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	<title>NSAE &#187; Éditorial</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>La laïcité embrigadée à droite</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 21:41:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean Baubérot dénonce une «  nouvelle laïcité  », qui vise surtout à réprimer les minorités religieuses, musulmans en tête. Jean Baubérot dénonce dans son dernier ouvrage* la récupération et l’utilisation fallacieuse, idéologique et politicienne, de la laïcité par la droite dure ou l’extrême droite, envers l’islam et l’immigration musulmane. Il appelle à retrouver le véritable esprit de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Jean Baubérot dénonce une « </em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>nouvelle laïcité</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em> », qui vise surtout à réprimer les minorités religieuses, musulmans en tête.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean Baubérot dénonce dans son dernier ouvrage* la récupération et l’utilisation fallacieuse, idéologique et politicienne, de la laïcité par la droite dure ou l’extrême droite, envers l’islam et l’immigration musulmane. Il appelle à retrouver le véritable esprit de la loi de 1905 pour refonder une laïcité républicaine utile à notre époque.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span id="more-5937"></span></p>
<p></em></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PhotoBaubérot1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5948" title="PhotoBaubérot" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PhotoBaubérot1.jpg" alt="" width="448" height="230" /></a></p>
<p style="text-align: left;"> <strong>Entretien - </strong>Propos recueillis par Olivier Doubre</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que cette « nouvelle laïcité », ou « laïcité falsifiée », mise en avant par la droite et même l’extrême droite aujourd’hui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean Baubérot :</strong> Ce que j’explique dans le livre est qu’il y a aujourd’hui deux laïcités entremêlées. D’un côté, la laïcité historique et le dispositif dont on a hérité, avec à la fois la loi de Jules Ferry laïcisant l’école publique et la loi de 1905 séparant les églises et l’État (et toute la jurisprudence qui en découle). C’est une laïcité de liberté et de raison, et l’islam peut tout à fait en être bénéficiaire. Pour prendre un exemple, il y a un processus qui n’est pas encore achevé ni encore vraiment satisfaisant mais qui est en cours. Il s’agit de la création d’aumôneries musulmanes à l’armée, dans les prisons et les hôpitaux. Cela, en application de l’article 2 de la loi de 1905 qui dispose qu’il n’y a pas de subvention pour le clergé ou les religions, mais qu’il peut y avoir de l’argent public pour les aumôneries dans les lieux fermés. Dans la vie quotidienne, il y a donc des éléments qui ont trait à cette laïcité-là. Mais il y a une autre laïcité aujourd’hui, revendiquée au départ par la droite classique. Je me réfère beaucoup sur ce point à un texte de François Baroin écrit pour le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, en mai 2003, soit vingt mois après les attentats du 11 septembre 2001. Il s’intitule « <em>Pour une nouvelle laïcité</em> ». C’est un texte tout à fait intelligent, avec une forte cohérence interne de l’auteur, mais avec évidemment une perspective clairement de droite. Il y explique que le conflit des deux France, entre anticléricalisme et cléricalisme, est terminé et dépassé pour l’opinion publique, mais qu’aujourd’hui, ce qui est en jeu, c’est un certain islam, une certaine immigration. La laïcité deviendrait donc, selon lui, culturelle et identitaire. Et cette laïcité-là, qu’il appelle celle de « la droite de mai », c’est-à-dire de la victoire de Jacques Chirac en 2002 contre Jean-Marie Le Pen, peut devenir une valeur de la droite, à la fois contre le Front national et contre la gauche qui, dit-il, est « droits-de-l’hommiste » et complexée par rapport à la colonisation… Or, même si ce n’est pas l’objet principal du livre, il faut reconnaître qu’une partie de la gauche partage cette nouvelle laïcité et que toute la droite n’y adhère pas entièrement – même si celle-ci est tendanciellement plutôt de droite et la laïcité historique traditionnellement ancrée à gauche.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment se manifeste cette « nouvelle laïcité » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On détourne la loi de 1905 de son sens, on lui fait dire autre chose que ce qu’elle a dit. On peut comprendre cette loi en la lisant (ce que peu de gens ont fait en réalité) ainsi qu’en se penchant sur les débats parlementaires de l’époque, avec les amendements qui ont été adoptés ou refusés. Ce sont ces débats qui montrent l’esprit véritable de la loi. Dans la laïcité, il y a plusieurs principes : la neutralité, la séparation, la liberté de conscience et l’égalité de tous. Or aujourd’hui, cette « nouvelle laïcité » atrophie le principe de séparation (on l’a vu dans les débats sur l’euthanasie, sur le mariage homosexuel, qui relèvent de la séparation puisqu’il s’agit de la distinction entre les morales religieuses et les morales civiles).</p>
<p style="text-align: justify;">On atrophie aussi considérablement le principe de non-discrimination : l’aspect le plus flagrant, c’est que le Haut Conseil à l’intégration, de plus en plus, fait des propositions en matière de laïcité. Ce qui est totalement anormal puisque la laïcité est l’affaire de tous les Français, aucune population particulière ne saurait être visée par elle. On atrophie enfin la liberté de conscience : l’UMP est très subtil sur ce point en dissociant laïcité et liberté religieuse. Cela revient à dresser une laïcité répressive contre les minorités religieuses puisqu’on enlève la liberté religieuse de la laïcité. D’autre part, comme on parle de liberté religieuse et non de liberté de conscience, on peut y voir une certaine réofficialisation feutrée de certaines religions, notamment le catholicisme ou d’un islam modéré qui accepterait d’être contrôlé étroitement par l’État. C’est une politique assez subtile mais désastreuse puisqu’elle tire la laïcité vers quelque chose de répressif, ce qui est le meilleur moyen de la faire refuser par la rive sud de la Méditerranée. C’est donc non seulement très mauvais au niveau national mais aussi au niveau international.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Toutefois, la laïcité devrait aussi servir, dites-vous, le combat pour l’égalité des sexes. En quoi est-elle là encore falsifiée ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut rappeler d’emblée que ce n’était pas un des objectifs initiaux de la laïcité historique. Ou alors elle y a contribué de manière assez ambiguë. Je cite ainsi Jules Ferry sous la IIIe République, qui a voulu faire l’éducation des filles, mais il s’agissait de la femme enjeu entre la République et le cléricalisme plus que de la femme actrice et maîtresse de sa vie. Rappelons que Jules Ferry a dit : <em>« Il faut que la femme appartienne à la science ou qu’elle appartienne à l’église ! »</em> Or aujourd’hui, on pense évidemment que la femme doit s’appartenir à elle-même ! Par contre, lorsqu’il y a eu laïcisation des mœurs avec la loi Neuwirth sur la contraception ou la loi Veil sur l’avortement, la laïcité est devenue implicitement une laïcité féministe, puisque ces lois ont séparé la législation civile des morales religieuses en étant favorables aux femmes. Mais cela n’a été qu’implicite : les laïques se sont focalisés uniquement sur les subventions aux écoles privées, mais ils ont très peu revendiqué la laïcité au bénéfice des lois sur la contraception ou l’avortement, alors qu’ils auraient dû le faire. Ils n’ont finalement commencé à prôner l’égalité des sexes qu’en 1989, quand a débuté le débat sur le foulard islamique à l’école. Je montre l’ambiguïté de cette position puisque, d’un côté, le fait que la laïcité veuille se lier à l’égalité des sexes, c’est assurément un progrès, mais de l’autre, on la brandit face à des musulmanes, donc face à une minorité religieuse, en supposant que toutes les femmes voilées sont obligatoirement des femmes soumises. Or on sait bien que cela peut être parfois le cas, mais pas forcément, loin de là.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On retrouve là, selon vous, un vieux schéma antiféministe de la fin du XIXe siècle…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On sait qu’il était courant à l’époque de penser qu’une femme allant au confessionnal était forcément soumise au curé. Or, nombre d’études historiques ont montré que c’était en grande partie faux : dans le confessionnal, il y avait quasiment toujours négociation entre les femmes et leurs confesseurs. Cette idéologie de la soumission des femmes remise au goût du jour fait partie d’une idéologie dominante, certes anticléricale, mais machiste. Ce que je dénonce et combat dans mon livre est cette ambivalence très forte où l’égalité hommes-femmes ne vient à la laïcité que contre certaines femmes et non pas contre le machisme des hommes. Je prône pour ma part une laïcité qui se relie évidemment au combat pour l’égalité entre les sexes mais en dénonçant le machisme : le point de rencontre entre les deux doit être le refus de la discrimination. Aujourd’hui, paradoxalement, toute la prétendue laïcité au nom de l’égalité hommes-femmes est utilisée contre des femmes !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Propos recueillis par Olivier Doubre </strong></p>
