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	<title>NSAE &#187; Ouverture(s)</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>La politique de Jésus</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jun 2011 12:40:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
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		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[Cet article est paru dans le numéro 50 de la revue Réseaux des Parvis Il nous est bien difficile de connaître ce qu&#8217;a été la pratique de Jésus au cours de sa vie historique. En effet, nous n&#8217;en atteignons quelque chose qu&#8217;à travers les témoignages de celles et de ceux qui furent ses compagnons de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Cet article est paru dans le numéro 50 de la revue Réseaux des Parvis</em></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il nous est bien difficile de connaître ce qu&#8217;a été la pratique de Jésus au cours de sa vie historique. En effet, nous n&#8217;en atteignons quelque chose qu&#8217;à travers les témoignages de celles et de ceux qui furent ses compagnons de route, témoignages recueillis et consignés dans les écrits du Nouveau Testament. Or ces écrits nous présentent la personne de Jésus dans la lumière de la Résurrection. Comme tels, ils nous disent ce qu&#8217;était la foi des communautés chrétiennes primitives.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le Nouveau Testament lui-même, Jésus nous est présenté sous des visages différents. On pourrait presque dire que chaque auteur a son approche à lui de la personnalité de Jésus. Cela, en fonction des renseignements qu&#8217;il a pu réunir, sans doute, mais aussi en fonction des communautés auxquelles il s&#8217;adresse, des questions qu&#8217;elles se posent, des problèmes auxquels elles ont à faire face.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y a un événement qui s&#8217;impose à tous, et qui est, lui, historiquement attesté, c&#8217;est la mort de ce Jésus, et sa mort sur une croix. Et cette mort résulte d&#8217;une condamnation obtenue par la collaboration des pouvoirs religieux et politiques, complices pour l&#8217;occasion. Qu&#8217;est-ce qui a pu entraîner cette improbable collaboration entre un pouvoir religieux juif plutôt nationaliste et un pouvoir politique aux mains de l&#8217;occupant romain? Ce ne peut être qu&#8217;une certaine manière de vivre de Jésus à contre-courant des modèles admis. Le grand exégète allemand Ernst Käsemann caractérise cela ainsi: parce qu&#8217;il s&#8217;est fait proche <em>« des faibles, des humiliés, de ceux qui sont perdus et insensés </em>&#8230; (il) <em>s&#8217;est attiré la haine des forts et des gens pieux et a fini sur une croix</em>. » Et il poursuit : « <em>Du Nouveau Testament on ne peut déduire aucune théologie de la révolution. On ne peut pas davantage éviter que le culte du Supplicié ne soit cause de trouble pour la paix de la société établie. Une Eglise qui prêche la croix mais n&#8217;en fait pas l&#8217;expérience se soumet au jeu des puissances au lieu de le contrecarrer au nom de la justice plus parfaite et en prenant parti pour les victimes de l&#8217;injustice: une pareille Eglise ne vérifie plus la qualité de disciple.</em> » (dans <span style="text-decoration: underline;">Le nouveau problème de Jésus</span>. Conférence donnée à Leuven, polycopiée.) Il est incontestable que Jésus, si nous faisons confiance aux témoins qui ont parlé de lui, a dit des paroles et accompli des actes à portée politique, au vrai sens du terme. Du coup, il n&#8217;est pas anormal qu&#8217;il ait dû en rendre compte devant les autorités, et il ne s&#8217;est pas dérobé. Son procès lui-même n&#8217;a rien de choquant, mais bien son issue qui, elle, est scandaleuse et disqualifie ceux qui ont porté la sentence.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous trouvons un texte étonnant dans le <span style="text-decoration: underline;">Talmud</span>, vaste compilation rabbinique dont la première codification est l&#8217;œuvre des Tannaîm. Dans le traité de la Baraîta, qui parle du sanhédrin, on lit ceci : « <em>A la veille de Pâque, on pendit Jésus sur le gibet. Quarante jours auparavant, le héraut avait proclamé : ‘’il est conduit dehors pour être lapidé car il a pratiqué la magie et séduit Israêl. Si quelqu&#8217;un a quelque chose à dire pour sa défense, qu&#8217;il approche et parle’’. Comme rien ne fut avancé pour sa défense, on le pendit à la veille de la fête de Pâque.</em> » Un peu plus loin, après une intervention accusatrice, il est précisé « …<em>car il était proche de prendre le pouvoir</em>. » Ce témoignage est intéressant : les juifs ont décidé de lapider Jésus quarante jours avant son exécution qui, finalement se fait à la manière romaine pour raison politique. L&#8217;Evangile de Jean semble assez en accord avec ça puisqu&#8217;il nous dit que Jésus est menacé de lapidation lors de la fête des Lumières, vers la fin décembre (Jn 10, 22), et que sa mort est décidée après la résurrection de Lazare (Jn 11, 53) ; Jésus doit alors se cacher aux confins du désert.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le plus ancien de nos Evangiles canoniques, celui de Marc, nous permet de percevoir quelque chose de ce qui, dans la pratique de Jésus, a pu provoquer ce rejet violent dont témoigne le Talmud. On peut caractériser cela par le terme de déchirure, qui revient à quatre reprises :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mc 1, 10</strong>. Lors de son baptême par Jean, Jésus « <em>vit les cieux se déchirer</em>. »C&#8217;est l&#8217;exaucement du cri du prophète : « <em>Ah ! Si tu déchirais les cieux et si tu descendais.</em> » (Es. 63, 19). La demande faite à Dieu de sortir de son silence et de se manifester au milieu de son peuple pour inaugurer les derniers temps est désormais exaucée. Avec Jésus, la communication est rétablie entre le ciel et la terre, entre Dieu et son peuple, et la venue de l&#8217;Esprit sur lui l&#8217;atteste.</p>
<p style="text-align: justify;">Mc 15,38. Presque à la fin de l&#8217;Evangile, c&#8217;est le voile du Temple qui se déchire, et cette déchirure fait pendant à celle du ciel : elle ouvre le libre accès à Dieu. Celui-ci ne sera plus réservé aux seuls juifs, les païens aussi auront libre accès. Mais pas dans ce Temple de Jérusalem dont la déchirure du voile séparateur est l&#8217;anticipation et l&#8217;annonce de la ruine. Avec lui, c&#8217;est le champ symbolique d&#8217;Israël qui va être détruit. On n&#8217;aura plus besoin d&#8217;aller à Jérusalem pour adorer, car <em>« les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité</em>. » (Jn 4, 33). Le culte sacrificiel est révolu, dépassé. Le Temple est aussi nu que le corps du Supplicié sur la croix. Dieu est ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Entre ces deux déchirures aux extrémités de l&#8217;Evangile de Marc, deux autres interviennent.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mc 2, 21. <em>« Personne ne coud une pièce d&#8217;étoffe neuve à un vieux vêtement ; sinon le morceau neuf qu&#8217;on ajoute tire sur le vieux vêtement, et la déchirure est pire</em>. » Le cadre est celui d&#8217;une controverse avec les pharisiens, comme si souvent ; mais il y a là aussi des disciples de Jean le Baptiste. Ils sont tous dans le passé. Ils restent attachés à un système usé, un vieux tissu qui ne peut supporter d&#8217;être cousu avec un tissu neuf. Les usages vieillis du judaïsme doivent laisser la place à la nouveauté de la Bonne Nouvelle : « <em>le Règne de Dieu s&#8217;est approché: convertissez-vous et croyez à l&#8217;Evangile</em>. » (Mc 1, 15) Il s&#8217;agit bien de ne pas rester dans le passé, mais de changer pour entrer dans ce Règne qui vient.</p>
<p style="text-align: justify;">Mc 14,63. Jésus, arrêté, comparait devant le sanhédrin ; et lorsqu&#8217;en réponse à une question, il reconnaît qu&#8217;il est le Messie, le grand prêtre déchire ses vêtements. Le sanhédrin, c&#8217;est l&#8217;organe de gouvernement des juifs, à qui Rome a laissé une relative autonomie. Assemblée de prêtres, de scribes et d&#8217;anciens présidée par le grand prêtre, le sanhédrin est le lieu du pouvoir religieux, juridique, économique et politique en Israël. Il possède sa propre police. Ses décisions ont force de loi, et le pouvoir romain les fait appliquer. Avec tous les pouvoirs qui sont les siens, le sanhédrin garantit le fonctionnement du système social et religieux juif. Quand le grand prêtre déchire ses vêtements, c&#8217;est tout le tissu symbolique d&#8217;Israël qui se déchire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le sanhédrin a donc décidé la mort de Jésus. Mais l&#8217;habileté de certains de ses membres, c&#8217;est de faire croire à un possible soulèvement populaire contre l&#8217;occupant, en accusant Jésus de se faire roi des juifs, de viser le pouvoir. Le gouverneur romain ne pouvait qu&#8217;être sensible à cette possible menace. Et dans la comparution devant Pilate, c&#8217;est bien sur la royauté que porte le débat. L&#8217;inscription placée au-dessus de la tête du crucifié sera : « <em>Le roi des juifs</em> ». Par rapport à l&#8217;occupant, Jésus est ainsi considéré comme subversif et rebelle. Sa mort revêt un caractère politique, et elle est située dans le champ social de l&#8217;affrontement entre pouvoir romain et mouvements populaires.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La pratique de Jésus déchire le système juif de son temps. Celui-ci partait d&#8217;une certaine lecture de la Torah (Loi), celle de la tradition sacerdotale devenue dominante. car il y a une tout autre lecture, et c&#8217;est elle que Jésus remet en honneur en la radicalisant.</p>
<p style="text-align: justify;">La lecture faite par le sanhédrin et les scribes, et qui gère le fonctionnement socio-religieux, joue sur le pur et l&#8217;impur, et réglemente la vie quotidienne de manière tatillonne afin d&#8217;éviter toute souillure. Cette séparation entre pur et impur affecte tout : les relations avec les autres, les aliments, le culte. Les rituels de purification sont aussi très précis et rigoureux. (Le Lévitique détaille tout cela à partir du chapitre 11). Ce système provoque la ségrégation et l&#8217;exclusion. Et comme il établit une hiérarchie de sainteté, aussi bien dans les diverses parties du Temple que parmi les personnes, il permet aux prêtres et aux scribes de s&#8217;imposer au petit peuple qu&#8217;ils méprisent.</p>
<p style="text-align: justify;">Jésus n&#8217;hésite pas à contester les privilèges que certains s&#8217;attribuent, à critiquer leurs pratiques, à les affronter vigoureusement. L&#8217;épisode des marchands chassés du Temple est symboliquement très fort, comme si par là s&#8217;anticipait la déchirure du voile et la fin de ce haut lieu d&#8217;Israël. Mais surtout, Jésus institue une autre pratique. On peut la dire déviante si l&#8217;on adopte le point de vue alors dominant. Elle est plutôt alternative. Jésus se fait proche des méprisés, des exclus. Il touche des lépreux ; il se laisse approcher par des pécheresses ; il ne repousse pas les païens. Il viole le sabbat quand il s&#8217;agit de remettre quelqu&#8217;un debout, et il en prend à l&#8217;aise avec les préceptes de pureté. Et il y a aussi les paraboles dont certaines sont des attaques directes, comme celle des vignerons meurtriers que les membres du sanhédrin interprètent sans mal comme dirigée contre eux. Pour Jésus, personne n&#8217;est exclu, intouchable.</p>
<p style="text-align: justify;">En paroles et en actes, Jésus conteste le système au pouvoir en Israël et la référence à la loi sur laquelle il prétend s&#8217;appuyer. Il accuse les responsables d&#8217;annuler la Parole de Dieu au profit de leurs traditions. En fait, il n&#8217;y a là qu&#8217;une survivance, un tissu usé qu&#8217;il n&#8217;est pas possible de raccommoder avec du neuf. Une rupture s&#8217;impose d&#8217;urgence, à laquelle il faut se convertir.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pouvoir romain est aussi atteint par la pratique de Jésus. En effet, il est soucieux du maintien de l&#8217;ordre, et le moindre trouble doit être réprimé. Et il faut bien maintenir le fragile équilibre entre les compétences du gouverneur et celles du sanhédrin. Ce que Pilate ne sait sans doute pas, c&#8217;est que, radicalement, Jésus désacralise tout pouvoir, et conteste tout pouvoir qui n&#8217;est pas humblement vécu comme service.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il n&#8217;est pas facile, même pour les disciples, d&#8217;entrer dans le projet de Jésus, dans ce monde nouveau du Règne de Dieu qu&#8217;il annonçait et qu&#8217;il inaugurait. Sa pratique continue à nous questionner, à interpeller nos communautés ecclésiales, et notre manière de vivre ensemble dans la cité des hommes.</p>
<p style="text-align: right;">Gui Lauraire</p>
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		<title>Rendre l’évangile au monde</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/06/09/rendre-l%e2%80%99evangile-au-monde/</link>
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		<pubDate>Thu, 09 Jun 2011 12:22:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous relèverons d’abord la spécificité du message évangélique. Puis nous verrons comment l’évangile a été transformé en religion, et comment celle-ci est devenue marginale après avoir longtemps été dominante. En troisième lieu, nous nous interrogerons sur les liens qui unissent celles et ceux qui, partageant la passion de l’évangile, forment l’Église. Enfin, nous évoquerons les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Nous relèverons d’abord la spécificité du message évangélique. Puis nous verrons comment l’évangile a été transformé en religion, et comment celle-ci est devenue marginale après avoir longtemps été dominante. En troisième lieu, nous nous interrogerons sur les liens qui unissent celles et ceux qui, partageant la passion de l’évangile, forment l’Église. Enfin, nous évoquerons les engagements que commande l’évangile pour l’humanisation du monde. Ici ou là, j’emprunterai quelques passages à des développements déjà produits par ailleurs.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p><strong>La plus radicale des subversions</strong></p>
<p>Les ambiguïtés de la propagande religieuse</p>
<p style="text-align: justify;">« Rendre l’évangile au monde » constitue une proposition apparemment claire et simple. Mais passer de l’énoncé à la pratique s’avère plus compliqué. D’abord, que faut-il entendre par évangile, alors que le christianisme se gargarise de ce mot depuis deux millénaires, et que de multiples théologies et stratégies religieuses contradictoires s’en réclament ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Partons d’un exemple concret de l’actualité religieuse. La béatification de Jean-Paul II, prologue à sa probable canonisation, a bénéficié d’une ample orchestration médiatique. Cet événement a, de fait, permis de rappeler <em>urbi et orbi</em> les enseignements évangéliques : la primauté de l’amour, de la justice et de la paix, le devoir de solidarité avec les personnes et les peuples les plus pauvres et les plus vulnérables, etc. Célébrant la victoire du bien sur le mal, de la sainteté sur la perversité du monde, des millions d’hommes et de femmes ont vibré de concert à l’évocation des convictions religieuses et humaines de Jean-Paul II. Mais peut-on, pour autant, dire que Rome a transmis l’évangile au monde à cette occasion ?</p>
<p style="text-align: justify;">Karol Wojtyla a certes été un homme et un pape d’une envergure exceptionnelle, qui a profondément marqué l’histoire de l’Église et du monde par sa foi et par son charisme, et qui peut être considéré comme exemplaire à divers égards. Mais cette béatification et la canonisation programmée de ce pape et de Pie XII ne visent-elles pas d’abord à restaurer l’image d’une papauté aujourd’hui discréditée, et à revigorer l’identité d’un catholicisme romain en crise ? Ces initiatives pontificales ne relèvent-elles pas, par bien des aspects, d’une manipulation de sentiments religieux très ambigus ? Benoît XVI et les foules rassemblées au Vatican pour ces cérémonies font penser, pardonnez-moi cette comparaison, au grand prêtre Aaron et au peuple d’Israël au pied du mont Sinaï. Fatigués de suivre un Dieu insaisissable à travers le désert, ils ont cédé à la tentation de revenir à une religion concrète autour d’un dieu qui peut se voir et se toucher, et qui accomplit des miracles. L’exhibition d’un cercueil et de reliques me rappellent le veau d’or fabriqué par les prêtres à la demande d’un peuple désemparé&#8230; Les religions vivent depuis toujours de ce commerce à base de magie, et elles finissent par en mourir.</p>
