/cafe/cafe/producteurs/oromia.php">http://www.ethiquable.coop/fr/filieres-impacts/cafe/cafe/producteurs/oromia.php</a></p>
<p><em><br />
</em></p>
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		<title>Guantanamo : une décennie d&#8217;atteintes aux droits humains</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 11:44:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[A l’occasion des 10 ans du centre, le rapport &#8220;Guantánamo: A Decade of Damage to Human Rights&#8221; met en lumière le traitement illégal infligé aux prisonniers de Guantánamo et expose en quoi ce centre de détention constitue encore une atteinte aux droits humains. En s’abstenant de fermer le centre de détention de Guantánamo Bay, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>A l’occasion des 10 ans du centre, le rapport &#8220;Guantánamo: A Decade of Damage to Human Rights&#8221; met en lumière le traitement illégal infligé aux prisonniers de Guantánamo et expose en quoi ce centre de détention constitue encore une atteinte aux droits humains.</em></strong><em></em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/guanta2012_orange.jpg"><img class="size-full wp-image-5882 aligncenter" title="guanta2012_orange" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/guanta2012_orange.jpg" alt="" width="204" height="158" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En s’abstenant de fermer le centre de détention de Guantánamo Bay, le gouvernement des États-Unis lègue un héritage toxique en matière de droits humains.</p>
<p style="text-align: justify;">Guantánamo est devenu le symbole de 10 années de non-respect systématique des droits humains dans la réponse apportée par les États-Unis aux attentats du 11 septembre 2001. Le gouvernement américain a foulé aux pieds les droits fondamentaux dès les premiers transferts de prisonniers. Alors que Guantánamo entame sa 11e année d’existence, ces manquements se poursuivent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Malgré la promesse faite par le président Barack Obama de fermer le centre de détention de Guantánamo avant le 22 janvier 2010, 171 hommes y étaient toujours incarcérés à la mi-décembre 2011. Au moins 12 prisonniers transférés à Guantánamo le 11 janvier 2002 y sont toujours détenus. L’un d’entre eux purge une peine de réclusion à perpétuité après avoir été déclaré coupable par une commission militaire en 2008. Les 11 autres n’ont toujours pas été inculpés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le gouvernement de Barack Obama – en fait de larges sections des trois branches du gouvernement fédéral – ont adopté le cadre de la « guerre » mondiale mis en place sous le gouvernement de George W. Bush. Le gouvernement a ainsi affirmé en janvier 2010 qu&#8217;une cinquantaine de détenus de Guantánamo ne pouvaient être ni inculpés ni libérés, mais devaient être maintenus en détention militaire pour une durée indéterminée, sans inculpation ni jugement, au titre de l’interprétation unilatérale que font les États-Unis des lois de la guerre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em> Ce centre de détention, établi quatre mois après les attentats du 11 septembre sur une base navale américaine à Cuba, est devenu un symbole de torture et de mauvais traitements.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Guantanamo1.jpg"><img class="size-full wp-image-5883 aligncenter" title="Guantanamo1" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Guantanamo1.jpg" alt="" width="226" height="163" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les prisonniers qui y sont toujours incarcérés, certains ont été victimes aux mains des États-Unis d’actes de torture et de disparitions forcées avant d’être transférés à Guantánamo. L’obligation de rendre des comptes n’a pas ou presque été mise en œuvre pour ces crimes relevant du droit international commis dans le cadre d&#8217;un programme de détentions secrètes ayant reçu l’aval du président.  Le gouvernement américain a systématiquement bloqué les démarches d’anciens détenus visant à obtenir des réparations pour ces violations des droits humains.</p>
<p style="text-align: justify;">En 10 ans, seul un des 779 détenus incarcérés à la base a été transféré aux États-Unis pour être jugé devant un tribunal fédéral de droit commun. D’autres ont comparu devant des commissions militaires dans le cadre de procès iniques. Le gouvernement a aujourd’hui l’intention de requérir la peine de mort contre six détenus jugés dans ces conditions.</p>
<p style="text-align: justify;">Le gouvernement de Barack Obama fait porter la responsabilité de son incapacité à fermer Guantánamo sur le Congrès, qui n’a pas veillé, il est vrai, à ce que les États-Unis respectent les principes internationaux relatifs aux droits humains dans ce contexte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Aux termes du droit international, ni le droit national ni la politique ne peuvent être invoqués pour justifier le fait de ne pas honorer les obligations inscrites dans les traités.</strong> Une branche du gouvernement ne saurait faire porter le chapeau à une autre pour les manquements d’un pays envers les droits humains. Le droit international exige de trouver des solutions, pas des excuses.</p>
<p style="text-align: right;" align="right">Amnesty international &#8211; 10.01.2012</p>
<p style="text-align: left;" align="right"> <strong>Source </strong>:</p>
<p><a href="http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Securite/Actualites/Guantanamo-une-decennie-d-atteintes-aux-droits-humains-4336">http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Securite/Actualites/Guantanamo-une-decennie-d-atteintes-aux-droits-humains-4336</a></p>
<p><strong>EN SAVOIR PLUS</strong> :</p>
<p>• <strong>Lire</strong> : <a href="file://localhost/10eme%20anniversaire%20de%20Guantanamo%20/%20faits%20et%20chiffres">10eme anniversaire de Guantanamo : faits et chiffres</a>.</p>
<p>• <strong>Lire</strong> (version en français) le rapport  :</p>
<p><em>&#8220;<span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR51/103/2011/en/f18963ab-9d88-4df7-8c06-386eeb1c940f/amr511032011fr.html">USA: Guantánamo: A decade of damage to human rights and 10 anti-human rights messages Guantánamo still sends&#8221;</a></span></em> publié le 16 décembre 2011.</p>
<p>• <strong>Lire</strong> <a href="http://www.amnesty.fr/sites/default/files/AMR511032011_intro_concl_fr.pdf">l’introduction et les conclusions</a> de ce rapport.</p>
