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	<title>NSAE &#187; L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>1905 dans la Constitution</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 18:54:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>
		<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[L’OCL exprime sa position concernant la proposition de François Hollande d&#8217;inscrire le concordat d&#8217;Alsace Moselle dans la Constitution dans une courte déclaration qui s&#8217;appuie sur une argumentation dont les éléments figurant dans les deux textes joints* expriment bien sa réflexion. Déclaration de l’OCL : L&#8217;OCL (Observatoire Chrétien de la Laïcité) se félicite de la volonté de M. François Hollande, s’il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’OCL exprime sa position concernant la proposition de François Hollande d&#8217;inscrire le concordat d&#8217;Alsace Moselle dans la Constitution dans une courte déclaration qui s&#8217;appuie sur une argumentation dont les éléments figurant dans les deux textes joints* expriment bien sa réflexion. </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/loi2-1905.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5975" title="loi2-1905" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/loi2-1905.jpeg" alt="" width="240" height="304" /></a></p>
<p><strong>Déclaration de l’OCL </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;OCL (Observatoire Chrétien de la Laïcité) se félicite de la volonté de M. François Hollande, s’il est élu président de la République, d&#8217;introduire les articles fondateurs de la Loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans la Constitution de la République Française, mais déplore l&#8217;information selon laquelle ce candidat se préparerait aussi à rendre constitutionnelle l&#8217;exception concordataire en Alsace-Moselle.<br />
Ces exceptions, dues à des circonstances historiques particulières, n&#8217;ont plus de raison d&#8217;être aujourd’hui et doivent donc disparaître même si pour cela des négociations et des étapes peuvent s’avérer nécessaires.<br />
L&#8217;OCL affirme que c&#8217;est la Loi de 1905 qui doit devenir la loi de l&#8217;ensemble de la République française.</p>
<p align="right">Jean Riedinger - Secrétaire de l&#8217;OCL</p>
<p align="right">Lundi 30 janvier 2012</p>
<p>* <strong>Textes joints</strong> :</p>
<p>1- Extraits de l’article de Charles Arambourou, à télécharger : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Extraits-C.Arambourou.pdf">Extraits C.Arambourou</a></p>
<p>2- Extraits de l’entretien de Jean Baubérot avec l’AFP, à télécharger : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/J.Bauberot-Laïcité-et-Concordat.pdf">J.Bauberot-Laïcité et Concordat</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Sur la liberté d’expression et le blasphème</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/07/sur-la-liberte-d%e2%80%99expression-et-le-blaspheme/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 17:16:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[« La liberté guidant le peuple » de Eugène Delacroix, 1830, Musée du Louvre, Paris Par l’Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL) A la suite de la réunion de l&#8217;OCL du vendredi 4 novembre un communiqué de presse a été rédigé concernant les agressions intégristes récentes tant à l&#8217;égard de Charlie-Hebdo qu&#8217;à l&#8217;égard de la pièce de théâtre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Liberté.jpeg"><img class="size-full wp-image-5466 aligncenter" title="Liberté" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Liberté.jpeg" alt="" width="223" height="226" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>« La liberté guidant le peuple » de Eugène Delacroix, 1830, </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Musée du Louvre, Paris </em></p>
<p><strong>Par l’Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A la suite de la réunion de l&#8217;OCL du vendredi 4 novembre un communiqué de presse a été rédigé concernant les agressions intégristes récentes tant à l&#8217;égard de Charlie-Hebdo qu&#8217;à l&#8217;égard de la pièce de théâtre attaquée systématiquement par des intégristes &#8220;catholiques&#8221; sous prétexte dans les deux cas de blasphème.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;accusation de blasphème qui suppose de fait le retour à une conception juridico-religieuse d&#8217;avant la démocratie, semble anachronique non seulement, comme le dit Stéphanie Le Bars dans le Monde*, pour les non-croyants, mais aussi, pensons-nous pour les croyants démocrates eux-mêmes dans une société pluraliste de liberté de pensée, d&#8217;expression et de conviction. Cette accusation est le symptôme de la volonté d&#8217;instaurer une idéologie totalitaire sur base &#8220;religieuse&#8221; intégriste et inquisitoriale.</p>
<p style="text-align: justify;">Ci-après le communiqué de l’OCL</p>
<p style="text-align: right;">Jean Riedinger</p>
<p style="text-align: right;">secrétaire de l&#8217;O.C.L.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Communiqué de l’Observatoire chrétien de la Laïcité</strong></em></p>
<p><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Comme beaucoup de nos concitoyens s&#8217;exprimant collectivement ou individuellement nous condamnons les comportements violents d&#8217;intégristes religieux qui estiment &#8220;défendre&#8221; une religion en dénonçant un prétendu blasphème. </em><em>L&#8217;Observatoire Chrétien de la laïcité</em><em> souligne que dans une société démocratique qui respecte la liberté de pensée  le blasphème en tant que tel n&#8217;est pas un délit. En accuser quelqu&#8217;un n&#8217;a de sens que du point de vue de certaines croyances : il ne saurait concerner qui ne partage pas ces croyances. Dès 2003, on pouvait lire dans notre Manifeste : « La République garantit le droit de critiquer publiquement religions et pensées philosophiques, jusqu’à l’ironie ou la comédie, dans les limites de la loi : aucune conviction organisée ne doit à ce sujet revendiquer un caractère intouchable ou sacré. » </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les &#8220;intégristes&#8221; quelles que soient leurs références religieuses ne sont pas les porte-parole de la communauté à laquelle ils disent appartenir. Dans le cas présent, ils en donnent même une image déformée, voire odieuse, contraire au désir du respect du bien commun et de sa &#8220;vitalité&#8221; manifestée par la création artistique par exemple. Si on est citoyen avant d&#8217;être croyant il faut rappeler que démocratie et liberté d&#8217;expression ou de création sont intimement liés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Bien entendu la violence est condamnable. Tout citoyen a le droit de s&#8217;exprimer et aucun n&#8217;a le droit d&#8217;empêcher l&#8217;autre de le faire. La laïcité qui refuse tout lobby (et en particulier celui de la peur) demeure le meilleur rempart pour défendre la liberté d&#8217;expression contre les tentations de pratiques totalitaires.</em></p>
<p style="text-align: right;"><em> Le vendredi 4 novembre 2011</em></p>
<p style="text-align: right;"><em> <strong>Observatoire Chrétien de la laïcité</strong></em></p>
<p><strong>A écouter </strong>:</p>
<p>- <span style="text-decoration: underline;">un court extrait</span> citant le communiqué de l’OCL par Henri Pena-Ruiz au cours de l’émission sur France-Culture du dimanche 6 novembre (infos ci-après) :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/H.Pena-Ruiz.mp3">H.Pena-Ruiz</a></p>
<p>- <span style="text-decoration: underline;">l’intégralité de l’émission</span> de France-Culture (« Les retours du dimanche ») du 6 novembre 2011 (17h-18h) :  « <em><a href="http://www.franceculture.fr/emission-les-retours-du-dimanche-blaspheme-en-rire-ou-en-pleurer-2011-11-06">Blasphème : en rire ou en pleurer ? </a>»</em>, durée 57 min.</p>
<p>* article paru dans Le Monde du 4 novembre 2011 : <em>Les croyants en lutte contre le « rejet » des religions </em>:</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Le-rejet-des-religions.pdf">Le &#8220;rejet&#8221; des religions</a></p>
<p><strong> </strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les diplômes de théologie bientôt reconnus par l’Etat</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/08/26/les-diplomes-de-theologie-bientot-reconnus-par-l%e2%80%99etat/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Aug 2011 10:15:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans quelques jours, l’État et le Saint-Siège devraient annoncer la reconnaissance des diplômes canoniques délivrés par les universités catholiques. Désormais ces diplômes bénéficieront d’une équivalence dans le système universitaire français. Parallèlement, le processus d’évaluation des diplômes par l’Agence d’évaluation du Saint-Siège se poursuit. Nous publions ici une réaction de l&#8217;Observatoire chrétien de la Laïcité. L&#8217;Observatoire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Dans quelques jours, l’État et le Saint-Siège devraient annoncer la reconnaissance des diplômes canoniques délivrés par les universités catholiques. </em></strong><strong><em>Désormais ces diplômes bénéficieront d’une équivalence dans le système universitaire français. </em></strong><strong><em>Parallèlement, le processus d’évaluation des diplômes par l’Agence d’évaluation du Saint-Siège se poursuit.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Nous publions ici une réaction de l&#8217;Observatoire chrétien de la Laïcité.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em></p>
<div><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images14.jpeg"><img class="size-full wp-image-5063 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images14.jpeg" alt="" width="254" height="198" /></a></div>
<p></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Observatoire chrétien de la Laïcité qui avait combattu, avec l&#8217;ensemble des laïques français de toutes tendances, l&#8217;accord du 18 décembre 2008 entre le Saint-Siège et le gouvernement français sur les universités catholiques, ne peut que s&#8217;élever contre l&#8217;annonce de la reconnaissance prochaine par l&#8217;Etat français des diplômes canoniques délivrés par les facultés ecclésiastiques. Il s &#8216;agit en effet de la mise en place progressive de cet accord concordataire par lequel l’État français se lie avec l&#8217; « État » du Vatican qui joue avec une grande duplicité entre son statut politique (Vatican) et son ministère religieux (Saint-Siège) et qui prétend en outre exercer son « pouvoir » de discernement sur des établissements français dont il est censé de par cet accord désigner l&#8217;identité à l’État français ! Le Conseil d’État consulté par les organisations laïques avait rappelé qu&#8217;il revient selon la Loi à l&#8217;Université publique d&#8217;apprécier et de délivrer les diplômes dits profanes acquis au sein d es instituts et catholiques. Il semble que &#8211; pour le moment (?) &#8211; cet avis soit respecté.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il est d&#8217;autant plus étonnant de voir l’État français reconnaître l&#8217;excellence d&#8217;études proprement théologiques, faites dans le cadre d&#8217;un enseignement privé, même si elles ont un rapport &#8211; comme toute théologie &#8211; avec des matières qui peuvent être aussi l&#8217;objet d&#8217;études universitaires profanes. Sur le fond l’État français n&#8217;a aucune compétence pour juger de l&#8217;excellence des études théologiques fussent-elles seulement &#8211; pour l&#8217;instant &#8211; canoniques. L&#8217;OCL souligne que rien n&#8217;interdit à l&#8217;université publique de développer des départements laïques de recherche et d&#8217;études en sciences religieuse, notamment en ce qui concerne l&#8217;étude du droit canon, qui relève au demeurant du domaine des études de droit en général. Ce qui , de ce point de vue,est un  précédent inquiétant concernant les études dites profanes.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant aux Églises et autres institutions religieuses, elles peuvent organiser si elles le désirent des formations de haut niveau, dont tout homme cultivé peut profiter en toute liberté d&#8217;esprit s&#8217;il le désire. Mais il n&#8217;appartient pas à l’État laïque de garantir la valeur universitaire, donc universelle, de recherches et d&#8217;enseignements qui se font dans le cadre nécessaire d&#8217;une religion particulière.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce domaine comme en bien d &#8216;autres, notamment dans d&#8217;autres pays d&#8217;Europe, le Vatican cherche à établir l&#8217;idée que « <em>la collaboration loyale entre l’Église et l’État – qui représente une société avec des racines chrétiennes – doit être la règle et non une exception provoquée par un événement de cette ampleur (les JMJ)</em> » (citation du journal espagnol Il Mundo).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;OCL refuse de mettre ainsi sur le même plan l&#8217;Etat démocratique et une institution religieuse particulière, fut elle mondialement présente, dont l&#8217;organisation – c&#8217;est un comble – repose de plus sur une monarchie absolue.</p>
<p style="text-align: right;">Jean Riedinger, secrétaire de l&#8217;OCL</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Crucifix dans les classes des écoles publiques italiennes : la CEDH ne constate pas de violation</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/03/22/crucifix-dans-les-classes-des-ecoles-publiques-italiennes-le-cedh-ne-constate-pas-de-violation/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 11:49:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[La Croix du 21 mars 2011 * nous informe que la Cour européenne des droits de l&#8217;homme (CEDH) est - malheureusement &#8211; revenue sur un premier arrêt qui demandait à l&#8217;Etat italien de retirer les crucifix des écoles publiques de la péninsule pour respecter la diversité des convictions des parents et des enseignants. Dans un article [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audience_Lautsi.jpg"><img class="size-full wp-image-4027 aligncenter" title="Audience_Lautsi" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Audience_Lautsi.jpg" alt="" width="150" height="100" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La Croix du 21 mars 2011 * nous informe que la Cour européenne des droits de l&#8217;homme (CEDH) est - malheureusement &#8211; revenue sur un premier arrêt qui demandait à l&#8217;Etat italien de retirer les crucifix des écoles publiques de la péninsule pour respecter la diversité des convictions des parents et des enseignants.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un article digne des périodes que l&#8217;on croyait révolues du catholicisme triomphaliste, La Croix met en encadré un extrait d&#8217;une prise de position du cardinal Peter Erd, président du conseil des conférences épiscopale d&#8217;EUROPE (COMECE) :<em> « Sans le crucifix, </em>proclame ce cardinal,<em> l&#8217;Europe que nous connaissons aujourd&#8217;hui n&#8217;existerait pas. Voilà pourquoi ce jugement est avant tout une victoire de l&#8217;Europe</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">De tels propos nient de façon insoutenable la réalité de l&#8217;histoire et encore plus la réalité de ce qu&#8217;est aujourd&#8217;hui l&#8217;Europe. Comment un membre éminent de la hiérarchie catholique ignore-t-il qu&#8217;il n&#8217;y aurait pas l&#8217;Europe que nous connaissons aujourd&#8217;hui sans le christianisme, sous des formes extrêmement variées et évolutives d&#8217;ailleurs, sans les traditions celtiques, la pensée grecque, la civilisation et la philosophie latine, sans les apports de la pensée juive musulmane, sans l&#8217;humanisme des Lumières, sans les philosophies athées ou agnostiques sans la multiplicité des sagesses religieuses ou laïques &#8230;?</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi imposer l&#8217;accrochage de crucifix dans des écoles publiques ouvertes à tous les enfants de toutes les familles de conviction qui enrichissent aujourd&#8217;hui  l&#8217;Europe et notamment l&#8217;Italie, n&#8217;est pas une victoire de l&#8217;Europe mais une défaite des valeurs qu&#8217;elle représente dans le monde, valeurs de respect mutuel et d&#8217;accueil de la diversité. C&#8217;est revendiquer le monopole des catholiques sur la culture commune et favoriser les réflexes identitaires et communautaristes.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis un chrétien qui souffre de ce mépris affiché par des chrétiens à l&#8217;égard de tous les européens qui ne se situent pas dans la tradition catholique et ne considèrent pas le crucifix comme symbole de leurs valeurs.</p>
<p style="text-align: right;">Jean Riedinger, secrétaire de l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)</p>
<p style="text-align: right;">21 mars 2011</p>
<p>* Cf article reproduit ci-après</p>
<p>_______________________________________________________________________</p>
