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	<title>NSAE &#187; hotspot</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Appel du Groupe « Evangile et société » (GES) à signer la pétition  « Pour un audit citoyen de la dette publique »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/06/appel-du-groupe-evangile-et-societe-ges-a-signer-la-petition-pour-un-audit-citoyen-de-la-dette-publique/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2012/01/06/appel-du-groupe-evangile-et-societe-ges-a-signer-la-petition-pour-un-audit-citoyen-de-la-dette-publique/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 00:27:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[La crise sert d&#8217;alibi et de moteur pour poursuivre une politique qui affecte en priorité les petits, les pauvres, ceux qui sont sous le seuil de pauvreté. Ce sont ceux-là le cœur de notre combat : rendre leur dignité à tous ceux qui sont  esclaves de la misère&#8230; 7millions et demi de salariés qui perçoivent moins de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AppelAudit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5837" title="AppelAudit" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AppelAudit.jpg" alt="" width="227" height="181" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La crise sert d&#8217;alibi et de moteur pour poursuivre une politique qui affecte en priorité les petits, les pauvres, ceux qui sont sous le seuil de pauvreté.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont ceux-là le cœur de notre combat : rendre leur dignité à tous ceux qui sont  <strong>esclaves de la misère</strong>&#8230; <strong>7millions et demi de salariés qui perçoivent moins de 750 € par mois</strong>, ce qui touche près de <strong>30 millions de personnes</strong>. Inadmissible aussi bien pour le citoyen que pour le disciple déclaré du fils de l&#8217;homme, Jésus de Nazareth. Tous les dimanches de l&#8217;Avent parlaient de justice pour les cassés de la vie. La bonne nouvelle est pour eux, en priorité. Et nous, nous sommes invités – c&#8217;est notre mission d&#8217;êtres humains – à mettre tous nos moyens, toute notre énergie  à  libérer nos frères de l&#8217;esclavage dans lequel les régimes économiques, financiers et politiques les maintiennent, voire les enfoncent, avec notre complicité de fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous relisons Matthieu, en commençant par les toutes premières parole de Jésus au moment de son baptême par Jean au Jourdain : « Tout ce qui est juste doit être établi, faisons en sorte de l&#8217;accomplir ».</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis : « Allons  avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur ». Le Dieu auquel nous croyons « Vient à la rencontre de celui qui pratique (agit) la justice avec joie » ;  « Ciel nouveau et terre nouvelle où résidera la justice » ; « Porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir les coeurs brisée, annoncer aux captifs la délivrance, la liberté aux captifs&#8230;. » ;  « Il comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces paroles de l&#8217;Avent définissent clairement notre but, notre objectif, notre mission.<span id="more-5834"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Au sein des Parvis, des groupes, des personnes ont déjà exprimé leur inquiétude et leur indignation devant la situation économique et sociale et le problème de la crise financière et de la dette des Etats européens (voir par exemple sur le site <a href="http://www.reseaux-parvis.fr/">http://www.reseaux-parvis.fr/</a>la déclaration : « Crise… Dette… une autre Parole pour plus de justice » et le communiqué de presse du groupe ECCO : « Ils nous font payer la crise »).</p>
<p style="text-align: justify;">Le GES veut être présent dans les campagnes électorales qui s’annoncent, interpeller tous les candidats et plus généralement participer aux combats citoyens sur cette base. Les décisions à prendre doivent être à la mesure de l&#8217;état catastrophique de la situation et de son urgence. Aussi bien sur le plan national que sur le plan européen ou international elles doivent faire systématiquement l&#8217;objet de la question : « cette décision sert-elle les plus démunis d&#8217;entre nous » ? On gagnerait beaucoup à les écouter en leur donnant la parole.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans cette perspective que le GES vous invite à signer (soit directement à l’adresse <a href="http://www.audit-citoyen.org">http://www.audit-citoyen.org</a>/, soit sur les listes papier ci-après) et à diffuser le plus largement possible la pétition « Pour un audit citoyen de la dette » ; il vous propose conjointement une analyse de la situation qui justifie cette campagne (fichier ci-après).</p>
<p align="right"><em>Décembre 2011</em></p>
<p align="right"><em>Lucienne Gouguenheim, secrétaire du GES </em></p>
<p align="right"><em>lucienne.gouguenheim@numericable.com</em></p>
<p><em>Le GES regroupe 13 associations, membres de la fédération « Réseaux du Parvis » :  Association culturelle de Boquen, CELEM, Chrétiens aujourd&#8217;hui Orléans, CSF 61, CSF 95, ECCO, Espérance 54, Evreux 13, NSAE, Partenia 2000, Partenia 77, Point 1-Rouen, Prêtres mariés – Chemins nouveaux</em><em>.</em></p>
<p><strong>•</strong> <a href="http://www.audit-citoyen.org/">Signer la pétition en ligne</a></p>
<p><strong>• </strong>Signer la pétition papier : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PétitionAuditDette-Papier.pdf">PétitionAuditDette-Papier</a></p>
<p><strong>• </strong>Comprendre le mécanisme de la dette et pourquoi il faut réclamer un audit :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Comprendre-le-mécanisme-de-la-dette.pdf">Comprendre le mécanisme de la dette</a></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Noël 2011 à Bethléem : homélie de Mgr Fouad Twal</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/29/noel-2011-a-bethleem-homelie-de-mgr-fouad-twal/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2011/12/29/noel-2011-a-bethleem-homelie-de-mgr-fouad-twal/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 12:16:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Amis de Sabeel-France nous ont transmis l’homélie prononcée à Bethléem la nuit de Noël par le patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal en présence, comme c’est la tradition, des autorités civiles et en premier lieu du président Mahmoud Abbas. Il y exprime des positions claires sur la situation politique, en lançant un appel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les <a href="http://www.amisdesabeel-france.blogspot.com/">Amis de Sabeel-France</a> nous ont transmis l’homélie prononcée à Bethléem la nuit de Noël par le patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal en présence, comme c’est la tradition, des autorités civiles et en premier lieu du président Mahmoud Abbas. Il y exprime des positions claires sur la situation politique, en lançant un appel pour que soit mis un terme à la violence et à l’injustice, en réclamant la paix, la stabilité et la sécurité pour tout le Moyen-Orient.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethleem1-EgliseNativ..jpg"><img class="size-full wp-image-5768 aligncenter" title="Bethleem1-EgliseNativ." src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethleem1-EgliseNativ..jpg" alt="" width="250" height="187" /></a></p>
<p align="center"><strong>Homélie de Noël 2011</strong></p>
<p align="center"><strong><em>« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix</em></strong></p>
<p align="center"><strong><em>sur la terre aux hommes qu’il aime » </em></strong><em>(Luc 2:14)</em></p>
<p align="center"><span id="more-5767"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur le Président Abou Mazen, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, Excellence Nasser Judeh, Ministre des affaires étrangères de Jordanie représentant le Roi Abdullah de Jordanie,</p>
<p style="text-align: justify;">Mesdames et Messieurs leurs Excellences, Consuls et Ambassadeurs,</p>
<p style="text-align: justify;">Chers représentants des diverses Eglises,</p>
<p style="text-align: justify;">Chers frères et soeurs, fils et filles de la Terre Sainte :</p>
<p style="text-align: justify;">De l’Eglise de la Nativité et à proximité de la Grotte Sainte, où la Vierge Marie a emmailloté son fils et l’a déposé dans une crèche, je vous salue tous, fidèles ici présents, téléspectateurs, mais également nos frères de la diaspora, particulièrement ceux que j&#8217;ai rencontrés récemment. Je salue tout spécialement le président Mahmoud Abbas et le félicite pour ses efforts inlassables en faveur d’une paix juste dans le Moyen-Orient et dont la création d’un Etat palestinien est un des fers de lance principal. Je reconnais ses efforts communs avec Sa Majesté, le Roi Abdullah de Jordanie qui a exprimé sa grande préoccupation pour Jérusalem, pour ses lieux saints et surtout ses habitants.</p>
<p style="text-align: justify;">Chers frères et soeurs,</p>
<p style="text-align: justify;">Le chant des anges dans le ciel de Bethléem il y a plus de deux mille ans, retentit encore dans nos oreilles : « Gloire à Dieu au plus haut et paix sur la terre » (<em>Luc 2:14</em>). Cet hymne, avec son parfum céleste, nous fascine et nous instruit.</p>
<p style="text-align: justify;">Que la Gloire soit rendue à Dieu et que la paix descende sur la terre. La gloire de Dieu et la paix du monde sont inséparables, ayant entre elles un lien de cause à effet. Si nous attribuons la gloire à Dieu, nous aurons sa paix. Si nous nous donnons la gloire à nous-mêmes, nous serons privés de cette paix. En effet, la glorification du Seigneur et son adoration sont un devoir et une dette. Dieu promet sa paix à ceux qui l’adorent en esprit et en vérité. Ce qui nous rassure, c’est que Dieu ne manque jamais à ses promesses.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que Dieu n’a pas besoin de nos éloges pour grandir, ni de nos prières de louanges pour parfaire sa gloire. C’est nous qui grandissons et devenons meilleurs à la mesure de notre humilité devant sa grandeur infinie. Le Seigneur est glorieux en lui-même, sa gloire provenant de son être intime et de la création, oeuvre de ses mains. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l&#8217;étendue annonce l&#8217;oeuvre de ses mains. Le jour en instruit un autre jour, la nuit en donne connaissance à une autre nuit. » (<em>Ps 19:2-3</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Nos religions – musulmanes, juives et chrétiennes &#8211; sont unanimes pour dire que l’adoration de Dieu est un devoir d’amour primordial : « Fils de Dieu, rendez au Seigneur familles des peuples, rendez au Seigneur gloire et honneur! Rendez au Seigneur la gloire de son nom ! Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté ! » (<em>Ps. 29: 1-2</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons être fiers car, parmi tous les continents et patries du monde, Dieu a choisi la Palestine, notre chère terre, pour être la patrie du Sauveur, du Messie attendu, qui est sa Parole et la substance de sa gloire. Par conséquent, nous avons le devoir de suivre le cortège des anges et de répéter à l’infini: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». Gloire à lui « parce que la grâce de Dieu qui porte en elle le salut est apparue à tous les peuples. » (<em>Tite 2 : 11</em>) Oui, elle apparut à quelques pas de ce lieu saint, où nous sommes rassemblés ce soir. De ce Christ attendu, les prophètes ont prédit : «Sur lui reposera l&#8217;Esprit du Seigneur », « il jugera les faibles avec justice, il rendra une sentence équitable pour les humbles du pays. » (<em>Isaïe 11, 4</em>). La bonne nouvelle concerne les 2 ennemis, qui « de leurs épées, forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l&#8217;épée; ils n&#8217;apprendront plus la guerre. » (<em>Is 2: 4</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Chers fidèles, nous ne voulons pas que Noël relève d’une douceureuse mémoire subjective et purement émotionnelle, tournée vers un passé lointain. Non, car , le Christ est vivant parmi nous, vivant par sa résurrection, vivant dans ses sacrements et vivant dans son message : un message d’amour, de justice et de paix à tous les peuples, à tous les individus et à toutes les familles, paix dont nous avons besoin plus que jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre région traverse des transformations radicales qui ont un impact sur notre présent et notre avenir. Nous ne pouvons pas rester comme de simples spectateurs. Nous, les chefs religieux et ceux qui ont entre les mains le sort des peuples, devons faire tout ce qui est possible pour protéger notre peuple, travailler à sa survie, et à réaliser ses aspirations. Nous sommes avec notre peuple de toutes nos forces, car ses souffrances et ses espérances sont les nôtres.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous, les habitants de Terre Sainte, de Palestine, d’Israël, de Jordanie et de Chypre nous espérons que la fête de Noël mette fin à la culture de violence et de la mort et inspire une solution aux divisions internationales et nationales. L’Histoire nous enseigne que la volonté des peuples, avec leurs aspirations à la paix et à la liberté, est plus forte que le pouvoir de l’injustice. Par ailleurs, la Toute-puissance de Dieu surpasse celle du Mauvais. C’est pourquoi nous espérons, avec la grâce de Dieu et la bienveillance des hommes de bonne volonté, que disparaissent les murs physiques et psychologiques que les hommes construisent autour d’eux-mêmes. Dieu veut des ponts qui unissent plutôt que des murs qui séparent ce que Dieu a uni. <strong>Chers frères et soeurs, abattons les murs de nos coeurs pour abattre les murs de béton ! </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethléem2-Mur.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5769" title="Bethléem2-Mur" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethléem2-Mur-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les Palestiniens se sont tournés récemment vers l&#8217;Organisation des Nations Unies, avec l’espoir d’une solution juste au conflit, ayant l’intention de vivre en paix et en sécurité avec leurs voisins. On leur a demandé de revenir à un processus de paix qui avait échoué. Ce processus leur a laissé le goût amer de promesses non tenues et un sentiment de méfiance.</p>
<p style="text-align: justify;">Frères, à l&#8217;occasion de Noël et par la puissance du Prince de la Paix dont nous célébrons la naissance selon la chair, nous élevons notre voix à Dieu lui criant notre soif. Nous demandons la paix et rien que la paix.</p>
<p style="text-align: justify;">- Nous la voulons pour le peuple palestinien aussi bien que pour le peuple israélien.</p>
<p style="text-align: justify;">- Nous voulons la paix, la stabilité et la sécurité pour tout le Moyen-Orient, afin que nos enfants et leurs enfants vivent leur enfance dans l’innocence, et dans un environnement sain, et puissent jouer ensemble sans peur ni complexes.</p>
<p style="text-align: justify;">- Nous voulons que la route prise par nos ancêtres &#8211; les mages et les bergers &#8211; pour rejoindre Bethléem, reste ouverte, sans barrières ni barrages, ouverte aux pèlerins du monde entier, y compris du monde arabe. Ils seront les bienvenus. Avec eux, nous prierons et chanterons : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (<em>Luc 2:14</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">- Et en cette nuit sainte, les enfants de Terre Sainte, compatriotes de l’Enfant Jésus, nous supplient : « Laissez-nous grandir normalement, donnez-nous le temps de jouer dans les grandes places de nos villes et villages loin des intrigues politiques.»</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethléem3.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5770" title="Bethléem3" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethléem3.jpeg" alt="" width="259" height="194" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais il ne faut pas seulement prier pour la paix. Les bonnes intentions et discours ne suffisent plus. Cherchons la paix concrètement avec toutes nos énergies. La paix est donnée aux hommes de bonne volonté. Elle ne se réalise pas sans de véritables et courageux artisans de paix, prêts à se sacrifier pour une cause aussi noble. La paix se reçoit et se donne en même temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Ecoutons la voix de Jésus : « N&#8217;ayez pas peur, je suis avec vous ». Seigneur, si tu es avec nous, qui est contre nous ?</p>
<p style="text-align: justify;">- Oui, sur ta parole, Seigneur, nous jetons nos filets et reconnaissons que Noël est un jour de fête.</p>
<p style="text-align: justify;">- Sur ta parole, nous invitons tout le monde à se réjouir avec nous.</p>
<p style="text-align: justify;">- Sur ta parole nous allumons l’arbre de Noël dans nos églises et dans nos maisons comme signe d’espérance et de joie. Rien ne nous enlèvera notre espérance: ni la peur, ni les menaces, ni l’arrogance des hommes.</p>
<p style="text-align: justify;">O Enfant de Bethléem, en cette nouvelle année, nous mettons entre tes mains notre Moyen-Orient troublé, et surtout ses jeunes pleins d’aspirations légitimes, ces jeunes frustrés par la situation économique et politique et à la recherche d’un avenir meilleur. Daigne réaliser leurs voeux et mets en leurs coeurs l’audace et la sagesse en même temps que l’esprit de responsabilité.</p>
<p style="text-align: justify;">De cette église, nous adressons nos remerciements et la promesse de nos prières à tous ceux qui ont contribué et contribuent à la paix et à la justice, à tous les amis qui ont participé à nos espérances et nos inquiétudes à l&#8217;occasion des révolutions arabes. En cette nuit, nous prions pour nos gouvernants et pour les dirigeants du monde entier, afin qu’ils aient la sagesse, le discernement et l’esprit du don d’eux-mêmes envers leurs concitoyens. Nous prions pour le retour au calme et la réconciliation en Syrie, en Egypte, en Irak et en Afrique du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;">De cette Eglise et en cette nuit sainte, nous appelons les fidèles et les pèlerins à s&#8217;unir avec nous dans la prière pour Jérusalem. Comme son nom l’indique, c’est la ville de la paix. Elle a la vocation de rassembler les croyants du monde entier, les fils d’Abraham, en une seule famille. C’est la ville Sainte, la ville de la prière. Des millions de pèlerins viennent prier pour la paix et la réconciliation. Nous prions pour que nous l’ayons en abondance. (<em>Jean 10:10</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">De ce lieu saint, je fais un appel à tous nos frères et soeurs dans le monde. Le monde souffre du manque de charité et de chaleur humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos voeux pour cette année : que « nous nous aimions les uns les autres comme Dieu nous a aimés » et que nous nous réconcilions les uns avec les autres comme Dieu nous a réconciliés dans le Christ. (<em>Ephésiens 4:32</em>). Cette réconciliation nous fait voir le visage du Christ dans les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Que la Paix de l’Enfant de Bethléem et le chant des anges du ciel remplissent vos coeurs et vos esprits (<em>Phil. 4: 7</em>) aujourd’hui et tous les jours de votre vie.</p>
<p align="right"><strong>† Fouad Twal</strong></p>
<p> <strong>En savoir plus :</strong></p>
<p><strong>• sur la situation de Bethléem</strong><strong> </strong>: lire « Conte de Noël –Bethléem sous occupation » à :</p>
<p><a href="http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9857">http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9857</a></p>
<p><strong>•</strong> sur le <strong>tourisme solidaire en Palestine</strong> : cf le dossier « Terre Sainte, terre de rencontres » publié dans le n° 262 (Déc. 2011) de <em><a href="http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/p/publications.php">Faim Développement Magazine</a></em> du CCFD-Terre solidaire et consulter le <a href="http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/i/info_2715.php?PHPSESSID=77483aac25030b10f633d1a06d1ce52f">site</a>.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Evangile de Noël des « sans-papiers »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/15/levangile-de-noel-des-sans-papiers/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2011/12/15/levangile-de-noel-des-sans-papiers/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 14:20:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[Textes libérateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Paraphrase des évangiles de la nativité  Par Emmanuel Terray Nativité du Christ d’Andrei Roublev, Galerie Tretiakov, Moscou En ce temps-là vivait à Nazareth en Galilée un homme appelé Joseph. Joseph était charpentier, et il venait de se marier avec une jeune femme qui s&#8217;appelait Marie. Or il advint en ces jours-là que parut un édit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>Paraphrase des évangiles de la nativité</strong></p>
<p><strong><em> Par Emmanuel Terray </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Roublev-45K.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5713" title="Roublev-45K" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Roublev-45K.jpg" alt="" width="286" height="240" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Nativité du Christ d’Andrei Roublev, Galerie Tretiakov, Moscou</em></p>
<p style="text-align: justify;">En ce temps-là vivait à Nazareth en Galilée un homme appelé Joseph. Joseph était charpentier, et il venait de se marier avec une jeune femme qui s&#8217;appelait Marie. Or il advint en ces jours-là que parut un édit de César Auguste ordonnant le recensement de tout le monde habité. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-5712"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Joseph fut convoqué au commissariat de police de Nazareth et il fut amené devant l&#8217;inspecteur. Alors l&#8217;inspecteur lui dit : « <em>Joseph, n&#8217;est-il pas vrai que tu n&#8217;es pas d&#8217;ici et que ta famille vient de Bethléem en Judée ?»</em> &#8211; « <em>C&#8217;est vrai</em> », répondit Joseph.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;inspecteur dit alors à Joseph : « <em>II faut que tu partes pour Bethléem te faire établir tes papiers. Sans ces papiers, tu ne peux pas vivre et travailler parmi nous comme tu l&#8217;as fait jusqu&#8217;à présent </em>». Joseph dit : « <em>Ma jeune femme est enceinte, et le terme est proche. Ne peux-tu m&#8217;accorder une prolongation jusqu&#8217;à ce que l&#8217;enfant soit né ? Ensuite nous partirons pour Bethléem, comme tu me le demandes</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l&#8217;inspecteur répondit : « <em>Je ne veux pas le savoir et la loi est la loi. Si tu ne te mets pas en route immédiatement, je te ferai reconduire à la frontière par mes hommes et jamais tu ne pourras revenir ici</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Alors Joseph se mit en route avec Marie, et après quelques jours de voyage, ils arrivèrent à Bethléem. Comme Marie était fatiguée, Joseph alla frapper à la porte d&#8217;un hôtel et demanda une chambre, afin que Marie puisse se reposer. L&#8217;hôtelier lui dit : « <em>Donne-moi tes papiers pour que je puisse t&#8217;enregistrer </em>». Joseph répondit : « <em>Je n&#8217;ai pas de papiers, je viens justement à Bethléem pour qu&#8217;on m&#8217;en établisse </em>». Alors l&#8217;hôtelier dit à Joseph : « <em>Si tu n&#8217;as pas de papiers, je ne peux pas te loger. Va t&#8217;en, je ne peux rien pour toi </em>», et tous les hôteliers de la ville lui firent la même réponse.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voici que Marie ressentit soudain les premières douleurs de l&#8217;enfantement. Alors Joseph la conduisit à l&#8217;hôpital pour qu&#8217;elle puisse y accoucher. Mais à l&#8217;entrée de l&#8217;hôpital, le gardien dit à Joseph : « <em>Donne-moi tes papiers pour que je m&#8217;assure que tu es en règle et que je peux accueillir ta femme.</em> » Joseph répondit : « <em>Je n&#8217;ai pas de papiers, je viens justement à Bethléem pour qu&#8217;on m&#8217;en établisse </em>». Alors le gardien dit à Joseph : « <em>Si tu n&#8217;as pas de papiers,  je ne peux pas accueillir ta femme. Va t&#8217;en, je ne peux rien pour toi</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin, Joseph trouva une étable ouverte, et y installa Marie. Et c&#8217;est là que Marie mit au monde un fils, qui fut appelé Jésus. Et les bergers des environs lui apportèrent du lait et des langes, car eux non plus n&#8217;avaient pas de papiers, et ils comprenaient la situation de Joseph et Marie.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voici qu&#8217;Hérode, gouverneur de la Judée, fut soudain pris de peur. Comme Joseph et Marie, beaucoup d&#8217;hommes et de femmes étaient venus de très loin pour se faire recenser. Alors Hérode réunit ses conseillers et leur dit : « <em>Si tous ces gens là restent en Judée au lieu de repartir chez eux, ils vont manger le pain et prendre le travail de mes sujets. Ils feront des enfants ; à la fin, ils seront plus nombreux que nous, et nous ne serons plus les maîtres chez nous. Pour empêcher cela, je vais faire une grande rafle et les chasser d&#8217;ici ; quant aux enfants, je les ferai disparaître</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Un soir que Joseph était assis devant l’étable où il habitait, il vit dans le lointain la troupe de policiers d&#8217;Hérode qui s&#8217;approchait de Bethléem. Alors il rentra dans l’étable et dit à Marie : «<em>Prends l&#8217;enfant et partons, sinon il va nous arriver malheur</em> ». Aussitôt ils prirent le chemin de l&#8217;Egypte, et c&#8217;est ainsi qu&#8217;ils échappèrent à la rafle d&#8217;Hérode. Ils demeurèrent en Egypte jusqu&#8217;à ce que César Auguste et Hérode disparaissent et soient remplacés par des souverains meilleurs et plus justes. Alors ils revinrent en Galilée. Mais Jésus n&#8217;oublia jamais ce qui s&#8217;était passé au jour de sa naissance.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ce dont témoigne son enseignement. Heureux les pauvres, car le royaume des cieux est à eux, et à l&#8217;entrée de ce royaume, on ne leur demandera pas de papiers. Heureux les affamés et les assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés, même s&#8217;ils n&#8217;ont pas de papiers. Le mari et la femme doivent vivre ensemble et peu importe que l&#8217;un ait des papiers et l’autre pas, car il ne faut pas séparer ce que Dieu a uni. Dieu a fait la terre pour tous les hommes, et les hommes sont partout chez eux sur la terre. Car la terre est l&#8217;œuvre de Dieu, mais les frontières sont l&#8217;œuvre des hommes, et quand elles deviennent des barrières, elles sont l&#8217;œuvre du démon.</p>
<p align="center"><strong><em>La loi de Dieu tient en un seul commandement :</em></strong></p>
<p align="center"><strong><em>« aimez-vous les uns les autres, avec ou sans papiers,</em></strong></p>
<p align="center"><strong><em>vous ferez ainsi la volonté de Dieu ».</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="right"><strong>Emmanuel Terray, 1997</strong></p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://arras.catholique.fr/page-20392.html">Site du diocèse d’Arras</a>, déc. 2010</p>
<p>diffusé par le <a href="http://reseau-chretien-immigres.org/">Réseau Chrétien – Immigrés RCI</a></p>
<p><strong>A LIRE </strong>: « <em>Immigration, fantasmes et réalités, pour une alternative à la fermeture des frontières</em> »</p>
<p>Claire Rodier, Emmanuel Terray, Ed. La Découverte, Collection « Sur le Vif », 154 pages,10 €, 2008.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LivreTerray.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5716" title="LivreTerray" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LivreTerray.jpeg" alt="" width="181" height="279" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>L’éthique mondiale comprise à partir du christianisme</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/18/l%e2%80%99ethique-mondiale-comprise-a-partir-du-christianisme/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 23:02:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[Textes libérateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Conférence donnée par José ARREGI le 28 avril 2011 à Barcelone, lors du congrès annuel du Réseau Européen Églises et Libertés Texte inédit publié dans la Lettre d&#8217;information des Réseaux des Parvis n° 8 de  novembre 2011 (Développements originaux en caractères droits, parties résumées en italiques entre crochets) [Le titre de cette conférence, emprunté à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Conférence donnée par José ARREGI le 28 avril 2011 à Barcelone,</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>lors du congrès annuel du Réseau Européen Églises et Libertés</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Lettre-8-couv.001.jpeg"><img class="size-medium wp-image-5553 aligncenter" title="Lettre 8 couv.001" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Lettre-8-couv.001-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Texte inédit publié dans la Lettre d&#8217;information des Réseaux des Parvis n° 8 de  novembre 2011</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><span id="more-5551"></span></p>
