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	<title>NSAE &#187; hotspot 2</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Comment l’Evangile donne sens à nos combats de libération</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 09:13:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[QUI SOMMES-NOUS ?]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est le thème choisi pour l&#8217;Assemblée générale de NSAE, qui aura lieu les samedi 18 et dimanche 19 février 2012 au CISP, 6 avenue Maurice Ravel 75012 Paris. Notre invité est Jean-Marie Kohler, membre de Jonas Alsace et actuel rédacteur en chef de la revue Parvis. Il y aura deux temps d&#8217;ateliers : le samedi après-midi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est le thème choisi pour l&#8217;Assemblée générale de NSAE, qui aura lieu les samedi 18 et dimanche 19 février 2012 au CISP, 6 avenue Maurice Ravel 75012 Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre invité est Jean-Marie Kohler, membre de Jonas Alsace et actuel rédacteur en chef de la revue Parvis.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/P10001571.jpeg"><img class="size-full wp-image-5564 aligncenter" title="P1000157" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/P10001571.jpeg" alt="" width="192" height="144" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y aura deux temps d&#8217;ateliers : le samedi après-midi après les rapports statutaires et le dimanche en début d’après-midi.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-5558"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Des thèmes d&#8217;atelier sont proposés :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1-&#8221;Qu&#8217;est-ce qui nous opprime et qu&#8217;est-ce qui nous libère ?&#8221;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2 -&#8221;De quels combats de libération sommes-nous partie prenante ? Comment l&#8217;Evangile donne-t-il sens à ces combats de libération ?&#8221;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les retours des ateliers, qui serviront à la rédaction des orientations de l’année, seront présentés par quelques phrases, au cours de la célébration qui clôturera l’AG.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Toutes les contributions que vous voudrez bien apporter ou nous envoyer si vous ne pouvez pas participer à l’AG seront utiles et bienvenues.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong> Pour en savoir plus sur cette Assemblée générale et sur la vie de NSAE, vous pouvez consulter le</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bulletin-de-Liaison-n°191.pdf">Bulletin de Liaison n°19</a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Les Réseaux des Parvis n°51</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/09/23/les-reseaux-des-parvis-n%c2%b051/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 22:04:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Au sommaire : Dossier : le CCFD-Terre Solidaire Vie des Réseaux L&#8217;événement : Les prophètes du 15 mai : les &#8220;Indignés&#8221; Méditation Voici l&#8217;Homme Point de vue : Les catholiques français face au conflit israélo-palestinien D&#8217;ici et d&#8217;ailleurs Avez-vous lu ? Avez-vous vu ? bulletin-abonnement-reseaux-parvis]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Parvis-51001.jpg"><img class="size-full wp-image-5217 aligncenter" title="Parvis 51001" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Parvis-51001.jpg" alt="" width="185" height="262" /></a></p>
<p><span id="more-5231"></span><strong>Au sommaire</strong> :</p>
<p>Dossier : le CCFD-Terre Solidaire</p>
<p>Vie des Réseaux</p>
<p>L&#8217;événement : Les prophètes du 15 mai : les &#8220;Indignés&#8221;</p>
<p>Méditation <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Voici-lHomme.pdf">Voici l&#8217;Homme</a></p>
<p>Point de vue : Les catholiques français face au conflit israélo-palestinien</p>
<p>D&#8217;ici et d&#8217;ailleurs</p>
<p>Avez-vous lu ?</p>
<p>Avez-vous vu ?</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/bulletin-abonnement-reseaux-parvis1.pdf">bulletin-abonnement-reseaux-parvis</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Humaniser le monde avec et par delà la Religion&#8230;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/07/21/humaniser-le-monde-avec-et-par-dela-la-religion/</link>
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		<pubDate>Thu, 21 Jul 2011 10:23:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Visages d'évangile]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview de Guy Aurenche Accordée à la Revue Les Réseaux des Parvis à paraître dans le N°51 Face aux drames que connaît le monde actuel, le CCFD-Terre Solidaire déploie une créativité peu commune par ailleurs dans le catholicisme romain. D’où lui vient-elle ? Le CCFD-Terre Solidaire s’est développé en tension permanente entre la société et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Interview de Guy Aurenche</em></strong></p>
<p><strong><em>Accordée à la Revue </em>Les Réseaux des Parvis<em> </em></strong><em><strong>à paraître dans le N°51</strong></em></p>
<p><strong><em><br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis_site_aurenche_guy_photo.jpeg"><img class="size-medium wp-image-4785 aligncenter" title="parvis_site_aurenche_guy_photo" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis_site_aurenche_guy_photo-300x226.jpg" alt="" width="240" height="181" /></a><br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Face aux drames que connaît le monde actuel, le CCFD-Terre Solidaire déploie une créativité peu commune par ailleurs dans le catholicisme romain. D’où lui vient-elle ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-4784"></span>Le CCFD-Terre Solidaire s’est développé en tension permanente entre la société et l’évangile, porté par un triple mouvement. La première dynamique qui nous anime est celle du monde dans lequel nous vivons. Elle est à l’origine de notre organisme et en a commandé l’évolution. C’est en cheminant avec la communauté humaine au fil des événements, en partageant ses joies et ses soucis, que nous avons lié alliance avec elle, et c’est de là que provient notre crédibilité. Il me semble éclairant à cet égard de souligner que le CCFD est né d’un appel au secours de la société civile, d’une initiative laïque et non pas religieuse. Lorsque la FAO a lancé une collecte mondiale contre la faim en 1960-1961, Jean XXIII, le pape de « l’option préférentielle pour les pauvres », a réalisé que l’Église devait se mobiliser d’urgence pour répondre à cet appel, et qu’elle devait pour cela se joindre aux politiques publiques visant à secourir les plus démunis. Notre appartenance confessionnelle doit être vécue librement à la lumière des réponses que nous apportons aux besoins des hommes et aux exigences évangéliques.</p>
<p style="text-align: justify;">En deuxième lieu, je dirai que notre action se veut radicalement « catholique » au sens étymologique de ce terme, c’est-à-dire universelle, à l’opposé des revendications et des replis identitaires qu’affectionnent certains milieux d’Église. Il faut bien réaliser que nous ne sommes pas catholiques lorsque nous restons dans nos sacristies, lorsque nous ne nous intéressons qu’aux problèmes répertoriés comme prioritaires par l’institution ecclésiastique. Se vouloir catholique oblige au contraire à rejoindre le monde, à se frotter aux grands problèmes contemporains, à prendre le risque d’établir des partenariats aux marges de l’ordre établi, à œuvrer avec les hommes, les femmes et les groupes engagés dans les mêmes combats que nous au service de l’humanité, et ce quelle que soit leur appartenance religieuse, ou leur refus des religions. Je suis profondément heureux que le CCFD puisse ainsi témoigner de la catholicité de la foi chrétienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisième dynamique essentielle pour nous, celle du partenariat. Les engagements comme les nôtres ne peuvent se vivre que dans l’ouverture aux autres et le partage, dans une solidarité sans cesse à approfondir et des réseaux à étendre. Cela s’impose au sein de l’Église comme avec nos partenaires du Nord et du Sud. Dès sa naissance et jusqu’à présent, le CCFD a constamment cherché à promouvoir la collaboration avec les mouvements partageant l’essentiel de ses convictions, veillant à toujours privilégier la collégialité du pouvoir décisionnel. Abhorrant les enfermements, nous voulons créer des lieux de rencontre, de dialogue et de liberté où il fait bon respirer et vivre l’évangile ou, à défaut de références religieuses, un humanisme ouvert et militant. Nous travaillons sans exclusive avec des mouvements très divers, allant de l’Action catholique ou d’associations protestantes à nombre d’ONG se rattachant à d’autres religions ou dépourvues de toute attache religieuse, comme ATTAC par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">Que beaucoup de nos partenaires du Sud ne soient pas catholiques ne diminue en rien la portée de notre action, bien au contraire. La pluralité culturelle et religieuse de nos relations témoigne de la catholicité de l’évangile et de la nôtre, de l’universalité à laquelle appelle notre foi. Aussi simple qu’exigeant, l’unique critère qui fonde la collaboration avec nos partenaires est le sérieux des programmes à entreprendre en commun au service des hommes, leur inscription dans un processus de transformation sociale du monde par delà les actions de charité ponctuelles. C’est, en d’autres termes, la validité éthique et politique de leurs projets. Un tel partenariat n’est évidemment possible que dans un respect réciproque de ceux qui font alliance, moyennant une franche et ferme volonté de lever de part et d’autre les ambiguïtés qui peuvent exister ou survenir. Cela exige une grande rigueur, une fidélité sans faille à soi et aux autres en même temps qu’une réelle capacité de se remettre en question. Tout le reste se négocie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Comment conciliez-vous la vocation évangélique à servir les hommes sans considération de religion avec les stratégies parfois très institutionnelles des structures ecclésiastiques ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Avant de répondre à cette question, je rappellerai l’immense reconnaissance que j’éprouve personnellement envers l’Église, envers cette communauté d’hommes et de femmes qui m’a transmis les paroles d’un certain Jésus de Nazareth et qui se sent chargée de continuer à les transmettre. Je crois que ces paroles sont porteuses de la vie dans sa plénitude, et c’est pourquoi elles fondent de manière indéfectible mon attachement à la communauté ecclésiale. Mais il va de soi que cette fidélité n’implique pas une soumission sans réserve à l’appareil institutionnel des autorités ecclésiastiques. Pour moi, l’Église transcende les structures particulières qu’elle emprunte à travers l’histoire, utiles mais forcément marquées par les vicissitudes humaines. La vraie fidélité ne s’épanouit que dans les lieux de liberté où chacun est appelé à se libérer et à libérer autrui. Tout ce qui va à l’encontre de cela est antiévangélique et finit par étouffer la foi.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est du CCFD-Terre Solidaire, sa mission n’est pas d’authentifier le témoignage ou de valider le comportement des responsables de l’Église au regard de la foi chrétienne. Notre mission n’est pas de juger les institutions, ni de chercher à leur imposer des réformes correspondant à ce que nous voulons qu’elles soient. Elle est de témoigner de la Bonne Nouvelle directement à travers nos actions sur le terrain, à notre niveau et en dépit de tout, sans nous aigrir et sans nous laisser enfermer dans d’interminables contestations, sans nous épuiser dans d’inutiles affrontements. Notre mission se situe de ce point de vue hors les murs d’une certaine façon. Certes je constate comme tout le monde des insuffisances, des compromissions, des abus de pouvoir, et parfois de terribles contre-témoignages, et je souffre de voir trop souvent l’évangile séquestré et parfois gravement dénaturé. Mais la dénonciation étant vaine et seule la créativité se révélant féconde, l’unique question qui nous taraude est celle-ci : comment pouvons-nous vivre concrètement l’évangile et le partager ? C’est là que nous sommes attendus.</p>
<p style="text-align: justify;">Se rendre audible aujourd’hui oblige à s’immerger dans notre monde et, comme Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob, à en attendre quelque chose : « Donne-moi à boire ! » Respect de la dignité et de la liberté des autres, aux antipodes de l’endoctrinement. Écoute et dialogue pour progresser ensemble. Bien que galvaudé, le terme d’évangélisation ne me gêne pas si c’est bien d’évangile qu’il s’agit. Ce qui compte d’abord, c’est la rencontre et le partage avec le frère en souffrance, et non pas la proclamation fréquemment intempestive du nom de Jésus ou des attributs de Dieu. Une évangélisation que certains qualifieront d’indirecte, mais qui est en fait la plus directe qui soit. Ce ne sont pas les discours qui disent l’évangile et qui en propagent la puissance de vie, c’est le secours humain et matériel apporté à autrui, et notamment aux plus démunis. Que cela ne coïncide pas avec certaines dérives sacralisantes de la religion ne nous chagrine pas au CCFD-Terre Solidaire : Jésus ayant en son temps refusé toute sacralisation de sa personne, les béatifications et les canonisations ne sont pas notre tasse de thé&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Somme toute, cela fait cinquante ans que le CCFD s’efforce de vivre et d’annoncer l’évangile selon ces perspectives, et plutôt rares sont ceux qui contestent la valeur et la portée de son témoignage évangélique sur le terrain. N’est-ce pas un formidable encouragement ? Aucune entreprise humaine n’étant à l’abri des difficultés, il serait évidemment faux de dire qu’il n’y a jamais eu de tensions entre notre organisme et les instances institutionnelles de l’Église. Il y en a eu et il y en aura encore&#8230; Mais il me semble infiniment plus important d’insister sur le fait que les responsables de l’Église ont, dans leur ensemble, toujours continué à approuver notre démarche prophétique et à nous soutenir, et les échanges que j’ai régulièrement avec la plupart des évêques de France me permettent d’avoir confiance en l’avenir. Pour surmonter les désaccords, il faut négocier des issues qui sauvegardent l’essentiel tout en tenant compte des contraintes pratiques, le dernier mot devant toujours revenir à l’évangile quel que soit le coût de cette exigence.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Pouvez-vous esquisser les contours de l’alterchristianisme inédit qui est peut-être en voie d’émerger sur le terrain à travers, entre autres, l’action du CCFD-Terre Solidaire  ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Notre boulot n’est pas d’enseigner le catéchisme, mais de susciter des rencontres qui rendent les hommes plus humains, de repérer et de créer des espaces de liberté où se construit la solidarité sous l’égide de la justice et de la paix. En de tels lieux se dévoile, qu’ils aient ou non un label religieux, un au delà de nous-mêmes et de nos collectivités, une transcendance qui dit une Parole nous appelant à devenir ce que nous sommes, et qui peut de ce fait être entendue bien qu’elle vienne d’ailleurs. L’humanisation de l’homme, notre unique voie vers le divin, voilà la seule grande affaire qui nous intéresse. « Au cœur de nos hivers, écrivait Albert Camus, je redécouvrais à Tipasa la présence en moi d’un été invincible ! » L’évangélisation consiste d’abord à aider les autres à redécouvrir en eux et autour d’eux, au cœur de leurs hivers, le prodigieux et permanent miracle de cet « été invincible » qui est la matrice de toute vie. Nous ne savons pas qui est Dieu, mais nous pouvons le trouver et le secourir dans notre prochain. Nous ne sommes pas responsables de tous les maux qui écrasent l’humanité, mais nous sommes responsables de la fragile et puissante espérance qui permet de les surmonter.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour éviter que le vin nouveau fasse éclater les vieilles outres, il faut identifier et assumer les changements qui bouleversent l’ordre ancien du monde et de l’Église. L’un des changements les plus décisifs au regard de la religion est la sécularisation, mais celle-ci est souvent mal supportée par le clergé parce qu’elle le dépouille d’une large part de ses prérogatives et de ses pouvoirs. Il s’ensuit, quand l’Église se replie frileusement sur elle-même dans son périmètre sacralisé, qu’elle se coupe des hommes et perd sa crédibilité, qu’elle se condamne à ne répondre qu’à des questions que la société ne se pose plus. Vain soliloque&#8230; La position du CCFD-Terre Solidaire s’inscrit résolument, là encore, dans le cours de l’histoire humaine interprétée à la lumière de l’évangile. Loin d’être un handicap, la sécularisation représente à ses yeux, dans la société laïque et pluraliste qui est la nôtre, une chance pour l’évangélisation. Ce n’est que dans la société moderne ou postmoderne telle qu’elle est, avec ses attentes et ses détresses, que le Bonne Nouvelle peut être entendue comme un message de libération, de fraternité et de transcendance.</p>