<p><strong>Les écoles italiennes pourront conserver leurs crucifix</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La Cour européenne des droits de l&#8217;homme a estimé vendredi 18 mars que la présence de crucifix dans les écoles publiques italiennes n&#8217;était pas contraire au droit de l&#8217;éducation.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quels sont les faits ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au début des années 2000, Soile Lautsi, mère de deux enfants scolarisés dans une école publique de la province de Padoue (nord-est de l’Italie), avait saisi la justice italienne pour protester contre la présence de crucifix dans les salles de classe, estimant que ses fils subissaient une différence de traitement discriminatoire par rapport aux élèves catholiques. Le Conseil d’État italien avait conclu que ces crucifix constituaient <em>« un symbole adéquat pour exprimer les valeurs civiques comme la tolérance, le respect et l’attention aux autres »</em> . L’affaire fut portée devant la Cour européenne des droits de l’homme, au nom de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme qui garantit la liberté de pensée, de conscience et de religion. En 2009, la CEDH a jugé la présence de crucifix <em>« contraire au droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions »</em> . Mais, vendredi, un second jugement a finalement estimé que ce symbole religieux ne viole pas le droit à l’instruction. Un revirement notable : l’arrêt précise que <em>« les autorités ont agi dans les limites de la latitude dont dispose l’Italie dans le cadre de son obligation de respecter le droit des parents d’assurer cette instruction conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques ».</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment ont réagi le Vatican et les autorités italiennes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a salué une sentence <em>« particulièrement engageante et historique ». « La décision reconnaît à un niveau juridique international</em> (…) <em>que la culture des droits de l’homme ne doit pas être en contradiction avec les fondements religieux de la civilisation européenne, à laquelle le christianisme a apporté une contribution essentielle. Elle reconnaît que, conformément au principe de subsidiarité, chaque pays doit pouvoir bénéficier d’une marge importante quand il s’agit de la valeur des symboles religieux dans son histoire culturelle et son identité nationale. Dans le cas contraire, on finirait paradoxalement, au nom de la liberté religieuse, par bannir son expression de l’espace public en violant cette même liberté et gommant les identités spécifiques et légitimes. »</em> De son côté, Franco Frattini, ministre italien des affaires étrangères, a ajouté que <em>« cette décision nous aide à surmonter les symptômes d’un laïcisme dangereux. C’est le premier signal d’un réveil de l’Europe, qui s’est montrée timide et éloignée du bon sens, en sacrifiant des valeurs et un principe tel que l’identité chrétienne. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelles sont les réactions des épiscopats européens ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le cardinal Peter Erd, président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe, a déclaré qu’<em>« un espoir est né non seulement pour les chrétiens, mais pour tous les citoyens de l’Europe, croyants et laïques, qui avaient été profondément blessés par le jugement du 3 novembre 2009 et qui sont préoccupés face à des procédures qui tendent à effriter une grande culture comme la culture chrétienne ».</em> En effet, rappelle-t-il, <em>«sans le crucifix, l’Europe que nous connaissons aujourd’hui n’existerait pas. Voilà pourquoi ce jugement est avant tout une victoire pour l’Europe».</em> Même tonalité du côté de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne : <em>« Pour les croyants d’autres religions et même pour les non-croyants, la croix peut être appréciée comme un symbole de non-violence et de résistance à la vengeance. Son exposition publique rappelle à tous les êtres humains la nécessité de respecter la dignité humaine, un principe qui est à la source de tous les droits fondamentaux. »</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>François-Xavier Maigre et Frédéric Mounier</strong> (à Rome)</p>
<p style="text-align: right;">Article publié dans La Croix du 21 mars 2011</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>texte mis en encadré  dans l&#8217;article </em>:</p>
<p>______________________________________________</p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td width="482" valign="top">«Sans le   crucifix,l’Europe que nous connaissons aujourd’hui n’existerait pas.</p>
<p>Voilà   pourquoi ce jugement est avant tout une victoire pour l’Europe. »</p>
<p>_______________________________________________</p>
<p><strong>Lire le communiqué de presse détaillé publié par la CEDH</strong> :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Lautsi_PR_FR.pdf">Lautsi_PR_FR</a></td>
</tr>
</tbody>
</table>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nsae.fr/2011/03/22/crucifix-dans-les-classes-des-ecoles-publiques-italiennes-le-cedh-ne-constate-pas-de-violation/feed/</wfw:commentRss>
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		<title>OBSERVATOIRE CHRÉTIEN DE LA LAÏCITÉ</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Mar 2011 11:58:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Président Sarkozy &#8211; par exemple récemment au Puy-en-Velay &#8211; en rajoute sur l&#8217;identité nationale et continue de la lier à des racines chrétiennes mélangeant à son habitude des vérités semi historiques et des idéologies identitaires, alors qu&#8217;il lance un débat sur la laïcité qui vise surtout de façon très confuse l&#8217;Islam, au moment où [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong>Le Président Sarkozy &#8211; par exemple récemment au Puy-en-Velay &#8211; en rajoute sur l&#8217;identité nationale et continue de la lier à des racines chrétiennes mélangeant à son habitude des vérités semi historiques et des idéologies identitaires, alors qu&#8217;il lance un débat sur la laïcité qui vise surtout de façon très confuse l&#8217;Islam, au moment où l&#8217;extrême-droite s&#8217;empare de ce thème à des fins xénophobes voire racistes. L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité vient d&#8217;envoyer aux partis politiques (sauf à l&#8217;extrême-droite) et aux présidents des groupes à l&#8217;Assemblée Nationale ainsi qu&#8217;à quelques députés non inscrits la lettre ci- jointe (accompagnée du rapport Stasi) qui essaye d&#8217;analyser le plus clairement possible  les enjeux du débat engagé.</strong></em></p>
<p><strong><em>Ce courrier est également envoyé par NSAE à chacun des députés.</em></strong></p>
<p><span id="more-3880"></span></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aux instances dirigeantes des partis politiques français</span> </strong></p>
<p>Madame, Monsieur,</p>
<p style="text-align: justify;">Sur proposition de M. Coppé, secrétaire général de l&#8217;UMP, M. Sarkozy, président de la République, a décidé d&#8217;organiser une réflexion nationale concernant la laïcité dans la France d&#8217;aujourd&#8217;hui. Nous craignons – vu le contexte – que cette décision soit prioritairement une façon d&#8217;interroger la place de l&#8217;Islam dans notre pays. Or de fausses inquiétudes sont délibérément entretenues – y compris  par des responsables politiques éminents – et surtout par des tendances et des mouvements xénophobes, concernant les menaces que feraient planer nos concitoyens musulmans sur la culture  française.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL) soutient qu&#8217;une réflexion sur la laïcité en 2011 ne saurait se confondre avec un combat contre une prétendue islamisation de la France ! Nous considérons que les croyants de l&#8217;Islam ont droit au même respect que les catholiques, les protestants, les juifs, les bouddhistes mais aussi les agnostiques ou les athées, etc., et que la loi doit les traiter également. Telle est la base du vivre ensemble, ainsi que la possibilité même d&#8217;une démocratie de citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, la situation des convictions, qu&#8217;elles soient religieuses ou non, dans la société française d’aujourd’hui est différente de ce qu’elle était en 1905 au moment du vote de la loi de  séparation, qui se voulut et fut, de fait, malgré certaines résistances conservatrices temporaires, une loi d&#8217;apaisement. Mais on ne saurait prétendre pour autant que le concept de laïcité est dépassé et que le toilettage de cette loi doit être envisagé !</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;OCL souligne que la loi de 1905, dans ses principes de base, reste d&#8217;actualité*. En effet les principes de liberté de conscience, de liberté des cultes, de non « reconnaissance » de ces derniers qui implique que l&#8217;État ne saurait les subventionner, sont à nos yeux toujours valables. Il n&#8217;y a donc aucune  raison de mettre en cause ces fondements de la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;OCL souligne en particulier que, contrairement à certains arguments juridiquement erronés, garantir la liberté des cultes n&#8217;implique aucunement de fournir aux organisations  religieuses – sur les deniers de l&#8217;État – les moyens matériels de fonctionner, mais affirme la reconnaissance du droit pour les citoyens qui le désirent de se rassembler à des fins cultuelles et religieuses. L&#8217;objet du verbe « garantir » dans l&#8217;article 1 de la loi n&#8217;est pas l&#8217;exercice des cultes lui-même, c’est-à-dire une activité dont l&#8217;État fournirait éventuellement les moyens, mais <strong>le libre </strong>exercice des cultes.<strong> C&#8217;est la liberté de cet exercice qui est donc l&#8217;objet de la garantie.</strong> Ainsi la loi fonde à la fois l&#8217;indépendance de l&#8217;Etat à l&#8217;égard des religions et l&#8217;autonomie des religions à l&#8217;égard de l&#8217;Etat, dans les limites démocratiques du respect de l&#8217;ordre public.</p>
<p style="text-align: justify;">On objecte souvent que les municipalités, les départements, l&#8217;État – selon le cas – ont en charge l&#8217;entretien des églises catholiques datant d&#8217;avant 1905. Cette décision a été prise conjoncturellement du fait du refus obstiné de l&#8217;Église catholique, à la différence des juifs et des protestants, d’entrer dans le cadre de la loi, et dans le souci de ne pas brimer les fidèles à cause de l&#8217;entêtement aveugle du Vatican.</p>
<p style="text-align: justify;">Du fait de cette malheureuse  exception, faudrait-il donc revenir à une situation antérieure où l&#8217;État reconnaitrait <em>de jure</em> la qualité religieuse de telle ou telle organisation afin de subvenir à la construction de lieux de culte ? Cette situation est impensable au regard de ce qui devient de plus en plus une mosaïque de communautés, voire de chapelles ou de groupuscules, prêts pour certains à se faire « reconnaître » comme cultes pour en retirer des avantages financiers.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut au contraire souhaiter que, petit à petit, l&#8217;exception catholique soit en voie d&#8217;extinction du fait des nouvelles structures ecclésiastiques qui laissent vacantes et inoccupées de très nombreuses églises, souvent trésors du patrimoine culturel français, dont l&#8217;État et les collectivités territoriales sont propriétaires. Il reviendrait alors aux propriétaires de ces lieux de prendre en considération leur intérêt artistique, culturel, ou seulement architectural, pour aider à l&#8217;entretien de ce qui fut un lieu de culte attribué à l&#8217;Église catholique, en vue d&#8217;assurer divers services à la communauté citoyenne dans  son ensemble. Ces lieux anciens, puisque construits avant 1905, ne seraient plus alors des lieux de culte, et pourraient être affectés à d&#8217;autres fonctions d&#8217;intérêt général.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce simple exemple montre que le « paysage » religieux en France en 2011 a profondément changé par rapport à celui qui prévalait au moment du vote de la loi de 1905. Le christianisme s&#8217;est diversifié, a parfois éclaté, des églises ou communautés nouvelles (évangéliques par exemple, progressistes ou intégristes en d&#8217;autres cas),  des religions, comme les baha’is, les différentes écoles du bouddhisme, des communautés spirituelles très diverses, jusqu&#8217;à des mouvements ou groupuscules sectaires, sont apparus.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;aucuns pensent néanmoins qu&#8217;il faudrait faire un geste particulier en faveur de nos concitoyens musulmans désormais très nombreux dans notre pays, et qui n&#8217;étaient pas pris en compte dans la loi de 1905. De plus en plus de musulmans vivant en France sont en accord avec ce passage du rapport de  la commission Stasi :</p>
<p style="text-align: justify;"><em> &#8220;L&#8217;islam, religion la plus récemment implantée en France et qui compte de nombreux fidèles, est parfois présentée comme inconciliable avec la laïcité. Pourtant la théologie musulmane a produit, dans sa période la plus brillante, une réflexion novatrice sur le rapport entre politique et religion. Les courants les plus rationnels en son sein refusaient la confusion entre pouvoir politique et spirituel. La culture musulmane peut trouver dans son histoire les ressources lui permettant de s&#8217;accommoder d&#8217;un cadre laïque, de même que la laïcité peut permettre le plein épanouissement intellectuel de la pensée islamique à l&#8217;abri des contraintes du pouvoir.&#8221; </em></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le sens de la loi de 1905, il revient à <em>toutes les Églises et institutions religieuses, </em>d&#8217;envisager les moyens de leur propre financement. En ce qui concerne la construction des lieux de culte, des formules juridiques (telles que des fondations privées favorisant le recueil des fonds nécessaires) sont tout à fait envisageables. Il revient aux pouvoirs publics d&#8217;étudier, comme pour toute implantation architecturale nouvelle, les conditions urbanistiques d&#8217;implantation de ces lieux de culte. A ce propos, construire des minarets dans le cadre d&#8217;une mosquée n&#8217;a rien qui puisse choquer la culture française. Seuls quelques fanatiques irrationnels s&#8217;élèvent par exemple contre le minaret de la Grande mosquée de Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">Il devient d&#8217;autant plus impératif que l&#8217;État, tout en connaissant cette diversité, et sans oublier que de très nombreux Français athées ou agnostiques ne souhaitent pas que leurs impôts subventionnent des religions, se refuse à « <em>reconnaître</em> » quelque culte que ce soit sous aucun prétexte. Il n&#8217;a pas vocation à le faire, et nous ne voyons pas quels critères il pourrait se donner pour en décider.</p>
<p style="text-align: justify;">Veiller à ce que des groupuscules prétendument religieux, voire des sectes n&#8217;attentent pas à la liberté des personnes ou ne servent pas de paravent à des manœuvres financières plus ou moins occultes ou à des crimes sexuels, par  exemple – comme cela s&#8217;est vu – est en revanche de son rôle  comme le soulignait très clairement le rapport de la commission Stasi :</p>
<p style="text-align: justify;"><em> &#8220;L&#8217;État laïque, garant de la liberté de conscience, outre la liberté de culte ou d&#8217;expression, protège l&#8217;individu : il permet librement à tous de choisir, ou non, une option spirituelle ou religieuse, d&#8217;en changer ou d&#8217;y renoncer. Il s&#8217;assure qu&#8217;aucun groupe, aucune communauté ne peut imposer à quiconque une appartenance ou une identité confessionnelle, en particulier en raison de ses origines. Il protège chacune et chacun contre toute pression, physique ou morale, exercée sous couvert de telle ou telle prescription spirituelle ou religieuse. La défense de la liberté de conscience individuelle contre tout prosélytisme vient aujourd&#8217;hui compléter les notions de séparation et de neutralité centrales dans la loi de 1905.&#8221;</em></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi nous sommes fermement attachés à l&#8217;école publique, creuset de citoyenneté. Nous voyons avec beaucoup d&#8217;inquiétude que la loi Debré qui a favorisé essentiellement les  établissements catholiques sous contrat serve désormais de plus en plus à la mise en place  d&#8217;établissements d&#8217;autres obédiences (protestante, juive, et récemment musulmane). La diversité des cultures dont la rencontre, le dialogue et les échanges réciproques forgent historiquement les civilisations, aussi bien en France qu&#8217;en Europe ou dans l&#8217;ensemble du monde, est une richesse pour toute l&#8217;humanité. L&#8217;école publique laïque est ouverte et doit s&#8217;ouvrir toujours plus au dialogue et à l&#8217;échange, et assurer la formation de citoyens se reconnaissant comme concitoyens. En revanche, la sectorisation confessionnelle accrue de la vie scolaire favoriserait le passage d&#8217;une société fraternelle, riche de la diversité de l&#8217;humanité, à une  société déstructurée communautariste où se  dresseraient des frontières de toute nature entre citoyens de convictions différentes. C&#8217;est ce que précisément déplorent de plus en plus de responsables politiques dans des pays proches ayant fait le choix de ce qu&#8217;on a appelé le multiculturalisme, et qui souffrent de plus en plus d&#8217;une situation d&#8217;éclatement social, culturel et politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est tout à fait souhaitable à nos yeux que, dans le cadre de la société civile, des espaces de dialogue et d&#8217;échanges inter-religieux et, de façon plus générale, inter-convictionnels puissent se constituer. Mais ces espaces ne sauraient participer en tant que tels ni à l&#8217;élaboration, ni à l&#8217;application des lois de la République, qui relèvent du pouvoir politique et de lui seul . Quand des questions d’éthique sociale se posent, les autorités publiques peuvent réunir un comité d’experts réputés pour leur compétence et leur liberté d’esprit ; s’ils sont connus pour adhérer à un groupe de conviction, cela ne peut être un motif d’exclusion ni d’appel.</p>
<p style="text-align: justify;">La commission réunie en  son temps par le président Jacques Chirac sous la direction de Monsieur Stasi est un exemple de ce genre de comité, à la fois indépendant et capable de faire des propositions utiles au pouvoir. Il est d&#8217;ailleurs fort regrettable que le rapport de cette commission n&#8217;ait été que fort peu suivi d &#8216;effets.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques mots de la lettre d&#8217;introduction adressée par Monsieur Stasi au président Jacques Chirac pour présenter le rapport de la commission (11/12/2003) attestent de l&#8217;attachement indéfectible de son auteur à la loi de 1905, base juridique du principe de laïcité : [que le] « <em>principe de laïcité, fondement de l&#8217;unité nationale, soit reconnu et respecté par tous ceux qui habitent sur notre territoire</em>&#8221; Il permet<em> &#8220;la qualité de notre vivre ensemble, aujourd&#8217;hui et demain ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">&#8220;<em>Nous avons pu constater, </em>écrit le rapporteur – <em>l&#8217;attachement de la grande majorité de nos concitoyens au principe de la laïcité. Instinctivement, ils reconnaissent dans ce principe une valeur sur laquelle est fondée l&#8217;unité nationale, en même temps qu&#8217;un garant de la liberté individuelle. C&#8217;est dire combien il leur paraît important que cette valeur soit respectée et chaque fois qu&#8217;elle est menacée défendue</em>&#8220;.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;attire aussi votre attention sur cet autre passage du texte de ce rapport : <em>&#8220;La laïcité, pierre angulaire du pacte républicain, repose sur trois valeurs indissociables : liberté de conscience, égalité en droit des options spirituelles et religieuses, neutralité du pouvoir politique&#8230; L&#8217;égalité en droit prohibe toute discrimination ou contrainte et l&#8217;État ne privilégie aucune option. Enfin le pouvoir politique reconnaît ses limites en s&#8217;abstenant de toute immixtion dans le domaine spirituel ou religieux&#8221;.</em></p>
<p style="text-align: justify;">La force de conviction qui transparaît à travers ces lignes reste pour nous une référence. C&#8217;est pourquoi nous nous permettons de vous envoyer le texte de ce rapport**, dont vous avez  sans doute connaissance et qui figure à coup sûr dans vos archives, mais il nous semble opportun de vous inviter à l’exhumer, en ces temps où le débat sur l&#8217;actualisation de la laïcité est menacé par la tentation de la  démagogie populiste dont les musulmans de France seraient les cibles privilégiées.</p>