<p><strong>Note </strong>: Jean Baubérot est professeur émérite d’histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études (CNRS-EPHE).</p>
<p><strong>Source</strong> : article paru dans Politis n° 1187 du 26 janvier 2012, actuellement en kiosque</p>
<p><a href="http://www.politis.fr">http://www.politis.fr</a></p>
<p>* « <em>La laïcité falsifiée </em>», par Jean Baubérot, La Découverte, « Cahiers libres », 216 pages, 17 €.</p>
<p>Télécharger la table des matières :  <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Table-des-matièresJ.Baubérot.pdf">Table des matièresJ.Baubérot</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LivreJBaubérot.jpeg"><img class="size-full wp-image-5942 aligncenter" title="LivreJBaubérot" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LivreJBaubérot.jpeg" alt="" width="174" height="290" /></a></p>
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		<title>Contre le discours dominant sur la dette publique. L&#8217;insurrection démocratique</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/contre-le-discours-dominant-sur-la-dette-publique-linsurrection-democratique/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 13:44:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, &#8221; vit depuis plus de trente ans à crédit &#8220;. L&#8217;enjeu pour la gauche serait seulement de &#8221; donner du sens [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audit-Dette.jpeg"><img class="size-medium wp-image-5896 aligncenter" title="Audit-Dette" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audit-Dette-300x161.jpg" alt="" width="300" height="161" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, <em>&#8221; vit depuis plus de trente ans à crédit &#8220;</em>. L&#8217;enjeu pour la gauche serait seulement de <em>&#8221; donner du sens à la rigueur &#8220;</em> en attendant de <em>&#8221; relancer la croissance &#8220;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce scénario semble aussi évident que l&#8217;air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur &#8221; La dépense publique et son évolution &#8220;, publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à&#8230; 52,9 % dans les années 2000.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les déficits et la dette ont flambé, ce n&#8217;est pas du fait d&#8217;une envolée des dépenses, mais à cause d&#8217;une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d&#8217;impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d&#8217;euros. Et la crise financière a provoqué une chute brutale des recettes publiques déjà érodées par cette contre-révolution fiscale. Cette dette est celle de la finance et du néolibéralisme, pas des assurés sociaux ni des citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux narrations aussi contradictoires de l&#8217;histoire de la dette publique déterminent deux réponses antagoniques. Selon l&#8217;histoire officielle, une cure sévère d&#8217;amaigrissement budgétaire s&#8217;impose, sans débat autre que sur les modalités, pour que la France restaure ses finances publiques et que ses entreprises redeviennent compétitives. Dans la narration alternative, à l&#8217;inverse, la clé de la situation réside dans une réforme fiscale redistributive, couplée à une cure amaigrissante et une mise sous tutelle&#8230; du secteur financier.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, la réforme fiscale, qui permet de réduire le déficit courant, n&#8217;épongera pas la dette : les intérêts versés en 2011 aux rentiers &#8211; ceux-là mêmes qui ont bénéficié des baisses d&#8217;impôts &#8211; se montent à 50 milliards d&#8217;euros, avant même la prochaine perte du triple A et de probables hausses des taux exigées par les marchés.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour alléger ce fardeau, préserver les services publics et la protection sociale, et enclencher une transition écologique, le débat démocratique devra déterminer si une part de cette dette est illégitime, c&#8217;est-à-dire contractée au nom d&#8217;arguments infondés et au bénéfice d&#8217;intérêts particuliers et, le cas échéant, décider un défaut sur cette partie de la dette. Les Etats devront à l&#8217;avenir se financer ailleurs qu&#8217;auprès des seuls marchés financiers, comme ils le faisaient jusqu&#8217;au début des années 1980 : faute de quoi ils ne pourront plus prétendre à aucune souveraineté.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils devront également prendre acte que cette crise est aussi celle d&#8217;un modèle de croissance insoutenable, et réorienter les investissements publics vers des programmes écologiquement plus sobres et plus riches en emplois, au lieu de grands projets productivistes, coûteux et obsolètes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si la narration critique a pour elle la vraisemblance du diagnostic, elle se heurte aux &#8221; évidences &#8221; martelées, et la nécessaire radicalité des réponses qu&#8217;elle appelle peut inquiéter. C&#8217;est pourquoi un appel pour un &#8221; audit citoyen de la dette publique &#8221; a été lancé mi-octobre 2011 par des personnalités et nombre d&#8217;organisations syndicales, associatives et politiques, rejoints depuis par plus de 50 000 citoyens (<a href="http://www.audit-citoyen.org">Audit-citoyen.org</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Des collectifs locaux se créent dans de nombreuses localités pour proposer aux citoyens de s&#8217;emparer de ce débat. Ces initiatives n&#8217;ont pas encore intéressé les médias, mais veulent susciter dans les profondeurs de la société un débat de la même intensité que celui qui a précédé le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005.</p>
<p style="text-align: justify;">Car les questions alors débattues se posent avec une tout autre acuité, à l&#8217;heure où le tsunami de l&#8217;austérité arrive d&#8217;Europe méridionale. Les réformes institutionnelles adoptées depuis un an, et parachevées par le &#8221; traité intergouvernemental à Vingt-Six &#8221; décidé au sommet européen de décembre, ne font que radicaliser une logique de répression budgétaire et de soumission aux marchés financiers, dont la crise manifeste pourtant l&#8217;échec patent. Alors que le navire de Maastricht s&#8217;est déchiré sur les récifs de la crise financière, les capitaines s&#8217;épuisent à coller des rustines sur les débris qui flottent.</p>
<p style="text-align: justify;">Une idée a servi de clé de voûte à l&#8217;architecture européenne depuis Maastricht : les marchés sont plus intelligents que les gouvernements et les électeurs. Concurrence fiscale et sociale au sein d&#8217;un marché libre et non faussé ; réduction des recettes publiques pour augmenter la compétitivité ; obligation faite aux Etats, en cas de déficits, de se financer sur les marchés ; interdiction faite aux Etats de s&#8217;entraider financièrement&#8230; : la zone euro a été conçue pour éliminer les politiques économiques volontaristes et placer les Etats sous le pilotage automatique des marchés. La tentative désespérée de sauver cette architecture aux principes obsolètes ne peut qu&#8217;échouer, fût-ce avec des eurobonds (des titres communs pour mutualiser la dette des pays de la zone euro) qui resteront soumis au jugement et donc aux critères de &#8221; bonne gestion &#8221; des marchés.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;échec programmé de ce sauvetage peut déboucher dans les années à venir sur un éclatement de l&#8217;euro et un déferlement des courants nationalistes, autoritaires et xénophobes qui travaillent les sociétés européennes. Mais le pire n&#8217;est pas certain. Les aspirations démocratiques, elles aussi, sont très vivaces en Europe, notamment dans la jeunesse, comme le montre l&#8217;essor des mouvements &#8221; indignés &#8221; dans les pays du Sud, jusqu&#8217;ici les plus touchés par la crise sociale et démocratique.</p>
<p style="text-align: justify;">La nomination d&#8217;anciens dirigeants de Goldman Sachs comme chefs de gouvernement en Grèce et en Italie, ministre des finances en Espagne ou président de la Banque centrale européenne, ne passe pas. Pas plus que les cris d&#8217;orfraie devant l&#8217;éventualité d&#8217;un référendum, en Grèce ou ailleurs. Les citoyens ne veulent plus être <em>&#8221; des jouets dans les mains des banques et des politiciens &#8220;</em>, comme disent les &#8221; indignés &#8221; espagnols. Ils veulent pouvoir peser sur leur avenir, faire des projets pour leurs enfants, stopper les dégradations sociales et écologiques qui les indignent.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audit2.jpeg"><img class="size-full wp-image-5897 aligncenter" title="Audit2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audit2.jpeg" alt="" width="160" height="183" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Face à la surdité des élites, une insurrection démocratique est nécessaire en Europe comme d&#8217;ailleurs aux Etats-Unis, dans le monde arabe, en Russie&#8230; Il s&#8217;agit de refonder la démocratie dans le champ politique, par un recours intense aux mécanismes de la démocratie directe (initiatives citoyennes, référendums révocatoires&#8230;) et de la démocratie délibérative (conférences citoyennes, deuxième Chambre tirée au sort&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;agit aussi de l&#8217;élargir au champ économique, à commencer par le système bancaire, dont le sauvetage imminent par les deniers publics doit être l&#8217;occasion de le placer sous le contrôle non pas des fonctionnaires de Bercy ou de Bruxelles, mais de la société civile. L&#8217;horizon semble bouché par leur dette : dégageons-le en réinventant notre démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Collectif</strong></p>