<p><strong>AGIR : </strong><a href="http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Securite/Actions/Mettez-fin-aux-detentions-Guantanamo-4331">signer en ligne la pétition</a> adressée au président Barack Obama  : « <em>Dix ans après, mettez fin aux détentions à Guantanamo</em> » <strong></strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Gaza : trois ans après l’opération « Plomb durci »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/gaza-trois-ans-apres-loperation-plomb-durci/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 11:31:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis le 18 janvier 2009 la bande de Gaza survit aux conditions drastiques mises en place suite à l’offensive israélienne sur son territoire. Bernard Flichy, du département Moyen-Orient du Secours Catholique, nous rappelle ces conditions. &#160; L’opération « Plomb durci », lancée par l’armée israélienne aux derniers jours de l’année 2008, se voulait une réponse aux roquettes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis le 18 janvier 2009 la bande de Gaza survit aux conditions drastiques mises en place suite à l’offensive israélienne sur son territoire. Bernard Flichy, du département Moyen-Orient du Secours Catholique, nous rappelle ces conditions.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Palestine.jpeg"><img class="size-full wp-image-5877 aligncenter" title="Palestine" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Palestine.jpeg" alt="" width="155" height="207" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">L’opération « Plomb durci », lancée par l’armée israélienne aux derniers jours de l’année 2008, se voulait une réponse aux roquettes artisanales et aux obus de mortier lancés par des groupes résistants palestiniens, prisonniers dans la bande de Gaza. Comme l’explique Bernard Flichy, <em>« les tirs n’ont pas cessé pour autant. En 2011, on en a dénombré environ 400 qui ont causé la mort de trois civils israéliens. En représailles, 107 Palestiniens ont été tués. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le rapport Goldstone dénonçait des crimes de guerre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les pilonnages intensifs sur Gaza de décembre 2008 et janvier 2009 avaient causé la mort de 1 400 Gazaouis, dont un quart d’enfants, et détruit des milliers de logements et de nombreuses infrastructures (écoles, hôpitaux, etc.). Malgré les condamnations, notamment par le biais du rapport Goldstone qui dénonçait des crimes de guerre, le gouvernement israélien n’a subi aucune sanction.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Or, Gaza vit depuis en état de blocus permanent,</em> explique Bernard Flichy, <em>une punition collective absolument interdite par le droit international et plus particulièrement par la 4e Convention de Genève. Les 1,6 million d’habitants de Gaza, dont la moitié a moins de 18 ans, sont devenus des otages ce qui, là aussi, est contraire au droit international. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les mouvements de population sont interdits</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« La libération du soldat israélien Shalit aurait pu avoir des conséquences positives</em>, poursuit Bernard Flichy, <em>mais l’étendue du contrôle est toujours la même. »</em> À quelques exceptions près, les mouvements de population sont interdits ; les importations de marchandises, réduites à un quart de ce qu’elles étaient avant 2005, sont extrêmement contrôlées (à l’exception de celles qui transitent par les tunnels qui relient la bande de Gaza à l’Égypte) ; contrôle de l’espace aérien et des eaux territoriales, réservés aux forces israéliennes (les pêcheurs de Gaza sont sommés de ne pas franchir la limite de 3 miles marins) ; 35 % des terres agricoles ne peuvent pas être exploitées, car jugées zones à « haut risque ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>75 % de la population survit grâce à des aides</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les conséquences de cette situation entraînent un chômage de masse : 38 % des jeunes sont sans emploi. Les salaires ont diminué de 20 % au cours des six dernières années. Plus de la moitié de la population de Gaza souffre d’insécurité alimentaire et 75 % de la population survit grâce à des aides.</p>
<p style="text-align: justify;">À cette situation humaine extrêmement difficile vient s’ajouter la dégradation de l’environnement : 90 % de l’eau pompée dans la nappe aquifère est impropre à la boisson et plus de 50 millions de litres d’eaux usées sont déversées quotidiennement dans la mer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelle est la politique poursuivie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le blocus de Gaza a suivi l’accession démocratique du Hamas au pouvoir. Mais il n’a pas totalement annihilé la résistance des Gazaouis. À l’heure où la popularité du Hamas semble diminuer parmi la population, Bernard Flichy se demande quelle est la politique poursuivie par le gouvernement israélien. Cette politique de punition collective n’est-elle pas l’indice d’une absence pure et simple de projet politique en la matière ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Source </strong>:</p>
<p><a href="http://www.secours-catholique.org/actualite/gaza-trois-ans-apres-l-operation-plomb-durci,10598.html">http://www.secours-catholique.org/actualite/gaza-trois-ans-apres-l-operation-plomb-durci,10598.html</a></p>
<p><strong>En savoir plus :</strong></p>
<p><a href="http://%20www.plateforme-palestine.org">Plateforme des ONG françaises pour la Palestine</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Outre-mer la face cachée de la rétention</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/outre-mer-la-face-cachee-de-la-retention/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2012/01/20/outre-mer-la-face-cachee-de-la-retention/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 11:17:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Mardi 13 décembre 2011, les cinq associations présentes en rétention l’Assfam, Forum réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et l’Ordre de Malte ont rendu public leur premier rapport commun sur les centres et locaux de rétention administrative ( CRA et LRA). Ce rapport dresse un bilan encore une fois accablant de la politique du gouvernement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Mardi 13 décembre 2011, les cinq associations présentes en rétention l’Assfam, Forum réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et l’Ordre de Malte ont rendu public leur premier rapport commun sur les centres et locaux de rétention administrative ( CRA et LRA). Ce rapport dresse un bilan encore une fois accablant de la politique du gouvernement en matière d’expulsion et d’enfermement. Comme chaque année, il dévoile les dérives d’une politique du chiffre absurde, la maltraitance dont sont victimes les étrangers interpellés en situation irrégulière ou encore le nombre effarant de familles enfermées pour le seul fait d’être sans papiers.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade1.jpeg"><img class="size-full wp-image-5870 aligncenter" title="Cimade1" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade1.jpeg" alt="" width="189" height="267" /></a></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
De plus, cette année, le rapport met en lumière tout particulièrement la situation en Outre-mer. En effet, ces territoires lointains sont devenus de véritables terres d’exception où les droits des étrangers sont piétinés dans le silence.<br />
<strong>Plus de 30 000 expulsions depuis l’Outre mer</strong><br />
Ainsi, si le gouvernement communique régulièrement sur le nombre d’expulsions depuis la métropole ( 28 000 en 2010), il ne dit mot sur les chiffres d’Outre-mer. Pourtant plus de 30 000 personnes ont été expulsées depuis l’Outre mer en 2010 et 26 000 seulement depuis l’île de Mayotte, ce qui représente pas moins de 15% de la population de ce 101ème département français !<br />
Mais il est vrai que vu les conditions déplorables dans lesquelles ont lieu ces expulsions et les atteintes au droit permanentes, le gouvernement doit préférer ne pas se vanter de ces chiffres exceptionnels.<br />
<strong>Un droit dérogatoire</strong><br />
