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	<title>NSAE &#187; FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Gouvernance et responsabilité dans la zone de l&#8217;UE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/02/02/gouvernance-et-responsabilite-dans-la-zone-de-lue/</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 18:22:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Le CCFD-Terre Solidaire a organisé les 8 et 9 décembre 2011 à l’occasion de ses 50 ans, un colloque international intitulé « Gouvernance et responsabilité, proposition pour un développement humain et solidaire » ainsi présenté : « Débattre afin de trouver des solutions aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés, résonne chaque jour davantage comme une urgence. Le faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le CCFD-Terre Solidaire a organisé les 8 et 9 décembre 2011 à l’occasion de ses 50 ans, un colloque international intitulé « <strong>Gouvernance et responsabilité, proposition pour un développement humain et solidaire » </strong>ainsi <a href="http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/a/agenda_2700.php">présenté</a> :<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« </strong>Débattre afin de trouver des solutions aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés, résonne chaque jour davantage comme une urgence. Le faire en réunissant des décideurs, des chefs d&#8217;entreprise, des philosophes, des responsables de mouvements sociaux et de jeunes chercheurs du Nord comme du Sud de notre hémisphère, est pour nous la garantie d&#8217;un débat exigeant et la reconnaissance que la planète est une et les regards multiples.</p>
<p style="text-align: justify;">Fort de cinquante années d&#8217;expérience de partenariat avec de multiples acteurs du développement sur les cinq continents, le CCFD-Terre Solidaire souhaite ainsi apporter sa contribution à un travail de redéfinition du modèle de développement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce colloque s&#8217;inscrit dans un travail plus large de réflexion prospective engagé par le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires pour identifier les initiatives porteuses de sens et de transformation. Comment redéfinir les concepts de gouvernance et d&#8217;humanité ? Quelles politiques publiques pour subvenir aux besoins des populations malgré la finitude des ressources naturelles ? Quel modèle économique replacera l&#8217;homme au centre ?  ».</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/CCFD.jpeg"><img class="size-full wp-image-5998 aligncenter" title="CCFD" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/CCFD.jpeg" alt="" width="160" height="188" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’un des intervenants a été <strong>Gaël Giraud, </strong>chercheur en économie au CNRS, de formation mathématique. Ses travaux portent un regard original sur l’économie financière et explorent les aspects éthiques des sciences économiques. Jésuite, et ancien praticien de la finance, il apporte des propositions de gouvernance économique. Son intervention est construite autour des trois points suivants :</p>
<p style="text-align: justify;">1. La gouvernance de la zone européenne. Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align: justify;">2. La part de responsabilité des marchés financiers et du secteur bancaire dans cette situation.</p>
<p style="text-align: justify;">3. Les types de grandes propositions et de solutions que l’on pourrait envisager.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour écouter cette intervention d’une vingtaine de minutes, après deux minutes de présentation, cliquer  <a href="http://vimeo.com/34613599">ICI</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>En savoir plus </strong>:</p>
<p>Lire :  « <em>20 propositions pour réformer le capitalisme </em>», sous la direction de Gaël Giraud et Cécile Renouard, Ed. Flammarion, 22 € et sur <a href="http://20propositions.com">http://20propositions.com</a> (réédition 2012).</p>
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		<title>APPEL EN FAVEUR du DESARMEMENT NUCLEAIRE UNILATERAL de la FRANCE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/26/appel-en-faveur-du-desarmement-nucleaire-unilateral-de-la-france-2/</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 15:54:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons publié le 1er décembre 2011 une version préliminaire de cet Appel avec des références documentaires et en annonçant qu’une pétition citoyenne serait lancée prochainement. Vous trouverez ci-après :             • le texte définitif de l’Appel signé par 46 personnalités et initié par le Mouvement pour une Alternative Non-Violente (MAN) dans le cadre de sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nous avons publié le 1<sup>er</sup> décembre 2011 une <a href="http://www.nsae.fr/2011/12/01/appel-en-faveur-du-desarmement-nucleaire-unilateral-de-la-france/">version préliminaire de cet Appel avec des références documentaires</a> et en annonçant qu’une pétition citoyenne serait lancée prochainement. Vous trouverez ci-après :</strong></p>
<p><strong>            • le texte définitif de l’Appel signé par 46 personnalités et initié par le Mouvement pour une Alternative Non-Violente (<a href="http://nonviolence.fr/">MAN</a>) dans le cadre de sa campagne sur le thème « Libérons la France des armes nucléaires ».</strong></p>
<p><strong>             • la PETITION à signer et diffuser pour demander <em>le désarmement nucléaire unilatéral de la France</em>, en ligne sur le site <a href="http://www.fsan.fr">http://www.fsan.fr</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/colombe-entre-2-mains.jpg"><img class=" wp-image-5928 aligncenter" title="colombe-entre-2-mains" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/colombe-entre-2-mains.jpg" alt="" width="239" height="216" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Appel en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la France</strong></p>
<p>16 janvier 2012</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Que tout emploi d’arme nucléaire soit un crime, cela a été clairement affirmé par l’ONU dès 1961 : <em>« Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’humanité et commettant un crime contre l’humanité et la civilisation. »</em></strong><strong> (résolution du 24 novembre 1961). Trop peu en ont tiré la conclusion logique : si l’emploi des armes nucléaires est un « crime contre l’humanité », la seule menace d’y recourir est d’ores et déjà criminelle. Or c’est sur une telle menace que reposent les stratégies dites « de dissuasion nucléaire ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Certes, l’argument moral ne convaincra probablement pas les décideurs politiques et militaires. Dans ce domaine comme en bien d’autres, un prétendu réalisme prétend toujours récuser un prétendu moralisme. Il convient donc de convaincre les décideurs que l’im-moralité intrinsèque de l’arme nucléaire se double de son in-faisabilité stratégique : le simple réalisme oblige à reconnaître que les armes nucléaires ne nous protègent d’aucune des menaces qui peuvent peser sur notre sécurité. Elles sont notamment incapables de dissuader le moindre terrorisme. Par contre, leur possession même constitue une menace non seulement pour d’autres peuples mais aussi pour nous-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la véritable raison de la dissuasion nucléaire n’est pas d’assurer la défense de la population, mais de conférer à l’État un simulacre de puissance, celle-ci n’étant qu’une puissance de destruction et d’anéantissement.</p>
<p style="text-align: justify;">En maintenant et en modernisant son système d’armes nucléaires, la France ne peut qu’encourager la prolifération mondiale : s’il prétend que l’arme nucléaire est la garantie de la sécurité des Français, comment l’État français peut-il demander aux peuples non dotés de l’arme nucléaire de renoncer à la posséder ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le désarmement nucléaire satisferait aussi bien les exigences de « l’éthique de conviction » que celles de « l’éthique de responsabilité ». Et les unes sont aussi impérieuses que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">La dissuasion nucléaire, en outre, exige des citoyen(ne)s qu’ils abandonnent leur destin à la seule décision du Président de la République. L’arme nucléaire implique donc, par une nécessité organique, « l’exercice solitaire du pouvoir ». Tout le processus de développement du système de la dissuasion nucléaire a été et reste entièrement opaque à tout contrôle citoyen.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, l’équipement en armes nucléaires engloutit des sommes considérables. Le coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 est estimé à 228,67 milliards d’euros. Alors qu’on nous répète que le pays traverse une grave crise, la loi de programmation militaire (2009-2014) prévoit pour la dissuasion nucléaire un budget annuel moyen de 3,3 milliards d’euros : 2,3 milliards pour moderniser nos armes, et 1 milliard d’euros pour leur soutien et mise en œuvre. Ces investissements, directement financés par les impôts, ne sont pas socialement utiles. Ils sont parmi ceux qui produisent le moins d’emplois. Il n’est donc nullement démagogique d’affirmer que ces sommes seraient mieux utilisées dans d’autres secteurs de l’économie, notamment dans les services publics à la population aujourd’hui menacés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dissuasion nucléaire est donc immorale, irréaliste, dangereuse et coûteuse</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nombreux sont ceux qui en sont convaincus et partagent l’espoir d’un monde sans armes nucléaires. Mais cet espoir risque fort d’être déçu : il faudrait attendre que toutes les puissances nucléaires se mettent d’accord pour une telle abolition générale. C’est oublier notre propre responsabilité de citoyens d’un pays nucléaire : nous ne sommes pas directement responsables du désarmement mondial, mais nous le sommes entièrement du désarmement nucléaire de notre pays. Il nous appartient de construire la paix et la sécurité dans une <strong>France sans armes nucléaires</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, sans attendre l’abolition générale des armes nucléaires par une convention internationale encore et toujours hypothétique, nous estimons que pour nous, citoyen(ne)s français(es), il est de notre responsabilité de demander dès à présent :</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>le désarmement nucléaire unilatéral de la France</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le désarmement nucléaire unilatéral de notre pays est possible si les Français le veulent. Mais jusqu’à présent, ils n’ont jamais eu la possibilité d’en débattre pour dire s’ils le veulent ou s’ils ne le veulent pas ; c’est ce débat qu’il est urgent de susciter. Les Français doivent pouvoir exprimer en toute liberté leur volonté de renoncer à l’arme nucléaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin que les citoyen(ne)s français(es) exercent effectivement ce pouvoir de décision, il convient d‘envisager l’organisation d’un référendum d’initiative populaire, puisque c’est, dans une démocratie, le seul moyen de donner au peuple souverain la possibilité de s’exprimer sur une question vitale.</p>
<p><strong>Les 46 signataires</strong> :</p>
<p><strong>Olivier ABEL</strong><em>, philosophe</em><strong></strong></p>
<p><strong>Guy AURENCHE</strong><em>, avocat honoraire</em></p>
<p><strong>Maria BIEDRAWA</strong><em>, Présidente du </em>Mouvement International de la Réconciliation <em>(MIR)</em></p>
<p><strong>Paul BLANQUART</strong><em>, sociologue, écrivain</em></p>
<p><strong>Simone de BOLLARDIÈRE</strong></p>
<p><strong>Bernard BOUDOURESQUE</strong><em>, prêtre de la </em>Mission de France<em>, ancien ingénieur au </em>Commissariat à l’Energie Atomique<em> (CEA)</em></p>
<p><strong>José de BROUCKER</strong><em>, journaliste </em></p>
<p><strong>Thierry CASTELBOU</strong><em>, directeur de publication du journal </em>Gardarem lo Larzac<em></em></p>
<p><strong>Bernard DANGEARD</strong><em>, responsable de la communauté francophone de </em>l’Arche<em> de Lanza del Vasto</em></p>
<p><strong>Bernard DRÈANO</strong><em>, président de </em>l’Assemblée Européenne des Citoyens<em> (HCA, France)</em></p>
<p><strong>Hélène DUPONT</strong><em>, secrétaire de l’association </em>Partenia 2000<em></em></p>
<p><strong>Isabelle FILLIOZAT</strong><em>, psychologue, psychothérapeute, écrivaine</em></p>
<p><strong>Dominique FONTAINE</strong>, <em>vicaire général de la</em> Mission de France</p>
<p><strong>Bernard GINISTY</strong>, <em>philosophe</em></p>
<p><strong>Etienne GODINOT</strong><em>, président de </em>l’Institut de Recherche sur la résolution Non-violente des Conflits<em> (IRNC)</em></p>
<p><strong>Françoise HERITIER</strong><em>, anthopologue</em>, <em>professeure honoraire au </em>Collège de France<em></em></p>
<p><strong>Stéphane HESSEL</strong><em>, ambassadeur de France</em></p>
<p><strong>Albert JACQUARD</strong><em>, généticien</em></p>
<p><strong>Patrick JIMENA</strong><em>, initiateur du </em>Festival Camino <em>Agir pour la non-violence</em></p>
<p><strong>Gustave MASSIAH</strong><em>, économiste</em></p>
<p><strong>Olivier MAUREL</strong><em>, écrivain</em></p>
<p><strong>Christian MELLON</strong><em>, jésuite, membre du </em>Centre de recherche et d’action sociales<em> (CERAS)</em></p>
<p><strong>Philippe MEIRIEU</strong><em>, professeur à l’Université Lyon II</em></p>
<p><strong>Jean MERCKAERT</strong><em>, rédactuer en chef de la revue </em>Projet<em></em></p>
<p><strong>Edgar MORIN</strong><em>, philosophe et écrivain</em></p>
<p><strong>Jacques MULLER</strong><em>, ancien sénateur</em></p>
<p><strong>Jean-Marie MULLER</strong><em>,philosophe, écrivain, porte parole du </em>Mouvement pour une Alternative Non-violente<em> (MAN)</em></p>
<p><strong>Antoine NOUIS</strong><em>, directeur de publication de la revue </em>Réforme<em></em></p>
<p><strong>Jean-Paul NUNEZ</strong>, pasteur, vice-président du MIR<em></em></p>
<p><strong>Richard PETRIS</strong><em>, Directeur de l’</em>Ecole de la Paix<em>, Grenoble.</em></p>
<p><strong>Bernard QUELQUEJEU</strong><em>, dominicain, philosophe</em></p>
<p><strong>Pierre RABHI</strong><em>, paysan, écrivain et philosophe français d’origine algérienne</em></p>
<p><strong>Alain REFALO</strong><em>, enseignant, fondateur du </em>Centre de Ressources sur la Non-violence de Midi-Pyrénées<em></em></p>
<p><strong>Matthieu RICARD</strong><em>, moine bouddhiste, écrivain</em></p>
<p><strong>Alain RICHARD</strong><em>, franciscain à Toulouse</em></p>
<p><strong>Jacques RICHARD</strong><em>, docteur en médecine</em></p>
<p><strong>Lama Denys RINPOCHE</strong><em>, supérieur de la communauté bouddhiste </em>Dachang Rimay</p>
<p><strong>Jean-Pierre SCHMITZ</strong>, <em>président de la fédération</em> Réseaux du Parvis</p>
<p><strong>Antoine SONTAG</strong>, prêtre<em></em></p>
<p><strong>Bernard STEPHAN</strong><em>, P.D.G de </em>Témoignage Chrétien</p>
<p><strong>Alain TOURAINE</strong>, <em>directeur d’études à </em>l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales<em></em></p>
<p><strong>Marlène TUININGA</strong>, <em>journaliste, membre de la</em> Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté<em> (WILPF)</em></p>
<p><strong>Didier VANHOUTTE</strong><em>, ancien président de la fédération </em>Réseaux du Parvis<em> </em></p>
<p><strong>François VAILLANT</strong>, <em>rédacteur en chef de la revue</em> Alternatives Non-Violentes</p>
<p><strong>Paul VIRILIO</strong>, <em>philosophe, écrivain</em></p>
<p><strong>Patrick VIVERET</strong>, <em>philosophe, écrivain</em></p>
<p>_____________________________________</p>
<p><strong>Contact</strong> : Jean-Marie Muller – tél. : 02 38 75 04 60</p>
<p><em>Mouvement pour une Alternative Non-violence</em> (MAN) :</p>
<p><a href="mailto:man@nonviolence.fr">man@nonviolence.fr</a> ;   <a href="http://www.nonviolence.fr">http://www.nonviolence.fr</a></p>
<p>______________________________________</p>
<p>•   <a href="http://www.francesansarmesnucleaires.fr/spip.php?article11">Signer la pétition en ligne</a></p>
<p>•  Télécharger (pdf) :</p>
<p>- l’Appel :        <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Appel-désarmement-nucl-unil-F-16.01.12.pdf">Appel désarmement nucl unil F 16.01.12</a></p>
<p>- la pétition  :     <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Petition-MAN.pdf">Petition MAN</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les &#8220;Economistes atterrés&#8221; s&#8217;invitent dans la campagne présidentielle</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/les-economistes-atterres-sinvitent-dans-la-campagne-presidentielle/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 17:11:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Christine Monin et Laurent Grzybowski  27 experts en économie, réunis par un même refus du néo-libéralisme, publient Changer l&#8217;économie*. Un ouvrage collectif qui rassemble une série de propositions pour 2012 et livre des pistes pour sortir de la crise. Un changement est possible, disent-ils. Après, tout est affaire de choix et de volonté politiques. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Christine Monin et Laurent Grzybowski</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><strong><em>27 experts en économie, réunis par un même refus du néo-libéralisme, publient </em></strong><strong>Changer l&#8217;économie*<em>. Un ouvrage collectif qui rassemble une série de propositions pour 2012 et livre des pistes pour sortir de la crise. Un changement est possible, disent-ils. Après, tout est affaire de choix et de volonté politiques.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/changer-economie.jpg"><img class="size-full wp-image-5903 aligncenter" title="changer-economie" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/changer-economie.jpg" alt="" width="208" height="313" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Pousser aussi loin que possible la critique de l&#8217;idéologie néo-libérale et relancer le débat citoyen sur les solutions à la crise. Tels sont les deux objectifs que se sont fixés les 27 experts du <a href="http://atterres.org/">collectif des économistes atterrés</a> qui publient Changer l&#8217;économie (aux éditions les Liens qui libèrent). &#8220;Ce livre n&#8217;est pas un programme cohérent mais une série de propositions &#8211; dont certaines peuvent être contradictoires &#8211; qui montrent que des politiques alternatives sont à la fois souhaitables et possibles&#8221;. Indépendants de tout pouvoir politique ou financier, ces économistes souhaitent faire vivre une pensée libre et critique et donner à réfléchir à la veille des échéances électorales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Atterrés s&#8217;étaient constitués en octobre 2010</strong> autour d&#8217;un <a href="http://atterres.org/page/manifeste-d%C3%A9conomistes-atterr%C3%A9s">Manifeste</a> en forme de ras-le bol. &#8220;Nous assistons aujourd&#8217;hui à une crise majeure du capitalisme qui a atteint les fondements mêmes de notre économie. (…) Pourtant, en dépit de ces bouleversements, les responsables politiques assènent avec certitude : il faut réduire les dépenses publiques, engager des réformes structurelles&#8230; en s&#8217;appuyant sur des fausses évidences, théoriquement mal étayées&#8221;, expliquait alors à La Vie Philippe Askenazy, chercheur à l&#8217;Ecole d&#8217;économie de Paris.</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>Ils ont, depuis cet acte fondateur,</strong> animé des dizaines de débats dans toute la France, publié un second ouvrage : 20 ans d’aveuglement. L’Europe au bord du gouffre (Les liens qui libèrent) pour partager leurs analyses avec le plus grand nombre. Le collectif a grandi et rassemble aujourd&#8217;hui quelque 2000 personnes d&#8217;horizons variés, portées par un même désir de mettre fin au règne de la finance, dans la banque et dans l&#8217;entreprise, pour revenir à une économie &#8220;plus réelle&#8221;. &#8220;Il faut que les banquiers redécouvrent le cœur de leur métier, même s&#8217;il est un peu ennuyeux, et arrêtent de jouer au casino&#8221;. Devant les membres de l&#8217;Association des journalistes de l&#8217;information sociale (AJIS), le 5 janvier, plusieurs d&#8217;entre eux sont intervenus pour critiquer durement la politique économique du gouvernement qui, en diminuant l&#8217;imposition des revenus du capital, du patrimoine et des droits de transmission, &#8220;a détruit une partie des bases fiscales traditionnelles&#8221;. Tous s&#8217;inquiètent également des risques sociaux inhérents aux politiques d&#8217;austérité en vigueur aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au menu du livre : des propositions tant sur l&#8217;Europe</strong>, le verdissement de l&#8217;économie, la fiscalité, la finance que le travail ou la protection sociale. Oscillant entre radicalité et réformisme, utopie et réalisme. En Europe, les économistes atterrés plaident pour que les États membres retrouvent la maitrise de leur politique budgétaire &#8211; dont ils se sont privés avec le Pacte de Maastricht &#8211; afin d&#8217;être mieux outillés pour affronter la crise. Mais cela n&#8217;est possible qu&#8217;à deux conditions : que la Banque centrale européenne garantisse les dettes des États, ce qui n&#8217;est aujourd&#8217;hui pas le cas, et que ces derniers fassent preuve d&#8217;une solidarité sans faille. Autrement dit que les pays du Nord apportent un soutien inconditionnel à la Grèce, au Portugal, à l&#8217;Espagne ou à l&#8217;Italie. Les économistes atterrés suggèrent également qu&#8217;en lieu et place d&#8217;une austérité généralisée, les pays du Nord mènent des politiques expansionnistes, et que les pays du Sud s&#8217;attellent à leur réindustrialisation. La lutte contre l&#8217;évasion fiscale et la corruption doivent également, selon eux, devenir une priorité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sur la fiscalité, les économistes proposent une réforme</strong> qui s&#8217;appuie sur trois propositions simples : supprimer les niches fiscales, créer deux nouvelles tranches d&#8217;impôt sur le revenu, et harmoniser les politiques fiscales des pays de l&#8217;Union pour éviter une concurrence qui bénéficie aujourd&#8217;hui aux grandes entreprises et aux ménages les plus aisés. Ces derniers peuvent, en effet, exercer une véritable pression sur les gouvernements pour exiger des baisses d&#8217;impôt, en brandissant la menace de l&#8217;évasion fiscale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sur le plan social, ils refusent à la fois austérité et privatisations.</strong> &#8220;Contrairement à une idée reçue, la crise n&#8217;est pas liée à un excès de dépenses, mais à une diminution des recettes de l&#8217;Etat&#8221;, affirme Sabine Issehnane, chercheuse au Centre d&#8217;économie de l&#8217;université Paris Nord, membre du collectif. &#8220;Pour sortir de la crise, dit-elle, il faudrait commencer par relancer une véritable politique sociale. La privatisation de la protection sociale coûte beaucoup plus cher à la collectivité que le système public des retraites, de la santé ou des allocations familiales.&#8221; Prenant le contre-pied de nombreux décideurs, cette jeune économiste estime également qu&#8217;il faudrait aller plus loin dans la réduction du temps de travail, &#8220;moins violente que le chômage et le sous-emploi&#8221;, mais en l&#8217;organisant de manière &#8220;plus solidaire et moins individualiste&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Que l&#8217;on a adhère ou non à ces propositions,</strong> l&#8217;ouvrage, clair et abordable, a le mérite de relancer un débat trop souvent phagocyté par l&#8217;urgence et d&#8217;interroger les fondements de la politique économique. Surtout, il nous rappelle que la sortie de crise n&#8217;est possible qu&#8217;à condition de mener une réflexion globale et non pas à coup de mesures, annoncées pêle-mêle aux médias, sans hiérarchie ni cohérence véritable. De quoi donner aux candidats à l&#8217;élection présidentielle matière à réflexion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Source</strong> : publié le 10/01/2012</p>
<p><a href="http://www.lavie.fr//actualite/economie/les-economistes-atterres-s-invitent-dans-la-campagne-presidentielle-10-01-2012-23041_6.php">http://www.lavie.fr//actualite/economie/les-economistes-atterres-s-invitent-dans-la-campagne-presidentielle-10-01-2012-23041_6.php</a></p>
<p>* « <em>Changer d’économie ! – nos propositions pour 2012</em> », Les économistes atterrés, Ed. Les liens qui libèrent , 280 pages, 18,50 €, 2012.</p>