<p style="text-align: justify;">A moins  que certaines pressions inverses d&#8217;origines variées – religieuses ou non – profitent de ce débat pour remettre en cause, sous le nom très ambigu de laïcité « ouverte », les principes fondamentaux de la laïcité telle qu&#8217;elle assure jusqu&#8217;à présent la paix  sociale en France.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p>Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l&#8217;expression de ma considération</p>
<p>Le 3 mars 2011</p>
<p style="text-align: center;">Jean RIEDINGER</p>
<p style="text-align: center;">Secrétaire de l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Observatoire Chrétien de la Laïcité</strong></p>
<p style="text-align: right;">Fédération des réseaux du Parvis Temps Présent</p>
<p style="text-align: right;">68 rue de Babylone 75007 PARIS</p>
<p style="text-align: right;">jean.riedinger@club-internet-.fr</p>
<p><strong><em>* </em></strong><strong>TITRE PREMIER DE LA LOI  DE 1905<em> </em></strong></p>
<p><strong><em>Principes.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>ARTICLE PREMIER. &#8211; La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l&#8217;intérêt de l&#8217;ordre public. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>ART. 2.- La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l&#8217;État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l&#8217;exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites aux dits budgets les dépenses relatives à des services d&#8217;aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.</em><em><br />
</em><em>Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l&#8217;article 3.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>** </em><strong>Texte du rapport Stasi </strong>: <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Rapport-Stasi1.pdf">Rapport Stasi</a><em> </em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La France Etat catholique ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/10/11/la-france-etat-catholique/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 Oct 2010 22:16:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nsae.fr/?p=3206</guid>
		<description><![CDATA[La visite récente du président de la République au Vatican est consternante. Quels que soient les motifs qui ont pu justifier politiquement du point de vue de monsieur Nicolas Sarkozy cette rencontre,  l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité trouve inadmissible que l&#8217;élu de tous les français de toutes croyances et convictions, religieuses ou non, participe activement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/0910_Sarkozy_inside.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3208" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/0910_Sarkozy_inside.jpg" alt="" width="470" height="312" /></a>La visite récente du président de la République au Vatican est consternante. Quels que soient les motifs qui ont pu justifier politiquement du point de vue de monsieur Nicolas Sarkozy cette rencontre,  l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité trouve inadmissible que l&#8217;élu de tous les français de toutes croyances et convictions, religieuses ou non, participe activement à une célébration religieuse catholique en s&#8217;associant personnellement aux prières en tant que représentant officiel de notre pays.  Cette confusion des plans est un grave déni de la laïcité. Avant lui aucun président de la  République n&#8217;avait osé le faire, même les plus catholiques d&#8217;entre eux. Nous le déplorons à la fois comme citoyens laïques et comme chrétiens.</p>
<p style="text-align: justify">De plus nous continuerons de militer pour que l&#8217;Eglise catholique prenne enfin conscience de l&#8217;anachronisme  que constitue la confusion permanente, volontaire et instrumentalisée politiquement entre le Vatican, en tant que vestige des anciens Etats pontificaux, et le Saint Siège, organisation centrale actuelle de l&#8217;Eglise catholique.</p>
<p>Jean Riedinger, secrétaire de l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;accord République française-Saint siège sur les instituts d&#8217;enseignement supérieur catholiques : position de l&#8217;OCL</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/08/24/laccord-republique-francaise-saint-siege-sur-les-instituts-denseignement-superieurs-catholiques-position-de-locl/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2010/08/24/laccord-republique-francaise-saint-siege-sur-les-instituts-denseignement-superieurs-catholiques-position-de-locl/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 13:05:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nsae.fr/?p=2990</guid>
		<description><![CDATA[L&#8217;accord du 18 décembre 2008 entre la République Française et le Saint Siège se présente comme une conséquence de la Convention de Lisbonne (11 avril 1997) « sur la reconnaissance des qualifications relatives à l&#8217;enseignement supérieur dans la région européenne » et du « processus de Bologne » pour « la construction d&#8217;un espace européen de l&#8217;enseignement supérieur en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">L&#8217;accord du 18 décembre 2008 entre la République Française et le Saint Siège se présente comme une conséquence de la Convention de Lisbonne (11 avril 1997) « <em>sur la reconnaissance des qualifications relatives à l&#8217;enseignement supérieur dans la région européenne </em>» et du « processus de Bologne » pour « <em>la construction d&#8217;un espace européen de l&#8217;enseignement supérieur en améliorant la lisibilité des grades et diplômes de l&#8217;enseignement supérieur délivrés par les établissements habilités à cet effet </em>».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL) rappelle que la cité du Vatican est un Etat indépendant reconnu mais non membre de l&#8217;ONU où il a néanmoins un statut d&#8217;observateur comme dans les institutions européennes. Il a aussi des ambassadeurs (Nonces) dans la plupart des pays et auprès de l&#8217;Union européenne. Il est représenté dans des centaines d&#8217;institutions et commissions internationales, notamment celles qui  dépendent de l&#8217;ONU, de l&#8217;Union européenne ou du Conseil de l&#8217;Europe. Cet « État » unique dans son genre a été créé le 11 février 1929 comme représentation temporelle du Saint Siège<strong> </strong>(vocable qui  désigne l&#8217;ensemble des institutions d&#8217;autorité de l&#8217;Église catholique romaine), aux termes des accords du Latran signés au Vatican  par le cardinal Gasparini et par l&#8217;Italie de Mussolini. Il est le vestige  des anciens États pontificaux, le dernier bastion du cléricalisme romain.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Cet accord entre le Saint Siège et la France prétend concerner l&#8217;enseignement supérieur catholique <span style="text-decoration: underline">sur le territoire national Français.</span> On est très clairement devant une tentative de mettre en place <span style="text-decoration: underline">un accord de nature concordataire.</span> En effet sont considérés comme relevant du Saint Siège (représentant l&#8217;État du Vatican ou organisation religieuse ?) « <em> pour les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et les établissements d&#8217;enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège </em>». Or ou bien ces établissements d&#8217;enseignement supérieur catholiques sont considérés comme des enclaves d&#8217;un Etat étranger sur le territoire français. Il y a donc un problème de souveraineté. Ou bien ils  sont des établissements dont la compétence est validée par une  institution religieuse, alors il y a  une atteinte à la laïcité.</p>
<p style="text-align: justify">Saisi par des partis, des organisations et des personnalités laïques très diverses -de toutes convictions philosophiques ou religieuses- en particulier des personnes et des associations de l&#8217;O.C.L., concernant la légitimité de ce décret, le Conseil d&#8217;État, tout en rejetant le recours en annulation, interprète un nombre important de dispositions ou de termes du  décret pour les rendre conformes à la loi française. Il estime d&#8217;abord que cet accord  ne peut pas être pas en  référence avec la convention de Lisbonne. La promesse du président de la République d&#8217;accorder une reconnaissance automatique aux diplômes des établissements catholiques est dès lors inapplicable. Le Conseil d&#8217;État estime ensuite que les stipulations de cet accord « <em>n&#8217;autorisent pas les établissements d&#8217;enseignement supérieur privés à délivrer des diplômes nationaux et ne permettent pas aux bénéficiaires de titres délivrés par des établissements supérieurs privés ayant reçu une habilitation par le Saint-Siège de se prévaloir, de ce seul fait, des droits attachés à la possession d&#8217;un diplôme national ou d&#8217;un grade universitaire</em> ». La nécessité de contrôle des aptitudes des postulants par les universités publiques venant de l&#8217;enseignement privé, confessionnel ou non, est confirmée. La validation des diplômes obtenus et du contenu des enseignements reste donc « <em>de la seule compétence de l&#8217;Université publique</em> ».</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;OCL se demande aussi quel sens pourrait bien avoir la reconnaissance par la France des diplômes ecclésiastiques directement délivrés par les facultés ecclésiastiques sous l&#8217;autorité du Saint Siège. L&#8217;Etat ne se contenterait pas alors de connaître l&#8217;existence d&#8217;une recherche théologique, il la reconnaîtrait. Ce qui est contraire à la laïcité. Certains protestants -dans la suite de l&#8217;accord avec le Vatican et par soucis de n&#8217;être pas moins mal traités que les catholiques sans doute- demandent pourtant la reconnaissance par l&#8217;Etat des diplômes de leurs facultés de théologie. L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité s&#8217;y oppose aussi. Il n&#8217;appartient pas à l&#8217;État de reconnaître ni de censurer les diplômes de nature théologique. En effet on peut espérer &#8211; mais non garantir &#8211; que les enseignants-chercheurs qui les délivrent travaillent librement car leur autonomie dépend du bon vouloir des autorités religieuses qui cautionnent les instituts privés confessionnels. D&#8217;autre part les travaux  de théologie sont fondés par nature en même temps que sur des études de nature scientifique et universitaires sur des convictions religieuses respectables mais que l&#8217;État n&#8217;a pas à cautionner. Quant au dialogue entre intellectuels et chercheurs &#8211; quel que soit leur statut universitaire &#8211; il  doit rester évidemment tout à fait libre dans le cadre  d&#8217;une société civile  démocratique.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Enfin l&#8217;objectif de l&#8217;autonomie des Universités et institutions d&#8217;enseignement supérieur est une des dispositions communes reconnue au sein de l&#8217;Union Européenne par la convention de Lisbonne. Cette notion d&#8217;autonomie est parfois invoquée pour la liberté de la recherche et de l&#8217;enseignement. Il faut néanmoins s&#8217;interroger sérieusement sur l&#8217;usage de ce concept dans son rapport à la notion de service public dans le cadre de la pensée ultra-libérale. Le service public a entre autres fonctions celle de protéger la recherche universitaire -y compris dans le domaine  des sciences  religieuses- de la mainmise des intérêts particuliers idéologiques ou des intérêts privés économiques sur ses programmes et ses objectifs. En signant cet accord l&#8217;État français n&#8217;a-t-il pas souhaité une reconnaissance plus grande du rôle du secteur privé dans l&#8217;enseignement supérieur et n&#8217;aurait-il pas visé à réaliser le rêve de la droite libérale la plus idéologiquement conservatrice : favoriser une marche progressive vers  la privatisation de l&#8217;enseignement supérieur ?</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right">Jean Riedinger</p>
<p style="text-align: right">secrétaire de l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité</p>
<p style="text-align: right">
]]></content:encoded>
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		<title>Coups d&#8217;épingles dans la laïcité par le CEDEC</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 08:17:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Des chrétiens ont jugé bon &#8211; depuis plus de 25 ans &#8211; de demander à l&#8217;Eglise catholique de ne plus cautionner une école privée. Regroupés dans une association : le C.E.D.E.C. (Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l&#8217;Ecole Confessionnelle), ils se sentent humiliés quand l&#8217;Eglise catholique contribue, par le comportement des responsables de cette école confessionnelle, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Des chrétiens ont jugé bon &#8211; depuis plus de 25 ans &#8211; de demander à l&#8217;Eglise catholique de ne plus cautionner une école privée. Regroupés dans une association : le C.E.D.E.C. (Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l&#8217;Ecole Confessionnelle), ils se sentent humiliés quand l&#8217;Eglise catholique contribue, par le comportement des responsables de cette école confessionnelle, à appauvrir l&#8217;école publique &#8211; école de la nation &#8211; à appauvrir des communes, voire à &#8220;manipuler&#8221; les textes évangéliques. Quelques exemples récents de ces coups de boutoir qui, au nom d&#8217;une parité abusive, ne font que renforcer l&#8217;inégalité sociale et l&#8217;extension d&#8217;une politique ultra-libérale, même si l&#8217;institution ecclésiale n&#8217;est pas toujours maîtresse des dérives accomplies en son nom dans ce domaine (dérives non dénoncées).</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Dans le contexte économique actuel bien des écoles françaises sont confrontées aux suppressions de postes, mais tout le monde ne crie pas misère de la même manière. Nathalie Mons,chercheuse spécialiste des politiques éducatives, nous apprend dans un article paru dans le Monde du 16 juin 2010 qu&#8217;entre 2003 et 2009 &#8220;95% (des postes supprimés) ont été prélevés sur le public contre moins de 5% pour le privé. Une proportion nettement en retrait par rapport au poids de ce réseau dans l&#8217;éducation française&#8221; (inférieur à 20% en ne considérant que les écoles sous contrat).</p>
<p style="text-align: justify">La loi Carle, adoptée le 25 octobre 2009, oblige toute commune (sous certaines conditions, certes, mais dans la réalité rares sont les possibilités de refus d&#8217;un maire) à financer la présence d&#8217;un élève dans une école privée située dans une autre commune. Conséquences : appauvrissement des communes, surtout en zone rurale, mais aussi fermeture d&#8217;écoles publiques de petits villages où la population scolaire &#8211; la publicité économique aidant &#8211; tombe au-dessous du seuil de fermeture.</p>
<p style="text-align: justify">La compromission politique qu&#8217;entraînent certaines écoles hors-contrat (qui s&#8217;attribuent l&#8217;appartenance à la communauté catholique) est devenue de notoriété publique par l&#8217;émission du 27 avril 2010 : &#8220;A l&#8217;extrême droite du père&#8221;. Quand aurons-nous une dénonciation ferme de l&#8217;emploi de références catholiques &#8211; à commencer par le nom de ces établissements &#8211; pour des lieux d&#8217;où l&#8217;on peut craindre que sortent quelques fascistes de demain ?</p>
<p style="text-align: justify">Dans la rédaction de l&#8217;Accord Vatican-Kouchner les représentants du Vatican ont justifié la demande de délivrer des diplômes de l&#8217;enseignement supérieur (avec complicité de l&#8217;Etat français ou inversement, peu importe) par une référence &#8220;européenne&#8221; (Convention de Lisbonne &#8211; processus de Bologne), référence jugée abusive par le Conseil d&#8217;Etat (juin 2010) qui rappelle opportunément les lois françaises concernant la collation des grades, ce qui rend l&#8217;accord &#8220;hors sujet&#8221; nous semble-t-il. Ainsi, une fois de plus, l&#8217;Eglise se trouve-t-elle impliquée dans un contournement de  la législation.</p>
<p style="text-align: justify">Quelques pommes de discorde stupides viennent ternir le comportement de responsables de l&#8217;institution ecclésiale française. Ainsi, pourquoi ne pas avoir accepté de bonne grâce et immédiatement le retrait, dans les salles d&#8217;examen, de signes d&#8217;appartenance religieuse ? Il a donc fallu avoir recours à une note du ministre pour que le principe de neutralité du service public soit respecté.</p>
<p style="text-align: justify">Comment accepter que dans certaines banlieues des annexes d&#8217;écoles privées catholiques ouvrent leurs portes (avec financement public à l&#8217;appui) ? On y accueille des enfants, non chrétiens pour la plupart, dont les parents sont justement ceux qui, ayant le désir d&#8217;échapper au voisinage d&#8217;une population scolaire dite difficile, veillaient au suivi scolaire. On a ainsi contribué à la dégradation de la mixité sociale. Comment ces enfants vivent-ils les &#8220;propositions&#8221; des manifestations religieuses ? Respect de l&#8217;enfant pour le moins douteux.</p>
<p style="text-align: justify">Dernier cas récent qui compromet (au sens légal et religieux du terme) l&#8217;Eglise catholique de France : la Fondation Saint Matthieu. Par un décret du 18 février 2010 celle-ci a été reconnue d&#8217;utilité publique! Cette fondation a été créée pour aider financièrement les écoles catholiques sous contrat pour &#8220;concourir aux besoins d&#8217;investissements de nature immobilière&#8221;. Une fois de plus, la loi française est contournée. En effet, dans ce cas, la loi interdit le financement public pour les écoles primaires et ne l&#8217;accepte que dans la limite de 10% pour le secondaire. Par les dons à cette fondation tout citoyen peut obtenir une réduction d&#8217;impôts (réduction pouvant aller jusqu&#8217;à 75% des sommes données pour les assujettis à l&#8217;I.S.F.). La somme ainsi versée n&#8217;ira bien sûr pas dans la caisse de l&#8217;Etat pour faire fonctionner le &#8220;bien commun&#8221;. En bon français, cela s&#8217;appelle &#8220;une niche fiscale&#8221;. Dans le comité d&#8217;honneur de la Fondation on trouve les noms de Monseigneur Vingt-trois, Président de la Conférence Episcopale, et de Monseigneur Aumonier, Président de l&#8217;Enseignement Catholique. Sont-ils d&#8217;accord avec le site de cette Fondation où on lit : &#8220;Matthieu, apôtre financier, a été choisi comme apôtre de la Fondation qui collecte les dons pour l&#8217;immobilier de l&#8217;enseignement catholique&#8221; ? Pire : est cité le verset de Saint Matthieu, référence à l&#8217;appui (chapitre7, verset 7) : &#8220;Demandez, il vous sera donné&#8221;. Quand on lit le passage complet du texte évangélique concerné, on s&#8217;aperçoit qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;expliciter l&#8217;importance, pour un croyant, de la prière. Pour d&#8217;autres chrétiens, cette pratique de l&#8217;utilisation d&#8217;un texte relève de la perversion.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right">16 août 2010</p>