<p>Aux antipodes des dieux ordinaires</p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’évangile qui doit être la première passion des chrétiens, et non pas la religion ou l’Église qui, en tant qu’institution sociopolitique, se soucie souvent plus de son prestige et de sa puissance que de sa vocation à incarner l’annonce de la libération évangélique. Le choix entre évangile et religion est de fait crucial, car accepter la révélation qui est au cœur du message de Jésus de Nazareth ouvre sur un chemin abrupt et incertain, aussi éloigné des assurances véhiculées par les traditions ecclésiastiques que des boulevards de la réussite mondaine. Le message de Jésus représente, dans sa dynamique originelle, une des initiatives de subversion les plus radicales de l’histoire humaine, et c’est précisément pour cette raison qu’il n’a pas cessé d’être travesti pour être domestiqué. Si cet homme a été mis à mort sous Ponce Pilate à la demande des juifs, ce ne fut pas une erreur, mais c’est parce qu’il était réellement dangereux : de fait, il menaçait l’ordre politique et religieux établi, à la fois le Temple et l’occupation romaine. La subversion lancée alors demeure de nos jours toujours pareillement dangereuse pour tous les pouvoirs en place. Ce n’est pas sans raison que les grands de ce monde aiment la religion et ignorent ou haïssent l’évangile.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Magnificat n’est-il pas un appel à la révolution ? Il n’y a, aux yeux du monde, que folies dans l’évangile : les Béatitudes, l’interdiction de juger autrui et le précepte d’aimer les ennemis, la subordination du shabbat et de la religion à la vie humaine, l&#8217;absence de toute allusion aux pratiques religieuses dans l’énoncé des critères du Jugement dernier ! À en croire Jésus, le service et l’humilité l’emportent sur la puissance et la gloire ; tous les hommes sont égaux en dignité devant Dieu et entre eux ; les ouvriers de la onzième heure seront payés comme ceux de la première ; la pierre rejetée par les bâtisseurs sera utilisée comme pierre d’angle dans le Royaume des cieux dont la porte d’entrée est étroite pour les riches et les puissants ; les publicains et les prostituées devanceront les bien-pensants et les bien-priants dans cet incroyable Royaume où les plus petits seront les plus grands. Tandis que toutes les grandes religions ont tendance à prêcher l’harmonie, le message d’amour apporté par Jésus est comparé à un glaive qui opposera les hommes entre eux, et il apparaît comme le plus subversif par sa radicalité et son universalité. Ces perspectives insensées se résument dans la foi en un Dieu qui, cloué nu sur une croix, s’identifie aux victimes de la violence humaine pour exorciser à jamais la violence des bourreaux. Le comble de l’ineptie !</p>
<p><strong>Une Église hégémonique devenue marginale</strong></p>
<p>Un christianisme anachronique</p>
<p style="text-align: justify;">Face aux réalités de l’histoire, le christianisme a rapidement renoncé à sa vocation subversive. Pour se propager et pour servir sa propre gloire sous couvert de la gloire de Dieu, il s’est érigé en système politico-religieux allié aux puissants et ce péché originel le poursuit. Il a inculqué aux petits la peur de Dieu et du diable, et n’a pas craint de monnayer l’accès au salut éternel dont il s’est attribué le monopole. Les intérêts convergents du monde et de l’Église ont transformé l’évangile en religion. Au culte « en esprit et en vérité » annoncé par Jésus s’est substituée une écrasante accumulation de savoirs et de rites dont la maîtrise a été réservée au clergé. Un processus aux conséquences désastreuses. Cette option, qui a longtemps été profitable à l’Église du point de vue sociopolitique, a abouti à une impasse à mesure que la sécularisation a marginalisé les institutions religieuses. Désormais coupée des masses pauvres et enfermée dans une culture dépassée, l’Église se trouve doublement en porte-à-faux : par rapport à sa mission originelle d’une part, et par rapport à l’environnement contemporain d’autre part. Se cantonnant de plus en plus dans les cérémonies et la représentation, elle se condamne à végéter, guettée par diverses dérives sectaires.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans cette conjoncture, il n’est pas étonnant que se répande le doute sur ce que peut encore signifier le message édulcoré attribué à un prophète juif disparu il y a deux mille ans. Le christianisme qui s’en réclame n’est-il pas complètement dépassé au regard des bouleversements culturels et sociaux en cours ? Il faut admettre que l’humanité est en train de muter, ou tout au moins de vivre une révolution aussi considérable que celle du néolithique, lorsque nos lointains ancêtres, cueilleurs et chasseurs nomades, se sont sédentarisés en inventant l’agriculture et l’élevage qui, à la faveur d’un accroissement de la production et d’une spécialisation des activités sociales, ont permis la création des villes et des États. Les connaissances scientifiques et techniques ont à présent pris le pas sur les savoirs religieux et discréditent les faiseurs de miracles. La primauté de l’individu se substitue à celle des collectivités sacralisées d’autrefois. Le pouvoir sur les hommes a perdu son aura divine et se trouve de plus en plus subordonné aux impératifs du marché. La civilisation urbaine submerge les campagnes sur toute la planète et modifie radicalement le rapport à la nature autrefois considérée comme le théâtre de la grandeur divine. Dieu n’est plus perçu comme tout-puissant et beaucoup l’ont congédié. De quelle utilité est l’évangile par rapport à cela ?</p>
<p style="text-align: justify;">Engluée dans son passé en dépit de ses dénégations, l’Église se montre pusillanime et peine à accompagner l’humanité contemporaine. Recourant à des rites hérités d’une époque révolue comme la royauté d’Israël et la féodalité médiévale, les liturgies ne parlent plus au commun des hommes. La hiérarchie ecclésiastique se croit toujours investie du monopole de la vérité au double plan des dogmes et de la morale, et refuse de reconnaître le caractère relatif de toutes les constructions doctrinales. L’autorité revendiquée au nom des Écritures et de la Tradition s’exerce dans le cadre d’un appareil de pouvoir obsolète, déclaré d’institution divine et de ce fait prétendu intangible. Le dialogue avec les autres religions et avec l’athéisme n’est que balbutiement, mise en scène plus que dialogue véritable. La laïcité est considérée comme un pis-aller à contourner, et non comme un gage de liberté. Toujours suspecte, la sexualité reste soumise à de multiples formes de répression dont certaines sont criminelles, telle l’interdiction du préservatif par Jean-Paul II en Afrique, etc. L’Église se méfie de la modernité, la condamne volontiers, et se spécialise dans l’énoncé de normes abstraites et dans des activités cérémonielles désuètes. La foi chrétienne est assez communément réduite à un « dépôt sacré » confié à un corps sacerdotal censé surplomber le monde, à une somme de savoirs et un legs cultuel qu’il suffirait de conserver et de reproduire.</p>
<p>De Vatican II aux parvis</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’Église se voyait comme les hommes du commun la voient au lieu d’exiger que ceux-ci la voient avec les yeux de la foi, si elle voyait avec les yeux du monde le spectacle qu’elle donne, elle en serait consternée. Elle se découvrirait prisonnière d’usages rituels et mondains souvent ridicules par leur anachronisme, péremptoire au plan doctrinal et dure dans ses jugements, butée dans son attitude à l’égard des femmes, ne conformant pas ses pratiques à ses enseignements, intéressée et liée par des alliances douteuses, gouvernée par une gérontocratie machiste attachée à un centralisme bureaucratique suranné, etc. Elle serait scandalisée par les exigences inhumaines qu’elle impose en matière sexuelle, matrimoniale et de procréation à ses fidèles, et notamment aux plus dévoués et aux plus malheureux d’entre eux comme les prêtres qui ne supportent plus leur célibat et les couples séparés. Or l’incarnation de l’évangile dans les réalités contemporaines, son inculturation, est non seulement la première condition de l’audibilité de l’Église, mais c’est la condition incontournable de sa crédibilité, de la crédibilité de la vérité qu’elle proclame. Vatican II avait compris cela, mais ce concile semble avoir fait long feu.</p>
<p style="text-align: justify;">Le christianisme est-il donc voué à sombrer avec les structures ecclésiastiques qui l’ont peu à peu fossilisé ? Ou peut-il se relever en quittant les habitudes qui l’entravent et l’étouffent ? Même le plus anticlérical des chrétiens souhaite une conversion de l’Église à sa vocation première qui est de servir les hommes dans l’humilité et la simplicité, et de servir Dieu en agissant ainsi. Tous les croyants passionnés d’évangile aimeraient voir les institutions ecclésiales se défaire de leur ritualisme et de leur dogmatisme, s’ouvrir au monde et rejoindre les pauvres pour épouser leur cause qui est la première cause de Dieu lui-même, promouvoir la confiance et le dialogue avec les fidèles en renonçant à un système de pouvoir monarchique de droit divin qui ignore la créativité et la liberté des communautés locales. Mais est-ce possible ? Les espoirs suscités par Vatican II restent-ils justifiés ou bien le christianisme est-il en train de se frayer des voies nouvelles sur les parvis des sanctuaires et des hauts lieux de la théologie officielle ? La réponse à cette question ne peut se trouver que dans le sillage de l’évangile qui oblige à reconnaître que les urgences du monde sont prioritaires par rapport aux problèmes strictement ecclésiastiques.</p>
<p><strong>Pour un christianisme en symbiose avec l’humanité</strong></p>
<p>Du sacré au profane</p>
<p style="text-align: justify;">L’avenir de Dieu parmi les hommes ne se joue pas à travers des rites ou des savoirs. Il se joue au plus près des hommes et à ras de terre, dans le monde tel qu’il est, avec ses espoirs et ses violences. Et ce dans le cadre d’une mondialisation inédite qui est porteuse à la fois de gages d’humanisation et de périls mortels. Pour rendre aujourd’hui l’évangile au monde, il faut par conséquent le libérer de la religion qui l’a accaparé, qui l’a enfermé et chosifié en le sacralisant pour le doter de pouvoirs magiques. Une fois pour toutes, le voile du Temple s’est déchiré au moment de la mort du Christ, abolissant l’archaïque clivage entre le sacré et le profane, fondement habituel des religions et du sacerdoce qui sont toujours et partout caractérisés par la séparation et la pureté rituelle. Le Christ est le don immédiat et sans réserve que Dieu fait de lui-même au monde, quittant l’habitat céleste des autres dieux pour habiter parmi les hommes et les rendre saints, pour sanctifier tout ce qui existe. Libérée du temple et du sacerdoce, la religion chrétienne est à repenser en fonction de l’homme créé par Dieu et habité par lui, sans hypothèque idéologique relevant de la sacralité et des terreurs primitives.</p>
<p style="text-align: justify;">Que devient l’Église dans cette perspective ? Il faut d’abord rappeler que c’est par elle que l’évangile s’est transmis au fil des siècles malgré toutes les trahisons, et qu’il n’existe peut-être pas d’autres canaux pour continuer à le transmettre. De même que l’homme ne peut pas se passer de langage pour parler, il ne peut pas se passer d’institutions pour vivre avec les autres. Mais loin de se réduire à son périmètre sociologique, aux structures et aux conceptions qu’elle a héritées de l’histoire, l’Église n’existe pour les hommes et pour Dieu que là où se vit l’évangile. Ce n’est pas la continuité apostolique et le droit canon qui la constituent, ni même quelque orthodoxie que ce soit. C’est l’amour et le service des hommes auquel le Christ s’est identifié. Quelles que soient les difficultés qui assaillent les institutions ecclésiastiques, il n’y a aucune raison de penser que cette aventure-là soit terminée. Dans le sillage des croyants d’autrefois qui se sont voués corps et âme, comme François d’Assise, à aimer et à servir leurs semblables et leur Dieu, le siècle dernier a vu se lever, entre autres, Albert Schweitzer, Martin Luther King, Helder Camara, Oscar Romero, mère Teresa, l’abbé Pierre, sœur Emmanuelle. Ce sont ces croyants-là qui, avec l’innombrable foule des croyants inconnus, gardent l’Église vivante. Mais pour renaître, il lui faudra emprunter des formes nouvelles, et peut-être même des appellations nouvelles.</p>
<p>« Dieu premier servi » à travers autrui</p>
<p style="text-align: justify;">Il me plaît de vous citer ici un extrait des <em>Lettres à un jeune prêtre</em>, un livre de Pietro di Paoli dont je vous recommande vivement la lecture. La devise « Dieu premier servi » est commentée comme suit : « C’est une belle devise, mais cela ne signifie pas que Dieu passe avant les hommes&#8230; Cela signifie que Dieu (et donc le service des hommes) passe avant l’argent, la puissance, les honneurs, l’amour-propre, le désir de possession et aussi notre envie de nous distraire. Cela signifie que rien, absolument rien, ne passe avant l’humain. Notre obéissance à Dieu, au Dieu fait homme, nous impose de toujours choisir la réalité de la vie des hommes et des femmes, de toujours choisir cette épaisse et visqueuse pâte humaine, contre notre amour idolâtrique des absolus. Jamais une idée ne vaut plus cher qu’un homme, une femme, parce que c’est pour cet homme, pour cette femme que le Christ donne sa vie. Choisir de défendre une idée, une théorie, une théologie, plutôt que les hommes ou les femmes réels et vivants, c’est “recrucifier” le Christ. » La religion constitue, au regard de l’évangile, la pire des idolâtries quand elle se veut absolue : elle devient alors négatrice de Dieu et de l’homme, et mère des pires violences.</p>
<p style="text-align: justify;">Principale activité sociale de l’Église, le culte est d’urgence à reconsidérer. Le Dieu biblique exècre toute forme de narcissisme, n’a pas besoin de culte pour lui-même, n’a pas besoin d’être adoré comme les dieux païens, n’a donc besoin ni de sanctuaires ni de prêtres. Malgré l&#8217;importance du Temple dans le judaïsme ancien, les prophètes d’Israël ont condamné le culte avec véhémence quand il prenait le pas sur la justice. « Cessez de m’importuner avec vos offrandes, car – parole de Yahvé – vos sacrifices me répugnent, votre religion me dégoûte, ont répété Amos et Isaïe en des termes à peu près semblables. Je ne supporte plus vos fêtes et vos pèlerinages. Quand vous étendez vos mains pour vos prières, je détourne les yeux et je ne vous écoute pas. Éloignez de moi le brouhaha de vos cantiques et le tintamarre de vos harpes&#8230; Ce que je veux, c’est le droit et la justice. » Les rites ont changé, mais nos grands-messes et nos pèlerinages sont-ils aujourd’hui plus agréables à Dieu, quand ils confortent directement ou indirectement un ordre social qui écrase les faibles et les pauvres à travers le monde, au su et au vu de nous tous, d’une façon bien plus atroce qu’à l’époque d’Amos et d’Isaïe ? La liturgie n’a de sens que si elle est la célébration fraternelle de l’amour qui, venant de Dieu, unit les croyants dans une bienveillance réciproque et dans le service de leurs frères, en commençant par les plus démunis.</p>
<p style="text-align: justify;">Que devient alors la prière ? Voici, à titre d&#8217;exemple en milieu catholique, une réponse possible à cette question. La vieille femme en cause n’a jamais envié le statut sacerdotal et n’est pas du tout tentée de jouer au prêtre clandestin. Pourtant, en prenant son café et le pain du matin, elle se souvient d’un chant d’offertoire de sa jeunesse – « Prends ma vie, Seigneur&#8230;, prends ma mort&#8230;, prends ce pain&#8230;, prends ce vin&#8230; ». Sa prière : que la nourriture et la boisson qu’elle absorbe deviennent en elle, et à travers l’ensemble des relations et des activités de sa journée, le Corps du Christ qui fait accéder les hommes à la plénitude de leur humanité, deviennent le Sang du Christ qui irrigue la vie du monde de l’amour divin. Et, comme seul l’humble service des autres peut transfigurer les hommes et le monde en incarnant une part de ciel sur la terre, cette prière la renvoie au lavement des pieds qui remplace la scène de l’institution eucharistique dans l’évangile de Jean. Une prière à la dimension du monde, formulée avec et pour le monde. Faut-il s’interroger sur le caractère licite ou illicite de cette célébration matinale ? Loin de constituer une opération magique de transsubstantiation, elle essaye tout simplement d’incarner l&#8217;évangile, au sens fort du terme incarner, de donner corps à l’évangile dans le quotidien des hommes &#8211; de rendre l’évangile au monde. Il suffit de peu pour fêter et actualiser l’amour qui, accompli sur le Golgotha, a vaincu la mort et fonde notre espérance. La pire détresse et nos morts de chaque jour peuvent être prière comme les espoirs et les joies qui nous relèvent chaque jour. Déréliction, néant et résurrection.</p>
<p><strong>L’évangile au service des hommes</strong></p>
<p>Une conjoncture périlleuse</p>