<p><strong>En savoir plus </strong>:  cf <a href="http://atterres.org/article/changer-d%C3%A9conomie-notre-nouveau-livre-est-sorti">le site des économistes atterrés</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ruée sur les terres d&#8217;Ethiopie</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 12:19:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Gilles van Kote Addis-Abeba et Gambela (Ethiopie)  Envoyé spécial Un sol riche, un climat tropical et de l&#8217;eau en abondance : la région de Gambela, dans l&#8217;ouest du pays, est fertile. Des investisseurs étrangers y louent à vil prix des milliers d&#8217;hectares pour développer une agriculture intensive. Sans toujours se soucier de l&#8217;environnement et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Gilles van Kote</strong></p>
<p><strong>Addis-Abeba et Gambela (Ethiopie)</strong></p>
<p><strong> </strong>Envoyé spécial</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Un sol riche, un climat tropical et de l&#8217;eau en abondance : la région de Gambela, dans l&#8217;ouest du pays, est fertile. Des investisseurs étrangers y louent à vil prix des milliers d&#8217;hectares pour développer une agriculture intensive. Sans toujours se soucier de l&#8217;environnement et des populations.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/carte-ethiopie-jimma.jpg"><img class="size-full wp-image-5889 aligncenter" title="carte-ethiopie-jimma" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/carte-ethiopie-jimma.jpg" alt="" width="150" height="233" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">[Source carte *]</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques kilomètres avant le village d&#8217;Ilya, dans l&#8217;ouest de l&#8217;Ethiopie, la forêt cède brutalement la place à un paysage torturé, d&#8217;où émergent souches renversées et îlots herbeux, au milieu de larges saignées d&#8217;une terre noire mise à nu par les opérations de défrichage. <em>&#8221; Bienvenue à la ferme Karuturi, 100 000 hectares &#8220;,</em> indique le panneau planté au bord de la piste.</p>
<p style="text-align: justify;">Leader mondial du marché des roses coupées, le groupe indien Karuturi Global a signé en 2010 avec l&#8217;Etat éthiopien un contrat de location de 100 000 ha de terres, assorti d&#8217;une option sur 200 000 ha supplémentaires, dans la région de Gambela. Le document de neuf pages, consultable sur Internet, fixe le loyer payé par Karuturi à 20 birrs éthiopiens (0,90 euro) par hectare et par année et la durée du bail à cinquante ans. Du classique pour ce genre de contrat.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Ethiopie &#8211; et la région de Gambela en particulier &#8211; est le théâtre d&#8217;une véritable course aux terres arables. Les organisations non gouvernementales (ONG), qui dénoncent le phénomène, l&#8217;appellent le <em>&#8221; land grabbing &#8220;</em> (accaparement des terres). L&#8217;achat ou la location à vil prix de centaines de milliers d&#8217;hectares, par des investisseurs le plus souvent étrangers, se sont répandus en Afrique mais aussi en Asie, en Amérique latine ou en Europe de l&#8217;Est.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8221; Nous préférons parler de développement des terres, affirme Birinder Singh, le manager indien qui dirige les opérations de Karuturi en Ethiopie depuis son bureau d&#8217;Addis-Abeba, situé dans un immeuble d&#8217;affaires flambant neuf. Nous contribuons au développement du pays, que ce soit en exportant et en faisant rentrer des devises, ou bien en produisant des denrées alimentaires à destination du marché local. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la région de Gambela, que certains ont rebaptisée <em>&#8221; Karuturiland &#8220;,</em> les terres exploitées par le groupe indien s&#8217;étendent à perte de vue, autour d&#8217;Ilya et sur la rive gauche de la rivière Baro, dont les eaux finiront dans le Nil. Karuturi a prévu d&#8217;y cultiver le riz, le maïs, la canne et le palmier à huile. Mais les 80 kilomètres de digues construits pour contenir le Baro n&#8217;ont pas suffi : 20 000 hectares de maïs, la première récolte attendue par Karuturi, ont été détruits, en octobre 2011, par la crue de la rivière. La compagnie estime la perte à 11 millions d&#8217;euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis, elle a fait appel à des experts néerlandais et indiens pour repenser la gestion de l&#8217;eau sur son exploitation et envisage de créer des sortes de polders. Mais Sai Ramakrishna Karuturi, le jeune patron du groupe qui affirmait il n&#8217;y a pas si longtemps vouloir <em>&#8221; produire pour nourrir le monde &#8220;,</em> provoque le scepticisme des autres investisseurs. Ils estiment que ses visées sont essentiellement spéculatives. <em>&#8221; Karuturi fait tout ce qu&#8217;il ne faut pas faire &#8220;,</em> déplore François Achour, un Français travaillant pour un fonds d&#8217;investissement allemand.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier exemple remonte au mois d&#8217;octobre, lorsque le défrichage d&#8217;une zone boisée a provoqué un accrochage avec les habitants d&#8217;Ilya. <em>&#8221; Quand nous avons entendu les machines, nous sommes aussitôt allés les arrêter, raconte un responsable du village. Ce qui se passe n&#8217;est pas bon pour nous. Ils détruisent les forêts où nous allons chercher le bois et où nous chassons chaque année les antilopes et les cochons sauvages. &#8220;</em> Les villageois peinent déjà à trouver du bois pour recouvrir leurs cases traditionnelles ornées de magnifiques motifs géométriques et certains d&#8217;entre eux envisagent de le remplacer par de la tôle ondulée.</p>
<p style="text-align: justify;">Devant ce mouvement spontané de protestation, le gouvernement régional a convoqué une réunion, où il a été décidé d&#8217;épargner la zone contestée. Dorénavant, chaque samedi, une séance d&#8217;information réunit les représentants de l&#8217;entreprise et ceux du village. Selon ces derniers, Karuturi, dont le camp de base entouré de clôtures grillagées est situé de l&#8217;autre côté de la route, leur aurait également promis des groupes électrogènes.</p>
<p style="text-align: justify;">La région de Gambela est loin de tout, et notamment des préoccupations du pouvoir central éthiopien : Addis-Abeba se trouve à une quinzaine d&#8217;heures de route, et seulement trois vols hebdomadaires relient la capitale à cette région. Sa position géographique, au pied des hauts plateaux éthiopiens et face au Soudan du Sud, ainsi que son climat, tropical, en font un monde à part.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa population clairsemée (307 000 habitants sur 30 000 km2, un territoire grand comme la Belgique) est essentiellement composée d&#8217;Anouaks et de Nuers, d&#8217;origine nilotique, dont les relations avec ceux qu&#8217;ils appellent avec mépris les <em>&#8221; highlanders &#8220;</em> (les gens des hauts plateaux) sont exécrables. Montrée du doigt par l&#8217;ONG Human Rights Watch, l&#8217;armée éthiopienne a toujours démenti être responsable du massacre de plusieurs centaines d&#8217;Anouaks de Gambela en 2003.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce nouvel eldorado a trois atouts : sa terre incroyablement fertile, son chaud soleil et surtout l&#8217;eau, qui dévale en abondance depuis les hauts plateaux. Ce qui explique l&#8217;engouement des investisseurs : selon le gouvernement régional, sept entreprises étrangères (quatre indiennes, deux chinoises et une saoudienne) ainsi qu&#8217;environ trois cents investisseurs éthiopiens &#8211; sur des surfaces plus modestes &#8211; y louent des terres.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette stratégie s&#8217;accompagne d&#8217;une déforestation massive. Saudi Star, compagnie appartenant au cheikh Mohammed Al-Amoudi, richissime Saoudien né en Ethiopie, dont le projet est de convertir 10 000 ha &#8211; et peut-être un jour jusqu&#8217;à 130 000 &#8211; à la riziculture, reconnaît avoir dû abattre environ 100 000 arbres mais affirme prévoir d&#8217;en replanter un million.</p>
<p style="text-align: justify;">La région, dont un tiers de la superficie, soit 830 000 ha, a été placée dans une &#8221; banque fédérale de terres &#8221; où les investisseurs sont invités à piocher, a commencé à changer de visage. D&#8217;immenses espaces vides ou cultivés ont remplacé les frondaisons tropicales ou les hautes herbes.</p>
<p style="text-align: justify;">Des champs de coton, cultivés majoritairement par les investisseurs éthiopiens, dont un seul serait originaire de la région, bordent maintenant la piste reliant les villes de Gambela et d&#8217;Abobo, donnant au paysage des airs de <em>&#8221; Deep South &#8220;</em> américain. Des routes de terre ont été tracées dans la savane pour permettre la circulation des poids lourds, qui projettent des nuages de poussière aux alentours.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;aide d&#8217;une branche, Muhammad Manzoor Khan gratte la surface du sol, au pied d&#8217;un arbre. <em>&#8221; Regardez cette terre, elle a tout ce qu&#8217;il faut, tout y pousse ! Pourquoi les gens d&#8217;ici ont-ils faim ? &#8220;</em>, s&#8217;exclame ce distingué agronome pakistanais de 69 ans, chargé de la supervision du projet Saudi Star à Gambela. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près d&#8217;un tiers de la population de la région reçoit une aide alimentaire.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;objectif de Saudi Star est de produire 1 million de tonnes de riz de qualité supérieure par an, dont les deux tiers seront exportés, essentiellement vers le Moyen-Orient et l&#8217;Arabie saoudite. Pour assurer l&#8217;irrigation de ses rizières, un canal creusé &#8211; puis abandonné &#8211; dans les années 1980 par les Soviétiques, est en cours de prolongation. Son débit sera de 22 m3 par seconde, prélevés dans une vaste retenue d&#8217;eau située près d&#8217;Abobo. Les contrats de location de terres ne prévoient aucune limite d&#8217;utilisation des ressources naturelles.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;activité est intense, aussi bien autour du canal, où s&#8217;affairent des engins surpuissants, que dans les rizières, où des moissonneuses effectuent les premières récoltes sur une zone d&#8217;essai de 112 hectares. Sous le soleil ardent, des experts pakistanais supervisent quelques dizaines de travailleurs éthiopiens. <em>&#8221; Les pluies ont été très tardives, le sol est boueux et les machines rencontrent des difficultés inhabituelles &#8220;</em>, reconnaît l&#8217;un des techniciens, Habib Ur Rahman.</p>
<p style="text-align: justify;">A 2 kilomètres de là, plusieurs centaines de tracteurs et de machines agricoles attendent le jour où l&#8217;exploitation tournera à plein. <em>&#8221; Il y en a pour 89 millions de dollars &#8211; 68 millions d&#8217;euros &#8211; &#8220;</em>, assure Muhammad Manzoor Khan. Deux camps, baptisés Alpha et Bravo, ont été construits au milieu de la savane. Des préfabriqués y abritent les bureaux, les espaces de vie et les chambres des experts pakistanais, mais aussi de Suédois travaillant au creusement du canal. Les Ethiopiens qui occupent des emplois qualifiés, surtout des conducteurs d&#8217;engins, sont aussi logés sur place.</p>
<p style="text-align: justify;">Les travailleurs journaliers, comme les femmes employées dans la petite unité de blanchiment du riz, sont acheminés chaque jour par bus depuis Abobo, situé à une vingtaine de kilomètres. <em>&#8221; Nous sommes payées 25 birrs &#8211; 1,10 euro &#8211; par jour, déclare une femme en train de replanter du riz, de l&#8217;eau jusqu&#8217;aux genoux. Nous avons demandé à plusieurs reprises des augmentations, mais sans succès. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Saudi Star prévoit de faire travailler de 3 000 à 4 000 Ethiopiens quand son projet aura atteint sa vitesse de croisière, alors que Karuturi évoque aujourd&#8217;hui le chiffre de 20 000 emplois futurs &#8211; après en avoir fait miroiter 60 000. Pour l&#8217;heure, ce sont tout au plus quelques centaines d&#8217;emplois que les investisseurs ont créés dans la région.</p>
<p style="text-align: justify;">Ruchi Group, une entreprise indienne qui loue 25 000 ha de l&#8217;autre côté du canal de Saudi Star, vient d&#8217;effectuer sa première récolte test de soja, une légumineuse inconnue dans cette contrée. Elle emploie aujourd&#8217;hui onze contractuels éthiopiens, payés entre 2 500 et 4 500 birrs (110 et 195 euros) par mois et encadrés par sept experts indiens. Les travailleurs journaliers, ainsi que les gardes qui assurent la sécurité, sont fournis à la demande par les autorités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ruchi Group dit vouloir associer les agriculteurs locaux à son projet. <em>&#8221; Nous leur avons proposé de les aider à se lancer dans la culture du soja,</em> explique Lankella Manohar, un agronome de 38 ans qui a laissé femme et enfants en Inde pour venir cultiver cet oléagineux dans la savane éthiopienne. <em>Pas besoin de machines : deux boeufs suffisent. Nous leur fournirons les semences et les outils la première année, quelques conseils, puis nous achèterons leur récolte. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ruchi Group affirme avoir l&#8217;intention d&#8217;ouvrir une usine de fabrication d&#8217;huile de soja dans la ville de Gambela, où aucune industrie n&#8217;existe actuellement. Un projet qui permettrait de créer de 1 500 à 2 000 emplois directs ou indirects et fait briller les yeux des responsables du gouvernement régional.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8221; Mais il n&#8217;y a que très peu d&#8217;emplois pour les populations indigènes &#8220;,</em> affirme un Anouak pour qui l&#8217;anonymat est <em>&#8221; une question de vie ou de mort &#8220;</em>. <em>&#8221; Les emplois sont accaparés par les &#8220;highlanders&#8221;. On fait disparaître les forêts, vitales pour les villageois qui y trouvent plantes médicinales ou racines et fruits sauvages en période de disette et peuvent y chercher refuge en cas de besoin. C&#8217;est une façon de nous déposséder&#8230; &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la chute d&#8217;Hailé Sélassié en 1975, la terre appartient à l&#8217;Etat, qui ne reconnaît ni droits coutumiers ni droits d&#8217;usage. Sans être forcément habitées, les terres louées aux investisseurs pouvaient être utilisées par les habitants pour le ramassage du bois, pour le pâturage des troupeaux ou pour des cultures périodiques, les agriculteurs locaux pratiquant la rotation des terres.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la région, la question de la spoliation des terres vient se télescoper avec un programme de &#8221; villagisation &#8221; dont l&#8217;objectif est de déplacer 45 000 foyers d&#8217;ici à 2013 vers des agglomérations qui disposent des services de base de santé et d&#8217;éducation. Une pratique controversée, qui pourrait cacher l&#8217;intention des autorités : libérer des terres arables en vue de les louer à des investisseurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un rapport qu&#8217;elle a consacré, en 2011, à la question de la location de terres en Ethiopie, l&#8217;ONG Oakland Institute reconnaît cependant <em>&#8221; n&#8217;avoir recueilli aucune preuve de déplacements de populations directement imputables aux activités d&#8217;investissement dans les terres &#8220;.</em> Autour des pistes menant aux terres louées au sud de Gambela par Saudi Star ou par Ruchi Group, aucune trace d&#8217;occupation humaine récente n&#8217;est visible.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8221; Il n&#8217;y a eu aucun déplacement de population, ces terres étaient vierges, insiste Tesfaye Mulugeta, le très zélé responsable des relations publiques du gouvernement régional. Nos paysans n&#8217;ont ni les moyens d&#8217;y investir ni le savoir-faire pour les exploiter. Dites-le bien dans vos articles, dites la vérité : ces terres n&#8217;étaient utilisées par personne, et les investisseurs sont nos partenaires sur la voie du développement. Nous avons besoin d&#8217;eux. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Saudi Star affirme avoir l&#8217;intention d&#8217;investir 1,5 milliard d&#8217;euros dans son projet de riziculture, alors que Karuturi évalue le coût de mise en culture d&#8217;un hectare à 1 500 euros. Mais que signifient de tels montants pour des villageois pratiquant l&#8217;agriculture de subsistance et assistant, vaguement inquiets, à l&#8217;irruption d&#8217;une agriculture intensive à leur porte ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8221; Les terres que nous cultivions ont été cédées par les autorités régionales à un investisseur éthiopien, raconte un cultivateur de maïs du village de Perbongo, niché au creux de la forêt. Le gouvernement nous en a attribué de nouvelles, mais nous craignons qu&#8217;il décide un jour de les louer et nous demande de partir pour de bon. &#8221; </em>Tous les précédents en attestent : dans ce type de transactions, l&#8217;information et la consultation des populations ne sont pas de mise.</p>
<p style="text-align: center;"><strong> _________________________________________</strong></p>
<p><strong> </strong><em><strong>L&#8217;or vert attise la convoitise des spéculateurs</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">LE TAUX DE CROISSANCE annuel du secteur agricole, en Ethiopie, dépasse 11 %, selon les chiffres officiels. L&#8217;attraction de l&#8217;or vert ne se dément pas et le gouvernement de Meles Zenawi a ouvert en grand les portes du pays aux investisseurs étrangers. <em>&#8221; On nous a déroulé le tapis rouge &#8220;,</em> résume l&#8217;homme d&#8217;affaires indien Sai Ramakrishna Karuturi.</p>
<p style="text-align: justify;">Exonérations fiscales et douanières, prix de location de la terre insignifiant, usage illimité des ressources naturelles, sans compter une main-d&#8217;oeuvre abondante et bon marché : ces atouts s&#8217;ajoutent à un environnement politique stable avec un niveau de sécurité rare dans cette région du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Les entrepreneurs, indiens, chinois, arabes mais aussi occidentaux, se bousculent donc au portillon. Le gouvernement évalue à 74 millions le nombre d&#8217;hectares de terres cultivables dans le pays&#8230; pour 15 millions actuellement exploités.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut croiser ainsi, dans le centre de l&#8217;Ethiopie, le représentant d&#8217;une entreprise laitière néo-zélandaise dont le projet est d&#8217;acheminer par bateaux plusieurs dizaines de milliers de vaches depuis l&#8217;Océanie, de les nourrir de luzerne produite localement et d&#8217;inonder le marché du lait en poudre depuis l&#8217;Afrique jusqu&#8217;en Inde en passant par le Moyen-Orient.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dégâts collatéraux</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em> &#8221; C&#8217;est ici qu&#8217;il faut être, c&#8217;est ici que ça se passe,</em> assure François Achour, directeur général d&#8217;Acazis, la filiale éthiopienne d&#8217;une entreprise allemande qui a obtenu la concession de 50 000 ha près d&#8217;Harar, dans l&#8217;Est du pays, pour produire biocarburants et huile d&#8217;arachide. <em>Le deal est simple, l&#8217;Ethiopie nous dit : &#8220;J&#8217;ai des travailleurs et des terres vierges, apportez-moi de l&#8217;argent et de la technologie.&#8221; &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Mais n&#8217;y a-t-il pas d&#8217;autre voie pour l&#8217;Ethiopie que la conversion d&#8217;une agriculture familiale &#8211; qui fait vivre aujourd&#8217;hui, tant bien que mal, 85 % de la population &#8211; aux méthodes d&#8217;exploitation intensive, avec les dégâts sociaux et environnementaux collatéraux que l&#8217;on connaît ?</p>
<p style="text-align: justify;">Un rapport publié en décembre 2011 par l&#8217;International Land Coalition, un réseau d&#8217;institutions internationales, de centres de recherches et d&#8217;organisations non gouvernementales (ONG), conclut à un impact globalement négatif de <em>&#8221; la course à la terre &#8220;</em> sur les petits agriculteurs des pays du Sud. Or, selon ce rapport, le phénomène concernerait 203 millions d&#8217;hectares dans le monde, dont 71 millions feraient l&#8217;objet de contrats fermes de vente ou de location.</p>
<p style="text-align: justify;">Environ 20 % de ces terres seraient réellement exploitées, ces investissements étant souvent d&#8217;ordre spéculatif. Il peut s&#8217;agir aussi de sécuriser ses approvisionnements alimentaires, comme le fait l&#8217;Arabie saoudite. Les sociétés détenues en Ethiopie par le cheikh Mohammed Al-Amoudi, classé par le magazine américain <em>Forbes</em> à la 63e place des hommes les plus riches de la planète en 2011, exportent ainsi vers le golfe Persique la majeure partie de leur production. <em>&#8221; Notre but n&#8217;est pas seulement d&#8217;assurer la sécurité alimentaire de l&#8217;Arabie saoudite, mais de faire sortir l&#8217;Ethiopie de la pauvreté,</em> assure cependant Nebiyu Samuel, conseiller du cheikh. <em>C&#8217;est une stratégie gagnant-gagnant. &#8220;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Cette hypothèse pourrait s&#8217;envisager si les Etats étaient en mesure de faire respecter les droits fonciers existants, d&#8217;imposer des contreparties et de dicter un cahier des charges aux investisseurs. Mais l&#8217;exemple éthiopien tend à montrer que c&#8217;est une illusion. <em>&#8221; Le suivi de l&#8217;application des contrats semble faible, voire inexistant &#8220;,</em> estime l&#8217;ONG Oakland Institute, qui n&#8217;a relevé qu&#8217;un seul cas d&#8217;inspection par les autorités. Et il concernait un investisseur éthiopien.</p>
<p style="text-align: justify;">Les obligations fixées par les contrats de location de terres sont souvent vagues, nulle sanction n&#8217;est prévue en cas de non-respect. Les entreprises sont ainsi censées remettre une enquête d&#8217;impact environnemental dans les trois mois suivant la signature du contrat. Les trois firmes sollicitées par <em>Le Monde</em> ont répondu qu&#8217;elles avaient bien fait réaliser cette enquête. Aucune n&#8217;a été en mesure de la communiquer.</p>
<p><strong>G. v. K.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong></strong>______________________________</p>
<p><strong>Source </strong>: article publié dans le Monde daté du 6 janvier 2012 ;  <a href="http://www.lemonde.fr">http://www.lemonde.fr</a></p>
<p><strong>* Source carte de l’Ethiopie</strong> :</p>
<p><a href="http://www.ethiquable.coop/fr/filieres-impacts/cafe/cafe/producteurs/oromia.php">http://www.ethiquable.coop/fr/filieres-impacts/cafe/cafe/producteurs/oromia.php</a></p>
<p><em><br />
</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Outre-mer la face cachée de la rétention</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/outre-mer-la-face-cachee-de-la-retention/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2012/01/20/outre-mer-la-face-cachee-de-la-retention/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 11:17:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Mardi 13 décembre 2011, les cinq associations présentes en rétention l’Assfam, Forum réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et l’Ordre de Malte ont rendu public leur premier rapport commun sur les centres et locaux de rétention administrative ( CRA et LRA). Ce rapport dresse un bilan encore une fois accablant de la politique du gouvernement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Mardi 13 décembre 2011, les cinq associations présentes en rétention l’Assfam, Forum réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et l’Ordre de Malte ont rendu public leur premier rapport commun sur les centres et locaux de rétention administrative ( CRA et LRA). Ce rapport dresse un bilan encore une fois accablant de la politique du gouvernement en matière d’expulsion et d’enfermement. Comme chaque année, il dévoile les dérives d’une politique du chiffre absurde, la maltraitance dont sont victimes les étrangers interpellés en situation irrégulière ou encore le nombre effarant de familles enfermées pour le seul fait d’être sans papiers.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade1.jpeg"><img class="size-full wp-image-5870 aligncenter" title="Cimade1" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade1.jpeg" alt="" width="189" height="267" /></a></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
De plus, cette année, le rapport met en lumière tout particulièrement la situation en Outre-mer. En effet, ces territoires lointains sont devenus de véritables terres d’exception où les droits des étrangers sont piétinés dans le silence.<br />
<strong>Plus de 30 000 expulsions depuis l’Outre mer</strong><br />
Ainsi, si le gouvernement communique régulièrement sur le nombre d’expulsions depuis la métropole ( 28 000 en 2010), il ne dit mot sur les chiffres d’Outre-mer. Pourtant plus de 30 000 personnes ont été expulsées depuis l’Outre mer en 2010 et 26 000 seulement depuis l’île de Mayotte, ce qui représente pas moins de 15% de la population de ce 101ème département français !<br />