<p style="text-align: center;">(Développements originaux en caractères droits, parties résumées en italiques entre crochets)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Le titre de cette conférence, emprunté à un livre de Hans Küng et Angela Rinn Maurer, soulève d’emblée deux questions : celle de la relation entre l’universel et le particulier de toute éthique, et celle de la relation entre éthique et christianisme. « L’éthique est mondiale, mais elle ne peut être exprimée et vécue que de manière particulière » : tout en étant universelle, elle est toujours locale et singulière. Les liens entre éthique et religion sont, quant à eux, plus complexes à cerner : longtemps indissociables dans l’histoire de l’humanité, ces deux domaines semblent se séparer à mesure que lesexigences éthiques ne s’accompagnent plus nécessairement d’une appartenance religieuse. Mais à observer de plus près le vécu concret, il apparaît que l’éthique ouvre toujours sur une perspective d’ordre religieux ou mystique, de même qu’aucune religion n’est possible sans éthique. Le fond ultime de la réalité est Mystère, au delà de toutes les doctrines, mais se laisse entrevoir à la faveur de la sagesse et de l’engagement éthiques.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est la relation à autrui qui façonne l’homme, en chacun et entre tous. « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse ». Repris en des termes semblables par Confucius, l’hindouisme,le jaïnisme, le bouddhisme, Jésus de Nazareth, Hillel et Mohammed, ce principe transcende les frontières entre les religions et les cultures, et relativise leur spécificité. « La foi religieuse est reconnaissance et vénération du mystère universel qui inspire le regard et la conduite. » Le respect de l’altérité de l’autre vénère la dignité irréductible et sacrée de l’être dont est tissée l’humanité depuis toujours et partout. Mais se pose alors la question de savoir ce que telle religion particulière, et la foi chrétienne en l’occurrence, est susceptible d’apporter à l’éthique ? La réponse est en même temps globale et singulière : « Le christianisme n’apporte pas de contenus ni de normes éthiques, mais plutôt une inspiration, une motivation, un élan particulier. » La conférence comprend trois parties : la spécificité de l’inspiration chrétienne de l’éthique, les règles chrétiennes fondamentales de conduite, l’indispensable autocritique chrétienne.]</em></p>
<p><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Jose-Arregi.jpg"><img class="size-medium wp-image-5554 aligncenter" title="Jose Arregi" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Jose-Arregi-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>I – L’INSPIRATION CHRETIENNE</strong></p>
<p>Quelle inspiration apporte le christianisme à l’éthique ?<a href="#_ftn1">[1]</a></p>
<p><a href="#_ftn1"></a><strong>1 – L’inspiration éthique de Jésus</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La figure de Jésus inspire toute la vie du chrétien, toute son éthique, toujours particulière dans sa réalisation, toujours universelle dans son horizon. Que nous inspire Jésus ? Il nous inspire ce qu’il a respiré, espéré, pratiqué : la guérison, le partage et la fraternité. Contant des paraboles et au contact des gens, il guérit les malades rencontrés en chemin. Il annonça un temps nouveau de justice aux paysans accablés de misère à cause de leurs dettes. Il proclama la tendresse de Dieu aux « pécheurs » méprisés par le système religieux. Par son message et sa praxis, il condamna radicalement  toute relation de domination et de pouvoir, proclamant et pratiquant la fraternité universelle. Dans sa vie itinérante, et de façon insolite, il se fit accompagner aussi bien de femmes que d’hommes, et reconnut à la femme le plein droit à la parole et à la liberté de mouvement, en rupture avec le patriarcat séculaire et millénaire. Il fut le commensal joyeux de percepteurs d’impôts détestés et de prostituées proscrites. Il fit naître des rêves de liberté chez les gens simples. Pour beaucoup d’hommes et de femmes affligées il était consolation de Dieu, aurore d’un temps nouveau, promesse de libération définitive. Pour d’autres, il était un hérétique et un danger, et il fut condamné à mort peu de temps – entre un et trois ans – après le début de son itinérance prophétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Il inspire notre éthique. Son message et sa pratique n’enseignent rien qui soit absolument nouveau, mais c’est comme s’il nous disait, avec  les mots de Moltmann : « Qui croit en l’évangile fait l’expérience des forces du monde futur (Heb 6, 5) et entre dans le printemps de la nouvelle création (…). Dieu va créer de nouveau toutes choses, par conséquent : Profitez de ces possibilités ! Elles sont déjà ici, en toi et à côté de toi. La paix est possible. La justice est possible. La libération est possible. Dieu a rendu possible l’impossible et nous sommes invités à profiter de nos aptitudes à la vie. Participez à la rénovation de la société et de la nature. »1.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2 – L’inspiration de l’espérance</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jésus fut un homme de grande espérance. Une espérance active. L’éthique chrétienne est l’éthique inspirée de l’espérance de Jésus. Jésus a dit : « Relevez la tête, car votre délivrance est proche » (Luc 21, 28).</p>
<p style="text-align: justify;">Suivre Jésus, c’est reconnaître que les créatures sont « vraies promesses du Règne »<a href="#_ftn1">[2]</a>. Suivre Jésus, c’est reconnaître Dieu comme « créateur du ciel et de la terre » et, par conséquent, conserver le souvenir de la Genèse (<em>Et tout était bon</em>), même si nous sommes témoins, victimes et responsables de tant de mal. Adhérer à Jésus, c’est accepter avec une confiance patiente que la création et la libération ne sont pas terminées, mais sont en cours : « Dieu n’a pas encore conclu son œuvre ni n’a fini de nous créer. Pour cela nous devons être tolérants avec l’univers et avoir de la patience avec nous-mêmes, puisque la dernière parole n’a pas encore été prononcée : ‘<em>Et Dieu vit que cela était bon</em>’ »<a href="#_ftn2">[3]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Telle est l’espérance engagée du disciple de Jésus. Courage pour le présent et confiance dans l’avenir : voilà ce que les hommes et les femmes d’aujourd’hui, en particulier les jeunes, désorientés par un monde sans perspectives, attendent et ont besoin de recevoir des chrétiens. Cette espérance passionnée et active est celle que Jésus a partagée. Jésus fut-il trop optimiste ? Il faudrait répondre avec les mots que prononça il y a quelques mois Z. Bauman à San Sebastian : « L’optimiste est celui qui croit que ce monde est le meilleur des mondes possibles et qu’il ne peut s’améliorer. Et le pessimiste, celui qui croit que l’optimiste avait peut-être raison ». Ni l’optimisme ni le pessimisme ne transforment le monde. Alors, quoi ? D’abord, se convaincre « qu’il y a des chances que le monde puisse s’améliorer » ; et ensuite tenir bon malgré l’échec. C’est ce que fit Jésus. C’est ce qui le rendit heureux.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espérance de Jésus ne fut donc pas une « simple espérance » inopérante, mais une espérance agissant par métamorphose. Anticipatrice. Jésus annonça tout en accomplissant l’annonce. Il espéra en anticipant ce qui était espéré.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3 – La confiance en Dieu ou en la profondeur de la réalité</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’espérance de Jésus était animée d’une profonde confiance en Dieu. « <em>Rien n’est impossible à Dieu</em> » (Lc 1, 37) et, à cause de cela, « <em>Tout est possible à celui qui croit</em> » (Mc 9, 23) : telle est la conviction intime vitale de Jésus. Cette confiance est celle qui agit en lui quand il guérit et celle qui agit chez les malades pour leur guérison (« <em>ta foi t’a guéri</em> » : Mc 5, 34 ; 10, 52…). Jésus partageait totalement la vieille espérance messianique : quand Dieu viendrait, tous les tourments devaient disparaître de la création. Jésus espéra et proclama, se réjouit et souffrit, annonça et anticipa le Règne de Dieu, le monde selon le rêve de Dieu, ou « la terre des justes et des bons »<a href="#_ftn1">[4]</a>. Plus encore, Jésus acquit la certitude vitale profonde que Dieu venait, intervenait, régnait et libérait à travers son message et ses guérisons : « <em>les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont guéris et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres</em> » (Mt 11, 5 ; Lc 7, 22).</p>
<p style="text-align: justify;">Jésus a vécu dans une culture religieuse entièrement imprégnée de religion et totalement circonscrite par l’institution religieuse, mais sans tomber dans la tentation  par antonomase de toutes les religions et de toutes les personnes religieuses, à savoir : enfermer le mystère de Dieu dans le système religieux, transformer Dieu en recours ou en idole, le réserver à un « espace sacré » et, en définitive, se servir de Dieu pour légitimer l’ordre politico-religieux en vigueur.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut dire de façon appropriée que « si le Christ revenait aujourd’hui, il serait athée », comme l’a écrit D. Sölle. Dieu était et se retrouverait au cœur vital de Jésus. Mais sa foi en Dieu exista à tout moment et elle redeviendrait aujourd’hui radicalement vitale et radicalement « politique », profondément associée à la joie de la vie et radicalement solidaire de la douleur de ceux qui souffrent. C’est pour cela qu’il fut condamné à la croix. Sa croix signifie son refus d’un Dieu séparé et la manifestation d’un Dieu absolument solidaire de la cause de la vie et de la cause des derniers. Une vie à la suite de Jésus ne peut donc être une vie sans adoration de Dieu, mais celui qui se met à la suite de Jésus, le véritable disciple, ne peut adorer le dieu Mammon, ni le dieu César, ni le dieu Loi, mais seulement le Dieu Abba qui veut instaurer son règne de justice pour tous en commençant par les derniers : les petits, les humiliés, les condamnés. Il est bon même aujourd’hui de croire en ce Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Dieu qui suscite et soutient l’espérance de Jésus est un Dieu avec des entrailles, un Dieu qui écoute, regarde et sent la douleur de ses créatures. Ce n’est pas un Dieu puissant et impassible, ni un Dieu compatissant et impuissant, mais un Dieu dont le pouvoir se trouve dans la compassion, avec la faiblesse que cette dernière aide à porter.</p>
<p style="text-align: justify;">La solidarité compatissante de Dieu est le roc de notre espérance, comme elle le fut pour Jésus. Suivre Jésus signifie reconnaître, de façon obscure et lumineuse, que Dieu est avec celui qui souffre. Nous ne pouvons pas dire pourquoi la souffrance existe, et mieux vaut que nous ne cherchions pas à le savoir et moins encore que nous prétendions le savoir. Le chrétien dont les yeux sont tournés vers Jésus ose être assuré que Dieu, la Tendresse qui console et qui réconforte, se trouve avec celui qui souffre, avec quiconque souffre. Il a l’audace de faire confiance, comme Jésus, au Mystère divin qui est le Oui, l’Amen à la création et à toutes ses promesses.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintes fois, Jésus dit dans l’évangile : « N’aie pas peur ! ».  Et c’est ce que nous aussi, maintes fois, nous devrions écouter et crier sur les toits : « N’aie pas peur ! ». Nous avons bien trop peur. Il y a trop de peur dans notre monde, et dans cette société qui est la nôtre. L’Eglise a trop peur. Là où est Dieu, il ne peut y avoir de peur.</p>
<p style="text-align: justify;">Faire confiance à Dieu impose, c’est manifeste, de revoir notre représentation de Dieu, tant imaginaire que conceptuelle. La représentation imaginaire traditionnelle du Dieu séparé n’inspire pas confiance, parce qu’elle n’est plus crédible. « L’axe de cette nouvelle conception ne sera pas la distinction entre Dieu et le monde, mais la conscience de la présence de Dieu dans le monde et de la présence du monde en Dieu »<a href="#_ftn2">[5]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est bon de croire en ce Dieu qui habite tout et en qui tout habite, « <em>Car en lui nous avons la vie, nous pouvons nous mouvoir et nous sommes</em> » (Act 17, 28). Un Dieu qui n’est ni partie du monde ni totalité du monde, mais qui n’est pas non plus quelqu’un ni quelque chose d’extérieur au monde et séparé de lui. Un Dieu en qui le monde se trouve, et nous sommes tous comme l’enfant dans sa mère et bien plus, comme la lumière dans la flamme et bien plus,</p>
<p style="text-align: justify;">le sens dans le mot et bien plus, comme l’esprit dans le corps et bien plus. Un Dieu qui est la Grande Réalité de toute réalité, et qui n’est pas « davantage là-bas, en dehors du monde, mais plus ici, dans la profondeur des choses, comme leur fondement et leur mystère »<a href="#_ftn1">[6]</a>. Un Dieu qui est le cœur de la réalité qui nous entoure, qui nous constitue, que nous sommes. Un Dieu qui anime tout, qui soutient tout, qui habite tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4 – Ethique de la compassion samaritaine et politique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La compassion est un terme équivoque. Bien entendu, elle désigne le tréfonds qui s’émeut devant la passion du prochain.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois on demanda à Jésus : « Qui est mon prochain ? ». Et Jésus répondit en racontant : « Un voyageur descendait de Jérusalem à Jéricho et fut attaqué par des malfaiteurs, et ils le laissèrent  grièvement blessé. Un prêtre et un lévite firent un détour et passèrent au large. Un Samaritain prit soin du blessé ». « Qui se fit le prochain du blessé ? Eh bien fais de même ».</p>
<p style="text-align: justify;">J.B. Metz a écrit que la compassion de Jésus est le « programme mondial du christianisme ». L’éthique qui trouve son inspiration en Jésus doit se manifester en une compassion généreuse et pleine d’espoir qui jaillit du tréfonds, du « cœur », et non d’une simple idéologie ni d’un simple engagement. : « Ce n’est pas le stoïcisme de Sisyphe ou l’héroïsme de Prométhée, mais la fidélité aimante et prête à la souffrance que vécut Jésus »<a href="#_ftn2">[7]</a>. Une compassion douloureuse et joyeuse qui naît à la racine profonde de notre être et se traduit en regard mystique et décision politique. Une compassion immergée dans l’universelle « amitié ouverte » et dans l’universelle « sympathie du monde »<a href="#_ftn3">[8]</a> qui émane de Dieu et embrasse le Cosmos entier et appelle à une attitude « d’affabilité », de respect et de vénération de tous les êtres de la Terre. Une compassion plongée et protégée dans la Grande Communion divine et tournée « vers la grande communion des vivants sous l’arc-en-ciel de la fraternité/sororité cosmiques »<a href="#_ftn4">[9]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les premiers destinataires de ce programme de compassion sont ceux qui succombent à la douleur de l’injustice. Et ceux qui ont succombé sans que personne ne se souvienne d’eux. « Il y a des larmes que le fonctionnaire ne voit pas » (E. Levinas), et beaucoup de larmes que personne ne voit ni ne se rappelle non plus. Le « souvenir » de la compassion de Dieu en Jésus interdit que nous oubliions les crucifiés d’aujourd’hui, ni même ceux d’hier. Le souvenir de Jésus nous empêche de nous transformer en fonctionnaires (y compris de l’évangile), nous réveille de « l’amnésie culturelle » dont nous sommes atteints, de « l’oubli impitoyable des victimes »<a href="#_ftn5">[10]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de femmes et d’hommes d’aujourd’hui se sentent désemparés dans un monde désemparé, en échec dans un monde en échec, incertains dans un monde plus incertain que jamais. Ils se sentent en errance, vagabonds, et ils se demandent, comme Tertuliano Maximo Alfonso, le protagoniste de <em>L’autre comme moi</em> de J. Saramago, s’ils ne sont pas des êtres errants ou même une erreur<a href="#_ftn6">[11]</a>. Les hommes de ce monde n’attendent pas de nous un système de vérités incontestables, ni un code de normes irrévocables, mais un sol ferme, un réconfort pour leurs vies. Ils attendent que nous leur offrions la compagnie du Paraclet, qui est  « lumière qui pénètre les âmes et source de la plus grande consolation ». Une compassion généreuse, libre et joyeuse est la seule qui pourra leur offrir une perspective.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>5 – L’éthique du bonheur</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si je ne devais garder qu’une parole de l’évangile, délaissant toutes les autres, je garderais celle-ci : « Bienheureux ! ». Jésus ouvrit et résuma tout son message par cette parole. La flamme de tous les prophètes le consumait de l’intérieur, il gravit la montagne comme le fit jadis Moïse, mais au lieu des anciens dix commandements écrits sur des tables de pierre il proclama aux quatre vents huit édits joyeux : « Bienheureux êtes-vous ! ». Il annonça la béatitude aux pauvres, aux malades, aux persécutés et à tous les malheureux : « Bienheureux êtes-vous, non parce que vous êtes pauvres, mais parce que vous allez cesser de l’être. Bienheureux êtes-vous, non parce que vous pleurez, mais parce que le bonheur vous viens au lieu des larmes. Bienheureux êtes-vous, non parce que vous êtes persécutés, mais parce que votre libération est proche. Dieu vous rendra libres. Libérez-vous mutuellement de la misère, pour que Dieu vous libère. Soyez heureux, pour que Dieu lui aussi soit heureux. Il est temps d’être heureux ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le bonheur est la force imparable qui donne son élan au monde. Le bonheur nous attire et nous meut. Et Dieu alors ? Dieu est le fond et la source du désir ardent et universel de bonheur. Le bonheur est le rêve premier et le commandement suprême de Dieu pour tous les êtres. Soyez donc heureux !</p>
<p style="text-align: justify;">On dirait que nous, chrétiens, nous avons enseveli, enseveli et étouffé, la logique du bonheur de Jésus sous les pierres pesantes de la morale, sous des dogmes incompréhensibles, sous des institutions rigides. Nous entendons parler d’autres choses, de lois et d’accusations, beaucoup plus que de bonheur : promotion de l’enseignement de la religion catholique à l’école, critique du mariage homosexuel, dénonciation de la loi sur l’avortement… C’est toujours la même chose que l’on entend.</p>
<p style="text-align: justify;">« Bienheureux ! ». Les béatitudes sont le noyau de l’évangile, et nous devrions faire de ce noyau le levain de la vie, le levain de la société, le levain de l’Église, le levain du monde, l’énergie transformatrice capable de le rendre tout entier bon et heureux. Bon et heureux, c’est cela. C’est simple comme bonjour [comme le pain, en espagnol, ndlr]. La bonté du bonheur et le bonheur de la bonté : les deux choses vont ensemble, elles sont impossibles à séparer. N’est-ce pas la loi de la vie ? N’est-ce pas la loi de Dieu ? Qu’est-ce qui peut nous rendre heureux sinon la bonté ? Et qu’est-ce qui peut nous rendre bons sinon le bonheur ?</p>
<p style="text-align: justify;">En vain t’obstineras-tu à être bon sans être heureux, et aussi à être heureux sans être bon. En vain nous obstinerons-nous à être bons à force de lois morales et de dogmes religieux, et également à force d’avoir, de savoir, de pouvoir. Voilà l’évangile de Jésus : il est la bonté du bonheur et le bonheur de la bonté. Voilà le mystère de Dieu : la bonté heureuse et le bonheur bienfaiteur. C’est le plus simple et le plus complet. Et quoi d’autre que cela est donc le cœur de la religion, et l’essence de l’Eglise ? A quoi servent les lois et les dogmes et toutes nos théologies si elles ne nous rendent pas bons en étant heureux, et heureux en étant bons ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>6 – Ethique de la bonté</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Suivre Jésus, c’est croire en la bonté et pratiquer la bonté.</p>
<p style="text-align: justify;">Le meilleur résumé historique et la meilleure formule christologique au sujet de Jésus nous les avons dans les paroles extrêmement simples de Pierre dans les Actes : « <em>Vous savez comment Jésus a parcouru le pays en faisant le bien et en guérissant tout ceux qui étaient sous le pouvoir du diable</em> » (Act 10, 38). Jésus fut bon, il crut en la bonté, il pratiqua la bonté avec les pauvres, les meurtris et les condamnés en tant que pécheurs. S’il y a quelque chose qui définit Jésus, c’est sa compassion avec les femmes et les hommes de son époque qui souffraient le plus. On a écrit à juste titre : on peut décrire et comprendre beaucoup de grands personnages de l’histoire en faisant abstraction des malheurs de leur temps, mais il est impossible de parler de Jésus ou de le comprendre avec un minimum de rigueur sans parler des grands malheurs et des grands malheureux de son époque<a href="#_ftn1">[12]</a> : les paysans dans la misère, les locataires endettés, les journaliers exploités, les lépreux humiliés, les malades de toutes sortes, les mendiants des chemins, les pécheurs dédaignés… Aux yeux des gens de son époque, Jésus fut d’abord un guérisseur, et de cela portent spécialement témoignage les évangiles synoptiques. Y compris ceux qui étaient considérés comme pécheurs, que Jésus reçoit et traite comme des malades, davantage que comme des « coupables ». Où il arrivait, arrivait la vie, la santé, la confiance.</p>
<p style="text-align: justify;">L’évangile de Jésus est donc affaire de bonté. La religion en général est affaire de bonté. Le grand penseur et croyant qu’est Paul Ricœur écrivait peu d’années avant sa mort : « Ce que l’on appelle généralement la ‘religion’ a à voir avec la bonté. Les traditions du christianisme l’ont un peu oublié. Il y a une sorte de rétrécissement, de réclusion dans la culpabilité et la morale (…). Mais j’éprouve le besoin de vérifier ma conviction que, pour très radical que soit le mal, il n’est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions ont un sens, c’est celui de libérer le fond de bonté des hommes, de chercher là où il est complètement enseveli »<a href="#_ftn2">[13]</a>. L’adhésion à Jésus est affaire de bonté compassionnelle, libre et joyeuse : créer dans la bonté, annoncer la bonté, pratiquer la bonté.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>7 – Ethique de la révolte</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la bonne nouvelle de Jésus, les paroles ne manquent pas qui sonnent comme une mauvaise nouvelle : « <em>Je suis venu apporter le feu sur la terre</em> <em>et combien je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » </em>(Luc 12, 49). « <em>Dès maintenant, une famille de cinq personnes sera divisée, trois contre deux et deux contre trois. Le père sera contre son fils et le fils contre son père, la mère contre sa fille et la fille contre sa mère, la belle-mère contre sa belle-fille et la belle-fille contre sa belle-mère » </em>(Luc 12, 52-53). « <em>Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix au monde ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le combat » </em>(Mt 10, 34).</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être nous en coûte-t-il d’imaginer Jésus parlant de cette manière. Eh bien, il a aussi parlé comme cela, n’en ayons pas l’ombre d’un doute. Quantités d’autres paroles que les évangiles attribuent à Jésus, il ne les a jamais dites, mais celles que je viens de mentionner, il les a certainement dites ; c’est ce que soutiennent pratiquement tous les chercheurs actuels. Dans l’évangile apocryphe le plus ancien, appelé l’<em>évangile de Thomas</em>, Jésus parle en termes très similaires : « <em>J’ai jeté le feu sur la terre, et je l’entretiendrai jusqu’à ce qu’elle brûle</em> (n. 10). Un peu plus loin dans le même évangile il dit aussi : « <em>Qui est près de moi est près du feu</em> » (n. 82).</p>
<p style="text-align: justify;">Jésus était bon, oui, mais aussi passionné. Jésus était tendre, oui, mais aussi subversif. Jésus était poète, oui, mais aussi prophète. Tout autant qu’un poète bon et tendre, Jésus était un prophète passionné et subversif. Il a annoncé une révolution, il a appelé à la révolution. Certainement pas en prenant les armes, ni en incendiant les rues, ni en exterminant les Romains et les puissants oppresseurs. Mais tout aussi certainement il a annoncé une authentique « révolution des valeurs » et il en a fait la promotion.</p>
<p style="text-align: justify;">Il était convaincu, comme les prophètes anciens, qu’il devait mettre le feu à la société, à l’économie, à la religion de son temps, et il l’a fait. Il a rompu avec la famille et ses structures patriarcales, il a subverti toutes les conventions sociales, transgressé les lois sacrées de la religion, dénoncé tous les pouvoirs sociaux, il a affronté tous les pouvoirs religieux. Il a apporté le feu. Et, comme il est facile de le comprendre, ce feu qui venait de lui a provoqué un autre feu destructeur qui l’a vite consumé : le pouvoir de l’argent, de l’Empire et de la religion a carbonisé Jésus. Mais les braises de Jésus ne se sont pas éteintes.</p>
<p style="text-align: justify;">Je peux difficilement imaginer Jésus dans cette société en citoyen docile, en serviteur soumis. Sans doute qu’il se remettrait à s’exposer en faveur d’une autre réalité. Sans doute qu’aujourd’hui aussi, s’il revenait, il mettrait le feu. Sans doute qu’il provoquerait des conflits dans notre société, sans parler de notre Eglise, et que certains l’accuseraient d’être un idéaliste rêveur, d’autres un provocateur insolent, d’autres un dangereux hérétique. Et sans doute que la peur du feu de Jésus recommencerait, aujourd’hui aussi, à allumer une flamme destructrice qui finirait bien vite par le consumer.</p>
<p style="text-align: justify;">Le feu de Jésus ne veut détruire ni consumer personne, mais nous transformer tous grâce à sa lumière et sa chaleur. Le feu de la bonne nouvelle veut éclairer ce qui est obscur, soigner ce qui est malade. Dieu est la bonne nouvelle pour tous, et il nous veut tous comme convives au banquet de ses noces. Sans exclus. Sans perdants. Il veut que nous soyons tous convives, en commençant par les derniers, par les perdants de la société et de toutes les religions.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>II – ORIENTATIONS CHRETIENNES</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette seconde partie, je me réfèrerai plus directement aux 4 orientations fondamentales pour une éthique mondiale, telles que Hans Küng les a proposées. Elles furent approuvées par la Déclaration d’une Ethique Mondiale du Parlement des religions de 1993 et elles se retrouvent dans l’œuvre dont le titre constitue le thème de ces réflexions, <em>L’éthique mondiale comprise à partir du christianisme </em>: 1 – Compromis en faveur d’une culture de la non-violence et du respect de toute vie. 2 – Compromis en faveur d’une culture de la solidarité et d’un ordre économique juste. 3 – Compromis en faveur d’une culture de la non-violence et d’un style de vie honorable et véridique. 4 – Compromis en faveur d’une culture de l’égalité des droits et de camaraderie entre hommes et femmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me réfèrerai à ces points et j’en indiquerai un de plus.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1 – La paix et le respect de la vie</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La paix bien comprise est la somme de tous les biens. Elle n’est pas la simple « tranquillité de l’ordre » dont parle Saint Augustin. Dans l’Ancien Testament, la paix était bien davantage que la tranquillité de l’ordre. <em>Shalom </em>signifie une situation collective de bien-être total à tous les niveaux : coexistence, santé, justice, vie, vérité, etc. La paix authentique est fondamentalement faite de justice et de droit : « <em>La justice produira la paix, et le droit une sécurité perpétuelle</em> »<em> </em>(Is 32,17). « <em>Justice et paix s’embrassent</em> » (Ps 85, 11). « La paix n’est pas simple absence de la guerre, et elle ne se réduit pas au seul équilibre des forces antagonistes, et elle ne surgit pas d’une hégémonie despotique, mais, avec une exactitude totale, elle s’appelle à proprement parler une ‘œuvre de justice’ <strong>(Is 32, 7)</strong>»<strong> (GS 79)</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">La paix se fonde sur le respect de la vie, de toute vie. Tout ce qui vit est sacré. La vie est sacrée. Tout ce qui existe est sacré.</p>
<p style="text-align: justify;">Moltmann dit : « A cette époque où l’humanité ne peut endurer une grande guerre atomique, tant le service non-violent en faveur de la paix que l’amour des ennemis sont la seule chose raisonnable et sage. La démilitarisation de la conscience publique et la démocratisation des relations avec les ‘ennemis’ créent la possibilité nouvelle d’une paix plausible »<a href="#_ftn1">[14]</a>. L’amour des ennemis que Moltmann traduit par « responsabilité envers les ennemis »<a href="#_ftn2">[15]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les guerres « reflètent l’échec des processus créatifs, ce sont des ‘raccourcis’ violents qui détruisent les options propices à la vie, au lieu de les renforcer. La violence peut se décrire comme un manque d’imagination, parce qu’elle ramène les possibilités de l’esprit et du cœur à la force brutale des poings et des pistolets. Pour le philosophe grec Héraclite, la guerre était ‘le père de toutes choses’, ce qui constitue un exemple classique de ‘l’ego patriarcal’ qui a produit tant de dévastation. Pour la vie sur la terre, la paix est la mère de toutes choses »<a href="#_ftn1">[16]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">« De nos jours, le vrai chemin de la non-violence créative est l’étoile des Rois Mages »<a href="#_ftn2">[17]</a>. « Les guerres et les pouvoirs militaires sont aujourd’hui plus néfastes que durant tous les siècles passés. Seulement lorsqu’on connaîtra et reconnaîtra l’urgente obligation d’une non-violence créative dans tous les domaines et sous tous ses aspects, y compris le passage des armes à une défense non-violente, la vertu aura un avenir sur notre planète »<a href="#_ftn3">[18]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors nous mériterons la béatitude de Jésus : « <em>Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu</em> (Mt 5,9).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2 – La solidarité et la justice économique</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">700 ans avant Jésus-Christ, le prophète Amos écrivit : « <em>Ecoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre et voudriez faire disparaître les humbles du pays, vous qui dites : ‘(…) nous diminuerons la mesure, nous augmenterons le sicle, nous fausserons les balances pour tromper ; nous achèterons le pauvre pour de l’argent et l’indigent pour une paire de sandales ; nous vendrons jusqu’à la criblure du froment’</em> » (Am 8, 6).</p>