<p style="text-align: justify;">Le message de Jésus est des plus simples dans sa forme originelle : se fier en la vie qui est donnée par Dieu, la respecter et en prendre soin, là où elle est la plus vulnérable en premier lieu. L’ultime jugement qui manifestera la vérité en toutes choses ne fera que confirmer la vérité du vécu quotidien : « Ce que vous aurez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait&#8230; Ce que vous aurez refusé au plus petit d’entre eux, c’est à moi que vous l’aurez refusé. » Cette affirmation ne comporte pas la moindre allusion à la religion, à quelque orthodoxie ou pratique rituelle que ce soit. Mais la mise en œuvre de l’amour d’autrui subvertit en profondeur l’ordre du monde en inversant les valeurs définies par les puissants à leur profit. Toute civilisation, toute culture, et bien entendu l’Église pareillement, se trouvent interpellées par cette invitation révolutionnaire et seront jugées à cette aune, comme chacun d’entre nous. C’est porté par la proclamation paulinienne de l’égale dignité de tous les humains et de la fraternité universelle que le christianisme primitif s’est répandu comme le feu autour de la Méditerranée. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les chrétiens ont raison de s’alarmer, avec les autres grandes religions et avec tous les vrais humanismes, croyants ou athées, de la menace que constitue la marchandisation galopante du monde entraînée par le capitalisme financiarisé qui ne vise que le profit et sème la mort. Jamais le gouffre qui sépare les pauvres des riches n’a été aussi profond, jamais les violences qui en résultent n’ont été aussi grandes et aussi dangereuses, et jamais l’homme ne s’est manifesté aussi prédateur à l’égard de la nature au risque de détruire la vie. L’ultralibéralisme sauvage qui gouverne la planète ne cesse d’aggraver les processus d’oppression et d’exploitation ou de marginalisation des pauvres qui sont de jour en jour plus nombreux. Le mirage d’une croissance illimitée des biens de consommation, servie par une technoscience subordonnée à la logique du marché, menace à brève échéance tous les équilibres de la nature et jusqu’à la survie de l’espèce humaine. La cupidité du système transcende et ne cesse de renforcer celle des individus.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintes encycliques offrent depuis plus d’un siècle une description par bien des côtés pertinente de ces maux. Mais il ne suffit pas de stigmatiser de l’extérieur la rapacité et le matérialisme de la civilisation moderne, comme si l’Église se trouvait au-dessus du système socioéconomique qui est à l’origine de l’exploitation et de l’oppression. Que d’injustices n’a-t-elle pas absous en soutenant les possédants et les régimes politiques qui ont défendu ses intérêts en même temps que les leurs ! Cette démarche peut même se révéler néfaste : dénoncer les injustices comme s’il ne s’agissait que de dysfonctionnements superficiels est trompeur en occultant les racines du mal, et en détournant l’homme des combats qui doivent être menés contre l’inhumanité. Avant de vouloir enseigner Dieu au monde, l’Église doit essayer de comprendre les hommes en les accompagnant sur leurs chemins, en écoutant le Dieu qui marche à leurs côtés, loin des Églises parfois. C’est en devenant humaine parmi les hommes, en partageant leurs souffrances et leurs aspirations, en s’engageant dans les combats qu’ils mènent pour leur dignité, qu’elle pourra dire Dieu de façon crédible et libératrice.</p>
<p>Évangéliser la modernité</p>
<p style="text-align: justify;">Contradictoire comme tout ce qui est humain, capable d’enfanter le meilleur et le pire, la modernité n’est pas à accepter ou à rejeter en bloc. Elle a libéré la raison et a en même temps produit un rationalisme dogmatique, instauré la laïcité et vilipendé la spiritualité, promu la personne et institué un individualisme forcené, émancipé la femme et asservi le sexe, sauvegardé la vie et commis des génocides. Elle exalte la jeunesse et la prive d’avenir, alimente d’immenses espérances parmi les nations et verrouille leur évolution, encourage les révoltes contre les dictatures et les étouffent. Ambiguë, elle n’est pas un aboutissement, mais une voie. Le royaume de Dieu ne peut se construire aujourd’hui qu’à travers elle, en s’incarnant dans le monde pour le libérer de l’inhumanité. L’espérance altermondialiste appelle un alterchristianisme.</p>
<p style="text-align: justify;">La foi chrétienne ne renaîtra qu’en participant à la résistance et aux combats que requiert l’humanisation de la société. Si les hommes qui parlent de justice et de paix ne luttent pas d’arrache-pied contre l’iniquité régnante, aucune autre libération ne vaut d’être annoncée et les prédicateurs ne seront que des pantins. Ce ne sont pas les docteurs qui manquent dans l’Église, mais les prophètes qui acceptent avec audace, à leurs risques et périls, de combattre les politiques qui sacrifient la nature et l’humanité aux intérêts à court terme d’une minorité de privilégiés. Il est urgent de s’élever contre le modèle de croissance dominant, et contre les guerres menées pour maintenir un statu quo inique. La Parole de Dieu ne peut parler aux hommes et transformer le monde qu’en prenant corps ici et maintenant comme cela est arrivé en d’autres temps autour du bassin méditerranéen, dans le monde grec et romain, puis en milieu païen.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce domaine comme dans tous les autres, rien n’est jamais définitivement acquis. En s’incarnant, le christianisme revêt par la force des choses des formes particulières en rapport avec chaque culture, puisqu’il est impossible que la Parole se manifeste autrement parmi les hommes. Mais l’évangile subvertit toutes les cultures, y compris la chrétienne, puisqu’il n’existe aucune forme de culture qui puisse contenir cette Parole. Dès lors n’est-ce que dans le déroulement de la vie et dans la diversité culturelle, historique et géographique, que le message revêt toute sa dimension. Le christianisme ne se réduit pas aux structures et aux idéologies qui ont été les siennes jusqu’à ce jour. Toutes les nations, toutes les cultures, toutes les religions ont vocation à refléter le Christ et à constituer le corps du Christ en véhiculant des valeurs christiques. Vouloir restaurer la religion pour ériger sur terre une société chrétienne à l’image de la cité céleste n’est qu’un leurre. Il nous faut habiter et transfigurer la modernité telle qu’elle se présente pour faire advenir une nouvelle et plus grande modernité, pétrie d’évangile et toujours à évangéliser de nouveau.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je terminerai cette causerie en vous recommandant encore une lecture : <em>Le souffle d’une vie</em> de Guy Aurenche, président du CCFD-Terre solidaire. Ce livre illustre ce qui se passe sur le terrain quand l’évangile est rendu au monde. Ne se préoccupant guère de savoir « qui est Dieu », l’auteur se préoccupe de savoir « où le trouver » et comment le secourir. Convaincu que l’homme reste habité par Dieu, il croit que tous les humains sont capables d’aimer et méritent d’être aimés. Dès lors, tout ce qui avilit, maltraite et détruit l’homme doit être combattu. Et notamment les politiques qui criminalisent les pauvres et repoussent l’étranger. Sans relâche, il faut lutter contre la torture et la peine de mort, contre le rejet, la misère et le sous-développement quels qu’ils soient. Contre la faim, les haines et les guerres. Parce que « catholique » au sens étymologique de ce terme, Aurenche estime que la Parole créatrice et libératrice de Dieu échappe à tout monopole. Foncièrement universel, le message évangélique du Christ et de la Tradition vivante de l’Église ne connaît aucune frontière. À l’opposé de tout repli identitaire, les chrétiens doivent entrer en dialogue et en partenariat actif avec toutes les personnes et toutes les communautés qui œuvrent à l’humanisation de la société.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Jean-Marie Kohler</strong></p>
<p style="text-align: right;">Forum des Croyants libres de Moselle – mai 2011</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Source : http://www.recherche-plurielle.net/nouvelles/news.php</p>
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		<title>Reconstituer la scène  –  pour comprendre la Cène</title>
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		<pubDate>Tue, 31 May 2011 23:33:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/tympan-de-la-cene.jpg"><img class="size-medium wp-image-4497 aligncenter" title="tympan-de-la-cene" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/tympan-de-la-cene-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Toute occasion est prétexte à un repas « pris ensemble»: mariage, baptême, funérailles, anniversaire, rencontre amicale ou amoureuse, etc. Rien d&#8217;étonnant que le Seigneur ait continué de se manifester ainsi parmi nous, de, façon privilégiée, dans le cadre d&#8217;un repas. C&#8217;est heureux, car cela respecte une dimension fondamentale de la vie. Mais nos eucharisties ont-elles encore l’air d&#8217;un repas? Le rite actuel fait-il vraiment penser à l&#8217;événement initial de la Cène?</p>
<p style="text-align: justify;">Je me propose, dans ce texte, de retracer les origines du repas « eucharistique » en recontextualisant cette dernière rencontre de Jésus avec ses disciples et en questionnant le sens des « paroles d&#8217;institution ». Pourquoi Jésus les a-t-il prononcées ? Comment les apôtres ont-ils pu les recevoir et les comprendre ? Pourquoi ont-ils perpétué l&#8217;événement ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jésus de Nazareth et sa mission</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Disons d&#8217;emblée qu&#8217;on ne comprendra rien à la Cène de Jésus si on ne fait préalablement l&#8217;effort de retracer l&#8217;itinéraire parcouru par Jésus, de prendre en compte son milieu de vie, de questionner ses choix et ses luttes. Tout simplement parce que son repas final est la clôture de l’ensemble de son parcours.</p>
<p style="text-align: justify;">Jésus est un homme qui a une vision de Dieu. Un Dieu qu&#8217;il découvre à travers sa tradition et dans les Écritures. Un Dieu qui donne priorité à la vie et à tout ce qui la génère. Le Dieu de la Bible, qui dédaigne le culte s’il n&#8217;est précédé d&#8217;un vécu imprégné de justice et d&#8217;amour du prochain ; qui n&#8217;accepte d&#8217;être servi qu&#8217;à travers le service des êtres humains. Jésus a conformé sa vie à cette vision de Dieu. Cela s’est traduit dans un agir qui a sans cesse cherché à réaliser l&#8217;intention de Dieu pour les humains : dans des manifestations d&#8217;amour, des gestes d&#8217;accueil, des prises de défense, des guérisons. Il a intégré à fond cette donnée anthropologique fondamentale de Gn 1,27<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note1">(1)</a>, présentant les hommes et les femmes comme des êtres égaux, de même dignité, ayant les mêmes droits. II constate cependant que sa culture et sa tradition religieuse ont trahi le désir de son Dieu; elles ont trahi en culpabilisant les malades, en humiliant les femmes, en écrasant les petits, en exploitant les pauvres, en marginalisant les étrangers, en repoussant les pécheurs. Elles ont défiguré son Dieu. Jésus travaillera donc sans relâche à rendre à Dieu son vrai visage. Pour ce faire, il doit s&#8217;attaquer aux forces responsables de la situation, plus particulièrement les autorités du temps, avec toutes les conséquences qui doivent en découler. Il y laissera sa peau.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour mener son combat, Jésus se choisit des partenaires. Des hommes et des femmes le suivent, dont 12 qui ont fait l’objet d’un appel à une collaboration plus étroite ; 12 à qui il demande davantage et à qui il confie plus de responsabilités. À ces 12, il donne des enseignements privés; il tente de les habiliter au discernement, de former leur conscience, de les responsabiliser, de les rendre autonomes face à lui. C&#8217;est une entreprise longue et laborieuse, qui connaît des ratés<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note2">(2)</a>, mais qui demeure néanmoins incontournable. Au terme du parcours, on réalise qu&#8217;ils sont encore loin d&#8217;avoir véritablement emboîté le pas à Jésus.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que la menace gronde, Jésus décide de monter à Jérusalem avec ses disciples<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note3">(3)</a> et d&#8217;y célébrer la Pâque, cette grande fête juive qui commémore la libération du peuple hébreu de l&#8217;esclavage égyptien. Jésus risque gros. Les dirigeants du peuple sont fatigués de voir les gens se masser autour de lui et s&#8217;emplir le cœur du souffle de libération véhiculé par son message. Leur autorité est ébranlée. Ils sont irrités de voir les gens s&#8217;éblouir devant le visage de Dieu que leur présente Jésus. Leur crédibilité est minée. Après tout, ne détiennent-ils pas les connaissances sur Dieu et ne sont-ils pas mandatés pour les transmettre ? Comment ce Jésus, qui compte un publicain<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note4">(4)</a> et un zélote<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note5">(5)</a>parmi ses disciples, qui mange avec les pécheurs, qui cite les Samaritains en exemple<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note6">(6)</a>, qui compte des femmes parmi ses amis, qui défend la femme adultère, qui se laisse toucher par une pécheresse, comment un tel homme peut-il prétendre être de Dieu ? Non ! Ils doivent l&#8217;éliminer avant que son influence ne fasse trop de ravages.</p>
<p style="text-align: justify;">De tout cela, Jésus n’est que trop conscient. Pourtant, il a la ferme conviction, d&#8217;une part, d&#8217;avoir fidèlement accompli ce que Dieu attendait de lui et, d&#8217;autre part, que son œuvre doit lui survivre. Mais ses heures sont comptées. Il lui faut donc passer le flambeau à ses disciples avant qu&#8217;il ne soit trop tard. II choisit de le faire au cours du repas pascal qu’ils s’apprêtent à partager. Il n&#8217;a plus le choix. Ce repas deviendra effectivement le moment ultime où Jésus proposera aux siens de s&#8217;engager à sa suite et de faire en sorte que ses choix et ses engagements se perpétuent à travers eux. Essayons de reconstituer la « scène ». Mais pour comprendre, un mot sur l&#8217;anthropologie juive d&#8217;abord.</p>
<p><strong>Le corps et le sang dans la Bible</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Bible a une conception de l&#8217;être humain qui se distingue de celle transmise par la tradition chrétienne, une conception qui ne connaît pas cette dichotomie entre le corps (lequel est à toutes fins pratiques, réduit à la notion de chair en christianisme) et l&#8217;âme (immortelle, qui doit être sauvée). Pour elle; l&#8217;être humain est un tout unifié. Son corps représente, en quelque sorte, tout ce qu&#8217;il est comme entité distincte, avec ses traits physiques et psychologiques, avec son esprit, son intelligence, ses talents, ses qualités, ses défauts; bref, son être intégral dans lequel Dieu a insufflé un souffle de vie. Son corps se construit tout au long de son existence. Il advient au fil de ses choix, ses réflexions, ses fréquentations, ses joies, ses épreuves, ses luttes, ses échecs, ses réussites&#8230; Au terme de sa vie, son corps est son potentiel initial enrichi de la globalité de ses expériences.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sang, par ailleurs est le véhicule de la vie. Le peuple de la Bible croit effectivement que la vie de tout être humain circule à travers son sang<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note7">(7)</a>. Cette conviction est si forte que l’on en vient tout simplement à affirmer : « La vie de toute chair, c&#8217;est son sang<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note8">(8)</a>. » Or, la vie vient de Dieu, celle de l’animal tout autant que celle de l&#8217;être humain. Pas étonnant que l’on considère le sang comme sacré ! Pas étonnant que l’on en interdise la consommation ! Plus encore, Israël scellera son alliance avec Dieu dans le sang.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici ce qu&#8217;on raconte dans le livre de l&#8217;Exode<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note9">(9)</a> à ce sujet : Moïse, redescendant de la montagne, fait part au peuple de la volonté de Dieu inscrite dans la loi qu&#8217;il leur rapporte. Il invite le peuple à s&#8217;engager à respecter cette loi et à mettre en pratique ses préceptes. D&#8217;une seule voix, le peuple répond : « Toutes les paroles que Dieu a prononcées, nous les mettrons en pratique. » Cette réponse du peuple est gage de vie. En effet, vivre selon les vues de Dieu est la façon la plus sûre de bâtir le monde. Moïse veut donc, dans un rituel hautement symbolique, conclure le contrat entre Dieu et son peuple. Il demande que l&#8217;on apporte le sang de jeunes taureaux ; il en prend la moitié et le répand sur l&#8217;autel, qui symbolise la présence de Dieu ; il prend l&#8217;autre moitié et en asperge le peuple. Ainsi, le même sang, versé sur l’autel et sur le peuple, rétablit les liens de vie commune entre Dieu et son peuple. Autrement dit, la communication est recréée entre Dieu et son peuple par la vie qui circule dans le sang. Or, à chaque année, on répétera le rituel sacrificiel afin de purifier le peuple de ses péchés et de renouer les liens rompus avec Dieu<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note10">(10)</a>.</p>