Mais il est vrai que vu les conditions déplorables dans lesquelles ont lieu ces expulsions et les atteintes au droit permanentes, le gouvernement doit préférer ne pas se vanter de ces chiffres exceptionnels.<br />
<strong>Un droit dérogatoire</strong><br />
Dans presque tous les territoires d’ Outre-mer en effet, il n’existe pas de recours suspensif contre l’expulsion. C&#8217;est-à-dire qu’un étranger peut être expulsé avant même qu’un juge ait pu examiner la légalité de son interpellation et de son éloignement. Régulièrement des parents d’enfants français, des conjoints de Français sont ainsi expulsés en toute illégalité, sans que le juge ne puisse être saisi. La police et l’administration sont donc très peu contrôlées par les juridictions ce qui leur permet d’interpeller, d’enfermer et d’expulser massivement, sans toujours respecter les droits des étrangers visés.<br />
<strong>Des conditions déplorables</strong><br />
A Mayotte notamment, les conditions d’enfermement sont particulièrement indignes. 26 000 personnes ont été enfermées dans ce CRA en 2010, soit autant que dans tous les CRA métropolitains réunis. Laa capacité de ce centre n’est défini par aucun texte, mais estimée entre 60 et 140 places par l’administration. Quand il est rempli par 140 personnes enfermées, elles ne disposent que d’à peine plus un mètre carré chacune ! Hommes, femmes et enfants sont entassés à même le sol, sans possibilité pratiquement de faire de recours ni même de voir une association (des bénévoles de La Cimade y sont présents mais de façon ponctuelle). Ils sont expulsés très rapidement vers les Comores et certains risqueront ensuite leur vie pour revenir par quelques moyens que ce soit à Mayotte, où ils ont construit leur vie. Le bras de mer entre Anjouan et Mayotte est connu tristement pour être le plus grand cimetière marin de l’Océan indien.<br />
<strong>Des expulsions expéditives et inutiles</strong><br />
En Guyane, les mêmes situations se répètent. Ce sont surtout des Brésiliens et des Surinamais qui sont interpellés, enfermés quelques heures sans possibilité de faire un recours et expulsés vers le Suriname ou le Brésil, qui ne sont séparés de la Guyane que par un fleuve. Ainsi en 2010 60% des personnes enfermées en CRA de Cayenne y étaient déjà passées dans l’année ! Comme si être enfermés et expulsés parfois plusieurs fois dans une même année, avec le lot de violences et de maltraitance que cela représente, devait être banal pour des migrants brésiliens et surinamais vivant en Guyane.<br />
<strong>Expulsion d’Haïtiens depuis la Guadeloupe</strong><br />
En Guadeloupe ou à la Réunion, département dans lesquels La Cimade est également présente, la même logique est l’œuvre. Avec cette particularité qu’en Guadeloupe, ce sont les Haïtiens qui sont tout particulièrement visés. Alors que partout en France, ils sont protégés contre l’expulsion du fait des conditions sanitaires calamiteuse d’Haïti depuis le séisme, en Guadeloupe, l’administration a repris leur expulsion sans états d’âme.<br />
Non seulement cette politique d’expulsion massive en Outre-mer est inhumaine et parfois mortelle, mais elle est aussi clairement inutile. Ces territoires sont marqués par des migrations régionales ancestrales et aucune politique d’expulsion aussi répressive soit-elle ne pourra construire des frontières étanches. Il est urgent d’informer sur ce qui se passe dans cette France lointaine pour que change cette situation d’exception et que les droits y soient enfin respectés.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Cimade &#8211; 14.12.2011</strong></p>
<p style="text-align: right;">
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade2.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5872" title="Cimade2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade2.jpeg" alt="" width="287" height="176" /></a></p>
<p><a href="http://infos.lacimade.org/RAPPORT_R_tention_2010_OK.versionlegere.pdf"> Retrouvez ainsi l’intégralité du rapport </a></p>
<p><a href="http://infos.lacimade.org/Rapport_r_tention_2010_Synth_se_OK.pdf"> Et une synthèse reprenant les statistiques et les analyses thématiques.</a></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Source</strong> :</p>
<p><a href="http://www.lacimade.org/nouvelles/3621--Outre-mer-la-face-cach-e-de-la-r-tention">http://www.lacimade.org/nouvelles/3621&#8211;Outre-mer-la-face-cach-e-de-la-r-tention</a></p>
<p><strong>A LIRE</strong> :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ChroniquesRétention.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5871" title="ChroniquesRétention" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ChroniquesRétention.jpg" alt="" width="174" height="289" /></a></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Appel du Groupe « Evangile et société » (GES) à signer la pétition  « Pour un audit citoyen de la dette publique »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/06/appel-du-groupe-evangile-et-societe-ges-a-signer-la-petition-pour-un-audit-citoyen-de-la-dette-publique/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2012/01/06/appel-du-groupe-evangile-et-societe-ges-a-signer-la-petition-pour-un-audit-citoyen-de-la-dette-publique/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 00:27:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[La crise sert d&#8217;alibi et de moteur pour poursuivre une politique qui affecte en priorité les petits, les pauvres, ceux qui sont sous le seuil de pauvreté. Ce sont ceux-là le cœur de notre combat : rendre leur dignité à tous ceux qui sont  esclaves de la misère&#8230; 7millions et demi de salariés qui perçoivent moins de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AppelAudit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5837" title="AppelAudit" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AppelAudit.jpg" alt="" width="227" height="181" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La crise sert d&#8217;alibi et de moteur pour poursuivre une politique qui affecte en priorité les petits, les pauvres, ceux qui sont sous le seuil de pauvreté.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont ceux-là le cœur de notre combat : rendre leur dignité à tous ceux qui sont  <strong>esclaves de la misère</strong>&#8230; <strong>7millions et demi de salariés qui perçoivent moins de 750 € par mois</strong>, ce qui touche près de <strong>30 millions de personnes</strong>. Inadmissible aussi bien pour le citoyen que pour le disciple déclaré du fils de l&#8217;homme, Jésus de Nazareth. Tous les dimanches de l&#8217;Avent parlaient de justice pour les cassés de la vie. La bonne nouvelle est pour eux, en priorité. Et nous, nous sommes invités – c&#8217;est notre mission d&#8217;êtres humains – à mettre tous nos moyens, toute notre énergie  à  libérer nos frères de l&#8217;esclavage dans lequel les régimes économiques, financiers et politiques les maintiennent, voire les enfoncent, avec notre complicité de fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous relisons Matthieu, en commençant par les toutes premières parole de Jésus au moment de son baptême par Jean au Jourdain : « Tout ce qui est juste doit être établi, faisons en sorte de l&#8217;accomplir ».</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis : « Allons  avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur ». Le Dieu auquel nous croyons « Vient à la rencontre de celui qui pratique (agit) la justice avec joie » ;  « Ciel nouveau et terre nouvelle où résidera la justice » ; « Porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir les coeurs brisée, annoncer aux captifs la délivrance, la liberté aux captifs&#8230;. » ;  « Il comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides »</p>
<p style="text-align: justify;">Ces paroles de l&#8217;Avent définissent clairement notre but, notre objectif, notre mission.<span id="more-5834"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Au sein des Parvis, des groupes, des personnes ont déjà exprimé leur inquiétude et leur indignation devant la situation économique et sociale et le problème de la crise financière et de la dette des Etats européens (voir par exemple sur le site <a href="http://www.reseaux-parvis.fr/">http://www.reseaux-parvis.fr/</a>la déclaration : « Crise… Dette… une autre Parole pour plus de justice » et le communiqué de presse du groupe ECCO : « Ils nous font payer la crise »).</p>
<p style="text-align: justify;">Le GES veut être présent dans les campagnes électorales qui s’annoncent, interpeller tous les candidats et plus généralement participer aux combats citoyens sur cette base. Les décisions à prendre doivent être à la mesure de l&#8217;état catastrophique de la situation et de son urgence. Aussi bien sur le plan national que sur le plan européen ou international elles doivent faire systématiquement l&#8217;objet de la question : « cette décision sert-elle les plus démunis d&#8217;entre nous » ? On gagnerait beaucoup à les écouter en leur donnant la parole.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans cette perspective que le GES vous invite à signer (soit directement à l’adresse <a href="http://www.audit-citoyen.org">http://www.audit-citoyen.org</a>/, soit sur les listes papier ci-après) et à diffuser le plus largement possible la pétition « Pour un audit citoyen de la dette » ; il vous propose conjointement une analyse de la situation qui justifie cette campagne (fichier ci-après).</p>
<p align="right"><em>Décembre 2011</em></p>
<p align="right"><em>Lucienne Gouguenheim, secrétaire du GES </em></p>
<p align="right"><em>lucienne.gouguenheim@numericable.com</em></p>
<p><em>Le GES regroupe 13 associations, membres de la fédération « Réseaux du Parvis » :  Association culturelle de Boquen, CELEM, Chrétiens aujourd&#8217;hui Orléans, CSF 61, CSF 95, ECCO, Espérance 54, Evreux 13, NSAE, Partenia 2000, Partenia 77, Point 1-Rouen, Prêtres mariés – Chemins nouveaux</em><em>.</em></p>
<p><strong>•</strong> <a href="http://www.audit-citoyen.org/">Signer la pétition en ligne</a></p>
<p><strong>• </strong>Signer la pétition papier : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PétitionAuditDette-Papier.pdf">PétitionAuditDette-Papier</a></p>
<p><strong>• </strong>Comprendre le mécanisme de la dette et pourquoi il faut réclamer un audit :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Comprendre-le-mécanisme-de-la-dette.pdf">Comprendre le mécanisme de la dette</a></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ces derniers jours furent les plus difficiles de mon existence &#8230;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/05/ces-derniers-jours-furent-les-plus-difficiles-de-mon-existence/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 19:36:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>

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		<description><![CDATA[Françoise Manhes et Martine Millet du réseau Chrétiens de la Méditerranée ont rencontré cette jeune femme lors de leur dernier voyage en Palestine. Le texte qu&#8217;elle a écrit en septembre les a profondément émues et touchées. Elles ont eu l&#8217;occasion d&#8217;en discuter avec elle. Ghada Naser a accepté qu&#8217;il soit traduit et diffusé à condition [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Françoise Manhes et Martine Millet du réseau Chrétiens de la Méditerranée ont rencontré cette jeune femme lors de leur dernier voyage en Palestine. Le texte qu&#8217;elle a écrit en septembre les a profondément émues et touchées. Elles ont eu l&#8217;occasion d&#8217;en discuter avec elle. Ghada Naser a accepté qu&#8217;il soit traduit et diffusé à condition &#8211; a-t-elle dit &#8211; qu&#8217;il ne soit pas tronqué, car elle a fait une mauvaise expérience avec quelqu&#8217;un qui a diffusé son texte en le modifiant.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Olivier.jpg"><img class="size-full wp-image-5825 aligncenter" title="Olivier" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Olivier.jpg" alt="" width="100" height="75" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais partager avec vous mon ressenti à l’un de ces tournants cruciaux vécu par le peuple palestinien.</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais exprimer le sentiment d&#8217;une personne normale, mère, épouse et directrice d&#8217;un centre de rééducation.</p>
<p style="text-align: justify;">  Lors de la première Intifada, j&#8217;avais 13 ans. J’ai grandi et ai vécu la violence israélienne subie comme une réalité quotidienne. Lorsque mon frère a été blessé par balle, j’ai réalisé que la vie pouvait s’arrêter d’un moment à l’autre ou qu’elle pouvait changer brutalement son cours, même pour des enfants jouant innocemment dans le quartier.</p>
<p style="text-align: justify;">  En 2000, la seconde Intifada a éclaté avec son nouveau lot de souffrances, telles la perte d’amis et de proches. En plus de l’humiliation quotidienne, des checkpoints, des bombardements et des couvre-feu, j&#8217;ai subi pendant près de deux ans, la détention administrative arbitraire de mon fiancé dans les prisons israéliennes. Ce fut une période psychologiquement très éprouvante. Tous les 3 ou 6 mois, j’espérais sa libération, mais sa détention était sans cesse renouvelée, j’étais effondrée. Par ailleurs, je ne pouvais pas lui rendre visite, n’étant pas un membre de sa famille au « premier degré » .Dans les geôles il a été torturé selon les criminelles méthodes israélienne ; Il a heureusement survécu, mais en a gardé des séquelles, des douleurs chroniques dans le dos, les jambes, les genoux sans parler de l’impact psychologique.</p>
<p style="text-align: justify;">  En regardant 10 ou 20 années en arrière, je suis heureuse d’avoir réussi à survivre à ces temps difficiles avec ma famille. Aujourd’hui, en 2011, c’est différent. Je suis maintenant mère de trois enfants âgés de un an et demi, deux ans et demi et quatre ans. La semaine dernière, j&#8217;ai réalisé combien à l’approche de la demande de la reconnaissance de l’Etat palestinien à l’ONU, j’étais de jour en jour de plus en plus inquiète. Ce n’est pas de faire cette demande qui me rend nerveuse, car c’est une étape naturelle que d’exiger la reconnaissance d’un Etat pour des hommes libres. L’angoisse vient de la réalité du terrain : les menaces, les attaques des colons à l’encontre des palestiniens, les fusillades, la violence. Toutes ces éruptions de violence me font craindre pour le futur de mes enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">  Mes jeunes enfants ont-ils si tôt perdu leur candeur enfantine ?</p>
<p style="text-align: justify;">Que ferai-je en cas de couvre-feu ou si les israéliens occupent à nouveau villes et villages pendant des jours et des mois ?</p>
<p style="text-align: justify;">Que ferai-je si mon mari est de nouveau arrêté ?</p>
<p style="text-align: justify;">Et pire encore : Que faire si les colons israéliens attaquent nos maisons et nos rues ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pouvons-nous oser nous défendre ?</p>
<p style="text-align: justify;">Comment protéger mes enfants des blessures ou de la mort ?</p>
<p style="text-align: justify;">Que dire à mes enfants?</p>
<p style="text-align: justify;">Je me sens comme un oiseau qui prépare son nid.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai acheté de la farine, du sucre, du sel, des conserves, des haricots et des médicaments au cas où. C&#8217;est tout ce que je peux faire pour pouvoir survivre à la maison pendant de longs jours de couvre-feu.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pire des scénarii serait de devoir quitter la maison. Je garde donc à portée de main un dossier qui contient tous les documents administratifs officiels de notre famille. Néanmoins, au vu de l’histoire des réfugiés palestiniens, je préférerais pour ma part rester à la maison quelles qu’en soient les conséquences !</p>
<p style="text-align: justify;">  Chaque soir et chaque matin, je fais un vœu : que cette semaine se passe sans douleur pour ma famille, mes collègues de travail, les étudiants, mon peuple!</p>
<p style="text-align: justify;">  En tant que directrice du Centre de rééducation Star Mountain pour enfants et jeunes intellectuellement déficients, je me sens encore plus responsable en ces temps sombres et difficiles. Le personnel a été réuni samedi dernier afin de prendre connaissance des mesures d’urgence à appliquer en cas de situation extrême. Un système d&#8217;appel pour l&#8217;équipe de direction et les membres du personnel a été mis en place. Le personnel a été invité faire des sauvegardes informatiques quotidiennes et à les garder par devers soi au cas où personne ne pourrait rejoindre le centre.</p>
<p style="text-align: justify;">Demain, c’est la journée des manifestations nationales, les enfants handicapés ne viendront pas au Centre. Il est moins risqué pour eux de rester à la maison et de voir comment la situation va évoluer. Nous ne pouvons pas prendre le risque que quelqu’un soit blessé par un colon ou un soldat israélien.</p>
<p style="text-align: justify;">  Star Mountain se trouve à proximité d’une « voie de contournement» réservée aux colons qui peut être fermée d’un moment à l’autre. La plupart des membres du personnel prend cette voie pour venir travailler. Au nord du Centre, il y a un checkpoint, « Atara » qui, lui aussi, peut être fermé à tout moment. Au moindre incident toute cette zone peut être fermée et le transport de nos élèves en serait vraiment affecté.</p>
<p style="text-align: justify;">  Il y a deux jours, la secrétaire de Star Mountain a du quitter son travail plus tôt, car elle avait entendu dire que l’on fermait le checkpoint Qalandia. Elle devait absolument regagner son domicile sans encombre à Al-Eizariyyeh et Qalandia est le seul point de passage pour cela. De l’autre côté du Checkpoint, elle a eu la chance de trouver l’un de ces taxis palestinien orange pour rentrer chez elle. Hélas, en passant près de la colonie de Ma’ale Adumim, des pierres de la grosseur d’un ballon de foot se mirent à pleuvoir ne heurtant heureusement pas leur voiture. De l’intérieur de leur colonie, les colons israéliens visaient les voitures palestiniennes. Cela se passe aussi partout en Cisjordanie. De nombreux champs d’oliviers séculaires appartenant aux fermiers palestiniens ont été brûlés par les colons au Nord du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons peur du lendemain. Nous espérons que demain naîtra sans une nouvelle vague de violence dure et sans fin. Nous sommes parfaitement conscients que le Conseil de sécurité ne reconnaîtra pas la Palestine comme Etat souverain. C’est néanmoins notre vœu le plus cher que la communauté internationale adopte une position équitable et joue pleinement pour une fois son rôle de tiers neutre et impartial.</p>
<p style="text-align: justify;">  Dernièrement, un ami de l’Eglise de Moravie aux Etats Unis nous a fait cadeau d’un drapeau de la paix. Nous l’avons accroché ce matin au sommet du bâtiment principal de Star Mountain à côté du drapeau palestinien.</p>
<p style="text-align: justify;">Je pense que c’est Le moment pour que ce drapeau de paix flotte au dessus de nos têtes.</p>
<p align="right">Ghada Naser - 20/09/2011</p>
<p><strong>Source</strong> : traduction mise en ligne le 29 déc. 2011</p>
<p><a href="http://www.chretiensdelamediterranee.com/article-ces-derniers-jours-furent-les-plus-difficiles-de-mon-existence-95194719.html">http://www.chretiensdelamediterranee.com/article-ces-derniers-jours-furent-les-plus-difficiles-de-mon-existence-95194719.html</a><strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>De décembre 1991 à décembre 2011</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/05/de-decembre-1991-a-decembre-2011/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 17:10:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Ghania Mouffok De l&#8217;Algérienne Ghania Mouffok*, &#8220;Une femme à sa fenêtre&#8221;, cette intéressante chronique qui revient, vingt ans après, sur la victoire électorale du FIS – et l&#8217;arrêt du processus démocratique qui s&#8217;en est suivi, par le &#8220;coup d&#8217;Etat constitutionnel&#8221; que l&#8217;on sait.   En cette fin d’année extraordinaire de bouleversements dans le monde [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Ghania Mouffok</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>De l&#8217;Algérienne Ghania Mouffok*, &#8220;Une femme à sa fenêtre&#8221;, cette intéressante chronique qui revient, vingt ans après, sur la victoire électorale du FIS – et l&#8217;arrêt du processus démocratique qui s&#8217;en est suivi, par le &#8220;coup d&#8217;Etat constitutionnel&#8221; que l&#8217;on sait.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ghania-mouffok..jpg"><img class="size-full wp-image-5812 aligncenter" title="ghania-mouffok." src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ghania-mouffok..jpg" alt="" width="70" height="50" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En cette fin d’année extraordinaire de bouleversements dans le monde arabe, je me souviens que la majorité des électeurs algériens auront été les premiers à choisir comme alternative à un régime militaire un parti islamiste, le FIS, à l’issue des premières élections démocratiques dans le monde arabe. C’était  en 1991. Vingt ans déjà. Vingt ans plus tard, c’est au tour des Tunisiens, des Egyptiens, des Marocains de faire le même choix.</p>
<p style="text-align: justify;">Si ce choix parut dramatique pour l’Algérie et il le devint, il semble aujourd’hui mieux encaissé par nos voisins. En 1991, les Algériens étaient comme seuls sur Terre. Internet n’existait pas, même si nous étions armés des premières paraboles pour fuir la télé étouffante de la police politique et de son parti unique le Front de libération nationale, le FLN. Notre guerre civile, nous l’avons vécue à huis-clos dans une guerre sans image, impensable aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous n’avions ni réseaux sociaux pour nous faire entendre, ni vidéos pour être crus. Seules les images de la propagande, du régime militaire surtout, qui se cachait derrière les corps suppliciés des femmes et des enfants, et plus rarement celles des islamistes – images maladroites de maquis, en vidéos – prétendaient témoigner pour le plus grand nombre des violences subies ou données.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut terrible. Des années perdues  «d’épouvante et d’effroi».  Cette expression, que j’emprunte à la justice algérienne  – qui, dans ses actes d’accusation, l’employait à propos de «groupes armés islamistes» accusés de semer «l’effroi et l’épouvante dans la population» en des procès douteux, expéditifs,  où la terrifiante torture accouchait de coupables qui, face à la cour, revenaient sur leurs aveux, les corps encore boursouflés de ce qu’ils avaient subi sans jamais être entendus- me semble encore très juste en dépit de son côté moyenâgeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, contrairement à ce que de nombreux experts de l’époque nous serinaient, la guerre civile algérienne n’était pas une guerre renvoyant au moyen-âge musulman, au djihad d’une autre époque, c’était une guerre de son temps, une guerre contemporaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Vingt ans plus tard, à la lumière des expériences accumulées, je crois pouvoir dire que nous n’étions pas prêts.  Nous n’étions pas armés pour mesurer l’ampleur des changements à l’œuvre à travers l’ensemble de la planète.</p>
<p style="text-align: justify;">Et comment aurions-nous pu savoir, enfermés que nous étions derrière le mur de la guerre froide, que nous étions sur la ligne de fracture de la fin d’une époque. Notre « ouverture démocratique », la fin du parti unique, en 1989, a été  contemporaine de la fin de l’URSS, de la guerre en Tchétchénie, de celle d’ Afghanistan quand les islamistes étaient présentés comme des « Combattants de la Liberté » soutenus par l’Occident pour combattre le communisme déjà moribond ; plus proche de l’exécution de Ceausescu que du lynchage de Kadhafi,  plus proche de la Pologne de Lech Walesa que de l’Egypte de Moubarak, plus proche de la perestroïka que de l’infitah. Et aujourd’hui, l’Algérie de Bouteflika est plus proche de la Russie de Poutine et de ses oligarques que de la Tunisie de Ben Ali.</p>
<p style="text-align: justify;">Il m’arrive, quand je raconte mon adolescence dans l’Algérie de Boumediene à une Yougoslave de mon âge, grandie sous Tito, de me sentir plus proche d’elle que d’une égyptienne. Même si je partage avec les pays musulmans la Palestine, omniprésente blessure.</p>