<p style="text-align: right">Monique Cabotte-Carillon</p>
<p style="text-align: left"><em>Le CEDEC est adhérent de NSAE et membre de l&#8217;OCL</em></p>
<p style="text-align: right">
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;Etat va-t-il  reconnaître les diplômes des universités protestantes ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/10/letat-va-t-il-reconnaitre-les-diplomes-des-universites-protestantes/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 10:23:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Lors d’un discours à la Faculté de théologie protestante de Paris, Nicolas Sarkozy a préconisé la reconnaissance par l’État des diplômes de théologie délivrés par l’enseignement supérieur protestant. Cette information est reprise  par Isabelle de Gaulmyn dans la Croix du 31 mai 2010. l&#8217;Etat et les diplomes d ethéologie des instituts protestants Nous faisons nôtre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Lors d’un discours à la Faculté de théologie protestante de Paris, Nicolas Sarkozy a préconisé la reconnaissance par l’État des diplômes de théologie délivrés par l’enseignement supérieur protestant. Cette information est reprise  par Isabelle de Gaulmyn dans la Croix du 31 mai 2010.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/lEtat-et-les-diplomes-d-ethéologie-des-instituts-protestants.pdf">l&#8217;Etat et les diplomes d ethéologie des instituts protestants</a></p>
<p style="text-align: justify">Nous faisons nôtre l&#8217;idée de Raphaël Picon, doyen de la faculté de théologie protestante de Paris, cité dans cet article, que &#8220;<em>la théologie est un bien public qui empêche les religions de devenir folles&#8221;.</em> La théologie dont parle Raphaël Picon est celle qui a un aspect «scientifique» : méthode d’analyse, rigueur de cette analyse et références sur lesquelles elle est fondée, bibliographie, etc&#8230; Mais elle a  aussi un aspect « religieux » c’est dire fondé sur une foi.  Ces aspects doivent être distingués&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">La théologie comme exercice de l&#8217;intelligence libre et de la rationalité critique des croyants peut être un des éléments de la connaissance en sciences humaines et faire partie de la culture. Mais parce qu&#8217;elle repose en définitive sur une Foi religieuse, il n&#8217;appartient pas pour autant à l&#8217;État de reconnaître les diplômes de nature théologique dont la pratique intellectuelle, à la différence des sciences religieuses éventuellement enseignées dans l&#8217;Université publique, suppose une référence nécessaire à des convictions non universelles. C&#8217;est la même position, sur ce point précis, que nous avons déjà prise à l&#8217;égard de l&#8217;accord Vatican/ République Française sur la reconnaissance des diplômes de théologie catholiques, même si l&#8217;argumentation dans cet autre cas reposait aussi sur l&#8217;ambigüité entre « l&#8217;autorité spirituelle » et « le pouvoir politique »  du Vatican &#8211; ce qu&#8217;on ne  retrouve pas  dans le cas du protestantisme.</p>
<p style="text-align: justify">Pourquoi ne pas garder la procédure actuelle : un diplômé en théologie qui veut poursuivre des études dans une université publique fait examiner son travail par un jury d’État qui peut donner une équivalence, ce qui est différent d’une reconnaissance ? Il est difficile d’avoir une reconnaissance automatique puisqu’il n’y a aucun contrôle sur les enseignants.</p>
<p style="text-align: justify">De plus en la matière, il n&#8217;y a pas de garantie du gouvernement sans risque. Il est souhaitable que l&#8217;enseignement supérieur de la théologie reste de la seule responsabilité des croyants, catholiques, protestants, orthodoxes, musulmans&#8230; etc. qui s&#8217;organisent eux mêmes de façon d&#8217;ailleurs diverses pour la recherche et l&#8217;enseignement en ces domaines religieux.</p>
<p style="text-align: justify">De plus Isabelle de Gaulmyn soulève  un lièvre : &#8220;<em>reste à savoir, écrit-elle, si l&#8217;accord (&#8230;) pourrait s&#8217;étendre à d&#8217;autres universités protestantes non pas réformées (&#8230;) mais évangéliques&#8221;,</em> et par delà où s&#8217;arrêter dans cette logique à l&#8217;égard des instituts de formation théologique au sens large qui seraient organisés par des structures et institutions de nature religieuse de toutes  sortes&#8230; voire des intégristes catholiques, musulmans ou juifs&#8230; etc.  Au nom de quel critère l&#8217;État pourrait-il trancher ?</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;idée de théologie &#8220;bien public&#8221; qui dans un premier temps sous la plume de R. Picon peut sembler séduisante si elle vise à &#8220;exorciser rationnellement&#8221; les risques d&#8217;une religion &#8220;de la foi du charbonnier&#8221;,  de type « irrationnel »  voire « passionnel » et en certains cas  « fanatique », prend un autre air vu dans le cadre de la pensée de la laïcité &#8220;ouverte&#8221; tel que l&#8217;entend le président Sarkozy.</p>
<p style="text-align: right">
<p><span style="text-decoration: underline"><span style="text-decoration: none"><strong><em>Jean RIEDINGER</em></strong></span></span><strong><em> ,  secrétaire de l&#8217;</em></strong><span style="text-decoration: underline"><span style="text-decoration: none"><strong><em>Observatoire Chrétien de la Laïcité.</em></strong></span></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rapport dit «Gérin» sur le voile intégral :  la souris burqa accouche d&#8217;une énormité antilaïque, par Catherine Kintzler</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/01/31/rapport-dit-%c2%abgerin%c2%bb-sur-le-voile-integral-la-souris-burqa-accouche-dune-enormite-antilaique-par-catherine-kintzler/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2010/01/31/rapport-dit-%c2%abgerin%c2%bb-sur-le-voile-integral-la-souris-burqa-accouche-dune-enormite-antilaique-par-catherine-kintzler/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 14:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[La lecture du rapport de la Mission d&#8217;information dite « Gérin » sur le port du voile intégral (1) révèle une surprise de taille. Une très mauvaise surprise. Dans les attendus aboutissant à la proposition n° 7 (« Engager une réflexion quant aux moyens d&#8217;assurer une juste représentation de la diversité spirituelle») au détour d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>La lecture du rapport de la Mission d&#8217;information dite « Gérin » sur le port du voile intégral (1) révèle une surprise de taille. Une très mauvaise surprise.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Dans les attendus aboutissant à la proposition n° 7 (« Engager une réflexion quant aux moyens d&#8217;assurer une juste représentation de la diversité spirituelle») au détour d&#8217;une phrase, le rapport  reprend à son compte une thèse du rapport Machelon, jugée démonstrative, selon laquelle il est possible d&#8217;autoriser l&#8217;aide financière directe de la puissance publique à la construction de lieux de  cultes. Rien que cela !</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans un sous- paragraphe intitulé <em>La construction de lieux de cultes</em>, après avoir notamment souligné que « La question de la possibilité de construire des lieux de culte est  particulièrement symbolique aux yeux des musulmans de France », le rapport poursuit  :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Le rapport de la commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics présidée par M. Jean-Pierre Machelon (2) avait d&#8217;ailleurs  démontré que de réelles marges de manœuvres législatives existaient en ce domaine dans la mesure où l&#8217;article 2 de la loi de 1905, qui prévoit que « la République ne reconnaît, ne salarie et ne  subventionne aucun culte », n&#8217;a pas valeur constitutionnelle. Cette dernière préconisait notamment d&#8217;autoriser l&#8217;aide directe à la construction des lieux de culte.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce passage suggère on ne peut plus clairement que la loi de 1905 n&#8217;ayant pas valeur constitutionnelle selon l&#8217;analyse de Machelon, eh bien il n&#8217;y a qu&#8217;à en changer l&#8217;article 2 pour pouvoir  financer la construction de lieux de culte !</p>
<p style="text-align: justify;">Changer la loi de 1905, il fallait y penser, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">Tout se passe comme si la Mission voulait compenser ses préconisations contre le port du voile intégral par des mesures de rédemption auprès des religions : au fond, on n&#8217;est pas si méchants  que cela, on vous demande humblement (juste par une résolution solennelle où on fait les gros yeux &#8211; maman j&#8217;ai peur) de ne pas porter de voile intégral ici et là, et en échange on vous propose  des lieux de culte financés par le contribuable.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est qu&#8217;un petit  toilettage, un donnant-donnant, on en parle à peine.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Sauf qu&#8217;avec une telle proposition, on propose aussi de sacrifier la loi de 1905.</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf qu&#8217;avec la loi de 1905, on immolerait aussi la laïcité de la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf qu&#8217;avec un tel financement, la République piétinerait la liberté de conscience puisqu&#8217;on ferait payer des contribuables pour des religions qu&#8217;ils ne pratiquent pas ou auxquelles ils ont  (encore) le droit de ne pas croire (3).</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf qu&#8217;avec un tel financement, la République abolirait aussi la liberté des cultes puisqu&#8217;il serait impossible de les financer tous, et que, en désignant des bénéficiaires, elle désignerait  aux fidèles d&#8217;une religion quelle autorité ils doivent reconnaître.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dit la chanson : « tout va très bien, madame la marquise ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Sauf que la Cour Européenne des Droits de l&#8217;Homme a affirmé le caractère fondamental de la loi de 1905 en soulignant qu&#8217;elle est la clé de voûte de la laïcité française (laquelle est un  principe constitutionnel). Et cela bien après la publication du rapport Machelon (4).</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf que, à supposer que nos parlementaires s&#8217;attaquent à la modification de l&#8217;article 2 de cette loi, il faudrait aussi qu&#8217;ils modifient quelque peu la rédaction de l&#8217;article premier &#8211; mais  savent-ils le français au point de faire la différence entre <em>assurer</em> et <em>garantir</em> ? (5)</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dit une autre chanson, « ça, c&#8217;est du lourd ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Et on prétend que ce rapport accouche d&#8217;une souris !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">1- <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2262.asp#P3527_1027349">Rapport d&#8217;information fait au nom de la Mission d&#8217;information  sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national</a>, présidée par André Gérin, rapporteur Eric Raoult.</p>
<p style="text-align: justify;">2- Rapport déposé en septembre 2006 et qui déclencha de vives réactions, téléchargeable sur le <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000727/index.shtml?xtor=EPR-526">site de la documentation française</a></p>
<p style="text-align: justify;">3- Voir l&#8217;article <a href="http://www.mezetulle.net/article-17175243.html">Les religions sont-elles d&#8217;intérêt public ?</a></p>
<p style="text-align: justify;">4- Voir <a href="http://www.mezetulle.net/article-28281855.html">l&#8217;article de Charles Arambourou</a> &#8220;La CEDH et le principe de laïcité&#8221; qui  expose ce point en détail.</p>
<p style="text-align: justify;">5- Art. 1 <em>La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l&#8217;intérêt de l&#8217;ordre public.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Début de l&#8217;article 2  : <em>La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">source : http://www.mezetulle.net/article-rapport-dit-gerin-sur-le-voile-integral-la-souris-burqa-accouche-d-une-enormite-antilaique-43778251.html</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-2009 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/republique.jpg" alt="republique" width="162" height="216" /></p>
<p><!--StartFragment--><!--EndFragment--></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>Ma lecture de « AUJOURD’HUI L’EVANGILE »</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 22:32:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce que Claude Dagens &#8211; qui  gagne en écoute par son entrée récente à l&#8217;Académie Française - choisit de dire dans ce livre (éditions Parole et Silence, 2009), représente ses thèmes favoris. Sa promotion épiscopale (d&#8217;abord comme auxiliaire à Poitiers, puis titulaire à Angoulême) lui avait donné l&#8217;occasion de publier plus largement ses réflexions sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Ce que Claude Dagens &#8211; </strong>qui  gagne en écoute par son entrée récente à l&#8217;Académie<strong> </strong>Française <strong>- choisit de dire dans ce livre (</strong>éditions <em>Parole et Silence</em>, 2009)<strong>, représente ses thèmes favoris</strong>. Sa promotion épiscopale (d&#8217;abord comme auxiliaire à Poitiers, puis titulaire à Angoulême) lui avait donné l&#8217;occasion de publier plus largement ses réflexions sur les rapports entre l&#8217;Eglise et la société, sujet sur lequel il insiste encore ici. Ses conférences de 1993, au Colloque de Saint-Florent (Vendée), ou à Paris devant les Supérieurs des ordres monastiques, en donnaient déjà les <strong>grandes orientations</strong>. Elles étaient, dans les années 90, <strong>celles d&#8217;une personnalité qu&#8217;on voyait très libre.</strong> L&#8217;auteur se montrait  d&#8217;abord très attentif aux « prophètes du dedans », ces chrétiens qui accusent avec raison l&#8217;Eglise de « manquer de réelle confiance en l&#8217;homme, d&#8217;avoir peur du monde réel, de ne pas accepter l&#8217;autonomie de celui-ci » et de « lui annoncer un Dieu aliénant, et non un Dieu aimant ». Il y avait aussi chez lui, une recherche permanente &#8211; risquée -, d&#8217;un équilibre entre d&#8217;une part, une grande ouverture nécessaire au monde contemporain réel, avec, en France où cette qualité est constitutive, l&#8217;acceptation claire de la laïcité, sans projet de « reconquête », et d&#8217;autre part un rappel constant des services que l&#8217;Eglise peut rendre à ce monde en crise &#8211; sans plus se croire obligée de cacher ses idéaux proprement religieux-,  en particulier dans le domaine moral, socio-caritatif, éducatif. <strong>Mais on peut penser qu&#8217;il y eu, chez cet évêque, ces dernières années, une évolution déconcertante dans le développement de certains sujets, dans l&#8217;analyse des problèmes et quant aux solutions à envisager, de son point de vue. Les affirmations de loyauté républicaine</strong> sont restées, il est vrai, plus fréquentes que chez la plupart de ses pairs. Il semble bien que ce soit cette attitude affichée dans ses interventions publiques et dans un grand nombre d&#8217;écrits par un évêque (de brillante formation universitaire par ailleurs), qui ait principalement attiré l&#8217;attention du monde éminent des Lettres, humaniste et généralement d&#8217;un solide tissu libéral : dans le discours de réception à l&#8217;Académie, Florence Delay fait l&#8217;éloge, par exemple, de la « tranquillité » avec laquelle il aime dialoguer avec les francs-maçons de Charente malgré les « cris d&#8217;orfraie » des cathos rétrogrades ! Cet aspect de sa pensée, apparaît encore dans le livre d&#8217;aujourd&#8217;hui. Il cite même par exemple les conseils mesurés (mais c&#8217;était avant&#8230;) d&#8217;un certain Joseph Ratzinger : l&#8217;Eglise « ne doit pas s&#8217;élever au rang d&#8217;organe de pouvoir agissant au sein de l&#8217;Etat, sinon elle devient elle-même Etat ». Et surtout il tient à rappeler la <em>Lettre aux catholiques de France </em>(fin 1996) dont il avait été le maître d&#8217;œuvre : « Nous tenons  à être reconnus aussi&#8230; comme des citoyens, qui prennent part à la vie actuelle de la société française, qui en respectent la laïcité constitutive, et qui désirent y manifester la vitalité de leur foi.»</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cet élan, <strong>le désir profond de Claude Dagens était,</strong> <strong>semblait-il,</strong> <strong>de faire</strong> <strong>accepter, par l&#8217;ensemble de la communauté catholique</strong> &#8211; il y a toujours eu des réticents pour des motifs socio-politiques -, cette déférence envers <strong>la démocratie républicaine</strong>, jusqu&#8217;à cet esprit de laïcité sans fard qui lui est substantiel. Un sommet sur ce chemin fut l&#8217;aboutissement du long travail collectif de préparation de cette fameuse « <em>Lettre »</em>.  Une<em> </em>proposition allait loin, semblait-il, dans la promotion de la laïcité : il était conseillé à l&#8217;Eglise de se défaire progressivement de ses institutions de services (sociaux et éducatifs généraux) quand la société pluraliste (garantie par la neutralité de l&#8217;Etat) est capable de les assurer dans de bonnes conditions. (3<sup>e</sup> partie, II, 2 : <em>l&#8217;Eglise et le service de la société</em>). Les croyants étaient encouragés à joindre généreusement « leurs efforts à ceux des autres citoyens au sein des institutions publiques », mais, bien entendu, sans craindre, « quand il le faut, de rendre compte de la foi » qui les fait agir avec tous pour le bien commun : une application pratique d&#8217;une laïcité bien assimilée. Sur le ton général de la « <em>Lettre </em>», Claude Dagens rappelle lui-même qu&#8217;il y a eu des grincements de dents du côté des catholiques traditionnels : il ne faut pas « proposer » ; quand on a la foi, il faut affirmer <strong>la</strong> vérité.