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	<title>NSAE &#187; Coups de cœur</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>En finir avec l&#8217;atome, c&#8217;est possible !</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 18:07:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[par Benjamin Dessus* et Bernard Laponche**, membres de Global Chance, association d&#8217;experts indépendants sur l&#8217;énergie et le climat   Depuis toujours, en France, le nucléaire paraissait intouchable. Mais la catastrophe de Fukushima a changé la donne : même dans un pays très avancé, un accident majeur peut se produire ! Et toutes les interrogations jusqu&#8217;ici soigneusement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>par Benjamin Dessus* et Bernard Laponche**, membres de Global Chance, association d&#8217;experts indépendants sur l&#8217;énergie et le climat</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/EnFinirAvecLeNucleaireVignette-e81bb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5820" title="EnFinirAvecLeNucleaireVignette-e81bb" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/EnFinirAvecLeNucleaireVignette-e81bb.jpg" alt="" width="100" height="146" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis toujours, en France, le nucléaire paraissait intouchable. Mais la catastrophe de Fukushima a changé la donne : même dans un pays très avancé, un accident majeur peut se produire ! Et toutes les interrogations jusqu&#8217;ici soigneusement évitées émergeaient à nouveau : le risque d&#8217;accident majeur bien entendu, mais aussi la production de déchets radioactifs très dangereux et la menace aggravée du risque de prolifération des armes nucléaires. Quand on prend conscience que quatre accidents majeurs de réacteur se sont produits au cours des trente dernières années (un à Tchernobyl et trois à Fukushima) sur un parc mondial de 450 réacteurs, alors que le calcul des probabilités officiel n&#8217;en &#8220;imagine&#8221; que 0,014 sur la même période (286 fois moins), on est en droit de se poser la question de la pertinence d&#8217;une sortie du nucléaire.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette évocation, les tenants du nucléaire apportent trois types d&#8217;arguments : l&#8217;<em>&#8220;indépendance énergétique&#8221;</em> de la France, la performance française en termes d&#8217;émissions de CO<sub>2</sub>, le très faible coût du kWh nucléaire. Celui de l&#8217;indépendance énergétique est tout simplement faux : la France est tout aussi dépendante pour son approvisionnement d&#8217;uranium qu&#8217;elle l&#8217;est pour le pétrole, le charbon et le gaz. Loin d&#8217;atteindre 50 %, notre indépendance énergétique réelle n&#8217;est que de 8,9 %. Les économies de CO<sub>2</sub> de 40 % en France qui seraient réalisées grâce au nucléaire sont très surestimées, puisqu&#8217;elles supposent que toute notre électricité non nucléaire serait produite à partir du charbon, ce qui n&#8217;est guère vraisemblable. C&#8217;est plutôt autour de 20 % que se situe l&#8217;économie. Le coût imbattable du nucléaire ? Oui, si l&#8217;on se contente de l&#8217;évaluation actuelle d&#8217;un nucléaire largement amorti (les réacteurs du parc français ont en moyenne 26 ans pour une durée de vie prévue de trente) en oubliant soigneusement de prendre en compte la réhabilitation indispensable de ce parc vieillissant, sa mise aux normes post-Fukushima et les frais de démantèlement des réacteurs mis au rebut, qui risquent de doubler ce coût. Même chose si l&#8217;on décide de passer à l&#8217;EPR, dont les coûts d&#8217;investissement atteignent chaque jour de nouveaux sommets.</p>
<p style="text-align: justify;">La liste impressionnante des injonctions de l&#8217;Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté post-Fukushima confirme la vulnérabilité des centrales nucléaires françaises, comme l&#8217;augmentation inévitable à venir du coût du kWh d&#8217;origine nucléaire, si l&#8217;on persistait dans cette voie. Reste l&#8217;argument d&#8217;autorité : comme nous dépendons à près de 80 % du nucléaire pour notre production d&#8217;électricité, nous ne pouvons pas faire autrement que de continuer&#8230; Les errements passés serviraient donc de justificatif à la poursuite, contre vents, marées et autres tsunamis !</p>
<p style="text-align: justify;">Est-il possible en France de sortir du nucléaire en vingt ans comme le font les Allemands en dix ans, sans revenir à la bougie et sans ruiner notre pays ? La réponse est positive à condition de poser cette question dans le contexte de la transition énergétique indispensable au niveau mondial : il s&#8217;agit, en effet, de permettre à la fois le développement des sociétés émergentes et en développement, de restreindre au mieux nos ponctions de ressources fossiles et de diviser par deux les émissions mondiales de CO<sub>2</sub>.</p>
<p style="text-align: justify;">La sobriété et l&#8217;efficacité énergétiques sont au coeur de la transition énergétique qui s&#8217;impose pour tous les pays de la planète, permettant la substitution progressive des énergies de stock (charbon, pétrole, gaz, uranium) par les énergies renouvelables (hydraulique, éolien, solaire thermique, thermodynamique et photovoltaïque, biomasse, géothermie, énergies marines). Cette transition, au-delà des avantages énergétiques et environnementaux, est pourvoyeuse de nouvelles activités et d&#8217;emplois dans tous les territoires.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette logique, ce sont bien les économies d&#8217;électricité qui deviennent la première priorité dans une France qui n&#8217;a jamais fait le moindre effort dans ce domaine, au prétexte que l&#8217;électricité nucléaire était abondante et bon marché. Savez-vous que nos voisins allemands, qui en 1999 consommaient par habitant autant d&#8217;électricité &#8220;spécifique&#8221; (l&#8217;électroménager, l&#8217;éclairage, l&#8217;audiovisuel et l&#8217;informatique, à l&#8217;exclusion du chauffage des logements) que nous, en consommaient 27 % de moins que nous en 2009 ? Et puis il faut mettre fin le plus rapidement possible au chauffage électrique à effet joule (nos convecteurs) et les remplacer par des chauffages plus performants (pompes à chaleur, chaudières à condensation, etc.). Si nous le faisons, nos besoins d&#8217;électricité pourraient tomber à 392 TWh en 2020 et 338 TWh en 2030, alors qu&#8217;ils atteignent 516 TWh aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment compenser alors la fermeture programmée des réacteurs nucléaires quand ils atteignent une trentaine d&#8217;années en moyenne ? En 2020, le nucléaire ne produirait plus pour les besoins des consommateurs français que 180 TWh contre 365 en 2009. Mais on s&#8217;aperçoit que les objectifs de production d&#8217;électricité renouvelable du Grenelle de l&#8217;environnement, qui atteignent 143 TWh en 2020, permettent de combler une grande part de la demande d&#8217;électricité restante. Il suffit de 70 TWh d&#8217;électricité d&#8217;origine gaz naturel pour boucler le bilan sans augmenter pour autant les émissions de CO<sub>2</sub> du secteur électrique par rapport à la situation actuelle. En 2030, la poursuite du développement des énergies renouvelables permet de boucler le bilan électrique malgré l&#8217;absence de nucléaire, avec la même participation d&#8217;électricité à partir du gaz (70 TWh).</p>
<p style="text-align: justify;">A quel coût ? Les calculs montrent que les deux options conduisent à des coûts du même ordre. Dans le scénario poursuite du nucléaire l&#8217;investissement indispensable dans de nouvelles centrales pèse sur le bilan. Dans le scénario de sortie, le total des investissements nécessaires à la réalisation des économies d&#8217;électricité, des investissements de production et de transport d&#8217;électricité est plus faible. Notons d&#8217;ailleurs que les incertitudes sur les coûts sont plus importantes dans le cas du maintien du nucléaire que dans celui de la sortie. Contrairement aux affirmations répétées de nos gouvernants, la sortie du nucléaire en une vingtaine d&#8217;années est donc possible sans drame. C&#8217;est une question de volonté collective.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>*Benjamin Dessus</strong> est ingénieur et économiste, il a travaillé à EDF, à l&#8217;Agence française pour la maîtrise de l&#8217;énergie</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>**Bernard Laponche</strong> est polytechnicien, docteur ès sciences, il a travaillé au Commissariat à l&#8217;énergie atomique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Source : </strong>article paru dans l&#8217;édition du Monde datée du 05.01.12<strong></strong></p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr">http://www.lemonde.fr</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>•</strong><strong> A lire </strong>: « <em>En finir avec le nucléaire. Pourquoi et comment »</em>, Benjamin Dessus et Bernard Laponche, Édition du Seuil, Collection Sciences, Octobre 2011, 176 pages, 13 €.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Agir</strong> avec les Rencontres « <em>Libérons énergie ! </em>» qui sont prévues en 2012 (de janvier à avril) au cours d’un grand tour de France d’information et d’échanges autour de la transition énergétique. Onze villes sont actuellement participantes : Nantes, Bordeaux,Toulouse, Montpellier,Strasbourg, Marseille, Lyon, Clermont-Ferrand,Lille, Rennes, Paris). Cf <a href="http://www.convergenceenergetique.org/Prochains-rendez-vous">informations précises sur les mobilisations</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ConvergéencesEnerg..png"><img class="size-full wp-image-5819 aligncenter" title="ConvergéencesEnerg." src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ConvergéencesEnerg..png" alt="" width="150" height="149" /></a></p>
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		<title>Canards sans tête</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/29/canards-sans-tete/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 16:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[par Serge Halimi   Les sommets de dirigeants européens se suivent et échouent ; la Maison Blanche et le Congrès se querellent sans résultat. « Les marchés » l’ont compris, et traitent dorénavant les élus comme des canards sans tête, simples jouets des forces qu’ils ont eux-mêmes enfantées et qu’ils ne savent plus maîtriser. Au même moment pourtant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par <strong>Serge Halimi</strong></p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/S.Halimi2.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5784" title="S.Halimi" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/S.Halimi2.jpeg" alt="" width="200" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les sommets de dirigeants européens se suivent et échouent ; la Maison Blanche et le Congrès se querellent sans résultat. « Les marchés » l’ont compris, et traitent dorénavant les élus comme des canards sans tête, simples jouets des forces qu’ils ont eux-mêmes enfantées et qu’ils ne savent plus maîtriser. Au même moment pourtant — en France, en Russie, aux Etats-Unis et ailleurs —, des élections présidentielles se préparent. Elles saturent l’espace civique et médiatique, créant un sentiment irréel de déconnexion entre le dire et le faire. Car même si on n’attend pas grand-chose des candidats, voire plus rien du tout, au moins ils sont connus — leur parcours, leurs défauts, leurs alliés, leur entourage, leurs réseaux. L’attention de la population se porte donc plus volontiers sur MM. Barack Obama et Newton Gingrich, sur MM. Nicolas Sarkozy et François Hollande, que sur les fonds spéculatifs et les institutions de crédit. Mais à quoi servent-ils encore ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Sarkozy, dont la politique monétaire est l’ombre portée des intérêts de BNP Paribas (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/HALIMI/47161#nb1">1</a>), reproche au premier ministre britannique David Cameron de vouloir faire de la City de Londres <em>« une zone offshore au cœur de l’Europe ».</em> Tout aussi indigné, le ministre des finances allemand, M. Wolfgang Schäuble, pourfend <em>« la cupidité sans limites, la recherche de profits toujours plus élevés sur les marchés de capitaux qui ne sont pas pour rien dans la crise bancaire et économique, puis plus tard celle de pays entiers, à laquelle nous sommes confrontés depuis 2008</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/HALIMI/47161#nb2">2</a>)<em> ».</em> Cela n’empêche nullement M. Schäuble de livrer à cette « cupidité sans limites » une demi-douzaine de nations européennes ruinées et exsangues. <em>« Il serait fatal de supprimer complètement les effets disciplinaires des taux d’intérêt qui augmentent,</em> leur explique d’ailleurs M. Jens Weidmann, président de la Bundesbank, la banque centrale allemande. <em>Quand le crédit devient plus cher pour les Etats, la tentation d’emprunter diminue fortement</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/HALIMI/47161#nb3">3</a>).<em> »</em> Et si les pays les plus endettés n’apprennent pas à contenir leurs « tentations », si la récession leur interdit un retour à l’équilibre financier, si les « profits toujours plus élevés » de leurs créanciers les étranglent, l’Union européenne les aidera en leur infligeant une amende&#8230; En revanche, les banques privées continueront à disposer de tous les crédits qu’elles réclament pour presque rien. Elles pourront ainsi prêter aux Etats endettés en réalisant un joli bénéfice. Aux coupables, les mains pleines !</p>
<p style="text-align: justify;">Les douceurs qu’on réserve au capital n’interdisent pas qu’on le vitupère. C’est même à ce paradoxe-là que dorénavant on reconnaît une période préélectorale. Le 6 décembre dernier, au Kansas, le président Obama a donc averti ses concitoyens que la mobilité sociale et la démocratie étaient menacées dans leur pays : <em>« L’inégalité déforme notre démocratie. Elle donne une voix disproportionnée à ceux qui peuvent se payer des lobbyistes.</em> (&#8230;) <em>Les abattements fiscaux profitent aux plus riches. Certains milliardaires ont un taux d’imposition de 1 % — 1 % ! »</em> M. Obama signala par ailleurs que <em>« le marché n’a jamais été une licence pour prendre tout ce qu’on peut à qui on veut »</em> et qu’il fallait <em>« reconstruire la classe moyenne de ce pays ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Nul ne croit qu’il accomplira cet objectif, ni qu’il réduira l’emprise de l’argent sur le système politique, ni qu’il réformera la fiscalité. Il n’en a rien fait depuis trois ans et ne se donne aucun moyen d’y parvenir au cas où il serait réélu. En cela, il incarne bien ce que le système actuel est devenu : une coque de noix à la dérive sur laquelle vocifère un capitaine dégradé pendant que l’ouragan se lève. Si cette année électorale ne témoigne pas d’une volonté politique et des moyens appropriés pour reprendre à la finance le pouvoir qu’elle détient, les prochains scrutins ne serviront à rien.</p>
<p align="right"><strong>Serge Halimi</strong></p>
<p align="right">Janvier 2012</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/HALIMI/47161#nh1">1</a>) M. Michel Pébereau, qui vient de céder la direction de BNP Paribas, est intervenu à plusieurs reprises ces derniers mois pour que l’aide du gouvernement français au secteur bancaire et les propositions de Paris relatives à la dette souveraine favorisent sa banque, lourdement exposée en Grèce et en Italie. <em>Cf.</em> « Michel Pébereau, le banquier dans les coulisses de l’Elysée », <em>Le Monde,</em> 2 décembre 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/HALIMI/47161#nh2">2</a>) Cité par <em>Les Echos,</em> Paris, 16-17 décembre 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/HALIMI/47161#nh3">3</a>) Cité par <em>The New York Times,</em> 14 décembre 2011.</p>
<p><strong>Source </strong>: Editorial publié dans Le Monde diplomatique de Janvier 2012 ; en kiosque actuellement</p>
<p><a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/HALIMI/47161">http://www.monde-diplomatique.fr/2012/01/HALIMI/47161</a></p>
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		<title>Pourquoi faire un AUDIT citoyen de la dette publique française ?</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2011 16:19:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[par Pascal Franchet La tentation est forte au vu de quelques éléments déjà connus des causes de l’endettement public de considérer un audit comme un passage inutile.  Parmi ces éléments connus qui permettent de qualifier cette dette comme illégitime et non due, on peut citer pêle-mêle pour la dette publique française (à compléter) : Pour la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par <strong>Pascal Franchet</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AuditDette.jpeg"><img class="size-full wp-image-5663 aligncenter" title="AuditDette" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AuditDette.jpeg" alt="" width="200" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>La tentation est forte au vu de quelques éléments déjà connus des causes de l’endettement public de considérer un audit comme un passage inutile.  Parmi ces éléments connus qui permettent de qualifier cette dette comme illégitime et non due, on peut citer pêle-mêle pour la dette publique française </strong></em>(à compléter) :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour la dette publique de l’Etat central :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- l’obligation depuis 1973 d’avoir recours aux marchés financiers ;</p>
<p style="text-align: justify;">- l’effet « boule de neige » qui a consisté à payer des taux d’intérêt sur les obligations d’Etat supérieurs à l’accroissement des ressources nécessaires à ce paiement (décision politique) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la réforme de l’Etat suivie de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) et son impact sur les pertes de moyens des administrations publiques ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la dérèglementation des marchés financiers depuis 1983 ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la privatisation systématique des banques et assurances depuis 1986 ;</p>
<p style="text-align: justify;">- les privatisations des autres entreprises publiques depuis cette date ;</p>
<p style="text-align: justify;">- les politiques fiscales favorables aux grandes entreprises (taux de l’Impôt sur les Sociétés et exonérations diverses) depuis le début des années 1980 ;</p>
<p style="text-align: justify;">- les mesures fiscales en faveur des ménages les plus aisés (niches fiscales et baisse du taux supérieur de l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- les impacts budgétaires des mesures d’exonération et d’allègement des cotisations sociales ;</p>
<p style="text-align: justify;">- les plans de sauvetage en faveur des banques et du secteur de l’automobile avec le pillage de la Caisse des dépôts et consignations ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la récession économique, produit de la crise du capitalisme et ses conséquences sur la baisse des recettes fiscales, sur le déficit et donc sur la dette ;</p>
<p style="text-align: justify;">- le mode de gestion de la dette publique : sa gestion est confiée à une agence et non au Trésor public ; &#8211; le marché primaire de la dette, c’est-à-dire l’émission des obligations d’Etat ou « marché du neuf », est donnée à une vingtaine de banques privées (4 françaises et 16 étrangères) qualifiées de Spécialistes en Valeurs du Trésor et qui se sucrent au passage ;</p>
<p style="text-align: justify;">- les plans de rigueurs et d’austérité qui, loin de résoudre quoi que ce soit, paupérisent les populations et les Etats ;</p>
<p style="text-align: justify;">- les divers traités constitutionnels européens qui organisent la concurrence « libre et non faussée » entre économies européennes et le statut de la BCE qui lui interdit de prêter directement aux États, qui sont par conséquent obligés de recourir aux banques et marchés financiers ;</p>
<p style="text-align: justify;">- certaines dépenses très critiquables comme le recours au surarmement, à des partenariats publics privés où l’intérêt public est relégué à l’arrière plan ;</p>
<p style="text-align: justify;">- etc… Tous ces éléments participent aux déficits publics et à leur financement par l’emprunt public.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour la dette des collectivités locales :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- les décrets qui ont ouvert à la concurrence le marché des prêts aux collectivités et permis le désengagement de l’Etat depuis les premières lois de décentralisation (décentralisation Mauroy 1 et 2 et décentralisation Balladur). Ce sont ces textes, le démantèlement de la Caisse d’Aide à l’Équipement des Collectivités Locales et le désengagement de l’Etat aux profits des banques privées et d’organismes financiers qui sont à l’origine des prêts dits « structurés » qui, avec des taux exorbitants, frappent aujourd’hui des collectivités locales et des hôpitaux (cf.à titre d’exemple la carte publiée par le journal Libération pour les prêts toxiques de Dexia :<a href="http://labs.liberation.fr/maps/carte-emprunts-toxiques/">http://labs.liberation.fr/maps/cart&#8230;</a>)</p>