<p style="text-align: justify;">Avant, ils volaient en falsifiant les balances romaines. Aujourd’hui on vole à l’échelle planétaire en déposant ou en retirant de l’argent dans les banques, comme cela convient, pour abattre un démocrate ou soutenir un dictateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Jésus était un artisan (charpentier), comme son père Joseph, mais on peut dire à juste titre que c’était un « paysan juif », non seulement parce qu’il avait ses racines dans une culture paysanne, mais aussi parce qu’il était né, il avait grandi, et vécu dans une bourgade rurale de Galilée, où – à part quelques pêcheurs du lac de Tibériade et une industrie naissante de salaison du poisson, dont il semble qu’il existe des traces à Magdala, et à part, on le suppose, les indispensables « artisans » – la plus grande partie de la population vivait de la terre.</p>
<p style="text-align: justify;">Et la campagne – la campagne galiléenne, en particulier – souffrait  au temps de Jésus d’une profonde crise structurelle, économique, sociale, familiale. La raison fondamentale est facile à comprendre : Hérode le Grand (36 av. JC – 4 ad.) et son fils Hérode Antipas (4 – 39), qui avait hérité de la Galilée, avaient grevé la population d’une augmentation drastique des impôts, pour pouvoir ainsi faire face à ses grands projets et constructions. Beaucoup de petits propriétaires, ne pouvant faire face à de tels impôts, se virent obligés de vendre leurs terres pour continuer à les exploiter en tant que locataires.</p>
<p style="text-align: justify;">La situation des locataires n’était guère meilleure, car avec ce que produisait la terre ils parvenaient à peine à payer le loyer, et rien ne restait pour vivre. Les dettes étaient un fléau terrible qui aboutissait à la faim, à la prison, à la mort. Et elles obligèrent beaucoup à cesser d’être des locataires et à devenir de simples journaliers, employés à la journée pour le misérable salaire que le patron voudrait bien leur verser.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’est pas étonnant, bien que cela ne manque pas pour autant d’être révélateur, que dans ses paraboles Jésus narre des histoires de pauvres hommes vendus comme esclaves avec toute leur famille pour payer leurs dettes (Mt 18, 23-35), de pauvres journaliers qui passent la journée sur la place sans que personne ne les engage pour apporter un morceau de pain à sa femme et à ses enfants (Mt 20, 1-16), de locataires qui dans leur colère en viennent à tuer le fils du propriétaire qui exploite la vigne qu’ils entretiennent (Mt 12, 1-8).</p>
<p style="text-align: justify;">Et il n’est pas étonnant, mais c’est très révélateur, que Jésus enseigne comment prier en disant : « <em>Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs</em> » (Mt 6, 12 ; Luc 11, 4). Le pardon des dettes<a href="#_ftn1">[19]</a> (en premier lieu, bien sûr, le pardon de la dette extérieure des pays pauvres) est un élément substantiel de l’évangile, du Règne de Dieu, de la foi chrétienne (comment est-il possible que la hiérarchie ecclésiastique qui parle tant dise si peu ou ne dise rien à ce sujet ?).</p>
<p style="text-align: justify;">Jésus a parlé et agi à partir de ce que ses yeux voyaient et de ce que ses entrailles ressentaient, depuis la colère prophétique et la compassion solidaire. Et il a dit (version de Luc) : « Heureux vous, les pauvres, parce que Dieu vous préfère, parce que Dieu est roi et il est de votre côté, parce que vous serez les premiers bénéficiaires de son règne. Heureux vous, les pauvres, parce que vous cesserez vite de l’être, parce que vous cesserez vite d’avoir faim, parce que vous cesserez vite de pleurer. Heureux vous, les pauvres, parce que quand vous cesserez de l’être, vous serez les premiers artisans du monde nouveau ». Avec Jésus nous trouvons aussi l’appel prophétique aux « Béatitudes » comme attitude spirituelle et pratique (version de Matthieu) : « Heureux les ‘pauvres en esprit’, c’est-à-dire ceux qui se mettent de son côté. Heureux ceux qui pleurent avec ceux qui pleurent, ceux qui ressentent et pratiquent la miséricorde, ceux qui vivent et sèment la paix ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le message et les options de Jésus sont absolument déterminés par la priorité des pauvres. Le Règne d’abord pour les pauvres. Les Béatitudes d’abord pour les pauvres. Et cette priorité définit le contenu du Règne et des Béatitudes : le Règne de Dieu est que les pauvres cessent de l’être, qu’il n’y ait pas de faim dans le monde ni de prisonniers dans les prisons, et c’est ce qu’annoncent les Béatitudes de Luc, tandis que les Béatitudes de Matthieu proclament que la solidarité avec les pauvres, la non-violence active, la miséricorde, la mansuétude… sont le chemin pour que le Règne de Dieu se réalise et pour que ceux qui le parcourent soient heureux de le parcourir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3 – La pratique de la vérité</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>D’une manière ou d’une autre, dans les écritures de toutes les religions il est écrit : « tu ne mentiras pas ». Tu seras intègre. Tu seras honnête. Tu pratiqueras la vérité, car la vérité n’est pas en premier lieu de l’ordre de la pensée, mais de l’ordre de l’être et de la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">« Dites oui quand c’est oui, dites non quand c’est non », enseigna Jésus. Soyez honnêtes avec la réalité. Être honnête signifie ne pas cacher la réalité. Ne pas cacher notre propre réalité, notre fragilité, notre médiocrité, notre ambiguïté.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne pas cacher la réalité de ce qui arrive dans le monde, la vraie raison pour laquelle il y a la misère, la faim et la guerre. La « dissimulation est la forme la plus aigüe qu’adopte aujourd’hui le mensonge : simplement prétendre que le mal et ses responsables n’existent pas (ou qu’on ne les reconnaît pas) »<a href="#_ftn2">[20]</a>. Le mensonge nous prend au dépourvu dans les médias, en politique, dans l’Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela a aussi pour sens de révéler la vérité, le bien, peut-être en premier lieu de « voir le bien, de le faire connaître, de ‘lui faire de la publicité’ et de nous réjouir grâce à lui »<a href="#_ftn3">[21]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4 – La dignité de la </strong><strong>sexualité au-delà du genre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Notre sexualité, dans chaque cellule physique et dans chaque étincelle spirituelle, nous fait expérimenter chaque jour la merveille que nous sommes et la contradiction qui nous déchire, combien inachevés nous sommes.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre être sexué est non seulement inachevé, mais il est de plus alourdi, marqué, blessé par une longue histoire de peurs, de tabous, de préjugés, de condamnations et de sentiments de culpabilité. Et ce ne sont pas les religions qui ont créé ce douloureux héritage historique, mais les religions les ont justifiés, aggravés et perpétués.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cas du christianisme mérite une mention spéciale à cause de son influence historique : dans le christianisme – précisément à cause de sa vitalité considérable, de sa souplesse et de sa capacité d’expansion et d’absorption – confluèrent une infinité de philosophies et de religions, et confluèrent aussi beaucoup de courants hostiles au corps : l’orphisme, le platonisme, le manichéisme, le stoïcisme… La « grande Eglise » évita les extrêmes, mais n’empêcha pas de s’infiltrer jusqu’à la moelle de la conscience occidentale la faute liée au sexe.</p>
<p style="text-align: justify;">Et, justement, il est impossible de parler aujourd’hui de la sexualité et du célibat sans tenir compte de ce changement culturel profond. Quel changement ? La relation sexuelle s’est déliée de la reproduction ; la relation sexuelle n’est plus indispensable à la reproduction, la reproduction n’est plus nécessaire pour les relations sexuelle. Un changement décisif. Et d’autres changements culturels plus ou moins directement en relation avec le premier. Par exemple : la conviction fondée que le plaisir sexuel est bon en soi, pourvu que l’on ne se fasse pas de mal à soi-même, qu’on ne fasse pas de mal à l’autre personne, ni ne fasse de mal à une tierce personne ; aussi bon que le plaisir de manger une pomme savoureuse, que le plaisir de boire un bon vin, et encore bien d’autres choses. Ou le changement radical que suppose le recul de l’âge auquel se marient nos jeunes parce qu’ils ne peuvent obtenir de logement avant 30 ans… Ou la distinction entre identité sexuelle et identité de genre.</p>
<p style="text-align: justify;">La nature et la culture, pour autant que cette distinction ait un sens, nous invitent de façon insistante à changer notre perspective théologique sur la sexualité et sur toutes ses manifestations. Je signale trois changements fondamentaux.</p>
<p style="text-align: justify;">En premier lieu, reconnaître la dignité, la sainteté de la sexualité. Le corps est esprit, l’esprit est corps, et Dieu vit et jouit dans le plaisir des corps et des âmes. Dieu jouit et Dieu souffre, puisqu’il est bien évident que la relation sexuelle n’est pas seulement le paradis du plaisir, mais aussi presque toujours un petit enfer de désirs frustrés, de conflits de compatibilité, de complexes compliqués, de jalousies et de rivalités. Et parfois, un grand enfer. Et alors, Dieu souffre, mais jamais il ne dit : « Voilà le prix de votre péché ! ». Mais il dit toujours : « Profitez de la vie, et libérez-la de ce qui vous fait souffrir et vous fait faire souffrir ! ».</p>
<p style="text-align: justify;">En second lieu, rompre avec le patriarcat, toujours tellement en vigueur dans les religions, et en somme dans le christianisme. Gustavo Gutiérrez dit que l’histoire humaine a été écrite par une main blanche, masculine et de la classe sociale dominante. Il est nécessaire de relire l’histoire  en laissant apparaître la perspective féminine niée, en découvrant le visage féminin caché de l’histoire. La même chose arrive avec la Bible. Les livres de la Bible transmettent une vision androcentrique du monde et de Dieu. « <em>Mieux vaut la méchanceté d’un homme que la bonté d’une femme</em> » (Sir 42, 14).</p>
<p style="text-align: justify;">En troisième lieu, « sauver le féminin pour réanimer la terre » (J.M. Arana), et promouvoir la totale égalité de l’homme et de la femme dans tous les aspects de la vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>5 – La communauté cosmique de la vie</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’éthique en général, et l’éthique chrétienne en particulier, a été pendant des siècles anthropocentrique : l’être humain était la valeur centrale, le critère décisif, la norme suprême.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous assistons à un changement radical de perspective : l’être humain apparaît de moins en moins comme le sens même du cosmos entier, ou comme la cime ou la direction de l’évolution des espèces. La planète Terre n’est le centre de rien, ni même du système solaire, et le soleil est situé aux confins de notre galaxie, et il y a des centaines de milliers de millions de galaxies, avec des centaines de milliers de millions d’étoiles chacune… On nous a changé l’image du monde, et il est logique qu’avec elle on nous change aussi l’image de Dieu, et avec lui, inévitablement, les paramètres éthiques. De plus en plus de gens plaident pour une éthique centrée sur la vie, sur la grande communauté de la vie, au sein de la grande communion cosmique, plus loin d’une éthique centrée sur l’être humain.</p>
<p style="text-align: justify;">Jésus ne pensait pas dans ces termes, c’est clair. Sa perspective théologique et éthique est clairement anthropocentrique. Mais cela ne signifie pas que la nôtre doive suivre ce qu’était la sienne. Mais il est important de saisir en Jésus une sensibilité qui est pleinement cohérente avec notre perspective écologique. Il est important de percevoir son respect pour tous les êtres, pour toute la création. Et nous pouvons et devons prendre ce respect profond de Jésus comme une référence éthique fondamentale dans certains paramètres écologiques, biocentriques ou cosmocentriques. Par exemple : nous voyons un Jésus qui se sent profondément intégré à la nature (comme c’était habituel dans l’antiquité), qui admire la création (les passereaux, les lys… : Mt 6, 26-28), qui affirme que Dieu prend soin de toutes les créatures, qui regarde la nature comme un sacrement de Dieu (le Soleil, la pluie, la terre, les semences, le levain…), qui enseigne que nous devons être heureux avec peu (comme le lys et le passereau). Il est légitime de prendre tous ces traits comme les éléments et même comme les horizons fondamentaux d’une éthique de la vie bien loin de l’anthropocentrisme. Nous avons besoin d’une spiritualité et d’une éthique soutenues par l’aménité et la gentillesse envers toutes les créatures, traitées comme des sœurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>6 – Une éthique du repos sabbatique</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dieu crée pendant six jours et le septième il se repose. C’est une des intuitions les plus profondes et les plus belles de toute la Bible. La création culmine dans la liturgie et le repos sabbatique. La vie cherche la joie et le repos. La vie n’est pas faite pour travailler, mais pour jouir. « Travailler plus pour gagner plus » fut la devise de N. Sarkozy lors des élections présidentielles françaises, mais cette devise est une bêtise inhumaine. A quoi sert de gagner plus, si  cela nous amène à nous fatiguer davantage ? A quoi sert de travailler plus et de gagner plus, si dès lors nous nuisons à notre vie et à la vie de millions d’êtres humains et d’êtres de la nature ? La vie est faite pour célébrer et se réjouir ensemble, et c’est le sens du sabbat et de toute fête. « <em>Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour est un sabbat pou Yahvé, ton Dieu. Tu n’y feras aucun ouvrage, toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’étranger qui réside chez toi. Car en </em><em>six jours Yahvé a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il a chômé le septième jour. C’est pourquoi Yahvé a béni le jour du sabbat et l’a consacré</em> » (Exode 20, 8-11).</p>
<p style="text-align: justify;">« Souviens-toi du sabbat »<a href="#_ftn1">[22]</a>. Souviens-toi que la vie est grâce et vaut d’être accueillie et célébrée. Souviens-toi que ta vie n’est pas faite pour produire, servir, exploiter, mais pour savourer, partager, savourer ensemble, être libres et frères et sœurs. Souviens-toi du sabbat/samedi pour relâcher tes tensions excessives et retrouver le bien-être de la vie. Souviens-toi du sabbat pour que toute la nature se repose aussi et respire, et que chaque être puisse être lui-même. Souviens-toi du sabbat pour que toute la création soit le temple de l’Esprit et pour que l’Esprit de Dieu trouve le repos dans sa création.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>III – L’AUTOCRITIQUE CHRETIENNE (CATHOLIQUE)</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La contribution chrétienne à l’éthique mondiale passe nécessairement par l’autocritique chrétienne, en particulier pour une partie de l’institution ecclésiale catholique. Des acquis qui aujourd’hui nous paraissent définitifs pour l’humanité (la démocratie, la liberté religieuse, les droits humains en général, les revendications des travailleurs, la libération de la femme, l’accès des peuples colonisés à l’indépendance…) ont été l’objet de condamnations par une partie de l’Eglise. Il faut que l’Eglise institutionnelle soit humble.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1 – Renoncer au monopole du bien et de la vérité</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Personne ne possède la vérité. Personne ne possède le bien. Les plus grands crimes ont été commis au nom de la vérité et du bien absolus.</p>
<p style="text-align: justify;">La révélation de Dieu s’inscrit dans le registre de l’histoire. Et l’histoire met sur tout le sceau de la partialité et de la contingence. Le respect du destin historique de la parole de Dieu oblige les croyants à assumer pleinement l’obligation de la recherche, de la confrontation, de l’échange.</p>
<p style="text-align: justify;">Le croyant ne possède pas la connaissance et la clé du futur. Pour le croyant et pour l’Eglise dans son ensemble le futur est imprévisible. Nous scrutons l’avenir avec le souvenir et l’espérance, mais nous n’avons pas devant les yeux le visage exact de l’avenir que nous devons construire, et nous ne sommes pas propriétaires des clés du futur.</p>
<p style="text-align: justify;">En conséquence, « le refus de contrôler le devenir du monde »<a href="#_ftn1">[23]</a> est une condition indispensable pour la présence de l’Eglise dans la société actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2 – Accepter la laïcité</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La « sécularisation » et la « laïcité » ne signifient en aucune manière que l’on interdise la religion, ni que l’expérience religieuse personnelle et collective disparaisse ou perde sa vigueur, ni qu’il y ait moins de religion qu’avant. Elles signifient seulement ceci : que les institutions religieuses cessent d’être les instances structurantes, régulatrices et normatives de la vie sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que la religion n’a jamais été ni ne sera une affaire simplement personnelle et privée. La religion ne peut se vivre uniquement ‘derrière les portes’ des églises, dans la vie personnelle privée ou dans les ‘circuits religieux’. La religion doit s’insérer dans la société, doit avoir une présence publique, doit promouvoir dans la société les valeurs qui lui paraissent importantes. « <em>Soyez la lumière, le sel et le levain de la société</em> », nous a dit Jésus. De nos jours, la religion ne peut prétendre imposer comme lois les valeurs qu’elle considère fondamentales, alors que la majorité de la société ne l’accepte pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Que faire ? Renoncer à leur possession et à la volonté d’appliquer le bien absolu et la vérité absolue, et se situer dans le registre du respect mutuel, de l’acceptation de la pluralité inéluctable, de la recherche partagée, de la recherche du plus grand consensus possible et du plus grand bien commun possible dans chaque circonstance. C’est là aussi que doivent se situer les religions, renonçant elles aussi à la prétention de connaître le bien absolu et de posséder le bien absolu.</p>
<p style="text-align: justify;">En cela, je n’affirme pas que la vérité et le bien soient le fruit du consensus. J’affirme seulement que, dans une société pluraliste – et tel est de plus en plus notre destin – le dialogue et la recherche du plus grand consensus possible et d’une majorité raisonnable sont la meilleure garantie de pratiquer le bien et de se laisser guider par la vérité dans notre histoire toujours provisoire et fragmentaire. Les votes ne décident pas de ce que sont le bien et la vérité, mais le dialogue et les vastes consensus sont la meilleure sauvegarde contre les abus, et même le meilleur chemin pour appliquer la plus grande justice possible. Les droits humains – dans le cadre de plus en plus nécessaire des droits de toutes les créatures – constituent de nos jours la feuille de route la plus concrète et la plus sûre dont nous disposons en relation avec « la vérité » et « le bien » en général.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3 – Rompre avec le confessionnalisme et l’absolutisme chrétien</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une fois qu’ils rencontrèrent quelqu’un qui se servait du nom de Jésus pour chasser les démons, Jean, fils de Zébédée, dit à Jésus : « Celui-là n’est pas des nôtres, et il n’a pas le droit de se servir de ton nom comme talisman pour soigner qui que ce soit. Il n’est pas des nôtres, et il ne devrait posséder le pouvoir de libérer personne. Interdis-lui d’exercer comme guérisseur en ton nom ».</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le propre groupe de Jésus nous nous trouvons donc avec la jalousie collective, l’envie collective. Cette malheureuse frontière disgracieuse entre « nous et eux » qui apparaît dans tous les groupes. Observons les partis politiques : « Nous faisons tout bien, seulement nous ». Mais le bien que nous faisons se transforme en mal si ce sont les autres qui le font. Et nous vivons dans un combat permanent.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les discours de certains hommes d’Eglise on entend souvent, par exemple : « Il est possible que quelqu’un qui croit en Dieu soit bon, mais s’il ne croit pas en Dieu, au bout du compte, il se retrouvera sans aucune raison d’être bon et tôt ou tard il cessera volontiers de faire le bien. L’éthique sans la religion n’a pas de fondement, et une éthique sans fondement va vite dégénérer. Si notre monde d’aujourd’hui est tellement dégénéré c’est parce qu’il s’est éloigné de la religion. Seule la religion peut sauver l’éthique, l’humanisme, l’avenir du monde. Nous sommes les seuls à pouvoir le sauver. Nous sommes la vraie religion ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi parlons-nous souvent. Mais je crois que l’évangile brise tous ces schémas, toutes ces frontières : ceux qui ont Dieu et ceux qui ne l’ont pas, les croyants et les incroyants. Et je crois que le monde d’aujourd’hui, supposé incroyant, n’est pas pire que le monde d’hier, supposé croyant.</p>
<p style="text-align: justify;">Et je crois qu’aujourd’hui aussi Jésus nous dirait : « Ne les empêchez pas ». N’ôtez à personne le droit sacré, la divine et sainte faculté d’être bon et de faire le bien. N’obligez personne à se servir du nom de Dieu de votre manière, n’interdisez à personne de l’utiliser d’une autre manière que vous. Réjouissez-vous du bien que font les autres, quoiqu’ils ne soient pas des vôtres. Et sachez-le : Dieu n’est pas présent lorsque vous prononcez son nom, mais lorsque vous prenez soin de vous et lorsque vous prenez soin des autres. Où est la bonté, là se trouve Dieu, avec quelque nom que ce soit et même sans nom du tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4 – Passer du registre de la faute et de l’expiation à celui de la guérison et de la responsabilité</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes prisonniers de l’obsession de la faute et du châtiment. Bien entendu, les coupables, ce sont toujours les autres, chose normale quand on a établi la loi à sa guise. Dans le monde on a établi beaucoup de Guantanamo au nom de la Loi et de la justice.</p>
<p style="text-align: justify;">La perspective de Jésus est tout autre. Et à ceux qui murmurent il dit : « Ce dont a besoin un malade, ce n’est pas d’un juge, mais d’un médecin ; ce n’est pas le châtiment, mais le remède ». Et à ceux qui n’ont pas assez de cœur pour le comprendre  il dit : «  que celui qui n’a pas péché jette la première pierre ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut un grand saut de civilisation. Un grand saut de justice. Au-delà d’une justice de vengeance (à quoi sert de faire souffrir le malfaiteur pour lui faire expier son crime ?). Au-delà d’une simple justice pénale (à quoi nous sert un système pénal qui ne reconstruit pas le criminel ?). Un grand saut vers une justice qui vise, oui, à soigner toutes les blessures de la victime, mais aussi toutes les blessures du coupable. Un grand saut vers une justice humaine. C’est la justice que tu voudrais qu’on t’applique à toi, si tu étais coupable. Très bien, alors. « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Traite ton prochain comme tu aimerais être traité ». Juste ça.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[José Arregi préconise un changement de mentalité radical. Il estime que le monde est affronté à des difficultés si graves qu’il faut d’urgence vouloir mettre en oeuvre la solution qui s’impose. « Croire en Dieu, c’est croire qu’un autre monde est possible et vouloir le construire (...) Tout est possible pour celui qui croit en Dieu ». Mais, comme pour Jésus et tous ceux qui l’ont suivi au cours des siècles, l’échec fait partie </em><em>du parcours, assumé par l’espérance qui est semence et levain du Règne annoncé et déjà là. La pâque est cette traversée  du mal, avec Dieu, pour qu’advienne un monde libéré et heureux. Un seul précepte suffit pour avancer sur ce chemin : l’universelle et infinie compassion de celui qui choisit la place de l’autre, et de préférence la place du dernier.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le monde antique était globalement figé dans ses certitudes, les croyances religieuses suppléant les carences des connaissances. Le Moyen Âge s’est inscrit dans la même ligne. Avec les Lumières et la Révolution française, le monde moderne s’est donné de nouvelles certitudes, dégagées de la religion. Aujourd’hui, la postmodernité forme paradoxalement un monde où, quoique explorée comme elle ne l’a jamais été, la réalité présente une opacité pleine d’incertitudes. Le vrai et le bien échappent à toute emprise au sein d’une complexité qu’il ne semble plus possible de démêler. Et, à cet égard, le chrétien est logé à la même enseigne que tout un chacun dans l’environnement contemporain.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Au plan éthique, le chrétien ne bénéficie d’aucune révélation ou assurance particulière, différente des valeurs universelles de la société laïque moderne. Et tout en ayant vocation à se laisser conduire par l’inspiration de Jésus, il ne peut pas se considérer comme supérieur aux autres, car il sait que « l’Esprit souffle où il veut ». L’autre étant habité par le même Esprit que moi, il porte en lui une part de vérité qui interdit tout anathème, qui ouvre sur le dialogue, qui porte « au respect mutuel, à l’acceptation de l’inéluctable pluralisme, à la recherche en commun du plus large consensus possible ». Le souffle de Jésus porte à croire en l’autre et en l’avenir.]</em></p>
<p style="text-align: right;"><em> </em>José Arregi</p>
<p style="text-align: right;">Traduction : Didier Vanhoutte</p>
<p style="text-align: right;"><em>Résumés : Jean-Marie Kohler</em></p>
<hr size="1" />[1] J. Moltmann, <em>Cristo para nosotros hoy</em>, Madrid 1997, p. 119.</p>
<p>[2] J. Moltmann, <em>Dios en la creación</em>, Sigueme, Salamanque 1987, p. 77.</p>
<p>[3] L. Boff, <em>Ecología: grito de la tierra, grito de los pobres</em>, o.c., p. 50.</p>
<p>[4] L. Boff, <em>Hablemos de la otra vida</em>, Sal Terrae, Santander 1978, pp. 11-13.</p>
<p>[5] J. Moltmann, <em>Dios en la creación. Doctrina ecológica de la creación</em>, Sigueme, Salamanque 1997, p. 26.</p>
<p>[6] J. Alvirales, <em>Dios en los límites</em>, PPC, Madrid 1999, p. 40.</p>
<p>[7] G. Müller-Fahrenholz, <em>El Espíritu de Dios</em>, Sal Terrae, Santander 1996, p. 194.</p>
<p>[8] J. Moltmann, <em>El Espíritu de la vida</em>, o.c. p. 275. « El &#8216;respeto a la vida&#8217; forma parte del respeto a Dios y la veneración de la naturaleza de la veneración de Dios. Sentimos que Dios nos espera en todas las cosas» (J. Moltmann, <em>El Espíritu Santo y la teología de la vida</em>, o.c., p. 142).</p>
<p>[9] L. Boff, <em>Ecología: grito de la tierra, grito de los pobres</em>, o.c., p. 102.</p>
<p>[10] J.B Metz, ‘Dios. Contra el mito de la eternidad del tiempo, en Autores Varios, <em>La provocación del discurso sobre Dios</em>, Trotta, Madrid 2001, p. 43.</p>
<p>[11] J. Saramago, <em>El hombre duplicado</em>,  Alfaguara, Madrid 2002, pp. 34-35.</p>
<p>[12] A. Nolan, <em>¿Quién es este hombre?</em>, Sal Terrae, Santander 1981, p. 40.</p>
<p>[13] P. Ricœur, ‘Libérer le fond de bonté’, in <em>Actualité des religions </em>44 (2002), p. 20.</p>
<p>[14] J. Moltmann, <em>El camino de Jesucristo</em>, Sigueme, Salamanque 1993, p. 188.</p>
<p>[15] Ib., p. 186.</p>
<p>[16] Geiko Müller-Fahrenholz, <em>El Espíritu de Dios</em>, Sal Terrae, Santander 1996, p. 197.</p>
<p>[17] B. Häring, <em>Proyecto de una vida lograda</em>, PPC, Madrid 1996, p. 115.</p>
<p>[18] Ib., p. 116.</p>
<p>[19] Notons, au passage, que l’on peut  utiliser en espagnol le même mot pour ‘dette’ et ‘péché’ : <em>deuda</em> – ndlr.</p>
<p>[20] J. Sobrino, « &#8217;Luz que penetra las almas&#8217;. Espíritu de Dios y seguimiento <em>lúcido</em> de Jesús »,  Sal Terrae janvier 1998, p. 14.</p>
<p>[21] Ib., p. 15.</p>
<p>[22] En espagnol, le mot est le même pour le ‘sabbat’ et le ‘samedi’ (ndlr).</p>
<p>[23] Ch. Duquoc, <em>Cristianismo: memoria para el futuro</em>, Sal Terrae, Santander 2003, p. 110.</p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;">
<p><strong> </strong></p>