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Aujourd&#8217;hui l&#8217;Evangile</em>, Claude Dagens centre une part de <strong>ses réflexions sur l&#8217;essentiel de notre foi  et « la nouveauté chrétienne de Dieu »,</strong> celle qui transparaît dans les paroles et les actes de Jésus-Christ, consignés dans l&#8217;Evangile : « Dans le Fils du Dieu vivant, le Verbe fait chair, c&#8217;est l&#8217;homme, c&#8217;est tout l&#8217;être humain qui se trouve révélé en plénitude, dans l&#8217;amour reçu de Dieu&#8230; C&#8217;est l&#8217;amour de Dieu, révélé (par l&#8217;Esprit) dans l&#8217;humanité du Fils<em>, </em>qui nous appelle à témoigner et <strong>faire de la vérité</strong> dans notre existence humaine&#8230; Le devenir chrétien commence à la fois par la  conscience de la liberté personnelle et par l&#8217;appel à exercer cette liberté selon Dieu&#8230; Chacun de nous a une valeur unique ! Adorer Dieu et défendre la dignité des hommes sont deux démarches inséparables&#8230; La vie de Dieu jaillit de la mort du Christ. Le chemin qu&#8217;il ouvre ne va pas de la vie à la mort, mais de la mort à la vie, à travers le signe de la croix ». Très significatif est le récit des disciples d&#8217;Emmaüs : ils reconnaissent Jésus au pain rompu et à sa parole, une lumière qui se refuse d&#8217;éblouir. Cette ligne spirituelle oriente toute la vie concrète et réciproquement les expériences &#8216;extérieures&#8217; nourrissent  l&#8217; &#8217; intérieur&#8217; de chacun des chrétiens. Beaucoup de chrétiens pensent que ce message est la  tradition : tout le reste est amené à évoluer avec les temps, pour être de plus en plus une vérité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ces chrétiens sont sans doute tous d&#8217;accord sur le contenu</strong> stimulant du message de Jésus-Christ que Claude Dagens souligne vigoureusement avec raison. Et sur une dynamique naturellement communautaire (sans communautarisme) de l&#8217;évangélisation sur laquelle il insiste. Vouloir transmettre cet « héritage » à notre temps n&#8217;est pas facile, et surtout aux jeunes générations nées dans cet univers flou. <strong>Mais qu&#8217;il leur</strong> <strong>permette de le contredire sur l&#8217;acte de transmission lui-même</strong>, ses moyens, ses méthodes : sur ce plan-là, l&#8217;évêque-auteur, qu&#8217;un esprit scientifique, critique, toujours en recherche, rendait plus équitable et prudent, a rejoint le système de la Nouvelle Evangélisation conçu par Jean-Paul II et repris, avec toutes ses ambiguïtés, par Benoît XVI.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans nul doute <strong>Claude Dagens pense</strong>-t-il <strong>que d&#8217;autres</strong>, parce qu&#8217;ils sont croyants d&#8217;autres religions, <strong>se vouent également avec force à la promotion de l&#8217;humanité</strong>. Il  pense la même chose de la part d&#8217;athées convaincus et sincères, avec qui un dialogue constructif est indispensable. Son livre le suggère en rappelant les contacts nombreux qu&#8217;un évêque est amené à prendre de par sa fonction mais peut-être aurait-il fallu le redire comme un préalable. En tout cas, s&#8217;il tient à montrer l&#8217;Evangile comme un riche outil de travail pour l&#8217;humanisation du monde, il ne manque pas d&#8217;afficher son loyalisme envers <strong>son </strong>Eglise, quelles que soient les contradictions de celle-ci dans la pratique : il ne les cache pas toutes mais il ne les dénoncera jamais avec insistance s&#8217;il y a risque de faire apparaître publiquement des divergences internes importantes. On pourra se demander : « Comme haut représentant, peut-il faire autrement ? ».  Mais le loyalisme peut tourner au légalisme.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;auteur recense ce que sont, d&#8217;après lui, <strong>les meilleurs moyens de faire connaître</strong> le message chrétien à ceux qui nous entourent, en tenant compte qu&#8217;en général, « nos sociétés se passent de Dieu » : paradoxe insoluble ? Mais il dramatise, comme le Vatican, pour la « mission », les dangers venant d&#8217;une sécularisation qui s&#8217;accélère et devient une seconde nature chez nos concitoyens. D&#8217;une part, affirme-t-il, le mouvement est si rapide que le « phénomène chrétien » est de moins en moins aperçu par les autres : les initiatives catholiques ont un faible écho médiatique ; l&#8217;opinion publique trouve notre culture respectable (voir nos églises) mais c&#8217;est du passé, dit-on, et il n&#8217;y a pas de raison d&#8217;accorder à l&#8217;Eglise catholique une attention privilégiée par rapport à d&#8217;autres groupes religieux. Résultat : beaucoup de catholiques ont peur de dire une foi désignée comme désuète ; d&#8217;autres, par contre, insistent « sur les engagements sociaux et politiques de l&#8217;Eglise dans le monde, la pratique de la solidarité, la présence aux pauvres », et ils risquent de tenir « l&#8217;intériorité » (vie spirituelle, liturgie, sacrements) comme secondaire, alors que les uns ne vont pas sans les autres. Toutes ces assertions, souvent médiatisées, sont discutables et flattent d&#8217;abord les esprits chagrins, souvent passéistes.</p>
<p style="text-align: justify;">A <strong>trop exalter la « mission-de-l&#8217;Eglise, comme dans ce livre, </strong> <strong>ne risque-t-on</strong> <strong>pas de perdre</strong> en route, quoi que l&#8217;on affirme, <strong>la « nouveauté » que fait éclater la « bonne nouvelle » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Verbe avait pourtant mis au monde la religion la plus désacralisée possible, la plus humaine : à ce sujet, Vatican II avait ouvert une porte. L&#8217;équilibre est sans doute subtil entre une communauté fructueuse et le propre engagement du chrétien (ici le catholique) de base. Mai la liberté de chaque personne a une valeur première : la communauté ne vit que si chacun est un vivant,  adhérant librement au mystère de la foi. N&#8217;est-ce pas d&#8217;abord la « mission » de tous (laïcs comme clercs, sans privilège : il y a d&#8217;ailleurs une redéfinition chrétienne à faire du prêtre) dans leur vie courante d&#8217;hommes et de femmes, que de tenir les yeux ouverts sur les « signes des temps », d&#8217;en tirer des conclusions et de décider ensemble des modifications urgentes de la vie symbolique de l&#8217;Eglise et de sa façon d&#8217;être présente au monde ? Le partage des activités pastorales est devenu une réalité qu&#8217;il ne faudrait pas sans cesse faire passer pour un signe remarquable de modernité : ce n&#8217;est que le produit de la nécessité. Claude Dagens n&#8217;évoque plus assez ce qui risque de défigurer la « mission » : il dénonce justement les « fidèles » qui voudraient convertir le monde à force de grandes démonstrations religieuses publiques. Mais rien d&#8217;essentiel n&#8217;a été fait pour assurer couramment un véritable « partage » des décisions. La consultation (exaltée avec excès démagogique) du plus grand nombre des « Conseils », des synodes et des instruments de la collégialité à tous les niveaux reste formelle. Au contraire, pour récupérer des nostalgiques, on choisit de flatter leur soif de sacré et une restauration de l&#8217;« autorité » cléricale. Veut-on faire oublier les « affaires » récentes qui ont soulevé la colère de beaucoup de catholiques mais qui ont aussi terni l&#8217;image que donne l&#8217;Eglise ?</p>
<p style="text-align: justify;">Plus inquiétant encore. <strong>Depuis plus de dix ans, l&#8217;accent est mis à « Rome » sur l&#8217;urgence de retrouver, à tout prix, l&#8217;influence perdue</strong> : cela ne va pas bien vite ; alors, on n&#8217;y va plus de main morte. Pour faciliter la tâche on en est arrivé à vouloir faire reconnaître officiellement la « mission » (au moins sa part socialement engagée) par les institutions publiques. <strong>Claude Dagens</strong> va tout à fait <strong>maintenant</strong> dans ce sens-là, et il <strong>développe</strong> sans vraie nuance -ce qui m&#8217;a beaucoup étonné de sa part-  <strong>les mêmes arguments que le Vatican</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">On s&#8217;acharne à<strong> persuader les autres citoyens que</strong>, « les catholiques ayant assimilé d&#8217;une façon nouvelle le thème de la liberté et des droits de l&#8217;homme », <strong>les républicains, défenseurs de la laïcité n&#8217;ont plus de nos jours, rien à craindre de l&#8217;Eglise</strong> par ailleurs affaiblie (ce qui se voit bien).  On semble croire d&#8217;ailleurs que les « laïques » sont fatigués de lutter. <strong>D&#8217;autre part</strong>, dans un monde incertain, dit-on, le « projet laïque » ne peut plus « se résigner à une absence d&#8217;idéal politique » : à ce sujet on en appelle à des autorités extérieures non croyantes de préférence pour faire plus objectif. L&#8217;auteur fait très souvent référence à Marcel Gauchet : parmi les monothéismes, le christianisme, en sortant des systèmes religieux « hétéronomes » a beaucoup aidé à faire progresser les humains vers l&#8217;autonomie de la personne, qualité éminemment démocratique ; il ne faut donc pas négliger ce que peuvent apporter les chrétiens aux valeurs civiques. Mais on ne peut pas en conclure triomphalement qu&#8217;un<strong> « partenariat », reconnu comme tel, est devenu possible « dans les délibérations publiques »</strong> &#8211; <strong>et même indispensable</strong> dans la crise actuelle -, <strong>entre l&#8217;Etat </strong>garant de la<strong> </strong>société<strong> </strong>sécularisée <strong>et l&#8217;Eglise. </strong>M. Gauchet ne tient certainement pas à donner à celle-ci une tribune privilégiée. Et il est très difficile de ne pas voir la contradiction, en France, entre d&#8217;un côté les affirmations républicaines éclatantes associées au respect affecté de la loi de 1905 et de l&#8217;autre, le chemin délibérément pris aujourd&#8217;hui par l&#8217;Eglise catholique vers un système concordataire prudemment voilé. On a d&#8217;ailleurs vu les républicains de France en alerte ces derniers temps à propos de toute concession dans ce sens par les pouvoirs publics (par exemple : rapport Machelon ; affaire des grades universitaires, des subventions cultuelles déguisées&#8230;). Est-il bon d&#8217;ailleurs pour le « message » que la « reconnaissance » officielle de l&#8217;Eglise ait une « raison » d&#8217;Etat ? Enfin on ne peut pas bien percevoir, de l&#8217;extérieur, que cette Eglise n&#8217;est pas, dans la pratique, sortie de la « religion » : bien au contraire elle y rentre précipitamment dans une politique vaticane identitaire, manifestant ses certitudes éternelles, assoiffée de visibilité et même, si cela « paye », ritualiste à l&#8217;ancienne&#8230; Et pourtant, Claude Dagens cite encore l&#8217;« avancez en eau profonde » (donc risquée) de l&#8217;Evangile !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De nombreux chapitres du livre</strong> (2<sup>e</sup> partie mais surtout 3<sup>e</sup>) s&#8217;adressent <strong>spécialement</strong> à des enseignants ou des responsables de <strong>l&#8217;école catholique</strong> <strong>: ils sont</strong> <strong>particulièrement décevants</strong>, venant d&#8217;une personnalité que l&#8217;on avait vue plus attentive à la présence au monde réel. Claude Dagens rappelle pourtant qu&#8217;il y a quelques années des congrégations enseignantes s&#8217;étaient lucidement posé des questions sur la valeur évangélique d&#8217;un enseignement privé. Aujourd&#8217;hui, il n&#8217;est plus  question pour l&#8217;Eglise officielle, de se désengager à plus ou moins long terme de cette institution « visible ». Dans la <em>Lettre</em>, parait-il, à ce sujet, on n&#8217;avait pas spécialement pensé à l&#8217;école catholique&#8230; Bien sûr, personne n&#8217;exige l&#8217;abolition des lois de liberté d&#8217;enseignement, et libre à des chrétiens qui s&#8217;affichent comme tels de soutenir, hors Eglise, des écoles privées dites « catholiques ». Mais que notre Eglise laisse entendre qu&#8217;en France par exemple, l&#8217;école nationale est ou risque d&#8217;être l&#8217;école de l&#8217;Etat, nous paraît injurieux. Surtout, qu&#8217;elle cautionne la possibilité de se mettre à part des autres citoyens (ou futurs citoyens), au lieu de s&#8217;engager pour que l&#8217;école de tous développe toutes les qualités qu&#8217;on attend d&#8217;elle, nous a toujours semblé loin de l&#8217;esprit évangélique. <strong>Tout cet</strong> <strong>aspect des choses</strong> est « <strong>oublié »</strong> finalement dans ce livre. Et, c&#8217;est certainement <strong>aux dépens de la « mission ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On peut analyser plus spécialement quelques remarques de Claude Dagens.</strong> On voit bien les contradictions inhérentes à la ligne de l&#8217;Eglise officielle, soutenue maintenant plus résolument par lui, et la façon dont « l&#8217;Institution » les escamote parfois.</p>
<p style="text-align: justify;">**  « <em>Actuellement, les jeunes qui viennent dans l&#8217;enseignement catholique sont pareils à tous les jeunes&#8230; C&#8217;est un</em> <em>haut lieu d&#8217;accueil et de rencontre</em> ». On ne peut pas nier un aller-retour fréquent, pour différentes raisons, mais qui ne concerne qu&#8217;une minorité (plutôt aisée). Les piliers forts sont marqués non seulement par les modes de vie de toute la jeunesse actuelle mais aussi par le choix de leurs parents : il s&#8217;agit encore (et cela peut concerner des populations diverses, y compris sur le plan religieux) d&#8217;échapper aux « mauvaises fréquentations » (ce réflexe existe toujours), mais surtout d&#8217;être plus sûr de « réussir » ; enfin, généralement (sauf en lycées professionnels pour des raisons souvent injustes d&#8217;ailleurs) la composition des classes est loin d&#8217;être le décalque de la société. Et dans les quartiers mêlés où s&#8217;installe une école catholique, elle draine d&#8217;abord ceux (y compris des non-croyants ou des musulmans par exemple) qui attendaient ce moyen de fuir le sort commun, supposé mauvais a priori. Il n&#8217;y a vraiment pas de quoi en être fier.</p>
<p style="text-align: justify;">**<strong> </strong>« <em>Je crois qu&#8217;un établissement scolaire d&#8217;inspiration chrétienne ne peut pas se contenter de la culture d&#8217;entreprise, qui, ajuste sans cesse les moyens et les résultats. Il faut aussi que soit exploitée une autre culture, chrétienne&#8230; (avec) des signes : l&#8217;accueil, la solidarité, l&#8217;écoute ;&#8230; l&#8217;intelligence que l&#8217;on éveille à des savoirs</em> ». Il y a tellement d&#8217;exemples qui font de ces affirmations le côté publicitaire et concurrentiel des écoles catholiques (voir certains articles dans <em>La </em><em>Croix </em>ou<em> La Vie,</em> au moment des choix de scolarité, du genre : venez chez nous, regardez comme nous sommes bons car chrétiens, et innovateurs parce que « libres » ; nous apportons un « plus » ; et voyez nos résultats !) On sous-entend forcément : meilleure conscience professionnelle dans le « privé » catholique que dans le « publique » &#8211; ce qui est calomnieux &#8211; ;  et l&#8217;on sait bien que les succès bruts affichés cachent l&#8217;inégalité des moyens et qu&#8217;à conditions (variées) équivalentes les résultats sont tout au plus les mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">** « <em>Ne pas rêver&#8230; Il faut être accueillant. On ne va pas vérifier le degré de catholicisme et de pratique religieuse des enseignants. (Mais) il y a (parmi ceux-ci) des jeunes qui viennent dans l&#8217;enseignement catholique parce qu&#8217;ils devinent qu&#8217;il y a un lien entre la tradition chrétienne et le travail d&#8217;éducation</em> (supposé évidemment meilleur)&#8230; <em>Je suis convaincu qu&#8217;ils peuvent devenir chrétiens en s&#8217;engageant ainsi</em> ». Les contradictions apparaissent.  Personne ne peut plus s&#8217;étonner que la majorité des enseignants « catholiques » ne le soient pas et surtout ne suivent pas les règles de l&#8217;Eglise : la société ne peut plus fournir. Mais la clientèle majoritaire n&#8217;en a cure. Pas plus d&#8217;ailleurs qu&#8217;elle ne tient vraiment à un enseignement religieux consistant, qui fait perdre du temps. On devine que Claude Dagens reste sceptique au fond sur la « conversion » possible des enseignants eux-mêmes (dire « j&#8217;en suis convaincu » ressemble trop à de l&#8217;autosuggestion). Et la plupart des enseignants titulaires tiennent à garder leur autonomie sur tous les plans, qu&#8217;on ne peut pas leur refuser.</p>
<p style="text-align: justify;">** « <em>Le travail d&#8217;éducation dans l&#8217;école catholique s&#8217;adresse à des jeunes qui n&#8217;ont ni racines, ni mémoire chrétiennes&#8230; On va leur donner la chance de devenir chrétiens et&#8230; peut-être leurs camarades, leur famille. »</em> On retrouve l&#8217;argument missionnaire classique. L&#8217;Eglise, dit-on, ne peut pas se défaire de cette école. L&#8217;auteur rejoint sans réserve (presque mot-à-mot) les Instructions du Vatican (dernière en date, sept.2007) qui avaient déjà obligé les évêques français à y affirmer le caractère catholique de « tout l&#8217;enseignement » donné, dès le Statut de1992 (que certains d&#8217;entre eux d&#8217;ailleurs, ne trouvaient pas encore assez marqué : ex. Avignon, Carqueiranne). Mais on sait bien que l&#8217;on risque d&#8217;attenter à la loi Debré qui n&#8217;accepte le « caractère propre » des établissements conventionnés que sous réserve prévue d&#8217;une certaine discrétion. On a déjà vu que prétendre accueillir tout le monde et faire de l&#8217;école un lieu de « mission » est une gageure, sinon seulement une expression verbale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a d&#8217;ailleurs du mal à comprendre pourquoi l&#8217;Eglise officielle continue, ici et aujourd&#8217;hui, à proclamer qu&#8217;elle a une « mission » (un don de l&#8217;Esprit, une vocation) éducative générale </strong>- pas seulement catéchétique- et confessionnellement marquée : c&#8217;est faire croire que la formation du citoyen n&#8217;est jamais complètement valable sans elle et surtout que la conviction de foi est à mettre dans la même catégorie que l&#8217;esprit scientifique associé à l&#8217;enseignement. Il est toujours dangereux de mélanger les deux lignes : toute conviction philosophique, religieuse ou politique incarnée dans une structure collective risque de se croire au moins un degré au-dessus dans la vérité et de glisser peu à peu vers un exclusivisme paralysant (parfois inconscient ?) : l&#8217;histoire l&#8217;a montré.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus communément, notre Eglise doit, me semble-t-il, s&#8217;assimiler vraiment l&#8217;esprit même de la laïcité qui est aussi une vertu évangélique. Il ne suffit pas de ne pas exiger des privilèges, comme l&#8217;assure encore Claude Dagens, mais il faut aussi se refuser tous comportements ou structures communautaristes avec des droits spécifiques ; ne pas solliciter une reconnaissance publique auprès de l&#8217;Etat ; faire confiance à la force de la Parole et aux chrétiens de base : les encourager à vivre et travailler avec les autres, à tous niveaux et à tous les moments de l&#8217;existence, attentifs aux libertés, sans masquer leurs convictions mais sans tapage prosélytiste, comme le suggérait la <em>Lettre.</em> Cette intention est d&#8217;autant moins actuellement celle des officiels ecclésiaux que ceux-ci semblent affolés par la sécularisation accélérée et, en même temps, par l&#8217;empiétement galopant &#8211; avec parfois des moyens trop faciles qu&#8217;il serait indigne d&#8217;imiter &#8211; de groupes religieux « chrétiens » concurrents. Pourtant « la mission » peut être  assurée, si on le veut sans réserve,  dans la clarté,  et l&#8217;Evangile entendu sans ambiguïté.</p>
<p align="right">Jacques Haab</p>
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		<title>Cachez ce minaret que je ne  saurais voir !</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 10:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>