<p style="text-align: justify;">- les effets budgétaires des transferts de compétences de l’Etat vers les collectivités locales sans allocation des moyens correspondants ;</p>
<p style="text-align: justify;">- les diverses réformes qui restructurent les collectivités locales et font reculer la démocratie locale en opacifiant les circuits de gestion et de décision.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour la dette des organismes de protection sociale :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- on peut énumérer depuis les plans « Barre » jusqu’aux diverses et récentes mesures Fillon toutes les décisions politiques qui ont contribué à baisser au profit des employeurs les ressources des organismes de protection sociale (fiscalisation de la sécurité sociale avec la création de la Cotisation Sociale Généralisée et de la Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale Inclus) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- sans oublier le non reversement de la part de l’Etat de diverses ressources affectées à la protection sociale (dénoncée année après année par la Cour des Comptes) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la désindexation des salaires sur les prix ;</p>
<p style="text-align: justify;">- la libéralisation du budget de la protection sociale avec l’instauration de la LFSS (loi de financement de la sécurité sociale) et la perte de contrôle de la protection sociale, telle qu’instaurée par le programme du Conseil National de la Résistance, par les représentants des salariés (instauration du paritarisme puis fin des élections directes aux conseils d’administration des caisses) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- le pillage par l’Etat des ressources des organismes excédentaires ;</p>
<p style="text-align: justify;">- on peut aussi ajouter la réforme du mode de gestion de la dette de ces organismes avec la création de la CADES et de la CRDS en 1996 (plan Juppé). Cette très opaque CADES (Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale), et au statut très dérogatoire, a bien davantage rémunéré les intérêts des organismes financiers prêteurs que comblé les très hypothétiques « trous de la sécu ». (cf. les comptes publiés sur le site de la CADES) Il pourrait être confié à un groupe d’experts de chiffrer le coût de ces mesures et leur traduction en montant de stock de la dette publique, émission de dette après émission de dette, coût des intérêts servis compris. Une fois ce chiffrage nécessaire effectué (qui avoisinerait certainement 100% du montant de la dette publique), il suffirait alors de revendiquer son annulation par l’abrogation unilatérale du paiement de cette dette (il pourrait même être envisagé de réclamer le remboursement, voire des pénalités sous formes d’intérêts aux bénéficiaires des profits réalisés sur la dette publique depuis une date à déterminer).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors, pourquoi se livrer à un audit et qui plus est, citoyen, c’est-à-dire public ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a plusieurs raisons à cette démarche.</p>
<p style="text-align: justify;">La première est que, comme son nom l’indique, cette dette est publique, au sens où elle impacte les budgets de l’Etat, des Organismes divers d’administration centrale (ODAC), des collectivités locales et des organismes de protection sociale. Dit autrement, elle limite considérablement le rôle de redistribution des richesses qui incombent à ces différents secteurs de la chose publique. Plus de dette servie au privé, c’est moins de moyens disponibles pour les besoins sociaux du plus grand nombre. La dette est aussi un outil pour l’inégalité des revenus. Elle concerne chaque citoyen de ce pays. Les plans d’austérité sont décidés et imposés au nom de la réduction des déficits publics et de la dette publique.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde est plus politique : elle consiste à associer le maximum d’organisations syndicales, associatives et politiques mais aussi de citoyens dans les groupes locaux d’audit à ce travail de décorticage des causes de l’endettement public. Il s’agit, avec cette démarche ouverte, de permettre ce qui est interdit par la logique de délégation de pouvoir, à savoir la réappropriation démocratique et collective de ce qui nous concerne. Ouvrir les livres des comptes publics va dans ce sens. Rendre public ce qui est aujourd’hui interdit de connaître de par la loi comme l’identité des créanciers ou encore la rémunération des banques en charge du marché primaire de la dette est une nécessité si on veut en combattre efficacement les conséquences antisociales. Après le pourquoi et le comment, il s’agit de faire connaître à tous qui sont ceux qui en profitent, qui sont les créanciers de la dette.</p>
<p style="text-align: justify;">La troisième est de faire connaître au plus grand nombre, comme nous l’avons fait en 2004 et 2005 pour le traité Constitutionnel (TCUE), les mécanismes et rouages de la dette publique afin de combattre en termes clairs et lisibles l’idée que ces questions sont trop compliquées pour être partagées et rendues publiques. Cette transparence nous a rendus majoritaires pour dire non au TCUE.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il s’agit donc de répondre simplement à des questions simples comme :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La dette publique, c’est quoi ? Comment ça marche ? D’où ça vient ? Qui paye et qui en profite ? Qu’est ce qu’on peut y faire ?  L’enjeu, c’est tout simplement la démocratie. C’est aussi poser d’emblée les moyens de la construction du rapport de forces nécessaire pour gagner sur cette question et sur d’autres par enchaînement.</p>
<p style="text-align: justify;">Construire la mobilisation sociale, c’est la garantie pour gagner !</p>
<p style="text-align: justify;">Parce qu’on peut faire toutes les démonstrations possibles, démontrer par A+B que notre cause est juste, que nous avons raison contre le monde de la finance et les donneurs d’ordre que sont les actionnaires, cela sera vain sans un rapport de forces tel qu’il puisse modifier l’ordre des choses.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est un peu comme le rapport au droit. Le droit international et de nombreuses dispositions constitutionnelles de pays fournissent nombre de moyens pour définir ce qu’est une dette illégitime ou odieuse. Le droit international dit aussi qu’un Etat est souverain et qu’il peut, au nom de l’état de nécessité, satisfaire en priorité les besoins fondamentaux de la population, décider de ne pas payer cette dette et de poser là un acte unilatéral parfaitement légitime.</p>
<p style="text-align: justify;">Gagner juridiquement ne signifie pas pour autant gagner dans les faits. C’est un moyen à utiliser mais surtout à consolider par une mobilisation qui impose son application.</p>
<p style="text-align: justify;">Même un gouvernement favorable à l’annulation de la dette illégitime ou/et odieuse ne pourra se passer de la mobilisation sociale pour l’imposer aux créanciers.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le TCUE, nous avons pu être majoritaires dans les urnes, mais nous avons manqué d’une mobilisation sociale suffisante pour empêcher le Congrès de trahir la volonté populaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la dette, sans une volonté politique qui s’appuie sur une mobilisation citoyenne conséquente, cela risque de ne pas se faire du tout et de disparaître au fonds des salons des négociations internationales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mobilisation locale, nationale, européenne et internationale !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons nous réapproprier notre vie !</p>
<p style="text-align: justify;">Du plus petit village endetté abusivement en passant par l’hôpital escroqué par des contrats opaques jusqu’à la dette nationale illégitime contractée au nom de l’Etat ou encore imposée à notre protection sociale par les divers gouvernements ces 30 ou 40 dernières années au profit des nantis et des marchés financiers, nous devons organiser la transparence pour construire la mobilisation à tous les niveaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout comme la crise, les effets de ces dettes publiques illégitimes ou odieuses dans certains cas comme en Grèce, en Irlande ou au Portugal et ailleurs, ont les mêmes causes dans les pays de l’Union Européenne, qu’ils soient dans la zone euro ou non .</p>
<p style="text-align: justify;">Très souvent, on trouve les mêmes causes mais aussi les mêmes créanciers. Ces derniers sont organisés, agissent de concert pour piller les Etats et faire payer leur crise aux populations.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils utilisent des organismes comme le FMI, la BCE et la Commission Européenne (les 3 forment la Troïka) pour imposer aux peuples la dictature des marchés financiers.</p>
<p style="text-align: justify;">Rencontrons-nous et organisons nous à l’échelle européenne avec les comités d’audit qui existent déjà et pour permettre la création d’autres dans les 27 pays de l’UE. Les peuples d’Europe subissent les mêmes logiques imposées par les mêmes créanciers et leurs organismes affidés (la Troïka). Ce ne sont pas les citoyens français, anglais ou allemands qui détiennent une partie de la dette grecque, espagnole ou irlandaise, ce sont les banques, les assurances et autres « Mutuals Funds », le plus souvent les mêmes qui agissent au nom des mêmes actionnaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensemble, nous pouvons construire une mobilisation européenne efficace contre la dette et les plans d’austérité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du Nord au Sud, les peuples ont les mêmes intérêts, menons les mêmes combats !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Auditer les dettes publiques dans les pays riches ou considérés comme tels pour en déterminer la part illégitime ou odieuse à annuler ne doit pas nous faire oublier les créances que nos pays (et les banques et autres organismes financiers) détiennent envers les pays du Sud de la planète.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces créances maintiennent les pays du Sud dans un rapport néocolonial de facto et permettent entre autres le pillage des ressources du sol et du sous sol de ces pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Exiger et obtenir la publicité des contrats de prêts qui concernent les pays du Sud est un outil incontournable pour la solidarité internationale. Ces contrats de prêt sont d’Etat mais aussi privés avec la caution de l’Etat. Pour les dénoncer, encore faut-il les connaître !</p>
<p style="text-align: justify;">Ils financent aussi la corruption et la rémunération des serviteurs des créanciers, souvent les gouvernements à la botte ou les dictateurs complaisants comme avec Ben Ali en Tunisie.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi les sociétés transnationales utilisent les gouvernements des pays du Nord pour enchainer ces pays avec des dettes, pour piller leurs ressources des pays du Sud (matières premières, produits alimentaires) et pour délocaliser des activités d’industries ou de services du Nord au Sud, afin d’augmenter leurs profits en réduisant le coût du travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Elles utilisent les paradis judiciaires et fiscaux pour leurs transactions avec la complicité active des banques des pays du Nord et des gouvernements qui ferment les yeux sur ces pratiques illégales.</p>
<p style="text-align: justify;">L’expérience des crises de la dette dans les pays du Sud nous sert aujourd’hui pour comprendre les mécanismes des dettes publiques au Nord. Celle des luttes contre les dettes illégitimes et odieuses éclairent notre démarche en France et ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est en notre nom que l’Etat et les divers gouvernements permettent ce pillage odieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Indéniablement, des liens doivent être tissés ou valorisés quand ils existent entre les mouvements qui luttent contre la dette au Sud et les divers collectifs d’audit en Europe. Les peuples du Nord comme du Sud ont les mêmes intérêts et très souvent les mêmes créanciers. Il est plus que temps de faire vivre les solidarités actives entre les peuples.</p>
<p style="text-align: justify;">Le CADTM France s’engage avec cette volonté dans le collectif pour un audit citoyen de la dette publique française.  C’est aussi dans cet esprit que le réseau Europe du CADTM organise le 9 décembre, dans les murs mêmes de l’Assemblée Nationale, un <a href="http://www.cadtm.org/Du-Sud-au-Nord-le-droit-de-dire">séminaire sur l’audit de la dette</a> avec la participation de Maria-Lucia Fattorelli, animatrice du comité pour un audit citoyen de la dette du Brésil et ex-membre de la commission de l’audit intégral de l’Equateur, de Fathi Chamki, porte parole de Raid ATTAC CADTM Tunisie, en lutte pour l’annulation de la dette Tunisienne et de Renaud Vivien, juriste, membre du CADTM Belgique.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette dette, tout comme la crise qui l’aggrave avec le transfert des dettes privées dans le domaine public, n’est pas la nôtre ! Alors, donnons-nous collectivement les moyens de changer les choses !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Pascal Franchet</strong></p>
<p style="text-align: right;">14 novembre 2011</p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://www.cadtm.org/Pourquoi-faire-un-audit-citoyen-de">http://www.cadtm.org/Pourquoi-faire-un-audit-citoyen-de</a></p>
<p>CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde)</p>
<p><strong>• Pour mieux comprendre </strong>les mécanismes de « La Dette » :</p>
<p>un document vidéo très pédagogique, réalisé en Grèce, est présenté et disponible (sous-titré en français) à partir du lien ci-après du CADTM, mis en ligne le 26 sept. 2011 ; ce film documentaire<strong> « Debtocracy »</strong> a une durée de 75 min., (NB- au début il y a une courte pub contre la torture).</p>
<p><a href="http://www.cadtm.org/Debtocracy-le-documentaire-qui">http://www.cadtm.org/Debtocracy-le-documentaire-qui</a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>G20, symbole de la faillite d’un système</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/17/g20-symbole-de-la-faillite-d%e2%80%99un-systeme/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 17:41:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Eric Toussaint Le G20 n’est pas plus légitime que son géniteur le G7 (Etats-Unis, Canada, Allemagne, Royaume Uni, France, Italie, Japon), qui l’a lancé il y a 3 ans alors que commençait à sévir durement la crise économique la plus grave depuis les années 1930. Le G20 a été mis en échec du début [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par <strong>Eric Toussaint</strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le G20 n’est pas plus légitime que son géniteur le G7 (Etats-Unis, Canada, Allemagne, Royaume Uni, France, Italie, Japon), qui l’a lancé il y a 3 ans alors que commençait à sévir durement la crise économique la plus grave depuis les années 1930. Le G20 a été mis en échec du début à la fin de sa réunion des 3 et 4 novembre 2011 à Cannes. La crise de l’Union européenne et de la zone euro sont patentes et au cœur de toutes les préoccupations. La pirouette du premier ministre grec Georges Papandreou annonçant trois jours avant le début du sommet la convocation d’un référendum en Grèce a remis en cause le dernier échafaudage en date pour tenter d’éviter une faillite en chaîne des grandes banques privées européennes et son effet boomerang sur les institutions financières nord-américaines |1|.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/G201.jpg"><img class="size-full wp-image-5537 aligncenter" title="G20" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/G201.jpg" alt="" width="250" height="125" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L’agenda du G20, préparé minutieusement depuis des mois, a été complètement chamboulé. De manière pathétique, tous les chefs d’Etat et les dirigeants de grandes entreprises sont devenus subitement dépendants de la capacité du tandem Sarkozy-Merkel d’obtenir des autorités grecques l’abandon du référendum avant la fin du G20. Si la perspective du référendum avait été confirmée et s’il avait consisté à demander l’accord du peuple grec sur l’application des accords du sommet européen des 26 et 27 octobre 2011, une débâcle bancaire et financière s’en serait suivie. Pourquoi ? Parce que tout indiquait que le plan allait être rejeté : selon un sondage réalisé après le 27 octobre, seuls 12% des Grecs approuvaient l’accord. La perspective du rejet du plan aurait provoqué au cours du mois de novembre 2011 une dégringolade de la valeur des titres grecs, obligeant les plus grandes banques européennes à appliquer une décote de 80 à 90% sur leurs actifs grecs. Les actionnaires auraient amplifié les ventes d’actions de ces banques, provoquant un écroulement en Bourse. Des attaques spéculatives se seraient déclenchées contre les titres italiens et espagnols et la zone euro aurait été incapable de faire face car le Fonds européen de stabilité financière (FESF) n’est pas doté de moyens suffisants. Les banques créancières de l’Italie et de l’Espagne n’auraient pas résisté.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est évident que Georges Papandréou, sous le coup de nouvelles réactions populaires très dures au cours de la fête nationale du 28 octobre et face aux critiques dans son camp, cherchait maladroitement à gagner du temps et à s’assurer un vote de confiance au parlement. Son virage n’a pas été subitement motivé par la volonté de donner la parole au peuple, lui qui depuis 18 mois bafoue les règles les plus élémentaires de la démocratie et renie ses engagements électoraux. Le 1er novembre, sa promesse de référendum, une fois connue, a été très largement rejetée par la population grecque ainsi que par les partis et organisations sociales de gauche. Il n’en reste pas moins que pour des raisons tout à fait opposées, les dirigeants européens ont unanimement refusé toute consultation populaire concernant le nouveau plan d’austérité imposé à la Grèce en octobre.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise de l’Union européenne (UE) est patente et ce ne sont pas les dirigeants des institutions européennes qui ont joué les premiers rôles au G20. José Manuel Barroso et Herman van Rompuy, respectivement président de la Commission et du Conseil européens, ont joué le rôle de simples figurants tandis que les présidents des deux pays les plus forts de la zone euro ont mené du début à la fin toutes les tractations importantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si la reculade de Georges Papandréou et la perspective d’un gouvernement d’union nationale s’engageant à appliquer les mesures d’austérité refusées par la majorité du peuple grec sauvent provisoirement la mise au plan d’aide à Athènes (on devrait plutôt dire au plan de sauvetage de l’euro et des grandes banques privées), le mécontentement est tel en Grèce que rien n’est définitivement acquis.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Italie est d’ores et déjà le prochain maillon faible de la zone euro avec une dette souveraine six fois plus importante que celle de la Grèce. Le G20 constitue un échec terrible pour le gouvernement italien. Silvio Berlusconi a dû accepter que son pays soit soumis à un examen permanent de la part du FMI. A l’issue du sommet Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a déclaré à propos du chef du gouvernement italien : « <em>Nous le soumettrons au test de la réalité</em> », ajoutant à propos de l’Italie : « <em>Je vais y envoyer tous les trois mois une équipe composée sans doute de cinq ou six spécialistes</em> » |2|. Qu’un pays membre fondateur du G7 soit soumis à un traitement aussi humiliant montre l’ampleur de l’échec de la zone euro et de l’UE. N’oublions pas que Mario Draghi, le nouveau président de la BCE, était auparavant directeur de la Banque centrale italienne après avoir été ministre de Berlusconi et haut dirigeant de la banque Goldman Sachs. La BCE qui est en pleine crise n’a pas à sa tête le président solide dont elle aurait bien besoin pour faire face à la situation. L’annonce par Mario Draghi de la réduction de 25 points de base du taux directeur de la BCE constitue une nouvelle concession aux banquiers en mal de financements peu chers.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre échec pour l’UE et la zone euro, le FESF n’est toujours pas pourvu des nouvelles compétences et des moyens élargis prévus par le sommet européen du 21 juillet 2011. Les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont dit clairement qu’ils refusaient d’apporter des fonds au FESF.</p>
