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	<title>NSAE &#187; QUI SOMMES-NOUS ?</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Aperçu des activités des groupes en 2009</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/07/19/apercu-des-activites-des-groupes-en-2009/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2010/07/19/apercu-des-activites-des-groupes-en-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 21:32:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[
Voici un aperçu des activités des groupes rattachés à N.S.A.E, activités depuis le début de l’année :
• C.E.L.E.M. (Chrétiens et libre en Morbihan) : rencontre autour de Hors-séries publiés par Parvis (Le CELEM est à l’initiative de « Foi d’aujourd’hui…valeurs de demain ? »)  et « Capitalisme et libéralisme » est sorti en début de 2009. Il a aussi participé aux manifestations en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_1754.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2920" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_1754.jpg" alt="" width="360" height="270" /></a></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline">Voici un aperçu des activités des groupes rattachés à N.S.A.E, activités depuis le début de l’année :</span></em></p>
<p style="text-align: justify">• <strong>C.E.L.E.M.</strong> (Chrétiens et libre en Morbihan) : rencontre autour de Hors-séries publiés par Parvis (Le CELEM est à l’initiative de « Foi d’aujourd’hui…valeurs de demain ? »)  et « Capitalisme et libéralisme » est sorti en début de 2009. Il a aussi participé aux manifestations en faveur des Palestiniens et aux Cercle de Silence ; adressé le manifeste de Parvis à l’évêque ; accordé une interview au Télégramme ; partagé l’évangile de Jean et échangé sur l’actualité religieuse.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>C.E.D.E.C.</strong> (Chrétiens pour une Eglise dégagée de l’école confessionnelle) : publication des actes sur le colloque « <em>La laïcité aux prises avec l’intégrisme</em> » du 11 octobre 2008. Réalisation avec l’O.C.L. du hors-série « <em>Laïcité 2008</em> ». Constitution d’un dossier avec <em>« Espérance 54</em> » sur la reconnaissance des diplômes et grades universitaires privés suite aux accords France-Vatican. Lettre au premier ministre et au ministre des Affaires étrangères, pétition, conférence de presse. Conférence-débat sur « Darwin » avec un professeur de biochimie.</p>
<p style="text-align: justify">•<strong> Liberté et Partage (N.S.A.E. 45 Loiret</strong>) : trois réunions en six mois (les objectifs de l’année de NSAE, les nouvelles des autres groupes) et une réflexion à partir de textes envoyés préalablement : les religions à l’épreuve de la mondialisation ; comment promouvoir la justice ; les rencontres dans l’Evangile (Luc). Rencontre avec « <em>Orléans aujourd’hui</em> » sur les « <em>Troubles de l’Eglise</em> » : Comment résister avec d’autres chrétiens dans ce diocèse ?</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. 34 (Montpellier)</strong> : Participation à l’élaboration du communiqué des réseaux de Parvis <em>« La coupe est pleine sur les parvis</em> » ; participation à une enquête de l’Express : « <em>Montpellier, le vrai pouvoir des cathos</em> ».  Débat : <em>« Que peut-on faire pour les gens qui ont quitté l’Eglise…sur les Parvis </em>». Réflexion interne sur le groupe et son fonctionnement, sur la parabole du grain et de l’ivraie. Alternance    des sujets des hors séries de Parvis et échanges bibliques (Marc). Soirée détente.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>Galilée (Prêtres mariés) Grenoble</strong> : Organisation avec « Evangile et Modernité » et NSAE  d’un débat au Tonneau de Diogène : « <em>En temps de crise, quelle spiritualité ?</em> » avec une sociologue, professeur à l’université de Grenoble. Envoi préalable d’un questionnaire de réflexion (40 personnes). Autre conférence-débat en préparation  sur : « <em>Résister </em>» avec Christian Terras, directeur de Golias.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>Association des lecteurs de Témoignage chrétien (Tours</strong>) : Rencontre le 15 juin sur le thème : « <em>Crise sociale et crise des valeurs : quelles prises de conscience en découlent pour 60% des Français qui n’ont pas voté aux élections européennes ? </em>»</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>Chrétiens sans frontière 61 :</strong> Assemblée générale, à Sées, le 8 mars. Conférence-débat avec Annie Berger, élue municipale à Caen, et Bruno Weber de l’Association Pour le maintien d’une agriculture paysanne : <em>« La crise ? Quelle crise ? L’économie</em> s<em>olidaire. Qu’est-ce que les AMAP ? Produire et consommer. L’emploi dans la grande distribution</em> ».  Information sur la criminalisation de l’action syndicale (Gilles Tresse –CFDT).</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. Cantal</strong> : Tirage des rois amical. Discussion sur le péché originel ; l’enfant prodigue. En février : les dérives vaticanes, lettres à deux évêques ; article dans la presse cantalienne. Mars : discussion sur « la séance de restitution » du synode du 29 mars. Avril : Suite et fin du <em>« Péché originel</em> » (création, rédemption). Mai : débat autour du texte de Joseph Moingt : « <em>Le mal, le péché, le salut</em> »</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. Paris &#8211; Ile-de-France</strong> : Discussion sur « <em>L’avenir du religieux</em> » autour du livre <em>« La</em> <em>Sainte ignorance »</em> d’Olivier Roy. Egalement en février réflexion sur la réussite des grèves, les crimes à Gaza. Mars, l’attitude du pape vis-à-vis des intégristes. Avril : les exclus et notre vote aux élections européennes. Mai : Palestine, chômage, reconnaissance des diplômes entre la France et le Vatican.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. 29 Finistère</strong> : Janvier : Dieu et l’argent à partir d’un article de Michel Beaudin (1995) repris par T. C. : le marché est sacralisé, une nouvelle idolâtrie ; à qui s’adresse Jésus ; est-ce une nouvelle provocation ? Février : La levée de l’excommunication de quatre évêques intégristes ; lettre à notre évêque. Mars : l’excommunication et l’exercice du pouvoir. Avril : Que veut dire défendre la vie ? A propos des lois bioéthiques. Juin : Que signifie Peuple de Dieu ? Organisation de deux conférences sur Vatican II avec Maurice Vidal, les 15 septembre à Quimper et 16 septembre à Brest.</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>Partenia 2000,  Partenia 77, Partenia Etampes, N.S.A.E 75 et Chrétiens sans frontière 95 : </strong>organisation commune d’un débat « <em>Les exclus et notre vote aux</em> <em>élections européennes</em> », le 21 mars à Paris avec Michel Billout, sénateur de Seine et Marne et Jacques Gaillot (politique de migration, Sans-papiers, enfants en souffrance, Cercle de silence, Roms, paradis fiscaux).</p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. Périgueux</strong> : Organisation et préparation d’une eucharistie à la cathédrale de Périgueux ; étude biblique des paraboles de Mathieu. Sortie détente. Rencontre citoyenne à l’initiative du C.U.A.L : <em>« Quelle Europe pour sortir de la crise</em> ? ». Participation au Cercle de silence. Débat et témoignages locaux sur les <em>« Bévues de</em> <em>Benoît XVI</em></p>
<p style="text-align: justify">• <strong>N.S.A.E. Dordogne</strong> : rencontres mensuelles à la Maison diocésaine sur les thèmes suivants : Foi en Dieu et Foi en l’Homme ; Peut-on changer l’Eglise ? La mise en pratique d’un dialogue avec les gens du seuil. Pour toi qui est Jésus ? Honorer la création. Les bévues de Benoît XVI. Célébration eucharistique ouverte. Travail annuel sur l’évangile de Mathieu. Rencontre citoyenne avec le C.U.A.L. et ATTAC <em>« Quelle Europe pour sortir de la crise ? »</em>. Pique-nique.</p>
<p style="text-align: right"><strong><em>Informations mises en forme par</em></strong><strong> Pierre Desbruyères</strong></p>
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		<title>Etranger soi-même &#8211; Paul Ricœur</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/10/etranger-soi-meme-paul-ricoeur/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 09:36:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous publions ici l&#8217;intégralité de la conférence que Paul Ricœur donna en 1994 à la paroisse Saint Germain l’Auxerrois de Chatenay-Malabry, dont des extraits sont repris dans le dossier &#171;&#160;Identités&#160;&#187; de la revue Réseaux des Parvis n°46

Je voudrais vous guider, vous accompagner sur ce chemin de réflexion dont l&#8217;itinéraire est marqué à ses 2 extrémités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong><em>Nous publions ici l&#8217;intégralité de la conférence que Paul Ricœur donna en 1994 à la paroisse Saint Germain l’Auxerrois de Chatenay-Malabry, dont des extraits sont repris dans le dossier &laquo;&nbsp;Identités&nbsp;&raquo; de la revue Réseaux des Parvis n°46</em></strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je voudrais vous guider, vous accompagner sur ce chemin de réflexion dont l&#8217;itinéraire est marqué à ses 2 extrémités par 2 textes bibliques de référence. Le premier fait mémoire d&#8217;un temps de captivité et de délivrance et le second fait prophétie d&#8217;un temps de jugement où serait rendu manifeste ce que nous aurons fait de notre vie et de notre histoire.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le premier est choisi parmi une série de textes appartenant à plusieurs traditions de l&#8217;Israël biblique et où résonne le même rappel à se souvenir « car vous avez été étranger au pays d&#8217;Egypte ». Tous les juifs font mémoire de ce texte, dans des circonstances liturgiques familiales ou privées. Ces textes se lisent dans l&#8217;Exode, le Deutéronome, le Lévitique. J&#8217;ai choisi le texte du Lévitique 19,34 parce qu&#8217;il intègre et intercale l&#8217;amour du prochain, entre l&#8217;exhortation à l&#8217;hospitalité et le souvenir d&#8217;avoir été étranger. Voici ce texte, je le lis dans la Bible de Jérusalem pour laquelle j&#8217;ai une préférence particulière :</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">« L&#8217;étranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l&#8217;aimeras comme toi-même car vous avez été étrangers au pays d&#8217;Egypte. »</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Voici la pointe: le souvenir justifie l&#8217;hospitalité : le « car » et en outre le « comme », comme un compatriote, comme toi-même, lient l&#8217;hospitalité au commandement d&#8217;amour.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je dirai peu de chose, en commençant, du deuxième texte qui appartient à la séquence appelée « jugement dernier » dans Matthieu 25 ; les spécialistes parlent de la petite eschatologie qui évoque un jugement final qui est un double jugement « j&#8217;étais étranger et vous m&#8217;avez accueilli », « j&#8217;étais étranger et vous ne m&#8217;avez pas accueilli ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Disons-le provisoirement le cadre est convenu d&#8217;un jugement dernier comme révélateur de ce que nous aurons fait au cours de notre histoire personnelle et collective.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Pour commencer cet itinéraire, il faudrait d&#8217;abord rappeler les circonstances du premier texte. Mon problème n&#8217;est pas du tout d&#8217;exégèse mais il est bon de se souvenir que dans la constitution de l&#8217;identité d&#8217;Israël, de l&#8217;Israël biblique, l&#8217;errance, l&#8217;exil, jouent un rôle central. Errance de la figure patriarcale d&#8217;Abraham, « mon père était un araméen »&#8230; le fameux texte qu&#8217;autrefois on considérait même comme quasiment le credo d&#8217;Israël, les séjours contraints à l&#8217;étranger, l&#8217;errance de 40 ans au désert, et surtout l&#8217;exil.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">« Au commencement l&#8217;exil », écrivait récemment Françoise Smith. Aujourd&#8217;hui beaucoup d&#8217;exégètes considèrent que c&#8217;est l&#8217;exil qui a été l&#8217;expérience fondatrice et que l&#8217;Egypte est alors en quelque sorte comme le souvenir arrière, comme l&#8217;origine, le souvenir originel d&#8217;un souvenir historique.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Donc j&#8217;ai dit que ma question, mon problème n&#8217;était pas du tout un problème d&#8217;exégèse mais de savoir ce que signifie pour nous aujourd&#8217;hui « faire mémoire d&#8217;avoir été étranger. »</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Ce n&#8217;est pas nécessairement, ni même essentiellement faire mémoire d&#8217;événements réels. D&#8217;ailleurs les grandes migrations du premier millénaire dont nous sommes issus (nous sommes tous d&#8217;anciens barbares) ne sont pas ancrées dans notre mémoire collective, encore moins personnelle. Et parmi nous ici, dans cette salle, seuls quelques-uns ont une vraie mémoire d&#8217;exilé. Donc, il s&#8217;agit pour la plupart d&#8217;une mémoire symbolique par laquelle nous intériorisons la condition effective d&#8217;étranger d&#8217;où le titre de ce que j&#8217;allais proposer pour aujourd&#8217;hui : « étranger soi-même ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je propose donc un itinéraire dans l&#8217;intervalle entre les deux textes : l&#8217;Exode et Matthieu. Dans un esprit pédagogique, je voudrais marquer les stades successifs de cet itinéraire.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">1 &#8211; Au départ, ce serait plutôt l&#8217;immobilisme prétendu, allégué, de ce que j&#8217;appelle les « nationaux installés », ce que nous sommes pour la plupart. C&#8217;est notre condition naturelle, habituelle, tranquille et ce que je voudrais montrer justement, c&#8217;est qu&#8217;il y a là des certitudes qui font écran au sens de l&#8217;hospitalité et que, précisément la mémoire symbolique d&#8217;avoir été étranger va déranger.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">En mettant au centre le terme « étranger », je voudrais protester contre la réduction trop rapide dans l&#8217;imaginaire public actuel de l&#8217;étranger à la notion d&#8217;immigré lequel est une des figures, hélas la plus voyante, de l&#8217;étranger mais qui n&#8217;est qu&#8217;un visiteur contraint à louer sa force de travail parmi nous.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Et dans l&#8217;imaginaire public nous passons donc de l&#8217;étranger à l&#8217;immigré puis de l&#8217;immigré à l&#8217;immigré clandestin et de l&#8217;immigré clandestin au marginal. Et soit dit en passant c&#8217;est le méfait majeur d&#8217;une loi spécifique contre l&#8217;immigration clandestine de consolider ce glissement, cette réduction donc de l&#8217;étranger à l&#8217;immigré, de l&#8217;immigré au clandestin, du clandestin au marginal.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Donc, je voudrais remonter cette filière et nous replacer en face de la condition fondamentale, globale de l&#8217;étranger. Pour en finir avec cette question de loi sur laquelle nous reviendrons plus tard, je pense avec beaucoup de mes amis qu&#8217;il devrait n&#8217;y avoir qu&#8217;une loi d&#8217;intégration et d&#8217;accueil, comportant un volet négatif, nécessaire bien entendu de contrôle de l&#8217;immigration clandestine. Un projet de loi sur l&#8217;immigration clandestine est une faute psychologique et morale. Cela ne devrait être qu&#8217;un appendice en négatif prenant pour cible la maîtrise des flux migratoires. Ceci pour dire que c&#8217;est la notion d&#8217;étranger dans toute son amplitude couvrant aussi bien les touristes, les visiteurs de plein gré, les étrangers installés, les immigrés travailleurs dont les clandestins, toutes les marges d&#8217;étrangers.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Pour nous que j&#8217;ai appelés les nationaux installés, l&#8217;étranger c&#8217;est tout simplement un autre, peu et simple, je lis d&#8217;ailleurs la définition d&#8217;étranger dans le Robert : « étranger, qui est d&#8217;une autre nation et, parlant d&#8217;un individu, : faisant partie d&#8217;une autre nation ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Disons donc simplement : l&#8217;étranger c&#8217;est celui qui n&#8217;est pas de chez nous, qui n&#8217;est pas l&#8217;un des nôtres. Mais rien n&#8217;est dit sur ce qu&#8217;est l&#8217;étranger pour lui-même, chez lui-même et c&#8217;est une farce de dire : « j&#8217;aime les étrangers chez eux » car justement on ne sait rien dans la définition même du national, nous avons donc là ce qui est important pour les juristes et aussi dans la réflexion générale, cette opposition binaire, nous et eux.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">C&#8217;est une opposition binaire qui côtoie dangereusement l&#8217;autre division binaire : le même et l&#8217;autre, l&#8217;ami, l&#8217;ennemi et pour les politologues c&#8217;est une structure fondamentale. C&#8217;est ce côtoiement de l&#8217;opposition ami-ennemi par l&#8217;opposition nous-eux qui est le péril spirituel du problème. Sur quelle certitude se construit et se maintient, persévère cette opposition binaire : national-étranger, nous-eux.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Si nous ne savons pas qui nous sommes nous ne croyons savoir à quoi nous appartenons, de quelle communauté nous sommes membres. Cette notion d&#8217;appartenance, d&#8217;être membre de, est marquée par le titre de nationaux et porte des noms propres, le plus souvent de pays, la France, l&#8217;Angleterre, l&#8217;Allemagne etc&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Et donc à cet égard, par contraste, l&#8217;étranger c&#8217;est celui qui n&#8217;appartient pas à notre cercle d&#8217;identité, d&#8217;appartenance. Je parlerai donc d&#8217;identité, d&#8217;appartenance puisque c&#8217;est cela qui va bouger, en quelque sorte qui va être comme sapé, miné par en dessous par la réflexion qui suit et précisément par le souvenir symbolique d&#8217;avoir été étranger.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Or cette certitude, cette conscience et cette confiance d&#8217;appartenir à un corps politique déterminé est garantie, protégée et sanctionnée par un principe juridique fondamental, le principe de souveraineté qui articule le droit interne sur le droit international et qui signifie qu&#8217;il appartient souverainement à un Etat de délimiter son territoire et les règles d&#8217;appartenance à la Communauté et donc d&#8217;instituer l&#8217;opposition binaire national-étranger.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Cela veut dire en négatif que vous ne pouvez pas choisir par exemple de devenir britannique si vous en avez envie. Comme dit un théoricien, la nationalité est un bien que notre Etat accorde souverainement à qui il veut, finalement, et comme le font tous les autres Etats. Ou comme continue l&#8217;auteur : c&#8217;est un bien que nous distribuons aux autres mais que nous ne nous sommes jamais distribué entre nous, on le possède déjà.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Et c&#8217;est ce pouvoir discrétionnaire qui est pour nous rassurant et qui conforte la certitude de savoir ce à quoi nous appartenons faute de savoir qui nous sommes, donc un bien que nous possédons déjà. Mais, restant un moment à ce plan fondamental, je rappellerai trois applications, trois corollaires de cette souveraineté, d&#8217;abord le lien entre Etat, nation, territoire, population.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je finis par le dernier thème : population, il y a un nom propre : la France, mais il y a des français c&#8217;est-à-dire ceux qui constituent la population d&#8217;un Etat, être italien, être français… Donc en se construisant, l&#8217;Etat construit son territoire, construit son espace de juridiction et ses frontières, car il y a des frontières.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Deuxième implication, le lien entre nationalité et citoyenneté et, dans la tradition jacobine qui est la nôtre, les deux se recouvrent à peu près entièrement sauf pour les exceptions, les prisonniers, les malades mentaux, donc des gens qui sont en somme exclus de la citoyenneté mais en gros, on peut dire que la nationalité et la citoyenneté se recouvrent.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Or qu&#8217;est-ce que la citoyenneté ? C&#8217;est la capacité de contribuer au pouvoir politique, de participer au pouvoir politique en particulier par l&#8217;élection qui fait de chaque citoyen un atome de souveraineté. Et voyons le négatif, ce qui définit de ce point de vue l&#8217;étranger c&#8217;est qu&#8217;il est hors de nos frontières d&#8217;après le premier critère.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">D&#8217;après le deuxième critère, il n&#8217;a pas de capacité politique. Il y a incapacité politique de l&#8217;étranger qu&#8217;on essaie de lever partiellement, par exemple en donnant aux étrangers l&#8217;autorisation de participer dans certains pays aux élections municipales. Mais pour la constitution du pouvoir central, exécutif et législatif, il n &#8216;y a aucun exemple jusqu&#8217;à présent d&#8217;accès des étrangers à la capacité de citoyen.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">La troisième implication de cette souveraineté avec la règle négative de l&#8217;exclusion qui lui correspond, c&#8217;est ce que nous appelons notre carte d&#8217;identité c&#8217;est-à-dire le fait que notre appartenance à l&#8217;Etat-nation, avec son territoire et sa citoyenneté, constitue une partie de notre identité personnelle. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle l&#8217;état des personnes, sur votre carte d&#8217;identité, il y a votre nom et votre prénom, né le &#8230; , à &#8230; , de tels père et mère et de telle nationalité. Donc la nationalité est constitutive de votre identité personnelle laquelle est un fragment de l&#8217;identité d&#8217;appartenance.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">2 &#8211; Je continue l&#8217;itinéraire par un stade deux que j&#8217;appelle la déstabilisation de l&#8217;identité. C&#8217;est cette sécurité de savoir à quoi nous appartenons que la mémoire symbolique ou effective d&#8217;avoir été étranger va ébranler. Il s&#8217;agit bien d&#8217;une mémoire symbolique, d&#8217;une remémoration profonde de l&#8217;absence finale de racines ultimes à la base de notre existence. La captivité d&#8217;Egypte devient là le symbole puissant d&#8217;être ailleurs que dans notre milieu.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Tout le mouvement que j&#8217;explique ici, c&#8217;est de passer de la certitude d&#8217;identité d&#8217;appartenance à une sorte d&#8217;incertitude radicale touchant à la question non plus « à quoi appartenons-nous », mais « qui sommes-nous finalement? Qui suis-je, moi ? » Et c&#8217;est cette question « qui suis-je ? » qui est en quelque sorte la clef dissimulée par toutes les évidences que je viens de dire et par la réponse à quoi, à quel corps politique nous appartenons.</p>