<p><strong>Les paroles de Jésus</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Jésus et ses disciples se sont rassemblés pour célébrer, selon la coutume juive, la grande fête de Pâque. Donc, rien de neuf ! Rien de neuf non plus, quant au rituel, puisque la bénédiction sur le pain suivi de la fraction et du partage, de même que la bénédiction sur le vin et le partage de la coupe font partie intégrante du repas pascal juif. Mais le repas prend une tournure particulière en raison du sort inéluctable qui attend Jésus.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut imaginer l&#8217;atmosphère à couper au couteau qui règne au sein du groupe. L&#8217;intensité affective, l&#8217;angoisse, la peur, la douleur, la déception, l&#8217;impuissance, mais aussi la chaleur inouïe qui tisse sur une même toile toutes ces émotions. Jésus se sait traqué ; les disciples sont au bord de la déroute. Voilà pourquoi Jésus; dans une incommensurable foi en Dieu, ne voit d&#8217;autre issue que de passer le flambeau à ses disciples. Geste de foi s&#8217;il en est un, considérant la faiblesse de ces derniers, celle manifestée depuis le départ de la Galilée et celle se manifestant au moment de l&#8217;arrestation de Jésus. Les paroles de Jésus accompagnant les gestes traditionnels de bénédiction et de partage les chargent d&#8217;un sens inédit.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand Jésus prononce les paroles : « Ceci est mon corps… Ceci est mon sang », il recourt à l&#8217;imagerie sémitique dans sa plus noble expression<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note11">(11)</a>. « Ceci est mon corps » signifie: « ceci symbolise et rend présent ce que je suis », impliquant « tout ce que j’ai fait, tout ce que j&#8217;ai enseigné, tout ce que j&#8217;ai espéré, tout ce pour quoi j&#8217;ai vécu ». Et quand il dit : « Prenez et mangez », il n&#8217;invite certes pas à consommer sa chair, mais bien à communier à sa personne; à reconnaître ce qu&#8217;il a été et ce qu&#8217;il est et à s&#8217;associer à lui. Quand il dit : « Ceci est mon sang », il présente le vin comme le symbole de sa vie. « Prenez et buvez » peut être ainsi paraphrasé : « Abreuvez-vous de mon sang afin que nous vivions de la même vie ; communiez à ma vie afin qu&#8217;elle coule dans vos veines. » On sait pertinemment aussi le sens du « boire à la même coupe » qui signifie souscrire à une même cause. Ainsi, si les disciples acceptent de manger le pain et de boire le vin, ils scellent leur engagement avec Jésus. Or, c&#8217;est exactement ce que Jésus attend d&#8217;eux et rien de plus dans les circonstances.</p>
<p style="text-align: justify;">La scène nous place donc clairement en présence d’une pressante invitation aux disciples à faire leur la mission de Jésus, afin que se poursuivent ses œuvres. C&#8217;est une exhortation à s&#8217;engager à sa suite, Cela dépasse à la fois l&#8217;intention de Jésus et le contexte spécifique de la rencontre d&#8217;imaginer qu&#8217;un changement advient, ou est destiné à advenir, dans le pain<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour12">(12)</a> et dans le vin. Comment croire, en effet, dans ce moment survolté où Jésus essaie de convaincre ses disciples que l&#8217;œuvre doit se poursuivre malgré son départ, que ceux-ci aient pu penser un instant : « Voilà! Nous sommes maintenant en présence de la chair et du sang de notre ami Jésus sous les apparences du pain et du vin » ?</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, quand ils ont saisi que la résurrection était l&#8217;approbation totale de Dieu à l&#8217;endroit de l&#8217;œuvre intégrale de Jésus, il n’est pas étonnant qu&#8217;ils aient choisi de refaire ce repas pour se rappeler sans cesse qu&#8217; en mangeant le pain et en buvant le vin, ils avaient alors épousé la cause de Jésus. La commémoration de la Cène<a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#note13">(13)</a> devenait donc le lieu privilégié pour renouveler leur engagement initial et pour le relancer, toujours selon les circonstances nouvelles de la communauté. Cela demeure vrai aujourd&#8217;hui encore. Le mémorial du dernier repas de Jésus doit demeurer le lieu privilégié du renouvellement de l&#8217;engagement à sa cause, qui se concrétise dans la vie de tous les jours.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au sens de la parole « cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang [...] offert pour la multitude », il acquiert toute sa limpidité au-delà de la résurrection. En effet le sang de Jésus, c&#8217;est-à-dire sa vie, devient le lieu nouveau où les ponts sont à jamais rétablis avec Dieu sans restriction ethnique ; la nouvelle alliance convient à tous les peuples de la terre. Elle remplace la première qu&#8217; il fallait répéter à chaque année au jour du pardon (Yom Kippour).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce parcours nous amène enfin à interroger la pertinence du terme « eucharistie » pour désigner le mémorial de la Cène. « Eucharistie » vient du grec <em>eucharistia</em> signifiant « reconnaissance » ou « action de grâce ». Est-ce bien d’une action de grâce dont il est question au dernier repas avec Jésus ? Finalement, le terme « messe », émanant du latin <em>mittere</em> signifiant « envoyer », était beaucoup plus proche de l&#8217;intention originale de l&#8217;événement, celle d&#8217;envoyer les chrétiens dans le monde pour poursuivre l&#8217;œuvre  de Jésus. Mais plus encore, à l&#8217;intérieur de l&#8217;eucharistie s&#8217;est installée l&#8217;adoration. Un véritable déplacement s&#8217;est donc opéré, à la fois, par rapport au sens du terme « eucharistie » et par rapport à la portée initiale de la Cène. Alors que Jésus a demandé de s&#8217;engager, on l&#8217;a adoré. C&#8217;est beaucoup moins contraignant !</p>
<p style="text-align: right;"><em>Odette Mainville </em></p>
<p style="text-align: right;"><em>L&#8217;auteure est professeure d&#8217;exégèse du Nouveau Testament </em></p>
<p style="text-align: right;"><em></em><em>à la Faculté de théologie et des sciences religieuses de l&#8217;Université de Montréal</em><span style="font-family: Arial; font-size: xx-small;"><em> </em></span></p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour1">1.</a> « Dieu créa l&#8217;homme à son image, à son image il le créa homme et femme il les créa.»</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour2">2.</a> Parmi ces ratés : la requête de Jacques et Jean pour une place de choix dans le Royaume (Mc 10,37), la trahison de Judas (Mc 14,43‑45), le reniement de Pierre (Mc 14,66‑72), l&#8217;abandon de ses disciples au moment de son procès (Mc 14,50).</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour3">3. </a>Le groupe qui a suivi Jésus depuis la Galilée jusqu&#8217; à Jérusalem comptait, en plus des Douze, un certain nombre de femmes, selon les quatre évangiles (Mt 27,55 ; Mc 15,40‑41 ; Lc 23,55 ; Jn 19,25).</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour4">4.</a> Juif chargé de collecter les impôts au profit des occupants romains, considéré comme pécheur public et inscrit sir la liste noire.</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour5">5.</a> Mc 3,18.</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour6">6.</a> Le peuple samaritain, fruit d&#8217;un métissage israélite/païen, est détesté du peuple juif.</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour7">7.</a> Lv 17,11 : « Oui, la vie de la chair est dans le sang. »</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour8">8.</a> Lv 17,14.</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour9">9.</a> Ex 24,1-8.</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour10">10.</a> À noter que ce n&#8217;est pas la souffrance infligée à l&#8217;animal qui efface les fautes du peuple, mais bien le sang qui purifie en renouvelant l&#8217;alliance avec Dieu. L&#8217;immolation de l&#8217;animal est la technique nécessaire en vue de l&#8217;obtention du sang. II importe aussi de préciser que le mot « sacrifice » ne signifie pas souffrance, mais plutôt offrande à la divinité. Ainsi, un sacrifice pouvait tout autant être une libation d&#8217;huile ou l&#8217;oblation de produits agricoles que l&#8217;immolation d&#8217;un animal.</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour11">11.</a> Ne lit-on dans le livre des Proverbes (9,5-6) ces paroles attribuées à la sagesse de Dieu : « Venez, mangez de mon pain et buvez  de mon vin que j&#8217;ai préparé ! Quittez la niaiserie  et vous vivrez, marchez droit dans la voie de l&#8217;intelligence » ?</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour12">12.</a> M. E. Boismard affirme : « Le pain n’est pas physiquement changé en corps du Christ, mais reste ce qu&#8217;il a toujours été : du pain. On demeure donc sur le plan du symbole. » (M. E. Boismard, <em>Jésus, un homme de Nazareth</em>. <em>Raconté par l&#8217;évangéliste Marc</em>, Paris, Cerf,1996, p. 191)</p>
<p><a href="http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm#retour13">13.</a> « Cène » vient du mot latin <em>cena</em> signifiant « repas du soir ».</p>
<p>(Texte extrait du livre publié sous la direction de Georges Convert : <em>Le repas aujourd’hui… en mémoire de lui. </em>et publié sur le site du Réseau Culture et Foi : http://www.culture-et-foi.com/dossiers/eucharistie/odette_mainville.htm)</p>
<div><strong>Un article plus détaillé est disponible ici</strong></div>
<div><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/L’Eucharistie1.pdf">L’Eucharistie</a> (cliquer sur ce mot pour l&#8217;obtenir)</div>
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		<title>Engagement pour la justice et lecture de l&#8217;Evangile</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/03/24/engagement-pour-la-justice-et-lecture-de-levangile/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Mar 2011 10:10:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment ensemble, être toujours un peu plus, les témoins authentiques d&#8217;un Dieu juste et aimant ? Ce thème qui était celui de notre Assemblée Générale 2011, est aussi, depuis des années, notre fil conducteur à NSAE. Il fait de nous, à la fois, des croyants inspirés et dynamisés par le message libérateur de l&#8217;Evangile, incarnant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Comment ensemble, être toujours un peu plus, </strong><strong>les témoins authentiques d&#8217;un Dieu juste et aimant</strong> <strong>?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce thème qui était celui de notre Assemblée Générale 2011, est aussi, depuis des années, notre fil conducteur à NSAE. Il fait de nous, à la fois, des croyants inspirés et dynamisés par le message libérateur de l&#8217;Evangile, incarnant notre foi dans la vie de notre humanité et des acteurs de la vie sociale et de ses combats, y reconnaissant l&#8217;appel et les enjeux d&#8217;un monde de justice et d&#8217;amour voulu par notre Dieu. Un même chemin, sillonné dans les deux sens.<br />
<span id="more-4034"></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Si nous voulons un monde autre et une église autre, que ce ne soit pas seulement deux requêtes formulées dans notre vie de croyants révoltés, mais aussi pour rechercher comment ensemble, être toujours un peu plus, sur ce chemin, les témoins authentiques d&#8217;un Dieu juste et aimant.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans quelle mesure nos engagements au service de l&#8217;accompagnement et de l&#8217;émancipation des personnes font-ils de nous des témoins de Dieu et de l&#8217;Evangile ? Notre expérience de Dieu est d&#8217;abord une expérience humaine de Dieu. Elle passe nécessairement par le rapport à notre intériorité et par le rapport à l&#8217;humanité des autres. Dieu est présent dans notre coeur et dans celui de tous les hommes. Le visage de Dieu est le visage de l&#8217;autre. Pour être un témoin authentique, il faut rejoindre Dieu en soi, retrouver la source de notre bonheur d&#8217;être chrétien.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Plus concrètement, nous témoignons par ce que nous sommes, par ce que nous disons et par ce que nous faisons. Nous devons rechercher la cohérence la plus forte possible entre notre foi et nos actes. La légitimité et la crédibilité de notre parole viennent de l&#8217;action. Mais seuls les autres peuvent nous révéler si nous sommes réellement de bons témoins. Ainsi, nous remarquons souvent un changement de regard de ceux que nous rencontrons dans nos combats pour la justice. Ils découvrent que tous les croyants ne sont pas des réactionnaires compromis avec les pouvoirs établis. Ils s&#8217;étonnent de notre liberté par rapport à l&#8217;institution.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais, nous sommes aussi nous-mêmes transformés par ces rencontres et ces engagements. Notre lecture des Evangiles s&#8217;enrichit et se trouve modifiée par notre expérience militante.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">NSAE est le réceptacle de toute la richesse de nos engagements, un ferment de rencontre, de communion et d&#8217;échange. Il faudrait mettre l&#8217;accent sur le positif, ce qui est beau et bon dans notre monde malgré toutes ses horreurs et ses injustices.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Echos du Rassemblement de Lyon</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/12/03/echos-du-rassemblement-de-lyon/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Dec 2010 13:21:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avions cru… Nous avions cru que nous étions petits, seuls, minoritaires dans l’Eglise et nous nous sommes retrouvés à Lyon à 500, pleins de surprise  de voir tous les engagements de nos compagnons et de nos compagnes, décidés à montrer que nous sommes aussi l’Eglise et qu’il n’y a pas que des chrétiens conservateurs, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Nous avions cru…</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/img276LogoGR.jpg"><img class="size-medium wp-image-3418 aligncenter" title="img276LogoGR" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/img276LogoGR-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nous avions cru que nous étions petits, seuls, minoritaires dans l’Eglise et nous nous sommes retrouvés à Lyon à 500, pleins de surprise  de voir tous les engagements de nos compagnons et de nos compagnes, décidés à montrer que nous sommes aussi l’Eglise et qu’il n’y a pas que des chrétiens conservateurs, dociles ou suivant aveuglement la hiérarchie cléricale.<span id="more-3413"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Cinq cents, c’est le chiffre officiel qui ne devait pas être dépassé pour des raisons de sécurité. D’autres estimations considèrent que nous étions plus près de six cents. Il y a toujours des « fourchettes » dans les estimations…Selon les manifestants ou la police, dit-on.</p>
<p style="text-align: justify;">Grosse affluence dans les couloirs. La bousculade était parfois désagréable mais elle offrait un avantage : on ne pouvait passer trop vite devant un des vingt-cinq stands d’associations sans les voir.</p>
<p style="text-align: justify;">A deux exceptions près, le conseil d’administration de N.S.A.E. se trouvait au complet ; dix-huit de ses membres ont suivi les réunions plénières, conférences-débats, le travail des « groupes d’espérance », tables rondes et ateliers avec assiduité. Seul bémol dans le concert de louanges final car il faut bien dire que tout était parfaitement organisé : les introductions des responsables d’atelier étaient un peu longues. Il faut dire que cela se situait à la fin de cette Rencontre et que chacun était un peu fatigué.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour boucler le budget, les organisateurs avaient fait, dès le début, un appel au peuple (de Dieu) afin qu’il mette la main à la poche. Le seul chapiteau en toile  avait coûté 11.300 € de location sans compter la sonorisation avec un technicien (4.780 €).</p>
<p style="text-align: justify;">Les participants ne sont pas restés sourds à cet appel puisqu’ils ont donné 3.686 euros permettant de rééquilibrer les comptes.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre appel avait été lancé au début des Rencontres pour inviter les médecins et infirmières présents à se faire connaître auprès de la direction au cas où on aurait besoin d’eux. Une seule infirmière s’est fait connaître. Pourtant, le dernier jour, une femme de la région de Strasbourg a fait une chute dans un escalier et s’est fracturé le bassin en tombant. Les pompiers ont dû l’hospitaliser à Lyon. Son mari, médecin, l’accompagnait.</p>
<p style="text-align: justify;">Très belle exposition sur la femme dans la Bible, dans un couloir du sous-sol, près des éditeurs. L’auteur et réalisateur Albert Hari était présent et avait proposé, précédemment, cette exposition au diocèse de Strasbourg. Les textes accompagnant les illustrations furent lus attentivement et l’exposition refusée. Il y est question de Phébée, une femme grecque, chaudement recommandée par Paul à la communauté de Rome et qui fut la première femme « diacre » et de Lydie, originaire de Thyatire en Asie mineure, qui hébergea Paul et Silas lorsqu’ils furent relâchés. Elle fut responsable de la communauté de Philippes (Macédoine). « Peut-être présidait-elle la prière et la fraction du pain » est-il dit.</p>