Dans presque tous les territoires d’ Outre-mer en effet, il n’existe pas de recours suspensif contre l’expulsion. C&#8217;est-à-dire qu’un étranger peut être expulsé avant même qu’un juge ait pu examiner la légalité de son interpellation et de son éloignement. Régulièrement des parents d’enfants français, des conjoints de Français sont ainsi expulsés en toute illégalité, sans que le juge ne puisse être saisi. La police et l’administration sont donc très peu contrôlées par les juridictions ce qui leur permet d’interpeller, d’enfermer et d’expulser massivement, sans toujours respecter les droits des étrangers visés.<br />
<strong>Des conditions déplorables</strong><br />
A Mayotte notamment, les conditions d’enfermement sont particulièrement indignes. 26 000 personnes ont été enfermées dans ce CRA en 2010, soit autant que dans tous les CRA métropolitains réunis. Laa capacité de ce centre n’est défini par aucun texte, mais estimée entre 60 et 140 places par l’administration. Quand il est rempli par 140 personnes enfermées, elles ne disposent que d’à peine plus un mètre carré chacune ! Hommes, femmes et enfants sont entassés à même le sol, sans possibilité pratiquement de faire de recours ni même de voir une association (des bénévoles de La Cimade y sont présents mais de façon ponctuelle). Ils sont expulsés très rapidement vers les Comores et certains risqueront ensuite leur vie pour revenir par quelques moyens que ce soit à Mayotte, où ils ont construit leur vie. Le bras de mer entre Anjouan et Mayotte est connu tristement pour être le plus grand cimetière marin de l’Océan indien.<br />
<strong>Des expulsions expéditives et inutiles</strong><br />
En Guyane, les mêmes situations se répètent. Ce sont surtout des Brésiliens et des Surinamais qui sont interpellés, enfermés quelques heures sans possibilité de faire un recours et expulsés vers le Suriname ou le Brésil, qui ne sont séparés de la Guyane que par un fleuve. Ainsi en 2010 60% des personnes enfermées en CRA de Cayenne y étaient déjà passées dans l’année ! Comme si être enfermés et expulsés parfois plusieurs fois dans une même année, avec le lot de violences et de maltraitance que cela représente, devait être banal pour des migrants brésiliens et surinamais vivant en Guyane.<br />
<strong>Expulsion d’Haïtiens depuis la Guadeloupe</strong><br />
En Guadeloupe ou à la Réunion, département dans lesquels La Cimade est également présente, la même logique est l’œuvre. Avec cette particularité qu’en Guadeloupe, ce sont les Haïtiens qui sont tout particulièrement visés. Alors que partout en France, ils sont protégés contre l’expulsion du fait des conditions sanitaires calamiteuse d’Haïti depuis le séisme, en Guadeloupe, l’administration a repris leur expulsion sans états d’âme.<br />
Non seulement cette politique d’expulsion massive en Outre-mer est inhumaine et parfois mortelle, mais elle est aussi clairement inutile. Ces territoires sont marqués par des migrations régionales ancestrales et aucune politique d’expulsion aussi répressive soit-elle ne pourra construire des frontières étanches. Il est urgent d’informer sur ce qui se passe dans cette France lointaine pour que change cette situation d’exception et que les droits y soient enfin respectés.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Cimade &#8211; 14.12.2011</strong></p>
<p style="text-align: right;">
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade2.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5872" title="Cimade2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade2.jpeg" alt="" width="287" height="176" /></a></p>
<p><a href="http://infos.lacimade.org/RAPPORT_R_tention_2010_OK.versionlegere.pdf"> Retrouvez ainsi l’intégralité du rapport </a></p>
<p><a href="http://infos.lacimade.org/Rapport_r_tention_2010_Synth_se_OK.pdf"> Et une synthèse reprenant les statistiques et les analyses thématiques.</a></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Source</strong> :</p>
<p><a href="http://www.lacimade.org/nouvelles/3621--Outre-mer-la-face-cach-e-de-la-r-tention">http://www.lacimade.org/nouvelles/3621&#8211;Outre-mer-la-face-cach-e-de-la-r-tention</a></p>
<p><strong>A LIRE</strong> :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ChroniquesRétention.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5871" title="ChroniquesRétention" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ChroniquesRétention.jpg" alt="" width="174" height="289" /></a></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>LA VIE DE NSAE : ACTUALITÉS Sommaire des articles publiés entre le 12 décembre 2011 et le 9 janvier 2012</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/14/la-vie-de-nsae-actualites-sommaire-des-articles-publies-entre-le-12-decembre-2011-et-le-9-janvier-2012/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2012/01/14/la-vie-de-nsae-actualites-sommaire-des-articles-publies-entre-le-12-decembre-2011-et-le-9-janvier-2012/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 22:30:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous trouverez ci-après le sommaire des articles mis en ligne chaque semaine durant cette période. En effet, par suite d’un incident technique informatique (mise en place d’une nouvelle version du logiciel de gestion), l’envoi de notre « Newsletter » hebdomadaire n’a pu se faire durant les quatre semaines allant du 12 décembre au 9 janvier. Infolettre du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Vous trouverez ci-après le sommaire des articles mis en ligne chaque semaine durant cette période. En effet, par suite d’un incident technique informatique (mise en place d’une nouvelle version du logiciel de gestion), l’envoi de notre « Newsletter » hebdomadaire n’a pu se faire durant les quatre semaines allant du 12 décembre au 9 janvier.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 19 déc. 2011 </span></strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/14/ils-nous-font-payer-la-crise/">ILS NOUS FONT PAYER LA CRISE</a></strong>, publié le 14 déc. 2011 (Faire société autrement, nos combats).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La crise actuelle n’est pas de notre fait ! Elle est provoquée et organisée par le capitalisme financier et spéculatif! Le système capitaliste financier et les politiques qui le soutiennent permettent que l’argent se multiplie entre les mains de ceux qui, de plus en plus nombreux, le possèdent. Ce système déréglementé leur permet de tirer [...]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/15/la-violence-religieuse-est-inacceptable/">La violence religieuse est inacceptable</a>, </strong>publié le 15 déc. 2011 (Actualité, en France).</p>
<p style="text-align: justify;">  <em>Par Guy Coq * Dans les polémiques qui montent de plus en plus souvent sur le thème du blasphème, il ne faut pas que les chrétiens oublient qu’ils sont dans une position de faiblesse. Ils se réclament d’un homme en qui ils voient le Verbe de Dieu. Et cet homme-là, éminente présence de Dieu [...]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/15/sauvez-les-citoyens-avant-les-banques/">Sauvez les citoyens avant les banques !</a> </strong>publié le 15 déc.<strong> </strong>2011(Faire société autrement, Economie et société).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il n’y a pas de sortie simple de la zone euro Par James K. Galbraith et Aurore Lalucq *   La crise de la zone euro est une crise bancaire qui a pris la forme d’une série de crises des dettes souveraines. Une crise aggravée par des idées économiques réactionnaires, une architecture défectueuse et un [...]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/15/levangile-de-noel-des-sans-papiers/#more-5712">L’Evangile de Noël des « sans-papiers</a> , </strong>publié le 15 déc. 2011 (Faire Eglise autrement, hotspot, textes libérateurs).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Paraphrase des évangiles de la nativité  Par Emmanuel Terray Nativité du Christ d’Andrei Roublev, Galerie Tretiakov, Moscou En ce temps-là vivait à Nazareth en Galilée un homme appelé Joseph. Joseph était charpentier, et il venait de se marier avec une jeune femme qui s’appelait Marie. Or il advint en ces jours-là que parut un édit [...]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/15/les-dissidents/">LES DISSIDENTS</a>, </strong>publié le 15 déc. 2011 (Le réseau NSAE, au cœur de réseaux actifs).</p>