<p style="text-align: justify">Ceci comme sanctionné par la carte d&#8217;identité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Ici commence donc un itinéraire de déstabilisation, la découverte de notre propre étrangeté. Partons d&#8217;abord du fait que nous ne sommes pas du tout au clair et que nous n&#8217;avons pas de raison claire et transparente concernant justement cette appartenance. Nous sommes incapables de répondre à la question « mais pourquoi êtes-vous Français ? » Ce n&#8217;est pas une question. Vous l&#8217;êtes et tout au plus pouvons-nous par imagination nous dire « qu&#8217;est-ce que ça veut dire d&#8217;être français ? »</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">C&#8217;est une question que nous croyons mieux maîtriser que la question « de quoi ça a l&#8217;air d&#8217;être Allemand, d&#8217;être British ? ». Eh bien précisément, le premier moment de la déstabilisation, c&#8217;est la comparaison. La comparaison inéluctable. Je compare qu&#8217;est-ce que c&#8217;est d&#8217;être Français et qu&#8217;est-ce que c&#8217;est d&#8217;être Allemand ou Anglais. Or dans cette comparaison, tout peut basculer parce que nous fantasmons l&#8217;autre, tout en nous réassurant nous-mêmes de ne pas être cet autre.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Dès que nous commençons à fantasmer l&#8217;autre, nous découvrons cette inquiétante, attirante, fascinante étrangeté. Par comparaison avec ce qui n&#8217;est pas chez soi où on se sent mal chez soi. On peut dire qu&#8217;avec la comparaison commence une sorte d&#8217;ébranlement et de menace. Et pourquoi ? Parce que l&#8217;identité profonde, celle qui répond à la question « qui suis-je » et que masque l&#8217;identité d&#8217;appartenance, se découvre tout d&#8217;un coup d&#8217;une incroyable fragilité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Pourquoi fragile ? Parce que l&#8217;identité, ça consiste à gérer la consistance dans le temps, le rapport avec le temps, rapport très difficile. Comment se maintenir le même à travers tous les changements de situation. Nous nous sentons toujours menacés d&#8217;être détruits de l&#8217;intérieur par le changement.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Deuxième source de fragilité : nous cherchons toujours à être même que soi-même, or c&#8217;est un rêve impossible. On fait eau de toutes parts dans cette espèce de tentative de clôture sur soi.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Troisième source de fragilité : le sentiment que pour notre identité collective et peut-être même personnelle, il y a une violence et à l&#8217;origine une violence fondatrice. Il y a peu d&#8217;Etats et de cultures qui ne soient pas liés à une violence fondatrice. La conquête de la civilisation sur la barbarie d&#8217;origine est toujours précaire.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je crois que c&#8217;est pour toutes ces raisons que l&#8217;autre est perçu fondamentalement comme une menace. Et toutes les formes d&#8217;altérités évoquées concernent la cohérence dans le temps ou l&#8217;adhésion à soi-même comme étant soi-même et le refoulement du fond de violence originel. Il est terriblement facile de redevenir barbare. Sans cela, on ne comprendrait pas ce qui s&#8217;est passé dans ce terrible vingtième siècle.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Tout ceci montre que la xénophobie est naturelle et spontanée. Il faut l&#8217;admettre. Les passions identitaires sont profondément enracinées en nous. Aucun peuple n&#8217;est plus atteint qu&#8217;un autre.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Nous sommes là dans un point spontanément gênant. La question n&#8217;est pas de le refouler mais de le porter au jour du langage. La vraie question c&#8217;est &laquo;&nbsp;que faisons-nous de ce sentiment-là ? Comment le combattons-nous? C&#8217;est ici que commence le travail du souvenir de l&#8217;exil.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">3 &#8211; La première phase du travail de ce souvenir, du souvenir de l&#8217;exil c&#8217;est de conduire à leur terme tous les dangers de la comparaison, les menaces issues de la comparaison jusqu&#8217;à ce que nous nous sentions autre parmi les autres.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">C&#8217;est une expérience que nous pouvons faire très simplement avec le langage, puisque la première découverte qu&#8217;un écolier peut faire c&#8217;est que d&#8217;autres parlent des langues que nous appelons langues étrangères.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Il faut découvrir que la diversité des langues est un fait fondamental de la réalité humaine. Un fait d&#8217;ailleurs étonnant parce que tous les hommes parlent. C&#8217;est même à cela que l&#8217; on reconnaît en partie l&#8217;humanité, mais il n&#8217;existe pas de langue universelle.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">La diversité des langues est une fragmentation primordiale primitive. Il y a là, quelque chose qui doit nous étonner et nous faire avancer parce que le travail que nous pouvons faire sur notre propre langue nous fait comprendre que c&#8217;est une langue parmi toutes les autres. C&#8217;est alors que nous découvrons peut-être pour la première fois le miracle de l&#8217;hospitalité sous la forme de la traduction. A savoir que nous devinons que ce qui se dit dans notre langue peut se dire dans une autre langue et qu&#8217;autre chose est dit dans celle-ci que je ne peux peut-être pas dire dans la mienne. En parlant de la traduction, je ne donne pas qu&#8217;un exemple mais aussi un modèle d&#8217;hospitalité. Traduire, c&#8217;est habiter une autre langue.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Il nous faut avancer sur le chemin de l&#8217;étranger, découvrir toutes les zones cachées d&#8217;étrangeté en nous-mêmes. Nous découvrons dans des pulsions soudaines que nous sommes étonnés d&#8217;être habités par cela. Donc nous découvrons tous ces sentiments d&#8217;inquiétante étrangeté.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Si nous suivons cette voie, nous fantasmons sur nous-mêmes comme tout à l&#8217;heure nous fantasmions sur les autres. Nous fantasmons sur le hasard de notre naissance. De temps en temps, on se dit: c&#8217;est un hasard que mes parents se soient rencontrés, c&#8217;est un hasard que je sois né. J&#8217;aurais pu être un autre.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">C&#8217;est d&#8217;autant plus troublant qu&#8217;en même temps, je ne peux parler au-delà du fait que je suis qui je suis. Quand on me dit « si vous étiez né en Chine, vous ne seriez pas chrétien », c&#8217;est inexact. Car alors il s&#8217;agit d&#8217;un autre que moi-même. On parle d&#8217;un autre que moi ! J&#8217;ai la possibilité d&#8217;imaginer que j&#8217;aurais pu être un autre, c&#8217;est un fantasme dérangeant qui donne à penser.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">De là, nous passons au hasard du lieu et de l&#8217;époque. Le « chez soi » a été taillé dans une étendue qui aurait pu être partagée autrement. L&#8217;acte d&#8217;habiter est un acte de partage de la terre qui est hasardeux, qui est fortuit. Il n&#8217;y a pas de nécessité d&#8217;être « ici ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Il y a un lien fortuit entre ce que nous sommes et ce coin d&#8217;espace ou de temps. Pascal a ressenti cela avec une espèce de violence spirituelle lorsqu&#8217;il parle de l&#8217;homme « perdu dans un canton de l&#8217;univers ». Je fais remarquer que finalement c&#8217;est un thème biblique fort qui est lié avec ce qui paraît être l&#8217;inverse, à savoir l&#8217;élection.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">L&#8217;élection, c&#8217;est le fait que nous n&#8217;avions pas de droits propres à être ici plutôt que là et à être possesseurs de cette terre plutôt que d&#8217;une autre. L&#8217;élection doit être pensée non pas comme une façon d&#8217;être privilégiée mais comme une vocation de gérer une chose qui nous est confiée et dont on n&#8217;est pas ultimement possesseur. C&#8217;est donc l&#8217;idée d&#8217;un don révocable. Je me rappelle un cantique de mon enfance « la terre au Seigneur appartient ». C&#8217;est le fondement théologique de l&#8217;écologie. Ce que j&#8217;ai appelé tout à l&#8217;heure « le national installé » est dérangé par ces fantasmes qui donnent à penser.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Cela conduit à un stade plus avancé de cette étrangeté, à savoir que nous n&#8217;avons pas un droit originaire d&#8217;être ici plutôt qu&#8217;ailleurs. Ici je voudrais citer un texte de Kant qui parle « du droit de commune possession de la surface de la terre sur laquelle, en tant que sphérique, ils ne peuvent se disperser à l&#8217;infini ; il faut dire qu&#8217;ils se supportent les uns à côté des autres, personne n&#8217;ayant originairement le droit de se trouver à un endroit de la terre plutôt qu&#8217;à un autre ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Oui, personne n&#8217;a originairement le droit de se trouver à un endroit de la terre plutôt qu&#8217;à un autre. Je crois que le texte suivant sur l&#8217;appropriation violente nous vient de Rousseau : « Il y a un premier qui a dit, ceci est à moi et il y a eu un second, un imbécile, pour le croire ». C&#8217;est l&#8217;appropriation première, violente de ce qui, au fond, était à tout le monde.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je crois que le seuil le plus dramatique de cet ébranlement c&#8217;est lorsque cela touche à nos croyances les plus profondes. J&#8217;ai le sentiment que dans ce à quoi je tiens le plus dans le fond de ma conviction il y a du non-dit, lié à l&#8217;inépuisable relation au fondement qui fait que ce qui n&#8217;est pas dit chez moi dans ma croyance, dans ma communauté, est sûrement dit ailleurs, autrement. Mais je ne sais pas comment. Cela est la base du rapport aux autres religions. Je ne peux que dire : c&#8217;est un hasard transformé en destin par un choix continué. Je n&#8217;ai pas la maîtrise entière de ce choix.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">On a la possibilité de se perdre sur ce chemin. Il y a des dérives possibles liées précisément au sentiment d&#8217;étrangeté et dont nous ne guérirons que par l&#8217;hospitalité. Il y a tout un romantisme populaire très important autour de ce que j&#8217;appellerai le culte de l&#8217;errance où l&#8217;on se glorifie de parler de nulle part, de venir de nulle part, de n&#8217;aller nulle part, d&#8217;être perpétuellement ailleurs. C&#8217;est l&#8217;inverse absolu de l&#8217;identité d&#8217;appartenance. Cela va jusqu&#8217;à la perte de l&#8217;identité personnelle de soi-même.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je vois chez beaucoup de mes jeunes collègues dans ce qu&#8217;on appelle le post-modernisme toute une idéologie de la différence qui me paraît juste contre l&#8217;hystérie identitaire. Ce qui doit équilibrer le sentiment de la différence, c&#8217;est le sentiment de la similitude humaine, de l&#8217;autre mon semblable. C&#8217;est le fameux « comme » du Lévitique. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». On risque de perdre le « comme » dans l&#8217;idéologie de la différence. Il y a un point extrême où les différences sont indifférentes. Il n&#8217;y a plus que l&#8217;autre de l&#8217;autre indéfiniment. C&#8217;est l&#8217;exil sans retour comme si Ulysse ne revenait jamais à Ithaque, comme si Abraham partait mais n&#8217;allait nulle part.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">4 &#8211; C&#8217;est en ce point que je voudrais esquisser le stade du retour vers l&#8217;hospitalité. La pointe de toute la réflexion que j&#8217;ai proposée c&#8217;est de réinventer l&#8217;hospitalité par le souvenir fictif ou réel d&#8217;avoir été étranger. C&#8217;est donc le dernier stade de notre itinéraire dans l&#8217;intervalle des deux textes bibliques, le Lévitique et Matthieu. Si nous avons à faire mémoire d&#8217;avoir été, d&#8217;être toujours étranger, c&#8217;est dans un seul but: retrouver le chemin de l&#8217;hospitalité. C&#8217;est donc le sens profond du Lévitique « Aimer l&#8217;autre comme moi-même. »</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">L &#8216;hospitalité peut se définir comme le partage du « chez soi », la mise en commun de l&#8217;acte et de l&#8217;art d&#8217;habiter. J&#8217;insiste sur le vocable habiter parce que c&#8217;est la façon d&#8217;occuper humainement la surface de la terre. C&#8217;est habiter ensemble. Je vous fais remarquer que le mot œcuménisme vient d&#8217;un mot grec qui signifie « la terre habitée ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Donc, l&#8217;hospitalité s&#8217;inscrit à la racine morale de l&#8217;acte d&#8217;habiter ensemble. Or cet acte lui-même résume un itinéraire condensé dont notre langage garde la trace. En regardant le petit Robert, j&#8217;ai vu que dans la définition du mot hospitalité il y a un parcours.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">On part d&#8217;un sens médiéval, de générosité gratuite, non obligatoire et un peu condescendante qui était l&#8217;ancien sens du mot charité, le petit Robert indique « vieux sens » : « Charité, qui consiste à recueillir, à loger et à nourrir gratuitement les indigents, les voyageurs dans un établissement prévu à cet effet ». Je vous rappelle que le mot hôpital vient de là.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">1548 c&#8217;est l&#8217;époque où on relit les Anciens. Or l&#8217;hospitalité antique on la trouve chez Homère puisque la guerre de Troie commence par l&#8217;enlèvement d&#8217;Hélène c&#8217;est-à-dire la violation de l&#8217;hospitalité. Or les Grecs avaient construit l&#8217;idée d&#8217;un droit réciproque à trouver logement et protection les uns chez les autres, par exemple entre deux villes. C&#8217;est ce droit réciproque qui a été violé par Paris. C&#8217;est le début de la guerre de Troie.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Ce n&#8217;est que depuis le 16e siècle, donc par une combinaison entre le grec, l&#8217;hébreu et le chrétien que se constitue le sens positif de l&#8217;hospitalité et le petit Robert le définit ainsi « le fait de recevoir chez soi en le logeant éventuellement, en le nourrissant gratuitement, l&#8217;hôte.&nbsp;&raquo; » On trouve donc le mot hôte et non hôpital. C&#8217;est donc la réduction progressive de la supériorité du donateur, de la condescendance de la générosité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le point terminal de cette évolution c&#8217;est l&#8217;idée qu&#8217;au devoir de cette hospitalité correspond un droit à l&#8217;hospitalité. Je l&#8217;ai retrouvé chez Kant qui écrit : « Il est question ici non pas de philanthropie mais du droit. Hospitalité signifie donc ici le droit qu&#8217;a l&#8217;étranger, à son arrivée dans le territoire d&#8217;autrui, de ne pas y être traité en ennemi. C&#8217;est le droit qu&#8217;a tout homme de se proposer comme membre de la société. » Cela veut dire que tout hôte est un candidat virtuel à la concitoyenneté. C&#8217;est cela la force de l&#8217;idée du droit à l&#8217;hospitalité qui n&#8217;est donc pas un effet de générosité somptuaire, condescendante, mais un droit effectif.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Mais quel droit ? Alors là, nous touchons à la profondeur du droit des gens, ce fond du droit qui n&#8217;est pas capté par le droit national, qui d&#8217;ailleurs n&#8217;a pas encore ses institutions appropriées puisque l&#8217;ONU n&#8217;est que l&#8217;expression du bon vouloir de ses membres. C&#8217;est une coalition ; ce n&#8217;est pas une institution transcendante. Ce droit des gens qui a été restauré, pensé très fortement au 17e siècle et au 18e siècle transcende le droit interne des Etats et Nations. La seule expression que nous en ayons actuellement, juridiquement, c&#8217;est la notion de crime imprescriptible contre l&#8217;humanité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">S&#8217;il y a un sens à donner à l&#8217;idée de crime imprescriptible contre l&#8217;humanité, il faut que l&#8217;humanité ait un sens. Or l&#8217;humanité a un sens au plan du droit des gens et son expression fondamentale c&#8217;est le droit réciproque à l&#8217;hospitalité, ce que Kant appelle le droit cosmopolite. Cosmopolite, cela veut dire citoyen du monde.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">C&#8217;est le droit du citoyen du monde. C&#8217;est vrai que la citoyenneté ne peut être articulée que dans le cadre national. C&#8217;est un fait et peut-être que la notion de « cosmopolité » ne peut pas être une notion politique. C&#8217;est une question très discutée actuellement en politique. Est-ce qu&#8217;on peut penser une citoyenneté sans frontières. Autrement dit, est-ce qu&#8217;on peut sortir du rapport binaire, national-étranger ? Nous avons atteint ici le but le plus avancé de notre voyage dans l&#8217;intervalle entre Lévitique et Matthieu. Mais ce point n&#8217;est pas un point d&#8217;orgue. Ce n&#8217;est pas un point de repos car c&#8217;est ici que commencent toutes les difficultés.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Où est le problème fondamental ? C&#8217;est que nous ne savons pas et personne ne sait comment combiner d&#8217;une façon intelligente et humaine le droit des gens et son corollaire important, l&#8217;hospitalité, avec la structure binaire du politique national-étranger. Nous ne savons pas. Nous avons seulement des préceptes de sagesse pratique.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je les voyais exprimés récemment dans le livre d&#8217;un collègue britannique. Il dit que la première condition d&#8217;une société policée, c&#8217;est « pas de cruauté » y compris pour les animaux, mais la seconde qui l&#8217;intéresse beaucoup c&#8217;est « pas d&#8217;humiliation ». Ce n&#8217;est pas du juridique, cela. C&#8217;est du rapport d&#8217;homme à homme. Et ensuite il dit d&#8217;honorer la dignité. Il dit qu&#8217;il faudrait retrouver le sens profond du mot honorer : saluer avec approbation la dignité de l&#8217;autre. L&#8217;autre reconnu comme mon semblable. C&#8217;est le semblable dans l&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">5 &#8211; Je voudrais dire quelques mots sur le texte du jugement dernier dans Matthieu. Ce texte est fréquemment traité de façon moralisante comme un avertissement : « fais en sorte de ne pas te trouver du mauvais côté au dernier jour ». Si on en reste là, le texte n&#8217;ajoute rien à ce que nous avons dit sur le devoir d&#8217;hospitalité et encore moins sur les difficultés de l&#8217;accorder avec toutes les contraintes attachées au rapport du national à l&#8217;étranger.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Ce qui est riche c&#8217;est cette mise en scène qui met à nu, qui découvre, tout ce que nous aurons dissimulé et tout ce que nous aurons fait, c&#8217;est la vérité de nos actes mise à jour. Je pense que c&#8217;est très important. On peut en outre interpréter ce jugement non pas seulement comme un partage entre des personnes, les bons d&#8217;un côté et les méchants de l&#8217;autre, mais comme un partage à l&#8217;intérieur de chacun.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je voudrais terminer par une surprenante notation du texte, à savoir la surprise qui n&#8217;est pas moindre d&#8217;un côté que de l&#8217;autre. « Quand, Seigneur, nous est-il arrivé de te voir, affamé, assoiffé, étranger, malade ou prisonnier ? » C&#8217;est les deux camps qui disent cela. Tous sont étonnés. Il y a certes une réponse dans le texte : « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous ne l&#8217;avez pas fait à l&#8217;un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l&#8217;avez pas fait ». Mais il fallait passer par la question pour que la réponse reste surprenante. Et une question ressurgit : quelle part de moi-même, sera purifiée au feu de Dieu, quelle autre consumée, anéantie ?</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je pense alors à cet autre proverbe biblique « que ta main droite ignore ce que donne ta main gauche ». Il s&#8217;agit des deux mains d&#8217;une même personne, l&#8217;une doit ignorer ce que l&#8217;autre donne ou retient. Glorieuse ignorance de la générosité et ténébreuse ignorance de la part méchante. S&#8217;il faut être au clair concernant prendre et retenir, il ne faut pas chercher à être trop au clair concernant donner et recevoir. On ne sait pas. « Quand, Seigneur, nous est-il arrivé de te voir affamé, assoiffé, nu, étranger, malade ou prisonnier ?&#8230; » Et qui sont « les plus petits » dans lesquels le Seigneur se montre et se dissimule ?</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p><div id="attachment_2772" class="wp-caption aligncenter" style="width: 220px"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/reussner_ricoeur.jpg"><img class="size-full wp-image-2772  " src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/reussner_ricoeur.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Paul Ricœur, philosophe de tous les dialogues ; DVD Ed. Montparnasse par Caroline Reussner</p></div></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right">
]]></content:encoded>
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		<title>Se réapproprier l&#8217;Evangile</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/03/14/se-reapproprier-levangile/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 22:11:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[
C’est le thème dont ont débattu les participants à l’Assemblée générale des 23 et 24 janvier 2010, répartis en trois ateliers.
