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	<title>NSAE &#187; Éthique et vie</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Gouvernance et responsabilité dans la zone de l&#8217;UE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/02/02/gouvernance-et-responsabilite-dans-la-zone-de-lue/</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 18:22:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Le CCFD-Terre Solidaire a organisé les 8 et 9 décembre 2011 à l’occasion de ses 50 ans, un colloque international intitulé « Gouvernance et responsabilité, proposition pour un développement humain et solidaire » ainsi présenté : « Débattre afin de trouver des solutions aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés, résonne chaque jour davantage comme une urgence. Le faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le CCFD-Terre Solidaire a organisé les 8 et 9 décembre 2011 à l’occasion de ses 50 ans, un colloque international intitulé « <strong>Gouvernance et responsabilité, proposition pour un développement humain et solidaire » </strong>ainsi <a href="http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/a/agenda_2700.php">présenté</a> :<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« </strong>Débattre afin de trouver des solutions aux multiples crises auxquelles nous sommes confrontés, résonne chaque jour davantage comme une urgence. Le faire en réunissant des décideurs, des chefs d&#8217;entreprise, des philosophes, des responsables de mouvements sociaux et de jeunes chercheurs du Nord comme du Sud de notre hémisphère, est pour nous la garantie d&#8217;un débat exigeant et la reconnaissance que la planète est une et les regards multiples.</p>
<p style="text-align: justify;">Fort de cinquante années d&#8217;expérience de partenariat avec de multiples acteurs du développement sur les cinq continents, le CCFD-Terre Solidaire souhaite ainsi apporter sa contribution à un travail de redéfinition du modèle de développement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce colloque s&#8217;inscrit dans un travail plus large de réflexion prospective engagé par le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires pour identifier les initiatives porteuses de sens et de transformation. Comment redéfinir les concepts de gouvernance et d&#8217;humanité ? Quelles politiques publiques pour subvenir aux besoins des populations malgré la finitude des ressources naturelles ? Quel modèle économique replacera l&#8217;homme au centre ?  ».</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/CCFD.jpeg"><img class="size-full wp-image-5998 aligncenter" title="CCFD" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/CCFD.jpeg" alt="" width="160" height="188" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’un des intervenants a été <strong>Gaël Giraud, </strong>chercheur en économie au CNRS, de formation mathématique. Ses travaux portent un regard original sur l’économie financière et explorent les aspects éthiques des sciences économiques. Jésuite, et ancien praticien de la finance, il apporte des propositions de gouvernance économique. Son intervention est construite autour des trois points suivants :</p>
<p style="text-align: justify;">1. La gouvernance de la zone européenne. Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align: justify;">2. La part de responsabilité des marchés financiers et du secteur bancaire dans cette situation.</p>
<p style="text-align: justify;">3. Les types de grandes propositions et de solutions que l’on pourrait envisager.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour écouter cette intervention d’une vingtaine de minutes, après deux minutes de présentation, cliquer  <a href="http://vimeo.com/34613599">ICI</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>En savoir plus </strong>:</p>
<p>Lire :  « <em>20 propositions pour réformer le capitalisme </em>», sous la direction de Gaël Giraud et Cécile Renouard, Ed. Flammarion, 22 € et sur <a href="http://20propositions.com">http://20propositions.com</a> (réédition 2012).</p>
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		<title>APPEL EN FAVEUR du DESARMEMENT NUCLEAIRE UNILATERAL de la FRANCE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/26/appel-en-faveur-du-desarmement-nucleaire-unilateral-de-la-france-2/</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 15:54:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons publié le 1er décembre 2011 une version préliminaire de cet Appel avec des références documentaires et en annonçant qu’une pétition citoyenne serait lancée prochainement. Vous trouverez ci-après :             • le texte définitif de l’Appel signé par 46 personnalités et initié par le Mouvement pour une Alternative Non-Violente (MAN) dans le cadre de sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nous avons publié le 1<sup>er</sup> décembre 2011 une <a href="http://www.nsae.fr/2011/12/01/appel-en-faveur-du-desarmement-nucleaire-unilateral-de-la-france/">version préliminaire de cet Appel avec des références documentaires</a> et en annonçant qu’une pétition citoyenne serait lancée prochainement. Vous trouverez ci-après :</strong></p>
<p><strong>            • le texte définitif de l’Appel signé par 46 personnalités et initié par le Mouvement pour une Alternative Non-Violente (<a href="http://nonviolence.fr/">MAN</a>) dans le cadre de sa campagne sur le thème « Libérons la France des armes nucléaires ».</strong></p>
<p><strong>             • la PETITION à signer et diffuser pour demander <em>le désarmement nucléaire unilatéral de la France</em>, en ligne sur le site <a href="http://www.fsan.fr">http://www.fsan.fr</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/colombe-entre-2-mains.jpg"><img class=" wp-image-5928 aligncenter" title="colombe-entre-2-mains" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/colombe-entre-2-mains.jpg" alt="" width="239" height="216" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Appel en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la France</strong></p>
<p>16 janvier 2012</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Que tout emploi d’arme nucléaire soit un crime, cela a été clairement affirmé par l’ONU dès 1961 : <em>« Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’humanité et commettant un crime contre l’humanité et la civilisation. »</em></strong><strong> (résolution du 24 novembre 1961). Trop peu en ont tiré la conclusion logique : si l’emploi des armes nucléaires est un « crime contre l’humanité », la seule menace d’y recourir est d’ores et déjà criminelle. Or c’est sur une telle menace que reposent les stratégies dites « de dissuasion nucléaire ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Certes, l’argument moral ne convaincra probablement pas les décideurs politiques et militaires. Dans ce domaine comme en bien d’autres, un prétendu réalisme prétend toujours récuser un prétendu moralisme. Il convient donc de convaincre les décideurs que l’im-moralité intrinsèque de l’arme nucléaire se double de son in-faisabilité stratégique : le simple réalisme oblige à reconnaître que les armes nucléaires ne nous protègent d’aucune des menaces qui peuvent peser sur notre sécurité. Elles sont notamment incapables de dissuader le moindre terrorisme. Par contre, leur possession même constitue une menace non seulement pour d’autres peuples mais aussi pour nous-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la véritable raison de la dissuasion nucléaire n’est pas d’assurer la défense de la population, mais de conférer à l’État un simulacre de puissance, celle-ci n’étant qu’une puissance de destruction et d’anéantissement.</p>
<p style="text-align: justify;">En maintenant et en modernisant son système d’armes nucléaires, la France ne peut qu’encourager la prolifération mondiale : s’il prétend que l’arme nucléaire est la garantie de la sécurité des Français, comment l’État français peut-il demander aux peuples non dotés de l’arme nucléaire de renoncer à la posséder ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le désarmement nucléaire satisferait aussi bien les exigences de « l’éthique de conviction » que celles de « l’éthique de responsabilité ». Et les unes sont aussi impérieuses que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">La dissuasion nucléaire, en outre, exige des citoyen(ne)s qu’ils abandonnent leur destin à la seule décision du Président de la République. L’arme nucléaire implique donc, par une nécessité organique, « l’exercice solitaire du pouvoir ». Tout le processus de développement du système de la dissuasion nucléaire a été et reste entièrement opaque à tout contrôle citoyen.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, l’équipement en armes nucléaires engloutit des sommes considérables. Le coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 est estimé à 228,67 milliards d’euros. Alors qu’on nous répète que le pays traverse une grave crise, la loi de programmation militaire (2009-2014) prévoit pour la dissuasion nucléaire un budget annuel moyen de 3,3 milliards d’euros : 2,3 milliards pour moderniser nos armes, et 1 milliard d’euros pour leur soutien et mise en œuvre. Ces investissements, directement financés par les impôts, ne sont pas socialement utiles. Ils sont parmi ceux qui produisent le moins d’emplois. Il n’est donc nullement démagogique d’affirmer que ces sommes seraient mieux utilisées dans d’autres secteurs de l’économie, notamment dans les services publics à la population aujourd’hui menacés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dissuasion nucléaire est donc immorale, irréaliste, dangereuse et coûteuse</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nombreux sont ceux qui en sont convaincus et partagent l’espoir d’un monde sans armes nucléaires. Mais cet espoir risque fort d’être déçu : il faudrait attendre que toutes les puissances nucléaires se mettent d’accord pour une telle abolition générale. C’est oublier notre propre responsabilité de citoyens d’un pays nucléaire : nous ne sommes pas directement responsables du désarmement mondial, mais nous le sommes entièrement du désarmement nucléaire de notre pays. Il nous appartient de construire la paix et la sécurité dans une <strong>France sans armes nucléaires</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, sans attendre l’abolition générale des armes nucléaires par une convention internationale encore et toujours hypothétique, nous estimons que pour nous, citoyen(ne)s français(es), il est de notre responsabilité de demander dès à présent :</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>le désarmement nucléaire unilatéral de la France</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le désarmement nucléaire unilatéral de notre pays est possible si les Français le veulent. Mais jusqu’à présent, ils n’ont jamais eu la possibilité d’en débattre pour dire s’ils le veulent ou s’ils ne le veulent pas ; c’est ce débat qu’il est urgent de susciter. Les Français doivent pouvoir exprimer en toute liberté leur volonté de renoncer à l’arme nucléaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin que les citoyen(ne)s français(es) exercent effectivement ce pouvoir de décision, il convient d‘envisager l’organisation d’un référendum d’initiative populaire, puisque c’est, dans une démocratie, le seul moyen de donner au peuple souverain la possibilité de s’exprimer sur une question vitale.</p>
<p><strong>Les 46 signataires</strong> :</p>
<p><strong>Olivier ABEL</strong><em>, philosophe</em><strong></strong></p>
<p><strong>Guy AURENCHE</strong><em>, avocat honoraire</em></p>
<p><strong>Maria BIEDRAWA</strong><em>, Présidente du </em>Mouvement International de la Réconciliation <em>(MIR)</em></p>
<p><strong>Paul BLANQUART</strong><em>, sociologue, écrivain</em></p>
<p><strong>Simone de BOLLARDIÈRE</strong></p>
<p><strong>Bernard BOUDOURESQUE</strong><em>, prêtre de la </em>Mission de France<em>, ancien ingénieur au </em>Commissariat à l’Energie Atomique<em> (CEA)</em></p>
<p><strong>José de BROUCKER</strong><em>, journaliste </em></p>
<p><strong>Thierry CASTELBOU</strong><em>, directeur de publication du journal </em>Gardarem lo Larzac<em></em></p>
<p><strong>Bernard DANGEARD</strong><em>, responsable de la communauté francophone de </em>l’Arche<em> de Lanza del Vasto</em></p>
<p><strong>Bernard DRÈANO</strong><em>, président de </em>l’Assemblée Européenne des Citoyens<em> (HCA, France)</em></p>
<p><strong>Hélène DUPONT</strong><em>, secrétaire de l’association </em>Partenia 2000<em></em></p>
<p><strong>Isabelle FILLIOZAT</strong><em>, psychologue, psychothérapeute, écrivaine</em></p>
<p><strong>Dominique FONTAINE</strong>, <em>vicaire général de la</em> Mission de France</p>
<p><strong>Bernard GINISTY</strong>, <em>philosophe</em></p>
<p><strong>Etienne GODINOT</strong><em>, président de </em>l’Institut de Recherche sur la résolution Non-violente des Conflits<em> (IRNC)</em></p>
<p><strong>Françoise HERITIER</strong><em>, anthopologue</em>, <em>professeure honoraire au </em>Collège de France<em></em></p>
<p><strong>Stéphane HESSEL</strong><em>, ambassadeur de France</em></p>
<p><strong>Albert JACQUARD</strong><em>, généticien</em></p>
<p><strong>Patrick JIMENA</strong><em>, initiateur du </em>Festival Camino <em>Agir pour la non-violence</em></p>
<p><strong>Gustave MASSIAH</strong><em>, économiste</em></p>
<p><strong>Olivier MAUREL</strong><em>, écrivain</em></p>
<p><strong>Christian MELLON</strong><em>, jésuite, membre du </em>Centre de recherche et d’action sociales<em> (CERAS)</em></p>
<p><strong>Philippe MEIRIEU</strong><em>, professeur à l’Université Lyon II</em></p>
<p><strong>Jean MERCKAERT</strong><em>, rédactuer en chef de la revue </em>Projet<em></em></p>
<p><strong>Edgar MORIN</strong><em>, philosophe et écrivain</em></p>
<p><strong>Jacques MULLER</strong><em>, ancien sénateur</em></p>
<p><strong>Jean-Marie MULLER</strong><em>,philosophe, écrivain, porte parole du </em>Mouvement pour une Alternative Non-violente<em> (MAN)</em></p>
<p><strong>Antoine NOUIS</strong><em>, directeur de publication de la revue </em>Réforme<em></em></p>
<p><strong>Jean-Paul NUNEZ</strong>, pasteur, vice-président du MIR<em></em></p>
<p><strong>Richard PETRIS</strong><em>, Directeur de l’</em>Ecole de la Paix<em>, Grenoble.</em></p>
<p><strong>Bernard QUELQUEJEU</strong><em>, dominicain, philosophe</em></p>
<p><strong>Pierre RABHI</strong><em>, paysan, écrivain et philosophe français d’origine algérienne</em></p>
<p><strong>Alain REFALO</strong><em>, enseignant, fondateur du </em>Centre de Ressources sur la Non-violence de Midi-Pyrénées<em></em></p>
<p><strong>Matthieu RICARD</strong><em>, moine bouddhiste, écrivain</em></p>
<p><strong>Alain RICHARD</strong><em>, franciscain à Toulouse</em></p>
<p><strong>Jacques RICHARD</strong><em>, docteur en médecine</em></p>
<p><strong>Lama Denys RINPOCHE</strong><em>, supérieur de la communauté bouddhiste </em>Dachang Rimay</p>
<p><strong>Jean-Pierre SCHMITZ</strong>, <em>président de la fédération</em> Réseaux du Parvis</p>
<p><strong>Antoine SONTAG</strong>, prêtre<em></em></p>
<p><strong>Bernard STEPHAN</strong><em>, P.D.G de </em>Témoignage Chrétien</p>
<p><strong>Alain TOURAINE</strong>, <em>directeur d’études à </em>l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales<em></em></p>
<p><strong>Marlène TUININGA</strong>, <em>journaliste, membre de la</em> Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté<em> (WILPF)</em></p>
<p><strong>Didier VANHOUTTE</strong><em>, ancien président de la fédération </em>Réseaux du Parvis<em> </em></p>
<p><strong>François VAILLANT</strong>, <em>rédacteur en chef de la revue</em> Alternatives Non-Violentes</p>
<p><strong>Paul VIRILIO</strong>, <em>philosophe, écrivain</em></p>
<p><strong>Patrick VIVERET</strong>, <em>philosophe, écrivain</em></p>
<p>_____________________________________</p>
<p><strong>Contact</strong> : Jean-Marie Muller – tél. : 02 38 75 04 60</p>
<p><em>Mouvement pour une Alternative Non-violence</em> (MAN) :</p>
<p><a href="mailto:man@nonviolence.fr">man@nonviolence.fr</a> ;   <a href="http://www.nonviolence.fr">http://www.nonviolence.fr</a></p>
<p>______________________________________</p>
<p>•   <a href="http://www.francesansarmesnucleaires.fr/spip.php?article11">Signer la pétition en ligne</a></p>
<p>•  Télécharger (pdf) :</p>
<p>- l’Appel :        <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Appel-désarmement-nucl-unil-F-16.01.12.pdf">Appel désarmement nucl unil F 16.01.12</a></p>
<p>- la pétition  :     <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Petition-MAN.pdf">Petition MAN</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Outre-mer la face cachée de la rétention</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/outre-mer-la-face-cachee-de-la-retention/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 11:17:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Mardi 13 décembre 2011, les cinq associations présentes en rétention l’Assfam, Forum réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et l’Ordre de Malte ont rendu public leur premier rapport commun sur les centres et locaux de rétention administrative ( CRA et LRA). Ce rapport dresse un bilan encore une fois accablant de la politique du gouvernement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Mardi 13 décembre 2011, les cinq associations présentes en rétention l’Assfam, Forum réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et l’Ordre de Malte ont rendu public leur premier rapport commun sur les centres et locaux de rétention administrative ( CRA et LRA). Ce rapport dresse un bilan encore une fois accablant de la politique du gouvernement en matière d’expulsion et d’enfermement. Comme chaque année, il dévoile les dérives d’une politique du chiffre absurde, la maltraitance dont sont victimes les étrangers interpellés en situation irrégulière ou encore le nombre effarant de familles enfermées pour le seul fait d’être sans papiers.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade1.jpeg"><img class="size-full wp-image-5870 aligncenter" title="Cimade1" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade1.jpeg" alt="" width="189" height="267" /></a></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
De plus, cette année, le rapport met en lumière tout particulièrement la situation en Outre-mer. En effet, ces territoires lointains sont devenus de véritables terres d’exception où les droits des étrangers sont piétinés dans le silence.<br />
<strong>Plus de 30 000 expulsions depuis l’Outre mer</strong><br />
Ainsi, si le gouvernement communique régulièrement sur le nombre d’expulsions depuis la métropole ( 28 000 en 2010), il ne dit mot sur les chiffres d’Outre-mer. Pourtant plus de 30 000 personnes ont été expulsées depuis l’Outre mer en 2010 et 26 000 seulement depuis l’île de Mayotte, ce qui représente pas moins de 15% de la population de ce 101ème département français !<br />
Mais il est vrai que vu les conditions déplorables dans lesquelles ont lieu ces expulsions et les atteintes au droit permanentes, le gouvernement doit préférer ne pas se vanter de ces chiffres exceptionnels.<br />
<strong>Un droit dérogatoire</strong><br />
Dans presque tous les territoires d’ Outre-mer en effet, il n’existe pas de recours suspensif contre l’expulsion. C&#8217;est-à-dire qu’un étranger peut être expulsé avant même qu’un juge ait pu examiner la légalité de son interpellation et de son éloignement. Régulièrement des parents d’enfants français, des conjoints de Français sont ainsi expulsés en toute illégalité, sans que le juge ne puisse être saisi. La police et l’administration sont donc très peu contrôlées par les juridictions ce qui leur permet d’interpeller, d’enfermer et d’expulser massivement, sans toujours respecter les droits des étrangers visés.<br />
<strong>Des conditions déplorables</strong><br />
A Mayotte notamment, les conditions d’enfermement sont particulièrement indignes. 26 000 personnes ont été enfermées dans ce CRA en 2010, soit autant que dans tous les CRA métropolitains réunis. Laa capacité de ce centre n’est défini par aucun texte, mais estimée entre 60 et 140 places par l’administration. Quand il est rempli par 140 personnes enfermées, elles ne disposent que d’à peine plus un mètre carré chacune ! Hommes, femmes et enfants sont entassés à même le sol, sans possibilité pratiquement de faire de recours ni même de voir une association (des bénévoles de La Cimade y sont présents mais de façon ponctuelle). Ils sont expulsés très rapidement vers les Comores et certains risqueront ensuite leur vie pour revenir par quelques moyens que ce soit à Mayotte, où ils ont construit leur vie. Le bras de mer entre Anjouan et Mayotte est connu tristement pour être le plus grand cimetière marin de l’Océan indien.<br />
<strong>Des expulsions expéditives et inutiles</strong><br />
En Guyane, les mêmes situations se répètent. Ce sont surtout des Brésiliens et des Surinamais qui sont interpellés, enfermés quelques heures sans possibilité de faire un recours et expulsés vers le Suriname ou le Brésil, qui ne sont séparés de la Guyane que par un fleuve. Ainsi en 2010 60% des personnes enfermées en CRA de Cayenne y étaient déjà passées dans l’année ! Comme si être enfermés et expulsés parfois plusieurs fois dans une même année, avec le lot de violences et de maltraitance que cela représente, devait être banal pour des migrants brésiliens et surinamais vivant en Guyane.<br />
<strong>Expulsion d’Haïtiens depuis la Guadeloupe</strong><br />
En Guadeloupe ou à la Réunion, département dans lesquels La Cimade est également présente, la même logique est l’œuvre. Avec cette particularité qu’en Guadeloupe, ce sont les Haïtiens qui sont tout particulièrement visés. Alors que partout en France, ils sont protégés contre l’expulsion du fait des conditions sanitaires calamiteuse d’Haïti depuis le séisme, en Guadeloupe, l’administration a repris leur expulsion sans états d’âme.<br />
Non seulement cette politique d’expulsion massive en Outre-mer est inhumaine et parfois mortelle, mais elle est aussi clairement inutile. Ces territoires sont marqués par des migrations régionales ancestrales et aucune politique d’expulsion aussi répressive soit-elle ne pourra construire des frontières étanches. Il est urgent d’informer sur ce qui se passe dans cette France lointaine pour que change cette situation d’exception et que les droits y soient enfin respectés.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Cimade &#8211; 14.12.2011</strong></p>
<p style="text-align: right;">
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade2.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5872" title="Cimade2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Cimade2.jpeg" alt="" width="287" height="176" /></a></p>