<p style="text-align: justify;">La Yougoslavie n’existe plus, son explosion préfigurait la fin de l’Europe comme puissance, mais nous ne le savions pas. Comme nous ne savions pas que cette fin de l’hégémonie européenne, additionnée à la fin de l’empire soviétique, allait transformer le monde arabo-musulman en territoires pour les nouvelles guerres impérialistes soumises au diktat de l’Amérique, elle aussi en déclin, alors qu’elle apparaissait encore comme la superpuissance mondiale pendant que l’Amérique Latine se libérait de son hégémonie en se débarrassant de ses dictateurs et pendant que la Chine discrète jetait ses filets sur le monde.  Je trouve que cette proximité avec le bloc de l’est est l’une des singularités oubliée dans la lecture de l’expérience algérienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a de cela vingt ans nous ne savions pas, avec l’acuité actuelle, que la fin de ce monde n’avait rien d’autre à nous proposer en échange que de nous jeter corps et âme dans ce que l’on appelle aujourd’hui l’ultralibéralisme, détruisant au passage les quelques acquis de notre indépendance, un état fut-il autoritaire, des services publics, fussent-ils approximatifs, du travail pour les gens en âge de travailler, fussent-ils improductifs, les entreprises publiques, comme une béquille, nourrissaient encore le plus grand nombre.</p>
<p style="text-align: justify;">Endettement, faillite de l’état avec la chute du cours du pétrole nourricier, en 1986, chômage, misère, colère, après des décennies de mensonges et de propagande, nous n’étions pas prêts pour comprendre les cataclysmes qui s’abattaient sur nos têtes.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Algérie a été un laboratoire des nouveaux mondes. Après des années de solitude intellectuelle et politique, nous étions désormais envahis, au milieu des années 80, par des images venues du ciel qui nous ont bousculés, malmenés, fascinés par la débauche de marchandises proposées alors que nous avions oublié jusqu’au goût des bananes et du chocolat. Nos bons pour avoir une voiture sur une longue liste d’attente étaient devenus obsolètes alors que sur l’écran, de magnifiques femmes et hommes pouvaient se les offrir comme nous, nous nous achetions un ticket de bus bondé. Désormais nous avions l’embarras du choix, après les télés européennes, pour ne pas dire françaises, vint le temps de l’est devenu musulman entre l’Irak et le Coran, au milieu les télénovelas turques et les films pornos… et les petites filles s’appelleront Lamiss ou Aya, entre la caresse et le verset.</p>
<p style="text-align: justify;">Le choc fut brutal, nos vies nous parurent étriquées, notre absence de liberté insupportable, mais nous ne savions pas ce que nous voulions, comme tétanisés par l’ampleur du chantier.</p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxalement, l’adhésion à l’islamisme politique a été la stratégie de défense de la majorité des algériens qui furent appelés à voter lors des premières élections démocratiques dans le monde arabe, on l’oublie, en décembre 1991. Inaugurant ainsi le paradoxe du monde arabe, (vingt ans avant le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et sans doute les autres pays de la région) : pour se défendre de ces nouveaux mondes écrasants, les arabes choisissent l’islam politique alors que c’est sans doute l’alternative qui les livre aux marchés dont ils espèrent fuir les stratégies d’asservissement, de domination économique et culturelle. Et si les islamistes incarnent encore 20 ans plus tard l’alternative pour les suffrages exprimés, l’autre majorité, comme hier en Algérie et aujourd’hui en Tunisie et en Egypte, étant celle des abstentionnistes, c’est sans doute parce que dans le monde arabe ils ont été les premiers à comprendre la nouvelle géopolitique du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Anti-communistes, anti-socialistes, favorables à la propriété privée, au commerce, à la concurrence, préférant la charité à la justice sociale, la fraternité à l’égalité, le consensus plutôt que la démocratie, ils sont les contemporains du libéralisme triomphant, loin de nos chimères, ils proposent l’insertion dans le marché mondial avec en guise de camisole une certaine éthique musulmane pour contenir les désirs contradictoires qui étouffent, culpabilisent les arabes, les femmes comme les hommes. Un référent symbolique total quand l’ancien monde s’effondre.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1991, l’islam politique incarné chez moi par le Front islamique du Salut, le FIS aujourd’hui interdit, n’avait pas encore été domestiqué par les Etats-Unis et ses supplétifs d’occident et d’orient, comme il le sera après les attentats du 11 septembre, avec la deuxième guerre d’Irak, le chaos afghan.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce grand parti que fut le FIS déchainait les passions avec ses rock stars en gandoura qui, comme Ali Benhadj, remplissaient les stades d’une passion extatique. Aujourd’hui, Ali Benhadj a vieilli, comme moi, comme Ghanouchi en Tunisie, et Ben Laden est mort dans l’indifférence. Et l’islam politique apparaît pour ce qu’il est, une idéologie politique avant d’être une théologie, capable d’arrangements comme n’importe quel parti avec les forces en présence, capable de stratégies qui ont très peu à voir avec la foi. L’explosion du courant islamiste en plusieurs partis, tendances, obédiences, ses divisions en sont aujourd’hui la preuve.</p>
<p style="text-align: justify;">Défendre il y a vingt ans ce point de vue quand on n’était pas islamiste était une hérésie, en Algérie et dans le reste du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour m’être opposée à l’annulation des élections pressentant la guerre civile, la suspension de toutes les libertés, moi féministe, démocrate, de gauche, j’étais devenue une hérétique, une traîtresse à mon camp, une capitularde comme tous ceux et celles qui me ressemblaient.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous étions pourtant à l’époque, j’en suis convaincue, majoritaires, mais une minorité en a décidé autrement pour toute l’Algérie. Une minorité de civils qui jouèrent les utilités, le bouclier d’un régime militaire qui a toujours su se servir de leurs ambitions, de leurs prétentions à décider pour le plus grand nombre.</p>
<p style="text-align: justify;">L’armée, nous disait-on, allait sauver la démocratie, et pendant qu’elle arrêtait, torturait, tuait, on nous expliquait doctement : « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». L’omelette fut grandiose et les œufs se comptèrent par centaines de milliers.</p>
<p style="text-align: justify;">  Malheureusement, on ne réécrit pas l’histoire, mais rien n’interdit de la relire.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment ne pas être frappé par le silence qui accompagne aujourd’hui dans mon pays cet anniversaire, 1991/2011, de l’annulation des élections qui virent la première victoire démocratique d’un parti islamiste aux soulèvements arabe d’aujourd’hui salués dans le monde entier, y compris par ceux qui hier, appelaient les chars pour mater « le mauvais choix d’un peuple inculte ».</p>
<p style="text-align: justify;"> Il n’y a pas de guerre plus destructrice  pour un peuple qu’une guerre civile. Cette guerre qui fut sans image, est aujourd’hui sans récit. Mais son résultat est là : moi qui ne voulais ni des islamistes, ni des militaires, j’ai maintenant les deux, et le pouvoir des islamistes et le pouvoir des militaires.  Pendant que s’accumulent leurs victimes, toutes les victimes. Chacune d’entre elles, pour chaque famille en deuil  ont  un visage, une photo, un souvenir, un objet, un mot, mais pour toute l’Algérie quels sont les visages, les photos, les souvenirs, les objets, les mots, si ce n’est des coupables, au moins des responsables ? Chaque mot a compté, même s’ils se sont envolés dans la vitesse incroyable du temps qui passe dans ces nouveaux mondes qui s’affolent.</p>
<p style="text-align: justify;">Les bouleversements du monde arabe en cette fin d’année 2011 devraient inviter, au moins les algériens, à relire ce moment d’histoire plutôt que de se lamenter de manière infantile, sur notre impossible soulèvement contre nos despotes à la manière tunisienne ou égyptienne.</p>
<p style="text-align: justify;">  Il est vain aujourd’hui de comparer ces expériences avec l’expérience algérienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Le temps du monde n’était pas le même, nous n’étions ni en avance, ni en retard, nous étions ailleurs dans une béance du monde, un trou où l’histoire et la géographie nous ont jetés. Mais cela ne nous dispense pas de nos responsabilités.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais pour ce faire, il faudrait des élites, des intellectuels, des leaders politiques moins médiocres que ceux qui s’expriment aujourd’hui. Longtemps j’ai cru que cette médiocrité nous était particulière à nous autres, les algériens, les soulèvements arabes m’ont malheureusement convaincue que c’est toute la pensée dans le monde arabe qui est en crise.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce moment historique de l’Egypte à la Tunisie, les plus sensibles, les plus conscients des incompétences de l’intelligentsia se sont faits modestes, admirant le courage des plus jeunes et se contentant de suivre «  le mouvement »… en attendant de faire sens.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand à moi, algérienne de ces années de sang, j’ai appris à reconnaître le printemps et je sais que les hommes ne sont pas des hirondelles et que l’histoire qui se forge n’a rien à voir avec la météo mais avec le temps qui se déroule en de longs processus de victoires et de défaites, dont l’issue n’est pas l’inéluctable progrès.  La barbarie aussi peut être une alternative.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire récente de ma génération m’a aussi appris que les despotes sont prêts à tout et même à l’inimaginable pour durer, elle m’a aussi appris que les dictatures ne sont pas incarnées par des hommes qui n’en sont que les masques mais par la manière dont elle réduit les êtres humains au mépris d’eux-mêmes, à la haine de soi. Quand les despotes tombent, ils laissent en héritage cette insondable blessure qu’aucune urne ne peut panser car la démocratie ne peut se confondre avec des processus électoraux, aussi transparents soient-ils. La démocratie « est un suffrage permanent » que seuls des femmes et des hommes libérés de bien des aliénations peuvent exercer.</p>
<p style="text-align: justify;">Les dernières images de répression qui nous arrivent d’Egypte en ce mois de décembre 2011 en témoignent, ce n’est pas tant la répression qui étonne même si elle révolte encore plus que la précédente, parce qu’entre temps il y a eu l’espoir, mais l’incapacité de la rendre définitivement illégitime par une pensée forte totalement désaliénée.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’après la chute de Moubarak, sur la place Tahrir, les mêmes soldats casqués, bottés, se permettent sur cette même place de traîner une femme par les cheveux, elle qui les avait voilés, de dénuder sa poitrine, de dévoiler l’intimité de son soutien-gorge bleu, qu’un de ces hommes s’avance et qu’avec une violence insupportable il écrase de ces bottes en toute conscience le buste de cette femme à terre, cette image en dit plus qu’un long discours sur le chemin qui reste à parcourir pour qu’une telle scène soulève toutes les poitrines de l’Egypte millénaire.  Renvoyant les régimes militaires ou policiers à ce qu’ils sont : des machines à broyer de l’Algérie à la Syrie, de la Tunisie à l’Egypte.</p>
<p style="text-align: justify;">Et les islamistes, si prompts à condamner le moindre bout de femme qui rendrait librement visible le moindre bout de chair au nom de la pudeur recommandée en islam, ne semblent pas être troublés dans leur ascension par ce viol impudique de l’intimité d’une femme de courage.</p>
<p style="text-align: justify;">En revanche, ils n’auront pas de mots assez durs pour condamner de façon unanime une jeune blogueuse qui, en toute liberté, donne à voir son corps, pour tester, naïve hirondelle, les limites de sa révolution.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre ces deux corps de femme malmenés et sans défense, si proches et si lointains, il y a dans un raccourci saisissant toute l’ambigüité de la réflexion sur cette rive sud du monde sur le concept même de liberté.</p>
<p style="text-align: justify;">De 1991 à 2011, de l’Algérie à l’Egypte, par des chemins détournés, nous arrivons au même résultat : les islamistes et les militaires se partagent le pouvoir. Quel sens donner alors aux mots : liberté, libération, égalité ?  Quelle formidable question nous renvoient ainsi nos sociétés, quel stimulant défi !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Inchallah en 2012</strong>.</p>
<p style="text-align: right;" align="right">Ghania Mouffok - 31.12.2011</p>
<p><strong>Source : </strong></p>
<p><strong><a href="http://blogs.tv5.org/une_femme/2011/12/de-d%C3%A9cembre-1991-%C3%A0-d%C3%A9cembre-2011.html#.TwBRTBb-7C0.facebook">http://blogs.tv5.org/une_femme/2011/12/de-d%C3%A9cembre-1991-%C3%A0-d%C3%A9cembre-2011.html#.TwBRTBb-7C0.facebook</a></strong><strong></strong></p>
<p><strong>* Ghania Mouffok</strong> est journaliste depuis 1984, elle vit et travaille en Algérie, (Alger) en indépendante depuis 1992. Elle a publié plusieurs livres, en particulier : « <em>Louisa Hanoune, une autre voix pour l’Algérie. Entretiens avec Ghania Mouffok »</em>, Ed. La Découverte, collection « Cahiers Libres », 254 pages, 18€, 1996.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LouisaHanoune.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5813" title="LouisaHanoune" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/LouisaHanoune.jpg" alt="" width="150" height="250" /></a></p>
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		<title>Notre société a besoin d’apprendre  de ses membres les plus fragiles</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 13:47:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[J’écris ces lignes en décembre. Lorsque Feuille de Route paraîtra en janvier, bien des choses se seront passées. Ce dont je suis malheureusement certain, c’est que la situation sera plus difficile pour beaucoup de personnes, et notamment les plus pauvres d’entre nous. La société a un devoir de justice et de sollicitude vis-à-vis de ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ATD-logo.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5793" title="ATD-logo" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ATD-logo.jpg" alt="" width="250" height="138" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">J’écris ces lignes en décembre. Lorsque <em>Feuille de Route</em> paraîtra en janvier, bien des choses se seront passées. Ce dont je suis malheureusement certain, c’est que la situation sera plus difficile pour beaucoup de personnes, et notamment les plus pauvres d’entre nous.</p>
<p style="text-align: justify;">La société a un devoir de justice et de sollicitude vis-à-vis de ses membres les plus fragiles, ceux pour qui la vie est déjà si difficile en temps ordinaire. Il nous faut dénoncer le décrochage des minimas sociaux, la précarité des revenus, rappeler les nécessités de la solidarité et de la citoyenneté qui exigent que la voix des plus fragiles soit entendue, refuser les fausses solutions de la peur de l’autre et du populisme. Cela, nous le faisons et nous le ferons inlassablement. Fort heureusement, d’autres le font et le feront, avec nous ou indépendamment de nous. Chacun peut le faire, dans son entourage, en écrivant à son journal, en intervenant sur Internet.</p>
<p style="text-align: justify;">La justice et la sollicitude s’imposent à tous, que l’on voie la pauvreté de l’extérieur ou qu’on la vive de l’intérieur. Mais la responsabilité propre du Mouvement ATD Quart Monde est que nous sommes à la fois au cœur de la grande pauvreté et de la grande société. Parmi nous, des personnes écrasées par la misère se mettent debout pour devenir des militants Quart Monde. D’autres choisissent l’engagement radical de devenir volontaires permanents animés par la volonté de chercher sans cesse à rejoindre le plus exclu. D’autres encore choisissent de porter ce courant du refus de la misère au coeur-même de l’endroit où ils se trouvent dans la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces engagements nous permettent de dire qu’il ne s’agit pas que de justice et de sollicitude pour une partie de la population dont les intérêts seraient marginaux ou contradictoires avec ceux d’une autre partie. Il s’agit au contraire, en combattant la misère à partir de l’expérience de ceux qui la vivent, de construire les fondements d’une société solide qui donne des assurances à tous. Par exemple une société de la réussite à l’école pour tous. Afin de trouver des solutions durables à ses problèmes les plus graves, notre société française et européenne a besoin d’écouter l’expérience des plus pauvres.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce début 2012, je formule mes meilleurs vœux pour chacun des lecteurs de Feuille de route à titre individuel. À titre collectif, j’émets le souhait d’une société qui fasse ce chemin vers les plus fragiles de ses membres. Elle n’en sera que plus forte et chacun de nous peut l’y aider en participant là où il est au débat démocratique et au vote.</p>
<p align="right"><strong>Pierre-Yves Madignier, </strong></p>
<p align="right"><strong>président d’ATD Quart Monde France</strong></p>
<p><strong>Source</strong> : Editorial de <em>Feuille de Route</em> <em>Quart Monde</em> n°413 (janvier 2012)</p>
<p>On peut trouver l’intégralité du numéro 413 de Feuille de route à l’adresse :</p>
<p><a href="http://www.atd-quartmonde.fr/-Feuille-de-route-no413-janvier-.html">http://www.atd-quartmonde.fr/-Feuille-de-route-no413-janvier-.html</a></p>
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		<title>Resituer le nucléaire</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/29/resituer-le-nucleaire/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 16:40:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview accordée par Jean-Claude Guillebaud à la revue  Les Réseaux des Parvis  Paru dans le n° 52 (1) Parvis : L’importance accordée au nucléaire civil et militaire n’est-elle pas un des révélateurs les plus parlants de la logique qui gouverne l’évolution du monde contemporain ? Jean-Claude Guillebaud : Les enjeux de l’énergie atomique me sont apparus cruciaux dès [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;" align="center"><em>Interview accordée par Jean-Claude Guillebaud à la revue</em></p>
<p align="center"><strong><em> Les Réseaux des Parvis</em></strong><em></em></p>
<p align="center"><em> Paru dans le n° 52 (1)</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AVT_Jean-Claude-Guillebaud_5487.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5789" title="AVT_Jean-Claude-Guillebaud_5487" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AVT_Jean-Claude-Guillebaud_5487.jpeg" alt="" width="180" height="201" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Parvis</em></strong><em> : <strong>L’importance accordée au nucléaire civil et militaire n’est-elle pas un des révélateurs les plus parlants de la logique qui gouverne l’évolution du monde contemporain ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em></em><strong>Jean-Claude Guillebaud </strong>: Les enjeux de l’énergie atomique me sont apparus cruciaux dès le début des années 70 quand j’ai couvert, pour le journal « Le Monde », les premières grandes manifestations antinucléaires. Au forcing entrepris par EDF pour convaincre les Français de la nécessité du tout nucléaire s’est vite opposée, résolument non violente et d’emblée transnationale, une puissante résistance citoyenne. J’avoue avoir été séduit par la clairvoyance, la générosité et le courage de celles et ceux qui, comme Solange Fernex, ont lancé cette contestation à Marckolsheim et Fessenheim sans craindre de s’exposer aux coups et à d’éprouvantes grèves de la faim. À la même époque (en 1973), j’ai suivi pour « Le Monde » le « Commando de la Paix » dépêché en Polynésie française par Jean-Jacques Servan-Schreiber pour tenter, avec le général Pâris de la Bollardière entre autres, de gêner les essais atomiques en cours à Mururoa.</p>
<p style="text-align: justify;">Devenu l’ami et l’éditeur de Jacques Ellul après avoir été son étudiant à Bordeaux, j’ai très tôt adhéré à sa critique de la logique technicienne qui, selon lui, détermine une folle fuite en avant de notre civilisation. De fait, à la pointe de la technoscience, les activités liées à l’industrie de l’atome refaçonnent imperceptiblement et en profondeur la société. La croissance de la consommation d’énergie est a priori considérée comme nécessaire et possible de façon illimitée et généralisable. Au plan politique, le nucléaire a fini par jouer un rôle clé jusque dans l’organisation de l’État, servi par une sorte de cabinet noir qui reconfigure les rapports de force au profit des lobbies qu’il représente. La pratique du secret contribue à l’émergence de structures foncièrement antidémocratiques, voire policières et totalitaires. Contrairement à ce que l’on se plaît à faire croire, le problème du nucléaire ne réside pas d’abord dans le retard des remèdes attendus de découvertes scientifiques nouvelles, ou dans les difficultés techniques et économiques que rencontre le projet de substituer des énergies renouvelables à l’énergie atomique. Il réside dans la perversion du modèle de société et des pratiques sociales qu’induit l’atome, et dans la nature même de cette énergie.</p>
<p style="text-align: justify;">Les partisans du nucléaire parlent des dangers de ce secteur comme on parle des dangers de la route, ne se souciant que des précautions à prendre face aux risques immédiats. Mais loin d’être localisés et momentanés, les périls que véhicule l’atome peuvent affecter de vastes régions, voire la planète entière, et peuvent se répercuter sur des siècles, voire hypothéquer l’avenir de l’humanité. Il faut donc intégrer, quand on réfléchit à cette question, une rupture phénoménale de la temporalité humaine. Et, du même coup, l’énormité sans précédent de notre responsabilité. Banalisé, le nucléaire est projeté dans des perspectives de confort puissamment médiatisées, cependant qu’est occultée l’obsession du profit à court terme qui le commande. Voulez-vous revenir à la bougie ou à la lampe à huile, nous dit-on, voulez-vous enlaidir nos horizons avec des forêts d’éoliennes ? Scandaleux chantage qui fausse à dessein toutes les données du problème. Sans même parler de la menace de prolifération de l’armement atomique à la faveur du nucléaire civil, le drame survenu à Fukushima nous remet face à l’essentiel : la vie humaine et la nature sont sacrifiées aux intérêts des opérateurs privés auxquels est déléguée l’exploitation de l’atome. C’est le règne du mensonge, de la manipulation et du racket.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>P</em></strong><em>. : <strong>D’où émergent les forces opposées aux politiques dominantes qui, amnésiques des drames du passé et aveugles aux périls actuels, divinisent le progrès ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J.-C. G. </strong>: La résistance populaire qui se lève rappelle ce propos de Friedrich Hölderlin : « Les peuples somnolaient mais le destin prit soin qu’ils ne s’endormissent point ». Un peu partout surgit, en marge des institutions traditionnelles, un mouvement de fond qui conteste les structures, les institutions et les idéologies en place, qui se rebelle contre le désordre social établi présenté comme l’unique et ultime ordre possible. Des projets alternatifs s’élaborent et sont expérimentés avec enthousiasme dans les domaines les plus divers. Certaines propositions des altermondialistes, comme la taxation des transactions financières internationales, sont de mieux en mieux accueillies. Le printemps arabe a balayé de puissantes dictatures longtemps soutenues par l’Occident. Quoique composite et fluctuant, ce mouvement se renforce, débordant les syndicats, les partis politiques, les Églises et les frontières. Les argumentaires officiels se disloquent, le savoir des grands experts se révèle aussi incertain que péremptoire, les discoureurs politiques sont discrédités. Après avoir été érigée en rationalité indiscutable et universelle, la raison calculatrice est désormais accusée d’aveuglement : elle mène droit à la ruine en ignorant que les seules valeurs décisives, celles qui fondent l’homme et sauvegardent la vie, ne se prêtent à aucune comptabilité.</p>