<p style="text-align: justify;">Annoncer l’évangile aux statues qui peuplent nos églises n’est pas seulement inutile, mais c’est détourner et pervertir la Bonne Nouvelle destinée au monde du dehors. Dans le sillage du prophète Isaïe, Jésus a insisté sur la désacralisation inhérente à son message de libération, se déclarant foncièrement opposé aux sacrifices et aux rituels, et donnant la priorité aux œuvres de justice et d’amour. Mais, rétorqueront certains, l’homme a un besoin congénital de sacré : bien des fidèles âgés ont la nostalgie des cérémonies religieuses de leur enfance et une certaine jeunesse s’enthousiasme pour ce qu’on appelle le retour du religieux. Pour exact que soit ce constat au premier abord, c’est une autre carence qu’il révèle surtout, à savoir l’incapacité de nos communautés à répondre aux attentes du monde contemporain à hauteur d’évangile. Vouloir à tout prix restaurer la religion face aux valeurs du monde n’est pas sans rappeler, triste parallèle, l’appui apporté aux dictatures pour sauvegarder l’ordre social et politique sous couvert de lutte contre l’islamisme&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Alors que la génération montante se détourne massivement des structures religieuses, comment expliquer sa disposition à s’engager au CCFD-Terre Solidaire ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Si les institutions ecclésiales sont assez couramment perçues comme rébarbatives par la jeunesse, c’est pour un ensemble de raisons complexes. Globalement, les jeunes ont tendance à considérer ces institutions comme éloignées d’eux et de leur univers, enfermées dans une sphère de rites et de doctrines plus ou moins chosifiées dépourvus d’intérêt à leurs yeux. Leur attrait pour le CCFD s’explique par des raisons qui, à l’inverse, valorisent la vie et l’engagement libre et responsable. En premier lieu, nos programmes prennent en compte leur besoin de contribuer à instaurer une plus grande solidarité entre les hommes. Un besoin sincère et très fort qui est souvent minimisé à tort par une société si contaminée par le matérialisme consumériste qu’elle en vient à douter de la générosité de sa jeunesse. La deuxième raison réside dans le fait que le CCFD offre aux jeunes la possibilité de devenir acteurs de la transformation des structures sociales. Au lieu d’enseigner et d’encadrer, le CCFD-Terre Solidaire pratique une pédagogie active en proposant aux jeunes de participer à l’humanisation de la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Loin de céder au sentiment d’impuissance et de fatalité que les dominants entretiennent à leur profit, le CCFD croit qu’un autre monde est possible, tâche d’acquérir les compétences nécessaires pour travailler à son avènement, recherche les partenaires disposés à lutter avec lui, et s’engage dans les combats en prenant les risques que cela comporte. Lorsque nous stigmatisons l’iniquité du capitalisme financiarisé qui écrase les faibles et détruit la planète, lorsque nous militons pour une économie sociale et solidaire, pour la souveraineté alimentaire et l’accès à l’eau, pour la taxation des transactions financières internationales et la remise de la dette des pays les plus pauvres, contre les paradis fiscaux qui recyclent l’argent volé et l’argent sale, lorsque nous contribuons à la prévention et à la résolution des conflits en dénonçant les trafics d’armes et en venant en aide aux populations déplacées, lorsque notre service du plaidoyer fait du lobbying auprès du G 8 ou du G 20, nous croyons à la pertinence de nos visées et à l’efficacité de nos actions. Si les jeunes ne se mobilisent plus guère pour la religion, beaucoup d’entre eux sont par contre prêts à se mobiliser pour la cause des hommes.</p>
<p style="text-align: justify;">À une de ses parentes qui se plaignait de l’Église dans les années 30, Teilhard de Chardin a répondu à peu près ceci : « Ma chère cousine, je peux effectivement être d’accord avec vous : actuellement, la saison est un peu lourde ! » Cette concession faite en connaissance de cause par un passionné des hommes et de Dieu m’autorise à dire que la saison est un peu lourde depuis quelque temps déjà, et qu’elle est peut-être toujours un peu lourde dans l’Église comme dans le monde&#8230; Mais ce n’est pas cela qui importe le plus. Seule compte l’espérance que nous sommes capables de susciter et de transmettre à ceux qui prendront la relève, seule compte l’espérance que nous mettons en œuvre avec eux malgré les obstacles et les déceptions. Dans son livre intitulé Incipit, Maurice Bellet dit : « Ce qui est premier, ce n’est pas la tristesse, c’est l’amour. » La vie continue, un autre monde est possible, l’aventure de l’évangile se poursuit et engendre sur le terrain un christianisme inédit tout en restant fidèle à la Parole reçue au début et au sillon tracé depuis.</p>
<p style="text-align: right;">Jean-Marie Kohler<br />
<a href="http://www.recherche-plurielle.net/">www.recherche-plurielle.net</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.recherche-plurielle.net/"></a><br />
Note<br />
(1) Ce numéro comprendra un dossier entièrement consacré au CCFD-Terre Sodidaire.<br />
Pour découvrir la Fédération Réseaux du Parvis, visitez le site : <a href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/index.php">Réseaux Parvis</a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour vous abonner à la revue : <a href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/images/bulletin-abonnement-reseaux-parvis.pdf">Bulletin d&#8217;abonnement</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les Réseaux des Parvis &#8211; juin 2011</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/06/29/les-reseaux-des-parvis-juin-2011/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Jun 2011 13:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Le numéro 50 de la revue vient de sortir. Vous pouvez trouver ici son sommaire et la reproduction intégrale de l&#8217;article de Gui Lauraire : &#8220;La politique de Jésus ou la déchirure&#8221;. Pour vous abonner : Bulletin d&#8217;abonnement Au sommaire : - Journées d&#8217;été à Poulancre - Le dossier • Un monde nouveau , l&#8217;Evangile [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 13px;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis_revue_juin_2011-001.jpeg"><img class="size-medium wp-image-4658 aligncenter" title="parvis_revue_juin_2011 001" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis_revue_juin_2011-001-218x300.jpg" alt="" width="157" height="216" /></a></span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-size: 13px;"><em>Le numéro 50 de la revue vient de sortir. Vous pouvez trouver ici son sommaire et la reproduction intégrale de l&#8217;article de Gui Lauraire : &#8220;La politique de Jésus ou la déchirure&#8221;.</em></span></h2>
<p><span style="font-size: 13px;">Pour vous abonner : </span><a href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/images/bulletin-abonnement-reseaux-parvis.pdf">Bulletin d&#8217;abonnement</a></p>
<h2><span style="font-size: 13px;"><span id="more-4652"></span>Au sommaire</span><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"> :</span></h2>
<p>- Journées d&#8217;été à Poulancre</p>
<p>-<strong> Le dossier</strong></p>
<p>• Un monde nouveau , l&#8217;Evangile</p>
<p>• Incarner l&#8217;Evangile dans lamodernité</p>
<p>• <a href="http://www.nsae.fr/2011/06/29/la-politique-de-jesus">La politique de Jésus ou la déchirure</a></p>
<p>• En France, l&#8217;injustice règne</p>
<p>• Etre chrétien dans notre société</p>
<p>• Ni clerc ni laïc</p>
<p>• Avancer ensemble avec le Christ sur des chemins d&#8217;humanité</p>
<p><strong>L&#8217;Evénement</strong></p>
<p>• Un événement superbement ignoré</p>
<p>• Développement durable avec le MRJC</p>
<p><strong>Résistance</strong></p>
<p>• Islam, condition féminine en berne</p>
<p>• La révolution égyptienne vue par une chrétienne</p>
<p><span style="font-size: x-large;"><span><strong><br />
</strong></span></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les Actes du rassemblement de Lyon sont parus</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/05/06/les-actes-du-rassemblement-de-lyon-sont-parus/</link>
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		<pubDate>Fri, 06 May 2011 11:54:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[On peut les commander au prix de 9 € auprès de Temps Présent 68 rue de Babylone 75007 Paris (chèque à l&#8217;ordre de Temps Présent) On peut aussi s&#8217;abonner à la revue : cliquer ci-dessous bulletin-abonnement-reseaux-parvis]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/img306.jpg"><img class="size-medium wp-image-4341 aligncenter" title="img306" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/img306-212x300.jpg" alt="" width="170" height="240" /></a></p>
<p>On peut les commander au prix de 9 € auprès de Temps Présent 68 rue de Babylone 75007 Paris (chèque à l&#8217;ordre de Temps Présent)</p>
<p>On peut aussi s&#8217;abonner à la revue : cliquer ci-dessous</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/bulletin-abonnement-reseaux-parvis.pdf">bulletin-abonnement-reseaux-parvis</a></p>
<p style="text-align: center;">
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		<title>Abonnez-vous à la revue &#8220;Les réseaux des Parvis&#8221;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/03/30/abonnez-vous-a-la-revue-les-reseaux-des-parvis/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2011 10:51:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Au coeur de réseaux actifs]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Le numéro 49 vient de sortir EDITORIAL Si une société se juge, comme nous le pensons, au regard de la façon dont elle traite les plus démunis, le jugement ne peut qu’être sévère : l’injustice domine partout, avec des oasis de richesses, de luxe, et des ghettos de misère. La mondialisation fait disparaître le rempart des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis_revue_mars_2011-001.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4072" title="parvis_revue_mars_2011 001" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis_revue_mars_2011-001-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a></p>
<p>Le numéro 49 vient de sortir</p>
<p>EDITORIAL</p>
<p style="text-align: justify;">Si une société se juge, comme nous le pensons, au regard de la façon dont elle traite les plus démunis, le jugement ne peut qu’être sévère : l’injustice domine partout, avec des oasis de richesses, de luxe, et des ghettos de misère. La mondialisation fait disparaître le rempart des législations sociales, remplacées par la compassion, par l’humanitaire. Une culture de marché s’est instaurée, qui substitue aux principes moraux des principes ayant permis le succès matériel du système de marché.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-4073"></span>L’idéologie qui gouverne le monde est fort bien résumée par lord Griffiths, vice-président de Goldman Sachs, qui écrivait dans « The Guardian » en octobre 2009 : « <em> L’opinion doit apprendre à tolérer l’inégalité comme moyen d’atteindre une plus grande prospérité pour tous.</em> » Nul ne sait si elle la tolèrera encore longtemps, la prospérité ne semblant pas en vue : c’est visiblement le constat que font tous ces citoyens du monde Arabe en révolte. Et si pratiquement partout en Europe les victimes de l’idéologie néolibérale élisent massivement ceux qui en sont les tenants, on voit aussi que des mouvements de contestation se développent, devant les politiques d’austérité. Le fossé se creuse ainsi entre la représentation politique et les citoyens, mettant en péril la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;">La promesse de justice grâce à la croissance, pourra-t-elle résister aux désastres sociaux et écologiques des politiques menées, ignorer encore longtemps les contraintes physiques de la planète, la raréfaction des ressources, la conscience nouvelle de finitude ?</p>
<p style="text-align: justify;">Où va le monde ? Nous vivons une phase régressive de l’histoire, entraînés dans une course qui nous mène vers des périls croissants : crise économique, dégradation de la biosphère qui est notre milieu vital, prolifération des armes de destruction massive. Nous ne savons pas ce qui en sortira. Comment ne pas être effrayés ?</p>
<p style="text-align: justify;">La mort du totalitarisme communiste a provoqué le réveil du fanatisme religieux et libéré le capitalisme financier de toute contrainte. Les utopies mortes, qui pourra réveiller les énergies ? Encore que ce ne soit pas pour autant, comme on le répète, la fin des idéologies. Nous vivons dans celle d’une humanité simplifiée, sans le moindre degré de complexité, avec d’un côté les bons et de l’autre les mauvais ; à laquelle s’ajoute celle d’une société sans risque, obsédée par une sécurité absolue, dans laquelle les principes de précaution puis d’exclusion s’appliquent à tout ce qui peut représenter un danger.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, le défi de la globalisation est justement un défi de la complexité, dont seule la prise en compte pourrait aider à trouver la voie de sortie de la crise planétaire actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">L’état de rupture où nous sommes crée l’incertitude sur ce que sera le monde de demain. Il nous faut chercher les indices de ce « monde nouveau » en construction, imprévisible, qui stopperait la course à l’abîme : la vitalité de ce l&#8217;on appelle la société civile, dont la créativité est porteuse d&#8217;avenir, toutes ces initiatives qui s’ignorent et peuvent devenir une force si elles réussissent à converger, la conscience écologique, le sujet porteur de droits… L&#8217;inattendu n’est-il pas en train de surgir aujourd’hui de ce monde arabe méprisé par l&#8217;Occident, qui semble se rebeller contre la loi de l&#8217;argent tout puissant ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le genre humain n&#8217;est peut-être pas prêt à accepter indéfiniment une injustice qui le nie.</p>
<p style="text-align: right;">Lucienne Gouguenheim</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/bulletin-dabonnement0021.pdf">bulletin d&#8217;abonnement</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Laïcité et citoyenneté : une chance pour les religions</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/02/16/laicite-et-citoyennete-une-chance-pour-les-religions/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Feb 2011 20:25:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour accéder au programme : Cedec programme Pour accéder à la fiche d&#8217;inscription : Cedec inscription]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cedec0011.jpeg"><img class="size-medium wp-image-3774 aligncenter" title="Cedec001" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cedec0011-257x300.jpg" alt="" width="257" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: left;"><span id="more-3768"></span>Pour accéder au programme : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cedec-programme.pdf">Cedec programme</a></p>
<p style="text-align: left;">Pour accéder à la fiche d&#8217;inscription : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cedec-inscription.pdf">Cedec inscription</a></p>
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		<item>
		<title>Changer notre regard sur le monde&#8230; pour mieux nous en nourrir</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/01/26/changer-notre-regard-sur-le-monde-pour-mieux-nous-en-nourrir/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Jan 2011 09:49:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le cadre de la fondation TerrEthique, le Président du Conseil de l&#8217;Organisation des Nations Unies pour l&#8217;Alimentation et l&#8217;Agriculture (FAO) organise un colloque intitulé : « Changer notre regard sur le monde&#8230; pour mieux nous en nourrir ». Il réunira des témoins privilégiés de l’évolution des enjeux agricoles et alimentaires ou des questions qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre de la <a href="http://www.terrethique.org" target="_blank"><strong>fondation TerrEthique</strong></a>, le Président du Conseil de l&#8217;Organisation des Nations Unies pour l&#8217;Alimentation et l&#8217;Agriculture (FAO) organise un colloque intitulé : « <strong>Changer notre regard sur le monde&#8230; pour mieux nous en nourrir</strong> ».</p>
<p>Il réunira des témoins privilégiés de l’évolution des enjeux agricoles et alimentaires ou des questions qui y sont liées : Jean-Baptiste de Foucauld, Dominique Nora, Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi, Jean-Michel Severino, avec la<strong> participation exceptionnelle d’Olivier de Schutter, Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation</strong>.</p>
<p><strong>Lieu</strong> : salle Alexandre Bonjean, Groupama, au 8-10 rue d&#8217;Astorg à Paris 8e. <strong>Horaire</strong> : de 14h à 18h, suivi d&#8217;un cocktail. <strong>Inscription</strong> : le nombre de places étant limité, merci de vous inscrire au plus vite par courriel à <a href="mailto:mb@terrethique.org" target="_blank">mb@terrethique.org</a> ou par téléphone au 01 72 15 13 99. <a title="Pour accéder" href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Programme-ColloqueTerrEthique-2011-2.pdf" target="_blank">Pour accéder au programme du colloque, cliquez ici.</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Des cartes postales contre les paradis fiscaux</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/10/11/des-cartes-postales-contre-les-paradis-fiscaux/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Oct 2010 13:39:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Le CCFD lance une campagne : Envoyez des cartes postales à vos amis sur aidonslargent.org …ainsi nous donnerons du courage à nos hommes politiques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/banniere_aidons1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3213" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/banniere_aidons1.jpg" alt="" width="482" height="102" /></a></p>
<p>Le CCFD lance une campagne :</p>
<p><strong>Envoyez des cartes postales à vos amis sur</strong><strong><br />
<a href="http://partenia2000.over-blog.com/ext/http://www.ccfd.info/Go/index.cfm?WL=324&amp;WS=143767_5800575&amp;WT=B5721FF3-9851-4F80-A1BC-E0468BBAFD90&amp;WD=83" target="_blank">aidonslargent.org</a><br />
…ainsi nous donnerons du courage à nos hommes politiques.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La revue Parvis et les &#8220;sans&#8221;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/09/20/la-revue-parvis-et-les-sans/</link>
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		<pubDate>Mon, 20 Sep 2010 13:27:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Le numéro 47 de la revue &#8220;Réseaux des Parvis&#8221; vient de sortir. Nous reproduisons ici l&#8217;éditorial. Le dossier consacré à ceux qu&#8217;on regroupe sous le terme de &#8220;sans&#8221; est destiné à nous faire réfléchir à nos engagements, en particulier dans la perspective du rassemblement de Lyon. Nous avons choisi ici l&#8217;article de Pascal Vincens, qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em><strong>Le numéro 47 de la revue &#8220;Réseaux des Parvis&#8221; vient de sortir. Nous reproduisons ici l&#8217;éditorial. Le dossier consacré à ceux qu&#8217;on regroupe sous le terme de &#8220;sans&#8221; est destiné à nous faire réfléchir à nos engagements, en particulier dans la perspective du rassemblement de Lyon. Nous avons choisi ici<em><strong> l&#8217;article de Pascal Vincens, qui est chargé de l&#8217;éducation au développement au CCFD-Terre solidaire</strong></em></strong></em></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>C&#8217;est aussi une appel à mieux connaître la revue, l&#8217;acheter, la lire, s&#8217;y abonner… Elle a besoin de vous.<span id="more-3107"></span><br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: center">
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Parvis-47001.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3108" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Parvis-47001-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><!--more-->EDITORIAL</strong></p>