<p><a href="http://infos.lacimade.org/RAPPORT_R_tention_2010_OK.versionlegere.pdf"> Retrouvez ainsi l’intégralité du rapport </a></p>
<p><a href="http://infos.lacimade.org/Rapport_r_tention_2010_Synth_se_OK.pdf"> Et une synthèse reprenant les statistiques et les analyses thématiques.</a></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Source</strong> :</p>
<p><a href="http://www.lacimade.org/nouvelles/3621--Outre-mer-la-face-cach-e-de-la-r-tention">http://www.lacimade.org/nouvelles/3621&#8211;Outre-mer-la-face-cach-e-de-la-r-tention</a></p>
<p><strong>A LIRE</strong> :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ChroniquesRétention.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5871" title="ChroniquesRétention" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ChroniquesRétention.jpg" alt="" width="174" height="289" /></a></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
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		</item>
		<item>
		<title>Resituer le nucléaire</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/29/resituer-le-nucleaire/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 16:40:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
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		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview accordée par Jean-Claude Guillebaud à la revue  Les Réseaux des Parvis  Paru dans le n° 52 (1) Parvis : L’importance accordée au nucléaire civil et militaire n’est-elle pas un des révélateurs les plus parlants de la logique qui gouverne l’évolution du monde contemporain ? Jean-Claude Guillebaud : Les enjeux de l’énergie atomique me sont apparus cruciaux dès [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;" align="center"><em>Interview accordée par Jean-Claude Guillebaud à la revue</em></p>
<p align="center"><strong><em> Les Réseaux des Parvis</em></strong><em></em></p>
<p align="center"><em> Paru dans le n° 52 (1)</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AVT_Jean-Claude-Guillebaud_5487.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5789" title="AVT_Jean-Claude-Guillebaud_5487" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AVT_Jean-Claude-Guillebaud_5487.jpeg" alt="" width="180" height="201" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Parvis</em></strong><em> : <strong>L’importance accordée au nucléaire civil et militaire n’est-elle pas un des révélateurs les plus parlants de la logique qui gouverne l’évolution du monde contemporain ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em></em><strong>Jean-Claude Guillebaud </strong>: Les enjeux de l’énergie atomique me sont apparus cruciaux dès le début des années 70 quand j’ai couvert, pour le journal « Le Monde », les premières grandes manifestations antinucléaires. Au forcing entrepris par EDF pour convaincre les Français de la nécessité du tout nucléaire s’est vite opposée, résolument non violente et d’emblée transnationale, une puissante résistance citoyenne. J’avoue avoir été séduit par la clairvoyance, la générosité et le courage de celles et ceux qui, comme Solange Fernex, ont lancé cette contestation à Marckolsheim et Fessenheim sans craindre de s’exposer aux coups et à d’éprouvantes grèves de la faim. À la même époque (en 1973), j’ai suivi pour « Le Monde » le « Commando de la Paix » dépêché en Polynésie française par Jean-Jacques Servan-Schreiber pour tenter, avec le général Pâris de la Bollardière entre autres, de gêner les essais atomiques en cours à Mururoa.</p>
<p style="text-align: justify;">Devenu l’ami et l’éditeur de Jacques Ellul après avoir été son étudiant à Bordeaux, j’ai très tôt adhéré à sa critique de la logique technicienne qui, selon lui, détermine une folle fuite en avant de notre civilisation. De fait, à la pointe de la technoscience, les activités liées à l’industrie de l’atome refaçonnent imperceptiblement et en profondeur la société. La croissance de la consommation d’énergie est a priori considérée comme nécessaire et possible de façon illimitée et généralisable. Au plan politique, le nucléaire a fini par jouer un rôle clé jusque dans l’organisation de l’État, servi par une sorte de cabinet noir qui reconfigure les rapports de force au profit des lobbies qu’il représente. La pratique du secret contribue à l’émergence de structures foncièrement antidémocratiques, voire policières et totalitaires. Contrairement à ce que l’on se plaît à faire croire, le problème du nucléaire ne réside pas d’abord dans le retard des remèdes attendus de découvertes scientifiques nouvelles, ou dans les difficultés techniques et économiques que rencontre le projet de substituer des énergies renouvelables à l’énergie atomique. Il réside dans la perversion du modèle de société et des pratiques sociales qu’induit l’atome, et dans la nature même de cette énergie.</p>
<p style="text-align: justify;">Les partisans du nucléaire parlent des dangers de ce secteur comme on parle des dangers de la route, ne se souciant que des précautions à prendre face aux risques immédiats. Mais loin d’être localisés et momentanés, les périls que véhicule l’atome peuvent affecter de vastes régions, voire la planète entière, et peuvent se répercuter sur des siècles, voire hypothéquer l’avenir de l’humanité. Il faut donc intégrer, quand on réfléchit à cette question, une rupture phénoménale de la temporalité humaine. Et, du même coup, l’énormité sans précédent de notre responsabilité. Banalisé, le nucléaire est projeté dans des perspectives de confort puissamment médiatisées, cependant qu’est occultée l’obsession du profit à court terme qui le commande. Voulez-vous revenir à la bougie ou à la lampe à huile, nous dit-on, voulez-vous enlaidir nos horizons avec des forêts d’éoliennes ? Scandaleux chantage qui fausse à dessein toutes les données du problème. Sans même parler de la menace de prolifération de l’armement atomique à la faveur du nucléaire civil, le drame survenu à Fukushima nous remet face à l’essentiel : la vie humaine et la nature sont sacrifiées aux intérêts des opérateurs privés auxquels est déléguée l’exploitation de l’atome. C’est le règne du mensonge, de la manipulation et du racket.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>P</em></strong><em>. : <strong>D’où émergent les forces opposées aux politiques dominantes qui, amnésiques des drames du passé et aveugles aux périls actuels, divinisent le progrès ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J.-C. G. </strong>: La résistance populaire qui se lève rappelle ce propos de Friedrich Hölderlin : « Les peuples somnolaient mais le destin prit soin qu’ils ne s’endormissent point ». Un peu partout surgit, en marge des institutions traditionnelles, un mouvement de fond qui conteste les structures, les institutions et les idéologies en place, qui se rebelle contre le désordre social établi présenté comme l’unique et ultime ordre possible. Des projets alternatifs s’élaborent et sont expérimentés avec enthousiasme dans les domaines les plus divers. Certaines propositions des altermondialistes, comme la taxation des transactions financières internationales, sont de mieux en mieux accueillies. Le printemps arabe a balayé de puissantes dictatures longtemps soutenues par l’Occident. Quoique composite et fluctuant, ce mouvement se renforce, débordant les syndicats, les partis politiques, les Églises et les frontières. Les argumentaires officiels se disloquent, le savoir des grands experts se révèle aussi incertain que péremptoire, les discoureurs politiques sont discrédités. Après avoir été érigée en rationalité indiscutable et universelle, la raison calculatrice est désormais accusée d’aveuglement : elle mène droit à la ruine en ignorant que les seules valeurs décisives, celles qui fondent l’homme et sauvegardent la vie, ne se prêtent à aucune comptabilité.</p>
<p style="text-align: justify;">De nouveaux espaces de réflexion, de parole et d’action s’ouvrent. L’arrogance scientiste qui dressait autrefois d’infranchissables barrières entre les savants et la masse prétendue ignorante est démystifiée. Le discours d’intimidation qui accusait systématiquement d’incompétence quiconque n’était pas du sérail n’est plus ni accepté ni pertinent. Il est manifeste que les monumentales erreurs d’analyse commises au cours des dernières années par les économistes les plus renommés de la planète imposent la modestie. L’exaltation du désintéressement de la science n’est plus de mise après les scandales du sang contaminé ou du Médiator qui ont montré que l’appât du gain finit par gouverner la technoscience elle-même. De leur côté, comment les spécialistes du nucléaire pourraient-ils encore avoir le verbe haut après la terrifiante et irrémédiable catastrophe survenue au Japon ? En débattant entre eux de ces problèmes au sein de chaque discipline, les scientifiques découvrent qu’il s’agit en fin de compte de questions « culturelles » autant que scientifiques, et qui débordent leurs compétences. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie : tout un chacun est convié à comprendre les enjeux des grandes décisions qui engagent l’avenir et à en assumer la responsabilité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il me plaît de noter ici que beaucoup de chrétiens se révèlent d’un dynamisme exemplaire sur les fronts qui contestent l’hégémonie du système ultralibéral, principal thuriféraire de l’atome considéré comme un moteur indispensable pour perpétuer l’ordre dominant. Ils dénoncent la marchandisation du monde et la violence qui en est le corollaire, et ils essayent de remédier à l’injustice dont souffrent les plus vulnérables parmi nous et ailleurs. Leur fidélité à l’évangile ne s’embarrasse pas de l’attitude souvent timorée des institutions ecclésiastiques, voire du désaveu dont ils font parfois l’objet. Sans forcément s’afficher comme tels, les chrétiens sont présents dans les grandes ONG humanitaires comme Attac, Amnesty International, ADT Quart Monde. Le christianisme a ses propres organismes d’intervention qui font un travail remarquable, comme le CCFD-Terre Solidaire. Et je crois important de relever que l’immense majorité des chrétiens se sent directement concernée par les initiatives prises pour faire advenir un monde plus solidaire et plus fraternel à travers les restos du cœur, les banques alimentaires, et de multiples petites ONG. J’ai toujours pensé que c’est là que s’inventent le monde et la démocratie de demain.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>P.</em></strong><em> : <strong>Pour sauvegarder l’homme et la création, les visées humanistes et religieuses sont-elles toutes interchangeables ou existe-t-il une spécificité du message évangélique ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J.-C. G. </strong>: Parachevant la tradition prophétique d’Israël, le message évangélique a changé la face du monde. En voici quelques caractéristiques en rapport avec la question qui nous occupe. L’homme a le devoir de prendre soin de la création que la Bible déclare tout entière chère à Dieu, ce qui exclut le droit d’en abuser et de se risquer à la détruire. Bien commun de l’humanité, les richesses de la terre ne sont pas destinées à des minorités sociales, ethniques ou nationales pour leur jouissance exclusive, mais la foi invite au partage dans le cadre d’une frugalité située aux antipodes de l’avidité consumériste. Plus strictement évangélique, et dévoilement du mystère de l’Incarnation, est l’identification de Dieu aux victimes de l’injustice des hommes, et notamment aux laissés-pour-compte de la société actuelle. On voit que ces considérations ne sont pas étrangères à la problématique du nucléaire, à la compétition stimulée par l’atome pour le contrôle des richesses et du pouvoir au mépris de l’idéal de partage fraternel et de respect de la nature. Ce qui est attendu des chrétiens, c’est un effort de lucidité et une réelle audace prophétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la foi chrétienne n’a aucun monopole et doit se garder de tout triomphalisme. « Le vrai dialogue commence quand j’accepte l’idée que l’autre peut être porteur d’une vérité qui me manque » a dit l’évêque d’Oran Pierre Claverie peu avant d’être assassiné par des islamistes. Une parole magnifique dont on retrouve l’écho dans le testament spirituel de Christian de Chergé, le prieur des moines de Tibhirine. Il ne s’agit pas de « tolérer » la religion et la personne de l’autre en se murant dans sa propre vérité, mais d’accueillir la part d’humanité et de mystère que l’autre porte en lui d’une façon unique. Le philosophe Cornelius Castoriadis, qui n’était pas chrétien, avançait l’image suivante : « Toute croyance est un pont jeté sur l’abîme du doute ». Un « pont » pour aller vers l’autre, « jeté » pour signifier le caractère décisionnel de l’acte de foi, et « sur l’abîme » pour indiquer que le pont ne supprime pas le doute mais nous permet de l’enjamber. J’ajouterai qu’il existe de multiples ponts pour enjamber nos abîmes, de multiples religions et philosophies recourant à des concepts et des moyens différents pour atteindre le même but, et que les pontonniers ont tous vocation à s’entraider. Défendre ensemble l’homme et la vie contre les projets totalitaires de maîtrise du monde s’avère d’une urgence prioritaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelez-vous le Bernanos des « Grands cimetières sous la lune », et François Mauriac, et l’engagement des chrétiens contre la guerre et les tortures en Algérie. Ces témoins ont marqué leur époque. Où en sommes-nous aujourd’hui ? De semblables combats s’imposent contre le cynisme, le vol et le mensonge. Or je suis frappé par le critère qu’utilise l’INSEE pour mesurer le moral des Français : l’envie d’acheter ! C’est insensé. Le désir de consommer n’est-il pas plutôt l’indice d’un état morbide ? Consommez pour soutenir la croissance et faire tourner la machine, clame-t-on, devoir de citoyen ! Mais n’omettez pas de restreindre vos dépenses et de rembourser vos dettes, est-il clamé en même temps ! Injonction paradoxale, disent les psychanalystes&#8230; Les nantis s’enrichissent en spoliant les autres, et ils distribuent des crédits en contrepartie de cette spoliation jusqu’à étouffer par l’endettement ceux qui en bénéficient. La crise financière n’est qu’un pan d’une crise qui est globale, et il est clair que le nucléaire relève de la même boulimie et met en évidence les mêmes contradictions. Face à cela, l’évangile n’est pas neutre : ce n’est pas d’énergie que nous avons le plus besoin, mais d’un vivre ensemble respectueux de tous et de l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>P. </em></strong><em>: <strong>Entre les contraintes de la situation socioéconomique présente et les impératifs non négociables de l’éthique évangélique, quelle société voulons-nous et comment la bâtir ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J.-C. G. </strong>: Je dirai d’abord que personne ne sait ce qui va arriver dans les prochains mois ou les prochaines années, ce que deviendront l’euro et l’Europe par exemple. Une chose est sûre par contre, c’est que nos privilèges de rentiers du monde ne perdureront pas. Nous sommes entrés dans une phase de stagnation, et plus vraisemblablement d’appauvrissement relatif. Le dynamisme des pays émergeants et les revendications de l’hémisphère sud entraîneront une redistribution des richesses qui se fera inévitablement à nos dépens. Mais est-il vraiment dramatique qu’une société qui s’est enrichie de 4 ou 500% en quelques décennies, à la faveur et dans le sillage des trente glorieuses, s’appauvrisse de 10% pour permettre à d’autres d’améliorer leur niveau de vie à leur tour ? En cas de guerre ou de catastrophe naturelle, en période de grande dépression et même d’une façon plus générale, toutes les sociétés sont capables de sacrifices bien plus grands, mais à la condition qu’elles connaissent un minimum de cohésion sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Or cette cohésion ne saurait exister sans un minimum de justice sociale, et force est de constater que nous vivons dans une société où les inégalités ne cessent de s’aggraver. Alors que les revenus des plus riches ont connu une croissance exponentielle, plus de huit millions de Français vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté avec moins de 950 euros par mois. Demander des sacrifices à ceux qui se sentent déjà sacrifiés ne peut entraîner que l’incompréhension, le refus et la révolte, et les scandales provoqués par la collusion entre le politique et les affaires exacerbent ces attitudes de rejet. Profondément ébranlée par les ententes occultes entre les décideurs économiques et politiques, notre époque est devenue vulnérable aux extrémismes de droite et de gauche qui menacent la démocratie. Là où vient à manquer la confiance, la cohésion sociale s’effondre, et la société tout entière avec elle. La crise financière n’est-elle pas d’abord, dans une large mesure, une crise de confiance ? Même les Églises souffrent de ce mal. C’est dans tous les domaines, y compris celui du nucléaire de toute évidence, que la confiance est foulée aux pieds. Pourquoi cette situation et comment en sortir ?</p>
<p style="text-align: justify;"> Le monde vit en ce moment une mutation gigantesque, d’ordre à la fois technologique, économique, géopolitique, écologique. Bien plus profonde que celle qui a marqué la fin de l’empire romain ou la Renaissance, cette mutation s’avère d’une ampleur comparable, d’après Michel Serres, à la révolution néolithique. Le vieux monde est sur le point de disparaître et un monde nouveau est en train de naître, que nous avons du mal à déchiffrer parce que nous n’en avons pas encore les clés. Est-il surprenant, dans ces conditions, que toutes les institutions du vieux monde soient en crise &#8211; l’économie et la finance, le politique et la démocratie, la justice et l’éducation, la religion et les Églises ? Comment pourrait-il en être autrement ? Cette crise est aussi grave qu’incontournable, sans retour en arrière ni restauration possibles, et elle nous rend forcément anxieux. Mais participer à l’enfantement de ce monde nouveau est une aventure prodigieuse, la plus passionnante qui soit. Tout est à réinventer. Et là, notre problème n’est pas tant celui des potentialités énergétiques de l’atome que celui des valeurs de la société que nous voulons bâtir pour sauvegarder l’humanité de l’homme.</p>
<p align="right"><strong>Propos recueillis par Jean-Marie Kohler</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: left;" align="right"><strong></strong>(1) Ce numéro comprend un dossier entièrement consacré au problème du nucléaire.</p>
<p style="text-align: center;" align="right"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis-52001-Petite.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5788" title="parvis 52001-Petite" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/parvis-52001-Petite-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/la-revue/sabonner-a-la-revue">S’abonner à la revue des réseaux du Parvis</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Pistes pour une nouvelle vision écologico-spirituelle</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 23:26:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Leonardo Boff   Dans ce numéro (DIAL de décembre 2011), les trois premiers textes * se rapportent plus particulièrement à la Bolivie, et ce quatrième article, rédigé par le théologien brésilien Leonardo Boff fait écho en bien des points aux deux premiers, rédigés par Javier Medina, ainsi que, plus largement, aux textes présentant une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Leonardo Boff</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Leonardo-Boff.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5758" title="Leonardo-Boff" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Leonardo-Boff-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Dans ce numéro (DIAL de décembre 2011), les trois premiers textes * se rapportent plus particulièrement à la Bolivie, et ce quatrième article, rédigé par le théologien brésilien Leonardo Boff fait écho en bien des points aux deux premiers, rédigés par Javier Medina, ainsi que, plus largement, aux textes présentant une critique de la notion de « développement » publiés depuis décembre 2010. Ce texte est extrait de l’</em></strong><strong><em><a href="http://latinoamericana.org/EnFrancais/2010AgendaLatino-Americain.pdf">Agenda latino-américain 2010</a></em></strong><strong><em>.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">De nos jours il existe deux visions opposées de la planète Terre, chacune avec des conséquences très différentes.</p>
<p style="text-align: justify;">La première, moderne, dominante dans les quatre derniers siècles, voit la Terre comme une espèce d’arche pleine de richesses que l’être humain peut prendre pour lui, pour son usage et son bien-être. La Terre est quelque chose de matériel, d’extérieur, qui nous est remis pour que nous fassions d’elle ce que nous voulons, puisque nous nous sentons au-dessus d’elle, les seigneurs, les rois et les reines de l’univers.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde vision, plus ancestrale et encore présente dans les peuples originaires comme les Indiens, voit la Terre comme quelque chose de vivant qui produit toutes les formes de vie, la Grande Mère et la Pacha Mama comme l’appellent les peuples andins. Nous faisons partie d’elle et nous nous sentons engendrés par elle, de même que tous les autres êtres vivants. Nous ne sommes pas au-dessus d’elle comme quelqu’un qui domine, mais au milieu comme quelqu’un qui vit avec elle.</p>
<p style="text-align: justify;">La première vision est celle de la société industrielle moderne, surgie avec le projet de la techno-science à partir du XVIe siècle. Elle ne considère pas la terre comme un tout mais comme un ensemble atomisé de ressources, comme l’eau, les forêts, les minéraux, les animaux et les écosystèmes eux-mêmes. Elles sont là l’une près de l’autre, sans aucune relation entre elles. La relation avec la Terre est celle de l’exploitation, à base de violence : elle creuse les sols, renverse les montagnes, ferme les cours d’eau, abat les forêts, et tue animaux et oiseaux. Elle utilise des agents chimiques comme les pesticides et les agro-toxiques qui empoisonnent les sols et exterminent les micro-organismes comme les bactéries, les champignons, les virus et autres organismes vivants qui, à eux seuls, constituent 95% du monde vivant. 5% à peine de la vie est visible.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenant la Terre comme une réalité sans esprit, les êtres humains modernes ont occupé et dévasté pratiquement toutes les régions de la Terre. L’objectif était d’accumuler de la richesse de manière illimitée, en exploitant toutes les ressources possibles, le plus rapidement possible et avec un minimum d’investissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce projet de civilisation a fourni des bénéfices incalculables. Il nous a fait aller sur la lune et en revenir. Il a inventé les antibiotiques et sauvé ainsi des millions de vies. Mais en même temps il inventait un engin de mort avec les armes de destruction massive, capables de détruire de 25 manières différentes toute l’espèce humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette compréhension et ce traitement de la Terre furent et continuent d’être propres aux processus industriels qui s’expriment aujourd’hui dans le capitalisme, diffusé à tous les pays du monde. Ils ont en commun le fait qu’ils usent seulement de la raison froide et utilitariste pour analyser les ressources naturelles et en tirer le maximum de profit. Les autres dimensions de la vie humaine, comme la sensibilité, la compassion, la capacité d’admiration (combien coûte un coucher de soleil ?) et de vénération ont été, en grande partie, réprimées voire diffamées. C’est une science sans conscience et sans cœur.</p>