<p style="text-align: justify;">De nouveaux espaces de réflexion, de parole et d’action s’ouvrent. L’arrogance scientiste qui dressait autrefois d’infranchissables barrières entre les savants et la masse prétendue ignorante est démystifiée. Le discours d’intimidation qui accusait systématiquement d’incompétence quiconque n’était pas du sérail n’est plus ni accepté ni pertinent. Il est manifeste que les monumentales erreurs d’analyse commises au cours des dernières années par les économistes les plus renommés de la planète imposent la modestie. L’exaltation du désintéressement de la science n’est plus de mise après les scandales du sang contaminé ou du Médiator qui ont montré que l’appât du gain finit par gouverner la technoscience elle-même. De leur côté, comment les spécialistes du nucléaire pourraient-ils encore avoir le verbe haut après la terrifiante et irrémédiable catastrophe survenue au Japon ? En débattant entre eux de ces problèmes au sein de chaque discipline, les scientifiques découvrent qu’il s’agit en fin de compte de questions « culturelles » autant que scientifiques, et qui débordent leurs compétences. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie : tout un chacun est convié à comprendre les enjeux des grandes décisions qui engagent l’avenir et à en assumer la responsabilité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il me plaît de noter ici que beaucoup de chrétiens se révèlent d’un dynamisme exemplaire sur les fronts qui contestent l’hégémonie du système ultralibéral, principal thuriféraire de l’atome considéré comme un moteur indispensable pour perpétuer l’ordre dominant. Ils dénoncent la marchandisation du monde et la violence qui en est le corollaire, et ils essayent de remédier à l’injustice dont souffrent les plus vulnérables parmi nous et ailleurs. Leur fidélité à l’évangile ne s’embarrasse pas de l’attitude souvent timorée des institutions ecclésiastiques, voire du désaveu dont ils font parfois l’objet. Sans forcément s’afficher comme tels, les chrétiens sont présents dans les grandes ONG humanitaires comme Attac, Amnesty International, ADT Quart Monde. Le christianisme a ses propres organismes d’intervention qui font un travail remarquable, comme le CCFD-Terre Solidaire. Et je crois important de relever que l’immense majorité des chrétiens se sent directement concernée par les initiatives prises pour faire advenir un monde plus solidaire et plus fraternel à travers les restos du cœur, les banques alimentaires, et de multiples petites ONG. J’ai toujours pensé que c’est là que s’inventent le monde et la démocratie de demain.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>P.</em></strong><em> : <strong>Pour sauvegarder l’homme et la création, les visées humanistes et religieuses sont-elles toutes interchangeables ou existe-t-il une spécificité du message évangélique ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J.-C. G. </strong>: Parachevant la tradition prophétique d’Israël, le message évangélique a changé la face du monde. En voici quelques caractéristiques en rapport avec la question qui nous occupe. L’homme a le devoir de prendre soin de la création que la Bible déclare tout entière chère à Dieu, ce qui exclut le droit d’en abuser et de se risquer à la détruire. Bien commun de l’humanité, les richesses de la terre ne sont pas destinées à des minorités sociales, ethniques ou nationales pour leur jouissance exclusive, mais la foi invite au partage dans le cadre d’une frugalité située aux antipodes de l’avidité consumériste. Plus strictement évangélique, et dévoilement du mystère de l’Incarnation, est l’identification de Dieu aux victimes de l’injustice des hommes, et notamment aux laissés-pour-compte de la société actuelle. On voit que ces considérations ne sont pas étrangères à la problématique du nucléaire, à la compétition stimulée par l’atome pour le contrôle des richesses et du pouvoir au mépris de l’idéal de partage fraternel et de respect de la nature. Ce qui est attendu des chrétiens, c’est un effort de lucidité et une réelle audace prophétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la foi chrétienne n’a aucun monopole et doit se garder de tout triomphalisme. « Le vrai dialogue commence quand j’accepte l’idée que l’autre peut être porteur d’une vérité qui me manque » a dit l’évêque d’Oran Pierre Claverie peu avant d’être assassiné par des islamistes. Une parole magnifique dont on retrouve l’écho dans le testament spirituel de Christian de Chergé, le prieur des moines de Tibhirine. Il ne s’agit pas de « tolérer » la religion et la personne de l’autre en se murant dans sa propre vérité, mais d’accueillir la part d’humanité et de mystère que l’autre porte en lui d’une façon unique. Le philosophe Cornelius Castoriadis, qui n’était pas chrétien, avançait l’image suivante : « Toute croyance est un pont jeté sur l’abîme du doute ». Un « pont » pour aller vers l’autre, « jeté » pour signifier le caractère décisionnel de l’acte de foi, et « sur l’abîme » pour indiquer que le pont ne supprime pas le doute mais nous permet de l’enjamber. J’ajouterai qu’il existe de multiples ponts pour enjamber nos abîmes, de multiples religions et philosophies recourant à des concepts et des moyens différents pour atteindre le même but, et que les pontonniers ont tous vocation à s’entraider. Défendre ensemble l’homme et la vie contre les projets totalitaires de maîtrise du monde s’avère d’une urgence prioritaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelez-vous le Bernanos des « Grands cimetières sous la lune », et François Mauriac, et l’engagement des chrétiens contre la guerre et les tortures en Algérie. Ces témoins ont marqué leur époque. Où en sommes-nous aujourd’hui ? De semblables combats s’imposent contre le cynisme, le vol et le mensonge. Or je suis frappé par le critère qu’utilise l’INSEE pour mesurer le moral des Français : l’envie d’acheter ! C’est insensé. Le désir de consommer n’est-il pas plutôt l’indice d’un état morbide ? Consommez pour soutenir la croissance et faire tourner la machine, clame-t-on, devoir de citoyen ! Mais n’omettez pas de restreindre vos dépenses et de rembourser vos dettes, est-il clamé en même temps ! Injonction paradoxale, disent les psychanalystes&#8230; Les nantis s’enrichissent en spoliant les autres, et ils distribuent des crédits en contrepartie de cette spoliation jusqu’à étouffer par l’endettement ceux qui en bénéficient. La crise financière n’est qu’un pan d’une crise qui est globale, et il est clair que le nucléaire relève de la même boulimie et met en évidence les mêmes contradictions. Face à cela, l’évangile n’est pas neutre : ce n’est pas d’énergie que nous avons le plus besoin, mais d’un vivre ensemble respectueux de tous et de l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>P. </em></strong><em>: <strong>Entre les contraintes de la situation socioéconomique présente et les impératifs non négociables de l’éthique évangélique, quelle société voulons-nous et comment la bâtir ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J.-C. G. </strong>: Je dirai d’abord que personne ne sait ce qui va arriver dans les prochains mois ou les prochaines années, ce que deviendront l’euro et l’Europe par exemple. Une chose est sûre par contre, c’est que nos privilèges de rentiers du monde ne perdureront pas. Nous sommes entrés dans une phase de stagnation, et plus vraisemblablement d’appauvrissement relatif. Le dynamisme des pays émergeants et les revendications de l’hémisphère sud entraîneront une redistribution des richesses qui se fera inévitablement à nos dépens. Mais est-il vraiment dramatique qu’une société qui s’est enrichie de 4 ou 500% en quelques décennies, à la faveur et dans le sillage des trente glorieuses, s’appauvrisse de 10% pour permettre à d’autres d’améliorer leur niveau de vie à leur tour ? En cas de guerre ou de catastrophe naturelle, en période de grande dépression et même d’une façon plus générale, toutes les sociétés sont capables de sacrifices bien plus grands, mais à la condition qu’elles connaissent un minimum de cohésion sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Or cette cohésion ne saurait exister sans un minimum de justice sociale, et force est de constater que nous vivons dans une société où les inégalités ne cessent de s’aggraver. Alors que les revenus des plus riches ont connu une croissance exponentielle, plus de huit millions de Français vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté avec moins de 950 euros par mois. Demander des sacrifices à ceux qui se sentent déjà sacrifiés ne peut entraîner que l’incompréhension, le refus et la révolte, et les scandales provoqués par la collusion entre le politique et les affaires exacerbent ces attitudes de rejet. Profondément ébranlée par les ententes occultes entre les décideurs économiques et politiques, notre époque est devenue vulnérable aux extrémismes de droite et de gauche qui menacent la démocratie. Là où vient à manquer la confiance, la cohésion sociale s’effondre, et la société tout entière avec elle. La crise financière n’est-elle pas d’abord, dans une large mesure, une crise de confiance ? Même les Églises souffrent de ce mal. C’est dans tous les domaines, y compris celui du nucléaire de toute évidence, que la confiance est foulée aux pieds. Pourquoi cette situation et comment en sortir ?</p>
<p style="text-align: justify;"> Le monde vit en ce moment une mutation gigantesque, d’ordre à la fois technologique, économique, géopolitique, écologique. Bien plus profonde que celle qui a marqué la fin de l’empire romain ou la Renaissance, cette mutation s’avère d’une ampleur comparable, d’après Michel Serres, à la révolution néolithique. Le vieux monde est sur le point de disparaître et un monde nouveau est en train de naître, que nous avons du mal à déchiffrer parce que nous n’en avons pas encore les clés. Est-il surprenant, dans ces conditions, que toutes les institutions du vieux monde soient en crise &#8211; l’économie et la finance, le politique et la démocratie, la justice et l’éducation, la religion et les Églises ? Comment pourrait-il en être autrement ? Cette crise est aussi grave qu’incontournable, sans retour en arrière ni restauration possibles, et elle nous rend forcément anxieux. Mais participer à l’enfantement de ce monde nouveau est une aventure prodigieuse, la plus passionnante qui soit. Tout est à réinventer. Et là, notre problème n’est pas tant celui des potentialités énergétiques de l’atome que celui des valeurs de la société que nous voulons bâtir pour sauvegarder l’humanité de l’homme.</p>
<p align="right"><strong>Propos recueillis par Jean-Marie Kohler</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: left;" align="right"><strong></strong>(1) Ce numéro comprend un dossier entièrement consacré au problème du nucléaire.</p>
<p style="text-align: center;" align="right"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis-52001-Petite.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5788" title="parvis 52001-Petite" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis-52001-Petite-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/la-revue/sabonner-a-la-revue">S’abonner à la revue des réseaux du Parvis</a>.</p>
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		<title>Pistes pour une nouvelle vision écologico-spirituelle</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 23:26:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Leonardo Boff   Dans ce numéro (DIAL de décembre 2011), les trois premiers textes * se rapportent plus particulièrement à la Bolivie, et ce quatrième article, rédigé par le théologien brésilien Leonardo Boff fait écho en bien des points aux deux premiers, rédigés par Javier Medina, ainsi que, plus largement, aux textes présentant une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Leonardo Boff</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Leonardo-Boff.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5758" title="Leonardo-Boff" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Leonardo-Boff-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Dans ce numéro (DIAL de décembre 2011), les trois premiers textes * se rapportent plus particulièrement à la Bolivie, et ce quatrième article, rédigé par le théologien brésilien Leonardo Boff fait écho en bien des points aux deux premiers, rédigés par Javier Medina, ainsi que, plus largement, aux textes présentant une critique de la notion de « développement » publiés depuis décembre 2010. Ce texte est extrait de l’</em></strong><strong><em><a href="http://latinoamericana.org/EnFrancais/2010AgendaLatino-Americain.pdf">Agenda latino-américain 2010</a></em></strong><strong><em>.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">De nos jours il existe deux visions opposées de la planète Terre, chacune avec des conséquences très différentes.</p>
<p style="text-align: justify;">La première, moderne, dominante dans les quatre derniers siècles, voit la Terre comme une espèce d’arche pleine de richesses que l’être humain peut prendre pour lui, pour son usage et son bien-être. La Terre est quelque chose de matériel, d’extérieur, qui nous est remis pour que nous fassions d’elle ce que nous voulons, puisque nous nous sentons au-dessus d’elle, les seigneurs, les rois et les reines de l’univers.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde vision, plus ancestrale et encore présente dans les peuples originaires comme les Indiens, voit la Terre comme quelque chose de vivant qui produit toutes les formes de vie, la Grande Mère et la Pacha Mama comme l’appellent les peuples andins. Nous faisons partie d’elle et nous nous sentons engendrés par elle, de même que tous les autres êtres vivants. Nous ne sommes pas au-dessus d’elle comme quelqu’un qui domine, mais au milieu comme quelqu’un qui vit avec elle.</p>
<p style="text-align: justify;">La première vision est celle de la société industrielle moderne, surgie avec le projet de la techno-science à partir du XVIe siècle. Elle ne considère pas la terre comme un tout mais comme un ensemble atomisé de ressources, comme l’eau, les forêts, les minéraux, les animaux et les écosystèmes eux-mêmes. Elles sont là l’une près de l’autre, sans aucune relation entre elles. La relation avec la Terre est celle de l’exploitation, à base de violence : elle creuse les sols, renverse les montagnes, ferme les cours d’eau, abat les forêts, et tue animaux et oiseaux. Elle utilise des agents chimiques comme les pesticides et les agro-toxiques qui empoisonnent les sols et exterminent les micro-organismes comme les bactéries, les champignons, les virus et autres organismes vivants qui, à eux seuls, constituent 95% du monde vivant. 5% à peine de la vie est visible.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenant la Terre comme une réalité sans esprit, les êtres humains modernes ont occupé et dévasté pratiquement toutes les régions de la Terre. L’objectif était d’accumuler de la richesse de manière illimitée, en exploitant toutes les ressources possibles, le plus rapidement possible et avec un minimum d’investissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce projet de civilisation a fourni des bénéfices incalculables. Il nous a fait aller sur la lune et en revenir. Il a inventé les antibiotiques et sauvé ainsi des millions de vies. Mais en même temps il inventait un engin de mort avec les armes de destruction massive, capables de détruire de 25 manières différentes toute l’espèce humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette compréhension et ce traitement de la Terre furent et continuent d’être propres aux processus industriels qui s’expriment aujourd’hui dans le capitalisme, diffusé à tous les pays du monde. Ils ont en commun le fait qu’ils usent seulement de la raison froide et utilitariste pour analyser les ressources naturelles et en tirer le maximum de profit. Les autres dimensions de la vie humaine, comme la sensibilité, la compassion, la capacité d’admiration (combien coûte un coucher de soleil ?) et de vénération ont été, en grande partie, réprimées voire diffamées. C’est une science sans conscience et sans cœur.</p>
<p style="text-align: justify;">Actuellement ce type de domination de la Terre est entré en crise. Les êtres humains ont épuisé ses ressources et ses services. Depuis le 23 septembre 2008 nous savons que l’humanité consomme 30% de plus que ce que la Terre peut produire. C’est-à-dire que pour répondre aux demandes humaines, en particulier celles des grands consommateurs et celles des simples mortels, nous avons besoin d’une Terre entière et de 30% d’une autre Terre qui n’existe pas. On a déjà calculé que si tous les pays riches voulaient étendre leur bien-être à toute l’humanité, il nous faudrait au moins trois Terres semblables à celle-ci, ce qui est manifestement absurde.</p>
<p style="text-align: justify;">En d’autres termes, la Terre vue comme un tout n’est déjà plus « soutenable ». Ou bien nous changeons notre style de vie et de consommation, ou bien nous allons au-devant d’une grande tragédie. Cette crise de durabilité de la planète est beaucoup plus grave que la crise économico-financière qui explosait à la mi-septembre 2008 en provoquant tant de chômage et de faillites.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette dévastation abusive de la Terre a produit le réchauffement planétaire. Nous n’y allons pas : nous sommes déjà dans cette phase. La Terre va se réchauffer de 1,4 à 6 degrés Celsius. Il est possible que cela se stabilise autour de deux degrés. Ces deux degrés de réchauffement vont produire de grandes transformations dans la nature, ils décimeront la biodiversité, provoqueront le dégel des calottes polaires et feront croître de manière exponentielle la désertification des sols, outre les changements climatiques qui se manifestent à la fois par des typhons, de grandes sécheresses et des inondations.</p>
<p style="text-align: justify;">Les chefs d’État, les leaders des peuples, tous, enfin, doivent s’arrêter et décider ensemble du type de traitement que nous devons donner à la Terre, si nous voulons continuer à vivre sur elle.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce moment la seconde vision, celle des peuples originaires, est invoquée et sert de grande inspiration. Les Yanomamis, les Tupis Guaranis, les Mapuches, les Quechuas, les Mayas, les Aztèques et les peuples autochtones des autres parties du monde (selon les données de l’ONU leur nombre s’élève à environ 300 millions dans le monde entier), doivent être entendus. Ils ont développé envers la Terre une relation de profonde collaboration, de respect et vénération. Elle est la mère de l’Indien, comme le disent beaucoup d’entre eux. Ils se sentent unis à l’énergie des eaux, des montagnes, des forêts, du feu, des vents, du soleil, de la lune et des étoiles. Tous sont interdépendants et connectés entre eux. Ils sont les membres de ce grand tout vivant et organique qu’est la Terre.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette vision ancestrale se combine avec ce qu’il y a de plus moderne dans le domaine de la biologie et de la cosmologie. Des scientifiques importants – je ne cite que l’un d’entre eux, James Lovelock – ont vérifié que les Indiens ont raison. La Terre est, de fait, un super organisme vivant. Elle articule le physique, le chimique et le biologique de manière si étroite qu’elle compose un tout organique, bon et même excellent pour entretenir et reproduire la vie. Non seulement il y a de la vie sur la Terre, mais c’est la Terre elle-même qui est vivante. On l’a appelée Gaia, nom que les Grecs donnaient à la Terre vivante. Elle est dotée d’une vitalité saisissante.</p>
<p style="text-align: justify;">Par exemple, chaque cuillerée de terre contient en moyenne de 40 à 50 milliards de micro-organismes, bactéries, champignons, protozoaires, qui sont aussi présents par milliards dans notre corps. Ce sont eux qui garantissent la vitalité du sol et font que de celui-ci naissent des fleurs et des plantes des espèces les plus variées, arbres fruitiers et graminées. Ce sont eux qui équilibrent notre corps de manière à ce qu’il garde santé et vitalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi on a vérifié aussi que depuis des millions et des millions d’années, malgré les pollutions volcaniques et autres, la terre garde toujours un taux d’oxygène de 21%. S’il montait à 28%, personne ne pourrait craquer une allumette parce qu’il incendierait l’oxygène de l’air. Si ce taux descendait à 13%, nous nous évanouirions comme si l’air nous manquait. De même, le taux de sel des océans est toujours, depuis des millions d’années, de 3,4%. S’il s’élevait à 6% ils seraient comme le Mer morte, sans vie. S’il descendait à 2%, il y aurait un bouleversement dans les climats qui sont régulés par les mouvements des océans. Et de même pour tous les éléments du tableau périodique de Mendeleïev que nous avons appris à l’école, comme le fer, le soufre, le magnésium, et les autres. Tout est si bien dosé qu’en effet, la Terre est vivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Homme vient de « humus », qui signifie bonne terre. Adam vient de « adamah », qui en hébreu signifie terre féconde. C’est-à-dire que nous sommes venus de la Terre, mieux encore, nous sommes la Terre même, qui à un moment avancé de son évolution a commencé à sentir, à penser, à aimer et à vénérer. C’est à ce moment qu’a surgi l’être humain.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne devons jamais oublier cette vérité : nous sommes la Terre. Nous avons le même destin que la Terre. Mais nous avons reçu de Dieu une mission : soigner et garder le jardin d’Eden, la Terre. C’est une dimension éthique que nous sommes seuls à posséder.</p>
<p style="text-align: justify;">Prendre soin signifie avoir un geste plein d’amour envers la Terre. C’est la main étendue pour la caresse essentielle afin de la protéger et de la défendre. C’est ce que signifie aujourd’hui garantir sa durabilité, c’est-à-dire faire qu’elle nous offre tout ce dont nous avons besoin pour vivre, en préservant son capital naturel pour les générations présentes et futures, en plus de s’occuper aussi de toute la communauté de vie. La Terre n’a pas engendré que nous, êtres humains, mais tous les êtres vivants qui sont véritablement, nos frères et nos sœurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui nous avons besoin de revenir à cette vision de la Terre comme Grande Mère et Gaia. C’est la vision véridique. Elle seule peut offrir les conditions pour un nouveau modèle de production et de consommation qui nous fasse sortir de la crise actuelle. Elle seule pourra nous garantir un futur commun de vie et d’espérance. Pour parvenir à cette vision, il nous faut sauvegarder la dimension du cœur, la valeur de la raison sensible, de l’intelligence spirituelle, de l’affection et de l’amour. C’est par la sensibilité que nous nous sentons unis à la Terre, que nous percevons sa beauté, que nous entendons son message.</p>
<p align="right">Leonardo Boff</p>
<p><strong>*</strong> DIAL 3173 : <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5299">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5299</a></p>
<p>DIAL 3174 : <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5312">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5312</a></p>
<p>DIAL 3175 : <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5340">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5340</a></p>
<p><strong>Source</strong> : Mis en ligne par DIAL le 9 décembre 2011</p>
<p><a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5374">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5374</a><em></em></p>
<p><em><a href="http://enligne.dial-infos.org/"><strong>Dial</strong></a></em><em> – </em>Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 3176.</p>
<p><em> Traduction par l’équipe de traducteurs et traductrices ayant préparé la version française de l’Agenda latino-américain 2010. Traduction revue par Dial. </em></p>
<p>- Source (français) <em>: </em><em><a href="http://latinoamericana.org/EnFrancais/2010AgendaLatino-Americain.pdf">Agenda Latino-américain</a></em><em>, p. 116. </em></p>
<p>- Source originale (portugais du Brésil) : Leonardo Boff, « <a href="http://servicioskoinonia.org/agenda/archivo/portugues/obra.php?ncodigo=309">Pistas para uma nova visão ecológico-espiritual</a> », <em><a href="http://latinoamericana.org/">Agenda Latino-americana 2010</a></em>, p. 116.</p>
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		<title>Crises de dette, crises sociales</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 22:31:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Christian Chavagneux &#160; Les trains qui arrivent à l&#8217;heure n&#8217;intéressent personne. De la même façon, les dettes qui sont remboursées rubis sur l&#8217;ongle ne font jamais la une. Mais lorsque des débiteurs sont en difficulté, tous les regards se tournent vers eux. Et, de ce point de vue, l&#8217;actualité a été plutôt chargée depuis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Christian Chavagneux</p>
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<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/HSn°91-DetteAlterEco.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5752" title="HSn°91-DetteAlterEco" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/HSn°91-DetteAlterEco.jpg" alt="" width="123" height="175" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les trains qui arrivent à l&#8217;heure n&#8217;intéressent personne. De la même façon, les dettes qui sont remboursées rubis sur l&#8217;ongle ne font jamais la une. Mais lorsque des débiteurs sont en difficulté, tous les regards se tournent vers eux. Et, de ce point de vue, l&#8217;actualité a été plutôt chargée depuis 2007 !</p>