<p><em> </em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Des chrétiens s&#8217;engagent contre les paradis fiscaux</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 14:07:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que l&#8217;Europe s&#8217;enfonce dans une crise économique et financière sans précédent, quatre organisations chrétiennes (CCFD-Terre Solidaire, le Secours catholique, Justice et paix et le Ceras) publient un document intitulé : &#8220;Au service du bien commun&#8221;, dans lequel elles dénoncent une nouvelle fois avec vigueur la fraude fiscale et l&#8217;évasion des capitaux. Que des catholiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/BienCommun.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5191" title="BienCommun" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/BienCommun-300x177.jpg" alt="" width="300" height="177" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Alors que l&#8217;Europe s&#8217;enfonce dans une crise économique et financière sans précédent, quatre organisations chrétiennes (CCFD-Terre Solidaire, le Secours catholique, Justice et paix et le Ceras) publient un document intitulé : &#8220;Au service du bien commun&#8221;, dans lequel elles dénoncent une nouvelle fois avec vigueur la fraude fiscale et l&#8217;évasion des capitaux.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-5190"></span>Que des catholiques s&#8217;occupent de paradis, soit, mais de fiscalité, c&#8217;est plus étonnant. Pourquoi un texte de mouvements et services d&#8217;Eglise sur les paradis fiscaux ? Pourquoi ces organisations s&#8217;engagent-elles dans des campagnes de sensibilisation du grand public et de plaidoyer auprès des pouvoirs publics et privés, alors que la question de l&#8217;évasion fiscale paraît bien lointaine de la charité ? Cette <a href="http://ccfd-terresolidaire.org/e_upload/pdf/ccfd_bien_commun_bat2.pdf">brochure de 12 pages</a>, rédigée dans un style clair et pédagogique, répond à ces questions et permet de comprendre comment chaque chrétien peut agir pour plus de justice fiscale. Et montre que cet engagement s&#8217;ancre pleinement dans la doctrine sociale de l&#8217;Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> En France, la fraude fiscale coûte à elle seule 40 à 50 milliards</strong> d&#8217;euros au budget de l&#8217;Etat : l&#8217;équivalent de deux fois le déficit de la sécurité sociale. &#8220;Sans impôt, l&#8217;Etat est réduit à l&#8217;impuissance et la solidarité laissée à la seule responsabilité individuelle, affirment les auteurs de ce document. Le manque à gagner pour les Etats réduit considérablement leurs marges de manœuvre et lèse les populations les plus fragiles. Ce sont toutes les politiques de redistribution qui sont mises à mal, les services publics &#8211; santé, éducation notamment &#8211; qui ne peuvent être assurés, les investissements d&#8217;avenir qui sont obérés, le désendettement de l&#8217;Etat qui est rendu problématique.&#8221;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Selon les organisations catholiques,</strong> &#8220;les modalités de financement des institutions publiques pèsent lourdement sur leurs capacités d&#8217;action. D&#8217;elles dépendent la possibilité de contribuer à une vie meilleure pour tous par la redistribution des revenus. L&#8217;existence de lieux opaques et non contrôlés (les paradis fiscaux, ndlr) permet à des personnes et à des entreprises de dissimuler leurs revenus, privant ainsi les pays et tout spécialement les plus pauvres d&#8217;au moins 125 milliards d&#8217;euros de revenus fiscaux par an&#8221;. Un scandale dénoncé depuis longtemps par les ONG, notamment par le CCFD-Terre solidaire qui, il y a un an, <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.lavie.fr/actualite/economie/une-campagne-choc-contre-les-paradis-fiscaux-28-09-2010-10060_6.php">lançait une vigoureuse campagne sur ce thème</a></span>, avec une pétition en ligne d&#8217;un nouveau genre : « <a href="http://www.aidonslargent.org/">Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux</a> ». Signe d&#8217;une large mobilisation, 430 000 cartes postales, dénonçant les paradis fiscaux, ont aussi été récoltées. Elles seront transmises au Président de la République le 27 octobre, à la veille du G 20 qui doit se tenir à Cannes, du 3 au 5 novembre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dès maintenant, au nom de leur foi et des exigences éthiques</strong> qui en découlent, les signataires de ce texte invitent les chrétiens à s&#8217;engager collectivement en rejoignant la campagne &#8220;Stop Paradis Fiscaux&#8221;, menée par un réseau d&#8217;associations et de syndicats, dont le CCFD-Terre solidaire et le Secours catholique : <a href="http://www.stopparadisfiscaux.fr/agir-et-avancees/la-campagne-stop-paradis-fiscaux/article/l-appel-de-la-campagne-stop">www.stopparadisfiscaux.fr</a> ou en incitant les collectivités locales à travailler avec des acteurs économiques qui n&#8217;ont rien à cacher dans les paradis fiscaux, comme s&#8217;y sont déjà engagés plusieurs Conseils régionaux. A titre individuel, les chrétiens sont aussi invités à interroger leurs pratiques quotidiennes dans le choix de leur banque, de leurs produits d&#8217;épargne, ou dans la manière d&#8217;employer une personne à domicile. Une manière de rappeler que la justice fiscale, c&#8217;est l&#8217;affaire de tous.</p>
<p style="text-align: right;">Laurent Grzybowski</p>
<p style="text-align: right;">publié le 20/09/2011</p>
<p><strong>Source</strong> :</p>
<p><a href="http://www.lavie.fr//actualite/economie/des-chretiens-s-engagent-contre-les-paradis-fiscaux-20-09-2011-20116_6.php">http://www.lavie.fr//actualite/economie/des-chretiens-s-engagent-contre-les-paradis-fiscaux-20-09-2011-20116_6.php</a></p>
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		<item>
		<title>Regards sur les Journées Mondiales de la Jeunesse</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/08/22/regards-sur-les-journees-mondiales-de-la-jeunesse/</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Aug 2011 16:55:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[Le déroulement des JMJ à Madrid a fait l’objet d’analyses critiques de la part de nombreux groupes de notre mouvance. Nos amis espagnols de Redes Cristianas (Nous sommes Eglise Espagne) ont réalisé un excellent document (accessible seulement en Espagnol) asi no vengas ! (Ne venez pas ainsi !), qui se veut « une vision alternative aux JMJ et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/1572871_pope4.jpg"><img class="size-medium wp-image-5032 aligncenter" title="1572871_pope4" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/1572871_pope4-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le déroulement des JMJ à Madrid a fait l’objet d’analyses critiques de la part de nombreux groupes de notre mouvance.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos amis espagnols de Redes Cristianas (Nous sommes Eglise Espagne) ont réalisé un excellent document (accessible seulement en Espagnol) <a href="http://asinovengas.wordpress.com/folleto/">asi no vengas</a> ! (Ne venez pas ainsi !), qui se veut « une vision alternative aux JMJ et à la visite de Benoît XVI à Madrid » : ils y analysent l’aspect financier, l’image d’Eglise qui est donnée aux jeunes participants et la vision théologique de ce qu’est – et devrait être – le rôle du pape dans l’Eglise catholique. Les militants de Redes Cristianas ont participé en tant que catholiques à la grande manifestation laïque du 24 août contre l’implication de l’Etat espagnol dans l’organisation des JMJ.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-4996"></span>De leur côté, cent-vingt prêtres, qui travaillent dans les paroisses populaires de Madrid et sont regroupés au sein de l’association « Foro de curos de Madrid », ont vivement critiqué le coût de la visite du pape et la compromission de l’Eglise avec les bailleurs de fonds dans un document intitulé <a href="http://www.nsae.fr/2011/08/19/les-cures-du-forum-de-madrid-contre-le-cardinal-rouco-et-ses-mecenes-pour-la-visite-du-pape/">&#8220;Los ricos de Rouco&#8221;</a> accessible ici dans sa traduction française.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs associations de la fédération &#8220;Réseaux du Parvis&#8221; leur ont apporté leur soutien dans un <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/communiqué.pdf">communiqué</a> auquel nous nous associons.</p>
<p style="text-align: justify;">A NSAE, nous sommes particulièrement sensibles aux problèmes qu’affronte la jeunesse aujourd’hui, en France et partout dans le monde. Nous suivons avec beaucoup d’intérêt – et d’espérance – le combat déterminé et courageux des <a href="http://www.nsae.fr/2011/08/19/les-indignes-en-marche-pacifique-vers-bruxelles/">&#8220;indignés&#8221;</a>. Le symbole fort de la Puerta del Sol occupée par les indignés espagnols et évacuée pour faire place à l’arrivée des JMJ donne l’idée désastreuse d’une jeunesse qui serait opposée à une autre jeunesse.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Et puisqu’il est question de jeunesse, en ce douzième anniversaire de la mort tragique de deux jeunes africains Yaguine Koïta et Fodé Tounkara, venus avec une <a href="http://wikilivres.info/wiki/Lettre_de_Yaguine_Koita_et_Fod%C3%A9_Tounkara">lettre aux membres responsables d&#8217;Europe</a><strong> </strong>nous reproduisons ci-après le texte d’un membre de Partenia 2000.</p>
<p style="text-align: center;">* * * * * * * * * * * * * * * * * *</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Yaguine Koïta (né le 25 septembre 1984) et Fodé Tounkara (né le 6 avril 1985) furent le 28 Juillet 1999 les passagers clandestins du vol 520 Sabena Airlines en provenance de Conakry (Guinée ) et à destination de Bruxelles (Belgique).</p>
<p style="text-align: justify;">Leurs corps morts de froid (ceux de deux garçons de moins de 15 ans) furent découverts le 2 août 1999 dans le train d&#8217;atterrissage arrière droit de l&#8217;appareil à l&#8217;aéroport international de Bruxelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans leurs affaires, les garçons transportaient dans des sacs plastiques leurs certificats de naissance, leurs cartes de scolarité, des photos et une lettre.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/p04_Man-intro__600_x_600_.jpg"><img class="size-medium wp-image-5035 alignleft" title="p04_Man-intro__600_x_600_" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/p04_Man-intro__600_x_600_-182x300.jpg" alt="" width="182" height="300" /></a><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/7080f6bd26.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-5036" title="7080f6bd26" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/7080f6bd26.jpg" alt="" width="137" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cette lettre fut largement publiée dans les medias du monde entier&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Elle en appelait de manière prémonitoire à la clairvoyance des puissants de ce monde afin qu’ils mettent enfin naturellement en place des relations équitables avec « les enfants »(la sève et le suc), des pays émergents.</p>
<p style="text-align: justify;">Au moment où se déroulent les JMJ à Madrid, c’est ce type de comportement exemplaire, qui fait par sa radicalité autorité morale et politique, que le Pape pourrait donner en exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">Le couple Merckel-Sarkozy pourrait s’en inspirer aussi pour gérer la crise économique sans précédent qui attend l’Europe.</p>
<p style="text-align: justify;">La mort des deux adolescents a suivi de peu l’évacuation brutale de l’Eglise St Bernard à Paris, le 23 août 96, après près de deux mois d’occupation par près de 300 sans papiers.</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons que c’est à St Bernard que Louise Michel, grande figure révolutionnaire de la Commune, anima « le Club de la révolution », lieu privilégié de l’expression populaire comme bon nombre de ces clubs dont elle présidait souvent les séances. Elle préconisa un enseignement vivant, des écoles professionnelles et des orphelinats laïques.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contenu de « la lettre de Fodé et Yaguine » pourrait être le programme politique que notre Europe hésitante et vieillissante pourrait appliquer dès aujourd’hui</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: right;">Georges Yoram Federmann</p>
<p style="text-align: right;">Strasbourg le 20 août 2011</p>
]]></content:encoded>
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		<title>A ne pas manquer</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/06/29/a-ne-pas-manquer/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Jun 2011 14:19:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[La fédération &#8220;Réseaux du Parvis&#8221; nous propose de rechercher des « Signes d’espérance dans un monde en rupture » : ce sera le thème de la prochaine assemblée générale. Or un livre vient de sortir aux éditions Temps Présent, qui illustre comment notre recherche aujourd&#8217;hui s&#8217;insère dans la continuité de notre &#8220;mouvance&#8221;. Ce livre est en effet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/elia-0013.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4700" title="elia 001" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/elia-0013-268x300.jpg" alt="" width="268" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La fédération &#8220;Réseaux du Parvis&#8221; nous propose de rechercher des « <em>Signes d’espérance dans un monde en rupture </em>» : ce sera le thème de la prochaine assemblée générale. Or un livre vient de sortir aux éditions Temps Présent, qui illustre comment notre recherche aujourd&#8217;hui s&#8217;insère dans la continuité de notre &#8220;mouvance&#8221;.</p>
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<p style="text-align: justify;"><span id="more-4671"></span></p>
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<p style="text-align: justify;">Ce livre est en effet l’histoire d’une femme hors du commun et celle d’un petit monde de vivants dont le rôle s’avère singulièrement signifiant, comme un levain dans la pâte de l’histoire. Une femme qui a su choisir librement chaque étape de sa vie, et <strong><span style="font-weight: normal;">à qui rien ne fut étranger des mouvements qui agitèrent le siècle</span> </strong>: expériences d’éducation totalement novatrices, travaux de sociologie, engagements syndicaux, vie politique, luttes d’émancipation des individus et des peuples, drame algérien…</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme dont le regard sur l’avenir, d’une clairvoyance étonnante, se portait en permanence sur le dépassement annoncé, anticipant les com-bats à venir et donnant l’impression, avec sa vivacité et sa finesse d’analyse, d’être déjà dans les lendemains. Mais aussi une femme dont toute la vie fut fondée sur la conviction forte et la pratique du partage au quotidien, du « faire ensemble ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le livre nous plonge aussi dans la vie d’un quartier de Paris, le 13ème arrondisse-ment, et dans celle d’une maison d’édition, <em>Temps Présent</em>, qui sont considérés comme des hauts lieux de l’histoire du catholicisme français d’après-guerre, parce qu’ils ont représenté un carrefour et un creuset sans équivalent du courant progressiste.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La mémoire de ces résistances, de ces combats et de ces espérances orientées par l’Evangile éclairent le monde d’aujourd’hui.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Commandes</span> à Temps Présent 68 rue de Babylone 75007 Paris : 21 € + 3,15 € pour frais d&#8217;envoi.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut s&#8217;adresser aussi à la librairie Jonas (14 rue de la Maison Blanche &#8211; 75013 Paris  - Tél. 01 44 24 25 96), qui propose une vente groupée du livre et d&#8217;un DVD dans lequel s&#8217;expriment Eila Perroy et de nombreuses personnes qui l&#8217;ont connue, au prix promotionnel global de 35 €</p>
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<p><div id="attachment_4683" class="wp-caption aligncenter" style="width: 189px"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Sabine-Landré1.jpg"><img class="size-full wp-image-4683 " title="Sabine Landré" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Sabine-Landré1.jpg" alt="" width="179" height="195" /></a><p class="wp-caption-text">Sabine Landré</p></div></p>
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]]></content:encoded>
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		<title>Le souffle pour tous</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/06/10/le-souffle-pour-tous/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 12:07:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« 1Lorsqu’arriva la fête de la Pentecôte, ils étaient tous réunis. 2Un bruit soudain se fit entendre dans le ciel, comme une violente rafale, et il remplit toute la maison où ils se trouvaient. 3Ils virent comme un feu qui se divisait, et sur chacun d’eux se posait une des langues de ce feu. 4Tous furent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/GiottoPadoue.jpeg"><img class="size-full wp-image-4562 aligncenter" title="GiottoPadoue" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/GiottoPadoue.jpeg" alt="" width="233" height="216" /></a></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« <sup>1</sup>Lorsqu’arriva la fête de la Pentecôte, ils étaient tous réunis. <sup>2</sup>Un bruit soudain se fit entendre dans le ciel, comme une violente rafale, et il remplit toute la maison où ils se trouvaient. <sup>3</sup>Ils virent comme un feu qui se divisait, et sur chacun d’eux se posait une des langues de ce feu. <sup>4</sup>Tous furent remplis de l’Esprit Saint et ils se mirent à parler en d’autres langues dans lesquelles l’Esprit leur donnait de s’exprimer.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><sup>5</sup>Il y avait alors à Jérusalem des Juifs de passage, des croyants issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. <sup>6</sup>Et ces gens, quel que soit leur dialecte, les entendirent s’exprimer dans leur propre langue, car le bruit qui s’était produit avait attiré la foule. Ils n’en revenaient pas !</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><sup>7</sup>Ils étaient stupéfaits, étonnés : « Ce sont tous des Galiléens, disaient-ils, et voyez comme ils parlent ! <sup>8</sup>Chacun de nous les entend s’exprimer dans sa propre langue. <sup>9</sup>Que nous soyons  Parthes ou Mèdes ou Elamites, habitants de Mésopotamie, de Judée ou de Cappadoce, du Pont et de l’Asie, de <sup>10</sup>Phrygie et de Pamphylie, d’Egypte ou de Libye en allant sur Cyrène, <sup>11</sup>que nous soyons des Juifs installés à Rome ou des prosélytes, des Crétois ou des Arabes, nous les entendons proclamer dans nos diverses langues les merveilles de Dieu ! » </em></strong>(Actes 2,1-11).<span id="more-4561"></span></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Alors qu’est-ce que cela veut dire ? </em>» Tous ces peuples, juifs ou sympathisants, peuples venus du monde connu, pas toujours en paix entre eux, qui malgré les brigands, le coup de barre des hôteliers, le prix du voyage, n’avaient pu arriver là que par la bonne volonté de la police impériale. Peuples soumis, qui n’avait plus la force de résister après les guerres, et dont le seul cri possible était de venir, par intérêt, par religion, à Jérusalem. Le dernier espoir. Peuples qui ne comptaient pas, tenus pour rien. Voilà le tableau de fond. Ces gens ne savent plus où aller si ce n’est sur la terre de leurs ancêtres. Ils n’espèrent plus, mais ils rêvent d’un héros, d’un Messie, d’un libérateur qui, d’un coup de baguette magique comme on gagne à la loterie, leur donnerait tout ce qu’ils désirent. Le pire de l’esclavage est d’attendre que le salut vienne d’ailleurs, sans nous. Sans nos mains, sans nos têtes, de manière infantilisante.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà l’Esprit, l’inattendu. Il arrive comme un coup de vent. Ce vent qui avait soufflé aux portes de l’Egypte pour tracer une route à Moïse et à son peuple. C’est un vent qui entraîne et qui indique une route à prendre. Avec ces flammes, qui représentent déjà la lumière qui brille en chaque peuple. Cette clarté que bien souvent les peuples ignorent, parce qu’on ne leur laisse pas le temps de la voir, cette flamme qui brille en tout être. Cette étincelle que Dieu a déjà lancé dès l’origine dans le coeur de chacun, qu’il le sache ou non, qu’il le veuille ou ne le veuille pas. L’homme est plus grand que ce qu’il pense de lui-même. Personne ne peut mesurer l’homme. Il suffit de se laisser porter par cette lumière que nous avons à partager les uns avec les autres. A ce titre-là, nous ne sommes pas simplement une Eglise qui donne, mais tout autant une Eglise qui reçoit. Elle va recueillir la part de lumière, de courage, de vérité qui est inscrite au plus creux des peuples et des êtres, mêmes esclaves, mêmes dédaignés.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: center;">*       *</p>
<p style="text-align: justify;">Le travail, il revient aux apôtres de le faire ! L’Esprit a ouvert la porte. Il donne le souffle. Maintenant il faut partir. Il a retiré les barrières entre le petit groupe de disciples apeurés (les « derniers des Mohicans », ou plutôt le club des retraités des amis de Jésus-Christ) et les peuples. L’Esprit remet aux apôtres leur responsabilité. Voici que d’un seul coup, il n’y a plus de portes, plus de fenêtres. Les disciples sont dehors et ils parlent. Ils traitent les gens de cette foule, qui ne comprend pas ce qui s’est passé, en égaux. Ils les traitent en partenaires, en hommes avec lesquels on peut parler. Le premier travail des disciples donne une indication pour notre société et notre monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour faire ce travail, l’Esprit a choisi des hommes très ordinaires. Il n’y a pas de savants parmi eux, il n’y a pas de gens d’expérience. La plupart étaient des pêcheurs, le plus instruit était percepteur d’impôts dans un canton de basse-Galilée. Ce qui veut dire que tout homme est capable d’apporter aux autres. On ne peut pas mesurer la qualité d’un homme à ce qu’il produit. Dieu, pour faire son oeuvre, prend les gens les plus ordinaires, comme David qu’il va chercher derrière son troupeau, les pêcheurs au bord du lac, la petite veuve avec ses deux sous, et puis nous. C’est l’indication qu’on ne mesure pas l’homme autrement que par la disponibilité qu’il donne et qu’il rend pour rencontrer les autres. Parce que le travail en cause n’est pas simplement question de production, ni simplement de rentabilité. Sinon ce travail devient un esclavage qui déshumanise. Le vrai travail consiste à faire de l’humanité. Le vrai travail est de construire entre les hommes les conditions qui leur permettent d’être ensemble un peu plus humains, un peu plus frères, un peu plus vrais. Lorsqu’on blesse ce travail, par des cadences excessives qui déshumanisent, par des horaires hachés, par la captation des produits du travail, on déshumanise l’humanité. Un des grands paradoxes de notre temps est qu’alors que nous avons des possibilités techniques considérables, nous les utilisons de manière à déshumaniser ceux qui sont chargés de les mettre en oeuvre. C’est le contraire de la Pentecôte.</p>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent nous ne pouvons pas laisser le travail devenir inhumain pour être mis au profit de quelques-uns mais au détriment des autres. Tous ont droit à la parole le jour de la Pentecôte. C’est le signe que Dieu traite chacun avec le maximum de respect et de dignité. Nous sommes les serviteurs de cette dignité-là.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: center;">*        *</p>
<p style="text-align: justify;">A partir de là, une espérance se lève. Nous avons raison de résister et de dire non. Parce qu’il n’y va pas simplement de nos intérêts personnels ou corporatistes. Il y va de cette vision de l’homme que Dieu avait en main, lorsqu’il l’a façonné à son image. On ne pas dédaigner l’homme et honorer Dieu. C’est contradictoire.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Tout homme qui crie vers le Seigneur sera sauvé </em>» Lorsqu’on résiste, c’est qu’on espère. Mais l’espérance c’est continuer, c’est créer, c’est partir, c’est inventer, c’est se battre pour que, si humble que nous soyons, quelque chose de la Pentecôte ait lieu. Vous savez, les semences sont toujours minuscules au départ. La moisson ne nous appartient probablement pas. Mais notre honneur et notre charge est de semer.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce moment-là, quand un homme est respecté, quand son travail peut être humanisé, quand il se remet debout, le salut est donné. Nous en sommes les ouvriers. La Pentecôte est là comme le signe d’un salut déjà commencé. Il n’est pas une utopie, mais une espérance. C&#8217;est-à-dire qu’il est semé, en train de germer, qu’il est dans nos mains. Il faut voir ce qui lève dans le travail que Dieu nous a confié. Car si nous ne le voyons pas, le travail risque de devenir un lieu d’opposition, où l’on ferait en sorte que les pauvres se battent contre les pauvres. Nous sommes les témoins d’un salut déjà donné ; parce que nous savons que dans tout camarade de travail, il y a une part de cette vérité ; parce qu’un souffle est passé, un jour à 9 heures du matin et qu’il nous emporte.</p>
<p style="text-align: right;"><em><strong>Mgr Albert Rouet</strong></em><em> </em></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Homélie de la messe de Pentecôte</strong></p>
<p style="text-align: right;">Rencontre nationale de l’Action Catholique Ouvrière</p>
<p style="text-align: right;">Palais des congrès du Futuroscope- 23 mai 2010</p>
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		<title>Pâques : son corps a disparu !</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Apr 2011 20:41:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
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		<description><![CDATA[1Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller l&#8217;embaumer. 2Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil étant levé. 3Elles se disaient entre el/es : « Qui nous roulera la pierre de l&#8217;entrée du tombeau? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RésurectionFraAngelico2.jpg"><img class="size-medium wp-image-4193 aligncenter" title="RésurectionFraAngelico" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RésurectionFraAngelico2-260x300.jpg" alt="" width="260" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em><sup><strong>1</strong></sup><strong>Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller l&#8217;embaumer. </strong></em><sup><strong>2</strong></sup><em><strong>Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil étant levé. </strong><sup><strong>3</strong></sup><strong>Elles se disaient entre el/es : </strong></em><strong>« </strong><em><strong>Qui nous roulera la pierre de l&#8217;entrée du tombeau? </strong></em><strong>» </strong><sup><strong>4</strong></sup><em><strong>Levant les yeux, elles voient que la pierre est roulée… or elle était très grande. </strong></em><sup><strong>5</strong></sup><em><strong>Entrées dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme, vêtu d&#8217;une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. </strong></em><sup><strong>6</strong></sup><em><strong>Mais il leur dit </strong></em><strong>: « </strong><em><strong>Ne vous effrayez pas. Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié: il est ressuscité, il n&#8217;est pas ici… voyez l&#8217;endroit où on l&#8217;avait mis. </strong></em><sup><strong>7</strong></sup><em><strong>Mais allez dire à ses disciples et à Pierre: &#8220;Il vous précède en</strong></em><strong> </strong><em><strong>Galilée… c&#8217;est là que vous le verrez, comme il vous l&#8217;a dit.&#8221; </strong></em><strong>» </strong><sup><strong>8</strong></sup><em><strong>Elles sortirent et s&#8217;enfuirent loin du tombeau, car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées… et elles ne dirent rien à personne car elles avaient peur. (Marc 16, 1-8)</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-4189"></span>C&#8217;est la sobriété de Marc qui m&#8217;émeut, et réellement m&#8217;évangélise. Je ne suis pas loin de penser que des notions comme celles de la finale ajoutée au Notre Père : « le règne, la puissance et la gloire », ou bien celles de majesté, de trône, de jugement, n&#8217;ont pas suffisamment été « évangélisées » et véhiculent bien trop de superbe, de suffisance, voire même d&#8217;arrogance pour refléter exactement ce que nous savons de la vie du Nazaréen, venu non pour être servi mais pour servir. Avec la Résurrection et son exaltation, le piège est redoutable. Pourra-t-on résister à la tentation de réintroduire, maintenant qu&#8217;il n&#8217;est plus là pour répondre, des images de louange et d&#8217;adulation récusées par Jésus dans son enseignement ? Autrement dit, est-ce bien « mon» Jésus qui ressuscite, humble serviteur, pétri de chair et de sang, de fatigues et de soucis, passionné pour les petits et les pauvres; oui, est-ce bien <em>lui qui va ressusciter, ou bien un tout autre, </em>surprenant, riche, magistral, immense et imprévu, oui, un tout autre? Voilà ma question : l&#8217;Évangile de l&#8217;homme de Nazareth sera-t-il confirmé ou annulé par l&#8217;arrivée d&#8217;un trop puissant Seigneur de gloire ?</p>
<p style="text-align: justify;">En tous cas, à ce titre, l&#8217;Évangile de Marc est tout à fait exemplaire. Peu de merveilleux. Pas de suffisance ni de poussée de fièvre céleste. Seulement un constat : <em>son corps a disparu. </em>Point final. « Vous cherchez Jésus de Nazareth le crucifié ; il est ressuscité, il n&#8217;est pas ici ; voilà le lieu où on l&#8217;avait déposé&#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ici l&#8217;Évangile essentiel : la disparition du corps de Jésus le jour de Pâques. Frustration générale. Depuis le soir du Vendredi, jamais plus personne n&#8217;aura le corps. Aucune mainmise. Introuvable. Intouchable. Personne au monde, jamais !  Avec un corps, même méconnaissable, on pouvait s&#8217;adapter. On pouvait le « retrouver »,  le reprendre avec nous dans nos réunions, le faire marcher à nouveau avec nous sur des routes d&#8217;Emmaüs, ou sur des plages, un matin de pêche infructueuse, bref, « <em>l&#8217;avoir encore un peu » </em>! Ne pas rester les mains vides !</p>