<p style="text-align: justify;">Actuellement ce type de domination de la Terre est entré en crise. Les êtres humains ont épuisé ses ressources et ses services. Depuis le 23 septembre 2008 nous savons que l’humanité consomme 30% de plus que ce que la Terre peut produire. C’est-à-dire que pour répondre aux demandes humaines, en particulier celles des grands consommateurs et celles des simples mortels, nous avons besoin d’une Terre entière et de 30% d’une autre Terre qui n’existe pas. On a déjà calculé que si tous les pays riches voulaient étendre leur bien-être à toute l’humanité, il nous faudrait au moins trois Terres semblables à celle-ci, ce qui est manifestement absurde.</p>
<p style="text-align: justify;">En d’autres termes, la Terre vue comme un tout n’est déjà plus « soutenable ». Ou bien nous changeons notre style de vie et de consommation, ou bien nous allons au-devant d’une grande tragédie. Cette crise de durabilité de la planète est beaucoup plus grave que la crise économico-financière qui explosait à la mi-septembre 2008 en provoquant tant de chômage et de faillites.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette dévastation abusive de la Terre a produit le réchauffement planétaire. Nous n’y allons pas : nous sommes déjà dans cette phase. La Terre va se réchauffer de 1,4 à 6 degrés Celsius. Il est possible que cela se stabilise autour de deux degrés. Ces deux degrés de réchauffement vont produire de grandes transformations dans la nature, ils décimeront la biodiversité, provoqueront le dégel des calottes polaires et feront croître de manière exponentielle la désertification des sols, outre les changements climatiques qui se manifestent à la fois par des typhons, de grandes sécheresses et des inondations.</p>
<p style="text-align: justify;">Les chefs d’État, les leaders des peuples, tous, enfin, doivent s’arrêter et décider ensemble du type de traitement que nous devons donner à la Terre, si nous voulons continuer à vivre sur elle.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce moment la seconde vision, celle des peuples originaires, est invoquée et sert de grande inspiration. Les Yanomamis, les Tupis Guaranis, les Mapuches, les Quechuas, les Mayas, les Aztèques et les peuples autochtones des autres parties du monde (selon les données de l’ONU leur nombre s’élève à environ 300 millions dans le monde entier), doivent être entendus. Ils ont développé envers la Terre une relation de profonde collaboration, de respect et vénération. Elle est la mère de l’Indien, comme le disent beaucoup d’entre eux. Ils se sentent unis à l’énergie des eaux, des montagnes, des forêts, du feu, des vents, du soleil, de la lune et des étoiles. Tous sont interdépendants et connectés entre eux. Ils sont les membres de ce grand tout vivant et organique qu’est la Terre.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette vision ancestrale se combine avec ce qu’il y a de plus moderne dans le domaine de la biologie et de la cosmologie. Des scientifiques importants – je ne cite que l’un d’entre eux, James Lovelock – ont vérifié que les Indiens ont raison. La Terre est, de fait, un super organisme vivant. Elle articule le physique, le chimique et le biologique de manière si étroite qu’elle compose un tout organique, bon et même excellent pour entretenir et reproduire la vie. Non seulement il y a de la vie sur la Terre, mais c’est la Terre elle-même qui est vivante. On l’a appelée Gaia, nom que les Grecs donnaient à la Terre vivante. Elle est dotée d’une vitalité saisissante.</p>
<p style="text-align: justify;">Par exemple, chaque cuillerée de terre contient en moyenne de 40 à 50 milliards de micro-organismes, bactéries, champignons, protozoaires, qui sont aussi présents par milliards dans notre corps. Ce sont eux qui garantissent la vitalité du sol et font que de celui-ci naissent des fleurs et des plantes des espèces les plus variées, arbres fruitiers et graminées. Ce sont eux qui équilibrent notre corps de manière à ce qu’il garde santé et vitalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi on a vérifié aussi que depuis des millions et des millions d’années, malgré les pollutions volcaniques et autres, la terre garde toujours un taux d’oxygène de 21%. S’il montait à 28%, personne ne pourrait craquer une allumette parce qu’il incendierait l’oxygène de l’air. Si ce taux descendait à 13%, nous nous évanouirions comme si l’air nous manquait. De même, le taux de sel des océans est toujours, depuis des millions d’années, de 3,4%. S’il s’élevait à 6% ils seraient comme le Mer morte, sans vie. S’il descendait à 2%, il y aurait un bouleversement dans les climats qui sont régulés par les mouvements des océans. Et de même pour tous les éléments du tableau périodique de Mendeleïev que nous avons appris à l’école, comme le fer, le soufre, le magnésium, et les autres. Tout est si bien dosé qu’en effet, la Terre est vivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Homme vient de « humus », qui signifie bonne terre. Adam vient de « adamah », qui en hébreu signifie terre féconde. C’est-à-dire que nous sommes venus de la Terre, mieux encore, nous sommes la Terre même, qui à un moment avancé de son évolution a commencé à sentir, à penser, à aimer et à vénérer. C’est à ce moment qu’a surgi l’être humain.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne devons jamais oublier cette vérité : nous sommes la Terre. Nous avons le même destin que la Terre. Mais nous avons reçu de Dieu une mission : soigner et garder le jardin d’Eden, la Terre. C’est une dimension éthique que nous sommes seuls à posséder.</p>
<p style="text-align: justify;">Prendre soin signifie avoir un geste plein d’amour envers la Terre. C’est la main étendue pour la caresse essentielle afin de la protéger et de la défendre. C’est ce que signifie aujourd’hui garantir sa durabilité, c’est-à-dire faire qu’elle nous offre tout ce dont nous avons besoin pour vivre, en préservant son capital naturel pour les générations présentes et futures, en plus de s’occuper aussi de toute la communauté de vie. La Terre n’a pas engendré que nous, êtres humains, mais tous les êtres vivants qui sont véritablement, nos frères et nos sœurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui nous avons besoin de revenir à cette vision de la Terre comme Grande Mère et Gaia. C’est la vision véridique. Elle seule peut offrir les conditions pour un nouveau modèle de production et de consommation qui nous fasse sortir de la crise actuelle. Elle seule pourra nous garantir un futur commun de vie et d’espérance. Pour parvenir à cette vision, il nous faut sauvegarder la dimension du cœur, la valeur de la raison sensible, de l’intelligence spirituelle, de l’affection et de l’amour. C’est par la sensibilité que nous nous sentons unis à la Terre, que nous percevons sa beauté, que nous entendons son message.</p>
<p align="right">Leonardo Boff</p>
<p><strong>*</strong> DIAL 3173 : <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5299">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5299</a></p>
<p>DIAL 3174 : <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5312">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5312</a></p>
<p>DIAL 3175 : <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5340">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5340</a></p>
<p><strong>Source</strong> : Mis en ligne par DIAL le 9 décembre 2011</p>
<p><a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article5374">http://www.alterinfos.org/spip.php?article5374</a><em></em></p>
<p><em><a href="http://enligne.dial-infos.org/"><strong>Dial</strong></a></em><em> – </em>Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 3176.</p>
<p><em> Traduction par l’équipe de traducteurs et traductrices ayant préparé la version française de l’Agenda latino-américain 2010. Traduction revue par Dial. </em></p>
<p>- Source (français) <em>: </em><em><a href="http://latinoamericana.org/EnFrancais/2010AgendaLatino-Americain.pdf">Agenda Latino-américain</a></em><em>, p. 116. </em></p>
<p>- Source originale (portugais du Brésil) : Leonardo Boff, « <a href="http://servicioskoinonia.org/agenda/archivo/portugues/obra.php?ncodigo=309">Pistas para uma nova visão ecológico-espiritual</a> », <em><a href="http://latinoamericana.org/">Agenda Latino-americana 2010</a></em>, p. 116.</p>
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		<title>APPEL EN FAVEUR du DESARMEMENT NUCLEAIRE UNILATÉRAL de la FRANCE</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2011 11:30:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Nos combats]]></category>

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		<description><![CDATA[Que tout emploi d’arme nucléaire soit un crime, cela a été clairement affirmé par l’ONU dès 1961: « Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation.» (résolution du 24 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Paix.jpeg"><img class="size-full wp-image-5651 aligncenter" title="Paix" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Paix.jpeg" alt="" width="251" height="201" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Que tout emploi d’arme nucléaire soit un crime, cela a été clairement affirmé par l’ONU dès 1961: « <em>Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation.</em>» (résolution du 24 novembre 1961). Trop peu en ont tiré la conclusion logique : si c’est un « crime contre l’Humanité », la seule menace d’y recourir est d’ores et déjà criminelle. Or c’est sur une telle menace que reposent les stratégies dites « de dissuasion nucléaire ».</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, l’argument moral ne convaincra probablement pas les décideurs politiques et militaires. Dans ce domaine comme en bien d’autres, un prétendu réalisme prétend toujours récuser un prétendu moralisme. Il convient donc de convaincre les décideurs que l’im-moralité intrinsèque de l’arme nucléaire se double de son in-faisabilité stratégique : le simple réalisme oblige à reconnaître que les armes nucléaires ne nous protègent d’aucune des menaces qui peuvent peser sur notre sécurité. Elles sont notamment incapables de dissuader le moindre terrorisme. Par contre, leur possession même constitue une menace non seulement pour d’autres peuples mais aussi pour nous-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la véritable raison de la dissuasion nucléaire n’est pas d’assurer la défense de la population, mais de conférer à l’État un simulacre de puissance, celle-ci n’étant qu’une puissance de destruction et d’anéantissement.</p>
<p style="text-align: justify;">En maintenant et en modernisant son système d’armes nucléaires, la France ne peut qu’encourager la prolifération mondiale : s’il prétend que l’arme nucléaire est la garantie de la sécurité des Français, comment l’Etat français peut-il demander aux peuples non dotés de l’arme nucléaire de renoncer à la posséder ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le désarmement nucléaire satisferait aussi bien les exigences de « l’éthique de conviction » que celles de « l’éthique de responsabilité ». Et les unes sont aussi impérieuses que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">La dissuasion nucléaire, en outre, exige des citoyen(ne)s qu’ils abandonnent leur destin à la seule décision du Président de la République. L’arme nucléaire implique donc, par une nécessité organique, « l’exercice solitaire du pouvoir ». Tout le processus de développement du système de la dissuasion nucléaire a été et reste entièrement opaque à tout contrôle citoyen.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, l’équipement en armes nucléaires engloutit des sommes considérables. Le coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 est estimé à 228, 67 milliards d’Euros. Alors qu’on nous répète que le pays traverse une grave crise, la loi de programmation militaire (2009-2014) prévoit pour la dissuasion nucléaire un budget annuel moyen de 3,3 milliards d’Euros : 2,3 milliards pour moderniser nos armes, et 1 milliard d’euros pour leur soutien et mise en œuvre. Ces investissements,  directement financés par les impôts, ne sont pas socialement utiles. Ils sont parmi ceux qui produisent le moins d’emplois. Il n’est donc nullement démagogique d’affirmer que ces sommes seraient mieux utilisées dans d’autres secteurs de l’économie, notamment dans les services publics à la population aujourd’hui menacés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dissuasion nucléaire est donc immorale, irréaliste, dangereuse et coûteuse</strong>.  Nombreux sont ceux qui en sont convaincus et partagent l’espoir d’un monde sans armes nucléaires. Mais cet espoir s’accompagne trop souvent d’un sentiment d’irresponsabilité : il faudrait attendre que toutes les puissances nucléaires se mettent d’accord pour une telle abolition générale. C’est oublier notre propre responsabilité de citoyens d’un pays nucléaire : nous ne sommes pas directement responsables du désarmement mondial, mais nous le sommes entièrement du désarmement nucléaire de notre pays. Il nous appartient de construire la paix et la sécurité dans une France sans armes nucléaires.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, sans attendre l’abolition générale des armes nucléaires par une convention internationale encore et toujours hypothétique, nous estimons que pour nous, citoyen(ne)s français(es), il est de notre responsabilité de demander dès à présent :</p>
<p style="text-align: center;"><strong>le désarmement nucléaire unilatéral de la France</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le désarmement nucléaire unilatéral de notre pays est possible si les Français le veulent. Mais jusqu’à présent, ils n’ont jamais eu la possibilité d’en débattre pour dire s’ils le veulent ou s’ils ne le veulent pas ; c’est ce débat qu’il est urgent de susciter. Les Français doivent pouvoir exprimer en toute liberté leur volonté de renoncer à l’arme nucléaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin que les citoyen(ne)s français(es) exercent effectivement ce pouvoir de décision, il convient d‘envisager l’organisation, le plus tôt possible, d’un référendum d’initiative populaire, puisque c’est, dans une démocratie, le seul moyen de donner au peuple souverain la possibilité de s’exprimer sur une question vitale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Premiers signataires </strong>:</p>
<p><em>Guy AURENCHE, avocat honoraire</em></p>
<p><em>Maria BIEDRAWA, Présidente du Mouvement International de la Réconciliation (MIR)</em></p>
<p><em>Paul BLANQUART, sociologue</em></p>
<p><em>Simone de BOLLARDIÈRE</em></p>
<p><em>José de BROUCKER, journaliste </em></p>
<p><em>Bernard DANGEARD, responsable de la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto</em></p>
<p><em>Bernard DRÈANO, Président de l’Assemblée Européenne des Citoyens (HCA, France)</em></p>
<p><em>Isabelle FILLIOZAT, psychologue, psychothérapeute, écrivaine</em></p>
<p><em>Etienne GODINOT, Président de l’Institut de Recherche sur la résolution Non-violente des Conflits (IRNC)</em></p>
<p><em>Françoise HERITIER, Professeure au Collège de France</em></p>
<p><em>Stéphane HESSEL, ambassadeur de France</em></p>
<p><em>Patrick JIMENA, initiateur du Festival Camino</em></p>
<p><em>Gustave MASSIAH, économiste</em></p>
<p><em>Christian MELLON, jésuite, CERAS</em></p>
<p><em>Philippe MEIRIEU, professeur à l’Université Lyon II</em></p>
<p><em>Olivier MAUREL, Ecrivain</em></p>
<p><em>Edgar MORIN</em></p>
<p><em>Jacques MULLER, ancien sénateur</em></p>
<p><em>Jean-Marie MULLER, écrivain, porte parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN)</em></p>
<p><em>Jean-Paul NUNEZ, pasteur, vice-président du MIR</em></p>
<p><em>Richard PETRIS, Directeur de l’Ecole de la Paix, Grenoble.</em></p>
<p><em>Bernard QUELQUEJEU, dominicain, philosophe</em></p>
<p><em>Pierre RABHI, paysan, écrivain et philosophe français d’origine algérienne</em></p>
<p><em>Alain REFALO, enseignant, fondateur du Centre de Ressources sur la Non-violence de Midi-Pyrénées</em></p>
<p><em>Matthieu RICARD, moine bouddhiste, écrivain</em></p>
<p><em>Alain RICHARD, franciscain, Toulouse</em></p>
<p><em>Bernard STEPHAN, P.D.G de Témoignage Chrétien.</em></p>
<p><em>Marlène TUININGA, journaliste</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong>Source </strong>: cet appel a été lancé à l&#8217;initiative de Jean-Marie Muller.</p>
<p><strong>•</strong><strong> Soutenir cet appel </strong>: une pétition citoyenne sera lancée prochainement ; vous pouvez dès à présent <a href="http://www.francesansarmesnucleaires.fr/spip.php?article1">visiter le site</a> de la campagne pour un désarmement unilatéral de la France, télécharger le 4 pages de présentation et manifester votre soutien (Cf le bordereau en fin de la page 4).</p>
<p><strong>•</strong><strong> Pour en savoir plus </strong>:</p>
<p>- Mouvement pour une alternative non violente (MAN) : <a href="http://nonviolence.fr/">http://nonviolence.fr/</a></p>
<p>- Mouvement international de la réconciliation (MIR) : <a href="http://www.mirfrance.org/">http://www.mirfrance.org/</a></p>
<p>- Mouvement de la Paix : <a href="http://www.mvtpaix.org/">http://www.mvtpaix.org/</a></p>
<p>- Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire (ICAN) :</p>
<p><a href="http://www.icanfrance.org/">http://www.icanfrance.org/</a></p>
<p><strong>• </strong><strong>A lire </strong>: « <em>Pour en finir avec l’arme nucléaire </em>» de Pierre Villard, Editions La Dispute, Sept. 2011, 230 pages, 15 €.</p>
<p>Un <a href="http://www.nsae.fr/2011/09/30/question-a-pierre-villard-co-president-du-mouvement-de-la-paix/">Entretien avec l’auteur</a> , vice-président du <em>Mouvement de la Paix</em>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/EnfinirarmeNucl.1.gif"><img class="size-full wp-image-5652 aligncenter" title="EnfinirarmeNucl." src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/EnfinirarmeNucl.1.gif" alt="" width="150" height="220" /></a></p>
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		<title>Instaurons le droit de vote des immigrés !</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/24/instaurons-le-droit-de-vote-des-immigres/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 18:19:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Esther Benbassa et Noël Mamère Affiche pour la &#8220;votation citoyenne&#8221; organisée chaque année dans toute la France à l&#8217;initiative de la LDH, en coopération avec d&#8217;autres organisations. Nicolas Sarkozy, le 24 octobre 2005, déclarait au Monde : « Je ne trouve pas anormal qu&#8217;un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Esther Benbassa et Noël Mamère</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images20.jpeg"><img class="size-full wp-image-5620 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images20.jpeg" alt="" width="184" height="274" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Affiche pour la &#8220;</em>votation citoyenne<em>&#8221; organisée chaque année </em><em>dans toute la France </em></p>
