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	<title>NSAE &#187; hotspot 2</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Le temps est venu de montrer l’actualité de l’Evangile pour le monde d’aujourd’hui</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 08:57:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[
 Les Réseaux du Parvis vous invitent à un Rassemblement à Lyon
les jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2010, suivi de l’Assemblée Générale de Parvis le samedi 13
Engagés dans le dynamisme de projets convergents sur le plan européen et au niveau international, nous nous rassemblons pour revivifier en nous les intuitions de l’Evangile et, ainsi, éclairer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis2.png"><img class="size-full wp-image-2518 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis2.png" alt="" width="153" height="180" /></a></h1>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong></strong><strong>Les</strong> <strong>Réseaux du Parvis vous invitent à un Rassemblement à Lyon<br />
</strong><strong>les jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2010, </strong><strong>suivi de l’Assemblée Générale de Parvis le samedi 13<span id="more-2521"></span></strong></p>
<p style="text-align: left;">Engagés dans le dynamisme de projets convergents sur le plan européen et au niveau international, nous nous rassemblons pour <strong>revivifier</strong> en nous les intuitions de l’Evangile et, ainsi, éclairer notre parcours, pour <strong>tisser</strong> des liens et nous enrichir mutuellement, pour <strong>manifester</strong> notre détermination à <strong>construire</strong>, avec d&#8217;autres, un monde plus digne pour notre humanité. </p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le programme de ces deux jours comprendra :  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de conférences et de débats</span></strong> autour des thèmes suivants :  </p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L’évangile dans notre vie personnelle et communautaire pour aujourd’hui et demain avec Lytta Basset théologienne protestante et Gabriel Ringlet, théologien catholique.</li>
<li>Dans le monde d’aujourd’hui, quelle place pour Dieu ? avec Denis Pelletier, historien et Raphaël Picon, théologien protestant.</li>
<li>Une table ronde sur le thème : « Nos convictions et nos pratiques pour construire un monde plus juste et plus solidaire dans le respect de la Terre et des droits de l’Homme », avec la participation d’acteurs d’ATD Quart Monde, de la Cimade, de France Nature Environnement, de la JOC.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>  </p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de travail en petits groupes</span></strong> (‘<em>ateliers</em>’) qui auront deux objectifs :  </p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Elaborer un ‘<strong><em>Manifeste</em></strong>’ qui sera rédigé à partir des réflexions et des propositions des ateliers, et qui conduira à une proclamation finale.</li>
<li>Se retrouver autour de thèmes d’actualité (Société et Environnement, Eglise du 21<sup>è</sup> siècle ?, Evangile aujourd’hui, Spiritualités&#8230;).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de forum et des temps d’échanges libres</span></strong> dans des espaces d’expressions de nos associations et d’autres groupes présents.  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Un rassemblement hors les murs</span></strong> sur le Parvis de Fourvière pour proclamer le texte du ‘<strong><em>Manifeste</em></strong>’, le vendredi à partir de 18H30.  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cet événement aura lieu au « Domaine Lyon Saint Joseph » à Sainte Foy lès Lyon (à l’Ouest de Lyon, site Internet <a href="http://www.domaine-lyon-saint-joseph.fr">www.domaine-lyon-saint-joseph.fr</a> tel 04 78 59 22 35), où pourront être hébergés les premiers inscrits (d’autres lieux d’hébergements sont aussi prévus).  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez solliciter, sur la fiche d’inscription, une aide de la fédération « Réseau du Parvis » afin que personne ne soit empêché de venir pour une question financière.  </p>
<p><strong>INSCRIVEZ-VOUS RAPIDEMENT !!</strong> <strong> </strong>  </p>
<p><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Inscription-1.pdf">Inscription (1)</a></strong></p>
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		<title>Lettre ouverte aux évêques catholiques du monde, par Hans Küng</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/04/17/lettre-ouverte-aux-eveques-catholiques-du-monde-par-hans-kung/</link>
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		<pubDate>Sat, 17 Apr 2010 20:21:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Joseph Ratzinger, désormais Benoît XVI, et moi-même étions entre 1962 et 1965 les plus jeunes théologiens du concile Vatican II. Aujourd&#8217;hui, nous sommes les deux plus âgés et les seuls à être encore pleinement en activité. Mon œuvre, je l&#8217;ai toujours mise au service de l&#8217;Eglise. C&#8217;est pourquoi, en ce cinquième anniversaire de l&#8217;intronisation du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Joseph Ratzinger, désormais Benoît XVI, et moi-même étions entre 1962 et 1965 les plus jeunes théologiens du concile Vatican II. Aujourd&#8217;hui, nous sommes les deux plus âgés et les seuls à être encore pleinement en activité. Mon œuvre, je l&#8217;ai toujours mise au service de l&#8217;Eglise. C&#8217;est pourquoi, en ce cinquième anniversaire de l&#8217;intronisation du pape, je me tourne vers les évêques, par cette lettre ouverte, préoccupé que je suis par le souci que nous donne notre Eglise en proie à la plus profonde crise de crédibilité qu&#8217;elle ait connue depuis la Réforme. Je n&#8217;ai en effet pas d&#8217;autres moyens de les atteindre.<span id="more-2551"></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/HKung.jpg"><img class="size-full wp-image-2305  aligncenter" title="HKung" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/HKung.jpg" alt="" width="300" height="402" /></a></p>
<p>J&#8217;ai beaucoup admiré le pape Benoît pour m&#8217;avoir, moi son critique, invité à une conversation amicale de quatre heures lors de son entrée en fonctions. Cette rencontre qui a été saluée dans l&#8217;opinion publique, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire, avait éveillé en moi l&#8217;espoir que Joseph Ratzinger, mon ex-collègue de l&#8217;Université de Tübingen, finirait par trouver le chemin d&#8217;une rénovation de l&#8217;Eglise et d&#8217;un rapprochement œcuménique, dans l&#8217;esprit de Vatican II.</p>
<p>Cet espoir, comme celui de tant de catholiques engagés a, hélas, été déçu, ce que j&#8217;ai fait savoir au pape de diverses manières dans la correspondance que nous avons échangée depuis. Il a sans aucun doute rempli quotidiennement et consciencieusement les devoirs de sa charge et nous a également gratifiés de trois précieuses encycliques sur la foi, l&#8217;espérance et l&#8217;amour. Mais pour ce qui est des grands défis de notre temps, son pontificat se présente de plus en plus comme celui des occasions manquées et non des occasions saisies :</p>
<p>- Manqué le rapprochement avec les Eglises protestantes : il est vrai qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;Eglises au sens propre, et du coup, ni la reconnaissance de leurs hiérarchies ni un partage eucharistique ne sont possibles.</p>
<p>- Manqué l&#8217;accord durable avec les juifs : le pape a réintroduit une prière préconciliaire pour &laquo;&nbsp;que Dieu illumine le cœur des juifs et qu&#8217;ils connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes&nbsp;&raquo; ; il a réintégré dans l&#8217;Eglise des prélats schismatiques notoirement antisémites ; il pousse à la béatification de Pie XII et traite le judaïsme en simple racine du christianisme et non comme une communauté de croyance à part entière, qui suit sa propre voie vers le salut. Les juifs du monde ont, récemment encore, été scandalisés par les propos du prédicateur de la Maison pontificale, qui a comparé la critique envers le pape aux aspects les plus honteux de l&#8217;antisémitisme.</p>
<p>- Manqué le dialogue ouvert avec les musulmans : symptomatique a été le discours de Ratisbonne, dans lequel, mal conseillé, le pape a caricaturé l&#8217;islam en religion violente et inhumaine et a, par là, suscité une défiance nourrie de leur part.</p>
<p>- Manquée la réconciliation avec les peuples autochtones colonisés d&#8217;Amérique latine : le pape prétend avec le plus grand sérieux que ceux-ci auraient ardemment désiré adhérer à la religion de leurs conquérants.</p>
<p>- Manquée l&#8217;opportunité de venir en aide aux peuples africains dans leur lutte contre la surpopulation par la contraception et par l&#8217;autorisation des préservatifs pour lutter contre le sida.</p>
<p>- Manquée l&#8217;occasion de faire la paix avec la science moderne : par la reconnaissance sans équivoque de la théorie de l&#8217;évolution et par une tolérance nuancée pour les nouveaux domaines de recherche, par exemple sur les cellules-souches.</p>
<p>- Manquée enfin la chance de faire enfin de l&#8217;esprit de Vatican II la boussole de l&#8217;Eglise catholique et de faire avancer sa réforme.</p>
<p>Ce dernier point est particulièrement grave. Ce pape-là ne cesse de relativiser la portée des documents du concile et les interprète, dans un sens rétrograde opposé à l&#8217;inspiration de ses initiateurs. Il agit même ouvertement contre le concile œcuménique, lequel, selon le droit canon, constitue la plus haute autorité de l&#8217;Eglise catholique, ainsi :</p>
<p>- Il a réintégré sans conditions dans l&#8217;Eglise des évêques intégristes de la Fraternité Saint Pie X ordonnés illégalement, alors que ceux-ci rejettent le concile sur des points essentiels.</p>
<p>- Il encourage par tous les moyens le retour à la messe tridentine et célèbre à l&#8217;occasion lui-même l&#8217;eucharistie en latin, le dos tourné à l&#8217;assemblée.</p>
<p>- Il ne met pas en œuvre les recommandations officielles de l&#8217;Anglican Roman Catholic International Commission, qui dessinent le cadre du rapprochement avec l&#8217;Eglise d&#8217;Angleterre. En revanche, il cherche à débaucher le clergé anglican, quitte à renoncer à l&#8217;obligation du célibat pour attirer celui-ci dans le giron de l&#8217;Eglise catholique.</p>
<p>- En nommant à la tête de son administration des adversaires du concile (le secrétaire d&#8217;Etat, la Congrégation pour le culte divin) et des évêques réactionnaires dans le monde entier, il a renforcé la tendance anticonciliaire à l&#8217;intérieur même de l&#8217;Eglise.</p>
<p>Le pape Benoît XVI semble de plus en plus isolé de la grande majorité du peuple chrétien, qui, de son côté, se préoccupe de moins en moins de Rome et, dans le meilleur des cas, s&#8217;identifie aux communautés et aux évêques locaux.</p>
<p>Je sais que beaucoup d&#8217;évêques souffrent de cette situation : le pape est soutenu dans sa politique anticonciliaire par la Curie romaine. Il cherche à étouffer toute critique venue de l&#8217;épiscopat et de l&#8217;Eglise, il s&#8217;efforce de discréditer ses contradicteurs par tous les moyens. Via un nouvel étalage de manifestations médiatiques et baroques, on tente de démontrer qu&#8217;il existe encore à Rome une Eglise puissante gouvernée par un &nbsp;&raquo; vicaire du Christ &nbsp;&raquo; absolu qui a en mains tous les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La politique de restauration de Benoît XVI n&#8217;en est pas moins un échec. Toutes les mises en scène, les voyages et les documents produits par lui et ses prédécesseurs se sont révélés incapables d&#8217;orienter, dans le sens que voulait Rome, l&#8217;opinion de la plus grande partie des fidèles sur les questions controversées, en particulier sur celle de la morale sexuelle. Et même les rencontres de la jeunesse avec un pape auquel seuls des groupes traditionalistes ou charismatiques rendent visite, n&#8217;ont pu ni freiner les défections ni réveiller les vocations.</p>
<p>Mais ce sont bien les évêques, qui sont le plus à plaindre : des dizaines de milliers de prêtres se sont défroqués, depuis le concile, à cause de la règle du célibat. La génération montante dans le clergé séculier (mais aussi régulier) souffre d&#8217;une baisse drastique de niveau quantitatif et qualitatif. Le clergé actuel est partagé entre résignation et frustration, et le phénomène atteint désormais les couches les plus militantes. Beaucoup se sentent abandonnés à leur misère et souffrent de l&#8217;état de l&#8217;Eglise. On sait ce qui attend nombre de diocèses : des églises, séminaires, paroisses de plus en plus clairsemés. Dans plusieurs pays, à cause du manque de prêtres, les communautés sont, souvent contre leur gré, fusionnées en gigantesques &laquo;&nbsp;unités d&#8217;assistance spirituelle&nbsp;&raquo; où les quelques prêtres restant sont surchargés, simple simulacre de réforme…</p>
<p>Et voilà qu&#8217;à tous ces facteurs de crise s&#8217;ajoute désormais le scandale des abus sexuel dont des prêtres se sont rendus coupables sur des milliers d&#8217;enfants et d&#8217;adolescents, que ce soit aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne ou ailleurs – tout cela dans le silence d&#8217;une hiérarchie soumise à une crise de confiance sans précédent. Il est impossible de taire le fait que le système de camouflage mondialisé des cas de déviance sexuelle dus à des membres du clergé a été piloté par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, où ceux-ci étaient centralisés dans le plus grand secret, autrement dit par le cardinal Ratzinger (qui l&#8217;a dirigée de 1981 à 2005), et déjà sous Jean Paul II. Aussi tard que le 18 mai 2001, Ratzinger adressa solennellement une lettre aux évêques du monde sur les &laquo;&nbsp;délits les plus graves&nbsp;&raquo; (Epistula de delictis gravioribus). Les cas d&#8217;abus sexuel devaient être couverts par le Secretum pontificum, protégé par un arsenal de peines ecclésiastiques prévus en cas d&#8217;infraction. Il est donc tout à fait justifié que beaucoup réclament de l&#8217;ex-préfet et pape actuel un mea culpa personnalisé. Hélas, l&#8217;occasion fournie par la semaine sainte a été manquée. En lieu et place, nous avons eu droit, lors du dimanche de Pâques, à une protestation d&#8217;innocence &laquo;&nbsp;urbi et orbi&nbsp;&raquo; par le doyen des cardinaux.</p>
<p>Les effets de tous les scandales pour la réputation de l&#8217;Eglise catholique sont dévastateurs. C&#8217;est vrai aussi pour des dignitaires de haut rang. Sur d&#8217;innombrables pasteurs des âmes et éducateurs irréprochables qui se dépensent sans compter, pèse désormais un soupçon collectif. C&#8217;est aux évêques qu&#8217;il revient de poser la question de ce qui doit advenir de leurs diocèses et de notre Eglise et de ce à quoi elle va ressembler dans dix ans, compte tenu de la situation de la crise des vocations et de la pyramide des âge du clergé actuel. Ici, je ne souhaite pas ébaucher devant vous un programme de réforme ; j&#8217;ai déjà pratiqué plusieurs fois cet exercice avant et après le concile. Je voudrais seulement avancer six propositions dont je suis convaincu qu&#8217;elles recevraient le soutien de millions de catholiques qui n&#8217;ont actuellement pas voix au chapitre :</p>
<p>1) En finir avec la loi du silence : en choisissant le silence, les évêques se rendent complices de dérives bien graves et nombreuses. Or là où ceux-ci tiennent les règlements, dispositions et mesures en vigueur pour contre-productives, mieux vaut dire publiquement les choses. Pas d&#8217;adresses de dévouement à Rome, mais des exigences de réforme !</p>
<p>2) Prendre les réformes en main : ils sont nombreux dans l&#8217;Eglise et dans l&#8217;épiscopat à se plaindre de Rome sans rien faire eux-mêmes. Mais quand on en arrive à une situation où le service divin est déserté, le pastorat dépourvu de moyen, quand on s&#8217;ouvre de moins en moins à la misère du monde, et que le rapprochement œcuménique est réduit à sa plus simple expression, il est trop facile de mettre tout sur le dos de Rome. Evêque, prêtre ou laïc, que chacun dans sa sphère d&#8217;influence, grande ou petite, apporte sa pierre à la revitalisation de l&#8217;Eglise. Bien des accomplissements dans les paroisses et dans l&#8217;ensemble de l&#8217;Eglise sont mis en branle à l&#8217;initiative d&#8217;individus ou de petits groupes. En tant que tels, les évêques doivent soutenir et encourager de telles initiatives et, particulièrement en ce moment, répondre aux plaintes justifiées des croyants.</p>
<p>3) Aller de l&#8217;avant collégialement : le concile, après de vifs débats et en dépit de l&#8217;opposition constante de la Curie, a décrété la collégialité du pape et des évêques, décision qui allait dans le sens de l&#8217;histoire apostolique, où Pierre ne faisait rien sans consulter le Collège des apôtres. Mais les papes et la Curie ont, dans la période post-conciliaire, fait fi cette décision essentielle du concile. Depuis que Paul VI, deux ans à peine après Vaticant II, et sans consultation de l&#8217;épiscopat, a publié une encyclique en faveur de la règle controversée du célibat, l&#8217;administration et la politique pontificale se sont remises à fonctionner sur le mode le moins collégial qui soit. Jusqu&#8217;à présent, en matière de liturgie, le pape agit en monarque absolu, et les évêques dont il aime à s&#8217;entourer sont comme des figurants, sans droit ni voix. Voilà pourquoi ceux-ci ne doivent pas seulement réagir au niveau individuel, mais entreprendre des actions en commun avec les autres prélats, prêtres, et tout le peuple qui constitue l&#8217;Eglise, hommes et femmes confondus.</p>
<p>4) La soumission totale n&#8217;est due qu&#8217;à Dieu seul : lors de leur intronisation, les évêques font vœu d&#8217;obéissance absolue au pape. Mais une obéissance totale n&#8217;est jamais due à une autorité humaine, mais à Dieu seul. Ces vœux ne doivent donc pas interdire de dire la vérité sur la crise que traverse l&#8217;Eglise, les diocèses, les territoires. Les évêques ne feront que suivre l&#8217;exemple de l&#8217;apôtre Paul qui résista à Pierre &laquo;&nbsp;en face, parce qu&#8217;il s&#8217;était donné tort&nbsp;&raquo; (Galates 2, 11) ! Une pression sur la hiérarchie romaine exercée dans un esprit fraternel et chrétien peut s&#8217;avérer légitime, dès lors que cette hiérarchie s&#8217;écarte de l&#8217;esprit évangélique et de sa mission. La liturgie en langue vernaculaire, la modification du droit des mariages interreligieux, l&#8217;affirmation de la tolérance, de la démocratie, des droits de l&#8217;homme, de l&#8217;œcuménisme et tant d&#8217;autres choses ne seront acquises qu&#8217;au prix d&#8217;une pression opiniâtre de la base.</p>
<p>5) Résoudre les problèmes au niveau local : au Vatican, on se bouche souvent les oreilles devant les demandes justifiées de l&#8217;épiscopat, de la prêtrise et du laïcat. C&#8217;est une raison de plus pour mettre en pratique intelligemment des solutions régionales ou locales aux problèmes qui se posent. Un de ceux-là, particulièrement sensible, est celui du célibat, qui, justement dans le contexte des scandales d&#8217;abus sexuels, vient tout naturellement à l&#8217;ordre du jour un peu partout. Changer les choses contre la volonté de Rome semble presque impossible. On n&#8217;en est pas condamné pour autant à la passivité : un prêtre qui après mûre réflexion pense se marier ne devrait pas ipso facto être déchu de son ministère, surtout si son évêque et sa paroisse sont avec lui. Peut-être quelques conférences épiscopales pourraient-elles prendre les devants au niveau régional. Mais rien ne vaut une solution globale. C&#8217;est pourquoi :</p>
<p>6) Il faut exiger un concile : de même qu&#8217;il a fallu convoquer un concile pour réformer la liturgie et promouvoir la tolérance, l&#8217;œcuménisme et le dialogue interreligieux, de même le caractère désormais urgent du problème de la réforme en requiert un autre.</p>
<p>Le concile de Constance, un siècle avant la Réforme, s&#8217;était prononcé pour une convocation quinquennale des conciles, ce que la Curie romaine s&#8217;est empressé de mettre sous le boisseau. Nul doute que celle-ci fera aujourd&#8217;hui encore tout son possible pour empêcher un nouveau concile qui pourrait avoir pour effet de limiter son pouvoir. C&#8217;est donc la responsabilité des évêques d&#8217;en imposer la réunion, ou du moins de celle d&#8217;une assemblée épiscopale représentative.</p>
<p>Face à la crise que vit l&#8217;Eglise, j&#8217;adjure les évêques de mettre dans la balance le poids de leur autorité épiscopale réévaluée par le concile. Dans cette situation abyssale, les yeux du monde sont tournés vers eux. Un nombre inimaginable de gens ont perdu confiance en l&#8217;Eglise catholique. Seul un abord ouvert et franc des problèmes et des réformes que ceux-ci impliquent est en mesure de la restaurer. Je demande, avec tout le respect qui est dû aux évêques, qu&#8217;ils y contribuent, autant que possible en commun mais, si nécessaire, aussi seuls, &laquo;&nbsp;avec assurance&nbsp;&raquo; (Actes des apôtres 4, 29-31). Ainsi adresseront-il aux fidèles un signe d&#8217;espérance et d&#8217;encouragement, et à notre Eglise, une perspective de salut.</p>
<p><strong>Auteur : Hans Küng, théologien.<br />
Traduit de l&#8217;allemand par Nicolas Weill<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 17 avril 2010</strong></p>
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		<title>Communiqué de presse du Mouvement International Nous Sommes Eglise (IMWAC)</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/03/24/communique-de-presse-du-mouvement-international-nous-sommes-eglise-imwac/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2010/03/24/communique-de-presse-du-mouvement-international-nous-sommes-eglise-imwac/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 16:36:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nsae.fr/?p=2395</guid>
		<description><![CDATA[Abus sexuels : plutôt que de rechercher des causes externes, l&#8217;Eglise devrait urgemment se pencher sur ses propres structures !
Rome / Madrid, 24 mars 2010
L&#8217;International Movement We Are Church (IMWAC) a souhaité réagir publiquement à certains aspects de la lettre pastorale du pape Benoît XVI à l&#8217;Eglise catholique d&#8217;Irlande.