<p style="text-align: justify;">Comme Marie de Magdala et les autres femmes, on aurait pu l&#8217;embaumer, avec des aromates et de nobles cantiques, le ranger précieusement dans un tombeau tout neuf ou dans des liturgies très vieilles et des rites mémorables. Ou bien, qui sait, dans des auberges accueillantes lors de repas partagés, ou bien solidement cloué sur le bois. Ainsi, il<em> </em>aurait été possible de <em>« le garder un peu» </em>et de lui rendre hommage. On y aurait pensé religieusement très fort, avec ardeur, comme il se doit, toute une semaine sainte, ou deux ou trois, ou même quarante jours ! Mais voilà: son corps a disparu! <em>Avec l&#8217;Évangile de Marc, impossible de le garder « encore un peu </em>».  Rien. Rien qu&#8217;un constat : il a disparu !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Voyez l&#8217;endroit où on l&#8217;avait mis. » </em>Y a-t-il <em>une quête possible </em>de ce corps disparu ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais que le but de Jésus n&#8217;était pas de disparaître ainsi et de nous laisser <em>les mains vides. </em>Au contraire, il voulait tout vivre en se donnant, et jusqu&#8217;au bout tout donner en vivant. Son but était d&#8217;inventer une vie nouvelle : n&#8217;être que ce que l&#8217;on donne. Par lui, l&#8217;homme était devenu possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dès le début, personne n&#8217;a supporté cette manière nouvelle de vivre. Dès le programme de Nazareth, on a tenté de le jeter en bas d&#8217;un escarpement de la colline pour le tuer.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Son corps </em>? C&#8217;est là qu&#8217;il a commencé à disparaître, qu&#8217;il a commencé à s&#8217;en laisser déposséder. Un long mourir de trois ans, voilà sa vie. Une lente disparition. Une lente usure. Il était amour : il le parlait, il le vivait, il l&#8217;était. Or l&#8217;amour, c&#8217;est toujours un mourir, un mourir à soi, un don, un abandon de soi.</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour, il s’est trouvé presque totalement donné, dépouillé, vidé d’avoir tout donné par amour. Ainsi quand la mort est venue, elle n&#8217;avait presque plus rien à lui prendre, à lui ravir, même pas un corps. À la fin, il a mis le comble à son amour, et nul n&#8217;a pu retrouver son corps.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est tout au long de ce mourir-là de trois ans que la quête du corps disparu doit avoir lieu. C&#8217;est là qu&#8217;il faut chercher et « voir l&#8217;endroit où il a été mis ». Là d&#8217;abord.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois ans à « <em>ne pas déjà mourir</em> » pour continuer la prédication du Royaume. Trois ans à « survivre » encore, et toujours se donner et aimer. Trois ans à <em>devoir être suscité à nouveau chaque matin</em>, et chaque matin ressuscité ; et chaque matin déjà le jour de Pâques !</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;était bien avant la fin que Jésus avait fait gagner la vie contre la mort. Bien avant la fin qu&#8217;il avait déjà marché sur l&#8217;eau et piétiné sa puissance; qu&#8217;il avait combattu la tempête et les vents ; qu&#8217;il avait relevé les morts et les pauvres ; qu&#8217;il avait libéré les lépreux et les riches ; qu&#8217;il avait célébré la fête du pain partagé au-delà du possible. Il avait déjà tous les jours montré que pardonner, ce n&#8217;était après tout que <em>donner par-dessus tout, </em>donner radicalement tout, absolument tout remettre. Depuis le début de son ministère, Pâques était là, et sa vie nouvelle. Partout c&#8217;était déjà la vie qui gagnait. « Venez voir » tous ces endroits où sa vie s&#8217;était posée et déposée pour réanimer bourgs et campagnes de Galilée et de Judée. La quête du corps disparu n&#8217;est pas terminée. Il a aussi été « mis » <em>en Galilée, </em>et là, <em>vous verrez bien qu&#8217;il y a longtemps qu&#8217;il </em>« <em>vous y précède </em>». Il s&#8217;y trouve encore tellement d&#8217;infirmes et de malades pour qui Jésus a obtenu que la vie l&#8217;emporte sur la mort !</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi cette quête du corps disparu nous raconte <em>l&#8217;histoire de l&#8217;actualité du Ressuscité, </em>parmi nous. C&#8217;est pourquoi cette quête du Ressuscité ne doit pas se faire uniquement dans l&#8217;histoire du Nazaréen, mais aussi dans la nôtre, notre actualité. Je crois en effet que le Ressuscité habite incognito notre monde, y parle, y travaille, y prie.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui,je sais que le Ressuscité vit parmi nous, non comme un roi glorieux et magnifique, mais comme un serviteur, ami des pauvres et des exclus, des petits et des oubliés. Comme avant, oui, <em>le même Jésus qu&#8217;avant </em>!</p>
<p style="text-align: justify;">Dire où se tient aujourd&#8217;hui le Ressuscité, dire précisément quels sont ses actes libérateurs : nul ne le peut à coup sûr. Mais nul ne peut ni ne doit (du moins s&#8217;il se réclame de Jésus) refuser d&#8217;essayer de répondre concrètement à ces questions difficiles.</p>
<p style="text-align: justify;">Vivre Pâques aujourd&#8217;hui, c&#8217;est se mettre tous en quête du Ressuscité dans nos cités et dans nos vies.</p>
<p style="text-align: justify;">Que chacun cherche les signes de sa présence et de son intervention agissante parmi nous !</p>
<p style="text-align: justify;">La quête est délicate, aléatoire, embrouillée, risquée. Peut-être faut-il la préparer à plusieurs ?… Mais à chacun d&#8217;oser son interprétation. À chacun de s&#8217;engager, dans la crainte et le tremblement, et d&#8217;aller le rejoindre, <em>lui </em>qui nous devance toujours et toujours déjà travaille à faire gagner la vie sur la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Croire Pâques, ce ne peut être que cela : découvrir, chacun, sur quel chantier le Vivant l&#8217;attend. Puis, y aller, parmi d&#8217;autres, proches ou différents, pour offrir un peu de son temps, de son pain, de ses muscles (le cœur aussi est un muscle) et de son espérance. <em>Bel Évangile de Marc : il a disparu, partez donc tous à sa recherche ! </em></p>
<p>Cela s&#8217;appelle l&#8217;aurore. Car Pâques, c&#8217;est toujours un matin.</p>
<p><strong>Source </strong><em>: Extrait</em><em> de </em><strong>« Mon » Jésus &#8211; Méditations sur des textes d&#8217;Evangile</strong><em>, de Louis Simon , Ed. Les Bergers et les Mages, collection &#8220;Parole vive&#8221;, 1998.</em></p>
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		<title>Comment l&#8217;engagement pour la justice et la lecture de l&#8217;évangile se fécondent-ils mutuellement ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/02/16/comment-lengagement-pour-la-justice-et-la-lecture-de-levangile-se-fecondent-ils-mutuellement/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Feb 2011 11:58:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous trouvez ici le texte de l&#8217;intervention de Gui Lauraire lors de l&#8217;Assemblée générale de NSAE Vous pouvez aussi accéder au Bulletin de liaison n° 18 de NSAE dont il est extrait : BL n°18 La réflexion que je voudrais exprimer, sur le thème proposé, s&#8217;est élaborée à partir des expériences qui m&#8217;ont particulièrement marqué. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Vous trouvez ici le texte de l&#8217;intervention de Gui Lauraire lors de l&#8217;Assemblée générale de NSAE</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vous pouvez aussi accéder au </em>Bulletin de liaison n° 18 de NSAE <em>dont il est extrait </em>: <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/BL-n°18.pdf">BL n°18</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4722.jpg"><img class="size-medium wp-image-3762 aligncenter" title="PIC_4722" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4722-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3761"></span>La réflexion que je voudrais exprimer, sur le thème proposé, s&#8217;est élaborée à partir des expériences qui m&#8217;ont particulièrement marqué. J&#8217;en retiens trois :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">1- Mes études à Leuven. C&#8217;était pendant le concile Vatican II. Plusieurs des professeurs étaient experts au concile, et certains y ont joué un grand rôle. Ils m&#8217;ont fait découvrir que, loin d&#8217;être une sorte de génération spontanée, cet événement d&#8217;Eglise était le fruit de recherches, d&#8217;initiatives vécues à la base depuis des décennies, à travers des courants divers : Action Catholique, catéchèse, liturgie, renouveau biblique, mouvements sociaux&#8230; Et tout cela s&#8217;était souvent heurté à une hiérarchie traditionnelle, à une curie centralisatrice peu avare de mises en garde et même de condamnations. Je suis, depuis lors, convaincu que toute avancée sérieuse, toute réforme profonde, dans l&#8217;Eglise comme dans la société, ne peuvent venir que de la base.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, la méthode historique pratiquée à Leuven, m&#8217;a appris à situer toute prise de parole, toute prise de position, dans le contexte de leur époque. La prise au sérieux de l&#8217;histoire me semble être quelque chose de capital.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">2 &#8211; Mon séjour dans le monde quechua et aymara du Pérou. J&#8217;ai trouvé là un peuple pauvre et marginalisé, mais de plus en plus conscientisé et organisé ; et une Eglise solidaire de ce peuple et reconnue par lui. Je dois beaucoup à l&#8217;expérience des communautés de base et à leur expression dans la théologie de la libération.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">3 &#8211; L&#8217;accompagnement, pendant plus de dix ans, de l&#8217;aumônerie nationale des Gitans et des Gens du Voyage. Cela, dès mon retour du Pérou. Je me suis rendu compte que je trouvais là des points communs avec le monde que je venais de quitter. Comme les quechuas et aymaras, les tsiganes sont de culture orale ; comme eux, ils sont marginalisés, souvent méprisés. Mais ce qui peut apparaître comme obstacle peut aussi ouvrir un champ de possibles, permettre une vraie créativité. On y est en fait plus libre que dans la société dominante.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je vais maintenant faire deux remarques portant sur les mots <span style="text-decoration: underline;">justice</span> et <span style="text-decoration: underline;">évangile.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Quelle justice? </span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La charité ne serait qu&#8217;un mot vide de sens si elle ne se concrétisait pas dans l&#8217;engagement pour la justice. Sans entrer dans les distinctions entre les différentes formes de justice, il faut admettre que nous sommes là dans un domaine complexe, dans un combat qui ne peut se réduire à la recherche d&#8217;une plus grande égalité économique entre les hommes. Il faut viser une vraie justice sociale « <em>selon laquelle le bien commun du groupe peut être participé par chacun de ses membres, à la mesure de ses besoins, dans un partage mettant en œuvre la solidarité. </em>» (M.D.Chenu). Les orientations sociales de l&#8217;Eglise ont leur pertinence en ce domaine lorsqu&#8217;elles nous rappellent la destination universelle des biens et qu&#8217;elle donne comme critère décisif la préférence pour les pauvres. La lutte contre les injustices et l&#8217;engagement ferme pour la justice sont bien de très grande importance.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, bibliquement, le mot justice a un sens que je dirais plutôt complémentaire que différent. Il s&#8217;agit d&#8217;ajustement, de correspondance à l&#8217;espérance de Dieu sur nous : être ajusté à la volonté de Dieu. En ce sens, ce devrait être un stimulant dans le combat pour la justice, car la justice humaine peut dévier : par exemple lorsqu&#8217;on la réduit à un ajustement à la loi, fut-elle la loi dite de Dieu. Ce qui fera dire à Jésus : « <em>Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n&#8217;entrerez pas dans le Royaume des cieux. » </em>(Mt 5,20)</p>
<p style="text-align: justify;">Et un évêque du Bénin, Mgr Sastre, écrit: <em>« ce que nous demandons, c&#8217;est ce que la justice exige ; puisque la terre appartient à tout le monde, que ceux qui sont dans le besoin puissent aussi devenir des hommes comme les autres Et la justice que nous poursuivons ne sera jamais une justice établie, mais exigence d&#8217;une justice toujours plus haute dans la sphère des Béatitudes.» </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Evangile.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je prends ce mot dans un sens large, qui englobe toute la Bible. Les quatre évangiles baignent dans une culture qui se nourrit de tout l&#8217;Ancien Testament. Mais, en même temps, ils sont marqués par la vie concrète des communautés auxquelles ils sont destinés ; ils sont loin d&#8217;être intemporels. Ils ont en commun de vouloir nous mettre en relation avec Celui dont ils témoignent : Jésus, de Nazareth en Galilée. De ce Jésus, ils nous donnent des approches différentes, et les autres textes du Nouveau Testament nous en donnent d&#8217;autres approches. On ne peut enfermer Jésus dans aucune ; il est toujours ailleurs. Il échappe à tout enfermement, à toute mainmise, et il est bon qu&#8217;il reste toujours un peu hors de nos prises. C&#8217;est pourtant en lui que nous avons la référence qui devrait être celle de tout croyant chrétien. S&#8217;il est quelqu&#8217;un qui le dit merveilleusement, c&#8217;est bien Jean de la Croix <span style="text-decoration: underline;">(La Montée du Carmel.</span> 2, 20)</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir rappelé que sous la loi ancienne on désirait légitimement visions et révélations, il ajoute : « <em>Mais maintenant que la foi est fondée dans le Christ </em>et que <em>la loi évangélique </em>est <em>établie en cette ère de grâce, il n&#8217;y </em>a <em>plus lieu de consulter Dieu de cette manière, pour qu&#8217;il parle </em>et <em>réponde comme alors. Car en nous donnant </em>son <em>Fils ainsi qu&#8217;il l&#8217;a fait, lui qui est sa</em> <em>Parole dernière </em>et <em>définitive, Dieu nous </em>a <em>tout dit ensemble </em>et <em>en une fois, et</em> <em>il n&#8217;a plus rien à</em> <em>nous dire. </em>&#8230; <em>Concluez-en que désirer sous la nouvelle Loi visions ou révélations, ce n&#8217;est pas seulement faire une sottise, c&#8217;est offenser Dieu, puisque par là nos yeux ne sont pas uniquement fixés sur le Christ, sans chercher chose nouvelle. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a là une sérieuse et utile mise en garde, qui reioint d&#8217;ailleurs celle de Paul (1 Co 3, 11) : « <em>Quant au fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui est en place : Jésus Christ. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Mais attention : entre l&#8217;évangile et nous, il y a comme des écrans qui s&#8217;interposent et qui peuvent en rendre la compréhension difficile :</p>
<p style="text-align: justify;">Un écran culturel. Il y a de la distance entre la culture dans laquelle le Nouveau est né et les cultures d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Un écran intellectuel. Le travail des exégètes est indispensable. Mais une lecture savante n&#8217;est pas nécessairement la seule valable.</p>
<p style="text-align: justify;">Un écran institutionnel. C&#8217;est sans doute le plus fort. La hiérarchie catholique n&#8217;est-elle pas allée jusqu&#8217;à s&#8217;attribuer le privilège d&#8217;être seule interprète autorisée?</p>
<p style="text-align: justify;">Eh bien, il faut faire sauter les verrous, il faut se re-approprier ce qui est notre bien commun le plus précieux.</p>
<p style="text-align: justify;">La bible est le livre d&#8217;un peuple. Presque tous les textes y sont anonymes parce qu&#8217;ils ont sans cesse été repris, repensés, remaniés. C&#8217;est l&#8217;œuvre d&#8217;un peuple relisant son histoire, adressée à un peuple voulant lui aussi relire son histoire. L&#8217;évangile, on le lit pour le vivre, sinon il n&#8217;est que lettre morte. N&#8217;oublions pas que la Parole (Dabar en hébreu) fait ce qu&#8217;elle dit ; elle est parole et acte, inséparablement. Aussi deux options me semblent nécessaires :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">1- Le Père M.D. Chenu disait que « <em>l&#8217;actualité de l&#8217;évangile </em>passe <em>par les questions des hommes d&#8217;aujourd&#8217;hui. » </em>L&#8217;évangile est de toujours, mais il n&#8217;est actuel que s&#8217;il devient bonne nouvelle pour notre temps. Et c&#8217;est la tâche des chrétiens, la tâche de l&#8217;Eglise, de faire concrètement la preuve de l&#8217;actualité de l&#8217;évangile.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">2- L&#8217;autre option est encore plus radicale. J&#8217;en laisse la formulation à Clodovis Boff (<span style="text-decoration: underline;">Echanges</span>. Octobre 1985.) « <em>Il existe un danger de se</em> <em>défendre de l&#8217;Evangile par une culture d&#8217;érudition exégétique, historique </em>et <em>sociologique</em>, <em>sans</em> <em>jamais </em>se <em>laisser blesser par l&#8217;épée de la Parole. Le problème </em>sera <em>toujours : qu&#8217;avons-nous compris de l&#8217;Evangile </em>et <em>le faisons-nous nôtre ? L&#8217;Evangile </em>est <em>Evangile seulement lorsqu&#8217;on le lit avec les yeux </em>des <em>pauvres </em>et <em>le cœur des enfants: c&#8217;est-à-dire en </em>y <em>croyant avec simplicité. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il serait temps d&#8217;entrer dans le vif du sujet &#8230; si nous n&#8217;y étions déjà! Et je voudrais l&#8217;introduire par un constat .. On parle beaucoup de crise dans l&#8217;Eglise comme dans la société. Nous savons que toute crise est incertitude et épreuve, mais aussi temps de décision et occasion de se manifester dans sa vérité profonde. La crise actuelle est bien sociale et culturelle, et pas seulement économique. Et à ce niveau-là, la civilisation occidentale et chrétienne semble n&#8217;avoir plus grand chose à dire. Elle est malade de ses contradictions, de ses progrès techniques mal maîtrisés, de l&#8217;absolutisation du marché &#8211; et du profit aux dépens de l&#8217;homme&#8230; Et pendant ce temps, les pauvres croissent en nombre et en conscience. Or nos Eglises avaient en quelque sorte assigné Dieu à demeure : on l&#8217;avait retiré des pauvres et de l&#8217;histoire. Les théologiens de la Libération ont heureusement mis cela en évidence (G. Alvarez Calderon en particulier).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte, ce n&#8217;est pas un problème d&#8217;orthodoxie qui se pose pour les chrétiens, mais bien d&#8217;orthopraxie. Autrement dit, ce qui est en cause, ce n&#8217;est pas la foi elle-même, mais la pratique, la manière de vivre en cohérence avec ce qu&#8217;on dit croire, l&#8217;agir à la lumière du Christ. Or ce qui différentie le christianisme des autres religions nous appelle à l&#8217;action en ce monde. Le Règne que Jésus annonce et met en œuvre, c&#8217;est le monde nouveau qui vient s&#8217;insérer dans le monde présent pour le transformer. Et cela nous oblige à un déplacement par rapport à la perspective trop souvent présente d&#8217;une Eglise centrée sur elle-même, préoccupée d&#8217;elle-même et de son image.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>1.- Qu&#8217;est-ce qui caractérise le Christianisme? </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Deux affirmations caractérisent le christianisme et le différentient des autres religions, sans aucunement les déprécier :</p>
<p style="text-align: justify;">-  « Le Verbe s&#8217;est fait chair », la Parole de Dieu a planté sa tente parmi nous en la personne de Jésus.</p>
<p style="text-align: justify;">-  Le Dieu que nous fait connaître Jésus est relation, communion de personnes.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut, certes, chercher à préciser qui est réellement Jésus, comment il peut être homme et Dieu dans l&#8217;unité de sa personne ; on peut s&#8217;efforcer de rendre compte de son rapport au Père et à l&#8217;Esprit&#8230; Il s&#8217;agit là d&#8217;un travail théologique utile, voire indispensable. Mais faut-il vouloir tout rationaliser ? Ne faudrait-il pas, parfois, se tenir humblement disponible au Mystère ? Car le Mystère est affaire d&#8217;expérience plus que de discours, il est invitation à avancer, à aller toujours de l&#8217;avant. Alors, plus on s&#8217;y engage, plus s&#8217;ouvrent devant nous de nouveaux horizons.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Incarnation.</span></p>
<p style="text-align: justify;">En son Verbe, Dieu prend corps, il entre en humanité, il se fait créature ; il vient expérimenter ce qu&#8217;il en est de vivre comme homme en ce monde. Dieu qui, déjà, se révélait dans l&#8217;histoire, entre de plain-pied dans l&#8217;histoire humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est de Jésus que nous apprenons qui est vraiment Dieu. D&#8217;où l&#8217;importance de rejoindre au mieux sa pratique historique. Sans perdre de vue qu&#8217;on ne la rejoint réellement que dans la foi d&#8217;une communauté qui ancre en elle sa propre pratique historique. Il nous faut être attentifs à la particularité de Jésus : il n&#8217;est pas l&#8217;homme idéal et abstrait d&#8217;une certaine philosophie. Il est né situé en un temps, en un lieu, discrètement pareil aux pauvres, aux petits. Toute sa courte vie humaine a du poids ; elle lui a attiré assez d&#8217;inimitié pour qu&#8217;il meure condamné et exécuté par les pouvoirs en place, coalisés pour la circonstance.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;attention à la particularité historique de Jésus est à relier à notre propre pratique. Partageant notre condition humaine avec ses tensions, ses contradictions&#8230; comment Jésus s&#8217;est-il situé en son temps par rapport à la réalité sociale, religieuse, idéologique ? En suivant ses traces dans l&#8217;Evangile, nous voyons qu&#8217;il n&#8217;hésite pas à intervenir de manière conflictuelle, jusqu&#8217;à le payer de sa vie. Mais nous pouvons aussi reconnaître en lui l&#8217;initiateur d&#8217;une certaine manière d&#8217;être et de vivre, à laquelle il nous invite à sa suite.</p>
<p style="text-align: justify;">Incarnation: ça a une résonance de présence réelle à l&#8217;histoire, d&#8217;engagement réel et risqué dans une histoire de chair et de sang, comme un véritable corps à corps de Dieu avec nous.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La Trinité. </span></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dans la mesure où il s&#8217;est lié à notre histoire humaine que Dieu a manifesté son altérité, et s&#8217;est révélé Père, Fils, Esprit Saint. Sans l&#8217;incarnation, nous n&#8217;aurions jamais pensé un Dieu communion de personnes, un Dieu un dans la différence des personnes, un Dieu don permanent d&#8217;amour dans une pratique relationnelle. Et surtout, que cet amour, loin de s&#8217;enfermer dans cette relation trinitaire, était totale ouverture vers l&#8217;humanité et la création tout entière.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;aime bien ce que propose J.L Segundo (<span style="text-decoration: underline;">Catéchisme pour aujourd&#8217;hui</span>; Cerf et Desclée,1973)</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Le Père, Dieu avant nous</em>, <em>fondement de notre histoire. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Fils, Dieu avec nous, engagé dans notre histoire. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;Esprit, Dieu en nous, au rythme de notre histoire ». </em></p>
<p style="text-align: justify;">Si, comme le dit le titre d&#8217;un livre de H. de Lubac, « Dieu se dit dans l&#8217;histoire », alors déserter l&#8217;histoire, c&#8217;est manquer Dieu. Et cela confirme la pertinence de deux des grandes convictions de la Théologie de la Libération:</p>
<p style="text-align: justify;">- Il n&#8217;y a qu&#8217;une seule histoire, celle de l&#8217;humanité, et c&#8217;est au cœur de cette histoire que jouent mystérieusement le péché, la grâce et le salut.</p>
<p style="text-align: justify;">- La vie engagée est première. La théologie est un acte second. Si elle n&#8217;est pas nourrie de la vie, elle est disqualifiée.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la tentation est toujours là de retourner à un Dieu plus conforme à nos idées. L&#8217;affrontement radical dans la Bible, c&#8217;est celui de la foi et de l&#8217;idolâtrie ; et il est de toujours ; et il est profondément actuel.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;idolâtrie.</span></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idole, c&#8217;est le Dieu qu&#8217;on se fabrique, et que l&#8217;on sert, ou plutôt auquel en fait on aliène sa vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce Dieu peut être figuré, comme le veau d&#8217;or, ou n&#8217;être qu&#8217;une idée ; mais il est le reflet de l&#8217;univers social dans lequel on vit. Et il est à la solde des puissants et du pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idole réclame du sang, il se nourrit de vies humaines. C&#8217;est Baal, Moloch &#8230; et il a pu prendre bien d&#8217;autres noms au cours des temps, dans le nazisme, le stalinisme par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">Il a pu aussi se couvrir du masque “chrétien“ dans les dictatures d&#8217;Espagne, du Portugal et d&#8217;Amérique latine, et s&#8217;attirer ainsi la bénédiction et le soutien sans faille d&#8217;une partie des Eglises chrétiennes, parfois même aux plus hauts degrés de la hiérarchie catholique. Preuve que le christianisme n&#8217;est pas toujours et en totalité converti au Dieu de Jésus Christ !</p>
<p style="text-align: justify;">La lutte contre l&#8217;idole passe par l&#8217;analyse du fonctionnement de l&#8217;univers social dont elle est le reflet.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Eglise, Peuple de Dieu en marche dans l&#8217;histoire des hommes, a mission de défendre le Dieu manifesté en Jésus Christ, contre les idoles que les hommes ne cessent d&#8217;inventer. Et c&#8217;est là, en même temps, un combat pour l&#8217;homme lui-même. En effet, le Dieu différent de nous, qui entre en notre histoire et l&#8217;accompagne, est le Dieu de l&#8217;Alliance, une Alliance qui ne peut se vivre que librement, que dans un jeu de libertés. La foi chrétienne, si elle est authentique, est libératrice ; l&#8217;idolâtrie est toujours aliénante. Rappelons-nous l&#8217;épisode du veau d&#8217;or, en Ex. 32. Pour construire l&#8217;idole, il faut se dépouiller de ses bijoux. Et quand la statue est construite, on a cette phrase terrible: <em>Ils offrirent des holocaustes et amenèrent des sacrifices de paix; le peuple s&#8217;assit pour manger et boire, il se leva pour se divertir. »</em> (Ex 32, 6). Les romains diront: donnez-leur du pain et des jeux. Avec ça, on maintient le peuple dans la passivité, et on le manipule au gré des puissants. Jésus, lui, se dépouillera de ses vêtements, pour se faire serviteur en lavant les pieds de ses disciples, et il leur donnera la responsabilité de se faire à leur tour serviteurs. Jn 13, 1-17 est l&#8217;opposé d&#8217;Ex 32, 1-6.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>II.- Le sérieux de nos tâches et engagements humains</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce qui caractérise le christianisme nous invite à être présents au monde tel qu&#8217;il est, et à y vivre avec passion un engagement pour la justice, la liberté, la paix ; un service de la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les buts de l&#8217;Eglise rappelés par Vatican Il, il y a celui d&#8217;agir dans le monde présent d&#8217;une manière conforme à l&#8217;Evangile. C&#8217;est bien là une invitation à faire un va-et-vient entre nos engagements et l&#8217;Ecriture, avec la conviction que ce dialogue ne peut être que stimulant et pour nos actions, et pour notre appropriation de la Parole de Dieu. Mais cela ne va pas de soi. A mon sens, cela demande, d&#8217;une part, que nous soyons réellement engagés de manière responsable en ce monde présent ; et d&#8217;autre part, que nous fassions « une lecture militante » de la Bible. Arrêtons-nous pour l&#8217;instant à la première de ces exigences.</p>
<p style="text-align: justify;">Le même concile Vatican Il, à la suite de Jean XXIII, nous a redit que nous qui sommes l&#8217;Eglise, nous avons à être préoccupés du salut collectif de l&#8217;humanité. Nous avons à être soucieux de l&#8217;ici-bas de l&#8217;homme, pas seulement de l&#8217;au-delà. L&#8217;Eglise n&#8217;a pas à se préoccuper d&#8217;abord d&#8217;elle-même. Elle est pour le monde, servante de l&#8217;amour de Dieu pour ce monde dont elle est profondément solidaire. La foi chrétienne ne nous arrache pas à nos liens humains, à notre responsabilité d&#8217;hommes ici et maintenant, elle nous y renvoie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans sa Lettre, Jacques nous dit « <em>soyez les réalisateurs de la parole, et pas seulement des auditeurs qui s&#8217;abuseraient eux-mêmes</em>. » (Je 1, 22), et en 2, 14-18, il insiste : la foi se donne à voir dans ce qu&#8217;elle fait faire ; son lieu de vérification, c&#8217;est la manière de vivre. Et avec quelle insistance les prophètes ont dit et répété que le culte sans une vie fidèle à l&#8217;Alliance n&#8217;était qu&#8217;hypocrisie, que les pratiques religieuses sans engagements concrets n&#8217;étaient que vanité. (Am.5, 21-24; Es 1, 10-17 ; 58,1-12; Mi 6, 5-8&#8230; )</p>
<p style="text-align: justify;">Etre engagé de manière responsable, cela veut dire prendre les moyens d&#8217;une analyse sérieuse du réel, et d&#8217;une action efficace, et, autant que possible, menée avec d&#8217;autres. Cela suppose aussi que l&#8217;on assume les risques que nos options peuvent entraîner, risques d&#8217;incompréhension de la part de certains, risques d&#8217;erreurs de notre part, d&#8217;échecs même. Si l&#8217;on attend d&#8217;avoir toutes les garanties de réussite, toutes les sécurités dans l&#8217;action, on ne fait jamais rien. L&#8217;engagement pour la justice nous amène à collaborer avec tous les hommes de bonne volonté, et là nous sommes sur pied d&#8217;égalité avec tous. La foi ne nous donne aucun privilège. On ne trouve dans l&#8217;Evangile aucun programme politique, économique ou social. Les réalités de ce monde ont leur autonomie et leurs lois propres. Nous ne sommes pas dispensés de la compétence nécessaire, de l&#8217;analyse rigoureuse des situations, de l&#8217;invention et de la bonne gestion des moyens à prendre, de l&#8217;adhésion aux organismes qualifiés.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut ignorer qu&#8217;il existe des projets de société différents, des options variées, et que cela entraîne des tensions, des conflits. Le terrain des engagements n&#8217;est pas pur. L&#8217;Evangile peut alors nous interpeller.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Evangile nous appelle à maintenir vivante et active la mémoire de Jésus en ce monde, et pour cela, d&#8217;agir d&#8217;une manière qui s&#8217;efforce d&#8217;être fidèle à la pratique de Jésus, l&#8217;homme nouveau. Cela ne nous donne pas des solutions à nos problèmes, mais nous offre une inspiration, un souffle, un élan profond. Sans changer nos tâches, nos labeurs, ça nous invite à les faire dans un certain esprit, celui de Jésus.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;abord en nous invitant à ne rien absolutiser. Il n&#8217;y a qu&#8217;un absolu, c&#8217;est Dieu, et par sa volonté, l&#8217;homme à qui il s&#8217;est lié d&#8217;une Alliance définitive : l&#8217;homme avant les structures, les lois, les conventions. On ne peut donc sacrifier l&#8217;homme à aucune idole.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;Evangile peut nous stimuler dans nos actions, il peut aussi nous contester. Il ne coïncide pas pleinement avec nos comportements, nos choix, nos décisions. Nous n&#8217;avons pas à vouloir justifier par lui nos engagements humains. Il peut nous amener à des révisions parfois douloureuses, à des rectifications qui peuvent nous entraîner plus loin.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il ne nous donne pas de recettes, l&#8217;Evangile nous propose des exigences formidables, que nous aurons à essayer de vivre dans nos choix et nos actions : la défense du droit des pauvres, des exclus, des étrangers, des faibles&#8230; la condamnation du pouvoir exercé par l&#8217;argent pour l&#8217;argent, et la contestation de tout pouvoir qui ne serait pas service&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Evangile nous rappelle aussi que le baptême nous donne un autre sens du temps, il met nos vies en état d&#8217;urgence. Le temps nous est donné ; il est précieux, il ne faut pas le gaspiller. Nous sommes en état d&#8217;appel permanent, en responsabilité de veilleurs. Pour un baptisé, rien n&#8217;est insignifiant, les évènements, certes, mais combien à plus forte raison les humains. Aux yeux et au cœur d&#8217;un chrétien, aucun être humain ne peut être insignifiant. Et cela n&#8217;est pas sans poser de graves questions dans le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui qui exclut tant de personnes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>III.- La lecture militante de l&#8217;Evangile. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s&#8217;agit pas de n&#8217;importe quelle lecture, de n&#8217;importe quel rapport entre vie et Parole de Dieu. La lecture militante suppose un engagement avec les pauvres, les petits, les laissés &#8211; pour &#8211; compte. Si l&#8217;on est partie prenante de ceux qui vivent « dans les sous-sols d&#8217;humanité… (Carlos Mesters, Relais Desclée, 4) et si l&#8217;on met cela en relation avec l&#8217;Ecriture, on fait une lecture engagée. Alors la Parole de Dieu nous interpelle dans notre praxis afin de nous y renvoyer de manière plus clairvoyante et, si possible, plus efficace. Une praxis responsable ne cesse de nous poser des questions, et la relecture que nous en faisons à la lumière de l&#8217;Evangile peut nous permettre de voir les choses autrement, ou d&#8217;en découvrir d&#8217;autres aspects. On peut alors pulser là de nouvelles ressources pour l&#8217;action.</p>