<p style="text-align: justify;">« Joseph Moing est arrivé » entendait-on dans les rangs des participants. Renseignements pris, il ne s’agissait pas de l’arrivée du jésuite mais de son dernier ouvrage « Croire quand même », édité par « Temps présent » et sorti de chez l’imprimeur la veille des Rencontres. Le père de Karim Mahmoud-Vintam, l’auteur de « Pour une Eglise autre » et ancien président de N.S.A.E, avait roulé à « tombeau ouvert » pour livrer les colis de livres à Lyon. Il a été chaleureusement accueilli.</p>
<p style="text-align: right;">Pierre Desbruyères</p>
<p style="text-align: left;">Précisions apportée par Pascale</p>
<p style="text-align: left;">
<blockquote>
<div>
<table cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td>J&#8217;aimerais relever deux choses:<br />
1) le mari de la femme qui s&#8217;est blessée n&#8217;est pas médecin. Il était professeur à l&#8217;université de Strasbourg en patristique (le sous entendu qu&#8217;il ne se serait pas déclaré comme médecin est mal venu).<br />
2) l&#8217;expo sur les femmes a été exposée dans plusieurs églises en Alsace. Ce sont les textes qui l&#8217;accompagnaient qui n&#8217;ont pas pu être publiés dans la revue diocésaine.</p>
<p>Si, ces textes vous intéressent vous pouvez les retrouver sous</p>
<p>http://www.jonasalsace.org/pages/Les_femmes_dans_lEglise-4025793.html</p>
<p>cordialement,<br />
Pascale, membre de Jonas Alsace</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Glané de la Table ronde </span></strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ils étaient quatre, d’âges voisins de 35 ans autour de Luc Chatel, le Rédacteur en chef de TC, qui animait le débat.</p>
<p style="text-align: justify;">• Aurélie Duchamp de l’équipe d’animation diocésaine (Lyon) du CCFD ;</p>
<p style="text-align: justify;">• Luc Petitdemange salarié CCFD ; des JMJ à l’altermondialisme ;</p>
<p style="text-align: justify;">• Maggy Tournaille : 10 ans de JEC ; équipe nationale, secrétariat national ; inquiète de la mort de la JEC dans l’indifférence générale.  Volontaire permanente d’ATD ;</p>
<p style="text-align: justify;">• Guillaume Gamblin : marqué par Marcel Légaut ; sorti de l’Eglise. Son fil rouge : la non-violence (MAN) ; volontaire au Guatemala ; faucheur volontaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4160.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3415" title="PIC_4160" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4160-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4166.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3416" title="PIC_4166" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/PIC_4166-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q.  Comment vivre vos valeurs dans le monde qui leur tourne le dos ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Refus du fatalisme ; oui, il y a encore des utopies et des utopistes ; refus de la télé (Aurélie) ;</p>
<p style="text-align: justify;">- idem « changer nos regards pour changer le monde » (CCFD) qui nous impose de ne pas penser. Il faut rêver, lutter, résister, penser – penser global pour agir local. Comprendre les enjeux de ce monde ; donner les informations alternatives (Luc)</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Les jeunes s’engagent-ils ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Je crois à la démarche et au combat, même si le quotidien n’est pas facile : une jeune du quart monde rêve de devenir info-graphiste : on lui propose une formation en cuisine collective… L’engagement n’est pas une question de génération, mais le long terme est plus difficile pour nous (Maggy).</p>
<p style="text-align: justify;">- Comment serait-il possible de ne pas s’engager devant l’injustice dans la société et entre les sociétés, qui nourrit nos révoltes ; ce qui nous y aide, c’est un environnement bienveillant et stable (Guillaume).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Ils s’engagent dans les ONG : ont-ils des engagements politiques ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Aurélie à Europe Ecologie ;</p>
<p style="text-align: justify;">- Luc répond que l’engagement dans la société civile et l’effort de compréhension du monde est un acte politique pur. Il mentionne la campagne du CCFD : « Aidons l’argent » ;</p>
<p style="text-align: justify;">- Pour Maggy, l’importance à ATD du croisement des savoirs et des pratiques ; universités populaires.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Conflits de génération ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Croisement de générations riche dit Guillaume ; mais… la dégradation écologique a été préparée par les générations qui nous ont précédés.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Quelle vie spirituelle ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Luc qui est dans le faire et dans l’animation se ressource à Taizé ;</p>
<p style="text-align: justify;">- Pour Maggy qui est une blessée de l’Eglise (JEC) la question n’est pas simple ;</p>
<p style="text-align: justify;">- Aurélie : les choses fortes que l’on fait ensemble ; la communion que l’on y ressent (par exemple la marche pour la dignité) ; tout cela nourrit la vie intérieure.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. (à Guillaune) Pourquoi la décroissance ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Un moyen de relier des exigences fortes sur l’écologie (la fin des ressources, le réchauffement) et les inégalités (exploitation du Sud) =&gt; abolir les privilèges.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas un programme, c’est une porte de sortie : la sobriété choisie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Q. Que pensent-ils de Réseaux du Parvis ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Aurélie : le site ne lui a rien appris ; nous rencontrer lui donne envie d’en savoir plus.</p>
<p style="text-align: justify;">- Luc à travers Jonas-Vosges ; pas toujours d’accord mais intéressant…</p>
<p style="text-align: justify;">- Maggy : j’y étais par la JEC ; ils montrent la diversité dans l’Eglise ; c’est important</p>
<p style="text-align: justify;">- Guillaume : j’ai connu les groupes Légaut par mes parents ; c’est un des seuls lieux d’Eglise où je peux me sentir à l’aise. Il y a chez vous un vent de liberté ; les jeunes que je connais dans l’Eglise sont différents de vous.</p>
<p style="text-align: justify;">- Aurélie : je me suis révoltée contre l’institution et je me reconnais dans « je suis – nous sommes &#8211; l’Eglise ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: right;">Lucienne Gouguenheim</p>
<p>Ils se sont exprimés sur RCF : écoutez-les :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RCF_contre-courant_251110.mp3">RCF_contre-courant_251110</a></p>
<p>Ils ont déclaré :</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Message d’Espérance – PARVIS &#8211; Lyon 12 novembre 2010</span></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement :</p>
<p>• Examiner l’évolution du monde auquel est destiné le Message Evangélique</p>
<p>• Se lever pour lutter contre l’iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande qui ruine les valeurs constitutives de l’Humanité et met à mal la Planète</p>
<p>• S’engager dans des lieux de solidarité, de désobéissance et de propositions alternatives</p>
<p>• Remettre le monde à l’endroit en donnant la parole aux exclus</p>
<p>• Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est en train de naître.</p>
<p>Oui, pour nous le message libérateur de l’Evangile est nécessaire au monde :</p>
<p style="text-align: center;">il ne peut plus être porté par voie d’autorité.</p>
<p>C’est le temps pour tous, hommes et femmes, d’en être pleinement responsables dans nos sociétés sécularisées.</p>
<p>C’est donc le temps de donner plein essor à nos communautés héritières de Vatican II pour y vivre le partage authentique de la Parole, des célébrations tissées de nos expériences, et le travail d’actualisation du Message :</p>
<p style="text-align: center;">Une Eglise Autre est possible !</p>
<p>C’est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux d’humanisme :</p>
<p style="text-align: center;">Un autre monde est possible !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le temps vient d’envisager l’avenir</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>avec la Force et la Jeunesse de l’Esprit,</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Souffle d’Amour et de Vie,</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>qui recrée le monde.</strong></p>
<p style="text-align: center;">
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Communiqué de 15 associations et mouvements chrétiens</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/09/22/communique-de-15-associations-et-mouvements-chretiens/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2010/09/22/communique-de-15-associations-et-mouvements-chretiens/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2010 07:53:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[A Rouen, 15 associations et mouvements chrétiens relaient l’appel national  «  Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger » en demandant à leurs élus (députés et sénateurs) de refuser de voter ce projet de loi « contraire à nos valeurs » Ils s’associeront aussi au « Jeûne citoyen » mené pendant 10 jours devant l’Assemblée nationale à Paris par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/jeuneurscouleur600.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-3128" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/jeuneurscouleur600.jpeg" alt="" width="432" height="146" /></a></p>
<p style="text-align: justify">A Rouen, 15 associations et mouvements chrétiens relaient l’appel national  «  Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger » en demandant à leurs élus (députés et sénateurs) de refuser de voter ce projet de loi « contraire à nos valeurs »</p>
<p style="text-align: justify">Ils s’associeront aussi au « Jeûne citoyen » mené pendant 10 jours devant l’Assemblée nationale à Paris par un « Jeûne de protestation » devant le Palais de Justice de Rouen et appellent à soutenir leur action en venant les rencontrer.</p>
<p style="text-align: justify"><em>Voir le communiqué ci-après.</em></p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Communiqué-Jeûne-de-protestation.pdf">Communiqué Jeûne de protestation</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La séparation va-t-elle dissoudre le catholicisme ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/09/01/la-separation-va-t-elle-dissoudre-le-catholicisme/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 08:47:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans cet article paru dans Le Mercure de France le 15 avril 1907, l’abbé Lemire invite les catholiques à relativiser les conséquences de la séparation et même à y chercher des raisons d’espérer dans l’avenir de leur Église. La séparation va-t-elle dissoudre le catholicisme ou lui donner des adaptations sociales nouvelles, lesquelles feront croire aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em>Dans cet article paru dans <strong>Le Mercure de France le 15 avril 1907,</strong> <strong>l’abbé Lemire </strong></em><em>invite les catholiques à relativiser les conséquences de la séparation et même à y chercher des raisons d’espérer dans l’avenir de leur Église</em>.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">La séparation va-t-elle dissoudre le catholicisme ou lui donner des adaptations sociales nouvelles, lesquelles feront croire aux yeux superficiels qu’il y a évolution quand il n’y a plus qu’harmonie avec l’ambiance, quand il n’y a, je ne puis mieux dire, qu’adaptation nécessaire et puissante et efficace. Je crois fermement que c’est la seconde chose dont vous serez témoins. Entre le catholicisme social des catacombes et le catholicisme politique de Théodose, entre celui-ci et le catholicisme social du Moyen Âge, entre le catholicisme féodal et celui du concordat monarchique, entre ce dernier, qui est mort en France, et celui dont nous allons faire l’expérience, difficile mais féconde, que s’est-il passé ? Y a-t-il eu évolution religieuse ou adaptation à l’ambiance ? Je laisse la parole aux historiens ; mais, quelles que soient leurs terminologies, je suis sûr qu’ils me diront qu’il s’est rencontré des transitions moins rapides que celle à laquelle nous assistons en France, moins faciles même et surtout moins riches d’espérance. On nous impose en effet le régime de l’association. En est-il un plus conforme à notre constitution religieuse essentielle ? Pourvu qu’on nous laisse respecter notre hiérarchie, &#8211; on fait plus que nous le permettre, on nous y convie. On nous demande d’inscrire ce respect dans nos statuts et on s’offre à les enregistrer, tels quels, et à leur donner force légale ; &#8211; pourvu qu’on nous laisse faire tous les actes de notre vie religieuse soit individuelle et privée, soit collective et publique, &#8211; pourvu qu’on nous traite comme les autres citoyens : qu’avons-nous à craindre ? Sommes-nous moins capables d’énergie, de réflexion, de bon sens, de dévouement, d’esprit de sacrifice ? Un catholique qui n’est pas un homme dans toute la force de ce mot, est-il vraiment un catholique ? La grâce ne repose-t-elle pas sur la nature ? N’a-t-elle point pour effet de la purifier, de l’élever, de la transfigurer ?</p>
<p style="text-align: justify">Alors ? Qu’avons-nous à craindre du progrès, de la liberté civique, de la solidarité sociale, de l’émancipation humaine, de toutes les transformations que la science, que les communications faciles, que les inventions de toutes sortes multiplient ? Rien ! Nous n’avons rien à craindre. J’ose dire que nous avons beaucoup à espérer. L’Évangile n’a pas donné tous ses fruits et le catholicisme n’a pas développé toutes ses forces. J’ai l’intime conviction que tout ce qui arrive autour de nous en France prépare pour l’Évangile et pour le catholicisme le plus merveilleux champ d’action qu’ils aient connu jusqu’ici. Nous ne faisons que commencer à l’apercevoir ; quelques-uns tournent les yeux vers lui ! Mais nous en sommes encore, pour la plupart, aux séparations nécessaires, aux ruptures avec les préjugés, avec les étroitesses, avec un monde qui s’en va. Laissez-le aller. Mais ne croyez pas que nous, catholiques, nous nous en allons !</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/190511.jpg"><img class="size-medium wp-image-3062 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/190511-300x204.jpg" alt="" width="300" height="204" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/05/25/appel-pour-une-relance-du-christianisme-social-pour-des-communes-theologiques/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 15:28:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;orée du XXIe siècle, nous reprenons le chemin du christianisme social. Le projet de la fin du XIXe siècle reste le nôtre : confronter la foi chrétienne avec son environnement social, économique, politique, culturel et écologique et poser des paroles et des gestes de libération. Si nous vous invitons à cette nouvelle marche, c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l&#8217;orée du XXIe siècle, nous reprenons le chemin du christianisme social. Le projet de la fin du XIXe siècle reste le nôtre : confronter la foi chrétienne avec son environnement social, économique, politique, culturel et écologique et poser des paroles et des gestes de libération. Si nous vous invitons à cette nouvelle marche, c&#8217;est qu&#8217;apparaissent dans le christianisme des clivages et des engagements nouveaux qui appellent à des rencontres, des paroles, des actions nouvelles dans un monde qui a cruellement besoin d&#8217;amour, de justice, d&#8217;espérance.</p>
<p>Nos réflexions sont nourries de nos engagements, de nos lectures de la Bible et de l&#8217;héritage intellectuel notamment protestant, de nos dialogues et nos compagnonnages avec les autres croyants, les mouvements intellectuels, politiques et sociaux qui se battent pour un monde plus juste.<span id="more-2727"></span></p>
<p>Divers dans nos références théologiques, nous nous retrouvons dans un évangile qui repense et repousse sans cesse les frontières, qui refuse les barrières du pur et de l&#8217;impur, qui nous dit que la grâce est offerte à toute la création, que la vie est toujours plus forte que les mises à mort sociale, économique, écologique, culturelle, raciste, sexiste ou homophobe. Nous voulons convoquer à nouveaux frais les vieux et gros mots comme Royaume de Dieu, Seigneurie de Jésus Christ, Amour inconditionnel de Dieu : expérimenter leur déplacement dans un nouveau contexte, considérer que la fidélité à laquelle engage la parole religieuse n&#8217;est pas déplacement d&#8217;un contenu à l&#8217;identique, sans transformation mais bien plutôt redéfinition incessante de ce qu&#8217;elle véhicule, réfléchir à ce que notre attachement à ces termes nous fait et nous fait faire.</p>