<p><em>Geneviève Azam, économiste,</em> <em>membre du conseil scientifique d&#8217;Attac ; </em></p>
<p><em>Etienne Balibar, philosophe ; </em></p>
<p><em>Thomas Coutrot, économiste, coprésident d&#8217;Attac ;</em></p>
<p><em>Dominique Méda, sociologue ;</em></p>
<p><em>Yves Sintomer, politologue</em></p>
<p>« <strong>Leur dette, notre démocratie </strong>» Attac a organisé, en partenariat avec Mediapart, une journée de débats sur ce thème, le dimanche 15 janvier, à l&#8217;Espace Reuilly (Paris 12e).</p>
<p><a href="http://www.france.attac.org/dossiers/leur-dette-notre-democratie">Retrouvez les échos de cette journée</a> (interventions, photos, vidéos).</p>
<p><strong>Source</strong> : article publié dans Le Monde daté du 14 janvier 2012</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr">http://www.lemonde.fr</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Etre laïque en terre d&#8217;islam</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/08/etre-laique-en-terre-dislam/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 21:38:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;islam n&#8217;existe pas, il n&#8217;y a que des musulmans. De même, la laïcité est un concept fourre-tout qui peut signifier la séparation des cultes et de l&#8217;Etat comme son antipode. Une polysémie que la France a du mal à comprendre Par Jean-François Bayart * Face à l&#8217;islam, les Français vivent dans l&#8217;illusion d&#8217;une équation magique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>L&#8217;islam n&#8217;existe pas, il n&#8217;y a que des musulmans. De même, la laïcité est un concept fourre-tout qui peut signifier la séparation des cultes et de l&#8217;Etat comme son antipode. Une polysémie que la France a du mal à comprendre</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong>Par Jean-François Bayart *</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/J.F.Bayart.jpeg"><img class="size-full wp-image-5675 aligncenter" title="J.F.Bayart" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/J.F.Bayart.jpeg" alt="" width="274" height="184" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Face à l&#8217;islam, les Français vivent dans l&#8217;illusion d&#8217;une équation magique selon laquelle la République équivaut à la démocratie qui équivaut à la laïcité qui équivaut à l&#8217;égalité des sexes qui équivaut à la modernité qui équivaut à l&#8217;Occident qui équivaut au christianisme. L&#8217;équation, mal posée, est insoluble. Aucun de ses termes ne résiste à l&#8217;analyse de terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Donnons un point à Brice Hortefeux, à l&#8217;époque ministre de l&#8217;intérieur. Un musulman, <em>&#8221; quand il y en a un, ça va, c&#8217;est quand il y en a beaucoup qu&#8217;il y a des problèmes &#8220;</em>. En effet, ils ne sont pas deux à penser la même chose ! D&#8217;un point de vue politique, l&#8217;islam n&#8217;existe pas. Il est un vocabulaire politique islamique issu de la théologie, de la philosophie, du droit musulmans. Mais chacun de ses mots est polysémique.</p>
<p style="text-align: justify;">De même, il y a des partis qui se réclament de l&#8217;islam. Les uns sont conservateurs et néolibéraux, les autres étatistes et/ou révolutionnaires, et tous sont nationalistes, donnant aux intérêts de l&#8217;Etat-nation la priorité sur ceux de la communauté des croyants. Un militant algérien l&#8217;avait expliqué au jeune historien et sociologue Maxime Rodinson, lors d&#8217;une Fête de <em>L&#8217;Humanité</em>, entre les deux guerres : <em>&#8221; L&#8217;Oumma et L&#8217;Huma, c&#8217;est la même chose .&#8221;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Et cette même chose relève de l&#8217;utopie. En conséquence, les conflits qui déchirent les sociétés islamiques sont internes à celles-ci. Ils opposent les musulmans entre eux, plutôt que ceux-ci à l&#8217;Occident. Ainsi du Pakistan, de l&#8217;Afghanistan, de l&#8217;Irak, ou encore, dans le contexte des &#8221; printemps arabes &#8220;, de la Syrie, de l&#8217;Egypte, de la Libye.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;islam est un mot-valise qui n&#8217;interdit en rien aux musulmans concrets d&#8217;être des adeptes de la laïcité, pas plus que le christianisme ne prédisposait les chrétiens à le devenir. Mais la laïcité est elle-même une catégorie vide de sens politique précis.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, elle désigne la séparation pragmatique des cultes et de l&#8217;Etat, au nom d&#8217;une conception universaliste de la citoyenneté. En Turquie, elle signifie son antipode : la subordination politique et bureaucratique du religieux à l&#8217;Etat, dans le contexte d&#8217;une définition ethnoconfessionnelle de la citoyenneté.</p>
<p style="text-align: justify;">Encore faut-il se garder de figer chacune des deux trajectoires dans un modèle anhistorique. La France demeure habitée par une représentation ethnoconfessionnelle de l&#8217;appartenance à la nation, comme l&#8217;a démontré la collaboration de Vichy avec les nazis après cinquante ans d&#8217;antisémitisme républicain, et comme le rappellent aujourd&#8217;hui les propos nauséabonds de ministres au détriment des Français de confession ou d&#8217;origine familiale musulmane, voire juive.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le même temps, des Turcs plaident en faveur d&#8217;une refondation universaliste de leur République afin qu&#8217;elle assure l&#8217;égalité réelle des droits à tous les citoyens &#8211; une mue dont la reconnaissance du génocide des Arméniens est le prix d&#8217;entrée.</p>
<p style="text-align: justify;">La plupart des pays du Moyen-Orient se situent à la confluence de ces deux modèles de laïcité et de citoyenneté, pour avoir été successivement des provinces ottomanes et des colonies françaises ou britanniques. Il en est de la sorte en Algérie, en Tunisie, en Egypte, au Liban, en Syrie, en Irak. Mais cela est aussi vrai de la Grèce, des républiques de l&#8217;ancienne Yougoslavie ou d&#8217;Israël&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Derechef, l&#8217;islam explique moins que ne le fait l&#8217;histoire, et notamment le passage d&#8217;un monde impérial inclusif de l&#8217;aire ottomane à un monde d&#8217;Etats-nations fonctionnant selon des logiques d&#8217;exclusion.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre distinguo s&#8217;impose. La laïcité est une politique publique, relative à l&#8217;organisation légale ou administrative des champs religieux et politique. La sécularisation est un processus social de dissociation des affaires de la cité et des convictions religieuses. La laïcité de l&#8217;Etat, <em>alla franca</em> ou<em> alla turca</em>, n&#8217;est pas une condition nécessaire à la sécularisation de la société, ainsi que le démontre l&#8217;expérience des régimes occidentaux confessionnels, du Maroc ou de la République islamique d&#8217;Iran.</p>
<p style="text-align: justify;">De même, elle n&#8217;exclut pas l&#8217;arrivée au pouvoir, par le biais des urnes, d&#8217;un parti islamique, comme en Turquie et en Tunisie, sans que cette alternance remette obligatoirement en cause le caractère laïque des institutions ni la sécularisation de la société. C&#8217;est que les électeurs ont souvent voté pour ces partis selon des raisons non religieuses, par exemple pour sortir les sortants et renvoyer l&#8217;armée dans ses casernes en Turquie, ou pour rompre avec l&#8217;ancien régime en Tunisie.</p>