<p style="text-align: justify;">On a d&#8217;abord appris que des courtiers sans scrupule, relayés par des banquiers de la même étoffe, s&#8217;étaient enrichis en plaçant des prêts immobiliers auprès d&#8217;Américains pauvres dont ils savaient pertinemment qu&#8217;ils n&#8217;auraient pas les moyens de les rembourser. Quand le marché immobilier s&#8217;est retourné, ces pauvres Américains se sont retrouvés à la tête d&#8217;appartements et de maisons qui valaient moins que les dettes qu&#8217;ils devaient honorer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les malheurs de la dette</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une telle situation aurait dû créer une petite crise localisée du marché des prêts hypothécaires. Au contraire, elle a été à l&#8217;origine du quasi-effondrement du système bancaire mondial. Comment l&#8217;expliquer ? Toujours par des problèmes de remboursement de dettes, mais, cette fois, de la part des acteurs financiers. Les produits toxiques fondés sur les prêts <em>subprime</em> rapportaient tellement qu&#8217;il valait la peine d&#8217;emprunter pour en acheter davantage. Entre décembre 2002 et décembre 2008, l&#8217;endettement du secteur financier américain est passé de 93 % à 119 % du produit intérieur brut (PIB), de 82 % à 115 % dans la zone euro et de 71 % à 124 % au Royaume-Uni ! Résultat : les banques se sont retrouvées avec des placements qui ne valaient plus rien, en même temps qu&#8217;il leur devenait impossible de dénicher des prêteurs pour renouveler leurs emprunts : il a fallu une vaste intervention publique pour les sauver du gouffre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, la crise a connu une mutation, mettant les dettes publiques sur la sellette, particulièrement en Europe. Certes, il y avait des raisons objectives à cette évolution. L&#8217;accroissement des déficits budgétaires et des niveaux de dette, résultat des politiques de baisse d&#8217;impôts et des efforts de soutien à l&#8217;activité après 2007, nécessitait de prendre des mesures correctrices, afin de s&#8217;assurer que l&#8217;endettement resterait maîtrisable. De ce point de vue, si l&#8217;on se plaint beaucoup de l&#8217;absence de coordination des politiques budgétaires en Europe, la crise a fini par la faire advenir, mais dans les pires conditions : les pays de la zone se sont engagés comme un seul homme dans un effort d&#8217;austérité qui réduit l&#8217;activité interne de chacun et rend plus difficile la sortie de crise !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais chacun a pris ses responsabilités et, hormis la Grèce, les Etats ont fait ce qu&#8217;il fallait pour maîtriser leur endettement. Les marchés financiers ne l&#8217;ont cependant pas entendu de cette oreille. Enferrés dans l&#8217;un de ces mouvements de panique qui les caractérisent, ils se sont mis à croire que le Portugal, l&#8217;Espagne puis l&#8217;Italie et finalement la France, l&#8217;Autriche et même l&#8217;Allemagne pourraient ne pas rembourser leurs dettes. A cet égard, l&#8217;économiste américain Paul Krugman expliquait fin novembre 2011 [1] combien l&#8217;Autriche est un cas exemplaire : le pays, qui a réussi à marier une politique budgétaire austère avec un taux de chômage maîtrisé, un excédent extérieur et une dette moins élevée et diminuant plus vite qu&#8217;en Allemagne, s&#8217;est pourtant vu attaqué par les marchés financiers, et ses taux d&#8217;intérêt ont augmenté et se sont éloignés des taux allemands. Preuve que les marchés financiers marchent sur la tête quant à leur évaluation de la qualité des dettes publiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les pistes de sortie</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Comment sortir du piège dans lequel les marchés nous enfoncent ? Les pays européens, sous l&#8217;impulsion de l&#8217;Allemagne, semblent vouloir prendre pour mot d&#8217;ordre &#8220; mort à la dette &#8221;. Ou plus précisément, mort à toute forme de déficit public, forcément synonyme de mauvaise gestion. Pour éviter les maux de dette, coupons-nous la dette ! L&#8217;austérité de long terme serait ainsi le garant d&#8217;un sérieux budgétaire permettant aux pays européens de mutualiser leurs emprunts par la création des fameux eurobonds, ou euro-obligations, rebaptisés &#8220; obligations de stabilité &#8221; dans la proposition faite par la Commission européenne en novembre 2011 !</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet politique européen peut-il se limiter à préconiser une austérité durable pour tous comme prix de son sauvetage ? Si c&#8217;était le cas, on ne donnerait pas cher de son avenir. L&#8217;Europe doit proposer d&#8217;autres horizons que la rigueur. Et elle le peut. Alors même que les ménages et les entreprises ne consomment plus beaucoup et investissent peu, une action du côté des dépenses publiques aurait aujourd&#8217;hui un impact positif fort sur l&#8217;activité. Comme disent les économistes, &#8220; l&#8217;effet multiplicateur &#8221; de la dépense publique est plus élevé quand la dépense privée est en panne. Or, les nécessités de la transition écologique, par exemple, donnent un objectif clair à une politique d&#8217;action publique qui pourrait être mise en oeuvre tout en maîtrisant les déficits. Il faudrait pour cela remplacer des dépenses publiques improductives &#8211; à aller piocher dans les niches fiscales &#8211; par des dépenses écologiques productives. Une réforme fiscale demandant plus aux plus riches (individus et entreprises) devrait également contribuer à alimenter les ressources nécessaires permettant aux Etats de fournir ce qui manque le plus aujourd&#8217;hui à l&#8217;économie européenne et mondiale : de la demande.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme l&#8217;explique l&#8217;économiste Michel Aglietta, nous devons nous appuyer en la matière sur les leçons de l&#8217;histoire, en suivant la voie utilisée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale. <em>&#8220; En 1945, n&#8217;oubliez pas que les Etats-Unis avaient des dettes qui s&#8217;élevaient à 130 % de leur PIB, et le Royaume-Uni à 260 % ! Il s&#8217;agit de maintenir des taux d&#8217;intérêt réels très bas, à un niveau inférieur au taux de croissance de l&#8217;économie. C&#8217;est cet écart qui réduit mécaniquement et régulièrement le poids de la dette, même avec un déficit public primaire</em> [le déficit hors paiement des intérêts de la dette]. <em>C&#8217;est une stratégie qui repose sur deux piliers, comme l&#8217;ont fait les Américains : ils ont d&#8217;abord suspendu l&#8217;indépendance de la Fed, entre 1945 et 1951, pour qu&#8217;elle s&#8217;efforce de maintenir les taux longs le plus bas possible. Ils ont ensuite fait un plan de dépenses publiques massives pour aider l&#8217;investissement privé : le plan Marshall. C&#8217;est la seule sortie vers le haut &#8221;</em> [2].</p>
<p style="text-align: justify;">Il est certain que la manière la plus efficace de réduire le poids des dettes publiques est de faire croître l&#8217;activité plus rapidement que la charge d&#8217;intérêt. Cela passe par une politique publique temporaire de soutien à la demande, par une action de la banque centrale en faveur de la croissance, c&#8217;est-à-dire des taux d&#8217;intérêt bas et une intervention pour limiter les hausses de coût d&#8217;emprunt dues aux mouvements de panique des marchés. Une telle politique irait dans le sens de <em>&#8220; l&#8217;euthanasie du rentier &#8221;</em> telle que la souhaitait Keynes dans le chapitre XXIV de sa <em>Théorie générale.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Perplexité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les historiens des générations futures auront peut-être du mal à comprendre comment l&#8217;insolvabilité de la Grèce, un pays pesant quelques pourcents de la zone euro et dont la dette publique représentait une part minime de son endettement total, a pu se transformer en crise généralisée des finances publiques européennes. Ils s&#8217;interrogeront pour comprendre pourquoi la dette de ce pays n&#8217;a pas immédiatement été annulée, au moins en partie, et pourquoi il a fallu attendre deux années pour en arriver là, au prix d&#8217;une austérité implacable pour les Grecs et de tensions budgétaires, politiques et sociales dans le reste de l&#8217;Europe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Car, comme le montrent les travaux de l&#8217;anthropologue David Graeber , il n&#8217;est pas rare que les périodes d&#8217;endettement se terminent dans le surendettement. Dans l&#8217;Antiquité, quand un débiteur ne pouvait plus assurer le remboursement de sa dette, une partie de sa famille finissait en esclavage chez le créancier. Mais lorsqu&#8217;une crise de dette se généralisait, cette situation finissait par créer des tensions dans la société, conduisant les dirigeants à effacer les dettes, afin que les familles puissent se retrouver. Les crises de dette ne sont pas d&#8217;abord affaires de comptabilité et d&#8217;ajustement budgétaire. Ce sont des crises sociales et politiques qui réclament des réponses politiques ce qui passe forcément par la protection des débiteurs plutôt que par celle des créanciers.</p>
<p style="text-align: left;" align="right"><strong>Christian Chavagneux</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="right"><strong>Editorial</strong> de <em>Alternatives Economiques Hors-série</em> n° 091 &#8211; décembre 2011</p>
<p><strong>Notes : </strong></p>
<p><strong>1.</strong> Voir <em>Real Austrian Economics Updated</em>, par Paul Krugman, <a href="http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/11/21/austrian-economics-the-real-kind/">http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/11/21/austrian-economics-the-real-kind/</a></p>
<p><strong>2.</strong> <em>La Tribune</em>, 18 novembre 2011.</p>
<p>___________________________________________</p>
<p><strong>ILS ONT DIT : </strong></p>
<p><strong>William Shakespeare</strong> &#8220; La mort est une dette que chacun ne peut payer qu&#8217;une fois. &#8221;</p>
<p><strong>Abraham Lincoln</strong> &#8220; S&#8217;il n&#8217;y avait pas de dette dans le système, il n&#8217;y aurait aucun argent. &#8221;</p>
<p><strong>Oscar Wilde</strong> &#8220; Le plus gros avantage de la richesse, c&#8217;est qu&#8217;elle permet de faire des dettes. &#8221;</p>
<p><strong>Emile Zola</strong> &#8220; Mais malgré elle, au bout de cinq minutes, elle parlait de nouveau de la dette. Oh ! Elle avait prévu ce qui arrivait, le zingueur buvait la boutique. &#8221;</p>
<p><strong>Guy de Maupassant</strong> &#8220; Il emprunta, demandant mille francs à l&#8217;un, cinq cents à l&#8217;autre, cinq louis par-ci, trois louis par là. Il fit des billets, prit des engagements ruineux, eut affaire aux usuriers, à toutes les races de prêteurs. &#8221;</p>
<p><strong>Jules Berry</strong> &#8220; Moi, je ne me ferai jamais sauter la cervelle pour des dettes. D&#8217;abord, je n&#8217;aurai jamais autant de cervelles que de dettes. &#8221;</p>
<p><strong>Sacha Guitry</strong> &#8220; Dieu merci, j&#8217;ai encore les moyens de faire des dettes ! &#8221;</p>
<p><strong>Louis-Ferdinand Céline</strong> &#8220; On ne meurt pas de dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire. &#8221;</p>
<p>__________________________________________</p>
<p><strong>Source </strong>:</p>
<p><a href="http://www.alternatives-economiques.fr/crises-de-dette--crises-sociales_fr_art_1122_56744.html">http://www.alternatives-economiques.fr/crises-de-dette&#8211;crises-sociales_fr_art_1122_56744.html</a></p>
<p>Alternatives Economiques Hors Série n° 91 « <em><strong>La dette et ses crises </strong></em>» décembre 2011 ; en kiosque actuellement.</p>
<p><strong>* </strong><strong>Aller plus loin </strong>:</p>
<p>En participant à la <strong>MOBILISATION</strong> « <strong>Pour un audit citoyen de la dette publique ! </strong>» :</p>
<p>• lire l’appel du collectif : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Appel-pour-un-audit-citoyen-de-la-dette-publique.pdf">Appel pour un audit citoyen de la dette publique</a></p>
<p>• <a href="http://www.audit-citoyen.org">Signer la pétition en ligne</a></p>
<p>*<strong>En savoir plus </strong>:</p>
<p><a href="http://www.audit-citoyen.org/">http://www.audit-citoyen.org/</a></p>
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		<title>Sauvez les citoyens avant les banques !</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 13:39:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Il n&#8217;y a pas de sortie simple de la zone euro Par James K. Galbraith et Aurore Lalucq *   La crise de la zone euro est une crise bancaire qui a pris la forme d&#8217;une série de crises des dettes souveraines. Une crise aggravée par des idées économiques réactionnaires, une architecture défectueuse et un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;"><em>Il n&#8217;y a pas de sortie simple de la zone euro</em></span></strong></p>
<p>Par James K. Galbraith et Aurore Lalucq *</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/SauvezCitoyens.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5708" title="SauvezCitoyens" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/SauvezCitoyens-300x188.jpg" alt="" width="300" height="188" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La crise de la zone euro est une crise bancaire qui a pris la forme d&#8217;une série de crises des dettes souveraines. Une crise aggravée par des idées économiques réactionnaires, une architecture défectueuse et un climat politique toxique. Comme la crise américaine, elle est le fruit de politiques de prêts laxistes destinés à des emprunteurs fragiles : le logement en Espagne, l&#8217;immobilier commercial en Irlande, le secteur public grec. Les banques européennes ont profité des effets de levier offerts par les actifs toxiques américains.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand ceux-ci se sont effondrés, elles ont choisi de se débarrasser des obligations des Etats les plus fragiles au profit des plus forts afin de préserver leur rentabilité, ce qui a plongé l&#8217;UE dans la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce type de crise, le premier réflexe des banques est de feindre la surprise avant de reprocher à leurs clients leurs imprudences voire leurs tricheries. Cela dissimule le fait qu&#8217;il fut un temps où les banquiers accordèrent des prêts trop facilement, dans le but d&#8217;empocher de généreuses commissions. Cette stratégie de défense des banques fonctionne bien mieux en Europe qu&#8217;aux Etats-Unis, du fait des frontières nationales qui séparent les créanciers des débiteurs, et des liens unissant les dirigeants politiques à leurs fleurons bancaires nationaux, qui du coup n&#8217;hésitent pas à propager des clichés racistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux fondements de ce pouvoir bancaire, on trouve une sensibilité qui fait des excédents un signe de vertu et des déficits un vice, un fétichisme de la dérégulation, de la privatisation et des ajustements par le marché. L&#8217;Europe du Nord a bel et bien oublié qu&#8217;une intégration économique a toujours pour effet de concentrer l&#8217;industrie dans les régions les plus riches.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Allemagne et maintenant la France font donc la leçon aux pays endettés : rigueur salariale, coupes budgétaires. Des leçons qui sont devenues des injonctions du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne (BCE) : les nouveaux gueux endettés ne vivent plus en démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;architecture de la zone euro aggrave la crise de deux façons : premièrement, les fonds structurels sont trop faibles pour corriger les inégalités régionales et leurs versements sont bloqués, car les conditions de cofinancements sont difficiles à remplir. Il manque aussi des mécanismes interrégionaux de redistribution vers les ménages, comme ceux instaurés aux Etats-Unis : retraite publique, Medicare, Medicaid, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, la BCE refuse de résoudre cette crise en achetant les titres des pays fragilisés &#8211; au nom du principe selon lequel aider ces Etats revient à les encourager à s&#8217;endetter, un argument renforcé par des craintes inflationnistes. La zone euro a donc préféré se lancer dans la création d&#8217;un gigantesque CDO &#8211; Collateralized Debt Obligation, adossée à des actifs &#8211; appelé le Fonds européen de stabilité financière.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, des solutions techniques existent, par exemple la &#8221; modeste proposition &#8221; de Yanis Varoufakis (professeur d&#8217;économie université d&#8217;Athènes) et de Stuart Holland (ancien parlementaire britannique) suggère de convertir jusqu&#8217;à 60 % du PIB de la dette de chacun des pays de la zone euro en titres européens émis par la BCE, de recapitaliser et d&#8217;européaniser le système bancaire, et de lancer un New Deal par l&#8217;intermédiaire de la Banque européenne d&#8217;investissement. On peut aussi penser à instaurer un droit à la faillite nationale (Kunibert Raffer), à faire de la BCE un &#8221; groupe public au service de l&#8217;intérêt général et du développement &#8221; comme la Caisse de dépôts (Thomas Palley) ou encore à taxer les profits des banques (Jan Toporowski).</p>
<p style="text-align: justify;">De ces très bonnes idées, aucune ne verra le jour. Car en Europe, les termes du débat sont hermétiques aux idées nouvelles, la survie politique reposant sur la capacité à faire &#8221; le ménage &#8221; dans les comptes publics. Tout est fait pour ne pas affronter la réalité : la crise bancaire. Chaque réunion européenne conduit à l&#8217;adoption de sous-mesures perfides et de vraies fuites en avant. Quant au sort des plus faibles, il est au mieux considéré comme un dommage collatéral, voire comme un mal nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La Grèce et l&#8217;Irlande sont en train d&#8217;être détruites. Le Portugal et l&#8217;Espagne sont en lambeaux, la crise se propage à l&#8217;Italie et la France se débat pour retarder la perte de son AAA. S&#8217;il y avait une façon simple de sortir de l&#8217;euro, la Grèce l&#8217;aurait déjà fait. Le seul pays qui pourrait choisir cette voie est l&#8217;Allemagne.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les autres, il s&#8217;agit de choisir entre le cancer ou la crise cardiaque, à moins d&#8217;un changement radical en Europe du Nord qu&#8217;aucun des partis socialistes allemand ou français à même d&#8217;accéder au pouvoir ne semble capable d&#8217;apporter. Alors on se dirige vers une explosion sociale, doublée d&#8217;une panique financière et d&#8217;un inexorable retour de l&#8217;émigration. Ne reste qu&#8217;à compter sur la capacité des citoyens européens à se défendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne faites pas la même erreur historique que nous. Quand les Etats-Unis décidèrent d&#8217;intervenir en Irak, la vieille Europe n&#8217;hésita pas à dire que notre pays faisait une erreur. Ce fut un soulagement pour les opposants à la guerre, mais un affront pour le gouvernement. Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est un américain de la vieille Amérique, celle de la guerre civile, du New Deal qui tente de dire à ses amis européens qu&#8217;ils sont en train de faire une erreur historique en refusant d&#8217;entendre des idées de bon sens, c&#8217;est-à-dire de faire face à une situation exceptionnelle.</p>
<p align="right">James K. Galbraith, Aurore Lalucq</p>
<p style="text-align: justify;">* <strong>James K. Galbraith</strong>, économiste, professeur à la Lyndon B. Johnson School of Public Affairs à l’Université du Texas à Austin et président <em>d’Economists for Peace and security</em>, s’inscrit dans une longue lignée marquée par la figure mondialement reconnue de son père, John K. Galbraith. Il est l’auteur de « <em>L’Etat prédateur</em> » (Seuil, 2009).</p>
<p><strong>Aurore Lalucq</strong>, économiste, Institut Veblen</p>
<p><strong>Source</strong> : article publié dans Le Monde daté du 13 décembre 2011</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr">http://www.lemonde.fr</a></p>
<p style="text-align: center;">
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		<title>ILS NOUS FONT PAYER LA CRISE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/14/ils-nous-font-payer-la-crise/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 10:17:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[La crise actuelle n&#8217;est pas de notre fait ! Elle est provoquée et organisée par le capitalisme financier et spéculatif! Le système capitaliste financier et les politiques qui le soutiennent permettent que l’argent se multiplie entre les mains de ceux qui, de plus en plus nombreux, le possèdent. Ce système déréglementé leur permet de tirer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La crise actuelle n&#8217;est pas de notre fait !</p>
<p>Elle est provoquée et organisée par le capitalisme financier et spéculatif!</p>
<p style="text-align: justify;">Le système capitaliste financier et les politiques qui le soutiennent permettent que l’argent se multiplie entre les mains de ceux qui, de plus en plus nombreux, le possèdent. Ce système déréglementé leur permet de tirer un maximum de profits et de placer leur fortune dans les paradis fiscaux pour spéculer au dehors et au détriment  de toute économie réelle. Aujourd&#8217;hui ce système s’attaque aux dettes des États jusqu&#8217;à remettre en cause leur souveraineté et la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;">Soumises à ce capitalisme-là, les politiques actuelles menées par de nombreux<strong> </strong>pays européens dont la France<strong> </strong>conduisent à une impasse économique et sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Les pouvoirs politiques en place font payer aux populations la folie des vrais responsables de la crise financière qui, eux, s&#8217;enrichissent en plus avec les intérêts de la dette. Ils imposent des plans de réduction des dépenses publiques détruisant des services vitaux indispensables pour l’avenir et le bien commun (école,  hôpital, etc&#8230;). Ils s&#8217;attaquent à la protection sociale (droit du travail, sécurité sociale, retraites, etc&#8230;) pour la démanteler et passer au secteur privé ce qui est rentable. Ils laissent faire des plans de restructuration et de délocalisation qui écrasent les travailleurs et leurs familles. Cela entraîne la dégradation du  tissu économique et social et l&#8217;accroissement du chômage, de la précarité et de la paupérisation.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que gouvernants et financiers nous font payer la crise qu&#8217;ils organisent.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous refusons que la finance soit utilisée pour broyer les peuples au profit des plus riches. L&#8217;argent doit être au service des hommes, de la vie sociale et de l&#8217;économie. Aussi nous affirmons qu&#8217;il faut changer de politique et de modèle économique.</p>
<p style="text-align: justify;">Militants chrétiens en classe ouvrière, nous partageons le combat de toutes celles et de tous ceux qui luttent avec leurs syndicats, associations et partis, mais également de tous les indignés à travers le monde qui manifestent contre cette dictature financière. Nous appelons à prendre en main nos destins et à participer à toutes les actions proposées dans les semaines et mois qui viennent pour combattre l&#8217;austérité et changer de politique.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Équipe de chrétiens en classe ouvrière du secteur de Caen </strong>(ECCO)</p>
<p style="text-align: right;">Communiqué de presse</p>
<p style="text-align: right;">Caen le 7 décembre 2011</p>
<p style="text-align: justify;">Bernadette Biniakounou, Anick et Michel Carabeux, Marie-Thérèse Colin, Colette Fourdeux, Michel Gigand, Marie-Luce Landreau, Michel Leconte, Michel Lefort, Pierre Leduc, Jean-Marie Peynard, José Reis et Claude Simon.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Contact: Jean-Marie Peynard 02 31 20 26 70 <strong> </strong></p>
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		<title>SNCF, des horaires qui changent tout</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 23:17:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Thierry Brun La campagne nationale lancée par Réseau ferré de France (RFF) sur le « réseau de demain » donne une idée du vaste chantier de modernisation du réseau ferroviaire. Slogan : « Nous avons de grands projets pour vous. » La publicité du gestionnaire du réseau coïncide avec la mise en place d’une nouvelle organisation ferroviaire, « du jamais vu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Thierry Brun</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La campagne nationale lancée par Réseau ferré de France (RFF) sur le « réseau de demain » donne une idée du vaste chantier de modernisation du réseau ferroviaire. Slogan : « Nous avons de grands projets pour vous. » La publicité du gestionnaire du réseau coïncide avec la mise en place d’une nouvelle organisation ferroviaire, <em>« du jamais vu dans l’histoire du chemin de fer en Europe »</em>, selon les opérateurs. Les usagers découvrent qu’à partir du 11 décembre les horaires de train changent dans leur Région. RFF et la SNCF ont prévu de modifier près de 85 % des horaires en France (TGV, TER, transilien…), mettant en place un cadencement généralisé pour <em>« clarifier les horaires »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Nombre de collectifs d’usagers comprennent que la refonte du service public pour 2012 va se traduire par la diminution du nombre de trains et des arrêts aux petites gares. Des dessertes habituellement prévues aux heures de pointe ont été supprimées ainsi que des correspondances avec le TER. Des axes vitaux pour l’économie régionale ont été sacrifiés, et certains élus régionaux accusent la SNCF de les placer devant le fait accompli.</p>