		<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Le résultat lamentable de la votation de dimanche 29 novembre en Suisse a sans doute des causes sociales multiples. Ce vote est  fondé, entre autres, sur la peur de l&#8217;autre, une peur favorisée par la méconnaissance des réalités de l&#8217;Islam et l&#8217;étroitesse d&#8217;esprit qui crée des réflexes d&#8217;intolérance. Les intégrismes religieux chrétien et musulman portent une part [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le résultat lamentable de la votation de dimanche 29 novembre en Suisse a sans doute des causes sociales multiples. Ce vote est  fondé, entre autres, sur la peur de l&#8217;autre, une peur favorisée par la méconnaissance des réalités de l&#8217;Islam et l&#8217;étroitesse d&#8217;esprit qui crée des réflexes d&#8217;intolérance. Les intégrismes religieux chrétien et musulman portent une part de responsabilité dans cette dérive, et les analyses mensongères et haineuses de l&#8217;extrême droite populiste ont encouragé ces tendances.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité analyse aussi ce résultat comme une défaite de la laïcité</strong>. Dans nos sociétés pluralistes et sécularisées où vivent ensemble des personnes de convictions et de croyances diverses, religieuses, athées, agnostiques, l&#8217;État démocratique laïque garantit les droits de la personne humaine et notamment la liberté de conscience. Cette dernière est protégée contre toute idéologie officielle ou tout communautarisme clos par cet État laïque qui garantit aussi les libertés d&#8217;association et de culte dans le cadre du  respect de la loi démocratique et des droits humains. L&#8217;État laïque  ne reconnaît aucune religion, aucune conviction et se trouve ainsi dans l&#8217;obligation d&#8217;assurer l&#8217;égalité de traitement des citoyens. Cette obligation joue évidemment en faveur de l&#8217;Islam comme des autres formes de conviction, religieuses ou non.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette optique, refuser par principe la construction de minarets, c&#8217;est refuser aux musulmans, s&#8217;ils le désirent, dans le cadre des pratiques légales de l&#8217;urbanisme, de manifester dans l&#8217;architecture de leurs lieux de culte un signe symbolique de leur foi, comme peut l&#8217;être un clocher pour les chrétiens ou tout autre symbole architectural signifiant. Une telle attitude d&#8217;intolérance et de ségrégation religieuse et culturelle contredit les convictions laïques en même temps qu&#8217;elle prouve une dangereuse immobilité culturelle.</p>
<p style="text-align: right;"><!--StartFragment-->
</p>
<p class="MsoNormal"><span>Communiqué de presse de l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><span>2 décembre 2009</span><!--EndFragment--> </span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>Crucifix et laïcité</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 11:52:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[La Cour européenne des droits de l&#8217;Homme a condamné mardi 3 novembre l&#8217;Italie pour la présence de crucifix dans les salles de classe, disposition jugée contraire au droit des parents d&#8217;éduquer leurs enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de religion. Cette condamnation a soulevé de nombreuses réactions. Nous publions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>La Cour européenne des droits de l&#8217;Homme a condamné mardi 3 novembre l&#8217;Italie pour la présence de crucifix dans les salles de classe, disposition jugée contraire au droit des parents d&#8217;éduquer leurs enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de religion. Cette condamnation a soulevé de nombreuses réactions. Nous publions ici l&#8217;éditorial de la Croix, suivi d&#8217;une réaction de l&#8217;Observatoire chrétien de la laïcité, puis d&#8217;une déclaration de l&#8217;association italienne sœur de NSAE : « Noi siamo Chiesa »</em><em></em></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Italie condamnée en raison de la présence de croix dans les écoles publiques</span></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vu de nos contrées laïques, le débat paraît presque désuet. Il y a longtemps que le moindre symbole religieux a disparu des murs des écoles publiques (hormis des terres concordataires d&#8217;Alsace-Moselle) et même &#8211; s&#8217;il est « ostentatoire » &#8211; de la tenue des écoliers. La plupart des Français jugent que cette laïcité, à condition qu&#8217;elle soit respectueuse des croyants, permet une meilleure cohésion sociale. Comment comprendre alors que les Italiens, dans une grande majorité, soient scandalisés par le jugement de la Cour européenne des droits de l&#8217;homme qui a condamné leur pays, à la suite de la plainte d&#8217;une mère de famille contre la présence d&#8217;un crucifix dans les classes de ses enfants ? On peut, sans être grand&#8230; clerc présumer que les convictions religieuses, en Italie, ne sont pas, au fond, très éloignées de celles des autres Occidentaux. Mais culturellement la familiarité reste toujours grande avec les signes et les rites de l&#8217;Eglise catholique. Affaire d&#8217;identité nationale, en somme. Face à a Cour, d&#8217;ailleurs, l&#8217;Etat italien a curieusement plaidé que la croix n&#8217;était ici pas un signe religieux mais un symbole <em>«humaniste».</em></p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait pousser le raisonnement de la plaignante jusqu&#8217;à l&#8217;infini et peut-être l&#8217;absurde : si le crucifix heurte la conscience d&#8217;une famille non croyante, pourquoi l&#8217;absence de crucifix ne serait-elle pas troublante pour un croyant catholique ? Les convictions a-religieuses ne sont-elles pas une opinion au même titre que les convictions religieuses ? Devra-t-on débaptiser les lieux qui portent le nom d&#8217;un saint, oter les croix des carrefours, supprimer les calvaires des campagnes ?</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs pays européens conservent des crucifix dans leurs lieux publics. Cette présence est le fruit d&#8217;une histoire, mais elle est mise en débat par l&#8217;évolution de sociétés devenues multiculturelles, multireligieuses et surtout indifférentes. Il est à craindre que les crucifix sur les murs ne soient même plus remarqués par les élèves et les enseignants, et leur signification perçue. La visibilité du christianisme se joue autrement, sans doute. Mais est-ce à l&#8217;Europe &#8211; est-ce cela qu&#8217;on attend de l&#8217;Europe &#8211; de décider, contre l&#8217;avis d&#8217;une population, ce qui est pour elle au cœur de son patrimoine ou ce qui ne l&#8217;est pas ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: right;">Dominique Quinio</p>
<p style="text-align: right;">La Croix</p>
<p style="text-align: right;">6-11-09</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Point de vue de Jean Riedinger, secrétaire de l&#8217;Observatoire  chrétien de la laïcité (OCL)</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la Croix du vendredi 6 novembre Dominique Quinio traite de la condamnation de l&#8217;État Italien par la Cours Européenne des Droits de l&#8217;Homme en raison de l&#8217;existence de crucifix dans les écoles publiques de ce pays. Il est étonnant que ce texte manifeste une certaine sympathie de l&#8217;éditorialiste pour la pratique italienne ou du moins lui cherche des « excuses ». Il y a quand même un bon siècle qu&#8217;en France ce problème est résolu et depuis longtemps à la satisfaction de tous (quelques grincheux mis à part) D.Quinio aurait sans doute quelque difficulté à démontrer qu&#8217;en France l&#8217;identité nationale s&#8217;identifie aujourd&#8217;hui à la religion catholique alors qu&#8217;elle prétend qu&#8217;il peut en être ainsi en Italie, un pays qui sociologiquement est aussi multiconvictionnel que la France et la plupart des pays d&#8217;Europe. L&#8217;argument selon lequel nul ne doit être choqué, ni croyant ni incroyant, se retourne contre ceux qui souhaiteraient y voir une défense de la place des crucifix dans les écoles publiques. Il faudrait à ce compte suspendre sur les murs des classes des signes musulmans, bouddhistes, juifs mais aussi venant de diverses écoles agnostiques et athées ! C&#8217;est évidemment absurde. L&#8217;absence de ces signes, de tous ces signes, est au contraire une façon d&#8217;ouvrir un espace accueillant à tous les enfants et dont le vide peut suggérer que ce lieu de formation de l&#8217;homme et du citoyen est un lieu d&#8217;ouverture à tous. Ce raisonnement vaut pour l&#8217;Italie comme pour la France. Et s&#8217;inquiéter de ce qu&#8217;un tribunal international comme la Cours Européenne  des Droits de l&#8217;Homme de Strasbourg puise « s&#8217;ingérer » dans les affaires d&#8217;un État particulier c&#8217;est nier qu&#8217;il puisse  exister des valeurs universelles &#8211; notamment en Europe -. Parmi ces valeurs le respect des droits humains dont fait partie la laïcité dans un monde aux multiples convictions et  croyances. Il convient  que ces valeurs se concrétisent juridiquement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: right;">Jean Riedinger</p>
<p style="text-align: right;">secrétaire  de l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité</p>
<p style="text-align: right;">7 novembre 2009</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Déclaration  de &#8220;</span><em><span style="text-decoration: underline;">Noi siamo chiesa&#8221;<span style="font-style: normal;"> </span></span></em><span style="text-decoration: underline;"><em>(Nous sommes Eglise Italie) </em></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a une claire diversité des positions à l&#8217;intérieur de l&#8217;Église catholique sur la question du crucifix dans les églises et les lieux publics, même si les points de vue différents de ceux officiels peinent à se faire connaître .</p>
<p style="text-align: justify;">Face à la sécularisation et aux problèmes pastoraux que celle-ci pose à qui veut proposer l&#8217;Évangile à l&#8217;homme d&#8217;aujourd&#8217;hui, le comportement de trop de structures ecclésiales est de choisir un biais. Celui-ci consiste en « campagnes » pour la défense des symboles, en vue d&#8217;obtenir des instruments législatifs en faveur de leurs propres positions ou de leurs propres structures, en vue d&#8217;obtenir une prise de position catégorique et publique en faveur des traditions et des racines chrétiennes de l&#8217;Europe, pour défendre chaque privilège concordataire là où il existe et pour en obtenir dans les situations nouvelles (pays de l&#8217;est). Elles ne se résignent pas à dépasser l&#8217;idéal d&#8217;une culture unique de la chrétienté. L&#8217;hostilité à la sentence de la cour de Strasbourg est la conséquence de cette attitude  habituelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il existe un autre point de vue. Celui-ci, face à la nécessité d&#8217;une évangélisation nouvelle et crédible, pense que l&#8217;on doit insister surtout sur le développement d&#8217;une vie de foi dans la conscience des croyants et dans la vie de la communauté chrétienne, et sur les « œuvres » dont parle l&#8217;Évangile. Ces œuvres consistent aujourd&#8217;hui à s&#8217;impliquer pour le changement, dans la vie démocratique, dans les rapports sociaux, dans les rapports entre nord et sud et dans la paix fondée sur la justice et le désarmement. Ainsi l&#8217;Évangile &#8211; si l&#8217;on a recours à la pauvreté des moyens matériels (Mathieu 10,9) &#8211; peut devenir plus crédible aux yeux de l&#8217;homme de bonne volonté et en recherche.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette position se réclame du concile de Vatican II et de son esprit. Elle se projette dans une perspective œcuménique. Elle croit en la fraternité de toutes les religions, sans aucun étendard ou symbole, pour affronter les problèmes de l&#8217;humanité au début du troisième millénaire. Pourquoi ne pas avoir un comportement positif face la demande de laïcité et d&#8217;égalité des droits dans la situation  de chaque religion ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi ne pas prendre acte du fait que l&#8217;histoire de l&#8217;Europe a été certes marquée profondément par le christianisme, avec des périodes sombres et d&#8217;autres lumineuses, mais que cette histoire est également marquée par d&#8217;autres cultures (par exemple les lumières, le libéralisme, le socialisme&#8230;) ?</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est une question d&#8217;honnêteté intellectuelle, il n&#8217;y a pas de premier de la classe.</p>
<p style="text-align: justify;">Le crucifix est un symbole religieux sur lequel on peut méditer dans le recueillement de la prière individuelle ou communautaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme symbole (impropre) de l&#8217;identité et de la culture nationale il est instrumentalisé par toute la droite mécréante (celle des athées dévots et des adorateurs du « dieu Po »*) et par les fondamentalistes chrétiens.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Vatican et la CEI (conférence épiscopale italienne) ne veulent pas et n&#8217;arrivent pas à avoir une position plus équilibrée et attentive à toutes les sensibilités présentes dans l&#8217;Église mais, au contraire, ils contribuent à alimenter revendications et âpres polémiques.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p align="right">Vittorio Bellavite</p>
<p align="right">Représentant national de Noi Siamo Chiesa</p>
<p align="right">Rome 4 novembre 2009</p>
<p style="text-align: justify;">* <span style="text-decoration: underline;">Note du traducteur</span> : l&#8217;allusion au « dieu Po » est une allusion à la ligue du Nord qui a mené une campagne ridicule assimilant à une divinité le Po qui traverse tout le nord de l&#8217;Italie. Les athées dévots sont des hommes de droite incroyants qui sont fortement engagés en faveur de l&#8217;idée de  « racines chrétiennes » en en tant que symbole de la religion civile.</p>
<p><!--StartFragment--> <!--EndFragment--></p>
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		<title>Dans le même registre que Le Latran&#8230;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/10/14/dans-le-meme-registre-que-le-latran/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 16:28:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[La présence officielle de Monsieur Fillon à la Cité du Vatican lors d&#8217;une cérémonie religieuse au cours de laquelle était canonisée une Française, Jeanne Jugan, est pour le moins surprenante. Délègue-t-on le premier ministre à la cérémonie de remise d&#8217;un prix Nobel quand celui-ci est attribué à l&#8217;un de nos concitoyens? Nous sommes las de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La présence officielle de Monsieur Fillon à la Cité du Vatican lors d&#8217;une cérémonie religieuse au cours de laquelle était canonisée une Française, Jeanne Jugan, est pour le moins surprenante. Délègue-t-on le premier ministre à la cérémonie de remise d&#8217;un prix Nobel quand celui-ci est attribué à l&#8217;un de nos concitoyens?</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes las de ces adjectifs accolés au mot laïcité (&#8220;sereine, ouverte, réfléchie&#8221;) qui laissent planer un soupçon : sans adjectif, la laïcité mériterait peu de considération, alors qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un principe inscrit dans notre Constitution et que le terme se suffit à lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus grave reste cette reconnaissance officielle d&#8217;une sorte de prix d&#8217;honneur à la compétence morale de l&#8217;Eglise catholique (les &#8220;crises&#8221; connues par cette Eglise au cours de l&#8217;année 2009 devrait inciter à plus de modestie&#8230;). Le travail de réflexion morale auquel sont appelés tous les hommes et femmes de bonne volonté est à partager par tous. La compétence de ceux qui ont œuvré en ce domaine au cours de l&#8217;Histoire ne nous semble pas tributaire d&#8217;une appartenance à telle ou telle famille de conviction, même si ces acteurs se &#8220;ressourcent&#8221; dans une communauté qu&#8217;ils ont choisie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><strong> </strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-weight: normal;">Communiqué de presse de l&#8217;Observatoire Chrétien de la laïcité</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-weight: normal;">13 octobre 2009</span></p>
<p></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Position de l&#8217;O.C.L. sur le voile intégral</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/09/14/position-de-locl-sur-le-voile-integral/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Sep 2009 21:09:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[1°) Certes on ne peut pas interdire dans la société civile (indépendamment de ce que dit la Loi dans le cadre de l&#8217;école et des fonctionnaires des services publics) des vêtements ou autres symboles d&#8217;appartenance religieuse&#8230; (comme par exemple des soutanes, des cols romains, ou le port de croix, médailles et autres symboles  religieux sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">1°) Certes on ne peut pas interdire dans la société civile (indépendamment de ce que dit la Loi dans le cadre de l&#8217;école et des fonctionnaires des services publics) des vêtements ou autres symboles d&#8217;appartenance religieuse&#8230; (comme par exemple des soutanes, des cols romains, ou le port de croix, médailles et autres symboles  religieux sous forme de bijoux ou de « badges ») qui relèvent du libre choix de l&#8217;expression des opinions et convictions des citoyennes et des citoyens dans les limites du respect de l&#8217;ordre public et du respect des libertés  d&#8217;autrui.</p>
<p style="text-align: justify;">2°) Il n&#8217;est  pas question d&#8217;imposer &#8211; même sous une  forme d&#8217;interdit &#8211; un « uniforme-citoyen » ce qui serait bien évidemment une autre forme d&#8217;identification idéologique&#8230; dans le cadre de ce que Hannah Arendt appelle <em>la laïcité totalitaire.</em> Sur ce point les analyses de Catherine Kintzler concernant le simple voile ou fichu  semblent convaincantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais à l&#8217;évidence le port du voile intégral<strong> rend impossible la reconnaissance de l&#8217;identité </strong>d&#8217;une personne  (comme celle d&#8217;une  mère allant chercher ses enfants à l&#8217;école, ou d&#8217;une personne se présentant à des contrôles, des guichet de services publics, des contrôles dans les transports publics et autres lieux semblables). Quel professeur ou quel médecin sérieux accepterait de ne pas voir le visage d&#8217;un élève ou d&#8217;un patient ?  Comment peut on déclarer mariés dans une mairie un couple dont la moitié n&#8217;est pas identifiable car elle se dissimule sous un voile ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le voile intégral interdit l&#8217;identification dans un certain nombre d&#8217;actes de la vie civile où cette identification est exigée puisque l&#8217;identification est rendue impossible par la dissimulation du visage. Si les droits des citoyens doivent être les mêmes pour tous, il en est de même pour les devoirs !</p>