<p style="text-align: justify;">Autrement dit, il n&#8217;est de laïcité, en terre d&#8217;islam, que par rapport à des histoires et des contextes singuliers, au regard des pratiques ou des stratégies effectives des acteurs sociaux. D&#8217;une situation à l&#8217;autre, cette idée est un élément de la domination politique et de la distinction sociale, en bref un langage de classe.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, pour une minorité de musulmans qui, pour être minoritaires, n&#8217;en sont pas moins respectables ni moins musulmans, elle est accolée à certaines libertés publiques, comme celles de la conscience ou du gosier. Et, pour une majorité d&#8217;entre eux, elle est le nom respectable de l&#8217;islamophobie dans laquelle se vautre désormais l&#8217;Europe.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors que la laïcité est un &#8221; événement &#8220;, historiquement situé, plutôt qu&#8217;une &#8221; essence &#8220;, pour reprendre la distinction du philosophe Gilles Deleuze sur ce que doit dire un concept, elle n&#8217;entretient pas, avec le politique ou le religieux, un rapport fixe. L&#8217;islam a été peu présent dans le déclenchement des &#8221; printemps arabes &#8220;. Il s&#8217;y est vite (ré)inséré. Mais n&#8217;énonçons pas ces recompositions selon un jeu à somme nulle.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;abord, parce que les armées, ou les régimes sous tutelle militaire, ont, la main sur le coeur de la laïcité, beaucoup concédé à l&#8217;islam pour lutter contre la gauche ou les revendications régionalistes, notamment en Algérie, en Egypte et en Turquie, dans les années 1960-1990.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, parce que les mobilisations de 2011 ont fourni aux jeunes militants laïques et islamistes l&#8217;opportunité de lutter ensemble, de partager l&#8217;espace public au prix de compromis mutuels, et d&#8217;imposer aux aînés de leurs camps respectifs de nouvelles visions de la cité. Selon le politologue marocain Mohamed Tozy, devrait en découler une offre islamique d&#8217;Etat séculier, dont le vocabulaire musulman, prompt à effaroucher les opinions occidentales, avec ses notions de &#8221; charia &#8221; ou de &#8221; califat &#8220;, pourrait ne rien dire d&#8217;autre qu&#8217;Etat civil de droit, bonne gouvernance et privatisation de la solidarité sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée hexagonale de laïcité n&#8217;a pas aidé les Français à admettre l&#8217;iniquité des Etats moyen-orientaux qui s&#8217;en réclamaient ni à pressentir l&#8217;éclosion des &#8221; printemps arabes &#8220;. Elle menace maintenant de les faire passer à côté des recompositions en cours. Le vrai problème a moins trait aux rapports de la religion et du politique qu&#8217;à la relation au néolibéralisme des partis issus de l&#8217;islamisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les peuples dits arabes ou musulmans ont apporté la preuve de leur capacité à secouer le joug de l&#8217;oppression politique, ils n&#8217;ont pas encore &#8211; pas plus que les Européens &#8211; su apporter une réponse à la crise structurelle qui frappe l&#8217;économie mondiale. Certes, la Turquie de l&#8217;AKP caracole avec ses 8 % de croissance. Mais pour combien de temps, et en quoi ce succès est-il reproductible sous prétexte d&#8217;islam ?</p>
<p style="text-align: justify;">Quid du prétendu miracle tunisien qui n&#8217;était qu&#8217;un mirage, sans même parler de la vulnérabilité du décollage du Maroc, des trompe-l&#8217;oeil pharaoniques du Golfe ou des piètres performances de l&#8217;Egypte et de la Syrie ?</p>
<p style="text-align: justify;">La question à laquelle sont confrontés les musulmans, islamistes et laïcistes confondus, est sociale et non religieuse. Et, pour la résoudre, le &#8221; petit père Combes &#8221; <em>- il avait préparé le projet de loi de séparation de l&#8217;Eglise et de l&#8217;Etat qui sera votée en 1905 &#8211; </em>leur sera moins utile que l&#8217;économiste Keynes.</p>
<p style="text-align: justify;">__________________________________________________________</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Focus sur l&#8217;Algérie, la Tunisie et l&#8217;Iran</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>POUR LES FRANÇAIS MUSULMANS, la laïcité est une évidence dans laquelle ils ont été élevés et dont ils négocient au jour le jour les termes, comme le font leurs concitoyens catholiques, protestants ou juifs à propos de l&#8217;école, de l&#8217;éthique ou des jours fériés &#8211; arrêtons de nous payer de mots discriminants et de nier l&#8217;universalité de ces petits arrangements qui étaient dans l&#8217;esprit de compromis propre aux républicains &#8221; opportunistes &#8221; de la fin du XIXe siècle, ceux-là mêmes dont se réclament indûment les salafistes de la sainte Laïcité.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les Algériens musulmans, la laïcité a été indissociable du refus, par le colonisateur, d&#8217;étendre à ce territoire la loi de séparation des cultes et de l&#8217;Etat pour y proroger un appareil néoottoman de contrôle de la religion et pour enfermer les <em>&#8221; indigènes &#8220;</em> dans leur <em>&#8221; tradition &#8220;</em>. Elle a ensuite servi la légitimation du monopole politique de l&#8217;armée. De ce fait, sa représentation est ambivalente.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle contredit l&#8217;orientation ethnoconfessionnelle de la guerre de libération nationale, mais elle est également associée à la reproduction d&#8217;un régime honni, méprisé et maculé du sang des jeunes émeutiers de 1988, ces prédécesseurs des &#8221; printemps arabes &#8221; que nous oublions curieusement tant sont grands l&#8217;effroi, la mauvaise conscience, la complaisance ou la fascination que nous inspirent les généraux d&#8217;Alger.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Tradition ottomane</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En Tunisie, la laïcité, là aussi plus <em>alla turca</em> qu&#8217;<em>alla franca</em>, est enracinée dans la tradition ottomane, coloniale et bourguibienne du réformisme autoritaire, qui a engendré, outre la dictature, une formation asymétrique de l&#8217;Etat à l&#8217;avantage du littoral et au détriment des régions de l&#8217;hinterland.</p>
<p style="text-align: justify;">La contestation sociale des années 2008-2011, le renversement du régime Ben Ali, la victoire électorale d&#8217;Ennahda sonnent comme une revanche, sans doute plus symbolique que durable, de ces provinces déshéritées sur l&#8217;arrogance sociale et culturelle des élites tunisoises, tout comme, en Turquie, l&#8217;arrivée au pouvoir de l&#8217;AKP a consacré l&#8217;ascension économique et politique de notables périphériques au détriment relatif de l&#8217;establishment néokémaliste.</p>
<p style="text-align: justify;">En Iran, la laïcité est une nostalgie de ci-devant des quartiers nord de Téhéran qui se cachent que le régime du shah était tout sauf démocratique et laïque, et dont les supporteurs occidentaux ne veulent pas voir que la révolution de 1979 a été, pardonnez la tautologie, une révolution, avec ses gagnants et ses gagnantes en termes de logement, d&#8217;éducation ou d&#8217;indépendance nationale. Et ainsi de suite en Egypte, en Irak, ou dans les situations si différentes des pays du Golfe.</p>
<p>___________________________________________________________</p>
<p>* <strong>Jean-François Bayart</strong>, Directeur de recherche au CNRS.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Président du Fond d’analyse des sociétés politiques (Fasopo), il est un spécialiste de sociologie historique comparée du politique. Il enseigne actuellement à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne. </em><em>Il est notamment l’auteur de « L’Etat en Afrique » (Fayard, 1989), « L’illusion identitaire » (Fayard, 1996), « Le gouvernement du monde » (Fayard, 2004), « Les études postcoloniales, un carnaval académique » (Karthala, 2010) et « L’islam républicain. Ankara, Téhéran, Dakar » (Albin Michel, 2010), prix France-Turquie.</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source</strong> : article publié dans Le Monde daté du 29 Nov. 2011</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr">http://www.lemonde.fr</a></p>
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		<title>Le nouveau &#8220;système-monde&#8221;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/10/18/le-nouveau-systeme-monde/</link>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 16:59:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Ignacio Ramonet Dix ans après les attentats du 11-Septembre et trois ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, quelles sont les caractéristiques du nouveau système-monde ? La norme actuelle ce sont les séismes. Des séismes climatiques, des séismes financiers et boursiers, des séismes énergétiques et alimentaires, des séismes communicationnels et technologiques, des séismes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par <a href="http://www.medelu.org/_Ignacio-Ramonet_">Ignacio Ramonet</a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> Dix ans après les attentats du 11-Septembre et trois ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, quelles sont les caractéristiques du nouveau système-monde ?</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images18.jpeg"><img class="size-full wp-image-5339 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images18.jpeg" alt="" width="200" height="252" /></a><br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La norme actuelle ce sont les séismes. Des séismes climatiques, des séismes financiers et boursiers, des séismes énergétiques et alimentaires, des séismes communicationnels et technologiques, des séismes sociaux, des séismes géopolitiques comme ceux provoqués par les insurrections de l’éveil arabe&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Autre caractéristique dominante : l’absence de visibilité générale. Des évènements imprévus font brutalement irruption sans que nul, ou presque, ne les ait vus survenir. Si gouverner c’est prévoir, nous vivons une évidente crise de gouvernance. En Europe, les dirigeants actuels se révèlent incapables de prévoir les collisions que se succèdent. La politique semble impuissante. L’Etat qui protégeait les citoyens a cessé d’exister. D’où la crise de la démocratie représentative. &#8220;<em>Ils ne nous représentent pas !</em>&#8221; constatent, non sans raison, les &#8220;indignés&#8221; espagnols. Les citoyens assistent à l’effondrement de l’autorité politique et réclament qu’elle assume de nouveau son rôle conducteur de la société. Seul le politique dispose de la légitimité démocratique. Ce que les gens demandent aussi c’est que le pouvoir politique délimite et restreigne celui, excessif, de la finance. Qu’il régule enfin, d’une main ferme, l’irrationnelle exubérance des marchés.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre constat : à l’échelle planétaire, la médiocrité des dirigeants politiques consterne. Peu d’hommes ou de femmes d’Etat sont à la hauteur des défis contemporains.</p>