<p style="text-align: center;"><em></em><em></em>à l&#8217;initiative <em>de la <a href="http://www.ldh-france.org">LDH</a>, </em> <em>en coopération avec d&#8217;autres organisations.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy, le 24 octobre 2005, déclarait au <em>Monde</em> : <em>« Je ne trouve pas anormal qu&#8217;un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter lors des élections municipales. J&#8217;ouvre un débat en faveur d&#8217;une mesure que je pense juste. » </em>Et comme il y a plusieurs droites à droite, une certaine « droite libre », « mouvement libéral-conservateur associé à l&#8217;UMP », lance sa propre pétition, associant, pour faire grand peur aux Français, danger islamiste et droit de vote des immigrés.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, recroquevillées dans leur ch</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/07/06/vandana-shiva-%c2%ab-le-libre-echange-c%e2%80%99est-la-dictature-des-entreprises-%c2%bb/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2011/07/06/vandana-shiva-%c2%ab-le-libre-echange-c%e2%80%99est-la-dictature-des-entreprises-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2011 21:04:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Agnès Rousseaux, Nadia Djabali Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif, la militante écologiste indienne Vandana Shiva est une résistante infatigable contre les entreprises qui pillent son pays, comme Monsanto. Elle pose un regard lucide sur les enjeux de la période : crise écologique, financière, protectionnisme, risque nucléaire, OGM&#8230; Quelle civilisation sommes-nous en train de construire ? Comment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Agnès Rousseaux, Nadia Djabali</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif, la militante écologiste indienne Vandana Shiva est une résistante infatigable contre les entreprises qui pillent son pays, comme Monsanto. Elle pose un regard lucide sur les enjeux de la période : crise écologique, financière, protectionnisme, risque nucléaire, OGM&#8230; Quelle civilisation sommes-nous en train de construire ? Comment redonner du pouvoir aux citoyens face aux multinationales ? Comment construire de réelles alternatives globales ? </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/V.Shiva-Basta04.O7.11.jpg"><img class="size-medium wp-image-4729 aligncenter" title="V.Shiva-Basta04.O7.11" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/V.Shiva-Basta04.O7.11-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Entretien.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Basta !</em></strong><strong> : Les combats que vous menez sont liés à la souveraineté – alimentaire, sur les terres, l’eau, les semences. Qu’est-ce que la souveraineté ? En quoi est-ce un enjeu majeur du 21e siècle ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vandana Shiva</strong> : La redéfinition de la notion de « souveraineté » sera le grand défi de l’ère post-globalisation. La mondialisation était fondée sur l’ancienne notion de souveraineté, celle des États-nations héritée de la souveraineté des monarques et des rois. La nouvelle notion de souveraineté est le fondement de la résistance à la mondialisation. Cette résistance se traduit par le slogan : « <em>Le monde n’est pas une marchandise. </em> » Actuellement, les Grecs disent : « <em>Notre terre n’est pas à vendre, nos biens ne sont pas à vendre, nos vies ne sont pas à vendre.</em>» Qui parle ? Les peuples. Revendiquer la souveraineté des peuples est la première étape de la souveraineté alimentaire, de l’eau ou des semences. Mais il y a une seconde partie : les peuples revendiquent le droit de protéger la Terre, et non celui d’abuser d’elle comme d’autres la maltraitent. Ainsi la souveraineté des terres, des semences, des rivières rejoint la souveraineté des peuples. Avec la responsabilité de protéger ce cadeau de la Terre et de le partager équitablement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour garantir cette souveraineté, faut-il fermer davantage les frontières ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aucune frontière n’est jamais totalement fermée. C’est comme la frontière de notre peau, qui nous protège de l’invasion de toute infection : des ouvertures permettent à la transpiration de sortir, pour maintenir notre équilibre, préserver notre santé. Toutes les frontières sont poreuses. Un corps souverain sait comment réguler ces entrées et sorties. Il sait quand trop de chaleur entre dans le corps. Il sait comment s’opposer aux virus. Quand un corps perd cette autonomie, cette souveraineté, il devient malade. C’est la même chose pour un pays, gouverné par un peuple souverain et autonome. Ce peuple peut dire : « <em>Notre lait est vendu 14 roupies/litre, votre lait européen qui débarque à 8 roupies/litre va détruire l’économie laitière en Inde, donc j’ai le droit de réguler ce qui entre.</em> » La régulation est vitale pour tout système vivant. La dérégulation, c’est l’appel de la mort. Un corps dérégulé meurt. De même, une nation, une économie dérégulée meurt.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne disons pas « non au commerce », mais « non au commerce dérégulé ». Non à un marché dérégulé où les conditions des échanges sont déterminées par l’avidité des entreprises, qui s’approprient nos impôts, créent des prix artificiels, entraînant dumping social et destruction de la souveraineté alimentaire. Ce système nuit aux paysans d’Inde. Et il nuit aux paysans d’Europe qui ne peuvent pas gagner leur vie, car les coûts de production sont supérieurs aux prix de vente du lait. L’agrobusiness et ses profits sont au centre de cette équation. Elle a pour conséquence le dumping, l’accaparement, le meurtre de nos paysans, le massacre de nos terres, et tous ces gens qu’on tue avec une alimentation empoisonnée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le protectionnisme peut-il être une solution face à cette exploitation du vivant, en empêchant les multinationales d’avoir accès à ces ressources qu’elles exploitent ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout comme nous devons redéfinir la notion de souveraineté, nous devons repenser la notion de protectionnisme. Un protectionnisme lié à la protection des écosystèmes, à l’écologie, est un impératif. Nous devons dire stop à la dévastation de nos rivières, stop aux déchets toxiques, stop au dumping des OGM par la manipulation des politiques mondiales par une multinationale. Cette protection est un devoir. Le cycle de Doha [<span style="text-decoration: underline;">1</span>] n’a entraîné aucun progrès depuis une décennie à cause d’un seul facteur : le problème de la subsistance des paysans. En 1993, nous avons organisé un rassemblement d’un demi-million de personnes pour faire pression sur le gouvernement indien : « <em>Si vous signez les accords du GATT, nos paysans vont mourir.</em> » Résultat : les accords du GATT ont été signés, et 250.000 paysans indiens se sont suicidés, notamment à cause de leurs dettes !</p>
<p style="text-align: justify;">Cet endettement des paysans est lié à une décision politique particulière : la dérégulation du marché des semences, qui a permis à Monsanto de devenir par exemple l’unique vendeur de semences sur le marché du coton. La multinationale contrôle 95% de ce marché et dicte les prix. Une équipe de scientifiques indiens vient de montrer que les OGM ne ne fonctionnent pas. Dans les champs, c’est manifeste : les paysans doivent utiliser 13 fois plus de pesticides avec les OGM. Ce qui est formidable pour Monsanto qui les commercialise. Mais une cause d’endettement pour les paysans, et donc une cause de suicides.</p>
<p style="text-align: justify;">La protection de nos paysans est un « protectionnisme vital ». Le protectionnisme est vu comme un « péché », car la dérégulation a été érigée en norme. Interférer dans la corruption, les manipulations et l’avidité des multinationales, c’est du protectionnisme. Et donc, pour certains, c’est mauvais. Non ! C’est un devoir social, c’est un devoir écologique. Et la cupidité des multinationales n’est pas un droit ! Elles écrivent à l’OMC, rédigent des accords et disent : « <em>Maintenant nous avons des droits et personne ne peut les changer.</em> » Nous les changerons.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous écrivez que « <em>le libre-échange est un protectionnisme pour les puissants</em></strong><strong> ». Doit-on construire un protectionnisme pour les plus « faibles » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le libre-échange, dans la manière dont il a été façonné, n’est pas du tout libre. Il n’est pas démocratique. Cinq entreprises se rencontrent, écrivent un accord sur les droits de la propriété intellectuelle et cela donne à Monsanto le droit de considérer des semences comme sa « propriété intellectuelle » ! Cela permet à des entreprises comme Novartis de voler les médicaments aux plus pauvres et de les faire payer 10 fois plus cher. Un mois de traitement contre le cancer, avec les médicaments génériques disponibles en Inde, coûte 10.000 roupies. Et Novartis veut faire payer 175.000 roupies par mois. Quand le tribunal juge qu’il n’est pas possible de déposer un brevet, car ces médicaments existent déjà et que ce n’est pas une « invention », Novartis défie les lois indiennes. La plupart des Indiens ne pourront pas payer le prix demandé par la multinationale. Novartis répond : « <em>Seuls 15% de Indiens nous importent.</em> » Cinq entreprises ont écrit une loi sur la propriété intellectuelle, et affirment ensuite que 85% des gens peuvent mourir du manque de médicaments ! C’est un système criminel.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand cinq géants commerciaux, comme Cargill (multinationale états-unienne de l’agroalimentaire), rédigent l’accord sur l’agriculture, ils définissent l’alimentation non comme le droit de chaque humain à se nourrir, mais comme une marchandise qu’ils veulent contrôler. Ce n’est pas la liberté, ce n’est pas le libre-échange. C’est du commerce monopolistique, c’est du commerce coercitif. Cela revient à tuer des gens, car un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde, à cause de ce système. Le libre-échange actuel, c’est la dictature des entreprises. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une réelle liberté, pour chaque personne, chaque enfant, chaque femme, chaque espèce sur Terre. Une réelle liberté, liée à la vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous étiez récemment aux États-Unis dans le Wisconsin pour soutenir les manifestants qui se battent pour défendre leurs droits et les services publics. Les services publics sont-ils aussi un bien commun à protéger ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a deux types de biens communs. Les ressources vitales – eau, terre, semences, air, océans – données par la nature et modifiées par les humains. Et les services liés aux besoins essentiels : l’éducation, la santé, la façon de gérer nos villes, comme les services de lutte contre les incendies&#8230; Ce sont des services publics vitaux. Ce qui compte, c’est « l’esprit de service » : quand un pompier lutte contre le feu, quand il aide les gens, il ne regarde pas le danger. Et quand ces services sont privatisés, les coûts augmentent. Un tiers des emprunts en Inde sont liés à l’achat de médicaments. La principale raison pour laquelle les gens vendent leurs maisons aujourd’hui, c’est pour se soigner. La privatisation des services publics prive la société de ses droits. Nous devons les défendre comme des biens communs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pensez-vous que le mouvement altermondialiste puisse apporter des solutions aux crises globales : environnementale, économique, financière ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le mouvement altermondialiste a extrêmement bien réussi : nous avons rendu l’Organisation mondiale du commerce caduque. L’OMC ne s’est jamais relevé après les mobilisations lors du Sommet de Seattle, en 1999. On avait imaginé que 5.000 personnes viendraient à Seattle, et nous étions 30.000 ! On ne s’attendait pas à voir les syndicats. Ni les étudiants, qui étaient pourtant majoritaires. Le sommet de Doha en 2001 a ensuite été marqué par les événements du 11 septembre, avec une grande pression militaire. J’y étais. Certains ont dit aux gouvernements que s’ils ne signaient pas les accords de Doha, ils seraient traités comme des membres d’Al-Qaïda : « <em>Vous êtes avec nous ou contre nous.</em> » Résultat : rien n’a bougé à Doha, à cause de cette pression sur les gouvernements !</p>
<p style="text-align: justify;">Des mouvements plus ciblés ont aussi été très fructueux. Nous avons par exemple mis la question de la « souveraineté » sur l’agenda politique. Personne ne peut plus aujourd’hui ignorer cette question. Nous avons mis en avant la défense de l’eau comme un bien public. Et regardez le référendum en Italie ! 95% des Italiens ont dit non à la privatisation de l’eau. Idem dans le domaine des semences : je vais bientôt publier un rapport sur Monsanto, sur ses mensonges, sur la situation de monopole qu’ils ont créée et l’échec des technologies OGM à accroître les rendements. Le mouvement pour une alimentation sans OGM est très bien organisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mouvement altermondialiste a besoin de franchir une nouvelle étape. Quand on parle de la Banque mondiale, du FMI et des plans d’ajustement structurels, la plupart des gens se focalisent sur les pays du Sud, sur le « monde en développement ». Mais aujourd’hui le FMI est en Europe ! En Grèce, en Irlande… Des pays en crise, non du fait d’une mauvaise gestion, mais à cause des banques de Wall Street, à cause d’un système financier corrompu qui a provoqué cette crise totale. Nous devons maintenant faire trois connections vitales. La première est la question Nord-Sud. Aujourd’hui tout le monde est « au Sud ». Le Nord ? Ce sont les multinationales et les gouvernements. Nous devons tous nous considérer comme le « monde du Sud » et nous organiser en fonction de cela. La seconde connexion nécessaire, c’est de dépasser le fossé entre économie et écologie. Dans nos esprits, mais aussi dans nos organisations. 45% des jeunes sont au chômage en Espagne, nous devons nous tourner vers l’écologie pour créer de nouvelles opportunités d’emploi, car ce ne sont pas les banques ou Wall Street qui les fourniront. La troisième connexion, c’est entre démocratie économique et démocratie politique. La démocratie a été réduite au droit de vote. Les responsables de la crise ont mis l’Espagne dans un tel état que José Zapatero est obligé d’agir contre ceux qui ont voté pour lui, et il perdra peut-être les prochaines élections. Si les politiques sont bons, ils ont les mains liées, et s’ils sont mauvais, ils sont une part du problème. Nous devons aller vers une démocratie profonde où les gens ont vraiment la possibilité de prendre des décisions.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous voulez un mouvement qui permette de sortir de la culture dominante de violence et de destruction. Mais face à la violence du système économique, des acteurs économiques, comment rester non-violents ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Personne n’a mieux parlé du pouvoir de la non-violence que Gandhi. « <em>Nous ne pouvons pas démanteler la maison du maître avec les outils du maître</em> », a dit la poétesse américaine Audre Lorde [<span style="text-decoration: underline;">2</span>]. Nous avons besoin d’outils différents. Ils doivent être non-violents, parce que la non-violence est plus soutenable, et qu’elle efface vos peurs. Ceux qui luttent de manière violente doivent se cacher tout le temps. Je préfère me tenir droite face aux multinationales pour leur dire ce que je pense d’elles. Agir « sans peur » est notre plus puissante arme. Et la non-violence crée également un soutien plus large. Et nous vivons à une époque où une poignée de personnes ne peut pas mener les batailles pour toute la société. C’est toute la société qui doit être engagée. Les actions non-violentes sont une invitation à toute la société à participer au combat.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous dites que dans la civilisation industrielle prédomine en permanence le vocabulaire de la guerre. Notre civilisation est-elle en état de guerre ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le paradigme dominant de la civilisation industrielle est définitivement un paradigme de guerre. Des scientifiques comme Newton ou Descartes ont créé ce cadre : tous enseignent la guerre de l’humanité contre la nature. Tout est défini à partir de cela. Les outils eux-mêmes sont liés à la conquête sur la nature. Regardez les noms des pesticides : Round Up, Scepto, Machete. Il est toujours question de « tuer ». Mais on ne peut pas gérer la vie à travers le meurtre. Un élément crucial du mouvement émergent est de faire la paix avec la Terre et la paix dans nos esprits. Et ce qui est beau, c’est qu’alors tout devient possible. Quand vous réalisez que tout est en relation, de nouvelles communautés peuvent être créées. Quand vous réalisez que nous sommes partie prenante de la Terre, de nouvelles opportunités de travail peuvent être créées. Si vous pensez que vous êtes en guerre, vous passez tout votre temps à la conquête violente. Cela demande beaucoup d’énergie, et détruit beaucoup. Et ça ne laisse pas de place pour l’humanité, et pour les autres espèces.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’énergie nucléaire est-elle une dimension de cette guerre de l’homme contre la Terre et contre lui-même ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aux débuts de l’utilisation de l’atome, il y a la Seconde Guerre mondiale. Même quand il n’est pas question d’armes nucléaires, la technologie nucléaire est toujours guerrière. La fission de l’atome, c’est déjà une guerre. Utiliser la fission de l’atome pour faire bouillir de l’eau est d’ailleurs une stupidité. Et que dire de cette énorme quantité de déchets qui vont perdurer pendant 250.000 années ! Nous avons besoin de plus en plus d’énergie, pour maintenir la sécurité énergétique. C’est une guerre permanente. Le nucléaire est une guerre injustifiée et infondée contre la Terre et l’humanité. Fukushima a été un réveil. Cette catastrophe nous montre que nous ne sommes pas plus puissants que la nature.</p>
<p style="text-align: justify;">La plus grande centrale nucléaire du monde est construite en ce moment en Inde, à Jaitapur, par Areva. Tout ce projet repose sur des subventions, y compris l’accaparement de terres fertiles. Et quand les habitants osent dire non, par des manifestations contre cette centrale, ils se font tuer. Personne ne peut protester. Les gens ne sont pas autorisés à se réunir. Tous les élus locaux ont démissionné, affirmant qu’ils n’ont plus aucune raison d’être s’ils ne peuvent pas se réunir pour prendre des décisions. Si vous allez à Jaitapur, vous verrez une zone de guerre. J’espère que les Français rejoindront les habitants de Jaitapur pour demander à Areva de se retirer de ce projet. Et nous pourrons alors vivre en paix.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Peut-on « réformer » notre civilisation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout d’abord, y aura-t-il une civilisation ? Nous avons deux options : soit continuer dans la voie actuelle et nous enfoncer dans une impasse. Une impasse économique, comme avec la Grèce ; politique, comme ce qui a mené au printemps arabe ; écologique, comme nous le voyons partout, quand les ressources naturelles sont volées aux peuples pour alimenter l’économie mondiale. La seconde voie que l’on peut suivre, c’est celle de la paix. Une paix qui n’est pas un signe de faiblesse, mais un signe de force. Ceux qui sont exclus aujourd’hui, ceux qui ne sont pas partie prenante de la guerre de conquête, joueront alors un rôle de leadership : les communautés indigènes, les jeunes, les femmes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La construction de cette paix façonnera la nouvelle prospérité. Nous avons été fous de penser que plus il y aurait d’argent dans le monde, et dans les poches des banques, des grosses entreprises et des nouveaux oligarques, meilleure serait la société. La crise grecque est causée par des banques. Et les gens disent : « <em>Basta ! Plus jamais ça ! Nous ne donnerons pas plus.</em> » La réelle prospérité, c’est la santé de la nature et des humains. C’est une communauté forte où chacun peut prendre soin des uns des autres. La civilisation que nous devons construire est une civilisation de larges réseaux de communautés souveraines, organisées de manière autonome, et non dominées par un pouvoir centralisé, politique ou économique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voyez-vous des signes d’espoir aujourd’hui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je vois des signes d’espoir partout où il y a une résistance. Chaque communauté en Inde qui se bat contre l’accaparement des terres, qui participe à notre mouvement <a href="http://www.navdanya.org/">Navdanya</a> pour que les semences restent un bien public, tous ceux qui tournent le dos à l’économie suicidaire de Monsanto ou pratiquent l’agriculture biologique. Toute communauté qui se bat contre la privatisation de l’eau. Tout ce qui se passe dans les rues de Madrid, en Irlande, en Islande, en Grèce. Les résultats du référendum en Italie sur le nucléaire ou la privatisation de l’eau. Ce sont d’incroyables signes d’espoir. Ce qu’il faut maintenant, c’est une nouvelle convergence mondiale, de tous les combats. Et un déchaînement de notre imagination : il n’y a pas de limites à ce que nous pouvons construire.</p>
<p style="text-align: right;">Propos recueillis par Agnès Rousseaux</p>
<p style="text-align: right;">Vidéo : Nadia Djabali</p>
<p style="text-align: right;">4 juillet 2011</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[<span style="text-decoration: underline;">1</span>] placé en 2001 sous l’égide de l’OMC était constitué d’une série de négociations portant principalement sur l’agriculture et l’accès des pays en développement au marché des prix agricoles. Aucun accord n’est survenu.</p>
<p style="text-align: justify;">[<span style="text-decoration: underline;">2</span>] « The master’s tools will never dismantle the master’s house »</p>
<p><strong>Source </strong>: <a href="http://www.bastamag.net/article1622.html">http://www.bastamag.net/article1622.html</a></p>