<p style="text-align: justify;">Le FMI ne s’en tire pas si bien que sa directrice voudrait le faire croire : les 500 milliards promis au Fonds par le sommet du G20 tenu à Londres en 2009 ne sont pas confirmés. C’est la conséquence du refus des pays du G7 d’accepter une exigence des BRIC, qui voulaient que leur aide au FMI, à l’UE et aux Etats-Unis aille de pair avec l’augmentation de leur poids dans les institutions internationales (FMI, Banque mondiale…). Ils voulaient une nouvelle répartition des droits de vote et des postes à responsabilité qui leur soient plus favorables. Les deux parties sont perdantes : le G7 ne réussit pas à convaincre les pays émergents à délier davantage les cordons de leur bourse et ceux-ci n’obtiennent pas un poids structurel conforme à leur importance économique et politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien qu’ils soient face à un approfondissement de la crise économique et à des perspectives très sombres pour 2012, les gouvernements des pays les plus industrialisés refusent de prendre des mesures élémentaires pour remettre de l’ordre dans le secteur financier privé et relancer l’économie : séparation entre banques de dépôt et banques d’affaires, interdiction d’un certain nombre d’activités spéculatives, taxe sur les transactions financières, plafonnement des revenus des administrateurs de sociétés et encadrement très strict des bonus, représailles contre les paradis fiscaux, augmentation des dépenses publiques pour relancer l’emploi, protection du pouvoir d’achat des salariés et des allocataires sociaux… De toutes ces mesures qui à un moment ou un autre de la crise ont été évoquées par des responsables politiques comme Nicolas Sarkozy, l’hôte de ce sommet du G20, aucune n’a été mise en pratique. Pourtant ces mesures constituent le strict minimum d’un programme du type de celui que F. Roosevelt avait adopté aux Etats-Unis pour affronter la grande dépression.</p>
<p style="text-align: justify;">Barack Obama et les tous les dirigeants européens ont opté pour un autre choix : un soutien structurel massif aux banques et autres institutions financières pour tenter d’éviter des faillites en chaîne combiné à un renforcement des politiques néolibérales (compression des dépenses publiques et du pouvoir d’achat des ménages de la majorité de la population, renforcement des politiques de précarisation du travail salarié, nouvelle vague de privatisations, augmentation des impôts indirects…). Les résultats de ce choix ne font aucun doute : une dégradation des conditions de vie d’une majorité de la population des pays concernés, une poursuite de l’augmentation des inégalités, la possibilité de nouvelles faillites bancaires car aucune limite sérieuse à leurs politiques spéculatives n’est adoptée, une croissance très faible ponctuée de récessions pendant une dizaine voire une quinzaine d’années, le maintien d’un endettement structurel des pouvoirs publics en conséquence d’une insuffisance de recettes fiscales, la poursuite de la crise de la zone euro…</p>
<p style="text-align: justify;">L’abîme qui sépare la <em>real politik</em> et le discours fait de rodomontades à l’égard des abus des marchés est patent quand on lit le passage suivant de la déclaration finale : « <em>Nous ne tolérerons pas un retour des comportements observés dans le secteur financier avant la crise, et nous contrôlerons étroitement la mise en œuvre de nos engagements concernant les banques, les marchés dérivés de gré à gré et les pratiques de rémunération</em> ». Par ailleurs, particulièrement meurtrière dans les pays du Sud, en particulier en Afrique, la crise alimentaire provoquée principalement par la spéculation sur les produits agricoles figurait aussi à l’agenda du G20 et son examen n’a donné lieu à aucune mesure. La déclaration se contente d’affirmer qu’il faut : « <em>atténuer les effets de la volatilité des prix</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">A l’issue du G20, les Indignés d’Europe et de Wall Street voient leur conviction renforcée. Ceux qui prétendent conduire la planète sont incapables de trouver de bonnes solutions et ont utilisé tout leur poids pour empêcher qu’un peuple puisse se prononcer sur les recettes néolibérales qu’ils imposent. La leçon ne sera pas oubliée. Décidément il est urgent d’opter pour une autre architecture internationale, enfin démocratique. Il convient aussi de faire des choix anticapitalistes : refuser la dictature des créanciers, exproprier les banques sans indemnités et sous contrôle citoyen, refuser de payer une dette illégitime, redistribuer radicalement la richesse.</p>
<p style="text-align: right;">Eric Toussaint</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p>|1| Voir <a href="http://www.cadtm.org/Eric-Toussaint-Les-banques-sont-le">Eric Toussaint « Les banques sont le maillon faible en Europe »</a></p>
<p>|2| Interview de Christine Lagarde publiée par <em>Le Monde</em>, 6-7 novembre 2011, p. 12.</p>
<p><strong>Source</strong> : CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) – Publié le 6 novembre 2011</p>
<p><a href="http://www.cadtm.org/G20-symbole-de-la-faillite-d-un">http://www.cadtm.org/G20-symbole-de-la-faillite-d-un</a></p>
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		</item>
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		<title>L’accord du sommet européen des 26-27 octobre 2011 est inacceptable</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/11/l%e2%80%99accord-du-sommet-europeen-des-26-27-octobre-2011-est-inacceptable/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 23:30:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[par Pascal Franchet, Yorgos Mitralias, Griselda Pinero, Eric Toussaint L’accord intervenu à l’aube du 27 octobre 2011 n’apporte pas de solution à la crise de la zone euro tant sur le plan de la crise bancaire que sur celui de la dette publique souveraine ou de l’euro. Les décisions qui sont intervenues reportent les échéances [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par Pascal Franchet, Yorgos Mitralias, Griselda Pinero, Eric Toussaint</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’accord intervenu à l’aube du 27 octobre 2011 n’apporte pas de solution à la crise de la zone euro tant sur le plan de la crise bancaire que sur celui de la dette publique souveraine ou de l’euro. Les décisions qui sont intervenues reportent les échéances sans résoudre les problèmes de manière satisfaisante. Le CADTM considère que cet accord est inacceptable.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong>Les chefs d’Etat et de gouvernement, les dirigeants de la Commission européenne, les patrons des banques privées et la directrice du FMI étaient réunis à Bruxelles afin de trouver une solution à la menace de faillites en chaîne qui pèse sur les grandes banques privées européennes, principalement françaises, espagnoles, grecques, italiennes, allemandes, portugaises, belges,… Celles-ci ont multiplié, avant et après 2007-2008, les comportements à risque afin de faire un maximum de profit à court terme pour satisfaire les appétits de leurs grands actionnaires et distribuer des bonus faramineux à leurs dirigeants et traders. Les prêts aux ménages et aux entreprises ne représentent qu’une part tout à fait marginale dans leur chiffre d’affaires : 2 à 5%. Le soutien massif qu’elles ont reçu de la part des Etats, de la BCE et de la Fed depuis 2007-2008 n’a pas servi à l’économie productive, il a été dévié vers des activités hautement spéculatives, notamment sur les titres des dettes publiques souveraines. Les banques privées se financent à court terme tout en prenant des engagements à moyen ou long terme : obligations d’Etat ou d’entreprises, marchés à terme de matières premières et de produits agricoles, swaps sur des devises et quantités de produits dérivés qui échappent à tout contrôle des pouvoirs publics. La faillite de la banque franco-belge Dexia du début du mois d’octobre 2011 est le résultat de cette politique. L’effet domino qui menace de se produire en Europe et outre atlantique a pesé fortement sur la réunion de la nuit du 26 au 27 octobre 2011.</p>
<p style="text-align: justify;">La décision d’appliquer une décote d’un peu plus de 50% sur les titres grecs détenus par les banques alors que le sommet européen du 21 juillet n’avait prévu qu’une réduction de 21% était devenue inévitable depuis le mois d’août 2011 tant s’effondraient les prix sur le marché d’occasion des dettes. En effet, les titres grecs subissaient une décote de 65 à 80% sur le marché secondaire. Alors que les chefs d’Etat annoncent qu’ils ont imposé un sacrifice important aux banques, une fois de plus les banquiers s’en sortent très bien. C’est pour cela que provisoirement on assiste à un rebond des marchés financiers et à une remontée du cours de leurs actions en bourse.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Detteinaceptable.jpeg"><img class="size-full wp-image-5512 aligncenter" title="Detteinaceptable" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Detteinaceptable.jpeg" alt="" width="256" height="197" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour la Grèce, la décision du 27 octobre ne constitue en rien une solution favorable au peuple qui subit de plein fouet les effets de la crise aggravée par les politiques d’austérité qu’on lui inflige. L’opération actuelle est entièrement conduite par les créanciers et répond à leurs intérêts. Le plan actuel de réduction de dette est une version européenne du plan Brady qui a eu des effets néfastes dans les pays en développement au cours des années 1980-1990. Le Plan Brady (du nom du secrétaire d’Etat au Trésor états-unien de l’époque) a impliqué une restructuration de la dette des principaux pays endettés avec échange de titres. Les pays participants étaient l’Argentine, le Brésil, la Bulgarie, le Costa Rica, la Côte d’Ivoire, la République dominicaine, l’Equateur, la Jordanie, le Mexique, le Nigeria, le Panama, le Pérou, les Philippines, la Pologne, la Russie, l’Uruguay, le Venezuela et le Vietnam. A l’époque, Nicholas Brady avait annoncé que le volume de la dette serait réduit de 30% (en réalité, la réduction quand elle a existé a été beaucoup plus faible ; dans plusieurs cas, et non des moindres, la dette a même augmenté) et les nouveaux titres (les titres Brady) ont garanti un taux d’intérêt fixe d’environ 6%, ce qui était très favorable aux banquiers. Cela assurait aussi la poursuite des politiques d’austérité sous le contrôle du FMI et de la Banque mondiale. Aujourd’hui, sous d’autres latitudes, la même logique provoque les mêmes désastres. La troïka (BCE, CE, FMI) impose une austérité sans fin aux peuples grec, portugais, irlandais. Si la réaction ne vient pas à temps, d’autres suivront : Italie, Espagne, Belgique, France&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce plan ne permettra pas à la Grèce de s’en sortir valablement pour deux raisons fondamentales :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1.</strong> la réduction de dette est totalement insuffisante ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2.</strong> les politiques économiques et sociales appliquées par la Grèce pour répondre aux exigences de la troïka fragiliseront encore un peu plus ce pays. Cela permet de caractériser d’odieux, les nouveaux financements qui seront accordés à la Grèce dans le cadre de ce plan ainsi que les anciennes dettes ainsi restructurées.</p>
<p style="text-align: justify;">La Grèce est acculée à faire un choix entre deux options :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> •</strong> se résigner et se soumettre à la troïka en passant à nouveau sous ses fourches caudines ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> •</strong> refuser les diktats des marchés et de la troïka en suspendant le paiement et en lançant un audit afin de répudier la part illégitime de la dette.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres pays sont déjà ou seront bientôt confrontés au même choix : Portugal, Irlande, Italie, Espagne,… la liste est loin d’être exhaustive. De toute manière, partout dans l’UE, à des degrés divers, les mêmes politiques sont appliquées, partout il faut refuser les plans d’austérité et lancer des audits citoyens de la dette publique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’expérience de 2007-2008 n’a absolument pas amené les gouvernements à imposer des règles prudentielles strictes. Au contraire, il s’agit de prendre des mesures pour empêcher les institutions financières, banques, assurances, fonds de pension et autres hedge funds de continuer à nuire. Il est nécessaire de traduire en justice les autorités publiques et les patrons d’entreprises responsables directs ou complices actifs des débâcles boursières et bancaires. Dans l’intérêt de l’écrasante majorité de la population, il est urgent d’exproprier les banques et de les mettre au service du bien commun en les nationalisant et en les plaçant sous le contrôle des travailleurs et des citoyens. Non seulement il faut se refuser à une quelconque indemnisation des grands actionnaires, mais il convient en outre de récupérer sur leur patrimoine global le coût de l’assainissement du système financier. Il s’agit également de répudier les créances illégitimes que les banques privées réclament aux pouvoirs publics. Il faut bien sûr adopter une série de mesures complémentaires : contrôle des mouvements de capitaux, interdiction de la spéculation, interdiction des transactions avec les paradis fiscaux et judiciaires, mise en place d’une fiscalité qui a pour objectif l’établissement de la justice sociale… Dans le cas de l’Union européenne, il convient d’abroger différents traités dont ceux de Maastricht et de Lisbonne. Il faut aussi modifier radicalement les statuts de la Banque centrale européenne. Alors que la crise n’a pas encore atteint son apogée, il est grand temps de prendre un tournant radical. Le CADTM soutient, avec d’autres organisations, les intitiatives prises dans différents pays pour un audit citoyen de la dette. Le mouvement des Indignés et « Occupy Wall Street » ont déclenché une dynamique très créative et émancipatrice. Il faut la renforcer.</p>
<p><strong>Source</strong> : Publié le 28 oct. 2011</p>
<p><a href="http://www.cadtm.org/L-accord-du-sommet-europeen-des-26">http://www.cadtm.org/L-accord-du-sommet-europeen-des-26</a></p>
<p>Dernier livre CADTM paru : Damien Millet – Eric Toussaint (coord.), <a href="http://www.cadtm.org/La-Dette-ou-la-Vie"><em>La dette ou la vie</em></a>, ADEN, Bruxelles, 2011.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LivreDetteVie.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5511" title="LivreDetteVie" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LivreDetteVie.jpg" alt="" width="80" height="115" /></a><br />
</strong></p>
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		<title>E.Khaldi et M. Fitoussi : La République contre son école</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 20:13:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Les auteurs présentent ci-après leur nouveau livre dont la sortie est prévue le 17 novembre 2011. Certains, après la sortie de « Main basse sur l’école publique », n’ont pas voulu croire, au moins dans un premier temps, dans la radicalité des postulats et parti-pris idéologiques qui avaient présidé, comme nous le dénoncions alors, aux mesures initiées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Les auteurs présentent ci-après leur nouveau livre dont la sortie est prévue le 17 novembre 2011. </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Khaldi-Fitoussi.jpg"><img class="size-medium wp-image-5498 aligncenter" title="Khaldi-Fitoussi" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Khaldi-Fitoussi-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Certains, après la sortie de <a href="http://www.main-basse-sur-ecole-publique.com/">« Main basse sur l’école publique », </a>n’ont pas voulu croire, au moins dans un premier temps, dans la radicalité des postulats et parti-pris idéologiques qui avaient présidé, comme nous le dénoncions alors, aux mesures initiées par Xavier Darcos. Puis la « fusée des réformes » a décollé, et les yeux de nombreux citoyens, au-delà même de la communauté éducative, ont été décillés. Les atteintes graves au service public d’éducation se sont succédées à un rythme infernal, de la suppression annoncée de la carte scolaire à une survie  problématique des IUFM et des maternelles, de la confirmation, pour les communes, d’une obligation de chèque-éducation au bénéfice des établissements privés, au plan banlieue encourageant la création de nouvelles écoles privées catholiques, en passant, bien sûr, par des suppressions de postes d’enseignants (dont les RASED) planifiées sur au moins deux années, par dizaine de milliers, entraînant, ici, des suppressions de classes et même d’écoles, là, l’explosion des effectifs par classes, pour le public.</p>
<p style="text-align: justify;">Une vigilance démocratique s’est fait jour au fil de l’automne 2008, authentique réveil citoyen, soucieux de voir survivre l’idéal républicain d’une école publique, gratuite et laïque. Des parents d’élèves s’inquiètent ainsi de ce qui apparaît a minima, comme un désinvestissement des pouvoirs publics, de sa mission éducative, pourtant inscrite dans la Constitution. Certains s’interrogent avec acuité : <em>«Aujourd’hui,  nous pouvons légitimement nous poser la question : l’Etat a-t-il toujours les mêmes ambitions en ce qui concerne l’instruction de ses citoyens et l’intérêt commun de la société portés par un  service public d’éducation de qualité  soutenu par une volonté politique forte?»</em></p>
<p style="text-align: justify;">Réveil significatif d’une prise de conscience nouvelle et qui se généralise, du fait que les coups portés à l’institution-Ecole font partie d’un plan d’ensemble dont la perspective et les fins non seulement, ne sont pas portées au débat public, mais sont tout bonnement occultées. Prise de conscience d’autant plus inquiète, que, comme nous l’avons déjà pointé du doigt, plus personne aujourd’hui, ne pose plus sur la table, une question public-privé prétendument dépassée.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’heure d’une rigueur inégalée, qui pour reprendre l’expression d’observateurs,  s’est aujourd’hui « attaqué à l’os » du service public d’éducation, <strong>jamais dans le même temps, l’Etat n’avait autant organisé la concurrence de son propre service public.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, dans le même temps,  la multiplication des offrandes qui tombent ces dernières années du ciel gouvernemental dans l’escarcelle de l’enseignement catholique, loin de figurer quelque miracle, quelque effet d’aubaine aux avantages inespérés, sont les manifestations d’une complicité structurelle, assortie d’avantages calculés.</p>
<p style="text-align: justify;">Loin de nous l’idée d’emprunter le tortueux chemin des théories du complot et autres conspirations occultes. En revanche, notre thèse, qu’un grand nombre de faits et de constats confirment, affirme clairement que la politique actuellement menée rue de Grenelle, relève d’un vrai projet politique assumé, non dévoilé comme tel, pour la simple et bonne raison que l’opinion ne l’accepterait pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette attaque en règle se déploie en effet dans une stratégie plus élaborée, portée par une volonté politique, aujourd’hui assumée par l’Etat, de faire de <strong>la liberté de l’enseignement catholique, en concurrence frontale avec l’éducation dite nationale,</strong> <strong>le cheval de bataille exclusif du gouvernement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em> « Je vous propose enfin que nous <strong>n’ayons plus peur d’afficher notre attachement à la liberté de l’enseignement</strong></em><em> et que nous permettions à tous les parents qui le souhaitent, dans le respect des équilibres chèrement acquis, d’inscrire leurs enfants dans un établissement privé sous contrat »…</em> Telle était la teneur de l’un des discours de campagne prononcé à Angers, le 1er décembre 2006 par le futur président de la République Nicolas Sarkozy. Démarche inhabituelle, d’un Etat qui anticipe et promeut le « libre choix des familles » pour financer, avec un surcoût certain non embarrassé de rigueur budgétaire, la concurrence du service public qu’il a l’obligation de maintenir. La suppression de la carte scolaire couplée avec l’affrontement du privé, fait ainsi du « choix des parents », la première variable d’ajustement d’une régulation par le marché.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le surdimensionnement et le financement du privé par la puissance publique, incitent aujourd’hui, les libéraux et les cléricaux à s’allier pour faire dériver l’<strong>Institution</strong> éducation vers une logique de <strong>service,</strong> qui met en concurrence public et privé, afin de mieux installer la formation dans une logique consumériste.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces instrumentalisations du « libre choix », à en croire l’Evêque d’Angoulême Monseigneur Dagens qui s’exprimait avant l’élection présidentielle de 2007,<em> </em>marquent <em>« un moment décisif pour l’enseignement catholique »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette note de 2006, il mettait en garde contre « les logiques extérieures » : « L’enseignement catholique en France, en ce début du XXIè siècle, se trouve, sinon à un tournant, du moins à un moment décisif.  Il est appelé à manifester, de l’intérieur de lui-même, son caractère spécifique, et dans la société et dans l’Eglise. Sous peine de perdre son caractère spécifique, et de se laisser détourner, pour ne pas dire « dénaturer », soit par des logiques extérieures à lui-même, des logiques d’utilité sociale ou d’influence sociale, soit par des logiques plus ou moins cachées de privatisation. »</p>