Le contenu de la lettre
&#171;&#160;Plutôt que de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Abus sexuels : plutôt que de rechercher des causes externes, l&#8217;Eglise devrait urgemment se pencher sur ses propres structures !<br />
Rome / Madrid, 24 mars 2010</strong></p>
<p>L&#8217;International Movement We Are Church (IMWAC) a souhaité réagir publiquement à certains aspects de la lettre pastorale du pape Benoît XVI à l&#8217;Eglise catholique d&#8217;Irlande.<span id="more-2395"></span></p>
<p><strong>Le contenu de la lettre</strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;Plutôt que de rechercher des causes externes à ce problème extrêmement sérieux, l&#8217;Eglise devrait urgemment et profondément reconsidérer ses propres structures, sans préjugé ni peur. C&#8217;est sa crédibilité même qui est en question dans cette affaire&nbsp;&raquo;, a affirmé Raquel Mallavibarrena, Coordinatrice de l&#8217;International Movement We are Church en guise de première réponse à la lettre du pape à l&#8217;Eglise catholique d&#8217;irlande, signée par Benoît XVI le 19 mars 2010, et publiée le 20.</p>
<p>Il est déplorable que le pape ne soit pas prêt à reconnaître la responsabilité des structures ecclésiastiques dans &laquo;&nbsp;la dérangeante question de l&#8217;abus sexuel d&#8217;enfants (the disturbing issue of sexual abuse of children)&nbsp;&raquo;, et préfère imputer la faute à &laquo;&nbsp;un changement social très rapide (fast-paced social change)&nbsp;&raquo; ou à &laquo;&nbsp;des façons de penser et de considérer les réalités séculières (ways of thinking and assessment of secular realities)&nbsp;&raquo;. <strong>Quant au fait de mentionner une &laquo;&nbsp;lecture erronée&nbsp;&raquo; du concile Vatican II et son &laquo;&nbsp;programme de réforme&nbsp;&raquo; comme une des causes de cette affaire, c&#8217;est tout simplement scandaleux.</strong></p>
<p>Le pape accuse la société d&#8217;attendre trop des memebres du clergé, en termes ethiques ; ce qui néanmoins ne l&#8217;empêche pas de citer &nbsp;&raquo;le mystère de la prêtrise (the mystery of priesthood)&nbsp;&raquo; comme une vocation supérieure, invitant de fait à considérer les prêtres comme une espèce spéciale d&#8217;êtres humains.</p>
<p>Ce document pontifical adressé aux évêques irlandais ne satisfera pas les croyants, pas plus que les milliers de victimes qui exigent démissions et réforme structurelle. Il n&#8217;est pas suffisant de recommander comme &laquo;&nbsp;initiatives concrètes (concrete initiatives)&nbsp;&raquo; des exercices spirituels, en laissant de côté toute réforme de structure.</p>
<p><strong>Les mots du pape aux catholiques d&#8217;Irlande ne peuvent cacher le fait que le Vatican est également responsable.</strong> La lettre &nbsp;&raquo;De delictis gravioribus&nbsp;&raquo; signée le 18 mai 2001 par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congregation pour la Doctrine de la Foi (CDF), et par Tarcisio Bertone, secrétaire du même département, est particulièrement importante dans cette affaire, en ce qu&#8217;elle n&#8217;invite pas les évêques à dénoncer ces crimes aux autorités civiles. En effet, elle impose un secret pontifical (&laquo;&nbsp;secretum pontificium&nbsp;&raquo;) sur ces questions.</p>
<p>Les évêques et nonces ne faisaient donc que suivre des directives vaticanes, même si cela ne les excuse aucunement de n&#8217;avoir pas exercé leur vigilance pastorale. Le fait que tant de personnes aient suivi les directives vaticanes rend néanmoins le Vatican complice et responsable de la diddimilation des abus sexuels. Au regard de ces faits, le pape serait bien inspiré de solliciter le pardon de l&#8217;Eglise, afin de rendre possible un nouveau départ.</p>
<h3>Le chemin du pardon</h3>
<p>Face aux milliers de cas, en particulier en Irlande et aux Etats-Unis, il importe de se demander si le nombre de 3.000 accusations en 50 ans publié par un représentant de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) est plausible &#8212; <strong>CDF qui provoque un sentiment de malaise quand elle parle de &laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo; 300 cas de pédophilie &laquo;&nbsp;au sens strict&nbsp;&raquo;</strong> (défini comme jusqu&#8217;à 14 ans), les autres cas étant des accusations d&#8217; &laquo;&nbsp;attirance sexuelle pour des adolescents de même sexe&nbsp;&raquo;. Mais ne devraient-ils pas être condamnés aussi sérieusement que la pédophilie au sens strict ?</p>
<p><strong>La &laquo;&nbsp;politique de tolérance zéro&nbsp;&raquo; (zero-tolerance-policy), présente dans les déclarations antérieures et applicable aux Etats-Unis réclamée par le pape, n&#8217;est pas explicitement mentionnée dans la lettre</strong>. C&#8217;est pourtant celle-ci que les évêques de l&#8217;Eglise catholique sont moralement obligés de suivre.</p>
<p>Le mouvement de réforme catholique considère qu&#8217;une révision de l&#8217;enseignement de l&#8217;Eglise en matière de sexualité est essentielle. Elle doit inclure la question du célibat obligatoire dans l&#8217;Eglise latine, ce qui a d&#8217;ailleurs déjà été suggéré y compris par des évêques et des cardinaux. Même s&#8217;il n&#8217;existe pas de relation de causalité univoque entre célibat obligatoire et violence sexuelle, la loi du célibat obligatoire est une expression visible de l&#8217;hostilité d&#8217;une Eglise masculine contre la sexualité et les femmes. Le manque de de structures collégiales et démocratiques comme moyens de rendre les structures ecclésiales responsables devant les laïcs est aussi un problème qui devra être pris en compte. Quand les problèmes structurels seront reconnus et traités, alors et seulement alors l&#8217;Eglise deviendra crédible et pourra devenir un instrument de pardon et de réconciliation.</p>
<p>En cette saison de Carême, l&#8217;Eglise institutionnelle est appelée au repentir et à la réforme, afin que le Royaume de Dieu annoncé par Jésus de Nazareth soit rendu plus visible dans les structures de l&#8217;Eglise catholique romaine.</p>
<p>Contacts : </p>
<p>Autriche : Hans Peter Hurka +43-650-315 42 00 hans_peter.hurka@gmx.at</p>
<p>Belgique : Edith Kuropatwa-Fèvre +32-(0)-2-567-09-64 ekf.paves@happymany.net</p>
<p>Brésil : Irene Cacais +55-61 3223 4599 luisirenecacais@solar.com.br</p>
<p>Canada : Jean Trudeau +1-613)745-2170 trudeau.jean@videotron.ca</p>
<p>Catalogne : Francesc Bragulat somescat@somesglesia-cat.org</p>
<p>Chili : Enrique Orellana +56-696 4491 lapazesobradelajusticia@yahoo.com</p>
<p>Finlande : Giovanni Politi giovanni.politi@kolumbus.fi</p>
<p>France : Hubert Tournès +33-240119873 hubertournes@orange.fr</p>
<p>Allemagne : Christian Weisner +49-172-518 40 82 media@we-are-church.org</p>
<p>Hongrie : Dr. Marcell Mártonffy +36 1 2190621 martonffy@pantelweb.hu</p>
<p>Irlande : Helen McCarthy wearechurchireland@eircom.net</p>
<p>Italie : Vittorio Bellavite +39-02-70602370 vi.bel@IOL.IT</p>
<p>Pays-Bas : Henk Baars +31-20 6370221 hbaars@steknet.nl</p>
<p>Norvège : Aasmund Vik aasmund.vik@nationaltheatret.no</p>
<p>Pérou : Franz Wieser +51-1-4492716 fwieser@speedy.com.pe</p>
<p>Portugal : Maria Joao Sande Lemos +351.91 460 2336 mjoaosandel@gmail.com</p>
<p>Espagne : Raquel Mallavibarrena +34-649332654 rmallavi@mat.ucm.es</p>
<p>Suède : Krister Janzon krister.janzon@comhem.se</p>
<p>Suisse : Brigitte Durrer +41-819212725 bridu@gmx.ch</p>
<p>Royaume Uni : Martin Pendergast +44 (0)208 986 0807 martinjp@btinternet.com</p>
<p>Etats-Unis : Anthony T. Padovano + 973-539-8732 <a href="mailto:tpadovan@optonline.net">tpadovan@optonline.net</a></p>
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		<title>Un certain 11 octobre 1962 ou Vatican 2 dans mon itinéraire personnel, par Hugues Puel</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 10:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Mon père, né en 1907, fréquentait les camelots du roi et avait donc 19 ans au moment de la condamnation de l’Action française (1926). Je lui ai souvent entendu exprimer son amertume face à l’attitude de l’archevêque de Bordeaux, Mgr Andrieu, dans le déclenchement de cette affaire. L’idéologie familiale était marquée par les figures tutélaires [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon père, né en 1907, fréquentait les camelots du roi et avait donc 19 ans au moment de la condamnation de l’Action française (1926). Je lui ai souvent entendu exprimer son amertume face à l’attitude de l’archevêque de Bordeaux, Mgr Andrieu, dans le déclenchement de cette affaire. L’idéologie familiale était marquée par les figures tutélaires non seulement de Charles Maurras avec son conservatisme social, son royalisme et son antisémitisme, mais aussi de Saint Vincent de Paul<span id="more-2318"></span> avec sa foi, sa générosité et son sens des autres : mon grand-père paternel pratiquait les bonnes œuvres de la confrérie mise par Ozanam sous le patronage de Saint Vincent en visitant des familles pauvres du quartier. Ma mère, née en 1905, était l’aînée de dix enfants dont la propre mère mourut en 1919 de la grippe espagnole. A la mort de mon grand-père maternel qui ne s’était pas remarié, tous les enfants ayant été élevés dans un catholicisme très traditionnel, le domaine familial, où la surface de terre cultivable s’était réduite au cours des ans, fut vendu.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Vatican-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2319" title="Vatican 2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Vatican-2.jpg" alt="" width="300" height="375" /></a></p>
<p>Né en 1932 à Bordeaux, je fis mes études secondaires chez les jésuites de cette ville (Ecole Saint Joseph de Tivoli, 1940-1950). Lors de la retraite d’élection d’une durée d’une semaine qui clôturait la préparation du baccalauréat de philosophie dans cette institution ignatienne, l’idée de vocation religieuse fut considérée, mais je décidais de ne pas décider et d’entreprendre des études supérieures, selon le souhait de mon père. Pendant six ans, j’étudiais à l’Université de Bordeaux le droit, les sciences politiques et l’économie (1950-1956). En même temps, je participais avec passion avec un groupe de jeunes catholiques, artistes, employés, étudiants, à l’animation de plusieurs ciné-clubs, ce qui nous mettait en relation et en coopération ponctuelle avec des militants communistes qui menaient de leur côté le même travail de culture populaire. Nous découvrions les cinémas japonais, américain, soviétique. C’était le beau temps des ciné-clubs, où se préparait avec les <em>Cahiers du cinéma</em> la nouvelle vague, tandis que le groupe de presse Malesherbes sous influence dominicaine lançait <em>Radio-Cinéma-Télévision</em>, l’ancêtre de <em>Télérama</em>.  </p>
<p>En 1954, le pape Pie XII mit fin à l’aventure des prêtres-ouvriers. Il sacrifia sur l’autel de la géopolitique de la guerre froide l’expérience missionnaire la plus pertinente et la plus généreuse des douze années précédentes. Grâce à mes études, j’avais déjà pris quelques distances avec la foi traditionnelle de ma famille, mais celle-ci fut alors mise au défi : l’abandonner ou approfondir le message évangélique qu’elle annonçait, mais qu’elle trahissait dans ses actes. Mon intérêt se tourna vers les dominicains dont j’avais jusque là à peine remarqué l’existence, mais que les foudres romaines de Pie XII mirent pour moi en vive lumière <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn1">[1]</a>. En 1956, quand le moment fut venu de prendre un emploi dont les propositions étaient nombreuses en ces temps de forte croissance, la cristallisation de ma vocation religieuse se fit soudaine : je pris l’habit de l’Ordre des prêcheurs à Saint Maximin dans le Var (province de Toulouse) le 14 novembre 1956. J’avais de cet Ordre une vision aussi imprécise que celle suggérée par le dessin du Saint Dominique de Matisse <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p>Je ne donne pas ici d’autres détails biographiques <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn3">[3]</a>, sauf pour ce qui concerne directement Vatican 2. Ce projet de Concile avait été annoncé en janvier 1959 par le nouveau pape Jean XXIII et laissait nos professeurs dominicains du couvent de Toulouse pour le moins perplexes. De ce temps d’études, je retiens l’anecdote suivante : le jeudi 11 octobre 1962, tout le couvent des dominicains de Toulouse remplissait un vaste autocar pour passer la journée à Lourdes à l’occasion de l’ouverture du Concile. Dans le voyage du retour, le chauffeur alluma sa radio pour que nous puissions écouter les nouvelles. Le journaliste cita le passage du discours inaugural de Jean XXIII « <em>autre le dépôt de la foi, autre la manière de l’énoncer et les formes qu’il revêt au cours du temps</em> », texte que Benoît XVI considère comme relevant d’une herméneutique  de la continuité. A son écoute, mon professeur de dogme, assis sur le siège devant le mien fit un bond et s’écria « <em>ces journalistes disent n’importe quoi !</em> ». Pour lui, dans la distinction entre le dépôt et son énonciation, la rupture avec la tradition était évidente, comme en témoignait le cours de dogme qu’il nous infligeait. Au mépris de toute méthode historique et après avoir accumulé les citations de la Bible et de Denzinger <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn4">[4]</a> sorties de leur contexte, il nous distillait avec contention la « <em>vraie doctrine</em> », celle d’un Thomas d’Aquin s’exprimant dans le langage « formel » de l’Ecole. Il dévalorisait toute autre parole qui, affirmait-il, n’était qu’un parler humain ! « <em>Pour parler humainement</em> », répétait-il, pour s’excuser lorsqu’il s’était laissé allé à l’emploi d’une figure, d’un symbole, d’une image ou d’une comparaison ! Il définissait l’Eglise de façon « formelle » comme une société parfaite gouvernée par une hiérarchie sacrée. Le Concile quant à lui parla plutôt d’un peuple en marche « <em>qui tire son unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn5">[5]</a>. Le professeur d’exégèse de nouveau Testament, Raphaël Weijers, avait une autre théologie. En nous commentant longuement l’Epître aux Hébreux, il nous montrait que le Christ était le seul prêtre donnant naissance à un peuple sacerdotal offrant sa vie en sacrifice d’action de grâce. La rupture était totale avec les prêtres de l’Ancien Testament et les ministères étaient des services diversifiés et évolutifs dans le temps. Ordonné en 1962, au ministère presbytéral, je ne me suis jamais considéré comme un prêtre faisant partie d’une hiérarchie sacrée. J’avais pris le risque de m’engager dans l’aventure dominicaine et cette ordination faisait partie du paquet. Ma spiritualité n’était pas sacerdotale, elle était et elle demeure baptismale. Elle s’appuie sur la parole prophétique de l’Evangile et sur la foi des premières communautés chrétiennes dans le Christ ressuscité.</p>
<p>Passons du 11 octobre 1962 au gouvernement de l’Eglise par Benoît XVI dont plusieurs initiatives provoquent une crise de gouvernance,  qui n’est pas seulement le fruit de l’imagination éditoriale de quelques organes de presse. Je note les malaises épiscopaux révélés par un certain nombre de faits.</p>
<p>1 &#8211; La levée de l’excommunication des schismatiques refusant le Concile Vatican 2 à partir d’une démarche liée à une mission menée par le cardinal Dario Castrillon Hoyos à la demande du pape, mais sans consultation des épiscopats les plus concernés : les évêques allemands et français. La crise existait déjà avant les déclarations négationnistes de Williamson qui déchaînèrent les médias.</p>
<p>2 &#8211; La nomination d’un prêtre autrichien, Gerhard Maria Wagner, comme évêque auxiliaire de Linz (Haute-Autriche), contre l’avis de l’épiscopat autrichien et en violation de la procédure de la <em>terna </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn6">[6]</a>, ce qui déclencha la réaction respectueuse, mais sévère, signée de tous les évêques de ce pays rappelant au pape que la nomination des évêques doit se faire pour l’Eglise locale et non pas contre elle <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn7">[7]</a>. Cet événement très significatif a eu peu d’écho dans les médias français.</p>
<p>3 &#8211; L’épiscopat brésilien désavoue l’excommunication par l’archevêque de Recife &#8212; successeur de Dom Helder Camara et nommé par Jean-Paul II, Monseigneur Jose Cardoso Sobrinho &#8212; de la mère d’une fille de 9 ans enceinte de jumeaux dont un avortement évita la mort, acte pour lequel l’archevêque étendit aux médecin intervenants cette excommunication.  Plusieurs évêques français se dirent scandalisés par ce manque de compassion, tandis que le titulaire du dicastère <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn8">[8]</a> des évêques apporta son soutien à Sobrinho. On ne doit pas donc pas se scandaliser si le rapprochement est fait par la presse avec la loi du silence pratiquée longtemps par les évêques de différents pays sur les viols d’enfants par des membres du clergé.</p>
<p>4 &#8211; La déclaration des évêques allemands du 5 mars 2009, s’interrogeant sur les incertitudes du chemin actuel de l’Eglise mettant ainsi en cause son actuelle gouvernance. S’il y eut peu d’écho en France, il y en eut beaucoup en Allemagne.</p>
<p>5 &#8211; La déclaration d’Albert Rouet, archevêque de Poitiers « <em>à propos des événements récents qui ont marqué l’Eglise : levée des excommunications des quatre évêques intégristes, de l’excommunication à Recife, des propos sur le sida</em> ». Cette déclaration en appelle à un autre positionnement de notre Eglise dans le monde car « <em>toute parole qui vient d’en haut, qui n’est pas engagée dans un dialogue, après avoir écouté et entendu l’autre, ne peut plus être une parole crédible… Notre monde n’écoute que ce qui est prononcé à hauteur de visage d’homme</em> ». Cette réaction, la plus remarquable, ne fut pas unique. D’autres réactions critiques se firent jour ça et là, mais dominèrent le silence et la gêne d’un épiscopat français très divisé.</p>
<p>6 &#8211; De cette division, on a eu le témoignage en novembre 2009, lorsque le président de l’assemblée plénière de la conférence des évêques de France a renoncé à mettre au vote  le rapport de l’évêque d’Angoulême, Claude Dagens, intitulé « Indifférence religieuse, visibilité de l’Eglise et évangélisation » et qui prolongeait une déclaration précédente sur la foi comme libre proposition au peuple.</p>
<p>Cette crise de gouvernance n’est pas une imagination de la presse, mais procède de la mauvaise réception du Concile Vatican 2 par le siège romain. L’Eglise se définit comme peuple en marche, comme ouverture au monde en solidarité avec les espoirs et les souffrances de l’humanité<a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn9"> [9]</a> et en appelle à l’autonomie responsable tant des autorités politiques que des baptisés. Mais l’Eglise romaine qui n’honore pas la nature épiscopale de l’Eglise et maintient son système de gouvernement centralisé, ignore le principe de subsidiarité qu’elle recommande aux sociétés séculières, nie l’autonomie des couples en répondant négativement à la question soulevée par <em>Humanae Vitae</em> de savoir si « <em>la finalité de la procréation dans le mariage concerne l’ensemble de la vie conjugale et non chacun de ses actes</em> » (§3), en imposant une distinction incompréhensible entre une contraception naturelle et artificielle, tandis qu’une partie de l’épiscopat catholique aux Etats-Unis se transforme en véritable lobby <em>pro-life</em>. <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn10">[10]</a></p>
<p>Cette crise de gouvernance a sa source dans l’attitude confuse de Benoît XVI face au Concile Vatican 2. Une analyse du discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005 en apporte la preuve. En effet, quelques mois après son élection comme évêque de Rome, sous le nom de Benoît XVI, Joseph Ratzinger prononça un discours principalement consacré à la réception de Vatican 2. Il s’efforce de répondre à la question : pourquoi la réception du Concile s’est déroulée de manière aussi difficile, puis s’interroge sur les difficultés du dialogue entre l’Eglise et la modernité.</p>
<p>Après avoir salué l’anniversaire des 40 ans de la fin du Concile, il voit dans la cause des difficultés une question d’herméneutique, c’est-à-dire de juste interprétation, de juste lecture et de juste application. Or il dénonce une fausse herméneutique définie comme « <em>herméneutique de la discontinuité et de la rupture</em> » qui, selon lui, a la faveur des médias et d’une partie de la théologie moderne, alors qu’il y faut « <em>une herméneutique de la réforme</em> », c’est-à-dire du renouveau dans la continuité de « <em>l’unique sujet-Eglise</em> ». L’herméneutique de la rupture est critiquée car, d’une part, elle oppose l’Eglise préconciliaire et l’Eglise postconciliaire, alors que, pour lui, c’est la continuité de l’unique sujet-Eglise qui doit être considérée et on ne doit pas en appeler des textes du Concile à l’esprit du Concile pour regarder l’avenir. Elle passe sous silence le fait que le sujet-Eglise est de nature eschatologique et que le personnel ministériel au service de l’Eglise vit dans le temps et doit s’ouvrir, comme le recommandait Jean XXIII,  aux signes des temps.</p>