<p style="text-align: justify;">En nous renvoyant à notre vie engagée, la relecture évangélique permet un approfondissement. Loin de retirer de l&#8217;histoire, la Parole de Dieu y ramène comme lieu où Dieu se révèle. Et lorsque les pauvres font cela, ils découvrent avec émerveillement dans la Bible des situations qui ne sont pas sans rapport avec les leurs aujourd&#8217;hui. C&#8217;est pourquoi il est bon de se mettre à l&#8217;école des pauvres : ils nous ouvrent des perspectives, ils nous enseignent, ils nous évangélisent, car par leur vie même ils sont accordés à bien des récits bibliques.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens de la réflexion d&#8217;une religieuse dominicaine, et donc membre d&#8217;un ordre mendiant. Elle travaillait avec les femmes de quartiers défavorisés. Elle disait : <em>«L&#8217;écoute des gens simples, c&#8217;est</em> <em>merveilleux.. Il faut mendier ce</em> <em>qu&#8217;on va devenir grâce à</em> <em>l&#8217;accueil de cette</em> <em>autre culture. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Evangile nous appelle à être critiques contre toute idolâtrie. Il nous aide à relativiser certaines choses, à ne pas nous installer, et aussi, lorsque c&#8217;est nécessaire, à plus de radicalisme. Il est fort important de rechercher en permanence comment connaître et combattre les maux de la société au moyen des sciences sociales, économiques, politiques. Mais le croyant en Christ sait qu&#8217;il existe un mal plus subtil, ce que nous appelons le péché : orgueil, égoïsme, fermeture à l&#8217;amour de Dieu et des autres. Et ce mal nous menace tous, et il peut pervertir les projets les meilleurs. Mais le croyant en Christ sait aussi que la libération apportée par Jésus va jusqu&#8217;à ce niveau-là, et que cela l&#8217;invite au don de soi, à l&#8217;abandon total de lui-même. Quand Jésus dit : « Je donne ma vie », cela veut dire: « ma vie ne m&#8217;appartient pas, elle est aux autres ; qu&#8217;ils en disposent. » Suivre le Christ jusque-là, c&#8217;est le radicalisme évangélique. Il n&#8217;y a certes pas une manière unique de le vivre, heureusement ! Mais ce qui est toujours demandé, c&#8217;est d&#8217;unir lutte et amour. L&#8217;amour vrai est celui qui passe à l&#8217;acte, et il est subversif des structures injustes, de l&#8217;ordre social injuste. L&#8217;amour prendra des formes différentes selon les cas. Aimer les pauvres, aimer les riches, ce n&#8217;est pas pareil. On aime les pauvres si, en respectant leurs attentes et leurs rythmes, en assumant leurs luttes et leurs initiatives, on participe à leur libération, on y contribue sans prendre leur place. On aime les riches en les invitant à renoncer à leurs privilèges, à tout ce qui, en définitive, les rend moins humains. G. Gutierrez aime dire que, pour un riche, la vraie conversion passe par un changement de classe sociale. Jésus ne nous demande pas de ne pas avoir d&#8217;ennemis, mais de les aimer assez pour lutter contre leurs attitudes de suffisance et leur exploitation des pauvres. Ce qui ne va pas sans risques.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais attention ! La lecture de l&#8217;Evangile n&#8217;est pas innocente, c&#8217;est un champ d&#8217;opposition, et d&#8217;affrontement idéologique. Et il faut se situer dans cette confrontation. Lire l&#8217;Evangile, oui, mais en sachant d&#8217;où on le lit, d&#8217;où on l&#8217;interroge, et pourquoi. Dans la perspective d&#8217;une lecture militante, on le lit dans un contexte d&#8217;expériences populaires, de pratiques de libération, de quête de justice; mais sans oublier que d&#8217;autres la lisent avec de tout autres perspectives. Le débat d&#8217;idées n&#8217;est pas pertinent en ce domaine. Le vrai débat est à porter sur le terrain de la pratique :</p>
<p style="text-align: justify;">qu&#8217;est-ce que ça permet dans l&#8217;action, dans l&#8217;engagement pour la justice, pour la fraternité, pour un vrai service de la vie. Et pourquoi cette lecture de l&#8217;Evangile ? Pour y chercher, et y trouver (car on peut tout trouver dans la Bible !) une justification de nos idées, ou pour nous laisser questionner, remettre en question peut-être, mais aussi stimuler ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les communautés de base, on disait en parlant de la Bible : « Si nous ne la lisons pas, ils nous la liront. Personne n&#8217;ignorait qu&#8217;on s&#8217;était servi de la Bible, lue d&#8217;une certaine manière, pour réduire en esclavage les indiens et les noirs, puis pour justifier leur misérable condition.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">CONCLUSION</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le chrétien est un citoyen comme un autre, qui a à vivre sérieusement ses responsabilités d&#8217;homme : s&#8217;informer, examiner les situations, réfléchir, militer dans des organismes où il pourra trouver les motivations de ses choix. Mais il a une originalité, c&#8217;est qu&#8217;il est appelé par sa foi à vivre cela de manière conforme à l&#8217;Evangile. « <em>Ne vous conformez </em>pas au <em>monde présent, mais soyez transformés</em> <em>par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est</em> <em>la volonté de Dieu : ce</em> <em>qui </em>est <em>bien, ce</em> <em>qui lui est agréable, ce qui est parfait.» </em>(Ro 12, 2).</p>
<p style="text-align: justify;">Le chrétien est membre de l&#8217;Eglise, une Eglise en charge du témoignage de Jésus et de l&#8217;évangélisation. Cette mission ne peut se vivre qu&#8217;en dialogue. L&#8217;Eglise ne peut apporter au monde si elle n&#8217;accepte pas de recevoir de lui. On n&#8217;annonce pas Jésus Christ comme une vérité toute faite et venant d&#8217;en haut. Il faut d&#8217;abord le rejoindre là où il est présent par son Esprit, au cœur des hommes, des groupes humains, des cultures. Cela demande d&#8217;être à l&#8217;écoute, d&#8217;être attentif à percevoir les besoins, les aspirations, les espoirs&#8230; Ce dialogue est indispensable car le témoignage rendu au Dieu de Jésus Christ est sous le signe de l&#8217;Alliance. L&#8217;Evangile doit rencontrer la vie réelle de ses destinataires pour qu&#8217;il devienne bonne nouvelle, promesse et porteuse de vie, ouvrant des possibles. Il est donc nécessaire de faire route avec, d&#8217;assumer la cause du frère, du pauvre en priorité, dans une solidarité vraie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En tout cela, le chrétien pourra être guidé, éclairé, par la pratique de Jésus dont les évangiles témoignent, et par les pratiques des premières communautés ecclésiales dont témoignent les Actes des Apôtres et autres écrits du Nouveau Testament.</p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait dire beaucoup sur la pratique de Jésus, mais tant de livres l&#8217;ont fait ! Retenons simplement, et sans développer, sa liberté contagieuse, sa présence aux exclus, aux marginaux, aux méprisés (il serait intéressant de travailler son rapport aux femmes !), son refus de toute domination, son souci d&#8217;humaniser. Il est, nous dit D. Bonhoeffer, l&#8217;homme &#8211; sans &#8211; platitude, et surtout l&#8217;homme &#8211; pour &#8211; les &#8211; autres. Et P. Tillich note qu&#8217;il est l&#8217;Etre Nouveau qui a surmonté les aliénations de notre existence humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Et l&#8217;Evangile, dans la ligne de toute la Bible, nous invite à débusquer les idoles de notre temps qui, comme à toute époque, réclament des sacrifices humains et confortent les riches et les pouvoirs, et à les combattre de toutes nos forces. Le libéralisme sauvage et dérégulé qui domine le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui, s&#8217;accompagne à la fois de l&#8217;exclusion de plus en plus massive d&#8217;humains et du massacre de la nature. S&#8217;il est vrai que l&#8217;arbre se juge à ses fruits, nous sommes là devant un formidable défi.</p>
<p style="text-align: right;">Gui Lauraire</p>
<p style="text-align: right;">5 février 2011</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Comment l’engagement pour la justice et la lecture de l’Evangile  se fécondent-ils mutuellement ?</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Jan 2011 11:01:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;Assemblée générale de NSAE portera sur ce thème et se tiendra les Samedi 5 et dimanche 6 février 2011 au Centre International de Séjour de Paris,  6 avenue Maurice Ravel 75012. Temps forts ouverts à tous Samedi 5 février à partir de 15h : Intervention de Gui Lauraire, prêtre à Saint Guilhem et fin connaisseur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>L&#8217;Assemblée générale de NSAE portera sur ce thème et se tiendra les </em></strong><strong><em>Samedi 5 et dimanche 6 février 2011 au </em></strong><strong><em>Centre International de Séjour de Paris,  6 avenue Maurice Ravel 75012.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIEM0013.jpeg"><img class="size-medium wp-image-3635 aligncenter" title="PIEM001" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIEM0013-300x245.jpg" alt="" width="300" height="245" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span id="more-3630"></span>Temps forts ouverts à tous </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Samedi 5 février</span></p>
<p style="text-align: justify;">à partir de 15h : <strong>Intervention de Gui Lauraire,</strong> prêtre à Saint Guilhem et fin connaisseur de la théologie de la libération, suivie d’un débat puis d’une célébration.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"> </span> <span style="text-decoration: underline;">Dimanche 6 février</span></p>
<p style="text-align: justify;">10h 15 : <strong>Intervention de Dominique Collin</strong>, o.p., auteur de « Mettre sa vie en paraboles », suivie d’un débat.</p>
<p style="text-align: justify;">12h : repas au self-service</p>
<p style="text-align: justify;">14h : projection du film <strong>« Moi sœur Alice »</strong> consacré à la vie d’Alice Domont, religieuse française assassinée par la dictature en Argentine.</p>
<p style="text-align: justify;">15h 30 : débats en ateliers sur le thème de l’AG, nourris par les 3 contributions.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Echos du Rassemblement de Lyon</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/12/03/echos-du-rassemblement-de-lyon/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Dec 2010 13:21:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avions cru… Nous avions cru que nous étions petits, seuls, minoritaires dans l’Eglise et nous nous sommes retrouvés à Lyon à 500, pleins de surprise  de voir tous les engagements de nos compagnons et de nos compagnes, décidés à montrer que nous sommes aussi l’Eglise et qu’il n’y a pas que des chrétiens conservateurs, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Nous avions cru…</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/img276LogoGR.jpg"><img class="size-medium wp-image-3418 aligncenter" title="img276LogoGR" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/img276LogoGR-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nous avions cru que nous étions petits, seuls, minoritaires dans l’Eglise et nous nous sommes retrouvés à Lyon à 500, pleins de surprise  de voir tous les engagements de nos compagnons et de nos compagnes, décidés à montrer que nous sommes aussi l’Eglise et qu’il n’y a pas que des chrétiens conservateurs, dociles ou suivant aveuglement la hiérarchie cléricale.<span id="more-3413"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Cinq cents, c’est le chiffre officiel qui ne devait pas être dépassé pour des raisons de sécurité. D’autres estimations considèrent que nous étions plus près de six cents. Il y a toujours des « fourchettes » dans les estimations…Selon les manifestants ou la police, dit-on.</p>
<p style="text-align: justify;">Grosse affluence dans les couloirs. La bousculade était parfois désagréable mais elle offrait un avantage : on ne pouvait passer trop vite devant un des vingt-cinq stands d’associations sans les voir.</p>
<p style="text-align: justify;">A deux exceptions près, le conseil d’administration de N.S.A.E. se trouvait au complet ; dix-huit de ses membres ont suivi les réunions plénières, conférences-débats, le travail des « groupes d’espérance », tables rondes et ateliers avec assiduité. Seul bémol dans le concert de louanges final car il faut bien dire que tout était parfaitement organisé : les introductions des responsables d’atelier étaient un peu longues. Il faut dire que cela se situait à la fin de cette Rencontre et que chacun était un peu fatigué.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour boucler le budget, les organisateurs avaient fait, dès le début, un appel au peuple (de Dieu) afin qu’il mette la main à la poche. Le seul chapiteau en toile  avait coûté 11.300 € de location sans compter la sonorisation avec un technicien (4.780 €).</p>
<p style="text-align: justify;">Les participants ne sont pas restés sourds à cet appel puisqu’ils ont donné 3.686 euros permettant de rééquilibrer les comptes.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre appel avait été lancé au début des Rencontres pour inviter les médecins et infirmières présents à se faire connaître auprès de la direction au cas où on aurait besoin d’eux. Une seule infirmière s’est fait connaître. Pourtant, le dernier jour, une femme de la région de Strasbourg a fait une chute dans un escalier et s’est fracturé le bassin en tombant. Les pompiers ont dû l’hospitaliser à Lyon. Son mari, médecin, l’accompagnait.</p>
<p style="text-align: justify;">Très belle exposition sur la femme dans la Bible, dans un couloir du sous-sol, près des éditeurs. L’auteur et réalisateur Albert Hari était présent et avait proposé, précédemment, cette exposition au diocèse de Strasbourg. Les textes accompagnant les illustrations furent lus attentivement et l’exposition refusée. Il y est question de Phébée, une femme grecque, chaudement recommandée par Paul à la communauté de Rome et qui fut la première femme « diacre » et de Lydie, originaire de Thyatire en Asie mineure, qui hébergea Paul et Silas lorsqu’ils furent relâchés. Elle fut responsable de la communauté de Philippes (Macédoine). « Peut-être présidait-elle la prière et la fraction du pain » est-il dit.</p>
<p style="text-align: justify;">« Joseph Moing est arrivé » entendait-on dans les rangs des participants. Renseignements pris, il ne s’agissait pas de l’arrivée du jésuite mais de son dernier ouvrage « Croire quand même », édité par « Temps présent » et sorti de chez l’imprimeur la veille des Rencontres. Le père de Karim Mahmoud-Vintam, l’auteur de « Pour une Eglise autre » et ancien président de N.S.A.E, avait roulé à « tombeau ouvert » pour livrer les colis de livres à Lyon. Il a été chaleureusement accueilli.</p>
<p style="text-align: right;">Pierre Desbruyères</p>
<p style="text-align: left;">Précisions apportée par Pascale</p>
<p style="text-align: left;">
<blockquote>
<div>
<table cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td>J&#8217;aimerais relever deux choses:<br />
1) le mari de la femme qui s&#8217;est blessée n&#8217;est pas médecin. Il était professeur à l&#8217;université de Strasbourg en patristique (le sous entendu qu&#8217;il ne se serait pas déclaré comme médecin est mal venu).<br />
2) l&#8217;expo sur les femmes a été exposée dans plusieurs églises en Alsace. Ce sont les textes qui l&#8217;accompagnaient qui n&#8217;ont pas pu être publiés dans la revue diocésaine.</p>
<p>Si, ces textes vous intéressent vous pouvez les retrouver sous</p>
<p>http://www.jonasalsace.org/pages/Les_femmes_dans_lEglise-4025793.html</p>
<p>cordialement,<br />
Pascale, membre de Jonas Alsace</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Glané de la Table ronde </span></strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ils étaient quatre, d’âges voisins de 35 ans autour de Luc Chatel, le Rédacteur en chef de TC, qui animait le débat.</p>
<p style="text-align: justify;">• Aurélie Duchamp de l’équipe d’animation diocésaine (Lyon) du CCFD ;</p>
<p style="text-align: justify;">• Luc Petitdemange salarié CCFD ; des JMJ à l’altermondialisme ;</p>
<p style="text-align: justify;">• Maggy Tournaille : 10 ans de JEC ; équipe nationale, secrétariat national ; inquiète de la mort de la JEC dans l’indifférence générale.  Volontaire permanente d’ATD ;</p>
<p style="text-align: justify;">• Guillaume Gamblin : marqué par Marcel Légaut ; sorti de l’Eglise. Son fil rouge : la non-violence (MAN) ; volontaire au Guatemala ; faucheur volontaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4160.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3415" title="PIC_4160" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4160-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4166.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3416" title="PIC_4166" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4166-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q.  Comment vivre vos valeurs dans le monde qui leur tourne le dos ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Refus du fatalisme ; oui, il y a encore des utopies et des utopistes ; refus de la télé (Aurélie) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- idem « changer nos regards pour changer le monde » (CCFD) qui nous impose de ne pas penser. Il faut rêver, lutter, résister, penser – penser global pour agir local. Comprendre les enjeux de ce monde ; donner les informations alternatives (Luc)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Les jeunes s’engagent-ils ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Je crois à la démarche et au combat, même si le quotidien n’est pas facile : une jeune du quart monde rêve de devenir info-graphiste : on lui propose une formation en cuisine collective… L’engagement n’est pas une question de génération, mais le long terme est plus difficile pour nous (Maggy).</p>
<p style="text-align: justify;">- Comment serait-il possible de ne pas s’engager devant l’injustice dans la société et entre les sociétés, qui nourrit nos révoltes ; ce qui nous y aide, c’est un environnement bienveillant et stable (Guillaume).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Ils s’engagent dans les ONG : ont-ils des engagements politiques ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Aurélie à Europe Ecologie ;</p>
<p style="text-align: justify;">- Luc répond que l’engagement dans la société civile et l’effort de compréhension du monde est un acte politique pur. Il mentionne la campagne du CCFD : « Aidons l’argent » ;</p>
<p style="text-align: justify;">- Pour Maggy, l’importance à ATD du croisement des savoirs et des pratiques ; universités populaires.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Conflits de génération ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Croisement de générations riche dit Guillaume ; mais… la dégradation écologique a été préparée par les générations qui nous ont précédés.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Quelle vie spirituelle ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Luc qui est dans le faire et dans l’animation se ressource à Taizé ;</p>
<p style="text-align: justify;">- Pour Maggy qui est une blessée de l’Eglise (JEC) la question n’est pas simple ;</p>
<p style="text-align: justify;">- Aurélie : les choses fortes que l’on fait ensemble ; la communion que l’on y ressent (par exemple la marche pour la dignité) ; tout cela nourrit la vie intérieure.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. (à Guillaune) Pourquoi la décroissance ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Un moyen de relier des exigences fortes sur l’écologie (la fin des ressources, le réchauffement) et les inégalités (exploitation du Sud) =&gt; abolir les privilèges.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas un programme, c’est une porte de sortie : la sobriété choisie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Que pensent-ils de Réseaux du Parvis ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Aurélie : le site ne lui a rien appris ; nous rencontrer lui donne envie d’en savoir plus.</p>
<p style="text-align: justify;">- Luc à travers Jonas-Vosges ; pas toujours d’accord mais intéressant…</p>
<p style="text-align: justify;">- Maggy : j’y étais par la JEC ; ils montrent la diversité dans l’Eglise ; c’est important</p>
<p style="text-align: justify;">- Guillaume : j’ai connu les groupes Légaut par mes parents ; c’est un des seuls lieux d’Eglise où je peux me sentir à l’aise. Il y a chez vous un vent de liberté ; les jeunes que je connais dans l’Eglise sont différents de vous.</p>
<p style="text-align: justify;">- Aurélie : je me suis révoltée contre l’institution et je me reconnais dans « je suis – nous sommes &#8211; l’Eglise ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: right;">Lucienne Gouguenheim</p>
<p>Ils se sont exprimés sur RCF : écoutez-les :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RCF_contre-courant_251110.mp3">RCF_contre-courant_251110</a></p>
<p>Ils ont déclaré :</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Message d’Espérance – PARVIS &#8211; Lyon 12 novembre 2010</span></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement :</p>
<p>• Examiner l’évolution du monde auquel est destiné le Message Evangélique</p>
<p>• Se lever pour lutter contre l’iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande qui ruine les valeurs constitutives de l’Humanité et met à mal la Planète</p>
<p>• S’engager dans des lieux de solidarité, de désobéissance et de propositions alternatives</p>
<p>• Remettre le monde à l’endroit en donnant la parole aux exclus</p>
<p>• Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est en train de naître.</p>
<p>Oui, pour nous le message libérateur de l’Evangile est nécessaire au monde :</p>
<p style="text-align: center;">il ne peut plus être porté par voie d’autorité.</p>
<p>C’est le temps pour tous, hommes et femmes, d’en être pleinement responsables dans nos sociétés sécularisées.</p>
<p>C’est donc le temps de donner plein essor à nos communautés héritières de Vatican II pour y vivre le partage authentique de la Parole, des célébrations tissées de nos expériences, et le travail d’actualisation du Message :</p>
<p style="text-align: center;">Une Eglise Autre est possible !</p>
<p>C’est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux d’humanisme :</p>
<p style="text-align: center;">Un autre monde est possible !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le temps vient d’envisager l’avenir</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>avec la Force et la Jeunesse de l’Esprit,</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Souffle d’Amour et de Vie,</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>qui recrée le monde.</strong></p>
<p style="text-align: center;">
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Grand Rassemblement &#8211; Lyon 11-12 novembre 2010</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/11/16/grand-rassemblement-lyon-11-12-novembre-2010/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Nov 2010 15:58:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[Le temps est venu ! Message d’Espérance &#8211; PARVIS &#8211; Lyon 12 novembre 2010 Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement : • Examiner l’évolution du monde auquel est destiné le Message Evangélique • Se lever pour lutter contre l’iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis-lyon-chapiteau.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3340" title="parvis lyon  chapiteau" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis-lyon-chapiteau-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Le temps est venu !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Message d’Espérance &#8211; PARVIS &#8211; Lyon 12 novembre 2010</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement :</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3331"></span></p>
<p style="text-align: justify;">• Examiner l’évolution du monde auquel est destiné le Message Evangélique</p>
<p style="text-align: justify;">• Se lever pour lutter contre l’iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande qui ruine les valeurs constitutives de l’Humanité et met à mal la Planète</p>
<p style="text-align: justify;">• S’engager dans des lieux de solidarité, de désobéissance et de propositions alternatives</p>
<p style="text-align: justify;">• Remettre le monde à l’endroit en donnant la parole aux exclus</p>
<p style="text-align: justify;">• Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est en train de naître.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Oui, pour nous le message libérateur de l’Evangile est nécessaire au monde :</p>
<p style="text-align: center;">Il ne peut plus être porté par voie d’autorité.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le temps pour tous, hommes et femmes, d’en être pleinement responsables dans nos sociétés sécularisées.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est donc le temps de donner plein essor à nos communautés héritières de Vatican II pour y vivre le partage authentique de la Parole, des célébrations tissées de nos expériences, et le travail d’actualisation du Message :</p>
<p style="text-align: center;">Une Eglise Autre est possible !</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux d’humanisme :</p>
<p style="text-align: center;">Un autre monde est possible !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le temps vient d’envisager l’avenir</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>avec la Force et la Jeunesse de l’Esprit,</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Souffle d’Amour et de Vie,</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>qui recrée le monde.</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>45 mouvements chrétiens dénoncent le projet de loi sur l’immigration</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/09/29/45-mouvements-chretiens-denoncent-le-projet-de-loi-sur-l%e2%80%99immigration/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Sep 2010 19:14:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que, mardi 28 septembre, les députés commençaient à examiner le nouveau projet de loi relatif à l’immigration, plusieurs centaines de chrétiens sont venus leur apporter une lettre (1) dans laquelle ils demandent à ne pas rendre l’étranger plus fragile qu’il n’est déjà. 16h 30 place Édouard Herriot à côté de l’Assemblée nationale. Les représentants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em><strong>Alors que, mardi 28 septembre, les députés commençaient à examiner le nouveau projet de loi relatif à l’immigration, plusieurs centaines de chrétiens sont venus leur apporter une lettre (1) dans laquelle ils demandent à ne pas rendre l’étranger plus fragile qu’il n’est déjà.<span id="more-3173"></span><br />
</strong></em></p>
<p style="text-align: center"><em><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/DSC1973_BD-74abd.jpg"><img class="size-full wp-image-3174 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/DSC1973_BD-74abd.jpg" alt="" width="350" height="233" /></a><br />
</strong></em></p>
<p style="text-align: justify">16h 30 place Édouard Herriot à côté de l’Assemblée nationale. Les représentants de 45 associations et organismes chrétiens se sont réunis pour remettre solennellement à chaque député une lettre portant un appel collectif : <em>« Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger »</em>.</p>
<p style="text-align: justify"><em>« Par touches successives, plus ou moins perceptibles, la politique de l’immigration engagée en 2003 s’installe en France de manière drastique dans l’indifférence quasi générale »</em>. C’est en ces termes que débute l’argumentaire des 45 associations et organismes chrétiens, catholiques, protestants ou orthodoxes. En effet, en sept ans, la loi qui doit être débattue au Parlement dans les semaines à venir est la cinquième du genre. Et chaque nouveau régime d’entrée et de séjour en France resserre le droit des étrangers, fragilisant un peu plus les hommes et les femmes <em>« déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil »</em>.</p>
