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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 21:16:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[
Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut réformer le régime de l&#8217;entrée et de l&#8217;expulsion des étrangers en France. Cette nouvelle modification de la loi constitue une étape supplémentaire dans la fragilisation d&#8217;hommes, de femmes, d&#8217;enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil.
Ce sont pourtant des êtres humains. Certains fuient la guerre ou les traitements [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut réformer le régime de l&#8217;entrée et de l&#8217;expulsion des étrangers en France. Cette nouvelle modification de la loi constitue une étape supplémentaire dans la fragilisation d&#8217;hommes, de femmes, d&#8217;enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-2953"></span>Ce sont pourtant des êtres humains. Certains fuient la guerre ou les traitements inhumains pour sauver leur vie. D’autres cherchent simplement à améliorer leur situation et celle de leur famille. Ils aspirent, comme nous, à vivre en paix, à trouver le bonheur, à travailler, en France, leur pays « d’accueil ».</p>
<p style="text-align: justify">Mais le projet de loi va sonner le glas des aspirations de beaucoup et, par là même, de notre hospitalité et de notre humanité en réduisant leurs droits à la justice, à une vie familiale et à la solidarité.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, les étrangers n’auront plus le droit d’être entendus !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Jusqu&#8217;alors, la loi réclamait le contrôle du juge des libertés si la mise en rétention excédait deux jours avant l&#8217;expulsion. Ce garde-fou, indispensable face à l’arbitraire de l’administration, est retardé par ce projet de loi : ainsi des expulsions seront possibles pendant cinq jours sur seule décision administrative.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, le juge judiciaire ne pourra plus sanctionner certaines irrégularités.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, le droit d’asile sera entravé !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ce projet de loi restreint les possibilités d’accéder au territoire pour demander l’asile et place un nombre plus important d’éventuels demandeurs dans des conditions défavorables pour l’examen de leur demande de protection.</p>
<p style="text-align: justify">Et s’ils sont déboutés et renvoyés, il leur interdit de revenir dans l’Union européenne pour sauver leur vie.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, le droit de vivre en famille sera restreint !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Des conjoints de Français ou d&#8217;étrangers en situation régulière, voire avec des enfants en France, sont parfois sans document de séjour. La loi qui peut déjà interrompre leur vie familiale va durcir les conditions de leur séparation en repoussant toute possibilité de retour. En effet, tout étranger renvoyé peut être « banni » de l’Union Européenne jusqu’à 5 ans : nous refusons cette double peine !</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, la solidarité restera répréhensible !</strong></p>
<p style="text-align: justify">En modifiant la loi, le projet voudrait calmer les critiques sur le délit dit de &laquo;&nbsp;solidarité&nbsp;&raquo;. En ne modifiant que très marginalement l&#8217;exemption pour un tel délit, le projet de loi persiste à dissuader quiconque aiderait, de bonne foi et dans la durée, un étranger dont nul ne sait a priori s&#8217;il est en situation administrative irrégulière.</p>
<p style="text-align: justify">Il est contradictoire de maintenir le principe de fraternité dans la devise de la République et de punir les actes de solidarité.</p>
<p style="text-align: justify">Motivés par la solidarité et la défense des plus faibles, notamment des étrangers, en partenariat avec d&#8217;autres membres de la société civile, nos organismes, mouvements, associations et services <strong>chrétiens </strong>refusent que des mesures de plus en plus restrictives, voire arbitraires, propulsent des milliers d’hommes et de femmes dans la précarité et le désespoir.</p>
<p style="text-align: justify">Aussi estimons-nous nécessaire d’éveiller les consciences, d’appeler à la vigilance et à l’information sur ce projet de loi qui comporte des dispositions très inquiétantes.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Nous nous engageons à agir pour que la figure de l’étranger </strong><strong>ne serve pas de bouc émissaire en France et en Europe.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Initiateurs de l&#8217;appel :</strong></p>
<p style="text-align: justify">- <strong>ACAT-France </strong>(Action des chrétiens pour l&#8217;abolition de la torture)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>CCFD </strong>- Terre solidaire</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>FEP </strong>(Fédération de l&#8217;Entraide Protestante)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>La Cimade </strong>(Service oecuménique d&#8217;entraide)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>Secours Catholique </strong>/ CARITAS-France Avec la contribution du <strong>SNPM </strong>(Service national de la pastorale des migrants)</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Autres signataires nationaux :</strong></p>
<p style="text-align: justify">- ACO (Action catholique Ouvrière)</p>
<p style="text-align: justify">- Apostolat de la prière</p>
<p style="text-align: justify">- Association Espoir</p>
<p style="text-align: justify">- CASP (Centre d&#8217;Action Sociale Protestant)</p>
<p style="text-align: justify">- CERAS (Centre Recherche et Action Sociales)</p>
<p style="text-align: justify">- Chrétiens et sida</p>
<p style="text-align: justify">- Communauté Mission de France</p>
<p style="text-align: justify">- Communauté de Vie Chrétienne</p>
<p style="text-align: justify">- Congrégation des Auxiliatrices de la Charité</p>
<p style="text-align: justify">- Congrégation des Fils de la Charité</p>
<p style="text-align: justify">- Conseil National de l&#8217;Église réformée de France</p>
<p style="text-align: justify">- DEFAP (service protestant de mission)</p>
<p style="text-align: justify">- DOM&#8217;Asile</p>
<p style="text-align: justify">- Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France</p>
<p style="text-align: justify">- Équipe nationale des Prêtres-Ouvriers</p>
<p style="text-align: justify">- Fédération des réseaux des parvis</p>
<p style="text-align: justify">- Fédération protestante de l&#8217;enseignement</p>
<p style="text-align: justify">- Fraternité Évangélique Afrique-Caraïbe-Europe</p>
<p style="text-align: justify">- Fondation de l&#8217;Armée du Salut</p>
<p style="text-align: justify">- JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne)</p>
<p style="text-align: justify">- JRS-France (Service Jésuite des Réfugiés)</p>
<p style="text-align: justify">- Justice et Paix &#8211; France</p>
<p style="text-align: justify">- Mission Populaire Évangélique de France</p>
<p style="text-align: justify">- Missionnaires d&#8217;Afrique (Pères Blancs)</p>
<p style="text-align: justify">- MIR-France (Mouvement International de la Réconciliation)</p>
<p style="text-align: justify">- Nous sommes aussi l&#8217;Église</p>
<p style="text-align: justify">- Pax Christi &#8211; France</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau chrétien &#8211; immigrés</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau Foi et Justice Afrique-Europe</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau franciscain Gubbio</p>
<p style="text-align: justify">- Soeurs Auxiliatrices</p>
<p style="text-align: justify">- Soeurs du Bon Pasteur</p>
<p style="text-align: justify">- Union nationale des CPCV (organisme protestant de formation)</p>
<p>- Alliance Nationale des Unions Chrétiennes de Jeunes Gens &#8211; UCJG-YMCA</p>
<p>- VEA (Vivre ensemble l&#8217;Évangile Aujourd&#8217;hui)</p>
<p style="text-align: center"><em><strong>Nous invitons chacun à lire l&#8217;argumentaire qui développe les aspects évoqués dans cet appel. </strong></em><em><strong>A l&#8217;utiliser pour informer, débattre, interpeller les élus qui sont nos représentants…</strong></em></p>
<p style="text-align: center"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Appel-+-Argumentaire-avec-signataires-au-16-juillet-20101.pdf">Appel + Argumentaire avec signataires au 16 juillet 2010</a></em></p>
<p style="text-align: center">
<p><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La résistance non-violente en Palestine</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/07/20/la-resistance-non-violente-en-palestine/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2010/07/20/la-resistance-non-violente-en-palestine/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Jul 2010 09:44:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Bil’in, Al-Rowwad, BDS, Sabeel… Des mots peu connus des Occidentaux, mais porteurs d’espoir dans le conflit du Proche-Orient, car reflets du nouveau mode d’action mis en place par les Palestiniens pour obtenir leur libération : la résistance populaire non-violente.

UNE OPTION DIFFICILE ET COURAGEUSE
L’absence de perspectives caractérise dramatiquement la situation en Palestine occupée. La poursuite de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong><em>Bil’in, Al-Rowwad, BDS, Sabeel… Des mots peu connus des Occidentaux, mais porteurs d’espoir dans le conflit du Proche-Orient, car reflets du nouveau mode d’action mis en place par les Palestiniens pour obtenir leur libération : la résistance populaire non-violente.</em></strong></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/11.jpg"><img class="size-full wp-image-2942 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/11.jpg" alt="" width="480" height="360" /></a></p>
<p><strong>UNE OPTION DIFFICILE ET COURAGEUSE</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’absence de perspectives caractérise dramatiquement la situation en Palestine occupée. La poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, la construction du mur de séparation qui annexe de larges territoires palestiniens, la poursuite du blocus de la bande de Gaza qui étouffe depuis 2006 un million et demi de civils, les check-points et les humiliations exacerbent le désespoir des Palestiniens.<br />
Pour résister à l’occupation, ces derniers ont mené deux Intifadas : la première (1987-1994), non-violente, a vu des milliers de jeunes Palestiniens affronter l’armées israélienne avec de simples frondes, tel David contre Goliath. La seconde (2000-2004), menée par des factions armées, s’est accompagnée d’attentats et de violentes représailles. Ces deux soulèvements n’ont pas atteint leur but. Les accords d’Oslo de 1995 se sont révélés être un marché de dupes, les Palestiniens n’obtenant pas la reconnaissance d’un Etat indépendant et l’Autorité palestinienne étant le plus souvent cantonnée dans un rôle de supplétif sécuritaire d’Israël, au risque de passer pour collaborationniste et de faire le jeu des extrémistes.<br />
Depuis l’agression israélienne contre Gaza en janvier 2009 qui a tué 1 400 Palestiniens (en majorité civils), la région vit une logique de guerre, aggravée par la formation en Israël d’une coalition de droite et d’extrême droite  – dont les Occidentaux ne se sont guère émus, alors qu’ils avaient vivement réagi à la victoire de l’extrémiste Jörg Haider en Autriche en 2000… La violence (bombardements, attentats, destructions de maisons et de cultures, barrages, humiliations, etc.) est le quotidien des Palestiniens. Pour Ziad Medoukh, directeur du département de français de l’université Al-Aqsa à Gaza et fondateur du Centre de la paix, <em>«l&#8217;origine de la violence est la non application par Israël des résolutions internationales, la colonisation qui continue même en plein “processus de paix“, la construction d&#8217;un mur qui pénètre dans les territoires palestiniens, la complicité et le silence internationaux. »</em><br />
Dans cette période difficile, aggravée par le sentiment d’impunité des Israéliens, persuadés de l’appui éternel des Etats-Unis (malgré les velléités du président Obama), beaucoup de Palestiniens s&#8217;interrogent sur la nouvelle stratégie à adopter pour trouver une solution durable au conflit. <em>« Nous devons nous organiser,</em> dit Ziad, <em>pour être à la hauteur de nos espérances et de ceux qui sont solidaires de notre cause dans le monde. Nous devons poursuivre notre résistance, mais en revenant à nos principes, à notre culture, à nos traditions. Proposer une alternative non violente, même si Israël continue sa politique agressive… Ce n’est pas par faiblesse que je propose cette  alternative. Pas question d’être faible, au contraire ! Il faut comprendre que cette occupation violente essaie constamment de nous provoquer par des attaques et des assassinats ciblés… Nous allons prouver aux occupants qu’ils ne réussiront pas à changer notre attachement aux principes de paix, de démocratie, de respect de l&#8217;autre, de tolérance. Nous allons défier l&#8217;occupation en optant pour l&#8217;avenir et pour la paix. »</em> Défier est le mot juste, car la résistance pacifique dérange Israël, Etat militarisé où l’armée, alliée aux colons et aux extrémistes religieux, détient le pouvoir réel. Les attentats-suicides, qui ont quasiment cessé, ont longtemps donné à Israël un prétexte pour étendre la répression et la colonisation « par mesure de sécurité ». En remettant en cause cette stratégie de la force, en vigueur depuis des décennies, et en procurant aux Palestiniens un courant de sympathie bien gênant, la résistance non-violente change la donne.<br />
Pourtant, l’option non-violente n’est pas la plus facile. Pour être plus efficace que la violence, elle exige beaucoup de technique, de coordination, de sacrifices, de patience. L’important pour les Palestiniens est de mobiliser l&#8217;opinion mondiale en faveur de ce choix courageux. Pour cela, la société palestinienne doit réaliser son unité, changer ses pratiques politiques, encourager le dialogue entre les partis, faire participer tous les citoyens, notamment les femmes, à l&#8217;élaboration du projet national.</p>
<p><strong>Défier l&#8217;occupation par la non-violence active</strong></p>
<p style="text-align: justify">La non-violence a été utilisée avec succès dans l’histoire mondiale récente : pour l’indépendance de l’Inde (Gandhi), contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis (Martin Luther King), contre l’apartheid en Afrique du Sud (Desmond Tutu et le monde entier). En fait, elle se pratique déjà tous les jours en Palestine, mais elle est moins médiatisée que la violence des factions armées et des provocations israéliennes. Les actions non-violentes dans les territoires occupés revêtent trois formes principales :<br />
<strong>- La résistance sur la terre. </strong>Malgré les brimades des forces d’occupation et des colons, les paysans palestiniens continuent de cultiver leurs champs ; dans la bande de Gaza, les habitants préfèrent vivre à côté des ruines de leurs maisons plutôt que de quitter leur terre.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: center"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/3.jpg"><img class="size-medium wp-image-2945   aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/3-300x225.jpg" alt="" width="270" height="203" /></a><br />
</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>- Les manifestations  pacifiques</strong> contre le mur en Cisjordanie et à Jérusalem et devant les maisons menacées de destruction.<br />
- <strong>Le boycott </strong>des produits<strong> </strong>fabriqués dans les colonies.<br />
Ces actions sont souvent efficaces, car elles attirent de plus en plus de solidaires internationaux et d’anticolonialistes israéliens. Leurs points faibles sont le manque de coordination entre les groupes locaux, leur faible couverture médiatique, leur manque de notoriété au sein même de la société palestinienne et, bien sûr, la stratégie israélienne pour les briser (arrestations, violences, chicanes administratives). Mais ce mouvement trouve un écho de plus en plus favorable dans la société. <em>« La lutte pacifiste est un concept civilisé qui développe la personne humaine, garantit son indépendance et sa capacité à endurer les représailles et à lutter contre toutes les formes d’injustice,</em> dit Ziad. <em>Nous sommes plus forts que l&#8217;armée parce que nous n&#8217;avons rien à perdre, ayant déjà tout perdu : nos maisons, nos terres, nos familles et nos proches. Il ne nous reste que deux choses, que toutes les forces d&#8217;occupation ne pourront arracher de notre mémoire et de celle de nos enfants : la dignité et l&#8217;espoir. »</em> La résistance non violente a été popularisée à partir de 2005 par l’action exemplaire du village de Bil’in, spolié par le mur. En 2010, 19 comités de résistance populaire (contre 3 en 2008) mènent des actions hebdomadaires concertées dans 45 lieux différents.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>LA RESISTANCE SUR LA TERRE</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’exemple de Bil&#8217;in</strong><strong><br />
</strong>Bil’in est un village à 12 km à l’ouest de Ramallah qui lutte pour sauver sa terre, ses ressources, sa liberté. En annexant 60 % de son territoire pour y bâtir des colonies et le mur, Israël étouffe le village. Tous les vendredis, les habitants et le comité populaire, soutenus par des pacifistes israéliens et internationaux, manifestent devant le « chantier de la honte ». Chaque fois, l’armée répond par la violence. Le combat de Bil’in est devenu le symbole de la résistance pacifique de toute la Palestine. En 2006, la Cour Suprême israélienne a reconnu l’illégalité des colonies de Bil’in et ordonné l’arrêt des implantations. Les villageois ont construit deux maisons sur les terres confisquées, devenues « Bil’in Ouest », première « colonie palestinienne » sur son propre territoire ! Mais en 2007, le Conseil suprême d’urbanisme israélien a légalisé <em>a posteriori</em> les logements coloniaux. La même année, la Cour Suprême israélienne a jugé que le tracé du mur portait préjudice à Bil’in et qu’il devait être modifié. Mais elle a aussi décidé le maintien des bâtiments coloniaux sur les terres du village. Ces décisions contradictoires n’ont pas freiné la résistance pacifique de Bil’in, qui soutient aussi l’action d’autres villages, notamment contre les « routes d’apartheid » réservées aux colons. En 2008, l’armée n’avait toujours pas modifié le tracé du mur, preuve de sa prédominance sur la société civile. Bil’in a entamé une action en justice contre les entreprises canadiennes Green Mount et Green Park, dirigées par un milliardaire israélo-américain, qui vendent des habitations aux colonies de Bil’in. En 2009, à l’ouverture du procès au Canada, les incursions nocturnes de l’armée et des colons et les arrestations de villageois se sont multipliées. Bil’in a reçu la visite de Desmond Tutu, archevêque du Cap (qui avait dit en 2002 à propos de la Palestine : « Cela me rappelle tellement ce qui est arrivé au peuple noir en Afrique du Sud ») et de l’ex-président Carter. Fin 2008, la Cour suprême a ordonné une nouvelle fois le déplacement du mur. Les travaux n’ont commencé qu’en février 2010 ; une victoire tout de même pour Bil’in qui va récupérer 60 ha sur les 95 confisqués. Chaque année depuis 2005, Bil’in organise une conférence internationale sur la résistance non-violente.<br />
L’exemple de Bil’in est suivi dans d’autres villages cisjordaniens. A Gaza aussi : chaque mercredi, des centaines de Gazaouis défient l’interdiction israélienne de pénétrer dans la zone tampon imposée à la frontière nord, pour protester contre la confiscation de leurs terres.</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/7.jpg"><img class="size-medium wp-image-2946 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/7-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les oubliés de la Vallée du Jourdain</strong><br />
Oubliée du reste du monde, la Vallée du Jourdain (28 % de la Cisjordanie) est complètement séparée du reste du pays. Riche en eau, en terres fertiles et en minéraux (Mer Morte), offrant une ouverture sur l’étranger, elle est indispensable à l’édification d’un Etat palestinien viable. C’est pourquoi Israël y maintient une occupation très dure, en confisquant des terres, en détruisant des maisons, en s’appropriant les ressources en eau, en restreignant la circulation et l’activité économique, en créant des colonies. L’objectif est de contraindre les Palestiniens à fuir vers la Jordanie. Un nettoyage ethnique froidement exécuté : la population est passée de 250 000 en 1967 à 50 000 en 2009. Dans cette « Bande de Gaza oubliée », les soldats israéliens pénètrent à leur gré pour enlever des militants, humilier les habitants, torpiller les « plans de sécurité » de l’Autorité palestinienne. L’habitat étant très dispersé et les ONG, les pacifistes israéliens et les medias loin de l’autre côté des collines, la résistance non-violente ne peut se traduire, comme en Cisjordanie ou à Gaza, par des manifestations pacifiques. Elle passe surtout par une volonté farouche de survivre dans ce qu’il reste des villages, par la reconstruction indéfinie des maisons détruites, le maintien de quelques activités agricoles (malgré l’accès quasi impossible à l’eau), et parfois, d’une école qui permettra peut-être de garder les enfants au village. Aujourd’hui, les Palestiniens ne disposent plus que de 5,62 % du territoire, le reste étant sous contrôle israélien, sous forme de colonies agricoles, de « réserves naturelles » gelées, de terrains militaires. Les captages des colonies assèchent les sources et les puits des Palestiniens, qui n’ont pas le droit de creuser des réservoirs pour recueillir l’eau de pluie. Le message israélien est clair : Partez ou nous vous ferons mourir de soif ! Comme il est interdit de rebâtir les maisons détruites en dur, les habitants utilisent des techniques traditionnelles (briques de terre et de paille). Ils résistent comme ils peuvent, en privilégiant, comme partout en Palestine, l’éducation des enfants. A Jiftlik, les Israéliens ont érigé, entre le village et l’école, un check-point qu’ils ferment juste avant la fin des cours, empêchant les enfants de rentrer chez eux ; les petits doivent dormir dans des tentes dressées par les villageois. A Fasayil, une école a été bâtie, sans permis de construire israélien bien sûr, avec des fonds norvégiens, par les habitants eux-mêmes aidés de jeunes Anglais. Depuis 2007, l’association Jordan Valley Solidarity (dont la devise est « Exister c’est Résister ») tente de coordonner quelques petits projets et, surtout, d’aider les habitants à résister aux tentatives de dépossession par les colons en organisant des visites su place. Une plus grande présence internationale permettrait de mieux faire connaître ce scandale.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>LA RESISTANCE PAR L’EDUCATION</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le Centre de la paix à Gaza</strong><strong><br />
</strong>La résistance non-violente passe avant tout par l’éducation, comme le propose Ziad Medoukh du département de français de l’Université Al-Aqsa de Gaza, créé en 2000 (120 étudiants en 2008). Depuis 2005, un centre de ressources francophones met à la disposition des étudiants des livres et du matériel audiovisuel. En 2006, le département a contribué à la création, au sein de l’Université, du Centre de la paix, qui veut susciter, dans une société désespérée, une conscience civique alternative à la violence. Le centre organise notamment des conférences publiques (les femmes et leur rôle à Gaza, les jeunes et la drogue, le mariage dans la loi palestinienne, la démocratie en France, la démocratie et la liberté d&#8217;expression, le rôle de la famille face à la violence, etc.). Le département de français souhaite ouvrir un centre d’information francophone, géré par les jeunes diplômés de français, pour promouvoir la francophonie en Palestine, améliorer le niveau linguistique des étudiants, développer des échanges avec des jeunes des pays francophones, informer les médias francophones sur la vie à Gaza et faciliter le travail des solidaires francophones pendant leur mission sur place. L’enfermement de ce petit territoire nécessite des initiatives originales (<em>via</em> internet notamment) pour aider les jeunes à défier efficacement le blocus. La guerre de 2009, avec l’interdiction israélienne de laisser entrer les journalistes et les humanitaires à Gaza, a mis en évidence la nécessité d’un tel centre pour pallier le manque d’informations et d’images.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’association Al-Rowwad</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center"><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center"><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/2.jpg"><img class="size-full wp-image-2935     aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/2.jpg" alt="" width="311" height="233" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><br />