<p>Comme exemple d’herméneutique de la continuité, Benoît XVI cite le discours d’ouverture du Concile par Jean XXIII le 11 octobre 1962 sur la transmission de la doctrine : « <em>Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et respectée d’une manière qui corresponde aux exigences de notre temps. En effet une chose est le dépôt de la foi, c’est-à-dire les vérités contenues dans notre vénérable doctrine, et une autre chose est la manière de les énoncer, en leur conservant cependant le même sens et la même portée. </em>» Cette synthèse  exemplaire de la fidélité et du dynamisme lui semble cependant si délicate que le pape entreprend une réflexion sur le difficile dialogue entre l’Eglise et la modernité.</p>
<p>Le pape se réfère alors au discours de conclusion du concile par Paul VI qui pourrait justifier une herméneutique de la discontinuité dans la mesure où le Concile Vatican 2 s’était centré sur les questions d’anthropologie et les rapports entre l’Eglise et l’homme d’aujourd’hui. Il évoque Galilée, Kant, la Révolution française, le libéralisme radical, les sciences naturelles. Il voit les rapprochements possibles à travers la doctrine sociale catholique qui se situe dans l’entre-deux du libéralisme radical et de la théorie marxiste de l’Etat. Et surtout il considère dans les nouvelles positions épistémologiques tant des sciences naturelles que des sciences historiques que d’autres rapprochements sont possibles : « <em>Dans tous ces secteurs […] pouvait apparaître quelque forme de discontinuité et que, en un certain sens, une discontinuité s’était de fait manifestée dans laquelle cependant, une fois faites les diverses distinctions entre les situations concrètes historiques et leurs exigences, il apparaissait que la continuité des principes n’était pas abandonnée : un fait qui échappe facilement à une première perception. Et c’est justement dans cet ensemble de continuité et de discontinuité, à des niveaux divers, que consiste la nature de la vraie réforme</em> ». <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn11">[11]</a></p>
<p>Ce n’est pas lumineux et je ne prolonge pas la lecture des paragraphes de cette prose lourde, alambiquée et faussement subtile grâce à laquelle le pape en arrive à justifier la liberté religieuse reconnue par le Concile Vatican 2 en 1965, alors que Pie IX l’avait anathématisée en 1864. Mais pour affirmer la continuité, Benoît XVI doit la faire remonter au témoignage de Jésus lui-même et à celui de l’Eglise des martyrs, en sautant discrètement sur les formes diverses des mélanges théologico-politiques depuis l’empereur Constantin et la longue histoire de l’Eglise catholique, jusqu’à Pie XII (le nazisme et la guerre froide) et Jean-Paul II (le Rêve de Compostelle <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn12">[12]</a>), en passant par la théorie des deux glaives et les luttes entre la Papauté et l’Empire. La distinction des deux herméneutiques ne vaut pas grand-chose. </p>
<p>Pour le père Congar, mais en un tout autre sens, le discours de Jean XXIII pour l’ouverture du Concile le 11 octobre 1962 était une vraie rupture, mais une rupture encore à faire. Sortant d’un procès du Saint Office pour ses positions théologiques, procès dont il n’avait connu ni le chef d’accusation, ni le nom de ses juges, ni le verdict final, il assiste à l’ouverture du Concile qui lui parait révéler le visage constantinien de l’Eglise de Rome et note dans son journal au 11 octobre 1962 ses sentiments : « <em>Je vois le poids non dénoncé de l’époque où l’Eglise était seigneurisante, où elle avait un pouvoir temporel, où les papes et les évêques étaient des seigneurs, qui avaient une cour, protégeaient les artistes, prétendaient à une pompe égale à celle des Césars. Cela l’Eglise ne l’a jamais répudié à Rome. La sortie de l’ère constantinienne n’a jamais été son programme. Le pauvre Pie IX, qui n’a rien compris au mouvement de l’histoire, qui a enfoncé le catholicisme français dans une stérile attitude d’opposition, de conservatisme, d’esprit de restauration a été appelé par Dieu à entendre la leçon des événements, ces maîtres qu’il nous donne de sa main, et à sortir l’Eglise de la misérable logique de la « Donation de Constantin » </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn13"><em>[13]</em></a><em>, de la convertir à un évangélisme qui lui eut permis d’être moins <span style="text-decoration: underline;">du</span> monde et plus <span style="text-decoration: underline;">au</span> monde. Il a fait juste le contraire. Homme catastrophique qui ne savait ni ce qu’était l’ecclesia ni ce qu’était la tradition… Et Pie IX </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn14"><em>[14]</em></a><em> règne encore. Boniface VIII </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn15"><em>[15]</em></a><em> règne encore. On l’a surimposé à Simon Pierre, l’humble pêcheur d’hommes !</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn16">[16]</a>.</p>
<p>Revenons du 11 octobre 1962 à aujourd’hui. Benoît XVI est-il sorti de l’ère constantinienne ? Les Etats pontificaux se limitent désormais à une quarantaine d’hectares, mais disposent d’un Institut des oeuvres de religion, l’IOR, véritable banque du pape, qui gère les milliards issus de «<em> la donation de Mussolini</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn17">[17]</a> et dont les ressources sont précieuses pour limiter la liberté de parole d’évêques dont les diocèses sont loin de s’autofinancer <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn18">[18]</a>. La gouvernance de l’Eglise n’applique pas le principe de subsidiarité. Les synodes romains ne traitent pas des questions débattues dans l’Eglise, en cherchant l’expression collective d’épiscopats organisés et non seulement celle particulière de tel ou tel prélat. En bloquant tout débat sur l’ordination de <em>viri probati</em> <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn19">[19]</a> à la présidence de l’Eucharistie, l’Eglise romaine décourage des chrétiens de la participation à ce sacrement central et manque à l’obligation de fournir des ministres à leur communauté. En conséquence se développe la pratique des eucharisties sauvages dont témoigne la prise de position favorable à leur égard de dominicains néerlandais, face à la carence romaine. Dans <em>Le rêve</em> <em>de Jérusalem </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn20">[20]</a>, le cardinal Martini, qui était <em>papabile</em> au dernier conclave, a évoqué cette nécessité de faire du synode romain un véritable organe de réflexion collective et de décision.</p>
<p>Pour sortir de l’ère constantinienne,  le pape pourrait inviter au débat sur une infaillibilité qui se trompe d’objet, car elle n’est pas d’abord celle du pape, mais celle de l’Eglise. Je crois à l’infaillibilité de l’Eglise qui me transmet avec sûreté le message évangélique recueilli par les premières communautés chrétiennes. Quant à l’infaillibilité personnelle du pape, je l’affecte d’un très fort coefficient de relativité, dont les composantes sont les suivantes. La question n’émerge qu’au dix-neuvième siècle après des décennies de débats complexes issus du jansénisme et de la question de savoir si le pape est exempt d’inerrance non seulement sur la substance de la doctrine, mais aussi sur l’interprétation incontestable du texte lui-même <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn21">[21]</a>. Proclamée en 1870, l’infaillibilité pontificale est contemporaine de la perte des Etats pontificaux. Comment ne pas l’interpréter comme une affirmation d’autorité compensatrice de l’autorité temporelle perdue ? De plus ce « dogme » n’a été utilisé qu’une fois en 1950 pour la proclamation de l’Assomption de Marie, vieille croyance populaire partagée par de nombreuses communautés chrétiennes tant en Occident qu’en Orient. Son utilité pastorale a été jusqu’ici totalement nulle. Elle est même négative, car elle fait croire à un pape infaillible et donc tout puissant qui défigure l’image pétrinienne du serviteur.</p>
<p>Il n’y a pas besoin d’un nouveau Concile pour sortir vraiment de l’ère constantinienne. Il suffit d’un comportement du siège romain qui s’inspire de la lettre et de l’esprit du Concile Vatican 2. Des nominations épiscopales, non seulement indépendantes des pouvoirs politiques, mais procédant d’une consultation plus large que la procédure complètement secrète de la <em>terna</em>. L’acceptation du débat dans l’Eglise sur les problèmes qui se posent et que nombre de synodes diocésains a exprimé.</p>
<p>On peut avoir une autre vision et penser que, avec plus d’un milliard de baptisés, l’Eglise catholique est un monde d’une extraordinaire complexité et diversité. Sans doute la barque de Pierre est-elle menée « à la gaffe » (Duchêne), mais le  message est prêché vaille que vaille, et comme la conscience de chacun est respectée tant qu’il n’est ni théologien, ni divorcé remarié, on doit accepter le poids de l’histoire et la variété des situations. Je comprends ce point de vue, mais ne le partage pas. Je ne me résigne pas à ce que l’aide apportée aux personnes et aux familles par des ministres dévoués de l’Eglise catholique soit handicapée par un discours romain devenu inaudible en matière d’éthique familiale. Je ne me résigne pas à l’exercice d’un pouvoir qui soit insensible à la promesse démocratique qui vit au coeur des sociétés humaines. Je revendique ma liberté évangélique de critique pour confronter le message et les pratiques des institutions ecclésiales. Je sais que la liberté évangélique est aussi une responsabilité et je connais mes limites et mes fragilités.</p>
<p>Mon témoignage est donc là pour ouvrir un débat. Mais je ne peux l’achever sans dire mon bonheur d’être chrétien et catholique. Je suis immensément reconnaissant à mon Eglise de m’avoir transmis la foi à travers ma famille, de m’avoir offert les mots pour prier (le notre Père, les psaumes, le Nouveau Testament), de m’avoir à travers l’Ordre dominicain initié à l’extraordinaire littérature chrétienne d’ordre mystique, historique et surtout théologique avec son remarquable travail de la raison au cœur de la foi. Pour tout cela ma reconnaissance est infinie. La rencontre avec Dieu se fait dans le dialogue, avec les mots pour le dire qui nous conduisent au silence, avec les symboles sacramentels qui rythment notre pèlerinage vers le Dieu vivant par le Christ dans l’Esprit, au cœur des communautés chrétiennes dans leur diversité.</p>
<p><strong>Auteur : Hugues Puel<br />
Source : intervention à l&#8217;Agora Tête d&#8217;Or (Lyon) le 6 mars 2010, restituée ici avec la permission de l&#8217;auteur.</strong></p>
<hr size="1" /><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref1">[1]</a> F. LEPRIEUR, <em>Quand Rome condamne</em>, « Terre entière », Paris,  Plon/Cerf, 1989.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref2">[2]</a> Sur les murs de la chapelle de Vence en Provence.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref3">[3]</a> On en trouvera dans mon livre <em>Economie et Humanisme dans le mouvement de la modernité</em>, Paris, Editions du Cerf, 2004. Par ailleurs, j’ai évoqué mon itinéraire dans l’Ordre dominicain dans un entretien avec Jacques-François Vergonjeanne pour <em>Prêcheurs, Bulletin de liaison de</em> <em>la province de France,</em> n°110 de septembre 2007.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref4">[4]</a> Un ouvrage procédant d’une sélection très orientée de textes issus des Conciles et des textes papaux.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref5">[5]</a> <em>Lumen Gentium,</em>  §4.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref6">[6]</a> Les trois noms sélectionnés selon une procédure secrète menée par le nonce apostolique auprès de l’épiscopat du pays concerné et entre lesquels le pape <span style="text-decoration: underline;">doit</span> choisir le candidat finalement retenu.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref7">[7]</a> <em>Documentation catholique</em> du 15 mars 2009.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref8">[8]</a> Dicastère est le nom des ministères dans le gouvernement de la Curie romaine de l’évêque de Rome.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref9">[9]</a> §1 de <em>Gaudium et Spes</em>,</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref10">[10]</a> Sur cette histoire, C. GREMION et H. TOUZARD, <em>L’Eglise et la contraception : l’urgence d’un changement</em>, Paris, Bayard, 2006 et M. SEVEGRAND, <em>L’affaire humanae Vitae, l’Eglise catholique et la contraception</em>, Paris L’Harmattan, 2008.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref11">[11]</a> Texte complet dans <em>Documentation catholique</em>, 15 janvier 2006.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref12">[12]</a> <em>Le rêve de Compostelle : vers le restauration d’une Europe chrétienne ?, </em>Paris, Le Ceturion, 1989.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref13">[13]</a> Le plus célèbre faux de l’histoire, ce document instaurait le pape comme chef d’Etat avec un domaine de la taille de la Lombardie au cours des huitième et neuvième siècles, P. SIMONNOT, <em>Les papes</em>, <em>l’Eglise</em> <em>et l’argent</em>, <em>Histoire économique du christianisme des origines à nos jours</em>, Paris, Bayard, 2005, chapitre 8 « le pape, chef d’Etat ».</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref14">[14]</a> 1792-1878.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref15">[15]</a> 1235-1303.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref16">[16]</a> Y. Congar, <em>Mon journal du Concile,</em> 11 octobre 1962, cité par Andrea Riccardi, <em>Histoire du Concile Vatican 2</em>, tome 2,  Le Cerf, 1998,  p.32-33. </p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref17">[17]</a> Les accords du Latran désignés ainsi par Philippe Simonnot.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref18">[18]</a> Banque du pape, l’IOR (Institut des œuvres de religions) dispose actuellement d’un capital d’environ 5 milliards d’Euros, selon <em>La Croix</em> du 4 mars 2010.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref19">[19]</a> La question de l’ordination d’hommes mariés pour présidée l’Eucharistie, à laquelle une grande partie du peuple chrétien serait favorable, pratique qui existe déjà dans les Eglises orientales rattachées à Rome.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref20">[20]</a> Desclée de Brouwer, 2009.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref21">[21]</a> J.F. CHIRON, <em>L’infaillibilité et son objet</em>, Le Cerf, 1999.</p>
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		<title>L&#8217;enseignement de l&#8217;islam au lycée alimente une nouvelle polémique</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 16:33:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Moins de trois mois après la bronca des professeurs d&#8217;histoire, offusqués de voir leur discipline devenir optionnelle en terminale S, les historiens reprennent le chemin des blogs et des pétitions pour alerter l&#8217;opinion publique et dénoncer une dérive &#171;&#160;européano-centriste&#160;&#187;.
Objet de leur ire, le projet de nouveau programme d&#8217;histoire pour la classe de seconde, qui ferait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Moins de trois mois après la bronca des professeurs d&#8217;histoire, offusqués de voir leur discipline devenir optionnelle en terminale S, les historiens reprennent le chemin des blogs et des pétitions pour alerter l&#8217;opinion publique et dénoncer une dérive &laquo;&nbsp;européano-centriste&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Objet de leur ire, le projet de nouveau programme d&#8217;histoire pour la classe de seconde, qui ferait la part belle à l&#8217;Occident chrétien, au détriment de l&#8217;étude de la civilisation musulmane.<span id="more-2205"></span></p>
<p>Indices fournis : l&#8217;enseignement intitulé &laquo;&nbsp;La Méditerranée au XIIe siècle : carrefour de trois civilisations&nbsp;&raquo;, qui aborde &laquo;&nbsp;les espaces de l&#8217;Occident chrétien, de l&#8217;Empire byzantin et du monde musulman&nbsp;&raquo; devrait être remplacé à la rentrée prochaine par un nouveau thème, &laquo;&nbsp;La civilisation rurale dans l&#8217;Occident chrétien médiéval, du IXe siècle au XIIIe siècle&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Islam.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-2206" title="Islam" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Islam.gif" alt="" width="420" height="378" /></a></p>
<p>Certes, une partie de ce nouveau programme abordera l&#8217;histoire de &laquo;&nbsp;Constantinople à Istanbul : un carrefour de civilisations&nbsp;&raquo;. Mais pour le secrétaire général de l&#8217;Association des professeurs d&#8217;histoire géographie (APHG), Hubert Tison, il s&#8217;agit d&#8217;&nbsp;&raquo;une fausse compensation. Elle permet de parler de la prise de la ville par l&#8217;Empire ottoman, mais pas de couvrir les contacts entre l&#8217;Occident chrétien, Bysance et le monde musulman&nbsp;&raquo;.</p>
<p>L&#8217;APHG va prochainement demander au ministère de modifier l&#8217;intitulé du nouveau programme &laquo;&nbsp;afin de permettre de traiter des contacts entre l&#8217;Occident chrétien et le monde islamique&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Hubert Tison, qui ne comprend pas les raisons de ce changement, se demande si le projet &laquo;&nbsp;vise à rétablir le christianisme ou à évacuer la contestation quand on parle de l&#8217;islam dans certains lycées&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Au ministère, on répond qu&#8217;&nbsp;&raquo;il s&#8217;agit d&#8217;un projet de programme en consultation jusqu&#8217;au 12 mars&nbsp;&raquo; et l&#8217;on assure qu&#8217;&nbsp;&raquo;il sera tenu compte des remarques qui remonteront&nbsp;&raquo;.</p>
<h3>&laquo;&nbsp;TROP RAPIDEMENT RÉFLÉCHI&nbsp;&raquo;</h3>
<p>Sur le fond, on ajoute que &laquo;&nbsp;dans les anciens programmes, le thème de la Méditerranée au XIIe siècle était facultatif, alors que, dans les prochains, l&#8217;étude de &laquo;&nbsp;Constantinople à Istanbul : un carrefour de civilisations&nbsp;&raquo; est obligatoire. De plus, il y a des ouvertures sur l&#8217;étude de Pékin et sur la capitale aztèque de Tenochtitlan, actuelle Mexico&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Doyen des inspecteurs généraux d&#8217;histoire (IG), Laurent Wirth estime que l&#8217;on fait au ministère &laquo;&nbsp;un mauvais procès, à moins de considérer que l&#8217;islam ottoman ne fait pas partie de l&#8217;islam&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Quant au fait de critiquer un projet qui serait &laquo;&nbsp;européano-centriste&nbsp;&raquo;, l&#8217;inspecteur s&#8217;offusque et &laquo;&nbsp;demande si maintenant le mot européen est devenu une insulte&nbsp;&raquo; ?</p>
<p>Pas de quoi convaincre Dominique Borne, président du conseil de l&#8217;Institut européen en sciences des religions (IESR). Pour lui, cette façon de botter en touche &laquo;&nbsp;n&#8217;est pas raisonnable. Pékin ou Tenochtitlan en une heure, ce n&#8217;est pas de l&#8217;&nbsp;&raquo;ouverture&nbsp;&raquo;, c&#8217;est juste de l&#8217;affichage&nbsp;&raquo;.</p>
<p>L&#8217;IESR a d&#8217;ailleurs écrit, mercredi 17 février, au ministre de l&#8217;éducation nationale pour que &laquo;&nbsp;ce programme, trop rapidement réfléchi, soit profondément revu dans son orientation d&#8217;ensemble&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ancien doyen des IG d&#8217;histoire, Dominique Borne connaît bien les programmes actuels pour les avoir rédigés. &laquo;&nbsp;Ça ne me gêne pas qu&#8217;on les change, assure-t-il. Ce qui me choque, c&#8217;est que le religieux ait pratiquement disparu, sauf à être réduit à sa dimension exclusivement rurale, latine, catholique et médiévale. Si on décompose l&#8217;emploi du temps, cela fera environ une heure pour Byzance !&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pour lui, le risque c&#8217;est qu&#8217;&nbsp;&raquo;on ne traite pas du religieux sérieusement, comme des autres disciplines&nbsp;&raquo;, et que cela fait émerger &laquo;&nbsp;des revendications en faveur d&#8217;un enseignement religieux spécifique&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>Auteur : Marc Dupuis<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 21.02.10</strong></p>
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		<title>Le « Pacte des catacombes »</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 16:55:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Textes libérateurs]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le 16 novembre 1965, peu avant la clôture de Vatican II, une quarantaine d’évêques, dont les noms ne sont pas connus, se réunirent dans la Catacombe de St Domitilla et signèrent un pacte concernant la richesse, les pompes et les cérémonies dans l’Eglise catholique. Le 7 décembre 1965, la veille de la clôture officielle du Concile [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span><em>Le 16 novembre 1965, peu avant la clôture de Vatican II, une quarantaine d’évêques, dont les noms ne sont pas connus, se réunirent dans la Catacombe de St Domitilla et signèrent un pacte concernant la richesse, les pompes et les cérémonies dans l’Eglise catholique. <span style="font-style: normal"><em>Le 7 décembre 1965, la veille de la clôture officielle du Concile Vatican II, ils diffusèrent parmi leurs confrères, ce qu&#8217;ils appellèrent le « Schéma XIV », allusion aux 13 « schémas » préparatoires<span id="more-1992"></span> des grands textes, lignes directrices que la Curie avait distribuées aux « Pères conciliaires » avant les Assemblées délibératives. </em></span></em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center"><span><em><span style="font-style: normal"><em><img class="size-full wp-image-1997 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/rome_domitilla-17-32-34.jpg" alt="rome_domitilla-17-32-34" width="309" height="438" /><br />