On trouve ci-dessous les grandes lignes de leurs conclusions suivies des compte rendus de chacun des 3 ateliers.
1 &#8211; Affronter les textes :
 
* Ce sont des témoignages croisés de la vie du Christ. (Auteurs, contexte, publics [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_31051.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2357" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_31051-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></em></strong></p>
<p><strong><em>C’est le thème dont ont débattu les participants à l’Assemblée générale des 23 et 24 janvier 2010, répartis en trois ateliers.</em></strong></p>
<p><strong><em>On trouve ci-dessous les grandes lignes de leurs conclusions suivies des compte rendus de chacun des 3 ateliers.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>1 &#8211; Affronter les textes :</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">* <em>Ce sont des témoignages croisés de la vie du Christ</em>. (Auteurs, contexte, publics différents).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">* <em>Le langage imagé redonne leur force aux symboles</em> (les paraboles, les paroles : « femme », le temps : « le 3<sup>ème</sup> jour »&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">*<em>Jésus y apparaît comme le catalyseur entre le Père et l’humanité</em> (au milieu des humains là où ils vivent, mais se retirant pour prier seul).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">2 &#8211; Chercher ensemble :</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;">¤ <em>Pour croiser les grilles de lecture différentes</em> (histoire personnelle, angles d’approche&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">¤ <em>Pour mutualiser les compétences complémentaires</em> (pluri et interdisciplinaires)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>¤ Pour limiter les risques de contresens</em> (contexte, style, public visé&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">3 – Découvrir l’originalité de Jésus :</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;">§ <em>L’Evangile n’est pas un récit mais une parole vivante </em>(plutôt qu’une « religion du Livre » nous sommes celle d’une parole)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">§ <em>L’accueil et le pardon priment – sans l’annuler – le respect de la loi </em>(« le sabbat est fait pour l’homme&#8230; », « Que celui qui n’a jamais péché&#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">§ <em>L’Evangile est dynamique </em>(<span style="text-decoration: underline;">physiquement </span>: Jésus se déplace pour aller rencontrer les personnes sur leurs lieux de vie <span style="text-decoration: underline;">et moralement</span> car il les rencontre dans leur vie intérieure, leurs blessures leurs limites,  pour les aider à faire craquer les coutures et à se mettre debout.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Synthèse rédigée par Anne-Marie HERMET</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_________________</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pistes et méthodes de travail, existantes ou à inventer, pour découvrir et/ou se réapproprier l’Evangile</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Les membres du groupe ont articulé leur réflexion autour de quatre axes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi ? </strong><em><span style="text-decoration: underline;">Le but est de montrer en quoi l’Evangile est pertinent</span></em><span style="text-decoration: underline;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">¤ Nourriture de vie communiquée à travers un témoignage.</p>
<p style="text-align: justify;">¤ Moments privilégiés de l’existence : oreille plus attentive.</p>
<p style="text-align: justify;">¤ Evènements qui actualisent dans l’Evangile.</p>
<p style="text-align: justify;">¤ Reformulation des questions.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Méthode</strong> <em>: <span style="text-decoration: underline;">Peut-il y avoir une méthode unique ? Non car il faut</span></em><span style="text-decoration: underline;"> :</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">* Se demander où en est notre interlocuteur.</p>
<p style="text-align: justify;">* Bien cerner ses motivations.</p>
<p style="text-align: justify;">* Répertorier ses connaissances préalables.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Types de lectures </strong>:<strong> </strong><em><span style="text-decoration: underline;">Intérêt du travail de groupe : lecture pluridisciplinaire, expériences spirituelles diverses</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em></em></p>
<p style="text-align: justify;">1- Lecture en continu : la polyphonie des Ecritures est forcément anti-sectaire.</p>
<p style="text-align: justify;">2- Lecture thématique : bon moyen de confronter les différents textes (abord + facile avec les paraboles).</p>
<p style="text-align: justify;">3- Lecture d’un texte ponctuel pour laisser s’imprimer en soi la saveur d’une parole.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Types d’accompagnement</strong> : <em><span style="text-decoration: underline;">Pas d’improvisation</span>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">§ La lecture de la Bible exige une forme d’initiation.</p>
<p style="text-align: justify;">§ Importance de bénéficier d’éclairages historico-critiques</p>
<p style="text-align: justify;">§ Intérêt de rechercher des ressources humaines internes ou externes au groupe.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Conviction forte : L’Evangile est dynamique et dynamite ! </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>_______________</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La pédagogie du Christ à travers l’Evangile</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réponse à la question qui nous est parfois posée, <em>« ¨Pourquoi, à NSAE, sommes-nous centrés sur l&#8217;engagement dans le monde, alors que bien d’autres sont déjà très présents sur ces questions ? Quelle est la spécificité de notre engagement ? »</em>, est à trouver dans ce que l’Evangile nous apprend de Jésus, de sa vie, de ses paroles et de ses actes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Royaume de Dieu</strong> (ou des Cieux), que l’on peut voir comme l’espérance de Dieu sur nous, est central dans l’Evangile et Jésus nous donne des pistes pour l’appréhender, aller vers lui dans nos vies, à l’exemple de sa vie et de ce qu’il nous montre de son rapport au Père. Le Royaume est proche, déjà en germe dans la vie aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Le langage imagé </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jésus utilise des images de la vie, compréhensibles de tous, pour dévoiler (un peu) l’image du Royaume et l’image de Dieu. En particulier dans les paraboles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les paraboles</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jésus utilise de façon très personnelle cette forme de langage symbolique, très usité dans le monde sémite. Dans l’exemple des ouvriers de la dernière heure, une parabole rabbinique similaire à Mt 20, 1-16 explique que ceux qui on travaillé moins de temps ont la même rétribution parce qu’ils ont eu autant de résultats par un travail plus efficace, et reste dans le cadre de la justice distributive : les paraboles rabbiniques sont toujours une illustration de la loi. Au contraire, Jésus introduit un autre registre, celui de la surabondance de l’amour.</p>
<p style="text-align: justify;">Le corpus des paraboles est sans doute la retranscription la plus directe des paroles de Jésus, peu affectée par la réécriture des premières communautés et des évangélistes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>L’attention, le respect et l’absence de jugement</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Envers les plus faibles <strong>l</strong>es rejetés, les hors norme, les handicapés physiques, sociaux, femmes, enfants, gens de mauvaise vie…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>L’inversion des valeurs</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le sabbat pour l’homme ; l’esprit plus fort que la loi ; le prochain n&#8217;est pas la personne à aider, mais la personne qui se fait proche de celui qui a besoin.</p>
<p style="text-align: justify;">Sagesse et folie : le fou est celui qui amasse.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Les miracles</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas de la magie, mais une confiance et une conversion qui peuvent aller jusqu’à la guérison physique : « <em>Ta foi</em> <em>t’a sauvé</em> » i.e. « <em>tu as trouvé en toi les forces pour faire le choix de la vie</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>La patience inlassable de Dieu</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Exemple parmi beaucoup, toujours dans la parabole des ouvriers de la dernière heure, le maître de la vigne va jusqu’au dernier moment du jour à la recherche des journaliers toujours sans travail.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>L’équipe </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jésus la constitue à partir de gens ordinaires, qui ne sont pas du sérail ; il ne les sélectionne pas sur une compétence supposée, une position sociale. Le Royaume, c’est pour tout le monde, et il l’annonce avec et pour le tout-venant.</p>
<p style="text-align: justify;">Son équipe, il en a besoin ; il a besoin des gens ; il se retire seul seulement pour prier.</p>
<p style="text-align: justify;">Dieu a besoin de nous</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Se laisser interpeller, pousser à l’ouverture</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’hémorroïsse. La rencontre avec la Syro-Phénicienne : un tournant important où Jésus se laisse pousser à l’ouverture non prévue.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>L’espérance</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jésus transforme l’espérance messianique du rétablissement du Royaume d’Israël en celle de la venue du Royaume de Dieu, qui se manifeste par de toutes petites choses peu visibles, et qui ne nous sera donné que si nous participons à sa construction. Et sa vie nous montre le chemin.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Un autre monde est possible, disons-nous&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>Pierre Desbruyères, Lucienne Gouguenheim, Anne-Marie Hermet</em></p>
<p style="text-align: right;">
<p style="text-align: justify;"><em>_____________</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du quotidien à l’Evangile </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1- a Comment notre vie actuelle, quotidienne, peut-elle nous amener à confronter nos expériences, nos relations humaines, nos constats, aux textes d&#8217;Evangile ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1- b Partons-nous de notre existence concrète pour  en trouver le sens, en référence à l&#8217;Evangile? / -Ou bien  est-ce la lecture de l&#8217;Evangile qui nous amène à l&#8217;« appliquer » au quotidien  dans notre existence actuelle? </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">1<sup>er</sup> tour de table </span>: <em><span style="text-decoration: underline;">13 personnes  disent que leur existence concrète  les a amenés à se référer aux Evangiles</span>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">1- « On ne peut pas être confronté à l&#8217;Evangile en dehors d&#8217;un vécu percutant , souvent d&#8217;un choc ; ou de ruptures , ou de situations humainement bloquées. » (<em>5 personnes, à partir de la 1ère intervention d&#8217;A. Thireau</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">2- « Ces « ruptures » nous amènent à chercher le sens de notre vie et des vies humaines que  nous côtoyons, et à nous reporter aux Evangiles pour découvrir ce sens. »</p>
<p style="text-align: justify;">3- « Même si nous sommes engagés dans des groupes et associations où se dessinent nos orientations, au quotidien nous sommes seul(e)s avec nos hésitations et nos cas de conscience .C&#8217;est moins facile de décider  avec justesse et  avec un maximum de justice : devant des situations qui nous désarment, l&#8217;Evangile  nous présente la double exigence de Justice et d&#8217;Amour. Pas simple de décider&#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;">« Il faut faire la différence entre  les commentaires d&#8217;Evangile, qui nous semblent abstraits dans la plupart des homélies de <em>messe du dimanche</em> et la <em>recherche de   sens  éclairée par une lecture d&#8217;Evangile en Groupe</em> » Ex :une pratique de lecture en A.C.O.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">4-Témoignage d&#8217;une mère enseignante</span> : éprouvée par la mort brutale de son mari, qui l&#8217;a amenée à un gagne-pain d&#8217;enseignante dans un quartier de familles démunies, «  a été ramenée  au cours de sa vie lourde d&#8217;épreuves à retrouver l&#8217;Evangile ;  à partir de là ,à s&#8217;engager dans une Association de parents de jeunes (homosexuels laissés en marge de la société) ; à chercher -y compris au collectif  NSAE- à comprendre la révolte de <em>précaires </em>actuels, en  se référant aux textes  <em>révolutionnaires</em> de l&#8217;Evangile( tel le <em>Magnificat</em> ), afin de faire émerger de cette révolte une espérance .C&#8217;est,dit-elle,l&#8217;Evangile qui lui a permis de ne jamais se croire abandonnée, de rester r<em>elationnelle</em> ,et de lutter contre les réactions  dépressives d&#8217;un très grand nombre de<em> précaires</em> , qui passent de la révolte au rejet de l&#8217;humain . L&#8217;Evangile lui a fait (re-)trouver  Dieu <em>aimant tout</em> <em>humain,</em> et elle tente de faire passer  en actes cette  force de l&#8217;amour, qui fait que chacun(e) soit  <em>reconnu (e)</em> dans son  égale dignité d&#8217;humain, jamais abandonné(e),&#8230;.une fois évacués indifférence et mépris. Sa démarche <em>du quotidien à l&#8217;Evangile</em> est une chaîne fructueuse:la  <em>rupture</em> entraîne le retour à l&#8217;Evangile/et l&#8217;engagement évangélique  transforme le vécu, en  communiquant l&#8217;Espérance, moteur d&#8217;action  en faveur des <em>largués par</em> <em>injustice et intolérance</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">5- Un autre précise</span> : « La « rupture » avec une situation antérieure  habituellement heureuse entraîne parfois le rejet de l’Evangile. Mais  assez souvent, la recherche et le doute mènent à Dieu. ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em><span style="text-decoration: underline;">Deux personnes  exposent  une  démarche différente</span></em><span style="text-decoration: underline;"> : </span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Une octogénaire</span>: « Ma démarche est l&#8217;inverse : je ne pars pas du vécu, ni des rencontres, mais de l&#8217;Evangile lui-même. En réalité, c&#8217;est pendant  les conflits de la guerre, alors que ma famille était athée, que j&#8217;ai découvert la personne de Jésus-Christ en lisant l&#8217;Evangile, au cours de mon adolescence. Et il a fallu des décennies pour que ma vie s&#8217;engage  à fond dans le sens de l&#8217;absolu de l&#8217;Amour évangélique. »</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Une autre, un peu plus jeune</span>: « Moi, je n&#8217;ai pas découvert l&#8217;Evangile, qui ne m&#8217;intéresse pas:c&#8217;est le vécu et le quotidien qui m&#8217;intéressent et non pas l&#8217;Evangile. J&#8217;ai entendu la référence évangélique au local de « Chrétiens-Migrants »: des « néo-arrivants » s&#8217;y référaient. Tant pis s&#8217;ils n&#8217;avaient rien à voir avec le message de Jésus !»</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Réaction de Christophe et Marcelle</span>: « Selon moi, vécu et Evangile ne peuvent pas se séparer. La Foi chrétienne introduit un point de vue révolutionnaire qui s&#8217;inscrit dans les difficultés inhumaines que vit plus de la moitié de l&#8217;humanité : c’est l&#8217;Incarnation, le message évangélique que Dieu partage notre humanité. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Marcelle ajoute</span> : « Statistiques officielles en France : 40%de la population active  se  recycle professionnellement 2 à 3 fois au cours de la vie  ».Donc : difficultés à court et long terme pour la famille. La conscience de l&#8217;incarnation de  Dieu, apportée par les Evangiles, est source d&#8217;espérance, de force de ressourcement dans une pareille situation sociale&#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Réponse d&#8217;une personne</span>: « Je ne peux pas vivre avec le souci constant de 40% de gens dans le malaise ».</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Un autre</span> : «Après une jeunesse de catholique ordinaire, j&#8217;ai été captivé à la fois par un prof. de philo marxiste et par un aumônier chrétien très ouvert, puis je suis devenu lecteur de Témoignage Chrétien .En ne voyant que le côté humain de Jésus, je suis allé vers les autres. Actuellement responsable du « Secours populaire »de mon département, j&#8217;y dialogue quotidiennement avec une autre responsable« libre penseur »et avec des athées. Sans aucune gêne ni conflits. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Chantal conclut le « tour de table</span>: « L&#8217;originalité de l&#8217;Evangile, c&#8217;est qu&#8217;il reste actuel. C&#8217;est heureux que NSAE prenne en compte ce thème de l&#8217;actualisation de l&#8217;Evangile. »</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>2- Comment des faits surgis actuellement, dans notre vie, peuvent-ils être vecteurs de prise de conscience à la fois d&#8217;urgences humaines, et d&#8217;Evangile à actualiser? </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">2.1 REPONSES SPONTANEES <em>:</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Une personne</span> : « Des questions cruciales pour les humains sont celles du doute et de l&#8217;abandon ; c&#8217;est à dire  celles du Christ sur la croix: <em>« Mon Père, pourquoi m&#8217;as-tu abandonné</em> ?». Questions d’isolement, de  « déréliction ».  «Je n&#8217;ai aucune certitude. Mais ce n&#8217;est pas l&#8217;Evangile qui m&#8217;intéresse; ce qui m&#8217;intéresse c&#8217;est l&#8217;humain, en constatant la richesse de potentialités de chaque être humain. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Un autre:«</span> Dans mon travail, au quotidien, j&#8217;ai rencontré des situation réelles très dures  pour quantité de gens! Un prêtre-ouvrier a su me montrer à travers les Evangiles un message d&#8217;Amour plus fort que l&#8217;écrasement des humains. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Un autre</span>: « Ma femme m&#8217;a expliqué l&#8217;importance d&#8217;une rupture avec des habitudes de paroles de« partage d&#8217;Evangile .La recherche intellectuelle ne permet pas la compréhension du vécu concret de chacun(e) .Nous ne nous situons pas comme les autres chrétiens à NSAE. Notre regard de groupe NSAE est plus concret. Il faut choisir son « groupe ».</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Un syndicaliste</span> approuve : tant que chrétien, il dit « avoir élargi l&#8217;engagement syndical à une « intersyndicale » se battant pour que chacun réalise son potentiel humain».</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Une autre </span>« Le problème des chrétiens, et surtout des prêtres, c&#8217;est qu&#8217;ils sont engagés dans plusieurs associations et autres tâches, ce qui dévore le temps : ils n&#8217;ont ni le temps de nous écouter, ni de communiquer en phase avec les évènements et notre vécu! Du coup nous aussi, chrétiens ou humanistes, sommes sur occupés ! Ainsi l&#8217;Evangile n&#8217;est pas catholique!&#8230;.Il se pose aussi de ce fait le problème de l&#8217;élargissement de la lecture  de l&#8217;évangile dans le monde des Jeunes : on ne le leur propose pas de façon adaptée à leur type de culture « numérique »&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">2.2 DEBAT</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Réponse-</span>1: « Pour ce qui de la « nouvelle évangélisation »&#8230;si c&#8217;est pour introduire du <em>rock-chrétien</em>, autant en emporte le vent!! Quant aux J.M.J., cela se veut grandiose, mais c&#8217;est peu ressourçant &#8230;C&#8217;est du théâtre! »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">R &#8211; 2</span> : «  Ce n&#8217;est pas une « nouvelle évangélisation », mais une nouvelle « christianisation », qui vise à instaurer une nouvelle « chrétienté ». C&#8217;est aberrant, car cela cherche à réinstaurer une  prépondérance de l&#8217;Institution religieuse. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">R- 3</span> « Les personnes que je rencontre, et, entre autres, les détenus  avec lesquels j&#8217;écoute la messe du dimanche à la Maison d&#8217;arrêt au titre d&#8217;ex-moniteur d&#8217;atelier bénévole, sont attentifs, authentiques : ils ne cherchent pas à se donner une étiquette, mais à trouver la personne du Christ, qu&#8217;ils diffusent ensuite autour d&#8217;eux &#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">R &#8211; 4</span>: « La lecture d&#8217;Evangile m&#8217;aide. Le fait que je le lis en fonction de mon engagement pour la tolérance envers les « jeunes homos », m’a donné une ouverture, qui va à l&#8217;encontre des blocages et préjugés sociaux. L&#8217;Evangile a cette audace&#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Quelqu&#8217;un conclut</span>: «C&#8217;est bien en Groupe  qu&#8217;il faut lire l’Evangile, que la lecture d&#8217;Evangile  devient fructueuse : les groupes sont médiateurs entre notre quotidien personnel et la mise en oeuvre d&#8217;actions inspirées de l&#8217;Evangile. Cette insertion de l&#8217;Evangile nous aide à faire tomber la terrible barrière de l&#8217;individualisme ambiant dans notre système socio-économique. ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">La  modératrice de l&#8217;Atelier</span> : « La lecture d&#8217;une autre très beau texte nous donnerait-elle la même richesse essentielle que celle de l&#8217;Evangile?  Ex. celle du « Petit Prince » de St Exupéry ou un autre<em>? » </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">R-1</span> « Songeons qu&#8217;il y a une masse de gens qui  n&#8217;ont jamais rencontré l&#8217;Evangile, tout en cherchant à trouver un sens aux ruptures dans leur vie .Nous sommes, avec l&#8217;Evangile, des arpenteurs du désert. Les « fissures » que nous vivons nous mènent à découvrir l’Evangile, en y amenant d&#8217;autres &#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Christophe</span> « Les formulations des textes  d&#8217;Evangile sont à relativiser. Il faut replacer chaque texte dans son contexte .Cela suppose des compétences dans le Groupe de lecture d&#8217;Evangile. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Didier, Rédacteur principal de PARVIS</span>, conclut : «  Ni l&#8217;Ancien, ni le Nouveau Testament ne sont une ensemble de textes construits en un  tout composé. Ils ont été écrits, dans des contextes très divers. Les Evangiles nous offrent le flou d&#8217;une ombre&#8230;d&#8217;où sort la lumière. »</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>3- L’Evangile, actuellement transmis, s&#8217;intègre-t-il dans nos dialogues avec ceux qui cherchent sens, justice (sociale, juridique, équitable, etc.) et  fraternité ? Comment l&#8217;Evangile nous fait-il répondre aux attentes de nos «proches », et des plus malmenés socialement? </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Un bénévole au « Secours Populaire »</span> : « Dans la vie associative, on nous connaît comme <em>catho</em>; mais c&#8217;est notre attitude, notre action, qui font comprendre pourquoi nous nous référons à Jésus. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Une autre</span> : « Ns sommes à NSAE pour retrouver des gens qui vivent pour qu&#8217;émane du quotidien leur Evangile ».</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">A. Thireau</span> « Que pouvons-nous faire de nos interrogations concernant l&#8217;actualisation et l&#8217;actualité de l’Evangile, pour les chômeurs qui<em> perdent la tête </em>de désespoir, et qui restent confinés dans le chômage? C&#8217;est à cette question que nous devrions aussi nous attacher à la suite de cette A.G. De plus, nous constatons l&#8217;isolement des gens, y compris de chrétiens prêts à s’engager, mais cherchant d&#8217;autres gens de Foi. »<br />
<span style="text-decoration: underline;">La modératrice</span> : <em>« Oui. Et n&#8217;oublions pas qu&#8217;on prévoit quantité de chômeurs en plus en fin de droits en 2010, pendant que la France a la palme d&#8217;or des « solutions médicamenteuses »qui enrichissent nos labos&#8230;</em> »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Ingrid</span> «  Ce qui m&#8217;inspire, c&#8217;est la folie de l&#8217;Evangile, manifestée dans les Béatitudes : elles sont le reflet de la richesse incommensurable des formes d&#8217;humanisation réalisées avec Dieu. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Didier.</span> « Certes, là est le message d&#8217;Evangile toujours actuel .N&#8217;oublions pas que le Magnificat avait été supprimé en Amérique Latine par la volonté de Jean-Paul II, parce qu&#8217;il est révolutionnaire!  Aujourd’hui, il est rétabli à sa place dans l&#8217;Evangile! »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">P.</span> « La Justice <em>idéale,</em> celle vers laquelle on tend, celle de Dieu, c&#8217;est l&#8217;Evangile qui la balise ».</p>
<p style="text-align: right;">Notes prises par Marcelle Remérand</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>André Thireau élu président de NSAE</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 09:46:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[André Thireau (de Pontigny, Yonne) a été élu président à la suite de l’assemblée générale de « Nous Sommes Aussi l’Eglise » et du renouvellement du conseil d’administration.
Né à Versailles, en 1941, il a passé son enfance à Milly la Forêt (91). Ayant obtenu un BEPA d’horticulture, il travailla dans les « Espaces verts » [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>André Thireau (de Pontigny, Yonne) a été élu président à la suite de l’assemblée générale de « Nous Sommes Aussi l’Eglise » et du renouvellement du conseil d’administration.</p>
<p>Né à Versailles, en 1941, il a passé son enfance à Milly la Forêt (91). Ayant obtenu un BEPA d’horticulture, il travailla dans les « Espaces verts » et fréquenta la J.O.C. où il s’engagea. Fréquentant de plus en plus le milieu rural au fil des années, il entra au M.R.J.C. dont il devint permanent départemental puis national.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/André-Thireau2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2342" title="André Thireau" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/André-Thireau2.jpg" alt="" width="230" height="248" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/André-Thireau.jpg"></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/André-Thireau1.jpg"></a></p>
<p>En fin de mandat, une proposition lui fut faite : travailler comme éducateur avec des jeunes en IMPRO durant six ans. Conjointement, il aida son épouse dans l’animation d’une Maison familiale qu’elle dirigeait en Haute-Savoie.</p>
<p>En 1987, ils achetèrent , avec un autre couple, un hôtel-restaurant en Touraine où il se chargea de la réception. C’est à cette époque qu’ils adoptèrent, au Mexique, Xavier et Hugo.</p>
<p>En Touraine, il deviendra le premier président de « Parole en Liberté », créé après la mise à l’écart de Jacques Gaillot, évêque d’Evreux. C’est à ce moment-là qu’il rejoint, avec son groupe, N.S.A.E.</p>
<p>En 2002, changement de décor, André vient en retraite à Pontigny (89) où sa femme, Andrée, est embauchée à la Maison d’accueil de la Mission de France. Une retraite qui n’est pas inactive : promotion du Commerce équitable, activité syndicale avec les retraités, NSAE … Cela ne l’empêche pas de se livrer à son activité favorite : le jardinage.</p>
<h3>Le nouveau bureau</h3>
<p>Président : André Thireau ; Vice-présidents : Pierre Desbruyères et Lucienne Gouguenheim ; secrétaire générale : Annie Grazon ; secrétaire adjointe : Anne-Marie Hermet ; trésorière : Lucette Bottinelli ; trésorière adjointe : Chantal Fournier.</p>
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		<title>Gaston Guilhaume : l&#8217;espoir qui fait vibrer la foi</title>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2009 15:07:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits de famille]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[
Gaston Guilhaume fut un acteur de la naissance de « Nous sommes aussi l&#8217;Eglise » (NSAE). Avec son ami Jacques Chatagner, dont il partageait à la fois l&#8217;engagement au sein de DLE (Droits et Libertés dans les Eglises) et la vision lucide des limites du champ d&#8217;action de cette association, il fut l&#8217;un de ceux qui confortèrent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-955" title="photo_gaston" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/05/photo_gaston-300x228.jpg" alt="photo_gaston" width="300" height="228" /></p>
<p>Gaston Guilhaume fut un acteur de la naissance de « Nous sommes aussi l&#8217;Eglise » (NSAE). Avec son ami Jacques Chatagner, dont il partageait à la fois l&#8217;engagement au sein de DLE (Droits et Libertés dans les Eglises) et la vision lucide des limites du champ d&#8217;action de cette association, il fut l&#8217;un de ceux qui confortèrent notre mouvement naissant dans son souci d&#8217;aller au-delà d&#8217;un strict projet de réforme institutionnelle de l&#8217;Eglise et à s&#8217;impliquer dans la lutte sociale.</p>
<p>Il fut présent, il fut actif, tout au long des événements liés à l&#8217;implantation en France de la « Requête du Peuple de Dieu », venue d&#8217;Allemagne en 1995, dans la grande vague de contestation et d&#8217;effervescence qui suivit la destitution de Jacques Gaillot, et qui conduisirent à la création de NSAE. Ceux d&#8217;entre nous qui vécurent cette histoire gardent gravée dans leur mémoire la force de ses interventions dans lesquelles il replaçait ce que nous étions en train de vivre dans l&#8217;histoire des résistances d&#8217;un peuple chrétien, sans jamais faire étalage de ce que furent sa propre histoire et son courage personnel.</p>
<p>Gaston n&#8217;a jamais cessé de porter au sein du Conseil d&#8217;Administration de NSAE dont il fut un membre assidu, cette double exigence d&#8217;une foi incarnée et d&#8217;une résistance à tout ce qui détruit l&#8217;être humain. Il s&#8217;investit dans plusieurs de nos projets et présida par exemple le comité d&#8217;organisation d&#8217;un colloque que nous organisâmes à Villeurbanne, en novembre 2001, sur le thème des « Dérives sectaires dans l&#8217;Eglise catholique ».</p>
<p>Les souvenir fort que nous conserverons de Gaston, c&#8217;est d&#8217;abord qu&#8217;il était un « passeur » : il savait remarquablement transmettre à notre groupe qui n&#8217;était pas d&#8217;abord une réunion d&#8217;intellectuels, la force de la pensée d&#8217;un Dietriech Bonhoeffer, d&#8217;un Eugen Drewermann ou d&#8217;une Dona Single, pour ne citer que quelques exemples.</p>
<p>Il savait aussi, avec le même bonheur, tirer du passé ce qui peut éclairer le présent. Aujourd&#8217;hui, alors qu&#8217;il n&#8217;est plus là pour aider notre réflexion, c&#8217;est à ses écrits anciens que j&#8217;ai fait appel. Voilà quelques extraits de ce qu&#8217;il écrivait, dans un éditorial de Golias, datant de 1992 et qui me paraissent éclairer notre présent :</p>
<p><em>« La politique de Vichy, de plus en plus inique avec le temps, n&#8217;a pas dessillé les yeux du grand nombre, ni rompu la fascination. C&#8217;est donc que jouaient profondément des connivences qu&#8217;on pourrait qualifier, sans abus de terme, d&#8217;ordre théologique : une conception du monde, de la nature du religieux, de ses rapports avec le politique qu&#8217;il reste encore à décrypter et à décrire rigoureusement. Notons seulement, sans pouvoir creuser, le culte du « chef » choyé par la « Révolution nationale », réminiscence peut-être du monarque, agent du divin, promoteur et gérant de l&#8217;ordre moral en qui se marient les aspirations de la vie intérieure et de la vie sociale.</em></p>
<p><em>Pourquoi les évêques, toujours les évêques ? Sont-ils toute l&#8217;Eglise ? Assurément non. Toute une partie de la Résistance s&#8217;est formée de soi-même, indépendamment, alimentée à la source évangélique. Témoignage chrétien naquit. Bien d&#8217;autres se levèrent, qui combattirent et moururent inspirés par leur foi. Mais, qu&#8217;on le veuille ou non, les évêques sont les porte-parole : aux yeux de l&#8217;opinion publique, des autres confessions, ils sont la voix de l&#8217;Eglise. [...]</em></p>
<p><em>Ce qui scandalise à juste titre, ce qui démontre dans l&#8217;Eglise d&#8217;hier et dans celle d&#8217;aujourd&#8217;hui l&#8217;incapacité foncière à saisir les enjeux de l&#8217;histoire nous provoque à une remise en cause sans précédent.</em></p>
<p><em>Comment une Eglise, questionnée par le dogme de « l&#8217;incarnation », alors qu&#8217;elle est en quelque sorte évadée de la réalité du monde peut-elle prétendre recréer son « être-au-monde » sans le réinventer, sans opérer une transformation radicale de ce qui la constitue intérieurement ?</em></p>
<p><em>Sa mission est-elle de se précipiter pour apporter la vérité aux autres ou bien d&#8217;abord de se faire vraie elle-même en elle-même ? Vatican II était un commencement. »</em></p>
<p>Pensée de Gaston toujours vivante qui nous aide à rechercher comme il l&#8217;écrivait : « où est l&#8217;espoir qui fait vibrer la foi ? »</p>
<p>Auteur : Lucienne Gouguenheim, secrétaire générale de NSAE<br />
Mai 2009</p>
<p align="right"> </p>
]]></content:encoded>
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		<title>Qui sommes-nous ? Un portrait de Jean-Pierre Macrez</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 11:43:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits de famille]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean-Pierre, avant de revenir sur ton parcours et tes engagements, peux-tu te présenter succinctement ?
Je suis jeune retraité de l&#8217;Education Nationale, je suis marié et j&#8217;ai 2 enfants. J&#8217;ai eu la chance dans ma famille de côtoyer les deux milieux : laïque et catholique.