<p style="text-align: justify;">Avant même l’épisode du Latran, première entorse à la laïcité [1] du nouveau Président de la République Nicolas Sarkozy, ce dernier recevait, en sa première rentrée scolaire, le vendredi 7 septembre 2007, le secrétaire général de l’enseignement catholique Eric Mirieu de Labarre, qui ne semblait pas craindre quant à lui, de se « laisser détourner ». Loin s’en faut…« <em>En ressortant de</em> <em>l’Elysée</em>, relate Mirieu De Labarre, on s’est dit : « <em>Cette fois, ça y est ! Il va nous aider </em>». Simplement, on ne savait pas encore quelle forme ça prendrait » …«Nous sommes décomplexés» [2]. Le président de la République, ainsi que le rapporte le communiqué de l’enseignement catholique, diffusé quatre jours plus tard, <em>« a indiqué qu’il soutiendrait tout particulièrement les projets d’ouvertures de structures éducatives et pédagogiques dont l’objectif est d’améliorer l’égalité des chances. Puis, il a manifesté sa confiance au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, pour travailler avec l’enseignement catholique dans ce sens. » </em>[3]</p>
<p style="text-align: justify;">Les actes politiques sont allés depuis, bien au-delà de ces promesses affichées, savamment dissimulés aux yeux de l’opinion derrière le paravent d’une nécessaire « parité ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi le démantèlement de l’école publique est-il bien en route, conformément à la doxa libérale affichée. Mais le grand œuvre des gouvernements successifs de Nicolas Sarkozy, réside bien au-delà dans une grande idée, annoncée par le Medef en la personne de Denis Kessler : casser la République sociale née du Conseil National de la Résistance. La finalité dernière de ces manœuvres, n’est rien moins que de casser l’école issue du Conseil National de la Résistance. <strong>Cette école, qui est un maillon essentiel de reproduction et de transmission des valeurs, de cette République sociale. A travers l’école, n’est-ce pas cette République laïque et sociale que l’on ne veut plus voir perdurer ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">[1] Claude Lelièvre et Christian Nique, <em>L’école des présidents. </em>Odile Jacob, 1995, page 47 : « Ni l’Église en tant que telle ni aucune association nationale, avait précisé M. Debré lors de la phase de préparation, ne peut être le partenaire du ministère de l’Éducation ; la coopération se fera donc à l’intérieur d’un service public pluraliste grâce à des contrats passés avec les établissements. ».</p>
<p>[2] Médiapart le 21 mars 2008 Le gouvernement va aider l’école privée en banlieue Par Mathilde Mathieu.</p>
<p>[3] Secrétariat général de l’enseignement catholique, communiqué du 11 septembre 2007.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Pour tout contact</strong> : <span style="text-decoration: underline;"><a href="file://localhost/src/compose.php">la_republique_contre_son_ecole@numericable.fr</a></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p><strong>A PARAÎTRE</strong> :</p>
<p><strong><em>La République</em></strong><strong><em> contre son école,</em></strong><strong> Eddy KHALDI, Muriel FITOUSSI, </strong><strong>Ed. Demopolis, </strong></p>
<p><strong>17 novembre 2011.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>: <a href="http://www.la-republique-contre-son-ecole.fr/">http://www.la-republique-contre-son-ecole.fr/</a></p>
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		<title>Lettre ouverte aux peuples d’Europe par Mikis Theodorakis</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 22:49:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[28 octobre 2011&#8230; Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>28 octobre 2011&#8230; Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/M.Theodorakis.jpeg"><img class="size-full wp-image-5442 aligncenter" title="M.Theodorakis" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/M.Theodorakis.jpeg" alt="" width="176" height="227" /></a><br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Theodorakis a averti que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant<em>« partenaires européens »</em>, c’en sera <em>« fini de nous en tant que peuple et que nation ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une « fourmi » face à ces « partenaires », alors que le peuple le voit comme « brutal et offensif ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si cette politique continue, <strong>« nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Théodorakis a également adressé une lettre ouverte  aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux… grecs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extraits </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne.</strong> La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. <strong>Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme.</strong></p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/liliane-guillerm">Liliane Guillerm</a></p>
<p style="text-align: right;">30 Octobre 2011</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source : </strong><a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/liliane-guillerm/301011/lettre-ouverte-aux-peuples-d-europe-par-mikis-theodorakis">http://blogs.mediapart.fr/blog/liliane-guillerm/301011/lettre-ouverte-aux-peuples-d-europe-par-mikis-theodorakis</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RésisterGrèce.jpg"><img class="size-full wp-image-5441 aligncenter" title="RésisterGrèce" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RésisterGrèce.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
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		<title>Des inégalités méconnues par Denis Clerc</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/09/15/des-inegalites-meconnues-par-denis-clerc/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 11:01:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux faits qui me navrent parce qu’ils illustrent les dérives inégalitaires de notre société, mais aussi parce qu’ils révèlent les lacunes (pour ne pas dire les biais) de l’information économique et sociale. 1.      Le plan de rigueur La presse en a beaucoup parlé : les riches paieront. Sur les 12 milliards d’euros du plan de rigueur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images15.jpeg"><img class="size-full wp-image-5165 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images15.jpeg" alt="" width="246" height="205" /></a></em></strong></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Deux faits qui me navrent parce qu’ils illustrent les dérives inégalitaires de notre société, mais aussi parce qu’ils révèlent les lacunes (pour ne pas dire les biais) de l’information économique et sociale.</em></strong></p>
<p><strong>1.      Le plan de rigue</strong>ur</p>
<p style="text-align: justify;">La presse en a beaucoup parlé : les riches paieront. Sur les 12 milliards d’euros du plan de rigueur présenté le 25 août, les ménages dont le « revenu fiscal de référence » est supérieur à 500 000 euros par part seront taxés de 3 % sur le surplus. Voici donc M. et Mme X, qui exercent une profession libérale. Lui est avocat, elle est juriste. Leur revenu est d’un million d’euros. Ils ont deux parts, et ne sont donc pas concernés par la mesure. Ouf, a soupiré Mme X. « Encore heureux », a poursuivi M. X, « comme si on ne payait pas déjà trop d’impôts ! ».</p>
<p style="text-align: justify;">La presse n’en a pas parlé : les pauvres (et les autres) paieront. M. et Mme Y perçoivent au total un salaire net de 20 000 €. Après déduction de l’abattement de 10 %, le revenu fiscal de référence du ménage est de 18 000 €. Ils ont deux parts, et ne sont pas imposables. Mais ils verront leur salaire net réduit de 20 euros.  Parce que, dans le plan de rigueur, il a été décidé que la part du salaire (brut) sur laquelle sont calculées la CSG et la CRDS serait désormais de 98 %, alors qu’elle est actuellement de 97 %. C’est ce point supplémentaire qui se traduira par un prélèvement supplémentaire annuel de 19 € pour M. et Mme Y. Ca ne se remarquera même pas, ont du se dire les spécialistes de Bercy. Sauf que cette mesure, touchant tous les revenus salariaux sur lesquels sont prélevés CSG et CRDS, sera payée par l’ensemble des 23 millions de salariés, dès le premier euro perçu. C’est le vieux principe des petits ruisseaux qui font les grosses rivières : 550 millions prévus à ce titre, dont personne n’a parlé, contre 200 millions prévus au titre de la mesure de taxation supplémentaire (provisoire) sur les très hauts revenus.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2.      Les inégalités salariales</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On nous le dit tous les jours : la France est un pays où, grâce notamment au Smic, les inégalités salariales sont bornées. Entre le dixième le moins bien payé des salariés (ce que l’on appelle habituellement D1, ou premier décile) et le dixième le mieux payé  (D9), l’écart est de moins de 3 dans le secteur privé et semi-public : en 2008, dernière année connue, 13 610 euros de salaire annuel net dans le premier cas (secteur privé et semi-public), 40 010 dans le deuxième. Et cet écart s’est réduit depuis dix ans : le rapport D9/D1 était de 3,1 en 1998, contre 2,9 en 2008. N’est-ce pas une superbe illustration du « modèle social français » dont nos dirigeants sont fiers ?</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf que cette statistique passe doublement à côté de l’essentiel. D’abord D9/D1 ne mesure pas l’écart entre les extrêmes, ou entre le salaire moyen perçu par le 1,6 millions de salariés faisant partie de D1 et le salaire moyen perçu par le dernier dixième. D1 est en réalité la limite du premier décile : en 2008, donc, 1,6 million de salariés ont perçu moins de 13 610 euros. Même chose pour D9, qui indique que les salariés du dernier décile ont tous perçu plus de 40 010 euros. Or, on sait que ce dernier dixième a sensiblement progressé, tiré notamment par la progression des salaires du dernier centième des salariés : ces 160 000 privilégiés percevaient 5,5 % de la masse salariale totale en 1998 ; dix ans après, ils en perçoivent 6,9 %. Ce qui signifie que, en dix ans, leur rémunération a progressé globalement de 7 milliards d’euros 2008 de plus que cela n’aurait été le cas si elle avait augmenté au même rythme que la moyenne.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce n’est pas le seul biais. Car tous ces chiffres concernent exclusivement les salariés à temps plein occupés tout au long de l’année. Or environ 2,5 millions de salariés du secteur privé et semi-public travaillent à temps partiel, et environ 3 millions ne travaillent qu’une partie de l’année, faute d’emploi permanent (ou parce qu’ils ont commencé à travailler en cours d’année). Ce qui compte pour eux, c’est leur revenu salarial, celui qu’ils ont réellement perçu compte tenu du temps qu’ils ont passé en emploi. Ce qui change tout : l’écart D9/D1 de revenu salarial monte alors à 16 (33 400 contre 2 100). Et si l’on s’intéresse au rapport entre le revenu salarial moyen perçu par le dernier décile et celui perçu par le premier décile, le rapport explose à … 61. L’on n’ose imaginer ce que serait le rapport entre le revenu salarial moyen du dernier centile et le revenu salarial moyen du premier centile : sans doute de l’ordre de 1000. L’Observatoire des inégalités (<a href="http://www.inegalites.fr/">http://www.inegalites.fr/</a>) ne cesse de traquer ces inégalités de fait que les données officielles sous-estiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont ces inégalités effectives de revenus d’activité qui minent notre société, et qui la font de plus en plus dériver vers une société à l’anglo-saxonne. Il est clair que l’inversion de cette tendance ne dépend guère du niveau du Smic, mais, essentiellement des durées d’emploi et d’horaires hebdomadaires. C’est là que se nichent aujourd’hui précarité et pauvreté. Travailler plus pour gagner plus aurait été un bon slogan progressiste s’il n’avait été détourné au profit des mieux lotis, par la détaxation des heures supplémentaires et, surtout, par la dérive des hauts et très hauts revenus d’activité que leurs détenteurs justifient par la masse de travail et de responsabilité qui pèse sur leurs épaules.</p>
<p style="text-align: right;">Denis Clerc</p>
<p><strong>Source </strong>: <a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/clerc/2011/08/31/des-inegalites-meconnues">http://alternatives-economiques.fr/blogs/clerc/2011/08/31/des-inegalites-meconnues</a></p>
<p><a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/clerc/2011/08/31/des-inegalites-meconnues"></a><strong>A lire </strong>: « <em>La paupérisation des Français »,</em> par Denis Clerc</p>
<p>Coll. 25 questions décisives sur, éd. Armand Colin, 2010, 160 p., 12,90 euros.</p>
<p><a href="http://www.alternatives-economiques.fr/la-pauperisation-des-francais_fr_art_913_48466.html">http://www.alternatives-economiques.fr/la-pauperisation-des-francais_fr_art_913_48466.html</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Lib.Ineg_.Frater.jpeg"><img class="size-full wp-image-5166 aligncenter" title="Lib.Ineg.Frater" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Lib.Ineg_.Frater.jpeg" alt="" width="277" height="182" /></a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Convergence citoyenne pour une transition énergétique</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/09/01/convergence-citoyenne-pour-une-transition-energetique/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2011/09/01/convergence-citoyenne-pour-une-transition-energetique/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Sep 2011 21:41:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que se généralise la lutte contre l’extraction et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, la Coordination nationale des collectifs contre le gaz de schiste, en partenariat avec des réseaux militants nationaux et internationaux, a organisé du 25 au 28 août dans les Cévennes des états généraux citoyens pour un autre avenir énergétique. A l’issue du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Alors que se généralise la lutte contre l’extraction et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, la Coordination nationale des collectifs contre le gaz de schiste, en partenariat avec des réseaux militants nationaux et internationaux, a organisé du 25 au 28 août dans les Cévennes des états généraux citoyens pour un autre avenir énergétique.</em></strong><strong> </strong></p>
<p>A l’issue du rassemblement, la déclaration suivante a été publiée :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ConvergenceTransition.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-5108" title="ConvergenceTransition" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ConvergenceTransition.png" alt="" width="150" height="149" /></a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Déclaration de Lézan – Gard, le 28 août 2011</strong></p>
<p><strong>Préambule</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Notre Convergence citoyenne pour une transition énergétique est le fruit d&#8217;une prise de conscience née de la mobilisation contre l&#8217;extraction des gaz et huiles de schiste. Nous avons élaboré cette déclaration les 26, 27 et 28 août, et validée en assemblée plénière le 28 août.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour assurer l’avenir des générations futures, la Convergence, affirme comme nécessité :</p>
<p style="text-align: justify;">la reprise en main par les citoyens des décisions qui les concernent ;</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>le refus de la marchandisation de la nature et de ses ressources, notamment en dénonçant les pièges du capitalisme vert ;</li>
<li>la définition de la terre, de l&#8217;eau, de l’air, de l&#8217;énergie, et du vivant comme biens communs inaliénables et accessibles à tous.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Remettant en cause le système économique et productiviste dominant, la Convergence se donne une feuille de route.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1 : Instaurer le contrôle citoyen des instances politiques soumises à la logique des multinationales revient à instaurer :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Une démocratie directe grâce des espaces citoyens d&#8217;échanges, d&#8217;information, de confrontation et de décisions <em>;</em></li>
<li>Une assemblée citoyenne d’expertise plurielle et transparente qui exclue tout conflit d’intérêt ;</li>
<li>La séparation entre les pouvoirs financiers et les médias ;</li>
<li>Un travail de convergence sur les questions de société avec le mouvement social et ses organisations.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>2 : S&#8217;engager sans délai pour la transition énergétique suppose de :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre à la hauteur des exigences exprimées par l&#8217;accord des peuples de Cochabamba, accord adopté par la Convergence de Lézan et joint en annexe de la présente déclaration ;</li>
<li>Se libérer d’une surconsommation qui coûte plus aux pauvres qu’aux riches ;</li>
<li>S’orienter vers une sobriété et une efficacité énergétique ;</li>
<li>Arrêter la course aux énergies fossiles ;</li>
<li>Abandonner toute expérimentation, exploration et exploitation d&#8217;hydrocarbures compris dans la roche mère et off-shore ;</li>
<li>Arrêter le nucléaire civil et militaire ;</li>
<li>Arrêter la production et l’utilisation industrielles des agro-carburants ;</li>
<li>Mettre la priorité sur le financement public de la recherche et des expérimentations citoyennes sur les énergies renouvelables ;</li>
<li>Libérer les brevets captés par les multinationales ;</li>
<li>Organiser la relocalisation avec la réappropriation publique et territoriale des moyens de production et de distribution de l&#8217;énergie (régies communales, coopératives, sociétés d&#8217;intérêt collectif, etc.) incluant systématiquement le contrôle citoyen ;</li>
<li>Réorienter les politiques publiques des secteurs énergivores tels que l’agriculture intensive, les transports, le logement et l’urbanisme, l’industrie et la grande distribution ;</li>
<li>Exiger la reconversion des filières concernées en accord avec les travailleurs et les usagers.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>3 / Organiser dès à présent la convergence des luttes nous engage </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>à :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Articuler les mobilisations contre les gaz et huile de schiste, le nucléaire, les OGM, les incinérateurs, les agro-carburants et toutes les luttes sociales et environnementales ;</li>
<li>Faire converger les luttes, les mobilisations, les alternatives et les expérimentations en associant le combat écologique aux luttes sociales ;</li>
<li>Œuvrer pour l&#8217;émergence d&#8217;un nouveau projet de civilisation indispensable face aux enjeux climatiques, à l&#8217;épuisement des ressources naturelles et plus généralement au chaos dans lequel nous mène le capitalisme ;</li>
<li>Poursuivre régulièrement la Convergence citoyenne initiée à Lézan, en se connectant avec les mobilisations du local au mondial ;</li>
<li>Inscrire nos mobilisations dans un calendrier international contre le G20, du 1er au 4 novembre 2011, lors du sommet sur le climat de l’ONU à Durban début décembre 2011, lors du Forum Alternatif Mondial de l’Eau du 10 au 18 mars 2012, lors du Sommet Rio + 20 début juin 2012.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">La Convergence citoyenne pour une transition énergétique s&#8217;associe à la pétition portée par « Los Indignados » auprès de la Commission européenne pour la sortie du nucléaire, contre l&#8217;exploration et l&#8217;exploitation des hydrocarbures compris dans la roche mère, contre la culture et la commercialisation des OGM<strong><em> </em></strong>et pour un audit des dettes des Etats européens.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Globalisons la lutte, globalisons l’espérance !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire l’Accord des peules de Cochabamba</strong> : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cochabamba.pdf">Cochabamba</a></p>
<p style="text-align: justify;">Cette déclaration est partagée par les partenaires de la « Convergence citoyenne pour une transition énergétique » et ceux qui veulent s’y joindre pour la soutenir.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Parmi les organisations représentées </strong>(liste non exhaustive) :<strong> </strong></p>
<p>- Comité de pilotage de la Convergence Citoyenne pour une Transition Énergétique</p>
<p>- Coordination Nationale de Collectifs contre le Gaz de Schiste</p>
<p>- Faucheurs volontaires</p>
<p>- Los Indignados</p>
<p>- ATTAC France</p>
<p>- Amis de la Terre</p>
<p>- Greenpeace</p>
<p>- Sortir du Nucléaire</p>
<p>- Cornouailles Stop nucléaire</p>
<p>- Netoyens</p>
<p>- Réseau Cohérence</p>
<p>- Via Campesina</p>
<p>- Collectifs du Québec, de Basse Saxe, de Pologne, des Pays Bas &#8230;<strong> </strong></p>
<p><strong>Contact</strong> : <a href="mailto:organisation@convergenceenergetique.org">organisation@convergenceenergetique.org</a><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source : <a href="http://www.convergenceenergetique.org/">http://www.convergenceenergetique.org/</a></strong></p>