<p style="text-align: justify;">Les pays riches (Amérique du Nord, Europe, Japon) subissent le plus grand choc économique et financier depuis la crise de 1929. Pour la première fois, l’Union européenne voit sa cohésion et même son existence menacées. Simultanément, le risque n’une nouvelle Grande dépression économique affaiblit le <em>leadership</em> international des Etats-Unis dont la prépondérance est également menacée désormais par l’émergence de nouveaux pôles de puissance (Chine, Inde, Russie, Brésil) à l’échelle mondiale.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un discours récent, le Président des Etats-Unis a annoncé la fin des &#8220;guerres du 11-Septembre&#8221; (Irak, Afghanistan et contre le &#8220;terrorisme international&#8221;) qui ont marqué cette décennie. Barack Obama a rappelé que &#8220;<em><span style="text-decoration: underline;">cinq millions</span></em> <em>d’Américains ont porté l’uniforme au cours des dix dernières années</em>&#8220;. Malgré cela, il n’est pas évident que Washington l’ait emporté. Les &#8220;guerres du 11-Septembre&#8221; ont coûté au budget de l’Etat entre 1 billion (un million de millions) et 2,5 billions de dollars. Charge financière astronomique qui a fait exploser l’endettement des Etats-Unis et a aggravé, en particulier après 2007, leur crise économique.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une certaine mesure, finalement, Al Qaeda a poussé Washington dans une fuite en avant militaire comme Reagan l’avait fait vis-à-vis de Moscou lorsque, dans les années 1980, il avait obligé l’URSS à se lancer dans une exténuante course au surarmement, dans le cadre de la &#8220;guerre des étoiles&#8221;, qui avait fini par épuiser l’empire soviétique et provoqué son explosion. L’Amérique sort laminée de ces conflits. Son &#8220;déclassement stratégique&#8221; a commencé.</p>
<p style="text-align: justify;">En matière de diplomatie internationale, la décennie a confirmé l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux pôles de pouvoir, surtout en Asie et en Amérique latine. Le monde se &#8220;désoccidentalise&#8221; et devient multipolaire. La Chine apparaît, en principe, comme la future grande puissance à vocation hégémonique. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Car la stabilité de l’Empire du Milieu n’est pas garantie. En son sein coexistent, à la fois, le capitalisme le plus sauvage et le communisme le plus autoritaire. La tension et la contorsion de ces deux forces provoqueront, tôt ou tard, une rupture. Pour l’instant, tandis que décline l’hégémonie des Etats-Unis, l’ascension de la Chine se confirme. Elle est déjà la seconde puissance économique du monde devant le Japon et l’Allemagne. Par ailleurs, en raison de l’importante part de la dette américaine qu’elle possède, la Chine tient en ses mains le destin du dollar&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le groupe d’Etats géants rassemblés au sein du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) n’obéit plus automatiquement aux consignes des grandes puissances traditionnelles occidentales (Etats-Unis, Royaume Uni, France) qui continuent cependant de se définir comme &#8220;la communauté internationale&#8221;. Les BRICS ont encore montré leur autonomie en s’opposant, dans l’enceinte des Nations Unies, aux décisions des puissances occidentales lors des récentes crises de Libye et de Syrie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le monde fait face à une somme de crises si intimement mêlées les unes aux autres que nous ne parvenons plus à distinguer les causes et les conséquences. Parce que les conséquences des unes sont les causes des autres, et ainsi de suite jusqu’à constituer un véritable système. Le monde occidental vit une sorte de grande crise systémique qui bouleverse la technologie, l’économie, le commerce, la politique, la démocratie, la guerre, la géopolitique, l’environnement, la culture, la famille, l’éducation, la jeunesse&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous disons qu’il y a crise lorsque, dans n’importe quel domaine, un mécanisme cesse soudain de fonctionner, commence à céder et finit par casser. Cette rupture empêche l’ensemble de la machine de tourner. C’est ce qui arrive notamment à l’ensemble de l’économie depuis l’éclatement de la bulle des <em>sub-primes</em> aux Etats-Unis en 2007.</p>
<p style="text-align: justify;">Les répercussions sociales du cataclysme économique sont d’une brutalité inédite. Au sein de l’Union européenne : 23 millions de chômeurs, plus de 80 millions de pauvres&#8230; Les jeunes en sont les victimes principales. C’est pourquoi, de Madrid à Tel Aviv, en passant par Santiago du Chili, Athènes ou Londres, une vague d’indignation soulève la jeunesse du monde. Mais les classes moyennes sont également effrayées par ce modèle néolibéral de croissance qui les abandonne au bord du chemin. En Israël, une partie d’entre elles se sont jointes aux jeunes pour refuser l’intégrisme ultralibéral de Benyamin Netanyahou.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pouvoir financier (les &#8220;marchés&#8221;) domine et contrôle le pouvoir politique. Cela désoriente les citoyens. La démocratie ne fonctionne pas. Nul ne comprend l’inertie des gouvernements face à une crise provoquée par la spéculation et la dérégulation financières. Les citoyens exigent que la politique assume sa responsabilité, désarme les marchés et rétablisse l’ordre démocratique. Mais les leaders politiques semblent dépassés. La vitesse de l’activité financière est celle de la foudre ; tandis que la politique avance à l’allure de l’escargot. Il est de plus en plus difficile d’harmoniser temps économique et temps politique. Ou bien crises globales et gouvernements nationaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les marchés sur-réagissent sur le temps court devant la moindre information (ou rumeur) ; tandis que les organisations financières globales (FMI, OMC, Banque mondiale&#8230;) travaillent sur le temps long et peinent à déterminer et à prévenir les chocs. Tout cela provoque, chez les citoyens, angoisse et frustration.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, la crise globale ne produit pas que des perdants. Les gagnants se trouvent, essentiellement, en Asie et dans les pays émergents. Au Brésil, par exemple, durant les deux mandats du président Luis Inacio Lula da Silva, 2003-2011, le nombre de pauvres a diminué de 39 millions&#8230; Ces Etats ne partagent pas la vision pessimiste des Européens. Il y a également de nombreux gagnants à l’intérieur même des pays occidentaux frappés par la crise. Les sociétés sont fracturées par les inégalités entre des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres.</p>
<p style="text-align: justify;">Entretemps, les ruptures stratégiques se succèdent sans que nous en comprenions la signification. Internet est un vecteur important de nombre de changements. Presque toutes les crises récentes, dans les domaines les plus divers, ont un rapport plus ou moins pertinent avec les nouvelles technologies de la communication. Les marchés financiers, par exemple, ne seraient pas aussi puissants si les ordres d’achat et de vente ne circulaient pas à la vitesse de la lumière via les &#8220;autoroutes de l’information&#8221; qu’Internet a mis à leur disposition. Davantage qu’une technologie, Internet est un <em>acteur</em> des crises. Rappelons &#8211; sans pour autant le magnifier -, le rôle qu’ont joué WikiLeaks, Facebook, Twitter ou le courrier électronique dans les récentes révolutions démocratiques dans le monde arabe.</p>