</strong><em>« Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre »</em> (Einstein). Le centre Al-Rowwad (« Les pionniers ») pour la culture, situé dans le camp de réfugiés d’Aïda, près de Bethléem, est une institution non gouvernementale, indépendante de tout parti politique et de tout groupe confessionnel. Animé par des bénévoles dirigés par le Dr Abu-Srour, 38 ans – qui a fait ses études de médecine en France puis est retourné en Palestine pour être au service de son peuple –,  le centre propose des activités culturelles aux enfants de 10-15 ans. Son objectif est de créer un environnement sain pour aider les enfants à surmonter le stress engendré par les agressions israéliennes et à vivre une « vie normalement humaine ». Sa première activité a été l’initiation au théâtre (utile pour apaiser les tensions) des enfants du camp et des régions voisines. Le centre a produit deux pièces dont <em>Nous sommes les enfants du camp</em>, présentée avec succès en Europe, notamment en France. Autres activités soutenues par l’ONU et des partenaires étrangers : initiation au dessin animé, aux arts plastiques, à l’informatique, aux soins médicaux et bibliothèque (montée avec des Français). La nouvelle pièce en préparation, <em>Le loup n’est pas toujours le coupable</em>, adaptée d’une pièce américaine, vise à aiguiser l’esprit critique. Al-Rowwad tente de se doter d’un nouveau local, à usage de salle de spectacle et de conférence, mais aussi de réunion pour la population. Avec le Comité populaire, il participe à des projets de création d’emplois et de développement local. L’ONU contribue financièrement à l’entretien du camp, mais le fonctionnement du centre dépend de particuliers.<br />
Le camp d’Aïda se trouve au pied du mur (10 m de haut, bardé de barbelés) entourant Bethléem, qui confisque des terres palestiniennes et empêche les habitants de se rendre au travail ou de visiter les proches restés de l’autre côté (comme l’ex-mur de Berlin qui lui, au moins, n’empiétait pas sur le territoire ouest-allemand…). Pour détourner cette frontière de son usage initial et ouvrir une fenêtre sur le monde, Al-Rowwad a eu l’idée de s’en servir comme écran de cinéma. Ainsi est né le premier Festival palestinien de films en plein air, qui diffuse des œuvres faisant écho aux problèmes des Palestiniens : <em>L’Aurore</em> (Murnau) où la jeune paysanne pardonne à son époux tenté par une séduisante citadine, <em>Le Mécano de la Générale</em> (Buster Keaton « anti héros » d’une morale où le plus fort n’est pas celui qui gagne),<em> Freaks</em> (Tod Browning) où l’humanité est du côté des exclus de la société.<br />
Parce que le soutien à la culture et à l’identité palestiniennes est un facteur crucial dans le processus de paix, le Dr Ponsin a fondé à Paris la Société des Amis du Théâtre Al Rowwad. Cette association se veut le passeur du message du Centre Al Rowwad qui lutte pour que les enfants, dépassant leur statut de victimes, deviennent artistes… et acteurs de leur avenir. Elle veut inscrire dans la durée les relations entre artistes professionnels français et artistes en herbe palestiniens, et susciter des échanges entre enfants de France et enfants de Palestine. Accueillir la troupe d’Al-Rowwad en France (avec le concours du Parvis, pourquoi pas ?) serait un bon moyen de l’aider à réaliser ce vœu.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>LA RESISTANCE CITOYENNE</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>La campagne BDS</strong><strong><br />
</strong>Depuis quelques années, la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions) vise à faire cesser l’impunité dont Israël jouit depuis 60 ans, du fait de la démission des Etats et des politiques. Demandée par la société civile palestinienne, cette action citoyenne, non violente et conforme au droit international, s’inspire du boycott mondial mené contre l’Afrique du Sud de l’apartheid.<br />
Début 2010, le gouvernement palestinien a appelé ses citoyens à boycotter 500 produits fabriqués dans les colonies. Il leur a aussi interdit de travailler dans ces colonies, considérées comme à l’origine du blocage du processus de paix. Deux mesures bien accueillies par les Palestiniens et les pacifistes israéliens, même si la seconde est plus douloureuse du fait de la pénurie d’emploi en Palestine. Le mouvement fait tache d’huile dans le monde. L’Union européenne a exclu les produits fabriqués dans les colonies de son accord commercial avec Israël (en fait, on trouve encore de ces produits sous l’étiquette frauduleuse de « produits israéliens »). L’installation à Sète de la société d&#8217;exportation de produits agricoles Agrexco, instrument majeur de la colonisation israélienne, fait scandale. Au-delà des produits à éviter, les sanctions prennent d’autres formes : boycott culturel, universitaire, touristique, etc.<strong><br />
</strong>Le volet Désinvestissement de la campagne BDS est illustré par l’affaire du tramway de Jérusalem. Les entreprises françaises Veolia et Alstom participent à la construction d’un tramway reliant Jérusalem à des colonies juives de Cisjordanie, en traversant des terres palestiniennes. Cette ligne, jugée contraire au droit international par l’ONU et la CIJ, vise à empêcher que Jérusalem-Est soit la capitale du futur Etat palestinien. L’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) ont intenté un procès à Veolia et Alstom. Ces sociétés ont été condamnées dans tous les jugements sur la forme (la décision sur le fond est en attente) et, sous la pression des opinions publiques, elles ont perdu de gros contrats à l’étranger. Interpelé par des actionnaires en colère, Veolia s’est retiré du chantier. La diplomatie ayant échoué, il semble que la campagne BDS soit le seul moyen de pression efficace.<br />
Les flotilles humanitaires constituent une autre façon, spectaculaire, d’aider la population opprimée. Depuis 2008, des militants internationaux tentent de briser le blocus de Gaza en affrétant des bateaux chargés d’aide humanitaire. Certains ont réussi (deux navires du Free Gaza Movement en 2008), d’autres non (abordage sanglant du <em>Mavi Marmara</em> en mai 2010). Ces tentatives vont probablement se multiplier. Déjà des juifs d&#8217;Allemagne préparent un bateau, une initiative d’une grande dimension symbolique…</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Sabeel et la résistance chrétienne</strong><strong><br />
</strong>Les chrétiens de Palestine ont toujours été à la pointe de la résistance contre l’occupation. Les chrétiens gênent beaucoup Israël, qui aimerait les voir s’exiler, pour au moins deux raisons : leur départ affaiblirait l’économie et la société palestiniennes ; surtout, il permettrait à Israël « d’islamiser » le conflit, ce qui lui donnerait une plus grande marge de manœuvre face à un Occident moins regardant&#8230; Michel Sabbah, ex-patriarche latin de Jérusalem, respecté tant par les chrétiens que par les musulmans, a toujours soutenu la résistance non-violente <em>« dont le commandement relève de la logique de l’amour chrétien ».</em> S’inspirant de la théologie de la libération, des chrétiens de Palestine ont créé en 2004 le mouvement œcuménique Sabeel (« chemin »), qui pose les principes d’une paix juste et prône la résistance pacifique. Une antenne française a été ouverte à Avignon. Autant de raisons pour renforcer nos liens avec nos frères d’Orient.</p>
<p style="text-align: justify">Le soutien actif à la résistance non-violente palestinienne est une priorité pour les chrétiens de progrès, d’autant qu’elle constitue sans doute la dernière chance de trouver une solution juste et pacifique au conflit. A ceux qui hésitent à s’exprimer – et encore plus à agir – sur ce sujet, de peur d’être accusés d’antisémitisme (l’arme fatale du lobby pro-israélien), je conseille de contacter les courageux militants juifs de La Paix Maintenant ou de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) : leurs réponses déculpabilisantes les réconforteront.</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/61.jpg"><img class="size-medium wp-image-2947  aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/61-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: right"><strong>Laurent BAUDOIN, membre de David &amp; Jonathan</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>QUELQUES VERITES A RAPPELER</em></strong><strong><em><br />
</em> </strong><em>- L’occupation de la Palestine par Israël est condamnée par la résolution 242 de l’ONU et par la Cour Internationale de Justice (CIJ).<br />
- La colonisation, qu’elle soit légale ou illégale (une distinction inventée par Israël), est condamnée par les résolutions 242 et 338.<br />
- La construction du mur est condamnée par la CIJ (9 juillet 2004).<br />
- La présence armée en territoire étranger est une situation illicite selon l’ONU, punissable d’une intervention armée internationale (cf. le Koweit en 1991), ainsi qu’une violation de la 4</em><sup><em>e</em></sup><em> convention de Genève (1949) relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, laquelle interdit également la répression armée (comme à Bil’in) et toutes les formes de punitions collectives, considérées par l’ONU comme crimes de guerre.</em></p>
<p><em><strong>SOURCE DES ILLUSTRATIONS : Faculté des Beaux-Arts, Université Al-Aqsa, Gaza</strong></em></p>
<p><em> </em><em><strong>Ils dessinent la vie, ils dessinent la paix</strong></em></p>
<p style="text-align: justify"><em>L’équipe du Centre d’information francophone du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza s’est déplacée jeudi 22 avril 2010. Elle est allée rue Saraya, au centre de Gaza, où des étudiants ont exécuté plusieurs fresques.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>A l’initiative de la faculté des Beaux-Arts de l’Université Al-Aqsa, ces jeunes étudiants ont exprimé avec leurs pinceaux, sur le mur de la rue, leur attachement à la vie, à l’espoir et à la paix.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Ces fresques rassemblent plusieurs idées : le rêve palestinien du retour et celui de vivre en paix dans leur pays, la Palestine ; la tristesse dans les regards de ces Palestiniens à cause des conditions très difficiles de la vie à Gaza ; leur volonté de défendre cette terre ; leurs sacrifices pour y parvenir, malgré les mesures criminelles des occupants ; les cris de souffrance de ce peuple qui continue de résister et de lutter, en dépit du contexte si particulier de la Bande de Gaza.</em></p>
<p><em>Les jeunes artistes veulent faire passer un message au monde entier : </em><em>« Les Palestiniens sont très forts et ne perdent jamais espoir ».</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>SITES UTILES</strong></p>
<p>Al-Rowwad : <a href="http://www.amis-alrowwad.org">www.amis-alrowwad.org</a><br />
La Paix Maintenant : <a href="http://www.lapaixmaintenant.org">www.lapaixmaintenant.org</a><br />
Union Juive Française pour la Paix : <a href="http://www.ujfp.org">www.ujfp.org</a><br />
Plateforme des ONG pour la Palestine : www.plateforme-palestine.org<br />
Association France-Palestine Solidarité (AFPS) : <a href="http://www.france-palestine.org">www.france-palestine.org</a><br />
Sabeel : <a href="http://www.amisdesabeel-france.blogspot.com">www.amisdesabeel-france.blogspot.com</a><br />
Tribunal Russel sur la Palestine : www.russelltribunalonpalestine.org</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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		<title>Brésil : déclaration finale du 3è Congrès national de la Commission Pastorale de la Terre</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Jul 2010 08:49:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Textes libérateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[« Dans la clameur des peuples de la terre, 
la mémoire et la résistance pour la défense de la vie »


La Commission pastorale de la terre a tenu son troisième Congrès national du 17 au 21 mai dans le Minas Gerais. Nous publions ci-dessous la déclaration finale du Congrès qui constitue une prise de position ferme et convaincue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><strong>« Dans la clameur des peuples de la terre, </strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>la mémoire et la résistance pour la défense de la vie »</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="font-weight: normal"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/cartaz-congresso-170_bordab.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2928" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/cartaz-congresso-170_bordab.jpg" alt="" width="170" height="250" /></a><br />
</span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>La Commission pastorale de la terre a tenu son troisième Congrès national du 17 au 21 mai dans le Minas Gerais. Nous publions ci-dessous la déclaration finale du Congrès qui constitue une prise de position ferme et convaincue sur la situation agraire brésilienne et les luttes à poursuivre. Texte publié sur le site de la </em><a href="http://cptnacional.org.br/index.php/iii-congresso-da-cpt/252-carta-final-do-iii-congresso-nacional-da-cpt"><em>Commission pastorale de la terre</em></a><em> le 21 mai 2010.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify">Montes Claros, 21 mai 2010.</p>
<p style="text-align: justify">En ce temps où l’humanité tout entière prend conscience du cri de la Terre mère, notre maison commune, la Commission pastorale de la terre – CPT – a réuni son troisième Congrès national, à Montes Claros (État du Minas Gerais), du 17 au 21 mai 2010, sur le thème <strong>« Biomasse, territoires</strong> <strong>et diversité rurale »</strong>. Les travailleurs, hommes et femmes, formaient la majorité de ce Congrès (376). Les différentes catégories – Indiens, habitants des <em>quilombos</em> [<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507#nb1">1</a>], riverains des fleuves, exploitants agricoles, occupants des terres avec ou sans titres – illustraient bien la diversité rurale du Brésil et sa résistance vis-à-vis du processus de destruction en cours. Au total 760 personnes – 440 hommes et 320 femmes – firent écho dans la région semi-aride du Minas aux clameurs du peuple de la terre. Les agents de la CPT – au nombre de 272, en comptant parmi eux quatre évêques et 51 prêtres, religieux et religieuses, et séminaristes – et 112 invités et partenaires de mouvements populaires et pastoraux, ont pu sentir la force de la vie qui anime les communautés rurales, pleines d’espérance, au milieu des difficultés et des frustrations.</p>
<p style="text-align: justify">L’archidiocèse de Montes Claros, qui fête cette année son centenaire, et le collège Sao José, des Frères maristes, nous ont accueillis à bras ouverts. La chaleur humaine de Montes Claros contraste avec la froide monotonie de la monoculture prédatrice, des interminables plantations d’eucalyptus et des herbages qui ont remplacé la riche diversité du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cerrado"><em>Cerrado</em></a> [<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507#nb2">2</a>] qui entourait la ville.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Nous allons nous battre parce que c’est notre sol » (le chef Odair Borari, de Santarém – État du Para)</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Nous avons eu la joie d’entendre et de partager de nombreux témoignages de résistance et de lutte venant de paysans et paysannes de tout le Brésil. En vue de la défense de leurs territoires et de leurs cultures, ils ont montré qu’il est possible et indispensable de vivre avec les diverses biomasses sans les détruire. Il est possible d’entretenir une relation de respect et de fraternité avec la terre-mère et avec tous les êtres vivants.</p>
<p style="text-align: justify">Ces expériences nous montrent, également, la créativité avec laquelle les paysans et les paysannes savent répondre aux défis engendrés par la crise écologique et par un modèle de développement qui détruit la biomasse de notre pays, de façon de plus en plus violente et accélérée, en concentrant les terres et les richesses sur un petit nombre de gens, et en tuant de nombreuses formes de vie.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Ils tuent même la volonté » (Sabrina, 19 ans, de Montes Claros – État du Minas Gerais)</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Ces expériences pleines de vie et d’espérance, renforcent la clameur face au pouvoir terrifiant des grands projets qui, au nom d’une croissance trompeuse, assassinent les responsables et expulsent les populations locales de leurs territoires. Ils dégradent le milieu ambiant avec leurs centrales hydroélectriques, leurs mines et leurs voies ferrées, la captation des eaux, l’irrigation intensive, la monoculture, la déforestation. Ce sont des projets imposés avec arrogance, du haut vers le bas, qui méprisent la législation agraire et environnementale. Avec hypocrisie, ils se parent de légalisme en prétendant être sous le contrôle et les injonctions des instances publiques.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Les lois, nous devons les respecter, mais les lois doivent nous respecter » (Joaninha, 58 ans, Minas Gerais)</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Nous avons entendu la vive critique à l’égard d’un État qui d’une main apporte son aide immédiate pour atténuer la faim et la misère, ou même pour libérer les esclaves modernes, et qui, de l’autre main, stimule, promeut et finance un modèle de croissance pervers qui porte atteinte à la société et à la vie elle-même.</p>
<p style="text-align: justify">Dans de très nombreux cas, le pouvoir judiciaire devient le bras juridique qui exécute et légalise la spoliation, en chassant chaque année des milliers de familles et en garantissant l’impunité d’assassins, de faussaires et d’entreprises qui ne respectent pas les lois.</p>
<p style="text-align: justify">Nous sommes indignés par la remise en liberté, en ces jours où se tient notre Congrès, de celui qui a ordonné le meurtre de Sœur Dorothy.</p>
<p style="text-align: justify">De véhémentes protestations se sont élevées également contre un pouvoir législatif inopérant, soumis aux intérêts d’un parti rural qui veut changer le code des forêts pour favoriser l’expansion de la monoculture et enterrer le Projet d’amendement constitutionnel (PEC) qui propose la confiscation des terres où se pratique le travail esclave, ainsi que celui qui prévoit la reconnaissance de la zone du <em>Cerrado</em> et de la <em>Caatinga</em> [<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507#nb3">3</a>] comme patrimoine national.</p>
<p style="text-align: justify">De même, avec indignation, ont été dénoncées les tentatives de criminalisation des mouvements ruraux par le pouvoir judiciaire, par le Congrès et par les grands médias. L’agrobusiness qui, pendant ce temps, dégrade et pollue la nature, exproprie les communautés locales et soumet les travailleurs à l’esclavage, est présenté comme un levier du progrès.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Résister pour exister » (Zacarias, de la zone de pâturage d’Areia Grande, État de Bahia)</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Nous sommes dans l’admiration en entendant le témoignage courageux de l’action remarquable de nombreux compagnons, hommes et femmes, qui continuent à lutter pour le changement. Certains d’entre eux, menacés de mort, ne craignent pas de continuer à lutter pour la justice et pour la plénitude de la vie.</p>
<p style="text-align: justify">Nous avons beaucoup apprécié le grand nombre de jeunes présents et la qualité de leur participation. Ils et elles témoignent auprès de nous, clairement, que les nouvelles générations croient qu’il est possible de vaincre l’individualisme engendré par le marché et la consommation.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Il faut que vous nous aidiez » (Augusto Justiniano de Souza, syndicaliste, 55 ans, État de Goias)</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Nous avons été émus en entendant le cri de solitude, d’abandon et de désespoir des paysans, hommes et femmes de notre pays. Ils ont recherché l’appui des syndicats, des partis et des mouvements sociaux qui, naguère, les représentaient et les accompagnaient. Ils ont recherché aussi l’appui déterminé de la CNBB [<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507#nb4">4</a>] et sa parole prophétique face à la gravité de la situation en milieu rural.</p>
<p style="text-align: justify">Cette réalité et la clameur des paysans et paysannes et des populations locales sont un appel pour l’adhésion à la mission de la CPT, à la suite de Jésus de Nazareth, dans la fidélité envers le Dieu des pauvres et les déshérités de la terre.</p>
<p style="text-align: justify">En vertu de cette mission, la Commission pastorale de la terre assume :</p>
<p style="text-align: justify">1   La lutte pour la terre et les territoires, dans le combat contre le latifundium et l’agrobusiness. Nous luttons pour que la Réforme agraire prenne en compte la diversité de la biomasse et les différentes cultures des populations locales qui résistent et qui essaient de constituer des communautés viables. Comme signe concret, la CPT s’engage à réaliser le Plébiscite populaire pour la fixation d’une limite à la propriété foncière, consultation qui doit être effectuée en septembre, au moment du Cris des exclus, pendant la semaine de la Patrie.</p>
<p style="text-align: justify">2   L’affrontement avec le modèle prédateur du milieu ambiant et oppresseur pour la vie des personnes et des communautés. Modèle fondé sur les monocultures d’exportation, soutenu par de grands projets imposés tambour battant. Emblématiques de cette résistance sont les luttes contre la captation des eaux du Sao Francisco, contre les usines hydrauliques comme celle de Belo Monte et les autres prévues en Amazonie. Emblématique aussi, le combat infatigable de la CPT contre le travail esclave.</p>
<p style="text-align: justify">3   La formation à une spiritualité centrée sur l’engagement à la suite de Jésus qui puisse nous donner la force de ne pas servir deux maîtres et de témoigner des valeurs du Royaume.</p>
<p style="text-align: justify">4   La nécessité de contribuer à l’articulation et au renforcement des organisations populaires, rurales et urbaines, pour qu’elles soient des artisans de la construction du nouveau projet politique que nous voulons pour le Brésil, en union avec les autres pays d’Amérique latine et des Caraïbes, dans la quête d’une mondialisation juste et fraternelle.</p>
<p style="text-align: justify">En achevant ce troisième Congrès national, la Commission pastorale de la terre – CPT – renouvelle son engagement prophétique et pastoral envers les pauvres de la terre jusqu’à ce que « la royauté sur le monde revienne à notre Seigneur et à son Christ, afin qu’il règne pour toujours et que vienne le temps où seront détruits ceux qui détruisent la terre » (Ap 11,15-18).</p>
<p style="text-align: justify">Les participants du troisième Congrès national de la CPT.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify">[<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507#nh1">1</a>] Les <em>quilombos</em> sont les anciens refuges des esclaves fugitifs – NDT.</p>
<p style="text-align: justify">[<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507#nh2">2</a>] Savane d’arbustes disséminés – NDT.</p>
<p style="text-align: justify">[<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507#nh3">3</a>] Savane d’arbustes épineux – NDT.</p>
<p style="text-align: justify">[<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507#nh4">4</a>] Conférence nationale des évêques du Brésil – NDT.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Source </strong>: <a href="http://enligne.dial-infos.org/">Dial</a> – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3115.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://enligne.dial-infos.org/">http://enligne.dial-infos.org</a></p>
<p style="text-align: justify">Traduction de Lucile et Martial Lesay pour Dial.</p>
<p style="text-align: justify">Mis en ligne par Dial – 2 juillet 2010 : http://www.alterinfos.org/spip.php?article4507</p>
<p style="text-align: justify">Source originale (portugais) : site de la <a href="http://cptnacional.org.br/index.php/iii-congresso-da-cpt/252-carta-final-do-iii-congresso-nacional-da-cpt">Commission pastorale de la terre</a>, 21 mai 2010.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><br />
</strong></p>
<p><strong><em><br />
</em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Aperçu des activités des groupes en 2009</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 21:32:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[
Voici un aperçu des activités des groupes rattachés à N.S.A.E, activités depuis le début de l’année :
• C.E.L.E.M. (Chrétiens et libre en Morbihan) : rencontre autour de Hors-séries publiés par Parvis (Le CELEM est à l’initiative de « Foi d’aujourd’hui…valeurs de demain ? »)  et « Capitalisme et libéralisme » est sorti en début de 2009. Il a aussi participé aux manifestations en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_1754.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2920" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_1754.jpg" alt="" width="360" height="270" /></a></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline">Voici un aperçu des activités des groupes rattachés à N.S.A.E, activités depuis le début de l’année :</span></em></p>