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		<title>Une Europe qui fait cadeau de 200 milliards à ses riches</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/08/17/une-europe-qui-fait-cadeau-de-200-milliards-a-ses-riches/</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Aug 2011 21:17:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[La restructuration de la dette grecque est une imposture ! Par Harald Hau* A l&#8217;annonce de la conclusion d&#8217;un accord sur le nouveau plan d&#8217;aide à la Grèce, la chancelière Angela Merkel a insisté sur la participation du secteur privé à l&#8217;opération. Tandis que les contribuables européens seront engagés à hauteur de 109 milliards d&#8217;euros [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La restructuration de la dette grecque est une imposture !</strong></p>
<p>Par Harald Hau*</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Billetseuros.jpeg"><img class="size-full wp-image-4958 aligncenter" title="Billetseuros" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Billetseuros.jpeg" alt="" width="277" height="182" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;annonce de la conclusion d&#8217;un accord sur le nouveau plan d&#8217;aide à la Grèce, la chancelière Angela Merkel a insisté sur la participation du secteur privé à l&#8217;opération. Tandis que les contribuables européens seront engagés à hauteur de 109 milliards d&#8217;euros supplémentaires, les créanciers privés devraient participer à la restructuration de la dette à hauteur de 37 milliards d&#8217;euros en acceptant une décote de 21 % sur les emprunts grecs.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;accord obtenu à Bruxelles pourrait difficilement être plus défavorable pour le contribuable, la décote sur les créances grecques s&#8217;élevant déjà à près de 50 % ! Outre la possibilité d&#8217;échanger leurs anciens titres contre des nouveaux, les investisseurs privés, eux, profitent également des nouvelles garanties du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Etant donné que l&#8217;Etat grec reste endetté à hauteur de plus de 130 % de son produit intérieur brut (PIB), une nouvelle réduction nettement plus draconienne est inéluctable à moyen terme &#8211; laquelle sera intégralement répercutée sur l&#8217;impôt.</p>
<p style="text-align: justify;">Les créanciers privés ne l&#8217;ignorent pas non plus et prendront part à la restructuration &#8221; sur la base du volontariat &#8220;. La participation du secteur privé s&#8217;avère donc être une duperie, et ledit plan de sauvetage est avant tout un cadeau royal aux banquiers et autres détenteurs de dette grecque.</p>
<p style="text-align: justify;">Les commentaires de Nicolas Sarkozy, qui a vu dans l&#8217;accord décroché à Bruxelles le premier pas vers un gouvernement économique européen, étonnent si l&#8217;on considère un volet politique de l&#8217;accord particulièrement déshonorant : les aides publiques en faveur de la Grèce &#8211; dont le montant total pourrait s&#8217;élever à 200 milliards d&#8217;euros &#8211; tomberont pour l&#8217;essentiel dans l&#8217;escarcelle des 5 % de familles les plus fortunées du pays (on sait qu&#8217;aux Etats-Unis comme partout dans le monde, les 5 % de familles les plus argentées possèdent quelque 70 % des capitaux financiers). La socialisation de la dette grecque équivaut donc à un généreux transfert au profit des nantis.</p>
<p style="text-align: justify;">En principe, les gouvernements sont en position de force pour négocier avec les investisseurs privés. Contrairement à une entreprise, un Etat ne peut pas être mis en liquidation. En cas d&#8217;insolvabilité de ce dernier, le créancier privé se retrouve donc généralement en position d&#8217;infériorité. Dès lors on se demande pourquoi ce sont les créanciers privés qui sont épargnés dans le processus de restructuration de la dette grecque ?</p>
<p style="text-align: justify;">Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), est allé jusqu&#8217;à déclarer qu&#8217;une participation financière du secteur privé se révélerait au bout du compte plus coûteuse pour le contribuable. Certes, l&#8217;insuffisance de capitaux propres des banques européennes induit un risque en cas de remise drastique de la dette grecque. Mais ce problème peut être réglé de manière bien plus directe et salutaire par le biais d&#8217;une recapitalisation (forcée) des banques. La dernière crise financière a prouvé que les gouvernements étaient capables d&#8217;empêcher les crises du secteur bancaire en prenant des mesures énergiques. En contrepartie de son aide financière, l&#8217;Etat peut obtenir des banques de nouveaux titres grâce auxquels le contribuable pourrait même être gagnant sur le long terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi cette solution, pourtant nettement plus pérenne, n&#8217;a-t-elle pas été évoquée une seule fois ? La raison est politique : une telle option serait contraire aux intérêts supérieurs des grandes banques, même si la crise actuelle résulte de la négligence de ces dernières en matière de politique de crédit. Les responsables politiques souffrent d&#8217;un double handicap dans leurs négociations avec le secteur privé : pour commencer, en raison de compétences insuffisantes et d&#8217;informations lacunaires, les ministères des finances ont beaucoup de mal à mettre au point des plans de sauvetage, et la volonté politique s&#8217;enlise face à la culture du secret d&#8217;un secteur bancaire peu enclin à coopérer.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, il ne faut pas non plus sous-estimer le lobbying des banques, qui dissuade un grand nombre de responsables politiques de prendre des risques qui soient favorables au contribuable. Alors même que la gestion &#8211; pour partie désastreuse &#8211; des risques pendant la crise financière devrait discréditer de nombreux banquiers dans leur rôle de conseillers, leur influence politique demeure intacte.</p>
<p style="text-align: justify;">Demandez à des grenouilles quelle est à leurs yeux la meilleure méthode pour assécher leur mare, elles vous répondront qu&#8217;il faut rajouter de l&#8217;eau. Dans la même veine, c&#8217;est le patron de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, et l&#8217;Institut de la finance internationale qui ont été chargés de mettre au point le plan de sauvetage de la Grèce. Comme si l&#8217;on avait placé le ministère de la santé sous tutelle de l&#8217;industrie du tabac.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;incapacité du politique à agir sur le secteur privé s&#8217;explique également par le fractionnement du pouvoir politique entre une multitude d&#8217;Etats. En 1982, le secrétaire au Trésor <em>- des Etats-Unis &#8211; ,</em> James Baker, était en mesure de refuser catégoriquement toute socialisation des dettes contractées par l&#8217;Amérique latine auprès des banques américaines. Toute solution politique étant aujourd&#8217;hui soumise à la conclusion d&#8217;un compromis européen, la situation de la chancelière Angela Merkel est nettement plus inconfortable.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, en menant une lutte vigoureuse contre une implication du secteur privé, la BCE a contribué, elle aussi, à faire pression sur les dirigeants politiques allemands. Un certain nombre de représentants de la BCE ont ainsi donné l&#8217;impression de se préoccuper davantage des intérêts de l&#8217;élite financière de leur pays d&#8217;origine que des contribuables et des citoyens européens.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le dernier plan de sauvetage en date marque un premier pas vers un futur gouvernement économique européen, la question est de savoir à combien de décisions de ce type la zone euro sera capable de survivre. L&#8217;Europe devra malheureusement affronter la prochaine vague de la crise sans avoir accompli de réels progrès en matière d&#8217;économie politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cela, il faudrait que les responsables politiques aillent à l&#8217;encontre des intérêts supérieurs des banques et imposent une recapitalisation drastique des établissements européens, ce que rien ne semble présager. La socialisation de la dette grecque ne désendettera pas véritablement le pays, ne faisant que soulager inutilement ceux qui sont le plus à même de supporter l&#8217;inéluctable réduction de la dette.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Traduit de l&#8217;allemand par Jean-Baptiste Bor </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong>* Harald Hau</strong> : Enseignant à l&#8217;université de Genève et au Schweizer Finanzinstitut (SFI)</p>
<p><strong>Source</strong> : Le Monde daté du 16 août 2011</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marchés.jpeg"><img class="size-full wp-image-4957 aligncenter" title="Marchés" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marchés.jpeg" alt="" width="267" height="189" /></a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>20 ans d&#8217;aveuglement. L&#8217;Europe au bord du gouffre*</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/08/04/20-ans-daveuglement-leurope-au-bord-du-gouffre/</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Aug 2011 20:32:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[par Denis Clerc « Peut-on demander aux gens ordinaires (…) d&#8217;assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? » . La question, faussement naïve, était formulée par le président de la République islandaise fin 2010, après qu&#8217;une révolte populaire eut contraint les autorités du pays à renégocier l&#8217;accord aux termes duquel elles s&#8217;engageaient à rembourser aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par Denis Clerc</p>
<p><em><strong>« Peut-on demander aux gens ordinaires (…) d&#8217;assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? » </strong>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">La question, faussement naïve, était formulée par le président de la République islandaise fin 2010, après qu&#8217;une révolte populaire eut contraint les autorités du pays à renégocier l&#8217;accord aux termes duquel elles s&#8217;engageaient à rembourser aux Trésors britannique et néerlandais les sommes dépensées pour indemniser leurs épargnants clients de la banque islandaise (privée) en ligne Icesave<em>.</em> Le 9 avril dernier, un deuxième référendum rejetait (à 60 %) un nouvel accord.</p>
<p style="text-align: justify;">La leçon est claire : en Islande, les &#8220; gens ordinaires &#8221; refusent de payer pour les banques coupables et les épargnants cupides. Mais dans les autres pays, ils n&#8217;ont pas eu le choix : les autorités nationales et internationales le leur ont imposé, la Commission européenne ayant joué un rôle particulièrement actif dans ce &#8220; jeu &#8221; dramatique.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/20ansdaveuglement.jpg"><img class="size-full wp-image-4906 aligncenter" title="20ansd'aveuglement" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/20ansdaveuglement.jpg" alt="" width="65" height="96" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une stratégie imbécile</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est pas seulement injuste, avancent les &#8220; économistes atterrés &#8221;, c&#8217;est imbécile. Henri Sterdyniak explique de façon lumineuse pourquoi cette politique risque d&#8217;accentuer le problème au lieu de le régler. D&#8217;une part, parce que les incendiaires sont appelés, dans la zone euro, pour jouer les pompiers : les Etats qui se sont lourdement endettés pour sauver leurs banques et leur économie se trouvent désormais placés sous la coupe des marchés financiers. D&#8217;autre part, parce que l&#8217;austérité étouffe inévitablement toute possibilité de reprise économique sans pour autant permettre aux pays les plus fragiles de s&#8217;en sortir.</p>
<p style="text-align: justify;">Au bout du compte, la zone euro devra soit se dissoudre, soit <em>&#8220;modifier ses institutions pour assurer la garantie des dettes publiques&#8221;</em> et augmenter les impôts sur les plus riches plutôt que de comprimer les dépenses. Elle est désormais placée au pied du mur : il lui faut choisir entre domination des marchés, éclatement ou solidarité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Entre accord et désaccord</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En choisissant cette dernière voie, Henri Sterdyniak exclut l&#8217;hypothèse d&#8217;un non-remboursement partiel des dettes publiques. Cela reviendrait à faire éclater la zone euro, alors que l&#8217;important est d&#8217;en transformer les modalités de fonctionnement, qui relèvent d&#8217;une orthodoxie coupable. Soucieux de maintenir les institutions européennes, il préfère transformer les règles qu&#8217;elles imposent.</p>
<p style="text-align: justify;">Dominique Plihon estime, au contraire, les dettes publiques partiellement illégitimes : leur aggravation résulte d&#8217;une baisse de la pression fiscale au bénéfice des plus favorisés, mais aussi de la transformation de dettes privées (financières) en dettes publiques. Toutefois, il rejoint Sterdyniak pour proposer une transformation profonde de la Banque centrale européenne et des politiques communautaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Désaccord mineur ? Pas tant que cela, car les objectifs prioritaires ne sont alors pas les mêmes : transformer le fonctionnement communautaire si l&#8217;on suit la voie Sterdyniak, s&#8217;attaquer à la finance internationale si l&#8217;on suit la voie Plihon. Le livre ne cherche évidemment pas à trancher entre ces deux orientations, mettant plutôt l&#8217;accent sur les convergences que sur les divergences (que reconnaissent cependant les auteurs dans leur introduction). Ecrit de façon très pédagogique, ce livre éclaire des questions pourtant complexes et aide à comprendre les débats actuels, tout en apportant un éclairage inhabituel et bienvenu.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>*</em><strong>A lire :</strong><em> « 20 ans d&#8217;aveuglement. L&#8217;Europe au bord du gouffre »,</em></p>
<p>par Les économistes atterrés, Ed. Les liens qui libèrent,</p>
<p>2011, 176 p., 8,50 euros.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>: <em>Alternatives Economiques </em>n° 303 &#8211; juin 2011</p>
<p><a href="http://www.alternatives-economiques.fr">http://www.alternatives-economiques.fr</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>France-Israël, comme en 1956</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/07/27/france-israel-comme-en-1956-2/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Jul 2011 21:33:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[par Alain Gresh C’est au cours d’une visite en Israël que Nicolas Sarkozy, alors président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), salua à Herzliya, le 16 décembre 2004, le combat commun mené par « nos soldats » en 1956, lors de la triste expédition coloniale contre l’Egypte de Nasser pour récupérer le canal de Suez. Combat qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par Alain Gresh</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/DronesIsraël1.jpg"><img class="size-full wp-image-4855 aligncenter" title="DronesIsraël" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/DronesIsraël1.jpg" alt="" width="295" height="171" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est au cours d’une visite en Israël que Nicolas Sarkozy, alors président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), <a href="http://www.debriefing.org/0878.html">salua à Herzliya</a>, le 16 décembre 2004, le combat commun mené par <em>« nos soldats »</em> en 1956, lors de la triste expédition coloniale contre l’Egypte de Nasser pour récupérer le canal de Suez. Combat qui se poursuit grâce à l’action <em>« de nos services de renseignement »…</em> Cette déclaration n’a été reprise, à l’époque, par aucun organe de presse en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Sept ans plus tard, et quatre ans après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, on peut effectivement dire que les relations entre la France et Israël sont revenues à l’époque de 1956, quand les socialistes français et les travaillistes israéliens combattaient ensemble les mouvements de libération nationale, de l’Algérie à l’Egypte.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a quelques jours, à l’occasion du 14 juillet, le colonel G. Bailleux de Marisy, attaché militaire de l’Armée française en Israël, <a href="http://blogtsahal.wordpress.com/2011/07/14/colonel-g-bailleux-de-marisy-les-relations-entre-larmee-israelienne-et-larmee-francaise-sont-le-reflet-de-la-relation-politique-qui-existe-entre-les-deux-pays-il-sagit-de-deux-pays-profond/">déclarait</a> : <em>« Les relations entre l’Armée israélienne et l’Armée française sont le reflet de la relation politique qui existe entre les deux pays. Il s’agit de deux pays profondément alliés. Cette coopération se traduit par des échanges, des visites de délégations militaires et par le partage de nos expériences militaires respectives. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Et puis est venue cette annonce de la fin de l’embargo sur le commerce des armes avec Israël (<a href="http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/france-to-buy-israeli-made-drones-ending-42-year-weapons-embargo-1.374991">« France to buy Israeli-made drones, ending 42-year weapons embargo »</a>, <em>Haaretz</em>, 24 juillet) :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Israel Aerospace Industries s’est refusé à tout commentaire sur l’accord, mais un responsable important a déclaré durant le week-end que c’était un retour historique au point de départ. L’embargo français décidé par le général de Gaulle, qui nous a refusé les avions français développés avec l’expertise israélienne, a donné un coup de pouce à l’industrie israélienne et c’est maintenant nous qui fournissons la France avec un avion israélien. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce rapprochement des industries militaires s’accompagne d’une coopération renforcée dans le domaine policier, Israël faisant part de son expérience de contrôle des populations, que la France pourrait utiliser pour ses banlieues ! « Nous » combattions les fellaghas ensemble en 1956, nous continuons le combat contre les « musulmans »&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La dérive de la politique française a été marquée par un appui systématique aux positions israéliennes, malgré la réaffirmation par Paris d’un appui purement formel à l’idée de deux Etats. Paris condamne même régulièrement la colonisation ou le blocus de Gaza, mais développe parallèlement ses relations avec Israël. C’est la France, sous l’impulsion de Bernard Kouchner, qui a obtenu <a href="http://blog.mondediplo.net/2008-12-10-L-Union-europeenne-capitule-devant-Israel">le renforcement des relations entre l’Union européenne et Israël</a>, à la veille de l’invasion israélienne de Gaza.</p>
<p style="text-align: justify;">Paris s’est régulièrement fait <a href="http://blog.mondediplo.net/2009-12-05-Jerusalem-quand-Paris-se-fait-le-porte-parole-des">le porte-parole des injonctions israéliennes</a>. Mais la France est allée encore plus loin dans l’affaire de la flottille de Gaza et des militants qui voulaient se rendre en Israël par avion pour affirmer leur solidarité avec les Palestiniens.</p>
<p style="text-align: justify;">Interrogé sur la flottille, le porte-parole du Quai d’Orsay a déclaré <a href="file://localhost/editorial/actual/ael2/pointpresse.asp">le 5 juillet</a> :</p>
<p style="text-align: justify;"><em> « Notre position, c’est de dissuader ce bateau de se rendre à Gaza, d’autant plus qu’à ma connaissance ce bateau ne comporte pas de cargaison humanitaire. Nous ne pensons pas que c’est une bonne idée. Pour nous, l’essentiel aujourd’hui est de favoriser la reprise des discussions entre les autorités israéliennes et palestiniennes. Toute notre énergie est concentrée sur cet effort destiné à favoriser la reprise des pourparlers israélo-palestiniens pour la recherche de la paix. Nous pensons que c’est cela l’important et le plus urgent. C’est dans cette perspective qu’Alain Juppé a reçu ce matin Tony Blair, le représentant spécial du Quartet, pour lui rappeler l’initiative française et la volonté de reprise des pourparlers israélo-palestiniens et la meilleure façon d’y parvenir. C’est cela aujourd’hui la priorité de la diplomatie française. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons que la fameuse initiative française a pitoyablement échoué, mais que le blocus israélien de Gaza – que Paris condamne régulièrement – est toujours en vigueur.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant aux militants qui souhaitaient se rendre en Palestine par avion, nombre d’entre eux ont été refoulés à&#8230; Roissy. (<a href="http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/2011/07/07/bienvenue-en-palestine-a-ben-gourion/">« Bienvenue en Palestine… à Ben Gourion »</a>, Guerre ou paix, 7 juillet 2011). Israël déciderait-il maintenant qui a le droit d’embarquer dans les aéroports français ?</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>:</p>
<p><a href="http://blog.mondediplo.net/2011-07-25-France-Israel-comme-en-1956">http://blog.mondediplo.net/2011-07-25-France-Israel-comme-en-1956</a></p>
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		<item>
		<title>Jean Ziegler aux Tunisiens : &#8220;Ne comptez pas sur la loi pour récupérer les biens des Ben Ali en Suisse&#8221;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/07/21/jean-ziegler-aux-tunisiens-ne-comptez-pas-sur-la-loi-pour-recuperer-les-biens-des-ben-ali-en-suisse/</link>