<p style="text-align: justify;">  <em>Message pastoral de Francisco Pérez, archevêque de Pampelune et de Tuleda, pour l’Avent  Le document ci-après nous a été transmis via le réseau IMWAC (International Movement We Are Church) par nos amis espagnols de « Nosotros Somos Iglesia » . Son titre  est : « Il y a des chrétiens qui s’opposent au pape et aux évêques » […]</em><em></em></p>
<p style="text-align: justify;">_________________________________________________________________________</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 26 Décembre 2011 </span></strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/22/priere-de-sabeel/">PRIÈRE DE SABEEL</a></strong>, publié le 22 déc. 2011 (Actualité à ne pas manquer).</p>
<p style="text-align: justify;">Dieu de miséricorde et d’amour, nous te rendons grâce pour les nombreuses bénédictions que tu nous as gracieusement […]</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/22/laurent-mucchielli-%E2%80%89punir-plus-vite-et-plus-tot%E2%80%89">Laurent Mucchielli : «  Punir plus vite et plus tôt  »</a>, </strong>publié le 22 déc. 2011 (Opinions et débats, entretien avec)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Non, la violence des jeunes n’est pas en augmentation, et les politiques sécuritaires produisent de la délinquance alors qu’elles prétendent la combattre. En réalité, la justice a surtout besoin de moyens. Fondateur de l’Observatoire régional de la délinquance en Paca, Laurent Mucchielli* publie un essai qui analyse la construction politique de la violence. Sur fond [...</em><em>]</em><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- <a href="http://www.nsae.fr/2011/12/22/la-crise-dun-pontificat-qui-a-peur-du-monde-et-de-lavenir/">La crise d’un pontificat qui a peur du monde et de l’avenir, un livre de Marco Politi</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">publié le 22 déc. 2011 (Faire Eglise autrement, Chantiers de réforme).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Un livre de Marco Politi Par Luca Kocci Il est difficile, voire impossible, de regarder et d’imaginer l’avenir de l’Église catholique, lorsque la préoccupation dominante est la défense et la conservation de ce qui existe. En effet, dans ce cas, le résultat n’est même pas la préservation et l’immobilisme, mais la restauration et un “retour [...]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/23/crises-de-dette-crises-sociales/">Crises de dette, crises sociales</a>, </strong>publié le  23 déc. 2011 (Faire société autrement, Economie et société).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par Christian Chavagneux   Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne. De la même façon, les dettes qui sont remboursées rubis sur l’ongle ne font jamais la une. Mais lorsque des débiteurs sont en difficulté, tous les regards se tournent vers eux. Et, de ce point de vue, l’actualité a été plutôt chargée depuis [...]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/23/pistes-pour-une-nouvelle-vision-ecologico-spirituelle/">Pistes pour une nouvelle vision écologico-spirituelle</a>, </strong>publié le 23 déc. 2011 (Faire société autrement, Ethique et vie).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par Leonardo Boff   Dans ce numéro (DIAL de décembre 2011), les trois premiers textes * se rapportent plus particulièrement à la Bolivie, et ce quatrième article, rédigé par le théologien brésilien Leonardo Boff fait écho en bien des points aux deux premiers, rédigés par Javier Medina, ainsi que, plus largement, aux textes présentant une [...]</em></p>
<p style="text-align: justify;">________________________________________________________________________________</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 2 Janvier 2012 </span></strong>:<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- <a href="http://www.nsae.fr/2011/12/29/noel-2011-a-bethleem-homelie-de-mgr-fouad-twal/">Noël 2011 à Bethléem : homélie de Mgr Fouad Twal</a>, </strong>publié le 29 déc. 2011 (Actualité, horspot, à ne pas manquer).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les </em><em><a href="http://www.amisdesabeel-france.blogspot.com/">Amis de Sabeel-France</a></em><em> nous ont transmis l’homélie prononcée à Bethléem la nuit de Noël par le patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal en présence, comme c’est la tradition, des autorités civiles et en premier lieu du président Mahmoud Abbas. Il y exprime des positions claires sur la situation politique, en lançant un appel pour que soit mis un terme à la violence et à l’injustice, en réclamant la paix, la stabilité et la sécurité pour tout le Moyen-Orient.[…]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>- </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/29/gaza-le-droit-bafoue/">Gaza : le droit bafoué</a></strong>, publié le 29 déc. 2011 (Actualité, dans le monde).<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>A l’occasion des 3 ans de l’attaque militaire menée par Israël sur la bande de Gaza entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, une tribune a été publiée dans le journal Libération par un collectif d’ONG françaises, palestiniennes et israéliennes […]</em></p>
<p style="text-align: justify;">-<em> </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/29/canards-sans-tete/">Canards sans tête</a>, </strong>par Serge Halimi, publié le 29 déc. 2011 (Opinions et débats, coup de cœur).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les sommets de dirigeants européens se suivent et échouent ; la Maison Blanche et le Congrès se querellent sans résultat. « Les marchés » l’ont compris, et traitent dorénavant les élus comme des canards sans tête, simples jouets des forces qu’ils ont eux-mêmes enfantées et qu’ils ne savent plus maîtriser. Au même moment pourtant — en France, en Russie, aux Etats-Unis et ailleurs —, des élections présidentielles se préparent. Elles saturent l’espace civique et médiatique, créant un sentiment irréel de déconnexion entre le dire et le faire. […]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>- </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/29/resituer-le-nucleaire/">Resituer le nucléaire</a>, </strong>entretien avec<strong> </strong>Jean-Claude Guillebaud pour la revue <em>Les Réseaux des Parvis</em> (Paru dans le n° 52), publié le 29 déc. 2011 (Faire société autrement, éthique et vie).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Parvis</em></strong><em> : L’importance accordée au nucléaire civil et militaire n’est-elle pas un des révélateurs les plus parlants de la logique qui gouverne l’évolution du monde contemporain ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Jean-Claude Guillebaud </em></strong><em>: Les enjeux de l’énergie atomique me sont apparus cruciaux dès le début des années 70 quand j’ai couvert, pour le journal « Le Monde », les premières grandes manifestations antinucléaires. Au forcing entrepris par EDF pour convaincre les Français de la nécessité du tout nucléaire s’est vite opposée, résolument non violente et d’emblée transnationale, une puissante résistance citoyenne. […]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2011/12/30/notre-societe-a-besoin-dapprendre-de-ses-membres-les-plus-fragiles/">Notre société a besoin d’apprendre de ses membres les plus fragiles</a></strong>, publié le 30 déc. 2011 (Faire société autrement, nos combats).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>J’écris ces lignes en décembre. Lorsque Feuille de Route paraîtra en janvier, bien des choses se seront passées. Ce dont je suis malheureusement certain, c’est que la situation sera plus difficile pour beaucoup de personnes, et notamment les plus pauvres d’entre nous […]</em></p>