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		<title>Près de Pau, des compagnons d’Emmaüs réalisent leurs utopies</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 14:07:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Sophie Chapelle À Lescar, les 125 membres de la communauté Emmaüs ont de l’énergie et des idées. Professionnels de la récupération, ils se sont lancés dans l’éco-construction, convaincus que l’intégration passe par le bien-être dans l’habitat. Chaque compagnon est invité à construire la maison dont il rêve. Lieu d’accueil pour tous ceux qui le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Sophie Chapelle</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>À Lescar, les 125 membres de la communauté Emmaüs ont de l’énergie et des idées. Professionnels de la récupération, ils se sont lancés dans l’éco-construction, convaincus que l’intégration passe par le bien-être dans l’habitat. Chaque compagnon est invité à construire la maison dont il rêve. Lieu d’accueil pour tous ceux qui le souhaitent, sans condition, la communauté Emmaüs Lescar-Pau expérimente au quotidien décroissance et solidarité.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Emmaus1.jpg"><img class="size-medium wp-image-4608 aligncenter" title="Emmaus1" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Emmaus1-300x195.jpg" alt="" width="300" height="195" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En bordure de l’A65 qui vient d’être inaugurée, impossible de rater l’immense parking et le panneau indiquant la recyclerie-déchetterie d’<a href="http://www.emmaus-lescar-pau.com/fr/accueil.php">Emmaüs Lescar-Pau</a>. À l’entrée des 11 hectares de la communauté, les visages de Louise Michel, du Che, de Ghandi, de Thomas Sankara et Nelson Mandela se dessinent sur un wagon-marchandise. L’intérieur, transformé en restaurant, constitue un des espaces-détente proposés par la plus grande communauté Emmaüs de France. Ses 125 membres – compagnons, salariés, amis, bénévoles ou volontaires – font tourner une vingtaine d’ateliers de récupérations à plein régime. « <em>Quand on est arrivés à Lescar il y a 20 ans, on nous a mis à l’écart, aujourd’hui, on est devenus une vitrine</em> », se réjouit le fondateur de la communauté, Germain Sahry.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Au niveau du tri, on est débordés</em> », explique Germain, en désignant la file de voitures pleines à craquer de déchets, et les camions d’Emmaüs déchargeant leurs 400 m3 de marchandises par jour. « <em>On en recycle plus de 70%. Mais il faudrait qu’on soit 200 pour être pertinents dans la récupération.</em> » Un bric-à-brac de bibelots, vaisselle, meubles, vélos, tondeuses, électroménager, vêtements… Le parcours de la collecte à la vente semble parfaitement huilé. « <em>On prend tout ce qui est bon, et on accompagne les gens à la déchetterie pour le reste</em> », précise un des compagnons qui aide à décharger les voitures dans la zone de dépôt. Dans les ateliers de « reconditionnement » règne une grande énergie. Vincent, responsable de l’atelier électronique, est un peu débordé par l’arrivée des écrans plats. « <em>C’est à cause de la conversion au numérique</em>, explique-t-il. <em>Tout est réparable, mais c’est une question de prix et de temps.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une véritable économie solidaire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La communauté a été créée il y a 30 ans. « <em>Depuis 1982, on s’attache à ne percevoir aucune subvention. Ce n’est que grâce à notre travail de récupération que nous en sommes là aujourd’hui</em> », témoigne avec une once de fierté Germain. Ce mardi-là, le bric-à-brac rapportera entre 10 et 12.000 euros. Sur l’année, le chiffre d’affaires avoisine les 2,8 millions d’euros. Une richesse créée à partir des seuls déchets de la société.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>On ne cherche pas la rentabilité, on est dans une réelle économie solidaire</em> », tient à préciser Germain. L’enjeu pour la communauté Lescar-Pau est de développer la reconnaissance de la personne au cœur du collectif. Si Germain ne croit pas ou peu à la réinsertion, il mise sur l’intégration en proposant à la personne une dynamique de reconnaissance dans son activité. Quid du RSA, le Revenu social d’activité ? « <em>Moi, je l’appelle la Rente Sans Avenir, car elle enferme les gens dans un assistanat qui les emprisonne</em> », coupe-t-il net. Si l’accueil à Emmaüs est inconditionnel, certaines règles prévalent. Comme celle de suspendre son RSA lorsque l’on décide de rester dans la communauté. « <em>Ici, ce qui fait la communauté, c’est le travail.</em> » Soigné, nourri, cotisant à l’URSSAF, le compagnon perçoit également une allocation de 350 euros d’argent de poche. « <em>Et si l’on sait quand on arrive à Emmaüs</em>, raconte Germain, <em>on ne sait jamais quand on en part.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Emmaus2.jpg"><img class="size-medium wp-image-4609 aligncenter" title="Emmaus2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Emmaus2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des « maisons écolomiques »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À l’écart de la foule des chalands, une maison en bois en forme de tente canadienne marque le début du village des compagnons. « <em>C’est la maison de Stéphane, dit cow-boy</em> », confie Philippe Soulé, salarié et responsable de <a href="http://www.emmaus-lescar-pau.com/fr/l_eco-construction-57-5.html">l’atelier Eco-construction</a>. Bâtie avec des matériaux de récupération, dont des vêtements recouverts par de la chaux pour l’isolation, cette maison ne consomme presque pas d’énergie. Elle s’inscrit dans un vaste projet de « <em>maisons écolomiques</em> », qui viennent remplacer progressivement les mobile-homes mal isolés, véritables gouffres financiers. Cela a permis de passer de 800 euros annuels de consommation électrique dans les mobile-homes, à 200 euros dans les nouveaux habitats. « <em>Les mobile-homes ont permis de répondre à l’urgence. Mais ce sont des catastrophes écologiques qui nous discréditent dans notre démarche</em>, analyse Germain. <em>Retrouver un vrai élan de vie passe aussi par le bien-être dans l’habitat.</em> » Avec Philippe Soulé, chaque compagnon est invité à dessiner la maison dont il rêve, puis à participer aux plans et à la construction. Le prix oscille entre 20.000 et 30.000 euros. De la maison sur pilotis au chalet en bois et paille, chaque maison de ce quartier expérimental est unique. Et parfois quelque peu surnaturel. Rencontre en images.</p>
<p style="text-align: justify;">D’ici à juillet, ce premier quartier devrait être achevé. Des compagnons assureront alors les aménagements d’espaces verts. Le tout sous l’égide du « conseil municipal » du village de la communauté Lescar-Pau. Tous les ans, les conseillers sont élus par les villageois – compagnons et familles – qui élisent à leur tour le maire. À la sortie du village, une « mairie » a été érigée. La structure de bois de ce bâtiment de 16m² a été dessinée par l’atelier Eco-construction. « <em>Dans le village, il y a des mariages, des naissances, des décès&#8230; c’est la vie, il y a de tout</em> », précise Germain. Y compris de l’engagement citoyen. La communauté est également très attachée à sa liberté de parole et se comporte « <em>à l’opposé d’une administration</em> » : « <em>on peut se rassembler en cinq minutes et décider</em> », assurent ses membres. Bien loin de tout enfermement dans une gestion administrative du lieu. Au risque d’être considérée comme « <em>le vilain petit canard d’Emmaüs</em> », la communauté continue de « <em>risquer l’utopie</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« <em>On n’est pas des marginaux, mais des originaux</em></strong><strong> »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Démarquer Emmaüs et ses compagnons d’une image misérabiliste qui leur colle à la peau</em> », est un des objectifs de Germain Sahry. Sortir de la marginalité tout en cherchant à interpeller la société. Un pari difficile, un pari du quotidien. Relevé avec brio par la communauté Emmaüs Lescar-Pau. Très ouverte sur l’extérieur, la communauté développe depuis plusieurs années un partenariat avec des groupements paysans du Burkina Faso. L’été, ils accueillent plus de 150 jeunes des quatre coins du monde. Des compagnons s’activent pour remplacer les mobile-homes où dorment ces jeunes, par des habitats faits uniquement de matériaux de récupération. Partie intégrante du mouvement social, la communauté n’a pas non plus hésité à soutenir les faucheurs volontaires, ou à manifester contre la loi Loppsi 2 pour l’habitat différent.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a deux ans, ils ont lancé leur propre ferme, ouverte au public, avec la volonté de préserver des races locales comme la vache béarnaise ou le cochon gascon. Là, quelques compagnons cultivent leurs jardins ouvriers. « <em>C’est d’autant plus important de faire cette ferme</em>, rappelle Germain, <em>qu’on est entourés de monocultures de maïs.</em> » Si la communauté est autonome en lapins – nourris par les déchets de la surconsommation – elle ne recherche pas pour autant l’autosuffisance. « <em>Le risque serait de se couper de la société.</em> » Et c’est tout le contraire que vise Emmaüs Lescar-Pau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« <em>On est l’ETA, Emmaüs Toute Alternative</em></strong><strong> »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La culture n’est pas non plus négligée. En juillet prochain, aura lieu le troisième <a href="http://www.emmaus-lescar-pau.com/fr/la_culture-130-6.html">festival</a> organisé par la communauté. Parmi les invités, Emir Kusturica, Kenny Arkana, Tiken Jah Fakoly ou encore Goran Bregovic. L’année dernière près de 20.000 personnes ont fait le déplacement, sur les deux jours du festival. Cette année encore, la communauté ne demandera aucune subvention, menant son projet en toute liberté. « <em>Ce festival a une connotation engagée, avec l’organisation de débats qui posent la question du consumérisme</em> », décrit Germain. Mais l’objectif du festival, c’est surtout la rencontre : « <em>On veut montrer aux jeunes qu’on peut vivre des alternatives, autre chose que cette société de consommation.</em> » Emmaüs, un choix de vie ? « <em>Ça peut l’être pour ceux qui ne trouvent pas de place dans cette société néolibérale, basée sur des politiques productivistes</em> », confirme Germain.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à ce qu’elle qualifie de « <em>rouleau compresseur</em> », la communauté Emmaüs Lescar-Pau se pose aujourd’hui comme un acteur réel de la décroissance. Un acteur de la société, sur tous les plans : culturel, écologique, économique, politique ou social. « <em>On est l’ETA, Emmaüs Toute Alternative</em> », lâche en souriant Germain. L’année prochaine, la communauté fêtera ses 30 ans. « <em>J’ai autant d’utopies qu’au début,</em> conclut Germain. <em>Il y a un tel potentiel de créativité, de rencontres, avec des gens totalement différents. On peut créer quand on veut, et ça c’est passionnant.</em> »</p>
<p style="text-align: right;">Sophie Chapelle</p>
<p style="text-align: right;">26 mai 2011</p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://www.bastamag.net/article1562.html">http://www.bastamag.net/article1562.html</a></p>
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		<title>Et si on construisait des parcs éoliens coopératifs ?</title>
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		<pubDate>Wed, 25 May 2011 21:22:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Et si la production d’énergie était écologique, démocratique, et participative ? Dans le Pays de Redon, entre Bretagne et Pays de la Loire, une aventure unique en France est menée : celle de la construction d’un parc éolien coopératif. Ce projet, fondé sur des savoir-faire nouveaux, pourrait aujourd’hui être diffusé et transféré sur d’autres territoires. Se réapproprier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Et si la production d’énergie était écologique, démocratique, et participative ? Dans le Pays de Redon, entre Bretagne et Pays de la Loire, une aventure unique en France est menée : celle de la construction d’un parc éolien coopératif. Ce projet, fondé sur des savoir-faire nouveaux, pourrait aujourd’hui être diffusé et transféré sur d’autres territoires. Se réapproprier les questions énergétiques, confisquées par l’État et les experts d’EDF, c’est possible. C’est ce qu’on apprend, depuis 10 ans, dans le pays de Redon.</em></strong></p>
<p><strong>Reportage.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Eoliennes.jpg"><img class="size-medium wp-image-4474 aligncenter" title="Eoliennes" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Eoliennes-165x300.jpg" alt="" width="165" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Au départ, il y a Michel Leclercq, prof de dessin retraité, et Eric et Laure Vaillant, maraîchers dans le pays de Redon (Bretagne et Pays-de-Loire). Ecolos, tous les trois, ils veulent installer une éolienne sur leur terrain, pour produire de l’énergie propre. « <em>Cela s’est avéré compliqué et très fastidieux</em> », se souvient Michel. « <em>Et si on montait plutôt un parc éolien collectif ?</em> », se sont-ils demandé. Cela s’est avéré encore plus compliqué. Mais la plus-value, c’est une aventure collective hors normes. Avec un projet ancré dans un territoire, et maîtrisé de bout en bout par la population locale. « <em>Nous avions envie de réunir les gens autour d’un projet constructif,</em> raconte Michel. <em>Nous voulions nous battre pour quelque chose, alors que nous sommes plutôt habitués à nous battre contre&#8230;</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">La réflexion collective commence en septembre 2002. Avec une trentaine de personnes. « <em>Dès l’accord de la mairie sur le principe d’un parc éolien coopératif, nous faisons une réunion publique </em> » précise Michel. « <em>Nous tenions à ce que les riverains pilotent le projet et aient leur mot à dire, qu’ils participent au financement. Pour qu’il y ait des revenus locaux, car l’impact principal d’un parc éolien est local.</em> » Deux zones sont identifiées pour implanter des éoliennes : Sévérac-Guenrouët en Loire-Atlantique et Béganne, dans le Morbihan. Pour encadrer les récoltes de fonds et le financement des études de faisabilité, l’association Éoliennes en pays de Vilaine (<a href="http://www.eolien-citoyen.fr/accueil-association-eoliennes-en-pays-de-vilaine.html">EPV</a>) est créée. Nous sommes en mai 2003.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une entreprise pas comme les autres</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Arrive ensuite le temps des études pour l’obtention de permis de construire. Une entreprise sous statut SARL, <a href="http://www.eolien-citoyen.fr/">Site à Watts</a>, voit le jour. « <em>Cette structure était plus adaptée aux financements de ces études qu’une association,</em> » précise Michel. Le capital de cette SARL pas comme les autres regroupe des adhérents d’EPV, mais aussi trois CIGALES (Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire) réunissant 60 personnes. Le Conseil général de Loire Atlantique est également entré au capital de la SARL par l’intermédiaire d’une Société d’économie mixte (SEM).</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les « cigaliers », Christophe Baron, agriculteur. « <em>Intégrer ce projet, c’était logique pour moi. J’ai un rapport fort à l’environnement</em> », explique ce producteur de lait bio à Allaire, dans le Morbihan. Il y a trois ans, il a posé des panneaux photovoltaïques sur les toits de sa ferme. Et possède un « échangeur à plaques » dans sa salle de traite, qui lui permet de produire de l’eau chaude, en récupérant la chaleur du lait. Convaincu des projets collectifs, il fait partie d’un Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) depuis toujours. « <em>Je me suis rendu compte, avec EPV et Site à Watts, que c’est une chance d’avoir ce statut juridique, pour qui veut jouer collectif en agriculture.</em> » Pour l’éolien, c’est largement plus compliqué ! Il faut inventer un statut pour un projet collectif jamais pratiqué jusque-là.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>D’énormes difficultés administratives</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aux savoir techniques de cette filière industrielle qu’il faut acquérir, les passionnés d’EPV ont dû ajouter l’apprentissage des outils financiers et juridiques, pour d’encadrer leur projet hors normes. Et quand on leur demande de récapituler les difficultés de ce vaste chantier, qui dure depuis 8 ans, salariés et bénévoles répondent comme un seul homme : « <em>elles sont administratives !</em> » Charlène Suire, embauchée en mai 2010 par EPV, vient du secteur éolien privé, où elle a travaillé pendant deux ans. « <em>Dans le secteur éolien, tout est long</em>, explique-t-elle. <em>Les études de faisabilité, les négociations avec les propriétaires, l’obtention des permis de construire. Sans compter que les textes de loi évoluent constamment. Mais quand on veut en plus faire participer une centaine de particuliers à l’exploitation d’un parc éolien, les contraintes juridiques sont encore pire !</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Le Grenelle II, qui impose un minimum de cinq éoliennes par parc, favorise la centralisation et les grands projets plus difficiles à faire accepter par le voisinage. Il n’est pas favorable à l’éolien coopératif. Rien à voir avec nos voisins allemands ou danois. Chez eux, l’éolien s’est lancé sur ce modèle coopératif. C’est le point de départ de la filière. Les outils financiers sont donc au point depuis longtemps. « <em>Au Danemark, 20% du parc doit être en participation citoyenne,</em> explique Pierre Jourdain, salarié de Site à Watts. <em>Il y a une obligation légale. En Ontario, au Canada, il y a des tarifs de rachat pour entreprises préviées et pour projets citoyens. Chez nous, il y a un frein culturel évident. Les projets participatifs ne sont pas habituels en France, d’autant moins en production d’énergie, pour laquelle on a l’habitude de tout déléguer à EDF.</em> » Cela permet pourtant une réflexion collective et une appropriation par les citoyens des questions énergétiques. Sans être expert pour autant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une troisième structure pour la gestion des parcs</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les investisseurs (privés et publics) et riverains ont insisté pour financer un parc de leur territoire. Une troisième structure a dû être montée, pour la construction et l’exploitation des éoliennes. « <em>La création de deux Sociétés par actions simplifiée (SAS) permet de relocaliser les projets. Cela permet en plus à Site à watts de garder sa compétence en développement de parcs éoliens</em> », note Pierre Jourdain. A Béganne, la SAS qui gèrera les 4 éoliennes de 2 mégawatts, s’appellera Bégawatts⋅</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que tout cela voit le jour, il a fallu une motivation quotidienne ! Aux conseils de l’Union régionale des sociétés coopératives de production (<a href="http://www.les-scop.coop/sites/fr/">SCOP</a>) se sont ajoutés une persévérance quasi sans faille de l’équipe et un vrai soutien de la population. Qui a toujours été tenue informée. Des bonnes et moins bonnes nouvelles. « <em>Des réunions publiques sont organisées très régulièrement</em>, explique Charlène Suire. <em>Même quand le projet patine. Pour que les gens sachent pourquoi.</em> » Le Zeff, un bulletin d’information, est édité régulièrement. Au printemps dernier, un autre rouage est venu compléter ces allers-retours entre porteurs de projet et population : le comité de suivi. Composé d’une petite dizaine de riverains et animé par Charlène Suire, ce comité est chargé d’assurer une information de proximité aux riverains inquiets, ou non, du lancement des travaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Gouvernance industrielle coopérative »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’équipe d’EPV, Site à Watts et Bégawatts est maintenant lancée dans le dernier et plus grand défi de cette aventure : la gouvernance d’un projet de type industriel à plusieurs, particuliers, Cigales, collectivités locales, Caisse des dépôts,&#8230; Sachant que le budget est de 12 millions d’euros, dont 25% de fonds propres. Le reste est emprunté, à une banque assez visionnaire et confiante pour accepter. Ni EPV, ni Site à Watts, ni Bagawatts ne peuvent faire d’appel public à épargne. Un outil participatif et financier a donc été créé : <a href="http://www.energie-partagee.org/">Énergie partagée</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette « plate-forme de l’éolien citoyen » est une structure nationale qui va récolter l’investissement citoyen sur des projets d’énergies renouvelables. Le site de Béganne pourra, entre autres, en bénéficier. Mais pour associer plus de 99 personnes à une société (ce qui est le cas du projet de parc éolien coopératif), il faut un visa de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Énergie partagée attend ce visa pour pouvoir se lancer son appel à épargne populaire. L’objectif ? Que cette façon de produire de l’énergie « démocratique et écologique » se diffuse. Et que la France, champion mondial de l’énergie nucléaire, se mette enfin à imaginer un autre modèle énergétique.</p>
<p style="text-align: right;">Nolwenn Weiler</p>
<p style="text-align: right;">21 avril 2011</p>
<p><strong>Source</strong> :  <a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1521">http://www.bastamag.net/spip.php?article1521</a></p>
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		<title>Et si nous le faisions ensemble ?</title>
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		<pubDate>Tue, 03 May 2011 14:57:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un de ses derniers chants, l’ACO affirme « Tu es un Homme et je te nomme ». Chaque fois que l’ACO chante cela, c’est à toi qu’elle s’adresse, c’est toi qu’elle nomme. Toi qui vis de petits boulots mal payés, de temps partiels imposés, de périodes de chômage, Tu viens d’être licencié ? Pourtant, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ACO-logo2.jpg"><img class="size-full wp-image-4315 aligncenter" title="ACO-logo2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ACO-logo2.jpg" alt="" width="225" height="157" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Dans un de ses derniers chants, l’ACO affirme « Tu es un Homme et je te nomme ». Chaque fois que l’ACO chante cela, c’est à toi qu’elle s’adresse, c’est toi qu’elle nomme.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">Toi qui vis de petits boulots mal payés, de temps partiels imposés,</p>
<p style="text-align: center;">de périodes de chômage,</p>
<p style="text-align: center;"><em>Tu viens d’être licencié ?</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Pourtant, ta boîte faisait des bénéfices, mais les actionnaires ont décidé de délocaliser&#8230; </em></p>
<p style="text-align: center;">Tu renonces à acheter les médicaments ?</p>
<p style="text-align: center;"><em>Comment faire quand ils ne sont plus remboursés ? </em></p>
<p style="text-align: center;">Ton logement est trop petit, mal insonorisé ?</p>
<p style="text-align: center;"><em>Tu ne peux pas déménager : trop difficile, trop cher&#8230; </em></p>
<p style="text-align: center;">Tes enfants ont du mal à suivre à l’école ?</p>
<p style="text-align: center;"><em>Comment réussir, alors qu’ils vont encore supprimer des classes ? </em></p>
<p style="text-align: center;">Dans le quartier, les immigrés te font peur ?</p>
<p style="text-align: center;"><em>Mais, tu le sais, eux aussi galèrent. Ils sont venus ici pour fuir la misère, les dictatures, </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>les guerres ou les catastrophes, dans l’espoir d’une vie meilleure. </em></p>
<p style="text-align: center;">Tu n’as plus confiance dans les partis politiques ?</p>
<p style="text-align: center;">Tu ne sais pas pour qui voter ? Tu t’abstiens ?</p>
<p style="text-align: center;">Tu te sens dépassé, plus vraiment concerné par les élections ?</p>
<p style="text-align: center;"><em>Sentiment d’abandon, souffrance d’être mis au ban de la société, </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>d’être traité de parasite, de profiteur&#8230;</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Cependant n’oublie pas&#8230; tu es un Homme et je te nomme&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je te nomme Résistance</strong>, car comme d’autres autour de toi, tu peux ne pas baisser les bras : Michèle, élue municipale, toujours présente sur le quartier, toujours attentive aux uns et aux autres. Ahmed, Françoise, Mélanie et les copains du syndicat se sont battus jusqu’au bout pour sauver les emplois à l’usine. Sliman aide tes enfants à faire leurs devoirs. José se bat avec l’association de locataires, pour protester contre les augmentations et réclamer des travaux. Dernièrement, ils ont empêché une expulsion dans ton quartier, tu leur as même donné un coup de main. Comme vous êtes contents d’avoir réussi !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Être à plusieurs, ça rend plus forts, ça donne du bonheur. Ceux qui y croient toujours et encore et qui agissent, sont les prophètes d’aujourd’hui !</em></strong></p>