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		<pubDate>Thu, 21 Jul 2011 11:50:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[par Amel Belhadj Ali Pourrait-on juger les prédateurs de la finance pour crime contre l’humanité ?  Peut-être, mais pas en Suisse, estime Jean Ziegler, sociologue suisse réputé pour dénoncer les abus des « seigneurs de la guerre économique qui ont mis la planète en coupe réglée ». En 2005, Jean Ziegler publiait son ouvrage « L’empire de la honte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par Amel Belhadj Ali</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Pourrait-on juger les prédateurs de la finance pour crime contre l’humanité ?  Peut-être, mais pas en Suisse, estime Jean Ziegler, sociologue suisse réputé pour dénoncer les abus des « seigneurs de la guerre économique qui ont mis la planète en coupe réglée ».</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/jeanZiegler-Tunisie.jpg"><img class="size-full wp-image-4818 aligncenter" title="jeanZiegler-Tunisie" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/jeanZiegler-Tunisie.jpg" alt="" width="288" height="191" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En 2005, Jean Ziegler publiait son ouvrage « <em>L’empire de la honte </em>»*. Aujourd’hui, il parle en Tunisie du pouvoir de la honte. « <em>Si vous voulez récupérer votre argent, ce n’est certainement pas en suivant des procédures légales à ne pas en finir mais en militant, en vous exprimant par tous les moyens pour faire honte à ces Etats occidentaux qui attaquent le pouvoir normatif des Etats, contestent la souveraineté populaire, subvertissent la démocratie, ravagent la nature et détruisent les hommes et leurs libertés… La dette et la faim sont les deux armes de destruction massive utilisées par les maîtres du monde pour asservir les peuples, leur force de travail, leurs matières premières, leurs rêves. Sartre disait que “pour aimer les hommes, il faut détester fortement ce qui les opprime“ </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que s’est exprimé Jean Ziegler lors de la conférence organisée par l’Association tunisienne de la Transparence financière qu’il a présentée samedi 11 juin à Tunis.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 19 janvier 2011, le gouvernement fédéral suisse a gelé les avoirs de 48 personnes de nationalité tunisienne. L’opération consiste à envoyer via un message électronique à Berne aux banques suisses un message disant « <em>Si vous avez des comptes au nom de Ben Ali et des personnes qui se trouvent sur cette liste, toute transaction de retrait ou de transfert est interdite à partir de demain 12h</em> ». C’est une saisie qui n’a aucun impact sur le plan judiciaire, elle est une ordonnance constitutionnelle. Donc, les mesures effectives ne pourraient être prises que si les intérêts de la Confédération sont menacés à l’international. L’Etat qui veut rapatrier ses avoirs doit user d’une loi appelée loi sur l’enquête judiciaire. Il n’est pas dit, non plus, que cette procédure sera efficace car les banques suisses sont libres d’indiquer l’existence de comptes ou de ne pas le faire. Des clients comme Ben Ali sont par ailleurs très appréciés par la nomenclature bancaire suisse très concurrentielle car elle peut leur imposer des intérêts très bas puisque la provenance de capitaux n’est pas des plus transparentes.</p>
<p style="text-align: justify;">Et même si le gouvernement suisse avait communiqué au gouvernement tunisien avoir gelé et saisi les avoirs de 70 noms soit un montant de 60 millions d’€ (une somme insignifiante), on ne peut arriver à cerner l’étendue des fonds déposés dans les banques suisses et autres. Les racketteurs à l’échelle de l’Etat peuvent user de mille et un subterfuges pour camoufler leurs malversations et principalement à travers les sociétés off shore et la diversification des lieux et des paradis fiscaux. Le président de l’Union des banques suisses a d’ailleurs protesté violemment contre la saisie et le gel précoces des biens des Ben Ali et alliés.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour récupérer les biens spoliés à la Tunisie et déposés en Suisse, il faudrait que les législations des deux pays en matière de malversations bancaires et financières soient conformes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il faudrait aussi prouver le rapport entre ces fonds et leurs provenances par des pratiques mafieuses ou dans le cadre du blanchiment d’argent, ce qui n’est pas évident.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La Suisse, les capitaux spoliés sont chez moi, ils y restent. Vive le secret bancaire !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le secret bancaire est sacré en Suisse, ceux qui le violent sont passibles de lourdes peines de prisons pouvant aller jusqu’à cinq ans. C’est en 1934 et suite à la mise à mort par Hitler de trois Allemands pour cause de compte en Suisse, que l’Etat helvète a convenu définitivement de la nécessité d’une loi stricte réglementant le secret bancaire afin de permettre aux clients de ses banques de bénéficier de la protection du code pénal. Et bien qu’en 2009 le Conseil fédéral suisse ait voté une loi permettant la levée du secret fiscal couvrant les évadés fiscaux étrangers, il n’est pas dit que la tâche pour la récupération des capitaux déposés dans ses institutions bancaires soit aisée. Berne n’aurait rien lâché sur ce qui constitue l’essence du secret bancaire suisse, c’est-à-dire la sauvegarde de la sphère privée pour toute personne « honnête ».</p>
<p style="text-align: justify;">Comment prouver que les fonds déposés dans les banques helvètes sont mal acquis ? Et combien de temps cela prendrait ? Dieu seul le sait.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, les Sani Abacha (Nigeria), Mobutu (ex-Zaïre), Jean-Claude Duvalier (Haïti), Marcos (Philippines), Ben Ali, Trabelsi et autres continueront à déposer en toute confiance le produit de leurs spoliations en Suisse. La Suisse, qui n’a aucune richesse naturelle, a un PNB de l’ordre de 550 milliards de $, celui de la Tunisie, par contre, est de l’ordre de 44 milliards. 27% des fonds off shore de par le monde se trouvent en Suisse.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Je vous laisse imaginer comment la Suisse est devenue aussi riche</em> », a déclaré sur un ton moqueur Jean Ziegler. En fait, la loi helvétique sur le secret bancaire est d’une telle complexité que très peu de gouvernements ont une chance quelconque de récupérer plus que quelques miettes des fortunes de leurs tyrans déchus. Et il ne s’agit pas que de tyrans, nombre de riches ressortissants européens (Français, Espagnols ou Italiens), pratiquent l’évasion fiscale en se réfugiant en Suisse.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, il est stipulé que tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes… peuvent disposer librement de leurs richesses et qu’en aucun cas, un peuple ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance. Dans l’article 14 de cette convention, il est dit que les États Parties envisagent de mettre en œuvre des mesures réalisables de détection et de surveillance du mouvement transfrontière d’espèces et de titres négociables ainsi que des mesures visant à prévenir le blanchiment d’argent et instituer un régime de contrôle des banques afin de décourager et de détecter toutes formes de blanchiment d’argent. Ce régime met l’accent sur les exigences en matière d’identification des clients et, s’il y a lieu, des ayants-droit économiques, les États Parties s’accordent mutuellement l’entraide judiciaire la plus large possible lors des procédures judiciaires concernant les infractions visées par la Convention à identifier, geler et localiser le produit du crime.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’est pas dit que la Tunisie arrive à récupérer les capitaux placés dans les banques suisses. La tâche ne sera certainement pas aisée et c’est pour cela que pour Ziegler, il faut faire de la pression par le biais de la société civile, des médias et des dénonciations. « <em>Il faudrait que les Etats qui abritent les biens volés aux peuples aient honte, il faudrait qu’ils sachent qu’ils s’exposent à une honte internationale</em> », crie-t-il en terminant sur une belle citation de Pablo Neruda : « <em>Nos ennemis peuvent couper toutes les fleurs mais jamais ils ne seront maîtres du printemps</em> ».</p>
<p style="text-align: right;">Amel Belhadj Ali</p>
<p style="text-align: right;">19 juin 2011</p>
<p>* &#8220;<em>L&#8217;empire de la Honte</em>&#8221; par Jean Ziegler, Ed. Fayard, 2005.</p>
<p><strong>Source</strong> : publié par le CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) dans son Bulletin  électronique n° 80 du 25 Juin 2011 :  <a href="http://www.cadtm.org/Jean-Ziegler-aux-Tunisiens-Ne">http://www.cadtm.org/Jean-Ziegler-aux-Tunisiens-Ne</a></p>
<p>Source d’origine en ligne :  <a href="http://www.webmanagercenter.com/management/article-106968-jean-ziegler-aux-tunisiens-ne-comptez-pas-sur-la-loi-pour-recuperer-les-biens-des-ben-ali-en-suisse">http://www.webmanagercenter.com/man&#8230;</a></p>
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		<title>Les nouveaux Lénines de l&#8217;humanitaire</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jul 2011 11:02:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Rony Brauman* En 2001, la guerre d&#8217;Afghanistan a commencé comme une opération de police internationale contre les bases d&#8217;Al-Qaida où avaient été préparés les attentats du 11-Septembre. Aucune opposition ne s&#8217;était alors manifestée, le droit des Etats-Unis à se défendre contre des attaques terroristes ne faisant de doute pour personne, pas même pour ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Rony Brauman*</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Brauman2.jpeg"><img class="size-full wp-image-4718 aligncenter" title="Brauman2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Brauman2.jpeg" alt="" width="192" height="128" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>En 2001, la guerre d&#8217;Afghanistan a commencé comme une opération de police internationale contre les bases d&#8217;Al-Qaida où avaient été préparés les attentats du 11-Septembre</em></strong>. Aucune opposition ne s&#8217;était alors manifestée, le droit des Etats-Unis à se défendre contre des attaques terroristes ne faisant de doute pour personne, pas même pour ses adversaires habituels. Il ne fallut pas longtemps à la coalition alors formée pour venir à bout du régime taliban. Au nom de la &#8220; guerre globale contre le terrorisme &#8221;, slogan adopté à ce moment par l&#8217;administration Bush, la présence internationale fut cependant pérennisée tandis que les raisons mises en avant pour la justifier se diversifiaient. Reconstruction du pays, de l&#8217;État de droit, de la démocratie, on peut allonger la liste des objectifs vertueux dont se réclame l&#8217;Otan pour légitimer la poursuite de l&#8217;occupation militaire de l&#8217;Afghanistan. Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de cette organisation, énumère volontiers les écoles, dispensaires et kilomètres de routes construits, les progrès dans l&#8217;accès des filles à l&#8217;éducation, la tenue d&#8217;élections libres et autres bienfaits dont nous ne pourrions que nous féliciter. Il est utile de rappeler que cet ancien Premier ministre du Danemark s&#8217;était fait connaître par son alliance gouvernementale durable avec une extrême droite particulièrement dure et son combat contre l&#8217;Etat providence, ainsi que par un engagement actif aux côtés des néoconservateurs prônant l&#8217;invasion de l&#8217;Irak.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais revenons à l&#8217;Afghanistan, passé du statut de repaire de terroristes à celui de terre de mission civilisatrice. Nicolas Sarkozy, dont le profil politique semble se rapprocher de celui de Rasmussen jusqu&#8217;à se confondre avec lui, ne manque jamais de mettre au premier plan les droits de l&#8217;homme &#8211; et plus encore de la femme &#8211; lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;expliquer ce que font nos troupes dans ce pays. Il cite très régulièrement l&#8217;exemple des femmes à qui les talibans coupent les mains pour les punir de s&#8217;être verni les ongles, bobard déjà utilisé par la propagande américaine pendant la guerre du Vietnam et destiné à planter le décor édifiant du combat de la &#8220; civilisation contre la barbarie &#8221;. De façon plus réaliste, on notera que plusieurs dizaines de milliers de morts en dix ans ont fait de la peur et de la haine, mais aussi de la corruption et de la drogue, les principales matières premières désormais produites dans le pays. Qui peut, de plus, ignorer aujourd&#8217;hui que la négociation avec les talibans est inévitable et que ceux-ci seront bientôt au pouvoir à Kaboul ?</p>
<p style="text-align: justify;">Forts de ces &#8220; réussites &#8221;, auxquelles on pourrait ajouter la &#8220; guerre humanitaire &#8221; de Somalie, la &#8220; démocratisation &#8221; par la force de l&#8217;Irak et quelques autres encore, les <em>usual suspects</em> &#8211; France, Grande-Bretagne et Etats-Unis &#8211; se sont lancés dans une nouvelle guerre pour les droits de l&#8217;homme en Libye. La précipitation dans laquelle la décision a été prise n&#8217;a soulevé que peu de questions, justifiée qu&#8217;elle était par l&#8217;imminence d&#8217;un massacre à Benghazi. Cette menace était-elle réelle ? Rien n&#8217;est moins sûr, car 1 000 soldats coupés de leurs bases arrière, soutenus par 30 chars sont une force bien réduite pour prendre le contrôle d&#8217;une ville insurgée de 800 000 habitants, étendue sur 30 kilomètres de long [1]. La destruction de 5 chars aurait suffi à empêcher le carnage annoncé, selon l&#8217;Otan. Pourquoi ne pas s&#8217;être arrêté là, si le but était la prévention de la tuerie de Benghazi ? Ce qui est bien réel en revanche, ce sont les centaines, voire les milliers de morts que cette guerre a déjà entraînés au moment où ces lignes sont écrites, ainsi que l&#8217;enlisement prévisible à la lecture d&#8217;un objectif aussi vague et extensible à l&#8217;infini que la &#8220; protection des populations civiles &#8221; [2]. Le mouvement profond &#8211; et nécessairement chaotique &#8211; de contestation des dictatures parti de Tunisie est l&#8217;une des meilleures nouvelles qui nous soient parvenues depuis longtemps. Ce n&#8217;est pas en reproduisant les errements politiques de ces vingt dernières années faits de mensonge et de violence, attributs primordiaux de ce néoléninisme humanitaire, que nous allons le renforcer.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>NOTES </strong></p>
<p><strong>(1)</strong> Voir à ce sujet : <a href="http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/220411/libye-qui-veut-lacher-bhl">http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/220411/libye-qui-veut-lacher-bhl</a></p>
<p><strong>(2)</strong> Selon la résolution 1973 du Conseil de sécurité votée le 17 mars 2011.</p>
<p>* Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l&#8217;Institut d&#8217;études politiques (Paris) et membre du Crash (Centre de réflexion sur l&#8217;action et les savoirs humanitaires de Médecins sans frontières : <a href="http://www.msf-crash.org/">www.msf-crash.org</a>)</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>: <em>Alternatives Internationales </em>n° 51 &#8211; juin 2011, trimestriel actuellement en kiosques.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AlternIntern.R.Brauman.jpg"><img class="size-full wp-image-4717 aligncenter" title="AlternIntern.R.Brauman" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AlternIntern.R.Brauman.jpg" alt="" width="123" height="175" /></a></p>
<p>Chronique « <em>Le monde vu par Rony Brauman </em>»</p>
<p><a href="http://www.alternatives-economiques.fr/les-nouveaux-lenines-de-l-humanitaire_fr_art_1095_54590.html">http://www.alternatives-economiques.fr/les-nouveaux-lenines-de-l-humanitaire_fr_art_1095_54590.html</a></p>
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		<title>Combien coûte la sortie du nucléaire : l&#8217;exemple allemand</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/06/17/combien-coute-la-sortie-du-nucleaire-lexemple-allemand/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 13:55:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Rachel Knaebel Le gouvernement allemand présente ce 6 juin son projet de loi pour sortir de l’énergie nucléaire en 2022. Après un recul l’automne dernier, la chancelière Angela Merkel veut finalement avancer la transition énergétique du pays. Combien coûtera cette transition ? Rendra-t-elle l’Allemagne dépendante du charbon ou des importations d’électricité ? Combien d’emplois l’essor des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Rachel Knaebel</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le gouvernement allemand présente ce 6 juin son projet de loi pour sortir de l’énergie nucléaire en 2022. Après un recul l’automne dernier, la chancelière Angela Merkel veut finalement avancer la transition énergétique du pays. Combien coûtera cette transition ? Rendra-t-elle l’Allemagne dépendante du charbon ou des importations d’électricité ? Combien d’emplois l’essor des énergies renouvelables va-t-il créer ? Réponses à quelques lieux communs véhiculés sur la sortie du nucléaire.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AllemagneNucléaire.jpeg"><img class="size-medium wp-image-4602 aligncenter" title="AllemagneNucléaire" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AllemagneNucléaire-300x130.jpg" alt="" width="300" height="130" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Avec sa décision d’une sortie du nucléaire en 2022, la chancelière allemande revient au calendrier adopté il y a dix ans par le gouvernement SPD-Verts de Gerhard Schröder. Angela Merkel avait fait machine arrière à l’automne 2010 et choisi de prolonger la durée d’exploitation des centrales du pays de 12 ans en moyenne (8 ans pour les plus anciennes, 14 pour les plus récentes), ce qui repoussait la fin de l’énergie atomique en Allemagne à 2036. Mais Fukushima a radicalement changé la donne.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De graves défauts de sécurité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le nouveau projet de loi, présenté le 6 juin, passera devant le Bundestag le 8 juillet. Le texte s’appuie sur le rapport de la commission éthique installée en mars [<span style="text-decoration: underline;">1</span>]. La première étape du plan est immédiate : le pays ne va pas relancer les 8 réacteurs mis à l’arrêt en mars suite à la catastrophe japonaise. L’un d’entre eux pourrait toutefois être maintenu en veille jusqu’en 2013, pour faire face à de possibles pics de consommation, particulièrement dans le sud du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Allemagne possède aujourd’hui 17 réacteurs nucléaires, dont 11 à eau pressurisée, 6 à eau bouillante. Le plus ancien, Biblis A, en Hesse, est entré en fonction en 1975. Le plus récent en 1989, en Bade. Tous se trouvent dans l’Ouest du pays. Les quelques réacteurs est-allemands ont fermé juste après la Réunification, dans l’effroi de Tchernobyl. Mais l’état des centrales ouest-allemandes laisse aussi à désirer. Certaines sont d’ailleurs au repos forcé depuis plusieurs années déjà, comme les deux réacteurs de Biblis. L’ONG environnementale BUND a encore pointé dans une <a href="http://www.bund.net/bundnet/themen_und_projekte/atomkraft/atomkraft_in_deutschland/risikostudie_baden_wuerttemberg/">étude</a> publié en mars les failles de deux réacteurs anciens de Bade-Wurtemberg, Neckarwestheim 1 et Philippsburg 1</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les énergies renouvelables déjà au-delà du nucléaire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La filière nucléaire allemande a produit un peu plus de 22 % de l’électricité du pays en 2010. Loin, très loin, des plus de 80 % de l’électricité française. 43 % de l’électricité allemande provient encore du charbon (de la lignite, énergie locale, et de la houille, importée aux trois quarts). Et 13 % vient du gaz naturel. Une fois retirée la contribution des huit réacteurs arrêtés depuis mars, soit 8,5 gigawatts (GW), sur les 20 GW fournis par l’atome, la part de l’électricité nucléaire tombe déjà sous celle des énergies renouvelables. 17 % de l’électricité allemande provient aujourd’hui des énergies vertes (environ 6 % de l’éolien, 3 % de l’hydraulique, 5,5 % de la biomasse, 2 % du photovoltaïque [<span style="text-decoration: underline;">2</span>].</p>
<p style="text-align: justify;">La filière renouvelable, qui représentait seulement 6 % en 2000, est en pleine croissance. Elle emploie plus de 300.000 personnes, quatre fois plus qu’en 1998. Angela Merkel prévoit d’augmenter la part des renouvelables à 35 % en 2020, 80 % en 2050. Et sans importations d’énergie française. A l’heure actuelle, l’Allemagne exporte plus vers la France que le contraire [<span style="text-decoration: underline;">3</span>].</p>