</em></span></em></span></p>
<p style="text-align: justify">Nous, évêques réunis au Concile Vatican ; ayant été éclairés sur les déficiences de notre vie de pauvreté selon l&#8217;Evangile ; encouragés les uns par les autres, dans une démarche où chacun de nous voudrait éviter la singularité et la présomption ; unis à tous nos frères dans l&#8217;Episcopat ; comptant surtout sur la force et la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, sur la prière des fidèles et des prêtres de nos diocèses respectifs ; nous plaçant par la pensée et la prière, devant la Trinité, devant l&#8217;Eglise du Christ, devant les prêtres et les fidèles de nos diocèses, dans l&#8217;humilité et la conscience de notre faiblesse mais aussi avec toute la détermination et la force dont Dieu veut bien nous donner la grâce, nous nous engageons à ce qui suit :</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">1)  Nous essayerons de vivre selon le mode ordinaire de notre population en ce qui concerne l&#8217;habitation, la nourriture, les moyens de locomotion et tout ce qui s&#8217;ensuit.</p>
<p style="text-align: justify">2)  Nous renonçons pour toujours à l&#8217;apparence et à la réalité de richesse spécialement dans les habits (étoffes riches et couleurs voyantes), les insignes en matière précieuse : ces insignes doivent être en effet évangéliques.</p>
<p style="text-align: justify">3)  Nous ne posséderons ni immeubles, ni meubles ni comptes en banque, etc., en notre propre nom ; et s&#8217;il faut posséder, nous mettrons tout au nom du diocèse, ou des œuvres sociales ou caritatives.</p>
<p style="text-align: justify">4)  Nous confierons, chaque fois qu&#8217;il est possible, la gestion financière er matérielle, dans nos diocèses, à un comité de laïcs compétents et conscients de leur rôle apostolique, en vue d&#8217;être moins des administrateurs que des pasteurs et apôtres.</p>
<p style="text-align: justify">5) Nous refusons d&#8217;être appelés oralement ou par écrit des noms et des titres signifiant la grandeur et la puissance (Eminence, Excellence, Monseigneur). Nous préférons être appelés du nom évangélique de Père.</p>
<p style="text-align: justify">6)  Nous éviterons dans notre comportement, nos relations sociales, ce qui peut sembler donner des privilèges, des priorités ou même une préférence quelconque aux riches et aux puissants (ex. : banquets offerts ou acceptés, classes dans les services religieux).</p>
<p style="text-align: justify">6)  Nous éviterons d&#8217;encourager ou de flatter la vanité de quiconque en vue de récompenser ou de solliciter les dons, ou pour toute autre raison. Nous inviterons nos fidèles à considérer leurs dons comme une participation normale au culte, à l&#8217;apostolat et à l&#8217;action sociale.</p>
<p style="text-align: justify">7)   Nous donnerons tout ce qui est nécessaire de notre temps, réflexion, cœur, moyens, etc., au service apostolique et pastoral des personnes et des groupes laborieux et économiquement faibles et sous-développés, sans que cela nuise aux autres personnes et groupes du diocèse. Nous soutiendrons les laïcs, religieux, diacres ou prêtres que le Seigneur appelle à évangéliser les pauvres et les ouvriers en partageant la vie ouvrière et le travail.</p>
<p style="text-align: justify">9)   Conscients des exigences de la justice et de la charité et de leurs rapports mutuels, nous essayerons de transformer les œuvres de « bienfaisance » en œuvres sociales basées sur la charité et la justice qui tiennent compte de tous et de toutes les exigences, comme un humble service des organismes publics compétents.</p>
<p style="text-align: justify">10)   Nous mettrons tout en œuvre pour que les responsables de notre gouvernement et de nos services publics décident et mettent en application les lois, les structures et les institutions sociales nécessaires à la justice, à l&#8217;égalité et au développement harmonisé et total de tout l&#8217;homme chez tous les hommes et par là l&#8217;avènement d&#8217;un autre ordre social, nouveau, digne des fils de l&#8217;homme et des fils de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify">11)   La collégialité des évêques trouvant sa plus évangélique réalisation dans la prise en charge commune des masses humaines en état de misère physique, culturelle et morale &#8211; les 2/3 de l&#8217;humanité- nous nous engageons :</p>
<p style="text-align: justify">- à participer, selon nos moyens, aux investissements urgents des épiscopats des nations pauvres ;</p>
<p style="text-align: justify">- à acquérir ensemble, au plan des organismes internationaux mais en témoignant de l&#8217;Evangile, comme</p>
<p style="text-align: justify">le pape Paul VI à l&#8217;O.N.U., la mise en place de structures économiques  et culturelles qui ne fabriquent plus de nations prolétaires dans un monde de plus en plus riche, mais qui permettent aux masses pauvres de sortir de leur misère.</p>
<p style="text-align: justify">12)   Nous nous engageons à partager dans la charité pastorale notre vie avec nos frères dans le Christ, prêtres, religieux et laïcs pour que notre ministère soit un vrai service ; ainsi :</p>
<p style="text-align: justify">- nous nous efforcerons de « réviser notre vie » avec eux ;</p>
<p style="text-align: justify">- nous susciterons des collaborateurs pour être davantage des animateurs selon l&#8217;Esprit, que des chefs</p>
<p style="text-align: justify">selon le monde ;</p>
<p style="text-align: justify">- nous chercherons à être plus humainement présents, accueillants ;</p>
<p style="text-align: justify">- nous nous montrerons ouverts à tous, quelle que soit leur religion ;</p>
<p style="text-align: justify">13)  Revenus dans nos diocèses respectifs, nous ferons connaître à nos diocésains notre résolution, les priant de nous aider de leur compréhension, leur concours et leurs prières.</p>
<p style="text-align: justify">Que Dieu nous aide à être fidèles.</p>
<p style="text-align: left">Source : Informations catholiques internationales, 1<sup>er</sup> janvier 1966</p>
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		<title>La pensée magique, par Hervé Kempf</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 17:26:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
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		<description><![CDATA[Bien sûr, il n&#8217;y a rien à voir entre nous, Occidentaux éclairés du XXIe siècle, et les misérables peuplades qui vouaient un culte au cargo ou attachaient des pouvoirs surnaturels aux esprits de la forêt. Non, nous sommes rationnels, libres, conscients, irréductibles à toute trace de pensée magique. La pensée magique ? L&#8217;idée que face [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bien sûr, il n&#8217;y a rien à voir entre nous, Occidentaux éclairés du XXIe siècle, et les misérables peuplades qui vouaient un culte au cargo ou attachaient des pouvoirs surnaturels aux esprits de la forêt. Non, nous sommes rationnels, libres, conscients, irréductibles à toute trace de pensée magique. La pensée magique ? L&#8217;idée que face à une situation inextricable, des forces mystérieuses vont intervenir, si on sait les solliciter avec les égards appropriés, et résoudre le casse-tête.<span id="more-1433"></span></p>
<p>Oh, une auto électrique ! Elle est propre, elle est belle, elle ne pollue pas, elle arrive. Et hop ! Nous voilà débarrassés de ce satané problème de la voiture à pétrole qui émet plein de CO2. Ah, merci, merci, Technologie, merci Puissance miraculeuse de la Recherche et Développement, merci Ingénieurs et Chercheurs, prêtres du monde parfait, merci Capitalistes désintéressés, merci Industrie automobile au service de l&#8217;humanité !</p>
<p>Je caricature ? Non. Dans le capitalisme finissant, la technologie est une pensée magique, destinée à évacuer les questions délicates que génèrent les formes des relations sociales dans cette phase de l&#8217;histoire. Car l&#8217;auto, autant qu&#8217;objet technique, est un usage social.</p>
<p>Point central du dossier de l&#8217;auto électrique : d&#8217;où vient l&#8217;électricité ? Dans le monde, majoritairement de la combustion du charbon.</p>
<p>Si bien que l&#8217;absence de l&#8217;émission de CO2 par la voiture est compensée par l&#8217;émission de CO2 lors de la production d&#8217;électricité. Et d&#8217;ici à ce que les renouvelables soient à un niveau suffisant pour prendre le relais, de l&#8217;eau aura coulé sous les ponts. L&#8217;énergie nucléaire ? Pensée magique. Alignez les milliards d&#8217;euros et placez sous le tapis déchets nucléaires et risques d&#8217;accidents.</p>
<p>Autre point : la fabrication des autos et de leurs composants (notamment les batteries au lithium) a un impact environnemental majeur. Il faut opérer le bilan total de l&#8217;objet, de la production à la disparition. Une analyse dite du &laquo;&nbsp;cycle de vie&nbsp;&raquo; singulièrement absente des débats.</p>
<p>Mais l&#8217;enjeu est au fond ailleurs. D&#8217;accord, bien sûr, pour améliorer les techniques. Mais tout progrès sera annulé si on laisse augmenter le parc automobile. The Economist écrit ainsi sans s&#8217;émouvoir que &laquo;&nbsp;dans les prochaines quarante années, le nombre total d&#8217;autos dans le monde devrait quadrupler pour atteindre 3 milliards de véhicules&nbsp;&raquo;. Accepter cette idée, c&#8217;est se garantir l&#8217;aggravation de la crise écologique dans ses pires manifestations.</p>
<p>Il nous faut sortir de la pensée magique, arrêter de croire que la technologie tranchera les choix que nous ne voulons pas faire. La question de l&#8217;auto se pose en fait ainsi : comment allons-nous faire pour diviser par deux le parc automobile des pays développés ?</p>
<p>Passer en France, par exemple, de 37 millions de véhicules à 18 millions d&#8217;ici quarante ans ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/herve-kempf.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1434" title="herve-kempf" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/herve-kempf-300x200.jpg" alt="herve-kempf" width="300" height="200" /></a></p>
<p><strong>Auteur : Hervé Kempf (<a href="mailto:kempf@lemonde.fr">kempf@lemonde.fr</a>)<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 19.09.2009</strong></p>
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		<title>&#171;&#160;Une Eglise en attente de débats&#160;&#187;, par Elodie Maurot</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2009 08:40:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis le début de cette année 2009, les crises successives qui ont traversé l&#8217;Église catholique ont occasionné de nombreuses réactions, de multiples courriers et courriels, des discussions sur le parvis des églises&#8230; Ces prises de parole, instinctives autant que raisonnées, amènent à poser la question de la place du débat dans la vie de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de cette année 2009, les crises successives qui ont traversé l&#8217;Église catholique ont occasionné de nombreuses réactions, de multiples courriers et courriels, des discussions sur le parvis des églises&#8230; Ces prises de parole, instinctives autant que raisonnées, amènent à poser la question de la place du débat dans la vie de la communauté chrétienne. « <em>Aujourd&#8217;hui, il faut bien reconnaître que le débat est un peu atone</em> », répond le P. Paul Valadier.<span id="more-1094"></span> </p>
<p>Ce jésuite, philosophe au Centre Sèvres (Paris), se réjouit, du coup, de l&#8217;élan provoqué par les récentes difficultés. Un constat de fond que confirme le P. Frédéric Louzeau, président de la faculté Notre-Dame à Paris : « <em>Les débats de l&#8217;après-Concile n&#8217;ont pas trouvé de solution de fond. Si, aujourd&#8217;hui, les questions ne sont pas posées, ce n&#8217;est pas parce que les problèmes n&#8217;existeraient plus, mais parce que nous n&#8217;avons plus la force de les régler</em>. »</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/06/people.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1096" title="people" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/06/people.jpg" alt="people" width="300" height="277" /></a></p>
<p>Les difficultés éprouvées par l&#8217;Église devant le débat ne datent pas d&#8217;hier. Sans doute l&#8217;ecclésiologie très hiérarchique développée tout au long du XIXe siècle, en réaction défensive à la démocratisation des sociétés européennes, a laissé des traces tenaces. Malgré l&#8217;expérience profonde de dialogue réalisée à Vatican II et sa vision du Peuple de Dieu, l&#8217;opposition entre « Église enseignante » et « Église enseignée » ne s&#8217;efface que lentement.</p>
<h3>&laquo;&nbsp;On considérait qu&#8217;il n&#8217;y avait dans l&#8217;Église rien à inventer&nbsp;&raquo;</h3>
<p>« <em>Comme évêque</em>, témoigne Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d&#8217;Amiens, <em>j&#8217;ai souffert de ne pas avoir pu vivre une Église suffisamment disposée au débat, à la recherche, à l&#8217;écoute réciproque, à l&#8217;invention pour faire vivre l&#8217;Évangile aujourd&#8217;hui. Cela tient au fait que, jusqu&#8217;à encore récemment, on considérait qu&#8217;il n&#8217;y avait dans l&#8217;Église rien à inventer, mais seulement des choses à mieux faire comprendre, à mieux expliquer</em>. »</p>
<p>Parmi les difficultés plus récentes : une moindre visibilité des intellectuels catholiques, la diminution des écoles de théologie et des associations chrétiennes. Le départ silencieux de fidèles à partir des années 1970 apporte sa part d&#8217;explication. « <em>Beaucoup de ceux qui animaient le débat dans l&#8217;Église sont partis</em> », rappelle l&#8217;historien Denis Pelletier. Dans un mouvement inverse, les nominations épiscopales n&#8217;ont pas toujours promu des pasteurs très à l&#8217;aise dans le débat. « <em>Cela peut devenir douloureux, quand un évêque estime ne pas avoir besoin de débat dans son diocèse</em> », confie un vicaire épiscopal.</p>
<p>« <em>Les problèmes de réorganisation de l&#8217;Église sont tellement lourds qu&#8217;ils absorbent toutes les énergies</em>, note le P. Frédéric Louzeau. <em>Peu de lieux peuvent donner du temps, des personnes pour faire le travail du théologien, comme nous cherchons à le faire à la faculté Notre-Dame. Cela suppose des choix difficiles</em>. » La pâte humaine et les résistances psychologiques ont bien sûr aussi leur part. « <em>La projection d&#8217;une image maternelle absolue, vis-à-vis de l&#8217;Église, peut entraîner un rapport de soumission qui empêche une appropriation de la filiation</em>, souligne Jean-François Noël, prêtre et psychanalyste. <em>L&#8217;Église devient alors une figure intrusive où il n&#8217;y a pas de place pour penser, pour être soi-même</em>. »</p>
<h3>&laquo;&nbsp;La crise actuelle touche la question de l&#8217;appartenance au catholicisme&nbsp;&raquo;</h3>
<p style="text-align: left;">Pourtant, les sujets ne manquent pas au sein de la communauté catholique. « <em>Le débat qui occupe le plus les esprits est lié à la question des ministères, à la question du respect de la &laquo;&nbsp;citoyenneté ecclésiale&nbsp;&raquo; du laïc</em> », estime le P. Bernard Sesboüé, théologien au Centre Sèvres. Sur la place des laïcs dans l&#8217;Église, la conversion doctrinale s&#8217;est faite à Vatican II, explique-t-il, mais elle n&#8217;est pas complètement passée dans les faits : « <em>Le respect de la responsabilité chrétienne du laïc, au nom même de son baptême, n&#8217;est pas acquis</em>. »</p>
<p>Ces dernières semaines, les débats sur l&#8217;intégrisme, puis la morale (excommunications de Recife) ont amené beaucoup de catholiques à s&#8217;interroger sur leur identité même. « <em>La crise actuelle touche la question de l&#8217;appartenance au catholicisme, et l&#8217;affrontement entre catholiques a lieu sur les critères qui permettent de définir cette appartenance</em> », analyse Denis Pelletier.</p>
<p>Si l&#8217;envie de débats se manifeste, la conjoncture ecclésiale garde sa météo propre, redoutant parfois les « perturbations » que provoque tout débat. « <em>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;Église vit dans une ambiance de normalisation</em>, analyse le P. Sesboüé. <em>C&#8217;est un peu lié aux excès de langage ou d&#8217;interprétation qui ont pu avoir lieu après Vatican II. Du coup, nous vivons une période où poser certains problèmes semble incongru</em>. » Parmi ceux-ci, la crise de renouvellement du corps presbytéral, une crise « <em>manifeste et gravissime</em> » pour le théologien.</p>
<h3>Le débat avance doucement</h3>
<p>Pourtant, le sujet n&#8217;a pu être discuté lors de la visite de Benoît XVI aux évêques à Lourdes, en septembre dernier. « <em>Aucun évêque n&#8217;a eu la possibilité de remettre le problème du renouvellement du corps presbytéral entre les mains du pape,</em> déplore le jésuite<em>. Alors même que les évêques sont paniqués devant la perspective qu&#8217;il n&#8217;y aura, dans quelques années, que très peu de prêtres actifs dans certains petits diocèses, et que le maillage paroissial s&#8217;effondre en de nombreux endroits. On aurait pu imaginer que le pape reparte à Rome en emportant avec lui cette question&#8230;</em> »</p>
<p>En dépit des difficultés, hésitations ou résistances, le débat avance doucement, comme le montre l&#8217;expérience des synodes et des conseils paroissiaux, presbytéraux ou diocésains. « <em>Aucun groupe n&#8217;est humain s&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;échanges de paroles. Une famille où l&#8217;on ne se parle pas est une famille morte </em>», résume le P. Valadier. « <em>L&#8217;Église n&#8217;est pas une société d&#8217;autorité, mais une société où l&#8217;adhésion est centrale</em>, relève le dominicain Jean-Paul Durand, professeur de droit canonique à l&#8217;Institut catholique de Paris. <em>Si l&#8217;adhésion n&#8217;est pas cultivée, comment les gens peuvent-ils rester chrétiens ?</em> »</p>
<p>Comment, aussi, accompagner alors ceux pour qui le dialogue reste accessoire, voire incongru ? « <em>Le débat dans l&#8217;Église n&#8217;est pas quelque chose de superficiel ou de social. Il engage des liens au Christ vers le Père dans l&#8217;Esprit Saint</em> », répond le P. Durand, rappelant qu&#8217;il existe un « <em>régime du débat</em> » dans l&#8217;Église catholique, « <em>même s&#8217;il est largement ignoré</em> ». « <em>Le droit canonique indique que c&#8217;est un droit, un devoir et même une obligation pour tout fidèle de faire connaître à son évêque et aux autres chrétiens son &laquo;&nbsp;opinion&nbsp;&raquo;</em> », précise-t-il.</p>
<h3>&laquo;&nbsp;L&#8217;Église n&#8217;est pas une démocratie &laquo;&nbsp;</h3>
<p>« <em>Il ne faut pas avoir peur de poser des questions. Mais il faut les poser de manière raisonnable et raisonnée,</em> conclut Bernard Sesboüé<em>. Ce qui a fait beaucoup de tort à la conception du débat dans l&#8217;Église, c&#8217;est qu&#8217;on l&#8217;a parfois présenté au nom d&#8217;une conception immédiatement démocratique de l&#8217;Église. Or, l&#8217;Église n&#8217;est pas une démocratie &#8211; pas plus qu&#8217;une monarchie -, mais il y a en elle des éléments de responsabilité démocratique. N&#8217;oublions pas que c&#8217;est l&#8217;unanimité des fidèles qui est dépositaire de l&#8217;infaillibilité de l&#8217;Église</em>. »</p>
<p>Pour Mgr Noyer, c&#8217;est l&#8217;Évangile lui-même qui invite au débat : « <em>Le Christ n&#8217;a pas donné un texte, une loi, une institution,</em> souligne l&#8217;ancien évêque d&#8217;Amiens.<em> Il a donné son Esprit &#8211; et pas à une personne, mais à l&#8217;Église tout entière -, sous la forme de langues, comme pour nous inviter à dire les choses, à les dire ensemble à travers un échange qui s&#8217;enrichit des expériences de tous.</em> »</p>
<p><em><strong>Auteur : Elodie MAUROT<br />
Source : La Croix, édition du 29 mai 2009</strong></em></p>
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		<title>Témoignage Chrétien a besoin de nous</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 11:09:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;hebdomadaire Témoignage chrétien, dit TC, est une nouvelle fois confronté à la question de sa survie. Cette échéance s&#8217;inscrit dans l&#8217;histoire mouvementée de la presse d&#8217;opinion, depuis qu&#8217;en cette année 1941, des chrétiens entrés en résistance fondèrent Les Cahiers clandestins de Témoignage chrétien.