<p style="text-align: justify">En parcourant le sommaire, vous avez pu voir que la rubrique <strong>L&#8217;événement </strong>n&#8217;y figure pas. Est-ce à dire qu&#8217;il ne se produit rien? Qu&#8217;aucun « événement» significatif n&#8217;est survenu ces derniers temps ? Bien au contraire. Entre autres, un événement durable, lancinant, tragique, qui nous atteint peut-être nombreux, qui touche beaucoup de nos concitoyens, difficile à cerner, difficile à confier quand on en souffre : <strong>le manque. </strong>Quel manque ? Le plus honteux, le plus trivial de tous, d&#8217;abord, le manque d&#8217;argent, lorsque les revenus baissent relativement, lorsque le chômage menace, lorsqu&#8217;on atteint la fin des droits, lorsque des indemnités qui aidaient à vivre sont supprimées, lorsque tous les handicaps se font encore plus lourds, lorsque la santé fait soudain défaut, lorsqu&#8217;on ne peut plus payer l&#8217;abonnement téléphonique, le gaz, l&#8217;électricité. Lorsqu&#8217;on ne peut plus vêtir ses enfants convenablement, leur épargner les affres de la pauvreté. Le manque de considération ensuite, le manque d&#8217;amour, lorsque tout file entre les doigts et qu&#8217;on perd l&#8217;estime de soi. Lorsqu&#8217;on se sent perdu, égaré. Inutile. L&#8217;essentiel de ce numéro sera donc consacré à ce mal qui nous ronge, qui ronge l&#8217;humanité, ici et ailleurs. Une humanité pour laquelle, justement, <em>le Fils de l&#8217;Homme </em>a donné sa vie, au nom du Dieu qu&#8217;il nous a dit être Amour! Une humanité très largement pauvre, voire en train de s&#8217;appauvrir &#8211; tandis que certains ont choisi le dieu <em>Argent </em>et tentent, ayant entre leurs mains tous les attributs du pouvoir, d&#8217;organiser le monde entier à leur solde &#8211; mais une humanité <strong>digne, </strong>qui connaît l&#8217;injustice dont elle est victime et qui se veut <strong>debout. </strong>Car tous ces gens de peu, ces gens d&#8217;en bas et de rien, qui sont réellement cette humanité, savent que l&#8217;attente n&#8217;est pas vaine, que l&#8217;Esprit a pris le nom d&#8217;Espérance, même si tous ne lui donnent pas le même nom. Ils savent aussi qu&#8217;il leur faudra sans doute beaucoup de courage et de ténacité pour que justice soit faite.</p>
<p style="text-align: justify">Fidèles de l&#8217;Évangile, nous savons que nous appartenons à ce monde de femmes et d&#8217;hommes du « commun », Nombreux sont ceux parmi nous qui se trouvent engagés, dans toute la diversité de nos Réseaux, dans toute la diversité de leurs participations à la vie de la Cité, dans ce combat pour que l&#8217;injustice flagrante, répandue en Europe, mais aussi bien sûr dans le reste du monde, soit corrigée.</p>
<p style="text-align: justify">Ce numéro paraissant peu de temps avant notre Rassemblement de Lyon (11 et 12 novembre), nous avons aussi étendu largement la rubrique Vie des Réseaux, de sorte que vous puissiez pénétrer plus avant dans le foisonnement que nous représentons. Il est le signe même du caractère non dogmatique du christianisme que nous appelons de nos vœux. Il est aussi la preuve qu&#8217;il existe parmi nous des forces qui sont non seulement prêtes à féconder l&#8217;Église de nouveauté, mais qui tiennent à porter témoignage que l&#8217;Évangile n&#8217;est pas neutre et qu&#8217;il nous appelle à mettre en actes la foi que nous proclamons.</p>
<p style="text-align: justify">Il y a place, dans les Réseaux, pour un engagement collectif clair, dans le sens que nous venons de lui donner, de tous les groupes qui en ressentiront la nécessité. Peut-être <em>le temps en est-il venu aussi &#8230;</em></p>
<p style="text-align: right"><em><strong>Didier Vanhoutte</strong></em></p>
<p style="text-align: right">
<p><strong>LA SOLIDARITE INTERNATIONALE COMME SORTIE DE CRISES</strong></p>
<p style="text-align: justify">« Ecologie, social, libertés : la solidarité internationale comme sortie de crises ». Tel était le titre de l’université d’été de la solidarité internationale organisée par le CRID (1). Rassemblant près de 1000 participants à Pessac, elle fut l’occasion de s’interroger sur la manière de construire un monde plus solidaire. Au CCFD-Terre Solidaire, nous tentons chaque jour de nous inscrire dans ce combat pour un monde nouveau. Au Sud nous soutenons la mise en œuvre de projet de développement portés par les populations locales elles-mêmes. En France, l’éducation au développement et le plaidoyer sont d’importants leviers d’action.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Un contexte mondial de crises </strong></p>
<p style="text-align: justify">Notre planète n’a jamais été aussi riche. Ses habitants, les Hommes, n’ont jamais disposé d’autant de ressources pour satisfaire leurs besoins fondamentaux. Et pourtant, les inégalités entre eux, entre peuples, entre communautés n’ont jamais été aussi criantes. Plus d’un milliard de personnes souffre de la faim sur notre planète. Plus d’un quart des enfants des pays en développement souffrent de retards de croissance. Deux milliards de personnes vivent encore avec moins de deux dollars par jour (2).</p>
<p style="text-align: justify">Si quelques progrès notables ont été accomplis, si les Etats de la planète se sont engagés, au sein de l’ONU en 2000, via les Objectifs du millénaire pour le développement à réduire les situations d’extrême pauvreté … la dernière crise financière est venue mettre à mal ces timides avancées.</p>
<p style="text-align: justify">Aujourd’hui ce n’est pas simplement à une crise financière que l’humanité doit fait face. Mais bel et bien à une conjonction de crises financière, sociale, écologique, politique … qui confirme si besoin était, que le capitalisme néolibéral, modèle de développement dominant ces dernières décennies, nous conduit dans le mur.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, en prenant conscience de la finitude de notre planète, de ses limites écologiques, l’Homme, pour la première fois de son existence, se trouve confronté à un défi nouveau : inventer d’autres manières de vivre ensemble et ce de manière durable.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Refuser l’inacceptable … pour changer le Monde</strong></p>
<p style="text-align: justify">Dans ce contexte morose, au CCFD-Terre Solidaire, nous continuons de croire que « le développement de l’Homme et de tous les Hommes » (3) est une nécessité urgente. Face aux dérives de ce monde qui conduisent l’Homme à l’échec, nous devons trouver la force de refuser l’inacceptable. Non, il n’est plus tolérable en 2010 de voir les Etats du monde trouver en quelques jours des centaines de milliards pour sauver les banques et afficher une volonté politique quasi nulle quand il s’agit de mettre un terme au scandale de la faim, de l’extrême pauvreté.</p>
<p style="text-align: justify">Pour que nos concitoyens soient en capacité de refus de l’inacceptable, nous croyons que l’Education au développement est un levier primordial.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>L’Education au développement (EAD), de quoi parle-t-on ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Alors qu’on l’interrogeait sur la manière de mieux appuyer le développement des populations brésiliennes, Dom Helder Camara eut cette réponse : « Si vous voulez que les choses changent chez nous, commencez par les changer chez vous ». Cette réponse nous dit déjà beaucoup sur la nécessité de construire au Nord comme au Sud, des sociétés civiles organisées pour faire face aux défis de notre époque. Elle nous invite à regarder le monde dans sa globalité à partir de nos réalités quotidiennes et locales. Elle nous invite à comprendre les mécanismes qui engendrent le non développement, la misère. Elle souligne qu’il n’y aura de changement qu’à partir d’une action au cœur de nos lieux de vie, en pesant localement sur des décisions qui ont un impact à l’autre bout de la planète. Et bien, l’Education au développement englobe toutes ces dimensions.</p>
<p style="text-align: justify">Ainsi peut-on définir l’EAD comme un acte éducatif, comme un acte politique au sens noble du terme dont la finalité est bel et bien la transformation sociale du monde. En cela, l’EAD se pose non plus comme un acte de sensibilisation visant à émouvoir nos concitoyens sur la situation de nos frères et sœurs à l’autre bout de la planète pour susciter au final leur générosité. Elle se pose alors comme un processus global dans lequel nous voulons impliquer les citoyens pour qu’ils deviennent des acteurs authentiques de la construction d’un monde nouveau.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>L’éducation au développement dit notre Espérance</strong></p>
<p style="text-align: justify">Croyants au Dieu de Jésus Christ, nous croyons que la vie est plus forte que la mort. En réponse à l’appel de Jésus Christ, par l’éducation au développement, nous voulons appeler à les hommes et les femmes de ce temps, à se lever et à devenir serviteur du développement de leurs frères et sœurs en humanité.</p>
<p style="text-align: justify">Fidèle à la pensée sociale de l’Eglise, nous voulons placer l’Homme au cœur du monde de demain, l’inventer avec lui convaincu que chacun porte en lui des richesses uniques à mettre au service de la Création.</p>
<p style="text-align: justify">Par l’EAD, nous disons donc au monde toute notre Espérance, notre soif de justice et de dignité pour tous les Hommes.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Saisir les opportunités </strong></p>
<p style="text-align: justify">Pour en revenir à la période de crises que nous évoquions précédemment, nul besoin d’être un grand devin pour affirmer qu’elle est appelé à durer et que les plus faibles, une nouvelle fois, en seront les premières victimes. Si ce moment de notre histoire présente des facettes bien déroutantes voire affolantes, il présente aussi des opportunités. Ce qui était interdit hier est aujourd’hui possible. A savoir la critique du modèle de développement dominant et la recherche d’alternatives. En cela, la dernière crise financière aura eu un effet bénéfique. La médiatisation des mécanismes de la finance internationale, en particulier du rôle et de la place des paradis fiscaux, a permis une prise de conscience. Ces mécanismes d’optimisation fiscale, méconnus hier, ont été intégrés comme un élément clé des crises que nous traverson, par nombre de citoyens. A tel point d’ailleurs, que les gouvernements des pays les plus riches ont été contraints d’inscrire la lutte contre ces paradis fiscaux à l’agenda politique international. Avec ces paradis fiscaux, nombre d’entreprises multinationales parviennent à échapper à l’impôt en localisant leurs bénéfices dans des lieux où ils seront faiblement ou pas du tout taxés. Au final, ce sont environ 125 milliards par an d’impôts qui échappent aux pays en voie de développement (4), privant les gouvernements des Etats du Sud de toute possibilité de lutter efficacement contre la misère.</p>
<p style="text-align: justify">Et ce n’est là qu’un exemple. On pourrait les multiplier à souhait. Un exemple qui prouve bel et bien que la bagarre dans laquelle nous sommes aujourd’hui n’est rien d’autre que celle qui déterminera le(s) modèle(s) de développement qui présideront demain aux destinés de la communauté humaine. L’enjeu est donc de taille et le moment historique. En complément, des enjeux d’EAD que j’évoquais précédemment, l’opportunité d’interpeller fortement nos dirigeants politiques et économiques nous est offerte : ils ne peuvent plus nier qu’il y a urgence à réformer les structures mêmes du monde voire à les refonder. Au CCFD-Terre Solidaire, nous avons pour habitude de mener des campagnes de plaidoyer. C&#8217;est-à-dire de faire valoir auprès de nos dirigeants nos exigences au nom du Bien commun. La prochaine d’entre elles sera une mobilisation forte autour des paradis fiscaux puisque, en 2011, le G20 se tiendra en France.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Nous changeons le monde </strong></p>
<p style="text-align: justify">Le CCFD-Terre Solidaire est largement impliqué dans le mouvement altermondialiste. « Un autre monde est possible » avons-nous l’habitude de proclamer. Autant cette formule donne de la perspective à nos actions, dit notre Espérance … autant elle pourrait laisser croire que nous sommes des utopistes qui attendraient patiemment et presque indéfiniment le jour où un nouveau monde voudrait bien advenir !</p>
<p style="text-align: justify">Dans la réalité, il n’en est rien. Quand nous soutenons le développement de l’agriculture familiale en Amérique Latine ou Afrique, quand nous permettons le développement d’activités d’économie solidaire en Asie … nous changeons d’ores et déjà le monde et ce de manière très concrète pour des dizaines de familles.</p>
<p style="text-align: justify">Quand des citoyens français investissent leur argent auprès de <em>Terre de Liens</em> pour le rachat de terres agricoles (5) qui seront mise à disposition de jeunes agriculteurs qui n’avaient jusqu’alors pas d’accès à la terre dans notre pays … nous changeons d’ores et déjà le monde en combattant le modèle de développement qui promeut la seule agriculture intensive comme modèle.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Dans notre engagement de militant de la solidarité internationale, nous ne saurions nous contenter d’une responsabilité limitée qui nous inviterait à dénoncer les ravages qui se produisent chaque jour sous nos yeux. Non, nous entendons exercer notre responsabilité de manière pleine et entière. Non comme un fardeau, une charge qui nous pousserait à la culpabilité. Mais comme une chance qui nous invite à saisir au cœur même de nos lieux de vie toutes les opportunités de reprendre du pouvoir sur les acteurs du modèle dominant en exigeant d’eux qu’ils repensent leurs manières d’agir. Acteurs de transformation du monde, nous voulons l’être à partir de nos territoires !</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right"><strong><em>Pascal Vincens</em></strong></p>
<p style="text-align: right"><strong><em>Directeur de l’Education au développement au CCFD-Terre Solidaire</em></strong></p>
<p style="text-align: right">
<p>(1)    Centre de recherche et d’information pour le développement, dont le CCFD-Terre Solidaire est membre (www.crid-asso.fr)</p>
<p>(2)    Sources : Action Mondiale contre la Pauvreté (www.omd2015.fr)</p>
<p>(3)    Populurom Progressio</p>
<p>(4)    www.argentsale.org</p>
<p>(5)    www.terredeliens.org</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/bulletin-dabonnement.pdf">bulletin d&#8217;abonnement</a></p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Parvis-470052.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-3114" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Parvis-470052.jpeg" alt="" width="550" height="190" /></a></p>
<p style="text-align: center">
<p style="text-align: justify">
]]></content:encoded>
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		<title>Le temps est venu de montrer l’actualité de l’Evangile pour le monde d’aujourd’hui</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 08:57:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[ Les Réseaux du Parvis vous invitent à un Rassemblement à Lyon les jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2010, suivi de l’Assemblée Générale de Parvis le samedi 13 Engagés dans le dynamisme de projets convergents sur le plan européen et au niveau international, nous nous rassemblons pour revivifier en nous les intuitions de l’Evangile et, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis2.png"><img class="size-full wp-image-2518 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis2.png" alt="" width="153" height="180" /></a></h1>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong></strong><strong>Les</strong> <strong>Réseaux du Parvis vous invitent à un Rassemblement à Lyon<br />
</strong><strong>les jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2010, </strong><strong>suivi de l’Assemblée Générale de Parvis le samedi 13<span id="more-2521"></span></strong></p>
<p style="text-align: left;">Engagés dans le dynamisme de projets convergents sur le plan européen et au niveau international, nous nous rassemblons pour <strong>revivifier</strong> en nous les intuitions de l’Evangile et, ainsi, éclairer notre parcours, pour <strong>tisser</strong> des liens et nous enrichir mutuellement, pour <strong>manifester</strong> notre détermination à <strong>construire</strong>, avec d&#8217;autres, un monde plus digne pour notre humanité. </p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le programme de ces deux jours comprendra :  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de conférences et de débats</span></strong> autour des thèmes suivants :  </p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L’évangile dans notre vie personnelle et communautaire pour aujourd’hui et demain avec Lytta Basset théologienne protestante et Gabriel Ringlet, théologien catholique.</li>
<li>Dans le monde d’aujourd’hui, quelle place pour Dieu ? avec Denis Pelletier, historien et Raphaël Picon, théologien protestant.</li>
<li>Une table ronde sur le thème : « Nos convictions et nos pratiques pour construire un monde plus juste et plus solidaire dans le respect de la Terre et des droits de l’Homme », avec la participation d’acteurs d’ATD Quart Monde, de la Cimade, de France Nature Environnement, de la JOC.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>  </p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de travail en petits groupes</span></strong> (‘<em>ateliers</em>’) qui auront deux objectifs :  </p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Elaborer un ‘<strong><em>Manifeste</em></strong>’ qui sera rédigé à partir des réflexions et des propositions des ateliers, et qui conduira à une proclamation finale.</li>
<li>Se retrouver autour de thèmes d’actualité (Société et Environnement, Eglise du 21<sup>è</sup> siècle ?, Evangile aujourd’hui, Spiritualités&#8230;).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de forum et des temps d’échanges libres</span></strong> dans des espaces d’expressions de nos associations et d’autres groupes présents.  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Un rassemblement hors les murs</span></strong> sur le Parvis de Fourvière pour proclamer le texte du ‘<strong><em>Manifeste</em></strong>’, le vendredi à partir de 18H30.  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cet événement aura lieu au « Domaine Lyon Saint Joseph » à Sainte Foy lès Lyon (à l’Ouest de Lyon, site Internet <a href="http://www.domaine-lyon-saint-joseph.fr">www.domaine-lyon-saint-joseph.fr</a> tel 04 78 59 22 35), où pourront être hébergés les premiers inscrits (d’autres lieux d’hébergements sont aussi prévus).  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez solliciter, sur la fiche d’inscription, une aide de la fédération « Réseau du Parvis » afin que personne ne soit empêché de venir pour une question financière.  </p>