<p style="text-align: justify;">Le système d’horaires cadencés mis en place à marche forcée a d’autres objectifs : préparer le réseau aux entreprises ferroviaires privées. Le gouvernement envisage l’expérimentation d’une ouverture à la concurrence des TER, convoités parce que rentables. La date du 11 décembre coïncide d’ailleurs avec le départ du premier train privé de voyageurs. RFF et la SNCF préparent l’opinion à des années de perturbations. À terme, les usagers risquent d’être les grands perdants de la modernisation.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/SNCF.jpeg"><img class="size-medium wp-image-5691 aligncenter" title="SNCF" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/SNCF-300x150.jpg" alt="" width="300" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Réseau à vendre</strong><strong> </strong><strong> !</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><strong><em>Le changement de 85 % des horaires vise à préparer le terrain aux opérateurs privés. Ce que le gouvernement se garde bien d’avouer.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas un hasard si les changements d’horaires de trains prévus pour le 11 décembre coïncident avec la mise en circulation, le même jour, des trains de Thello, filiale de Veolia et premier concurrent de la SNCF pour le transport de voyageurs (voir ci-contre).</p>
<p style="text-align: justify;">Le secteur ferroviaire connaît une véritable révolution sociale et économique résultant en grande partie de l’instauration de la concurrence pour briser ce qui reste du monopole de la SNCF, présenté comme un obstacle au développement du secteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’au début de l’année, la communication de Réseau ferré de France (RFF) présentait un argumentaire associant un « cadencement » (qui consiste à faire rouler des trains à horaires réguliers) généralisé du réseau ferroviaire à l’ouverture à la concurrence du trafic des grandes lignes. Très demandeur, RFF annonçait donc qu’il préparait le terrain aux entreprises ferroviaires privées.</p>
<p style="text-align: justify;">En tête des documents, pour justifier les changements d’horaire, RFF invoquait <em>« une mise en place progressive de la concurrence, qui demande plus de lisibilité et de transparence dans l’allocation de capacité »</em>. Ce qui n’a pas échappé à l’Association des Régions de France (ARF), pourtant favorable au cadencement. Dès la fin 2009, l’ARF a manifesté son inquiétude et relevé que l’objectif principal des horaires cadencés porte sur le développement du TGV, <em>« parfois au mépris du trafic régional et du rythme des projets portés par les collectivités régionales »</em>, dans une lettre adressée à Jean-Louis Borloo, à l’époque ministre de l’Écologie  [1]. Les élus des Régions y déploraient aussi le manque de transparence des opérateurs ferroviaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que se profile l’élection présidentielle, la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a tenté d’atténuer les aveux de dérégulation du rail, dont les conséquences néfastes pour les usagers ne manqueront pas. En mars, dans une lettre de cadrage adressée au président de la SNCF, Guillaume Pépy, et au PDG de Réseau ferré de France (RFF), Hubert du Mesnil, la ministre a délivré quelques<em> « éléments de langage »</em>. Contrairement à ce qu’affirme RFF, Nathalie Kosciusko-Morizet estime que la priorité des bouleversements liés aux nouveaux horaires doit être <em>« la ­robustesse du réseau »</em>. Dans le même courrier, elle revoit aussi à la baisse le cadencement, à hauteur de 85 % le 11 décembre, au lieu des 100 % souhaités par RFF.</p>
<p style="text-align: justify;">D’où la volte-face du gouvernement et des opérateurs. Thierry Mariani, secrétaire d’État chargé des Transports, et la ministre de l’Ecologie expliquent désormais officiellement que le bouleversement des horaires résulte du lancement d’un programme d’entretien de trois ans, qui entraînera à court terme, des retards…</p>
<p style="text-align: justify;">De même, Guillaume Pépy et Hubert du Mesnil invoquent la modernisation du réseau à partir de 2012 et le lancement de la ligne Paris-Rhin-Rhône pour expliquer l’entrée en vigueur du cadencement. Une séance de rétropédalage des dirigeants de RFF et de la SNCF a eu lieu en juin pour rassurer les élus et les usagers, avec la promesse de privilégier la concertation, quelques mois avant la mise en place du nouveau plan de transport ferroviaire, considéré par la SNCF comme du <em>« jamais vu dans l’histoire du chemin de fer en Europe ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">En fait, les opérateurs ont cultivé la discrétion. La SNCF n’a publié que récemment les nouveaux horaires des trains, <em>« susceptibles d’évoluer d’ici au 11 décembre »</em>, alors que l’entreprise publique les avait transmis à RFF dès décembre 2010. Les associations d’usagers ont dû s’adresser aux autorités organisatrices de transport de leur région, ainsi qu’à l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf). Il a fallu attendre le 15 novembre pour que RFF et la SNCF nomment une médiatrice dédiée aux nouveaux horaires, une certaine Nicole Notat, PDG d’une agence de notation extra-financière qui regroupe tout le CAC 40 dans son conseil d’administration…</p>
<p style="text-align: justify;"><em> « On va sacrifier l’outil SNCF, démanteler les parties les plus rentables pour le privé, et on laissera les lignes à problème aux Régions. Ce qui est scandaleux, c’est que RFF et la SNCF communiquent largement en disant que c’est pour le bien des usagers et qu’ils vont faire 5 000 kilomètres de travaux »</em>, s’indigne Farid Benhammou, à l’origine d’un collectif citoyen de défense du train qui dessert les gares du Val-de-Loire.</p>
<p style="text-align: justify;">À la SNCF, les syndicats de cheminots dénoncent le manque de concertation. SUD-Rail s’interrogeait en septembre sur les deux réunions organisées dans le cadre de la préparation du cadencement généralisé : <em>« Que reste-t-il à concerter ? Car en région, dans les activités, tout semble déjà bouclé ! »</em> On repassera pour <em>« l’écoute attentive »</em> promise à chaque voyageur par les opérateurs ferroviaires, assurément plus vigilants aux évolutions du marché.</p>
<p><em>[</em><em>1</em><em>] Lettre que s’est procurée la Fédération active des usagers voyageurs de Bourgogne (Fauv), </em><em><a href="http://www.fauv.fr/">www.fauv.fr</a></em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> A Lire </strong>: le 11 décembre, départ du premier train privé Paris-Venise : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Le-premier-train-privé.pdf">Le premier train privé</a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>: Dossier SNCF publié dans POLITIS n° 1178 du 24 nov. 2011-12-08</p>
<p><a href="http://www.politis.fr/Des-horaires-qui-changent-tout,16138.html">http://www.politis.fr/Des-horaires-qui-changent-tout,16138.html</a></p>
<p><strong>En savoir plus </strong>:</p>
<p><a href="http://www.humanite.fr/social-eco/nouveaux-horaires-sncf-%E2%80%89-place-aux-trains-prives-484747">http://www.humanite.fr/social-eco/nouveaux-horaires-sncf- -place-aux-trains-prives-484747</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>APPEL EN FAVEUR du DESARMEMENT NUCLEAIRE UNILATÉRAL de la FRANCE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/01/appel-en-faveur-du-desarmement-nucleaire-unilateral-de-la-france/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2011 11:30:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[Que tout emploi d’arme nucléaire soit un crime, cela a été clairement affirmé par l’ONU dès 1961: « Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation.» (résolution du 24 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Paix.jpeg"><img class="size-full wp-image-5651 aligncenter" title="Paix" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Paix.jpeg" alt="" width="251" height="201" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Que tout emploi d’arme nucléaire soit un crime, cela a été clairement affirmé par l’ONU dès 1961: « <em>Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation.</em>» (résolution du 24 novembre 1961). Trop peu en ont tiré la conclusion logique : si c’est un « crime contre l’Humanité », la seule menace d’y recourir est d’ores et déjà criminelle. Or c’est sur une telle menace que reposent les stratégies dites « de dissuasion nucléaire ».</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, l’argument moral ne convaincra probablement pas les décideurs politiques et militaires. Dans ce domaine comme en bien d’autres, un prétendu réalisme prétend toujours récuser un prétendu moralisme. Il convient donc de convaincre les décideurs que l’im-moralité intrinsèque de l’arme nucléaire se double de son in-faisabilité stratégique : le simple réalisme oblige à reconnaître que les armes nucléaires ne nous protègent d’aucune des menaces qui peuvent peser sur notre sécurité. Elles sont notamment incapables de dissuader le moindre terrorisme. Par contre, leur possession même constitue une menace non seulement pour d’autres peuples mais aussi pour nous-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la véritable raison de la dissuasion nucléaire n’est pas d’assurer la défense de la population, mais de conférer à l’État un simulacre de puissance, celle-ci n’étant qu’une puissance de destruction et d’anéantissement.</p>
<p style="text-align: justify;">En maintenant et en modernisant son système d’armes nucléaires, la France ne peut qu’encourager la prolifération mondiale : s’il prétend que l’arme nucléaire est la garantie de la sécurité des Français, comment l’Etat français peut-il demander aux peuples non dotés de l’arme nucléaire de renoncer à la posséder ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le désarmement nucléaire satisferait aussi bien les exigences de « l’éthique de conviction » que celles de « l’éthique de responsabilité ». Et les unes sont aussi impérieuses que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">La dissuasion nucléaire, en outre, exige des citoyen(ne)s qu’ils abandonnent leur destin à la seule décision du Président de la République. L’arme nucléaire implique donc, par une nécessité organique, « l’exercice solitaire du pouvoir ». Tout le processus de développement du système de la dissuasion nucléaire a été et reste entièrement opaque à tout contrôle citoyen.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, l’équipement en armes nucléaires engloutit des sommes considérables. Le coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 est estimé à 228, 67 milliards d’Euros. Alors qu’on nous répète que le pays traverse une grave crise, la loi de programmation militaire (2009-2014) prévoit pour la dissuasion nucléaire un budget annuel moyen de 3,3 milliards d’Euros : 2,3 milliards pour moderniser nos armes, et 1 milliard d’euros pour leur soutien et mise en œuvre. Ces investissements,  directement financés par les impôts, ne sont pas socialement utiles. Ils sont parmi ceux qui produisent le moins d’emplois. Il n’est donc nullement démagogique d’affirmer que ces sommes seraient mieux utilisées dans d’autres secteurs de l’économie, notamment dans les services publics à la population aujourd’hui menacés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dissuasion nucléaire est donc immorale, irréaliste, dangereuse et coûteuse</strong>.  Nombreux sont ceux qui en sont convaincus et partagent l’espoir d’un monde sans armes nucléaires. Mais cet espoir s’accompagne trop souvent d’un sentiment d’irresponsabilité : il faudrait attendre que toutes les puissances nucléaires se mettent d’accord pour une telle abolition générale. C’est oublier notre propre responsabilité de citoyens d’un pays nucléaire : nous ne sommes pas directement responsables du désarmement mondial, mais nous le sommes entièrement du désarmement nucléaire de notre pays. Il nous appartient de construire la paix et la sécurité dans une France sans armes nucléaires.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, sans attendre l’abolition générale des armes nucléaires par une convention internationale encore et toujours hypothétique, nous estimons que pour nous, citoyen(ne)s français(es), il est de notre responsabilité de demander dès à présent :</p>
<p style="text-align: center;"><strong>le désarmement nucléaire unilatéral de la France</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le désarmement nucléaire unilatéral de notre pays est possible si les Français le veulent. Mais jusqu’à présent, ils n’ont jamais eu la possibilité d’en débattre pour dire s’ils le veulent ou s’ils ne le veulent pas ; c’est ce débat qu’il est urgent de susciter. Les Français doivent pouvoir exprimer en toute liberté leur volonté de renoncer à l’arme nucléaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin que les citoyen(ne)s français(es) exercent effectivement ce pouvoir de décision, il convient d‘envisager l’organisation, le plus tôt possible, d’un référendum d’initiative populaire, puisque c’est, dans une démocratie, le seul moyen de donner au peuple souverain la possibilité de s’exprimer sur une question vitale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Premiers signataires </strong>:</p>
<p><em>Guy AURENCHE, avocat honoraire</em></p>
<p><em>Maria BIEDRAWA, Présidente du Mouvement International de la Réconciliation (MIR)</em></p>
<p><em>Paul BLANQUART, sociologue</em></p>
<p><em>Simone de BOLLARDIÈRE</em></p>
<p><em>José de BROUCKER, journaliste </em></p>
<p><em>Bernard DANGEARD, responsable de la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto</em></p>
<p><em>Bernard DRÈANO, Président de l’Assemblée Européenne des Citoyens (HCA, France)</em></p>
<p><em>Isabelle FILLIOZAT, psychologue, psychothérapeute, écrivaine</em></p>
<p><em>Etienne GODINOT, Président de l’Institut de Recherche sur la résolution Non-violente des Conflits (IRNC)</em></p>
<p><em>Françoise HERITIER, Professeure au Collège de France</em></p>
<p><em>Stéphane HESSEL, ambassadeur de France</em></p>
<p><em>Patrick JIMENA, initiateur du Festival Camino</em></p>
<p><em>Gustave MASSIAH, économiste</em></p>
<p><em>Christian MELLON, jésuite, CERAS</em></p>
<p><em>Philippe MEIRIEU, professeur à l’Université Lyon II</em></p>
<p><em>Olivier MAUREL, Ecrivain</em></p>
<p><em>Edgar MORIN</em></p>
<p><em>Jacques MULLER, ancien sénateur</em></p>
<p><em>Jean-Marie MULLER, écrivain, porte parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN)</em></p>
<p><em>Jean-Paul NUNEZ, pasteur, vice-président du MIR</em></p>
<p><em>Richard PETRIS, Directeur de l’Ecole de la Paix, Grenoble.</em></p>
<p><em>Bernard QUELQUEJEU, dominicain, philosophe</em></p>
<p><em>Pierre RABHI, paysan, écrivain et philosophe français d’origine algérienne</em></p>
<p><em>Alain REFALO, enseignant, fondateur du Centre de Ressources sur la Non-violence de Midi-Pyrénées</em></p>
<p><em>Matthieu RICARD, moine bouddhiste, écrivain</em></p>
<p><em>Alain RICHARD, franciscain, Toulouse</em></p>
<p><em>Bernard STEPHAN, P.D.G de Témoignage Chrétien.</em></p>
<p><em>Marlène TUININGA, journaliste</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong>Source </strong>: cet appel a été lancé à l&#8217;initiative de Jean-Marie Muller.</p>
<p><strong>•</strong><strong> Soutenir cet appel </strong>: une pétition citoyenne sera lancée prochainement ; vous pouvez dès à présent <a href="http://www.francesansarmesnucleaires.fr/spip.php?article1">visiter le site</a> de la campagne pour un désarmement unilatéral de la France, télécharger le 4 pages de présentation et manifester votre soutien (Cf le bordereau en fin de la page 4).</p>
<p><strong>•</strong><strong> Pour en savoir plus </strong>:</p>
<p>- Mouvement pour une alternative non violente (MAN) : <a href="http://nonviolence.fr/">http://nonviolence.fr/</a></p>
<p>- Mouvement international de la réconciliation (MIR) : <a href="http://www.mirfrance.org/">http://www.mirfrance.org/</a></p>
<p>- Mouvement de la Paix : <a href="http://www.mvtpaix.org/">http://www.mvtpaix.org/</a></p>
<p>- Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire (ICAN) :</p>
<p><a href="http://www.icanfrance.org/">http://www.icanfrance.org/</a></p>
<p><strong>• </strong><strong>A lire </strong>: « <em>Pour en finir avec l’arme nucléaire </em>» de Pierre Villard, Editions La Dispute, Sept. 2011, 230 pages, 15 €.</p>
<p>Un <a href="http://www.nsae.fr/2011/09/30/question-a-pierre-villard-co-president-du-mouvement-de-la-paix/">Entretien avec l’auteur</a> , vice-président du <em>Mouvement de la Paix</em>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/EnfinirarmeNucl.1.gif"><img class="size-full wp-image-5652 aligncenter" title="EnfinirarmeNucl." src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/EnfinirarmeNucl.1.gif" alt="" width="150" height="220" /></a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>La crise de la dette publique et ses solutions résumées en une page (serrée)</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/24/la-crise-de-la-dette-publique-et-ses-solutions-resumees-en-une-page-serree/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 18:57:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean Gadrey présente ci-après une synthèse particulièrement claire des causes et des remèdes concernant cette crise ; en quelque sorte « la dette publique expliquée aux nuls ». 1. Les deux grandes causes (liées) de l’excès d’endettement public • avoir confié aux marchés financiers (= les gros spéculateurs du monde et leurs banques privées) l’essentiel du crédit aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Jean Gadrey présente ci-après une synthèse particulièrement claire des causes et des remèdes concernant cette crise ; en quelque sorte « la dette publique expliquée aux nuls ».</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Murde-largent.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5624" title="Murde l'argent" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Murde-largent-300x231.jpg" alt="" width="300" height="231" /></a><br />
</em></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1. Les deux grandes causes (liées) de l’excès d’endettement public</strong></p>
<p style="text-align: justify;">• avoir confié aux <strong>marchés financiers</strong> (= les gros spéculateurs du monde et leurs banques privées) l’essentiel du crédit aux États endettés à des taux d’intérêt devenus usuraires (dette insoutenable). En France, Pompidou et Giscard le décident en 1973. En Europe, Maastricht (1992) et les traités ultérieurs interdisent à la BCE de prêter directement aux États. Sans les charges d’intérêt accumulées fixées par ces marchés, ou avec des taux d’intérêt très faibles, aucun État européen n’aurait de dette insupportable !</p>
<p style="text-align: justify;">• des <strong>inégalités démesurées</strong>. L’excès de richesse des très riches alimente la spéculation sur tout. Ils peuvent rafler la mise (intérêts) des crédits aux États et gagner de l’argent quand les dettes explosent, via des produits financiers faits pour cela. Ils « jouent » un pays après l’autre, après avoir joué sur l’immobilier américain, sur les produits alimentaires mondiaux, le pétrole ou les matières premières.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ces inégalités ont été délibérément construites</strong> par les gouvernements et le patronat néolibéraux via une fiscalité de classe (cadeaux et niches pour riches), une part croissante de la valeur ajoutée allant aux profits non réinvestis (dividendes), avec un rapport de force en leur faveur « grâce » au chômage de masse. Les très riches sont doublement gagnants : moins d’impôts, plus de profits spéculatifs sur des dettes publiques creusées en partie par ce « moins d’impôt », en partie par les charges d’intérêt des emprunts.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces causes sont liées : c’est la ploutocratie mondiale qui a poussé à la libéralisation de la finance, à la privatisation du crédit aux États et à l’explosion de la grande richesse.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>2. Des causes complémentaires : paradis fiscaux, culte de la croissance, concurrence entre territoires</strong></p>
<p style="text-align: justify;">• L’existence des <strong>« enfers fiscaux »,</strong> une création des mêmes acteurs, prive les États de recettes énormes. Rien que pour l’UE, entre 1500 et 2000 milliards d’euros sont ainsi mis à l’abri de toute fiscalité.</p>
<p style="text-align: justify;">• Le <strong>culte de la croissance</strong> et la <strong>concurrence</strong> <strong>entre territoires</strong> sont à l’origine de « grands projets nuisibles » au Nord comme au Sud : dépenses de prestige et militaires, certains grands équipements et infrastructures, grands stades, ports et aéroports surdimensionnés… Une partie de la dépense publique est illégitime pendant que des volets essentiels au bien vivre, des biens communs, sont sacrifiés et exigeraient beaucoup plus de moyens.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>3. Les solutions s’en déduisent, mais elles impliquent des mobilisations contre « le mur de l’argent »</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>À court terme (dès 2012) </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1) obliger la BCE à prêter directement aux États</strong> en difficulté et annuler la partie illégitime de leurs dettes sur la base <strong>d’audits citoyens</strong>. Cela couperait les ailes aux marchés et à leurs agences. On y viendra, sauf éclatement dramatique de l’Europe. Mais en cas de refus dans l’immédiat, des solutions nationales existent, sans quitter l’UE ni l’euro. On en trouve par exemple dans le livre de J. Généreux « <em>Nous, on peut !</em> » (p. 121 et suiv.) &#8211; mais elles supposent un bras de fer donc un rapport de forces à construire &#8211; et dans les propositions d’Alain Grandjean et de la FNH [Fondation Nicolas Hulot-NDLR] (passer par un organisme public national de crédit qui pourrait légalement emprunter à la BCE).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2) Une réforme fiscale</strong> réduisant fortement les écarts de revenu et de patrimoine, par le bas et par le haut. Cela s’est fait dans le passé, en France comme aux Etats-Unis. On peut en attendre, sans invoquer la croissance, 100 milliards d’euros par an pour la solidarité nationale, pour revenir à une dette raisonnable et pour les investissements matériels et humains d’une transition écologique et sociale créatrice d’emplois.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3)</strong> Une <strong>séparation des banques d’affaires et des banques de dépôt</strong>. L’idée progresse nettement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4)</strong> Une <strong>taxation des transactions financières</strong> en commençant par l’UE. On y vient, mais pas assez vite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>5)</strong> <strong>L’interdiction des produits financiers à risques systémiques</strong> ou revenant à faire des paris sur les cours de biens essentiels ou sur les pertes d’autrui. On y vient, trop lentement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>À moyen terme (2012-2014) </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1) Socialiser les banques</strong> ou les nationaliser/démocratiser pour les mettre en dehors de tout pouvoir d’actionnaires privés. La monnaie et le crédit comme biens publics. Renationaliser le financement de la dette au sens de J. Généreux (p. 99).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2) </strong>Des mesures (à débattre) de <strong>contrôle des mouvements de capitaux entre l’UE et le reste du monde</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3) en finir avec les paradis fiscaux</strong> en s’appuyant au départ sur la reprise en main des banques nationales et européennes.</p>
<p style="text-align: justify;">4) Une <strong>politique de partage du travail</strong> (décent) et de <strong>création d’emplois d’utilité écologique</strong> <strong>et sociale</strong> mettant fin aux impacts sociaux délétères du chômage.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez télécharger le fichier pdf de la page dont le contenu figure ci-dessus. <a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/files/crise-de-la-dette-en-une-pagevf2.pdf">crise-de-la-dette-en-une-pagevf2.pdf</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En complément de cette page vous pouvez consulter une autre page qui figure sur mon blog, billet du 29 octobre 2008. Il s’agit d’un tableau de synthèse des grandes transformations politiques et économiques de 1950 à 2008 et des facteurs explicatifs d’une crise systémique qui, en 2008, n’avait pas encore touché les dettes publiques. Ce lien vous permet de la télécharger. <a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/files/tableau-crise-50-08.pdf">tableau-crise-50-08.pdf</a></p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/files/tableau-crise-50-08.pdf"></a>Jean Gadrey</p>