<p style="text-align: justify">• <strong>C.E.L.E.M.</strong> (Chrétiens et libre en Morbihan) : rencontre autour de Hors-séries publiés par Parvis (Le CELEM est à l’initiative de « Foi d’aujourd’hui…valeurs de demain ? »)  et « Capitalisme et libéralisme » est sorti en début de 2009. Il a aussi participé aux manifestations en faveur des Palestiniens et aux Cercle de Silence ; adressé le manifeste de Parvis à l’évêque ; accordé une interview au Télégramme ; partagé l’évangile de Jean et échangé sur l’actualité religieuse.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>C.E.D.E.C.</strong> (Chrétiens pour une Eglise dégagée de l’école confessionnelle) : publication des actes sur le colloque « <em>La laïcité aux prises avec l’intégrisme</em> » du 11 octobre 2008. Réalisation avec l’O.C.L. du hors-série « <em>Laïcité 2008</em> ». Constitution d’un dossier avec <em>« Espérance 54</em> » sur la reconnaissance des diplômes et grades universitaires privés suite aux accords France-Vatican. Lettre au premier ministre et au ministre des Affaires étrangères, pétition, conférence de presse. Conférence-débat sur « Darwin » avec un professeur de biochimie.</p>
<p style="text-align: justify">•<strong> Liberté et Partage (N.S.A.E. 45 Loiret</strong>) : trois réunions en six mois (les objectifs de l’année de NSAE, les nouvelles des autres groupes) et une réflexion à partir de textes envoyés préalablement : les religions à l’épreuve de la mondialisation ; comment promouvoir la justice ; les rencontres dans l’Evangile (Luc). Rencontre avec « <em>Orléans aujourd’hui</em> » sur les « <em>Troubles de l’Eglise</em> » : Comment résister avec d’autres chrétiens dans ce diocèse ?</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. 34 (Montpellier)</strong> : Participation à l’élaboration du communiqué des réseaux de Parvis <em>« La coupe est pleine sur les parvis</em> » ; participation à une enquête de l’Express : « <em>Montpellier, le vrai pouvoir des cathos</em> ».  Débat : <em>« Que peut-on faire pour les gens qui ont quitté l’Eglise…sur les Parvis </em>». Réflexion interne sur le groupe et son fonctionnement, sur la parabole du grain et de l’ivraie. Alternance    des sujets des hors séries de Parvis et échanges bibliques (Marc). Soirée détente.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>Galilée (Prêtres mariés) Grenoble</strong> : Organisation avec « Evangile et Modernité » et NSAE  d’un débat au Tonneau de Diogène : « <em>En temps de crise, quelle spiritualité ?</em> » avec une sociologue, professeur à l’université de Grenoble. Envoi préalable d’un questionnaire de réflexion (40 personnes). Autre conférence-débat en préparation  sur : « <em>Résister </em>» avec Christian Terras, directeur de Golias.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>Association des lecteurs de Témoignage chrétien (Tours</strong>) : Rencontre le 15 juin sur le thème : « <em>Crise sociale et crise des valeurs : quelles prises de conscience en découlent pour 60% des Français qui n’ont pas voté aux élections européennes ? </em>»</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>Chrétiens sans frontière 61 :</strong> Assemblée générale, à Sées, le 8 mars. Conférence-débat avec Annie Berger, élue municipale à Caen, et Bruno Weber de l’Association Pour le maintien d’une agriculture paysanne : <em>« La crise ? Quelle crise ? L’économie</em> s<em>olidaire. Qu’est-ce que les AMAP ? Produire et consommer. L’emploi dans la grande distribution</em> ».  Information sur la criminalisation de l’action syndicale (Gilles Tresse –CFDT).</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. Cantal</strong> : Tirage des rois amical. Discussion sur le péché originel ; l’enfant prodigue. En février : les dérives vaticanes, lettres à deux évêques ; article dans la presse cantalienne. Mars : discussion sur « la séance de restitution » du synode du 29 mars. Avril : Suite et fin du <em>« Péché originel</em> » (création, rédemption). Mai : débat autour du texte de Joseph Moingt : « <em>Le mal, le péché, le salut</em> »</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. Paris &#8211; Ile-de-France</strong> : Discussion sur « <em>L’avenir du religieux</em> » autour du livre <em>« La</em> <em>Sainte ignorance »</em> d’Olivier Roy. Egalement en février réflexion sur la réussite des grèves, les crimes à Gaza. Mars, l’attitude du pape vis-à-vis des intégristes. Avril : les exclus et notre vote aux élections européennes. Mai : Palestine, chômage, reconnaissance des diplômes entre la France et le Vatican.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. 29 Finistère</strong> : Janvier : Dieu et l’argent à partir d’un article de Michel Beaudin (1995) repris par T. C. : le marché est sacralisé, une nouvelle idolâtrie ; à qui s’adresse Jésus ; est-ce une nouvelle provocation ? Février : La levée de l’excommunication de quatre évêques intégristes ; lettre à notre évêque. Mars : l’excommunication et l’exercice du pouvoir. Avril : Que veut dire défendre la vie ? A propos des lois bioéthiques. Juin : Que signifie Peuple de Dieu ? Organisation de deux conférences sur Vatican II avec Maurice Vidal, les 15 septembre à Quimper et 16 septembre à Brest.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>Partenia 2000,  Partenia 77, Partenia Etampes, N.S.A.E 75 et Chrétiens sans frontière 95 : </strong>organisation commune d’un débat « <em>Les exclus et notre vote aux</em> <em>élections européennes</em> », le 21 mars à Paris avec Michel Billout, sénateur de Seine et Marne et Jacques Gaillot (politique de migration, Sans-papiers, enfants en souffrance, Cercle de silence, Roms, paradis fiscaux).</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. Périgueux</strong> : Organisation et préparation d’une eucharistie à la cathédrale de Périgueux ; étude biblique des paraboles de Mathieu. Sortie détente. Rencontre citoyenne à l’initiative du C.U.A.L : <em>« Quelle Europe pour sortir de la crise</em> ? ». Participation au Cercle de silence. Débat et témoignages locaux sur les <em>« Bévues de</em> <em>Benoît XVI</em></p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. Dordogne</strong> : rencontres mensuelles à la Maison diocésaine sur les thèmes suivants : Foi en Dieu et Foi en l’Homme ; Peut-on changer l’Eglise ? La mise en pratique d’un dialogue avec les gens du seuil. Pour toi qui est Jésus ? Honorer la création. Les bévues de Benoît XVI. Célébration eucharistique ouverte. Travail annuel sur l’évangile de Mathieu. Rencontre citoyenne avec le C.U.A.L. et ATTAC <em>« Quelle Europe pour sortir de la crise ? »</em>. Pique-nique.</p>
<p style="text-align: right"><strong><em>Informations mises en forme par</em></strong><strong> Pierre Desbruyères</strong></p>
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		<title>Chrétiens aujourd’hui Orléans</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 21:04:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Collectifs et associations]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Association, qui vient d’adhérer à NSAE, accueille les différentes formes d’expressions et de célébrations, la diversité des théologies ouvertes sur le monde d’aujourd’hui et la diversité des positions sociales et politiques…
Elle  souhaite que, de plus en plus, les communautés chrétiennes acceptent cette diversité, la participation de chacun, l’expression à partir du vécu, des expériences et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">L’Association, qui vient d’adhérer à NSAE, accueille les différentes formes d’expressions et de célébrations, la diversité des théologies ouvertes sur le monde d’aujourd’hui et la diversité des positions sociales et politiques…</p>
<p style="text-align: justify">Elle  souhaite que, de plus en plus, les communautés chrétiennes acceptent cette diversité, la participation de chacun, l’expression à partir du vécu, des expériences et des convictions, dans l’écoute, le respect, le partage, la tolérance et la fraternité. Nous sommes convaincus que ces chemins  d&#8217;humanisation divers conduisent vers le divin.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Ainsi Chrétiens Aujourd’hui à Orléans est un courant (et non une Institution) qui s&#8217;exprime de différentes façons :</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">1-    <strong>par des témoignages</strong> d’engagements, de convictions, d’actions dans un dialogue partagé et la recherche de plus d&#8217;humanité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">2-   <strong>dans des groupes de réflexion</strong> :</p>
<p style="text-align: justify">- groupe « langage religieux et monde moderne » : une expression d’aujourd’hui de nos convictions, de nos croyances en référence à l’Esprit de l’Evangile et en lien avec les témoignages au cours des siècles.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>-</strong> des groupes ponctuels sur des thèmes d’actualité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">3-   <strong>dans des célébrations</strong> :</p>
<p style="text-align: justify">- des moments d’expression de nos convictions, de nos croyances à partir du vécu de chacun relié à l’Esprit de l’Evangile, temps de partage signe d’une Présence Toute-Autre.</p>
<p style="text-align: justify">- Des moments pour oser célébrer autrement les événements, fêtes familiales, anniversaires, baptêmes, mariages, obsèques&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">Ayons le souci de rassembler écrits et réflexions sur les différentes célébrations vécues.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">4-    <strong>par des actions</strong> qui expriment notre solidarité et la recherche d’une vie plus humaine en s&#8217;engageant avec d’autres associations :</p>
<p style="text-align: justify">-  auprès des immigrés, des sans-papiers, dans les cercles de silence.</p>
<p style="text-align: justify">- dans la recherche d’une école plus ouverte : les jeunes des collèges, des lycées ont besoin d’adultes avec qui ils peuvent parler librement (association « Vivre et l’Ecrire »).</p>
<p style="text-align: justify">- en fraternité avec l’Algérie (A.S.L.A. : Association-Solidarité-Loiret-Algérie).</p>
<p style="text-align: justify">- pour une société de non-violence (M.A.N. : Mouvement Alternatif Non-violent).</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">5-    <strong>dans des éditions</strong> pour la valorisation d’écrits, de témoignages par le livre. Pour ce secteur, il faut des lecteurs, des personnes qui réalisent la frappe et la mise en page, une personne qui soit en lien avec l’éditeur : les éditions du Cygne (collection « Recouvrance »).</p>
<p style="text-align: justify">-  vente des livres,</p>
<p style="text-align: justify">-  rangement des livres et  suivi du stock.</p>
<p style="text-align: justify">- chaque année, à Recouvrance : une journée de présentation     des livres.</p>
<p style="text-align: justify">- présence dans les salons du livre, dans les rencontres nationales comme les « Réseaux du Parvis ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">6-    <strong>dans un petit journal</strong> : « le Cri des Evénements », un journal trimestriel de réflexions, d’analyses, de réactions, d’événements…  d&#8217;interrogations à partir de la vie et des expériences de chacun.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">7-    <strong>dans un blog </strong>: <a href="http://chretiensorleans.over-blog.com/">http://chretiensorleans.over-blog.com</a></p>
<p style="text-align: justify">à alimenter, consulter, utiliser, &#8230;</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">8-    <strong>par la participation active aux « Réseaux du Parvis »<span style="text-decoration: underline"> </span></strong>où 50 associations se sont fédérées au niveau national.</p>
<p style="text-align: justify">Consultez le site : <a href="http://reseaux-parvis.fr/">http://reseaux-parvis.fr</a></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">9-    <strong><span style="text-decoration: underline">par la constitution d&#8217;une documentation</span></strong> : de nombreux livres, revues, articles… sont disponibles au Centre Recouvrance.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong><em>C</em></strong><em>hrétiens <strong>A</strong></em><em>ujourd’hui <strong>O</strong></em><em>rléans</em></p>
<p><em>12 rue N.D. de Recouvrance</em></p>
<p><em>45000   ORLEANS</em></p>
<p>tél 02 38 54 13 58</p>
<p>annie-maurice.elain@wanadoo.fr</p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Entretien avec Marcel Gauchet</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 19:19:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretien avec...]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Historien et philosophe, Marcel Gauchet, 63 ans, est directeur d&#8217;études à l&#8217;Ecole des hautes études en sciences sociales. Rédacteur en chef de la revue Le Débat, qui vient de fêter ses 30 ans, il est l&#8217;auteur de plus d&#8217;une vingtaine d&#8217;essais, centrés sur la démocratie, la religion, l&#8217;éducation et le pouvoir. Il s&#8217;exprime ici en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Historien et philosophe, Marcel Gauchet, 63 ans, est directeur d&#8217;études à l&#8217;Ecole des hautes études en sciences sociales. Rédacteur en chef de la revue Le Débat, qui vient de fêter ses 30 ans, il est l&#8217;auteur de plus d&#8217;une vingtaine d&#8217;essais, centrés sur la démocratie, la religion, l&#8217;éducation et le pouvoir. Il s&#8217;exprime ici en tant qu&#8217;&nbsp;&raquo;observateur de la vie politique française, et rien de plus&nbsp;&raquo;, et précise qu&#8217;il n&#8217;a pas pris part, jusqu&#8217;à présent, au débat pro ou anti-Sarkozy.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Gauchet.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2913" title="Gauchet" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Gauchet.jpg" alt="" width="200" height="271" /></a></p>
<p><strong>L&#8217;affaire Woerth-Bettencourt n&#8217;est-elle, selon vous, qu&#8217;une affaire parmi d&#8217;autres ?</strong></p>
<p>La dimension &laquo;&nbsp;affaire&nbsp;&raquo; me paraît secondaire par rapport à une remise en question, plus diffuse et plus large, du pouvoir sarkozien. Comme souvent en politique, il s&#8217;est produit une cristallisation conjoncturelle à partir d&#8217;un accident judiciaire qui, en principe, ne concernait en rien le pouvoir politique.</p>
<p>Par ricochets, on aboutit à une situation qui permet l&#8217;expression de reproches et de frustrations qui étaient dans l&#8217;air mais ne trouvaient pas de support pour se formuler de manière directe. La dimension &laquo;&nbsp;affaire&nbsp;&raquo; peut passer, mais l&#8217;effet d&#8217;image, lui, demeurera.</p>
<p><strong>Quelles sont la durée et l&#8217;amplitude de ces effets d&#8217;image ?</strong></p>
<p>Ce sont des phénomènes fugaces, dont on ne peut jamais dire à l&#8217;avance comment ils vont cheminer. Tout ce que l&#8217;on sait, c&#8217;est que ces effets se capitalisent. Ils peuvent totalement disparaître, puis arrive une conjoncture du même type, quelquefois des années plus tard, et l&#8217;enfoui réapparaît.</p>
<p>Il y a une sorte de dimension subliminale de la mémoire politique dans une société. L&#8217;apparence d&#8217;amnésie, due au rythme de l&#8217;actualité, où un thème chasse l&#8217;autre, est trompeuse.</p>
<p><strong>Etant donné le rythme que Nicolas Sarkozy a lui-même imposé à l&#8217;actualité, y a-t-il un risque qu&#8217;aucune leçon ne soit tirée de cette affaire ?</strong></p>
<p>Le problème ne se pose pas de cette façon. L&#8217;oubli fera sans doute vite son oeuvre, en effet. De ce point de vue-là, la stratégie sarkozienne est efficace. Mais là où il y a une faille dans le raisonnement, c&#8217;est que de manière souterraine, toutes ces choses s&#8217;additionnent, selon des lois qui ne sont pas celles de la logique, et peuvent resurgir de manière incontrôlable.</p>
<p>Tout prend en masse, de la nuit du Fouquet&#8217;s aux diverses affaires qui ont émaillé la vie du gouvernement ces derniers mois, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une seule et même chose. La manipulation des images est beaucoup plus dangereuse qu&#8217;elle n&#8217;en a l&#8217;air. Ce que nous voyons à l&#8217;oeuvre, c&#8217;est l&#8217;adaptation d&#8217;une maxime évangélique : &laquo;&nbsp;Qui se sert de l&#8217;image périra par l&#8217;image.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Cette affaire marque-t-elle une étape dans le mandat de Nicolas Sarkozy ?</strong></p>
<p>Elle me semble marquer l&#8217;arrivée de la facture de la crise. C&#8217;est ce qui explique son retentissement. La crise prend complètement à contre-pied le dispositif politique de Sarkozy, à savoir le projet d&#8217;une banalisation libérale de la France, pour sortir d&#8217;une exception jugée dommageable par les élites.</p>
<p>Cela se résumait dans l&#8217;idée chère à Sarkozy de décomplexer le rapport des Français à l&#8217;argent, sur le thème &laquo;&nbsp;laissez faire les gens bien placés pour gagner beaucoup d&#8217;argent, et vous en profiterez tous&nbsp;&raquo;. Son tour de force a été de présenter cela comme une forme de justice : si vous vous donnez du mal, vous gagnerez, seuls les paresseux perdront. Il avait trouvé un thème de campagne très efficace, en conciliant libéralisme et justice.</p>
<p>La crise a réduit à néant cette belle construction. Dans un premier temps, Sarkozy s&#8217;en est très bien tiré, en affichant son volontarisme. Mais les belles paroles n&#8217;ont pas eu de suite. Nous savons que la facture de la rigueur va être lourde et que nous allons tous devoir payer plus d&#8217;impôts. Cela repose le problème de la justice fiscale et sociale en de tout autres termes, et cela jette une autre lumière, rétrospectivement, sur les intentions initiales. L&#8217;affaire Woerth-Bettencourt restera peut-être sans aucune suite, mais elle révèle quelque chose de profond : elle fait surgir au grand jour la désillusion de l&#8217;opinion à l&#8217;égard de la promesse sarkozienne.</p>
<p><strong>Cette désillusion est-elle imputable à Nicolas Sarkozy, ou aux élites dans leur ensemble ?</strong></p>
<p>L&#8217;épisode réactive un contentieux larvé entre le peuple et les élites. Sarkozy avait donné l&#8217;impression d&#8217;être conscient du problème et de vouloir modifier les choses. Il ne l&#8217;a pas fait, et même, par certains côtés, il a aggravé le malaise, par son style de star égocentrique et autoritaire.</p>
<p>En France, les élites (un mot que je n&#8217;aime pas mais il n&#8217;y en a pas d&#8217;autres) ont une haute opinion d&#8217;elles-mêmes et ne se rendent pas compte du fossé qui les sépare de la population. Elles entretiennent à son égard un mépris bienveillant. Elles veulent son bien, mais elles estiment que leurs mérites éminents doivent être récompensés.</p>
<p>Quand M. Joyandet ou M. Estrosi prennent un avion privé à prix d&#8217;or pour rentrer à Paris plus vite, ils le font avec une parfaite bonne conscience, pensant que l&#8217;importance de leur personne et de leur fonction le justifie.</p>
<p><strong>Et quand certains profitent d&#8217;un permis de construire indus ?</strong></p>
<p>Là, nous sommes dans un autre registre. Leur idée implicite est qu&#8217;ils appartiennent à une catégorie à part, qui leur donne des droits particuliers. Vous trouvez cela à tous les niveaux, y compris dans la vie politique locale &#8211; la boîte noire de la vie publique française -, comme cela va finir par se savoir. Règne l&#8217;idée que le fait de se dévouer pour le bien public mérite reconnaissance, c&#8217;est-à-dire privilèges.</p>
<p><strong>De ce point de vue, voyez-vous une différence entre droite et gauche ?</strong></p>
<p>L&#8217;homogénéité des façons d&#8217;être et de penser l&#8217;emporte, j&#8217;en ai peur, sur les partages politiques, même si la droite et la gauche ne sont pas tout à fait pareilles. Il y a plus de connivence avec les puissances d&#8217;argent à droite et plus de système de distribution de postes à gauche. Sarkozy avait promis que ça changerait, cela faisait partie de la rupture, et rien ne s&#8217;est passé.</p>
<p><strong>Ces élites sont bien assises. Comment sortir de ce système ?</strong></p>
<p>Le changement ne peut venir que de l&#8217;intérieur, que d&#8217;une prise de conscience au sein des élites françaises. Malheureusement, je crois qu&#8217;il faudra de grosses secousses pour qu&#8217;elles y viennent. Il y a parmi elles des gens lucides, qui voient ce qui se passe, mais dès que les positions de pouvoir sont là, les mauvaises habitudes reprennent le dessus. L&#8217;inertie historique est très forte ; le système est verrouillé.</p>
<p><strong>Cela ne crée-t-il pas une situation révolutionnaire ?</strong></p>
<p>Pour qu&#8217;il y ait révolution, il faut qu&#8217;il y ait un programme révolutionnaire. On se met en route au nom d&#8217;une espérance, d&#8217;une vision de l&#8217;avenir, d&#8217;un sentiment que d&#8217;autres solutions sont à portée de main. Or, nous sommes dans des sociétés dont le climat moral est dépressif, parce qu&#8217;elles sont confrontées à des problèmes dont elles n&#8217;ont pas la solution. On le voit bien avec la crise économique et la difficulté à trouver des modes de fonctionnement alternatifs. Le climat de la société française n&#8217;est pas révolutionnaire, mais il est habité par une révolte sourde et un sentiment de distance radicale à l&#8217;égard du personnel dirigeant.</p>
<p><strong>Au-delà de cette affaire Woerth-Bettencourt, avez-vous le sentiment d&#8217;une remise en question des principes démocratiques ?</strong></p>
<p>Non, au contraire. Ce n&#8217;est pas la démocratie en tant que telle qui est remise en question, c&#8217;est la manière dont certains en profitent. Le culte de la chose publique est plus fortement intériorisé en France que partout ailleurs.</p>
<p>Les gens sont donc très choqués quand les individus au pouvoir se comportent en individus privés. La plus grande faille de Nicolas Sarkozy, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;a pas le sens de l&#8217;institution. Le côté privé du personnage prend toujours le dessus. Il n&#8217;arrive pas à être un homme d&#8217;Etat.</p>
<p><strong>Propos recueillis par Marie-Pierre Subtil<br />
Source : Le Monde, édition</strong> <strong>du 17.07.10</strong></p>
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		<title>La belle vie des décroissants, par Hubert Prolongeau</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 19:07:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est un peu en retard. A pied, forcément, c&#8217;est plus long. Depuis longtemps, Christophe n&#8217;a plus de voiture. Six enfants, les trois siens et les trois de ses colocataires, courent dans le jardin de sa maison qui, paradoxe amusant, jouxte un supermarché Lidl. Très vite, il met les choses au point : il n&#8217;aime [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est un peu en retard. A pied, forcément, c&#8217;est plus long. Depuis longtemps, Christophe n&#8217;a plus de voiture. Six enfants, les trois siens et les trois de ses colocataires, courent dans le jardin de sa maison qui, paradoxe amusant, jouxte un supermarché Lidl. Très vite, il met les choses au point : il n&#8217;aime pas le terme &laquo;&nbsp;décroissance&nbsp;&raquo; et lui préfère celui de &laquo;&nbsp;simplicité volontaire&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;A un moment, nous consommions.&nbsp;&raquo; Trop, sans doute : il tombe dans la spirale du surendettement. La décroissance, pardon la simplicité volontaire, est-elle une manière d&#8217;apprivoiser cette pauvreté ? &laquo;&nbsp;Nous avons pris conscience que rien de cela n&#8217;était nécessaire, et arrêté tous les crédits.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, il fait son compost, se chauffe avec un poêle à bois, récupère l&#8217;eau de la machine à laver pour arroser. &nbsp;&raquo; C&#8217;est une démarche d&#8217;autonomie par rapport à l&#8217;énergie : s&#8217;il n&#8217;y en a plus, nous voulons pouvoir nous débrouiller par nous-mêmes. &nbsp;&raquo; Le jardin, un rien désordonné, est un laboratoire.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/La-belle-vie-des-décroissants.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2909" title="La belle vie des décroissants" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/La-belle-vie-des-décroissants.jpg" alt="" width="512" height="256" /></a></p>
<p>Lui et sa femme fabriquent leur lessive avec de la cendre de bois, se brossent les dents avec de l&#8217;argile verte, réalisent des matériaux de construction avec de la sciure, de la chaux, du sable et 60 % de papier. &laquo;&nbsp;On peut en faire des meubles&nbsp;&raquo;, dit-il, regardant d&#8217;un air ravi ce mélange de système D et de philosophie. Des rouleaux de carton remplis d&#8217;un mélange d&#8217;huile et de sciure de bois servent de combustible. Autour du poêle, des briques de terre gardent la chaleur. Lui utilise un rasoir mécanique et porte un pull marron récupéré. &nbsp;&raquo; On s&#8217;habille avec des vêtements usagés et on se meuble avec du matériel trouvé dans les poubelles. &nbsp;&raquo; Il rit : &nbsp;&raquo; Celles de Marseille sont très riches. &laquo;&nbsp;</p>
<h3>LE TEMPS PLUTÔT QUE L&#8217;ARGENT</h3>
<p>La famille vit avec 1 400 euros par mois. Christophe est fonctionnaire, ce qui lui laisse un temps plus précieux à ses yeux que la fortune. Il refuse les banques auxquelles il veut &laquo;&nbsp;en laisser le minimum&nbsp;&raquo;, et remplit des enveloppes hebdomadaires avec du liquide. &laquo;&nbsp;J&#8217;aimerais qu&#8217;on puisse commercer de façon proche, que tout ce qu&#8217;on utilise vienne d&#8217;un rayon de 200 kilomètres. Je préfère acheter du riz de Camargue que du riz thaï.&nbsp;&raquo;</p>