<p style="text-align: justify;">Outre le développement des énergies renouvelables, le plan allemand s’appuie sur la maîtrise de la consommation d’électricité. La chancelière prévoit une baisse de 10 % d’ici 2020. Autre pilier de la transition énergétique : des réseaux électriques plus performants et de meilleures capacités de stockage de l’énergie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La fin du charbon d’ici 2040</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour de nombreux experts, le gaz naturel doit également jouer un rôle clé. « <em>Le gaz se combine facilement avec les énergies renouvelables</em>, explique Claudia Kemfert, directrice du département énergie et environnement à l’Institut d’étude économique DIW. <em>Les centrales à gaz sont beaucoup plus flexibles que les nucléaires. On peut les mettre en marche ou à l’arrêt rapidement selon les besoins</em>. » « <em>Et elles peuvent se construire en seulement deux ans</em> », souligne Lutz Mez, du centre de recherche sur l’environnement de l’Université libre de Berlin.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous ces éléments pourraient même permettre à l’Allemagne de sortir du nucléaire bien avant 2022. En 2017, affirment les Verts. Ou 2014 selon le parti de gauche Die Linke, et 2015 d’après un <a href="http://www.greenpeace.de/themen/atomkraft/nachrichten/artikel/atomausstieg_2022/">plan</a> de Greenpeace. L’ONG préconise de construire 16 centrales à gaz, d’ajouter 5.000 éoliennes aux 21.000 existantes, dont 1.200 offshore, et d’installer 600.000 nouveaux panneaux solaires. Pour Greenpeace, il est possible d’aller encore plus loin : sortir du charbon en Allemagne dès 2040. Pour cela, plus de 4.000 nouvelles éoliennes, un demi-million de panneaux solaires et plusieurs centaines d’installations géothermiques seront nécessaires. Et le pays pourrait même, une fois la transition vers les renouvelables effectuée, se passer du gaz naturel à l’horizon 2050. A cette date, la filière des énergies renouvelables emploierait un million de personnes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Coût de la sortie du nucléaire : 25 euros par an par foyer</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La transition représente une véritable chance économique. « <em>Une sortie avancée du nucléaire pousserait les groupes énergétiques à construire plus vite des centrales plus performantes, notamment pour le gaz</em>, explique Sascha Samadi, co-auteur d’une étude sur le prix de la transition énergétique réalisée en mai par <a href="http://www.wupperinst.org/projekte/proj/index.html?projekt_id=377&amp;bid=29">l’institut Wuppertal</a> [<span style="text-decoration: underline;">4</span>]. <em>La transition favoriserait aussi la concurrence sur le marché de l’énergie, alors qu’aujourd’hui quatre grands groupes [E.on, RWE, Vattenfall et EnBW] concentrent 80 % de la production d’électricité. Compte tenu de ces facteurs, on peut penser qu’une sortie rapide du nucléaire facilitera la stabilisation, voire, sur le long terme, la baisse des prix de l’électricité.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Selon les chercheurs de l’Institut Wuppertal, une sortie rapide du nucléaire aura un effet limité sur l’augmentation des prix de l’électricité. Elle entraînerait une hausse maximum de 25 euros par foyer, sur la facture annuelle. « <em>Les prix devraient de toute façon augmenter, sous l’effet, par exemple, de l’amélioration des réseaux électriques, indispensable, et de la hausse attendue des prix du charbon, du gaz et des certificats d’émission de CO2</em>, poursuit Sascha Samadi. <em>Mais l’effet de la seule sortie du nucléaire pourrait être déjà amorti quelques années seulement après l’arrêt de la dernière centrale.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Car l’énergie atomique coûte plus cher qu’il n’y paraît. Selon une étude du <a href="http://www.foes.de/">Fös</a> (Forum pour une économie de marché écologique et sociale) publiée en avril, la filière nucléaire allemande a reçu 186 milliards d’euros de subvention depuis 1970, contre seulement 28 milliards pour les énergies renouvelables. Ce qui équivaut à plus de 4 centimes par KWh pour le nucléaire, contre 2,2 centimes aux énergies vertes. Et ce calcul ne prend pas en compte les frais de stockage des déchets radioactifs. L’Allemagne est d’ailleurs encore à la recherche d’un site approprié. Celui de Gorleben, en Basse-Saxe, est toujours provisoire. Le gouvernement envisage aujourd’hui d’autres lieux d’enfouissement. En première ligne : la jolie Bavière.</p>
<p style="text-align: right;">Rachel Knaebel</p>
<p style="text-align: right;">06.06.2011</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Notes</strong></p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">1</span>] présidée par Klaus Töpfler, ancien ministre (CDU) de l’environnement</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">2</span>] Source : Erneubaren Energien in Zahlen 2010, mars 2011</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">3</span>] 16 Terawattheures (TWh) livrés en 2010 de Berlin vers Paris, contre 9 TWh dans le sens inverse, selon le bilan de RTE</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">4</span>] Institut Wuppertal de recherche sur le climat et l’énergie, étude menée pour le gouvernement de Rhénanie du Nord-Westphalie</p>
<p><strong>Source </strong>: <a href="http://www.bastamag.net/article1586.html">http://www.bastamag.net/article1586.html</a></p>
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		<title>L’UE n’est pas un club d’assistance mutuelle</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jun 2011 23:25:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Chronique du mois &#8211; Juin 2011 par Bernard Cassen L’Irlande, la Grèce, le Portugal et l’Espagne n’appartiennent pas au noyau fondateur de la Communauté économique européenne (CEE) mise en place en 1958 et devenue Union européenne (UE) en 1993. L’Irlande (comme le Danemark et le Royaume-Uni) en est devenue membre en 1973, la Grèce en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Chronique du mois &#8211; Juin 2011</strong></em></p>
<p>par <a href="http://www.medelu.org/spip.php?auteur3"><strong>Bernard Cassen</strong></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images8.jpeg"><img class="size-full wp-image-4555 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images8.jpeg" alt="" width="249" height="202" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Irlande, la Grèce, le Portugal et l’Espagne n’appartiennent pas au noyau fondateur de la Communauté économique européenne (CEE) mise en place en 1958 et devenue Union européenne (UE) en 1993. L’Irlande (comme le Danemark et le Royaume-Uni) en est devenue membre en 1973, la Grèce en 1981 et les deux Etats ibériques en 1986.</p>
<p style="text-align: justify;">En raison de ce décalage dans le temps, les rapports des uns et des autres à la construction européenne ont été très différents. La CEE issue du traité de Rome (1957) a été conçue et mise en place par les élites administratives, politiques et économiques de six pays &#8211; Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas – pratiquement sans la moindre assise populaire. Seuls les agriculteurs en connaissaient les mécanismes puisque, depuis 1962, il existait une politique agricole commune (PAC) dotée d’un budget important. Pour les autres secteurs, et cela jusqu’au milieu des années 1980, l’ « Europe », souvent simplement appelée le « marché commun » ne suscitait ni enthousiasme ni rejet particuliers chez la majorité des citoyens. Ils savaient vaguement qu’elle existait comme une sorte d’entité technocratique extérieure. C’est seulement à partir du traité de Maastricht (1992) qu’elle a été réellement mise en débat, mais presque exclusivement en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout autre a été le regard porté sur la CEE par les quatre pays « périphériques » mentionnés plus haut. Pour l’Irlande, il s’est agi de sortir de son tête-à-tête avec l’ancien occupant britannique et d’accéder à un statut d’égalité formelle avec lui. Pour la Grèce, le Portugal et l’Espagne, l’adhésion a représenté un retour dans la famille des nations démocratiques après les dictatures des colonels, de Salazar et de Franco. Si l’on ajoute à cela le fait que ces quatre pays ont bénéficié d’importants transferts financiers grâce au fonds structurels européens, on comprend que leurs opinions publiques aient longtemps eu une idée très positive de l’UE, et que, à part l’Irlande, elles ne se soient guère posé de questions sur la nature de ses politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’entrée de ces Etats dans le cercle fermé de la zone euro, politiquement considérée par eux comme le nec plus ultra de l’appartenance européenne, qui a provoqué leur déconfiture actuelle. Leurs dirigeants n’ont pas compris qu’une politique monétaire unique pour des économies profondément dissemblables constituait un non sens. Après en avoir bénéficié pendant une décennie par la possibilité d’emprunter sur les marchés à des taux d’intérêt faibles, presque identiques à ceux pratiqués pour l’Allemagne, ils ont un à un été emportés par la crise financière et ils ont accumulé des montagnes de dettes publiques et privées.</p>
<p style="text-align: justify;">L’heure de vérité a alors sonné : ils ont brutalement pris conscience que l’UE n’était pas un club d’assistance mutuelle, mais qu’elle était régie par la loi du plus fort – en l’occurrence l’Allemagne –, dans un contexte de soumission aux diktats des marchés financiers. Les plans dits de « sauvetage » imposés à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal (et bientôt à l’Espagne) équivalent à une cure d’austérité et de régression sociale à perpétuité. La désillusion est profonde : cette Europe, qu’ils avaient crue protectrice et solidaire, désarticule leurs sociétés, les contraint à brader leur patrimoine public et déstabilise leurs gouvernements. Peut-on d’ailleurs encore parler de gouvernements quand les décisions majeures ne relèvent plus du suffrage populaire et des autorités élues, mais des agences de notation et du trio Commission européenne/Banque centrale européenne/ Fonds monétaire international ?</p>
<p style="text-align: right;">Bernard Cassen</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Source</strong> : <a href="http://www.medelu.org/spip.php?article818">http://www.medelu.org/spip.php?article818</a></p>
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		<title>Un si beau mot …</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/03/10/un-si-beau-mot-%e2%80%a6/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Mar 2011 10:49:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Les agences de notations n’aiment pas les révolutions en cours dans les pays arabes. À plusieurs reprises, alors que les peuples se débarrassaient de dictatures, les notes de la Tunisie, de l’Égypte et de la Libye se sont vues dégradées. Et on trouve des gens pour expliquer qu’il s’agit d’un comportement « rationnel ». Mais qu’appelle-t-on raison ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/BeauMot.jpeg"><img class="size-full wp-image-3936 aligncenter" title="BeauMot" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/BeauMot.jpeg" alt="" width="259" height="194" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les agences de notations n’aiment pas les révolutions en cours dans les pays arabes. À plusieurs reprises, alors que les peuples se débarrassaient de dictatures, les notes de la Tunisie, de l’Égypte et de la Libye se sont vues dégradées.</em></strong></p>
<p>Et on trouve des <a href="http://resultat-exploitations.blogs.liberation.fr/finances/2011/02/cynique.html">gens pour expliquer qu’il s’agit d’un comportement « rationnel »</a>.</p>
<p><strong>Mais qu’appelle-t-on raison ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Fut un temps, il était rationnel de penser que Dieu existait, et les personnes qui remettaient en question cette idée étaient au mieux des fous, au pire des agents du démon ou des asociaux. Mais avant, c’était les chrétiens qui étaient irrationnels avec leur Messie crucifié [<span style="text-decoration: underline;">1</span>], puis un jour ce fut les païens et les juifs qui passèrent pour irrationnels, car refusant la révélation ultime en Jésus-Christ. Aujourd’hui c’est la foi en Dieu qui apparaît irrationnelle pour bien de nos contemporains.</p>
<p style="text-align: justify;">Fut un temps, il était rationnel de penser que si une pomme tombait, c’était parce qu’il était dans sa nature de tomber. Puis Newton vint, et la rationalité fut de penser que si une pomme tombait, c’est parce qu’il existait une force qui la reliait à la terre. Et ensuite la rationalité fut la théorie d’Einstein, qui expliquait l’attraction de la pomme par la déformation locale de l’espace-temps.</p>
<p style="text-align: justify;">On le voit, la rationalité d’une pensée, d’une idée, n’a de sens, de valeur qu’à l’intérieur d’un paradigme [<span style="text-decoration: underline;">2</span>].</p>
<p style="text-align: justify;">On peut toujours dire : à l’intérieur du système économique, la décision des agences de notations à sa rationalité. « L’économie veut que cette note soit dégradée ».</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, mais … l’économie n’est pas un paradigme de pensée. L’économie est une matière, une discipline. À l’intérieur de cette discipline, plusieurs paradigmes de pensée peuvent exister : aujourd’hui on nous présente le paradigme actuel, celui de l’évaluation constante, de la concurrence, du toujours plus, comme l’économie. Mais il ne s’agit que d’un paradigme, le paradigme que je qualifierais rapidement de libéral productiviste.</p>
<p style="text-align: justify;">La théologie de Luther n’est pas <em>la</em> théologie, la théologie du concile de Trente n’est pas <em>la</em> théologie, celle de Vatican II non plus. Ce sont des <em>paradigmes</em> théologiques. Ils ont plus ou moins de cohérences internes. Mais aucune ne peut en soit prétendre s’imposer comme la vérité théologique. La théologie serait l’art de trouver le meilleur paradigme, celui le plus à même d’annoncer et de rendre compte de l’Évangile dans une situation précise.</p>
<p style="text-align: justify;">De même, la physique d’Einstein, celle de Newton, celle d’Aristote, ne sont pas <em>la</em> physique : elles sont seulement différents paradigmes. La physique serait l’art de trouver le meilleur paradigme, celui le plus à même de rendre compte des phénomènes matériels qui nous entourent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors, qu’est ce que serait l’économie ?</strong></p>
<p>Le mot économie est formé de deux mots : <em>nomos</em>, qui désigne la règle, la manière, l’usage, voire un style musical ; et <em>oikos</em> : la maison, le lieu de vie.</p>
<p>L’économie serait donc la manière de trouver le meilleur paradigme de règles pour gérer la maison. L’économie, c’est la science de la gestion du bien commun. Ce n’est pas la science de la concurrence et de l’évaluation, cela, c’est l’application d’un paradigme économique.</p>
<p>Deux questions se posent alors :</p>
<p>•                Quels seraient les critères pour trouver le meilleur paradigme économique ? Voilà un peu près depuis que l’homme pense, que l’homme vit en communauté, qu’on se pose la question. Je ne prétendrais pas y répondre dans cet article.</p>
<p>•                Quel est aujourd’hui le meilleur paradigme ? Le paradigme marxiste, le paradigme libéral productiviste, le paradigme keynésien, le paradigme écologique ? J’ai bien ma préférence pour le dernier [<span style="text-decoration: underline;">3</span>], mais là n’est pas la question.</p>
<p>Aujourd’hui, je constate simplement que le paradigme qui sert aux agences de notations n’est pas, pour moi, pour les hommes, un paradigme fiable. Car au lieu de rendre service au bien commun, et donc à tous, il ne rend service qu’à quelques-uns, puisqu’une dictature y est meilleure qu’un mouvement démocratique. Peu m’importe que cette dégradation soit justifiée dans ce paradigme : ce qu’il faut changer, c’est ce paradigme.</p>
<p>Aujourd’hui, le mot économie n’est plus utilisé dans le discours dominant pour parler de la manière de trouver une <em>modus vivendi</em>, au sens noble, c’est-à-dire une <em>manière de vivre</em> dans une seule maison. Il est là pour justifier le <em>modus vivendi</em> de quelques-uns, le <em>way of life</em>, le productivisme et la concurrence, ce <em>way of life</em> qui au dire de Georges Bush Junior ne serait pas négociable pour les Américains.</p>
<p>Alors, j’ai envie de rappeler que le mot <em>économie</em> peut être un bon mot, un beau mot, un mot agréable, un mot doux, un mot de foi.</p>
<p>Dans le Nouveau Testament et chez les Pères de l’Église il désigne parfois, souvent même, la manière dont Dieu intervient pour gérer avec l’homme sa création, pour que la création reste bonne (Gn 1), (re)devienne bonne. Ce qu’on appelle parfois l’action salvatrice de Dieu, l’<em>économie du salut</em>.</p>
<p>Je cite ici deux passages du Nouveau Testament où le mot <em>économie</em> à ce sens, celui de l’effort constant de Dieu pour entretenir une relation sereine avec l’homme, pour que l’homme entretienne cette relation sereine avec lui-même et avec la maison, dans laquelle il l’a placé, cette maison-jardin qu’est la Terre [<span style="text-decoration: underline;">4</span>].</p>
<p><strong><em>1</em></strong><em> <sup>3</sup> Selon ce que je t’ai recommandé à mon départ pour la Macédoine, demeure à Ephèse pour enjoindre à certains de ne pas enseigner une autre doctrine, <sup>4</sup> et de ne pas s’attacher à des légendes et à des généalogies sans fin ; cela favorise les discussions plutôt que l’<strong>économie</strong></em><em> de Dieu, qui se réalise dans la foi.</em></p>
<p><em>1 Tm 1, 3-4 (Traduction Œcuménique de la Bible [<span style="text-decoration: underline;">5</span>])</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong><em>3</em></strong><em> <sup>8</sup> Moi, qui suis le dernier des derniers de tous les saints, j’ai reçu cette grâce d’annoncer aux païens l’impénétrable richesse du Christ <sup>9</sup> et de mettre en lumière <strong>l’économie du</strong></em><em> mystère tenu caché depuis toujours en lui, le créateur de l’univers ; <sup>10</sup> ainsi désormais les Autorités et Pouvoirs, dans les cieux, connaissent, grâce à l’Eglise, la sagesse multiple de Dieu, <sup>11</sup> selon le projet éternel qu’il a exécuté en Jésus Christ notre Seigneur.</em></p>
<p><em>Ep 3, 8-11 (Traduction Œcuménique de la Bible [<span style="text-decoration: underline;">6</span>])</em></p>
<p>Cette économie, de Dieu, les auteurs des livres bibliques l’ont vu dans la création ; dans la promesse divine de ne plus détruire la terre mais de garder son arc posé dans le ciel ; <em>dans la libération du peuple</em> d’Israël de l’Égypte et de Babylone, dans la prédication, la vie, l’amour jusqu’à la mort, la résurrection de Jésus ; ils l’ont espérée pour une fin du monde proche.</p>
<p>L’économie divine implique la libération d’un peuple. L’économie divine n’est qu’une économie en vue de la libération. La rationalité du paradigme de l’économie divine, c’est la libération.</p>
<p>Si Dieu avait noté l’Égypte, la Tunisie, la Libye, selon sa rationalité économique, la note aurait été faible pendant longtemps, elle aurait bondi ces derniers temps.</p>
<p>La rationalité de l’économie divine n’est pas celle de l’économie des agences de notations.</p>
<p>Mais après tout, Paul nous avait avertis depuis longtemps.</p>
<p><strong><em>1</em></strong><em> <sup>25</sup> Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.</em></p>
<p><em>1 Co 1, 25 (Traduction Œcuménique de la Bible)</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Et pour une fois, je conclus un de mes articles par …  Amen !</p>
<p><strong>Notes : </strong></p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">1</span>] Voir 1 Co 1, 18-29</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">2</span>] Voir à se sujet l’ouvrage de Thomas Kuhn, <em>La Structure des révolutions scientifiques</em>.</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">3</span>] Pour une présentation de ce paradigme, on pourra lire Alain Lipietz, <em>Qu’est-ce que l’écologie politique ?</em></p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">4</span>] Sur l’aspect « écologique » de l’action de Dieu, on se reportera aux récit de Pâques, qui la présente comme une nouvelle création, mais aussi à Rm 8, 19-23. On pourra consulter aussi l’oeuvre du systématicien Jürgen Moltmann, dont on trouvera une anthologie dans <em>Le rire de l’Univers</em>.</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">5</span>] J’ai modifié le mot en gras, pour le remplacer par économie.</p>
<p>[<span style="text-decoration: underline;">6</span>] <em>idem</em>.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: right;">Par Maïeul Rouquette</p>
<p style="text-align: right;">Publié le 26 février 2011</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://blog.maieul.net/Un-si-beau-mot">http://blog.maieul.net/Un-si-beau-mot</a></p>
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		<title>Multi-culturalisme et malentendus</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/02/22/multi-culturalisme-et-malentendus/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Feb 2011 13:28:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nsae.fr/?p=3819</guid>
		<description><![CDATA[Par Caroline Fourest* A force de confusion et d&#8217;instrumentalisation, le terme « multiculturalisme » a généré l&#8217;un des plus grands malentendus politiques de notre époque. Premier contresens fréquent, « multiculturalisme » ne veut pas dire « multiculturel ». Il s&#8217;agit d&#8217;une philosophie politique, d&#8217;inspiration anglo-saxonne, qui consacre le droit à la différence plutôt que le droit à l&#8217;indifférence. Quitte à favoriser [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Caroline Fourest*</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/C.Fourest.jpeg"><img class="size-full wp-image-3820 aligncenter" title="C.Fourest" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/C.Fourest.jpeg" alt="" width="135" height="90" /></a><br />