<p><strong>INSCRIVEZ-VOUS RAPIDEMENT !!</strong> <strong> </strong>  </p>
<p><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Inscription-1.pdf">Inscription (1)</a></strong></p>
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		<title>Lettre ouverte aux évêques catholiques du monde, par Hans Küng</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/04/17/lettre-ouverte-aux-eveques-catholiques-du-monde-par-hans-kung/</link>
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		<pubDate>Sat, 17 Apr 2010 20:21:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Joseph Ratzinger, désormais Benoît XVI, et moi-même étions entre 1962 et 1965 les plus jeunes théologiens du concile Vatican II. Aujourd&#8217;hui, nous sommes les deux plus âgés et les seuls à être encore pleinement en activité. Mon œuvre, je l&#8217;ai toujours mise au service de l&#8217;Eglise. C&#8217;est pourquoi, en ce cinquième anniversaire de l&#8217;intronisation du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Joseph Ratzinger, désormais Benoît XVI, et moi-même étions entre 1962 et 1965 les plus jeunes théologiens du concile Vatican II. Aujourd&#8217;hui, nous sommes les deux plus âgés et les seuls à être encore pleinement en activité. Mon œuvre, je l&#8217;ai toujours mise au service de l&#8217;Eglise. C&#8217;est pourquoi, en ce cinquième anniversaire de l&#8217;intronisation du pape, je me tourne vers les évêques, par cette lettre ouverte, préoccupé que je suis par le souci que nous donne notre Eglise en proie à la plus profonde crise de crédibilité qu&#8217;elle ait connue depuis la Réforme. Je n&#8217;ai en effet pas d&#8217;autres moyens de les atteindre.<span id="more-2551"></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/HKung.jpg"><img class="size-full wp-image-2305  aligncenter" title="HKung" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/HKung.jpg" alt="" width="300" height="402" /></a></p>
<p>J&#8217;ai beaucoup admiré le pape Benoît pour m&#8217;avoir, moi son critique, invité à une conversation amicale de quatre heures lors de son entrée en fonctions. Cette rencontre qui a été saluée dans l&#8217;opinion publique, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire, avait éveillé en moi l&#8217;espoir que Joseph Ratzinger, mon ex-collègue de l&#8217;Université de Tübingen, finirait par trouver le chemin d&#8217;une rénovation de l&#8217;Eglise et d&#8217;un rapprochement œcuménique, dans l&#8217;esprit de Vatican II.</p>
<p>Cet espoir, comme celui de tant de catholiques engagés a, hélas, été déçu, ce que j&#8217;ai fait savoir au pape de diverses manières dans la correspondance que nous avons échangée depuis. Il a sans aucun doute rempli quotidiennement et consciencieusement les devoirs de sa charge et nous a également gratifiés de trois précieuses encycliques sur la foi, l&#8217;espérance et l&#8217;amour. Mais pour ce qui est des grands défis de notre temps, son pontificat se présente de plus en plus comme celui des occasions manquées et non des occasions saisies :</p>
<p>- Manqué le rapprochement avec les Eglises protestantes : il est vrai qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;Eglises au sens propre, et du coup, ni la reconnaissance de leurs hiérarchies ni un partage eucharistique ne sont possibles.</p>
<p>- Manqué l&#8217;accord durable avec les juifs : le pape a réintroduit une prière préconciliaire pour &#8220;que Dieu illumine le cœur des juifs et qu&#8217;ils connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes&#8221; ; il a réintégré dans l&#8217;Eglise des prélats schismatiques notoirement antisémites ; il pousse à la béatification de Pie XII et traite le judaïsme en simple racine du christianisme et non comme une communauté de croyance à part entière, qui suit sa propre voie vers le salut. Les juifs du monde ont, récemment encore, été scandalisés par les propos du prédicateur de la Maison pontificale, qui a comparé la critique envers le pape aux aspects les plus honteux de l&#8217;antisémitisme.</p>
<p>- Manqué le dialogue ouvert avec les musulmans : symptomatique a été le discours de Ratisbonne, dans lequel, mal conseillé, le pape a caricaturé l&#8217;islam en religion violente et inhumaine et a, par là, suscité une défiance nourrie de leur part.</p>
<p>- Manquée la réconciliation avec les peuples autochtones colonisés d&#8217;Amérique latine : le pape prétend avec le plus grand sérieux que ceux-ci auraient ardemment désiré adhérer à la religion de leurs conquérants.</p>
<p>- Manquée l&#8217;opportunité de venir en aide aux peuples africains dans leur lutte contre la surpopulation par la contraception et par l&#8217;autorisation des préservatifs pour lutter contre le sida.</p>
<p>- Manquée l&#8217;occasion de faire la paix avec la science moderne : par la reconnaissance sans équivoque de la théorie de l&#8217;évolution et par une tolérance nuancée pour les nouveaux domaines de recherche, par exemple sur les cellules-souches.</p>
<p>- Manquée enfin la chance de faire enfin de l&#8217;esprit de Vatican II la boussole de l&#8217;Eglise catholique et de faire avancer sa réforme.</p>
<p>Ce dernier point est particulièrement grave. Ce pape-là ne cesse de relativiser la portée des documents du concile et les interprète, dans un sens rétrograde opposé à l&#8217;inspiration de ses initiateurs. Il agit même ouvertement contre le concile œcuménique, lequel, selon le droit canon, constitue la plus haute autorité de l&#8217;Eglise catholique, ainsi :</p>
<p>- Il a réintégré sans conditions dans l&#8217;Eglise des évêques intégristes de la Fraternité Saint Pie X ordonnés illégalement, alors que ceux-ci rejettent le concile sur des points essentiels.</p>
<p>- Il encourage par tous les moyens le retour à la messe tridentine et célèbre à l&#8217;occasion lui-même l&#8217;eucharistie en latin, le dos tourné à l&#8217;assemblée.</p>
<p>- Il ne met pas en œuvre les recommandations officielles de l&#8217;Anglican Roman Catholic International Commission, qui dessinent le cadre du rapprochement avec l&#8217;Eglise d&#8217;Angleterre. En revanche, il cherche à débaucher le clergé anglican, quitte à renoncer à l&#8217;obligation du célibat pour attirer celui-ci dans le giron de l&#8217;Eglise catholique.</p>
<p>- En nommant à la tête de son administration des adversaires du concile (le secrétaire d&#8217;Etat, la Congrégation pour le culte divin) et des évêques réactionnaires dans le monde entier, il a renforcé la tendance anticonciliaire à l&#8217;intérieur même de l&#8217;Eglise.</p>
<p>Le pape Benoît XVI semble de plus en plus isolé de la grande majorité du peuple chrétien, qui, de son côté, se préoccupe de moins en moins de Rome et, dans le meilleur des cas, s&#8217;identifie aux communautés et aux évêques locaux.</p>
<p>Je sais que beaucoup d&#8217;évêques souffrent de cette situation : le pape est soutenu dans sa politique anticonciliaire par la Curie romaine. Il cherche à étouffer toute critique venue de l&#8217;épiscopat et de l&#8217;Eglise, il s&#8217;efforce de discréditer ses contradicteurs par tous les moyens. Via un nouvel étalage de manifestations médiatiques et baroques, on tente de démontrer qu&#8217;il existe encore à Rome une Eglise puissante gouvernée par un &#8221; vicaire du Christ &#8221; absolu qui a en mains tous les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La politique de restauration de Benoît XVI n&#8217;en est pas moins un échec. Toutes les mises en scène, les voyages et les documents produits par lui et ses prédécesseurs se sont révélés incapables d&#8217;orienter, dans le sens que voulait Rome, l&#8217;opinion de la plus grande partie des fidèles sur les questions controversées, en particulier sur celle de la morale sexuelle. Et même les rencontres de la jeunesse avec un pape auquel seuls des groupes traditionalistes ou charismatiques rendent visite, n&#8217;ont pu ni freiner les défections ni réveiller les vocations.</p>
<p>Mais ce sont bien les évêques, qui sont le plus à plaindre : des dizaines de milliers de prêtres se sont défroqués, depuis le concile, à cause de la règle du célibat. La génération montante dans le clergé séculier (mais aussi régulier) souffre d&#8217;une baisse drastique de niveau quantitatif et qualitatif. Le clergé actuel est partagé entre résignation et frustration, et le phénomène atteint désormais les couches les plus militantes. Beaucoup se sentent abandonnés à leur misère et souffrent de l&#8217;état de l&#8217;Eglise. On sait ce qui attend nombre de diocèses : des églises, séminaires, paroisses de plus en plus clairsemés. Dans plusieurs pays, à cause du manque de prêtres, les communautés sont, souvent contre leur gré, fusionnées en gigantesques &#8220;unités d&#8217;assistance spirituelle&#8221; où les quelques prêtres restant sont surchargés, simple simulacre de réforme…</p>
<p>Et voilà qu&#8217;à tous ces facteurs de crise s&#8217;ajoute désormais le scandale des abus sexuel dont des prêtres se sont rendus coupables sur des milliers d&#8217;enfants et d&#8217;adolescents, que ce soit aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne ou ailleurs – tout cela dans le silence d&#8217;une hiérarchie soumise à une crise de confiance sans précédent. Il est impossible de taire le fait que le système de camouflage mondialisé des cas de déviance sexuelle dus à des membres du clergé a été piloté par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, où ceux-ci étaient centralisés dans le plus grand secret, autrement dit par le cardinal Ratzinger (qui l&#8217;a dirigée de 1981 à 2005), et déjà sous Jean Paul II. Aussi tard que le 18 mai 2001, Ratzinger adressa solennellement une lettre aux évêques du monde sur les &#8220;délits les plus graves&#8221; (Epistula de delictis gravioribus). Les cas d&#8217;abus sexuel devaient être couverts par le Secretum pontificum, protégé par un arsenal de peines ecclésiastiques prévus en cas d&#8217;infraction. Il est donc tout à fait justifié que beaucoup réclament de l&#8217;ex-préfet et pape actuel un mea culpa personnalisé. Hélas, l&#8217;occasion fournie par la semaine sainte a été manquée. En lieu et place, nous avons eu droit, lors du dimanche de Pâques, à une protestation d&#8217;innocence &#8220;urbi et orbi&#8221; par le doyen des cardinaux.</p>
<p>Les effets de tous les scandales pour la réputation de l&#8217;Eglise catholique sont dévastateurs. C&#8217;est vrai aussi pour des dignitaires de haut rang. Sur d&#8217;innombrables pasteurs des âmes et éducateurs irréprochables qui se dépensent sans compter, pèse désormais un soupçon collectif. C&#8217;est aux évêques qu&#8217;il revient de poser la question de ce qui doit advenir de leurs diocèses et de notre Eglise et de ce à quoi elle va ressembler dans dix ans, compte tenu de la situation de la crise des vocations et de la pyramide des âge du clergé actuel. Ici, je ne souhaite pas ébaucher devant vous un programme de réforme ; j&#8217;ai déjà pratiqué plusieurs fois cet exercice avant et après le concile. Je voudrais seulement avancer six propositions dont je suis convaincu qu&#8217;elles recevraient le soutien de millions de catholiques qui n&#8217;ont actuellement pas voix au chapitre :</p>
<p>1) En finir avec la loi du silence : en choisissant le silence, les évêques se rendent complices de dérives bien graves et nombreuses. Or là où ceux-ci tiennent les règlements, dispositions et mesures en vigueur pour contre-productives, mieux vaut dire publiquement les choses. Pas d&#8217;adresses de dévouement à Rome, mais des exigences de réforme !</p>
<p>2) Prendre les réformes en main : ils sont nombreux dans l&#8217;Eglise et dans l&#8217;épiscopat à se plaindre de Rome sans rien faire eux-mêmes. Mais quand on en arrive à une situation où le service divin est déserté, le pastorat dépourvu de moyen, quand on s&#8217;ouvre de moins en moins à la misère du monde, et que le rapprochement œcuménique est réduit à sa plus simple expression, il est trop facile de mettre tout sur le dos de Rome. Evêque, prêtre ou laïc, que chacun dans sa sphère d&#8217;influence, grande ou petite, apporte sa pierre à la revitalisation de l&#8217;Eglise. Bien des accomplissements dans les paroisses et dans l&#8217;ensemble de l&#8217;Eglise sont mis en branle à l&#8217;initiative d&#8217;individus ou de petits groupes. En tant que tels, les évêques doivent soutenir et encourager de telles initiatives et, particulièrement en ce moment, répondre aux plaintes justifiées des croyants.</p>
<p>3) Aller de l&#8217;avant collégialement : le concile, après de vifs débats et en dépit de l&#8217;opposition constante de la Curie, a décrété la collégialité du pape et des évêques, décision qui allait dans le sens de l&#8217;histoire apostolique, où Pierre ne faisait rien sans consulter le Collège des apôtres. Mais les papes et la Curie ont, dans la période post-conciliaire, fait fi cette décision essentielle du concile. Depuis que Paul VI, deux ans à peine après Vaticant II, et sans consultation de l&#8217;épiscopat, a publié une encyclique en faveur de la règle controversée du célibat, l&#8217;administration et la politique pontificale se sont remises à fonctionner sur le mode le moins collégial qui soit. Jusqu&#8217;à présent, en matière de liturgie, le pape agit en monarque absolu, et les évêques dont il aime à s&#8217;entourer sont comme des figurants, sans droit ni voix. Voilà pourquoi ceux-ci ne doivent pas seulement réagir au niveau individuel, mais entreprendre des actions en commun avec les autres prélats, prêtres, et tout le peuple qui constitue l&#8217;Eglise, hommes et femmes confondus.</p>
<p>4) La soumission totale n&#8217;est due qu&#8217;à Dieu seul : lors de leur intronisation, les évêques font vœu d&#8217;obéissance absolue au pape. Mais une obéissance totale n&#8217;est jamais due à une autorité humaine, mais à Dieu seul. Ces vœux ne doivent donc pas interdire de dire la vérité sur la crise que traverse l&#8217;Eglise, les diocèses, les territoires. Les évêques ne feront que suivre l&#8217;exemple de l&#8217;apôtre Paul qui résista à Pierre &#8220;en face, parce qu&#8217;il s&#8217;était donné tort&#8221; (Galates 2, 11) ! Une pression sur la hiérarchie romaine exercée dans un esprit fraternel et chrétien peut s&#8217;avérer légitime, dès lors que cette hiérarchie s&#8217;écarte de l&#8217;esprit évangélique et de sa mission. La liturgie en langue vernaculaire, la modification du droit des mariages interreligieux, l&#8217;affirmation de la tolérance, de la démocratie, des droits de l&#8217;homme, de l&#8217;œcuménisme et tant d&#8217;autres choses ne seront acquises qu&#8217;au prix d&#8217;une pression opiniâtre de la base.</p>
<p>5) Résoudre les problèmes au niveau local : au Vatican, on se bouche souvent les oreilles devant les demandes justifiées de l&#8217;épiscopat, de la prêtrise et du laïcat. C&#8217;est une raison de plus pour mettre en pratique intelligemment des solutions régionales ou locales aux problèmes qui se posent. Un de ceux-là, particulièrement sensible, est celui du célibat, qui, justement dans le contexte des scandales d&#8217;abus sexuels, vient tout naturellement à l&#8217;ordre du jour un peu partout. Changer les choses contre la volonté de Rome semble presque impossible. On n&#8217;en est pas condamné pour autant à la passivité : un prêtre qui après mûre réflexion pense se marier ne devrait pas ipso facto être déchu de son ministère, surtout si son évêque et sa paroisse sont avec lui. Peut-être quelques conférences épiscopales pourraient-elles prendre les devants au niveau régional. Mais rien ne vaut une solution globale. C&#8217;est pourquoi :</p>
<p>6) Il faut exiger un concile : de même qu&#8217;il a fallu convoquer un concile pour réformer la liturgie et promouvoir la tolérance, l&#8217;œcuménisme et le dialogue interreligieux, de même le caractère désormais urgent du problème de la réforme en requiert un autre.</p>
<p>Le concile de Constance, un siècle avant la Réforme, s&#8217;était prononcé pour une convocation quinquennale des conciles, ce que la Curie romaine s&#8217;est empressé de mettre sous le boisseau. Nul doute que celle-ci fera aujourd&#8217;hui encore tout son possible pour empêcher un nouveau concile qui pourrait avoir pour effet de limiter son pouvoir. C&#8217;est donc la responsabilité des évêques d&#8217;en imposer la réunion, ou du moins de celle d&#8217;une assemblée épiscopale représentative.</p>
<p>Face à la crise que vit l&#8217;Eglise, j&#8217;adjure les évêques de mettre dans la balance le poids de leur autorité épiscopale réévaluée par le concile. Dans cette situation abyssale, les yeux du monde sont tournés vers eux. Un nombre inimaginable de gens ont perdu confiance en l&#8217;Eglise catholique. Seul un abord ouvert et franc des problèmes et des réformes que ceux-ci impliquent est en mesure de la restaurer. Je demande, avec tout le respect qui est dû aux évêques, qu&#8217;ils y contribuent, autant que possible en commun mais, si nécessaire, aussi seuls, &#8220;avec assurance&#8221; (Actes des apôtres 4, 29-31). Ainsi adresseront-il aux fidèles un signe d&#8217;espérance et d&#8217;encouragement, et à notre Eglise, une perspective de salut.</p>
<p><strong>Auteur : Hans Küng, théologien.<br />
Traduit de l&#8217;allemand par Nicolas Weill<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 17 avril 2010</strong></p>
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		<title>Communiqué de presse du Mouvement International Nous Sommes Eglise (IMWAC)</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/03/24/communique-de-presse-du-mouvement-international-nous-sommes-eglise-imwac/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 16:36:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Abus sexuels : plutôt que de rechercher des causes externes, l&#8217;Eglise devrait urgemment se pencher sur ses propres structures ! Rome / Madrid, 24 mars 2010 L&#8217;International Movement We Are Church (IMWAC) a souhaité réagir publiquement à certains aspects de la lettre pastorale du pape Benoît XVI à l&#8217;Eglise catholique d&#8217;Irlande. Le contenu de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Abus sexuels : plutôt que de rechercher des causes externes, l&#8217;Eglise devrait urgemment se pencher sur ses propres structures !<br />
Rome / Madrid, 24 mars 2010</strong></p>
<p>L&#8217;International Movement We Are Church (IMWAC) a souhaité réagir publiquement à certains aspects de la lettre pastorale du pape Benoît XVI à l&#8217;Eglise catholique d&#8217;Irlande.<span id="more-2395"></span></p>
<p><strong>Le contenu de la lettre</strong></p>