<p>En vacances, une fois par an, la famille retrouve les membres d&#8217;une association d&#8217;instruction à la maison. &nbsp;&raquo; Je refuse de prendre l&#8217;avion. J&#8217;ai même du mal à comprendre qu&#8217;on ne l&#8217;interdise pas sur des petits trajets tant le coût écologique est grand. &nbsp;&raquo; Pour l&#8217;instant, il ne consent qu&#8217;à une concession : vivre en ville, quand beaucoup de décroissants la quittent pour la campagne. &nbsp;&raquo; Comme cela, nous pouvons avoir un plus gros impact sur notre entourage. &nbsp;&raquo; Il a créé une association, le Centre de développement des alternatives. Il a Internet, on leur a donné une télévision, qu&#8217;il garde &laquo;&nbsp;pour les enfants&nbsp;&raquo;. Il ne s&#8217;interdit pas de louer une voiture en &laquo;&nbsp;autopartage&nbsp;&raquo;, système de garage coopératif.</p>
<p>C&#8217;est sur l&#8217;éducation qu&#8217;il se montre le plus radical. Ses enfants, il les élève lui-même. &laquo;&nbsp;L&#8217;école ne respecte pas leur maturité. Elle dédaigne les rythmes biologiques de l&#8217;enfant. Et nous refusons la compétition, qu&#8217;on leur apprend tellement.&nbsp;&raquo; L&#8217;Education nationale admet ce mode de vie, à condition que les enfants aient acquis, à 16 ans un certain nombre de connaissances, soumises à inspection.</p>
<p>Ce refus de l&#8217;école s&#8217;est étendu à l&#8217;hôpital, au moins en ce qui concerne les naissances des deux derniers, qui ont eu lieu à la maison. &nbsp;&raquo; Le système médical impose des règles, des heures de tétée. Nous n&#8217;en voulions pas. Ce sont l&#8217;allaitement maternel, puis l&#8217;instruction à la maison qui nous ont fait entrer dans tout un monde alternatif, qui est aussi notre réseau social. La marginalité, on ne s&#8217;en rend pas compte.</p>
<h3>&laquo;&nbsp;KHMERS VERTS&nbsp;&raquo;</h3>
<p>Ce n&#8217;est pas d&#8217;aujourd&#8217;hui que les idées de la décroissance, mêlant préoccupations écologiques, retour à la nature, rejet de la consommation et vision apocalyptique d&#8217;un monde à la dérive, ont la faveur d&#8217;une marge du public. D&#8217;après un sondage Ifop Sud-Ouest de novembre 2009, 27 % des Français seraient prêts à restreindre de façon significative leur consommation. Dans les années 1970, elle rejoignait la mouvance des babas cool et des néo-ruraux, beaucoup caricaturés depuis.</p>
<p>Un journal, La Gueule ouverte, fondé en 1972 par Pierre Fournier, en parlait régulièrement, et un film (L&#8217;An 01), qui vit débuter en 1973 Jacques Doillon et fut coréalisé par Alain Resnais d&#8217;après une bande dessinée de Gébé, lui servit de plate-forme. Son slogan était clair : &laquo;&nbsp;On arrête tout.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Françoise n&#8217;a pas vu L&#8217;An 01. Elle n&#8217;a pas non plus tout arrêté. Grande, belle, elle a choisi elle aussi la &nbsp;&raquo; simplicité volontaire &nbsp;&raquo; : habits usagés et fonctionnels, aucun maquillage. Elle se lave au savon d&#8217;Alep, se nettoie le visage au beurre de karité, ne regrette pas la coquetterie. &laquo;&nbsp;La décroissance, c&#8217;est un cheminement. Très tôt, je me suis posé des questions sur le sens de l&#8217;organisation du travail, sur l&#8217;entrée après des études dans un tunnel qui m&#8217;amènerait jusqu&#8217;à la retraite. ça m&#8217;a fait peur.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Elle abandonne sa carrière pour un réseau d&#8217;insertion sociale puis des boulots alimentaires avant de trouver Eco-Sapiens, une Scop (société coopérative de production) montée avec deux autres passionnés qui publie un guide d&#8217;achat éthique en ligne classant les labels écologiques de &laquo;&nbsp;top&nbsp;&raquo; à &laquo;&nbsp;truand&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Je me suis dit : je ne chercherai plus de travail dans ma formation. Je lâche tout un système. &nbsp;&raquo; Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est son conjoint qui abandonne aussi un travail rémunérateur &laquo;&nbsp;pour trouver quelque chose de plus conforme à ses convictions&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;C&#8217;est à la fois une démarche écologique et un choix de vie. Nous voulons arrêter d&#8217;acheter uniquement parce que nous avons les moyens de le faire. C&#8217;est ridicule, et ensuite cela m&#8217;encombre. Consommer, faire les magasins me prend un temps que je veux consacrer à autre chose.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La voie n&#8217;est pas toujours évidente. &laquo;&nbsp;C&#8217;est difficile de créer un monde en marge. Il faut aussi composer avec la réalité.&nbsp;&raquo; Ainsi de l&#8217;école, qu&#8217;elle avait pensé faire arrêter à ses enfants pour tenter, comme Christophe, une autre éducation. &laquo;&nbsp;Nous avons cherché une voie alternative du type Freinet, mais prendre la voiture tous les matins c&#8217;était une concession trop importante. Nous avons donc choisi une école de proximité.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La vie est en fait un &laquo;&nbsp;arbitrage quotidien et au coup par coup&nbsp;&raquo;. Pas de voiture ? Si, une, mais qu&#8217;on n&#8217;utilise qu&#8217;en cas de nécessité. Pas d&#8217;avion ? Le moins possible, mais quand son mari doit aller voir sa famille au Liban, il le faut bien.</p>
<p>Ils consomment localement, et presque jamais des produits emballés, réduisent au minimum leurs déchets. Elle fabrique sa lessive elle-même, récupère l&#8217;eau des bains pour les toilettes, s&#8217;habille en faisant les dépôts-vente, refuse les jeux électroniques.</p>
<p>Ils gardent un téléphone portable pour toute la famille, maintiennent le chauffage à 19 °C, avec du gaz et des panneaux solaires, et mettent deux pulls quand il fait froid. Leur consommation de viande se limite au week-end. Ils partent en vacances dans des accueils paysans. &nbsp;&raquo; Mes enfants ne connaissent pas Mario Bros mais ils ont donné le biberon à des agneaux.&nbsp;&raquo; Aucun de leurs meubles n&#8217;est neuf, lorsqu&#8217;ils en achètent, c&#8217;est chez Emmaüs. Dans leur jardin, il y a un potager.</p>
<p>Les parents de Françoise les trouvent imprudents. La jeune femme essaie de ne pas s&#8217;emporter dans les réunions de famille : &laquo;&nbsp;Parfois, je me fâche quand je vois leurs gaspillages. Mais ça braque les gens plus que ça n&#8217;ouvre le dialogue.&nbsp;&raquo; Un jour, chez un membre de sa famille, elle a éteint tout ce qui était inutile. &laquo;&nbsp;Ca a été houleux. Mais j&#8217;essaie d&#8217;accepter leur mode de vie comme je leur demande d&#8217;accepter le mien. Quand j&#8217;entends parler de “Khmers verts”, de “talibios”, je me demande un peu ce que nous avons fait pour mériter des termes aussi violents. Quand je suis seule à vélo face à mille bagnoles, je ne les traite pas de nazis. La violence n&#8217;est pas de notre côté. &laquo;&nbsp;</p>
<h3>PREMIÈRE RÈGLE : LE BÉNÉFICE ZÉRO</h3>
<p>Pierrick a étendu ce mode de vie à son métier. La consommation, il a connu. Des études de commerce international l&#8217;ont amené à travailler dans des entreprises &laquo;&nbsp;qui ne me correspondaient pas. Il n&#8217;y avait aucune éthique de fonctionnement&nbsp;&raquo;. Il rencontre là un garçon qui se pose les mêmes questions. Ensemble, ils décident d&#8217;ouvrir, en 2003, un lieu de commerce équitable à Marseille. Ainsi naît Le Grain de sable, un restaurant végétarien. &laquo;&nbsp;C&#8217;était un choix de vie qu&#8217;il fallait affirmer.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Première règle : le bénéfice zéro, une gestion de bons pères de familles qui permet de payer les salaires, et c&#8217;est tout. &laquo;&nbsp;On arrive entre 9 heures et 10 heures, on finit à 15 heures, et on peut profiter de la vie. Nous avons réfléchi à la notion de taille critique. Nous pouvons avoir quatre employés. Après, nous sommes dépassés.&nbsp;&raquo; Il lisse de la main sa petite moustache à la d&#8217;Artagnan. Le copain des débuts est parti, remplacé par un Canadien, Daniel, accent chantant et chemise à carreaux. Lui aussi avait tenté de monter un café équitable, mais avait échoué. La serveuse, une artiste béninoise, est là trois heures par jour.</p>
<p>Autre règle : boycotter la grande distribution. Le lundi, ils vont acheter des légumes directement au producteur et, selon les arrivages, font le menu de la semaine. Puis ils complètent avec un marché paysan. &laquo;&nbsp;Nous sommes le caillou dans la chaussure de l&#8217;économie classique.&nbsp;&raquo; Ils valorisent le sens de la trouvaille. &laquo;&nbsp;On essaie de prouver aux gens qu&#8217;ils peuvent savourer un goût riche dans des mets sans viande.&nbsp;&raquo; Comme des blinis de courgettes au gingembre en blinis ou un curry thaï préparé avec du lait de coco bio-équitable.</p>
<p>S&#8217;il y a, au fond, une bibliothèque consultable qui ne laisse guère de doute sur les choix de la boutique (Naomi Klein y côtoie les suppléments du Monde diplomatique), ses patrons veulent que les gens se rendent compte où ils sont le plus tard possible. &nbsp;&raquo; Nous voulions un projet plus cohérent que militant. Suggérer, c&#8217;est aussi bien qu&#8217;expliquer. &nbsp;&raquo; Ils font bien sûr du compost et transportent l&#8217;après-midi leurs 30 litres quotidiens d&#8217;épluchures aux plantations de leur producteur de légumes.</p>
<h3>RÉVOLUTION CULTURELLE</h3>
<p>Leur vie s&#8217;essaie à être aussi cohérente que leur projet économique. Pas de voiture, sinon pour aller chercher les légumes, pas de télé ni de téléphone portable, tous les déplacements à vélo… Bien sûr, il y a de l&#8217;électricité. &laquo;&nbsp;Mais comment faire autrement ? Un projet ne vit que par ses paradoxes.&nbsp;&raquo; Eux aussi ont Internet. &laquo;&nbsp;Je ne suis pas contre la technologie ou le progrès scientifique, explique Daniel. Ce serait idiot. La technologie me fascine, c&#8217;est une forme d&#8217;art. Mais après, qu&#8217;est-ce qu&#8217;on en fait ? &nbsp;&raquo; Pierrick aimerait bien que leur démarche débouche sur quelque chose de plus politique, mais il n&#8217;attend pas grand-chose de la mairie de Marseille, même si de nombreux élus viennent manger au Grain de sable.</p>
<p>Quel impact ont aujourd&#8217;hui les idées pro-décroissance en France ? Même ceux qui en sont proches ont du mal à le dire précisément. Le monde décroissant, comme beaucoup de petits mondes, est divisé en tendances, et la violence des échanges y prend des allures d&#8217;excommunication. &laquo;&nbsp;Nous touchons à la fois les vieux soixante-huitards, Attac ou les amis du Monde diplomatique, ainsi que de très jeunes gens. Naviguer entre ces deux tendances est très difficile&nbsp;&raquo;, raconte Serge Latouche, économiste et fondateur de la revue Entropia.</p>
<p>Deux tendances se complètent et parfois s&#8217;opposent : ceux qui s&#8217;en tiennent à un changement personnel et individuel et qui, lorsqu&#8217;ils vont de l&#8217;individuel au collectif, ne dépassent jamais le niveau local ; et ceux qui prônent un mouvement plus radical et pensent, en gros, que tout cela est très joli mais qu&#8217;une vraie révolution est nécessaire. &laquo;&nbsp;Il faut une révolution culturelle, affirme Serge Latouche. Un changement de point de vue et de la façon de produire qui ne peut pas en rester à l&#8217;individuel.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Certaines initiatives locales sont allées dans ce sens : ainsi le combat de la mairie de Barjac pour faire adopter la nourriture biologique dans les cantines de l&#8217;école, les efforts pour devenir des &laquo;&nbsp;villes en transition&nbsp;&raquo; consentis par Grenoble ou Saint-Quentin-en-Yvelines. Yves Cochet, le député Vert le plus en pointe dans ce domaine (il met en avant les énergies de proximité, l&#8217;économie locale et s&#8217;est fait rabrouer en prônant le contrôle des naissances et en évaluant le coût écologique d&#8217;un nouveau bébé), pense que &laquo;&nbsp;le problème n&#8217;est pas de savoir si l&#8217;on est pour ou contre la décroissance, mais de savoir quelle décroissance nous allons mettre en œuvre. Elle est inéluctable. Tous les politiques ont un modèle périmé en tête. A droite comme à gauche, c&#8217;est l&#8217;aveuglement &laquo;&nbsp;.</p>
<p>La crise a de toute évidence amené ces idées à ne plus paraître comme le seul refuge baba cool d&#8217;un mode de vie sinistre. Le mouvement s&#8217;exprime par plusieurs journaux et revues. Un mensuel, La Décroissance, attirerait 20 000 lecteurs. C&#8217;est surtout un adversaire tenace, virulent et un rien répétitif des &laquo;&nbsp;écotartuffes&nbsp;&raquo;, les Cohn-Bendit, Hulot et autres chantres du &laquo;&nbsp;développement durable&nbsp;&raquo;, escroquerie notoire d&#8217;après ses rédacteurs.</p>
<p>Nous aurions bien aimé entendre son rédacteur en chef, Vincent Cheynet, fondateur des Casseurs de pub, mais il ne souhaite pas parler à ce &laquo;&nbsp;sac à pub&nbsp;&raquo; qu&#8217;est Le Monde Magazine. La revue S!lence, créée il y a vingt-huit ans, ou Entropia, beaucoup plus récente (elle a 2 ans), sont au centre d&#8217;une réflexion qui remplit de plus en plus les salles où la notion est débattue.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous avons voulu être le “think tank” de ce mouvement aux contours flous et qui a besoin de références solides&nbsp;&raquo;, explique Serge Latouche. Flous, c&#8217;est incontestable. Si elles séduisent surtout à gauche, les idées de la décroissance ont aussi un écho fort à l&#8217;extrême droite, où Alain de Benoist, théoricien de la &nbsp;&raquo; nouvelle droite &laquo;&nbsp;, a publié un Demain la décroissance (E-dite, 2007).</p>
<p>Plusieurs thèmes divisent les décroissants. L&#8217;intérêt de la crise, par exemple. &laquo;&nbsp;La crise peut être une opportunité, dit Serge Latouche, le choc qui mènera à une vraie prise de conscience.&nbsp;&raquo; Tous ne partagent pas sa vision. Vincent Cheynet, dont nous reproduisons le propos en espérant qu&#8217;il nous pardonnera cette souillure, craint qu&#8217;elle ne provoque &laquo;&nbsp;des crispations et des phénomènes de peur&nbsp;&raquo;.</p>
<h3>DÉCROÎTRE, MAIS JUSQU&#8217;OÙ ?</h3>
<p>Autre thème qui divise : décroître, mais jusqu&#8217;où ? Quid des pays pauvres ? Peut-on sans indécence demander à un paysan burkinabé de réduire sa consommation ? &laquo;&nbsp;Non, bien sûr, répond Serge Latouche. Il y a encore des tas de choses qui doivent croître, chez nous comme chez les paysans pauvres ; ce qui importe, c&#8217;est de rompre avec le totalitarisme de la croissance. Le terme de “décroissance” ne me plaît pas, c&#8217;est un slogan. Je préfère celui d&#8217;“acroissance”, construit comme athéisme, c&#8217;est-à-dire sortir de la religion de la croissance.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il faut modérer le terme, ajoute Yves Cochet. Il y a des choses qui doivent décroître et d&#8217;autres qui vont croître. Il faut un projet de société plus libre et qui barde l&#8217;idée de qualificatifs rassurants. La décroissance ne s&#8217;applique bien sûr qu&#8217;aux pays de l&#8217;OCDE. Mais il faut que tous, y compris les pays émergents, comprennent qu&#8217;ils n&#8217;atteindront jamais le niveau de vie occidental. C&#8217;est déjà trop tard.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Mais le comprendre comment ? La politique fait peur aux décroissants – à beaucoup d&#8217;entre eux, du moins. Un mouvement s&#8217;est créé en 2005, le Parti pour la décroissance (PPLD). Aujourd&#8217;hui, il n&#8217;existe plus guère, ses fondateurs s&#8217;étant mangé le nez entre eux. &laquo;&nbsp;Il y avait là quelques jeunes très ambitieux mais pas très organisés&nbsp;&raquo;, estime Yves Cochet.</p>
<p>Leurs idées ont été reprises par le MOC (Mouvement des objecteurs de croissance), créé en 2007, qui annonce 200 adhérents et une dizaine d&#8217;élus locaux. Ensemble, les deux ont créé l&#8217;Association des objecteurs de croissance. &laquo;&nbsp;Nos idées doivent fonder un débat, pas un parti, estime Serge Latouche. Le parti, c&#8217;est se rendre ridicule par les chiffres.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et les Verts ? &nbsp;&raquo; Ils ont failli à leur mission historique. &nbsp;&raquo; Opinion que ne partage pas le député Yves Cochet, qui ne se leurre pas pour autant sur le côté individuel de la pratique. &nbsp;&raquo; Il y a de petits mouvements dans certains cantons, dans la Drôme, l&#8217;Ardèche, l&#8217;Ariège. Mais il n&#8217;y a pas de mouvement national ou social. &nbsp;&raquo; Cochet souhaiterait une VIe République où la France deviendrait beaucoup plus fédérale. Pour l&#8217;instant, il est assez seul. Tout au plus quelques personnalités de gauche, comme Jean-Luc Mélenchon ou les tenants du Nouveau Parti anticapitaliste, regardent-ils avec plus d&#8217;attention ces militants d&#8217;un nouveau type.</p>
<p>La prochaine étape ? D&#8217;ici quelque temps, Françoise et son compagnon projettent d&#8217;aller vivre à Forcalquier, au-dessus de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). &laquo;&nbsp;C&#8217;est à la campagne, près d&#8217;une petite ville. ça va dans notre sens.&nbsp;&raquo; Elle pense continuer à travailler de chez elle avec son ordinateur, mais refuse la logique du ghetto. &laquo;&nbsp;Dans la vie, on n&#8217;est pas très nombreux à vivre comme cela. C&#8217;est important de garder le contact avec des gens différents.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pour Pierrick, c&#8217;est trouver un terrain et aller au fond des bois pour vivre en paix. &laquo;&nbsp;La vie en marge, ce n&#8217;est pas dur, c&#8217;est plutôt drôle. En plus, on se retrouve avec des gens qui nous ressemblent.&nbsp;&raquo; Prosélytes ? Même pas. &laquo;&nbsp;Ce qui nous pousse, c&#8217;est une volonté individuelle de vivre en cohérence avec nous-mêmes. Et c&#8217;est probablement la meilleure façon de faire changer les choses.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Auteur : Hubert Prolongeau<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 18.07.10.</strong></p>
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		<title>Israël doit se réapproprier son destin !, par David Grossman</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 18:54:30 +0000</pubDate>
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<p>Au lieu de tergiverser sur le nombre et l&#8217;identité des prisonniers du Hamas qui seront ou non libérés en échange de Gilad Shalit &#8211; ils finiront bien par l&#8217;être un jour ou l&#8217;autre -, Israël ferait mieux de se tourner vers le Hamas avec une proposition plus ambitieuse : un protocole d&#8217;accord qui imposerait un cessez-le-feu total, mettrait un terme aux activités terroristes de Gaza et lèverait le siège. Le sort de Gilad Shalit et des prisonniers du Hamas ne serait ici qu&#8217;une clause parmi d&#8217;autres, destinée à être appliquée dès l&#8217;ouverture des négociations.</p>
<p>Dans le contexte que nous ne connaissons hélas !, que trop, une telle idée peut sembler irréaliste. Mais l&#8217;est-elle vraiment autant ? Encadrés par des médiateurs internationaux, Israël et le Hamas ne pourraient-ils atteindre ce genre de compromis, partiel mais néanmoins effectif ? Ne pourrait-on arguer que les négociations en cours avec le Hamas &laquo;&nbsp;légitiment&nbsp;&raquo; déjà une organisation terroriste ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/david_grossman.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2903" title="david_grossman" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/david_grossman.jpg" alt="" width="300" height="347" /></a></p>
<p>Israël ne parviendra pas à obtenir une paix durable avec le Hamas dans un avenir proche, ni même peut-être lointain. Mais pourquoi ne pas essayer d&#8217;accomplir au moins ce qui est possible à l&#8217;heure actuelle ? Qui nous dit que le Hamas n&#8217;est pas assez mûr et même souhaite un geste pour sortir de la camisole qu&#8217;il a nouée autour de lui &#8211; et de son attitude butée de refus ?</p>
<p>Il est désolant de voir Israël s&#8217;enliser dans les mêmes schémas : le refus de reconnaître l&#8217;Organisation de libération de la Palestine (OLP) comme un interlocuteur, l&#8217;évacuation des colonies du Goush Katif, en 2005, le retrait précipité du Liban, et en 2010, enfin, l&#8217;affaire de la flottille qui l&#8217;a obligé à desserrer le blocus de Gaza. Pendant des années, Israël a campé sur ses positions et a joué des muscles, bien décidé à ne rien céder, jusqu&#8217;à ce que la situation s&#8217;inverse du jour au lendemain. Quand le sol, ou plutôt la mer, se dérobe sous ses pieds, Israël se trouve acculé à des concessions bien plus importantes que celles qu&#8217;auraient amenées des négociations.</p>
<p>Jusque dans la triste affaire de Gilad Shalit, il semblerait que l&#8217;histoire se répète. Mais cette fois-ci, alors que l&#8217;une et l&#8217;autre parties piétinent et qu&#8217;aucune solution ne se profile, peut-être aurons-nous le courage de lever nos oeillères, de nous dégager de notre carcan et de prendre enfin l&#8217;initiative (mot trop longtemps oublié !).</p>
<p>Le Hamas est un gouvernement de fanatiques, coutumier de pratiques odieuses et inhumaines, même envers les Palestiniens. Mais cela justifie-t-il la paralysie israélienne ? En fait, celle-ci relève d&#8217;un mécanisme dans lequel Israël est contraint de céder du terrain sans rien recevoir en retour, comme l&#8217;ont montré le désengagement du Goush Katif et l&#8217;affaire de la flottille. Dans cette situation calcifiée, personne ne bouge, personne ne se décide à enclencher un processus qui pourrait obliger le Hamas à changer ses méthodes. A terme, cela revient à nier notre liberté d&#8217;action.</p>
<p>Les arguments martelés au public israélien pour le convaincre que les négociations avec le Hamas risquent de saper la position des leaders palestiniens modérés en Cisjordanie doivent être réévalués. Il se peut au contraire que des négociations avec le Hamas amènent les représentants de l&#8217;Autorité palestinienne à accélérer le processus de paix&#8230; Une dynamique de réconciliation viendra-t-elle apaiser les tensions entre les deux partis palestiniens antagonistes, seule condition pour qu&#8217;un accord de paix puisse s&#8217;inscrire dans la durée, même avec Mahmoud Abbas ?</p>
<p>Il n&#8217;est pas irréaliste de supposer que le meilleur moyen de brider la puissance et l&#8217;influence du Hamas à Gaza et de les ramener progressivement dans des limites raisonnables consiste à promouvoir la paix, la prospérité et la construction de l&#8217;Etat pour les Palestiniens de Cisjordanie. Si certains partisans du Hamas à Gaza finissent eux aussi par avoir confiance en l&#8217;avenir, le fondamentalisme et le fanatisme religieux et nationaliste s&#8217;épuiseront. Même à supposer le retour à Gaza de tous les prisonniers du Hamas, ceux-ci ne reprendraient pas forcément leurs activités terroristes.</p>
<p>Ce sont là des réflexions avec lesquelles on peut être d&#8217;accord ou non, ou que l&#8217;on peut ignorer. Mais, au-delà de ces suggestions elles-mêmes, je voudrais insister sur le phénomène qui les suscite : le sentiment que, depuis plusieurs années, Israël se laisse gagner par une sorte de torpeur qui tend à l&#8217;apathie, au désarroi et même à une perte de l&#8217;instinct de survie. Voilà le véritable danger qui menace Israël, et qui est bien plus destructeur que le Hamas.</p>
<p>Il y a longtemps que le premier ministre aurait dû rassembler les pièces du conflit pour essayer de redonner forme à tous ces débris épars, aussi désespérants soient-ils. Pourquoi Israël, le pays le plus puissant de la région, ne cherche-t-il pas à se réapproprier son destin et à prendre des initiatives, au lieu d&#8217;abandonner son avenir aux mains des autres ? Pourquoi polémiquer à n&#8217;en plus finir sur des détails ?</p>
<p>En fin de compte, la tendance des dirigeants israéliens à trouver des raisons et des excuses à leur inertie, leur incapacité à distinguer les problèmes et dangers réels des problèmes et dangers imaginaires, conduisent Israël à opposer un &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo; retentissant à la réalité et aux opportunités qui peuvent parfois se présenter. Or ce refus est au-dessus de nos moyens. Ne serait-ce qu&#8217;en termes de survie. Qu&#8217;attendons-nous pour nous secouer et lever le siège que nous nous sommes imposé à nous-mêmes depuis si longtemps ?</p>
<p><strong>Auteur : David Grossman, écrivain<br />
Traduit de l&#8217;anglais par Myriam Dennehy<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 17.07.10</strong></p>
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		<title>Aide au développement : la tension monte entre les ONG et le gouvernement, par Ivan du Roy</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jul 2010 20:28:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[Le gouvernement Sarkozy veut-il écarter les organisations non gouvernementales et associations de solidarité internationale de l’aide au développement ? Rendez-vous annulé à l’Élysée, réunion avec l’Agence française de développement qui tourne au vinaigre… Autant de signes qui inquiètent le monde des ONG.