Après un parcours scolaire secondaire un peu chaotique : Collège d&#8217;Enseignement Général en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Jean-Pierre, avant de revenir sur ton parcours et tes engagements, peux-tu te présenter succinctement ?</h3>
<p>Je suis jeune retraité de l&#8217;Education Nationale, je suis marié et j&#8217;ai 2 enfants. J&#8217;ai eu la chance dans ma famille de côtoyer les deux milieux : laïque et catholique.</p>
<p>Après un parcours scolaire secondaire un peu chaotique : Collège d&#8217;Enseignement Général en banlieue parisienne, une année au Centre d&#8217;apprentissage chez Renault, un retour difficile en filière longue lycée technique, le bac Math et Technique, et l&#8217;intégration à l&#8217;Ecole Nationale d&#8217;Ingénieurs de Metz , je suis devenu  professeur sur statut secondaire en Génie Mécanique à l&#8217;université de Lille 1.</p>
<h3 style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/12/photo_jp_macrez.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-425" title="photo_jp_macrez" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/12/photo_jp_macrez-201x300.jpg" alt="" width="201" height="300" /></a></h3>
<h3>Quelles sont les grandes étapes, les temps forts de ton parcours de vie qui ont motivé tes engagements ?</h3>
<p>Je dirais que mes engagements chrétiens ont mûris de manière classique pour l&#8217;époque, par l&#8217;aumônerie scolaire de l&#8217;école laïque et par l&#8217;esprit JEC (Jeunesse Etudiante Catholique). Une particularité, qui sera à l&#8217;origine de la création, avec quelques copains, de ce qui deviendra la mission étudiante à l&#8217;université de Metz alors naissante.</p>
<p>Avec et après 68, j&#8217;ai eu un engagement militant progressif dans le milieu étudiant messin : à l&#8217;Unef et à la Mnef, puis politique à la section locale du PSU. Ce militantisme aura pour conséquence un service militaire en Allemagne malgré l&#8217;obtention d&#8217;un poste de coopérant à Madagascar par l&#8217;intermédiaire de la Coopération Catholique !</p>
<p>J&#8217;ai dès le début eu des difficultés à « comprendre » la structure hiérarchique de l&#8217;église catholique, sa culture « à part » par rapport au monde.</p>
<p>Après une adhésion à la CFDT développant à cette époque le thème de <strong>« l&#8217;autogestion »</strong>, j&#8217;ai eu une phase militante en creux avec l&#8217;entrée dans la vie professionnelle et l&#8217;apprentissage du dur métier d&#8217;enseignant, particulièrement à ses débuts. Mon activité syndicale s&#8217;est poursuivie durant toute ma carrière à l&#8217;Université des Sciences et Technologiques de Lille : j&#8217;ai été trésorier puis secrétaire adjoint de la section SGEN de Lille 1. J&#8217;ai été élu sur liste syndicale aux Service Commun d&#8217;Action Sociale et au CA de l&#8217;université ainsi qu&#8217;au conseil de direction de mon UFR.</p>
<h3>Tu as l&#8217;opportunité dans ton métier d&#8217;enseignant de pouvoir partager avec tes étudiants de l&#8217;Université de Lille ce qui te tiens à cœur dans certains de tes engagements. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ces conférences de sensibilisation, animées par tes soins ?</h3>
<p>En effet, plus récemment  je me suis investi dans le domaine culturel, où j&#8217;ai essayé d&#8217;innover par une sorte de « service » culturel engagé. Comment en suis-je arrivé là ? Je dirais, par des lectures (je pense à au journal Témoignage Chrétien), des échanges avec des collègues chrétiens, par une conférence d&#8217;Alain Touraine qui mettait en évidence des difficultés (difficultés ressenties aussi au sein de ma famille) des jeunes à se construire eux-mêmes par manque de repères ( école, Eglise&#8230;) et à cause de l&#8217;individualisme ambiant.</p>
<p>J&#8217;ai tenté par cette expérience une sorte de <strong>« diaconat laïc  » </strong>( bien entendu non reconnu par l&#8217;Eglise )<strong> </strong>pour tenter d&#8217;apporter quelques modestes pierres aux étudiants afin de les aider à se construire. Le moyen a été la mise en place de conférences de sensibilisation (prise de conscience, réflexions, engagements&#8230;) avec deux collègues catholiques membres de « Chrétiens dans l&#8217;enseignement public » vers les étudiants et ceci dans le cadre de l&#8217;Espace Culture de l&#8217;université<strong>. </strong></p>
<p>Les thèmes développés d&#8217;années en années ont été les suivants  : mondialisation, engagement politique de base, laïcité, altermondialisation, non-violence, bien être/mal être, solidarité internationale, utopie et altermondialisme en association avec différents partenariats locaux ou nationaux et dernièrement, les chemins d&#8217;humanisation ainsi que les valeurs universelles. Soit près de 40 conférences et deux journées d&#8217;études mises en place au sein du <a href=" http://ustl1.univ-lille1.fr/culture/agenda/" target="_blank">service culture de l&#8217;université</a>.</p>
<h3>L&#8217;altermondialisme semble constituer une référence majeure de tes espérances. Ce mouvement a-t-il pour toi une cohérence et une force suffisante pour pouvoir apporter des solutions réelles aux crises majeures, écologiques et sociales, que nous commençons à traverser ?</h3>
<p>Cette question est vaste, ma réponse personnelle ne pourra qu&#8217;être partielle et très limitée. Je terminerai par quelques références de personnes plus compétentes que moi qui ont pu s&#8217;exprimer lors de mon invitation à la journée d&#8217;études sur le thème de « l&#8217;utopie et l&#8217;altermondialisme ». </p>
<p>D&#8217;un point de vue chrétien, il me semble que si l&#8217;on prie «  en esprit et en vérité » comme Jésus nous l&#8217;a demandé dans cette phrase qu&#8217;il nous a apprise pour nous adresser à son Père (« Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite »), nous devons nous poser la question : qu&#8217;est ce que cela veut bien nous dire aujourd&#8217;hui dans notre contexte et dans l&#8217;esprit du Sermon sur la montagne ?</p>
<p>Si l&#8217;on part du principe que Dieu nous a créé(e)s libres et  responsables et que l&#8217;esprit de Jésus est l&#8217;instauration du Royaume de Dieu qui est justice et paix, alors nous pouvons agir dans la confiance en Dieu.</p>
<p>Nous avons là exhortation à vivre la justice, la promesse d&#8217;un monde à venir qui est à bâtir dans l&#8217;esprit des valeurs définies dans ce royaume. Jésus nous appelle à une espérance inouïe : une foi dans l&#8217;avenir. « Que ton règne vienne » dans notre cœur &#8230; et dans le monde. Cela doit nous aider à participer activement à l&#8217;organisation d&#8217;une vie sur terre avec d&#8217;autres. </p>
<p>Pour ma part, au niveau cohérence, je pense qu&#8217;un parallèle existe entre ce royaume à construire pour nous chrétiens et le mouvement altermondialiste qui m&#8217;apparaît comme « un signe des temps ». Cette utopie (au sens de ce qui peut se réaliser, ce qui est possible) : construire un autre monde plus juste, plus humain est commune aux hommes. « Tout ce qui monte converge », disait Thédore Monod.</p>
<p>La tenue lors du 7<sup>e</sup> forum social et du deuxième forum de la Théologie de la Libération me semble être révélatrice d&#8217;une prise de conscience de ce « signe des temps ». Ce royaume est à construire avec d&#8217;autres, non chrétiens. Nous pouvons y apporter notre participation et notre espérance chrétienne. Le mouvement altermondialiste évolue et se développe mondialement, certes avec ses hauts et ses bas en France notamment, mais son influence s&#8217;accroît de manière positive. Ceci a été mis en évidence lors de la <a href="http://ustl1.univ-lille1.fr/culture/agenda/07/conf/qsd/qsd0708.html" target="_blank">journée d&#8217;études en 2007/2008 sur le thème de &nbsp;&raquo; l&#8217;utopie et l&#8217;altermondialisme&nbsp;&raquo;</a>.</p>
<p>On peut retrouver l&#8217;analyse des difficultés, des forces et des faiblesses en France du mouvement ATTAC avec <a href="http://ustltv.univ-lille1.fr/" target="_blank">l&#8217;intervention du jeune chercheur R. Wintrebert mais aussi les perspectives positives du vieux routier altermondialiste qu&#8217;est Gustave Massiah</a>. </p>
<h3>En référence au thème de notre Assemblée Générale de l&#8217;année 2007 (&laquo;&nbsp;Faire de nos engagement s dans le monde un chemin de foi&nbsp;&raquo;), j&#8217;ai envie de te demander comment pour toi tes engagements dans le monde deviennent un chemin de foi.</h3>
<p>Au fil du déroulement de ma vie, j&#8217;ai le sentiment qu&#8217;une foi évaporée, non incarnée dans le monde fait fausse route. C&#8217;est un <strong>chemin difficile qui est à réinventer</strong> aujourd&#8217;hui. Jésus nous a donné des pistes (le service du prochian à travers l&#8217;image forte du lavement des pieds, le fait souvent difficile d&#8217;aimer son prochain, la priorité de se réconcilier avec son frères avant d&#8217;aller au temple&#8230;), les chemins de foi passent donc par les chemins de vie. Nous sommes libres, responsables et en dialogue dans la prière. L&#8217;Esprit nous appelle à construire un monde nouveau. Sur ce sujet, permettez-moi de renvoyer à l&#8217;article de l&#8217;évêque émérite d&#8217;Amiens Jacques Noyer paru dans TC et présent sur le site de NSAE : <a href="http://www.nsae.fr/hotspot-2/ou-souffle-donc-lesprit-par-jacques-noyer-eveque-emerite-damiens/" target="_blank">« Où souffle donc l&#8217;Esprit ? »</a>.</p>
<h3>Qu&#8217;est ce qui a motivé ton désir de te former en théologie ? A la suite de ton cycle d&#8217;étude, quels regards nouveaux portes-tu sur ta foi ?</h3>
<p>C&#8217;est vrai que j&#8217;aime dire que je suis passé de la technologie à la théologie pour montrer que tout un chacun peut le faire, la plupart des chrétiens ayant fait ce parcours, d&#8217;après une enquête réalisée, en sont très satisfaits. « Un vrai régal » est l&#8217;expression qui me reste à l&#8217;esprit  d&#8217;un membre interviewé.</p>
<p><strong>La recherche de l&#8217;intelligence de la foi</strong> constitue la base recherchée lors de l&#8217;entrée en études de théologie, certes, mais aussi très vite se pose la question <strong>« comment servir aujourd&#8217;hui en théologie ?</strong> ».</p>
<p>Il est possible de se former en théologique universitaire dans une faculté de théologie sur place (Paris, Lille, Lyon, Toulouse, Angers, Strasbourg (faculté d&#8217;état) ) ou par internet (Strasbourg, Lyon) ainsi que les dominicains qui aussi se lancent et sont en attente de reconnaissance du diplôme canonique.</p>
<p>Durant mes études en théologie à Lille, j&#8217;ai adhéré et pris des responsabilité à <strong>l&#8217;Association pour la Formation Théologique Universitaire des Laïcs</strong> (A.For.T.U.L) née en 1978. Un questionnement « existentiel » sur cette association : l&#8217;aujourd&#8217;hui par rapport à ses origines s&#8217;est traduit par un mémoire qui m&#8217;a permis de relater l&#8217;originalité de cette association : <strong>« autogestion de cette formation théologique »,</strong> ce qui montre assez le dynamisme et la responsabilité des fidèles laïcs chrétiens dans l&#8217;esprit de la suite du  Concile Vatican II!</p>
<p>Vis-à-vis de la foi, les études en exégèse historico-critique peuvent être perturbantes mais pour moi c&#8217;est un chemin vers une foi adulte. Cela m&#8217;a permis de décanter, de retrouver l&#8217;essentiel du message biblique, de relativiser certaines formes de la tradition qui ont des origines historiques mais aussi d&#8217;ouvrir de nouvelles questions et de retrouver les paroles fortes du message. Faire de la théologie aujourd&#8217;hui c&#8217;est tenter d&#8217;adapter le message du Christ à notre temps et de relativiser certaines traditions liées aux contextes historiques successifs.</p>
<p>Mais gardons à l&#8217;esprit que la théologie est un outil, même si cette pensée théologique est incontournable, ce n&#8217;est pas la foi. Il faut rester humble. La théologie n&#8217;est qu&#8217;une approximation et elle doit garder en permanence le sens de son inachèvement. Les grandes synthèses du passé sont toutes passées. Il y a donc des théologies et c&#8217;est à nous de <strong>« construire la théologie de nos pratiques »</strong> telle que l&#8217;a exprimée l&#8217;AG 2007 de NSAE .</p>
<h3>Tu as travaillé sur le thème : &laquo;&nbsp;l&#8217;avenir des laïcs formés en théologie universitaire ; vouloir &laquo;&nbsp;servir&nbsp;&raquo; en théologie, une utopie ?&nbsp;&raquo; Comment penses-tu, toi personnellement &laquo;&nbsp;servir&nbsp;&raquo; en théologie ? </h3>
<p>De fil en aiguille : après l&#8217;intelligence de la foi, le deuxième des objectifs de cette association A.For.T.U.L était comme je l&#8217;ai souligné de  « servir en théologie comme laïc ». Cette question : &nbsp;&raquo; <strong>l&#8217;avenir des laïcs formés en théologie universitaire : Vouloir « servir » en théologie une utopie ou une espérance ? &nbsp;&raquo; </strong>était donc ouverte ! Il n&#8217;y a pas une seule réponse mais une multitude de réponses personnelles adaptées au « type » de catholiques que l&#8217;on est. C&#8217;est ce qui ressort de l&#8217;enquête menée : &nbsp;&raquo; Que sont devenus les premiers formés ? &laquo;&nbsp;, ont-ils pu «servir » ? Quels sont les conditions nécessaires à ce service ?</p>
<p>De mon point de vue et encore pour faire court, il y a mise en cause de l&#8217;ecclésiologie actuelle par son inadéquation à répondre aux besoins (signes des temps) et à prendre en compte les mentalités d&#8217;aujourd&#8217;hui. « Servir » en théologie pose la question du type d&#8217;Eglise que nous voulons.</p>
<p>Un long chemin reste à faire pour que la théologie redevienne <strong>un service de tous</strong> vers tous après avoir été confisquée longtemps par ceux qui en ont fait un pouvoir. De nombreux croyants se forment en théologie universitaire ou sur le terrain (Action Catholique), ils sont maintenus dans un <strong>rôle subalterne</strong> mais l&#8217;avenir de l&#8217;Eglise passe par des laïcs formés et adultes.</p>
<p>« Servir »  en théologie c&#8217;est pour moi : devenir adulte dans la foi, ouvrir de nouveaux chantiers de résistance pour envisager et créer des déplacements. Démystifier, tenter de  discerner ce qui est important, relativiser, prendre conscience, comprendre le contexte historique actuel : la stratégie de restauration que nous subissons depuis la fin de Vatican II est associée à cette crainte d&#8217;aller jusqu&#8217;au bout de la réflexion de chrétiens progressistes. La formation théologique, c&#8217;est donc<strong> un bel outil de réflexion sur l&#8217;ecclésiologie </strong>pour<strong> </strong><a href="http://www.nsae.fr/faire-eglise-autrement/que-manque-t-il-a-ces-belles-paroles/" target="_blank">comprendre par exemple pourquoi les belles paroles de Vatican II ne se concrétisent pas !</a></p>
<p>Vaste chantier, mais là les ouvriers sont potentiellement nombreux car la théologie est aujourd&#8217;hui accessible à tous. Ce qui constitue une grande espérance ! </p>
<h3>Qu&#8217;est-ce qui t&#8217;a amené à adhérer à NSAE ?</h3>
<p>Cette adhésion est <strong>le fruit d&#8217;un cheminement : comment dépasser la simple critique non  constructive envers son Eglise ?</strong> J&#8217;ai refusé de « partir sur la pointe des pieds ». C&#8217;est par l&#8217;Eglise que j&#8217;ai reçu la foi et je considère que l&#8217;institution reste nécessaire.</p>
<h3>Comment faire alors ?</h3>
<p>Il est  possible, grâce à NSAE, aux réseaux du Parvis, et au mouvement international « Nous Sommes Eglise » de travailler à l&#8217;avènement  d&#8217;une Eglise « autre »<strong>: c&#8217;est une véritable espérance !</strong></p>
<p>Nos responsables dans l&#8217;Eglise ne nous consultent pas, les structures de dialogue, d&#8217;échanges n&#8217;existent pas, il n&#8217;y a pas appel au « sensus fidelium » (le &laquo;&nbsp;sens des fidèles&nbsp;&raquo;). Ils ne prennent pas leurs responsabilités face à la crise actuelle. La plus grande part de leur énergie est consacrée au maintien du statu quo des structures tridentines de la chrétienté (2) alors que le monde bouge.</p>
<p>Il nous faut <strong>devenir des chrétien(ne)s adultes</strong> dans notre relation à notre Eglise. Notre expérience militante syndicale, politique, associative et culturelle dans notre pluralité nous montre que seul un <strong>engagement collectif</strong> &#8211; ici ecclésial &#8211; peut permettre d&#8217;espérer faire « bouger » et de ne pas tomber dans une forme de désespoir qu&#8217;entraîne une vision individualiste.</p>
<p>Même si la situation ecclésiale actuelle est bloquée à court terme<strong>, nous avons le devoir et la responsabilité de réagir pour tenter de montrer qu&#8217;une Eglise « autre » est possible</strong>. NSAE semble être l&#8217;un des lieux où émerge cette Eglise « d&#8217;en-bas ». Ce courant d&#8217;Eglise, en réseau national et international, me semble porteur d&#8217;espérance et correspond à mon attente en tant que catholique : une Eglise plus évangélique.</p>
<h3>Une autre Eglise est-elle possible pour toi ? Si oui, quel visage lui donnerais-tu ?</h3>
<p>La question se résume à : quelle Eglise voulons-nous ? Prenons conscience de ce que nous vivons une époque de transition : nous allons d&#8217;une manière incontournable vers une Eglise post-tridentine et même post-vaticane, mais aux contours non encore définis. Notre responsabilité consiste à devenir <strong>acteurs de ce passage</strong>, de pouvoir exprimer qu&#8217;une Eglise «  autre » est possible, <strong>recherchant toujours à être plus évangélique</strong>, cela dépend de nous. <strong>Ouvrir des espaces de réinvention, </strong>quel programme ! Notre engagement ne peut se faire qu&#8217;en lien avec sa dimension internationale. &nbsp;&raquo;Nous sommes Eglise&nbsp;&raquo; cité plus haut est une chance à saisir.</p>
<p>Pour finir, reprenons à notre compte les paroles prophétiques suivantes et mettons-les en pratique : <strong>« N&#8217;ayez pas peur »</strong><strong> </strong>(2),<strong> « tous responsables dans l&#8217;Eglise ?  »</strong> (3) pour que cette Eglise « autre », plus évangélique vienne !</p>
<p><strong><em>Propos recueillis par Christophe Breysacher en décembre 2008.</em></strong></p>
<p>(1) Structures héritées du Concile de Trente, le dix-neuvième concile œcuménique reconnu par l&#8217;Église catholique romaine. Convoqué par le pape Paul III en 1542, en réponse aux demandes formulées par Martin Luther dans le cadre de la Réforme protestante, il débute le 13 décembre 1545. Il se déroule en dix-huit ans, sur vingt-cinq sessions, cinq pontificats ( Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV ) et trois villes. En réaction aux progrès de la Réforme protestante, il définit le péché originel, la justification, une autorité de la Bible spécifique au catholicisme romain et confirme les sept sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation. Sur le plan disciplinaire, il crée les séminaires diocésains, destinés à former les prêtres. Trente est l&#8217;un des conciles les plus importants de l&#8217;histoire du catholicisme ; il est le plus abondamment cité par le concile Vatican II. L&#8217;historienne Régine Pernoud présente ce concile comme la coupure entre l&#8217;Église médiévale et l&#8217;Église des temps classiques</p>
<p>(2) Jean-Paul II en 1978.</p>
<p>(3) Synode des évêques de France en&#8230; 1973 !</p>
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		<title>François TRUBERT : un animateur dans l&#8217;ouest</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/07/19/francois-trubert-un-animateur-dans-louest/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Jul 2008 16:44:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits de famille]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis une quinzaine d&#8217;année, cet ingénieur de l&#8217;Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics est maintenant en retraite, dans sa Bretagne profonde, à Pont-Aven, bien connue des artistes. Il n&#8217;en reste pas moins en lien (vive le Net !) avec beaucoup de personnes qui cherchent à vivre en vérité.
De par sa profession, il a évidemment pas mal [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis une quinzaine d&#8217;année, cet ingénieur de l&#8217;<em>Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics</em> est maintenant en retraite, dans sa Bretagne profonde, à Pont-Aven, bien connue des artistes. Il n&#8217;en reste pas moins en lien (vive le Net !) avec beaucoup de personnes qui cherchent à vivre en vérité.</p>
<p>De par sa profession, il a évidemment pas mal bourlingué, en France et à l&#8217;étranger, et ses cinq enfants en ont pris de la graine : ils se trouvent dispersés dans toute l&#8217;Europe ! Il avait pourtant démarré dans la vie en bon « catholique de tradition », mais une lente évolution s&#8217;est emparée de sa conscience, jusqu&#8217;au jour ou un professeur (J. Sullivan) lui a « ouvert les yeux » : mais oui,  tout un chacun peut « lire l&#8217;Evangile et en faire son miel ».</p>
<p>Puis ce fut la période de Vatican II dans une paroisse de St Brieuc, très liée à la Mission de France. Une autre étape est alors franchie avec les premiers contacts avec l&#8217;abbaye de Bocquen et son prieur Bernard Besret. Déjà est née pour lui l&#8217;espérance d&#8217;une « Eglise nouvelle ». La « mise au pas » de Bocquen fut donc un choc !</p>
<p>La fidélité à <em>Témoignage Chrétien</em> &#8211; il est abonné presque sans interruption depuis l&#8217;age de 20 ans &#8211; le soutient dans sa recherche d&#8217;une Foi incarnée. Il est donc parfaitement réceptif lorsque paraît « La Requête du peuple de Dieu » et lorqu&#8217;éclate  l&#8217;Affaire Gaillot. Il accepte donc avec chaleur de réunir les sympathisants de NSAE en Finistère avec Albanne Fautrat de Vansay.</p>
<p>Cette petite équipe s&#8217;implique rapidement au niveau national et expérimente aussi les premières tensions : NSAE doit-il s&#8217;impliquer en priorité sur l&#8217;engagement social et vivre la justice et la charité d&#8217;abord sur le terrain, ou consacrer plus de temps à la contestation interne des structures archaïques de L&#8217;Eglise Catholique Romaine ? François prend toute sa place dans ce débat : « Je suis prêt à aller au bout du monde pour rapprocher les points de vue ».</p>
<p>Cette disponibilité lui vaudra de prendre en charge au niveau national l&#8217;épineux dossier des « divorcés remariés ». Il est apparu, lors d&#8217;une Assemblée Générale, que le sort qui leur était réservé par l&#8217;Eglise « était indigne, et qu&#8217;il fallait faire quelque chose ». François accepte donc de lancer une enquête &#8211; aussi bien auprès des gens concernés que des célébrants. Les réponses et leur synthèse sont publiées. Elles génèrent d&#8217;autres questions et des mises en relation sont induites : « Nous n&#8217;avons pas fait avancer les choses de manière définitive, mais quand même, nous avons apporté notre petite pierre ».</p>
<p>Sur le plan finistérien, François prend son bâton de pèlerin et organise des réunions mensuelles à Châteaulin, centre de gravité du département. Sans contraintes de structures, le groupe partage réflexions et engagements, avec le souci de ménager ceux qui continuent de participer à une vie paroissiale aussi bien que ceux qui ne se « sentent pas à l&#8217;aise dans l&#8217;Eglise ». Il regrette cependant que ce groupe chaleureux du « Pen ar Bed », n&#8217;ai jamais pu avoir une réelle action commune, une manifestation externe de cette richesse collective.</p>
<p>Pourtant, il y aura une encyclique de trop ! Avec « Redemptoris Sacramentum », François considère qu&#8217;il ne peut plus adhérer à cette conception rigide de l&#8217;Eucharistie « au-dessus des hommes ». Il continue cependant d&#8217;apporter sa contribution à la construction de « l&#8217;Eglise Nouvelle » qu&#8217;il appelle de tous ses vœux.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-1395" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/07/francoisglycine1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></p>
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		<title>Robert Grenier : portrait d&#8217;un homme discret</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/04/12/robert-grenier/</link>
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		<pubDate>Sat, 12 Apr 2008 17:50:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bj.tricart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits de famille]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Ingénieur travaillant en sciences physiques à l&#8217;université de Grenoble, Robert Grenier a pris sa retraite en 1997  mais il a toujours autant de travail sinon plus qu&#8217;avant, reconnait-il.