Dans le numéro de cette semaine, Hubert Debbasch, le président-directeur général, en poste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;hebdomadaire <em><strong>Témoignage chrétien</strong></em>, dit TC, est une nouvelle fois confronté à la question de sa survie. Cette échéance s&#8217;inscrit dans l&#8217;histoire mouvementée de la presse d&#8217;opinion, depuis qu&#8217;en cette année 1941, des chrétiens entrés en résistance fondèrent <em>Les Cahiers clandestins de Témoignage chrétien</em>.</p>
<p>Dans le numéro de cette semaine, Hubert Debbasch, le président-directeur général, en poste depuis octobre 2008, signe un appel de détresse<span id="more-694"></span>, sans équivoque : «<em>Témoignage chrétien va-t-il mourir ?</em> ». Au regard des chiffres, expliquet-il, l&#8217;hebdomadaire dans sa formule actuelle n&#8217;a que quelques mois d&#8217;espérance de vie. L&#8217;hebdomadaire confronté à la baisse de sa diffusion, estimée aujourd&#8217;hui à 8 000 exemplaires, et à un déficit en hausse, cherche à mobiliser de nouveaux actionnaires, à hauteur de 10000 € chacun, et de généreux donateurs.</p>
<p>Les principaux actionnaires historiques sont aujourd&#8217;hui l&#8217;association Témoignage chrétien pour 35,26 %, Jacques Maillot pour 31,28 %, l&#8217;agence de voyage <em>Terre entière</em> pour 9,11 %, et notamment Bayard, <em>Le Monde Diplomatique</em> et <em>Le Monde</em> pour 5,05 %. La vente l&#8217;an dernier des locaux historiques du journal et les plans sociaux successifs n&#8217;ont pas permis de donner à l&#8217;équipe de TC les moyens de relancer le titre, tant en kiosque que vers les nouvelles générations.</p>
<p>TC a besoin de 500 000 € pour passer le cap et permettre aux actions en cours d&#8217;aboutir. Cet appel à l&#8217;aide est accompagné de l&#8217;engagement, par écrit, de diverses personnalités scientifiques, politiques et religieuses, dont l&#8217;évêque émérite Mgr Jacques Noyer, qui réaffirment le «besoin» de TC qui «<em>loin des logiques fondamentalistes et identitaires, participe activement à l&#8217;édification d&#8217;une société laïque sans rien renier de son attachement à la foi chrétienne</em>». Jacques Delors (PS), Axel Kahn, généticien, et Jean-Claude Guillebaud sont quelques-uns des premiers signataires de l&#8217;appel également publié ce jeudi.</p>
<p>L&#8217;équipe de TC compte encore sur les décisions des récents états généraux de la presse et des mesures de sauvegarde annoncées en faveur du pluralisme pour assurer son avenir et intéresser des institutions diverses sur son sort.</p>
<p><em><strong>Auteur : Robert MIGLIORINI</strong></em></p>
<p><strong>Voir le site : </strong><a href="http://www.temoignagechretien.fr"><strong>www.temoignagechretien.fr</strong></a></p>
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		<title>Pousser les ménages à acheter ?, par Jean Gadrey</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 09:50:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Monde du 14 février 2009 propose cinq pistes pour « pousser les ménages à acheter ». Dans « Le nouvel état industriel », Galbraith citait Eisenhower, à qui l&#8217;on demandait ce que les citoyens pouvaient faire pour combattre la récession en cours à la fin des années 1950. Il répondit : Acheter ! Question [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le Monde</em> du 14 février 2009 propose cinq pistes pour « <em>pousser les ménages à acheter</em> ». Dans « <em>Le nouvel état industriel</em> », Galbraith citait Eisenhower, à qui l&#8217;on demandait ce que les citoyens pouvaient faire pour combattre la récession en cours à la fin des années 1950. Il répondit : <em>Acheter !</em> Question : <em>mais quoi ?</em> Réponse : <em>n&#8217;importe quoi !</em> Galbraith commente : « <em>Le pays tout entier résonna de slogans patriotiques incitant chacun à « en mettre un coup » et à consommer davantage. « Un achat aujourd&#8217;hui, un chômeur de moins, peut-être VOUS !</em> » ; « <em>acheter, c&#8217;est le devoir du citoyen</em> ».<span id="more-674"></span> Pour installer sa domination, le capitalisme et ses acteurs moteurs ont eu besoin de transformer en profondeur les comportements et les aspirations des individus. La première façon d&#8217;assujettir les individus aux impératifs économiques de la révolution industrielle a été la « <em>mise au travail salarié</em> ». Travailler plus pour gagner plus et consommer plus n&#8217;est vraiment pas un comportement inscrit de tout temps dans l&#8217;esprit humain, même chez les plus démunis ! Comme l&#8217;ont montré les historiens, il en a fallu des contraintes et des incitations, des mesures d&#8217;expropriation, de la production idéologique, de l&#8217;appel à la morale industrieuse pour (tenter de) produire le travailleur salarié et discipliné dont le capitalisme industriel avait besoin. Cela n&#8217;a que partiellement réussi. L&#8217;offensive se poursuit en permanence.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-681" title="jean_gadrey" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/02/jean_gadrey-270x300.jpg" alt="jean_gadrey" width="270" height="300" /></p>
<p>Mais produire le travailleur adapté ne suffisait pas. Il fallait produire le consommateur comme débouché de la production. Les grandes entreprises du 20ème siècle allaient s&#8217;en charger. Seules d&#8217;abord, puis avec l&#8217;aide d&#8217;autres institutions, dont l&#8217;État keynésien. Le premier temps a été le « fordisme » : il fallait que les ouvriers gagnent suffisamment pour pouvoir vivre et se loger plus décemment, mais aussi pour envisager d&#8217;acheter&#8230; une voiture.</p>
<p>Pourtant, distribuer des revenus en hausse selon un principe fordiste ne suffit pas nécessairement à remonter le « moral des ménages », expression qui exprime crûment l&#8217;assimilation du mieux-être (le moral) au « <em>consommer plus</em> ».</p>
<p>Le système est confronté au risque majeur d&#8217;une consommation qui ne décolle pas, avec des individus rétifs qui épargnent (surtout si l&#8217;avenir est incertain), qui ne souhaitent pas s&#8217;endetter et qui refusent de travailler plus pour consommer plus. Pour un système dopé à la croissance, la réticence à la dépense est une incivilité critique. Il faut mettre au point des dispositifs pour la conjurer. C&#8217;est l&#8217;étape de la production institutionnalisée de l&#8217;avidité permanente. Galbraith l&#8217;a remarquablement décrite dès 1967 dans « <em>Le nouvel État industriel</em> ».</p>
<h3>DES DISPOSITIFS PUISSANTS ET COUTEUX</h3>
<p>Depuis, le système a fortement développé ces dispositifs. Le <strong>montant des dépenses mondiales de publicité et sponsoring approche 600 milliards de dollars en 2008</strong>, soit trois fois ce qui permettrait de régler sur le plan financier les problèmes les plus urgents des pays en développement (les « objectifs du millénaire »).</p>
<p>Mais la publicité n&#8217;est pas le seul dispositif de production du « consommateur-débouché ». Elle est <strong>inséparable de deux autres activités des grandes entreprises : le marketing et l&#8217;innovation marginale permanente</strong>, le renouvellement accéléré des produits sur la base de « bricoles » présentées comme le nec plus ultra. S&#8217;y ajoutent les marques (voir Naomi Klein dans « <em>No logo</em> »), la mode, le crédit à la consommation, la « <em>persuasion clandestine</em> » (titre d&#8217;un livre de 1958 de Vance Packard), l&#8217;information publique et privée, les médias économiques et d&#8217;affaires, les multiples mises en scène télévisées de la vie matérielle idéale. Ces dispositifs nous prennent pour cible, pour nous faire acheter ce que les grandes entreprises ont conçu pour nous. Pour nous convaincre que le superflu nous est absolument nécessaire.</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Un « autre monde » implique une remise en cause radicale du statut de consommateur-débouché autant que des représentations du salarié et de la nature comme « facteurs de production », qui sont des figures de l&#8217;assujettissement moderne à la marchandisation du monde.</span></span> </span></p>
<h3>ET LES PLUS PAUVRES ? ET LA CRISE ?</h3>
<p>Ce qui précède, écrit début 2006 dans <em>Politis</em>, peut sembler dépassé alors que la crise s&#8217;approfondit, que le chômage enfle et que montent partout des revendications de progression du pouvoir d&#8217;achat. Ne s&#8217;agit-il pas d&#8217;idées de bobos-écolos-intellos-aisés ?</p>
<p>Non. La production organisée de l&#8217;avidité ne vise pas que les riches et les « classes moyennes ». Les chaînes de la restauration rapide et les multinationales de l&#8217;agro-alimentaire sont aujourd&#8217;hui accusées par les associations de consommateurs et par les médecins de <strong>pousser à la consommation de produits dont le prix est aussi bas qu&#8217;est élevée leur teneur en graisse, en sucre et en CO2</strong>. Elles organisent, autour de ces produits à risques, destinés en priorité à des gens modestes, des campagnes permanentes de publicité, y compris dans les émissions télévisées pour enfants.<br />
Les ménages à bas revenu n&#8217;ont pas assez de ce qui pourrait contribuer à leur bien-être, et en particulier, aujourd&#8217;hui, ils sont mal logés et ils manquent d&#8217;accès universel et gratuit à la santé, à l&#8217;éducation, à des transports collectifs, aux services pour la petite enfance et les personnes âgées, à un environnement sain, etc. La pauvreté est une situation de privation de « droits à&#8230; », au-delà du droit à disposer d&#8217;un revenu décent. Les plus pauvres sont d&#8217;un côté limités dans leur accès à des services liés à des droits, et, de l&#8217;autre, ils sont conduits à dépenser leurs maigres ressources monétaires dans le cadre du système de l&#8217;avidité, du crédit, de l&#8217;envie et de la frustration, sous l&#8217;emprise des marques, de la publicité, de la « malbouffe », de la pression au renouvellement des biens. Les officines de crédit à la consommation prospèrent sur le dos des pauvres, avec des taux d&#8217;usuriers et des pratiques inhumaines de recouvrement et de poursuites en justice. Tout cela contribue à aggraver la pauvreté comme privation de droits. <strong>UN SYSTEME QUI N&#8217;EST PAS FAIT POUR REPONDRE A DES BESOINS, MAIS POUR PRODUIRE DES DESIRS A DES FINS LUCRATIVES, EST PARTICULIEREMENT NOCIF POUR LES PAUVRES</strong>.</p>
<p>Dans les dépenses des ménages, on distingue, d&#8217;une part, les « dépenses contraintes », dont le logement, l&#8217;eau, le gaz, l&#8217;électricité et autres « charges » et, d&#8217;autre part, ce qui reste pour « faire ses courses ». Or, <strong>entre 2001 et 2006, pour les 20 % des ménages aux plus bas revenus, ce « reste à vivre » est passé de 45 % du revenu total à seulement 25 %, principalement à cause de la hausse des dépenses liées au logement</strong>.</p>
<p>On peut, sans faire de la croissance économique une condition, améliorer nettement la vie des ménages à faible pouvoir d&#8217;achat, y compris aux Antilles, par la redistribution indispensable des revenus, mais aussi par la maîtrise politique du foncier, du logement social (et écologique), par la gratuité d&#8217;accès à des services publics redevenant universels, par une profonde réorganisation de la production et de son contrôle partant de délibérations sur les besoins. S&#8217;agissant des Antilles, voyez le « manifeste pour des produits de haute nécessité », vous le trouverez peut-être idéaliste ou poétique, ou trop inspiré par Gorz, mais sans de tels stimulants nous ne sortirons pas de la crise systémique actuelle.</p>
<p><strong>Il faut substituer à la revendication de progression indéfinie du pouvoir d&#8217;achat celle du partage équitable et durable du pouvoir de bien vivre</strong>. Cela permettrait à la grande majorité de vivre mieux que sous le régime du pouvoir d&#8217;achat du consommateur-débouché drogué par les dealers de croissance et de crédit. Non, il ne faut pas « pousser les gens à acheter » au sein d&#8217;un système qui nous conduit au désastre, il faut produire, consommer et vivre mieux dans une société solidaire.</p>
<p><strong><em>Auteur : Jean Gadrey<br />
Source :</em> http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey</strong></p>
<p>Jean Gadrey, 65 ans, est Professeur émérite d&#8217;économie à l&#8217;Université Lille 1. Ses domaines de recherche sont la « Socio-économie des services » et les « Nouveaux indicateurs de richesse », titres de deux livres récents publiés à La Découverte, coll. Repères. S&#8217;y ajoute le thème des inégalités, objet d&#8217;un essai &laquo;&nbsp;<em>En finir avec les inégalités</em>&nbsp;&raquo; (Mango, 2006). Il est membre du CNIS (Conseil National de l&#8217;Information Statistique). Il publie régulièrement des articles ou tribunes dans <em>Alternatives économiques</em>, <em>Les Cahiers français</em>, <em>Politis</em>, et <em>Le Monde</em>.</p>
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		<title>Dire notre tristesse&#8230; et notre révolte !</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 11:05:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
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		<description><![CDATA[« Nous sommes aussi l&#8217;Eglise » qui n&#8217;est pas pour une autre Eglise mais une Eglise autre, est en accord avec le Bureau de la Fédération « Les réseaux du Parvis », dont NSAE est membre, pour affirmer qu&#8217;elle s&#8217;associe à tous ceux qui souffrent déjà de la situation actuelle de l&#8217;Eglise catholique fermée à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« Nous sommes aussi l&#8217;Eglise » qui n&#8217;est pas pour une autre Eglise mais une Eglise autre, est en accord avec le Bureau de la Fédération « Les réseaux du Parvis », dont NSAE est membre, pour affirmer qu&#8217;elle s&#8217;associe à tous ceux qui souffrent déjà de la situation actuelle de l&#8217;Eglise catholique fermée à la modernité et à l&#8217;esprit de Vatican II.<span id="more-633"></span></p>
<p>Nous sommes proches de tous ceux qui seront encore une fois blessés par la réconciliation de la Curie Romaine avec les intégristes et un révisionniste&#8230; Quand verrons-nous le même souci d&#8217;unité envers les chrétiens d&#8217;ouverture ?<br />
A quand la fin des excommunications qui n&#8217;ont plus de sens pour l&#8217;Eglise et le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui ?</p>
<p>Communiqué du 29 janvier 2009</p>
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		<title>Les Allemands lancent la Pétition Vaticanum 2</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 10:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[« C&#8217;est la reconnaissance absolue des décisions arrêtées au Concile de Vatican II qui est réclamée ».La levée de l&#8217;excommunication pontificale qui avait frappé des évêques de la Confrérie traditionnaliste Saint Pie X signifie, telle qu&#8217;elle a été rendue publique le 24 janvier 2009 et aux yeux des signataires, la réintégration de personnes qui se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« C&#8217;est la reconnaissance absolue des décisions arrêtées au Concile de Vatican II qui est réclamée ».</strong>La levée de l&#8217;excommunication pontificale qui avait frappé des évêques de la Confrérie traditionnaliste Saint Pie X signifie, telle qu&#8217;elle a été rendue publique le 24 janvier 2009 et aux yeux des signataires, la réintégration de personnes qui se sont manifestées ouvertement et se manifestent toujours comme des adversaires des réformes qui ont commencé avec le CONCILE DE VATICAN II.</p>
<p><strong>Au vu des propos antisémites qui nient l&#8217;extermination des Juifs par les nationaux-socialistes</strong>, tels qu&#8217;ils sont tenus par RICHARD WILLIAMSON, évêque auxiliaire, et ses partisans, nous partageons la révolte de nos sœurs et de nos frères de religion juive. Nous constatons en outre que, dans son ensemble, l&#8217;attitude de la Confrérie Saint Pie X envers le judaïsme ne correspond pas aux exigences du Concile concernant le dialogue judéo-chrétien. Nous saluons les propos tenus à ce sujet par la Conférence des Evêques d&#8217;Allemagne et par le Comité central des Catholiques allemands, ainsi que les déclarations claires de la Conférence des Evêques de France et d&#8217;autres évêques.</p>
<p><strong>Les soussignés voient une claire indication de la marche à suivre</strong> lorsque le Pape Benoît XVI a arrêté cette levée à une date toute proche de l&#8217;anniversaire symbolique qui rappelle l&#8217;annonce d&#8217;un concile convoqué par le Pape Jean XXIII. Ce rtetournement fait craindre que des parties de l&#8217;Eglise catholique reviennent pour constituer une chapelle réservée et antimoderniste.</p>
<p>Par ce pas en arrière on donne à des parties de l&#8217;Eglise Catholique Romaine le droit de refuser ouvertement &#8211; à côté de bien d&#8217;autres détails &#8211; l&#8217;esprit et la lettre de documents importants du CONCILE DE VATICAN II, tels que le Décret sur l&#8217;œcuménisme « <em>Unitatis redintegratio</em> », la Déclaration sur les religions non-chrétiennes « <em>Nostra Aetate</em> », la Déclaration sur la Liberté religieuse « <em>Dignitatis humanae</em> » de même que la Constitution pastorale sur l&#8217;Eglise dans le Monde de ce Temps « <em>Gaudium et spes</em> ». Il est actuellement encore impossible de mesurer toute l&#8217;ampleur des répercussions fatales entraînées ainsi pour la crédibilité de l&#8217;Eglise Catholique romaine. Le prix en sera incontestablement trop élevé !</p>
<p><strong>Malgré tout le respect que nous inspirent les efforts du Pape en faveur de l&#8217;unité dans l&#8217;Eglise</strong> il nous apparaît comme particulièrement révoltant de voir que ces nouvelles avances du Vatican en faveur du mouvement schismatique des traditionnalistes se sont faites visiblement sans aucune condition préalable. En juin 2008, pour le 20ème anniversaire de l&#8217;excommunication qui avait frappé Marcel Lefebvre, la Confrérie traditionnaliste de prêtres a décliné une invitation du Saint-Siège en vue d&#8217;une réconciliation dans les domaines de la théologie et de la politique ecclésiale et n&#8217;a pas donné suite à l&#8217;invitation de Rome lui demandant de signer une déclaration en cinq points énonçant les conditions d&#8217;une réintagration possible dans l&#8217;Eglise romaine.</p>
<p><strong>Un retour dans la pleine communauté avec l&#8217;Eglise catholique</strong> ne pourra se faire que si les décisions arrêtéees au CONCILE DE VATICAN II sont respectées sans réserve en paroles et en actes, comme cela avait été exigé également dans le Motu Proprio « <em>Summorum Pontificum</em> » à propos du rite tridentin.</p>
<p>Tant que le Vatican ne s&#8217;efforcera que de ramener les « brebis perdues » qui sont à la frange traditionnaliste de l&#8217;Eglise sans lever pour autant d&#8217;autres excommunications, tant qu&#8217;il supervisera les procédures concernant les critiques doctrinales dirigées contre des théologiennes et des théologiens soucieux de réformes et tant qu&#8217;il ne sera pas prêt au dialogue avec des cercles réformistes, le navire de l&#8217;Eglise catholique partira gravement à la dérive.</p>
<p>Essen, 28 janvier 2009.<br />
Responsable juridique de la rédaction : Prof. Norbert Scholl, Angelhofweg 24b, D-69259 Wilhelmsfeld.</p>
<p>Il est possible de signer cette pétition <a href="http://www.petition-vaticanum2.org/pageID_7299014.html" target="_blank">en cliquant ici</a>.</p>
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		<title>Crise à Gaza : la France doit demander une commission internationale d&#8217;enquête indépendante sur les violations des droits humains</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/01/21/crise-a-gaza-la-france-doit-demander-une-commission-internationale-denquete-independante-sur-les-violations-des-droits-humains/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Jan 2009 14:35:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Choquées par l&#8217;absence de réaction adéquate au piétinement des conventions internationales relatives aux droits de l&#8217;Homme et au droit international humanitaire dans le contexte du conflit entre Israël et le Hamas, les organisations Amnesty International France, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, la Fédération internationale des Ligues des droits de l&#8217;Homme et son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Choquées par l&#8217;absence de réaction adéquate au piétinement des conventions internationales relatives aux droits de l&#8217;Homme et au droit international humanitaire dans le contexte du conflit entre Israël et le Hamas, les organisations Amnesty International France, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, la Fédération internationale des Ligues des droits de l&#8217;Homme et son affiliée française, la Ligue des Droits de l&#8217;Homme, appellent la France<span id="more-575"></span> à demander la mise en place d&#8217;une commission internationale d&#8217;enquête indépendante sur les graves violations de ces droits dans le cadre de cette crise.</p>
<p>Les violations graves des conventions internationales relatives aux droits de l&#8217;Homme et au droit international humanitaire dans le contexte de la crise actuelle à Gaza, dont la communauté internationale a été témoin depuis trois semaines, pourraient constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l&#8217;humanité.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-595" title="gaza" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/01/20080301gazabombe-300x206.jpg" alt="gaza" width="300" height="206" /></p>
<p>Le 9 janvier dernier, le Conseil des droits de l&#8217;Homme a mandaté une commission internationale d&#8217;enquête, mais les Européens &#8211; dont la France &#8211; se sont abstenus de voter la résolution proposée, que le Canada a rejetée. Il est donc essentiel que le Conseil de sécurité agisse dès maintenant en faveur des victimes du conflit et fasse jouer son autorité morale ainsi que sa dimension incriminante.</p>
<p>Partie à la IVe Convention de Genève, la France a l&#8217;obligation juridique de s&#8217;assurer que toute violation grave du droit international humanitaire est dûment documentée et ses auteurs poursuivis.</p>
<p>Membre permanent du Conseil de sécurité, dont elle assume en ce mois de janvier la Présidence, la France a également l&#8217;influence internationale nécessaire pour s&#8217;assurer que les demandes d&#8217;enquête se traduisent en actions concrètes &#8211; comme l&#8217;ont notamment demandé le Secrétaire général des Nations unies, suite aux bombardements des bâtiments des Nations unies, mais également des organisations israéliennes et palestiniennes de défense des droits humains.</p>
<p>La France, par l&#8217;intermédiaire de son ambassadeur au Conseil de sécurité, rappelait cette semaine encore son attachement à la « responsabilité de protéger » les populations civiles, ainsi qu&#8217;à la lutte contre l&#8217;impunité des auteurs des crimes les plus graves. [1]</p>
<p>Face à l&#8217;horreur et l&#8217;inhumanité des attaques commises sous nos yeux, au delà des déclarations, elle doit faire en sorte que le Conseil de sécurité agisse immédiatement sur le retour de l&#8217;Etat de droit.</p>
<p style="text-align: left;">Communiqué commun Amnesty International France, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, la FIDH et la LDH, Paris, 20 janvier 2009</p>
<p>CONTACTS PRESSE :<br />
Amnesty International France : Aurélie Chatelard &#8211; 01 53 38 65 77 ou 06 76 94 37 05<br />
FIDH : Gaël Grillot &#8211; 01 43 55 90 19<br />
Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : Maxime Guimberteau &#8211; 06 98 90 18 87 ou 01 40 36 41 46</p>
<p>[1] Le 14 janvier dernier, à l&#8217;occasion d&#8217;un débat au Conseil de sécurité sur la protection des civils dans les conflits armés, la France a en effet déclaré que « <em>la France est particulièrement attachée à la mise en œuvre concrète du concept de responsabilité de protéger</em> », et que « <em>la communauté internationale doit être prête à se mobiliser en cas d&#8217;incapacité ou d&#8217;absence de volonté des Etats</em> », en précisant que cela implique « <em>d&#8217;intervenir au plus fort des crises pour stopper les crimes les plus atroces</em> » et « <em>d&#8217;agir [en] amont pour les prévenir</em> », et d&#8217;ajouter en particulier « <em>Quelle serait la protection des civils sans lutte contre l&#8217;impunité ? Les responsables des crimes les plus graves doivent être poursuivis et sanctionnés. La France réitère en particulier son appui à l&#8217;action de la Cour Pénale internationale et appelle tous les Etats à adhérer au Statut de Rome</em>. »</p>