<p style="text-align: justify;">_________________________________________________________________________________</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Infolettre du L. 9 Janvier 2012 </span></strong><span style="text-decoration: underline;">:</span></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/un-monde-tortionnaire-rapport-acat-france-2011-limplacable-engrenage/">“Un monde tortionnaire. Rapport ACAT- France 2011″ : l’”implacable engrenage”,</a></strong> publié le 5 janv. 2012 (Actualité, dans le monde).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le livre du jour, par Florence Beaugé</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Près d’un pays sur deux pratique la torture, aujourd’hui, dans le monde. C’est le constat accablant que fait l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). “Du waterboarding à la falaqa, bienvenue dans un monde tortionnaire !” L’ACAT-France ouvre en ces termes son rapport annuel*, le deuxième du genre.[…]</em><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/la-tva-antisociale-de-sarkozy/">La TVA antisociale de Sarkozy</a>, </strong>publié le 5 janv. 2012 (Actualité, en France).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>par </em><em><a href="http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?auteur4">Jean-Jacques Chavigné</a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avec la TVA « sociale », Sarkozy affirme avoir trouvé une mesure miracle. Augmenter de 3 ou 4 points le taux de la TVA permettrait, selon lui, de gagner sur tous les tableaux à la fois : augmenter les salaires directs, ne pas augmenter les prix, lutter contre les délocalisations, financer la protection sociale…[…]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/de-decembre-1991-a-decembre-2011/">De décembre 1991 à décembre 2011</a>, </strong>publié le 5 janv. 2012 (Faire société autrement, témoignages).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par Ghania Mouffok</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>De l’Algérienne Ghania Mouffok*, “Une femme à sa fenêtre”, cette intéressante chronique qui revient, vingt ans après, sur la victoire électorale du FIS – et l’arrêt du processus démocratique qui s’en est suivi, par le “coup d’Etat constitutionnel” que l’on sait […].</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/en-finir-avec-latome-cest-possible/">En finir avec l’atome, c’est possible !,</a> </strong>publié le 5 janv. 2012 (Opinion et débats, coups de cœur).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>par Benjamin Dessus* et Bernard Laponche**, membres de Global Chance, association d’experts indépendants sur l’énergie et le climat.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Depuis toujours, en France, le nucléaire paraissait intouchable. Mais la catastrophe de Fukushima a changé la donne : même dans un pays très avancé, un accident majeur peut se produire ! Et toutes les interrogations jusqu’ici soigneusement évitées émergeaient à nouveau : le risque d’accident majeur bien entendu, mais aussi la production de déchets radioactifs très dangereux et la menace aggravée du risque de prolifération des armes nucléaires […]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/05/ces-derniers-jours-furent-les-plus-difficiles-de-mon-existence/">Ces derniers jours furent les plus difficiles de mon existence</a>, </strong>publié le 5 janv. 2012 !Faire société autrement, témoignages).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Françoise Manhes et Martine Millet du réseau Chrétiens de la Méditerranée ont rencontré cette jeune femme lors de leur dernier voyage en Palestine. Le texte qu’elle a écrit en septembre les a profondément émues et touchées. Elles ont eu l’occasion d’en discuter avec elle. Ghada Naser a accepté qu’il soit traduit et diffusé à condition – a-t-elle dit – qu’il ne soit pas tronqué, car elle a fait une mauvaise expérience avec quelqu’un qui a diffusé son texte en le modifiant […]</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/06/appel-du-groupe-evangile-et-societe-ges-a-signer-la-petition-pour-un-audit-citoyen-de-la-dette-publique/">Appel du Groupe « Evangile et société » (GES) à signer la pétition « Pour un audit citoyen de la dette publique »,</a></strong> publié le 6 janv. 2012 ( Faire société autrement).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La crise sert d’alibi et de moteur pour poursuivre une politique qui affecte en priorité les petits, les pauvres, ceux qui sont sous le seuil de pauvreté.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce sont ceux-là le cœur de notre combat : rendre leur dignité à tous ceux qui sont  <strong>esclaves de la misère</strong></em><em>… <strong>7millions et demi de salariés qui perçoivent moins de 750 € par mois</strong></em><em>, ce qui touche près de <strong>30 millions de personnes</strong></em><em>. Inadmissible aussi bien pour le citoyen que pour le disciple déclaré du fils de l’homme, Jésus de Nazareth.[…]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>- </em><strong><a href="http://www.nsae.fr/2012/01/06/sommaire-des-articles-publies-entre-le-12-decembre-2011-et-le-2-janvier-2012/">Sommaire des articles publiés entre le 12 décembre 2011 et le 2 janvier 2012</a>, </strong>publié le 6 janv. 2012 (Actualité).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vous trouverez ci-après le sommaire des articles mis en ligne chaque semaine durant cette période. En effet, par suite d’un incident technique informatique (mise en place d’une nouvelle version du logiciel de gestion), l’envoi de notre « Newsletter »/ Infolettre hebdomadaire n’a pu se faire durant les trois semaines allant du 12 décembre au 2 janvier […]</em></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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		<title>Le cri de Montesinos, hier et aujourd’hui</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 22:10:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Textes libérateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte de Víctor Codina, prêtre jésuite et théologien a paru dans le numéro 786 de la revue Christus (Mexique) (octobre 2011). Il commémore les 500 ans du sermon de Montesinos, préparé par la communauté de frères dominicains de l’île caribéenne de La Española et prononcé le 21 décembre 1511 par le Frère Antonio de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong>Ce texte de Víctor Codina, prêtre jésuite et théologien a paru dans le numéro 786 de la revue Christus (Mexique) (octobre 2011). Il commémore les 500 ans du sermon de Montesinos, préparé par la communauté de frères dominicains de l’île caribéenne de La Española et prononcé le 21 décembre 1511 par le Frère Antonio de Montesinos devant les conquistadors et les notables espagnols de l’île.Mexique) (octobre 2011). Il commémore les 500 ans du sermon de Montesinos, préparé par la commCe texte de Víctor Codina, prêtre jésuite et théologien a paru dans le numéro 786 de la revue Christus (Mexique) (octobre 2011). Il commémore les 500 ans du sermon de Montesinos, préparé par la communauté de frères dominicains de l’île caribéenne de La Española et prononcé le 21 décembre 1511 par le Frère Antonio de Montesinos devant les conquistadors et les notables espagnols de l’île.</strong></em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/471EC15E-8F03-47F5-AA03-FC73198C2BD0.jpg__209__400__CROPz0x209y400.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5848" title="471EC15E-8F03-47F5-AA03-FC73198C2BD0.jpg__209__400__CROPz0x209y400" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/471EC15E-8F03-47F5-AA03-FC73198C2BD0.jpg__209__400__CROPz0x209y400-206x300.jpg" alt="" width="206" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Cela s’est passé il y a 500 ans.<br />