Le 22 juin, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner invite une vingtaine de représentants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Le gouvernement Sarkozy veut-il écarter les organisations non gouvernementales et associations de solidarité internationale de l’aide au développement ? Rendez-vous annulé à l’Élysée, réunion avec l’Agence française de développement qui tourne au vinaigre… Autant de signes qui inquiètent le monde des ONG.</strong></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/arton1120-cd558.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2899" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/arton1120-cd558.jpg" alt="" width="308" height="204" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Le 22 juin, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner invite une vingtaine de représentants de la « société civile » à un « Conseil stratégique ». Des dirigeants de fondations, des chefs d’entreprises, quelques représentants d’ONG (Crid [<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nb1">1</a>], Croix rouge française, Fiacat [<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nb2">2</a>], Handicap International…), un syndicaliste (de la CFDT) se rendent donc au Quai d’Orsay discuter diplomatie et aide au développement. Problème : Bernard Kouchner ne participera pas aux sommets du G8 et du G20 qui se tiennent au Canada quelques jours plus tard.</p>
<p style="text-align: justify">Pour discuter de ces sommets, sur fond de crise, le rendez-vous clé est programmé deux jours plus tard, le 24 juin. Les ONG seront reçues par Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Cette rencontre entre société civile et président de la République, à la veille de chaque G8, est pratiquée depuis huit ans. Devenue traditionnelle, cette habitude a été prise sous la présidence Chirac en 2002 pour marquer la volonté de la France d’arriver à ces sommets après avoir entendu la parole de ses ONG. Une seule fois ce rendez-vous a été manqué, lors de la libération d’Ingrid Betancourt en juillet 2008.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>23 joueurs valent bien 3 milliards de pauvres</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Mais ce 24 juin, coup de tonnerre, ou plutôt de vuvuzela ! Nicolas Sarkozy annule sa rencontre avec les ONG pour caser le rendez-vous demandé par Thierry Henry, de retour de la débâcle sud-africaine. Question de priorité… « <em>Pour le Président de la République, recevoir un footballeur est plus important que la situation des trois milliards de pauvres des pays en développement. C’est un très mauvais signal pour la politique de coopération de la France</em> », déplore, le 25 juin, Jean-Louis Vielajus, président de Coordination Sud (qui regroupe 130 ONG) sur LCI. D’autant qu’en septembre, Nicolas Sarkozy est censé participer au sommet contre la pauvreté à New York, et qu’en novembre, la France doit prendre la présidence du G20. Les déconvenues des ONG ne s’arrêtent pas là.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le nouveau directeur de l’Agence française de développement (AFD), Dov Zerah, invite ceux qui se sont fait poser un lapin par l’Élysée à le rencontrer, le 29 juin. Dov Zerah est un proche du Président de la République. Il vient d’être nommé le 2 juin à la tête de l’institution financière qui gère et distribue une grande partie de l’aide publique au développement (APD) destinée aux pays du Sud. Il connaît le secteur : il a dirigé le cabinet du ministre de la coopération Michel Roussin [<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nb3">3</a>] en 1993 puis a présidé début 2000 le groupe textile Dagris (aujourd’hui Geocoton), très implanté en Afrique sub-saharienne. Il gère l’AFD sous la tutelle de trois ministères : le Quai d’Orsay, Bercy et le ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Claquage de portes</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Mais la réunion tourne au vinaigre. Le ton du nouveau directeur est jugé agressif. Celui-ci semble peu disposé au dialogue. Il fait comprendre aux ONG que leur place en tant que partenaires privilégiés est loin d’être assurée face, notamment, aux entreprises qui – dit-il &#8211; doivent prendre toute leur place dans l’aide au développement (seraient-elles soudainement devenues philanthropes ?)&#8230; Il demeure flou sur la part de l’enveloppe budgétaire qui sera attribuée aux associations pour mener à bien leurs projets. Selon Coordination Sud, 1,5% de l’aide publique française au développement transite par les ONG, soit 45 millions d’euros en 2010. C’est dix à vingt fois moins que d’autres pays européens, notamment le Royaume-Uni ou la Suède. Et très en dessous de la moyenne des États de l’OCDE : 5% de l’aide au développement passe par les associations. Enfin, si les ONG présentes ne sont pas contentes, Dov Zerah menace explicitement d’en trouver d’autres, plus dociles. Après plus d’une heure de ce style, les représentants des 130 ONG décident de plier bagages.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">L’attitude de Dov Zerah est en totale contradiction avec la promesse faite par Jacques Chirac, reprise à son compte par Nicolas Sarkozy, de doubler la part de l’APD transitant par les ONG françaises. Cet engagement, formulé en 2005, n’a toujours pas été tenu. Le directeur de l’AFD se retrouve également à contre-courant des indications formulées par le Parlement, lors de la remise du rapport sénatorial sur le financement de l’aide au développement, en novembre 2009. « <em>Vos rapporteurs souhaitent que les engagements pris à l’égard des ONG soient tenus, car il importe pour l’efficacité même de notre politique de renforcer les opérateurs associatifs français qui mènent sur le terrain des actions souvent remarquables</em> », écrivent alors les sénateurs Christian Cambon (UMP, Val-de-Marne) et André Vantomme (PS, Oise). Le directeur de l’institution financière, désormais présentée comme « <em>un groupe au service du développement</em> » disposant d’ « <em>une gamme de produits diversifiés pour répondre aux besoin de nouveaux clients</em> », ne semble pas partager ce point de vue. A-t-il l’aval de l’Elysée ?</p>
<p>Ivan du Roy</p>
<p>16 juillet 2010</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nh1">1</a>] Centre de recherche et d’information sur le développement, qui regroupe une cinquantaine d’ONG, dont le Secours Catholique et le CCFD.</p>
<p>[<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nh2">2</a>] Fédération internationale des chrétiens pour l’abolition de la torture.</p>
<p>[<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nh3">3</a>] Michel Roussin a ensuite été vice-président du groupe Bolloré, très implanté en Afrique de l’Ouest, de 2000 à 2010.</p>
<p><strong>Source</strong> : http://www.bastamag.net/spip.php?article1120</p>
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		<title>« Résister contre toutes les formes de barbarie » par Edgar Morin</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jul 2010 20:16:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretien avec...]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Entretien avec Edgar Morin, intellectuel et résistant
 


« Israël-Palestine : le cancer ». Beaucoup de lecteurs se souviennent de cet article d&#8217;Edgar Morin, de S. Nair et D. Sallenave, publié dans le Monde du 4 juin 2002, qui avait valu à son auteur plusieurs procès et sa mise à l&#8217;index par nombre d&#8217;associations communautaires juives en Europe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entretien avec Edgar Morin, intellectuel et résistant</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/160710_p_Edgar_Morin.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2891" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/160710_p_Edgar_Morin.jpg" alt="" width="290" height="252" /></a></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><em>« Israël-Palestine : le cancer ». Beaucoup de lecteurs se souviennent de cet article d&#8217;Edgar Morin, de S. Nair et D. Sallenave, publié dans le Monde du 4 juin 2002, qui avait valu à son auteur plusieurs procès et sa mise à l&#8217;index par nombre d&#8217;associations communautaires juives en Europe et aux Etats-Unis. Le texte publié in extenso sur Internet éclaire le «chemin de vie» de cet homme qui a produit une œuvre majeure, de ce résistant qui a connu la montée du nazisme, les procès du stalinisme, la guerre d&#8217;Algérie et beaucoup d&#8217;autres barbaries qui ont marqué le siècle sans jamais se départir de sa conscience, éclairé par cette fraternité qu&#8217;il évoque dans cet entretien. Edgar Morin a fêté récemment son anniversaire à Rabat, quelques jours après la Réunion africaine des Nations unies sur la question de la Palestine, tenue dans la capitale et qui a fait un focus sur la politique de modification du statut et de la composition démographique d&#8217;Al Qods-Est. </em></p>
<p style="text-align: justify"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Démolition de maisons des palestiniens, construction de colonies, travaux d&#8217;excavation sur l&#8217;esplanade du Haram Al Charif, c&#8217;est toute cette maison commune des religions du livre qui est implosée. Dans cet entretien, Edgard Morin nous explique, comme il l&#8217;a fait dans le texte publié dans le Monde, comment nous en sommes arrivés là, «à cet incroyable paradoxe. Les juifs d&#8217;Israël, descendants des victimes d&#8217;un apartheid nommé ghetto, ghettoisent les Palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens. Les juifs qui furent victimes d&#8217;un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les juifs victimes de l&#8217;inhumanité montrent une terrible inhumanité». Il explique aussi dans cet article du Monde comment c&#8217;est le monde entier qui risque de souffrir de ce cancer. «Le problème n&#8217;est pas seulement moyen-oriental, écrivait-il dans cet article; le Moyen-Orient est une zone sismique de la planète où s&#8217;affrontent Est-Ouest, Nord-Sud, riches-pauvres, laïcité-religion, religions entre elles. </em></p>
<p style="text-align: justify"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Ce sont ces antagonismes que le cancer israélo-palestinien risque de déchaîner sur la planète. Ses métastases se répandent déjà sur le monde islamique, le monde juif, le monde chrétien. Le problème n&#8217;est pas seulement une affaire où vérité et justice sont inséparables. C&#8217;est aussi le problème d&#8217;un cancer qui ronge notre monde et mène à des catastrophes planétaires en chaîne». </em></p>
<p style="text-align: justify"><em>La pensée d&#8217;Edgar Morin nous réconcilie avec l&#8217;humain et propose des clefs de compréhension du monde, de la politique, de la politique de civilisation, de l&#8217;éducation, de l&#8217;unité dans la diversité et de la diversité dans l&#8217;unité. Il rappelle que dans cette complexité et ce monde de peur et de haine, l&#8217;esprit de résistance est toujours possible. Il évoque également avec affection le Maroc, «un pays qui a une pluralité de culture très riche qu&#8217;il faudrait sauvegarder sans se laisser désintégrer par la modernité. Il faut veiller, dit-il encore, à ce que le développement ne détruise pas les solidarités traditionnelles et ne développe pas la corruption et l&#8217;égocentrisme du profit». A méditer… </em></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: center">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify"><strong>LE MATIN : Le Maroc, pays à identités plurielles, porte en lui la souffrance du peuple palestinien. Vous écriviez dans un de vos articles quelque chose de très juste : « On peut penser qu&#8217;il est logique que quelqu&#8217;un qui a le souvenir de la persécution subie par ses ancêtres va être sensible aux persécutions vécues par d&#8217;autres, ce qui a été du reste un sentiment vécu par les intellectuels juifs et qui a aujourd&#8217;hui disparu depuis l&#8217;existence d&#8217;Israël ». Pour quelles raisons ces victimes, qui ont vécu l&#8217;Holocauste, sont-ils devenus des bourreaux ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Edgar Morin :</strong> C&#8217;est Victor Hugo qui disait « dans l&#8217;opprimé d&#8217;hier, l&#8217;oppresseur de demain ». On ne peut pas bien sûr considérer cela comme une voie de l&#8217;histoire, mais il s&#8217;est trouvé que la mémoire des persécutions subies dans le passé n&#8217;a pas aidé les Israéliens à humaniser le traitement qu&#8217;ils font subir aux Palestiniens. Il y a en plus de cela quelque chose de particulier. Dans le monde occidental, les juifs qui ont été émancipés dans les nations modernes, à la faveur des droits de l&#8217;homme, ont été en même temps rejetés par les nationalismes étroits et fermés. Il ont cherché l&#8217;issue dans une vision plus globale, plus humaine et c&#8217;est pour cela que beaucoup sont devenus internationalistes, socialistes ou communistes. Ils étaient d&#8217;autre part très sensibles au sort de ceux qui étaient persécutés comme les noirs aux Etats-Unis, ou ceux qui étaient colonisés. Beaucoup ont ainsi pris partie pour l&#8217;indépendance de l&#8217;Algérie. C&#8217;est en droite ligne de l&#8217;héritage de Bartolomé de Las Case qui était d&#8217;une famille d&#8217;origine juive convertie et qui était sensible au sort des indigènes d&#8217;Amérique latine. Devenu prêtre, il ne cessa de les défendre en disant qu&#8217;ils avaient une âme ce que refusait l&#8217;Eglise de l&#8217;époque. Montaigne, dont la famille était elle aussi convertie, venue d&#8217;Espagne, s&#8217;intéressait également à ces indigènes et avait cette conscience aiguë des persécutions subies.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Cette conscience humaniste a disparu. Qu&#8217;est-ce qui a changé et pourquoi ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">La création d&#8217;Israël, qui s&#8217;est faite sur un territoire où existait un autre peuple. La tragédie, c&#8217;est cela, deux peuples qui veulent une même terre et un mythe celui « d&#8217;un peuple sans terre sur une terre sans peuple ». Israël a conquis son indépendance par la force et au cours des conflits avec les pays arabes. Il s&#8217;est imposé et est devenu, après la guerre de 67, un Etat dominateur sur le peuple palestinien. A partir de ce moment-là, il n&#8217;a vu comme solution que la force et s&#8217;est renforcé sur sa légitimité et ce qui est grave, c&#8217;est que celle-ci tend à devenir de plus en plus religieuse.</p>
<p style="text-align: justify">Dans le monde de la diaspora juive, beaucoup ont été déçus dans leurs espérances universalistes et se sont repliés sur leur identité juive qui ne pouvait être qu&#8217;israélienne. Une fois que l&#8217;on s&#8217;identifie, on justifie et les intellectuels sont souvent des machines à justifier. J&#8217;ai connu des intellectuels communistes qui, face aux pires horreurs du stalinisme, sortaient des arguments de justification. Aujourd&#8217;hui, certains intellectuels juifs justifient l&#8217;opération « Plomb durci », l&#8217;attaque de la flottille internationale. Nous sommes toujours dans un univers de manichéisme dans lequel ce sont les autres qui ont tort.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Vous avez écrit plusieurs articles qui vous ont même valu des poursuites judiciaires, et l&#8217;on se souvient de cet article publié en 2002 dans Le Monde, intitulé « Israël- Palestine : le cancer », où vous critiquiez précisément ce manichéisme. Un mot sur cet article ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Cet article développe l&#8217;idée que le cancer israélo-palestinien s&#8217;est formé d&#8217;une part en se nourrissant de l&#8217;angoisse historique d&#8217;un peuple persécuté dans le passé et de son insécurité géographique, d&#8217;autre part du malheur d&#8217;un peuple persécuté dans son présent et privé de droits politiques. Ce conflit est devenu un cancer qui se métastase dans le monde entier. Il a créé un antijudaïsme dans le monde musulman qui n&#8217;existait pas auparavant et il provoque de graves périls pour la planète comme l&#8217;action militaire prônée contre l&#8217;Iran. Nous n&#8217;avons plus cet humanisme universaliste qui était très fréquent chez les intellectuels. Quand on était communiste, on ne considérait pas l&#8217;importance des nations, des cultures ou des religions, alors que les singularités nationales culturelles et religieuses sont très importantes.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le drame ce sont ceux qui s&#8217;enferment dans ces singularités et qui ne veulent plus voir le reste du monde, ou bien ceux qui voient le monde de manière abstraite.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Vous avez bien expliqué cette idée dans votre article sur le simple et le complexe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Oui, ce qui est complexe, c&#8217;est la situation de ces juifs israéliens qui ont ce souvenir des persécutions du passé, des génocides et l&#8217;angoisse du futur. Celle-ci s&#8217;accroît avec le temps car plus ils deviennent hostiles et menaçants dans la région, plus ils créent de l&#8217;hostilité. Il y a eu le royaume de Saint Jean d&#8217;Acres qui n&#8217;a pas duré un siècle et qui montre qu&#8217;il est difficile de bâtir une entité dans un univers hostile. Il y a une angoisse légitime, mais toute la politique israélienne tend à accroître ce sentiment. Qu&#8217;est-ce qui est simple ? c&#8217;est qu&#8217;il y a des oppresseurs et des opprimés, des dominants et des dominés, il y a ceux qui appliquent une politique inhumaine de mépris, celle-là même que les juifs ont subie durant des siècles et qu&#8217;ils appliquent sur des Palestiniens. Ce que l&#8217;on peut faire c&#8217;est continuer à résister pour essayer de faire comprendre cette situation à la fois simple et complexe.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Il y a cependant quelque chose qui évolue au sein même de la communauté juive des intellectuels, comme en témoignent différentes pétitions et déclarations. La radicalité d&#8217;un Netanyahou inquiète au plus haut point alors même que bien des alliances commencent à se fissurer. Que pensez-vous de cette évolution ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le caractère inouï de l&#8217;attaque d&#8217;un bateau humanitaire a provoqué des réactions de rejet. Mais nous ne sommes pas encore à des prises de distance critique à l&#8217;égard de cette politique. Ce gouvernement israélien, avec un ministre des Affaires étrangères tel que Libermann, s&#8217;il était en France, ce serait pire qu&#8217;un gouvernement de Le Pen. Ils continuent à s&#8217;identifier aux martyrs des juifs face aux nazis. Mais la conscience d&#8217;être victime dans le passé a transformé ces hommes en bourreaux. C&#8217;est ce qui est arrivé aux Serbes.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Il y a 15 ans, le génocide de Srebrenica avait fait des milliers de morts musulmans&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Les Serbes ont lutté dans le passé contre l&#8217;invasion turque, puis contre l&#8217;empire autrichien. La conscience d&#8217;avoir été des martyrs du christianisme et de l&#8217;Occident dans le passé « explique » Srebrenica qui a été un véritable massacre. L&#8217;autojustification du martyr peut justifier à leurs yeux d&#8217;être des bourreaux.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>A cette politique, répond celle des « desperados » et des kamikazes. Faut-il alimenter sans fin le cercle de la haine et du rejet de l&#8217;autre ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">C&#8217;est un cercle infernal et les excès des uns justifient les excès des autres. Il y a eu une dissolution du camp de la paix en Israël parce qu&#8217;il y a eu des actes de desperados contre les civils. C&#8217;est un cercle infernal dont on ne pourra sortir que par une pression extérieure.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Vous pensez à une pression du président américain ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Il pourrait agir mais il est freiné de l&#8217;intérieur par un lobby juif qui est très fort et par le lobby évangéliste et de l&#8217;extérieur, puisqu&#8217;il a demandé le gel de la colonisation à Netanyahou et qu&#8217;il n&#8217;a pas été entendu. Obama est un homme de bonne volonté et de grande lucidité, mais la gravité de l&#8217;état du monde et le caractère régressif de la situation mondiale l&#8217;a empêché d&#8217;avancer dans cette région du monde et aussi en Afghanistan. On voit qu&#8217;un homme d&#8217;une grande intelligence, à la tête d&#8217;une puissance mondiale, n&#8217;est pas toujours synonyme d&#8217;efficacité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Le Maroc, qui n&#8217;est pas une puissance, a essayé de jouer un rôle de médiateur pour faire avancer la paix, notamment avec feu S.M. Hassan II. Que peut faire un pays comme le Maroc dans ce conflit ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le Maroc est le dernier pont entre ce qui est juif et ce qui est musulman. Le Maroc peut jouer un rôle, mais il ne peut pas être seul. Il faudrait que l&#8217;Europe intervienne aux côtés des Etats-Unis. Il faut des conjonctions de pression pour faire avancer les choses. Au Maroc, précisément, on parle de restructuration du champ politique balkanisé par une quarantaine de partis. Reste que la politique est aujourd&#8217;hui réduite en peau de chagrin et vous releviez vous-même que « dans cet excès de complexité de la réalité dans laquelle nous sommes, la politique est réduite à l&#8217;économie : on a l&#8217;impression que ce sont seuls les chiffres de la croissance globale ou du PIB qui vont guider l&#8217;action politique, quelle infirmité ! Qu&#8217;est-ce qui, selon vous, devrait guider l&#8217;action politique ?</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;action politique doit être portée par une pensée qui conçoit correctement le problème des rapports entre les individus, la société et l&#8217;Etat. Une pensée qui essaie d&#8217;harmoniser les relations pour le plus grand bien et de la collectivité et de l&#8217;individu. Il y a eu des théories des penseurs de droite comme Joseph de Maistre, Charles Maurras, comme des théories des révolutionnaires Marx, Proudhon…Ce sont des grands penseurs comme Karl Marx qui, cependant, n&#8217;a vu en l&#8217;être humain que l&#8217;aspect producteur, travailleur. Mais l&#8217;homme vit aussi dans des rêves, produit des mythes, vit des religions. C&#8217;est ce que l&#8217;on vit aujourd&#8217;hui avec l&#8217;importance des cultures, des croyances et des religions. Marx a bien prévu le déferlement du profit et du capitalisme mondialisé, ce sont des prédictions fortes. Mais ce n&#8217;était pas suffisant.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Vous avez, à votre manière, essayé de reconstruire une pensée comme la politique de civilisation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">J&#8217;ai essayé de donner les fondements d&#8217;une pensée politique et d&#8217;une éducation qui doit lutter contre la vision compartimentée des choses et voir les problèmes de manière globale. Pour comprendre les problèmes globaux, on ne peut pas se contenter d&#8217;additionner les points de vue du démographe, de l&#8217;économiste, du sociologue…Il faut voir les interactions entre ces différentes disciplines. Actuellement, il y a une crise de la pensée politique et l&#8217;accélération du monde pousse les politiques à vivre au jour le jour. Ils sont désarmés devant la complexité du monde et ont trouvé refuge dans l&#8217;économie au moment où celle-ci est en crise. Ils croient que la croissance économique va apporter toutes les réponses mais c&#8217;est faux et l&#8217;exemple du Japon le montre. La politique s&#8217;est sclérosée et on n&#8217;a plus la capacité de comprendre la société. La politique est un art difficile devant ce temps qui emporte l&#8217;humanité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Au soir d&#8217;une vie, comment voyez-vous cette mondialisation porteuse de tant d&#8217;incertitudes et d&#8217;inquiétudes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">C&#8217;est à la fois la meilleure et la pire des choses. Pour la première fois l&#8217;humanité vit une communauté de destin avec la dégradation de la biosphère, la menace nucléaire et la dérégulation de l&#8217;économie …Pour la première fois nous vivons dans une « maison commune » et nous savons que cette maison peut être construite. Le pire est que le profit, l&#8217;illusion, la démesure, le délire emportent ce vaisseau spatial vers des catastrophes en chaîne prévisibles. On a pris conscience des problèmes liés à l&#8217;environnement qui ont fait l&#8217;objet de plusieurs sommets mondiaux, mais on n&#8217;arrive pas à prendre des décisions, à créer l&#8217;instance capable de prendre des décisions communes. La conscience progresse mais beaucoup moins que les processus. La classe moyenne que l&#8217;on retrouve au Maroc vit les mêmes intoxications consommationnistes, abus de la publicité, des supermarchés&#8230;Le développement a créé des zones de prospérité, mais aussi beaucoup de misère. Les paysans ont été déracinés et se retrouvent prolétarisés. Le développement a détruit les solidarités traditionnelles et a développé la corruption et l&#8217;égocentrisme du profit. On retrouve cela en Afrique, en Amérique latine et en Asie…Ce développement a produit un modèle standard uniforme alors que chaque pays a sa culture, ses richesses, ses savoir-faire, ses sagesses dans tous les domaines de la diététique, de la médecine traditionnelle, etc.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Que faudrait-il faire alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Il faudrait unir et faire une symbiose des différentes cultures et, de ce point de vue, le Maroc est très intéressant. C&#8217;est un pays qui a une pluralité de culture très riche qu&#8217;il faudrait sauvegarder sans se laisser désintégrer par la modernité. Une culture forte intègre la modernité et la mondialisation sans se laisse désintégrer. Le Maroc en a les capacités et il doit veiller à ne pas laisser détruire sa paysannerie par exemple. Je connais votre pays depuis les années 60, ce Maroc éternel de la générosité, de l&#8217;hospitalité, de la noblesse, de la gastronomie, mais je connais aussi le Maroc d&#8217;aujourd&#8217;hui, son dynamisme, sa vitalité et ses problèmes que l&#8217;on retrouve en Amérique latine que je connais bien et qui change de cette Europe sclérosée qui n&#8217;arrive pas à renaître. Au Maroc, il y a une réelle volonté de répondre aux défis actuels, il y a une force de l&#8217;humanisme qui fait que l&#8217;on s&#8217;intéresse à la Méditerranée comme une mer commune qui permet de fraterniser, à l&#8217;Afrique, au monde.</p>
<p style="text-align: justify">Il y a une volonté d&#8217;intégrer des richesses culturelles sans se laisser désintégrer, en sauvegardant ses qualités alors même que partout dans le monde on assiste à des refermetures ethniques, nationalistes et religieuses qui sont des conséquences d&#8217;une mondialisation abstraite. Quand dans les différentes civilisations on commence a avoir peur du modèle occidental, il y a des réflexes de fermeture. Il faut prendre ce qui est valable de cet Occident en termes de démocratie, des droits humains dont ceux de la femme et faire la symbiose en intégrant sa propre culture. Le Maroc doit maintenir sa culture, ses traditions millénaires de solidarité, assurer son autonomie alimentaire et psychique et rester ouvert au reste du monde.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>En sauvegardant, cependant, ce « vivre ensemble d&#8217;antan» et en évitant le délitement social porteur de bien des périls ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Si on perd le lien communautaire, les risques de décomposition sont grands. Une société complexe a besoin de vivre avec le sentiment que chacun fait partie d&#8217;une communauté tout en étant autonome.</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;autonomie individuelle doit être sauvegardée comme doit être préservée la conscience de faire partie d&#8217;un tout. C&#8217;est l&#8217;unité dans la diversité et la diversité dans l&#8217;unité. C&#8217;est le fondement de ma pensée.</p>
<p style="text-align: justify">
<p>Par  Farida Moha | LE MATIN</p>
<p>Publié le : 15.07.2010</p>
<p><strong>Source </strong>: http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=110&amp;id=136562</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Kenya : Carburant contre paysans</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/07/02/kenya-carburant-contre-paysans/</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 17:09:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[En janvier 2010, les populations de la région de Malindi sont alertées par des fumées inhabituelles émanant de la forêt de Dakatcha. Elles comprennent que des bulldozers ont commencé à raser les arbres : une entreprise étrangère vient d’obtenir l’accord des autorités pour exploiter 50 000 hectares de terres afin de produire du jatropha, une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>En janvier 2010, les populations de la région de Malindi sont alertées par des fumées inhabituelles émanant de la forêt de Dakatcha. Elles comprennent que des bulldozers ont commencé à raser les arbres : une entreprise étrangère vient d’obtenir l’accord des autorités pour exploiter 50 000 hectares de terres afin de produire du jatropha, une plante dont l’huile sera utilisée comme carburant. Vingt mille personnes pourraient être déplacées et l’équilibre écologique de la région est menacé. </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Ce projet est emblématique d’un phénomène global : l’accaparement des terres pour la production d’agrocarburants, dont l’impact sur la faim dans le monde et le climat risque d’être catastrophique. Il est donc essentiel de soutenir les organisations kenyanes qui se mobilisent face à cette situation.</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Kenya.peuples-solidaires.org_.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2883" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Kenya.peuples-solidaires.org_.jpg" alt="" width="368" height="245" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Au Kenya, comme ailleurs en Afrique, le gouvernement est aujourd’hui partagé entre deux politiques contradictoires : d’un côté, il renforce les droits des communautés à cultiver leurs terres ; de l’autre, il cède aux appétits d’entreprises et Etats qui veulent exploiter ces mêmes parcelles.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Ainsi, dans la région côtière de Malindi, le gouvernement vient de confier 50 000 hectares de terres à une entreprise privée qui projette de raser une forêt de 30 000 hectares et d’exploiter les terres des communautés locales. D’après ActionAid Kenya, 20 000 personnes seraient affectées et éventuellement déplacées. Parmi elles, de nombreux paysans dont les productions vivrières nourrissent la population et une communauté indigène, les Wa Sanya, qui vit de la chasse et de la cueillette.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Des terres louées pour trente trois ans</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le projet a été élaboré sans que l’ensemble des consultations prévues par la constitution kenyane n’ait été mené<a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftn1">[1]</a>. D’après le document récemment publié par les autorités – sous la pression de la société civile – les terres seront louées durant 33 ans au prix de 2 euros par hectare à la Kenya Jatropha Energy Limited. Cette entreprise appartient à Nuove Iniziative Industriali SRL, société italienne spécialisée dans la production d’énergie électrique à partir de ressources renouvelables, et notamment d’huile de palme qu’elle importe d’Afrique et d’Asie. Dans la région de Malindi, elle doit produire du jatropha, ‘‘plante-miracle’’ supposée avoir des rendements élevés en huile, laquelle sera convertie en agrocarburant. Selon le document rendu public, 30% de l’huile produite au Kenya sera exportée en Italie et 70% servira à la consommation énergétique nationale (le jatropha n’est pas comestible). Toutefois, le projet ne précise ni la manière dont sera transformée cette huile au Kenya (il faut pourtant des infrastructures pour en faire un carburant utilisable), ni les prix auxquels l’entreprise vendra sa production sur le marché kenyan. Mais dans ses déclarations récentes à la presse italienne, l’entreprise annonce que seuls 20% de la production kenyane sera consommée sur place, alors que les 80% restants seront exportés en Italie<a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftn2">[2]</a>. De plus, cette production ne bénéficiera pas aux paysans kenyans : selon une étude officielle récente<a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftn3">[3]</a>, ‘‘<em>le jatropha n’est pas viable économiquement pour les agriculteurs paysans, qu’il soit cultivé en monoculture ou en interculture’’</em>.</p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les agrocarburants sur la sellette</strong></p>
<p style="text-align: justify">Pour l’entreprise italienne, les profits devraient par contre être au rendez-vous car le marché des agrocarburants est en plein essor. Les Etats membres de l’Union Européenne se sont en effet fixé en 2009 un objectif de 10 % d’énergie renouvelable dans le secteur des transports<a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftn4">[4]</a>. Le problème est que les agrocarburants entrent dans le calcul de ce pourcentage. Les producteurs qui accaparent des terres pour produire de l’huile de palme, de la canne à sucre ou du jatropha sont donc encouragés à investir. L’Europe justifie ce choix car les agrocarburants permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils sont pourtant aujourd’hui très critiqués, notamment à cause des changements d’affectation des sols qu’ils entraînent dans les pays du Sud : déforestation, retournement de prairies, drainage de tourbières… En comptabilisant les émissions de gaz à effet de serre entraînées par ces opérations, les agrocarburants accélèrent en fait les changements climatiques ! De plus, ils menacent l’accès à la terre et aux ressources naturelles des populations paysannes et indigènes des pays du Sud qui pratiquent une agriculture vivrière de proximité, seule à même de garantir la sécurité alimentaire des populations rurales les plus démunies.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Depuis plusieurs semaines, les communautés locales, soutenues par les organisations de la société civile kenyane, s’opposent au projet et font valoir auprès du gouvernement leur droit à disposer de leurs terres. Fin mai, les premières consultations publiques ont permis de constater les fortes oppositions de ces communautés et des agences gouvernementales de protection des forêts, qui disent ne pas avoir été consultées. ActionAid Kenya, notre partenaire impliqué dans les négociations avec le gouvernement, fait maintenant appel à la solidarité internationale. Pour défendre la souveraineté alimentaire des communautés de la région de Malindi et empêcher la destruction de la forêt de Dakatcha, écrivez au Ministre de l’environnement et des ressources minérales.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Notes </strong>: <a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftnref1"></a></p>
<p><a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftnref1">[1]</a> La Constitution contient un chapitre intitulé ‘‘Trust land Act’’ (Loi sur la Fiducie foncière) qui traite notamment de la gestion des terres collectives.</p>
<p><a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftnref2">[2]</a> Cf. <a href="http://www.ilsole24ore.com/art/SoleOnLine4/dossier/Economia%20e%20Lavoro/risparmio-energetico/business/biocarburanti-risparmio-energetico-ikea.shtml?uuid=a4c25282-2c25-11df-8463-4fa5038b85da&amp;DocRulesView=Libero">Biocarburanti per le luci Ikea</a>, by Marco Magrini, Il Sole 24 Ore. 10 March 2010.</p>
<p><a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftnref3">[3]</a> Cf. <a href="http://www.worldagroforestry.org/downloads/publications/PDFS/B16599.PDF">Jatropha Reality Check, A field assessment of the agronomic and economic viability of Jatropha and other oilseed crops in Kenya</a>, World Agroforestry Centre, Kenya Forestry Research Institute, Endelevu Energy, GTZ, Décembre 2009. Cette même étude recommande d’ailleurs à tous les acteurs concernés ‘‘<em>de réévaluer avec précautions leurs activités de promotion du jatropha en tant que source d’énergie prometteuse’’</em>.</p>
<p><a href="http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/#_ftnref4">[4]</a> Journal Officiel de l’Union Européenne, 2009, <em>Directive 2009/28/EC sur la Promotion de l’utilisation d’énergie produite à partir de sources renouvelables</em>, 5 juin 2009.</p>
<p><strong>POUR AGIR : SIGNER l’appel urgent</strong> du 17 juin 2010 lancé par Peuples Solidaires et Action Aid à partir du site :</p>
<p>http://www.peuples-solidaires.org/je-signe/?appel=2881/</p>
<p>Cet appel est soutenu par les organisations suivantes :</p>
<p>• La confédération paysanne : <a href="http://tk3.rarapio.com/sy/ev?3&amp;4234-59&amp;1&amp;QSJe2iduzYrlaW9Hp0utXw">http://www.confederationpaysanne.fr/</a></p>
<p>• OXFAM France : <a href="http://tk3.rarapio.com/sy/ev?3&amp;4234-59&amp;3&amp;QSJe2iduzYrlaW9Hp0utXw">http://www.oxfamfrance.org/</a></p>
<p>• Le Réseau Action Climat : http://www.rac-f.org/</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source</strong> : http://www.peuples-solidaires.org/339-kenya-carburant-contre-paysans/</p>
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		<title>Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 17:08:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[Cinq organisations chrétiennes appellent à la vigilance et à l&#8217;information sur le projet de loi sur l&#8217;immigration qui sera débattu fin septembre à l&#8217;Assemblée Nationale. (ACAT, CCFD-Terre Solidaire, La Cimade, FEP, Secours Catholique / Caritas-France, avec la contribution du Service national de la Pastorale des Migrants).



Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Cinq organisations chrétiennes appellent à la vigilance et à l&#8217;information sur le projet de loi sur l&#8217;immigration qui sera débattu fin septembre à l&#8217;Assemblée Nationale. (ACAT, CCFD-Terre Solidaire, La Cimade, FEP, Secours Catholique / Caritas-France, avec la contribution du Service national de la Pastorale des Migrants).</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images3.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2878" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images3.jpeg" alt="" width="98" height="109" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut réformer le régime de l&#8217;entrée et de l&#8217;expulsion des étrangers en France. Cette nouvelle modification de la loi constitue une étape supplémentaire dans la fragilisation d&#8217;hommes, de femmes, d&#8217;enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil. Ce sont pourtant des êtres humains. Certains fuient la guerre ou les traitements inhumains pour sauver leur vie. D’autres cherchent simplement à améliorer leur situation et celle de leur famille. Ils aspirent, comme nous, à vivre en paix, à trouver le bonheur, à travailler, en France, leur pays d’« accueil ».</p>
<p style="text-align: justify">Mais le projet de loi va sonner le glas des aspirations de beaucoup et, par là même, de notre hospitalité et de notre humanité en réduisant leurs droits à la justice, à une vie familiale et à la solidarité <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> Si nous laissons faire, les étrangers n’auront plus le droit d’être entendus !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Jusqu&#8217;alors, la loi réclamait le contrôle du juge des libertés si la mise en rétention excédait deux jours avant l&#8217;expulsion. Ce garde-fou, indispensable face à l’arbitraire de l’adminis¬tration, est retardé par ce projet de loi : ainsi des expulsions seront possibles pendant cinq jours sur seule décision administrative. De plus, le juge judiciaire ne pourra plus sanctionner certaines irrégularités. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, le droit d’asile sera entravé !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ce projet de loi restreint les possibilités d’accéder au territoire pour demander l’asile et place un nombre plus important d’éventuels demandeurs dans des conditions défavorables pour l’examen de leur demande de protection. Et s’ils sont déboutés et renvoyés, il leur interdit de revenir dans l’Union européenne pour sauver leur vie.  <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, le droit de vivre en famille sera restreint !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Des conjoints de Français ou d&#8217;étrangers en situation régulière, voire avec des enfants en France, sont parfois sans document de séjour. La loi qui peut déjà interrompre leur vie familiale va durcir les conditions de leur séparation en repoussant toute possibilité de retour. En effet, tout étranger renvoyé peut être « banni » de l’Union Européenne jusqu’à 5 ans : nous refusons cette double peine!  <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, la solidarité restera répréhensible !</strong></p>
<p style="text-align: justify">En modifiant la loi, le projet voudrait calmer les critiques sur le délit dit de &laquo;&nbsp;solidarité&nbsp;&raquo;. En ne modifiant que très marginalement l&#8217;exemption pour un tel délit, le projet de loi persiste à dissuader quiconque aiderait, de bonne foi et dans la durée, un étranger dont nul ne sait a priori s&#8217;il est en situation administrative irrégulière. Il est contradictoire de maintenir le principe de fraternité dans la devise de la République et de punir les actes de solidarité.   Motivés par la solidarité et la défense des plus faibles, notamment des étrangers, en partenariat avec d&#8217;autres membres de la société civile, nos organismes, mouvements, associations et services chrétiens refusent que des mesures de plus en plus restrictives, voire arbitraires, propulsent des milliers d’hommes et de femmes dans la précarité et le désespoir.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Aussi estimons-nous nécessaire d’éveiller les consciences, d’appeler à la vigilance et à l’information sur ce projet de loi qui comporte des dispositions très inquiétantes.</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Nous nous engageons à agir pour que la figure de l’étranger ne serve pas de bouc émissaire en France et en Europe. </strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><em>Initiateurs</em> : - ACAT-France (Action des chrétiens pour l&#8217;abolition de la torture) - CCFD &#8211; Terre solidaire - FEP (Fédération de l&#8217;Entraide Protestante) - La Cimade (Service œcuménique d&#8217;entraide) - Secours Catholique / CARITAS-France avec la contribution du SNPM (Service national de la pastorale des migrants)</p>
<p style="text-align: justify"><em>Autres signataires nationaux à ce jour</em> &#8211; ACO (Action catholique Ouvrière) - CASP (Centre d&#8217;Action Sociale Protestant) - CERAS (Centre Recherche et Action Sociales) &#8211; Congrégation des Auxiliatrices de la Charité  - Congrégation des Fils de la Charité - DEFAP - DOM&#8217;Asile - Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France - Association Espoir - Fédération protestante de l&#8217;enseignement &#8211; Fondation de l&#8217;Armée du Salut - JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) &#8211; Justice et Paix &#8211; France - Mission Populaire Évangélique de France - MIR-France (Mouvement International de la Réconciliation) - Pax Christi &#8211; France - Réseau chrétien &#8211; immigrés - VEA (Vivre ensemble l&#8217;Évangile Aujourd&#8217;hui) &#8211; Alliance Nationale des Unions Chrétiennes de Jeunes Gens &#8211; UCJG-YMCA</p>
<p style="text-align: right">14 Juin 2010</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Pour en savoir plus </strong>: voir le document ANALYSE COLLECTIVE DU PROJET DE LOI « BESSON » du 30 mars 2010 « relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité » à l’adresse :  http://lacimade.org/assets/0000/2014/analyse-pjl-besson-.pdf</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source</strong> :http://lacimade.org/nouvelles/2498-Ne-laissons-pas-fragiliser-le-droit-de-l&#8211;tranger</p>
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		<item>
		<title>Jusqu’où ira la « leçon de journalisme » de Vincent Bolloré ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/25/jusqu%e2%80%99ou-ira-la-%c2%ab-lecon-de-journalisme-%c2%bb-de-vincent-bollore/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2010/06/25/jusqu%e2%80%99ou-ira-la-%c2%ab-lecon-de-journalisme-%c2%bb-de-vincent-bollore/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 25 Jun 2010 17:32:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Après avoir fait condamner le journaliste Benoît Collombat (et France Inter) début mai, le groupe Bolloré a abandonné ce week-end les poursuites contre la photographe Isabelle Alexandra Ricq (et France Inter). Mais il attaque l’hebdomadaire Témoignage Chrétien.

A la tête d’un groupe « diversifié », M. Vincent Bolloré se flatte d’avoir de nombreux métiers. Mi-industriel mi-financier, il investit tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après avoir fait condamner le journaliste Benoît Collombat (et France Inter) début mai, le groupe Bolloré a abandonné ce week-end les poursuites contre la photographe Isabelle Alexandra Ricq (et France Inter). Mais il attaque l’hebdomadaire <em>Témoignage Chrétien</em></strong><strong>.</strong></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/103581.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2874" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/103581.jpg" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
<p style="text-align: justify">A la tête d’un groupe « diversifié », M. Vincent Bolloré se flatte d’avoir de nombreux métiers. Mi-industriel mi-financier, il investit tous azimuts. Dans le film plastique et dans la logistique. Dans la distribution d’énergie et la publicité. Dans les batteries au lithium et les plantations africaines. Mais l’homme d’affaires est insatiable. Depuis quelque temps, il ambitionne apparemment, en plus de ces multiples casquettes, de devenir professeur de journalisme.</p>
<p style="text-align: justify">Cette ambition est affichée depuis l’an dernier. Depuis, plus précisément, que le groupe Bolloré a décidé de porter plainte pour diffamation contre le journaliste de France Inter Benoît Collombat. Heurté par un reportage diffusé fin mars 2009 dans le cadre de l’émission <em>Interception</em>, dans lequel le journaliste s’intéressait aux activités portuaires, ferroviaires et agricoles de son groupe au Cameroun, Vincent Bolloré voulut « faire un exemple » (voir « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-12-14-Bollore">La contre-offensive de Vincent Bolloré</a> »).</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Les représentants du groupe présents lors du procès Bolloré-Collombat – qui s’est déroulé en deux temps, en décembre 2009 et en mars 2010 – ne s’en cachèrent d’ailleurs nullement : à travers France Inter, c’était tous les médias français qui étaient visés. Dans leur esprit, ce procès devait donc avoir des vertus pédagogiques. Pendant que l’avocat du groupe Bolloré, Me Olivier Baratelli, s’emportait théâtralement contre <em>« ces journalistes »</em> qui <em>« ne respectent pas les exigences du contradictoire »,</em> le responsable des activités africaines du groupe, Dominique Lafont, offrit au tribunal de <em>« rétablir la vérité ».</em> Bolloré, clama-t-il, est une <em>« entreprise citoyenne »</em> dont la préoccupation première – avant même le profit – est d’accompagner les Africains sur les sentiers heureux du développement économique…</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Les « exigences du contradictoire »</strong></p>
<p style="text-align: justify">Il y eut certes, dans le public, quelques cancres pour s’amuser sous cape de ces étonnantes déclarations. Mais la « leçon » bolloréenne a dans l’ensemble été plutôt bien assimilée par la profession. Depuis que l’homme d’affaires a pris le chemin des tribunaux, la presse se montre plutôt discrète. Et lorsqu’elle s’aventure à parler du multimilliardaire de Puteaux, elle le fait souvent avec respect et bienveillance, se pliant volontiers aux « exigences du contradictoire » (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nb1">1</a>).</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Ainsi par exemple au <em>Nouvel Observateur.</em> Après avoir évoqué, en avril 2010, les relations tendues qu’entretiennent ces derniers temps M. Vincent Bolloré et le banquier Antoine Bernheim, « parrain » historique du premier dans le monde des affaires, l’hebdomadaire a ensuite publié un « rectificatif »… tout en réaffirmant dans le même temps sa propre version des faits (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nb2">2</a>) ! <em>« S’il y a bien eu pression pour que nous le passions</em> [le rectificatif, ndlr], <em>il n’y a en revanche jamais eu menace de procès,</em> nous explique la journaliste qui a signé l’enquête, Odile Benyahia-Kouider. <em>J’aurais donc pu m’abstenir. Mais je me suis dit que, finalement, c’était tellement absurde et ridicule que cela se verrait encore plus. La preuve : vous l’avez vu ! »</em></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le lecteur est donc prévenu : ce sera désormais à lui de faire le tri entre les informations… et leurs « contradictoires » réfutations. A la décharge du <em>Nouvel Observateur,</em> il faut bien reconnaître que le groupe Bolloré ne se contente pas toujours de menaces verbales. Comme l’ont constaté nombre de journalistes ces derniers mois, le groupe Bolloré sort maintenant « la grosse artillerie » avec une facilité déconcertante. Et le très dynamique avocat du groupe, Me Baratelli, ne manque pas une occasion pour imposer aux journalistes qui s’intéressent à son riche client de fortes doses de « contradictoire ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">C’est ce qu’a pu constater <em>Témoignage Chrétien,</em> le 4 mars 2010. Quelques heures seulement après la publication par l’hebdomadaire d’un article consacré au procès « Bolloré – France Inter » (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nb3">3</a>), le directeur de la publication, Hubert Debbasch, reçut de Me Baratelli un courrier violent l’accusant d’avoir publié <em>« un article de commande »</em> faisant <em>« le panégyrique »</em> de Benoît Collombat. Accusant le journal, selon la formule désormais habituelle, de s’être <em>« affranchi des règles élémentaires du respect du contradictoire »,</em> l’avocat exigea la publication d’un « droit de réponse » faisant le panégyrique du groupe Bolloré et accusant l’hebdomadaire de… <em>« manquer de respect »</em> envers les Camerounais !</p>
<p style="text-align: justify">Se sentant victime d’une sorte de chantage (publier un droit de réponse qu’il juge indigne ou être poursuivi en justice), Hubert Debbasch tire la morale de cette affaire. <em>« C’est vraiment une entreprise pour museler la presse,</em> explique-t-il. <em>Et par des moyens très vicieux : ils essaient d’utiliser tous les instruments juridiques qui sont précisément faits pour défendre la liberté d’expression, pour contraindre au contraire toute la presse – même la presse qui leur est la moins favorable – à dresser un portrait idyllique de leur société. »</em> Ayant donc refusé de publier le « droit de réponse » exigé, M. Debbasch doit se présenter le 23 juin 2010 au tribunal, suite à une action en référé de la SA Bolloré.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Des « propos mieux contrôlés » à Radio France ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Du côté de Radio France, autre média attaqué par Bolloré, la situation est un peu plus compliquée. Alors que la multinationale a finalement réussi à faire condamner Benoît Collombat et France Inter – le tribunal ayant, selon Me Baratelli, infligé <em>« une leçon de journalisme à certains journalistes »</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nb4">4</a>) –, elle a annoncé le 18 juin qu’elle abandonnait en revanche les poursuites qu’elle avait engagées contre la même station de radio et contre la photographe Isabelle Alexandra Ricq.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Cette seconde affaire Bolloré-France Inter trouve son origine dans l’émission <em>Eclectik</em>, diffusée le 12 septembre 2009, au court de laquelle Isabelle Ricq évoquait le reportage qu’elle avait effectué dans une plantation camerounaise de palmiers à huile (<a href="http://blog.mondediplo.net/2009-06-16-Bollore-au-Cameroun-un-bilan-en-images">Reportage publié sur le site du <em>Monde Diplomatique</em></a>). La photographe ayant mis en cause le groupe Bolloré, qui contrôle près de 40 % de la maison-mère de la Socapalm, propriétaire de la plantation en question (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nb5">5</a>), la multinationale décida de lui infliger – ainsi qu’à l’animatrice d’<em>Eclectik</em> et à France Inter – une « leçon de journalisme ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Malheureusement pour le conglomérat, le procès contre Benoît Collombat fit capoter le projet. Car, si Collombat a bien été condamné, il ne l’a pas été sur l’ensemble de son reportage mais seulement sur quelques points précis (liés notamment à la gestion par Bolloré du port de Douala et de la société camerounaise de chemin de fer). De sorte que les cris victorieux des hommes de M. Bolloré à l’énoncé du verdict, le 6 mai 2010, masquaient en réalité un camouflet sur le dossier spécifique de la Socapalm, dont le fonctionnement fut méthodiquement décortiqué par les témoins cités par Collombat – parmi lesquels Ricq elle-même (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nb6">6</a>).</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Craignant subitement la « contradiction » publique que s’apprêtait à lui porter à nouveau, et avec plus de force encore, la jeune photographe, le groupe Bolloré a donc préféré jeter l’éponge. Mais avec discrétion, et en jouant habilement de la confusion entre les émissions <em>Interception</em> et <em>Eclectik</em>. <em>« France Inter ayant admis le caractère diffamatoire des propos tenus à l’occasion des deux émissions, des excuses ayant été présentées</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nb7">7</a>), écrit Me Baratelli au président de la 17e chambre correctionnelle, chargée des affaires de presse, <em>M. Vincent Bolloré et la Société Bolloré n’entendent pas poursuivre la procédure en diffamation</em> [contre Isabelle Alexandra Ricq et France Inter] ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Une issue d’autant plus heureuse, pour l’homme d’affaires multicarte, que Jean-Luc Hees, PDG de Radio France, aurait – selon la même lettre de Me Baratelli – <em>« donné directement à Monsieur Vincent Bolloré l’assurance que les propos diffusés sur l’antenne de France Inter seraient désormais mieux contrôlés ».</em> Si l’avocat de Radio France dément que Hees ait <em>« présenté une quelconque excuse »</em> ou se soit <em>« engagé en quoi que ce soit pour l’avenir »</em>, on peut tout de même s’interroger : jusqu’où ira la « leçon de journalisme » du professeur Bolloré ?</p>
<p style="text-align: justify">Thomas Deltombe</p>
<p style="text-align: justify">La valise diplomatique – Mardi 22 Juin 2010</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Notes : </strong></p>
<p style="text-align: justify">(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nh1">1</a>) Interrogé sur la signification précise que donne le groupe Bolloré à cette notion de « contradictoire », l’avocat du groupe Bolloré, Me Baratelli, a « oublié » de nous répondre.</p>
<p style="text-align: justify">(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nh2">2</a>) Voir Odile Benyahia-Kouider, « <a href="http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/economie/097864/cesar-bernheim-versus-brutus-bollore.html">César-Bernheim versus Brutus-Bolloré</a> », 22 avril 2010 et « <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20100423.OBS2911/une-lettre-d-antoine-bernheim.html">Une lettre d’Antoine Bernheim</a> ».</p>
<p style="text-align: justify">(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nh3">3</a>) Julien Brygo, « <a href="http://www.temoignagechretien.fr/articles/article.aspx?Clef_ARTICLES=1655&amp;Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=1">Bolloré contre France-Inter : acte 2</a> », <em>Témoignage Chrétien</em>, 4 mars 2010.</p>
<p style="text-align: justify">(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nh4">4</a>) Lire : « <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/05/06/97001-20100506FILWWW00596-bollore-diffame-france-inter-condamne.php">Bolloré diffamé : France Inter condamné</a> », (AFP, 6 mai 2010). France Inter n’a pas fait appel de cette décision.</p>
<p style="text-align: justify">(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nh5">5</a>) Il s’agit de la plantation de Kienké, propriété de la Socapalm, entreprise passée en 2000 sous le contrôle du groupe belge Socfinal dont « Vincent Bolloré » et « Bolloré Participations SA » font partie des administrateurs officiels (mais dont M. Bolloré se targue cependant de pas contrôler sa gestion).</p>
<p style="text-align: justify">(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nh6">6</a>) Bolloré n’a d’ailleurs pas fait appel de cette décision.</p>