<p style="text-align: justify;">3°)<strong> Il y a aussi l&#8217;argument de la sécurité </strong>qui n&#8217;est pas à exclure (il est vrai qu&#8217;un porteur de bombe s&#8217;est déjà dissimulé ailleurs qu&#8217;en France sous ce genre de vêtement). Mais sans en faire le motif principal d&#8217;une décision &#8211; car une approche trop  sécuritaire risque d&#8217;être très réductrice et peut être susciter une méfiance supplémentaire à l&#8217;égard de l&#8217;Islam.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><em> Il faut donc vérifier que la Loi est précise, claire et complète  pour tous ces types de cas &#8211; décrits ci-dessus &#8211; et qu&#8217;elle interdit absolument le port du voile intégral dés lors que la  reconnaissance de l&#8217;identité est exigible. Au cas où un doute subsisterait dans le cadre de la législation actuelle et au cas où la Loi ne pourrait être invoquée pour exiger la « levée du voile », il faut que la législation soit complétée au moins dans ce domaine.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">4°) Plus fondamentalement pour que la Société soit possible, <strong>il faut affirmer qu&#8217;en toutes circonstances et en tout lieu public chacun doit pouvoir entrer en relation avec un VISAGE HUMAIN </strong> et non pas avec des personnes complètement occultées. Sans ce lien corporel minimum (qui n&#8217;interdit pas des cheveux couverts par un fichu ou un simple voile) il n&#8217;y a plus de relation sociale possible. Comment simple interlocuteur échanger avec un personnage fantomatique ? Comment interpeler ou entendre une forme sans visage ?</p>
<p style="text-align: justify;">De plus nous avons la conviction &#8211; qui est sans doute partagée par une grande majorité de citoyens de toutes convictions, y compris bien entendu musulmane &#8211; que le voile intégral est le symbole (et la réalité) d&#8217;une aliénation grave de la femmes dans ce qui fait l&#8217;intégrité de <strong>son être à la fois corporel, spirituel&#8230; et relationnel !</strong> Bref une atteinte à sa personne.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes il convient de savoir en même temps que des femmes portant ce voile intégral affirment le faire en toute liberté voire « se sentir » plus libres sous cette « protection » du regard des hommes.  Elles disent que leur interdire cette protection « voulue par Dieu » serait contraire aux droits humains&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ces croyances même si elles sont sincères ou non imposées se heurtent à la conception des rapports sociaux entre femmes et hommes dans le cadre du respect des droits humains. Un choix éclairé  s&#8217;impose donc.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne saurait écarter la nécessité pour le législateur d&#8217;une analyse de ce qu&#8217;est la personne humaine et des droits qu&#8217;elle a. On ne saurait récuser a priori le droit d&#8217;une personne à vivre selon ce qu&#8217;elle considère sincèrement comme lié nécessairement à l&#8217;expression de sa croyance religieuse. Cependant on conviendra que, juridiquement,  la<em> liberté sans limite ne peut être accordée purement et simplement </em>car elle peut causer de graves dégâts humains. On le comprend assez facilement quand il s&#8217;agit de réalités comme la polygamie, l&#8217;excision des petites filles, le refus de la transfusion sanguine pour leurs enfants par les témoins de Jéhovah, l&#8217;enfermement « éducatif » des enfants dans une secte&#8230; etc. Or le voile intégral a, de fait, là où il est imposé (par  exemple dans des Etats ou des lieux où le pouvoir est tenu par des islamistes totalitaires) une signification d&#8217;extrême mépris pour les femmes, et fait référence à une idéologie qui implique l&#8217;infériorisation des femmes par rapport aux hommes, même si, en certains cas, les victimes de cette idéologie ne s&#8217;en rendent pas compte. De tels comportements ne  risquent ils pas de jeter l&#8217;opprobre sur l&#8217;ensemble des musulmans et de provoquer une fracture au sein de la société ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Une Loi interdisant le port du voile intégral dans le domaine public peut donc être envisagée dans la mesure où le port du voile intégral est objectivement une forme de rupture du lien social, en général notamment sous l&#8217;angle de l&#8217;égalité des hommes et des  femmes.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Conséquence importante</span> : Il nous semble très clair et indispensable qu&#8217;en tout état de cause  <span style="text-decoration: underline;"> la protection par la justice, la police et toute autre médiation sociale,</span> des femmes qui refusent le voile intégral (et tout autre sorte de vêtement ou signe corporel) alors que la pression familiale ou communautariste contraindraient à le porter, doit être très clairement affirmée dans le texte de la Loi ou tout autre texte adopté après la consultation parlementaire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>5°) Enfin nous notons que la question de la tolérance ou l&#8217;interdiction du voile intégral n&#8217;est pas principalement une question de laïcité. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins elle en relève dans la mesure où juridiquement la laïcité affirme l&#8217;antériorité de la loi démocratiquement élaborée et votée  sur les « lois » religieuses &#8211; ou prétendues telles &#8211; dès lors que des citoyens, en l&#8217;occurrence des citoyennes, sont menacés de violence ou que les relations sociales sont menacées de déstructurations déshumanisantes. Cela ne donne pas de critère absolu mais demande pratiquement des analyses rationnelles critiques et des débat sérieux. En effet ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;une règle est  édictée  dans un contexte religieux qu&#8217;elle n&#8217;a pas de valeur humaniste et donc universelle ou universalisable  mais il convient  d&#8217;établir ce qu&#8217;il en est par un dialogue ouvert et rigoureux à la fois.  Sur le plan  religieux tout semble d &#8216;ailleurs indiquer que la grande majorité des musulmans  ne considère absolument pas comme une obligation  religieuse ou spirituelle le port du voile intégral et même le condamnent.</p>
<p style="text-align: justify;">On doit donc se demander si le port du voile intégral est un risque ou non de violence aux personnes et/ou de rupture des bases mêmes du lien social démocratique. <strong>C&#8217;est bien sur ce terrain que notre réflexion s&#8217;est portée.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> Texte adopté par l&#8217;O.C.L. lors de sa réunion du vendredi 11 septembre 2009</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-weight: normal;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1469" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/downloadedfile.jpeg" alt="" width="125" height="94" /><br />
</span></strong>
</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>Les diplômes du Saint-Siège reconnus en France, par Jean Riedinger</title>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2009 15:02:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Le décret d&#8217;application de l&#8217;accord France-Siant-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l&#8217;enseignement supérieur est paru sous le numéro 0092 au Journal Officiel de la République Française du 19 avril 2009. Il est signé de Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bernard Kouchner. Il permet l&#8217;application de l&#8217;accord du 18 décembre 2008 entre la France [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le décret d&#8217;application de l&#8217;accord France-Siant-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l&#8217;enseignement supérieur est paru sous le numéro 0092 au Journal Officiel de la République Française du 19 avril 2009. Il est signé de Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bernard Kouchner. Il permet l&#8217;application de l&#8217;accord du 18 décembre 2008 entre la France et le Saint Siège.<br />
L&#8217;Observatoire Chrétien de la laïcité avait déjà attiré l&#8217;attention sur cet accord dans la mesure où il pose un certain nombre de questions de fond sur les conceptions de la laïcité qui président à sa signature, conceptions qui sont en pleine cohérence avec les idées du Président de la République Nicolas Sarkozy telles qu&#8217;il les a exposées dans son discours de Saint-Jean de Latran, au moment de son intronisation comme chanoine honoraire de cette basilique pontificale. Mais au-delà de ces prestations présidentielles maintes fois analysées, le décret se situe dans un cadre européen voire mondial qui réserve à l&#8217;Église catholique une place tout à fait particulière dans les rapports entre les institutions religieuses, les Etats et les autorités politiques en général. Ce sont ces questions de fond que je souhaite exposer.</p>
<h3 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-20" title="Benoît XVI nomme 18 nouveaux cardinaux électeurs" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/vatican.jpg" alt="Benoît XVI nomme 18 nouveaux cardinaux électeurs" width="468" height="351" /></h3>
<h3>I-Le contexte politique et juridique</h3>
<p>L&#8217;accord du 18 décembre 2008 entre la République Française et le Saint Siège se situe comme conséquence de la Convention de Lisbonne (11 avril 1997) « <em>sur la reconnaissance des qualifications relatives à l&#8217;enseignement supérieur dans la région européenne</em> » et du « <em>processus de Bologne</em> » pour « <em>la construction d&#8217;un espace européen de l&#8217;enseignement supérieur en améliorant la lisibilité des grades et diplômes de l&#8217;enseignement supérieur délivrés par les établissements habilités à cet effet</em> ».</p>
<p>Un des objectifs de cette convention et de ce processus est de faciliter le passage d&#8217;un système d&#8217;enseignement supérieur à un autre et d&#8217;accroître ainsi la mobilité des étudiants et des universitaires en vue de favoriser le « marché » de l&#8217;emploi dans le cadre européen. Cette volonté s&#8217;accompagne de la volonté de défendre le principe d&#8217;autonomie des universités comme le précise un des attendus qui introduisent la Convention de Lisbonne : « (&#8230;) <em>attachant une grande importance au principe de l&#8217;autonomie des établissements et consciente de la nécessité de sauvegarder et de protéger ce principe, (les signataires), etc</em>. »</p>
<p>Les objectifs de la convention ont en effet une dimension universitaire incontestable mais sont aussi en grande partie à visée économique en ce qu&#8217;ils concernent les liens entre formation, marché du travail et compétitivité économique de l&#8217;Europe au plan mondial. On peut donc aussi les analyser en fonction des objectifs de la « <em>stratégie de Lisbonne</em> » (printemps 2000) qui visent dans le cadre d&#8217;une pensée très libérale à faire de l&#8217;Europe une puissance capable de rivaliser avec les États-Unis et même de les dépasser. La C.O.M.E.C.E (organisation des évêques européens) avait encouragé ces orientations de la stratégie de Lisbonne. Certes, on peut s&#8217;interroger sur la pertinence de ces orientation à la lumière de la crise actuelle&#8230; Il y a là sujet à une analyse de fond. Mais j&#8217;en resterai pour le moment à l&#8217;étude de ce qu&#8217;a de particulier l&#8217;accord de la France avec le Saint Siège d&#8217;un point de vue plus juridique et concernant notamment la laïcité.</p>
<h3>II-Les bases juridiques de la signature de l&#8217;accord entre un Etat souverain (La France) et le Saint Siège</h3>
<p>-A- Un rappel qui peut être utile : la cité du Vatican est un Etat indépendant &#8211; le plus petit du monde entièrement enclavé dans l&#8217;Italie, à Rome. Il compte quelques centaines d&#8217;habitants. C&#8217;est un Etat reconnu mais non membre de l&#8217;ONU où il a néanmoins un statut d&#8217;observateur comme dans les institutions européennes. Il a aussi des ambassadeurs (nonces) dans la plupart des pays et auprès de l&#8217;Union européenne.</p>
<p>Il a été créé le 11 février 1929 comme représentation temporelle du Saint Siège (ensemble des institutions de l&#8217;Eglise catholique romaine), aux termes des accords du Latran signés par le cardinal Gasparini et l&#8217;Italie représentée par Mussolini.</p>
<p>On remarquera néanmoins que ce n&#8217;est pas l&#8217;Etat du Vatican qui signe les textes internationaux et donc en l&#8217;occurrence un accord avec la France, mais le Saint Siège. Voir par exemple cet article (respecté dans l&#8217;accord France-Saint Siège) : « <em>Au moment de la signature ou du dépôt de son instrument de ratification, d&#8217;acceptation, d&#8217;approbation ou d&#8217;adhésion, ou à tout autre moment par la suite, chaque État, le Saint Siège, la Communauté européenne </em><em>indiquent, à l&#8217;un des dépositaire de la présente Convention, quelles sont les autorités compétentes pour prendre les différents types de décision en matière de reconnaissance</em> » (Article II-2 de la déclaration de Lisbonne).</p>
<p>Ce qui montre bien la confusion entre une institution religieuse de dimension mondiale de par son implantation à caractère supra-national et un État qui est souverain sur un tout petit territoire et quelques autres lieux qui ont comme les ambassades un caractère d&#8217;extraterritorialité : des basiliques romaines, l&#8217;université grégorienne, Castelgandolfo, Radio Vatican. Seule l&#8217;Église catholique, à ma connaissance, a un type de statut politico-religieux aussi singulier, source de confusions multiples et complètement anachronique !</p>
<p>-B- Si l&#8217;on en vient à l&#8217;accord entre le Saint Siège et la France on remarquera qu&#8217;il concerne évidemment l&#8217;enseignement supérieur catholique sur le territoire national Français et non les enseignements supérieurs confessionnels autres que catholiques &#8211; notamment protestant [1]. Ce qui établit de fait et avant même tout autre jugement sur l&#8217;accord une première discrimination dans le cadre français.</p>
<p>-C- En ce qui concerne tous les établissements d&#8217; enseignement supérieurs privés, jusqu&#8217;à présent, les grades et diplômes qu&#8217;ils délivrent peuvent être reconnus selon des modalités qui respectent à la fois la laïcité et la fonction de l&#8217;enseignement supérieur public. La IIIe République a proclamé la liberté de l&#8217;enseignement supérieur en 1875. En 1880 elle a réservé l&#8217;attribution des titres universitaires aux seules universités publiques. En 1984, le Conseil d&#8217;État a estimé que ce principe du monopole d&#8217;État de la collation des grades universitaires s&#8217;imposait même au législateur. Actuellement pour conférer une licence ou un doctorat, les universités privées doivent soit passer une convention avec une université publique (une commission universitaire est chargée d&#8217;étudier et de décider la reconnaissance des diplômes), soit demander au Recteur d&#8217;académie d&#8217;organiser un jury d&#8217;État chargé d&#8217;évaluer leurs candidats&#8230; Par exemple, les diplômes d&#8217;ingénieur des écoles d&#8217;ingénieurs catholiques sont reconnus par la commission du titre d&#8217;ingénieur, car ils sont jugés de qualité par une telle commission publique. Ils n&#8217;ont donc pas besoin de cet accord du Vatican. Pourquoi donc un accord spécial ? Question : imaginons que le diplôme d&#8217;une école d&#8217;ingénieur d&#8217;une université catholique ait été refusé par la commission du titre d&#8217;ingénieur, est-ce que l&#8217;accord signé lui donnera l&#8217;équivalence, ce qui permettrait de se passer la commission ? Autrement dit, désormais, l&#8217;enseignement supérieur catholique et les diplômes qu&#8217;il confère sont ils reconnus par l&#8217;Etat par les seules vertus de l&#8217;accord Saint Siège-France ? Dans le protocole additionnel de l&#8217;accord il est précisé :</p>
<p>« <em>Article 1 &#8211; Champ d&#8217;application du protocole additionnel<br />
Le présent accord s&#8217;applique :<br />
Pour l&#8217;enseignement supérieur français : aux grades et diplômes délivrés sous l&#8217;autorité de l&#8217;État par les établissements d&#8217;enseignement supérieur.<br />
Pour les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et les établissements d&#8217;enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège : aux grades et diplômes qu&#8217;ils délivrent dans les disciplines énumérées dans le protocole additionnel. Une liste des institutions ainsi que des grades et diplômes concernés sera élaborée par la Congrégation pour l&#8217;Education catholique, régulièrement tenue à jour et communiquée aux Autorités françaises.</em> »</p>
<p>A la suite d&#8217;une demande de la conférence des présidents d&#8217;université qui avait regretté que ce décret « <em>ravive inutilement le débat sur la laïcité</em> » et réclamé « <em>que les diplômes profanes ne (soient) pas concernés par ce texte</em> », les ministères des Affaires étrangères et de l&#8217;Enseignement supérieur avaient alors assuré que cet accord laissait la liberté aux universités de reconnaître ou non ce niveau de diplôme. Les deux ministère avaient alors affirmé que « <em>sont visés par cet accord les diplômes canoniques délivrés par les universités catholique et les établissement d&#8217;établissement supérieur dûment habilités par le Saint siège ainsi que les diplômes ecclésiastiques directement délivrés par les facultés ecclésiastiques sous l&#8217;autorité du saint Siège</em> » (AFP, 20 avril 2009). Mais dans le texte de l&#8217;accord les diplômes reconnus ne sont pas seulement les diplômes canoniques et ecclésiastiques&#8230; mais TOUS LES DIPLÔMES. Sont en effet reconnus : « (&#8230;) <em>Pour les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d&#8217;enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège : diplômes délivrés par les universités catholiques et les établissements d&#8217;enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège ; diplômes ecclésiastiques directement délivrés par les facultés ecclésiastiques sous l&#8217;autorité du Saint-Siège.</em> » (extrait de l&#8217;article 2 du protocole additionnel)</p>
<p>Quant aux diplômes ecclésiastiques (en théologie ou en droit canonique par exemple) &#8211; sauf le cas des diplômes délivrés par l&#8217;université de Strasbourg, sous régime concordataire -, l&#8217;État ne les connaissait tout simplement par jusqu&#8217;à cet accord. Désormais ils sont reconnus automatiquement par l&#8217;Etat français dés lors que&#8230; le Saint Siège les reconnaît !!!</p>
<h3>III-Un accord préoccupant pour la laïcité</h3>
<p>On est donc très clairement dans le cadre d&#8217;un accord de nature concordataire qui ressemble beaucoup au statut local d&#8217;Alsace Moselle.</p>