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		<title>Gaza, et ce que je lirai demain dans vos journaux, par Mustafa Barghouthi</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2009 15:19:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Ramallah, 27 décembre 2008. Et je lirai demain, dans vos journaux, que la trêve est finie à Gaza. Ce n&#8217;était donc pas un siège, mais une forme de paix, ce camp de concentration fauché par la faim et la soif. Et de quoi dépend la différence entre la paix et la guerre ? De la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ramallah, 27 décembre 2008. Et je lirai demain, dans vos journaux, que la trêve est finie à Gaza. Ce n&#8217;était donc pas un siège, mais une forme de paix, ce camp de concentration fauché par la faim et la soif. Et de quoi dépend la différence entre la paix et la guerre ? De la comptabilité des morts ?  Et les enfants rongés par la malnutrition, on les met sur quel compte ? Meurt-il de guerre ou de paix, celui qui meurt parce que l&#8217;électricité manque dans le bloc opératoire ? On dit paix quand il n&#8217;y a pas de missile &#8211; mais comment dit-on quand tout le reste manque ?<span id="more-514"></span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-512 aligncenter" title="mustafa-barghouti" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/05/mustafa-barghouti-209x300.jpg" alt="mustafa-barghouti" width="209" height="300" /> </p>
<p>Et je lirai dans vos journaux, demain, que tout cela n&#8217;est qu&#8217;une attaque préventive, que ce n&#8217;est qu&#8217;un droit légitime, inviolable d&#8217;autodéfense. La quatrième puissance militaire du monde, ses muscles nucléaires contre des missiles de tôle, du papier mâché et du désespoir. Et naturellement on va me préciser qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une attaque contre des civils &#8211; et d&#8217;ailleurs comment pourrait-elle l&#8217;être si trois hommes qui causent de la Palestine ici, au coin de la rue, sont pour les lois israéliennes un noyau de résistance et donc un groupe illégal, une force combattante ? &#8211; si dans les documents officiels nous sommes marqués comme une entité ennemie et, sans plus le moindre frein éthique, le cancer d&#8217;Israël ? Si le but est d&#8217;éradiquer le Hamas &#8211; tout cela renforce le Hamas. Vous arrivez à bord des avions de chasse pour exporter la rhétorique de la démocratie, à bord des avions de chasse vous revenez ensuite étrangler l&#8217;exercice de la démocratie &#8211; mais quelle autre option reste-t-il ? Ne la laissez pas vous exploser dessus soudain. Ce n&#8217;est pas le fondamentalisme qu&#8217;on bombarde en ce moment mais tout ce qui s&#8217;y oppose. Tout ce qui ne restitue pas gratuitement à cette férocité indiscriminée une haine égale et contraire, mais une parole nue de dialogue, la lucidité de raisonner, le courage de déserter &#8211; ce n&#8217;est pas une attaque contre le terrorisme cela, mais contre l&#8217;autre Palestine, tierce et différente, tandis qu&#8217;elle esquive des missiles coincée entre la complicité du Fatah et la myopie du Hamas. Il était en train de m&#8217;assassiner par autodéfense, j&#8217;ai du l&#8217;assassiner par autodéfense &#8211; un jour les survivants le raconteront ainsi.</p>
<p>Et demain je lirai dans vos journaux que tout processus de paix est impossible, les Israéliens, hélas, n&#8217;ont personne avec qui parler. Et en effet &#8211; comment pourraient-ils l&#8217;avoir, retranchés derrière un Mur de béton de huit mètres ? Et surtout &#8211; pourquoi devraient-il l&#8217;avoir, si la Feuille de Route n&#8217;est que l&#8217;énième arme de distraction de masse pour l&#8217;opinion publique internationale ? Quatre pages où l&#8217;on nous demande, par exemple, d&#8217;arrêter les attaques terroristes et où l&#8217;on dit qu&#8217;en échange Israël ne va entreprendre aucune action pouvant miner la confiance entre les deux parties comme &#8211; textuellement &#8211; les attaques contre les civils. Assassiner des civils ne mine pas la confiance, mais le droit, c&#8217;est un crime de guerre, ce n&#8217;est pas une question de courtoisie. Et si Annapolis est un processus de paix, tandis qu&#8217;en attendant, ici, la seule carte qui progresse sont les terres confisquées, les oliviers arrachés les maisons démolies, les colonies élargies &#8211; pourquoi alors la proposition saoudienne n&#8217;est-elle pas un processus de paix ? La fin de l&#8217;occupation en échange de la reconnaissance de la part de tous les Etats arabes. Pouvons-nous avoir au moins un signe de réaction ? Quelqu&#8217;un là, par hasard, écoute-t-il de l&#8217;autre côté du Mur ?</p>
<p>Mais je suis là à vous raconter du vent. Parce que demain je ne lirai qu&#8217;une ligne dans vos journaux et seulement demain, ensuite je ne lirai, encore, que l&#8217;indifférence. Et ce n&#8217;est que cela que je sens, tandis que les F16 survolent ma solitude vers des centaines de dommages collatéraux dont je connais chaque nom, chaque vie &#8211; seulement un vertige d&#8217;abandon et d&#8217;égarement infinis. Européens, Américains et Arabes aussi &#8211; parce qu&#8217;est devenue la souveraineté égyptienne, au passage de Rafah, la morale égyptienne, au sceau de Rafah ? &#8211; nous sommes simplement seuls. Vous défilez ici, une délégation après l&#8217;autre &#8211; et en parlant, aurait dit Garcia Lorca, les mots restent dans l&#8217;air, comme des bouchons dans l&#8217;eau. Vous offrez des aides humanitaires mais nous ne sommes pas des mendiants, nous voulons dignité, liberté, des frontières ouvertes, nous ne demandons pas de faveurs, nous revendiquons des droits. Et, au contraire, vous arrivez, indignés et désireux de participer et vous demandez ce que vous pouvez faire pour nous. Une école ? une clinique peut-être ? des bourses ? Et nous essayons à chaque fois de vous convaincre &#8211; non, pas la généreuse solidarité, enseignait Bobbio, seulement la sévère justice &#8211; des sanctions, des sanctions contre Israël. Mais vous répondez &#8211; neutres à chaque fois et donc partageant le déséquilibre, partisans des vainqueurs &#8211; non, cela serait antisémite. Mais qui est plus antisémite, ceux qui ont vicié Israël un pas après l&#8217;autre pendant soixante ans, jusqu&#8217;à le défigurer au point d&#8217;en faire le pays le plus dangereux au monde pour les Juifs ou ceux qui l&#8217;avertissent qu&#8217;un Mur marque un ghetto des deux côtés ?</p>
<p>Est-il peut-être antisémite de relire Hannah Arendt aujourd&#8217;hui où c&#8217;est nous, les Palestiniens, son écume de la terre, est-il antisémite de revenir illuminer ses pages sur le pouvoir et la violence, sur la dernière race soumise au colonialisme britannique, qui auraient été, in fine, les Anglais eux-mêmes ? Non, ce n&#8217;est pas de l&#8217;antisémitisme, mais l&#8217;exact contraire, de soutenir les nombreux Israéliens essayant d&#8217;échapper à une nakbah appelée sionisme. Parce qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une attaque contre le terrorisme mais contre l&#8217;autre Israël, tiers et différent, tandis qu&#8217;il esquive la pensée unique coincé entre la complicité de la gauche et la myopie de la droite.</p>
<p>Je sais ce que je lirai, demain, dans vos journaux. Mais pas d&#8217;autodéfense, pas d&#8217;exigence de sécurité. Tout cela ne s&#8217;appelle qu&#8217;apartheid &#8211; et génocide. Parce que peu importe que les politiques israéliennes, techniquement, collent ou non au millimètre avec les définitions délicatement ciselées par le droit international, son formalisme aristocratique, sa prétendue objectivité ne sont que l&#8217;énième collatéralité, ici, qui seconde et multiplie la force des vainqueurs. L&#8217;essence de ces avions est votre neutralité, est votre silence, le son de ces explosions. Quelqu&#8217;un se sentit Berlinois, devant un autre Mur. Combien de morts encore, pour vous sentir des citoyens de Gaza?</p>
<p>Mustafa Barghouthi<br />
<strong>Source : <a href="http://www.michelcollon.info">www.michelcollon.info</a></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>De nos valeurs à nos résistances, par Michel Deheunynck</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 08:19:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Nos associations n&#8217;ont pas toutes la même sensibilité, et chacun de vous se retrouvera sûrement plus sur certains points et moins sur d&#8217;autres. Nous ne prétendons pas être tous d&#8217;accord sur tout. Commençons néanmoins par quelques définitions parmi d&#8217;autres du terme « résistances » selon différents dictionnaires. Chacun, individuellement ou collectivement, retiendra celle qui lui parle le plus :

Action [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="TEXT-ALIGN: left">Nos associations n&#8217;ont pas toutes la même sensibilité, et chacun de vous se retrouvera sûrement plus sur certains points et moins sur d&#8217;autres. Nous ne prétendons pas être tous d&#8217;accord sur tout. Commençons néanmoins par quelques définitions parmi d&#8217;autres du terme « résistances » selon différents dictionnaires. Chacun, individuellement ou collectivement, retiendra celle qui lui parle le plus :<span id="more-466"></span></p>
<ul type="disc">
<li>Action de s&#8217;opposer à une force physique, morale ou envahissante ; à une agression, une contrainte, une oppression ;</li>
<li>Capacité variable d&#8217;annuler ou de diminuer l&#8217;effet d&#8217;une force hostile ;</li>
<li>Force morale qui consiste à faire contrepoids aux difficultés, aux épreuves de la vie ;</li>
<li>Phénomène par lequel les organismes parviennent à supporter un agent qui leur est normalement défavorable (c&#8217;est l&#8217;exemple des bactéries qui résistent aux antibiotiques) ;</li>
<li>Concept qui désigne le fait de ne pas être ouvert à une réalité extérieure ;</li>
<li>Mouvement qui s&#8217;oppose à l&#8217;occupation par des forces envahissantes ;</li>
<li>Refus d&#8217;accepter de subir les contraintes, violences ou vexations jugées insupportables, qui sont exercées par une autorité contre les libertés individuelles ou collectives.</li>
</ul>
<p>Dans la Bible, j&#8217;ai relevé 15 fois les termes de <em>résistance </em>ou de <em>résister </em>: 4 fois dans l&#8217;Ancien Testament (Ezechiel, Daniel, Proverbes, II° Macchabées), 11 fois dans le Nouveau Testament (Matthieu, Luc, deux occurences dans Actes, I° Corinthiens, Hébreux, trois occurences dans Jacques, deux occurences dans I° Pierre).</p>
<p>Reprenons maintenant nos valeurs communes et les résistances qu&#8217;elles induisent, dans l&#8217;ordre dans lequel nous les avions dégagées il y a un an. Vous vous souvenez que la première de ces valeurs était :</p>
<h3>NOTRE VOLONTE D&#8217;ETRE FIDELES AU MESSAGE DE L&#8217;EVANGILE</h3>
<p>Mais quel est-il, ce message de l&#8217;Evangile ?</p>
<p>Il me semble que c&#8217;est d&#8217;abord un message qui nous révèle qu&#8217;en notre frère Jésus, Dieu est impliqué, compromis dans notre vie, individuelle ou collective. Il est au coude à coude avec nous. Il résiste avec nous.</p>
<p>Mais l&#8217;Evangile, c&#8217;est surtout un grand message de libération qui peut se décliner en différents points qui, chacun, engagent nos capacités de résistance :</p>
<ul>
<li>C&#8217;est un message émancipatoire, de résistance contre tout ce qui infantilise ;</li>
<li>C&#8217;est un message réhabilitant, de résistance contre tout ce qui dégrade l&#8217;image de soi ;</li>
<li>C&#8217;est un message décentralisant, de sortie des sanctuaires, d&#8217;ouverture sur des chemins de laïcité ;</li>
<li>Et c&#8217;est un message d&#8217;universalisation : l&#8217;Amour de Dieu n&#8217;est pas réservé aux meilleurs, aux plus méritants, aux plus performants, aux plus « saints ». Il est pour tous.</li>
</ul>
<p>Mais pour être pour tous, il doit être d&#8217;abord pour les derniers qui ont vocation évangélique à être les premiers&#8230; Oui, car si notre République, dans sa devise nationale, a une prétention égalitaire (qu&#8217;elle renie, comme on sait, dans les faits), l&#8217;Evangile, lui, est clairement inégalitaire puisque ce sont les derniers qui sont les premiers ! S&#8217;il nous appelle à la libération des opprimés, des exploités dans le contexte d&#8217;aujourd&#8217;hui, c&#8217;est parce que c&#8217;est aussi une façon de libérer leurs oppresseurs, leurs exploiteurs. La portée de ce message est donc universelle. Et puis, les paraboles de l&#8217;Evangile ne nous appellent pas à être des semeurs, à dire aux autres ce qu&#8217;ils doivent penser, ce qu&#8217;ils doivent faire, comment il faut aimer ; mais des moissonneurs, à reconnaître et valoriser ce que Dieu a semé chez eux, loin des dispositifs et des repères religieux, qui souvent font obstacle à cette portée universelle de l&#8217;Evangile et qui sont autant d&#8217;appels à nos résistances.</p>
<h3>NOTRE PRIORITE A L&#8217;HUMAIN ET AUX CHEMINS D&#8217;HUMANISATION</h3>
<p>Cela nous appelle d&#8217;abord à résister à tout ce qui, aujourd&#8217;hui, est survalorisé par rapport à l&#8217;humain : c&#8217;est bien sûr l&#8217;escalade du profit financier. Ce n&#8217;est pas la peine d&#8217;insister beaucoup, on voit bien aujourd&#8217;hui où cela nous mène&#8230; quand tout ce qui est construit sur les solidarités est cassé. J&#8217;y reviendrai.</p>
<p>C&#8217;est aussi un certain usage démesuré des nouvelles technologies qui fait que toute une partie de la vie s&#8217;organise désormais dans un monde virtuel, hors humanité : le MP3 sur les oreilles, et autour les autres n&#8217;existent plus ; plus besoin les uns des autres pour trouver son chemin, on a le GPS ; et avec la commande vocale, c&#8217;est à un objet que l&#8217;on parle ; etc.</p>
<p>Mais c&#8217;est ensuite résister à tout ce qui oublie que, dans l&#8217;humain lui-même, le plus important, c&#8217;est le cœur, les tripes, le fond de notre être individuel et collectif. Ce n&#8217;est pas l&#8217;apparence, ni les performances physiques, économiques, intellectuelles, vertueuses, militantes, même pour les bonnes causes.</p>
<p>Dans mon travail, en ZEP, je dis souvent à l&#8217;enfant en difficulté scolaire : <em>tu vaux plus que tes notes </em>; à l&#8217;ado déviant et décrocheur : <em>tu vaux autant que les premiers de la classe</em>.</p>
<p>Et c&#8217;est encore résister à certains donneurs de leçons en humanité, telle l&#8217;Eglise qui s&#8217;obstine, dans ses positions bioéthiques, à réduire la définition de notre humanité à un simple agencement cellulaire initié dans un œuf, bien en deçà de toute capacité relationnelle, amoureuse, sexuée, solidaire qui seule peut définir pleinement la grandeur de l&#8217;humain, aussi handicapé biologique soit-il par ailleurs.</p>
<p>Et c&#8217;est aussi résister à tout ce qui prétend normaliser les modes de vie et d&#8217;expression de la pensée, de la foi, de l&#8217;amour. Et encore résister aux effets de modes, à l&#8217;identification à un modèle dominant, économique ou religieux. L&#8217;humain n&#8217;est ni une variable d&#8217;ajustement comme dans l&#8217;économie, ni un instrument communautariste comme dans la religion.</p>
<p>Les chemins d&#8217;humanisation, ce sont les chemins de la réalisation de chacun. Non par individualisme, bien sûr, mais parce que c&#8217;est la différence de chacun qui lui permet d&#8217;être contributif à la solidarité de l&#8217;ensemble. Et, inversement, seul un monde solidaire peut permettre à chacun d&#8217;être vraiment lui-même.</p>
<p>De quoi résister contre bien des stratégies de formatage !</p>
<h3>NOTRE IMPERATIF DE DIALOGUE ET DE DEBAT</h3>
<p>Là, nos résistances s&#8217;opèrent souvent au-dedans de nous. Parce que cela suppose d&#8217;admettre que la vérité n&#8217;appartient à personne, qu&#8217;elle est à recevoir les uns des autres. Cela nous démarque déjà de l&#8217;institution ecclésiale qui se croit détentrice de la vérité et se positionne souvent en donneuse de leçons, comme dans l&#8217;exemple précédent.</p>
<p>Mais sur nos parvis, ce n&#8217;est pas forcément si simple. Face à tout ce qui ne va pas, dans la société et dans l&#8217;Eglise, nos formes de résistance peuvent être différentes. Ainsi, parmi nous, certains se révèlent plus réformateurs, d&#8217;autres plus radicaux, par exemple devant la crise actuelle du capitalisme. Mais on pourrait s&#8217;entendre pour dire que lorsqu&#8217;un système, dans son fonctionnement, semble injuste, inhumain, alors il faut le rendre plus juste, plus humain, l&#8217;humaniser. Mais si ce système, dans sa logique même, est pervers, alors il faut le combattre ! Et, pour être plus constructif, lui substituer un autre mode de rapports humains. De quoi mobiliser nos résistances actives&#8230;</p>
<p>Autre exemple de débat sur le parvis : certains parmi nous participent d&#8217;une façon critique à l&#8217;Eglise instituée. D&#8217;autres n&#8217;y sont pas, n&#8217;y sont plus ou ne veulent même plus s&#8217;en préoccuper. Certains ne veulent plus de prêtres ; d&#8217;autres qu&#8217;il y ait des femmes prêtres&#8230; on peut aspirer à une Eglise décléricalisée, mais se dire que, tant qu&#8217;il y a des prêtres, il est inadmissible que ce ne soient que des mecs. On peut très bien penser que le mariage ne doit plus être normatif pour une vie de couple, mais aussi que, tant qu&#8217;il existe, il ne doive plus être réservé aux hétéros.</p>
<p>Résister ensemble ne consiste surtout pas à renoncer à nos différences. Nous réunir, partager, débattre, avec nos différences, c&#8217;est déjà une forme de résistance contre l&#8217;individualisme. Confronter nos utopies, c&#8217;est déjà une forme de résistance contre le fatalisme. Nous organiser sur le parvis, à la marge des lieux convenus pour ça, c&#8217;est déjà une forme de résistance contre le conformisme institué.  Là encore, notre atypie est une forme de résistance contre tout ce qui se veut normatif.</p>
<h3>SOLIDARITE, FRATERNITE</h3>
<p style="TEXT-ALIGN: left">Qu&#8217;il s&#8217;agisse de solidarité ou de fraternité, on est là dans le cadre d&#8217;une relation de parité, ce qui est à l&#8217;opposé, à la fois, de la compétitivité, bien sûr, mais aussi de la générosité, de la charité qui sont, l&#8217;une comme l&#8217;autre, des rapports de disparité qui ne font qu&#8217;entretenir et cautionner les inégalités.</p>
<p>A l&#8217;opposé aussi de toutes les tentatives pour fragiliser, casser les solidarités :</p>
<ul>
<li>La casse des solidarités instituées, celles qui sont, par exemple, à la base du principe de la sécu. Peu à peu, on ne cotise plus pour ceux qui ont plus de besoins et moins de moyens que soi, mais chacun pour soi-même.</li>
<li>La casse des solidarités vécues et toutes les manœuvres de division : les salariés du secteur marchand contre ceux du service public ; les usagers contre les syndiqués ; les parents contre les enseignants ; ceux qui se lèvent tôt contre ceux qui se couchent tard ; les bons immigrés contre les «pas bons» ; les associations qui les soutiennent les unes contre les autres, etc.</li>
</ul>
<p>En mécanique, on dit que deux pièces sont solidaires lorsqu&#8217;elles bougent ensemble. Ceux et celles dont nous sommes solidaires sur les parvis ou ailleurs, nous font bouger avec eux. L&#8217;effet de la solidarité n&#8217;est pas seulement que leur vie change, mais que la nôtre change aussi. C&#8217;est donc bien une relation de parité.</p>
<p>Un exemple de nouvelle forme de solidarité que nous avons expérimentée cette année : les cercles de silence en soutien aux sans papiers, auxquels nombre d&#8217;entre nous et de nos associations ont participé activement, et qui se sont rapidement développés dans tout le pays. De même pour l&#8217;emploi, le droit du travail, la santé, l&#8217;école, le logement&#8230;Que d&#8217;actions collectives, de solidarités vécues et de résistances mises en œuvre !</p>
<p>Plus largement, notre sens évangélique de la solidarité nous porte vers les exclus, les perdants, les marginaux, les mis de côté, les oubliés. Cette expression de notre solidarité, dans son caractère de parité, est d&#8217;autant plus authentique que nous sommes nous-mêmes sur nos parvis, en marge, mal reconnus, mal aimés, laissés pour compte&#8230; par une institution ecclésiale qui destitue Jacques Gaillot mais canonise Ballaguer ; qui sanctionne les prophètes des peuples révoltés mais béatifie les franquistes ; qui met à genoux ceux que notre frère Jésus a mis debout ; qui fait faire marche arrière aux croyants que l&#8217;Evangile fait aller de l&#8217;avant&#8230; Contre tout cela nous résistons !</p>
<p>Certains d&#8217;entre nous, certaines de nos associations, engagent plus leur solidarité sur le terrain social ; d&#8217;autres plus sur le terrain ecclésial. Mais c&#8217;est la même volonté de résistance qui nous anime face à une société économique et face à une institution religieuse qui, l&#8217;une comme l&#8217;autre, génèrent tant d&#8217;exclus.</p>
<p>Dans la solidarité avec ces exclus, c&#8217;est là que s&#8217;exprime notre capacité de résistance. Et c&#8217;est ce même esprit de résistance qui nous permet aussi de rester solidaires entre nous, malgré nos différences.</p>
<h3>RECHERCHE SPIRITUELLE, RECHERCHE DE SENS</h3>
<p style="TEXT-ALIGN: left">Là sont en jeu nos résistances intérieures, parfois même entre des influences diverses qui peuvent nous traverser. C&#8217;est aussi là que nous résistons en revendiquant notre liberté dans notre façon de penser, de croire, d&#8217;aimer&#8230; Aussi je ne me permettrai pas d&#8217;en faire une synthèse dans laquelle nous devrions tous nous retrouver. Je dirai seulement que dans la recherche de soi-même et du sens de la vie, notre rapprochement sur le parvis fait que nos résistances deviennent collectives et porteuses de lien social. Nous recherchons et nous donnons une dimension collective à notre existence, à notre espérance, à nos utopies et à nos combats.</p>
<p>Pour ma part, je vois là le sens majeur de chacune de nos vies : qu&#8217;elle fasse grandir les autres. Cela suppose de résister à la fois à tout ce qui accrédite l&#8217;idée que réussir sa vie, c&#8217;est soit gagner plus que les autres comme le prétendent les financiers, soit être meilleur et plus méritant qu&#8217;eux comme le soutiennent les bien-pensants de la religion.</p>
<p>Je vous livre un petit passage de l&#8217;Evangile qu&#8217;on ne reprend pas souvent ou qu&#8217;on lit trop vite. C&#8217;est au chapitre 10 de Matthieu :</p>
<p><strong><em>Qui accueille un prophète comme prophète sera reconnu comme prophète ; qui accueille un juste comme juste sera reconnu comme juste</em>.</strong></p>
<p>Ce n&#8217;est donc pas notre valeur propre qui nous juge, mais la valeur que nous reconnaissons chez les autres. Ce n&#8217;est donc pas notre propre avancée dans la vie qui compte mais celle que nous permettons aux autres de faire.</p>
<p>Notre parvis est le lieu de cette interaction mutuelle, de ce chemin que nous nous permettons les uns aux autres de faire, non seulement dans nos vies, mais chacun dans la profondeur de lui-même.</p>
<p>Enfin, chercher le sens, c&#8217;est aussi résister aux moyens qui se prennent pour des buts : l&#8217;argent qui travaille pour lui-même au lieu de travailler pour les échanges et la création ; l&#8217;Eglise qui s&#8217;annonce elle-même au lieu d&#8217;annoncer l&#8217;Evangile ; etc.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: center"><strong>*</strong></p>
<p>En conclusion, je me permets un petit jeu de mot : en électricité, l&#8217;unité de résistance, c&#8217;est l&#8217;ohm. Chez nous, ce n&#8217;est pas seulement l&#8217;homme, mais aussi la femme, les hommes, les femmes, les peuples, tous ceux pour qui les libertés à conquérir sont d&#8217;abord des libertés collectives qui font grandir les autres  et nous font grandir avec eux.</p>
<p><strong>Intervention de Michel Deheunynck prononcée le 29 novembre 2008 lors de l&#8217;Assemblée générale de la Fédération Réseaux des Parvis à Saint-Jacut (Bretagne).</strong></p>
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		<item>
		<title>Néocolonialisme agraire, par Christian Bouquet</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/12/20/neocolonialisme-agraire-par-christian-bouquet/</link>
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		<pubDate>Sat, 20 Dec 2008 18:47:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Parmi les &#171;&#160;bienfaits&#160;&#187; des colonisations conduites au XIXe siècle, il y eut l&#8217;introduction forcée et la culture obligatoire du coton dans les régions de savanes africaines : au Tchad, par exemple, chaque chef de famille était tenu de cultiver une &#171;&#160;corde&#160;&#187; de coton, soit environ un demi-hectare, afin d&#8217;approvisionner l&#8217;industrie textile française. En contrepartie, sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les &laquo;&nbsp;bienfaits&nbsp;&raquo; des colonisations conduites au XIXe siècle, il y eut l&#8217;introduction forcée et la culture obligatoire du coton dans les régions de savanes africaines : au Tchad, par exemple, chaque chef de famille était tenu de cultiver une &laquo;&nbsp;corde&nbsp;&raquo; de coton, soit environ un demi-hectare, afin d&#8217;approvisionner l&#8217;industrie textile française. En contrepartie, sa récolte lui était payée et, quand on lui avait retenu les avances sur les semences, les engrais et les pesticides, il lui restait trois sous pour participer aux débuts de la société de consommation.<span id="more-476"></span></p>