<p style="text-align: justify">(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29#nh7">7</a>) Concernant Eclectik, personne à France Inter n’a – à notre connaissance – présenté d’excuses. Même démenti du côté d’Isabelle Ricq.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Source </strong>: http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-22-Jusqu-ou-ira-la-lecon-de?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+monde-diplomatique%2Frss+%28Le+Monde+diplomatique%29</p>
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		<title>Retraites mal traitées : un scandale déguisé en réalisme par Henri Pena Ruiz</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Jun 2010 16:50:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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Le gouvernement français impose une honteuse régression sociale 
Les retraites mal traitées. Réalisme ? Non. Mystification et régression. Invoquer seulement l&#8217;évolution du rapport entre &#171;&#160;actifs&#160;&#187; et &#171;&#160;passifs&#160;&#187; et celle de l&#8217;élévation de l&#8217;espérance de vie pour élever l&#8217;âge légal de départ à la retraite et la durée de cotisation est irrecevable. On prétend le faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/2010_paris_manif_24juin_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2869" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/2010_paris_manif_24juin_2.jpg" alt="" width="200" height="132" /></a><br />
</strong></p>
<p><strong>Le gouvernement français impose une honteuse régression sociale </strong></p>
<p style="text-align: justify">Les retraites mal traitées. Réalisme ? Non. Mystification et régression. Invoquer seulement l&#8217;évolution du rapport entre &laquo;&nbsp;actifs&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;passifs&nbsp;&raquo; et celle de l&#8217;élévation de l&#8217;espérance de vie pour élever l&#8217;âge légal de départ à la retraite et la durée de cotisation est irrecevable. On prétend le faire au nom de la pure économie.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Mais celle-ci n&#8217;existe pas sans dimension sociale. Ainsi, le coût social du chômage ou du surmenage ne figure pas dans les livres de comptes des entreprises. Pourtant, il existe. Le capitalisme fait semblant de l&#8217;ignorer. Sous son nom pudique de libéralisme, il promeut une économie irresponsable et assistée en laissant ces coûts à la charge de la collectivité : coûts humains, coûts écologiques, coûts sociaux. En détruisant la retraite à 60 ans, le gouvernement impose une honteuse régression sociale. Pour cela il néglige cinq paramètres majeurs.</p>
<p style="text-align: justify">Premier paramètre oublié : l&#8217;écart entre les espérances de vie selon le niveau social. Depuis que l&#8217;âge légal de la retraite a été fixé à 60 ans, en 1981, l&#8217;espérance moyenne de vie a progressé de six ans. Mais pas pour tout le monde. Tous les chiffres convergent : entre un ouvrier et un cadre supérieur, l&#8217;écart d&#8217;espérance de vie s&#8217;est accru pour s&#8217;élever à sept ans. Sept ans, c&#8217;est beaucoup. L&#8217;usure liée à une tâche pénible, voire au stress d&#8217;une rentabilité obsessionnelle, abrège la vie.</p>
<p style="text-align: justify">Pire, l&#8217;espérance de vie en bonne santé n&#8217;est que de 63 ans pour les hommes et 64 pour les femmes, avec un écart de sept ans là aussi entre un ouvrier et un cadre. Dans une société marquée par de telles inégalités, comment peut-on oser dire : <em>&laquo;&nbsp;On vit cent ans ; on ne peut s&#8217;arrêter de travailler à 60.&nbsp;&raquo;</em> Qui vit cent ans ? Pour les plus démunis, qui meurent avant les autres, la retraite à 60 ans est un droit essentiel et une garantie. Point de vue partisan ? Sans doute, autant que son opposé. Mais si une société est juste et bien fondée quand elle réserve aux plus démunis un sort décent, ce point de vue est universel.</p>
<p style="text-align: justify">Deuxième paramètre oublié : le lien entre l&#8217;âge de la retraite et l&#8217;espérance de vie. La pénibilité influe de façon négative sur l&#8217;espérance de vie. Retarder l&#8217;âge de la retraite, dans ce cas, c&#8217;est rendre la mort plus rapide. D&#8217;autant que l&#8217;inégalité devant la maladie et la mortalité s&#8217;est accrue. Les dépassements d&#8217;honoraires et le renchérissement des soins, la privatisation des services publics et les coupes claires dans les budgets sociaux pour faire payer au peuple l&#8217;irresponsabilité des spéculateurs, pèsent lourd sur les personnes les plus démunies.</p>
<p style="text-align: justify">Une nouvelle figure de la misère moderne émerge. L&#8217;affaiblissement du système de santé publique atteint en premier lieu ceux qui ne peuvent le compenser par l&#8217;argent. Bref travaillez plus longtemps, soyez plus stressés par les cadences infernales de la rentabilité, et soyez soignés en proportion de vos moyens : voilà la recette pour faire régresser l&#8217;espérance de vie. Et l&#8217;on voudrait entériner cette régression en faisant sauter le dernier rempart que constitue le droit de partir à la retraite à 60 ans ! Car ce n&#8217;est pas le moduler que de décider d&#8217;emblée de l&#8217;abolir et de lui substituer l&#8217;arbitraire du cas par cas.</p>
<p style="text-align: justify">Troisième paramètre oublié : l&#8217;accroissement de la productivité. Depuis vingt-cinq ans, celle-ci a augmenté de 50 %, selon le chiffre généralement admis de 2 % de progression par an. Un &laquo;&nbsp;actif&nbsp;&raquo; produit dans le même temps beaucoup plus de richesse qu&#8217;un actif de 1985. Qu&#8217;a-t-on fait d&#8217;une telle plus-value ? Faut-il admettre par principe que les gains de productivité du travail ne doivent profiter qu&#8217;au capitalisme, et raisonner sans signaler ces gains ni la monopolisation de la richesse accrue qui a été produite ? Où est le progrès partagé par tous ?</p>
<p style="text-align: justify">Quelle mauvaise conscience pousse les tenants de l&#8217;idéologie dominante à souligner les progrès de l&#8217;espérance de vie et des conditions de travail, comme s&#8217;il s&#8217;agissait de privilèges alors qu&#8217;ils ne constituent qu&#8217;une modeste part du progrès général ? Les privilèges réels sont d&#8217;un autre ordre. Ils sont incommensurables aux droits sociaux conquis de haute lutte. Ils concernent ceux qui jouent leur mobilité dans la luxueuse classe affaire de la mondialisation libérale et n&#8217;éprouvent aucun problème pour prendre soin d&#8217;eux-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify">Quatrième paramètre oublié : l&#8217;écart croissant entre les revenus du travail et ceux du capital. Vingt années de croissance à 2 % l&#8217;an donnent 40 % d&#8217;augmentation de la richesse nationale. Qui en a profité ? Le partage de la valeur ajoutée issue du travail humain de ces vingt dernières années s&#8217;est effectué en faveur du capital, dont les revenus ont progressé bien plus vite que ceux du travail. Ne peut-on mettre à contribution le capital autrement que par une augmentation dérisoire de 1 % pour l&#8217;impôt sur les plus hauts revenus ou par une aumône prélevée sur les dividendes ? En fait le chômage a servi à comprimer les salaires tout en induisant sur le marché du travail un rapport de forces défavorable aux salariés. Et le résultat est là.</p>
<p style="text-align: justify">Les profits du capital ont pris plus de 8 points de richesse nationale aux salaires entre 1983 et 1990. Les plus grandes entreprises du CAC 40 ont affiché des profits record (en 2004, 54 milliards d&#8217;euros, en 2005, 80 milliards, en 2006, 100 milliards), et distribué des dividendes en proportion, alors que les salaires étaient gelés. Pour Total, les dividendes versés ont grimpé de 15 % et les salaires de 2,2 %, pour la Société générale, les chiffres sont respectivement de 32 % et de 2,7 % ; pour Renault, de 28,5 % et de 4,6 % (pour 2004-2005)&#8230; (selon <em>Les Echos</em> et <em>La Tribune</em>). Les machines ont remplacé les hommes. Mais on persiste à ne faire cotiser que les travailleurs. Ainsi malgré des gains de productivité qui compensent le déséquilibre démographique, le déficit des retraites s&#8217;est accru. Il est plus que temps de mettre à contribution les revenus du capital.</p>
<p style="text-align: justify">Cinquième paramètre oublié : la pression du chômage sur le coût du travail. Il est paradoxal d&#8217;en appeler à un allongement du travail alors que le chômage se maintient autour de 10 % et qu&#8217;il frappe nombre de seniors remplacés par des personnes plus jeunes et moins payées. Les services publics et la Sécurité sociale, gages d&#8217;une bonne santé de toute la population, sont sacrifiés. Saisissant contraste avec les parachutes dorés et autres stock-options de ces professeurs d&#8217;austérité qui ne se l&#8217;appliquent pas à eux-mêmes ! Si le taux de chômage officiel était réduit de moitié, le déficit des retraites, grâce aux cotisations de ceux qui auraient retrouvé un emploi, serait lui aussi réduit de moitié.</p>
<p style="text-align: justify">Laurence Parisot, la présidente du Medef, a osé déclarer :<em> &laquo;&nbsp;L&#8217;amour et la santé sont précaires. Pourquoi le travail devrait-il échapper à la loi ?&nbsp;&raquo;</em> Cet éloge de la précarité qui comprime les coûts salariaux en dit long sur l&#8217;idéologie qui se déguise en science économique pour mieux nous en imposer. C&#8217;est la même personne qui vient d&#8217;affirmer que la retraite à 60 ans était une illusion et qui n&#8217;a pas de mots assez durs pour les 35 heures !</p>
<p style="text-align: justify">Réfléchissons. Le programme de l&#8217;ultralibéralisme a déjà existé, avant les lois sociales conquises dans le sang et les larmes. C&#8217;était au XIX<sup>e</sup> siècle&#8230; En Europe, en 1837, la semaine de travail durait environ 72 heures. Et l&#8217;espérance de vie pour les ouvriers était en moyenne de 43 ans. Chaque dimanche était jour d&#8217;aumône. Le fameux supplément d&#8217;âme d&#8217;un monde sans âme. Est-ce le retour à cet âge d&#8217;or du capitalisme que veulent nos dirigeants ? Qui peut encore prétendre que la lutte des classes est d&#8217;un autre âge ?</p>
<p>* Henri Pena Ruiz, philosophe et écrivain, membre du Parti de gauche.</p>
<p><strong>Source</strong> : Le Monde édition du 25.06.10 (Journal électronique)</p>
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		<title>L&#8217;évêque et les centres de rétention administrative</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/24/leveque-et-les-centres-de-retention-administrative/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 08:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[
L’archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, doit effectuer prochainement une visite pastorale au centre de rétention de Cornebarrieu. Il a répondu aux questions de La Croix.



La Croix : Pourquoi souhaitez-vous visiter le centre de rétention administrative de Cornebarrieu, ouvert en juin 2006 aux portes de Toulouse ?

Mgr Robert Le Gall : Cette démarche s’inscrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
<p><em>L’archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, doit effectuer prochainement une visite pastorale au centre de rétention de Cornebarrieu. Il a répondu aux questions de La Croix.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/cra1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2864" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/cra1.jpg" alt="" width="346" height="260" /></a><br />
</em></p>
<h3>
<p style="text-align: justify"><em>La Croix</em> : Pourquoi souhaitez-vous visiter le centre de rétention administrative de Cornebarrieu, ouvert en juin 2006 aux portes de Toulouse ?</p>
</h3>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Robert Le Gall</strong> : Cette démarche s’inscrit dans le cadre du soutien que j’apporte aux « cercles de silence » lancés fin 2007 par les frères franciscains sur la place du Capitole à Toulouse. Ils manifestent ainsi, tous les mois, en silence et par leurs prières, leur solidarité humaine et spirituelle avec les sans-papiers. J’avais donné au départ mon aval à cette initiative, en les mettant en garde cependant contre toute tentative d’instrumentalisation.</p>
<p>Depuis bientôt trois ans, ce mouvement désormais présent dans de nombreuses villes en France trouve le ton juste pour alerter les pouvoirs publics sur la condition des personnes retenues. Je veux prolonger cette démarche par une visite à Cornebarrieu pour réitérer une demande, faite l’an dernier au plan national, concernant la présence de représentants des religions, et pas seulement catholiques, au sein de ces centres de rétention.</p>
<h3 style="text-align: justify">Quelle réponse a reçu cette demande ?</h3>
<p style="text-align: justify">Immédiatement négative. L’administration argue du fait que les personnes retenues ne sont que de passage dans les centres et qu’il est donc difficile d’organiser des rencontres avec des représentants religieux.</p>
<p>Mais la durée maximale de rétention peut atteindre 32 jours, et même 45 jours à l’avenir. Je dis que l’épreuve d’une attente de retour forcé au pays, pour des familles et des enfants de plus en plus nombreux, crée des situations d’angoisse durant lesquelles un secours spirituel me paraît opportun et nécessaire.</p>
<p>J’espère que ma démarche, avec le soutien notamment des évêques de Montauban, Pamiers et Strasbourg, permettra d’avancer en ce sens. On pourrait envisager pour l’Église une aumônerie des centres de rétention administrative de France.</p>
<h3 style="text-align: justify">On peut aussi penser que votre démarche a une dimension politique…</h3>
<p style="text-align: justify">Certainement pas. Je tiens d’ailleurs à saluer sincèrement les efforts faits par les services de la préfecture pour la régularisation de certains sans-papiers. Je sais, pour être en contact régulier avec le préfet à Toulouse, qu’ils travaillent aussi avec leur cœur, mais avec des marges de manœuvre limitées par ce qu’il faut malheureusement appeler une politique du chiffre.</p>
<p>Je sais parfaitement les problèmes insolubles que pose l’immigration, sauf à travailler durablement à des rapports Nord-Sud plus justes. En visitant Cornebarrieu, je ne veux pas tonitruer, mais je ne viendrai pas non plus en catimini.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’une visite officielle mais d’une visite pastorale au titre de la compassion, au nom de ma foi et de celle des personnes retenues. Mon initiative s’inscrit aussi dans une attention de fond qui me paraît essentielle aujourd’hui, une préoccupation générale sur toutes les nouvelles formes de pauvreté et de précarité.</p>
<p><strong></strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Recueilli par Jean-Luc FERRÉ, à Toulouse</strong></p>
<p style="text-align: right">source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2430117&amp;rubId=4078</p>
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		<title>Retraites Quelle conception de l’Homme ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/22/retraites-quelle-conception-de-l%e2%80%99homme/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 16:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[
Inquiétude, colère, sentiment d’injustice sont exprimés par les travailleurs, à l’annonce du projet gouvernemental sur les retraites. L’Action catholique ouvrière entend et partage ces réactions.
La retraite par répartition repose sur une vision solidaire de la société : les actifs payent des cotisations qui sont réparties entre les retraités. Cette répartition a pour résultat un transfert [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/250_1000_-p5290285.jpg"><img class="size-full wp-image-2855 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/250_1000_-p5290285.jpg" alt="" width="250" height="188" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Inquiétude, colère, sentiment d’injustice sont exprimés par les travailleurs, à l’annonce du projet gouvernemental sur les retraites. L’Action catholique ouvrière entend et partage ces réactions.</p>
<p style="text-align: justify">La retraite par répartition repose sur une vision solidaire de la société : les actifs payent des cotisations qui sont réparties entre les retraités. Cette répartition a pour résultat un transfert du pouvoir d&#8217;achat entre générations. Elle repose sur une conception du travail au service de l’Homme.</p>
<p style="text-align: justify">La réforme des retraites voulue par le gouvernement va accroître la régression sociale. Elle rejette d’emblée la seule solution équitable : une réforme globale du système économique qui ait pour finalité le service de l’Homme, une vraie reconnaissance de son travail, une juste répartition des richesses, un système de solidarité équilibré entre les actifs et les retraités.</p>
<p style="text-align: justify">Cette réforme est foncièrement injuste puisqu’elle fait reposer sur les salariés 85 % des déficits générés par la crise. La contribution supplémentaire demandée aux hauts revenus et aux revenus du capital reste purement symbolique.</p>
<p style="text-align: justify">Elle est cynique puisqu’elle pénalise d’abord les travailleurs, en priorité les femmes, les jeunes, les demandeurs d’emploi, les seniors, forcés par le système lui-même à la précarité et au chômage. Elle refuse de prendre en compte de manière globale la pénibilité de certains métiers dont on sait pourtant qu’ils cassent les corps et parfois même le goût de vivre.</p>
<p style="text-align: justify">Elle est vaine parce qu’elle ne résout pas la question du financement des retraites à long terme et ne prépare pas un bel avenir à nos enfants.</p>
<p style="text-align: justify">Elle est inacceptable car elle dévalorise la vie de l’Homme en le réduisant à un outil de production, sans aucune considération pour son développement personnel, son investissement familial, social, culturel&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">Exploiter l’Homme au travail, l’user et l’anéantir au service de la finance et de l’enrichissement de quelques-uns, tel n’est pas le projet de Dieu pour l’Humanité. Ce Dieu auquel nous croyons veut une vie pleine et épanouie pour chacun, au service du vivre ensemble, une vie où tous soient respectés dans leur dignité.</p>
<p style="text-align: justify">L’Action catholique ouvrière appelle chacun et chacune à participer activement à la résistance. Mobilisons-nous massivement, répondons aux appels unitaires des organisations syndicales, relayons ce message auprès de nos compagnons de travail et de vie. Nous mettons notre espérance dans la lutte collective.</p>
<p style="text-align: justify">Résistons, espérons, ensemble choisissons la vie&#8230; une vie équitable pour tous !</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right"><em>Paris, le 18 juin 2010</em></p>
<p style="text-align: right"><em>http://www.acofrance.fr/ressources/10167/15/1.pdf</em></p>
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		</item>
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		<title>En condamnant l&#8217;Europe à l&#8217;austérité, l&#8217;Allemagne se fragilise elle-même, par André Grjebine</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/19/en-condamnant-leurope-a-lausterite-lallemagne-se-fragilise-elle-meme-par-andre-grjebine/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 12:32:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[La crise actuelle n&#8217;est pas un simple accident de parcours que l&#8217;on pourrait exclusivement attribuer à la mauvaise gestion de la Grèce et d&#8217;autres &#171;&#160;pays du Sud&#160;&#187; et aux comportements erratiques des marchés financiers. Elle est le révélateur du malentendu fondateur de la construction monétaire européenne.