<p>Et voilà que se profile 2012&#8230;</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Cependant n’oublie toujours pas, tu es un Homme et je te nomme&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je te nomme Espérance</strong>. Le mot peut sembler fou, il n’est pourtant pas trop fort ! Espérance, parce qu’il s’agit de ta vie, de tes doutes et de ta lutte et de celle de tous les ouvriers, les employés et leurs familles, un vrai peuple qui doit compter. Ça me fait croire que la politique, ça ne peut pas exister sans nous. Mais alors ?</p>
<p>Va-t-on les laisser dès maintenant nous tromper avec leur politique médiatique qui n’est que l’image désastreuse de règlements de comptes?</p>
<p style="text-align: justify;">Va-t-on les laisser encore et toujours attiser les peurs et les divisions en fabriquant de toutes pièces des boucs émissaires (jeunes, étrangers, demandeurs d’asile&#8230;) pour les accuser de tous les maux qui nous frappent et ainsi se dédouaner de leur responsabilité ?</p>
<p style="text-align: justify;">Va-t-on les laisser nous entraîner encore plus loin sur le chemin de la haine, de la peur de l’autre que nous connaissons si peu ? Va-t-on se contenter d’éteindre notre télé en disant «<em>Tous les mêmes, que des promesses, rien à faire de leurs discours ! »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bien sûr que NON !</strong> Nous avons des ressources pour relever ce défi. D’ici 2012, notre vie ne doit pas passer inaperçue et doit être prise en compte.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Femmes et hommes, avec toute notre humanité, </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>ensemble nous choisissons la vie !</strong></p>
<p>C’est elle qui doit faire la Une de l’actualité politique. Être première pour façonner un projet de société et écrire l’avenir.</p>
<p style="text-align: center;">Aussi n’hésite pas, donne ta voix.</p>
<p style="text-align: center;">Mêlée à celle de ton copain, de ton voisin,</p>
<p style="text-align: center;">Elle ne comptera pas pour rien.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Nous avons besoin d’écoute, de dialogue, d’acceptation des différences pour imposer ce qui constitue le véritable ciment d’une société harmonieuse : la justice sociale</em></strong><em>.</em></p>
<p style="text-align: center;">Nous n’avons pas à subir cette société de consommation</p>
<p style="text-align: center;">et ce modèle économique où l’argent est roi,</p>
<p style="text-align: center;">qui méprise de plus en plus d’hommes et de femmes.</p>
<p style="text-align: center;">Les catastrophes naturelles, écologiques et alimentaires qui mettent</p>
<p style="text-align: center;">en péril notre avenir ne sont pas une fatalité.</p>
<p style="text-align: center;">L’eau, la terre et ses ressources ne sont pas inépuisables et</p>
<p style="text-align: center;">ne sauraient être confisquées par quelques-uns.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Il y a urgence ! Laissons aux générations futures une terre </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>où elles pourront vivre en paix, sans être condamnées à survivre.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;">Avec toi, nous voulons être informés et pouvoir décider,</p>
<p style="text-align: center;">en toute connaissance, des choix économiques et politiques,</p>
<p style="text-align: center;">en France et dans le monde,</p>
<p style="text-align: center;">respectueux de l’Homme et de notre planète.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Prendre toute notre place dans ces débats, c’est redonner sens à l’engagement politique. C’est, tout simplement, permettre à tous de mieux vivre ensemble.</em></strong><em> </em></p>
<p style="text-align: center;">Nous n’avons aucune raison d’avoir peur de l’autre.</p>
<p style="text-align: center;">La différence est une richesse, elle nous ouvre un avenir.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Un autre monde est possible</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Pour l’ACO, ta vie a autant de valeur et nécessite d’être élevée au premier rang des débats politiques, parce que le Christ lui-même, par sa mort et sa résurrection, nous a transmis la force de croire qu’un autre monde est possible. Un monde nouveau, dont la loi est « aimons-nous les uns les autres comme Dieu nous aime ». C’est souvent difficile, mais cela nous offre la garantie de ne jamais nous renfermer sur nos peurs. C’est pour ce combat, dans l’amour de toute personne humaine, que nous nous engageons à construire un monde plus digne.</em></strong></p>
<p><strong>Et si nous le faisions ensemble ?</strong></p>
<p><strong>Alors l’ACO continuera de chanter : « <em>Tu es un Homme et je te nomme ‘mon</em></strong><strong> <em>camarade’, hey, donne-moi la main !</em></strong><strong> »</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Conseil national de l’ACO, avril 2011</strong></p>
<p><strong>Source</strong> : Action Catholique Ouvrière</p>
<p><a href="http://www.acofrance.net/ressources/10206/20/declaration_cn_avril_2011.pdf">http://www.acofrance.net/ressources/10206/20/declaration_cn_avril_2011.pdf</a></p>
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		<title>Nous y sommes, par Fred Vargas</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/04/04/nous-y-sommes-par-fred-vargas/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Apr 2011 11:05:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/F.Vargas2.jpeg"><img class="size-full wp-image-4126 aligncenter" title="F.Vargas2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/F.Vargas2.jpeg" alt="" width="207" height="243" /></a></p>
<p>Nous y voilà, nous y sommes.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.</p>
<p style="text-align: justify;">On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais nous y sommes.</p>
<p style="text-align: justify;">A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.</p>
<p style="text-align: justify;">« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.</p>
<p style="text-align: justify;">Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).</p>
<p style="text-align: justify;">Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).</p>
<p style="text-align: justify;">S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.</p>
<p style="text-align: right;">Fred Vargas</p>
<p style="text-align: right;">Archéologue et écrivain</p>
<p><strong>Source </strong>: ce texte a été écrit par Fred Vargas en soutien au rassemblement « Europe Ecologie » pour les élections européennes de juin 2009 et déposé le 7 novembre 2008 sur le blog d’Europe Ecologie.</p>
<p>http://www.europe-ecologie.fr/blog/nous-y-sommes</p>
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		<title>Les juges paient des années de soumission collective</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/02/07/les-juges-paient-des-annees-de-soumission-collective/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 15:36:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils se rebiffent contre Sarkozy ? Selon Jean de Maillard, ils auraient dû rejeter le système de suivi des peines depuis longtemps. Nicolas Sarkozy n&#8217;a pas le monopole de la démagogie. Il n&#8217;a même pas le mérite d&#8217;avoir inventé la chasse au juge, le sport préféré de la classe politique française. Depuis des lustres, la justice [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/56247122.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-3706" title="56247122" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/56247122.png" alt="" width="150" height="140" /></a></em></h2>
<p><em><strong>Ils se rebiffent contre Sarkozy ? Selon Jean de Maillard, ils auraient dû rejeter le système de suivi des peines depuis longtemps.</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy n&#8217;a pas le monopole de la démagogie. Il n&#8217;a même pas le mérite d&#8217;avoir inventé la chasse au juge, le sport préféré de la classe politique française.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis des lustres, la justice est la tête de Turc de nos gouvernants parce que quelques magistrats – ceux que Mitterrand traitait jadis de « chiens » – osent parfois aboyer à leurs basques. Mais si l&#8217;actuel Président se contentait jusqu&#8217;à présent de les comparer à des petits pois, il n&#8217;est pas besoin d&#8217;être grand clerc pour deviner que ses offensives actuelles ont d&#8217;autres visées que de poursuivre les humiliations dont nos politiciens ont fait leur plaisir favori.</p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il pour autant applaudir le sursaut de dignité de la magistrature française, d&#8217;ordinaire si molle et si docile ? Sur la forme peut-être, quoique je sois sans illusion sur son audace éphémère, dont elle est la première effrayée.</p>
<p style="text-align: justify;">Que fera-t-elle après trois ou quatre petits jours de grève – pardon, de « suspensions d&#8217;audiences », il y a des mots qui fâchent – sinon retourner bien sagement dans ses salles d&#8217;audience, loin desquelles elle se sent désespérément perdue ? N&#8217;est pas Tunisien ou Egyptien qui veut.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les juges n&#8217;ont rien fait pour sauver une justice pénale moribonde</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quant au fond de l&#8217;affaire, c&#8217;est autre chose. Car si le président de la République a pu si facilement s&#8217;en prendre aux juges de Nantes ce n&#8217;est pas, comme disent ceux qui l&#8217;approuvent, parce que les juges n&#8217;en font pas assez, mais parce que la justice pénale que nous rendons est moribonde et que les juges n&#8217;ont rien fait pour l&#8217;empêcher.</p>
<p style="text-align: justify;">Et de cela, ils sont comptables tout autant que les politiques parce qu&#8217;ils n&#8217;ont jamais su enrayer – ils n&#8217;ont même pas essayé de le faire – les dérives d&#8217;un système à bout de souffle. Les magistrats français paient aujourd&#8217;hui trop d&#8217;années de complaisance obséquieuse et de soumission collective, que l&#8217;on retrouve jusque dans les piètres arguments qu&#8217;ils opposent aux critiques qui les assaillent.</p>
<p style="text-align: justify;">Car le vrai problème n&#8217;est pas de leur accorder plus de moyens, mais qu&#8217;ils se ressaisissent pour rendre – enfin – une autre justice.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un éducateur aurait-il sauvé Lætitia ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on voulait réfléchir un peu, il faudrait se demander par exemple en quoi mettre un éducateur derrière le meurtrier présumé de la malheureuse Lætitia aurait changé quoi que ce soit à l&#8217;horrible sort de la victime.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais les mythes ont la vie dure. Qu&#8217;on me pardonne de relater une anecdote pour illustrer mon propos.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a vingt-cinq ans à peu près – on voit ainsi que le mal n&#8217;est pas récent – j&#8217;ai dû juger en cour d&#8217;assises un pervers sexuel multirécidiviste qui avait tué atrocement une petite fille après l&#8217;avoir violée avec un comparse.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;individu avait auparavant bénéficié d&#8217;une libération conditionnelle qui s&#8217;était déroulée à la pleine satisfaction des éducateurs et du juge de l&#8217;application des peines. L&#8217;enquête révéla pourtant que le probationnaire modèle violait aussi la fille de sa concubine sur la table de la cuisine quand il attendait la visite de son éducatrice.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, en ces temps anciens, on ne demandait pas aux juges de s&#8217;expliquer, pas même de s&#8217;excuser.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fumeuse promesse d&#8217;embauche pour un braqueur récidiviste</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En voulez-vous une autre ? Présidant plus récemment une audience de comparution immédiate, j&#8217;eus la surprise de voir un jour comparaître un braqueur de banques, récidiviste également, récemment sorti de prison grâce à une opportune libération conditionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Ayant dû prolonger sa détention provisoire quelque mois plus tôt comme juge des libertés et de la détention, j&#8217;étais fort étonné en effet de le voir déjà en liberté, même si je l&#8217;étais moins de le retrouver devant nous.</p>
<p style="text-align: justify;">Car ce n&#8217;était pas un petit braqueur : avec sa bande, ils avaient volé des engins de chantier pour défoncer les distributeurs automatiques de billets et accueilli les gendarmes avec un pistolet mitrailleur – dont il fut fait usage faut-il le préciser ?</p>
<p style="text-align: justify;">Passons sur l&#8217;indulgence de la sanction, obtenue probablement grâce à une maladie dont il avait guéri sitôt la peine prononcée : sept ans de réclusion. Le jour précis où il avait atteint sa mi-peine, éligible à la libération conditionnelle à condition de voir levée sa période de sûreté, il avait obtenu et l&#8217;une et l&#8217;autre sur-le-champ.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la base de quelles garanties ? Une promesse d&#8217;embauche fournie par un garagiste qu&#8217;une balle dans le dos lors d&#8217;un règlement de comptes avait rendu invalide, mais qui offrait un généreux emploi au braqueur repenti dans son garage en liquidation ! Il n&#8217;y mit évidemment jamais les pieds. Je n&#8217;ai jamais eu de compte-rendu sur le déroulement de sa libération conditionnelle…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La justice dans une confortable illusion sanitaire et sociale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce ne sont, me dira-t-on, que quelques ratés comme on peut en trouver partout. Je veux bien, mais c&#8217;est refuser de voir aussi que les politiques, submergés par une délinquance et une criminalité qu&#8217;ils ne maîtrisent qu&#8217;en tripatouillant les statistiques, ont entraîné la justice dans la grande illusion sanitaire et sociale, si confortable et si rassurante.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me demande même dans quelle mesure ce ne sont pas les juges qui ont attiré les politiques et les médias dans ce mirage, tant la magistrature aime à donner d&#8217;elle-même l&#8217;image flatteuse de la compétence et de la pondération.</p>
<p style="text-align: justify;">Empressés de prouver leur savoir-faire, les magistrats ont accepté d&#8217;assumer tous les maux d&#8217;une société trop heureuse elle-même de leur en abandonner l&#8217;impossible gestion. Ils ne savent plus, maintenant, comment s&#8217;en dépêtrer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le monde enchanté des Bisounours</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Imaginons alors ce que cela peut donner quand on passe des grands prédateurs à la population pénale ordinaire, celle qui défile à la queue leu leu dans les bureaux du juge d&#8217;application des peines (JAP) pour quêter qui un bracelet électronique, qui une semi-liberté ou n&#8217;importe quel autre aménagement de peine qui évite de connaître les geôles, il est vrai lugubres, de la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Les JAP ont reçu injonction du législateur de les octroyer généreusement pour les peines inférieures à deux ans de prison car les maisons d&#8217;arrêt débordent, quoi qu&#8217;on fasse, de partout.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais voilà qui est parfait, disent les bonnes âmes : aménager la peine, c&#8217;est la rendre utile et fructueuse, en vue d&#8217;une réinsertion qui est bien le but de la réparation que demande la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui peut-être, dans le monde enchanté des Bisounours, quand on raconte aux enfants des histoires qui embellissent leurs jolies nuits pleines de rêves. Dans la réalité sordide de la violence sociale ordinaire, la vie est hélas moins rose et les happy end bien plus rares.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des gadgets socio-psycho-médico-pédagogico-éducatifs</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La vérité de cette vie est ailleurs : dans une société déboussolée, où l&#8217;ordre public apparent l&#8217;emporte maintenant sur toute autre considération car c&#8217;est lui qui conditionne le résultat des élections, la police arrête à tour de bras, place en garde à vue à la chaîne, boucle à la va-vite ses enquêtes et ficelle n&#8217;importe comment ses procédures.</p>
<p style="text-align: justify;">La justice, qui juge en rang serré une chiourme habituée à errer entre hôpitaux et prison, abat, plus mollement qu&#8217;on ne le dit mais avec la lassitude de ceux qui connaissent l&#8217;inanité de ce qu&#8217;ils accomplissent, des peines qu&#8217;elle fait semblant de croire « utiles » en les assortissant de toute une panoplie de gadgets socio-psycho-médico-pédagogico-civico-éducatifs aussi creux les uns que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi qu&#8217;au terme, paraît-il, d&#8217;une quinzaine de condamnations, Tony Meilhon avait encore écopé d&#8217;un sursis avec mise à l&#8217;épreuve.</p>
<p style="text-align: justify;">Mise à l&#8217;épreuve de quoi, le saura-t-on jamais ? La justice y croyait d&#8217;ailleurs si peu qu&#8217;elle a laissé le dossier dormir sous la pile de toutes les autres décisions, aussi vaines, qui s&#8217;entassent sur les bureaux des JAP.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec Toni Meilhon, les juges se sont piégés eux-mêmes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans un autre contexte, il faudrait en rire. Car si la justice dans cette affaire est responsable de quoi que ce soit, c&#8217;est bien d&#8217;avoir fourni à Nicolas Sarkozy le prétexte sur lequel il s&#8217;est précipité pour la rendre responsable de la mort de Lætitia.</p>
<p style="text-align: justify;">La seule chose dont on s&#8217;autorise à sourire dans cette affaire, c&#8217;est de voir à quel point les juges se sont piégés eux-mêmes. Condamnant Toni Meilhon [soupçonné du meurtre de Lætitia, ndlr], pour outrage à magistrat, ils l&#8217;ont placé sous le contrôle d&#8217;un JAP et d&#8217;un éducateur qui avaient pour mission de le surveiller, ce dont ils étaient bien incapables.</p>
<p style="text-align: justify;">Faute de moyens peut-être, puisque les effectifs fondent comme neige au soleil, mais faute d&#8217;abord et surtout de savoir pourquoi on met des individus dotés de lourds profils sous une surveillance qu&#8217;on sait – ou qu&#8217;on devrait savoir – aussi oiseuse que vouée à l&#8217;échec. Mais le mythe est indestructible.</p>
<p style="text-align: justify;">Et les juges, d&#8217;un seul chœur, continuent envers et contre tout à psalmodier leurs demandes de moyens, pour dissimuler leur impuissance et leur désarroi devant la montée d&#8217;une société en miettes et pour éviter de se poser les seules questions qui vaillent : qui jugeons-nous, pourquoi, comment et pour quoi faire ?</p>
<p style="text-align: right;">Jean de Maillard</p>
<p style="text-align: justify;">source : http://www.rue89.com/blog-justice/2011/02/06/les-juges-paient-des-annees-de-soumission-collective-189254</p>
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		<title>Mgr Schockert : « Il faudrait parler plus positivement des étrangers »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/08/31/3053/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 22:30:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Fin juillet, Claude Schockert, évêque de Belfort, en charge de la Pastorale des migrants, signait avec l’évêque de Vannes un appel contre la stigmatisation des Roms et des gens du voyage. Il revient aujourd’hui sur la surenchère du discours sécuritaire. Dans l’appel que vous avez publié le 27 juillet avec l’évêque de Vannes, vous regrettez une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em>Fin juillet, Claude Schockert, évêque de Belfort, en charge de la Pastorale des migrants, signait avec l’évêque de Vannes un appel contre la stigmatisation des Roms et des gens du voyage. Il revient aujourd’hui sur la surenchère du discours sécuritaire.</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Dans l’appel que vous avez publié le 27 juillet avec l’évêque de Vannes, vous regrettez une « recrudescence de  la stigmatisation des Roms et gens du voyage ». Que vous inspire, un mois après ce texte, le traitement réservé actuellement à ces populations ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Monseigneur Schockert</strong>. Les démantèlements de camps de Roms et leur expulsion existaient déjà mais de façon ponctuelle et individualisée. Après les événements de Saint-Aignan, c’est devenu plus organisé et plus collectif. On pointe du doigt ces populations. Des mesures sécuritaires sont prises à leur encontre car cela séduit une partie de la population. Or c’est pour fuir les difficultés économiques de la Bulgarie et la Roumanie que les Roms viennent chez nous. Il faut donc trouver des solutions au niveau européen, afin que ces deux pays s’intéressent un peu plus à leurs ressortissants. La France les renvoie mais comment vont-ils être reçus ? Il ne s’agit pas simplement de leur donner 300 euros pour qu’ils partent. Dans ces conditions, ils risquent de revenir.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>On observe ces derniers jours  un sursaut assez inédit de la part  des gens d’église&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Schockert</strong>. Tout d’abord, au nom de l’Évangile, on se doit de dire certaines choses du point de vue de l’humanitaire et de l’accueil de l’étranger. C’est dans ce sens que le pape a évoqué dimanche la « fraternité universelle ». Pour nous, la non-fraternité qui s’exprime dans les mesures actuelles amène automatiquement les évêques à réagir. Ça n’est pas une opposition directe à ceux qui nous dirigent. Nous intervenons afin de rappeler qu’il n’y a pas des bons et des mauvais et que tout homme dans l’humanité est un frère.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>La politique du gouvernement ne tend-elle pas justement à désigner des bons et des moins bons ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Schockert</strong>. Oui. On le voit bien dans la distinction opérée entre l’immigration subie et l’immigration choisie. Le phare est mis sur ceux qui vivent chez nous et qui, selon certains, n’auraient rien à y faire. Pour nous, ce sont des frères et c’est pour cela qu’on réagit.