<p>On était à la fin des années 1920. Les paysans tchadiens ignoraient ce qu&#8217;était l&#8217;anticolonialisme, mais ils avaient bien compris que la nouvelle tâche qui leur était imposée était inique : elle tombait à la même saison que la culture du sorgho vivrier, elle doublait la quantité de travail, et elle occupait une parcelle consacrée à l&#8217;indispensable jachère, seule technique possible de régénération des sols. Beaucoup se révoltèrent, mais la &laquo;&nbsp;chicote&nbsp;&raquo; coloniale eut tôt fait de les calmer, et les courageuses dénonciations d&#8217;André Gide ne furent guère entendues en métropole.</p>
<p>A l&#8217;aube du XXIe siècle, la décolonisation est &#8211; dit-on &#8211; achevée, le travail forcé est interdit, et le monde entier peut être informé en temps réel de la plus petite exploitation de l&#8217;homme par l&#8217;homme, fût-elle commise au coeur de la Nouvelle-Guinée ou de l&#8217;Amazonie. Et pourtant, aussi insidieuse que légale, une nouvelle forme de colonisation des terres a commencé à s&#8217;instiller dans les régions les plus pauvres de la planète, et nul ne proteste. Au contraire, les premiers intéressés sont même parfois demandeurs, comme ces représentants de la région indonésienne de Papouasie qui ont démarché des investisseurs saoudiens en leur offrant un million d&#8217;hectares pour qu&#8217;ils puissent y produire les céréales dont manque l&#8217;Arabie saoudite, moyennant quelques investissements dans les infrastructures et quelques miettes vivrières pour les populations locales.</p>
<h3>ON NE SPOLIE PLUS, ON ACHÈTE</h3>
<p>A cette occasion, on découvre que le processus n&#8217;est pas nouveau : le Brésil a concédé plus de 5 millions d&#8217;hectares à des étrangers depuis 2000. Mais la crise alimentaire vient de donner une légitimité à la démarche car, pour assurer leur &laquo;&nbsp;sécurité alimentaire&nbsp;&raquo;, les pays qui en ont les moyens n&#8217;hésitent plus à se porter acquéreur ou à louer des superficies de plus en plus vastes de terres à l&#8217;étranger. C&#8217;est ainsi que la Corée du Sud vient de rendre public le contrat passé par le groupe Daewoo avec Madagascar et, cette fois-ci, l&#8217;offensive est de taille, puisqu&#8217;elle porte sur 1,3 million d&#8217;hectares pour produire 4 millions de tonnes de maïs et 500 000 tonnes d&#8217;huile de palme.</p>
<p>Sécurité alimentaire ? Ce n&#8217;est pas si sûr, et quand bien même les pays riches nourriraient-ils quelques craintes dans ce domaine qu&#8217;il serait indécent d&#8217;aller faire fabriquer leur pain quotidien dans les champs de ceux qui meurent de faim. C&#8217;est plus probablement un nouvel avatar du bon vieux colonialisme, relooké en fonction des réalités du moment, qui permet de continuer à aller chercher les matières premières là où elles se trouvent au meilleur prix.</p>
<p>Autrefois, on utilisait la force militaire pour asservir les populations faibles, au détriment des droits humains élémentaires, notamment du droit des peuples à disposer d&#8217;eux-mêmes. Aujourd&#8217;hui, toutes les règles du droit des affaires sont respectées : on ne spolie plus, on achète ou on loue. Les grandes compagnies minières l&#8217;ont bien compris, mais on n&#8217;imaginait pas que l&#8217;agriculture finirait par<br />
intéresser les spéculateurs.</p>
<p>Or, depuis le début des années 1990, la Banque mondiale a décrété que la propriété privée de la terre était une valeur universelle, et elle a entrepris d&#8217;imposer au monde ce principe sous le nom de &laquo;&nbsp;sécurisation&nbsp;&raquo; des terres. Tout le monde, dit-elle, devrait donc y trouver son compte, et ce sont d&#8217;ailleurs souvent les chefs des Etats pauvres qui mettent eux-mêmes leur pays en viager. Hélas, comme du temps de la colonisation, la &laquo;&nbsp;rente&nbsp;&raquo; qui y est attachée profite très peu aux petits paysans.</p>
<p>Ceux-ci vont même assez rapidement constater que non seulement ils ne vont rien gagner mais, pour la plupart, ils vont tout perdre et seront contraints d&#8217;aller grossir les hordes de pauvres qui s&#8217;entassent dans les bidonvilles des grandes villes des pays du Sud. Car les immenses superficies concédées aux pays riches ou aux multinationales du Nord seront cultivées sur un mode intensif, soit quatre hommes pour 1 000 hectares.</p>
<p>Cette ruée vers les terres cultivables atteignant des proportions inquiétantes, chacun y va de son couplet : &laquo;&nbsp;c&#8217;est un pacte néocolonial&nbsp;&raquo; déclare Jacques Diouf (FAO) ; &laquo;&nbsp;il faut une protection des populations locales&nbsp;&raquo; estime Alain Joyandet ; &laquo;&nbsp;cela pose un problème de gouvernance&nbsp;&raquo; affirme Michel Barnier. Oui mais, à part le dire, on fait quoi ?</p>
<p>Christian Bouquet, professeur de géographie politique et du développement<br />
à l&#8217;université Bordeaux-III<br />
Source : Le Monde, 18.12.08</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-477" title="madagascar" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/12/madagascar.jpg" alt="madagascar" width="600" height="400" /></p>
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		<title>Le mouvement altermondialiste et la crise de la mondialisation, par Gustave Massiah</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Dec 2008 15:15:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Forum Social Mondial (FSM) de Bélèm ouvre un nouveau cycle du mouvement altermondialiste. Il aura lieu en Amazonie au cœur des limites de l&#8217;écosystème planétaire et devra se poser la question majeure des contradictions entre la crise écologique et la crise sociale. Il sera marqué par le nouveau mouvement social et citoyen en Amérique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Forum Social Mondial (FSM) de Bélèm ouvre un nouveau cycle du mouvement altermondialiste. Il aura lieu en Amazonie au cœur des limites de l&#8217;écosystème planétaire et devra se poser la question majeure des contradictions entre la crise écologique et la crise sociale. Il sera marqué par le nouveau mouvement social et citoyen en Amérique Latine, l&#8217;alliance des peuples indigènes, des femmes, des ouvriers, des paysans et des sans-terre, de l&#8217;économie sociale et solidaire.<span id="more-473"></span></p>
<p>Ce mouvement civique a construit des nouveaux rapports entre le social et le politique qui ont débouché sur de nouveaux régimes et ont renouvelé la compréhension de l&#8217;impératif démocratique. Il a infléchi l&#8217;évolution du continent montrant ainsi l&#8217;importance des grandes régions dans la mondialisation et face à la crise de l&#8217;hégémonie des Etats-Unis. Le mouvement altermondialiste devra aussi répondre à la nouvelle situation mondiale née de la crise ouverte de la phase néolibérale de la mondialisation capitaliste.</p>
<h3>Un mouvement des mouvements</h3>
<p>Le mouvement altermondialiste dans ses différentes significations est porteur d&#8217;un nouvel espoir né du refus de la fatalité ; c&#8217;est le sens de l&#8217;affirmation « un autre monde est possible ». Nous ne vivons pas « La Fin de l&#8217;Histoire » ni « Le Choc des civilisations ». La stratégie du mouvement altermondialiste s&#8217;organise autour de la convergence des mouvements sociaux et citoyens qui mettent en avant la solidarité, les libertés et la paix. Dans l&#8217;espace du FSM, ils confrontent leurs luttes, leurs pratiques, leurs réflexions et leurs propositions. Ils construisent aussi une nouvelle culture politique fondée sur la diversité, les activités autogérées, la mutualisation, « l&#8217;horizontalité » préférée à la hiérarchie.</p>
<p>A travers les forums, une orientation stratégique s&#8217;est dégagée, celle de l&#8217;accès pour tous aux droits fondamentaux. C&#8217;est la construction d&#8217;une alternative à la logique dominante, à l&#8217;ajustement de chaque société au marché mondial à travers la régulation par le marché mondial des capitaux. A l&#8217;évidence imposée qui prétend que la seule manière acceptable pour organiser une société c&#8217;est la régulation par le marché, nous pouvons opposer la proposition d&#8217;organiser les sociétés et le monde à partir de l&#8217;accès pour tous aux droits fondamentaux. Cette orientation commune donne son sens à la convergence des mouvements et se traduit par une nouvelle culture de la transformation qui se lit dans l&#8217;évolution de chacun des mouvements.</p>
<p>Les débats en cours dans le mouvement mettent en avant la question stratégique. Elle soulève la question du pouvoir qui renvoie au débat sur l&#8217;Etat et recoupe celle des partis, et la question du modèle de transformation sociale et de la nature du développement.</p>
<p>Le mouvement altermondialiste ne se résume pas aux Forums Sociaux, mais le processus des forums y occupe une place particulière. Le mouvement altermondialiste ne cesse de s&#8217;élargir et de s&#8217;approfondir. Elargissement géographique, social, thématique, il a connu une montée en puissance considérable en moins de dix ans. Pour autant, il n&#8217;a pas gagné, même si la crise par bien des aspects valide nombre de ses analyses et justifie son appel aux résistances. Le mouvement altermondialiste est un mouvement historique qui s&#8217;inscrit dans la durée. Il prolonge et renouvelle les trois mouvements historiques précédents. Le mouvement historique de la décolonisation ; et de ce point de vue l&#8217;altermondialisme a modifié en profondeur les représentations Nord-Sud au profit d&#8217;un projet mondial commun. Le mouvement historique des luttes ouvrières ; et de ce point de vue, est engagée la mutation vers un mouvement social et citoyen mondial. Le mouvement des luttes pour la démocratie à partir des années 1960-70 ; et de ce point de vue le renouvellement de l&#8217;impératif démocratique après l&#8217;implosion du soviétisme en 1989 et les régressions portées par les idéologies sécuritaires. La décolonisation, les luttes sociales, l&#8217;impératif démocratique et les libertés constituent la culture de référence historique du mouvement altermondialiste.</p>
<h3>La crise de la mondialisation</h3>
<p>Le mouvement altermondialiste est confronté à la crise de la mondialisation que l&#8217;on peut caractériser comme une crise de la mondialisation capitaliste dans sa phase néo-libérale. Cette crise n&#8217;est pas une surprise pour le mouvement ; elle était prévue et annoncée depuis longtemps. Trois grandes questions déterminent l&#8217;évolution de la situation à l&#8217;échelle mondiale et marquent les différents niveaux de la transformation sociale (mondiale, par grande région, nationale et locale). Le système dominant est confronté à une triple crise : la crise écologique mondiale qui est devenue patente ; la crise du néolibéralisme ; la crise géopolitique avec la fin de l&#8217;hégémonie des Etats-Unis. La crise de l&#8217;hégémonie états-unienne s&#8217;approfondit rapidement. L&#8217;évolution des grandes régions se différencie, d&#8217;autant que les réponses de chaque région à la crise de l&#8217;hégémonie américaine sont différentes. La lutte contre la prétendue guerre des civilisations et la très réelle guerre sans fin constituent une des priorités du mouvement altermondialiste.</p>
<p>La phase néolibérale semble à bout de souffle. La nouvelle crise financière est d&#8217;une particulière gravité. Ce n&#8217;est pas la première crise financière de cette période (Mexique, Brésil, Inde, Argentine, etc.) et elle ne suffit pas à elle seule à caractériser l&#8217;essoufflement du néolibéralisme. La déclinaison des différentes crises est plus singulière. La crise monétaire accroît les incertitudes sur les réaménagements des monnaies. La crise immobilière aux Etats-Unis révèle le rôle que joue le surendettement, et ses limites, en tant que moteur de la croissance. La crise énergétique et la crise climatique révèlent les limites de l&#8217;écosystème planétaire. La crise alimentaire d&#8217;une exceptionnelle gravité peut remettre en cause des équilibres plus fondamentaux. L&#8217;approfondissement des inégalités et des discriminations, dans chaque société et entre les pays, atteint un niveau critique et se répercute sur l&#8217;intensification des conflits et des guerres et sur la crise des valeurs. Les institutions responsables de la régulation du système économique international (FMI, Banque Mondiale, OMC) n&#8217;ont plus de légitimité.</p>
<p>Le G8 s&#8217;est réuni pour résoudre les problèmes de la planète. Même replâtré en G20, avec quelques gros pays de plus, il n&#8217;a aucune légitimité pour le faire. Seules les Nations Unies et leur Assemblée Générale, quelques soient leurs limites, peuvent parler au nom de tous. D&#8217;autant que ce sont les mêmes qui ont la plus grande part de responsabilité dans la crise actuelle. Le G20 n&#8217;a pas de solution parce qu&#8217;il est le problème. C&#8217;est aux peuples et aux sociétés de se faire entendre.</p>
<p>L&#8217;incertitude demeure sur les temps et les horizons de la crise. Il est probable qu&#8217;un nouveau cycle caractérisera les 25 à 40 prochaines années. La crise du néolibéralisme, du point de vue idéologique, est fortement liée à la montée en puissance de l&#8217;altermondialisme qui a aiguisé les contradictions internes au système. Pour autant, la crise du néolibéralisme ne signifie pas sa disparition inéluctable. De plus, le mouvement altermondialiste n&#8217;est pas le seul mouvement antisystémique par rapport à la logique dominante du système. D&#8217;autres mouvements intégristes divers peuvent aussi contester le cours dominant. Plusieurs scénarios sont possibles à moyen terme, avec plusieurs variantes : un néolibéralisme conforté, une dominante néoconservatrice, une variante néokeynésienne. Une issue altermondialiste est très peu probable à court terme, les conditions politiques n&#8217;étant pas encore remplies ; mais le renforcement du mouvement altermondialiste pèsera sur les issues possibles.</p>
<p>C&#8217;est dans les cinq à dix ans que se formalisera la nouvelle rationalité économique, comme le néolibéralisme s&#8217;est imposé, à partir de tendances existantes, entre 1979 et 1985. Il reste une discussion sur la suite de ce cycle à venir. Immanuel Wallerstein fait l&#8217;hypothèse d&#8217;un retournement du cycle séculaire, voire même multiséculaire, posant pour les trente ou quarante prochaines années, la question historique d&#8217;un dépassement du capitalisme et donnant ainsi une portée nouvelle à l&#8217;altermondialisme.</p>
<h3>Les opportunités ouvertes par la crise de la mondialisation</h3>
<p>L&#8217;idéogramme chinois qui représente la crise, fort ancien et vénérable, associe deux signes, contradictoires comme il se doit pour toute bonne dialectique, celui des dangers et celui des opportunités.</p>
<p>Le premier danger concerne la pauvreté. La sortie de crise recherchée consiste à faire payer la crise aux pauvres, et d&#8217;abord aux discriminés et aux colonisés. Il s&#8217;agit aussi de raboter les couches moyennes. Et même, si ça ne suffit pas, de faire payer certaines catégories de riches ; ce qui laisse préfigurer de fortes contradictions.</p>
<p>Pour faire passer de telles politiques, il faudra beaucoup de répression, de criminalisation des mouvements sociaux, de pénalisation de la solidarité, d&#8217;instrumentalisation du terrorisme, d&#8217;idéologie sécuritaire, d&#8217;agitation raciste, islamophobe et nationaliste, d&#8217;exploitation des boucs émissaires, des migrants et des roms. Cette évolution ira dans certaines régions vers des régimes autoritaires et répressifs et même vers des fascismes et des populismes fascisants.</p>
<p>Une autre sortie de crise cible des pays qui seront marginalisés et ruinés. Les risques de guerre sont aussi une issue classique des grandes crises. N&#8217;oublions pas que le monde est déjà en guerre et que près de un milliard de personnes vivent dans des régions en guerre. Les conflits sont permanents et la déstabilisation systématique. Les formes de guerre ont changé avec la militarisation des sociétés, l&#8217;apartheid global, la guerre des forts contre les faibles, la banalisation de la torture.</p>
<p>On peut lutter contre ces dangers par des résistances, des alliances et des coalitions pour les libertés, la démocratie et la paix.</p>
<p>Les dangers sont connus, les opportunités ouvertes le sont moins. Quatre opportunités sont ouvertes par la crise. D&#8217;abord, la défaite idéologique du néolibéralisme favorise la montée en puissance de la régulation publique. Ensuite, la redistribution des richesses redonne une possibilité de retour du marché intérieur, de stabilisation du salariat et de garantie des revenus et de la protection sociale, de redéploiement des services publics. De plus, le rééquilibrage ente le Nord et le Sud ouvre une nouvelle phase de la décolonisation et une nouvelle géopolitique du monde. Il s&#8217;accompagne d&#8217;une nouvelle urbanisation et des migrations qui sont les nouvelles formes du peuplement de la planète. Enfin, la crise du modèle politique de représentation rend incontournable la démocratie sociale et le renforcement de la démocratie représentative par la démocratie participative.</p>
<p>Un rééquilibrage possible entre le Nord et le Sud ouvre une nouvelle phase de la décolonisation. Elle suit la phase qui va de 1979 à 2008, de reprise en main par la gestion de la crise de la dette, le contrôle des matières premières et les interventions militaires. Entre trente et cinquante pays émergents, dont les trois les plus dynamiques Brésil, Inde, Chine, peuvent défendre leur point de vue et leurs intérêts. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un monde multipolaire mais d&#8217;un nouveau système géopolitique international. Les conséquences pourraient être considérables, notamment pour les termes de l&#8217;échange international et pour la nature des migrations.</p>
<p>Il y a deux conditions à cette évolution qui ne se fera pas sans bouleversements. La première condition est que les pays émergents soient capables de changer leur modèle de croissance en privilégiant le marché intérieur et la consommation des couches populaires et moyennes par rapport aux exportations. Cette déconnexion est possible. La deuxième condition est que les pays émergents construisent des formes d&#8217;unité entre les pays du Sud. La première phase de la décolonisation avait échoué en grande partie quand les pays pétroliers, après le choc de 1977, avaient laissé la division s&#8217;installer entre les pays du Sud, permettant au G7, appuyé sur le FMI et la Banque Mondiale, d&#8217;imposer l&#8217;ajustement structurel.</p>
<p>La redistribution des richesses, nécessaire par rapport à la logique du néolibéralisme et par ses excès, ouvre une tentation néo-keynésienne. Elle conforte la tendance à réhabiliter le marché intérieur, plutôt à l&#8217;échelle des grandes régions qu&#8217;à l&#8217;échelle nationale. Elle pourrait se traduire par la réhabilitation des systèmes de protection sociale et d&#8217;une relative stabilité salariale. Les planchers des revenus et leur progression retrouveraient un rôle en tant que moteur de croissance par rapport au surendettement qui a déclenché la crise des « subprimes ». L&#8217;accès aux droits pour tous, dont les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sont un pâle succédané retrouveraient droit de cité.</p>
<p>Il y a deux conditions à cette hypothèse qui ne se confond pas avec l&#8217;idée d&#8217;un simple retour au modèle keynésien d&#8217;avant le néolibéralisme. La première condition est la nécessité de répondre aux limites écologiques qui rendent dangereux un prolongement du productivisme. La contradiction entre l&#8217;écologique et le social est devenue déterminante, son dépassement est primordial. La deuxième condition est la nécessité d&#8217;une régulation ouverte à l&#8217;échelle mondiale par rapport à la régulation nationale complétée par le système de Bretton Woods des années soixante.</p>
<p>La montée en puissance de la régulation publique achèvera la défaite idéologique du néo-libéralisme. Le néolibéralisme est toujours dominant mais l&#8217;idéologie néo-libérale a subi une défaite cuisante, il lui sera difficile de s&#8217;en relever. Les nationalisations dites temporaires, le temps de sortir de la crise, seront difficiles à renvoyer au cabinet des débarras. Les fonds souverains avaient déjà ouvert la voie à des interventions inattendues des Etats au niveau de la mondialisation. L&#8217;évaluation des privatisations, jusque là demandées sans succès, réservera certainement des surprises. La nouvelle rationalité pourra difficilement continuer à subordonner complètement la régulation aux marchés et à confondre le privé avec les capitaux et leurs marchés. De même l&#8217;associatif pourrait ne pas être considéré comme une sous-catégorie non viable des entreprises. Le retour de la régulation publique pourrait prendre d&#8217;autre forme que l&#8217;étatisation classique et combiner socialisation et contrôle démocratique. Les différentes formes de propriété sociale et collective pourraient trouver une nouvelle légitimité. Les nationalisations pourraient s&#8217;adapter à la construction des grandes régions.</p>
<p>Le renouvellement des modèles de pouvoir et de représentation devrait être au centre des recompositions économiques et sociales. Il est probable que la reconstruction du lien social trouvera de nouvelles opportunités par rapport aux formes juridiques de la démocratie imposées par le haut. Les inégalités de revenus et la relation entre le revenu minimum et le revenu maximum seraient bien plus sensibles. La démocratie resterait une référence mais les déterminants pourraient changer. Les systèmes institutionnels et électoraux pourraient plus difficilement être considérés comme indépendants des situations sociales. Les revendications devraient mettre plus en évidence les libertés individuelles et collectives et leurs garanties. L&#8217;accès aux droits individuels et collectifs pour tous devrait fonder une démocratie sociale sans laquelle la démocratie politique perdrait beaucoup de son attractivité. Les formes d&#8217;articulation entre la démocratie participative et la démocratie représentative, et leur liaison primordiale avec la démocratie sociale, devraient progresser et se diversifier.</p>
<p>D&#8217;autres évolutions, déjà entamées devraient prendre plus d&#8217;importance. Les collectivités locales élargiront leur rôle de pouvoirs locaux et d&#8217;institutions locales. L&#8217;alliance stratégique entre les collectivités locales et les mouvements associatifs seront au fondement des territoires et de la citoyenneté de résidence.</p>
<p>En mettant en évidence le potentiel porté par les résistances et les pratiques actuelles, l&#8217;altermondialisme donne une perspective à la sortie de la crise actuelle dans ses différentes configurations. Il permet de fonder, contre les conservatismes autoritaires et répressifs, les coalitions pour les libertés et la démocratie. Il permet de lutter contre l&#8217;alliance possible entre les néolibéraux et les néokeynésiens en poussant les résistances et les revendications pour la modernisation sociale. Il permet de pousser le néokeynésiannisme radical dans ses limites. Il permet d&#8217;esquisser les alternatives qui caractériseront un autre monde possible.</p>
<p>Mais il faut aller plus loin. Après tout, si le capitalisme n&#8217;est pas éternel, la question de son dépassement peut être d&#8217;actualité. Et nous pourrions commencer dès maintenant à revendiquer et à construire un autre monde possible.</p>
<p>Source : <a href="http://www.michelcollon.info">http://www.michelcollon.info</a><br />
24 novembre 2008</p>
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		<title>En finir avec les paradis fiscaux !</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/11/25/en-finir-avec-les-paradis-fiscaux/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 Nov 2008 12:09:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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		<description><![CDATA[Vous avez l&#8217;impression d&#8217;être impuissants face aux dérives de la finance mondiale ! Or des associations et services d&#8217;Eglise militent pour mettre fin à l&#8217;injustice des paradis fiscaux. Vous pouvez les soutenir.