En décembre 1510, une petite communauté de frères dominicains débarque sur l’île caribéenne de La Española (aujourd’hui territoire de la République dominicaine et d’Haïti). Cette communauté missionnaire, avec Pedro de Córdoba à sa tête, venait du couvent de San Estéban de Salamanque, un des couvents les plus connus et les plus ouverts de l’Ordre dominicain.<br />
C’est une communauté pauvre et qui veut annoncer la Parole à partir de son contexte d’insertion dans la réalité de la conquête espagnole : cela faisait 19 ans que les habitants des Indes occidentales, comme on les appelait alors, subissaient l’exploitation et les mauvais traitements, car les conquistadors voulaient uniquement l’or et devenir riches au prix du sang des Indiens qu’ils traitaient comme des animaux.<br />
La communauté analyse les faits, examine à la lumière de l’évangile l’inhumaine oppression dont souffrent les Indiens, se met de leur côté et, consciente de la gravité de la situation, décide de la dénoncer publiquement devant les conquistadors et les notables espagnols, parmi lesquels se trouvait l’amiral Diego Colomb, le fils de Christophe Colomb. Tous les membres de la communauté élaborent ensemble le sermon et confient la charge de le prononcer à Frère Antonio de Montesinos, qui était bon prédicateur. Ils choisissent la date du quatrième dimanche de l’Avent et prennent comme point de départ la phrase de Jean-Baptiste : « Je suis la voix qui crie dans le désert ».<br />
<strong>Le texte de ce discours prophétique, prononcé le 21 décembre 1511, nous le connaissons grâce à Bartolomé de Las Casas, alors curé et encomendero [1], qui était présent dans l’église</strong> :<br />
« Cette voix, déclara-t-il, dit que vous êtes tous en état de péché mortel, vous y vivez et vous y mourrez, en raison de la cruauté et de la tyrannie dont vous usez à l’égard de ces gens innocents. Dites-moi, de quel droit, au nom de quelle justice, maintenez-vous en si cruelle et horrible servitude ces Indiens ? Au nom de quelle autorité avez-vous fait des guerres si détestables à ces gens qui vivaient doux et pacifiques sur leurs terres, où vous avez commis tant de meurtres et de ravages inouïs qu’un nombre incalculable d’entre eux a disparu. Comment pouvez-vous les maintenir dans une oppression et un épuisement pareils, sans leur donner à manger ni soigner leurs maladies qui dérivent des travaux excessifs que vous leur imposez, et dont ils meurent ? Pour parler plus clairement, vous les tuez, pour extraire et acquérir chaque jour de l’or. En outre, quel souci avez-vous de leur faire donner l’enseignement de la bonne doctrine, afin qu’ils connaissent leur Dieu et créateur, qu’ils soient baptisés, entendent la messe, et observent les fêtes et dimanches ? Eux aussi, ne sont-ils pas des hommes ? Ne possèdent-ils pas âme et raison ? N’êtes-vous pas tenus de les aimer comme vous-mêmes ? Ne comprenez-vous pas cela ? Comment restez-vous endormis dans un sommeil si profond et si léthargique ? Tenez-le pour certain, dans l’état où vous êtes, vous ne pouvez pas plus gagner votre salut que les Maures ou les Turcs qui manquent ou ne veulent pas de la foi dans le Christ » [2].<br />
Le sermon eut un grand impact, « il les laissa abasourdis, beaucoup comme privés de réaction, d’autres plus endurcis encore et quelques-uns comme contrits, mais aucun, à ce que j’ai compris, ne fut converti », note le chroniqueur. Diego Colomb et les notables sortirent indignés et décidèrent de réprimander le prédicateur pour cette doctrine nouvelle et scandaleuse, qui allait contre le roi, lequel autorisait les conquistadors à avoir à leur service des Indiens sur les encomiendas. Ils exigeaient une rétractation publique.<br />
Bartolomé de Las Casas aussi s’indigna de ce sermon qui attaquait directement sa situation d’encomendero. Ce fut seulement des années plus tard, en réfléchissant sur des textes de l’Ecclésiastique (4,1-6 ; 34,18-22) qui affirment que Yahvé n’accepte pas les offrandes souillées de sang, que Las Casas changea de cap : il entra dans l’Ordre dominicain et, nommé évêque du Chiapas, il devint le grand défenseur des Indiens.<br />
Le dimanche suivant, Montesinos remonta en chaire, mais au lieu de se rétracter, il déclara que, dorénavant, les Frères ne confesseraient plus les Espagnols, ni leur donneraient l’absolution ; il ajouta même que ces derniers pouvaient se plaindre à qui ils voudraient, eux continueraient à prêcher l’Évangile [3].<br />
La nouvelle parvient à la cour d’Espagne, le supérieur Pedro de Córdoba est appelé pour s’expliquer devant le roi Ferdinand le Catholique de Castille ; le provincial des Dominicains lui-même, Alonso de Loaysa, se met du côté du Roi et du gouverneur de La Española : il se fâche, reprend ses Frères pour leur prédication si scandaleuse et préjudiciable à leur ordre. Sans doute se sont-ils laissé tromper par le démon et il leur enjoint de ne pas continuer ce type de prédications, sous peine de tomber en péché grave et d’encourir l’excommunication.<br />
Cette dénonciation prophétique est naturellement conflictuelle non seulement pour la Couronne mais aussi pour l’Église. Toute dénonciation prophétique implique un prix à payer. Il est arrivé la même chose à Jésus de Nazareth quand il a proclamé son programme messianique d’évangéliser les pauvres en pleine synagogue de Nazareth : on a voulu le jeter dans le vide (Lc 4, 16-30).<br />
En réalité, comme l’affirme Gustavo Gutiérrez, aussi bien Diego Colomb que le roi et même Loaysa ne se sont pas trompés dans leur jugement, car ils se sont rendu compte que le cri de Montesinos non seulement remettait en question la manière de traiter les Indiens mais aussi attaquait à la racine la conquête elle-même et l’injuste système colonial hispanique [4]. Depuis ce sermon de Montesinos de 1511 se sont écoulés maintenant 500 ans.<br />
Mais le cri de Montesinos, bien qu’il fût le premier cri libertaire de l’Amérique latine, ne fut pas le seul. Puebla nous le rappelle dans un texte connu :<br />
« D’intrépides lutteurs pour la justice, des évangélisateurs de la paix comme Antonio de Montesinos, Bartolomé de Las Casas, Juan de Zumárraga, Vasco de Quiroga, Juan del Valle, Julián Garcés, José de Anchieta, Manuel Nóbrega et tant d’autres qui défendirent les Indiens devant les conquistadors et les encomenderos, parfois même jusqu’à la mort, comme l’évêque Antonio Valdivieso, montrent par des faits évidents comment l’Église promeut la dignité et la liberté de l’homme latino-américain » [5].<br />