<p style="text-align: right;">Publié le 12 novembre 2011</p>
<p><strong>Source</strong> :</p>
<p><a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/11/12/la-crise-de-la-dette-publique-et-ses-solutions-resumees-en-une-page-serree/">http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/11/12/la-crise-de-la-dette-publique-et-ses-solutions-resumees-en-une-page-serree/</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Instaurons le droit de vote des immigrés !</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/24/instaurons-le-droit-de-vote-des-immigres/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2011/11/24/instaurons-le-droit-de-vote-des-immigres/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 18:19:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nsae.fr/?p=5619</guid>
		<description><![CDATA[Par Esther Benbassa et Noël Mamère Affiche pour la &#8220;votation citoyenne&#8221; organisée chaque année dans toute la France à l&#8217;initiative de la LDH, en coopération avec d&#8217;autres organisations. Nicolas Sarkozy, le 24 octobre 2005, déclarait au Monde : « Je ne trouve pas anormal qu&#8217;un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Esther Benbassa et Noël Mamère</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images20.jpeg"><img class="size-full wp-image-5620 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images20.jpeg" alt="" width="184" height="274" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Affiche pour la &#8220;</em>votation citoyenne<em>&#8221; organisée chaque année </em><em>dans toute la France </em></p>
<p style="text-align: center;"><em></em><em></em>à l&#8217;initiative <em>de la <a href="http://www.ldh-france.org">LDH</a>, </em> <em>en coopération avec d&#8217;autres organisations.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy, le 24 octobre 2005, déclarait au <em>Monde</em> : <em>« Je ne trouve pas anormal qu&#8217;un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter lors des élections municipales. J&#8217;ouvre un débat en faveur d&#8217;une mesure que je pense juste. » </em>Et comme il y a plusieurs droites à droite, une certaine « droite libre », « mouvement libéral-conservateur associé à l&#8217;UMP », lance sa propre pétition, associant, pour faire grand peur aux Français, danger islamiste et droit de vote des immigrés.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, recroquevillées dans leur ch</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Signez l&#8217;appel « Pour une société interculturelle ! »</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 11:20:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[Assises nationales de la diversité culturelle Samedi 19 novembre, 400 personnes ont participé aux premières Assises nationales de la diversité culturelle à Paris. La journée composée de conférences et d&#8217;ateliers, organisée par Témoignage chrétien et Salamnews, s&#8217;est conclue par le lancement d&#8217;un Appel pour une société interculturelle, point de départ d&#8217;un mouvement citoyen pour la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Assises nationales de la diversité culturelle</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Samedi 19 novembre, 400 personnes ont participé aux premières Assises nationales de la diversité culturelle à Paris. La journée composée de conférences et d&#8217;ateliers, organisée par Témoignage chrétien et Salamnews, s&#8217;est conclue par le lancement d&#8217;un Appel pour une société interculturelle, point de départ d&#8217;un mouvement citoyen pour la mise en oeuvre d&#8217;une politique de construction d&#8217;un vivre-ensemble durable exploitant les richesses de la diversité pour mieux combattre les replis identitaires de tous bords et le communautarisme. Lisez, signez et faite signez autour de vous cet Appel !</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/41K-AppelSocIntercilturelleTC.jpg"><img class="size-medium wp-image-5607 aligncenter" title="41K-AppelSocIntercilturelleTC" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/41K-AppelSocIntercilturelleTC-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Notre société</strong> a connu en un demi-siècle une mutation sociétale et économique inédite. La cohésion sociale fondée sur des siècles d’Histoire et de valeurs nationales, religieuses et identitaires collectives a été balayée par un individualisme forcené, porté par un libéralisme réduit à sa plus simple expression, la consommation. Aujourd’hui, face au désarroi de la crise économique et dans une société morcelée, la tentation est générale d’en faire porter l’échec sur l’étranger, sa religion, sa culture. Or, ces populations et leurs cultures issues d’Orient, d’Asie, d’Afrique… sont désormais partie intégrante de la société française et de son Histoire. Elles doivent être pleinement actrices de la construction du vivre-ensemble de nos sociétés du XXIe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Pourtant</strong>, au lieu d’être considérés comme une chance pour construire une société de solidarité, les femmes et les hommes porteurs des cultures du monde qui habitent depuis des décennies en France sont de plus en plus dénoncés comme des obstacles à la vie commune. L’obsession d’une identité nationale pétrifiée dans une Histoire plus mythique que réelle impose à tous un modèle d’assimilation qui nie les différences et appauvrit la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Au lieu d’unir</strong> les citoyens pour vaincre ensemble les défis vitaux qui permettent l’accès de tous à une vie digne, de plus en plus de discours et de pratiques, en France et en Europe, alimentent les peurs et agitent le spectre d’une menace provenant de l’étranger et des personnes de cultures et de religions autres que celles qui ont dominé et dominent encore le Vieux Continent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Les propagateurs</strong> de ces discours font des différences culturelles et religieuses des obstacles indépassables à la construction de la Cité et de la démocratie. Ils jettent la vindicte sur des boucs émissaires, notamment les musulmans ou encore les Roms, bafouent le devoir d’accueil inconditionnel de l’immigré, se servent de la détresse sociale, des difficultés du vivre-ensemble qui touche l’ensemble de la société, réduisent les personnes à leur appartenance communautaire ou religieuse, pour prôner le rejet de l’autre et laisser libre cours à la xénophobie, au racisme et à la discrimination</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Le développement</strong> de ces logiques de rejet fait courir des risques graves à la démocratie. Nous, citoyens, associations, médias, réunis dans ces Assises pour une société interculturelle, refusons de toutes nos forces ces dérives au moment où s’annoncent les élections présidentielle et législatives.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Nous nous devons</strong> de résister à la propagation de la peur et de la défiance. Nous nous appuyons pour cela sur les ressources et les initiatives développées par les citoyens, de multiples associations et des collectivités territoriales pour inventer une société interculturelle. Beaucoup font déjà l’expérience de manières fraternelles de vivre ensemble, qui répondent à la quête de justice et de dignité sans abolir les différences, sans nier les ressemblances et en augmentant les capacités d’être de chacun.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Nous ne voulons pas</strong> d’une société où chacun est sommé de nier ses multiples appartenances culturelles, ethniques, religieuses, spirituelles, pour se conformer à un moule républicain, qui, dans ce cas, nie ou réduit la singularité de chacun. Nous ne voulons pas plus d’une société qui soit l’addition de communautés repliées sur elles-mêmes, qui enferment chacun dans une partie de son identité et ne cherchent pas à construire avec d’autres un espace commun à tous les citoyens. Nous voulons d’une laïcité qui, pleinement dans l’esprit de la loi de 1905, garantisse et permette la liberté de conscience et le libre exercice des cultes – et des cultures.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Nous croyons</strong> <strong>fermement</strong> qu’une société interculturelle est possible. En cette période de grande dépression économique et d’extrême fragilité sociale, nous croyons vivement qu’il est indispensable et vital de s’attacher dès aujourd’hui à sa construction pour éviter l’implosion de notre société et les replis communautaires destructeurs de la cohésion sociale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Citoyens, politiques, associations, institutions</strong>, nous nous devons de construire un vivre-ensemble durable donc interculturel ! Il est temps d’apprendre à vivre « unis et divers » pour témoigner que notre commune humanité est une espérance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Aussi, forts de nos expériences</strong> et de nos convictions, nous demandons aux responsables politiques de mettre définitivement fin dans leurs discours et leurs pratiques aux arguments désignant une religion, une communauté ethnique ou culturelle comme la cause des problèmes de la France et de l’Europe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Nous exigeons</strong> que soient mises en place des politiques d’accueil respectueux des droits des migrants et que cessent les véritables chasses à l’homme auxquelles se livrent les forces de l’ordre pour atteindre ses objectifs d’expulsion des étrangers en situation irrégulière.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Nous demandons</strong> que cesse la mise à l’écart du travail d’une partie de la population du fait de son appartenance ethnique ou de son lieu d&#8217;habitation et que les personnes de nationalité étrangère, quel que soit leur pays d’origine, bénéficient du droit de vote aux élections à qui ce droit est déjà octroyé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>• </strong><strong>Enfin, nous demandons</strong> la mise en valeur, la mutualisation et l’accompagnement des expériences qui construisent un véritable vivre-ensemble interculturel, notamment dans les quartiers populaires, afin qu’elles servent de références aux politiques publiques dans ce domaine ; et nous proposons que l’école soit, dans un esprit de laïcité ouverte comme l’insuffle la loi de 1905, un lieu de connaissance des différentes cultures et religions du monde et un espace d’éducation au vivre-ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet Appel, fort de ses signatures, sera remis aux candidats aux élections présidentielle et législatives dans le courant du premier trimestre 2012.</p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em>Pour vous joindre à l’appel</em></strong> :</p>
<p><strong> • </strong><a href="http://www.assisesinterculturelles.com/forms/Je-signe-l-appel-pour-une-societe-interculturelle_f5.html">SIGNEZ L&#8217;APPEL EN LIGNE</a></p>
<p>OU</p>
<p><strong> • </strong>Téléchargez le PDF et renvoyez le nous au 3/5 rue de Metz 75010 Paris :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/appelpourunesocieteinterculturelle.pdf">appelpourunesocieteinterculturelle</a></p>
<p><strong><em>Contacts APPEL </em></strong>:</p>
<p>- Emmanuel Maistre &#8211; 01 44 83 82 62 / 06 62 59 12 62</p>
<p><a href="mailto:e.maistre@temoignagechretien.fr">e.maistre@temoignagechretien.fr</a></p>
<p>témoignage chrétien</p>
<p>3/5 rue de Metz &#8211; 75010 Paris</p>
<p>01 44 83 82 82</p>
<p>- Salamnews</p>
<p>113/115, Rue Danielle Casanova &#8211; 93200 Saint Denis</p>
<p>09 81 72 10 72</p>
<p><strong>Source :</strong></p>
<p><a href="http://www.assisesinterculturelles.com/Appel-pour-une-societe-interculturelle-_a90.html">http://www.assisesinterculturelles.com/Appel-pour-une-societe-interculturelle-_a90.html</a></p>
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		<title>Il est urgent que les peuples d’Afrique passent à l’action !</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 18:25:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Déclaration finale du Forum des Peuples en contrepoint du G20 de Cannes par Le Forum des Peuples Nous, mouvements sociaux venus des différents milieux ruraux, périurbains et urbains des 8 régions du Mali, d’Afrique de l’Ouest, du Centre, du Sud, Nord et Australe nous sommes réunis à Niono, dans la zone Office du Niger pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Déclaration finale du Forum des Peuples en contrepoint </em></strong></p>
<p><strong><em>du G20 de Cannes</em></strong></p>
<p>par <strong>Le Forum des Peuples</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ForumPeuples.jpeg"><img class="size-full wp-image-5548 aligncenter" title="ForumPeuples" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ForumPeuples.jpeg" alt="" width="119" height="120" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nous, mouvements sociaux venus des différents milieux ruraux, périurbains et urbains des 8 régions du Mali, d’Afrique de l’Ouest, du Centre, du Sud, Nord et Australe nous sommes réunis à Niono, dans la zone Office du Niger pour la dixième édition du Forum des Peuples du 31 octobre au 3 novembre 2011 .</p>
<p style="text-align: justify;">Au terme des délibérations orientées autour de la souveraineté politique et économique des peuples, la présente déclaration &#8211; intégrant les exigences et propositions d’alternatives de la déclaration de la journée de manifestation du 27 juin 2010, de l’appel de Kolongo et de l’appel du forum des démunies &#8211; a été adoptée lors de l’assemblée finale du Forum des peuples de Niono le 3 novembre 2011.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons que l’accaparement des terres agricoles en Afrique est un facteur d’appauvrissement et de famine, principalement pour les paysan-ne-s, vivant d’une agriculture de subsistance sur des petits lopins de terre. </strong>En Afrique, alors que les surfaces accaparées augmentent rapidement, en milieu rural : 60 millions d’hectares arables ont déjà fait l’objet d’accaparement par les investisseurs étrangers ou nationaux sur base de contrats occultes, conclus sans consultation et information préalable des populations concernées. Les investisseurs privés avec l’appui des pouvoirs publics africains volent les terres pour y exploiter frénétiquement les ressources (eau, pétrole, minerais…) et y développer des cultures à destination des industries de l’agroalimentaire et de l’agrocarburant. Ces politiques portent atteintes aux droits humains fondamentaux et en particulier au droit à l’alimentation, quand plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, dont plus de 260 millions en Afrique. Sur les 82 pays classés par l’ONU comme « Pays à Faible Revenu et à Déficit Vivrier » (PFRDV), 42 d’entre eux se situent en Afrique Subsaharienne. L’exode rural qui en découle vient grossir la population des bidonvilles et aggrave la crise alimentaire pour l’ensemble des populations.</p>
<p style="text-align: justify;">En milieu périurbain et urbain : sous le masque de l’urbanisation, des milliers de personnes installées par acquis coutumiers sont injustement expropriées, déguerpies et souvent même emprisonnées par les pouvoirs publics, sans que la procédure légale et les titres (coutumiers, provisoires et définitifs) ne soient respectés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons que le droit à l’autodétermination des peuples est largement bafoué à travers le monde.</strong> Sous le manteau humanitaire et sous l’égide de l’OTAN, les gouvernements occidentaux continuent les guerres de conquêtes pour garder la mainmise sur les richesses des pays africains, se rendant responsable de la mort de milliers de civils et coupable de la violation du droit à l’autodétermination des peuples. Les luttes héroïques des peuples d’Afrique, notamment dans le Maghreb, montrent la détermination de ceux-ci à mettre fin aux dictatures et à l’ingérence néocoloniale pour avancer vers des démocraties réellement au service des citoyen-ne-s. En Occident, les peuples se lèvent également pour imposer le respect de leurs droits sociaux. Le récent mouvement des Indigné-e-s montre que les résistances aux oppressions du système capitaliste n’ont pas de frontière. Les peuples opprimés ne font qu’un.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons que la dette est un problème qui touche l’ensemble des peuples du monde et que celle-ci constitue un mécanisme de pillage et d’appropriation des richesses au service d’une élite capitaliste. </strong>Sous le prétexte du remboursement de la dette, largement odieuse et illégitime, les banques privées et les Institutions financières régionales et internationales par l’intermédiaire des gouvernements complices imposent des politiques néolibérales qui violent les droits des peuples et de la Nature, pourtant supérieurs aux intérêts de quelques créanciers. Les peuples du Sud qui connaissent depuis des décennies une crise de la dette, sont aujourd’hui solidaire des peuples occidentaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons que les partenariats public – privé imposés par l’OMC, la Banque mondiale et le FMI, avec la complicité des gouvernements, ne sont rien d’autre que l’instrument de la mise à disposition des fonds publics pour financer les privatisations des biens communs (terre, eau, forêt, air…) et des services sociaux (éducation, santé, culture, transport, information …). </strong>Ainsi, professé comme stratégie de politique de « dialogue, de collaboration entre le public et le privé », les partenariats public-privé imposent aux États d’assumer les dettes des banques et entreprises privés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons que les femmes subissent des oppressions spécifiques, imposées par le système capitaliste qui est dans son essence un système patriarcal. </strong>Les femmes, qui représentent plus de la moitié de l’humanité, sont considérées comme une armée de réserve au service du capital. La liberté des peuples dépendra de la libération des femmes et de leur accession à l’égalité de droit et de fait.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons la négation du droit à la libre circulation des personnes.</strong> Alors que les marchandises et les capitaux circulent librement, les femmes et les hommes sont privé-e-s de ce droit fondamental. Les frontières, les politiques migratoires, en particulier le Frontex, sont des outils qui œuvrent à la division et à la répression des peuples. Les immigré-e-s sont désormais des sans droits, survivant dans la précarité la plus extrême, la peur, la violence et le rejet.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons la prolifération de l’armement. A l’heure où le système capitaliste est de plus en plus contesté de par le monde, il ne peut se maintenir qu’à travers les guerres, la violence et la répression.</strong> Les peuples en quête de liberté sont des cibles toutes désignées. De plus, le développement du nucléaire civil comme militaire met en péril l’ensemble du vivant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons des déficits constitutionnels conduisant à des dictatures politiques ou économique de droit. </strong>La plupart des constitutions, leurs interprétations ou encore leur modifications sans participation populaire, ne représentent pas les intérêts des peuples et sont des outils permettant aux pouvoirs despotiques de se maintenir ou d’imposer des décisions violant les droits des peuples.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous constatons l’absence de volonté et l’incapacité des dirigeants du G20 à trouver des solutions aux crises du capitalisme (crise financière, économique, sociale, migratoire et écologique). </strong>Le G20, groupe illégitime au service de l’élite capitaliste, composé des 20 pays les plus riches, ne peut prétendre répondre aux maux dont souffrent les peuples du monde. faisant partie Il fait en effet partie du problème et non de la solution.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin de promouvoir des alternatives cohérentes au service des droits humains fondamentaux et des droits de la Nature, nous exigeons :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1</strong>. L’expropriation, sans indemnisation, des grands propriétaires fonciers (nationaux comme étrangers) en vue d’une réforme agraire permettant aux paysan-ne-s de disposer de leurs ressources. L’agriculture paysanne est la seule capable de nourrir l’ensemble de l’humanité tout en préservant la biodiversité ;</p>
<p style="text-align: left;"><strong>2</strong>. Le soutien par des politiques régionales, nationales et internationales des productions vivrières et de la souveraineté alimentaire, avec notamment la protection des produits locaux vis à vis des produits importés, la valorisation des semences paysannes et des pratiques agro-écologiques, la garantie aux paysan-ne-s de prix stables et rémunérateurs, la revalorisation du métier et des savoirs des paysan-ne-s ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3</strong>. L’arrêt du pillage des ressources naturelles et du saccage de l’environnement. Les peuples doivent exiger des réparations au titre de la dette écologique ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4</strong>. La prise en compte du changement climatique et de ses effets sur les peuples africains par un engagement contraignant des États du Nord, responsables du changement climatique, lors des prochaines négociations de Durban et Rio +20 ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>5</strong>. L’abolition de l’OMC et de tous les accords de libre-échange (ACP, &#8230;) et le renforcement d’initiatives d’intégration régionales visant la solidarité entre les peuples et excluant tous projets cherchant à marchandiser les biens communs et l’accès aux droits fondamentaux ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>6.</strong> L’abolition des paradis fiscaux, la levé du secret bancaire, la développement d’une fiscalité juste, la fin des privatisations du secteurs bancaires imposés aux gouvernements africains par les institutions financières internationales ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>7</strong>. L’abolition des Institutions financières internationales (FMI et Banque Mondiale) et leur remplacement par des institutions démocratiques au service des peuples ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>8</strong>. La création d’un front mondial contre la dette, avec notamment la mise en place d’audits (sous contrôle citoyen) de l’endettement public interne et externe en vue de répudier les dettes odieuses et illégitimes ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>9.</strong> La fin de l’impérialisme et du néocolonialisme qu’ils soient imposés par des voies diplomatiques, économiques ou militaires et le respect de l’autodétermination des peuples ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>10.</strong> La mise en place de processus populaires chargés de réviser les constitutions en vue de l’introduction dans celles-ci de mesures et de règles garantissant la démocratie réelle tant d’un point de vue politique qu’économique ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>11.</strong> L’arrêt de la fabrication d’armes et la sortie du nucléaire à des fins civiles comme militaires et la reconversion de ces industries vers des secteurs socialement utiles ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>12.</strong> La solidarité dans la lutte des femmes pour leur libération et l’accession à une égalité de droit et de fait dans l’ensemble des sphères publiques, comme privées, de la société ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>13.</strong> L’arrêt de la criminalisation et de la persécution des migrant-e-s et la libre circulation des personnes ;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous demandons à l’ensemble des citoyen-ne-s, de la société civile et des mouvements sociaux, de se mobiliser et de construire des convergences de luttes pour faire émerger au niveau local, national, international un autre monde, basé sur la partage des richesses, la solidarité et le respect des droits humains fondamentaux et de la Nature.</p>
<p style="text-align: right;">Fait à Niono, le 3 novembre 2011</p>
<p style="text-align: right;">Le Forum des peuples</p>
<p><strong>Source</strong> : CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde)</p>
<p><a href="http://www.cadtm.org/Il-est-urgent-que-les-peuples-d">http://www.cadtm.org/Il-est-urgent-que-les-peuples-d</a></p>
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