Comment ? Tout simplement en cliquant ici et en signant par Internet la lettre ouverte au Président de la République Nicolas Sarkozy.


Le G20 et les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/paradis-fiscaux208.jpg"></a>Vous avez l&#8217;impression d&#8217;être impuissants face aux dérives de la finance mondiale ! Or des associations et services d&#8217;Eglise militent pour mettre fin à l&#8217;injustice des paradis fiscaux. Vous pouvez les soutenir.<br />
Comment ? Tout simplement <a href="http://petition.blog.pelerin.info/" target="_blank">en cliquant ici</a> et en signant par Internet la lettre ouverte au Président de la République Nicolas Sarkozy.<span id="more-335"></span>
</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/paradis-fiscaux208.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-339" title="paradis-fiscaux208" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/paradis-fiscaux208.jpg" alt="" width="208" height="173" /></a></p>
<h2>Le G20 et les paradis fiscaux</h2>
<p>A Washington le 14 et 15 novembre, les principales puissances économiques de la planète ont adopté un plan d&#8217;action visant à relancer l&#8217;économie et mieux encadrer le système financier mondial. Est-ce un progrès dans la lutte contre les paradis fiscaux ? Les réponses de Michel Roy, animateur de la plate-forme contre les paradis fiscaux et judiciaires.</p>
<p><em><strong>Pèlerin : Le G20 et la crise financière remettent les paradis fiscaux sur le devant de la scène. Pourquoi ?</strong></em></p>
<p><strong><em>Michel Roy :</em></strong> Les paradis fiscaux sont au cœur de la crise actuelle. Ce sont « les trous noirs » de la finance internationale. Les banques y ont fait transiter en masse les subprimes à l&#8217;origine de cette crise, et la moitié des fonds spéculatifs, qui diffusent ce genre de produits financiers, y sont logés, sans visibilité ni contrôles.</p>
<p><em><strong>Le « plan de travail » établi à l&#8217;issu Le G20 va-t-il dans le bon sens ?</strong></em></p>
<p>Pour le moment, rien de concret n&#8217;est prévu. On en reste encore au stade déclaratif. Mais la réunion du G20 a le mérite de remettre le problème sur la table. Les différentes recommandations, comme celle de promouvoir l&#8217;intégrité des marchés, d&#8217;introduire plus de transparence et de renforcer la régulation, peuvent s&#8217;avérer efficaces pour réduire la nocivité des paradis fiscaux si on dépasse le stade de la bonne volonté. Cependant, au delà du G20, c&#8217;est le travail des citoyens, des associations, des médias de nous mettre en alerte : c&#8217;est aussi à eux de relayer les recommandations du G20 et de faire en sorte qu&#8217;elles aboutissent à des mesures concrètes.</p>
<p><em><strong>Quelles seraient les mesures à prendre d&#8217;urgence par le G20 pour lutter contre les paradis fiscaux ?</strong></em></p>
<p>On peut, d&#8217;ores et déjà, prendre un certain nombre de mesures concrètes. Il s&#8217;agit, par exemple, de ne pas accepter de renflouer les banques dont le siège est situé dans un paradis fiscal. On peut interdire la mise sur le marché de produits financiers émanant des fonds spéculatifs non régulés qui opèrent depuis les paradis fiscaux. Il faut aussi rétablir une liste noire. La seule liste qui existe, à l&#8217;OCDE, n&#8217;en recense que trois : le Liechtenstein, Monaco et Andorre qui ne sont que de « petits » paradis fiscaux. C&#8217;est peu, sur la soixantaine qui existent.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><img class="size-medium wp-image-340  aligncenter" title="reunion-du-g20" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/reunion-du-g20-300x196.jpg" alt="" width="300" height="196" /></em></strong></p>
<p><strong><em>Le G20 a prévu de se réunir à nouveau en avril prochain. Peut-on alors attendre d&#8217;Obama, qui aura alors pris ses fonctions, des avancées significatives sur le dossier des paradis fiscaux ?</em></strong></p>
<p>Barack Obama a eu des mots très durs pendant la campagne présidentielle américaine sur les paradis fiscaux. J&#8217;ai bon espoir que son élection puisse faire évoluer les choses mais cela va dépendre de qui il s&#8217;entoure. Dans tous les cas, cela ne pourra pas être pire qu&#8217;avec G.W. Bush, qui, dès le départ du G20, a donné le mauvais signal en considérant que la crise actuelle n&#8217;appelait pas une réforme profonde du système financier mondial. Ceci dit, l&#8217;arrivée d&#8217;Obama à la présidence américaine, tout comme le G20, n&#8217;est qu&#8217;une partie de la solution : les mécanismes financiers qui nous ont conduits à la crise impactent tous les pays du monde. Il est important d&#8217;aller au delà des 20 pays les plus riches de la planète, il faut impliquer toute la communauté internationale pour définir un nouveau type de gouvernance économique. Le prochain sommet de Doha [le 28 novembre 2008, sous l'égide de Ban-Ki-moon, sécretaire général de l'ONU] est, en ce sens, un premier pas.</p>
<p>Michel Roy, du Secours catholique, est animateur de la plate-forme contre « les paradis fiscaux et judiciaires ». Propos recueillis par Nicolas Gateau directement accessibles sur le site du magazine Le Pélerin <a href="http://www.pelerin.info/article/index.jsp?docId=2356203&amp;rubId=9196" target="_blank">en cliquant ici</a>.</p>
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		<title>Les droits des étrangers ne peuvent se réduire à un marché</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/10/07/les-droits-des-etrangers-ne-peuvent-se-reduire-a-un-marche/</link>
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		<pubDate>Tue, 07 Oct 2008 11:31:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Pétition pour le retrait de la réforme ministérielle qui modifie les conditions d&#8217;intervention de la société civile dans les centres de rétention administrative
Nous, signataires, à la suite de nombreuses associations, exprimons notre préoccupation concernant le contenu du décret du 22 août 2008 et de l&#8217;appel d&#8217;offres consécutif qui modifient les conditions d&#8217;intervention dans les centres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>Pétition pour le retrait de la réforme ministérielle qui modifie les conditions d&#8217;intervention de la société civile dans les centres de rétention administrative</strong></p>
<p>Nous, signataires, à la suite de nombreuses associations, exprimons notre préoccupation concernant le contenu du décret du 22 août 2008 et de l&#8217;appel d&#8217;offres consécutif qui modifient les conditions d&#8217;intervention dans les centres de rétention administrative (CRA) quant à l&#8217;aide à l&#8217;exercice des droits des étrangers.<span id="more-296"></span></p>
<p>La mission telle qu&#8217;exercée jusqu&#8217;à ce jour par la Cimade auprès des étrangers retenus dans les CRA afin « de les informer et de les aider à exercer leurs droits » sera remise en cause par ces nouvelles dispositions :</p>
<ul>
<li>la réforme dénature la mission car l&#8217;assistance à l&#8217;exercice effectif des droits des personnes retenues est désormais réduite à une seule mission d&#8217;information ;</li>
<li>l&#8217;émiettement de cette mission contrarie toute observation, analyse et réaction d&#8217;ensemble sur la situation prévalant dans les centres de rétention. Il entrainerait, outre une inégalité de traitement, une réduction de la qualité de l&#8217;aide apportée aux étrangers ;</li>
<li>l&#8217;ouverture de cette mission par voie d&#8217;appel d&#8217;offres de marchés publics à des opérateurs autres que les associations spécialisées menace l&#8217;exercice des droits fondamentaux des personnes retenues ;</li>
<li>l&#8217;exigence de neutralité, de discrétion et de confidentialité revient à entraver toute parole publique de témoignage et d&#8217;alerte sur certaines situations contraires au respect des droits fondamentaux.</li>
</ul>
<p>Cette volonté d&#8217;entraver l&#8217;action de la société civile est d&#8217;autant plus inquiétante qu&#8217;elle intervient dans le contexte de la politique du chiffre en matière d&#8217;expulsion des étrangers et dans le cadre de l&#8217;adoption, le 18 juin, par le Parlement européen, de la « directive de la honte ».</p>
<p><font color="#ff0000"><strong>Nous, signataires, considérons que, telle qu&#8217;elle est envisagée, la réforme des conditions d&#8217;intervention en rétention n&#8217;est pas acceptable.</strong></font></p>
<p><font color="#ff0000"><strong>Nous exigeons du gouvernement qu&#8217;il renonce à sa réforme.</strong></font></p>
<p><font color="#ff0000"><strong>Nous demandons au gouvernement d&#8217;engager une concertation avec l&#8217;ensemble des organisations qui dans notre pays sont attachées au respect des droits des étrangers.</strong></font></p>
<p align="center"><strong><a target="_blank" href="http://www.placeauxdroits.net/petition2/index.php?petition=5">SIGNER LA PETITION</a></strong></p>
<p>En cliquant sur ce lien vous pourrez également :</p>
<ul>
<li>obtenir davantage d&#8217;informations sur la situation ;</li>
<li>accèder à un courrier à envoyer au ministère de l&#8217;Immigration</li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Lettre ouverte au Pape à l&#8217;occasion des 40 ans d&#8217;Humanae Vitae</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/09/06/lettre-ouverte-au-pape-a-loccasion-des-40-ans-dhumanae-vitae/</link>
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		<pubDate>Sat, 06 Sep 2008 12:44:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 25 Juillet 2008, l&#8217;Eglise catholique a célébré le quarantième anniversaire de l&#8217;encyclique Humanae Vitae, pierre angulaire de la politique anti-contraception de la hiérarchie catholique, qui a eu un impact catastrophique dans le monde, menaçant la vie des femmes et abandonnant des millions de personnes au risque de la contamination par le VIH/SIDA. Humanae Vitae est depuis toujours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 25 Juillet 2008, l&#8217;Eglise catholique a célébré le quarantième anniversaire de l&#8217;encyclique Humanae Vitae, pierre angulaire de la politique anti-contraception de la hiérarchie catholique, qui a eu un impact catastrophique dans le monde, menaçant la vie des femmes et abandonnant des millions de personnes au risque de la contamination par le VIH/SIDA. Humanae Vitae est depuis toujours une source de grand conflit et de division au sein de l&#8217;Eglise. Des catholiques et des non-catholiques sont victimes des conséquences de la politique dévastatrice de la hiérarchie catholique.<span id="more-275"></span>L&#8217;impact de l&#8217;interdiction de la contraception a été particulièrement désastreux dans les pays du Sud, où la hiérarchie catholique détient une influence significative sur la politique de planification familiale de grand nombre de nations ; cette interdiction a fait obstacle à la mise en oeuvre de bonnes politiques de santé publique en matière de planification familiale et prévention du VIH.</p>
<p>Humanae Vitae affecte aussi la politique de santé publique des pays du Nord. Cette année, la Conférence Episcopale états-unienne a obtenu par son lobbying auprès du Congrès des EtatsèUnis que soient supprimés du Plan d&#8217;Urgence pour l&#8217;Aide au SIDA du Président des services essentiels de planification familiale qui visaient la prévention de la transmission du VIH de la mère à l&#8217;enfant.</p>
<p>Le Pape Paul VI a ancré en 1968 l&#8217;interdiction par la hiérarchie catholique de la contraception, passant outre les conclusions d&#8217;un groupe d&#8217;experts qu&#8217;il avait lui-même choisis. Ce groupe, la Commission de Contrôle des Naissances, avait voté à une large majorité en faveur de la recommandation de lever l&#8217;interdiction de la contraception artificielle, arguant que celle-ci ne constituait pas un « mal intrinsèque » et que la doctrine préalable en la matière n&#8217;était pas infaillible.</p>
<p>Même lorsque le Pape Paul VI ajouta au groupe 15 évêques pour rédiger le rapport final, eux aussi furent gagnés par la logique de l&#8217;argumentation en faveur de la contraception et votèrent pour un changement de la doctrine.</p>
<p>Un « rapport minoritaire » fut alors produit qui statuait que la doctrine en matière de contraception ne pouvait être changée &#8211; non pour une raison spécifique, mais parce que la hiérarchie catholique ne pouvait admettre de s&#8217;être trompée : « <em>L&#8217;Eglise ne peut pas changer sa réponse, car cette réponse est vraie. Elle est vraie, car l&#8217;Eglise catholique, instituée par le Christ, ne pouvait pas s&#8217;être trompée pendant tous les siècles de son histoire</em> ». Et de continuer que si la hiérarchie admettait qu&#8217;elle s&#8217;était trompée sur cette question, son autorité serait mise en question sur toutes les questions relevant de la morale.</p>
<p>Humane Vitae fut à l&#8217;évidence un échec cuisant pour ce qui est de convaincre les catholiques d&#8217;abandonner les méthodes modernes de contraception. Des études dans le monde entier montrent que les catholiques utilisent la contraception, et qu&#8217;ils sont en faveur de l&#8217;usage des préservatifs dans la lutte contre le VIH. L&#8217;interdiction a cependant eu pour résultat qu&#8217;un grand nombre de femmes et d&#8217;hommes n&#8217;ont pas eu accès à des méthodes effectives de planification familiale et aux préservatifs.</p>
<p>Il est clair que l&#8217;Eglise catholique ne pourra pas avancer sans faire face de manière honnête au <strong>paradoxe d&#8217;Humanae Vitae</strong> : la plupart des catholiques utilisent des moyens contraceptifs modernes, sont convaincus que ceci est une décision morale et se considèrent comme de bons catholiques, tandis que la hiérarchie refuse complètement de voir cette réalité et confine le clergé au silence sur cette matière et sur la plupart des autres sujets ayant trait à la sexualité.</p>
<p>Ces 40 dernières années ont été marquées par un durcissement des attitudes du Vatican alors même que le monde a changé pour adopter une vision différente et plus large de la sexualité et du rôle des femmes dans la société. Le pape Paul VI n&#8217;a pas réussi à remettre les pendules à l&#8217;heure il y a 40 ans et il est peu probable qu&#8217;un autre pape réussisse à le faire. Alors, un grand nombre de personnes, surtout des femmes dans les pays pauvres, continueront à souffrir aussi longtemps que la hiérarchie ecclésiastique ne changera pas.</p>
<p>Pape Benoît XVI, nous faisons appel à vous pour que vous profitiez de cet anniversaire, pour initier un processus d&#8217;apaisement qui, tout en restant fidèle aux aspects positifs de la doctrine catholique en matière de sexualité, lèverait l&#8217;interdit sur la contraception, afin que les catholiques puissent planifier leurs familles à la fois de manière sûre et en bonne conscience.</p>
<p><strong>Liste des signataires :<br />
</strong>Catholics for Choice<br />
A Critical Mass: Women Celebrating Eucharist &#8211; USA<br />
Association for the Rights of Catholics in the Church &#8211; USA<br />
Brothers and Sisters in Christ &#8211; Ireland<br />
Call to Action &#8211; USA<br />
Catholic Women&#8217;s Ordination &#8211; UK<br />
Catholics for a Changing Church &#8211; UK<br />
Catholics for a Free Choice &#8211; Canada<br />
Catholics for the Spirit of Vatican 2 &#8211; USA<br />
Católicas pelo Direito de Decidir &#8211; Brasil<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Bolivia<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Argentina<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Chile<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Colombia<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Córdoba<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; El Salvador<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; España<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; México<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Nicaragua<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Paraguay<br />
<span>Centro Bartolomé de las Casas – El Salvador<br />
Chicago Women-Church – USA<br />
Chrétiens sans Frontières de Gironde – France<br />
Colectivo Rebeldía Santa Cruz – Bolivia<br />
Collectiu Dones en l&#8217;Esglesia – Spain<br />
Comité Oscar Romero – Chile<br />
Comunidad Santo Tomás de Aquino – Spain<br />
CORPUS, National Association for an Inclusive Ministry – USA<br />
David et Jonathan &#8211; France<br />
Demain l’Eglise – France<br />
Dignity &#8211; USA<br />
Droits et Libertés dans les Eglises/Femmes et Hommes en Eglise – France<br />
Espérance 54 en Meurthe et Moselle – France<br />
European Forum of LGBT Christian Groups<br />
European Network Church on the Move<br />
Gehuwd en Ongehuwd Priesterschap – Netherlands<br />
De Graalbeweging – Netherlands<br />
KerkHardop – Netherlands<br />
Landelijk Koördinatie Punt Groepen Kerk en Homoseksualiteit – Netherlands<br />
Mandragora/Netmal – Brazil<br />
Mariënburgvereniging – Netherlands<br />
Movimiento También Somos Iglesia – Chile<br />
National Coalition of American Nuns – USA<br />
New Ways Ministry – USA<br />
Noi Siamo Chiesa – Italy<br />
Nos Somos Igreja – Portugal<br />
Nous Sommes Aussi l’Eglise – France<br />
Pax Christi Maine – USA<br />
Plein Jour – France<br />
Red Latinoamericana de Católicas por el Derecho a Decidir<br />
Réseaux Résistances – Belgium<br />
Roman Catholic Women Priests – Europe-West<br />
Roman Catholic Women Priests – Canada, Est<br />
Roman Catholic Women Priests – Canada West<br />
San Francisco Bay Area Women-Church – USA<br />
Southeastern Pennsylvania Women’s Ordination Conference – USA<br />
Stichting Kerk Hardop – Netherlands<br />
Stichting Magdala—Voor Vrow en Priester – Netherlands<br />
Voice of the Faithful/New Jersey – USA<br />
Werkplaats voor Theologie en Maatschappij – Belgium<br />
Women’s Alliance for Theology, Ethics and Ritual (WATER) – USA<br />
Women’s Ordination Conference – USA<br />
Women-Church Baltimore – USA</span></p>
<p><span lang="FR"><o></o></span></p>
<p><!--EndFragment--> Pour approfondir cette question, <a target="_blank" href="http://www.nsae.fr/opinions-debats/laffaire-humanae-vitae-de-martine-sevegrand/">cliquez ici</a>.</p>
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