<strong>Lignes de force du sermon de Montesinos</strong><br />
Ce qui attire peut-être l’attention, c’est que Montesinos commence à argumenter à partir de ce que nous appellerions aujourd’hui les droits humains : « de quel droit et avec quelle justice », « au nom de quelle autorité », « comment pouvez-vous les maintenir dans une oppression et un épuisement pareils ? », « ceux-ci ne sont-ils pas des hommes ? », « ne possèdent-ils pas âme et raison ? ». Sans doute l’école dominicaine de Salamanque d’où venaient ces missionnaires et où il y avait de grands penseurs thomistes comme Soto et Vitoria, a-t-elle influé sur cette vision anthropologique primordiale. Avant d’invoquer des valeurs évangéliques, ils font appel au sentiment humain, à l’humanité, à l’honnêteté envers le réel, au respect des êtres humains, à un minimum de sentiment de compassion face à la souffrance de l’autre. La question sur Dieu est avant tout une question sur la réalité.<br />
Cela suppose que la communauté dominicaine était proche du monde des Indiens, qui l’amenait à considérer l’histoire en partant du bas, de l’envers, de ceux qui souffrent de ses conséquences ; cela conduisit les Frères à assumer ce qu’aujourd’hui on appelle l’option pour les pauvres. Avant les intérêts et les prétendus droits des conquistadors, il y a la souffrance des Indiens.<br />
Montesinos commence par faire mémoire de ces souffrances, mémoire de la passion du peuple, « memoria passionis » (J. B. Metz). Les colonisateurs ont agressé violemment l’avoir, le savoir et l’être des Indiens ; ce fut « un contexte d’invasion injuste, non seulement d’un territoire et de ses ressources, mais aussi de ses plus secrètes identités ; de violation et de négation des visions du cosmos et des sagesses de vie, des secrets et des initiatives » [6]. Il n’est pas possible de rester impassibles ni neutres devant la souffrance, les Frères ne peuvent passer au loin, comme le prêtre et le lévite de la parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 25-35). Dans la souffrance des Indiens, ils contemplent et expérimentent la souffrance du Seigneur (Mt 25, 31-45).<br />
À partir de là, jaillit la dénonciation de l’idéologie de la conquête qui, théoriquement, se justifie par la possibilité d’évangéliser ces peuples, mais qui, en réalité, est devenue « extraire et acquérir chaque jour de l’or » et, pour cela, « vous les tuez ». De cette tromperie, de ce « sommeil léthargique dans lequel ils sont endormis », participe le fait qu’ils ne se préoccupent absolument pas du bien spirituel des Indiens, de leur évangélisation, baptême, célébration des dimanches et fêtes&#8230;<br />
C’est seulement après qu’est invoqué le principe chrétien, l’obligation de les aimer comme soi-même, une maxime évangélique que les conquistadors connaissent sûrement par leur tradition culturelle chrétienne.<br />
La conséquence de tout cela est que les conquistadors sont en état de péché mortel, dont ils ne pourront se sauver tant qu’ils persisteront dans leur attitude abusive et dans la pratique des encomiendas. Et il leur expose l’exemple des Maures et des Turcs qui n’ont pas la foi, et, selon la vision théologique de l’époque, ne peuvent être sauvés : eux non plus ne seront pas sauvés. Par conséquent, tant qu’il n’y aura pas une conversion profonde, on ne pourra ni les confesser ni leur donner l’absolution de leurs péchés. Sans doute ces mots durs ont-ils dû secouer les auditeurs, car ils n’étaient pas habitués à une sévérité si tranchée.<br />
<strong>Actualité du sermon de Montesinos</strong><br />
500 ans ont passé, le contexte historique, culturel, économique et politique de l’Amérique latine a changé. Mais depuis l’Amérique latine arrive toujours jusqu’au ciel la clameur des Indiens, des Afro-Américains, des paysans, des femmes, des mineurs, des enfants, des vieillards qui demandent justice, dignité, santé, travail, éducation, liberté, respect de leurs cultures, le droit à la terre et au territoire, la possibilité de « vivre bien », une vie digne d’êtres humains.<br />
Désormais ce n’est plus l’empire hispano-portugais, ce sont les multinationales, les structures économiques néolibérales, les intérêts du marché, les nouveaux pouvoirs mondiaux, qui créent les différences abyssales entre les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, lesquels sont maintenant des masses rejetées, insignifiantes, méprisables : voilà les effets collatéraux d’une économie terriblement injuste, mais qui se considère comme politiquement correcte [7]. Les nouveaux conquistadors ne sont pas émus par la souffrance du peuple, ni par la destruction de l’écologie, ni par l’asservissement des cultures. Ils sont toujours « endormis dans un sommeil léthargique ».<br />
Ces dernières années aussi ont surgi des voix prophétiques, de vrais défenseurs des Indiens, des Saints Pères de l’Amérique latine, comme Proaño, Méndez Arceo, Laguna, Samuel Ruiz, Helder Camara, Lorscheider, Pironio, Silva Henríquez, Romero, Angelelli&#8230; ; les documents de Medellín et Puebla, la théologie de la libération, les communautés de base, la vie religieuse insérée parmi les pauvres sous les auspices de la CLAR [Confédération latino-Américaine des religieux]&#8230; Il y a eu aussi en retour les réactions de l’empire ; il y a eu des martyrs dans tous les secteurs de l’Église, depuis des évêques, des prêtres, des religieux et religieuses, jusqu’à des paysans, des catéchistes, des Indiens, des femmes et des enfants, des gens du peuple&#8230; Les successeurs de Ferdinand le Catholique, le « système », n’admet ni critiques ni questionnements ; jamais il ne pardonne ni oublie. La passion de Jésus est toujours présente et d’actualité chez le peuple souffrant, chez « les crucifiés de l’histoire ».<br />
Mais le plus douloureux a été que, de la part des instances ecclésiales aussi, il y a eu incompréhensions, critiques, condamnations et disqualifications visant évêques, théologiens, communautés de base, vie religieuse insérée, la CLAR ; on a freiné les ministères des diacres indiens&#8230; Ce sont les héritiers d’Alonso de Loaysa : pendant qu’ils condamnaient ces voix prophétiques, les taxant de matérialistes et communistes, de subversives, peu chrétiennes et peu ecclésiales, de vouloir faire une Église populaire, une Église parallèle du peuple, opposée à l’Église hiérarchique&#8230; ils ne voyaient pas d’inconvénients à ce que communient des dictateurs, se multiplient les mouvements spiritualistes, prospèrent des théologies néoconservatrices comme celle de Michael Novak, lequel compare le capitalisme au Serviteur de Yahvé, méprisé de tous et pourtant le seul qui sauve et libère (Is. 53). Tandis qu’un nonce italien jouait élégamment au tennis le week-end avec le dictateur argentin, des milliers de citoyens étaient torturés et disparaissaient à Buenos-Aires&#8230;<br />
<strong>Le sermon de Montesinos est toujours actuel pour la société et l’Église d’aujourd’hui</strong><br />