Au moment de la création de l&#8217;euro, chacun a fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La crise actuelle n&#8217;est pas un simple accident de parcours que l&#8217;on pourrait exclusivement attribuer à la mauvaise gestion de la Grèce et d&#8217;autres &laquo;&nbsp;pays du Sud&nbsp;&raquo; et aux comportements erratiques des marchés financiers. Elle est le révélateur du malentendu fondateur de la construction monétaire européenne.</p>
<p>Au moment de la création de l&#8217;euro, chacun a fait semblant de ne pas comprendre ce qu&#8217;il pouvait attendre de ses partenaires. L&#8217;Allemagne n&#8217;a accepté de renoncer au mark qu&#8217;en échange de leur alignement sur sa propre rigueur, bref de la création d&#8217;une sorte de mark européen. La France a souscrit aux règles de Maastricht en pensant qu&#8217;elle n&#8217;aurait jamais à les appliquer, en négligeant que l&#8217;Allemagne ne cesserait de lui rappeler les termes d&#8217;un traité signé avec quelque légèreté.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/drapeaux-europe-27.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2852" title="drapeaux-europe-27" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/drapeaux-europe-27.jpg" alt="" width="470" height="303" /></a></p>
<p>Ce faisant, les uns et les autres n&#8217;ont pas pris en compte les différences fondamentales entre les pays, que l&#8217;union monétaire n&#8217;a fait qu&#8217;accentuer. En supprimant le risque de change, elle favorise les délocalisations et la spécialisation entre pays, les entreprises de chacun d&#8217;eux n&#8217;ayant plus à craindre les effets d&#8217;une variation du taux de change sur leurs prix à l&#8217;exportation et donc leur rentabilité. Ces spécialisations renforcent l&#8217;hétérogénéité des pays et la divergence des niveaux de vie.</p>
<p>Sa spécialisation favorable a permis à l&#8217;Allemagne de compenser une demande domestique faible : dans la période 1999-2007, celle-ci n&#8217;a augmenté que de 0,6 % par an (contre 1,7 % dans l&#8217;ensemble de la zone euro, 2,7 % en France&#8230; et 4,2 % en Grèce). Sa contribution à la croissance (1,6 %) était donc réduite. Si les partenaires européens de l&#8217;Allemagne avaient suivi ses conseils, non seulement, leur croissance aurait été encore plus faible et leur chômage plus élevé, mais cette évolution aurait déteint sur l&#8217;ensemble de la zone euro, y compris sur l&#8217;Allemagne.</p>
<p>La &laquo;&nbsp;rigueur&nbsp;&raquo; n&#8217;est acceptable pour le peuple allemand que parce qu&#8217;elle a pour contrepartie une politique néomercantiliste, c&#8217;est-à-dire une croissance &laquo;&nbsp;tirée&nbsp;&raquo; par l&#8217;exportation : en 2007, l&#8217;excédent courant allemand atteignait 192 milliards d&#8217;euros, soit 7,9 % du PIB. Dans ces conditions, il est étrange que l&#8217;Allemagne scie la branche sur laquelle elle est assise en recommandant à ses partenaires d&#8217;adopter des politiques de rigueur dans une conjoncture déjà atone.</p>
<p>La pression des marchés est sans cesse évoquée pour imposer des plans de rigueur. Cette crainte est parfaitement justifiée pour chaque pays pris séparément, a fortiori quand l&#8217;Allemagne prend les devants en adoptant une vigoureuse politique d&#8217;austérité. On peut quand même se demander si une plus grande solidarité financière entre pays de l&#8217;Union européenne ne permettrait pas de contourner l&#8217;obstacle.</p>
<p>C&#8217;est largement dans cette optique que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de se porter garante des emprunts publics émis par des pays en difficulté de la zone euro, malgré les réticences des autorités allemandes. Logiquement, l&#8217;étape suivante devrait être de rééchelonner les dettes de ces pays pour leur permettre de réduire progressivement leur endettement public sans sombrer dans la récession, ni y substituer un endettement privé autrement plus risqué. De surcroît, une telle stratégie devrait réduire les écarts de taux d&#8217;intérêt auxquels les pays européens peuvent se financer, sous réserve évidemment que les déclarations intempestives des autorités allemandes cessent d&#8217;attiser la spéculation.</p>
<p>Ce mécanisme de solidarité financière entre pays de la zone euro pourrait-il provoquer un effet d&#8217;éviction ou d&#8217;inflation ? Il ne devrait pas avoir d&#8217;effet d&#8217;éviction tant que les investissements privés sont faibles comme c&#8217;est actuellement le cas. Par ailleurs, le déficit budgétaire peut résulter de dépenses &#8211; ou d&#8217;une réduction des recettes publiques &#8211; favorables aux entreprises. De même, un effet inflationniste n&#8217;apparaîtrait que si la création monétaire se traduisait par une augmentation de la demande sensiblement supérieure à la croissance potentielle. Non seulement on en est loin, mais de surcroît, une neutralisation progressive des achats d&#8217;emprunts publics par la BCE pourrait annihiler d&#8217;éventuelles tensions.</p>
<p>Reste à se poser la question délicate de la limitation d&#8217;un endettement public non conjoncturel comme l&#8217;a été initialement celui de la Grèce. Un organisme de contrôle européen a été envisagé. Un pays peut-il accepter de soumettre son budget au contrôle d&#8217;un organisme non élu ? Le gouvernement économique préconisé notamment par la France serait un premier pas dans le sens d&#8217;un contrôle plus démocratique. L&#8217;acceptation d&#8217;un tel contrôle européen pourrait être la condition de l&#8217;éligibilité d&#8217;un Etat aux rachats de ses emprunts publics par la BCE.</p>
<p>En réalité, il est douteux que la zone euro puisse survivre durablement sans un mécanisme de rééquilibrage qui compense les déséquilibres courants par des flux de capitaux. Tous les pays ne peuvent pas être excédentaires. Par définition, pour que les uns aient des excédents, il faut que les autres aient des déficits. C&#8217;est ce qu&#8217;a compris la Chine, à l&#8217;échelle mondiale, qui accumule les réserves en dollars et finance ainsi à la fois les importations américaines de produits chinois, et la croissance des Etats-Unis, stimulée par une politique budgétaire expansionniste qui assure le développement de leurs importations.</p>
<p>Au sein de la zone euro, ce mécanisme de rééquilibrage peut s&#8217;instaurer spontanément. Dans cette optique, les pays excédentaires accepteraient un partage des tâches au sein de l&#8217;Union, en considérant qu&#8217;il leur incombe d&#8217;investir leurs excédents courants dans les pays déficitaires, ce qui favorisera le développement, et à terme le rattrapage de ces derniers. C&#8217;est le processus qui fonctionne au sein d&#8217;un pays où personne ne s&#8217;occupe de connaître l&#8217;ampleur des excédents et des déficits entre régions. La seule différence &#8211; mais elle est psychologiquement de taille &#8211; réside dans la publication des balances de paiements des pays européens, contrairement à ce qui se fait entre l&#8217;Auvergne, la Bretagne et l&#8217;Ile-de-France par exemple.</p>
<p>Ce partage des tâches peut également être institutionnalisé par la création d&#8217;un mécanisme de solidarité qui assure une péréquation entre les pays économiquement les mieux armés et ceux qui sont plus fragiles. Ce mécanisme devrait également coordonner les politiques budgétaires. Encore faut-il comprendre cette exigence, non comme une soumission de tous les Etats membres à des règles de fonctionnement budgétaire communes, telles qu&#8217;elles ont été définies à Maastricht, mais comme une politique commune prenant en compte la diversité des chocs conjoncturels auxquels sont soumis les Etats de l&#8217;Union.</p>
<p>Cette coordination devrait donc conduire à exiger que les pays excédentaires relancent davantage leur économie que les autres et soutiennent ainsi la croissance de l&#8217;ensemble, sans provoquer de déséquilibres excessifs des balances courantes.</p>
<p>L&#8217;Allemagne devrait ainsi se recentrer progressivement sur son marché intérieur. Elle pourrait ainsi relancer sa demande domestique, par exemple par une augmentation des salaires trop longtemps contenus. Elle serait bien inspirée de procéder à ce changement de cap, avant que la crise ne s&#8217;aggrave et devienne incontrôlable. L&#8217;expérience japonaise devrait pour le moins être méditée.</p>
<p>En fin de compte, il est probable que les pays européens s&#8217;enfonceront dans la crise tant qu&#8217;ils ne seront pas convaincus que, comme le disait Keynes, les pays excédentaires sont aussi responsables des déséquilibres que les pays déficitaires. L&#8217;Allemagne n&#8217;a jamais oublié le traumatisme infligé par l&#8217;hyperinflation qui a marqué la République de Weimar (1919-1933). Mais peut-on pour autant accepter qu&#8217;elle impose la stagnation et le chômage à ses partenaires ? Ce sont pourtant ces phénomènes qui ont fait le lit des régimes totalitaires qu&#8217;ont connus les Européens dans les années 1930.</p>
<p>Auteur : André Grjebine, directeur de recherche à Sciences Po, Centre d&#8217;études et de recherches internationales (CERI)<br />
Source : <em><a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank">Le Monde</a></em>, édition du 17.06.10</p>
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		<title>L&#8217;euro : notre monnaie, notre problème, par Béatrice Majnoni d&#8217;Intignano</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 12:19:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Les marchés, et c&#8217;est leur rôle, ont sonné la fin de la &#171;&#160;récré&#160;&#187;. Les grands gourous, de Joseph Stiglitz à Paul Volcker en passant par Paul Krugman, suggèrent que notre monnaie, face à sa première crise, doit passer le test de survie. L&#8217;euro est-il menacé ? Surement pas. Imagine-t-on l&#8217;effroyable pagaille qu&#8217;engendrerait un retour à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les marchés, et c&#8217;est leur rôle, ont sonné la fin de la &laquo;&nbsp;récré&nbsp;&raquo;. Les grands gourous, de Joseph Stiglitz à Paul Volcker en passant par Paul Krugman, suggèrent que notre monnaie, face à sa première crise, doit passer le test de survie. L&#8217;euro est-il menacé ? Surement pas. Imagine-t-on l&#8217;effroyable pagaille qu&#8217;engendrerait un retour à une monnaie nationale dans un ou quelques pays : manque de pièces et billets, réécriture des données bancaires et comptables, dévaluation, explosion de l&#8217;endettement, sortie des capitaux, envolée des taux d&#8217;intérêt, solitude ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/majnoni-d-intignano.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2848" title="majnoni-d-intignano" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/majnoni-d-intignano.jpg" alt="" width="116" height="85" /></a></p>
<p>Après avoir vu l&#8217;euro trop fort on observe sa désescalade avec effroi. La vérité est qu&#8217;il redescend vers une valeur normale. Les grandes monnaies fluctuent autour de leur parité de pouvoir d&#8217;achat ; plus on s&#8217;en éloigne et plus la probabilité d&#8217;y revenir augmente. La valeur à parité de pouvoir d&#8217;achat de l&#8217;euro par rapport au dollar est entre 1,15 dollar et 1,2 dollar, soit une marge de fluctuation supportable pour les opérateurs commerciaux (plus ou moins 20 %) comprise entre 0,90 dollar et 14 dollars. On y revient et chacun devrait donc s&#8217;en réjouir. Les entreprises peuvent se protéger du risque de change entre ces valeurs ; en dehors, elles souffrent, comme Airbus ou Thalès ces dernières années, dont les marchés sont négociés à long terme et en dollar.</p>
<p>L&#8217;euro, après être né à 1,17 dollar, soit à sa parité, est sorti de cette marge entre 1999 et 2001, baissant jusqu&#8217;à 0,82 dollar, quand sa crédibilité restait mise en doute. Puis entre 2003 et 2007, il est devenu trop fort, flirtant avec les 1,6 dollar. Devenu crédible, dans une zone en équilibre, d&#8217;emblée seconde monnaie mondiale, et de loin, principal succès récent des Européens, ayant marginalisé la livre sterling, le yen et le franc suisse… Il a alors attiré les capitaux à la recherche de diversification. Un attrait renforcé par la courte période où les taux d&#8217;intérêt européens sont restés supérieurs à ceux des Etats-Unis (2007-08) qui a fait s&#8217;apprécier l&#8217;euro hors de toute raison. Il faut donc se réjouir de sa baisse, souhaitable pour notre industrie, et accepter que notre monnaie flotte. Cette baisse est dans l&#8217;ordre des choses en période de faible conjoncture. Elle fournit un relai de croissance par les exportations, surtout à notre industrie et à notre tourisme, et sauve les pays du Sud en leur redonnant un peu de compétitivité. Toutefois les mouvements de capitaux nous disent que l&#8217;euro n&#8217;est pas resté, selon le souhait de ses concepteurs et celui de la Banque centrale européenne, une monnaie régionale. Il s&#8217;internationalise depuis quelques années. Il faudra donc le gérer comme une monnaie internationale, c&#8217;est-à-dire agir sur son taux de change avec le dollar et le yuan. Les traités fondateurs attribuent cette responsabilité à l&#8217;Eurogroupe qui la dédaigne, ou la craint ? Là aussi, la fin de la &laquo;&nbsp;récré&nbsp;&raquo; sonnera un jour et l&#8217;Europe devra faire face. L&#8217;euro est aussi devenu, volens nolens, l&#8217;étalon de mesure du dollar, faute de concurrent pour cette fonction. Or le dollar joue au yo-yo selon la conjoncture, il faudra s&#8217;y faire.</p>
<h3>LA ZONE EURO SOUFFRE DE QUATRE FAIBLESSES AUXQUELLES TOUTE STRUCTURE PLUS FÉDÉRALE DEVRA RÉFLÉCHIR</h3>
<p>La rédaction déplorable du pacte de stabilité et de croissance de 1997 qui limite à 3 % du PIB le déficit public. En période de croissance, c&#8217;est trop laxiste ; en période de récession, trop exigeant. Le budget public devrait s&#8217;équilibrer sur l&#8217;ensemble d&#8217;un cycle : excédent engrangé grâce à la croissance ; déficit plus conséquent pour relancer en période de récession comme l&#8217;illustre la crise actuelle. Il faut surtout s&#8217;inquiéter d&#8217;un déficit structurel durable, ce dont souffre la France. Et, enfin, de l&#8217;incapacité à couvrir les dépenses publiques courantes par des recettes courantes. Tous nos étudiants savent cela, qu&#8217;hommes politiques et grands médias font semblant d&#8217;ignorer. La France, au mépris des appels de l&#8217;Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à laissé jouer les stabilisateurs automatiques, a appelé ses excédents conjoncturels &laquo;&nbsp;Cagnotte&nbsp;&raquo;. Imbécillité donnant l&#8217;occasion à la droite et à la gauche de s&#8217;affronter sur son emploi au lieu de les engranger comme marge de manœuvre pour la prochaine récession ! Les propositions actuelles restent simplistes et donc inconséquentes.</p>
<p>Ensuite la zone euro ne peut se reposer sans fin sur ses membres vertueux. Les pays dégageant un excédent de leurs échanges extérieurs (Allemagne, Pays-Bas, Finlande et Belgique) ont rendu les déficits des autres (France, Espagne, Italie…) indolores. La balance des paiements de la zone est ainsi équilibrée, évitant les pressions sur l&#8217;euro. Mais des modèles de croissance aussi différents, fondés chez les premiers sur la modération des salaires et l&#8217;exportation, et chez les seconds sur la consommation favorisée par des hausses de salaries agressives et/ou le crédit, peuvent-ils durablement cohabiter ? Certes, les pays en rattrapage comme l&#8217;Espagne, le Portugal ou l&#8217;Irlande ont besoin de temps et de souplesse. Ils ont bénéficié de la baisse des taux d&#8217;intérêt (de plus de 10 % à quelques pourcents) et des fonds structurels. Ils ont alors confondu la classe supérieure avec la récréation. Jusqu&#8217;à quand les Allemands voudront-ils bien travailler pour eux ? Personne ne se le demandait et ils ont raison de le rappeler.</p>
<p>La politique de taux d&#8217;intérêt unique de la BCE exige des ajustements nationaux. Pendant des années l&#8217;Allemagne, ayant moins d&#8217;inflation, a subi des taux d&#8217;intérêt réels positifs (taux de la BCE moins l&#8217;inflation), d&#8217;où moins de croissance et d&#8217;emploi. L&#8217;Espagne, ayant plus d&#8217;inflation, bénéficiait, elle, de taux réels négatifs, favorisant un excès de crédit à la consommation et à l&#8217;habitat qui a nourri la bulle immobilière et des créations d&#8217;emploi artificielles. Il faut dans ces cas une politique budgétaire plus expansive outre-Rhin et plus restrictive outre-Pyrénées.</p>
<p>L&#8217;objectif d&#8217;inflation de la zone euro est irréaliste pour une zone aussi large et disparate. Une moyenne de 2 % signifie forcément de la déflation dans certains pays ou secteurs comme l&#8217;industrie. Plus de souplesse serait la bienvenue.</p>
<p>La mode reste à relire et commenter Keynes et ses recettes de relance par la dépense publique. Irving Fisher et Paul Kindleberger, les analystes des bulles et des déflations qu&#8217;elles génèrent, sont inconnus du grand public. L&#8217;euro est le grand succès de l&#8217;Europe. La sagesse des réactions de la BCE face à la crise a fait taire toutes les critiques injustifiées à son égard. Mais la crise des finances publiques met la zone devant ses responsabilités face aux quatre difficultés évoquées. Les endosser exigera un peu d&#8217;analyse et de pédagogie et du courage politique de la part de l&#8217;Eurogroupe. L&#8217;euro est notre monnaie, c&#8217;est aussi notre problème !</p>
<p><strong>Auteur : Béatrice Majnoni d&#8217;Intignano,  économiste, professeure à l&#8217;université Paris-XII, auteure de <em>L&#8217;euro, notre monnaie, notre problème</em> (2008).<br />
Source : <em><a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank">Le Monde</a></em>, édition du 17.06.10.</strong></p>
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		<title>La réforme du système monétaire international, par Gaspard-Hubert Lonsi Koko</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 12:04:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont l&#8217;intention de demander une accélération de la régulation financière, au sommet du G20 qui se tiendra à la fin du mois de juin à Toronto. Ainsi veulent-ils relancer le débat sur le financement des opérations de sauvetage du secteur bancaire récemment rejeté par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont l&#8217;intention de demander une accélération de la régulation financière, au sommet du G20 qui se tiendra à la fin du mois de juin à Toronto. Ainsi veulent-ils relancer le débat sur le financement des opérations de sauvetage du secteur bancaire récemment rejeté par les ministres des finances dont les pays sont membres de ce groupe. Certes, l&#8217;idée d&#8217;une taxe sur les transactions financières internationales est très louable. Mais elle semble peu audacieuse, car le problème de fond reste la réforme du système monétaire internationale.</p>
<h3>DES MESURES IDOINES SANS ENTRAVER LES ÉCHANGES INTERNATIONAUX</h3>
<p>En effet, sous le prétexte de la nécessité de verser des bakchichs à l&#8217;étranger – ce qui est officiellement autorisé pour favoriser l&#8217;exportation – il est toujours possible de se partager en toute discrétion une partie de ces pots-de-vins avec les destinataires. Outre ce délit de corruption, beaucoup de grosses entreprises ont recours aux sociétés offshore, pour ce qui est de leurs profits. Cela a été reproché, entre autres, à Didier Pinault Valencienne par ses actionnaires belges minoritaires. Au prochain sommet du G20, il faudra non seulement veiller à rendre ces pratiques impossibles, mais surtout préconiser des mesures favorables à l&#8217;augmentation du nombre de juges efficaces dans l&#8217;espoir de prendre des décisions appropriées.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Gaspard-Hubert-Lonsi-Koko.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2843" title="Gaspard-Hubert Lonsi Koko" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Gaspard-Hubert-Lonsi-Koko-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a></p>
<p>Dans un environnement où les taux de change ou d&#8217;intérêts sont exclusivement déterminés par les mouvements de capitaux, et non plus par les données économiques, les spéculateurs sont en proie à un effet d&#8217;anticipation dangereux. Cela nécessite, de la part des principaux établissements financiers, de renforcer les outils d&#8217;intervention. Il faudra que le prochain G20 prenne des mesures concrètes afin de contrôler davantage l&#8217;émission incontrôlée de liquidités dans le monde, laquelle a nourri une vague spéculative sans précédent. Tant que cela ne sera pas fait, l&#8217;endettement continuera et la menace de l&#8217;effondrement brusque de l&#8217;économie mondiale persistera. Il est donc indispensable de restituer aux seules banques centrales la mission d&#8217;émettre de la monnaie, et de contrôler les mouvements de capitaux sans pour autant entraver l&#8217;expansion des échanges internationaux.</p>
<h3>LA STABILISATION DES MOUVEMENTS DE CAPITAUX POUR MIEUX COMBATTRE LA SPÉCULATION</h3>
<p>Aujourd&#8217;hui, pour un dollar commercial transitant d&#8217;un pays à l&#8217;autre, 50 à 100 bougent sans transaction commerciale sous-jacente. Il faut donc combattre et freiner réellement ces mouvements spéculatifs, massifs, qui compromettent l&#8217;économie de chaque pays et sa stabilité. Les remèdes peuvent être trouvés au niveau de chaque pays, mais le plus efficace reste une solution globale qui suppose un accord, au minimum, entre les pays membres du G20.</p>
<p>En tout cas, une initiative peut être prise unilatéralement. Elle consiste à imposer, pays par pays, un contrôle des positions de change sur les capitaux spéculatifs. Les banques seraient obligées, au moins pour les comptes de clients non résidents, &laquo;&nbsp;à boucler&nbsp;&raquo; tous les soirs leurs positions de change – sauf, bien sûr, pour ce qui correspond à des règlements commerciaux réels. C&#8217;est donc une sorte de contrôle des changes, réservé aux marchés &laquo;&nbsp;dérivés&nbsp;&raquo;. Cela se pratique déjà en Europe, notamment en Espagne et en Irlande. Il sera indispensable, bien sûr, d&#8217;instaurer aussi cette pratique en France. En plus de cette méthode applicable pays par pays, il faut taxer forfaitairement, par exemple à un pour mille, tous les mouvements de capitaux qui ne seraient pas justifiés par des transactions commerciales réelles.</p>
<p>Une telle taxe donnerait un coût aux mouvements de capitaux spéculatifs ainsi qu&#8217;aux marchés &laquo;&nbsp;dérivés&nbsp;&raquo; et procurerait des ressources fiscales que l&#8217;on pourrait prévoir, par ailleurs, d&#8217;attribuer aux Nations unies. Ainsi, cette solution – qui suppose, comme cela a été souligné, un accord minimum entre les pays du groupe des G20 – serait le résultat d&#8217;un accord international. Le système monétaire international étant en quête de stabilité, il faut d&#8217;urgence stabiliser les mouvements de capitaux et combattre la spéculation.</p>
<h3>SURVEILLANCE MULTILATÉRALE ET COLLECTIVE DE LA STABILITÉ MONÉTAIRE MONDIALE</h3>
<p>Comme aucun pays ne peut s&#8217;isoler de l&#8217;influence des autres, la stabilité monétaire ne peut être que conjointe. S&#8217;il en est ainsi, les taux de change pourront demeurer flexibles afin d&#8217;absorber les variations asymétriques, mais les mouvements de capitaux devraient être le plus souvent stabilisants. En outre, la concertation des banques centrales à court terme, pour manier les taux d&#8217;intérêts et intervenir conjointement en vue de briser les attaques spéculatives, seraient plus efficaces parce qu&#8217;elles se feraient sur une base plus claire. On peut toutefois se demander quelle impulsion pourrait conduire les autorités monétaires à s&#8217;engager dans cette voie sur le plan mondial. Car il ne s&#8217;agit, en fait, que des entités indépendantes, les unes des autres, qui acceptent une auto-limitation de l&#8217;exercice de leur pouvoir monétaire, en vue de préserver le bien public général et la stabilité monétaire mondiale. C&#8217;est exactement pourquoi il faut établir une véritable Constitution du système monétaire international, comme l&#8217;étaient déjà les anciens accords de Bretton Woods.</p>
<p>Pour qu&#8217;une attitude propice à cette évolution apparaisse, il faut qu&#8217;un intérêt commun soit perçu, en dépit des multiples finalités socio-économiques qui nourrissent les politiques individuelles de chaque banque centrale. Les initiatives monétaires allant dans le sens des Unions économiques monétaires (UEM) peuvent y aider. Mais cette solution sera loin de couvrir tous les problèmes macro-économiques à l&#8217;échelle planétaire. Par exemple, les politiques de change des pays asiatiques pèsent sur le prix du travail, et menacent l&#8217;emploi dans les pays occidentaux. C&#8217;est pourquoi une approche multilatérale devient indispensable, pour que les évolutions des taux de change réels ne provoquent pas des distensions de concurrence intolérables.</p>
<p>Cette approche serait conforme aux statuts du Fond monétaire international. Il s&#8217;agirait d&#8217;une surveillance multilatérale et collective de la stabilité monétaire mondiale. Ainsi, dans le domaine financier, chaque Etat aura un devoir impérieux de réflexion et d&#8217;audace. L&#8217;avenir économique du monde, donc, également, son avenir social, en dépend. Seul un système réformiste pourra s&#8217;en donner les moyens.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko, président d&#8217;Union du Congo, auteur de plusieurs ouvrages dont </strong><strong><em>Un nouvel élan socialiste. Socialisme, un combat permanent.<br />
</em>Source : <em><a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank">Le Monde</a></em>, édition du 17.06.10.</strong></p>
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		<title>L&#8217;égalité des sexes reste à conquérir, par Geneviève Fraisse</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 11:49:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretien avec...]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Dilemme de la démocratie aujourd&#8217;hui, celui du dire et du faire, ironique décalage avec la pensée marxiste, plutôt attentive au rapport entre théorie et pratique. Dilemme parce que le lien entre dire et faire, entre faire et dire, est largement escamoté dans le discours politique.
Quand dire, c&#8217;est faire : le care, soin, souci, sollicitude, dit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dilemme de la démocratie aujourd&#8217;hui, celui du dire et du faire, ironique décalage avec la pensée marxiste, plutôt attentive au rapport entre théorie et pratique. Dilemme parce que le lien entre dire et faire, entre faire et dire, est largement escamoté dans le discours politique.</p>
<p>Quand dire, c&#8217;est faire : le <em>care</em>, soin, souci, sollicitude, dit le projet d&#8217;une société solidaire, dit le commun des êtres humains plutôt que leur solitude d&#8217;atomes sociaux. Dire ce lien renouvellerait le paradigme social ; énoncé magique où un dire produirait une réalité nouvelle. Or, justement, dire ce n&#8217;est pas faire. Car le faire ne ressemble pas au dire. Qui pratique le soin des vulnérables ? Une population elle-même vulnérable.</p>
<p>Car faire le soin est la tâche des femmes : 97 % des salariés du &laquo;&nbsp;service à la personne&nbsp;&raquo; par exemple ; temps partiel, pauvreté à l&#8217;horizon, retraite hypothétique pour beaucoup. Le faire du soin, indissociable de l&#8217;activité de service, n&#8217;a rien d&#8217;un rêve politique. Faire le soin indique le gisement d&#8217;emplois propice aux solutions économiques ; ce qui n&#8217;empêche nullement de réduire le nombre des infirmières. Le service domestique de jadis s&#8217;est transformé en &laquo;&nbsp;service à la personne&nbsp;&raquo;. Et vous avez dit subversif ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/genevieve-fraisse.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2839" title="genevieve-fraisse" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/genevieve-fraisse.jpg" alt="" width="300" height="444" /></a></p>
<p>Sous-emploi des femmes, ai-je dit ; et retour en arrière assuré pour leur émancipation&#8230; L&#8217;autonomie des femmes est encore une conquête à venir, bien plus qu&#8217;un moment libéral à dépasser ! La critique de l&#8217;individualisme libéral oublie que l&#8217;autonomie socio-économique des femmes est loin d&#8217;être une évidence, que la dépendance l&#8217;emporte encore souvent sur l&#8217;indépendance, que le lien est aussi un piège. Dire la vertu du soin cache le vice de la division sexuée du travail subalterne&#8230; Entre dire et faire : un abîme. Dire n&#8217;est pas faire ; et le faire prosaïque interroge le dire.</p>
<p>Inversons la formule : quand faire, c&#8217;est dire. Faire le geste individuel du foulard ou du voile intégral. Cela dit quoi ? Rien, juste un bout de tissu, quelques cas isolés, disent mes amis. On invoque la liberté individuelle, l&#8217;autonomie du sujet, le consentement. Aucun lien social apparent, contrairement à l&#8217;exemple précédent ; uniquement, dit-on, du choix personnel ; autarcique ? Le consentement serait une affaire entre soi et soi. Mais faire, c&#8217;est dire, c&#8217;est dire à d&#8217;autres, aux autres. C&#8217;est un dire politique.</p>
<p>L&#8217;important n&#8217;est pas qu&#8217;une femme voilée soit reconnue comme sujet (aucun doute là-dessus, pour ma part), c&#8217;est que ce geste soit lu comme un énoncé politique (ce que personne ne souhaite vraiment). Enoncé politique valorisé, ou au contraire contestable, c&#8217;est selon. Et il n&#8217;est nul besoin de parler religion, laïcité, identité, diversité&#8230;</p>
<p>Ici, faire, c&#8217;est dire. Refusons le déni du politique, le rejet de l&#8217;importance du port du voile. Car en matière de féminisme, c&#8217;est courant, c&#8217;est même un argument clé de la domination masculine : passez votre chemin, il n&#8217;y a rien à voir ; que du futile, du privé, de l&#8217;anecdotique. Alors, que dit le voile du corps entier ? Il dit la société divisée en classes d&#8217;immigration, en sexes de pouvoir, en corps marchandises ; il dit, par l&#8217;invisible, le trop visible des inégalités. Mais, soulignons-le, dit le politique avec les instruments de la domination masculine.</p>
<p>Alors, porter le voile intégral serait une forme d&#8217;émancipation ? Mais dans quelle dialectique dominante ? Oui, faire, c&#8217;est dire : mais pour quelle histoire à venir, quel projet d&#8217;égalité des sexes ? Il y a de quoi douter.</p>
<p>Résumons : quand dire c&#8217;est faire me rappelle qu&#8217;il faut voir les sexes à l&#8217;oeuvre dans le dire des politiques. Quand faire c&#8217;est dire m&#8217;explique que les sexes font de la politique. La politique est sexuée et le sexe est politique. On toucherait ainsi à l&#8217;essentiel du slogan féministe : &laquo;&nbsp;<em>Le privé est politique</em>&laquo;&nbsp;, le personnel est politique.</p>
<p>Oui, le quotidien domestique, la garde des enfants et l&#8217;activité économique de chacun sont du politique. L&#8217;intime même est traversé de politique. Car est politique ce qui cache la division sexuée du monde tout autant que ce qui l&#8217;exhibe dans sa caricature (le voile intégral rejoint là les &laquo;&nbsp;bimbos&nbsp;&raquo; de la télévision italienne). Est politique ce qui masque les rouages de la domination masculine.</p>
<p>Servir, consentir : ces mots du vocabulaire, très souvent au féminin, disent depuis toujours le lien entre les êtres. Mais quel lien ? Celui de la symétrie qui promet l&#8217;égalité, ou celui du déséquilibre que cimentent les inégalités ? Or ce qui manque, ce n&#8217;est pas le lien, c&#8217;est l&#8217;échange, le rapport&#8230; et le conflit ; pour résister au morcellement des mots et des images&#8230;</p>
<p>Dire, c&#8217;est faire, et on n&#8217;y voit rien ; faire c&#8217;est dire et il faut vraiment voir. Ou bien penser et agir ; vous avez dit théorie et pratique ? Cela me convient mieux.</p>
<p><strong>Auteur : Geneviève Fraisse, historienne<br />
Source : <em><a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank">Le Monde</a></em>, édition du 19.06.10</strong></p>
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