<p>Nous regardons le monde et nous crions : « injustice ! » La violence sociale et écologique du système économique actuel et son incapacité à se réformer nous invitent à rechercher les voies de son dépassement. L&#8217;invasion de son imaginaire nous pousse à travailler avec tous les autres créateurs d&#8217;un imaginaire alternatif. L&#8217;évolution des débats sur l&#8217;immigration en décalage avec une réalité sociale de plus en plus métissée nous engage à rentrer frontalement en dissidence avec les discours et les décisions qui transforment l&#8217;Europe en forteresse. Notre refus d&#8217;un apartheid planétaire nous met en relation avec les croyants et les militants des pays du Sud. Le détournement de la laïcité au profit de logiques d&#8217;exclusion nous incite à défendre et inventer un espace public riche qui n&#8217;a pas peur du conflit et de la différence. L&#8217;évolution des réalités familiales et sexuelles nous amène à une éthique nouvelle qui tourne clairement le dos au moralisme, qui interroge profondément l&#8217;imaginaire de la « famille chrétienne », du soi-disant « projet de Dieu » en la matière.</p>
<p>Ces réalités disent notre urgence, ces convictions expriment nos points de départ. Elles ne limitent pas ce que nous désirons construire ensemble, avec vous et avec d&#8217;autres. Elles ne définissent ni un dedans, ni un dehors. Nous en appelons ici et là à la création de « communes théologiques » pour relancer le Christianisme social, qu&#8217;il soit un « nous » mobile et indéterminé de réflexion et d&#8217;action. Un collectif à échelles et formes diverses qui n&#8217;aura de cesse de se redéfinir en situation, de se recréer sans cesse et sans centre unique. Une communauté qui se caractérise par le manque et les questions, la rencontre et l&#8217;hospitalité, plutôt que par le plein, le propre et les affirmations.</p>
<p>Nous ne voulons pas agir seuls, nous désirons des alliances : les protestants par-delà les frontières, les catholiques et tous les croyants ouverts, se reconnaissant dans les théologies de libération, la gauche qui ne renonce pas, la droite qui s&#8217;interroge, le mouvement social, tous les humanistes, celles et ceux qui croient en l&#8217;amour, la justice et l&#8217;espérance sont nos parentèles.</p>
<p>Nous voulons réfléchir et agir, l&#8217;un et l&#8217;autre, l&#8217;un pour l&#8217;autre.</p>
<p>Si nous voulons affirmer des positions, nous voulons aussi prendre le temps de la conversation et de l&#8217;échange, nous mettre d&#8217;accord sur nos accords et nos désaccords, donner et recevoir à penser, soutenir la pensée depuis toutes les places et non penser à la place de.</p>
<p>Si nous voulons prendre la parole, nous voulons surtout engager les batailles d&#8217;idées nécessaires afin de déplacer les questions et les clivages des débats dans nos Eglises et dans la société.</p>
<p>Si nous voulons réfléchir, nous voulons autant agir, encourager à l&#8217;action, échanger sur nos expériences de terrain, contribuer ici et maintenant aux changements nécessaires, en ne nous interdisant aucun des moyens de la non-violence, de sa logique de surabondance prophétique et de désobéissance aimante.</p>
<p>Une invitation est lancée à nous relancer dans cette épopée commune : publiquement, dire notre espérance et agir en conséquence. Nous répondons à l&#8217;invitation et nous vous invitons à y répondre : pour que se démultiplient les « communes théologiques » !</p>
<p>Quiconque se reconnaissant dans le Christianisme Social. Il est minuit dans l&#8217;ordre social. Quelqu&#8217;un frappe à la porte.</p>
<p>le groupe de rédaction de ce texte* vous invite à <a href="http://lapetition.be/en-ligne/petition-7297.html" target="_blank">signer cet appel</a> qui devrait être publié dans un organe de presse protestant début juin. En laissant vos coordonnées, vous serez également tenu au courant de la suite des événements.</p>
<p>Une première rencontre aura lieu le 02/10/2010 à Paris.</p>
<p>* Olivier Abel, Jacqueline Amphoux, Roberto Beltrami, Christian Bouzy, Pierre Bühler, Diane Barraud, Olivier Brès, Héloïse Duché, Laurent Gagnebin, Mathieu Gervais, Sebastien Heintz, Alain Houziaux, Stéphane Lavignotte, Olivier Maes, Pierre-Olivier Monteil, Jean-Paul Nunez, Yves Parrend, Raphaël Picon, Yves Quetin, Jean-Pierre Rive, Pierre Strauss, Robin Sautter, Jean-Pierre Thévenaz, Marion Véziant-Rolland, Antoine Rolland, Pierre Vergniol, Joseph Zysiadis, et d&#8217;autres personnes&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le temps est venu de montrer l’actualité de l’Evangile pour le monde d’aujourd’hui</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 08:57:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[ Les Réseaux du Parvis vous invitent à un Rassemblement à Lyon les jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2010, suivi de l’Assemblée Générale de Parvis le samedi 13 Engagés dans le dynamisme de projets convergents sur le plan européen et au niveau international, nous nous rassemblons pour revivifier en nous les intuitions de l’Evangile et, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis2.png"><img class="size-full wp-image-2518 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis2.png" alt="" width="153" height="180" /></a></h1>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong></strong><strong>Les</strong> <strong>Réseaux du Parvis vous invitent à un Rassemblement à Lyon<br />
</strong><strong>les jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2010, </strong><strong>suivi de l’Assemblée Générale de Parvis le samedi 13<span id="more-2521"></span></strong></p>
<p style="text-align: left;">Engagés dans le dynamisme de projets convergents sur le plan européen et au niveau international, nous nous rassemblons pour <strong>revivifier</strong> en nous les intuitions de l’Evangile et, ainsi, éclairer notre parcours, pour <strong>tisser</strong> des liens et nous enrichir mutuellement, pour <strong>manifester</strong> notre détermination à <strong>construire</strong>, avec d&#8217;autres, un monde plus digne pour notre humanité. </p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le programme de ces deux jours comprendra :  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de conférences et de débats</span></strong> autour des thèmes suivants :  </p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L’évangile dans notre vie personnelle et communautaire pour aujourd’hui et demain avec Lytta Basset théologienne protestante et Gabriel Ringlet, théologien catholique.</li>
<li>Dans le monde d’aujourd’hui, quelle place pour Dieu ? avec Denis Pelletier, historien et Raphaël Picon, théologien protestant.</li>
<li>Une table ronde sur le thème : « Nos convictions et nos pratiques pour construire un monde plus juste et plus solidaire dans le respect de la Terre et des droits de l’Homme », avec la participation d’acteurs d’ATD Quart Monde, de la Cimade, de France Nature Environnement, de la JOC.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>  </p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de travail en petits groupes</span></strong> (‘<em>ateliers</em>’) qui auront deux objectifs :  </p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Elaborer un ‘<strong><em>Manifeste</em></strong>’ qui sera rédigé à partir des réflexions et des propositions des ateliers, et qui conduira à une proclamation finale.</li>
<li>Se retrouver autour de thèmes d’actualité (Société et Environnement, Eglise du 21<sup>è</sup> siècle ?, Evangile aujourd’hui, Spiritualités&#8230;).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Des temps de forum et des temps d’échanges libres</span></strong> dans des espaces d’expressions de nos associations et d’autres groupes présents.  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Un rassemblement hors les murs</span></strong> sur le Parvis de Fourvière pour proclamer le texte du ‘<strong><em>Manifeste</em></strong>’, le vendredi à partir de 18H30.  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cet événement aura lieu au « Domaine Lyon Saint Joseph » à Sainte Foy lès Lyon (à l’Ouest de Lyon, site Internet <a href="http://www.domaine-lyon-saint-joseph.fr">www.domaine-lyon-saint-joseph.fr</a> tel 04 78 59 22 35), où pourront être hébergés les premiers inscrits (d’autres lieux d’hébergements sont aussi prévus).  </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez solliciter, sur la fiche d’inscription, une aide de la fédération « Réseau du Parvis » afin que personne ne soit empêché de venir pour une question financière.  </p>
<p><strong>INSCRIVEZ-VOUS RAPIDEMENT !!</strong> <strong> </strong>  </p>
<p><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Inscription-1.pdf">Inscription (1)</a></strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Connaissez-vous Sabîl ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/04/15/connaissez-vous-sabil/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Apr 2010 09:01:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nsae.fr/?p=2549</guid>
		<description><![CDATA[Chaque jeudi à midi, heure de Jérusalem, l&#8217;association théologique palestinienne Sabîl organise une célébration de communion œcuménique. C&#8217;est le temps de célébrer l’eucharistie, examiner comment les écritures s’appliquent à la vie en Palestine aujourd’hui et prier pour les besoins particuliers de la région. Dans leurs fuseaux horaires respectifs, des individus et des groupes partout dans le monde [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque jeudi à midi, heure de Jérusalem, l&#8217;association théologique palestinienne <a href="http://www.sabeel.org" target="_blank">Sabîl</a> organise une célébration de communion œcuménique. C&#8217;est le temps de célébrer l’eucharistie, examiner comment les écritures s’appliquent à la vie en Palestine aujourd’hui et prier pour les besoins particuliers de la région. Dans leurs fuseaux horaires respectifs, des individus et des groupes partout dans le monde prient en union avec eux<span id="more-2549"></span>, en solidarité avec Sabîl à Jérusalem, des “Amis de Sabîl” et des artisans de paix partout dans le monde. Partant de l’Australie, traversant la Palestine et tout autour du monde ils prieront pour la paix dans la justice et porteront leur attention sur des questions locales et mondiales chaque semaine.</p>
<h3>Vague de prière pour le jeudi 15 avril 2010</h3>
<p>1) Un ordre militaire israélien qui vient d’être révélé et prend effet cette semaine permet la déportation ou l’expulsion de la Cisjordanie de dizaines de milliers de gens. Des Palestiniens nés à Gaza, des conjoints de Palestiniens nés à l’étranger, des militants internationaux semblent devoir être les premières cibles de la police mais la formulation ambiguë de cet ordre met en danger la presque totalité de la population de Cisjordanie. Prions pour que cette injustice soit arrêtée avant que des familles et des communautés ne soient démembrées. Pour plus d’information (en anglais), vous pouvez consulter le site de <a href="http://www.haaretz.com/hasen/spages/1162075.html" target="_blank">Haaretz</a> ainsi que celui de <a href="http://www.hamoked.org.il/news_main_en.asp?id=901" target="_blank">Hamoked</a>.</p>
<p>2) Le 17 avril est “le jour des prisonniers” en Palestine. Ce jour là, nous nous souvenons qu’il y a actuellement près de 8.000 Palestiniens dans les geôles israéliennes, y compris les 259 personnes maintenues en “détention administrative” sans inculpation ni jugement et 337 mineurs (dont 41 ont moins de 16 ans). Actuellement, de nombreux prisonniers observent une grève de la faim pour attirer l’attention sur les mauvaises conditions auxquelles ils sont soumis. Prions pour que leur message soit entendu par ceux qui exercent le pouvoir. Puissent-ils trouver soulagement et justice.</p>
<p>3) Cette semaine est un moment de transition pour les Amis de Sabîl du Royaume-Uni. Anne Clayton va assurer le rôle de coordination à la suite de Jennifer Oldershow. Nous sommes très reconnaissants à Jennifer pour les cinq années qu’elle a consacrées à ce service et nous sommes heureux de travailler avec Anne au cours des prochaines années. Nous remercions Dieu pour le témoignage des Amis de Sabîl du Royaume-Uni et les autres groupes d’Amis de Sabîl dans le monde.</p>
<p>4) Au moment ou prend fin la visite des témoins anglophones de Sabîl et celle des témoins de Sabîl des Pays-Bas, prions pour les douzaines de participants qui vont bientôt rentrer chez eux partager ce qu’ils ont vécu. Puissent-ils trouver des moyens forts de sensibiliser leurs familles et leurs amis au besoin d’une paix juste en Palestine et en Israël.</p>
<p>Cette semaine, nous nous associons à la prière du Conseil Œcuménique des Églises pour le Japon,la Corée du Nord, la Corée du Sud et Taiwan.</p>
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		<title>La célébration eucharistique</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 14:32:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« La célébration eucharistique est aussi vieille que l&#8217;Église. &#8220;L&#8217;Église fait l&#8217;Eucharistie, l&#8217;Eucharistie fait l&#8217;Église&#8221; dit le père de Lubac. Sans eucharistie, il n&#8217;y a pas d&#8217;Église, sans l&#8217;Église il n&#8217;y a pas d&#8217;eucharistie. La vie de l&#8217;Église ne se conçoit pas sans l&#8217;eucharistie. Pourquoi est-elle si importante ? » C&#8217;est la question dont était partie Laure [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1945" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/106jpg.jpeg" alt="106jpg" width="319" height="258" /></p>
<p style="text-align: justify;">« La célébration eucharistique est aussi vieille que l&#8217;Église. &#8220;<em>L&#8217;Église fait l&#8217;Eucharistie, l&#8217;Eucharistie fait l&#8217;Église&#8221; </em>dit le père de Lubac. Sans eucharistie, il n&#8217;y a pas d&#8217;Église, sans l&#8217;Église il n&#8217;y a pas d&#8217;eucharistie. La vie de l&#8217;Église ne se conçoit pas sans l&#8217;eucharistie. Pourquoi est-elle si importante ? »</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la question dont était partie Laure Caumont dans une série d&#8217;interventions qu&#8217;elle fit au sein du collectif Paris-Ile de France et qui viennent d&#8217;être rassemblées dans un fascicule que publie NSAE.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une première partie, elle y montre la spécificité, le caractère propre de la célébration chrétienne par rapport aux autres célébrations, en cherchant ce qui l&#8217;enracine profondément dans l&#8217;humain : la notion de sacré, les rites, les symboles utilisés, et en quoi elle est différente parce qu&#8217;elle nous entraîne dans une autre manière de croire en Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la seconde, elle suit l&#8217;évolution de la célébration eucharistique dans l&#8217;histoire et repère, à travers les siècles, les continuités et les déviations apparues en raison des liens entre l&#8217;Église et le monde, que les études de l&#8217;histoire et de l&#8217;exégèse permettent désormais de déceler et de comprendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous en présentons ci-dessous quelques courts extraits.<a name="_ftnref1"></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>La liturgie, une autre façon de faire de la théologie. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme telle elle revêt une importance décisive pour la vie de l&#8217;Église. On se souvient que lors du Concile Vatican II, les premiers textes soumis à l&#8217;Assemblée furent renvoyés en commission pour insuffisance. Afin d&#8217;occuper les Pères, on décida de discuter de la liturgie qui ne devait pas poser de problème. Or dès les premières discussions, on assista à l&#8217;affrontement entre les tenants de la liturgie en usage et les partisans d&#8217;une liturgie tenant compte des recherches de l&#8217;exégèse et de l&#8217;Histoire qui permettaient de retrouver la véritable Tradition, celle qui nous vient de Jésus et des premières communautés chrétiennes. Autrement dit, on retrouvait à propos de la liturgie, l&#8217;opposition entre ceux qui voulaient réformer l&#8217;Église en profondeur et les « conservateurs ». Ce n&#8217;était pas une question de latin ou de génuflexions, mais une remise en cause de la conception des rapports des chrétiens avec le monde et avec Dieu. C&#8217;est pourquoi il est essentiel de se pencher sur les origines et les évolutions de la liturgie et en particulier celles de la célébration eucharistique pour comprendre les véritables enjeux du conflit avec les lefebvristes et avec le Vatican qui leur prête aujourd&#8217;hui une oreille trop complaisante.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Christianisme et sacré primordial</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les circonstances historiques ont amené l&#8217;Église à revenir à une forme de sacré, s&#8217;apparentant aux conceptions du « sacré Primordial » qui viennent du plus lointain de l&#8217;humanité ; et finalement à une pensée archaïque que la prédication de Jésus, dans la ligne des prophètes d&#8217;Israël, avait dépassée et contestée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Prendre conscience de la différence entre « prier » et « célébrer ». </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« On ne vient pas à la messe pour prier mais pour célébrer ». Cette affirmation d&#8217;un liturgiste est une manière un peu brutale de dire la différence entre la prière privée et la prière publique. Ce n&#8217;est pas une question de qualité de la foi mais de statut de la prière. Quand on est en dehors de la communauté, on prie comme on veut, où on veut, dans l&#8217;attitude qu&#8217;on veut, le temps qu&#8217;on veut. Même la méditation de l&#8217;Évangile en équipe est privée. Par contre, la célébration eucharistique, la messe, est publique. On peut dire que la liturgie est la « fonction publique » de l&#8217;Église, peuple de Dieu, et comme telle elle obéit à des règles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La liturgie est la fonction publique de l&#8217;Église </strong></p>