<p>&#8220;Plutôt que de rechercher des causes externes à ce problème extrêmement sérieux, l&#8217;Eglise devrait urgemment et profondément reconsidérer ses propres structures, sans préjugé ni peur. C&#8217;est sa crédibilité même qui est en question dans cette affaire&#8221;, a affirmé Raquel Mallavibarrena, Coordinatrice de l&#8217;International Movement We are Church en guise de première réponse à la lettre du pape à l&#8217;Eglise catholique d&#8217;irlande, signée par Benoît XVI le 19 mars 2010, et publiée le 20.</p>
<p>Il est déplorable que le pape ne soit pas prêt à reconnaître la responsabilité des structures ecclésiastiques dans &#8220;la dérangeante question de l&#8217;abus sexuel d&#8217;enfants (the disturbing issue of sexual abuse of children)&#8221;, et préfère imputer la faute à &#8220;un changement social très rapide (fast-paced social change)&#8221; ou à &#8220;des façons de penser et de considérer les réalités séculières (ways of thinking and assessment of secular realities)&#8221;. <strong>Quant au fait de mentionner une &#8220;lecture erronée&#8221; du concile Vatican II et son &#8220;programme de réforme&#8221; comme une des causes de cette affaire, c&#8217;est tout simplement scandaleux.</strong></p>
<p>Le pape accuse la société d&#8217;attendre trop des memebres du clergé, en termes ethiques ; ce qui néanmoins ne l&#8217;empêche pas de citer &#8221;le mystère de la prêtrise (the mystery of priesthood)&#8221; comme une vocation supérieure, invitant de fait à considérer les prêtres comme une espèce spéciale d&#8217;êtres humains.</p>
<p>Ce document pontifical adressé aux évêques irlandais ne satisfera pas les croyants, pas plus que les milliers de victimes qui exigent démissions et réforme structurelle. Il n&#8217;est pas suffisant de recommander comme &#8220;initiatives concrètes (concrete initiatives)&#8221; des exercices spirituels, en laissant de côté toute réforme de structure.</p>
<p><strong>Les mots du pape aux catholiques d&#8217;Irlande ne peuvent cacher le fait que le Vatican est également responsable.</strong> La lettre &#8221;De delictis gravioribus&#8221; signée le 18 mai 2001 par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congregation pour la Doctrine de la Foi (CDF), et par Tarcisio Bertone, secrétaire du même département, est particulièrement importante dans cette affaire, en ce qu&#8217;elle n&#8217;invite pas les évêques à dénoncer ces crimes aux autorités civiles. En effet, elle impose un secret pontifical (&#8220;secretum pontificium&#8221;) sur ces questions.</p>
<p>Les évêques et nonces ne faisaient donc que suivre des directives vaticanes, même si cela ne les excuse aucunement de n&#8217;avoir pas exercé leur vigilance pastorale. Le fait que tant de personnes aient suivi les directives vaticanes rend néanmoins le Vatican complice et responsable de la diddimilation des abus sexuels. Au regard de ces faits, le pape serait bien inspiré de solliciter le pardon de l&#8217;Eglise, afin de rendre possible un nouveau départ.</p>
<h3>Le chemin du pardon</h3>
<p>Face aux milliers de cas, en particulier en Irlande et aux Etats-Unis, il importe de se demander si le nombre de 3.000 accusations en 50 ans publié par un représentant de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) est plausible &#8212; <strong>CDF qui provoque un sentiment de malaise quand elle parle de &#8220;seulement&#8221; 300 cas de pédophilie &#8220;au sens strict&#8221;</strong> (défini comme jusqu&#8217;à 14 ans), les autres cas étant des accusations d&#8217; &#8220;attirance sexuelle pour des adolescents de même sexe&#8221;. Mais ne devraient-ils pas être condamnés aussi sérieusement que la pédophilie au sens strict ?</p>
<p><strong>La &#8220;politique de tolérance zéro&#8221; (zero-tolerance-policy), présente dans les déclarations antérieures et applicable aux Etats-Unis réclamée par le pape, n&#8217;est pas explicitement mentionnée dans la lettre</strong>. C&#8217;est pourtant celle-ci que les évêques de l&#8217;Eglise catholique sont moralement obligés de suivre.</p>
<p>Le mouvement de réforme catholique considère qu&#8217;une révision de l&#8217;enseignement de l&#8217;Eglise en matière de sexualité est essentielle. Elle doit inclure la question du célibat obligatoire dans l&#8217;Eglise latine, ce qui a d&#8217;ailleurs déjà été suggéré y compris par des évêques et des cardinaux. Même s&#8217;il n&#8217;existe pas de relation de causalité univoque entre célibat obligatoire et violence sexuelle, la loi du célibat obligatoire est une expression visible de l&#8217;hostilité d&#8217;une Eglise masculine contre la sexualité et les femmes. Le manque de de structures collégiales et démocratiques comme moyens de rendre les structures ecclésiales responsables devant les laïcs est aussi un problème qui devra être pris en compte. Quand les problèmes structurels seront reconnus et traités, alors et seulement alors l&#8217;Eglise deviendra crédible et pourra devenir un instrument de pardon et de réconciliation.</p>
<p>En cette saison de Carême, l&#8217;Eglise institutionnelle est appelée au repentir et à la réforme, afin que le Royaume de Dieu annoncé par Jésus de Nazareth soit rendu plus visible dans les structures de l&#8217;Eglise catholique romaine.</p>
<p>Contacts : </p>
<p>Autriche : Hans Peter Hurka +43-650-315 42 00 hans_peter.hurka@gmx.at</p>
<p>Belgique : Edith Kuropatwa-Fèvre +32-(0)-2-567-09-64 ekf.paves@happymany.net</p>
<p>Brésil : Irene Cacais +55-61 3223 4599 luisirenecacais@solar.com.br</p>
<p>Canada : Jean Trudeau +1-613)745-2170 trudeau.jean@videotron.ca</p>
<p>Catalogne : Francesc Bragulat somescat@somesglesia-cat.org</p>
<p>Chili : Enrique Orellana +56-696 4491 lapazesobradelajusticia@yahoo.com</p>
<p>Finlande : Giovanni Politi giovanni.politi@kolumbus.fi</p>
<p>France : Hubert Tournès +33-240119873 hubertournes@orange.fr</p>
<p>Allemagne : Christian Weisner +49-172-518 40 82 media@we-are-church.org</p>
<p>Hongrie : Dr. Marcell Mártonffy +36 1 2190621 martonffy@pantelweb.hu</p>
<p>Irlande : Helen McCarthy wearechurchireland@eircom.net</p>
<p>Italie : Vittorio Bellavite +39-02-70602370 vi.bel@IOL.IT</p>
<p>Pays-Bas : Henk Baars +31-20 6370221 hbaars@steknet.nl</p>
<p>Norvège : Aasmund Vik aasmund.vik@nationaltheatret.no</p>
<p>Pérou : Franz Wieser +51-1-4492716 fwieser@speedy.com.pe</p>
<p>Portugal : Maria Joao Sande Lemos +351.91 460 2336 mjoaosandel@gmail.com</p>
<p>Espagne : Raquel Mallavibarrena +34-649332654 rmallavi@mat.ucm.es</p>
<p>Suède : Krister Janzon krister.janzon@comhem.se</p>
<p>Suisse : Brigitte Durrer +41-819212725 bridu@gmx.ch</p>
<p>Royaume Uni : Martin Pendergast +44 (0)208 986 0807 martinjp@btinternet.com</p>
<p>Etats-Unis : Anthony T. Padovano + 973-539-8732 <a href="mailto:tpadovan@optonline.net">tpadovan@optonline.net</a></p>
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		<title>Un certain 11 octobre 1962 ou Vatican 2 dans mon itinéraire personnel, par Hugues Puel</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 10:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Mon père, né en 1907, fréquentait les camelots du roi et avait donc 19 ans au moment de la condamnation de l’Action française (1926). Je lui ai souvent entendu exprimer son amertume face à l’attitude de l’archevêque de Bordeaux, Mgr Andrieu, dans le déclenchement de cette affaire. L’idéologie familiale était marquée par les figures tutélaires [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon père, né en 1907, fréquentait les camelots du roi et avait donc 19 ans au moment de la condamnation de l’Action française (1926). Je lui ai souvent entendu exprimer son amertume face à l’attitude de l’archevêque de Bordeaux, Mgr Andrieu, dans le déclenchement de cette affaire. L’idéologie familiale était marquée par les figures tutélaires non seulement de Charles Maurras avec son conservatisme social, son royalisme et son antisémitisme, mais aussi de Saint Vincent de Paul<span id="more-2318"></span> avec sa foi, sa générosité et son sens des autres : mon grand-père paternel pratiquait les bonnes œuvres de la confrérie mise par Ozanam sous le patronage de Saint Vincent en visitant des familles pauvres du quartier. Ma mère, née en 1905, était l’aînée de dix enfants dont la propre mère mourut en 1919 de la grippe espagnole. A la mort de mon grand-père maternel qui ne s’était pas remarié, tous les enfants ayant été élevés dans un catholicisme très traditionnel, le domaine familial, où la surface de terre cultivable s’était réduite au cours des ans, fut vendu.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Vatican-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2319" title="Vatican 2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Vatican-2.jpg" alt="" width="300" height="375" /></a></p>
<p>Né en 1932 à Bordeaux, je fis mes études secondaires chez les jésuites de cette ville (Ecole Saint Joseph de Tivoli, 1940-1950). Lors de la retraite d’élection d’une durée d’une semaine qui clôturait la préparation du baccalauréat de philosophie dans cette institution ignatienne, l’idée de vocation religieuse fut considérée, mais je décidais de ne pas décider et d’entreprendre des études supérieures, selon le souhait de mon père. Pendant six ans, j’étudiais à l’Université de Bordeaux le droit, les sciences politiques et l’économie (1950-1956). En même temps, je participais avec passion avec un groupe de jeunes catholiques, artistes, employés, étudiants, à l’animation de plusieurs ciné-clubs, ce qui nous mettait en relation et en coopération ponctuelle avec des militants communistes qui menaient de leur côté le même travail de culture populaire. Nous découvrions les cinémas japonais, américain, soviétique. C’était le beau temps des ciné-clubs, où se préparait avec les <em>Cahiers du cinéma</em> la nouvelle vague, tandis que le groupe de presse Malesherbes sous influence dominicaine lançait <em>Radio-Cinéma-Télévision</em>, l’ancêtre de <em>Télérama</em>.  </p>
<p>En 1954, le pape Pie XII mit fin à l’aventure des prêtres-ouvriers. Il sacrifia sur l’autel de la géopolitique de la guerre froide l’expérience missionnaire la plus pertinente et la plus généreuse des douze années précédentes. Grâce à mes études, j’avais déjà pris quelques distances avec la foi traditionnelle de ma famille, mais celle-ci fut alors mise au défi : l’abandonner ou approfondir le message évangélique qu’elle annonçait, mais qu’elle trahissait dans ses actes. Mon intérêt se tourna vers les dominicains dont j’avais jusque là à peine remarqué l’existence, mais que les foudres romaines de Pie XII mirent pour moi en vive lumière <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn1">[1]</a>. En 1956, quand le moment fut venu de prendre un emploi dont les propositions étaient nombreuses en ces temps de forte croissance, la cristallisation de ma vocation religieuse se fit soudaine : je pris l’habit de l’Ordre des prêcheurs à Saint Maximin dans le Var (province de Toulouse) le 14 novembre 1956. J’avais de cet Ordre une vision aussi imprécise que celle suggérée par le dessin du Saint Dominique de Matisse <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p>Je ne donne pas ici d’autres détails biographiques <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn3">[3]</a>, sauf pour ce qui concerne directement Vatican 2. Ce projet de Concile avait été annoncé en janvier 1959 par le nouveau pape Jean XXIII et laissait nos professeurs dominicains du couvent de Toulouse pour le moins perplexes. De ce temps d’études, je retiens l’anecdote suivante : le jeudi 11 octobre 1962, tout le couvent des dominicains de Toulouse remplissait un vaste autocar pour passer la journée à Lourdes à l’occasion de l’ouverture du Concile. Dans le voyage du retour, le chauffeur alluma sa radio pour que nous puissions écouter les nouvelles. Le journaliste cita le passage du discours inaugural de Jean XXIII « <em>autre le dépôt de la foi, autre la manière de l’énoncer et les formes qu’il revêt au cours du temps</em> », texte que Benoît XVI considère comme relevant d’une herméneutique  de la continuité. A son écoute, mon professeur de dogme, assis sur le siège devant le mien fit un bond et s’écria « <em>ces journalistes disent n’importe quoi !</em> ». Pour lui, dans la distinction entre le dépôt et son énonciation, la rupture avec la tradition était évidente, comme en témoignait le cours de dogme qu’il nous infligeait. Au mépris de toute méthode historique et après avoir accumulé les citations de la Bible et de Denzinger <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn4">[4]</a> sorties de leur contexte, il nous distillait avec contention la « <em>vraie doctrine</em> », celle d’un Thomas d’Aquin s’exprimant dans le langage « formel » de l’Ecole. Il dévalorisait toute autre parole qui, affirmait-il, n’était qu’un parler humain ! « <em>Pour parler humainement</em> », répétait-il, pour s’excuser lorsqu’il s’était laissé allé à l’emploi d’une figure, d’un symbole, d’une image ou d’une comparaison ! Il définissait l’Eglise de façon « formelle » comme une société parfaite gouvernée par une hiérarchie sacrée. Le Concile quant à lui parla plutôt d’un peuple en marche « <em>qui tire son unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn5">[5]</a>. Le professeur d’exégèse de nouveau Testament, Raphaël Weijers, avait une autre théologie. En nous commentant longuement l’Epître aux Hébreux, il nous montrait que le Christ était le seul prêtre donnant naissance à un peuple sacerdotal offrant sa vie en sacrifice d’action de grâce. La rupture était totale avec les prêtres de l’Ancien Testament et les ministères étaient des services diversifiés et évolutifs dans le temps. Ordonné en 1962, au ministère presbytéral, je ne me suis jamais considéré comme un prêtre faisant partie d’une hiérarchie sacrée. J’avais pris le risque de m’engager dans l’aventure dominicaine et cette ordination faisait partie du paquet. Ma spiritualité n’était pas sacerdotale, elle était et elle demeure baptismale. Elle s’appuie sur la parole prophétique de l’Evangile et sur la foi des premières communautés chrétiennes dans le Christ ressuscité.</p>
<p>Passons du 11 octobre 1962 au gouvernement de l’Eglise par Benoît XVI dont plusieurs initiatives provoquent une crise de gouvernance,  qui n’est pas seulement le fruit de l’imagination éditoriale de quelques organes de presse. Je note les malaises épiscopaux révélés par un certain nombre de faits.</p>
<p>1 &#8211; La levée de l’excommunication des schismatiques refusant le Concile Vatican 2 à partir d’une démarche liée à une mission menée par le cardinal Dario Castrillon Hoyos à la demande du pape, mais sans consultation des épiscopats les plus concernés : les évêques allemands et français. La crise existait déjà avant les déclarations négationnistes de Williamson qui déchaînèrent les médias.</p>
<p>2 &#8211; La nomination d’un prêtre autrichien, Gerhard Maria Wagner, comme évêque auxiliaire de Linz (Haute-Autriche), contre l’avis de l’épiscopat autrichien et en violation de la procédure de la <em>terna </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn6">[6]</a>, ce qui déclencha la réaction respectueuse, mais sévère, signée de tous les évêques de ce pays rappelant au pape que la nomination des évêques doit se faire pour l’Eglise locale et non pas contre elle <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn7">[7]</a>. Cet événement très significatif a eu peu d’écho dans les médias français.</p>
<p>3 &#8211; L’épiscopat brésilien désavoue l’excommunication par l’archevêque de Recife &#8212; successeur de Dom Helder Camara et nommé par Jean-Paul II, Monseigneur Jose Cardoso Sobrinho &#8212; de la mère d’une fille de 9 ans enceinte de jumeaux dont un avortement évita la mort, acte pour lequel l’archevêque étendit aux médecin intervenants cette excommunication.  Plusieurs évêques français se dirent scandalisés par ce manque de compassion, tandis que le titulaire du dicastère <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn8">[8]</a> des évêques apporta son soutien à Sobrinho. On ne doit pas donc pas se scandaliser si le rapprochement est fait par la presse avec la loi du silence pratiquée longtemps par les évêques de différents pays sur les viols d’enfants par des membres du clergé.</p>
<p>4 &#8211; La déclaration des évêques allemands du 5 mars 2009, s’interrogeant sur les incertitudes du chemin actuel de l’Eglise mettant ainsi en cause son actuelle gouvernance. S’il y eut peu d’écho en France, il y en eut beaucoup en Allemagne.</p>
<p>5 &#8211; La déclaration d’Albert Rouet, archevêque de Poitiers « <em>à propos des événements récents qui ont marqué l’Eglise : levée des excommunications des quatre évêques intégristes, de l’excommunication à Recife, des propos sur le sida</em> ». Cette déclaration en appelle à un autre positionnement de notre Eglise dans le monde car « <em>toute parole qui vient d’en haut, qui n’est pas engagée dans un dialogue, après avoir écouté et entendu l’autre, ne peut plus être une parole crédible… Notre monde n’écoute que ce qui est prononcé à hauteur de visage d’homme</em> ». Cette réaction, la plus remarquable, ne fut pas unique. D’autres réactions critiques se firent jour ça et là, mais dominèrent le silence et la gêne d’un épiscopat français très divisé.</p>
<p>6 &#8211; De cette division, on a eu le témoignage en novembre 2009, lorsque le président de l’assemblée plénière de la conférence des évêques de France a renoncé à mettre au vote  le rapport de l’évêque d’Angoulême, Claude Dagens, intitulé « Indifférence religieuse, visibilité de l’Eglise et évangélisation » et qui prolongeait une déclaration précédente sur la foi comme libre proposition au peuple.</p>
<p>Cette crise de gouvernance n’est pas une imagination de la presse, mais procède de la mauvaise réception du Concile Vatican 2 par le siège romain. L’Eglise se définit comme peuple en marche, comme ouverture au monde en solidarité avec les espoirs et les souffrances de l’humanité<a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn9"> [9]</a> et en appelle à l’autonomie responsable tant des autorités politiques que des baptisés. Mais l’Eglise romaine qui n’honore pas la nature épiscopale de l’Eglise et maintient son système de gouvernement centralisé, ignore le principe de subsidiarité qu’elle recommande aux sociétés séculières, nie l’autonomie des couples en répondant négativement à la question soulevée par <em>Humanae Vitae</em> de savoir si « <em>la finalité de la procréation dans le mariage concerne l’ensemble de la vie conjugale et non chacun de ses actes</em> » (§3), en imposant une distinction incompréhensible entre une contraception naturelle et artificielle, tandis qu’une partie de l’épiscopat catholique aux Etats-Unis se transforme en véritable lobby <em>pro-life</em>. <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn10">[10]</a></p>