<p style="text-align: justify">Ce nouveau projet comporte plusieurs mesures très contestées par les associations : déchéance de nationalité pour les personnes naturalisées depuis moins de dix ans et qui auront commis un crime contre des personnes dépositaires de l’autorité publique ; l’allongement de la durée maximale de rétention en vue d’une expulsion de 32 à 45 jours ; la création d’une interdiction de retour sur le territoire.</p>
<p style="text-align: justify">A ces mesures, s’ajoute la volonté du gouvernement de restreindre l’accès à la justice dans la procédure d’expulsion. Le droit d’asile existe et il est reconnu à ceux qui sont persécutés ou risquent leur vie dans leur pays d’origine. Or, il leur sera de plus en plus difficile d’entrer sur le territoire pour demander à bénéficier de ce droit.</p>
<p style="text-align: justify">Le projet prévoit aussi de réprimer l’abus <em>« du droit au court séjour (moins de trois mois) par des allers-retours successifs »</em>. Cette mesure vise implicitement les Roms, ressortissants européens, qui pourraient alors se voir contraints de quitter le territoire.</p>
<p style="text-align: justify">La gauche dans son ensemble est opposée à ce projet. A droite, il est aussi des députés qui n’adhèrent pas au projet concocté par Éric Besson, le ministre de l’immigration. Étienne Pinte, député UMP, se dit hostile à un texte qui <em>« vise à draguer l’électorat du Front National »</em>.</p>
<p style="text-align: justify">Outre le Secours Catholique, les initiateurs de la manifestation et de la lettre adressée aux députés sont : ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), le CCFD – Terre solidaire, la Fédération de l’Entraide Protestante (FEP) et la Cimade.</p>
<p style="text-align: justify">(1) <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Lettre_aux_deputes_28_septembre_2010.pdf">Lettre_aux_deputes_28_septembre_2010</a></p>
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		<item>
		<title>L&#8217;examen du projet de loi &#8220;immigration&#8221; par l&#8217;Assemblée approche</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/09/22/ne-laissons-pas-fragiliser-les-droits-de-letranger/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2010/09/22/ne-laissons-pas-fragiliser-les-droits-de-letranger/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2010 11:17:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;examen du projet de loi &#8220;Immigration&#8221; par l&#8217;Assemblée approche : il est programmé à partir du 28 septembre (après-midi), mais il peut être repoussé au 29. Le 28 septembre à 16h30, les présidents de nos associations initiatrices porteront aux députés à l&#8217;Assemblée l&#8217;appel &#8220;Ne laissons pas fragiliser le droit de l&#8217;étranger&#8221; avec une lettre d&#8217;introduction [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>L&#8217;examen du projet de loi &#8220;Immigration&#8221; par l&#8217;Assemblée approche : il est programmé à partir du 28 septembre (après-midi), mais il peut être repoussé au 29. Le 28 septembre à 16h30, les présidents de nos associations initiatrices porteront aux députés à l&#8217;Assemblée l&#8217;appel &#8220;Ne laissons pas fragiliser le droit de l&#8217;étranger&#8221; avec une lettre d&#8217;introduction faisant appel à leur conscience. S&#8217;en suivra un point presse qui abordera l&#8217;inédit d&#8217;une telle manifestation, les actions entreprises dans les divers départements et aussi notre position sur les amendements proposés.<span id="more-3134"></span></div>
<div>Pour que cet &#8220;évènement&#8221; ait un certain retentissement pour les media, nous souhaitons que cette délégation bénéficie du support d&#8217;une manifestation symbolique de nos 45 organismes avec la banderole mentionnant notre &#8220;slogan&#8221; : il est donc demandé que chaque organisme signataire puisse être représenté par 3 à 10 personnes, arborant un signe distinctif de son organisation (tee-shirt, autocollant avec logo déjà prêt ou composé pour l&#8217;occasion, voire costume…). Le point de RV pour cette manifestation est fixé dans le square devant l&#8217;Église Ste Clotilde (21 rue Las cases, 75007 &#8211; M° Solferino) à 16h15 ; chacun se dirigera ensuite depuis ce lieu de culte individuellement vers la place E-Herriot (seul lieu que la préfecture nous autorise) d&#8217;où les 5 présidents porteront en délégation les 577 lettres aux députés, avant de revenir pour le point-presse (avec photo des manifestants). Cette manifestation symbolique devrait se terminer vers 17h30 (ce sera de plus l&#8217;occasion pour chacun de retrouver de vieux amis que la vie a peut-être dispersés)…</div>
<div>Nous comptons sur la mobilisation de chacun.</div>
<div>Par ailleurs, la commission des lois vient de publier son rapport (+ de 600 pages) et le texte qui en résulte : ces documents sont en ligne sur le site de l&#8217;Assemblée. La plupart des amendements du gouvernement ont été repris : déchéance possible de la nationalité pendant les 10 ans après naturalisation en cas de condamnation pour crime grave, un hébergement réitéré par le 115 pourrait faire perdre leur droit au séjour pour les européens (comprendre &#8220;Roms&#8221;), l&#8217;automaticité de l&#8217;interdiction d&#8217;Europe pour certains étrangers confirme notre argumentaire, refus d&#8217;aide juridictionnelle pour les demandeurs d&#8217;asile en recours à la CNDA en ré-examen ou qui la solliciteraient à l&#8217;audience, restriction des cartes de séjour pour &#8220;soins&#8221; aux étrangers gravement malades pour lequel un traitement existerait dans leur pays (sans souci de l&#8217;accès réel à ce traitement), etc…</div>
<div>
<div>Bien cordialement</div>
<div>Les organismes initiateurs de l&#8217;Appel.</div>
</div>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Une délégation de NSAE sera présente ; n&#8217;hésitez pas à venir nous rejoindre ce 28 septembre à 16h15 dans le square devant l&#8217;Église Ste Clotilde (21 rue Las cases, 75007 &#8211; M° Solferino).</span></strong></p>
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		<title>Paradis fiscaux : comment aider Nicolas Sarkozy à tenir sa promesse ?</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 07:59:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment aider Nicolas Sarkozy à tenir sa promesse ? La lui rappeler d&#8217;abord : « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c&#8217;est terminé » (Nicolas Sarkozy, le 23/09/2009). Personne ne peut l&#8217;ignorer, la fraude et l&#8217;évasion fiscale coûtent à la France 3 fois le trou de la sécurité sociale. En Afrique, 125 milliards d&#8217;euros s&#8217;évaporent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comment aider Nicolas Sarkozy à tenir sa promesse ? La lui rappeler d&#8217;abord : « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c&#8217;est terminé » (Nicolas Sarkozy, le 23/09/2009). Personne ne peut l&#8217;ignorer, la fraude et l&#8217;évasion fiscale coûtent à la France 3 fois le trou de la sécurité sociale. En Afrique, 125 milliards d&#8217;euros s&#8217;évaporent chaque année : 5 fois la somme nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde selon l&#8217;ONU. Aidez-nous à rappeler sa promesse à Nicolas Sarkozy avant le prochain Conseil européen des 17 et 18 juin, signez la pétition <strong>Stop paradis fiscaux</strong> !</p>
<p>Signer la pétition sur <a href="http://www.stopparadisfiscaux.fr" target="_blank">www.stopparadisfiscaux.fr</a>. Déjà plus de 30.000 signatures, mais pas encore 50.000 ! Il reste quelques jours seulement avant la visite du collectif à Nicolas Sarkozy. Merci de transférer ce message à vos amis ! Agissez maintenant !</p>
<p>Jean Merckaert, spécialiste des paradis fiscaux au CCFD-Terre Solidaire</p>
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		<title>Ce que serait &#8220;ma&#8221; gauche, par Edgar Morin</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/05/23/ce-que-serait-ma-gauche-par-edgar-morin/</link>
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		<pubDate>Sun, 23 May 2010 09:37:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretien avec...]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS & DÉBATS]]></category>

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		<description><![CDATA[Né en 1921, directeur de recherche émérite au CNRS, Edgar Morin promeut une politique de civilisation adossée à une réforme de la pensée. Le hors-série du journal Le Monde (&#8220;Edgar Morin. Le philosophe indiscipliné&#8221;, 6,50 €) est consacré à cet intellectuel hors norme, qui a aussi bien analysé le phénomène yé-yé que le nouvel âge écologique, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Né en 1921, directeur de recherche émérite au CNRS, Edgar Morin promeut une politique de civilisation adossée à une réforme de la pensée. Le hors-série du journal</em> Le Monde <em>(&#8220;Edgar Morin. Le philosophe indiscipliné&#8221;, 6,50 €) est consacré à cet intellectuel hors norme, qui a aussi bien analysé le phénomène yé-yé que le nouvel âge écologique, les stars que la crise de la modernité. Il a publié</em> Pour et contre Marx <em>(Temps Présent Editions, 14 €) en février 2010.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Edgar-Morin.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2695" title="Edgar Morin" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Edgar-Morin.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><em></em></p>
<p>La gauche. J&#8217;ai toujours répugné ce <em>la</em> unificateur qui occulte les différences, les oppositions, et les conflits. Car la gauche est une notion complexe, dans le sens où ce terme comporte en lui, unité, concurrences et antagonismes. L&#8217;unité, elle est dans ses sources : l&#8217;aspiration à un monde meilleur, l&#8217;émancipation des opprimés, exploités, humiliés<span id="more-2694"></span>, offensés, l&#8217;universalité des droits de l&#8217;homme et de la femme. Ces sources, activées par la pensée humaniste, par les idées de la Révolution française et par la tradition républicaine, ont irrigué au XIXe siècle la pensée socialiste, la pensée communiste, la pensée libertaire.</p>
<p>Le mot &#8220;libertaire&#8221; se centre sur l&#8217;autonomie des individus et des groupes, le mot &#8220;socialiste&#8221; sur l&#8217;amélioration de la société, le mot &#8220;communiste&#8221; sur la nécessité de la communauté fraternelle entre les humains. Mais les courants libertaires, socialistes, communistes sont devenus concurrents. Ces courants se sont trouvés aussi en antagonismes, dont certains sont devenus mortifères, depuis l&#8217;écrasement par un gouvernement social-démocrate allemand de la révolte spartakiste, jusqu&#8217;à l&#8217;élimination par le communisme soviétique des socialistes et anarchistes.</p>
<p>Les fronts populaires, les unions de la Résistance n&#8217;ont été que des moments éphémères. Et après la victoire socialiste de 1981, un baiser de la mort, dont François Mitterrand a été l&#8217;habilissime stratège, a asphyxié le Parti communiste.</p>
<p>Voilà pourquoi j&#8217;ai toujours combattu le <em>la</em> sclérosant et menteur de la gauche, tout en reconnaissant l&#8217;unité des sources et aspirations. Les aspirations à un monde meilleur se sont toujours fondées sur l&#8217;oeuvre de penseurs. Les Lumières de Voltaire et Diderot, jointes aux idées antagonistes de Rousseau, ont irrigué 1789. Marx a été le penseur formidable qui a inspiré à la fois la social-démocratie et le communisme, jusqu&#8217;à ce que la social-démocratie devienne réformiste. Proudhon a été l&#8217;inspirateur d&#8217;un socialisme non marxiste. Bakounine et Kropotkine ont été les inspirateurs des courants libertaires.</p>
<p>Ces auteurs nous sont nécessaires mais insuffisants pour penser notre monde. Nous sommes sommés d&#8217;entreprendre un gigantesque effort de repensée, qui puisse intégrer les innombrables connaissances dispersées et compartimentées, pour considérer notre situation et notre devenir dans notre Univers, dans la biosphère, dans notre Histoire.</p>
<p>Il faut penser notre ère planétaire qui a pris forme de globalisation dans l&#8217;unification techno-économique qui se développe à partir des années 1990. Le vaisseau spatial Terre est propulsé à une vitesse vertigineuse par les quatre moteurs incontrôlés science-technique-économie-profit. Cette course nous mène vers des périls croissants : turbulences crisiques et critiques d&#8217;une économie capitaliste déchaînée, dégradation de la biosphère qui est notre milieu vital, convulsions belliqueuses croissantes coïncidant avec la multiplication des armes de destruction massive, tous ces périls s&#8217;entre-développant les uns les autres.</p>
<p>Nous devons considérer que nous sommes présentement dans une phase régressive de notre histoire. Le &#8220;<em>collapse</em>&#8221; du communisme, qui fut une religion de salut terrestre, a été suivi par le retour irruptif des religions de salut céleste ; des nationalismes endormis sont entrés en virulence, des aspirations ethno-religieuses, pour accéder à l&#8217;Etat-nation, ont déclenché des guerres de sécession.</p>
<p>Considérons la grande régression européenne. D&#8217;abord relativisons-la, car ce fut un grand progrès que l&#8217;émancipation des nations soumises à l&#8217;URSS. Mais l&#8217;indépendance de ces nations a suscité un nationalisme étroit et xénophobe. Le déferlement de l&#8217;économie libérale a surexcité à la fois l&#8217;aspiration aux modes de vie et consommations occidentales et la nostalgie des sécurités de l&#8217;époque soviétique, tout en maintenant la haine de la Russie. Aussi les idées et les partis de gauche sont au degré zéro dans les ex-démocraties populaires.</p>
<p>A l&#8217;Ouest, ce n&#8217;est pas seulement la globalisation qui a balayé bien des acquis sociaux de l&#8217;après-guerre, en éliminant un grand nombre d&#8217;industries incapables de soutenir la concurrence asiatique, en provoquant les délocalisations éliminatrices d&#8217;emplois ; ce n&#8217;est pas seulement la course effrénée au rendement qui a &#8220;dégraissé&#8221; les entreprises en expulsant tant d&#8217;employés et ouvriers ; c&#8217;est aussi l&#8217;incapacité des partis censés représenter le monde populaire d&#8217;élaborer une politique qui réponde à ces défis. Le Parti communiste est devenu une étoile naine, les mouvements trotskistes, en dépit d&#8217;une juste dénonciation du capitalisme, sont incapables d&#8217;énoncer une alternative. Le Parti socialiste hésite entre son vieux langage et une &#8220;modernisation&#8221; censée être réaliste, alors que la modernité est en crise.</p>
<p>Plus grave encore est la disparition du peuple de gauche. Ce peuple, formé par la tradition issue de 1789, réactualisée par la IIIe République, a été cultivé aux idées humanistes par les instituteurs, par les écoles de formation socialistes, puis communistes, lesquelles enseignaient la fraternité internationaliste et l&#8217;aspiration à un monde meilleur. Le combat contre l&#8217;exploitation des travailleurs, l&#8217;accueil de l&#8217;immigré, la défense des faibles, le souci de la justice sociale, tout cela a nourri pendant un siècle le peuple de gauche, et la Résistance sous l&#8217;Occupation a régénéré le message.</p>
<p>Mais la dégradation de la mission de l&#8217;instituteur, la sclérose des partis de gauche, la décadence des syndicats ont cessé de nourrir d&#8217;idéologie émancipatrice un peuple de gauche dont les derniers représentants, âgés, vont disparaître. Reste la gauche bobo et la gauche caviar. Et alors racisme et xénophobie, qui chez les travailleurs votant à gauche ne s&#8217;exprimaient que dans le privé, rentrent dans la sphère politique et amènent à voter désormais Jean-Marie Le Pen. Une France réactionnaire reléguée au second rang au XXe siècle, sauf durant Vichy, arrive au premier rang, racornie, chauvine, souverainiste.</p>
<p>Elle souhaite le rejet des sans-papiers, la répression cruelle des jeunes des banlieues, elle exorcise l&#8217;angoisse des temps présents dans la haine de l&#8217;islam, du Maghrébin, de l&#8217;Africain, et, en catimini, du juif, en dépit de sa joie de voir Israël traiter le Palestinien comme le chrétien traitait le juif.</p>
<p>La victoire de Nicolas Sarkozy fut due secondairement à son astuce politique, principalement à la carence des gauches. Sous des formes différentes, même situation en Italie, en Allemagne, en Hollande, pays de la libre-pensée devenant xénophobe et réactionnaire. La situation exige à la fois une résistance et une régénération de la pensée politique.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas de concevoir un &#8220;modèle de société&#8221; (qui ne pourrait qu&#8217;être statique dans un monde dynamique), voire de chercher quelque oxygène dans l&#8217;idée d&#8217;utopie. Il nous faut élaborer une Voie, qui ne pourra se former que de la confluence de multiples voies réformatrices, et qui amènerait, s&#8217;il n&#8217;est pas trop tard, la décomposition de la course folle et suicidaire qui nous conduit aux abîmes.</p>
<p>La voie qui aujourd&#8217;hui semble indépassable peut être dépassée. La voie nouvelle conduirait à une métamorphose de l&#8217;humanité : l&#8217;accession à une société-monde de type absolument nouveau. Elle permettrait d&#8217;associer la progressivité du réformisme et la radicalité de la révolution. Rien n&#8217;a apparemment commencé. Mais dans tous lieux, pays et continents, y compris en France, il y a multiplicité d&#8217;initiatives de tous ordres, économiques, écologiques, sociales, politiques, pédagogiques, urbaines, rurales, qui trouvent des solutions à des problèmes vitaux et sont porteuses d&#8217;avenir. Elles sont éparses, séparées, compartimentées, s&#8217;ignorant les unes les autres&#8230; Elles sont ignorées des partis, des administrations, des médias. Elles méritent d&#8217;être connues et que leur conjonction permette d&#8217;entrevoir les voies réformatrices.</p>
<p>Comme tout est à transformer, et que toutes les réformes sont solidaires et dépendantes les unes des autres, je ne peux ici les recenser, cela sera le travail d&#8217;un livre ultérieur, peut-être ultime. Indiquons seulement ici et très schématiquement les voies d&#8217;une réforme de la démocratie.</p>
<p>La démocratie parlementaire, si nécessaire soit-elle, est insuffisante. Il faudrait concevoir et proposer les modes d&#8217;une démocratie participative, notamment aux échelles locales. Il serait utile en même temps de favoriser un réveil citoyen, qui lui-même est inséparable d&#8217;une régénération de la pensée politique, ainsi que de la formation des militants aux grands problèmes. Il serait également utile de multiplier les universités populaires qui offriraient aux citoyens initiation aux sciences politiques, sociologiques, économiques.</p>
<p>Il faudrait également adopter et adapter une sorte de conception néoconfucéenne, dans les carrières d&#8217;administration publique et les professions comportant une mission civique (enseignants, médecins), c&#8217;est-à-dire promouvoir un mode de recrutement tenant compte des valeurs morales du candidat, de ses aptitudes à la &#8220;bienveillance&#8221; (attention à autrui), à la compassion, de son dévouement au bien public, de son souci de justice et d&#8217;équité.</p>
<p>Préparons un nouveau commencement en reliant les trois souches (libertaire, socialiste, communiste), en y ajoutant la souche écologique en une tétralogie. Cela implique évidemment la décomposition des structures partidaires existantes, une grande recomposition selon une formule ample et ouverte, l&#8217;apport d&#8217;une pensée politique régénérée.</p>
<p>Certes, il nous faut d&#8217;abord résister à la barbarie qui monte. Mais le &#8220;non&#8221; d&#8217;une résistance doit se nourrir d&#8217;un &#8220;oui&#8221; à nos aspirations. La résistance à tout ce qui dégrade l&#8217;homme par l&#8217;homme, aux asservissements, aux mépris, aux humiliations, se nourrit de l&#8217;aspiration, non pas au meilleur des mondes, mais à un monde meilleur. Cette aspiration, qui n&#8217;a cessé de naître et renaître au cours de l&#8217;histoire humaine, renaîtra encore.</p>
<p><strong>Source : <em>Le Monde</em>, édition du 22.05.10</strong></p>
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		<title>Le temps est venu de montrer l’actualité de l’Evangile pour le monde d’aujourd’hui</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 08:57:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[ Les Réseaux du Parvis vous invitent à un Rassemblement à Lyon les jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2010, suivi de l’Assemblée Générale de Parvis le samedi 13 Engagés dans le dynamisme de projets convergents sur le plan européen et au niveau international, nous nous rassemblons pour revivifier en nous les intuitions de l’Evangile et, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis2.png"><img class="size-full wp-image-2518 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis2.png" alt="" width="153" height="180" /></a></h1>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong></strong><strong>Les</strong> <strong>Réseaux du Parvis vous invitent à un Rassemblement à Lyon<br />
</strong><strong>les jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2010, </strong><strong>suivi de l’Assemblée Générale de Parvis le samedi 13<span id="more-2521"></span></strong></p>
<p style="text-align: left;">Engagés dans le dynamisme de projets convergents sur le plan européen et au niveau international, nous nous rassemblons pour <strong>revivifier</strong> en nous les intuitions de l’Evangile et, ainsi, éclairer notre parcours, pour <strong>tisser</strong> des liens et nous enrichir mutuellement, pour <strong>manifester</strong> notre détermination à <strong>construire</strong>, avec d&#8217;autres, un monde plus digne pour notre humanité. </p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le programme de ces deux jours comprendra :  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de conférences et de débats</span></strong> autour des thèmes suivants :  </p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L’évangile dans notre vie personnelle et communautaire pour aujourd’hui et demain avec Lytta Basset théologienne protestante et Gabriel Ringlet, théologien catholique.</li>
<li>Dans le monde d’aujourd’hui, quelle place pour Dieu ? avec Denis Pelletier, historien et Raphaël Picon, théologien protestant.</li>
<li>Une table ronde sur le thème : « Nos convictions et nos pratiques pour construire un monde plus juste et plus solidaire dans le respect de la Terre et des droits de l’Homme », avec la participation d’acteurs d’ATD Quart Monde, de la Cimade, de France Nature Environnement, de la JOC.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>  </p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de travail en petits groupes</span></strong> (‘<em>ateliers</em>’) qui auront deux objectifs :  </p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Elaborer un ‘<strong><em>Manifeste</em></strong>’ qui sera rédigé à partir des réflexions et des propositions des ateliers, et qui conduira à une proclamation finale.</li>
<li>Se retrouver autour de thèmes d’actualité (Société et Environnement, Eglise du 21<sup>è</sup> siècle ?, Evangile aujourd’hui, Spiritualités&#8230;).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de forum et des temps d’échanges libres</span></strong> dans des espaces d’expressions de nos associations et d’autres groupes présents.  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Un rassemblement hors les murs</span></strong> sur le Parvis de Fourvière pour proclamer le texte du ‘<strong><em>Manifeste</em></strong>’, le vendredi à partir de 18H30.  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cet événement aura lieu au « Domaine Lyon Saint Joseph » à Sainte Foy lès Lyon (à l’Ouest de Lyon, site Internet <a href="http://www.domaine-lyon-saint-joseph.fr">www.domaine-lyon-saint-joseph.fr</a> tel 04 78 59 22 35), où pourront être hébergés les premiers inscrits (d’autres lieux d’hébergements sont aussi prévus).  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez solliciter, sur la fiche d’inscription, une aide de la fédération « Réseau du Parvis » afin que personne ne soit empêché de venir pour une question financière.  </p>
<p><strong>INSCRIVEZ-VOUS RAPIDEMENT !!</strong> <strong> </strong>  </p>
<p><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Inscription-1.pdf">Inscription (1)</a></strong></p>
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		<title>Qu&#8217;avons-nous fait de l&#8217;Homme ?</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Apr 2010 16:40:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu&#8217;avons-nous fait de l&#8217;Homme ? C&#8217;est la question que nous pose cette Liturgie du Jeudi Saint. Qu&#8217;avons-nous fait de l&#8217;Homme ? Si nous avions compris l&#8217;Évangile de Jésus, est-ce que le monde se trouverait dans l&#8217;état où il se trouve aujourd&#8217;hui ? Evidemment non ! Car justement cette Liturgie du Jeudi Saint cumule, en quelque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qu&#8217;avons-nous fait de l&#8217;Homme ? C&#8217;est la question que nous pose cette Liturgie du Jeudi Saint. Qu&#8217;avons-nous fait de l&#8217;Homme ?<br />
Si nous avions compris l&#8217;Évangile de Jésus, est-ce que le monde se trouverait dans l&#8217;état où il se trouve aujourd&#8217;hui ? Evidemment non !<br />
Car justement cette Liturgie du Jeudi Saint cumule, en quelque sorte, toutes les consécrations de l&#8217;Homme par Jésus Christ. Le « Mandatum», la dernière consigne de Jésus : « <em>C&#8217;est à cela que l&#8217;on reconnaîtra que vous êtes mes disciples si vous vous aimez les uns les autres comme je vous ai aimés </em>» (Jn 13/35).<span id="more-2445"></span><br />
Voilà donc le dernier mot du Christ ! Le dernier mot du suprême Prophète, le dernier mot du Fils de l&#8217;Homme et du Fils de Dieu, c&#8217;est d&#8217;aimer l&#8217;Homme et de faire de l&#8217;amour de l&#8217;Homme, le test, le critère, la pierre de touche de l&#8217;amour de Dieu.<br />
Et cet amour de l&#8217;homme, Jésus va le manifester dans cette scène incomparable, inépuisable, bouleversante, du Lavement des Pieds. Il va nous montrer Dieu à genoux devant l&#8217;Homme, devant l&#8217;Homme qui est le Royaume de Dieu, devant l&#8217;Homme qui porte l&#8217;infini dans son cœur, comme dit le Pape saint Grégoire, exprimant cette nouveauté merveilleuse : « <em>Le ciel, c&#8217;est l&#8217;âme du Juste</em> ».<br />
Jésus à genoux devant l&#8217;Homme ! Il n&#8217;y a plus rien maintenant à ménager. Il ne s&#8217;agit plus de conduire les disciples par une parabole, il faut les mettre brutalement devant la réalité, car la catastrophe est imminente : le Sauveur du monde va être immolé, la toute-puissance de Dieu va connaître un formidable échec en apparence. Le Salut va venir par la mort sur la Croix.<br />
II faut donc que le vrai visage de Dieu s&#8217;imprime maintenant dans le cœur des disciples et qu&#8217;ils sachent que Dieu, justement, est au-dedans d&#8217;eux-mêmes, d&#8217;une Présence confiée à toute conscience humaine. C&#8217;est à cela que Jésus veut conduire ses disciples, c’est ce Royaume de Dieu qu&#8217;II voulait ériger au-dedans de nous, nous révélant que le ciel est ici, maintenant, dans cette éternité de l&#8217;amour, au cœur de notre plus secrète intimité.<br />
C&#8217;est donc là qu&#8217;il faut chercher Dieu, dans l&#8217;Homme ; et pour atteindre à la perfection chrétienne, il faut que tous les hommes ensemble constituent un seul corps, une seule vie, une seule personne en Jésus; et tout cela justement, c&#8217;est ce que l’Eucharistie va sceller.<br />
L&#8217;Eucharistie est pour l&#8217;éternité, l&#8217;affirmation qu&#8217;il n&#8217;y a pas accès possible à Dieu, autrement que par le chemin de l&#8217;Homme, car Jésus, le Christ Notre-Seigneur, bien sûr, ne cesse jamais être avec nous. Il est toujours comme sur le chemin d&#8217;Emmaüs, compagnon de nos vies, davantage, Il est toujours au-dedans de nous, au-dedans de chacun de nous.<br />
C&#8217;est pourquoi tout ce que nous faisons aux autres en mal ou bien, Le frappe, L&#8217;atteint, Le comble ou Le déchire, parce qu&#8217;II est intérieur à chacune de nos humanités, parce qu&#8217;Il est une attente infinie dans chacune de nos consciences.</p>
<p><strong>Auteur : Maurice Zundel<br />
Extrait de « Ta Parole comme une source »</strong></p>
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		<title>La lettre du Pape aux catholiques d&#8217;Irlande</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/03/21/la-lettre-du-pape-aux-catholiques-dirlande/</link>
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		<pubDate>Sun, 21 Mar 2010 18:38:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Vatican a rendu publique, samedi 20 mars, la lettre de Benoît XVI aux catholiques irlandais après les scandales de pédophilie qui ont touché l&#8217;Eglise d&#8217;Irlande. En tant que catholiques comme en tant que citoyens, nous aurions attendu plus, et mieux : une volonté réelle de comprendre et d&#8217;éradiquer les causes profondes du scandale innommable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Vatican a rendu publique, samedi 20 mars, la lettre de Benoît XVI aux catholiques irlandais après les scandales de pédophilie qui ont touché l&#8217;Eglise d&#8217;Irlande. En tant que catholiques comme en tant que citoyens, nous aurions attendu plus, et mieux : une volonté réelle de comprendre et d&#8217;éradiquer les causes profondes du scandale innommable de la pédophilie cléricale ; le souci de faire toute la lumière, qu&#8217;elles qu&#8217;en soient les conséquences pour l&#8217;institution ecclésiale &#8212; qui n&#8217;a pas sa fin en soi mais dans le service du monde &#8211;, sur les responsabilités à tous les niveaux de l&#8217;Eglise et de faire justice &#8212; réellement et non pas seulement symboliquement &#8212; aux victimes et aux innocents à jamais abîmés. Il en va de la crédibilité de l&#8217;institution à conserver un magistère qui ne soit pas que &#8220;de façade&#8221; sur les chrétiens du monde entier. Il en va surtout de la crédibilité de l&#8217;Eglise comme &#8220;peuple de Dieu&#8221; à proposer l&#8217;évangile au monde contemporain.<span id="more-2388"></span> Afin que chacun puisse juger par soi-même, voici la traduction de la lettre originale (en anglais) fournie par le Vatican.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><strong>Chers frères et sœurs de l&#8217;Eglise en Irlande</strong>, c&#8217;est avec une profonde préoccupation que je vous écris en tant que Pasteur de l&#8217;Eglise universelle. Comme vous, j&#8217;ai été profondément bouleversé par les nouvelles apparues concernant l&#8217;abus d&#8217;enfants et de jeunes vulnérables par des membres de l&#8217;Eglise en Irlande, en particulier par des prêtres et des religieux. Je ne peux que partager le désarroi et le sentiment de trahison que nombre d&#8217;entre vous ont ressenti en prenant connaissance de ces actes scandaleux et criminels et de la façon dont les autorités de l&#8217;Eglise en Irlande les ont affrontés.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/benoît-XVI.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2393" title="benoît XVI" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/benoît-XVI.jpg" alt="" width="249" height="350" /></a></p>