<p style="text-align: justify;">On ne veut pas dire par là que les membres du clergé soient des « fonctionnaires de Dieu ». Cette image doit être corrigée par le fait que ce n&#8217;est pas le clergé qui célèbre &#8211; même si cette idée demeure dans beaucoup d&#8217;esprits &#8211; mais le peuple de Dieu tout entier qui exerce la fonction sacerdotale. Il est « prêtre, prophète et roi » par le baptême qui nous a incorporés au Christ. C&#8217;est le peuple chrétien tout entier qui offre le nouveau « sacrifice », entendu non comme la mort sanglante du Christ censée satisfaire un Dieu irrité comme le chantait « Minuit chrétien » mais une vie entière donnée à Dieu et aux autres, jusqu&#8217;à la mort, celle du Christ comme la nôtre. C&#8217;est l&#8217;Église toute entière qui prend en charge cet acte.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;eucharistie n&#8217;est pas quelque chose dont on parle mais quelque chose que l&#8217;on fait</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Faites ceci en mémoire de moi. </em>» Quand Vatican II utilise l&#8217;expression « action liturgique », c&#8217;est un pléonasme mais un pléonasme volontaire pour bien faire comprendre que la liturgie mobilise toute l&#8217;activité de ceux qui sont présents. On n&#8217;assiste pas, on ne participe même pas on « célèbre ». Il a fallu changer des mentalités qui ont duré plusieurs siècles pour retrouver le sens profond de la célébration. Ce n&#8217;est pas pour revenir en arrière aujourd&#8217;hui !</p>
<p style="text-align: justify;">
<hr size="1" /><a name="_ftn1"></a> Pour plus d&#8217;informations sur le fascicule et la façon de se le procurer, s&#8217;adresser à NSAE, 68 rue de Babylone, 75007 Paris ; tel : 01 45 51 57 13</p>
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		<title>La vie mêlée, lieu de la révélation chrétienne par Etienne Grieu</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 17:53:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Que les combats de la solidarité et de la justice coïncident avec le cœur de la vie d&#8217;un croyant n&#8217;a rien d&#8217;évident. Spontanément, en effet, nous cherchons la source de la foi du côté d&#8217;une expérience pure, une expérience où il ne soit question que de Dieu : pouvoir le contempler face à face, indépendamment de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-1892 alignleft" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/56_htmlarea_perso_11964_181.jpg" alt="56_htmlarea_perso_11964_181" width="77" height="88" />Que les combats de la solidarité et de la justice coïncident avec le cœur de la vie d&#8217;un croyant n&#8217;a rien d&#8217;évident. Spontanément, en effet, nous cherchons la source de la foi du côté d&#8217;une expérience pure, une expérience où il ne soit question que de Dieu : pouvoir le contempler face à face, indépendamment de tout ce qui d&#8217;habitude brouille ce cœur à cœur. Quitte à simplifier beaucoup, on pourrait dire que pour les protestants, cette source pure serait du côté des Ecritures, pour nombre de catholiques, auprès des Sacrements, et pour les orthodoxes, dans la Liturgie (on doit alors ganter ces mots de majuscules). Evidemment, si l&#8217;on prend ce critère, l&#8217;action caritative et les démarches militantes arrivent loin derrière. Elles partent en effet avec un sérieux handicap : le social, et a fortiori le politique, sont des domaines de tensions, de conflits d&#8217;intérêts, voire de violence. Rien de pur en ce domaine ; ou plutôt, presque rien. Car le pur y fait malgré tout de rares apparitions, mais il est alors à coup sûr affublé d&#8217;un acolyte patibulaire : l&#8217;adjectif « dur » vient compenser sa fragilité native. On parle alors de « pur et dur » ; et aussitôt, tout le monde ne pense plus qu&#8217;à chercher la porte de sortie pour les laisser, ces deux-là, faire leur numéro, qui en général se termine mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Reconnaître l&#8217;engagement social comme lieu source pour la foi invite à admettre que dans notre religion, il n&#8217;y a rien de pur. Rien que l&#8217;on puisse opposer de manière franche et nette à un « impur » qui serait, lui, radicalement inapte à recevoir la visite de Dieu. Etonnant ? Pas du tout. Le lieu naturel de la révélation chrétienne, c&#8217;est la vie mêlée : celle où tout est mélangé, où l&#8217;on ne comprend pas grand-chose, où l&#8217;on est souvent déçu, où l&#8217;on ne sort jamais tout à fait des malentendus et des tensions. Jésus, le Galiléen, était en ces lieux-là comme un poisson dans l&#8217;eau et savait y reconnaître le don du Père.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est que la vie divine est bien autre chose, pour les chrétiens, qu&#8217;un morceau de Ciel tombé sur terre. Tout comme le récit biblique, elle passe par les hommes, y compris par leurs soifs, leurs tâtonnements et leurs erreurs. Rien d&#8217;étonnant, dès lors, que la « vie mêlée » soit son lieu de prédilection. Pour sentir en ouvrant ses mains la promesse d&#8217;une réconciliation, il faut avoir serré les poings ; pour se livrer à la parole heureuse, il faut savoir quel peut être le poids du silence ; pour entendre les appels comme une promesse, il faut connaître la tentation de rester sourd. Dans l&#8217;icône de la résurrection, on voit le Christ qui, sans doute d&#8217;un grand coup d&#8217;épaule, a fracassé les portes du séjour des morts. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il ouvre dans l&#8217;humanité un passage vers le Père : en faisant voler en éclats les verrous et les barres. Du coup, tout ce qui nous divise, nous sépare, nous oppose, tout ce qui est injuste ou blessant peut être vu comme ce qui appelle le passage de Dieu. Se tenir en ces lieux difficiles, c&#8217;est se porter à un rendez-vous en un endroit insolite, et signifier par sa simple attente qu&#8217;ici, une rencontre doit advenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Raisonner en ces termes conduit à élargir le spectre de ce qui sous-tend l&#8217;engagement des croyants. Lorsque je prends au sérieux la vie de mon quartier, de ma commune, de mon entreprise, lorsque je me dépense pour une association ou une section syndicale, ce n&#8217;est pas seulement pour être au clair avec moi-même et réjouir ma conscience. Loin d&#8217;être une simple question de cohérence et d&#8217;éthique, on peut y déceler aussi un rendez-vous d&#8217;ordre « sacramentel », un rendez-vous avec Celui qui sait trouver des passages là où l&#8217;humanité se complique. Si j&#8217;ai compris cela alors, lorsque je me tiendrai à l&#8217;église devant l&#8217;autel, ce qui s&#8217;y célèbre prendra un tout autre relief. L&#8217;eucharistie pourra être reçue comme le signe vivant d&#8217;un chemin ouvert au cœur des pires fermetures.</p>
<p style="text-align: justify;">Facile à dire, mais comment faire ? Qu&#8217;est-ce qui peut aider les chrétiens engagés dans la vie publique à vivre leurs combats, grands et petits, comme un rendez-vous avec le Christ ? Cela suppose certainement de ne pas vivre cela seul, mais de trouver les occasions pour le partager avec d&#8217;autres. Et naturellement, se laisser travailler par la Parole de Dieu (lecture de la Bible), façonner par les gestes du Christ (célébration des sacrements) ou accueillir dans l&#8217;amour de Dieu (prière) peut aussi beaucoup aider. Vaste programme ! Trop lourd, trop chargé pour des personnes qui ont peu de temps. Mais en même temps, ce tricotage patient de la vie publique avec la quête de Dieu ne peut pas être l&#8217;affaire des seuls chrétiens engagés dans la cité ; c&#8217;est toute l&#8217;Eglise qui est appelée à entrer dans cette sorte de conversation où l&#8217;on trouve les mots et les expressions pour dire comment notre vie, sur ses lieux les plus risqués, a été touchée par le Christ. Lorsqu&#8217;une communauté ou une paroisse s&#8217;engage sur ce chemin, elle trouvera certainement des gestes, des manières d&#8217;être, pour dire la joie de cette rencontre et de cette attente. Ceux qui en son sein font davantage l&#8217;expérience de l&#8217;engagement social pourront en bénéficier, et se sentiront à l&#8217;aise pour partager ce qu&#8217;ils vivent, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre. En retour, l&#8217;Eglise y gagnera beaucoup, elle aussi : le visage de son Christ s&#8217;en trouvera enrichi, certains de ses traits prendront du relief ou se chargeront de couleurs vives. Les liens tissés dans l&#8217;humanité n&#8217;ont pas fini de nous Le faire redécouvrir.</p>
<p style="text-align: justify;"><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span>Etienne Grieu est professeur de théologie au Centre Sèvres.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p style="text-align: justify;">Pour citer cette page</p>
<p style="text-align: justify;">Etienne Grieu et Bertrand Cassaigne, « Quand la foi est sociale&#8230; », Ceras &#8211; revue <em>Projet</em> n°296, Janvier 2007. URL : http://www.ceras-projet.com/index.php?id=567.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>L&#8217;amour dans la vérité  &#8211; Lecture du CCFD</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/10/15/lamour-dans-la-verite-lecture-du-ccfd/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 13:10:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une encyclique est un chapitre important dans l&#8217;histoire de l&#8217;Église et peut-être aussi du monde. La parole du Pape sur les questions sociales est attendue, c&#8217;est un événement. Benoît XVI, comme ses trois prédécesseurs, écrit non seulement pour les catholiques mais pour tous « les hommes de bonne volonté. » Aborder une encyclique demande d&#8217;avoir trois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Une encyclique est un chapitre important dans l&#8217;histoire de l&#8217;Église et peut-être aussi du monde. La parole du Pape sur les questions sociales est attendue, c&#8217;est un événement. Benoît XVI, comme ses trois prédécesseurs, écrit non seulement pour les catholiques mais pour tous « les hommes de bonne volonté. » Aborder une encyclique demande d&#8217;avoir trois éléments à l&#8217;esprit : l&#8217;état du monde au moment où elle est publiée, la situation de l&#8217;Église à la même période et la personnalité du Pape qui en est l&#8217;auteur.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p><strong>Dans la ligne de Vatican II et de Populorum progressio</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« L&#8217;amour dans la vérité » s&#8217;inscrit dans la tradition des grandes encycliques sociales et Benoît XVI situe son magistère social dans la ligne de l&#8217;enseignement de Paul VI et dans le prolongement de Vatican II: « <em>Le Concile a approfondi tout ce qui appartient depuis toujours à la vérité de la foi, c&#8217;est-à-dire que l&#8217;Église qui est au service de Dieu est au service du monde selon les critères de l&#8217;amour et de la vérité </em>» (n°11). Le premier chapitre est une commémoration chaleureuse de Populorum progressio. Ne cite-t-il  pas plus de 40 fois cette encyclique publiée en 1967 pour en souligner la pertinence, l&#8217;actualité et la nécessité de l&#8217;adapter aux réalités nouvelles ?</p>
<p><strong>Quelques rappels</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;encyclique souligne en premier lieu l&#8217;extrême dignité de la personne humaine. Elle montre que si la charité (c&#8217;est-à-dire l&#8217;amour et non l&#8217;attitude paternaliste qu&#8217;on discerne parfois dans les œuvres dites de charité) dépasse la justice, elle ne supprime en rien cette exigence: « <em>Qui aime les autres avec charité est d&#8217;abord juste envers eux </em>» (n°6). Cette affirmation reprend des propos de Pères de l&#8217;Église comme St Ambroise (340-397) ou St Grégoire le Grand (540-604). Benoît XVI fait aussi référence au bien commun : « <em>On aime d&#8217;autant plus efficacement le prochain que l&#8217;on travaille davantage au bien commun qui répond également à ses besoins réels </em>» (n°7).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le chapitre « Le développement humain aujourd&#8217;hui », tout partisan du développement de tous les hommes et de tout l&#8217;homme, trouvera de quoi vivifier son action. Le Pape insiste sur les « <em>déséquilibres et les problèmes dramatiques mis davantage en relief par l&#8217;actuelle situation de crise</em> ». Il propose un axe central pour toute l&#8217;action économique et financière : « <em>La visée exclusive du profit, (&#8230;) s&#8217;il n&#8217;a pas le bien commun comme but ultime, risque de détruire la richesse et d&#8217;engendrer la pauvreté. </em>» (21).</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenant les accents dramatiques de l&#8217;appel de Jean XXIII en 1961 (d&#8217;où naîtra le futur CCFD), l&#8217;analyse du Pape se fait pressante : « <em>Donner à manger aux affamés »</em> (Math.25) <em>est un impératif éthique pour l&#8217;Église universelle&#8230; La faim ne dépend pas tant d&#8217;une carence de ressources matérielles que d&#8217;une carence de ressources sociales, la plus importante d&#8217;entre elles étant de nature institutionnelle </em>». Le cap proposé, l&#8217;encyclique fixe clairement la direction : «  <em>Le problème de l&#8217;insécurité alimentaire doit être affronté dans une perspective à long terme, en éliminant les causes structurelles qui en sont à l&#8217;origine. </em>» (27).</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, en soulignant un souci exprimé à plusieurs reprises dans ce texte, le Pape propose une manière de faire : « <em>Tout cela doit être réalisé en impliquant les communautés locales dans les choix et les décisions</em>. » (27). Cette recommandation illustre le principe de subsidiarité, l&#8217;un des aspects importants de la pensée sociale de l&#8217;Église catholique.</p>
<p><strong>Des accents nouveaux</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Benoît XVI appelle à des comportements nouveaux, car «<em> le cadre du développement est aujourd&#8217;hui multipolaire </em>» et « <em>la société toujours plus globalisée nous rapproche mais elle ne nous rend pas frères </em>» (n°19). Les paragraphes de 21 à 37 analysent les dysfonctionnements existants et proposent non des « <em>solutions techniques car ce n&#8217;est pas le rôle de l&#8217;Église </em>» (n°9), mais des orientations d&#8217;action.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut citer par exemple les migrations, dont le pape parle en termes à la fois exigeants et opérationnels : « Tout migrant est une personne humaine, qui en tant que telle possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toutes circonstances. » (62). Cette question, ainsi que d&#8217;autres abordées par l&#8217;encyclique, exigent des réactions tant nationales qu&#8217;internationales. Le pape met la communauté des peuples et des nations devant ses responsabilités et appelle à la mise en œuvre d&#8217;une véritable gouvernance mondiale : « <em>Pour le gouvernement de l&#8217;économie mondiale&#8230; pour réguler les flux migratoires&#8230; pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix,il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale&#8230; </em>» (67)</p>
<p style="text-align: justify;">On peut citer aussi la nécessité d&#8217;une utilisation éthique de l&#8217;outil financier, la microfinance, le sens de la gratuité en économie. Autant de thèmes à approfondir au cœur de l&#8217;action.</p>
<p><strong>Quelques regrets</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout en invitant vivement à sa lecture, on peut tout d&#8217;abord regretter que certains passages du texte ne soient pas toujours faciles d&#8217;accès.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si plusieurs paragraphes sont consacrés à l&#8217;écologie et ouvrent la perspective d&#8217;une « <em>écologie humaine </em>», dans laquelle l&#8217;environnement et la vie font un tout, il est probable que ceux que préoccupe le développement durable seront un peu déçus. Comment penser l&#8217;avenir de la planète dans un monde qui connaît tant de bouleversements de toutes natures ? Le concept même de développement n&#8217;est-il pas remis en cause aujourd&#8217;hui par des « <em>hommes de bonne volonté </em>» ? En tout cas, l&#8217;interrogation sur la croissance économique, sa finalité, sa réalisation, semble devoir être approfondie. Le moment n&#8217;est-il pas venu pour toutes nos sociétés de faire des choix difficiles à ce sujet ?</p>