<p>Cette crise de gouvernance a sa source dans l’attitude confuse de Benoît XVI face au Concile Vatican 2. Une analyse du discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005 en apporte la preuve. En effet, quelques mois après son élection comme évêque de Rome, sous le nom de Benoît XVI, Joseph Ratzinger prononça un discours principalement consacré à la réception de Vatican 2. Il s’efforce de répondre à la question : pourquoi la réception du Concile s’est déroulée de manière aussi difficile, puis s’interroge sur les difficultés du dialogue entre l’Eglise et la modernité.</p>
<p>Après avoir salué l’anniversaire des 40 ans de la fin du Concile, il voit dans la cause des difficultés une question d’herméneutique, c’est-à-dire de juste interprétation, de juste lecture et de juste application. Or il dénonce une fausse herméneutique définie comme « <em>herméneutique de la discontinuité et de la rupture</em> » qui, selon lui, a la faveur des médias et d’une partie de la théologie moderne, alors qu’il y faut « <em>une herméneutique de la réforme</em> », c’est-à-dire du renouveau dans la continuité de « <em>l’unique sujet-Eglise</em> ». L’herméneutique de la rupture est critiquée car, d’une part, elle oppose l’Eglise préconciliaire et l’Eglise postconciliaire, alors que, pour lui, c’est la continuité de l’unique sujet-Eglise qui doit être considérée et on ne doit pas en appeler des textes du Concile à l’esprit du Concile pour regarder l’avenir. Elle passe sous silence le fait que le sujet-Eglise est de nature eschatologique et que le personnel ministériel au service de l’Eglise vit dans le temps et doit s’ouvrir, comme le recommandait Jean XXIII,  aux signes des temps.</p>
<p>Comme exemple d’herméneutique de la continuité, Benoît XVI cite le discours d’ouverture du Concile par Jean XXIII le 11 octobre 1962 sur la transmission de la doctrine : « <em>Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et respectée d’une manière qui corresponde aux exigences de notre temps. En effet une chose est le dépôt de la foi, c’est-à-dire les vérités contenues dans notre vénérable doctrine, et une autre chose est la manière de les énoncer, en leur conservant cependant le même sens et la même portée. </em>» Cette synthèse  exemplaire de la fidélité et du dynamisme lui semble cependant si délicate que le pape entreprend une réflexion sur le difficile dialogue entre l’Eglise et la modernité.</p>
<p>Le pape se réfère alors au discours de conclusion du concile par Paul VI qui pourrait justifier une herméneutique de la discontinuité dans la mesure où le Concile Vatican 2 s’était centré sur les questions d’anthropologie et les rapports entre l’Eglise et l’homme d’aujourd’hui. Il évoque Galilée, Kant, la Révolution française, le libéralisme radical, les sciences naturelles. Il voit les rapprochements possibles à travers la doctrine sociale catholique qui se situe dans l’entre-deux du libéralisme radical et de la théorie marxiste de l’Etat. Et surtout il considère dans les nouvelles positions épistémologiques tant des sciences naturelles que des sciences historiques que d’autres rapprochements sont possibles : « <em>Dans tous ces secteurs […] pouvait apparaître quelque forme de discontinuité et que, en un certain sens, une discontinuité s’était de fait manifestée dans laquelle cependant, une fois faites les diverses distinctions entre les situations concrètes historiques et leurs exigences, il apparaissait que la continuité des principes n’était pas abandonnée : un fait qui échappe facilement à une première perception. Et c’est justement dans cet ensemble de continuité et de discontinuité, à des niveaux divers, que consiste la nature de la vraie réforme</em> ». <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn11">[11]</a></p>
<p>Ce n’est pas lumineux et je ne prolonge pas la lecture des paragraphes de cette prose lourde, alambiquée et faussement subtile grâce à laquelle le pape en arrive à justifier la liberté religieuse reconnue par le Concile Vatican 2 en 1965, alors que Pie IX l’avait anathématisée en 1864. Mais pour affirmer la continuité, Benoît XVI doit la faire remonter au témoignage de Jésus lui-même et à celui de l’Eglise des martyrs, en sautant discrètement sur les formes diverses des mélanges théologico-politiques depuis l’empereur Constantin et la longue histoire de l’Eglise catholique, jusqu’à Pie XII (le nazisme et la guerre froide) et Jean-Paul II (le Rêve de Compostelle <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn12">[12]</a>), en passant par la théorie des deux glaives et les luttes entre la Papauté et l’Empire. La distinction des deux herméneutiques ne vaut pas grand-chose. </p>
<p>Pour le père Congar, mais en un tout autre sens, le discours de Jean XXIII pour l’ouverture du Concile le 11 octobre 1962 était une vraie rupture, mais une rupture encore à faire. Sortant d’un procès du Saint Office pour ses positions théologiques, procès dont il n’avait connu ni le chef d’accusation, ni le nom de ses juges, ni le verdict final, il assiste à l’ouverture du Concile qui lui parait révéler le visage constantinien de l’Eglise de Rome et note dans son journal au 11 octobre 1962 ses sentiments : « <em>Je vois le poids non dénoncé de l’époque où l’Eglise était seigneurisante, où elle avait un pouvoir temporel, où les papes et les évêques étaient des seigneurs, qui avaient une cour, protégeaient les artistes, prétendaient à une pompe égale à celle des Césars. Cela l’Eglise ne l’a jamais répudié à Rome. La sortie de l’ère constantinienne n’a jamais été son programme. Le pauvre Pie IX, qui n’a rien compris au mouvement de l’histoire, qui a enfoncé le catholicisme français dans une stérile attitude d’opposition, de conservatisme, d’esprit de restauration a été appelé par Dieu à entendre la leçon des événements, ces maîtres qu’il nous donne de sa main, et à sortir l’Eglise de la misérable logique de la « Donation de Constantin » </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn13"><em>[13]</em></a><em>, de la convertir à un évangélisme qui lui eut permis d’être moins <span style="text-decoration: underline;">du</span> monde et plus <span style="text-decoration: underline;">au</span> monde. Il a fait juste le contraire. Homme catastrophique qui ne savait ni ce qu’était l’ecclesia ni ce qu’était la tradition… Et Pie IX </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn14"><em>[14]</em></a><em> règne encore. Boniface VIII </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn15"><em>[15]</em></a><em> règne encore. On l’a surimposé à Simon Pierre, l’humble pêcheur d’hommes !</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn16">[16]</a>.</p>
<p>Revenons du 11 octobre 1962 à aujourd’hui. Benoît XVI est-il sorti de l’ère constantinienne ? Les Etats pontificaux se limitent désormais à une quarantaine d’hectares, mais disposent d’un Institut des oeuvres de religion, l’IOR, véritable banque du pape, qui gère les milliards issus de «<em> la donation de Mussolini</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn17">[17]</a> et dont les ressources sont précieuses pour limiter la liberté de parole d’évêques dont les diocèses sont loin de s’autofinancer <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn18">[18]</a>. La gouvernance de l’Eglise n’applique pas le principe de subsidiarité. Les synodes romains ne traitent pas des questions débattues dans l’Eglise, en cherchant l’expression collective d’épiscopats organisés et non seulement celle particulière de tel ou tel prélat. En bloquant tout débat sur l’ordination de <em>viri probati</em> <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn19">[19]</a> à la présidence de l’Eucharistie, l’Eglise romaine décourage des chrétiens de la participation à ce sacrement central et manque à l’obligation de fournir des ministres à leur communauté. En conséquence se développe la pratique des eucharisties sauvages dont témoigne la prise de position favorable à leur égard de dominicains néerlandais, face à la carence romaine. Dans <em>Le rêve</em> <em>de Jérusalem </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn20">[20]</a>, le cardinal Martini, qui était <em>papabile</em> au dernier conclave, a évoqué cette nécessité de faire du synode romain un véritable organe de réflexion collective et de décision.</p>
<p>Pour sortir de l’ère constantinienne,  le pape pourrait inviter au débat sur une infaillibilité qui se trompe d’objet, car elle n’est pas d’abord celle du pape, mais celle de l’Eglise. Je crois à l’infaillibilité de l’Eglise qui me transmet avec sûreté le message évangélique recueilli par les premières communautés chrétiennes. Quant à l’infaillibilité personnelle du pape, je l’affecte d’un très fort coefficient de relativité, dont les composantes sont les suivantes. La question n’émerge qu’au dix-neuvième siècle après des décennies de débats complexes issus du jansénisme et de la question de savoir si le pape est exempt d’inerrance non seulement sur la substance de la doctrine, mais aussi sur l’interprétation incontestable du texte lui-même <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn21">[21]</a>. Proclamée en 1870, l’infaillibilité pontificale est contemporaine de la perte des Etats pontificaux. Comment ne pas l’interpréter comme une affirmation d’autorité compensatrice de l’autorité temporelle perdue ? De plus ce « dogme » n’a été utilisé qu’une fois en 1950 pour la proclamation de l’Assomption de Marie, vieille croyance populaire partagée par de nombreuses communautés chrétiennes tant en Occident qu’en Orient. Son utilité pastorale a été jusqu’ici totalement nulle. Elle est même négative, car elle fait croire à un pape infaillible et donc tout puissant qui défigure l’image pétrinienne du serviteur.</p>
<p>Il n’y a pas besoin d’un nouveau Concile pour sortir vraiment de l’ère constantinienne. Il suffit d’un comportement du siège romain qui s’inspire de la lettre et de l’esprit du Concile Vatican 2. Des nominations épiscopales, non seulement indépendantes des pouvoirs politiques, mais procédant d’une consultation plus large que la procédure complètement secrète de la <em>terna</em>. L’acceptation du débat dans l’Eglise sur les problèmes qui se posent et que nombre de synodes diocésains a exprimé.</p>
<p>On peut avoir une autre vision et penser que, avec plus d’un milliard de baptisés, l’Eglise catholique est un monde d’une extraordinaire complexité et diversité. Sans doute la barque de Pierre est-elle menée « à la gaffe » (Duchêne), mais le  message est prêché vaille que vaille, et comme la conscience de chacun est respectée tant qu’il n’est ni théologien, ni divorcé remarié, on doit accepter le poids de l’histoire et la variété des situations. Je comprends ce point de vue, mais ne le partage pas. Je ne me résigne pas à ce que l’aide apportée aux personnes et aux familles par des ministres dévoués de l’Eglise catholique soit handicapée par un discours romain devenu inaudible en matière d’éthique familiale. Je ne me résigne pas à l’exercice d’un pouvoir qui soit insensible à la promesse démocratique qui vit au coeur des sociétés humaines. Je revendique ma liberté évangélique de critique pour confronter le message et les pratiques des institutions ecclésiales. Je sais que la liberté évangélique est aussi une responsabilité et je connais mes limites et mes fragilités.</p>
<p>Mon témoignage est donc là pour ouvrir un débat. Mais je ne peux l’achever sans dire mon bonheur d’être chrétien et catholique. Je suis immensément reconnaissant à mon Eglise de m’avoir transmis la foi à travers ma famille, de m’avoir offert les mots pour prier (le notre Père, les psaumes, le Nouveau Testament), de m’avoir à travers l’Ordre dominicain initié à l’extraordinaire littérature chrétienne d’ordre mystique, historique et surtout théologique avec son remarquable travail de la raison au cœur de la foi. Pour tout cela ma reconnaissance est infinie. La rencontre avec Dieu se fait dans le dialogue, avec les mots pour le dire qui nous conduisent au silence, avec les symboles sacramentels qui rythment notre pèlerinage vers le Dieu vivant par le Christ dans l’Esprit, au cœur des communautés chrétiennes dans leur diversité.</p>
<p><strong>Auteur : Hugues Puel<br />
Source : intervention à l&#8217;Agora Tête d&#8217;Or (Lyon) le 6 mars 2010, restituée ici avec la permission de l&#8217;auteur.</strong></p>
<hr size="1" /><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref1">[1]</a> F. LEPRIEUR, <em>Quand Rome condamne</em>, « Terre entière », Paris,  Plon/Cerf, 1989.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref2">[2]</a> Sur les murs de la chapelle de Vence en Provence.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref3">[3]</a> On en trouvera dans mon livre <em>Economie et Humanisme dans le mouvement de la modernité</em>, Paris, Editions du Cerf, 2004. Par ailleurs, j’ai évoqué mon itinéraire dans l’Ordre dominicain dans un entretien avec Jacques-François Vergonjeanne pour <em>Prêcheurs, Bulletin de liaison de</em> <em>la province de France,</em> n°110 de septembre 2007.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref4">[4]</a> Un ouvrage procédant d’une sélection très orientée de textes issus des Conciles et des textes papaux.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref5">[5]</a> <em>Lumen Gentium,</em>  §4.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref6">[6]</a> Les trois noms sélectionnés selon une procédure secrète menée par le nonce apostolique auprès de l’épiscopat du pays concerné et entre lesquels le pape <span style="text-decoration: underline;">doit</span> choisir le candidat finalement retenu.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref7">[7]</a> <em>Documentation catholique</em> du 15 mars 2009.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref8">[8]</a> Dicastère est le nom des ministères dans le gouvernement de la Curie romaine de l’évêque de Rome.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref9">[9]</a> §1 de <em>Gaudium et Spes</em>,</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref10">[10]</a> Sur cette histoire, C. GREMION et H. TOUZARD, <em>L’Eglise et la contraception : l’urgence d’un changement</em>, Paris, Bayard, 2006 et M. SEVEGRAND, <em>L’affaire humanae Vitae, l’Eglise catholique et la contraception</em>, Paris L’Harmattan, 2008.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref11">[11]</a> Texte complet dans <em>Documentation catholique</em>, 15 janvier 2006.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref12">[12]</a> <em>Le rêve de Compostelle : vers le restauration d’une Europe chrétienne ?, </em>Paris, Le Ceturion, 1989.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref13">[13]</a> Le plus célèbre faux de l’histoire, ce document instaurait le pape comme chef d’Etat avec un domaine de la taille de la Lombardie au cours des huitième et neuvième siècles, P. SIMONNOT, <em>Les papes</em>, <em>l’Eglise</em> <em>et l’argent</em>, <em>Histoire économique du christianisme des origines à nos jours</em>, Paris, Bayard, 2005, chapitre 8 « le pape, chef d’Etat ».</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref14">[14]</a> 1792-1878.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref15">[15]</a> 1235-1303.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref16">[16]</a> Y. Congar, <em>Mon journal du Concile,</em> 11 octobre 1962, cité par Andrea Riccardi, <em>Histoire du Concile Vatican 2</em>, tome 2,  Le Cerf, 1998,  p.32-33. </p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref17">[17]</a> Les accords du Latran désignés ainsi par Philippe Simonnot.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref18">[18]</a> Banque du pape, l’IOR (Institut des œuvres de religions) dispose actuellement d’un capital d’environ 5 milliards d’Euros, selon <em>La Croix</em> du 4 mars 2010.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref19">[19]</a> La question de l’ordination d’hommes mariés pour présidée l’Eucharistie, à laquelle une grande partie du peuple chrétien serait favorable, pratique qui existe déjà dans les Eglises orientales rattachées à Rome.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref20">[20]</a> Desclée de Brouwer, 2009.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref21">[21]</a> J.F. CHIRON, <em>L’infaillibilité et son objet</em>, Le Cerf, 1999.</p>
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		<title>L&#8217;enseignement de l&#8217;islam au lycée alimente une nouvelle polémique</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 16:33:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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		<description><![CDATA[Moins de trois mois après la bronca des professeurs d&#8217;histoire, offusqués de voir leur discipline devenir optionnelle en terminale S, les historiens reprennent le chemin des blogs et des pétitions pour alerter l&#8217;opinion publique et dénoncer une dérive &#8220;européano-centriste&#8221;. Objet de leur ire, le projet de nouveau programme d&#8217;histoire pour la classe de seconde, qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Moins de trois mois après la bronca des professeurs d&#8217;histoire, offusqués de voir leur discipline devenir optionnelle en terminale S, les historiens reprennent le chemin des blogs et des pétitions pour alerter l&#8217;opinion publique et dénoncer une dérive &#8220;européano-centriste&#8221;.</p>
<p>Objet de leur ire, le projet de nouveau programme d&#8217;histoire pour la classe de seconde, qui ferait la part belle à l&#8217;Occident chrétien, au détriment de l&#8217;étude de la civilisation musulmane.<span id="more-2205"></span></p>
<p>Indices fournis : l&#8217;enseignement intitulé &#8220;La Méditerranée au XIIe siècle : carrefour de trois civilisations&#8221;, qui aborde &#8220;les espaces de l&#8217;Occident chrétien, de l&#8217;Empire byzantin et du monde musulman&#8221; devrait être remplacé à la rentrée prochaine par un nouveau thème, &#8220;La civilisation rurale dans l&#8217;Occident chrétien médiéval, du IXe siècle au XIIIe siècle&#8221;.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Islam.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-2206" title="Islam" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Islam.gif" alt="" width="420" height="378" /></a></p>
<p>Certes, une partie de ce nouveau programme abordera l&#8217;histoire de &#8220;Constantinople à Istanbul : un carrefour de civilisations&#8221;. Mais pour le secrétaire général de l&#8217;Association des professeurs d&#8217;histoire géographie (APHG), Hubert Tison, il s&#8217;agit d&#8217;&#8221;une fausse compensation. Elle permet de parler de la prise de la ville par l&#8217;Empire ottoman, mais pas de couvrir les contacts entre l&#8217;Occident chrétien, Bysance et le monde musulman&#8221;.</p>
<p>L&#8217;APHG va prochainement demander au ministère de modifier l&#8217;intitulé du nouveau programme &#8220;afin de permettre de traiter des contacts entre l&#8217;Occident chrétien et le monde islamique&#8221;.</p>