Ce père de cinq enfants, tout comme sa femme Monique, a toujours été engagé. Militant syndical au S.G.E.N, il fut durant trente ans secrétaire de section  à Grenoble et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Ingénieur travaillant en sciences physiques à l&#8217;université de Grenoble, Robert Grenier a pris sa retraite en 1997  mais il a toujours autant de travail sinon plus qu&#8217;avant, reconnait-il.</p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/04/robert-grenier.JPG" alt="robert-grenier.JPG" /></p>
<p align="justify">Ce père de cinq enfants, tout comme sa femme Monique, a toujours été engagé. Militant syndical au S.G.E.N, il fut durant trente ans secrétaire de section  à Grenoble et membre du bureau national pendant treize ans. Il ne compte plus les aller-retour entre Grenoble et Paris. Heureusement, il y avait la montagne. Il pratiquait, avec son épouse, le ski, la marche en haute montagne, l&#8217;alpinisme avec le Club alpin français.</p>
<p align="justify">Chrétien convaincu, il n&#8217;a pas compris, comme beaucoup d&#8217;autres,  que Mgr Jacques Gaillot pour lequel il avait beaucoup d&#8217;admiration, soit mis sur la touche par  le pape et la hiérarchie catholique. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il créa « Evangile et Modernité », en 1995, à Grenoble, rassemblant une centaine de personnes venues manifester devant l&#8217;évêché contre cette décision.</p>
<p align="justify">Plus tard, fin 1999, il fut appelé à succéder à Lucienne Buton à la tête de « Nous sommes aussi l&#8217;Eglise », alors que  la majorité du bureau était démissionnaire. Il devait assurer l&#8217;intérim, il y resta six ans.</p>
<p align="justify">Aujourd&#8217;hui, président de l&#8217;A.D.M.R. (Association du service à domicile)  pour cinq communes du sud-est de Grenoble, il gère une section de cette association qui compte 32 salariés et qui est venue en aide à 175 personnes ou familles rurales en 2007.</p>
<p align="justify">Délégué départemental de l&#8217;Education Nationale, il visite régulièrement huit écoles.  Il représente la C.F.D.T. à la commission locale d&#8217;insertion.</p>
<p align="justify">Monique, son épouse, n&#8217;est pas moins occupée. Conseillère municipale,  elle  est responsable du C.C.A.S. et de l&#8217;association pour l&#8217;autonomie. Elle est au conseil d&#8217;administration de l&#8217;A.D.M.R. où elle avait entraîné son mari. Tandis qu&#8217;il gère des plannings « mouvants » et courre sur les routes, elle constitue des dossiers et s&#8217;occupe de subventions.</p>
<p align="justify">&laquo;&nbsp;Nous arrivons encore à nous voir&nbsp;&raquo;, dit-il en souriant               </p>
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		<title>Quelle présence au monde pour l&#8217;année qui s&#8217;ouvre ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/04/08/assemblee-generale-2008/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Apr 2008 21:21:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bj.tricart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos objectifs]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Le texte qui suit constitue les orientations adoptées par l&#8217;Assemblée Générale de Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise pour l&#8217;année 2008. Puissent-elles inspirantes pour vous qui les lisez et vous donner, peut-être, l&#8217;envie de nous rejoindre pour les mettre en oeuvre ensemble&#8230;

Dans une société économique caractérisée par la marchandisation totale de l&#8217;activité humaine où compétition, performance individuelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><span><em>Le texte qui suit constitue les orientations adoptées par l&#8217;Assemblée Générale de Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise pour l&#8217;année 2008. Puissent-elles inspirantes pour vous qui les lisez et vous donner, peut-être, l&#8217;envie de nous rejoindre pour les mettre en oeuvre ensemble&#8230;</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/12/nsae_logothumbnail1.gif"><img class="aligncenter size-medium wp-image-106" title="NSAE ancien logotype" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/12/nsae_logothumbnail1.gif" alt="" width="118" height="101" /></a></span></p>
<p align="left"><span>Dans une société économique caractérisée par la marchandisation totale de l&#8217;activité humaine où compétition, performance individuelle et déshumanisation écrasent les solidarités et les avancées collectives, nos convictions de sens et de foi ne peuvent avoir qu&#8217;une dimension politique, nos réactions contrer l&#8217;idéologie ambiante et notre action porter sur les causes.</span></p>
<h3><span>Se donner les moyens de résistances actives</span></h3>
<p align="left"><span>1) Discerner les signes des temps positifs (alternatives vers un monde plus humain) et négatifs (dislocation sociale).</span></p>
<p align="left"><span>2) Réunir des matériaux de formation, de compréhension et de réflexion propres à affiner ce discernement.</span></p>
<h3><span>Faire évoluer notre vie associative</span></h3>
<p align="left"><span>1) En vue de nous réapproprier l&#8217;Evangile et le faire revivre à la lumière des aspirations profondes du monde d&#8217;aujourd&#8217;hui.</span></p>
<p align="left"><span>2) E</span><span>n vue de faire partager et comprendre la (les) rupture(s) que nous voulons par nos débats et contestations (notre site internet et des rencontres régionales devraient y contribuer).</span><span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;"> </span> </p>
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		<title>Un événement : la naissance de la revue Parvis</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/02/15/un-evenement-la-naissance-de-la-revue-parvis/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Feb 2008 13:38:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Notre histoire]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Un parvis, c&#8217;est fondamentalement un lieu de passage, de croisement, de plein air, de rencontres, de plus grande liberté de parole que la nef.Sous le nom « Les Réseaux des PARVIS », avec le sous-titre « Chrétiens en liberté pour d&#8217;autres visages d&#8217;Église », une nouvelle revue a vu le jour en 1999 pour rejoindre les personnes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un parvis, c&#8217;est fondamentalement un lieu de passage, de croisement, de plein air, de rencontres, de plus grande liberté de parole que la nef.Sous le nom « <strong><em>Les Réseaux des PARVIS</em></strong> », avec le sous-titre « <strong><em>Chrétiens en liberté pour d&#8217;autres visages d&#8217;Église</em></strong> », une nouvelle revue a vu le jour en 1999 pour rejoindre les personnes avec leurs interrogations vis-à-vis de l&#8217;Église, leurs attentes et leurs exigences. Celle-ci est née du regroupement des bulletins de plusieurs associations partageant des objectifs voisins (<em>Droits et libertés dans les Église</em>, <em>Évreux sans frontières</em>, <em>Femmes et Hommes en Église</em>, <em>Équipe nationale Jonas</em>, <em>Nous Sommes Aussi l&#8217;Église</em> bien sûr, etc&#8230;) et bénéficie du soutien financier de la société éditrice <em><strong>Temps présent</strong></em>.Ces divers réseaux se sont organisés au sein d&#8217;une Fédération pour se donner un outil juridique, favoriser la communication entre eux et se donner une plus grande visibilité. Ils partagent la conviction d&#8217;une nécessaire réforme de l&#8217;Église dans l&#8217;esprit du concile Vatican II, ainsi formulée :<br />
<blockquote>1. Vivre l&#8217;Évangile dans la modernité ;2. Promouvoir des pratiques démocratiques dans les Églises et dans la société ;3. Exprimer la diversité des visages d&#8217;Églises : pluralisme, co-responsabilité et partenariat femmes-hommes ;4. Travailler au service de l&#8217;Évangile avec les richesses de toutes les Églises, dans un vrai partage oecuménique.  </p></blockquote>
<p>La revue est au service de ces objectifs, que chaque association ou groupe partenaire poursuit avec son angle d&#8217;approche spécifique. La revue &laquo;&nbsp;<em><strong>les réseaux des PARVIS</strong></em>&nbsp;&raquo; veut réussir la gageure d&#8217;être une publication bien enracinée dans le terrain et l&#8217;action militante multiforme et néanmoins capable d&#8217;intéresser un vaste public par sa capacité de réflexion.Cette aventure n&#8217;est pas sans risques pour les associations qui doivent conserver leur originalité et leurs adhérents, ainsi que pour <em><strong>Temps Présent</strong></em> qui prend un risque financier. Mais ce début d&#8217;organisation de tout un courant chrétien constitue un &laquo;&nbsp;frémissement&nbsp;&raquo; dans le paysage ecclésial. L&#8217;avenir dira si ce pas franchi deviendra un pas historique. Les premiers échos à cette publication sont favorables.Une originalité dans la gestion des articles : les thèmes sont largement pris en charge par les différentes associations, ce qui apporte variétés de points de vue et originalité. Ce mouvement de synergie n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas clos et accueille tout groupe se reconnaissant dans ses objectifs.Voir la <strong>liste des Associations adhérentes</strong> à la Fédération des Réseaux des Parvis. Conditions d&#8217;abonnement à la revue &laquo;&nbsp;Les Réseaux des PARVIS&nbsp;&raquo; : Abonnement 4 numéros + 2 Lettres : Petit budget : 15 euros Standard : 20 euros  Soutien : au-delà de 28 euros Abonnement complet : 4 numéros + 2 Lettres + 2 hors série : 28 euros Le numéro : 6 euros  Le hors-série : 6, 5 euros Abonnement à adresser à l&#8217;ordre de &laquo;&nbsp;TEMPS PRESENT &#8211; PARVIS&nbsp;&raquo; 68 rue de Babylone75007 Paris Renseignements : Tel : 01 45 51 57 13 Fax : 01 45 51 40 31</p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Aussi&#160;&#187; : mais encore ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/01/29/a-propos-dun-nom-etrange/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 17:16:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Notre histoire]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[ NSAE est né en 1996 et s&#8217;est organisé dans l&#8217;esprit de la &#171;&#160;Requête internationale du peuple chrétien&#160;&#187; (1995) pour l&#8217;égalité entre tous les croyants (femmes et hommes, laïcs et clercs), une attitude positive sur la sexualité et exigeante sur la justice sociale et économique.
Le nom « Nous sommes aussi l&#8217;Église » est la traduction, adoptée par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> NSAE est né en 1996 et s&#8217;est organisé dans l&#8217;esprit de la &laquo;&nbsp;Requête internationale du peuple chrétien&nbsp;&raquo; (1995) pour l&#8217;égalité entre tous les croyants (femmes et hommes, laïcs et clercs), une attitude positive sur la sexualité et exigeante sur la justice sociale et économique.</p>
<p>Le nom « <strong><em>Nous sommes aussi l&#8217;Église</em></strong> » est la traduction, adoptée par les fondateurs, de celui de l&#8217;association autrichienne <strong><em>Wir sind Kirche</em></strong>. Il appelle deux remarques :</p>
<p>1) le « aussi » ne veut pas signifier une quelconque marginalité, mais insister sur notre désir que soit reconnue à l&#8217;intérieur de l&#8217;Église une nécessaire pluralité ;</p>
<p>2) l&#8217;Église dont nous parlons est l&#8217;Église universelle du Christ ; même si certains de nos objectifs sont spécifiques à des problèmes internes à l&#8217;Église catholique romaine, notre mouvement est plus large et inclut en particulier des protestants qui se reconnaissent dans nos objectifs.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Des chantiers pour demain</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/01/29/des-chantiers-pour-demain/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 17:13:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos objectifs]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[1 &#8211; Approfondir ce que nous sommes
A défaut de le transmettre, nous avons à expliquer notre positionnement existentiel. Cela commence par la réappropriation de l&#8217;expression de notre foi (qui porte à la fois sur les concepts et les mots) pour la dire et la célébrer.
Ainsi, que met-on derrière des mots tels que : être chrétien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>1 &#8211; Approfondir ce que nous sommes</em></strong></p>
<p>A défaut de le transmettre, nous avons à expliquer notre positionnement existentiel. Cela commence par la réappropriation de l&#8217;expression de notre foi (qui porte à la fois sur les concepts et les mots) pour la dire et la célébrer.</p>
<p>Ainsi, que met-on derrière des mots tels que : être chrétien ; croire ; prier ; Dieu ; le salut ; la bonne nouvelle ; etc. ?</p>
<p>Comment interpréter l&#8217;Evangile dans la situation culturelle d&#8217;aujourd&#8217;hui ? Ce qui devrait nous permettre de communiquer de façon significative et crédible aujourd&#8217;hui.</p>
<p><strong><em>2 &#8211; Sortir de nous-mêmes, de nos références culturelles et religieuses convenues</em></strong></p>
<p>A) Cela suppose de <strong>prendre clairement parti en Eglise</strong> : pour les opprimés, les exploités, les précaires, les exclus. Nos amis des communautés de base espagnoles nous rappellent opportunément que « <em>le défi de l&#8217;injustice a non seulement une dimension éthique mais aussi une dimension strictement théologale</em> » et nous invitent à « <em>(nous) distancer publiquement des pratiques, opinions et styles de l&#8217;Eglise qui s&#8217;éloignent de l&#8217;esprit de l&#8217;Evangile&#8230;</em> »</p>
<p>Ce point est au cœur de nos orientations : il implique d&#8217;analyser et de comprendre les mécanismes qui créent ces situations et de lutter avec le maximum de partenaires, internes ou externes à NSAE, agissant dans le même sens, afin d&#8217;instaurer le rapport de force nécessaire à notre efficacité. La précision « en Eglise » nous semble nécessaire pour deux raisons :<br />
- cet engagement est celui de nos différents groupes NSAE ;<br />
- il est important de ne pas laisser l&#8217;institution parler en notre nom, puisque « Nous sommes aussi l&#8217;Eglise ».</p>
<p>B) Cela suppose aussi de <strong>vivre radicalement certains passages</strong> :</p>
<p>- du caritatif aux combats de libération ;</p>
<p>- de l&#8217;exaltation de l&#8217;obéissance et des vertus passives mal comprises, déviées de leur sens (patience, humilité, acceptation, etc.) à des vertus positives et donc à des attitudes de résistance active, de transgression, d&#8217;engagement aux côtés des plus marginalisés de l&#8217;Eglise et de la société marchande ;</p>
<p>- de la moralisation des comportements individuels à celle de la vie collective (les communautés de base espagnoles relèvent « la nécessité, dans le contexte actuel, de la globalisation de l&#8217;humain »).</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Sur quelles bases fonder nos propositions ?</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 17:07:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos objectifs]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce que nous révèle l&#8217;Evangile face aux grands défis d&#8217;aujourd&#8217;hui :
- L&#8217;universalité du salut : l&#8217;apport des autres cultures par le dialogue œcuménique et avec des non-croyants, le contact avec des groupes non confessionnels : ATTAC, Agir ici&#8230;, pour plus de justice et de solidarité (exemple : défense du service public) ;
- justice et solidarité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce que nous révèle l&#8217;Evangile face aux grands défis d&#8217;aujourd&#8217;hui :</p>
<p>- <strong><em>L&#8217;universalité du salut</em></strong> : l&#8217;apport des autres cultures par le dialogue œcuménique et avec des non-croyants, le contact avec des groupes non confessionnels : ATTAC, Agir ici&#8230;, pour plus de justice et de solidarité (exemple : défense du service public) ;</p>
<p>- <strong><em>justice et solidarité ne sont pas une option facultative</em></strong> mais des conditions indispensables, puisque seul un monde de justice et de solidarité peut ressembler au Royaume de Dieu. En ce sens, l&#8217;incarnation est une prise au sérieux de l&#8217;humain. Il faut la vivre et l&#8217;agir.</p>
<p>Ce monde matérialiste, royaume de l&#8217;argent, voulons-nous :</p>
<p>- <strong><em>L&#8217;humaniser ?</em></strong> Certes, car il est trop dur pour tous les laissés pour compte qu&#8217;il faut remettre debout ; mais le libéralisme, aidé par les nouvelles technologies, impose sa finalité : le profit ; il se moque des tentatives d&#8217;humanisation, et même, les utilise&#8230;</p>
<p>- <strong><em>Le christianiser ?</em></strong> Surtout pas de « nouvelle évangélisation », mais insuffler l&#8217;Evangile et le faire vivre ; faire de l&#8217;Evangile l&#8217;énergie de notre action, mais sans référence religieuse, en respectant les règles de la laïcité, ce qui contribue à la crédibilité du témoignage.</p>
<p>- <em><strong>Le combattre ?</strong></em> Assurément, pour attaquer les causes du mal par notre militance et nos votes ; en révélant les « failles » du système à partir de la situation actuelle en France. Exiger d&#8217;autres orientations économico-financières internationales pour un monde plus humain et plus fraternel pour les générations actuelles et futures. Pour cela, il y a nécessité de contre-pouvoirs.</p>
<p>Remettre en cause notre manière de vivre et de consommer : le déséquilibre entre nantis et exclus et les destructions et dégradations dues au productivisme dominant nous imposent des changements radicaux.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;apport de NSAE concernant la société</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 17:03:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Principes fondateurs]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Par rapport à la société, NSAE a modifié notre regard et notre attitude au-delà de nos attentes.