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Comment se fait-il que la voix  de l’Église, particulièrement forte  en ce moment vis-à-vis des Roms,  soit moins entendue dans le cas  des travailleurs sans papiers ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Schockert</strong>. Avec les gens du voyage et les Roms, nous sommes particulièrement en contact. Ils vont de pèlerinage en pèlerinage, et on les rencontre régulièrement. C’est notre devoir de défendre cette communauté. En même temps, si des gens ne sont pas en règle, il est normal que la loi s’applique. Mais on ne veut pas que toute la communauté soit stigmatisée. En ce qui concerne les autres migrants, on essaie d’intervenir, mais en dehors du concert politique. Ainsi, pour le délit de solidarité, on a fait une déclaration parce qu’on sentait que le climat en France était assez tendu. Beaucoup d’associatifs ont peur d’être inculpés pour avoir accueilli des personnes en situation irrégulière. Nous ne cherchons pas à entrer dans le jeu politique. Et ce malgré le fait qu’on nous reproche parfois d’avoir le même discours que la gauche. Les fondements de notre engagement ne sont pas les mêmes que ceux de l’engagement politique. On essaie de conscientiser les chrétiens mais ça n’est pas facile. Ils ont des peurs, comme tout le monde, telle la peur de l’étranger, de celui qui ne partage pas notre culture. Nous organisons chaque année la Journée mondiale des migrants et des réfugiés pour aider les chrétiens à réfléchir sur ces questions.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Avez-vous le sentiment que les évêques expriment le point de vue  de la communauté catholique ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Schockert</strong>. On sent bien que nos réactions contre le discours actuel suscitent les réticences d’une partie des catholiques. Je reçois des lettres de protestation contre mes prises de position dans lesquelles on me dit : « Je ne donnerai plus au denier de l’église. » Mais au nom de l’Évangile, nous nous devons de réagir. Aujourd’hui, des Mexicains, des Algériens ou des Polonais vivent en France, et le défi de la fraternité se pose de manière plus aiguë qu’avant. Il faudrait donc parler plus positivement de la présence d’étrangers chez nous. L’ouverture à l’autre et la présence de cultures différentes représentent une grande richesse. C’est ce qu’on essaie de faire, en nous appuyant notamment sur l’expérience vécue par des chrétiens qui sont proches des sans-papiers et des Roms.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Nicolas Sarkozy risque-t-il de s’éloigner des catholiques ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Schockert</strong>. On peut analyser cela comme on veut, mais ça n’est pas en fonction de l’Évangile que le gouvernement prend ses décisions. Maintenant, je ne sais pas si les catholiques vont s’éloigner pour autant du pouvoir. Peut-être que certains d’entre eux réagiront par leur vote ou autrement mais ça n’est pas une loi générale. La séparation de l’Église et de l’État est quand même une réalité, et nous, on essaie de la respecter, donc on ne veut pas s’immiscer dans les décisions des gouvernants.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Le ministre de l’Agriculture a affirmé que l’Église n’avait pas à intervenir dans le débat politique…</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Schockert</strong>. Nous partons de la réalité et du quotidien des Roms et des gens du voyage. Nous faisons retentir la voix de l’Église sur ces sujets-là. L’Église est donc dans son rôle. Ça me rappelle Pasqua qui dans les années quatre-vingt-dix souhaitait « que les évêques s’occupent de leurs sacristies » (à propos des évêques qui protestaient contre les expulsions de sans-papiers – NDLR). Or on estime que l’Église doit faire entendre sa voix dans le débat public. C’est un éclairage que l’on donne.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Brice Hortefeux veut continuer le démantèlement des camps de Roms. L’opposition des ecclésiastiques peut-elle infléchir cette politique ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Schockert</strong>. Oui. Notre but est de faire prendre conscience des enjeux de cette réalité. Pour nous c’est important d’aider à réfléchir, de prendre du recul. Dans les quartiers populaires, si on agit uniquement sur les faits sans chercher à régler leur cause sociale, ça ne règle pas le problème. Beaucoup d’hommes politiques s’interrogent aujourd’hui sur ces mesures sécuritaires. La prise de position de l’Église peut donc avoir, à mon sens, une influence. On y travaille en tout cas.</p>
<p style="text-align: right">Entretien réalisé par Virgile Dessirier</p>
<p style="text-align: right">L&#8217;Humanité &#8211; 27 août 2010</p>
<p style="text-align: right">
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		<title>Le marché des fous, par Hervé Kempf</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Oct 2009 19:14:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;idéologie capitaliste &#8211; selon laquelle le marché peut résoudre tous les problèmes &#8211; a atteint ces derniers jours un sommet dans l&#8217;absurde. On a appris, grâce au député européen Vert Claude Turmes, que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, bloquait un &#8220;projet&#8221; d&#8217;action sur l&#8217;efficacité énergétique. Ce texte est censé rendre contraignante [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;idéologie capitaliste &#8211; selon laquelle le marché peut résoudre tous les problèmes &#8211; a atteint ces derniers jours un sommet dans l&#8217;absurde. On a appris, grâce au député européen Vert Claude Turmes, que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, bloquait un &#8220;projet&#8221; d&#8217;action sur l&#8217;efficacité énergétique. Ce texte est censé rendre contraignante pour les Etats membres une réduction de 20 % de leur consommation d&#8217;énergie et proposer des mesures pour atteindre cet objectif. Réduire la consommation d&#8217;énergie est le meilleur moyen de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.</p>
<p>La raison de ce blocage par la Commission ? La mise en oeuvre de l&#8217;efficacité énergétique pèserait sur les prix du marché du carbone. En effet, si l&#8217;on économise l&#8217;énergie, on émet moins de gaz carbonique. Donc il y a moins de &#8220;droits d&#8217;émission&#8221; sur le marché. Donc leur prix baisse. Or la Commission européenne &#8211; avec l&#8217;aval des Etats membres &#8211; a fondé l&#8217;essentiel de sa stratégie de lutte contre le changement climatique sur le marché des émissions.</p>
<p>On en vient donc à refuser le plus efficace pour privilégier&#8230; un moyen qui n&#8217;a pas encore vraiment fait ses preuves. Mis en oeuvre depuis 2005, il avance cahin-caha de chute des prix en fraude à la TVA. Le cours de la tonne de CO2 y est en ce moment à 15 euros, en dessous de la taxe sur l&#8217;énergie que vont payer les consommateurs français. En fait, les règles de son fonctionnement, résultat du compromis avec les industriels qu&#8217;il concerne, sont trop laxistes : le prix qui se forme reste donc trop bas pour inciter à réduire les émissions rapidement.</p>
<p>Par le biais d&#8217;un autre type de marché, dit &#8220;mécanisme de développement propre&#8221;, l&#8217;Union européenne entend par ailleurs éviter de réaliser sur son territoire une grande partie de ses engagements de réduction. Mais vraiment, il me faudrait dix articles comme celui-ci pour bien expliquer le fonctionnement de tout le dispositif. Le marché du carbone est à peine plus simple que le marché des produits dérivés, si vous voyez ce que je veux dire.</p>
<p>Le problème de fond est qu&#8217;il revient à confier la gestion de la lutte contre le changement climatique à l&#8217;industrie financière. Celle-ci a causé la crise que l&#8217;on sait, et démontré sa capacité à échapper aux contrôles des Etats. Faites-vous confiance à Goldman Sachs pour agir dans l&#8217;intérêt de l&#8217;humanité sur le marché du carbone ? En fait, tant que la puissance publique &#8211; qui, en principe, porte l&#8217;intérêt commun &#8211; n&#8217;aura pas repris le contrôle du système financier, on ne peut remettre au marché le soin de lutter contre le changement climatique.</p>
<p>A court terme, une chose est claire : l&#8217;Union européenne doit se fixer de vrais objectifs d&#8217;économie d&#8217;énergie. Si elle y renonce, elle perdra toute crédibilité face au changement climatique, et, surtout, le principal moyen d&#8217;y faire face.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/herve-kempf.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1434" title="herve-kempf" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/herve-kempf-300x200.jpg" alt="herve-kempf" width="300" height="200" /></a></p>
<p><strong>Auteur : Hervé Kempf (</strong><a href="mailto:kempf@lemonde.fr"><strong>kempf@lemonde.fr</strong></a><strong>)<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 31.10.09</strong></p>
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		<title>La vie est inestimable !</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 16:04:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Conseil national de l&#8217;ACO, réuni les 10 et 11 octobre à Paris, a produit cette déclaration qui est une réaction aux situations de souffrance et de précarité au travail que la crise économique et l&#8217;actualité des salariés qui attentent à leur vie soulignent avec force Travailleur-pion qu&#8217;on déplace sans qu&#8217;il en comprenne la finalité. Travailleur-objet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Le Conseil national de l&#8217;ACO, réuni les 10 et 11 octobre à Paris, a produit cette déclaration qui est une réaction aux situations de souffrance et de précarité au travail que la crise économique et l&#8217;actualité des salariés qui attentent à leur vie soulignent avec force</em></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1566" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/10/logo.gif" alt="" width="220" height="130" /></p>
<p>Travailleur-pion qu&#8217;on déplace sans qu&#8217;il en comprenne la finalité.</p>
<p>Travailleur-objet qu&#8217;on fourre dans un placard, lui niant toute utilité.</p>
<p>Travailleur-outil qu&#8217;on jette après l&#8217;avoir brisé.</p>
<p>Travailleur-esclave qu&#8217;on frappe dans sa dignité.</p>
<p style="text-align: justify;">Travailleur dont le salaire est considéré comme une entrave à la compétitivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Travailleur dont l&#8217;aspiration à bâtir des projets s&#8217;oppose à l&#8217;exigence de la flexibilité.</p>
<p style="text-align: justify;">Travailleur dont le besoin de donner sens à son métier s&#8217;affronte à la loi de la rentabilité.</p>
<p><strong>Quand le profit devient seul moteur de la marche du monde, </strong></p>
<p><strong>Que devient l&#8217;Homme ? Quel sens a sa vie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Peur de ne pas atteindre les objectifs, peur des agressions verbales, peur des insinuations qui culpabilisent, peur d&#8217;être déplacé une fois de plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Corps qui lâche lorsque le travail prend toute la vie et qu&#8217;il zappe la famille, les amis, les loisirs. Certains se demandent ce que vaut la vie et vont jusqu&#8217;à y renoncer.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><strong>Quand les dévoreurs d&#8217;humanité ont les mains libres, </strong></p>
<p><strong>Que devient l&#8217;Homme ? Quel sens a sa vie ?</strong></p>
<p>Homme-individu perdu dans un monde globalisé,</p>
<p>Homme noyé dans un flot d&#8217;informations,</p>
<p>Tu veux pouvoir dire ta souffrance, ta mal-vie,</p>
<p>Ce n&#8217;est pas d&#8217;une cellule psychologique, d&#8217;un pansement, dont tu as besoin,</p>
<p>Tu veux être écouté vraiment, tu veux compter pour quelqu&#8217;un.</p>
<p>Il faut renverser les valeurs, il faut bousculer les priorités.</p>
<p>De tous temps, des hommes ont lutté contre l&#8217;exploitation exercée par d&#8217;autres hommes et des systèmes avides d&#8217;argent et de pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes capables de résister, de faire place à l&#8217;humain, d&#8217;agir collectivement avec les organisations syndicales, politiques, associatives, y compris à l&#8217;échelle du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les actions collectives, nous ressentons de la fraternité, et ça nous fait chaud au cœur.</p>
<p>Si ton collègue souffre au boulot, ne vas-tu pas l&#8217;écouter ?</p>
<p>Si ton voisin s&#8217;enfonce dans la pauvreté, ne vas-tu pas lui tendre la main?</p>
<p>Si le syndicat appelle à se rassembler, ne vas-tu pas te solidariser ?</p>
<p><strong>Quand la justice sociale et le respect de la dignité progressent, </strong></p>
<p><strong>Quand l&#8217;homme grandit, la Vie prend le dessus.</strong></p>
<p>Pour l&#8217;ACO, la vie est un trésor indispensable dans le projet de Dieu.</p>
<p>Il veut que chaque être humain soit aimé, respecté dans sa dignité et dans ses droits.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous croyons que Jésus-Christ, par sa vie et ses actions, sa croix et sa résurrection, vient s&#8217;opposer aux plans qui déshumanisent. Il nous pousse à agir, à aller vers les autres, à croire dans les capacités de chacun et dans la force du collectif, à redonner à l&#8217;homme sa vraie valeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voulons être associés à tout ce qui concerne notre travail, notre cadre de vie et l&#8217;évolution du monde.</p>
<p>Au nom de notre dignité, nous voulons exercer nos responsabilités, poser des actes citoyens, participer à la création.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quand la fraternité guide les hommes, </strong></p>
<p><strong>quand le travail est source de dignité, </strong></p>
<p><strong>la vie reprend goût.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Oui, la VIE est inestimable !</strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>L&#8217;Action Catholique Ouvrière</em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>réunie en Conseil national le 10 octobre </em></p>
<p style="text-align: right;">
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		<title>Eloge de la rupture, par Jean-Marie Muller</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Feb 2009 13:28:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
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		<description><![CDATA[Force est d&#8217;en convenir : le cours du monde charrie quantité d&#8217;iniquités et d&#8217;injustices. Pour le malheur des hommes. Cependant, dans nos sociétés privilégiées, les événements tragiques qui constituent la matière première de l&#8217;actualité et font la une des médias ne suscitent chez des citoyens(nes) que des émotions passagères et ne provoquent pas une véritable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Force est d&#8217;en convenir : le cours du monde charrie quantité d&#8217;iniquités et d&#8217;injustices. Pour le malheur des hommes. Cependant, dans nos sociétés privilégiées, les événements tragiques qui constituent la matière première de l&#8217;actualité et font la une des médias ne suscitent chez des citoyens(nes) que des émotions passagères et ne provoquent pas une véritable prise de conscience. Ils continuent de se blottir au sein de la majorité silencieuse où ils vivent d&#8217;accommodement, de résignation, d&#8217;habitude et d&#8217;obéissance. Un sentiment d&#8217;impuissance s&#8217;installe et prévaut. Face à l&#8217;inacceptable, ils ne s&#8217;insurgent pas, ils ne se révoltent pas. Ils acceptent. Ils obéissent. Certains clercs, qu&#8217;ils soient laïcs ou religieux, ces « intellectuels» qui sont en charge d&#8217;énoncer et d&#8217;enseigner les valeurs universelles qui donnent sens à l&#8217;existence et à l&#8217;histoire des hommes, déroulent des discours plats, lisses, sans prise sur l&#8217;actualité.</p>
<p>La pensée doit être dure, pour la simple raison que la dureté est la seule alternative à la mollesse. La marque de l&#8217;esprit est d&#8217;être dur. Seule la dureté permet à la pensée de n&#8217;être pas modelée par la pression de l&#8217;événement mais de lui résister. Ce qui caractérise en définitive les discours des clercs, c&#8217;est qu&#8217;ils n&#8217;opèrent ni ne préconisent aucune rupture avec le désordre du monde. Alors que l&#8217;exigence spirituelle qui fonde la sagesse appelle à la rupture. Seule une éthique politique de rupture peut permettre de faire face aux défis de l&#8217;histoire. La pensée juste est une dissidence. Souvent une désobéissance. Elle déconstruit les alibis offerts par les propagandes idéologiques qui servent à légitimer l&#8217;inhumain.</p>
<p>Les prophètes sont des hommes de rupture. Ils disent «non» et appellent à dire « non ». C&#8217;est en disant « non » à ce qui le nie que l&#8217;esprit affirme sa transcendance. Dans le même mouvement, ils disent «oui» aux aventures de l&#8217;esprit. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;urgence est de rompre avec les idéologies qui incitent au meurtre de l&#8217;autre homme, le justifient et l&#8217;honorent. La violence a longtemps été le symbole de la rupture avec le désordre établi. Elle a été considérée comme l&#8217;arme des forts qui avaient le courage de risquer leur vie pour résister à l&#8217;injustice et défendre la liberté. Le moment est venu de comprendre que la violence est le facteur le plus puissant du désordre du monde.</p>
<p>Les prophètes n&#8217;écrivent pas de traités savants, ils ne construisent pas de théories inintelligibles. Ils ne se contentent pas de protester et de dénoncer en rappelant des principes généraux. Ils interviennent directement en osant une parole subversive sur la place publique pour faire face à l&#8217;événement. Ils s&#8217;engagent personnellement, physiquement, corporellement. Ils accusent les puissants, au grand scandale des bien-pensants. Ils entrent en conflit. En résistance. Leur parole devient action, action directe, désobéissance civile. Ils ne prédisent pas l&#8217;avenir. Ils l&#8217;inaugurent.</p>
<p><em><strong>Auteur : Jean-Marie Muller, écrivain, porte-parole national du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN : </strong></em><a href="http://www.non-violence.fr"><em><strong>www.non-violence.fr</strong></em></a><em><strong>)<br />
Source : La Croix, 24 février 2009</strong></em></p>
<p><em><strong>Dernier ouvrage paru : Dictionnaire de la non-violence (Éditions Le Relié Poche).</strong></em></p>
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		<title>Olympe de Gouges : un exemple pour tous ceux qui luttent pour la promotion des droits fondamentaux</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Nov 2008 12:56:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Olympe de GOUGES est de ces personnages que les manuels d&#8217;histoire ont trop souvent oubliés. Jusqu&#8217;aux travaux de l&#8217;historien Olivier Blanc, elle a plutôt été peinte avec mépris comme une exaltée politique, une auteure sans grand intérêt, une révolutionnaire demi-mondaine. Pour ses premiers commentateurs, y compris Jules Michelet, elle est en réalité un esprit très [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Olympe de GOUGES est de ces personnages que les manuels d&#8217;histoire ont trop souvent oubliés. Jusqu&#8217;aux travaux de l&#8217;historien Olivier Blanc, elle a plutôt été peinte avec mépris comme une exaltée politique, une auteure sans grand intérêt, une révolutionnaire demi-mondaine. Pour ses premiers commentateurs, y compris Jules Michelet, elle est en réalité un esprit très en avance sur son temps, et pas seulement pour sa <em>Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791</em>.<span id="more-351"></span> Le mélange intime entre son œuvre, ses convictions et sa vie justifie l&#8217;actualité de cette figure atypique et profonde. Elle a payé de sa vie ses engagements, le 3 novembre 1793, pour avoir soutenu les Girondins et pour avoir tenté de rétablir un gouvernement qui ne soit pas « un et indivisible ». De Gouges s&#8217;exclame sur l&#8217;échafaud : « <em>Enfants de la patrie, vous vengerez ma mort</em> ! »<em> </em>Il faut entendre ces quelques mots comme une invitation à considérer sa postérité, quelques deux cent quinze ans après son exécution.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/olympe-de-gouges.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-352" title="olympe-de-gouges" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/olympe-de-gouges-251x300.jpg" alt="" width="251" height="300" /></a></p>
<p>En 1998, l&#8217;Assemblée générale des Nations unies a adopté la Déclaration sur les défenseurs des droits de l&#8217;homme, qui offre une reconnaissance internationale et une légitimité aux individus luttant pour promouvoir les droits fondamentaux. Considérant la multiplicité de ses convictions, et la puissance de sa défense des droits de la personne, c&#8217;est peu dire que de Gouges serait pleinement qualifiée pour recevoir ce titre.</p>
<p>Alors que nous célébrons le 60° anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l&#8217;homme &#8211; cet universel pour lequel elle s&#8217;est battue avec tant de vigueur et de conviction &#8211; quel message et quelles leçons tirer de son action et de son œuvre ?</p>
<p>Dramaturge, pamphlétaire, pionnière de la lutte contre l&#8217;esclavage, défenseure de l&#8217;abolition de la peine de mort&#8230; Il est malaisé, voire impossible, de réunir en quelques termes le foisonnement d&#8217;engagements qui ont été ceux de cette femme dont l&#8217;activisme était motivé, raisonné, et les prises de positions d&#8217;un courage profond pour son temps.</p>
<p>En 1791, elle proclame l&#8217;égalité de l&#8217;homme et de la femme, entre lesquels elle propose d&#8217;établir de nouveaux rapports. Visionnaire, elle préconise la féminisation des noms de métier et imagine de nombreuses réformes sociales qui ne verront le jour, pour nombre d&#8217;entre elles, que deux siècles plus tard : concept d&#8217;assistance sociale pour la protection des veuves, des orphelins et des vieillards ; création d&#8217;établissements permettant aux femmes d&#8217;être soignées et  d&#8217;accoucher dans la dignité et l&#8217;hygiène ; création d&#8217;ateliers nationaux pour les ouvriers sans travail ; abrogation de l&#8217;esclavage, etc. Elle n&#8217;a eu de cesse de construire une vie pleinement orientée vers autrui et en particulier vers les déshérités, les faibles, les marginaux &#8211; par exemple, en défendant le droit des Noirs dans les colonies.</p>
<p>Autant femme de lettres que femme politique, de Gouges porte avec un courage exemplaire le combat de l&#8217;égalité des droits. Elle a su, en autodidacte authentique, bâtir à partir d&#8217;elle-même le chemin de sa vie. Ce sens aigu, à vif, de ses responsabilités, conduit de Gouges à agir en vivant et à vivre en agissant. Sa vie n&#8217;est pas dissociable de son œuvre, et tout en elle tend vers l&#8217;autre, l&#8217;exclu, le bafoué. Elle ne se complaît pas dans la contestation de la situation pathétique que subissent certaines franges de la population : non, elle agit. Avec indépendance et force de caractère. Avec constance et esprit de méthode, en utilisant tous les moyens et recours à sa portée &#8211; son style, sa plume, sa voix.</p>