<p>Hubert Tison, qui ne comprend pas les raisons de ce changement, se demande si le projet &#8220;vise à rétablir le christianisme ou à évacuer la contestation quand on parle de l&#8217;islam dans certains lycées&#8221;.</p>
<p>Au ministère, on répond qu&#8217;&#8221;il s&#8217;agit d&#8217;un projet de programme en consultation jusqu&#8217;au 12 mars&#8221; et l&#8217;on assure qu&#8217;&#8221;il sera tenu compte des remarques qui remonteront&#8221;.</p>
<h3>&#8220;TROP RAPIDEMENT RÉFLÉCHI&#8221;</h3>
<p>Sur le fond, on ajoute que &#8220;dans les anciens programmes, le thème de la Méditerranée au XIIe siècle était facultatif, alors que, dans les prochains, l&#8217;étude de &#8220;Constantinople à Istanbul : un carrefour de civilisations&#8221; est obligatoire. De plus, il y a des ouvertures sur l&#8217;étude de Pékin et sur la capitale aztèque de Tenochtitlan, actuelle Mexico&#8221;.</p>
<p>Doyen des inspecteurs généraux d&#8217;histoire (IG), Laurent Wirth estime que l&#8217;on fait au ministère &#8220;un mauvais procès, à moins de considérer que l&#8217;islam ottoman ne fait pas partie de l&#8217;islam&#8221;.</p>
<p>Quant au fait de critiquer un projet qui serait &#8220;européano-centriste&#8221;, l&#8217;inspecteur s&#8217;offusque et &#8220;demande si maintenant le mot européen est devenu une insulte&#8221; ?</p>
<p>Pas de quoi convaincre Dominique Borne, président du conseil de l&#8217;Institut européen en sciences des religions (IESR). Pour lui, cette façon de botter en touche &#8220;n&#8217;est pas raisonnable. Pékin ou Tenochtitlan en une heure, ce n&#8217;est pas de l&#8217;&#8221;ouverture&#8221;, c&#8217;est juste de l&#8217;affichage&#8221;.</p>
<p>L&#8217;IESR a d&#8217;ailleurs écrit, mercredi 17 février, au ministre de l&#8217;éducation nationale pour que &#8220;ce programme, trop rapidement réfléchi, soit profondément revu dans son orientation d&#8217;ensemble&#8221;.</p>
<p>Ancien doyen des IG d&#8217;histoire, Dominique Borne connaît bien les programmes actuels pour les avoir rédigés. &#8220;Ça ne me gêne pas qu&#8217;on les change, assure-t-il. Ce qui me choque, c&#8217;est que le religieux ait pratiquement disparu, sauf à être réduit à sa dimension exclusivement rurale, latine, catholique et médiévale. Si on décompose l&#8217;emploi du temps, cela fera environ une heure pour Byzance !&#8221;</p>
<p>Pour lui, le risque c&#8217;est qu&#8217;&#8221;on ne traite pas du religieux sérieusement, comme des autres disciplines&#8221;, et que cela fait émerger &#8220;des revendications en faveur d&#8217;un enseignement religieux spécifique&#8221;.</p>
<p><strong>Auteur : Marc Dupuis<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 21.02.10</strong></p>
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		<title>Le « Pacte des catacombes »</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 16:55:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Textes libérateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 16 novembre 1965, peu avant la clôture de Vatican II, une quarantaine d’évêques, dont les noms ne sont pas connus, se réunirent dans la Catacombe de St Domitilla et signèrent un pacte concernant la richesse, les pompes et les cérémonies dans l’Eglise catholique. Le 7 décembre 1965, la veille de la clôture officielle du Concile [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span><em>Le 16 novembre 1965, peu avant la clôture de Vatican II, une quarantaine d’évêques, dont les noms ne sont pas connus, se réunirent dans la Catacombe de St Domitilla et signèrent un pacte concernant la richesse, les pompes et les cérémonies dans l’Eglise catholique. <span style="font-style: normal"><em>Le 7 décembre 1965, la veille de la clôture officielle du Concile Vatican II, ils diffusèrent parmi leurs confrères, ce qu&#8217;ils appellèrent le « Schéma XIV », allusion aux 13 « schémas » préparatoires<span id="more-1992"></span> des grands textes, lignes directrices que la Curie avait distribuées aux « Pères conciliaires » avant les Assemblées délibératives. </em></span></em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center"><span><em><span style="font-style: normal"><em><img class="size-full wp-image-1997 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/rome_domitilla-17-32-34.jpg" alt="rome_domitilla-17-32-34" width="309" height="438" /><br />
</em></span></em></span></p>
<p style="text-align: justify">Nous, évêques réunis au Concile Vatican ; ayant été éclairés sur les déficiences de notre vie de pauvreté selon l&#8217;Evangile ; encouragés les uns par les autres, dans une démarche où chacun de nous voudrait éviter la singularité et la présomption ; unis à tous nos frères dans l&#8217;Episcopat ; comptant surtout sur la force et la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, sur la prière des fidèles et des prêtres de nos diocèses respectifs ; nous plaçant par la pensée et la prière, devant la Trinité, devant l&#8217;Eglise du Christ, devant les prêtres et les fidèles de nos diocèses, dans l&#8217;humilité et la conscience de notre faiblesse mais aussi avec toute la détermination et la force dont Dieu veut bien nous donner la grâce, nous nous engageons à ce qui suit :</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">1)  Nous essayerons de vivre selon le mode ordinaire de notre population en ce qui concerne l&#8217;habitation, la nourriture, les moyens de locomotion et tout ce qui s&#8217;ensuit.</p>
<p style="text-align: justify">2)  Nous renonçons pour toujours à l&#8217;apparence et à la réalité de richesse spécialement dans les habits (étoffes riches et couleurs voyantes), les insignes en matière précieuse : ces insignes doivent être en effet évangéliques.</p>
<p style="text-align: justify">3)  Nous ne posséderons ni immeubles, ni meubles ni comptes en banque, etc., en notre propre nom ; et s&#8217;il faut posséder, nous mettrons tout au nom du diocèse, ou des œuvres sociales ou caritatives.</p>
<p style="text-align: justify">4)  Nous confierons, chaque fois qu&#8217;il est possible, la gestion financière er matérielle, dans nos diocèses, à un comité de laïcs compétents et conscients de leur rôle apostolique, en vue d&#8217;être moins des administrateurs que des pasteurs et apôtres.</p>
<p style="text-align: justify">5) Nous refusons d&#8217;être appelés oralement ou par écrit des noms et des titres signifiant la grandeur et la puissance (Eminence, Excellence, Monseigneur). Nous préférons être appelés du nom évangélique de Père.</p>
<p style="text-align: justify">6)  Nous éviterons dans notre comportement, nos relations sociales, ce qui peut sembler donner des privilèges, des priorités ou même une préférence quelconque aux riches et aux puissants (ex. : banquets offerts ou acceptés, classes dans les services religieux).</p>
<p style="text-align: justify">6)  Nous éviterons d&#8217;encourager ou de flatter la vanité de quiconque en vue de récompenser ou de solliciter les dons, ou pour toute autre raison. Nous inviterons nos fidèles à considérer leurs dons comme une participation normale au culte, à l&#8217;apostolat et à l&#8217;action sociale.</p>
<p style="text-align: justify">7)   Nous donnerons tout ce qui est nécessaire de notre temps, réflexion, cœur, moyens, etc., au service apostolique et pastoral des personnes et des groupes laborieux et économiquement faibles et sous-développés, sans que cela nuise aux autres personnes et groupes du diocèse. Nous soutiendrons les laïcs, religieux, diacres ou prêtres que le Seigneur appelle à évangéliser les pauvres et les ouvriers en partageant la vie ouvrière et le travail.</p>
<p style="text-align: justify">9)   Conscients des exigences de la justice et de la charité et de leurs rapports mutuels, nous essayerons de transformer les œuvres de « bienfaisance » en œuvres sociales basées sur la charité et la justice qui tiennent compte de tous et de toutes les exigences, comme un humble service des organismes publics compétents.</p>
<p style="text-align: justify">10)   Nous mettrons tout en œuvre pour que les responsables de notre gouvernement et de nos services publics décident et mettent en application les lois, les structures et les institutions sociales nécessaires à la justice, à l&#8217;égalité et au développement harmonisé et total de tout l&#8217;homme chez tous les hommes et par là l&#8217;avènement d&#8217;un autre ordre social, nouveau, digne des fils de l&#8217;homme et des fils de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify">11)   La collégialité des évêques trouvant sa plus évangélique réalisation dans la prise en charge commune des masses humaines en état de misère physique, culturelle et morale &#8211; les 2/3 de l&#8217;humanité- nous nous engageons :</p>
<p style="text-align: justify">- à participer, selon nos moyens, aux investissements urgents des épiscopats des nations pauvres ;</p>
<p style="text-align: justify">- à acquérir ensemble, au plan des organismes internationaux mais en témoignant de l&#8217;Evangile, comme</p>
<p style="text-align: justify">le pape Paul VI à l&#8217;O.N.U., la mise en place de structures économiques  et culturelles qui ne fabriquent plus de nations prolétaires dans un monde de plus en plus riche, mais qui permettent aux masses pauvres de sortir de leur misère.</p>
<p style="text-align: justify">12)   Nous nous engageons à partager dans la charité pastorale notre vie avec nos frères dans le Christ, prêtres, religieux et laïcs pour que notre ministère soit un vrai service ; ainsi :</p>
<p style="text-align: justify">- nous nous efforcerons de « réviser notre vie » avec eux ;</p>
<p style="text-align: justify">- nous susciterons des collaborateurs pour être davantage des animateurs selon l&#8217;Esprit, que des chefs</p>
<p style="text-align: justify">selon le monde ;</p>
<p style="text-align: justify">- nous chercherons à être plus humainement présents, accueillants ;</p>
<p style="text-align: justify">- nous nous montrerons ouverts à tous, quelle que soit leur religion ;</p>
<p style="text-align: justify">13)  Revenus dans nos diocèses respectifs, nous ferons connaître à nos diocésains notre résolution, les priant de nous aider de leur compréhension, leur concours et leurs prières.</p>
<p style="text-align: justify">Que Dieu nous aide à être fidèles.</p>
<p style="text-align: left">Source : Informations catholiques internationales, 1<sup>er</sup> janvier 1966</p>
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		<title>La pensée magique, par Hervé Kempf</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 17:26:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>

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		<description><![CDATA[Bien sûr, il n&#8217;y a rien à voir entre nous, Occidentaux éclairés du XXIe siècle, et les misérables peuplades qui vouaient un culte au cargo ou attachaient des pouvoirs surnaturels aux esprits de la forêt. Non, nous sommes rationnels, libres, conscients, irréductibles à toute trace de pensée magique. La pensée magique ? L&#8217;idée que face [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bien sûr, il n&#8217;y a rien à voir entre nous, Occidentaux éclairés du XXIe siècle, et les misérables peuplades qui vouaient un culte au cargo ou attachaient des pouvoirs surnaturels aux esprits de la forêt. Non, nous sommes rationnels, libres, conscients, irréductibles à toute trace de pensée magique. La pensée magique ? L&#8217;idée que face à une situation inextricable, des forces mystérieuses vont intervenir, si on sait les solliciter avec les égards appropriés, et résoudre le casse-tête.<span id="more-1433"></span></p>
<p>Oh, une auto électrique ! Elle est propre, elle est belle, elle ne pollue pas, elle arrive. Et hop ! Nous voilà débarrassés de ce satané problème de la voiture à pétrole qui émet plein de CO2. Ah, merci, merci, Technologie, merci Puissance miraculeuse de la Recherche et Développement, merci Ingénieurs et Chercheurs, prêtres du monde parfait, merci Capitalistes désintéressés, merci Industrie automobile au service de l&#8217;humanité !</p>
<p>Je caricature ? Non. Dans le capitalisme finissant, la technologie est une pensée magique, destinée à évacuer les questions délicates que génèrent les formes des relations sociales dans cette phase de l&#8217;histoire. Car l&#8217;auto, autant qu&#8217;objet technique, est un usage social.</p>
<p>Point central du dossier de l&#8217;auto électrique : d&#8217;où vient l&#8217;électricité ? Dans le monde, majoritairement de la combustion du charbon.</p>
<p>Si bien que l&#8217;absence de l&#8217;émission de CO2 par la voiture est compensée par l&#8217;émission de CO2 lors de la production d&#8217;électricité. Et d&#8217;ici à ce que les renouvelables soient à un niveau suffisant pour prendre le relais, de l&#8217;eau aura coulé sous les ponts. L&#8217;énergie nucléaire ? Pensée magique. Alignez les milliards d&#8217;euros et placez sous le tapis déchets nucléaires et risques d&#8217;accidents.</p>
<p>Autre point : la fabrication des autos et de leurs composants (notamment les batteries au lithium) a un impact environnemental majeur. Il faut opérer le bilan total de l&#8217;objet, de la production à la disparition. Une analyse dite du &#8220;cycle de vie&#8221; singulièrement absente des débats.</p>
<p>Mais l&#8217;enjeu est au fond ailleurs. D&#8217;accord, bien sûr, pour améliorer les techniques. Mais tout progrès sera annulé si on laisse augmenter le parc automobile. The Economist écrit ainsi sans s&#8217;émouvoir que &#8220;dans les prochaines quarante années, le nombre total d&#8217;autos dans le monde devrait quadrupler pour atteindre 3 milliards de véhicules&#8221;. Accepter cette idée, c&#8217;est se garantir l&#8217;aggravation de la crise écologique dans ses pires manifestations.</p>
<p>Il nous faut sortir de la pensée magique, arrêter de croire que la technologie tranchera les choix que nous ne voulons pas faire. La question de l&#8217;auto se pose en fait ainsi : comment allons-nous faire pour diviser par deux le parc automobile des pays développés ?</p>
<p>Passer en France, par exemple, de 37 millions de véhicules à 18 millions d&#8217;ici quarante ans ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/herve-kempf.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1434" title="herve-kempf" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/herve-kempf-300x200.jpg" alt="herve-kempf" width="300" height="200" /></a></p>
<p><strong>Auteur : Hervé Kempf (<a href="mailto:kempf@lemonde.fr">kempf@lemonde.fr</a>)<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 19.09.2009</strong></p>
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		<title>&#8220;Une Eglise en attente de débats&#8221;, par Elodie Maurot</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2009 08:40:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis le début de cette année 2009, les crises successives qui ont traversé l&#8217;Église catholique ont occasionné de nombreuses réactions, de multiples courriers et courriels, des discussions sur le parvis des églises&#8230; Ces prises de parole, instinctives autant que raisonnées, amènent à poser la question de la place du débat dans la vie de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de cette année 2009, les crises successives qui ont traversé l&#8217;Église catholique ont occasionné de nombreuses réactions, de multiples courriers et courriels, des discussions sur le parvis des églises&#8230; Ces prises de parole, instinctives autant que raisonnées, amènent à poser la question de la place du débat dans la vie de la communauté chrétienne. « <em>Aujourd&#8217;hui, il faut bien reconnaître que le débat est un peu atone</em> », répond le P. Paul Valadier.<span id="more-1094"></span> </p>
<p>Ce jésuite, philosophe au Centre Sèvres (Paris), se réjouit, du coup, de l&#8217;élan provoqué par les récentes difficultés. Un constat de fond que confirme le P. Frédéric Louzeau, président de la faculté Notre-Dame à Paris : « <em>Les débats de l&#8217;après-Concile n&#8217;ont pas trouvé de solution de fond. Si, aujourd&#8217;hui, les questions ne sont pas posées, ce n&#8217;est pas parce que les problèmes n&#8217;existeraient plus, mais parce que nous n&#8217;avons plus la force de les régler</em>. »</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/06/people.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1096" title="people" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/06/people.jpg" alt="people" width="300" height="277" /></a></p>
<p>Les difficultés éprouvées par l&#8217;Église devant le débat ne datent pas d&#8217;hier. Sans doute l&#8217;ecclésiologie très hiérarchique développée tout au long du XIXe siècle, en réaction défensive à la démocratisation des sociétés européennes, a laissé des traces tenaces. Malgré l&#8217;expérience profonde de dialogue réalisée à Vatican II et sa vision du Peuple de Dieu, l&#8217;opposition entre « Église enseignante » et « Église enseignée » ne s&#8217;efface que lentement.</p>
<h3>&#8220;On considérait qu&#8217;il n&#8217;y avait dans l&#8217;Église rien à inventer&#8221;</h3>
<p>« <em>Comme évêque</em>, témoigne Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d&#8217;Amiens, <em>j&#8217;ai souffert de ne pas avoir pu vivre une Église suffisamment disposée au débat, à la recherche, à l&#8217;écoute réciproque, à l&#8217;invention pour faire vivre l&#8217;Évangile aujourd&#8217;hui. Cela tient au fait que, jusqu&#8217;à encore récemment, on considérait qu&#8217;il n&#8217;y avait dans l&#8217;Église rien à inventer, mais seulement des choses à mieux faire comprendre, à mieux expliquer</em>. »</p>
<p>Parmi les difficultés plus récentes : une moindre visibilité des intellectuels catholiques, la diminution des écoles de théologie et des associations chrétiennes. Le départ silencieux de fidèles à partir des années 1970 apporte sa part d&#8217;explication. « <em>Beaucoup de ceux qui animaient le débat dans l&#8217;Église sont partis</em> », rappelle l&#8217;historien Denis Pelletier. Dans un mouvement inverse, les nominations épiscopales n&#8217;ont pas toujours promu des pasteurs très à l&#8217;aise dans le débat. « <em>Cela peut devenir douloureux, quand un évêque estime ne pas avoir besoin de débat dans son diocèse</em> », confie un vicaire épiscopal.</p>
<p>« <em>Les problèmes de réorganisation de l&#8217;Église sont tellement lourds qu&#8217;ils absorbent toutes les énergies</em>, note le P. Frédéric Louzeau. <em>Peu de lieux peuvent donner du temps, des personnes pour faire le travail du théologien, comme nous cherchons à le faire à la faculté Notre-Dame. Cela suppose des choix difficiles</em>. » La pâte humaine et les résistances psychologiques ont bien sûr aussi leur part. « <em>La projection d&#8217;une image maternelle absolue, vis-à-vis de l&#8217;Église, peut entraîner un rapport de soumission qui empêche une appropriation de la filiation</em>, souligne Jean-François Noël, prêtre et psychanalyste. <em>L&#8217;Église devient alors une figure intrusive où il n&#8217;y a pas de place pour penser, pour être soi-même</em>. »</p>