La laïcité
Sur ce point, les avis sont partagés. Un collectif regrette le manque de référence à l&#8217;OCL. Néanmoins, le travail de NSAE au H.S. n° 3 de PARVIS (réalisé sous l&#8217;égide du CEDEC) est notoire, ainsi le Colloque « [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par rapport à la société, <em><strong>NSAE</strong></em> a modifié notre regard et notre attitude au-delà de nos attentes.</p>
<h3>La laïcité</h3>
<p>Sur ce point, les avis sont partagés. Un collectif regrette le manque de référence à l&#8217;OCL. Néanmoins, le travail de NSAE au H.S. n° 3 de PARVIS (réalisé sous l&#8217;égide du CEDEC) est notoire, ainsi le Colloque « l&#8217;Europe en quête de laïcité » qui s&#8217;est tenu à Paris en mars 2003, et les autres interventions dans ce domaine.</p>
<h3>L&#8217;Europe</h3>
<p>Des apports sur les rouages des institutions et sur le fonctionnement des églises européennes avec des échanges et des intervenants d&#8217;autres pays ; une prise de conscience et un regard sur les objectifs et les prises de positions de la COMECE.</p>
<h3>L&#8217;International</h3>
<p>Les groupes apprécient :<br />
- Le Compte Rendu du congrès de Madrid du Réseau européen Eglise et Liberté ;<br />
- La vision de NSAE mais ils demandent une réflexion collective et sa diffusion plus large.<br />
- Le texte portant sur la Théologie de la Libération. Plusieurs souhaitent que NSAE en parle, car parmi les catholiques, elle paraît mise sous le boisseau.<br />
- Le partenariat avec le réseau IMWAC (International Movement We Are Church)</p>
<h3>La mondialisation</h3>
<p>Ce thème est jugé comme un des mieux travaillés en profondeur par NSAE, avec :<br />
- La mise en lumière des compromissions des autorités ecclésiastiques avec les gouvernements de divers pays ;<br />
- La dénonciation de la complicité entretenue avec les forces d&#8217;argent ;<br />
- Le souci d&#8217;ouverture aux cultures diverses.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;apport de NSAE concernant l&#8217;Eglise</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 16:58:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Principes fondateurs]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Concernant l&#8217;Eglise, NSAE a conforté notre attitude avec :
- une liberté d&#8217;expression qui permet à tous de trouver (souvent avec bonheur !) un espace de parole libre, un souffle de liberté ;
- une volonté d&#8217;introduire un fonctionnement démocratique dans les Eglises, refusant le système hiérarchique pyramidal ;
- des initiatives pour changer les célébrations, et notamment l&#8217;Eucharistie, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Concernant l&#8217;Eglise, NSAE a conforté notre attitude avec :</p>
<p>- <em><strong>une liberté d&#8217;expression</strong></em> qui permet à tous de trouver (souvent avec bonheur !) un espace de parole libre, un souffle de liberté ;</p>
<p>- <em><strong>une volonté d&#8217;introduire un fonctionnement démocratique dans les Eglises</strong></em>, refusant le système hiérarchique pyramidal ;</p>
<p>- <em><strong>des initiatives pour changer les célébrations</strong></em>, et notamment l&#8217;Eucharistie, pour un partage du vécu en mémoire de Jésus de Nazareth. Dans cette perspective, NSAE est un laboratoire dont le travail, qui peut paraître difficile pour certains, ne nous semble pas inutile !</p>
<p>- <em><strong>l&#8217;accueil des divorcés dans la vie sacramentelle</strong></em>, car leur exclusion par l&#8217;institution catholique est un scandale pour beaucoup ;</p>
<p>- <em><strong>un effort pour promouvoir l&#8217;œcuménisme</strong></em> (conscients des ambiguïtés que cela représente), <em><strong>le dialogue inter religieux</strong></em> (y compris avec les agnostiques et les athées)</p>
<p>- <em><strong>une volonté d&#8217;ouverture aux responsabilités à part égale entre hommes et femmes</strong></em>, dans tous les domaines y compris ecclésiaux (cf :&nbsp;&raquo;Faire Eglise autrement&nbsp;&raquo;, <em>Parvis</em>, Hors-série n°13).</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le sens de notre engagement à NSAE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/01/29/le-sens-de-notre-engagement-a-nsae/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 16:47:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Principes fondateurs]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise est un courant qui regroupe des femmes et des hommes soucieux de placer en priorité la fidélité au message de Jésus-Christ. C&#8217;est pourquoi il se veut critique à l&#8217;encontre des dysfonctionnements de l&#8217;Institution.
Rappelons qu&#8217;un texte intitulé &#171;&#160;La Requête&#160;&#187; est initialement parti d&#8217;Autriche en 1995. Il s&#8217;est rapidement propagé, si bien qu&#8217;il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise</em></strong> est un courant qui regroupe des femmes et des hommes soucieux de placer en priorité la fidélité au message de Jésus-Christ. C&#8217;est pourquoi il se veut critique à l&#8217;encontre des dysfonctionnements de l&#8217;Institution.</p>
<p>Rappelons qu&#8217;un texte intitulé &laquo;&nbsp;<a target="_blank" href="http://www.nsae.fr/qui-sommes-nous/la-requete/">La Requête</a>&nbsp;&raquo; est initialement parti d&#8217;Autriche en 1995. Il s&#8217;est rapidement propagé, si bien qu&#8217;il avait recueilli 5 millions de signatures dans le monde alors même que se mettait en place, en 1996, NSAE.</p>
<p>Cette requête demandait une réforme sur les 5 points suivants :<br />
- Edification d&#8217;une Eglise fraternelle ;<br />
- Egalité totale des femmes et des hommes ;<br />
- Libre choix entre célibat et vie conjugale pour les ministères ordonnés ;<br />
- Regard positif sur la sexualité ;<br />
- Partage de la Bonne Nouvelle sans contraintes normatives.</p>
<p>Dans la même année, un espoir était déçu du fait de l&#8217;éviction de <a target="_blank" href="http://www.nsae.fr/opinions-debats/entretien-avec-jacques-gaillot/">Jacques Gaillot</a>.</p>
<p>Ainsi, alors que nous nous posions le problème du rapport entre Jésus de Nazareth et l&#8217;Eglise institutionnelle, nous étions heurtés par le décalage entre le discours tenu par l&#8217;institution hiérarchique et la pratique vécue. Nous ne voulions pas que les espoirs suscités par Vatican II s&#8217;estompent, sachant bien que le cléricalisme a la vie dure.</p>
<p>Au début, l&#8217;accent a été mis sur la réforme de l&#8217;Eglise, notre point de départ étant, historiquement, la <a target="_blank" href="http://www.nsae.fr/qui-sommes-nous/la-requete/">Requête</a>. Très vite, en bonne logique évangélique, nous avons senti la nécessité de nous ouvrir, aussi, aux faits de société. L&#8217;Eglise n&#8217;est pas une fin en soi, elle existe pour le monde.</p>
<p>Au sein de notre mouvement, on observe actuellement une complémentarité :<br />
- pour certains, NSAE a pour fonction prioritaire de proposer des réformes dans l&#8217;Eglise en prolongeant la Requête qui elle-même n&#8217;est pas encore passée dans les faits ;<br />
- pour d&#8217;autres, l&#8217;exigence de NSAE implique leur ouverture à la société et la concrétisation de leur engagement.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Généralités</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 16:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Principes fondateurs]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous Sommes aussi l&#8217;Eglise s&#8217;organise et agit dans l&#8217;esprit de la Requête internationales du peuple de Dieu (1995) pour :
- l&#8217;égalité entre tous les croyants, femmes et hommes, laïcs et clercs ;
- l&#8217;accès à tous les ministères des femmes et des hommes, quel que soit leur statut familial ;
- une attitude positive vis à vis de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Nous Sommes aussi l&#8217;Eglise</em></strong> s&#8217;organise et agit dans l&#8217;esprit de la <a target="_blank" href="http://www.nsae.fr/qui-sommes-nous/la-requete/">Requête internationales du peuple de Dieu</a> (1995) pour :<br />
- l&#8217;égalité entre tous les croyants, femmes et hommes, laïcs et clercs ;<br />
- l&#8217;accès à tous les ministères des femmes et des hommes, quel que soit leur statut familial ;<br />
- une attitude positive vis à vis de la sexualité, sans crispation sur les interdits ;<br />
- que les exigences morales s&#8217;affirment plutôt en matière de justice sociale, économique, d&#8217;écologie&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Notre fonctionnement</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2007/11/17/notre-fonctionnement/</link>
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		<pubDate>Sat, 17 Nov 2007 21:31:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>
		<category><![CDATA[NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[

Nous sommes aussi l&#8217;Église est une association loi de 1901 dont le siège est basé au 68, rue de Babylone (75007 Paris).
Du fait de sa constitution propre, NSAE fonctionne de façon largement décentralisée. Cependant ses administrateurs, directement élus par l&#8217;ensemble des adhérents réunis une fois par an en Assemblée Générale (à la mi-janvier), ont le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/interogation.jpg" title="Qui sommes nous ?"></a><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/interogation.jpg" title="Qui sommes nous ?"></a></p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/interogation.jpg" alt="Qui sommes nous ?" /></p>
<p><em><strong>Nous sommes aussi l&#8217;Église</strong></em> est une association loi de 1901 dont le siège est basé au 68, rue de Babylone (75007 Paris).</p>
<p>Du fait de sa constitution propre, <em><strong>NSAE</strong></em> fonctionne de façon largement décentralisée. Cependant ses administrateurs, directement élus par l&#8217;ensemble des adhérents réunis une fois par an en Assemblée Générale (à la mi-janvier), ont le souci de représenter l&#8217;intérêt commun, tout en valorisant le travail et les orientations spécifiques des groupes adhérents.</p>
<p>Nous fédérons des Collectifs locaux, des Associations, des Partenaires (qui ne peuvent pas adhérer, faute de moyens financiers, mais qui nous accompagnent) ainsi que des adhérents individuels.</p>
<p>Nous sommes membres, avec 35 autres associations françaises, de la Fédération des Réseaux du Parvis.</p>
<p>Nous participons à l&#8217;activité des réseaux réformateurs internationaux de l&#8217;Église Catholique :</p>
<ul>
<li>Réseau Européen Église et liberté (RE) ;</li>
<li>Réseau international &laquo;&nbsp;Nous sommes Église&nbsp;&raquo; (IMWAC).</li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Nos objectifs</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2007/11/17/nos-objectifs/</link>
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		<pubDate>Sat, 17 Nov 2007 21:31:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos objectifs]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>
		<category><![CDATA[NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[

NSAE est né en 1996 et s&#8217;est organisé dans l&#8217;esprit de la « Requête internationale du peuple de Dieu » (1995) pour l&#8217;égalité entre tous les croyants (femmes et hommes, laïcs et clercs), une attitude positive sur la sexualité et exigeante sur la justice sociale et économique.
Le nom « Nous sommes aussi l&#8217;Église » est la traduction, adoptée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/interogation.jpg" title="Qui sommes nous ?"></a><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/interogation.jpg" title="Qui sommes nous ?"></p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/interogation.jpg" alt="Qui sommes nous ?" /></p>
<p></a>NSAE est né en 1996 et s&#8217;est organisé dans l&#8217;esprit de la « Requête internationale du peuple de Dieu » (1995) pour l&#8217;égalité entre tous les croyants (femmes et hommes, laïcs et clercs), une attitude positive sur la sexualité et exigeante sur la justice sociale et économique.</p>
<p>Le nom « Nous sommes aussi l&#8217;Église » est la traduction, adoptée par les fondateurs, de celui de l&#8217;association allemande Wir sind Kirche. Il appelle deux remarques :</p>
<p>1) le « aussi » ne veut pas signifier une quelconque marginalité, mais insister sur notre désir que soit reconnue à l&#8217;intérieur de l&#8217;Église une nécessaire pluralité ;</p>
<p>2) l&#8217;Église dont nous parlons est l&#8217;Église universelle du Christ ; même si certains de nos objectifs sont spécifiques à des problèmes internes à l&#8217;Église catholique romaine, notre mouvement est plus large et inclut en particulier des protestants qui se reconnaissent dans nos objectifs.</p>
<p>L&#8217;objectif commun de l&#8217;association est celui d&#8217;une Église qui soit vraiment fidèle à l&#8217;esprit de Jésus Christ ; peuple de Dieu librement en recherche (dans ses diverses façons de penser, de croire, de vivre ou d&#8217;aimer) ; libérée des conditionnements religieux sclérosants ; engagée dans la voie d&#8217;une réforme permanente, en solidarité avec les femmes et les hommes de notre temps.</p>
<h3>Engagements et actions</h3>
<ul>
<li>Coordination et mise en synergie des collectifs et groupes locaux, régionaux ou nationaux par des échanges réguliers de courriers, la diffusion interne des informations et publications propres aux groupes, l&#8217;édition d&#8217;un Bulletin de liaison, des rencontres ou encore au moyen du Site Internet ;</li>
<li>Impulsion de la réflexion (pouvant donner lieu à des publications sous forme de livrets) et des actions. NSAE a par exemple joué un rôle moteur dans la création de la <em>Fédération des Réseaux du Parvis</em> et se montre très attaché à la <em>Revue Parvis</em> et à sa diffusion. Il a pris la responsabilité de l&#8217;édition du hors série n°4 : « Quelle Mondialisation ? » ;</li>
<li>Participation française aux activités internationales : NSAE est adhérent actif du Réseau Européen « Église et Liberté », dont il a organisé l&#8217;Assemblée générale de Versailles en janvier 2001 ; NSAE est également en liens avec le <em>Réseau International Nous sommes Église </em>(<em>IMWAC</em>) et a participé au « Synode du Peuple de Dieu », mené en parallèle avec le synode des évêques de Rome en octobre 2001 ;</li>
<li>Réflexion sur le profil de l&#8217;évêque, à l&#8217;occasion du Synode ;</li>
<li>Echange de courrier et rencontres avec quelques évêques ;</li>
<li>Forum sur les dérives sectaires dans l&#8217;Église, organisé dans la région lyonnaise ;</li>
<li>Sensibilisation aux dangers humains de la mondialisation néocapitaliste ;</li>
<li>Colloque sur l&#8217;importance de la laïcité dans la perspective européenne, en partenariat avec 5 autres Associations adhérentes de Parvis ;</li>
<li>Engagement d&#8217;une recherche sur la célébration du remariage pour le divorcés-remariés et d&#8217;une recherche sur les avancées de l&#8217;œcuménisme ;</li>
<li>un partage d&#8217;expériences de célébration de remariage ; une journée nationale de célébration d&#8217;intercommunion œcuménique.</li>
</ul>
<h3>PUBLICATIONS</h3>
<p>1) Voir la page spéciale « <strong>Nos publications</strong> ». Des fascicules (vendus au prix de 1€50, port inclus) produits soit par l&#8217;Association nationale, soit par des groupes locaux, par exemple :</p>
<blockquote><p>Quelle mondialisation et quels visages d&#8217;Église ? (rencontre du Réseau Européen à Versailles en janvier 2001 &#8211; en collaboration avec DLE) ;</p>
<p>Le pèlerin et le converti (conférence de D. Hervieu-Léger à Châtenay-Malabry reprise sur le web) ;</p>
<p>L&#8217;exercice pastoral de l&#8217;autorité (Matthews. H. Clarck, évêque de Rochester) ;</p>
<p>La laïcité un problème dépassé ? Publication de NSAE-IdF (Laure Caumont) ;</p>
<p>Le mal, le péché et le salut. Publication de NSAE-IdF (Joseph Moingt) ;</p>
<p>Jubilé 2000, pour quelles libérations ? (Publication de NSAE-Hérault) ;</p>
<p>L&#8217;Eglise, Hier&#8230;Demain ? (Publication de NSAE-Hérault) ;</p>
<p>Quelle Église pour demain ? (avec la collaboration de Michel Delval) ;</p>
<p>Amour, Eros, sexualité ;</p>
<p>Sectes et dérives sectaires dans l&#8217;Église catholique ;</p>
<p>Les femmes dans l&#8217;avenir de l&#8217;Église. Publication de « Évangile et modernité » (Marie-Jeanne Bérère et Mathilde Dubesset).</p></blockquote>
<p>2) Bulletin de liaison semestriel, en collaboration avec <em>Droits et Libertés dans les Eglises</em> (DLE)</p>
<p>3) Hors-série de la Revue des Parvis</p>
<p>LIENS INTERNATIONAUX :</p>
<p>NSAE a des liens privilégiés avec le Réseau Européen « <a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/reseau_europeen2004_6002.htm"><strong>Église et Libertés</strong></a> » et le Mouvement international <a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/IMWAC_international_movement_we_are_church6003.htm"><strong>IMWAC</strong></a> &laquo;&nbsp;Nous sommes Église&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Les <a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/nos_amis1000.htm"><strong>liens</strong></a> sont particulièrement étroits et suivis avec &laquo;&nbsp;Nous sommes Église Italie&nbsp;&raquo;, PAVES (Belgique) et le Réseau « Culture et Foi » au Québec.</p>
<hr SIZE="2" width="100%" align="center" />Vous qui voulez une Église</p>
<p>Vraiment fidèle à l&#8217;Esprit de Jésus Christ</p>
<p>Peuple de Dieu en recherche</p>
<p>Libérée de conditionnements religieux sclérosants</p>
<p>Engagée dans la voie d&#8217;une réforme permanente</p>
<p>En solidarité avec les femmes et les hommes de ce temps</p>
<p>REJOIGNEZ &laquo;&nbsp;Nous sommes aussi l&#8217;Église&nbsp;&raquo; (NSAE)</p>
<p>Non pas une autre Église,</p>
<p>mais&#8230; une Église autre</p>
<p>Nous sommes aussi l&#8217;Église et nous voulons qu&#8217;elle soit l&#8217;Église de tous les ami(e)s de Jésus Christ (Jn 15/14), quelles que soient leurs façons de penser, de croire, de vivre ou d&#8217;aimer.</p>
<p>Nous voulons qu&#8217;elle prenne à son compte l&#8217;appel de Jésus Christ à la délivrance des opprimés et à la libération des exploités (Lc 4/18-19 en écho à Is 61/1)</p>
<p>Pour cela nous voulons réagir contre la domination des forces conservatrices dans l&#8217;Église et néo-capitalistes dans la société et contre toutes les exclusions que les une et les autres génèrent. </p>
<p>Nous voulons une Église heureuse au cœur de la modernité et de la laïcité et qui sache rejoindre avec lucidité, au delà des dogmes et des rites, la vie et les questions des femmes et des hommes de notre temps.</p>
<p>Nous sommes l&#8217;Église et nous en dénonçons les dérives sectaires car nous la voulons comme un espace de liberté pour la parole, la pensée et la recherche théologiques.</p>
<p>Nous fédérons des <a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/Collectifs_associations_nsae2040.htm#Collectifs"><strong>Collectifs locaux, des Associations</strong></a> ainsi que des adhérents individuels.<br />
Nous sommes membres, avec 35 autres Associations françaises, <br />
de la <a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/parvis_federation6001.htm#Parvis"><strong>Fédération des Réseaux du Parvis</strong></a>.</p>
<p>Nous participons à l&#8217;activité internationale des réseaux réformateurs de l&#8217;Église Catholique :<br />
- &laquo;&nbsp;Réseau Européen Église de liberté&nbsp;&raquo; (<a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/reseau_europeen2004_6002.htm"><strong>RE</strong></a>)<br />
- Réseau international &laquo;&nbsp;Nous sommes Église&nbsp;&raquo; (<a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/IMWAC_international_movement_we_are_church6003.htm"><strong>IMWAC)</strong></a></p>
<p>Nous sommes partie prenante de la revue &laquo;&nbsp;<a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/parvis_revue9002.htm"><strong>Les Réseaux des Parvis</strong></a>&nbsp;&raquo; à la création de laquelle nous avons participé.</p>
<p><em>Si vous faites partie d&#8217;une communauté, d&#8217;une association ou d&#8217;un mouvement dont vous pensez qu&#8217;il pourrait rejoindre le Réseau NSAE, parlez-en avec vos amis afin qu&#8217;il s&#8217;agisse bien d&#8217;une décision collective; puis prenez contact avec notre secrétariat ou avec le groupe adhérent le plus proche pour présenter l&#8217;adhésion de votre groupe. <br />
</em><em>Pour une adhésion individuelle, merci de recopier le <a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/adherer2004.htm"><strong>bulletin d&#8217;adhésion</strong></a>.</em></p>
<p>Vous pouvez aussi nous aider par <a href="http://perso.orange.fr/nsae-france/adherer2004.htm"><strong>un don</strong></a>.</p>
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		<title>Réponse de NSAE à la consultation de Partenia 2000</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Nov 2007 21:29:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits de famille]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[
« Nous sommes aussi l&#8217;Eglise » (NSAE) rassemble des adhérents individuels et une vingtaine de collectifs et groupes locaux, régionaux ou nationaux. Notre association a vu le jour officiellement en 1996 et s&#8217;est organisée dans l&#8217;esprit de la « Requête internationale du peuple chrétien » de 1995, pour l&#8217;égalité entre tous les croyants (femmes et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href='http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/interogation.jpg' title='Qui sommes nous ?'><img src='http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/interogation.jpg' alt='Qui sommes nous ?' /></a></p>
<p>« Nous sommes aussi l&#8217;Eglise » (NSAE) rassemble des adhérents individuels et une vingtaine de collectifs et groupes locaux, régionaux ou nationaux. Notre association a vu le jour officiellement en 1996 et s&#8217;est organisée dans l&#8217;esprit de la « Requête internationale du peuple chrétien » de 1995, pour l&#8217;égalité entre tous les croyants (femmes et hommes, laïcs et clercs), une attitude positive sur la sexualité et exigeante sur la justice sociale et économique. Notre orientation est fortement marquée par l&#8217;événement concomitant à la naissance de notre mouvement qu&#8217;a été l&#8217;éviction de Jacques Gaillot : elle se situe dans le sillage de son prophétisme en mettant la priorité dans la lutte contre toutes les formes d&#8217;exclusion que génère notre société.