<p>Pour le comprendre, comparons avec ce qui pourrait se passer dans un accord de ce genre, conforme à la convention de Lisbonne, passé entre la France et un Etat quelconque de l&#8217;union Européenne. Dans ce cas, chacun des pays s&#8217;engagerait à reconnaître les formations et les diplômes qui sont reconnus dans l&#8217;autre Etat en respectant les modalités de reconnaissance et de validité de chaque Etat. Si l&#8217;un des deux Etats (prenons une hypothèse extrême) n&#8217;avait qu&#8217;un enseignement supérieur public et l&#8217;autre seulement des institutions d&#8217;enseignement supérieur privées, voire seulement des institutions confessionnelles (catholiques-protestantes-musulmanes&#8230;), ces deux systèmes pourraient être maintenus de part et d&#8217;autre. Avant la signature de l&#8217;accord, on aura évidemment vérifié de part et d&#8217;autre la possibilité en termes d&#8217;évaluation scientifique, de modalités d&#8217;acquisition des diplômes&#8230; qu&#8217;une équivalence pouvait en effet être envisagée. Mais chacun des deux Etats reste compétent sur son territoire pour définir les modalités, les contenus, les dispositions relatives aux enseignements publics ou privés dispensés sur son territoire.</p>
<p>Or avec l&#8217;accord France Vatican la situation est différente. Sont considérés comme relevant du Saint Siège (représentant l&#8217;État du Vatican ou organisation religieuse ?) « pour les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et les établissements d&#8217;enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège » article 1 du protocole additionnel. C&#8217;est bien le Saint Siège qui habilite ces Instituts ou facultés.</p>
<p>Question qui révèle LE problème principal : Qui habilite donc des instituts d&#8217;enseignement supérieur catholiques sur le territoire français ?</p>
<p>Est-ce un État étranger : le Vatican ? A lors il y a un sérieux problème de souveraineté.<br />
Est-ce l&#8217;Église catholique ? Alors il y a un sérieux problème concernant la laïcité.<br />
En réalité ce sont&#8230; les deux ! On nage dans la confusion la plus complète.</p>
<p>La référence à la convention de Lisbonne est donc pour le moins discutable et juridiquement obscure. C&#8217;est la conséquence du statut flou du Pape à la fois autorité religieuse et chef d&#8217;Etat. On en revient sans cesse à cette confusion (cette faute ?) originelle.</p>
<p>De plus on peut se demander quel sens peut bien avoir la reconnaissance « ipso facto » par la France des diplômes ecclésiastiques directement délivrés par les facultés ecclésiastiques sous l&#8217;autorité du saint Siège&#8230; A quel titre l&#8217;État français reconnaîtrait il une licence ou un doctorat de théologie ? Ou de métaphysique chrétienne ? En quoi l&#8217;État est il concerné ? Sa caution apportée à la valeur d&#8217;une pensée religieuse- quelle qu&#8217;elle soit- est pour le moins étrangère à la laïcité.</p>
<p>Enfin dans le même domaine de réflexion on peut se demander quelle est ou risque d&#8217;être la politique vaticane à l&#8217;égard de la liberté de recherche dans les institutions catholiques. N&#8217;oublions pas que l&#8217;État du Vatican ne peut être reconnu comme tel dans le cadre de l&#8217;Union européenne en particulier parce que ce n&#8217;est pas un Etat démocratique, mais une monarchie absolue où règne un Monarque coopté par des Princes qu&#8217;il nomme lui-même. J&#8217;ajouterai qu&#8217;il prétend tirer son pouvoir absolu d&#8217;une mission divine auto-attribuée !</p>
<p>Ce pouvoir pontifical n&#8217;est pas un fantasme quand il tente &#8211; de plus en plus difficilement il est vrai vu les résistances de l&#8217;opinion catholique elle même &#8211; de s&#8217;exercer dans toute sa rigueur dogmatique et actuellement réactionnaire au sein même de l&#8217;Eglise. Or par cet accord l&#8217;Etat français se soumet à la compétence d&#8217;une religion pour apprécier la valeur universitaire d&#8217;un institut -privé sans doute &#8211; mais sur le territoire français. En fonction de l&#8217;appréciation de la monarchie vaticane l&#8217;Etat français reconnaît alors la validité des diplômes de cet établissement. L&#8217;Etat soumet son appréciation à une religion.<br />
De ce fait il ne se contente pas de la connaître, il la reconnaît. Ce qui est contraire à la laïcité.</p>
<p>Même s&#8217;il faut reconnaître que dans les faits l&#8217;enseignement supérieur catholique en France n&#8217;est pas enfermé dans un cadre dogmatique et asservi à une pensée unique grâce à la qualité intellectuelle et à l&#8217;ouverture de pensée de la plupart des chercheurs et des enseignants, il n&#8217;empêche que c&#8217;est dans le cadre d&#8217;une conception religieuse &#8211; respectable mais non universelle &#8211; que cet enseignement est organisé. Ce qui implique, surtout dans le cadre strictement ecclésiastique, des choix « convictionnels » collectifs de recherche et de pensée Et de ce point de vue l&#8217;Etat peut reconnaître la légitimité de l&#8217;exercice d&#8217;un tel enseignement sur son territoire mais ne peut pas le cautionner sur le plan « scientifique ».</p>
<p>Il en serait évidemment de même sur ce dernier point pour l&#8217;enseignement supérieur protestant ou un éventuel enseignement supérieur musulman ou bouddhiste&#8230; sauf que dans ces derniers cas on serait clairement dans le cadre des rapports entre l&#8217;État et la société civile (en l&#8217;occurrence les religions) et non comme dans le cas de l&#8217;Église catholique dans une relation tordue par le statut « étatique » du Vatican et du Saint Siège.</p>
<h3>IV- Qu&#8217;en est-il de cet accord dans une stratégie de privatisation de l&#8217;enseignement supérieur ?</h3>
<p>L&#8217;objectif de l&#8217;autonomie des Universités et institutions d&#8217;enseignement supérieur est une des dispositions communes reconnue au sein de l&#8217;Union Européenne par la convention de Lisbonne. C&#8217;est un objectif d&#8217;un espace universitaire européen. Or elle est un des chevaux de bataille de la pensée libérale (au sens économique du terme). Cette notion d&#8217;autonomie est évidemment importante pour la liberté de la recherche et de l&#8217;enseignement. Il faut néanmoins s&#8217;interroger sérieusement sur le rapport de l&#8217;autonomie avec la notion de service public qui protège l&#8217;Université de la mainmise des intérêts particuliers idéologiques ou des intérêts privés économiques sur ses programmes et ses objectifs. En effet l&#8217;autonomie peut être une garantie de la liberté de recherche et d&#8217;enseignement, mais l&#8217;indépendance de l&#8217;Université dépend de l&#8217;articulation et de la régulation de la recherche et des enseignements dans le cadre d&#8217;un service public. En donnant à l&#8217;enseignement supérieur catholique le statut que permet cet accord l&#8217;État français n&#8217;ouvre-t-il pas la voie à une reconnaissance plus grande du rôle du secteur privé dans l&#8217;enseignement supérieur et ne s&#8217;apprête-t-il pas à réaliser le rêve de la droite libérale la plus idéologiquement conservatrice qui est de favoriser une autonomie conçue comme une marche progressive vers la privatisation de l&#8217;enseignement supérieur ?</p>
<p>Notes :<br />
[1] Les établissements d&#8217;enseignement supérieur privés sont régis par l&#8217;article L 731 du Code de l&#8217;Education. Il existe des instituts catholiques à Paris, Lille, Lyon, Toulouse et Angers (qui a essaimé à La Roche-sur-Yon en 1990). Contrairement à la loi ces instituts utilisent la dénomination &#8220;universités catholiques&#8221;. Il existe également des facultés de théologie protestante à Paris, Montpellier, Vaux-sur-Seine et Aix-en-Provence. Par ailleurs, dans le cadre du droit local, les facultés de théologie protestante et de théologie catholique sont intégrées dans l&#8217;Université publique de Strasbourg.</p>
<p>Auteur : Jean Riedinger, secrétaire de l&#8217;Observatoire Chrétien de la<br />
Laïcité)<br />
Publié le mardi 5 mai 2009 dans la <a href="(http://www.ufal.info/media_flash/1,article,583,,,,,_Analyse-du-decret-d-application-de-l-accord-FRANCE-SAINT-SIEGE-sur-la-reconnaissance-des-grades-et-diplomes-dans-l-enseignement-superieur.htm)" target="_blank">lettre UFAL- FLASH n° 78</a><br />
Quelques compléments de lecture pour éclairer le contexte :<br />
- l&#8217;ouvrage &#8221; Main basse sur l&#8217;école publique&#8221; de Eddy Khalfi et Murielle<br />
Fitoussi (Ed. Démopolis) ; (cf. présentation dans le Hors-série Parvis n°<br />
21 &#8211; &#8220;Capitalisme et libéralisme&#8221;, pages 27-28).<br />
- Hors-série Parvis n° 19 &#8211; &#8220;Laïcité 2008&#8243;- pages 46-59</p>
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		<title>A propos de la visite de Benoît XVI (communiqué de l&#8217;OCL)</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 11:40:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité &#8211; qui a déjà affirmé avec la plus grande fermeté son désaccord avec les thèses défendues par le président Sarkozy dans son discours du Latran &#8211; redit son inquiétude alors que l&#8217;offensive en faveur d&#8217;une laïcité soi-disant « positive » déferle dans les médias à l&#8217;occasion de la visite en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité &#8211; qui a déjà affirmé avec la plus grande fermeté son désaccord avec les thèses défendues par le président Sarkozy dans son discours du Latran &#8211; redit son inquiétude alors que l&#8217;offensive en faveur d&#8217;une laïcité soi-disant « positive » déferle dans les médias à l&#8217;occasion de la visite en France du pape Benoît XVI. La laïcité telle qu&#8217;elle est définie dans la Loi de 1905 reste l&#8217;outil juridique actuellement<span id="more-289"></span> indispensable dans une société multiculturelle et multiconfessionnelle, la loi doit être respectée par tous à commencer par l&#8217;Etat Français. La séparation rigoureuse des Eglises et Institutions religieuses et de l&#8217;Etat est la garantie contre les tentations et tentatives communautaristes, la liberté de conscience des personnes et la démocratie fondée sur la voix des citoyens libres et responsables en dernier recours de leurs choix politiques.C&#8217;est pourquoi l&#8217;OCL déplore que l&#8217;Etat français reçoive officiellement le pape qui joue sur l&#8217;ambiguïté de sa fonction pastorale et du statut étatique du saint Siège. Ce statut étatique n&#8217;est qu&#8217;un reste anachronique des Etats pontificaux et monarchiques d&#8217;antan. L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité souhaite la disparition de cette exception, au demeurant peu conforme au message évangélique.</p>
<p>Jean Riedinger, secrétaire de l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité</p>
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		<title>Justice, &#8220;mensonge&#8221; et virginité</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/06/03/justice-mensonge-et-virginite/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Jun 2008 13:24:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[ L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité s&#8217;indigne de l&#8217;annulation par la justice d&#8217;un mariage- motivée par le « mensonge » de l&#8217;épouse sur sa virginité. Il souligne la gravité de cette décision pour l&#8217;avenir du droit en France. En effet elle s&#8217;appuie, de façon tout à fait inappropriée en l&#8217;occurrence, sur la notion de « tromperie sur la qualité essentielle » [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> L&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité s&#8217;indigne de l&#8217;annulation par la justice d&#8217;un mariage- motivée par le « mensonge » de l&#8217;épouse sur sa virginité.</p>
<h1></h1>
<h3>Il souligne la gravité de cette décision pour l&#8217;avenir du droit en France.</h3>
<p>En effet elle s&#8217;appuie, de façon tout à fait inappropriée en l&#8217;occurrence, sur la notion de «<em> tromperie sur la qualité essentielle </em>» d&#8217;un des époux. L&#8217;OCL souligne qu&#8217;en aucun cas la virginité ne saurait être considérée au moment du mariage comme une qualité essentielle de la future épouse. On ne voit pas en quoi, d&#8217;un point de vue humain, la virginité &#8211; de la femme seulement, notons-le &#8211; engagerait le validité du mariage.</p>
<p>Pour envisager le contraire , les juges n&#8217;ont pu que se référer à  une conception « religieuse » parmi d&#8217;autres, conception d&#8217;ailleurs discriminatoire à l&#8217;égard des femmes et les soumettant à la domination de fantasmes  masculins. En cela ils ne respectent pas la Constitution de la cinquième République qui caractérise notre pays comme une République laïque. Dans une telle République la loi est la même pour tous, femmes et hommes notamment- et ne saurait se fonder, directement ou indirectement, sur des règles religieuses particulières.</p>
<p>Ce jugement ouvre la porte à des pratiques judiciaires communautaristes qui appliqueraient à des citoyennes et des citoyens les conceptions morales ou juridiques d&#8217;une communauté -notamment religieuse- ou d&#8217;un groupe identitaire  auxquelles seraient alors réduite- de façon aliénante- leur identité personnelle et donc leur humanité.</p>
<p><em><strong>Auteur : Jean RIEDINGER, secrétaire de l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité</strong></em></p>
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		<title>Parution du hors-série n°19 de la revue Parvis consacré à la laïcité</title>
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		<pubDate>Sun, 25 May 2008 18:30:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Le hors-série n°19 (mai 2008) de la revue Parvis vient de paraître. Il est consacré à la laïcité et a été réalisé par l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL). En voici le sommaire : 03  Editorial, par Jean Riedinger 05  Manifeste, texte collectif (fondateur de l&#8217;OCL) 08  Qu&#8217;est-ce que la laïcité ?, par Jean Riedinger 14   Peut-on accepter, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left">Le hors-série n°19 (mai 2008) de la revue Parvis vient de paraître. Il est consacré à la laïcité et a été réalisé par l&#8217;Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL). En voici le sommaire :</p>
<p><em>03  Editorial, </em>par Jean Riedinger<br />
<em>05  Manifeste, </em>texte collectif (fondateur de l&#8217;OCL)<br />
<em>08  Qu&#8217;est-ce que la laïcité ?, </em>par Jean Riedinger<br />
<em>14   Peut-on accepter, en démocratie laïque, l&#8217;exception d&#8217;un sexisme religieux ?, </em>par Marie-Thérèse van Lunen-Chenu<br />
<em>18   Religions et droits humains des femmes en Europe, </em>par Claire-Lise Ott et Michelle Lefeuvre<br />
<em>23   La laïcité, plus actuelle que jamais, </em>par Henri Pena-Ruiz<br />
<em>32   Laïcité et formation du citoyen, </em>par Guy Coq<br />
<em>37   Du danger des concordats et autres accords concordataires, </em>par Monique Cabotte-Carillon<br />
<em>40   A Carqueiranne (Var), que s&#8217;est-il passé ?, </em>par Danièle Brocvielle<br />
<em>41   Le mouton qui blasphème, </em>par Fethi Benslama<br />
<em>42   La laïcité en Espagne et l&#8217;église, </em>par José Maria Garcia Maurino et Hugo Castelli<br />
<em>44   L&#8217;église italienne et la laïcité, </em>par Vittorio Bellavite<br />
<em>46   Communauté politique européenne et église : une saine coopération pour le bien de tous ?, </em>par Lucienne Gouguenheim<br />
<em>54   L&#8217;église a toujours peur de la laïcité, </em>par Jacques Haab<br />
<em>60   Pologne : laïcité perdue, </em>par Nina Sankari<br />
<em>64   Le Mexique : catholicisme et laïcité, </em>par Elfriede Harth<br />
<em>67   Choc ou rencontre des civilisations ?, </em>par Lucienne Gouguenheim</p>
<p>Si vous voulez davantage de détails sur l&#8217;OCL, <a target="_blank" href="http://www.nsae.fr/category/le-reseau-nsae/lobservatoire-chretien-de-la-laicite-ocl/">cliquez ici</a>. </p>
<p>Vous pouvez commander ce hors série au prix de 6,50 € auprès de NSAE, 68 rue de Babylone, 75007 PARIS. Les chèques doivent être à l&#8217;ordre de NSAE.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p align="center"><strong>BON DE COMMANDE DU HS N°19 (<em>LAÏCITE 2008</em>)</strong></p>
<p>Nom :</p>
<p>Prénom :</p>
<p>Adresse :</p>
<p>Téléphone :                                                     Courriel :</p>
<p>Nombre d&#8217;exemplaires commandés :                                  Total :</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>L&#8217;OCL réagit à la création d&#8217;un &#8220;fonds spécifique&#8221; public à l&#8217;enseignement privé</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/04/29/locl-reagit-a-la-creation-dun-fonds-specifique-public-a-lenseignement-privee/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 11:25:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'Observatoire Chrétien de la Laïcité (OCL)]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[  Le ministère de l&#8217;Education Nationale va créer puis alimenter un « fonds spécifique » pour les établissements privés qui ouvrent des classes en banlieue difficile. L&#8217;Observatoire Chrétien de la laïcité s&#8217;indigne de cette décision. En effet, l&#8217;actuelle politique gouvernementale, dans le cadre des économies budgétaires, supprime des postes dans l&#8217;enseignement public. Les écoles, collèges et lycées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/ecole.jpg" title="ecole.jpg"><img src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/ecole.thumbnail.jpg" alt="ecole.jpg" /></a></p>
<p>Le ministère de l&#8217;Education Nationale va créer puis alimenter un « fonds spécifique » pour les établissements privés qui ouvrent des classes en banlieue difficile.</p>
<p>L&#8217;Observatoire Chrétien de la laïcité s&#8217;indigne de cette décision. En effet, l&#8217;actuelle politique gouvernementale, dans le cadre des économies budgétaires, supprime des postes dans l&#8217;enseignement public. Les écoles, collèges et lycées des zones difficiles n&#8217;ont pas les moyens suffisants pour prendre en charge efficacement leur mission d&#8217;enseignement et d&#8217;éducation et se doter des structure pédagogiques adaptées à leur situation.</p>
<p>Dans ces conditions, confier au secteur privé une mission qui revient au service public, c&#8217;est favoriser, sous prétexte de liberté de l&#8217;enseignement et en réalité au nom d&#8217;une idéologie de la concurrence libérale, un dessaisissement du rôle démocratique de l&#8217;Etat et des collectivités publiques dans la formation de citoyens libres et égaux. A terme, nous risquons de voir se développer des écoles à deux vitesses et se multiplier des institutions scolaires identitaires.</p>
<p>Il est regrettable que l&#8217;Eglise catholique, qui est responsable de 95% de l&#8217;enseignement privé, puisse accepter de profiter ainsi des abandons par l&#8217;Etat de sa mission. Faut-il attendre en vain que l&#8217;Eglise de France, soucieuse de justice sociale, demande que soient donnés au service public de l&#8217;Education nationale les moyens de son efficacité dans les secteurs défavorisés ?</p>
]]></content:encoded>
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