<p style="text-align: justify;">Du point de vue anthropologique, ces crises se traduisent par une montée des peurs et du ressentiment. Les gens vivent en état d’anxiété et d’incertitude. On voit revenir les grandes paniques face à des menaces indéterminées comme la perte de l’emploi, les chocs technologiques, les catastrophes naturelles, le changement climatique, les biotechnologies, l’insécurité généralisée&#8230; Chacune de ces menaces constitue un défi pour les démocraties. Les terreurs diffuses se transforment parfois en haine et en répulsion. Dans plusieurs pays européens, la détestation vise en priorité l’étranger, l’immigré, le différent&#8230; La répulsion sociale à l’égard de tous les &#8220;autres&#8221; (musulmans, Roms, Noirs, &#8220;sans papiers&#8221;, etc.) ne cesse de monter alors que se multiplient les partis xénophobes.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre grande préoccupation planétaire : la crise climatique. La prise de conscience du danger que représente le réchauffement général s’est largement étendue. Les problèmes liés à l’environnement sont devenus hautement stratégiques. Les &#8220;guerres climatiques&#8221; se multiplient. Le prochain Sommet mondial du climat, qui aura lieu à Rio en 2012, constatera que le nombre de catastrophes naturelles est en augmentation spectaculaire et que la relation de nombre d’entre elles aux changements climatiques en cours est de plus en plus évident.</p>
<p style="text-align: justify;">Le récent accident nucléaire de Fukushima a terrorisé le monde. Plusieurs gouvernements (Allemagne, Suisse) ont décidé de faire marche arrière en matière d’énergie nucléaire. Ils parient désormais &#8211; dans un contexte marqué para la fin prochaine du pétrole &#8211; sur les énergies renouvelables.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cours de la mondialisation semble suspendu. L’idée d’une démondialisation séduit de plus en plus. Le pendule était sans doute allé trop loin dans le sens d’une mondialisation néolibérale ; il pourrait maintenant partir en direction contraire. Ce n’est plus un sacrilège de parler de protectionnisme pour limiter les excès du libre échange et mettre fin aux délocalisations et à la désindustrialisation de l’Union européenne. L’heure de réinventer la politique paraît avoir sonné</p>
<p style="text-align: right;">Ignacio Ramonet</p>
<p style="text-align: right;">1<sup>er</sup> Octobre 2011</p>
<p><strong>Source :</strong><strong> </strong><a href="http://www.medelu.org/Le-nouveau-systeme-monde">http://www.medelu.org/Le-nouveau-systeme-monde</a></p>
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		<title>Le FMI écrase l’humanité</title>
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		<pubDate>Wed, 25 May 2011 20:53:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[par Jean-Marie Harribey* Le monde vit une crise monumentale, simultanément sociale, économique, financière et écologique. La plupart des commentateurs ferment les yeux sur les causes réelles de tous ces désastres, résultats d’une logique d’accumulation invraisemblable et d’enrichissement vertigineux d’une minorité de nantis. Tandis que cette minorité profite de cette crise pour accentuer encore davantage la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par <strong>Jean-Marie Harribey*</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Harribey2.jpg"><img class="size-full wp-image-4464 aligncenter" title="Harribey" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Harribey2.jpg" alt="" width="70" height="90" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Le monde vit une crise monumentale, simultanément sociale, économique, financière et écologique. La plupart des commentateurs ferment les yeux sur les causes réelles de tous ces désastres, résultats d’une logique d’accumulation invraisemblable et d’enrichissement vertigineux d’une minorité de nantis. Tandis que cette minorité profite de cette crise pour accentuer encore davantage la pression exercée sur les populations, sur les travailleurs, sur les quelques institutions collectives qui survivent encore comme celles de la protection sociale et des services publics.</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le Fonds monétaire international et toutes les institutions sœurs comme la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce, les directoires autoproclamés comme le G8 et le G20, tous ont mené et mènent des politiques qui mettent à genoux les peuples. Le FMI et l’Union européenne n’ont pas sauvé la Grèce, ils l’ont assommée. Ils n’ont pas sauvé l’Irlande et le Portugal, ils ont conforté leurs gouvernements dans la volonté de ceux-ci de faire payer la crise aux victimes de la crise et non à leurs responsables. Une preuve supplémentaire en est donnée par la préparation du « pacte pour l’euro » par les gouvernements français et allemand et la Commission européenne, dont le Parlement européen est actuellement saisi.</p>
<p style="text-align: justify;">La pression médiatique pour donner du FMI une image de sauveur suprême est une mystification : le programme de privatisations exigé de la Grèce prévoit de brader entre autres la compagnie de chemin de fer et celle d’électricité, et de ne pas l’avoir encore fait depuis un an serait la cause des difficultés persistantes rencontrées par ce pays. Cet acharnement ne s’explique pas autrement que par le refus d’envisager la nécessaire annulation d’au moins une bonne partie de la dette publique grecque, annulation dont pâtiraient les créanciers privés qui entendent jouer en permanence sur tous les tableaux : profiter des allègements fiscaux et des déficits publics pour jouir de la rente et attendre que les entreprises publiques tombent dans leur escarcelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut avoir l’idéologie néolibérale chevillée au corps pour déclarer à l’instar de Robert Badinter que « le FMI a retrouvé son éclat » ; et s’émerveiller de « l’excellence de son action » (France Inter, 17 mai 2011, 8h20. Et Christine Lagarde de surenchérir en proclamant qu’il fallait immédiatement privatiser en Grèce.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut atteindre le degré zéro de l’incompétence économique pour ne pas comprendre que plus on impose l’austérité, plus les chances de restaurer les finances publiques s’amenuisent parce que le ratio de la dette par rapport à la richesse produite augmente mécaniquement.</p>
<p style="text-align: justify;">L’impasse néolibérale se situe là : vouloir réunir à tout prix les conditions d’un « retour de la Grèce <em>– et d’autres – sur les marchés financiers </em> ». C’est la corde raide, un exercice d’équilibriste impossible car ce sont les marchés financiers qui sont la source de la crise de la dette publique et car, envers et contre tout, les gouvernements et les institutions financières veulent maintenir l’emprise de ces marchés sur les sociétés et les peuples.</p>
<p style="text-align: justify;">Les prochaines échéances constituées par les réunions en France du G8 et du G20, en présence du représentant du FMI, seront une nouvelle fois l’occasion de constater la collusion des forces économiques du capitalisme, des gouvernements néolibéraux et de leurs institutions internationales pour non pas nous sortir de la crise mais pour nous y plonger un peu plus. Toutes les velléités de nouvelle régulation sont restées lettre morte : paradis fiscaux, circulation des capitaux, rémunérations des banquiers, etc. Ne parlons pas de la « moralisation »…</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà la nouvelle de ce week-end dont les médias se gardent bien de parler : le FMI fait tomber le monde bien bas et, avec de telles politiques, les classes dominantes veulent se l’approprier définitivement. Le FMI est un symbole : celui de l’argent, celui du pouvoir, celui de l’arrogance, celui du mépris, le tout accompagné du sentiment d’impunité perpétuelle.</p>
<p style="text-align: right;">17 mai 2011</p>
<p style="text-align: justify;">*Jean-Marie Harribey est ancien Professeur agrégé de sciences économiques et sociales et Maître de conférences d’économie à l’Université Bordeaux IV. Il est chroniqueur à <em>Politis, </em>membre de la Fondation Copernic et d&#8217;<a href="http://www.france.attac.org/">Attac France</a>, qu&#8217;il a présidée de 2006 à 2009.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>: <a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/05/17/le-fmi-ecrase-lhumanite/#more-205">http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/05/17/le-fmi-ecrase-lhumanite/ &#8211; more-205</a></p>