<p>Que d&#8217;exemples où, bien loin de se contenter d&#8217;avancer des propositions, notamment sur le mariage ou sur l&#8217;impôt volontaire, elle est allée jusqu&#8217;à vivre elle-même en actes toutes ses idées, les traduisant dans sa propre existence. Théorie et pratique sont ainsi intimement unies dans l&#8217;itinéraire d&#8217;une femme aux principes sans faille, à la morale sans concession et qui a condamné sa vie durant toute forme de corruption ou de détournement idéologique. Son esprit de conséquence et sa logique iront jusqu&#8217;à lui faire défendre Louis XVI, au nom de sa condamnation de la peine de mort.</p>
<p>On ne peut qu&#8217;admirer le courage et le dévouement d&#8217;une femme, dépeinte par Mirabeau comme une « <em>ignorante</em> », qui a su puiser son inspiration et sa force dans ses lectures et ses rencontres.</p>
<p>Auteure de la <em>Déclaration</em><em> des droits de la femme</em> <em>et de la citoyenne</em>, elle est devenue une figure emblématique des mouvements pour la libération des femmes. Si sa fierté et sa confiance en elle en font une figure assumée, elle n&#8217;a rien d&#8217;une suffragette. De Gouges reprend point par point, en les féminisant, les articles de la Déclaration des droits de l&#8217;homme et du citoyen de 1789 pour montrer que la société est certes bisexuée, mais que la différence sexuelle ne saurait être un postulat ni en politique ni dans l&#8217;exercice de la citoyenneté.</p>
<p>Ce texte, quasi contemporain de la Déclaration de 1789 &#8211; qui ne reconnaît pas le droit de vote aux femmes -, est bien plus qu&#8217;un écrit vindicatif. C&#8217;est une avancée inédite proposant un programme détaillé, d&#8217;une modernité flagrante. La mise à égalité ne repose pas sur une simple constatation de la hiérarchisation catégorielle des sexes mais bel et bien sur un projet politique motivé et pleinement réfléchi : remplacement du mariage par une autre forme de contrat signé, responsabilité civile, droit au divorce et à l&#8217;héritage, etc. Une suite de projets d&#8217;un évident progressisme, et tout cela surgi de l&#8217;esprit d&#8217;une simple « ignorante »&#8230;</p>
<p>Le droit des femmes de participer au pouvoir et à la prise de décisions a été, de façon explicite, une des premières de leurs revendications. De Gouges reconnaissait ainsi que si <em>« la femme a le droit de monter sur l&#8217;échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune »</em>.Deux siècles plus tard, le droit des femmes à la participation aux processus et aux  instances de prise de décisions sociales, politiques et économiques, à tous les niveaux et dans les différents secteurs, devient officiel dans divers instruments internationaux : la Déclaration universelle des droits de l&#8217;homme (1948) ; la convention sur les droits politiques de la femme (1952) ; le pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966) et la convention sur l&#8217;élimination de toutes les formes de discrimination à l&#8217;égard des femmes (1979), entre autres.</p>
<p>Militante sincère et authentique des droits civils, politiques, du respect de la dignité de la personne humaine, de Gouges combat pour le droit de chacun à ne pas voir sa liberté de mouvement et d&#8217;expression entravée et bafouée. Jamais elle n&#8217;aura été d&#8217;un seul camp, tel un idéologue zélé aveuglé par son propre militantisme. Elle ressent au contraire avec effroi et force critique les événements de la Terreur, notamment quand, en 1792, des hommes et des femmes succombent à une violence qui pervertit, selon elle, le bien-fondé de la philosophie et de l&#8217;action révolutionnaires.</p>
<p>On l&#8217;a dit plus haut : de Gouges milite aussi contre l&#8217;esclavage, aboli par la 1<sup>ère</sup> République en 1794 avant d&#8217;être rétabli par Napoléon huit ans plus tard. Dès 1788, elle publie ses <em>Réflexions sur les hommes nègres</em>, puis <em>Le Marché des Noirs</em> en 1790 et <em>L&#8217;Esclavage des Noirs</em> en 1792. Engagée dans cette lutte, elle adhère à la Société des amis des Noirs, aux côtés de Brissot de Warville, Condorcet ou Lafayette. La cause des femmes, la cause des Noirs, la cause des opprimés en général, tels sont les combats admirables que mène de Gouges.</p>
<p>Comment ne pas constater que sa figure même reflète le sentiment de la disparition du monde ancien, celui de l&#8217;Ancien Régime, au profit d&#8217;un monde nouveau, aux contours à dessiner ? En ce sens, de Gouges fait aussi figure de passerelle et de passage.</p>
<p>Qui est-elle (car on ne saurait utiliser le passé avec elle) : un précurseur des féminismes des siècles ultérieurs, la pertinente et spirituelle rédactrice de la <em>Déclaration</em><em> des droits de la femme</em> <em>et de la citoyenne</em>, une écrivaine de talent, une partisane des idées de liberté, une penseuse politique, une idéaliste pour qui tout être humain a le droit d&#8217;être défendu ?</p>
<p>Comment repenser et revaloriser son héritage dans toutes ses facettes ? N&#8217;oublions pas ses paroles. Plus que cela, reconnaissons avec profit leur profondeur et leur utilité pour nos sociétés. Inutile pour ce faire de travestir sa pensée et ses propos. Son œuvre et sa vie &#8211; reflet l&#8217;une de l&#8217;autre &#8211; contiennent en germe la base sur laquelle nombre de combats se sont ensuite menés et continuent de l&#8217;être.</p>
<p>De Gouges invite, par-delà les siècles et les luttes menées depuis 1789, à une nécessaire permanence de l&#8217;esprit de résistance et de vigilance qui l&#8217;a tant caractérisée et pour lequel elle est morte avec dignité. De Gouges est une porte d&#8217;entrée inédite non seulement pour mieux comprendre mais aussi pour relever les défis contemporains : pauvreté, inégalités sociales, viols des droits civiques et politiques, marginalisation, voire négation de la femme et de ses droits, discriminations, etc.</p>
<p>Ne prenons que le cas tragique et rémanent de la pauvreté. Ce gouffre est loin de s&#8217;être refermé depuis des décennies, voire des siècles. Dans l&#8217;actuelle économie mondialisée, l&#8217;abîme qui sépare ceux qui possèdent de ceux qui n&#8217;ont rien n&#8217;est pas simplement le phénomène géographique défini en termes de Nord et Sud. Une faille croissante divise de nombreuses sociétés de ce qu&#8217;on appelle « le Sud », tandis que le chômage est revenu hanter un grand nombre de nations industrialisées.</p>
<p>De Gouges est une référence au sens où elle réussit à mêler, et à traduire dans la pratique, des formes d&#8217;engagement très variées. Elle rassemble les valeurs contenues dans la Déclaration universelle des droits de l&#8217;homme. Quelle marraine plus symbolique et puissante que de Gouges ? Humaniste, universaliste, patriote, solidaire, elle a usé jusqu&#8217;au bout de sa pensée critique, avec honnêteté et principes, contre toutes formes d&#8217;autoritarisme et d&#8217;inégalités. Sa vie et son œuvre sont tout à la fois traversées et nourries par ses idéaux &#8211; ceux de démocratie, d&#8217;état de droit, de solidarité, de non-violence ou d&#8217;égalité, qui ne sont rien moins que les terreaux fondamentaux de nos sociétés contemporaines.</p>
<p><em><strong>Auteur : Pierre Sané</strong></em>, sous-directeur général pour les sciences sociales et humaines,<em> UNESCO<br />
<strong>Source : Le Monde Diplomatique</strong></em>, novembre 2008<br />
Article envoyé par Ingrid Augot le 15 novembre 2008</p>
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		<title>Lettre ouverte au Pape à l&#8217;occasion des 40 ans d&#8217;Humanae Vitae</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Sep 2008 12:44:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 25 Juillet 2008, l&#8217;Eglise catholique a célébré le quarantième anniversaire de l&#8217;encyclique Humanae Vitae, pierre angulaire de la politique anti-contraception de la hiérarchie catholique, qui a eu un impact catastrophique dans le monde, menaçant la vie des femmes et abandonnant des millions de personnes au risque de la contamination par le VIH/SIDA. Humanae Vitae est depuis toujours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 25 Juillet 2008, l&#8217;Eglise catholique a célébré le quarantième anniversaire de l&#8217;encyclique Humanae Vitae, pierre angulaire de la politique anti-contraception de la hiérarchie catholique, qui a eu un impact catastrophique dans le monde, menaçant la vie des femmes et abandonnant des millions de personnes au risque de la contamination par le VIH/SIDA. Humanae Vitae est depuis toujours une source de grand conflit et de division au sein de l&#8217;Eglise. Des catholiques et des non-catholiques sont victimes des conséquences de la politique dévastatrice de la hiérarchie catholique.<span id="more-275"></span>L&#8217;impact de l&#8217;interdiction de la contraception a été particulièrement désastreux dans les pays du Sud, où la hiérarchie catholique détient une influence significative sur la politique de planification familiale de grand nombre de nations ; cette interdiction a fait obstacle à la mise en oeuvre de bonnes politiques de santé publique en matière de planification familiale et prévention du VIH.</p>
<p>Humanae Vitae affecte aussi la politique de santé publique des pays du Nord. Cette année, la Conférence Episcopale états-unienne a obtenu par son lobbying auprès du Congrès des EtatsèUnis que soient supprimés du Plan d&#8217;Urgence pour l&#8217;Aide au SIDA du Président des services essentiels de planification familiale qui visaient la prévention de la transmission du VIH de la mère à l&#8217;enfant.</p>
<p>Le Pape Paul VI a ancré en 1968 l&#8217;interdiction par la hiérarchie catholique de la contraception, passant outre les conclusions d&#8217;un groupe d&#8217;experts qu&#8217;il avait lui-même choisis. Ce groupe, la Commission de Contrôle des Naissances, avait voté à une large majorité en faveur de la recommandation de lever l&#8217;interdiction de la contraception artificielle, arguant que celle-ci ne constituait pas un « mal intrinsèque » et que la doctrine préalable en la matière n&#8217;était pas infaillible.</p>
<p>Même lorsque le Pape Paul VI ajouta au groupe 15 évêques pour rédiger le rapport final, eux aussi furent gagnés par la logique de l&#8217;argumentation en faveur de la contraception et votèrent pour un changement de la doctrine.</p>
<p>Un « rapport minoritaire » fut alors produit qui statuait que la doctrine en matière de contraception ne pouvait être changée &#8211; non pour une raison spécifique, mais parce que la hiérarchie catholique ne pouvait admettre de s&#8217;être trompée : « <em>L&#8217;Eglise ne peut pas changer sa réponse, car cette réponse est vraie. Elle est vraie, car l&#8217;Eglise catholique, instituée par le Christ, ne pouvait pas s&#8217;être trompée pendant tous les siècles de son histoire</em> ». Et de continuer que si la hiérarchie admettait qu&#8217;elle s&#8217;était trompée sur cette question, son autorité serait mise en question sur toutes les questions relevant de la morale.</p>
<p>Humane Vitae fut à l&#8217;évidence un échec cuisant pour ce qui est de convaincre les catholiques d&#8217;abandonner les méthodes modernes de contraception. Des études dans le monde entier montrent que les catholiques utilisent la contraception, et qu&#8217;ils sont en faveur de l&#8217;usage des préservatifs dans la lutte contre le VIH. L&#8217;interdiction a cependant eu pour résultat qu&#8217;un grand nombre de femmes et d&#8217;hommes n&#8217;ont pas eu accès à des méthodes effectives de planification familiale et aux préservatifs.</p>
<p>Il est clair que l&#8217;Eglise catholique ne pourra pas avancer sans faire face de manière honnête au <strong>paradoxe d&#8217;Humanae Vitae</strong> : la plupart des catholiques utilisent des moyens contraceptifs modernes, sont convaincus que ceci est une décision morale et se considèrent comme de bons catholiques, tandis que la hiérarchie refuse complètement de voir cette réalité et confine le clergé au silence sur cette matière et sur la plupart des autres sujets ayant trait à la sexualité.</p>
<p>Ces 40 dernières années ont été marquées par un durcissement des attitudes du Vatican alors même que le monde a changé pour adopter une vision différente et plus large de la sexualité et du rôle des femmes dans la société. Le pape Paul VI n&#8217;a pas réussi à remettre les pendules à l&#8217;heure il y a 40 ans et il est peu probable qu&#8217;un autre pape réussisse à le faire. Alors, un grand nombre de personnes, surtout des femmes dans les pays pauvres, continueront à souffrir aussi longtemps que la hiérarchie ecclésiastique ne changera pas.</p>
<p>Pape Benoît XVI, nous faisons appel à vous pour que vous profitiez de cet anniversaire, pour initier un processus d&#8217;apaisement qui, tout en restant fidèle aux aspects positifs de la doctrine catholique en matière de sexualité, lèverait l&#8217;interdit sur la contraception, afin que les catholiques puissent planifier leurs familles à la fois de manière sûre et en bonne conscience.</p>
<p><strong>Liste des signataires :<br />
</strong>Catholics for Choice<br />
A Critical Mass: Women Celebrating Eucharist &#8211; USA<br />
Association for the Rights of Catholics in the Church &#8211; USA<br />
Brothers and Sisters in Christ &#8211; Ireland<br />
Call to Action &#8211; USA<br />
Catholic Women&#8217;s Ordination &#8211; UK<br />
Catholics for a Changing Church &#8211; UK<br />
Catholics for a Free Choice &#8211; Canada<br />
Catholics for the Spirit of Vatican 2 &#8211; USA<br />
Católicas pelo Direito de Decidir &#8211; Brasil<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Bolivia<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Argentina<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Chile<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Colombia<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Córdoba<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; El Salvador<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; España<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; México<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Nicaragua<br />
Católicas por el Derecho a Decidir &#8211; Paraguay<br />
<span>Centro Bartolomé de las Casas – El Salvador<br />
Chicago Women-Church – USA<br />
Chrétiens sans Frontières de Gironde – France<br />
Colectivo Rebeldía Santa Cruz – Bolivia<br />
Collectiu Dones en l&#8217;Esglesia – Spain<br />
Comité Oscar Romero – Chile<br />
Comunidad Santo Tomás de Aquino – Spain<br />
CORPUS, National Association for an Inclusive Ministry – USA<br />
David et Jonathan &#8211; France<br />
Demain l’Eglise – France<br />
Dignity &#8211; USA<br />
Droits et Libertés dans les Eglises/Femmes et Hommes en Eglise – France<br />
Espérance 54 en Meurthe et Moselle – France<br />
European Forum of LGBT Christian Groups<br />
European Network Church on the Move<br />
Gehuwd en Ongehuwd Priesterschap – Netherlands<br />
De Graalbeweging – Netherlands<br />
KerkHardop – Netherlands<br />
Landelijk Koördinatie Punt Groepen Kerk en Homoseksualiteit – Netherlands<br />
Mandragora/Netmal – Brazil<br />
Mariënburgvereniging – Netherlands<br />
Movimiento También Somos Iglesia – Chile<br />
National Coalition of American Nuns – USA<br />
New Ways Ministry – USA<br />
Noi Siamo Chiesa – Italy<br />
Nos Somos Igreja – Portugal<br />
Nous Sommes Aussi l’Eglise – France<br />
Pax Christi Maine – USA<br />
Plein Jour – France<br />
Red Latinoamericana de Católicas por el Derecho a Decidir<br />
Réseaux Résistances – Belgium<br />
Roman Catholic Women Priests – Europe-West<br />
Roman Catholic Women Priests – Canada, Est<br />
Roman Catholic Women Priests – Canada West<br />
San Francisco Bay Area Women-Church – USA<br />
Southeastern Pennsylvania Women’s Ordination Conference – USA<br />
Stichting Kerk Hardop – Netherlands<br />
Stichting Magdala—Voor Vrow en Priester – Netherlands<br />
Voice of the Faithful/New Jersey – USA<br />
Werkplaats voor Theologie en Maatschappij – Belgium<br />
Women’s Alliance for Theology, Ethics and Ritual (WATER) – USA<br />
Women’s Ordination Conference – USA<br />
Women-Church Baltimore – USA</span></p>
<p><span lang="FR"><o></o></span></p>
<p><!--EndFragment--> Pour approfondir cette question, <a target="_blank" href="http://www.nsae.fr/opinions-debats/laffaire-humanae-vitae-de-martine-sevegrand/">cliquez ici</a>.</p>
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		<title>Cinq questions sur la crise alimentaire mondiale</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Apr 2008 14:58:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éthique et vie]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Les céréales tels que le blé, le riz et le maïs constituent l&#8217;alimentation de base de l&#8217;humanité. Leurs prix ont presque doublé en un an, entraînant une hausse mondiale des cours des produits alimentaires. Ce qui apparaît comme étant la première crise alimentaire mondialisée soulève des questions simples appelant des réponses concrètes. Que se passe-t-il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les céréales tels que le blé, le riz et le maïs constituent l&#8217;alimentation de base de l&#8217;humanité. Leurs prix ont presque doublé en un an, entraînant une hausse mondiale des cours des produits alimentaires. Ce qui apparaît comme étant la première crise alimentaire mondialisée soulève des questions simples appelant des réponses concrètes.</p>
<h3>Que se passe-t-il concrètement ?</h3>
<p>Les cours de la plupart des matières premières agricoles ont brusquement flambé sur les marchés mondiaux à partir de 2006 à un rythme qui s&#8217;est accéleré en 2007 et 2008. Le prix du blé a doublé en moins d&#8217;un an, tandis que le maïs et le soja s&#8217;échangent à des cours largement supérieurs aux prix moyens constatés pendant la décennie précédante. Et les prix du riz et du café, en hausse continuelle depuis dix ans, continuent de battre des records.</p>
<h3>Pourquoi la crise alimentaire éclate-t-elle maintenant ?</h3>
<p>Un rapport de l&#8217;Organisation des Nations unies pour l&#8217;alimentation et l&#8217;agriculture (FAO) de février 2008 explique que la crise est liée à un changement structurel des marchés agricoles : pendant une trentaine d&#8217;années, les prix des denrées alimentaires de base sont restés relativement stables, ni trop élevés, ni trop bas, et la tendance globale a été à la baisse. Depuis 2000, on assiste à la fin de cet &#8220;âge d&#8217;or&#8221;, les prix opèrent un réajustement par rapport à la valeur réelle des produits agricoles. Les experts craignent qu&#8217;une nouvelle ère débute, celle de prix plus volatiles, dans un contexte haussier.</p>
<h3>Quelles sont les causes de la crise ?</h3>
<p>La première raison est démographique. La population mondiale ne cesse de croître, elle dépassera neuf milliards d&#8217;individus en 2050, soit autant de bouches à nourrir sur une planète dont les ressources ne sont pas infinies et alors que les habitudes alimentaires évoluent : l&#8217;émergence de nouvelles classes moyennes nombreuses dans les pays émergents, tels que la Chine ou l&#8217;Inde, a notamment pour conséquence une augmentation de la consommation de viande et de produits agro-alimentaires manufacturés.</p>
<p>La FAO relève également une légère baisse de la production céréalière mondiale. Après avoir atteint un pic en 2004, celle-ci a baissé respectivement de 1 % et 2 % en 2005 et 2006. La production des huit principaux pays exportateurs de céréales, qui assurent près de la moitié du volume mondial, a chuté de 4 % et 7 % sur la même période.</p>
<p>Et la lutte contre le réchauffement climatique a paradoxalement accentué ces problématiques. En consacrant une part croissante de la production agricole, et donc des terres, à la fabrication d&#8217;agrocarburants, les Etats ont contribué à maintenir la pression sur les prix. Aussi, l&#8217;OCDE estime que les agrocarburants sont l&#8217;un des principaux facteurs d&#8217;une potentielle hausse de 20 % à 50 % des prix agricoles d&#8217;ici à 2016.</p>
<h3>Qui perd, qui gagne ?</h3>
<p>Les premiers à pâtir de la crise sont évidemment les plus démunis vivant dans les pays en voie de développement. Ces populations, dont les faibles revenus n&#8217;augmentent pas, achètent de plus en plus cher des produits alimentaires importés. Et les émeutes de la faim de Haïti à l&#8217;Indonésie laissent craindre une instabilité politique croissante qui ne peut qu&#8217;aggraver la situation.</p>
<p>Les &#8220;gagnants&#8221; sont surtout les agriculteurs des pays céréaliers riches ou émergents comme les Etats-Unis, le Brésil, l&#8217;Argentine, le Canada et l&#8217;Australie qui bénéficient de la hausse des prix et de l&#8217;attrait pour les agrocarburants.</p>
<h3>Quelles solutions ?</h3>
<p>Beaucoup de pays riches subventionnent leur production agricole, la Banque mondiale leur a lancé un appel pour une &#8220;nouvelle donne alimentaire mondiale&#8221; et la redirection des aides vers les plus pauvres. Et le Programme alimentaire mondial (PAM) a besoin de 500 millions de dollars (315 millions d&#8217;euros) supplémentaires pour maintenir l&#8217;aide alimentaire d&#8217;urgence.</p>
<p>Sur un plus long terme, les agences d&#8217;aide internationale alertent la communauté internationale sur la nécessité de soutenir les productions vivrières des pays en voie de développement. Jusqu&#8217;à présent, seule une part marginale de l&#8217;aide internationale parvenait jusqu&#8217;aux agriculteurs. Mais la Banque mondiale a indiqué qu&#8217;elle doublerait son soutien à l&#8217;agriculture africaine, le portant à 800 millions de dollars (505 millions d&#8217;euros).</p>
<p>Enfin, le prochain cycle de négociations commerciales de Doha sera centré sur la crise alimentaire. Les ONG, comme Oxfam, réclament une protection pour les petits fermiers dans les pays en voie de développement face aux pays riches qui ne souhaitaient pas, jusqu&#8217;à présent, remettre en question leurs politiques agricoles protectionnistes.</p>
<p>Et lors de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) qui réunira 192 états membres de l&#8217;ONU du 20 au 25 avril au Ghana, autour du thème &#8220;perspectives et enjeux de la mondialisation pour le développement&#8221;, la question alimentaire devrait occuper une place centrale.</p>
<p>Source : LEMONDE.FR, 17.04.08</p>
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