<h3>&#8220;La crise actuelle touche la question de l&#8217;appartenance au catholicisme&#8221;</h3>
<p style="text-align: left;">Pourtant, les sujets ne manquent pas au sein de la communauté catholique. « <em>Le débat qui occupe le plus les esprits est lié à la question des ministères, à la question du respect de la &#8220;citoyenneté ecclésiale&#8221; du laïc</em> », estime le P. Bernard Sesboüé, théologien au Centre Sèvres. Sur la place des laïcs dans l&#8217;Église, la conversion doctrinale s&#8217;est faite à Vatican II, explique-t-il, mais elle n&#8217;est pas complètement passée dans les faits : « <em>Le respect de la responsabilité chrétienne du laïc, au nom même de son baptême, n&#8217;est pas acquis</em>. »</p>
<p>Ces dernières semaines, les débats sur l&#8217;intégrisme, puis la morale (excommunications de Recife) ont amené beaucoup de catholiques à s&#8217;interroger sur leur identité même. « <em>La crise actuelle touche la question de l&#8217;appartenance au catholicisme, et l&#8217;affrontement entre catholiques a lieu sur les critères qui permettent de définir cette appartenance</em> », analyse Denis Pelletier.</p>
<p>Si l&#8217;envie de débats se manifeste, la conjoncture ecclésiale garde sa météo propre, redoutant parfois les « perturbations » que provoque tout débat. « <em>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;Église vit dans une ambiance de normalisation</em>, analyse le P. Sesboüé. <em>C&#8217;est un peu lié aux excès de langage ou d&#8217;interprétation qui ont pu avoir lieu après Vatican II. Du coup, nous vivons une période où poser certains problèmes semble incongru</em>. » Parmi ceux-ci, la crise de renouvellement du corps presbytéral, une crise « <em>manifeste et gravissime</em> » pour le théologien.</p>
<h3>Le débat avance doucement</h3>
<p>Pourtant, le sujet n&#8217;a pu être discuté lors de la visite de Benoît XVI aux évêques à Lourdes, en septembre dernier. « <em>Aucun évêque n&#8217;a eu la possibilité de remettre le problème du renouvellement du corps presbytéral entre les mains du pape,</em> déplore le jésuite<em>. Alors même que les évêques sont paniqués devant la perspective qu&#8217;il n&#8217;y aura, dans quelques années, que très peu de prêtres actifs dans certains petits diocèses, et que le maillage paroissial s&#8217;effondre en de nombreux endroits. On aurait pu imaginer que le pape reparte à Rome en emportant avec lui cette question&#8230;</em> »</p>
<p>En dépit des difficultés, hésitations ou résistances, le débat avance doucement, comme le montre l&#8217;expérience des synodes et des conseils paroissiaux, presbytéraux ou diocésains. « <em>Aucun groupe n&#8217;est humain s&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;échanges de paroles. Une famille où l&#8217;on ne se parle pas est une famille morte </em>», résume le P. Valadier. « <em>L&#8217;Église n&#8217;est pas une société d&#8217;autorité, mais une société où l&#8217;adhésion est centrale</em>, relève le dominicain Jean-Paul Durand, professeur de droit canonique à l&#8217;Institut catholique de Paris. <em>Si l&#8217;adhésion n&#8217;est pas cultivée, comment les gens peuvent-ils rester chrétiens ?</em> »</p>
<p>Comment, aussi, accompagner alors ceux pour qui le dialogue reste accessoire, voire incongru ? « <em>Le débat dans l&#8217;Église n&#8217;est pas quelque chose de superficiel ou de social. Il engage des liens au Christ vers le Père dans l&#8217;Esprit Saint</em> », répond le P. Durand, rappelant qu&#8217;il existe un « <em>régime du débat</em> » dans l&#8217;Église catholique, « <em>même s&#8217;il est largement ignoré</em> ». « <em>Le droit canonique indique que c&#8217;est un droit, un devoir et même une obligation pour tout fidèle de faire connaître à son évêque et aux autres chrétiens son &#8220;opinion&#8221;</em> », précise-t-il.</p>
<h3>&#8220;L&#8217;Église n&#8217;est pas une démocratie &#8220;</h3>
<p>« <em>Il ne faut pas avoir peur de poser des questions. Mais il faut les poser de manière raisonnable et raisonnée,</em> conclut Bernard Sesboüé<em>. Ce qui a fait beaucoup de tort à la conception du débat dans l&#8217;Église, c&#8217;est qu&#8217;on l&#8217;a parfois présenté au nom d&#8217;une conception immédiatement démocratique de l&#8217;Église. Or, l&#8217;Église n&#8217;est pas une démocratie &#8211; pas plus qu&#8217;une monarchie -, mais il y a en elle des éléments de responsabilité démocratique. N&#8217;oublions pas que c&#8217;est l&#8217;unanimité des fidèles qui est dépositaire de l&#8217;infaillibilité de l&#8217;Église</em>. »</p>
<p>Pour Mgr Noyer, c&#8217;est l&#8217;Évangile lui-même qui invite au débat : « <em>Le Christ n&#8217;a pas donné un texte, une loi, une institution,</em> souligne l&#8217;ancien évêque d&#8217;Amiens.<em> Il a donné son Esprit &#8211; et pas à une personne, mais à l&#8217;Église tout entière -, sous la forme de langues, comme pour nous inviter à dire les choses, à les dire ensemble à travers un échange qui s&#8217;enrichit des expériences de tous.</em> »</p>
<p><em><strong>Auteur : Elodie MAUROT<br />
Source : La Croix, édition du 29 mai 2009</strong></em></p>
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		<title>Témoignage Chrétien a besoin de nous</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 11:09:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
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		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;hebdomadaire Témoignage chrétien, dit TC, est une nouvelle fois confronté à la question de sa survie. Cette échéance s&#8217;inscrit dans l&#8217;histoire mouvementée de la presse d&#8217;opinion, depuis qu&#8217;en cette année 1941, des chrétiens entrés en résistance fondèrent Les Cahiers clandestins de Témoignage chrétien. Dans le numéro de cette semaine, Hubert Debbasch, le président-directeur général, en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;hebdomadaire <em><strong>Témoignage chrétien</strong></em>, dit TC, est une nouvelle fois confronté à la question de sa survie. Cette échéance s&#8217;inscrit dans l&#8217;histoire mouvementée de la presse d&#8217;opinion, depuis qu&#8217;en cette année 1941, des chrétiens entrés en résistance fondèrent <em>Les Cahiers clandestins de Témoignage chrétien</em>.</p>
<p>Dans le numéro de cette semaine, Hubert Debbasch, le président-directeur général, en poste depuis octobre 2008, signe un appel de détresse<span id="more-694"></span>, sans équivoque : «<em>Témoignage chrétien va-t-il mourir ?</em> ». Au regard des chiffres, expliquet-il, l&#8217;hebdomadaire dans sa formule actuelle n&#8217;a que quelques mois d&#8217;espérance de vie. L&#8217;hebdomadaire confronté à la baisse de sa diffusion, estimée aujourd&#8217;hui à 8 000 exemplaires, et à un déficit en hausse, cherche à mobiliser de nouveaux actionnaires, à hauteur de 10000 € chacun, et de généreux donateurs.</p>
<p>Les principaux actionnaires historiques sont aujourd&#8217;hui l&#8217;association Témoignage chrétien pour 35,26 %, Jacques Maillot pour 31,28 %, l&#8217;agence de voyage <em>Terre entière</em> pour 9,11 %, et notamment Bayard, <em>Le Monde Diplomatique</em> et <em>Le Monde</em> pour 5,05 %. La vente l&#8217;an dernier des locaux historiques du journal et les plans sociaux successifs n&#8217;ont pas permis de donner à l&#8217;équipe de TC les moyens de relancer le titre, tant en kiosque que vers les nouvelles générations.</p>
<p>TC a besoin de 500 000 € pour passer le cap et permettre aux actions en cours d&#8217;aboutir. Cet appel à l&#8217;aide est accompagné de l&#8217;engagement, par écrit, de diverses personnalités scientifiques, politiques et religieuses, dont l&#8217;évêque émérite Mgr Jacques Noyer, qui réaffirment le «besoin» de TC qui «<em>loin des logiques fondamentalistes et identitaires, participe activement à l&#8217;édification d&#8217;une société laïque sans rien renier de son attachement à la foi chrétienne</em>». Jacques Delors (PS), Axel Kahn, généticien, et Jean-Claude Guillebaud sont quelques-uns des premiers signataires de l&#8217;appel également publié ce jeudi.</p>
<p>L&#8217;équipe de TC compte encore sur les décisions des récents états généraux de la presse et des mesures de sauvegarde annoncées en faveur du pluralisme pour assurer son avenir et intéresser des institutions diverses sur son sort.</p>
<p><em><strong>Auteur : Robert MIGLIORINI</strong></em></p>
<p><strong>Voir le site : </strong><a href="http://www.temoignagechretien.fr"><strong>www.temoignagechretien.fr</strong></a></p>
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		<title>Pousser les ménages à acheter ?, par Jean Gadrey</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 09:50:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Monde du 14 février 2009 propose cinq pistes pour « pousser les ménages à acheter ». Dans « Le nouvel état industriel », Galbraith citait Eisenhower, à qui l&#8217;on demandait ce que les citoyens pouvaient faire pour combattre la récession en cours à la fin des années 1950. Il répondit : Acheter ! Question [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le Monde</em> du 14 février 2009 propose cinq pistes pour « <em>pousser les ménages à acheter</em> ». Dans « <em>Le nouvel état industriel</em> », Galbraith citait Eisenhower, à qui l&#8217;on demandait ce que les citoyens pouvaient faire pour combattre la récession en cours à la fin des années 1950. Il répondit : <em>Acheter !</em> Question : <em>mais quoi ?</em> Réponse : <em>n&#8217;importe quoi !</em> Galbraith commente : « <em>Le pays tout entier résonna de slogans patriotiques incitant chacun à « en mettre un coup » et à consommer davantage. « Un achat aujourd&#8217;hui, un chômeur de moins, peut-être VOUS !</em> » ; « <em>acheter, c&#8217;est le devoir du citoyen</em> ».<span id="more-674"></span> Pour installer sa domination, le capitalisme et ses acteurs moteurs ont eu besoin de transformer en profondeur les comportements et les aspirations des individus. La première façon d&#8217;assujettir les individus aux impératifs économiques de la révolution industrielle a été la « <em>mise au travail salarié</em> ». Travailler plus pour gagner plus et consommer plus n&#8217;est vraiment pas un comportement inscrit de tout temps dans l&#8217;esprit humain, même chez les plus démunis ! Comme l&#8217;ont montré les historiens, il en a fallu des contraintes et des incitations, des mesures d&#8217;expropriation, de la production idéologique, de l&#8217;appel à la morale industrieuse pour (tenter de) produire le travailleur salarié et discipliné dont le capitalisme industriel avait besoin. Cela n&#8217;a que partiellement réussi. L&#8217;offensive se poursuit en permanence.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-681" title="jean_gadrey" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/02/jean_gadrey-270x300.jpg" alt="jean_gadrey" width="270" height="300" /></p>
<p>Mais produire le travailleur adapté ne suffisait pas. Il fallait produire le consommateur comme débouché de la production. Les grandes entreprises du 20ème siècle allaient s&#8217;en charger. Seules d&#8217;abord, puis avec l&#8217;aide d&#8217;autres institutions, dont l&#8217;État keynésien. Le premier temps a été le « fordisme » : il fallait que les ouvriers gagnent suffisamment pour pouvoir vivre et se loger plus décemment, mais aussi pour envisager d&#8217;acheter&#8230; une voiture.</p>
<p>Pourtant, distribuer des revenus en hausse selon un principe fordiste ne suffit pas nécessairement à remonter le « moral des ménages », expression qui exprime crûment l&#8217;assimilation du mieux-être (le moral) au « <em>consommer plus</em> ».</p>
<p>Le système est confronté au risque majeur d&#8217;une consommation qui ne décolle pas, avec des individus rétifs qui épargnent (surtout si l&#8217;avenir est incertain), qui ne souhaitent pas s&#8217;endetter et qui refusent de travailler plus pour consommer plus. Pour un système dopé à la croissance, la réticence à la dépense est une incivilité critique. Il faut mettre au point des dispositifs pour la conjurer. C&#8217;est l&#8217;étape de la production institutionnalisée de l&#8217;avidité permanente. Galbraith l&#8217;a remarquablement décrite dès 1967 dans « <em>Le nouvel État industriel</em> ».</p>
<h3>DES DISPOSITIFS PUISSANTS ET COUTEUX</h3>
<p>Depuis, le système a fortement développé ces dispositifs. Le <strong>montant des dépenses mondiales de publicité et sponsoring approche 600 milliards de dollars en 2008</strong>, soit trois fois ce qui permettrait de régler sur le plan financier les problèmes les plus urgents des pays en développement (les « objectifs du millénaire »).</p>
<p>Mais la publicité n&#8217;est pas le seul dispositif de production du « consommateur-débouché ». Elle est <strong>inséparable de deux autres activités des grandes entreprises : le marketing et l&#8217;innovation marginale permanente</strong>, le renouvellement accéléré des produits sur la base de « bricoles » présentées comme le nec plus ultra. S&#8217;y ajoutent les marques (voir Naomi Klein dans « <em>No logo</em> »), la mode, le crédit à la consommation, la « <em>persuasion clandestine</em> » (titre d&#8217;un livre de 1958 de Vance Packard), l&#8217;information publique et privée, les médias économiques et d&#8217;affaires, les multiples mises en scène télévisées de la vie matérielle idéale. Ces dispositifs nous prennent pour cible, pour nous faire acheter ce que les grandes entreprises ont conçu pour nous. Pour nous convaincre que le superflu nous est absolument nécessaire.</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Un « autre monde » implique une remise en cause radicale du statut de consommateur-débouché autant que des représentations du salarié et de la nature comme « facteurs de production », qui sont des figures de l&#8217;assujettissement moderne à la marchandisation du monde.</span></span> </span></p>
<h3>ET LES PLUS PAUVRES ? ET LA CRISE ?</h3>
<p>Ce qui précède, écrit début 2006 dans <em>Politis</em>, peut sembler dépassé alors que la crise s&#8217;approfondit, que le chômage enfle et que montent partout des revendications de progression du pouvoir d&#8217;achat. Ne s&#8217;agit-il pas d&#8217;idées de bobos-écolos-intellos-aisés ?</p>
<p>Non. La production organisée de l&#8217;avidité ne vise pas que les riches et les « classes moyennes ». Les chaînes de la restauration rapide et les multinationales de l&#8217;agro-alimentaire sont aujourd&#8217;hui accusées par les associations de consommateurs et par les médecins de <strong>pousser à la consommation de produits dont le prix est aussi bas qu&#8217;est élevée leur teneur en graisse, en sucre et en CO2</strong>. Elles organisent, autour de ces produits à risques, destinés en priorité à des gens modestes, des campagnes permanentes de publicité, y compris dans les émissions télévisées pour enfants.<br />
Les ménages à bas revenu n&#8217;ont pas assez de ce qui pourrait contribuer à leur bien-être, et en particulier, aujourd&#8217;hui, ils sont mal logés et ils manquent d&#8217;accès universel et gratuit à la santé, à l&#8217;éducation, à des transports collectifs, aux services pour la petite enfance et les personnes âgées, à un environnement sain, etc. La pauvreté est une situation de privation de « droits à&#8230; », au-delà du droit à disposer d&#8217;un revenu décent. Les plus pauvres sont d&#8217;un côté limités dans leur accès à des services liés à des droits, et, de l&#8217;autre, ils sont conduits à dépenser leurs maigres ressources monétaires dans le cadre du système de l&#8217;avidité, du crédit, de l&#8217;envie et de la frustration, sous l&#8217;emprise des marques, de la publicité, de la « malbouffe », de la pression au renouvellement des biens. Les officines de crédit à la consommation prospèrent sur le dos des pauvres, avec des taux d&#8217;usuriers et des pratiques inhumaines de recouvrement et de poursuites en justice. Tout cela contribue à aggraver la pauvreté comme privation de droits. <strong>UN SYSTEME QUI N&#8217;EST PAS FAIT POUR REPONDRE A DES BESOINS, MAIS POUR PRODUIRE DES DESIRS A DES FINS LUCRATIVES, EST PARTICULIEREMENT NOCIF POUR LES PAUVRES</strong>.</p>
<p>Dans les dépenses des ménages, on distingue, d&#8217;une part, les « dépenses contraintes », dont le logement, l&#8217;eau, le gaz, l&#8217;électricité et autres « charges » et, d&#8217;autre part, ce qui reste pour « faire ses courses ». Or, <strong>entre 2001 et 2006, pour les 20 % des ménages aux plus bas revenus, ce « reste à vivre » est passé de 45 % du revenu total à seulement 25 %, principalement à cause de la hausse des dépenses liées au logement</strong>.</p>
<p>On peut, sans faire de la croissance économique une condition, améliorer nettement la vie des ménages à faible pouvoir d&#8217;achat, y compris aux Antilles, par la redistribution indispensable des revenus, mais aussi par la maîtrise politique du foncier, du logement social (et écologique), par la gratuité d&#8217;accès à des services publics redevenant universels, par une profonde réorganisation de la production et de son contrôle partant de délibérations sur les besoins. S&#8217;agissant des Antilles, voyez le « manifeste pour des produits de haute nécessité », vous le trouverez peut-être idéaliste ou poétique, ou trop inspiré par Gorz, mais sans de tels stimulants nous ne sortirons pas de la crise systémique actuelle.</p>
<p><strong>Il faut substituer à la revendication de progression indéfinie du pouvoir d&#8217;achat celle du partage équitable et durable du pouvoir de bien vivre</strong>. Cela permettrait à la grande majorité de vivre mieux que sous le régime du pouvoir d&#8217;achat du consommateur-débouché drogué par les dealers de croissance et de crédit. Non, il ne faut pas « pousser les gens à acheter » au sein d&#8217;un système qui nous conduit au désastre, il faut produire, consommer et vivre mieux dans une société solidaire.</p>
<p><strong><em>Auteur : Jean Gadrey<br />
Source :</em> http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey</strong></p>
<p>Jean Gadrey, 65 ans, est Professeur émérite d&#8217;économie à l&#8217;Université Lille 1. Ses domaines de recherche sont la « Socio-économie des services » et les « Nouveaux indicateurs de richesse », titres de deux livres récents publiés à La Découverte, coll. Repères. S&#8217;y ajoute le thème des inégalités, objet d&#8217;un essai &#8220;<em>En finir avec les inégalités</em>&#8221; (Mango, 2006). Il est membre du CNIS (Conseil National de l&#8217;Information Statistique). Il publie régulièrement des articles ou tribunes dans <em>Alternatives économiques</em>, <em>Les Cahiers français</em>, <em>Politis</em>, et <em>Le Monde</em>.</p>
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