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		<title>Quatre ans après&#8230; , par Serge Halimi</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/05/14/quatre-ans-apres-par-serge-halimi/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2011/05/14/quatre-ans-apres-par-serge-halimi/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 May 2011 22:13:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Fonds monétaire international (FMI) vient de l’admettre : « Près de quatre ans après le début de la crise financière, la confiance dans la stabilité du système bancaire global doit toujours être entièrement restaurée (1). » Mais ce que le président de la Réserve fédérale américaine, M. Ben Bernanke, qualifie de « pire crise financière de l’histoire mondiale, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/S.Halimi.jpeg"><img class="size-full wp-image-4388 aligncenter" title="S.Halimi" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/S.Halimi.jpeg" alt="" width="200" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le Fonds monétaire international (FMI) vient de l’admettre : <em>« Près de quatre ans après le début de la crise financière, la confiance dans la stabilité du système bancaire global doit toujours être entièrement restaurée</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/HALIMI/20449#nb1">1</a>).<em> »</em> Mais ce que le président de la Réserve fédérale américaine, M. Ben Bernanke, qualifie de <em>« pire crise financière de l’histoire mondiale, Grande Dépression</em> [de 1929] <em>comprise</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/HALIMI/20449#nb2">2</a>)<em> »,</em> n’a entraîné aucune sanction pénale aux Etats-Unis. Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan avaient misé sur l’effondrement des placements à risque qu’ils recommandaient avec empressement à leurs clients&#8230; Ils s’en tirent au pis avec des amendes, plus souvent avec des bonus.</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin des années 1980, à la suite de la faillite frauduleuse des caisses d’épargne américaines, huit cents banquiers se retrouvèrent derrière les barreaux. Dorénavant, la puissance des banques, encore accrue par des restructurations qui ont concentré leur pouvoir, semble leur assurer l’impunité face à des Etats affaiblis par le poids de la dette publique. Les prochains candidats à la Maison Blanche, M. Barack Obama en tête, mendient déjà les contributions de Goldman Sachs à leur campagne ; le directeur de BNP Paribas n’hésite pas à menacer les gouvernements européens d’une panne du crédit au cas où ceux-ci réglementeraient sérieusement les banques ; l’agence de notation Standard &amp; Poor’s, qui avait pourtant accordé sa meilleure note de risque (AAA) à Enron, Lehman Brothers, Bear Stearns ainsi qu’à toutes sortes d’« obligations pourries » <em>(junk bonds),</em> projette de la retirer à la superpuissance américaine si celle-ci ne réduit pas plus vite ses dépenses publiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois ans de réunions du G20 visant à accoucher d’une <em>« nouvelle symphonie planétaire »</em> ont donc conservé intact un système mêlant déréglementation bancaire, primes pharaoniques aux petits génies de l’« innovation financière » et paiement de tous les dégâts qu’ils occasionnent par les contribuables et par les Etats <em>(lire « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/SIGURGEIRSDOTTIR/20447">Quand le peuple islandais vote contre les banquiers </a>»).</em> Les socialistes français s’indignent que, <em>« dans l’année qui a suivi la crise des</em> subprime, <em>les gouvernements</em> [aient] <em>consacré plus d’argent pour soutenir les banques et les institutions financières que le monde n’en avait dépensé, en un demi-siècle, pour aider les pays pauvres !</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/HALIMI/20449#nb3">3</a>)<em> ».</em> Mais les remèdes qu’ils préconisent ressemblent tantôt à des rustines (surtaxe fiscale de 15 % pour les banques), tantôt à des vœux pieux (suppression des paradis fiscaux, création d’une agence de notation publique, taxe sur les transactions financières), dès lors que leur réalisation est conditionnée à une très improbable <em>« action concertée des Etats membres de l’Union européenne ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, ce qui aurait dû être « la crise de trop » a été une crise pour rien. M. Andrew Cheng, principal conseiller de la Commission de régulation bancaire chinoise, suggère que cette passivité tient à un <em>« problème de capture »</em> des Etats par leur système financier (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/HALIMI/20449#nb4">4</a>). Autant dire que les responsables politiques se comportent trop souvent comme des marionnettes avant tout soucieuses de ne pas déranger le festin des banquiers.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Serge Halimi.</strong></p>
<p><strong>Notes : </strong></p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/HALIMI/20449#nh1">1</a>) FMI, « <a href="http://www.imf.org/external/pubs/ft/gfsr/2011/01/index.htm">Rapport sur la stabilité financière dans le monde</a> », avril 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/HALIMI/20449#nh2">2</a>) Cité par Jeff Madrick, « <a href="http://www.nybooks.com/articles/archives/2011/apr/28/wall-street-leviathan/">The Wall Street Leviathan</a> », <em>The New York Review of Books,</em> 28 avril 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/HALIMI/20449#nh3">3</a>) <a href="http://www.parti-socialiste.fr/projet">Projet socialiste 2012</a>. Supplément à <em>L’Hebdo des socialistes,</em> n° 610, Paris, 16 avril 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/HALIMI/20449#nh4">4</a>) Cité par James Saft, « Big winners in crises : The banks », <em>International Herald Tribune,</em> Paris, 13 avril 2011.<strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>: Le Monde diplomatique de Mai 2011 (en kiosque)</p>
<p><a href="http://www.monde-diplomatique.fr">http://www.monde-diplomatique.fr</a></p>
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		<title>CARRE  BLANC !</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jul 2008 16:36:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 24 avril dernier, le chef de l&#8217;Etat lui-même s&#8217;est produit à la télé. Devant leur poste, les plus fragiles, les plus démunis d&#8217;entre nous n&#8217;avaient rien à attendre de si haut. Il ne se passe guère une semaine sans que soient remis en cause, les uns après les autres, leurs droits sociaux. Ce soir-là, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left">Le 24 avril dernier, le chef de l&#8217;Etat lui-même s&#8217;est produit à la télé. Devant leur poste, les plus fragiles, les plus démunis d&#8217;entre nous n&#8217;avaient rien à attendre de si haut. Il ne se passe guère une semaine sans que soient remis en cause, les uns après les autres, leurs droits sociaux. Ce soir-là, ils savaient que, désormais, la solidarité, la répartition, ce ne serait plus pour eux, mais seulement entre eux. Depuis, la mobilisation des mouvements sociaux du mois de Mai leur laisse entrevoir d&#8217;autres façons de saisir leur destin&#8230;</p>
<p>Mais espérons au moins que, ce soir-là leurs enfants étaient couchés ou éloignés du message présidentiel car une phrase,  plus encore cruelle que les autres, les atteignit en pleine figure. Celui qui représente la plus haute autorité du pays leur disait, droit dans les yeux, que ceux d&#8217;entre eux qui ne parviennent pas à lire sont ‘&#8217;fichus&#8221; !  Comment les enfants concernés par un tel propos, et leurs parents pouvaient-ils avoir encore envie de construire leur avenir ? Evidemment, il s&#8217;agissait de remettre en cause, une fois encore le travail des enseignants, déjà bien fragilisés aujourd&#8217;hui dans leur vocation personnelle et collective (11200 postes en moins cette année). Travaillant moi-même auprès des élèves en difficulté, je constate :</p>
<p>1) Que les enfants sont différents. Dans une même classe de CP (avec un même enseignant, une même méthode pédagogique), les élèves ‘&#8217;phonologiques&#8221; et les élèves ‘&#8217;lexicaux&#8221; ne mettent pas en œuvre les mêmes stratégies d&#8217;apprentissage de la lecture. Le travail des enseignants n&#8217;est donc pas en cause.   </p>
<p>2) Que la dyslexie (difficulté d&#8217;accès au langage écrit) quant à elle, représente, certes, un réel handicap, tout comme les atteintes visuelle, auditive, motrice, ou mentale. Le devoir de notre République est de permettre à ces élèves handicapés de prendre toute leur place dans la société et non de leur dire qu&#8217;ils sont fichus !</p>
<p>Et nous, comme chrétiens, compagnons de cet homme de Nazareth qui a remis debout tant de non-conformes, tant de hors-normes, tant de non rentables pour le système dominant, nous ne pouvons que nous révolter devant une telle irresponsabilité éducative au sommet de l&#8217;Etat.</p>
<p>Un couple vivant de petits boulots, dans l&#8217;insalubrité et la grande précarité, avec deux petites filles dont une trisomique me disait, à propos de celle-ci :‘&#8217;on espère que, dans la vie, elle fera mieux que nous ! » Alors, non, Lucie, tu n&#8217;est pas fichue !</p>
<p>Ce soir là, sur l&#8217;écran de télé, il manquait au moins un carré blanc !</p>
<p align="left">M.D. (juin 2008)</p>
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		<title>&#8220;Le NSAE nouveau est arrivé&#8221;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/02/05/ledito-le-nsae-nouveau-est-arrive/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 Feb 2008 13:32:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
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		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Une nouvelle année commence. Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise en profite pour faire peau neuve ! En effet, pour mieux communiquer avec vous, faire connaître nos engagements et nos travaux, bref acquérir un souffle et une visibilité neufs, nous avons complètement refondu notre ancien site&#8230; pour le résultat que vous avez sous les yeux. Dans cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle année commence. Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise en profite pour faire peau neuve ! En effet, pour mieux communiquer avec vous, faire connaître nos engagements et nos travaux, bref acquérir un souffle et une visibilité neufs, nous avons complètement refondu notre ancien site&#8230; pour le résultat que vous avez sous les yeux.</p>