<p style="text-align: justify;">De même, certains considéreront que les questions démographiques sont abordées de manière trop étroite, comme si la crainte de voir le respect de la vie bafouée et la sexualité pervertie par l&#8217;hédonisme ambiant, empêchait que soient sérieusement traités les problèmes d&#8217;éthique sociale que posent aujourd&#8217;hui l&#8217;accroissement même ralenti de la population de la planète et celui encore fort  des pays les plus pauvres.</p>
<p><strong>La vérité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;aspect le plus spécifique de l&#8217;encyclique se lit dans son titre : « <em>L&#8217;amour dans la vérité </em>». Benoît XVI prolonge et complète sa précédente encyclique :« <em>Dieu est amour </em>» (cf. le n° 6/2009 de Documents épiscopat). « <em>Il faut conjuguer amour et vérité, non seulement dans la direction indiquée par St Paul, celle de la vérité dans la charité mais aussi dans celle, inverse et complémentaire, de la charité dans la vérité </em>» (n°3). Cette référence à la vérité et à son lien avec l&#8217;amour constitue l&#8217;essentiel de la longue introduction de l&#8217;encyclique. Benoît XVI dit avec fermeté que la source de l&#8217;amour est en Dieu et que « <em>Dieu lui-même est la vérité </em>» (n°1). Il écrit dans la conclusion que «<em> l&#8217;humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain </em>». Alors qu&#8217;il s&#8217;adresse « <em>à tous les hommes de bonne volonté </em>» la radicalité de cette expression ne risque-t-elle pas de décourager le lecteur peu averti, de blesser ceux qui n&#8217;ont pas la foi, mais agissent eux aussi pour que la justice et l&#8217;amour progressent dans les relations entre les hommes et dans le monde ? Le nécessaire dialogue auquel le Pape appelle par ailleurs ne sera-t-il pas plus difficile ? Le Pape fait référence à Gaudium et spes (l&#8217;Église dans le monde de ce temps) du Concile Vatican II (n°11). Ce texte induit une manière de vivre les relations entre l&#8217;Église et le monde tout autre : un dialogue avec le monde, à l&#8217;opposé de celle qu&#8217;exprime l&#8217;expression d&#8217;un humanisme qui serait inhumain sans Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les hommes de bonne volonté s&#8217;accorderont sur l&#8217;utilité qu&#8217;il y a à fonder le développement des peuples sur « <em>une vision métaphysique de la relation entre les personnes </em>» (53). Pour les chrétiens, la plénitude de l&#8217;amour est en Dieu. C&#8217;est auprès de Lui qu&#8217;ils trouvent la force immense de l&#8217;espérance et le courage de continuer à croire en l&#8217;amour et à le vivre, malgré les blessures personnelles et les blessures du monde. Tous ceux qui considèrent qu&#8217;une des tâches des chrétiens aujourd&#8217;hui est de dire et de vivre l&#8217;espérance trouveront dans ce texte de quoi nourrir largement leur réflexion, leur méditation et leur action. La crise aiguë que connaît actuellement la mondialisation rend évidente l&#8217;exigence d&#8217;une conscience morale renouvelée.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Pape a fait son « travail ». À chacun maintenant de le poursuivre en l&#8217;incarnant et en relevant avec tous le défi du développement vrai.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Guy Aurenche</strong>, président du CCFD-Terre Solidaire.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>René Valette</strong>, ancien président du CCFD-Terre Solidaire (1992 à 1995).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1561 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/10/logo_ccfd.gif" alt="" width="90" height="106" /></p>
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		<title>L&#8217;acte juste</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 13:11:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne détruit pas les ténèbres en luttant contre elles, mais en allumant la lumière.On ne détruit pas le mal en luttant contre lui, mais en faisant le bien. On ne détruit pas la haine ou la peur en s&#8217;acharnant contre elles, mais en laissant monter la tendresse-amour. C&#8217;est en allant vers l&#8217;est que l&#8217;on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On ne détruit pas les ténèbres en luttant contre elles, mais en allumant la lumière.On ne détruit pas le mal en luttant contre lui, mais en faisant le bien.</p>
<p>On ne détruit pas la haine ou la peur en s&#8217;acharnant contre elles, mais en laissant monter la tendresse-amour.</p>
<p>C&#8217;est en allant vers l&#8217;est que l&#8217;on s&#8217;éloigne de l&#8217;ouest.</p>
<p>C&#8217;est en allant vers plus de vie qu&#8217;on dépasse la mort.</p>
<p>C&#8217;est en allant vers ce qui dure qu&#8217;on est libre de ce qui ne dure pas.</p>
<p><strong>Auteur : Placide Gaboury, <em>Paroles pour le coeur</em></strong></p>
<p><div id="attachment_355" class="wp-caption aligncenter" style="width: 110px"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/placide-gaboury.jpg"><img class="size-medium wp-image-355" title="placide-gaboury" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/placide-gaboury.jpg" alt="Placide Gaboury" width="100" height="136" /></a><p class="wp-caption-text">Placide Gaboury</p></div></p>
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		<title>Une légende hindoue à méditer</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 13:09:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une vieille légende hindoue raconte qu&#8217;il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une vieille légende hindoue raconte qu&#8217;il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette. Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : &#8220;Enterrons la divinité de l&#8217;homme dans la terre.&#8221; Mais Brahma répondit : &#8220;Non, cela ne suffit pas, car l&#8217;homme creusera et la trouvera.&#8221;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/12/brahma.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-421" title="brahma" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/12/brahma.jpg" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/le-dieu-brahma.jpg"></a></p>
<p>Alors les dieux répliquèrent : &#8220;Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.&#8221;</p>
<p>Mais Brahma répondit à nouveau : &#8220;Non, car tôt ou tard, l&#8217;homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu&#8217;un jour, il la trouvera et la remontera à la surface.&#8221;</p>
<p>Alors les dieux mineurs conclurent : &#8220;Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d&#8217;endroit que l&#8217;homme ne puisse atteindre un jour.&#8221;</p>
<p>Alors Brahma dit : &#8220;Voici ce que nous ferons de la divinité de l&#8217;homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c&#8217;est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.&#8221;</p>
<p>Depuis ce temps-là, conclut la légende, l&#8217;homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.</p>
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		<title>Tu seras un homme mon fils, de Rudyard Kipling</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2008/10/12/tu-seras-un-homme-mon-fils-de-rudyard-kipling/</link>
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		<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 13:08:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[Si tu peux voir détruit l&#8217;ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou, perdre d&#8217;un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être fou d&#8217;amour, Si tu peux être fort sans cesser d&#8217;être tendre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si tu peux voir détruit l&#8217;ouvrage de ta vie<br />
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,<br />
Ou, perdre d&#8217;un seul coup le gain de cent parties<br />
Sans un geste et sans un soupir ;</p>
<p>Si tu peux être amant sans être fou d&#8217;amour,<br />
Si tu peux être fort sans cesser d&#8217;être tendre<br />
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,<br />
Pourtant lutter et te défendre ;</p>
<p>Si tu peux supporter d&#8217;entendre tes paroles<br />
Travesties par des gueux pour exciter des sots,<br />
Et d&#8217;entendre mentir sur toi leur bouche folle,<br />
Sans mentir toi-même d&#8217;un seul mot ;</p>
<p>Si tu peux rester digne en étant populaire,<br />
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois<br />
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère<br />
Sans qu&#8217;aucun d&#8217;eux soit tout pour toi ;</p>
<p>Si tu sais méditer, observer et connaître<br />
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;<br />
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,<br />
Penser sans n&#8217;être qu&#8217;un penseur ;</p>
<p>Si tu peux être dur sans jamais être en rage,<br />
Si tu peux être brave et jamais imprudent,<br />
Si tu sais être bon, si tu sais être sage<br />
Sans être moral ni pédant ;</p>
<p>Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite<br />
Et recevoir ces deux menteurs d&#8217;un même front,<br />
Si tu peux conserver ton courage et ta tête<br />
Quand tous les autres les perdront,</p>
<p>Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire<br />
Seront à tout jamais tes esclaves soumis<br />
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,</p>
<p>Tu seras un Homme, mon fils.</p>
<p>Auteur : Rudyard Kipling</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/rudyard-kipling.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-366" title="rudyard-kipling" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/11/rudyard-kipling.jpg" alt="Rudyard Kipling" /></a></p>
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		<title>ESSAI LA FOI CHRETIENNE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2007/11/06/essai2-la-foi-chretienne/</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Nov 2007 10:16:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>
		<category><![CDATA[eglise]]></category>
		<category><![CDATA[foi]]></category>
		<category><![CDATA[jesus]]></category>

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		<description><![CDATA[La foi chrétienne : chemin d&#8217;humanisation transcription résumée de la conférence de Y. BURDELOT tenue à Montpellier le 2 juin 2004 à l&#8217;invitation de : CIME, NSAE34 et les Amis de La Vie. Introduction: La foi chrétienne peut être chemin d&#8217;humanisation Est-il possible aujourd&#8217;hui d&#8217;être croyant et intelligent car notre christianisme est devenu incrédible aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La foi chrétienne : chemin d&#8217;humanisation</p>
<p>transcription résumée de la conférence de Y. BURDELOT<br />
tenue à Montpellier le 2 juin 2004 à l&#8217;invitation de : CIME, NSAE34 et les Amis de La Vie.<br />
Introduction:<br />
La foi chrétienne peut être chemin d&#8217;humanisation<br />
Est-il possible aujourd&#8217;hui d&#8217;être croyant et intelligent car notre christianisme est devenu incrédible aux yeux du grand nombre, et la foi à laquelle je suis attaché est à la fois inaudible;  (tous les mots et termes sont usés et ils ont, dans la conscience de  ceux à qui on en parle, une toute autre signification que celle que j&#8217;aimerais leur donner ) &#8211; et ineffable. Or une des grandes requêtes de notre temps, qui est simple et vaut dans tous les domaines, est : &#8220;Tu dis ça mais que veux- tu dire ?&#8221; .C&#8217;est aux croyants de vérifier ce qu&#8217;ils disent et de se demander si ça leur paraît encore crédible; c&#8217;est la recherche du sens, et l&#8217;appel à devenir humain est une question que nous pouvons partager avec un grand nombre de nos concitoyens.<br />
C&#8217;est dans cet appel que le christianisme peut retrouver, peut être, un socle à partir duquel il pourrait reprendre sens.<br />
&#8220;le maillon manquant entre le singe et l&#8217;homme, c&#8217;est nous&#8221; dit K. Lorenz.<br />
C&#8217;est une prise de conscience intéressante; elle ne  condamne pas ce que nous sommes, mais cela ouvre une perspective : l&#8217;humanité est une valeur à découvrir, à promouvoir. La foi en l&#8217;homme sur laquelle nombre d&#8217;entre nous peut aujourd&#8217;hui se reconnaître demande à être travaillée.<br />
Notre humanité se révèle souvent inhumaine au plan collectif -local ou mondial- et même dans chacun de nous, il y a des parts d&#8217;inhumanité dans nos comportements. Rimbaud avait raison d&#8217;utiliser la formule : &#8220;la vraie vie est absente&#8221;, et Sartre, également avec cet appel : &#8220;comment faire pour que les sous-hommes que nous sommes soient un peu moins sous-hommes demain et peut être un jour des hommes ? &#8220;<br />
1-       Le devenir humain : Etat des lieux<br />
Il y a une façon de vivre et de réussir la vie qui sauve la vie; ce n&#8217;est pas réservé aux chrétiens.<br />
Les bonnes questions :<br />
Les questions essentielles aujourd&#8217;hui ne sont pas celles des religions mais celles du sens de la vie.<br />
&#8220;L&#8217;homme c&#8217;est quelqu&#8217;un qui va quelque part et quand il ne sait plus où il va, il tue ou il meurt&#8221;. Le jeune homme qui a écrit cela a ajouté : &#8220;j&#8217;ai choisi&#8221; et il s&#8217;est tiré une balle dans la tète.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/09/jesus.jpg" title="Jesus"><img src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/09/jesus.thumbnail.jpg" alt="Jesus" /></a><br />
Ou allons-nous ? c&#8217;est bien la question du sens; rappelons-nous le mythe d&#8217;Icare, le fils, qui voulait s&#8217;envoler vers le soleil). L&#8217;homme d&#8217;aujourd&#8217;hui est retombé sur la terre mais il est dans l&#8217;obligation d&#8217;inventer les chemins de sa vie en sachant que les grandes valeurs absolues dont nos sociétés d&#8217;il y a 25 ou 30 ans étaient jalonnées ne tiennent plus.<br />
La question du devenir humain  a pris une ampleur toute nouvelle car : Il n&#8217;y a plus de cadres préétablis<br />
Auparavant, il y avait des univers spirituels composés ( idées, valeurs, comportements, organisations sociales) dans lesquels on pouvait s&#8217;engager pour donner sens à sa vie. On peut citer<br />
-          la lutte ouvrière<br />
-          le monde de la science,<br />
-          la laïcité militante<br />
-          le christianisme avec ses différents chemins….<br />
Tout ceci dans une société qui était d&#8217;elle-même critique, avec des va et vient, des appartenances diverses, des conflits, des débats : par exemple le rapport entre chrétiens et marxistes.<br />
Aujourd&#8217;hui aucun de ces univers spirituels ne fonctionne de lui-même. Nous sommes dans une société qui n&#8217;est plus du tout critique, une société aplatie, avec une information de masse qui contribue à cet aplatissement. Ces cadres dans lesquels on pouvait investir sa recherche humaine ne fonctionnent plus.<br />
•         le fondement même de l&#8217;absolu a  totalement changé, d&#8217;allure et de lieu :<br />
L&#8217;absolu qui en philosophie s&#8217;appelle la transcendance = une valeur considérée comme suprême, au nom de laquelle on peut engager toute notre vie et même mourir, par exemple : un &#8220;Dieu&#8221; transcendant, tout puissant, au nom duquel on peut régir toute sa vie, au nom duquel on peut offrir sa vie et même prendre la vie des autres (au nom de &#8220;Dieu&#8221;, on peut tuer…).<br />
Dans l&#8217;histoire, il y avait un autre lieu de transcendance : le &#8220;temps du Prince&#8221; où une population se reconnaissait dans son souverain  : &#8220;Qu&#8217;il est bon de donner sa vie et pour son prince et pour son &#8220;Dieu&#8221; ! &#8220;Avec le prince, on avait l&#8217;interface entre l&#8217;humanité et &#8220;Dieu&#8221;.<br />
Au 18ème siècle, le pouvoir sacré absolu a été mis en cause et remplacé par la Nation qui devient une valeur forte, organisée : on peut vivre et mourir pour sa patrie.<br />
Ave la 2ème guerre mondiale, ce n&#8217;est plus la patrie qui est en danger mais la liberté qui devient la valeur suprême.<br />
Aujourd&#8217;hui la valeur suprême au nom de laquelle on veut vivre, c&#8217;est soi-même. La question du Soi, de la détermination du Soi est la grande préoccupation du jour. C&#8217;est au nom de ce que &#8220;je&#8221; pense, de ce que &#8220;je&#8221; découvre, de &#8220;mes&#8221; propres besoins et intérêts que chacun veut vivre.<br />
Comment réussir ma vie dans ce quotidien, dans ce passage du berceau à la mort ? Comment accomplir l&#8217;humanité unique que je suis?<br />
L&#8217;enjeu : &#8220;devenir humain, c&#8217;est à dire sauver l&#8217;humain dans l&#8217;homme&#8221;, c&#8217;est une interrogation concrète dont dépendent mes choix : qu&#8217;est ce qui vaut la peine d&#8217;être vécu et où cela me conduit-il ?<br />
Je propose une première thèse :</p>
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