</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">A force de confusion et d&#8217;instrumentalisation, le terme « multiculturalisme » a généré l&#8217;un des plus grands malentendus politiques de notre époque. Premier contresens fréquent, « multiculturalisme » ne veut pas dire « multiculturel ». Il s&#8217;agit d&#8217;une philosophie politique, d&#8217;inspiration anglo-saxonne, qui consacre le droit à la différence plutôt que le droit à l&#8217;indifférence. Quitte à favoriser ce qui divise et non ce qui rassemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme bien des philosophies politiques, elle est plus subtile en théorie qu&#8217;en pratique. Ses théoriciens les plus avisés n&#8217;approuvent pas l&#8217;excès communautariste. Il faut d&#8217;ailleurs bien distinguer le « communautaire » du « communautarisme ». Le communautaire n&#8217;est absolument pas un problème, au contraire, tant qu&#8217;il crée un lien en plus de la citoyenneté. Il ne devient excessif, « communautariste », que lorsqu&#8217;il vise à fonder une appartenance submergeant l&#8217;appartenance citoyenne. Non sans paradoxe, les dominants agitent souvent ce spectre lorsqu&#8217;une minorité s&#8217;organise pour obtenir l&#8217;égalité. Comme lorsque des homosexuels se mobilisent pour demander le droit au mariage. A tort. Le véritable communautarisme n&#8217;est pas là. Il survient lorsque des groupes religieux prônent la suprématie de la loi religieuse sur la loi commune, ou souhaitent y déroger.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est le véritable point faible du « multiculturalisme ». Mélanger des questions comme le refus de la discrimination et l&#8217;aspiration au particularisme. On le doit notamment à l&#8217;un de ses promoteurs canadiens : Charles Taylor. Philosophe mais aussi homme politique, anglophone et partisan de la liberté religieuse à l&#8217;américaine, il a pensé le multiculturalisme pour garantir l&#8217; « authenticité » et la « survie » de cultures très différentes. Bien qu&#8217;essentialiste, son approche est certainement valable pour les cultures autochtones, menacées de disparition. Plus douteuse au sujet de la question québécoise. Et carrément périlleuse pour le « faire société » si on l&#8217;étend aux communautés religieuses&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Elle incite notamment des ultra-orthodoxes juifs à vivre selon leurs règles, dans un quartier de Montréal, depuis plus de deux siècles. Au point d&#8217;ouvrir des lieux de culte sans autorisation, d&#8217;exiger qu&#8217;on givre les vitres de commerces leur posant problème ou même de mettre le feu en pleine rue sous prétexte de célébrer la crémation des pains.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise du multiculturalisme vient de ces « accommodements religieux », dits « raisonnables », mais jugés de plus en plus « déraisonnables ». Il ne s&#8217;agit plus d&#8217;accommoder des groupes dominés aspirant à l&#8217;égalité &#8211; comme les femmes enceintes sur leur lieu de travail &#8211; mais d&#8217;accommoder des groupes dominants, parfois intégristes, aspirant à l&#8217;inégalité (notamment hommes-femmes). Autrement dit, de tolérer l&#8217;intolérance.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est donc la laïcité « ouverte » ou « positive » induite par le multiculturalisme, et non l&#8217;immigration ou le multiculturel, qui est responsable de son échec. Il est allé trop loin au Canada, aux Pays-Bas et en Angleterre. Mais pas en France, où il n&#8217;a jamais été appliqué qu&#8217;à l&#8217;échelon local (avec l&#8217;autorisation de prier en pleine rue). Ce qui n&#8217;empêche pas une immense confusion propre à l&#8217;arnaque politique. Au niveau national, l&#8217;homme politique français qui a le plus oeuvré pour importer cette philosophie anglo-saxonne s&#8217;appelle Nicolas Sarkozy, jusqu&#8217;au tournant à 180 degrés sur l&#8217;identité nationale. Tout aussi problématique. Sur TF1, dans « Face aux Français », il lui a suffi d&#8217;une question Internet pour reprendre la main et devenir l&#8217;homme qui le pourfend. Réduisant, comme toujours, la gauche à subir et à se positionner contre. Va-t-elle tomber dans le piège ? Réponse en 2012.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>* Caroline Fourest</strong></p>
<p><em>Essayiste et journaliste, rédactrice en chef de la revue &#8221; ProChoix &#8220;, elle est l&#8217;auteure notamment de &#8221; La Tentation obscurantiste &#8221; (Grasset, 2005) et de &#8220;La Dernière Utopie &#8221; (Grasset, 2009).</em></p>
<p><strong>Source </strong>: Le Monde daté du 19 février 2011</p>
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		<title>Les réfugiés mis au frigo</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Jan 2011 09:43:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon le HCR, environ 200 000 réfugiés ne peuvent, chaque année, ni rentrer chez eux ni rester dans les pays qui les ont accueillis. L’Union européenne en aide considérablement moins que ne lui permettent ses ressources et capacités. Une opinion de Rui Tavares, Député au Parlement européen et coordinateur de la commission Libe pour la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Selon le HCR, environ 200 000 réfugiés ne peuvent, chaque année, ni rentrer chez eux ni rester dans les pays qui les ont accueillis. L’Union européenne en aide considérablement moins que ne lui permettent ses ressources et capacités. Une opinion de Rui Tavares, Député au Parlement européen et coordinateur de la commission Libe pour la GUE.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RéfugiésUE.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3588" title="RéfugiésUE" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RéfugiésUE.jpg" alt="" width="230" height="160" /></a></p>
<p><strong><em><br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les réfugiés sont parmi les personnes les plus vulnérables au monde. Dans cet article, nous vous parlerons des plus vulnérables parmi les vulnérables. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), chaque année, environ 200 000 réfugiés ne peuvent ni rentrer chez eux &#8211; ils y risqueraient leur vie &#8211; ni rester dans les pays qui les ont accueillis, en particulier les pays de transit qui n’ont pas signé la Convention de <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Gen%E8ve">Genève</a> de 1951 &#8211; n’étant pas autorisés à y travailler dans la légalité, chavirant ainsi dans des conditions précaires induites par le travail illégal. Les instances internationales elles-mêmes le reconnaissent : la seule hypothèse durable pour ces populations s’avère être la réinstallation. En d’autres termes, offrir à ces personnes une nouvelle vie dans un pays tiers d’accueil.</p>
<p style="text-align: justify;">Répétons-le : il s’agit ici d’une petite minorité parmi les millions de réfugiés dans le monde, dont 90 % souhaitent regagner leur région d’origine. Des individus que les autorités internationales, et notamment le HCR, connaissent particulièrement bien. Ce dernier a confirmé les cas de persécution et ces réinstallations prioritaires concernent des réfugiés victimes de violences physiques ou sexuelles, y compris la torture, ceux qui ont besoin d’un traitement médical qu’il est impossible de donner dans les camps, ceux qui risquent leur vie là où ils se trouvent ainsi que les enfants non accompagnés dont la réinstallation est, certainement, dans leur meilleur intérêt. Tous les cas sont documentés, les dossiers sont suffisamment détaillés et ont été examinés un par un afin de vérifier, entre autres, si parmi eux ne se trouve aucun criminel de guerre. Les réfugiés dont nous parlons ont des papiers, sont reconnus par les instances internationales et l’Union européenne n’a aucun doute quant à l’urgence de trouver une solution durable pour ces personnes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceux qui ont visité ces réfugiés vivant dans des camps ou en milieu urbain et dont le statut a été, pour tous, certifié par le HCR, savent que leur vie peut rester en suspens pendant des années avant qu’une solution ne soit trouvée.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne nouvelle, c’est que cette solution existe. Près de la moitié des réfugiés à réinstaller chaque année ont vu leur situation se dénouer grâce à l’aide de plusieurs pays. A commencer par les <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/%C9tats-Unis+d%27Am%E9rique">Etats-Unis</a>, qui réinstallent près de 80 000 réfugiés par an. Si nous ajoutons à cela les quelque 20 000 qu’accueillent d’autres acteurs tels que le <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Canada">Canada</a> et l’<a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Australie">Australie</a> ou, plus récemment, le Brésil et le <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Chili">Chili</a>, nous atteignons les 100 000 réfugiés réinstallés chaque année. Il nous reste donc à trouver une solution pour l’autre moitié.</p>
<p style="text-align: justify;">Et la mauvaise nouvelle, c’est que l’Union européenne en fait considérablement moins que ne lui permettent ses ressources et capacités. Sur les 27 Etats membres, dix se sont engagés à réinstaller des réfugiés, ce qui permet d’offrir une solution à uniquement 4500 cas chaque année &#8211; un nombre qui se trouve à des années-lumière de ce que font les Etats-Unis et bien en deçà des ambitions et des responsabilités que l’<a href="http://www.lalibre.be/sujet/ON/Union+europ%E9enne">UE</a> est censée assumer en tant qu’&#8221;acteur global&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2009, le gouvernement suédois &#8211; qui présidait alors l’UE &#8211; a déclaré qu’il était possible d’atteindre les 100 000 réinstallations par année en <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Europe">Europe</a>. Si nous passions à l’acte, nous pourrions réaliser un fait sans précédent : régler un problème humanitaire. C’est dans ce but que la <a href="http://www.lalibre.be/sujet/ON/Commission+europ%E9enne">Commission européenne</a> a proposé d’effectuer des modifications au Fonds européen pour les réfugiés et a soumis sa proposition au Parlement. Pendant le travail législatif, l’enthousiasme était patent : nous avons augmenté les fonds mis à disposition des Etats membres de l’Union, tout en accordant une attention particulière aux 17 pays qui n’ont pas encore participé à des programmes de réinstallation; nous avons établi des catégories de réinstallation et permis une concentration des efforts dans des régions considérées comme prioritaires; nous avons prévu des mécanismes de facilitation des opérations d’urgence en cas de catastrophe, de crise et d’imprévus; nous avons proposé la création d’une petite unité consacrée à la réinstallation. Une large majorité du Parlement, allant des communistes aux conservateurs, a approuvé un texte final en mai dernier.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis vint le temps de l’attente et, après l’attente, celui de la déception.</p>
<p style="text-align: justify;">En juillet, la présidence belge a entamé ses travaux et les premiers échanges furent positifs. Il y avait un réel consensus entre la Commission, le Parlement et le Conseil concernant les mesures à prendre, et ce large consensus a d’ailleurs été, à plusieurs reprises, réaffirmé lors des réunions qui ont eu lieu à <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Bruxelles">Bruxelles</a> et à <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Strasbourg+%28Bas-Rhin%29">Strasbourg</a>. Mais la présidence de l’UE n’a pas mené à terme le processus de codécision, le Conseil n’ayant jusqu’à présent pas voté ce texte pourtant approuvé par le Parlement il y a déjà huit mois. Autrement dit, ni réponse négative ni réponse positive, mais un droit de veto tacite probablement exacerbé par une interprétation ésotérique du traité de <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Lisbonne">Lisbonne</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est la présidence de l’UE qui détermine les priorités et l’ordre du jour du Conseil. Et c’est à elle que revient le pouvoir de conclure le processus de codécision. Cette attitude nous a surpris et déçu. Elle est révélatrice d’une grande froideur et d’une insoutenable négligence vis-à-vis de ces réfugiés qui attendent toujours dans des camps, vivant dans des conditions d’extrême précarité. Tout le monde s’accorde à dire qu’ils n’ont d’autre solution que d’être réinstallés et l’Europe peut les y aider. Constater qu’elle ne le fera pas pour des raisons purement institutionnelles est grave, voire cruel.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne l’oublions pas : il s’agit ici d’êtres humains. Et ces impasses institutionnelles se paient en conséquences réelles : nous allons perdre une année (2011) de soutien financier aux nouveaux pays d’accueil et nous ne serons donc pas en mesure de fermer des camps de réfugiés tels que Al Hol, en <a href="http://www.lalibre.be/sujet/GL/Syrie">Syrie</a>, où la sécheresse sévit depuis plus d’une décennie, où les enfants qui y vivent poursuivront, une année de plus, leur scolarité dans des conditions inacceptables. Il s’agit d’une énorme défaite pour tous ceux qui se sont engagés dans ce combat, et c’est ajouter encore un peu plus au désespoir de tous ces réfugiés. Personne n’y gagne; mais il y en a qui perdent du temps de vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est donc légitime de se poser la question suivante : pourquoi les réfugiés n’ont-ils pas été une priorité pour la présidence belge de l’UE ?</p>
<p><strong>Source </strong>:</p>
<p><a href="http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/637049/les-refugies-mis-au-frigo.html">http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/637049/les-refugies-mis-au-frigo.html</a></p>
<p>Mis en ligne le 19/01/2011</p>
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		<title>Les musulmans de France sont bien intégrés à la société</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Jan 2011 18:15:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coups de cœur]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Création d&#8217;un faux problème par Maurice T. Maschino * Hypocondriaque, ou réellement malade, et même gravement ? Régulièrement, la France a la fièvre et gémit : si elle souffre, c&#8217;est la faute aux étrangers. Plus précisément, aux musulmans &#8211; qui, paraît-il, ne &#8220;s&#8217;intègrent &#8221; pas et, pis, menacent &#8220;l&#8217;identité nationale&#8221; . Mais que signifie ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Création d&#8217;un faux problème</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>par Maurice T. Maschino *</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/M.T.Maschino.jpeg"><img class="size-full wp-image-3537 aligncenter" title="M.T.Maschino" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/M.T.Maschino.jpeg" alt="" width="87" height="111" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Hypocondriaque, ou réellement malade, et même gravement ? Régulièrement, la France a la fièvre et gémit : si elle souffre, c&#8217;est la faute aux étrangers. Plus précisément, aux musulmans &#8211; qui, paraît-il, ne &#8220;s&#8217;intègrent &#8221; pas et, pis, menacent &#8220;l&#8217;identité nationale&#8221; .</p>
<p style="text-align: justify;">Mais que signifie ce diagnostic ? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un musulman &#8220;intégré&#8221; ? Un musulman qui parle le français ? C&#8217;est le cas de la majorité, qui le parle fort bien, et bien mieux que le président de la République. Un musulman qui boit l&#8217;apéro ? Il y en a, comme il y a des Français qui n&#8217;en boivent pas. Un musulman qui mange du porc ? Mais bien des Français préfèrent le poulet ou le poisson. Un musulman monogame ? Mais quasiment tous le sont, et de nombreux Français sont officieusement bi- ou trigames, sinon plus&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Arrêtons cet inventaire absurde : l&#8217;intégration n&#8217;est qu&#8217;un pseudo-concept, ou un concept-prétexte, qui dit autre chose que ce qu&#8217;il semble dire. Et quelque chose que, de nos jours, il n&#8217;est pas plaisant, il est même dangereux d&#8217;avouer : le racisme est un délit. Alors, autant jouer sur les mots, ou avec, et parler d&#8217;intégration, ou de non-intégration : une façon, socialement acceptable et politiquement correcte, d&#8217;exprimer son rejet de l&#8217;autre. Son racisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Même surdiplômé et &#8220;bien sous tous rapports&#8221;, un musulman reste en effet un musulman et, si aucune bizarrerie ne révèle cette &#8220;musulmanité&#8221;, elle est quand même là, en lui, invisible, certes, mais capable, on ne sait jamais, de se manifester : quand on s&#8217;appelle Mustapha Kessous, un journaliste du <em>Monde</em>, on n&#8217;est pas vraiment &#8220;intégré&#8221;. Ni &#8220;intégrable&#8221;. Et même si l&#8217;on sort de Sciences Po, on a du mal à se faire embaucher.</p>
<p style="text-align: justify;">Reprocher aux musulmans de n&#8217;être pas, ou pas assez, intégrés n&#8217;a qu&#8217;un sens : c&#8217;est leur reprocher d&#8217;être ce qu&#8217;ils sont. Et d&#8217;être de trop chez nous. Le rejet des musulmans n&#8217;est qu&#8217;une variante, la variante actuelle, d&#8217;une constante nationale : le rejet de l&#8217;étranger, que Montaigne, il y a plus de quatre siècles, dénonçait déjà.</p>
<p style="text-align: justify;">Un étranger qu&#8217;ont représenté les Noirs &#8211; longtemps interdits de séjour en &#8220;douce France&#8221;, les Russes (<em>&#8220;Grattez le Russe, vous trouvez le Tatar&#8221;</em>, fait dire Dostoïevski aux Français), les Polonais, auxquels les Lillois et autres &#8220;nordiques&#8221; reprochaient de n&#8217;être pas de &#8220;vrais&#8221; catholiques, les juifs, expédiés à Auschwitz, les musulmans, confinés dans des cités poubelles : tout au long de leur histoire, les Français, comme bien d&#8217;autres peuples, évidemment, se sont inventé des boucs émissaires qu&#8217;ils accusaient de tous les maux et badigeonnaient de leurs fantasmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi ces fantasmes : cette &#8220;menace&#8221; que les musulmans, assure-t-on, font peser sur &#8220;nos valeurs&#8221;. Mais là encore, lesquelles ? On est ici en plein déni. Et en pleine projection.</p>
<p style="text-align: justify;">Déni : &#8220;Liberté, Egalité, Fraternité&#8221; ne sont jamais descendues du frontispice des mairies et moins que jamais elles n&#8217;informent ni ne structurent les réalités de la société française. La liberté reste celle du renard dans le poulailler, l&#8217;écart ne cesse de croître entre riches et pauvres, de plus en plus de citoyens perdent logement et travail, les classes moyennes ne cessent de s&#8217;appauvrir et l&#8217;école n&#8217;a qu&#8217;une fonction : dégager une élite, en laissant en friche des centaines de milliers de potentialités.</p>
<p style="text-align: justify;">La laïcité bat de l&#8217;aile : un curé est mieux placé qu&#8217;un instituteur, déclare le président de la République, pour former la conscience des enfants, et la fraternité n&#8217;a jamais été qu&#8217;un beau rêve. Nos valeurs menacées par les musulmans ? Mais nous sommes les premiers à les bafouer !</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au non-respect des femmes, qu&#8217;on leur reproche souvent par projection inconsciente, c&#8217;est d&#8217;abord notre société qu&#8217;il convient d&#8217;accuser. Une société toujours très patriarcale, profondément conservatrice et machiste, qui tient la majorité des femmes à la lisière des postes de direction et de représentation.</p>
<p style="text-align: justify;">Pis, une société incapable de les protéger : chaque jour, 200 femmes sont violées (654 000 en 2010, soit 25 % de plus qu&#8217;en 2009), tous les deux jours et demi, une femme meurt d&#8217;avoir été battue. Plutôt que de le reconnaître et, surtout, de mettre en oeuvre une politique qui protège la vie &#8211; le droit à la vie &#8211; et l&#8217;intégrité de la moitié de la population française, on part en guerre contre la burqa !</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;indigner, comme le demande Stéphane Hessel ? Sans doute. Et dénoncer. Et s&#8217;insurger. Mais, dans l&#8217;aboulie générale qui caractérise cette société, où, <em>&#8220;à droite comme à gauche, l&#8217;enjeu est de servir les droits acquis plutôt que de développer ceux de demain&#8221;</em>, il est peu probable que se dissipent bientôt les fantasmes à travers lesquels on perçoit les musulmans et à cause desquels on s&#8217;interdit de comprendre à quel point la plupart d&#8217;entre eux sont parfaitement intégrés dans la société française.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>* Maurice T. Maschino</strong>, <em>Journaliste-écrivain</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>: article paru dans Le Monde daté du 11 janvier 2011</p>
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