<p>Dans cette période de &#8220;rodage&#8221;, nous avons besoin de vos remarques, de vos suggestions, de vos critiques aussi pour affiner notre présentation et et mieux répondre à vous besoins. Alors n&#8217;hésitez pas, car vos commentaires sont précieux pour nous.</p>
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		<title>Quelques voeux de circonstance pour 2008</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Jan 2008 15:17:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
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		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Bonne année à vous, les plus fragiles, les plus précaires ! Les dirigeants occidentaux  sont bien décidés à lutter contre le terrorisme. Ils vont donc bien sûr commencer par s&#8217;attaquer enfin au plus sournois d&#8217;entre eux, le terrorisme financier qui, d&#8217;année en année, tue à petit feu tant d&#8217;entre vous&#8230; Bonne année à vous les petits [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left">Bonne année à vous, les plus fragiles, les plus précaires !</p>
<p align="left">Les dirigeants occidentaux  sont bien décidés à lutter contre le terrorisme. Ils vont donc bien sûr commencer par s&#8217;attaquer enfin au plus sournois d&#8217;entre eux, le terrorisme financier qui, d&#8217;année en année, tue à petit feu tant d&#8217;entre vous&#8230;</p>
<p align="left">Bonne année à vous les petits salariés !</p>
<p align="left">Le maître suprême de notre pays entend bien re-positiver la &#8220;valeur travail&#8221;. Dans l&#8217;entreprise, vous serez donc mieux considérés, mieux récompensés que les actionnaires, vos salaires seront pris en compte bien plus que leurs profits&#8230;</p>
<p align="left">Bonne année à vous les chômeurs !</p>
<p align="left">Désormais vous serez tenus, sous peine de sanctions, d&#8217;accepter le second emploi proposé. Selon la règle de l&#8217;égalité républicaine, les employeurs seront donc enfin obligés d&#8217;accepter le second d&#8217;entre vous qui se présentera à eux sur un poste de travail &#8230;</p>
<p align="left">Bonne année à vous les amoureux !</p>
<p align="left">Les pharisiens bien-pensants nous reprochent d&#8217;être plus libéraux, voire plus complaisants avec le sexe qu&#8217;avec la finance. En effet, car le sexe, lui au moins, est partie intégrante de notre humanité divine. Comme vecteur d&#8217;amour, il en est même une composante majeure. Tout le contraire de la finance qui est devenue, en ce 21<sup>ème</sup> siècle, le plus redoutable concurrent de l&#8217;Humain, cœur de notre vie et de notre foi. </p>
<p align="left">Bonne nouvelle année à nous toutes et tous, dans la résistance, l&#8217;action et l&#8217;amour.</p>
<p align="left">M.D.</p>
<p align="center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/o.jpg" title="Opinions et débats"><img src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/o.thumbnail.jpg" alt="Opinions et débats" /></a>                                          </p>
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		<title>Une question de démocratie</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2007/12/01/titre-de-l-edito/</link>
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		<pubDate>Sat, 01 Dec 2007 15:24:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2005, les citoyennes et citoyens de notre pays ont refusé la « constitution » européenne que les chefs d&#8217;Etat de gouvernement avaient adoptée. Dans plusieurs pays, elle n&#8217;a du reste jamais été ratifiée. Fin juin 2007, les chefs d&#8217;Etat et de gouvernement ont lancé une procédure éclair pour un nouveau traité européen &#8211; dit &#8220;mini&#8221; ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 2005, les citoyennes et citoyens de notre pays ont refusé la « constitution » européenne que les chefs d&#8217;Etat de gouvernement avaient adoptée. Dans plusieurs pays, elle n&#8217;a du reste jamais été ratifiée. Fin juin 2007, les chefs d&#8217;Etat et de gouvernement ont lancé une procédure éclair pour un nouveau traité européen &#8211; dit &#8220;mini&#8221; ou encore &#8220;simplifié&#8221;. Le moins que l&#8217;on puisse dire, c&#8217;est que dans cette affaire, c&#8217;est la démocratie qui a été simplifiée, et la souveraineté d&#8217;un peuple (pas un seul d&#8217;ailleurs !) qui a été diminuée.</p>
<p align="center"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/drapeau-europeen.jpg" title="drapeau-europeen.jpg"><img src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/drapeau-europeen.jpg" alt="drapeau-europeen.jpg" /></a></p>
<p>Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, ce n&#8217;est pas un « mini-traité ». Sous un autre nom et une autre forme, il reprend l&#8217;essentiel de la « constitution » rejetée. &#8220;<em>Seuls des changements cosmétiques ont été opérés et le document de base reste le même</em>&#8220;, écrit Vaclav Klaus, Président de la République Tchèque dans le quotidien britannique <em>The Guardian</em> daté du 13 juin 2007. &#8221;<em>Nous n&#8217;avons pas abandonné un seul point essentiel de la Constitution. C&#8217;est sans aucun doute bien plus qu&#8217;un traité. C&#8217;est un projet de caractère fondateur, un traité pour une nouvelle Europe&#8221;,</em> nous dit Jose Luis Zapatero, Premier Ministre du Royaume d&#8217;Espagne dans un discours prononcé le 27 juin 2007. &#8220;<em>La substance de la Constitution est maintenue. C&#8217;est un fait !</em>&#8220;, surenchérit Angela Merkel, chancelière allemande dans <em>The Daily Telegraph</em>, 29 juin 2007. En cela, ils rejoignent les avis du député européen UDF Jean-Louis Bourlanges (&#8220;<em>Toute la Constitution est là ! Il n&#8217;y manque rien !</em>&#8220;) ou du père du projet de Constitution européenne rejeté par les Français, Valery Giscard d&#8217;Estaing (&#8220;<em>Une nouvelle écriture du texte original qui contient l&#8217;essentiel de la Constitution européenne</em>&#8220;).</p>
<p>Mais l&#8217;essentiel n&#8217;est pas là. Les citoyens et les élus, quel qu&#8217;ait été leur vote le 29 mai 2005, doivent refuser que la démocratie et la volonté populaire soient bafouées et exiger un nouveau referendum. Le drame de l&#8217;Europe &#8211; son &#8220;pêché originel&#8221; &#8211; réside dans l&#8217;absence d&#8217;espace démocratique réellement européen, dans l&#8217;absence d&#8217;un processus démocratique, populaire, transparent.</p>
<p>Quelles que soient nos convictions, quelles que soient nos aspirations, nous ne pouvons accepter que la construction européenne se poursuive sur le dos de la démocratie. Et nos représentants au Parlement doivent savoir que les mêmes causes &#8211; mépris de la démocratie et de la souveraineté populaire &#8211; produiront les mêmes effets &#8211; rejet de l&#8217;europe telle qu&#8217;elle se fait. Nos représentants au Parlement doivent savoir qu&#8217;en osant tenir pour rien une décision du peuple souverain, ils assument le risque &#8211; que dis-je, la certitude ! &#8211; de porter un nouveau coup à une légitimité déjà fragile. Avec de tels &#8220;amis&#8221;, l&#8217;Europe et la démocratie n&#8217;ont plus besoin d&#8217;ennemis&#8230;</p>
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		<title>10 ans</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2007/11/12/10-ans/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Nov 2007 21:15:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nsae.fr/opinions-debats/10-ans/</guid>
		<description><![CDATA[  10 ans pour appeler et contribuer, au nom de notre ami Jésus de Nazareth, à la délivrance des captifs et à la libération des exploités. Pour substituer résolument la solidarité, la justice, la dénonciation des systèmes financiers opprimants à la générosité catho-sociale. Pour, selon la prière de Marie, descendre les puissants de leurs trônes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/o.jpg" title="Opinions et débats"><img src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/o.thumbnail.jpg" alt="Opinions et débats" /></a> </p>
<p align="center">10 ans pour appeler et contribuer, au nom de notre ami Jésus de Nazareth, à la délivrance des captifs et à la libération des exploités.</p>
<p align="center">Pour substituer résolument la solidarité, la justice, la dénonciation des systèmes financiers opprimants à la générosité catho-sociale.</p>
<p align="center">Pour, selon la prière de Marie, descendre les puissants de leurs trônes et renvoyer les riches les mains vides.</p>
<p align="center">Pour remettre debout, comme Jésus l&#8217;a fait, tous ceux que l&#8217;Eglise a remis à genoux depuis.</p>
<p align="center">Pour émanciper ceux qu&#8217;elle a infantilisés.</p>
<p align="center">Pour redonner toute leur place à ceux qu&#8217;elle a exclus.</p>
<p align="center">Pour accueillir tous les amoureux, quelles que soient leurs façons de vivre et d&#8217;aimer.</p>
<p align="center">Pour voir advenir une Eglise autre dans un monde économique autre.</p>
<p align="center">10 ans pour relever tous ces défis, c&#8217;est bien court !</p>
<p align="center">Alors, reprenons la route et les combats, autant de fois 10 ans qu&#8217;il le faudra&#8230;</p>
<p align="center">Bon Anniversaire, NSAE</p>
<p align="center">M.D.</p>
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