</p>
<p>Nous voulons expérimenter une vie d&#8217;Eglise en réseau (horizontale) appelée à se substituer à une Eglise verticalisée. Et c&#8217;est sur ce mode « horizontal » que nous avons construit notre réponse à la consultation de Partenia 2000. Dans une première partie, deux d&#8217;entre nous apportent leur témoignage de la façon dont ils ont vécu l&#8217;événement. Puis, dans la seconde partie, nous tentons un bilan, vu par le conseil d&#8217;administration, puis par des groupes adhérents.</p>
<p><strong>I- Je me souviens</strong></p>
<p><strong>1- Bernard </strong> (du groupe de NSAE : « Liberté et Partage »)</p>
<p><strong>Avant Janvier 1995.</strong></p>
<p>Un souffle nouveau. Une expression différente. </p>
<p>Un évêque qui veut être présent auprès des gens éloignés de l&#8217;Eglise !</p>
<p>Oui, en 1994, j&#8217;ai vu l&#8217;émission « Frou-Frou », ce devait être je crois le samedi en fin d&#8217;après midi&#8230; Et j&#8217;ai suivi l&#8217;émission « Transit », un soir, avec les invités, Jacques GAILLOT et Eugène DREWERMAN. Même que je ne comprenais pas très bien alors les richesses et les difficultés de leurs échanges. Sans doute étais-je en recherche de Vérité, pas celle que nous proposait le Magistère dans son expression romaine (actuellement pire encore !), mais une réponse à la quête de sens de notre humanité aujourd&#8217;hui.</p>
<p><strong>Janvier 1995.</strong></p>
<p>Non, ce n&#8217;est pas possible !  Rassemblement spontané de chrétiens qui manifestent le dimanche après midi qui suit sous les fenêtres de l&#8217;évêché à Orléans! Nous sommes nombreux, très nombreux. Du jamais vu ! L&#8217;évêque PICANDET ne veut pas se montrer. Finalement un prêtre « de service » lit une déclaration qui se termine bien sûr par une fin de non recevoir.  Des huées ! Encore du jamais vu !</p>
<p><strong>A Gien, début février 1995.  </strong></p>
<p>Réunion trimestrielle du Conseil Paroissial dont j&#8217;étais alors membre. Une réunion programmée depuis septembre peut-être, tout ce qu&#8217;il y a de plus classique. A la fin, l&#8217;ordre du jour est terminé, quelqu&#8217;un, Madame A. C.,  demande :  <em>-  Et l&#8217;affaire ?</em></p>
<p>R., curé de Gien : &#8211; Quelle affaire ? (avec une vivacité contenue)</p>
<p>Madame A.C. :  <em>-  Eh bien J.Gaillot ? On va quand même en parler, c&#8217;est le plus important&#8230; !</em></p>
<p>R., et  un prêtre de la paroisse, J., répondent :  Il n&#8217;y a rien à dire, c&#8217;est tout !</p>
<p>On était sous le choc et notre clergé nous disait : il n&#8217;y a rien à dire !</p>
<p>Finalement, il a bien fallu en parler.</p>
<p>Mais, à partir de cet instant, j&#8217;ai compris ce que pouvait être la coupure « Clergé/Laïc », qui représente finalement une image des castes.</p>
<p>J&#8217;ai alors cherché autrement. Les « Amis du Père Riobé », puis grâce à DLE Sarthe, j&#8217;ai découvert la Requête de NSAE avec Liberté et Partage de Saint Jean de la Ruelle.</p>
<p>Ce qu&#8217;on a appelé l&#8217;affaire GAILLOT c&#8217;est d&#8217;abord et avant tout ce formidable élan de chrétiens qui ont pris alors conscience qu&#8217;il pouvaient oser exprimer un avis différent, critiquer même les choix et les décisions des autorités ecclésiastiques ; qu&#8217;ils devaient se prendre en main, devenir ce que Jésus attend d&#8217;eux : être des hommes debout.</p>
<p>Et NSAE, pour moi, c&#8217;est aussi : <b>« nous voulons être des hommes debout ! »</b></p>
<p><strong>2- Laure à Paris</strong> (du groupe NSAE Paris-Ile de France)</p>
<p>Chez ceux qui étaient alertés, la condamnation de Jacques Gaillot n&#8217;a pas fait l&#8217;effet d&#8217;une bombe car on sentait venir un mauvais coup à son égard depuis un certain temps déjà.</p>
<p>Au contraire, dans une paroisse comme la nôtre, la plupart ont été surpris : les uns, révoltés ou tout au moins inquiets d&#8217;une telle mesure, en particulier celles et ceux qui, se dévouant personnellement auprès des malades, des prisonniers ou des exclus, avaient été touchés par l&#8217;action de Jacques Gaillot dans ces différents domaines. D&#8217;autres, bien sûr, ont applaudi : il était temps de faire rentrer dans le rang un évêque qui ne se comportait pas comme un évêque traditionnel !</p>
<p>Lorsque nous avons proposé une pétition de soutien envers lui, nous avons vu les fidèles habituellement peu portés à contester les décisions du magistère, signer avec élan. La pétition a recueilli une centaine de signatures.</p>
<p>Le curé nous a laissé intervenir à la messe pour annoncer la manifestation prévue devant l&#8217;évêché. Celle-ci n&#8217;a mobilisé qu&#8217;une quinzaine de personnes de la paroisse, mais il faut y noter la présence de deux incroyants, maris de paroissiennes. Ils avaient tenu à affirmer leur solidarité avec un évêque qui, pour une fois, savait engager un dialogue sans arrogance avec ceux qui ne partageaient pas sa foi.</p>
<p>Qu&#8217;en est-il après dix ans ? Un petit nombre de ceux qui avaient soutenu Jacques Gaillot se sont retrouvés à NSAE. Je ne suis pas sûre qu&#8217;aujourd&#8217;hui une centaine de paroissiens se déclareraient encore solidaires d&#8217;un nouveau Jacques Gaillot. Parce qu&#8217;on n&#8217;attend plus rien de l&#8217;institution et qu&#8217;on vit au ras de sa paroisse ? C&#8217;est sans doute vrai pour les anciens ; les jeunes se recrutent pour la plupart dans les milieux traditionalistes et ne se reconnaîtraient pas en Jacques Gaillot.</p>
<p><strong>II- A NSAE, où en sommes-nous aujourd&#8217;hui ?</strong></p>
<p>Depuis dix ans, nous sommes toujours là !</p>
<p>Nous voulons témoigner auprès des plus jeunes parmi nous d&#8217;une Église qu&#8217;il n&#8217;ont pas connue et qui avait su bouger dans les années 1970 ; nous constatons qu&#8217;elle n&#8217;en est plus capable aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Nous voulons donc construire ce qui pourrait naître après elle.</p>
<p>Nous prenons conscience que vis-à-vis de la société économique comme de l&#8217;Église, c&#8217;est le même combat que nous avons à mener. Et ce combat ne peut être qu&#8217;international.</p>
<p>Les points forts pour notre association aujourd&#8217;hui :</p>
<p>- Se réapproprier les questions d&#8217;Eglise et de société dans une optique similaire à celle d&#8217;associations comme ATTAC. Les grands enjeux politiques, sociaux, économiques, ecclésiaux ne doivent pas être abandonnés aux « experts » qu&#8217;ils soient en « humanité » ou en économie. Notre travail de réflexion, de débats doit déboucher sur la réappropriation d&#8217;une parole trop souvent confisquée par les « décideurs » (évêques, politiques, zélateurs du MEDEF). Nous sommes alors appelés à développer une certaine expertise (une contre-expertise ?) sur des sujets tels que la laïcité.</p>
<p>- S&#8217;afficher comme chrétien dans ce contexte échappe aux habituelles ornières de tous les discours identitaires. Ainsi, le travail sur la laïcité est pour nous presque une sorte de mission de « service public » face à tous les discours de « choc des civilisations » qui trouvent leur compte dans les tensions entre communautés religieuses. Il s&#8217;agit de débusquer les véritables enjeux des exclusions générées par le système néolibéral, qui sont masquées par les discours de ceux qui ont tout intérêt à « ethniciser » ces conflits. La foi dans une République assurant un véritable « vivre-ensemble » de toutes les communautés humaines peut alors être réaffirmée.</p>
<p>- Il nous semble profondément juste d&#8217;affirmer que la lutte contre toutes les exclusions n&#8217;est pas un engagement parmi d&#8217;autres pour nous, mais véritablement le cœur de notre action, comme elle est le cœur de l&#8217;Evangile. Le mouvement altermondialiste est le lieu privilégié, incontournable de ce parti-pris.</p>
<p>- Pour ce qui est de « changer les institutions d&#8217;Eglise » nous avons le sentiment que nous n&#8217;obtiendrons jamais de résultat spectaculaire. Néanmoins, nous devons réagir à la rhétorique du magistère sur les questions de dogme et d&#8217;éthique. Il s&#8217;agit surtout de faire entendre d&#8217;autres voix d&#8217;Eglise, toujours pluralistes, face à la « pensée unique » magistérielle. Tout cela ne doit pas cependant prendre trop de nos forces. Ce sera surtout notre façon d&#8217;être et d&#8217;agir qui bâtira l&#8217;Eglise autre que nous voulons. Une Eglise plurielle qui privilégie les structures souples, en réseau, tel que nous essayons de le vivre au sein de NSAE et des « Réseaux du Parvis ».</p>
<p><strong>- Le point de vue du groupe NSAE-Cher</strong></p>
<p>L&#8217;éviction du père Gaillot et le mouvement qu&#8217;elle a provoqué dans l&#8217;Eglise a été pour nous le point de départ d&#8217;une attitude d&#8217;adultes participatifs à la vie de l&#8217;Eglise.</p>
<p>(Nous regrettons que les évêques de France n&#8217;aient pas réagi collectivement à cette mise à l&#8217;écart, et que depuis 10 ans, leur attitude n&#8217;ait pas changé, suivant en cela celle de l&#8217;évêque de Rome.)</p>
<p>D&#8217;enfants qui se laissaient porter, nous sommes devenus peu à peu adultes, plus curieux de la vie de l&#8217;Eglise romaine à qui on n&#8217;accepte plus de donner carte blanche.</p>
<p>En ce sens, dans la mesure de notre possible, nous nous tenons informés et nous réagissons quand nous l&#8217;estimons nécessaire.</p>
<p>L&#8217;esprit critique vis-à-vis de l&#8217;Eglise va de pair avec la volonté de le faire partager par notre entourage. Aussi, nous espérons que peu à peu, le mouvement qui s&#8217;est enclenché « conscientisera » un certain nombre de chrétiens, nous préparant ensemble à vivre une Eglise autre. Nous apprécions beaucoup le fait de la fédération des différents mouvements dans Parvis, parce que cela donne force et crédibilité à l&#8217;ensemble.</p>
<p>Parmi nous, groupe du Cher, un certain nombre continuent à participer activement à la vie de l&#8217;Eglise locale, croyant nécessaire de rester dedans pour la faire évoluer et pour entraîner les gens de bonne foi, reprenant à notre compte la déclaration de Paul Abela, dans son livre, « Je crois mais parfois autrement » : « Je reste dans l&#8217;Eglise, non par soumission ou en faisant abstraction de tout esprit critique, mais par réalisme et miséricorde, et pour contribuer à sa réforme, dans l&#8217;intérêt du bien commun ».</p>
<p>D&#8217;autres ont préféré couper les ponts avec l&#8217;Eglise institution, mais restent demandeurs de lieux de réflexion pour vivre l&#8217;Evangile avec d&#8217;autres chrétiens, sur la même longueur d&#8217;ondes qu&#8217;eux dans leur analyse de l&#8217;Eglise.</p>
<p>La lutte contre toutes les formes d&#8217;exclusion que génère notre société, et qui est dans le prophétisme de Jacques Gaillot, était déjà dans les pratiques de beaucoup d&#8217;entre nous. La reconnaître comme partie intégrante de l&#8217;Evangile également.</p>
<p>Au niveau du discours social officiel, notre Eglise est au top, mais dans le concret quotidien, il en est autrement, et pour bien des chrétiens de nos églises, la lutte contre les exclusions reste un choix facultatif. Il n&#8217;est donc pas vain de travailler sur ce point quand nous nous attelons à rendre l&#8217;Eglise peuple de Dieu, plus proche du projet initial dévoilé dans l&#8217;évangile.</p>
<p><strong>- Trois groupes de Tours : &laquo;&nbsp;Association des lecteurs de TC&nbsp;&raquo;, CEDEC et &laquo;&nbsp;Parole en Liberté&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Bien sûr, NSAE est née de la Requête, et son lancement a coïncidé en France avec les remous provoqués par l&#8217;éviction de Jacques Gaillot &#8211; lequel, d&#8217;ailleurs, était présent dans les premières Assemblées de NSAE.</p>
<p>Quant à nous, à Tours, l&#8217;appel à soutenir Jacques Gaillot, en Janvier 1995, a spontanément rassemblé plus de 300 personnes dans la cour de l&#8217;Evêché de Tours. Les signatures de chrétiens et de gens en marge de l&#8217;Eglise ont montré l&#8217;écho qu&#8217;avaient les paroles, les comportements et les actions évangéliques de J. Gaillot chez un grand nombre de personnes aux sensibilités très différentes. Ainsi l&#8217;une d&#8217;entre nous, huit jours après cet événement a rencontré une collègue incroyante qui lui a déclaré : « Comment des chrétiens n&#8217;ont-ils pas pu comprendre que cet homme était crédible pour beaucoup de gens de notre époque ? »</p>
<p>A Tours, certes, certains groupes n&#8217;ont pas été outre mesure surpris par cette éviction, tel le groupe « Témoignage Chrétien » d&#8217;alors qui, depuis assez longtemps, prévoyait que la Curie pouvait évincer tout responsable d&#8217;Eglise qui « outrepasserait » le cadre du dogme dans son comportement d&#8217;amour évangélique. Par ailleurs, un Groupe est directement né de cette éviction : « Parole en liberté » créé par des chrétiens scandalisés devant l&#8217;éviction de Jacques Gaillot et devant les méthodes employées.</p>
<p>Depuis dix ans, nous constatons qu&#8217;à partir de l&#8217;événement Gaillot bien des personnes se sont mises en route pour construire une Eglise qui corresponde mieux à ce qu&#8217;elles comprennent aujourd&#8217;hui de l&#8217;Evangile. Plutôt que de désespérer de la possibilité de mettre en place une Eglise autre &#8211; à l&#8217;écoute d&#8217;un monde devenant autre -, où l&#8217;amour évangélique donne sens aux structures, certains, qui avaient rompu avec les institutions d&#8217;Eglise, ont pu à travers des groupes (tel, par exemple, « Parole en Liberté »), reprendre espoir dans une Eglise à bâtir pour l&#8217;avenir &#8211; et qui intègre tout l&#8217;Homme.</p>
<p>Changer l&#8217;institution Eglise, nous n&#8217;y arriverons pas de si tôt : tout au plus pouvons-nous travailler à quelques réformes indispensables ; nous résigner ne sert à rien ! Cependant, cette Eglise d&#8217;avenir que cherchent des jeunes en particulier, sans y trouver leur voie à ce jour, nous ne pouvons pas y travailler encore efficacement. En effet, nous ne parvenons pas à établir un dialogue suivi, et encore moins des débats, avec les ados et les jeunes adultes d&#8217;aujourd&#8217;hui, qui ne sont pas en phase avec les rituels et les dogmes de l&#8217;institution, qui ne correspondent ni aux problèmes sociaux et personnels auxquels ils sont confrontés, ni à leurs attentes. Que la liturgie devienne festive, que la lecture d&#8217;Evangile soit partage de leur vécu et en lien avec le vécu de tous les participants, jeunes et moins jeunes, que les thèmes abordés « en Eglise » interpellent réellement les consciences&#8230; !</p>
<p>Que cette Eglise renonce à chercher à tout prix la visibilité (par des processions dans la rue, des parrainages d&#8217;écoles confessionnelles, etc.). Ce sont là des points sur lesquels faire porter en priorité des réformes, pour permettre de communiquer avec des jeunes et leur donner l&#8217;occasion de mieux se retrouver dans notre souci d&#8217;Evangile.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que Jacques Gaillot nous donne l&#8217;exemple avec son site sur internet &laquo;&nbsp;Partenia&nbsp;&raquo;, auquel accèdent certains jeunes qui y trouvent des pistes évangéliques de réponses à leurs propres questions. Jacques Gaillot nous donne toujours l&#8217;exemple d&#8217;un véritable compagnonnage avec les exclus, qui s&#8217;oppose à l&#8217;éloignement de l&#8217;institution à distance des plus démunis.</p>
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