Un film espagnol récent, <em>Même la pluie</em>, de la réalisatrice Iciar Bollaín, veut représenter tout cela. Le scénario du film qui doit être tourné [8] met en scène la conquête de l’Amérique et l’oppression des Indiens, avec la présence de Colomb, mais aussi la voix de Montesinos qui proteste : « ceux-ci ne sont-ils pas des hommes ? ». Mais le tournage de ce film a lieu à Cochabamba (Bolivie) et coïncide avec la guerre de l’eau de 2005, lorsque les habitants de cette ville se soulevèrent contre la multinationale propriétaire de l’eau, qui voulait augmenter son prix. La police au service de la multinationale réprime les manifestants, de sorte que se reproduit l’oppression des conquistadors sur les Indiens. Le tournage doit être interrompu, les acteurs frustrés retournent en Espagne sans pouvoir achever leur travail. Mais ce qui est mis en évidence, c’est la réalité cruelle du peuple qui continue de nos jours à souffrir de l’oppression. Naturellement, ce film excellent sous de multiples aspects, n’a pas été sélectionné pour les Oscars&#8230; Il n’est pas politiquement correct de rappeler que l’oppression continue aujourd’hui. Il est préférable de rester « endormis dans un sommeil léthargique »&#8230;<br />
<strong>Quelque chose de nouveau est en train de naître</strong><br />
L’histoire jamais ne se répète, le contexte politique, social et ecclésial a profondément changé, non seulement depuis Montesinos mais aussi depuis la fin du XXe siècle. Il suffit de quelques coups de pinceaux impressionnistes.<br />
Nous vivons dans un monde postmarxiste et postmoderne. En Amérique latine, nous ne sommes plus dans les années 80, les dictatures ont cédé le pas à des démocraties, quelques gouvernements de tendance populaire surgissent, qui, au milieu de mille contradictions et ambiguïtés, cherchent à retourner la situation de pauvreté et de discrimination du peuple. Le continent oublié d’aujourd’hui, c’est l’Afrique, qui commence aussi à s’éveiller.<br />
Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, émerge une grande crise économique, énergétique, écologique et de civilisation. Le mur de Berlin est tombé, mais les tours jumelles de New York aussi. Le modèle économique actuel fait naufrage, malgré ses continuelles remises à flot. Les désastres écologiques sont des signaux d’alerte rouge. Tchernobyl et Fukushima symbolisent la crise énergétique et les dangers de vouloir être des apprentis sorciers. Nous nous trouvons à un changement d’époque, de paradigme, les tremblements de terre et les tsunamis ne sont pas seulement des désastres telluriques, mais ils symbolisent aussi toute une civilisation moderne et technique, orgueilleuse de son progrès.<br />
Au niveau ecclésial aussi, il y a des tremblements de terre et des tsunamis. Depuis les derniers pontificats nettement caractérisés par leur volonté de restauration et malgré les grands rassemblements de masses religieux et les shows médiatiques qui semblent suggérer que tout est normal, la barque de Pierre est secouée par une crise jamais vue depuis la Réforme. Les scandales sexuels ne sont que la pointe de l’iceberg d’une profonde crise, il y a comme une odeur de pourri. La chrétienté a explosé, même si son agonie promet d’être longue. Des jeunes et des femmes abandonnent silencieusement l’Église. En Amérique latine les représentants officiels de l’Église ne sont plus, comme au temps de Montesinos, la voix des sans-voix, car les pauvres et les Indiens ont désormais leur voix propre. Beaucoup pensent que la théologie de la libération est bien morte. Rome est maintenant préoccupée surtout par la théologie asiatique du dialogue interreligieux.<br />
Au milieu de cette chaotique situation mondiale et ecclésiale, au milieu de cette crise, dans cette nuit obscure, il y a des signes apocalyptiques que quelque chose de nouveau est en train de naître, il y a des êtres nouveaux qui émergent au sein de la société et de l’Église : des jeunes, des pauvres, des Indiens et des Afros, des femmes. On entend crier qu’un « autre monde est possible », également « qu’une autre Église est possible ».<br />
Comme aux origines de la création, au milieu de la nuit et du chaos régnant, l’Esprit engendre la vie (Gn. 1,2) et fait naître un monde nouveau, différent. Ce chaos annonce les douleurs de l’enfantement de la création (Rm. 8,20), les sentinelles aperçoivent les amandiers qui commencent à fleurir au cœur de l’hiver mondial et ecclésial. L’Esprit du Seigneur est en action, ces signes de mort sont le prélude de la résurrection, la pierre du sépulcre que l’on commence à rouler, les femmes sont les premières à s’en rendre compte et à croire en la résurrection [9].<br />
Dans ce nouveau contexte, le cri de Montesinos résonne encore et encore : « Comment restez-vous endormis dans un sommeil si profond et si léthargique ? Tenez-le pour certain, dans l’état où vous êtes, vous ne pouvez pas gagner votre salut ». Il est nécessaire de changer de cap, de nous réveiller, de prendre conscience que quelque chose de nouveau est en train de naître (Is. 43,19), car, aujourd’hui comme hier, le Seigneur veut faire toutes choses nouvelles (Apoc. 21,5). En Amérique latine nous sommes encore au temps de l’Avent&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Victor Codina</strong><br />
Traduction de Sylvette Liens pour Dial.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong><br />
[1] « L’encomienda était un système appliqué par les Espagnols lors de la conquête du Nouveau Monde, et appliqué dans tout l’empire colonial espagnol à des fins économiques et d’évangélisation. C’était le regroupement sur un territoire de centaines d’Indiens que l’on obligeait à travailler sans rétribution dans des mines et des champs […]. Ils étaient sous les ordres de l’encomendero, un Espagnol à qui la Couronne d’Espagne les avait confiés ; dans la pratique ils disposaient librement des terres des Indiens, bien qu’elles appartiennent toujours à la couronne » (Wikipedia, article Encomienda) – note DIAL.<br />
[2] Bartolomé de Las Casas, Historia de las Indias, Livre III, chap. 4.<br />
[3] Víctor Codina, « Opción por los pobres en la Cristiandad colonial », dans De la modernidad a la solidaridad, Lima, 1984, p. 259-282 ; Víctor Codina, Noé Zevallos, Vida religiosa. Historia y teología, Madrid, 1987, p. 76-81.<br />
[4] Gustavo Gutiérrez, En busca de los pobres de Jesucristo. El pensamiento de Bartolomé de Las Casas, Lima, 1992, p. 58.<br />
[5] Puebla, p. 8.<br />
[6] Antonieta Potente, « Eco de un sermón : entre arquetipo y realidad. Otro diálogo es posible », Yachay (Cochabamba), n° 53, 28 (2011), p. 47-58. Citation p. 50.<br />
[7] Aparecida, p. 65.<br />
[8] Il s’agit du film dont le tournage est représenté dans Même la pluie – note DIAL.<br />
[9] J. Moingt, « Les femmes et l’avenir de l’Église », Études (Paris), janvier 2011, p. 67-76, qui conclut par cette prédiction prophétique : « La femme est et sera l’avenir de l’Église ».</p>
<p><strong>Source</strong> : DIAL- Diffusion de l’Information sur l’Amérique Latine &#8211; D 3180</p>
<p>(Dial -  <a href="http://enligne.dial-infos.org">http://enligne.dial-infos.org</a> )</p>
<p>Source (espagnol) : revue Christus (Mexique), n° 786, octobre 2011, p. 18-21.<br />
Mis en ligne le 12 janvier 2012 :</p>
<p><a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5354">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5354</a></p>
<p><strong>A LIRE</strong> : un nouvel ouvrage DIAL aux éditions l’Harmattan : « <em><strong>Projets politiques et Luttes sociales : expériences latino-américaines » </strong></em>dans la collection« Horizons Amérique latine », 2011, 286 pages, 28,50 € .</p>
<p>Voir une <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5383">présentation du livre</a> (quatrième de couverture, table des matières…).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AmériqueL.LivreHarmattan.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-5849" title="AmériqueL.LivreHarmattan" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AmériqueL.LivreHarmattan.png" alt="" width="125" height="200" /></a></p>
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