<p>Comme vous le savez, j&#8217;ai récemment invité les évêques irlandais à une rencontre ici, à Rome, pour rendre compte de la façon dont ils ont affronté ces questions par le passé et indiquer les mesures qu&#8217;ils ont prises pour répondre à cette grave situation. Avec certains prélats de la Curie romaine, j&#8217;ai écouté ce qu&#8217;ils avaient à dire, tant individuellement qu&#8217;en groupe, tandis qu&#8217;ils présentaient une analyse des erreurs commises et des leçons apprises, et une description des programmes et des protocoles aujourd&#8217;hui mis en place. Nos réflexions ont été franches et constructives. Je nourris l&#8217;espoir que, par conséquent, les évêques se trouvent à présent dans une position plus forte pour accomplir le devoir de réparer les injustices du passé et pour affronter les thèmes plus vastes liés à l&#8217;abus des mineurs selon des modalités conformes aux exigences de la justice et aux enseignements de l&#8217;Evangile.</p>
<p>2. Pour ma part, compte tenu de la gravité de ces fautes, et de la réponse souvent inadéquate qui leur a été réservée de la part des autorités ecclésiastiques dans votre pays, j&#8217;ai décidé d&#8217;écrire cette Lettre pastorale pour vous exprimer ma proximité et vous proposer un chemin de guérison, de renouveau et de réparation.</p>
<p>En réalité, comme de nombreuses personnes dans votre pays l&#8217;ont observé, le problème de l&#8217;abus des mineurs n&#8217;est pas propre à l&#8217;Irlande, ni à l&#8217;Eglise. Toutefois, le devoir qui se présente désormais à vous est celui d&#8217;affronter le problème des abus qui ont lieu au sein de la communauté catholique irlandaise et de le faire avec courage et détermination. Personne ne peut imaginer que cette situation douloureuse sera résolue dans de brefs délais. Des progrès positifs ont été accomplis, mais il reste encore beaucoup à faire. La persévérance et la prière sont nécessaires, ainsi qu&#8217;une grande confiance dans la force de guérison de la grâce de Dieu.</p>
<p>Dans le même temps, je dois également exprimer ma conviction que, pour se reprendre de cette blessure douloureuse, l&#8217;Eglise qui est en Irlande doit en premier lieu reconnaître devant le Seigneur et devant les autres, les graves péchés commis contre des enfants sans défense. Une telle reconnaissance, accompagnée par une douleur sincère pour les préjudices portés à ces victimes et à leurs familles, doit conduire à un effort concerté afin d&#8217;assurer la protection des enfants contre de tels crimes à l&#8217;avenir.</p>
<p>Tandis que vous affrontez les défis de ce moment, je vous demande de vous rappeler du &#8220;rocher d&#8217;où l&#8217;on vous a taillés&#8221; (Is. 51, 1). Réfléchissez aux contributions généreuses, souvent héroïques, offertes à l&#8217;Eglise et à l&#8217;humanité tout entière par les générations passées d&#8217;hommes et de femmes irlandais, et faites en sorte que cela constitue un élan pour un examen de conscience honnête et un programme de renouveau ecclésial et personnel convaincu. Je forme la prière que, assistée par l&#8217;intercession de ses nombreux saints et purifiée par la pénitence, l&#8217;Eglise en Irlande surmontera la crise présente et redeviendra un témoin convaincu de la vérité et de la bonté de Dieu tout-puissant, manifestées dans son Fils Jésus Christ.</p>
<p>3. Tout au long de l&#8217;histoire, les catholiques d&#8217;Irlande se sont révélés une immense force de bien tant dans leur patrie qu&#8217;à l&#8217;étranger. Des moines celtes comme saint Colomban, diffusèrent l&#8217;Evangile en Europe occidentale en jetant les fondements de la culture monastique médiévale. Les idéaux de sainteté, de charité et de sagesse transcendante découlant de la foi chrétienne, ont trouvé une expression dans la construction d&#8217;églises et de monastères et dans l&#8217;institution d&#8217;écoles, de bibliothèques et d&#8217;hôpitaux qui contribuèrent à renforcer l&#8217;identité spirituelle de l&#8217;Europe. Ces missionnaires irlandais ont tiré leur force et leur inspiration de la foi ferme, de la direction solide et des comportements moraux justes de l&#8217;Eglise dans leur terre natale.</p>
<p>A partir du XVIe siècle, les catholiques d&#8217;Irlande ont subi une longue période de persécution, au cours de laquelle ils ont lutté pour maintenir vivante la flamme de la foi dans des circonstances dangereuses et difficiles. Saint Oliver Plunkett, l&#8217;archevêque martyr d&#8217;Armagh, est l&#8217;exemple le plus célèbre d&#8217;une multitude de fils et de filles courageux d&#8217;Irlande, prêts à donner leur vie pour la fidélité à l&#8217;Evangile. Après l&#8217;Emancipation catholique, l&#8217;Eglise fut libre de croitre à nouveau. Des familles et d&#8217;innombrables personnes qui avaient préservé leur foi au cours de la période de l&#8217;épreuve, devinrent le moteur d&#8217;une grande renaissance du catholicisme irlandais au XIXe siècle. L&#8217;Eglise offrit l&#8217;éducation, en particulier aux pauvres, et cela devait apporter une contribution importante à la société irlandaise.</p>
<p>Parmi les fruits des nouvelles écoles catholiques, figura une croissance des vocations: des générations de prêtres, de religieuses et de frères missionnaires quittèrent leur patrie pour servir sur chaque continent, en particulier dans le monde anglophone. Ils furent admirables non seulement en raison de leur grand nombre, mais également en raison de la force de leur foi et de la solidité de leur engagement pastoral. De nombreux diocèses, en particulier en Afrique, en Amérique et en Australie, ont bénéficié de la présence de clergé et de religieux irlandais qui prêchèrent l&#8217;Evangile et fondèrent des paroisses, des écoles et des universités, des cliniques et des hôpitaux, qui servirent tant les catholiques, que la société en général, avec une attention particulière pour les besoins des pauvres.</p>
<p>Dans presque toutes les familles d&#8217;Irlande, il y a eu quelqu&#8217;un — un fils ou une fille, une tante ou un oncle — qui a donné sa vie à l&#8217;Eglise. Les familles irlandaises nourrissent à juste titre une grande estime et une grande affection pour leurs proches qui ont consacré leur vie au Christ, en partageant le don de la foi avec d&#8217;autres et en mettant en pratique cette foi dans le service généreux de Dieu et du prochain.</p>
<p>4. Au cours des dernières décennies, toutefois, l&#8217;Eglise dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l&#8217;adhésion traditionnelle des personnes à l&#8217;égard de l&#8217;enseignement et des valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées. Au cours de cette période, apparut également la tendance déterminante, également de la part de prêtres et de religieux, d&#8217;adopter des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l&#8217;Evangile. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican ii fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre comment les appliquer de la meilleure façon possible. En particulier, il y eut une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, visant à éviter les approches pénales à l&#8217;égard de situations canoniques irrégulières. C&#8217;est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème déconcertant de l&#8217;abus sexuel des enfants, qui a contribué de façon très importante à l&#8217;affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l&#8217;Eglise et pour ses enseignements.</p>
<p>Ce n&#8217;est qu&#8217;en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu&#8217;il est possible d&#8217;entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer: des procédures inadéquates pour déterminer l&#8217;aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats; une tendance dans la société à favoriser le clergé et d&#8217;autres figures d&#8217;autorité, ainsi qu&#8217;une préoccupation déplacée pour la réputation de l&#8217;Eglise et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne. Il faut agir avec urgence pour affronter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont assombri la lumière de l&#8217;Evangile à un degré tel que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre.</p>
<p>5. En plusieurs occasions depuis mon élection au Siège de Pierre, j&#8217;ai rencontré des victimes d&#8217;abus sexuels, de même que je suis disposé à le faire à l&#8217;avenir. Je me suis arrêté pour parler avec eux, j&#8217;ai écouté leurs récits, j&#8217;ai pris acte de leur souffrance, j&#8217;ai prié avec eux et pour eux. Auparavant, au cours de mon pontificat, soucieux d&#8217;affronter ce thème, j&#8217;avais demandé aux évêques d&#8217;Irlande, à l&#8217;occasion de leur visite ad limina de 2006, d&#8217;&#8221;établir la vérité sur ce qui est arrivé par le passé, de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise à l&#8217;avenir, d&#8217;assurer que les principes de justice soient pleinement respectés et, surtout, de soutenir les victimes et tous ceux qui sont victimes de ces crimes monstrueux&#8221; (Discours aux évêques d&#8217;Irlande, 28 octobre 2006).</p>
<p>Avec cette Lettre, mon intention est de vous exhorter tous, en tant que peuple de Dieu qui est en Irlande, à réfléchir sur les blessures infligées au Corps du Christ, sur les remèdes, parfois douloureux, nécessaires pour les panser et les guérir, et sur le besoin d&#8217;unité, de charité et d&#8217;aide réciproque dans le long processus de reprise et de renouveau ecclésial. Je m&#8217;adresse à présent à vous avec des paroles qui me viennent du cœur, et je désire parler à chacun de vous individuellement et à vous tous en tant que frères et sœurs dans le Seigneur.</p>
<p>6. <strong>Aux victimes d&#8217;abus et à leurs familles</strong>, vous avez terriblement souffert et j&#8217;en suis vraiment désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez supporté. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d&#8217;entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l&#8217;expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d&#8217;entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir ressenti qu&#8217;il n&#8217;y avait pas moyen d&#8217;échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l&#8217;Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous. Dans le même temps, je vous demande de ne pas perdre l&#8217;espérance. C&#8217;est dans la communion de l&#8217;Eglise que nous rencontrons la personne de Jésus Christ, lui-même victime de l&#8217;injustice et du péché. Comme vous, il porte encore les blessures de sa souffrance injuste. Il comprend la profondeur de votre peine et la persistance de son effet dans vos vies et dans vos relations avec les autres, y compris vos relations avec l&#8217;Eglise. Je sais que certains d&#8217;entre vous trouvent également difficile d&#8217;entrer dans une église après ce qui s&#8217;est passé. Toutefois, les blessures mêmes du Christ, transformées par ses souffrances rédemptrices, sont les instruments grâce auxquels le pouvoir du mal s&#8217;est brisé et nous renaissons à la vie et à l&#8217;espérance. Je crois fermement dans le pouvoir de guérison de son amour sacrificiel — également dans les situations les plus sombres et sans espérance — qui apporte la libération et la promesse d&#8217;un nouveau début.</p>
<p>En m&#8217;adressant à vous comme pasteur, préoccupé par le bien de tous les fils de Dieu, je vous demande avec humilité de réfléchir sur ce que je vous ai dit. Je prie afin que, en vous approchant du Christ et en participant à la vie de son Eglise — une Eglise purifiée par la pénitence et renouvelée dans la charité pastorale — vous puissiez parvenir à redécouvrir l&#8217;amour infini du Christ pour chacun de vous. Je suis confiant dans le fait que, de cette manière, vous serez capables de trouver la réconciliation, une guérison intérieure profonde et la paix.</p>
<p>7. <strong>Aux prêtres et aux religieux qui ont abusé des enfants</strong>, vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents. Vous devez répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet. Vous avez perdu l&#8217;estime des personnes en Irlande et jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères. Ceux d&#8217;entre vous qui sont prêtres ont violé la sainteté du sacrement de l&#8217;Ordre sacré, dans lequel le Christ se rend présent en nous et dans nos actions. En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage a été perpétré contre l&#8217;Eglise et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse.</p>
<p>Je vous exhorte à examiner votre conscience, à assumer la responsabilité des péchés que vous avez commis et à exprimer avec humilité votre regret. Le repentir sincère ouvre la porte au pardon de Dieu et à la grâce du véritable rachat. En offrant des prières et des pénitences pour ceux que vous avez offensés, vous devez chercher à faire personnellement amende pour vos actions. Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux. Dans le même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu.</p>
<p>8. <strong>Aux parents</strong>, vous avez été profondément bouleversés en apprenant les choses terribles qui eurent lieu dans ce qui aurait dû être le milieu le plus sûr de tous. Dans le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui, il n&#8217;est pas facile de construire un foyer domestique et d&#8217;éduquer les enfants. Ils méritent de grandir dans un milieu protégé, aimés et désirés, avec un profond sens de leur identité et de leur valeur. Ils ont le droit d&#8217;être éduqués aux valeurs morales authentiques, enracinés dans la dignité de la personne humaine, à être inspirés par la vérité de notre foi catholique et à apprendre des manières de se comporter et d&#8217;agir qui les conduisent à une saine estime de soi et au bonheur durable. C&#8217;est à vous, leurs parents, qu&#8217;est confié en premier lieu ce devoir noble et exigeant. Je vous exhorte à accomplir votre part pour assurer le meilleur soin possible des enfants, que ce soit à la maison ou dans la société en général, alors que l&#8217;Eglise, pour sa part, continue à mettre en œuvre les mesures adoptées ces dernières années pour protéger les jeunes dans les milieux paroissiaux et éducatifs. Alors que vous exercez vos importantes responsabilités, soyez certains que je suis proche de vous et que je vous assure du soutien de ma prière.</p>
<p>9. <strong>Aux enfants et aux jeunes d&#8217;Irlande</strong>, je désire vous offrir une parole particulière d&#8217;encouragement. Votre expérience d&#8217;Eglise est très différente de celle de vos parents et de vos grands-parents. Le monde a beaucoup changé depuis qu&#8217;ils avaient votre âge. Malgré cela, tous, à chaque génération, sont appelés à parcourir le même chemin de vie; quelles que puissent être les circonstances. Nous sommes tous scandalisés par les péchés et les échecs de certains membres de l&#8217;Eglise, en particulier de ceux qui furent choisis de manière particulière pour guider et servir les jeunes. Mais c&#8217;est dans l&#8217;Eglise que vous trouverez Jésus Christ qui est le même hier, aujourd&#8217;hui et à jamais (cf. He 13, 8). Il vous aime et c&#8217;est pour cela qu&#8217;il s&#8217;est offert lui-même sur la Croix. Recherchez une relation personnelle avec lui dans la communion de son Eglise, car il ne trahira jamais votre confiance! Lui seul peut satisfaire vos attentes les plus profondes et donner à vos vies leur signification la plus pleine, en les orientant au service des autres. Gardez les yeux fixés sur Jésus et sur sa bonté et protégez dans votre cœur la flamme de la foi. Avec vos frères catholiques en Irlande, je me tourne vers vous pour que vous soyez de fidèles disciples de notre Dieu et que vous contribuiez, avec votre enthousiasme et votre idéalisme si nécessaires, à la reconstruction et au renouveau de notre Eglise bien-aimée.</p>
<p>10. <strong>Aux prêtres et aux religieux d&#8217;Irlande</strong>, nous souffrons tous à la suite des péchés de nos confrères qui ont trahi une consigne sacrée ou qui n&#8217;ont pas affronté de la manière juste et responsable les accusations d&#8217;abus. Face à l&#8217;outrage et à l&#8217;indignation que cela a provoqué, non seulement parmi les laïcs mais également parmi vous et vos communautés religieuses, un grand nombre d&#8217;entre vous se sentent personnellement découragés et même abandonnés. En outre, je suis conscient qu&#8217;aux yeux de certains vous apparaissez coupables par association, et que vous êtes vus comme si vous étiez en quelque sorte responsables des méfaits d&#8217;autres personnes. En ce temps de souffrance, je veux rendre acte du dévouement de votre vie de prêtres et de religieux et de vos apostolats, et je vous invite à réaffirmer votre foi en Christ, votre amour envers son Eglise et votre confiance dans la promesse de rédemption, de pardon et de renouveau intérieur de l&#8217;Evangile. De cette manière, vous démontrerez à tous que, là où le péché abonde, la grâce surabonde (cf. Rm 5, 20).</p>
<p>Je sais qu&#8217;un grand nombre d&#8217;entre vous sont déçus, déconcertés et fâchés pour la manière dont ces questions ont été affrontées par certains de vos supérieurs. Malgré cela, il est essentiel que vous collaboriez de près avec ceux qui représentent l&#8217;autorité et que vous vous prodiguiez pour faire en sorte que les mesures adoptées pour répondre à la crise soient vraiment évangéliques, justes et efficaces. Je vous exhorte en particulier à devenir de manière toujours plus claire des hommes et des femmes de prière, en suivant avec courage la voie de la conversion, de la purification et de la réconciliation. De cette manière, l&#8217;Eglise en Irlande tirera une nouvelle vie et vitalité de votre témoignage au pouvoir rédempteur du Seigneur rendu visible dans votre vie.</p>
<p>11. <strong>A mes frères évêques</strong>, on ne peut pas nier que certains d&#8217;entre vous et de vos prédécesseurs ont manqué, parfois gravement, dans l&#8217;application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d&#8217;abus sur les enfants. De graves erreurs furent commises en traitant les accusations. Je comprends combien il était difficile de saisir l&#8217;étendue et la complexité du problème, d&#8217;obtenir des informations fiables et de prendre des décisions justes à la lumière de conseils divergents d&#8217;experts. Malgré cela, il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu. Tout cela a sérieusement miné votre crédibilité et efficacité. J&#8217;apprécie les efforts que vous avez accomplis pour porter remède aux erreurs du passé et pour assurer qu&#8217;elles ne se répètent pas. Outre à mettre pleinement en œuvre les normes du droit canonique en affrontant les cas d&#8217;abus sur les enfants, continuez à coopérer avec les autorités civiles dans le domaine de leur compétence. Les supérieurs religieux doivent clairement en faire tout autant. Ils ont, eux aussi, participé aux rencontre récentes, ici à Rome, pour établir une approche claire et cohérente de ces questions. Il est nécessaire que les normes de l&#8217;Eglise en Irlande pour la protection des enfants soient constamment revues et mises à jour et qu&#8217;elles soient appliquées de manière totale et impartiale, conformément au droit canonique.</p>
<p>Seule une action ferme menée de l&#8217;avant de manière pleinement honnête et transparente pourra rétablir le respect et l&#8217;affection des Irlandais envers l&#8217;Eglise, à laquelle nous avons consacré notre vie. Cela doit naître, avant tout, de l&#8217;examen de vos propres personnes, de la purification intérieure et du renouveau spirituel. La population irlandaise attend à juste titre que vous soyez des homme de Dieu, que vous soyez saints, que vous viviez avec simplicité, que vous recherchiez chaque jour la conversion personnelle. Pour elle, selon l&#8217;expression de saint Augustin, vous êtes des évêques, et pourtant avec eux vous êtes appelés à être des disciples du Christ (cf. Discours 340, 1). Je vous exhorte donc à renouveler votre sens des responsabilités devant Dieu, à croître dans la solidarité avec votre peuple et à approfondir votre sollicitude pastorale pour tous les membres de votre troupeau. Soyez en particulier sensibles à la vie spirituelle et morale de chacun de vos prêtres. Soyez un exemple à travers vos vies elles-mêmes, soyez proches d&#8217;eux, écoutez leurs préoccupations, offrez-leur votre encouragement en ce moment de difficulté et nourrissez la flamme de leur amour pour le Christ et leur engagement dans le service à leurs frères et sœurs.</p>
<p>Les laïcs doivent eux aussi être encouragés à jouer leur rôle dans la vie de l&#8217;Eglise. Faites en sorte qu&#8217;ils soient formés de telle manière qu&#8217;ils puissent rendre raison, de manière articulée et convaincante, de l&#8217;Evangile dans la société moderne (cf. 1 P 3, 15), et qu&#8217;ils coopèrent plus pleinement à la vie et à la mission de l&#8217;Eglise. Cela vous aidera également à recommencer à être des guides et des témoins crédibles de la vérité rédemptrice du Christ.</p>
<p>12. <strong>A tous les fidèles d&#8217;Irlande</strong>, l&#8217;expérience qu&#8217;un jeune fait de l&#8217;Eglise devrait toujours porter du fruit dans une rencontre personnelle et vivifiante avec Jésus Christ dans une communauté qui aime et qui offre une nourriture. Dans ce domaine, les jeunes doivent être encouragés à croître jusqu&#8217;à leur pleine stature humaine et spirituelle, à aspirer aux idéaux élevés de sainteté, de charité et de vérité et à tirer inspiration des richesses d&#8217;une grande tradition religieuse et culturelle. Dans notre société toujours plus sécularisée, dans laquelle nous aussi chrétiens nous trouvons difficile de parler de la dimension transcendante de notre existence, nous avons besoin de trouver de nouveaux chemins pour transmettre aux jeunes la beauté et la richesse de l&#8217;amitié avec Jésus Christ dans la communion de son Eglise. En affrontant la crise présente, les mesures pour faire face de manière juste aux crimes individuels sont essentielles, toutefois elles ne sont pas suffisantes à elles seules: il y a besoin d&#8217;une nouvelle vision pour inspirer la génération présente et les générations futures à tirer profit du don de notre foi commune. En marchant sur la voie indiquée par l&#8217;Evangile, en observant les commandements et en conformant votre vie de manière toujours plus proche à la personne de Jésus Christ, vous ferez l&#8217;expérience du renouveau profond dont il y a aujourd&#8217;hui un besoin si urgent. Je vous invite tous à persévérer le long de ce chemin.</p>
<p>13. Chers frères et sœurs dans le Christ, c&#8217;est avec une profonde préoccupation envers vous tous en ce temps de douleur, dans lequel la fragilité de la condition humaine a été aussi clairement révélée, que j&#8217;ai souhaité vous offrir ces paroles d&#8217;encouragement et de soutien. J&#8217;espère que vous les accueillerez comme une signe de ma proximité spirituelle et de ma confiance dans votre capacité à répondre aux défis du temps présent en tirant une inspiration renouvelée et une force des nobles traditions de l&#8217;Irlande de fidélité à l&#8217;Evangile, de persévérance dans la foi et de fermeté dans le recherche de la sainteté. Avec vous tous, je prie avec insistance qu&#8217;avec la grâce de Dieu, les blessures qui ont frappé un grand nombre de personnes et de familles puissent être guéries et que l&#8217;Eglise qui est en Irlande puisse faire l&#8217;expérience d&#8217;une saison de renaissance et de renouveau spirituel.</p>
<p>14. Je souhaite vous proposer des initiatives concrètes pour affronter la situation. Au terme de ma rencontre avec les évêques d&#8217;Irlande, j&#8217;ai demandé que le carême de cette année soit considéré comme un temps de prière pour une effusion de la miséricorde de Dieu et des dons de sainteté et de force de l&#8217;Esprit Saint sur l&#8217;Eglise dans votre pays. Je vous invite tous à présent à consacrer vos pénitences du vendredi, pour une année entière, d&#8217;aujourd&#8217;hui jusqu&#8217;à la Pâque 2011, à cette fin. Je vous demande d&#8217;offrir votre jeûne, votre prière, votre lecture de la Sainte Ecriture et vos œuvres de miséricorde pour obtenir la grâce de la guérison et du renouveau pour l&#8217;Eglise qui est en Irlande. Je vous encourage à redécouvrir le sacrement de la Réconciliation et à recourir plus fréquemment à la force transformatrice de sa grâce.</p>
<p>Une attention particulière devra aussi être réservée à l&#8217;adoration eucharistique, et dans chaque diocèse, il devra y avoir des églises ou des chapelles spécifiquement réservées à cette fin. Je demande que les paroisses, les séminaires, les maisons religieuses et les monastères organisent des temps d&#8217;adoration eucharistique, de manière à ce que tous aient la possibilité d&#8217;y prendre part. A travers la prière fervente face à la présence réelle du Seigneur, vous pouvez accomplir la réparation pour les péchés d&#8217;abus qui ont fait tant de mal, et dans le même temps implorer la grâce d&#8217;une force renouvelée et d&#8217;un sens plus profond de la mission de la part de tous les évêques, les prêtres, les religieux et les fidèles.</p>
<p>Je suis confiant dans le fait que ce programme conduira à une renaissance de l&#8217;Eglise en Irlande, dans la plénitude de la vérité même de Dieu, car c&#8217;est la vérité qui nous rend libres (cf. Jn 8, 32).</p>
<p>En outre, après avoir pris conseil et avoir prié sur la question, j&#8217;ai l&#8217;intention d&#8217;effectuer une Visite apostolique dans plusieurs diocèses d&#8217;Irlande, ainsi que dans des séminaires et des congrégations religieuses. La Visite se propose d&#8217;aider l&#8217;Eglise locale dans son chemin de renouveau et sera établie en coopération avec les bureaux compétents de la Curie romaine et la conférence épiscopale irlandaise. Les détails seront communiqué en temps utile.</p>
<p>Je propose en outre que soit organisée une Mission au niveau national pour tous les évêques, les prêtres et les religieux. Je nourris l&#8217;espérance que, en puisant à la compétence d&#8217;experts prédicateurs et organisateurs de retraites, venus d&#8217;Irlande ou d&#8217;ailleurs, et en réexaminant les documents conciliaires, les rites liturgiques de l&#8217;ordination et de la profession et les récents enseignements pontificaux, vous parveniez à une analyse plus profonde de vos vocations respectives, de manière à redécouvrir les racines de votre foi en Jésus Christ et à boire abondamment aux sources de l&#8217;eau vive qu&#8217;il vous offre à travers son Eglise.</p>
<p>En cette année consacrée aux prêtres, je vous confie de manière toute particulière la figure de saint Jean Marie Vianney, qui eut une compréhension si riche du mystère du sacerdoce. &#8220;<em>Le prêtre, écrivit-il, a la clé des trésors du ciel: c&#8217;est lui qui ouvre la porte, c&#8217;est lui le dispensateur du bon Dieu, l&#8217;administrateur de ses biens</em>&#8220;. Le curé d&#8217;Ars comprit parfaitement combien est grandement bénie une communauté lorsqu&#8217;elle est servie par un prêtre bon et saint: &#8220;<em>Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, est le trésor le plus grand que le bon Dieu peut donner à une paroisse et l&#8217;un des dons les plus précieux de la divine miséricorde</em>&#8220;. Par l&#8217;intercession de saint Jean Marie Vianney, puisse le sacerdoce en Irlande reprendre vie et puisse toute l&#8217;Eglise en Irlande croître dans l&#8217;estime du grand don du ministère sacerdotal.</p>
<p>Je saisis cette opportunité pour remercier dès à présent tous ceux qui seront impliqués dans l&#8217;organisation de la Visite apostolique et la Mission, ainsi que les nombreux hommes et femmes qui, dans toute l&#8217;Irlande, œuvrent déjà pour la protection des enfants dans les milieux ecclésiaux. Dès le moment où la gravité et l&#8217;extension du problème des abus sexuels contre les enfants dans des institutions catholiques commença à être pleinement compris, l&#8217;Eglise a accomplie un énorme travail dans de nombreuses régions du monde, afin de l&#8217;affronter et d&#8217;y trouver remède. Tandis qu&#8217;il ne faut épargner aucun effort pour améliorer et mettre à jour les procédures déjà existantes, je suis encouragé par le fait que les pratiques de protection en vigueur, adoptées par les Eglises locales, sont considérées, dans certaines parties du monde, comme un modèle à suivre pour les autres institutions.</p>
<p>Je souhaite conclure cette Lettre avec une Prière pour l&#8217;Eglise en Irlande, que je vous envoie avec l&#8217;attention qu&#8217;un père a pour ses enfants et avec l&#8217;affection d&#8217;un chrétien comme vous, scandalisé et blessé par ce qui est arrivé dans notre bien-aimée Eglise. Lorsque vous aurez recours à cette prière dans vos familles, vos paroisses et vos communautés, puisse la Bienheureuse Vierge Marie vous protéger et vous guider sur le chemin qui conduit à une union plus étroite avec son Fils, crucifié et ressuscité. Avec une grande affection et une ferme confiance dans les promesses de Dieu, je vous donne à tous de tout cœur ma Bénédiction apostolique en gage de force et de paix dans le Seigneur.</p>
<p>Du Vatican, le 19 mars 2010, solennité de saint Joseph,<br />
<em>Benedictus PP. XVI</em></p>
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