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	<title>NSAE &#187; Chantiers de réforme</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>La crise d’un pontificat qui a peur du monde et de l’avenir</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 21:44:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Un livre de Marco Politi Par Luca Kocci Il est difficile, voire impossible, de regarder et d&#8217;imaginer l&#8217;avenir de l&#8217;Église catholique, lorsque la préoccupation dominante est la défense et la conservation de ce qui existe. En effet, dans ce cas, le résultat n&#8217;est même pas la préservation et l&#8217;immobilisme, mais la restauration et un &#8220;retour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un livre de Marco Politi</strong></p>
<p>Par Luca Kocci</p>
<p style="text-align: justify;">Il est difficile, voire impossible, de regarder et d&#8217;imaginer l&#8217;avenir de l&#8217;Église catholique, lorsque la préoccupation dominante est la défense et la conservation de ce qui existe. En effet, dans ce cas, le résultat n&#8217;est même pas la préservation et l&#8217;immobilisme, mais la restauration et un &#8220;retour en arrière&#8221; dictés par la peur qui crée un réflexe inévitable d&#8217;identité. C&#8217;est la clé de lecture avec laquelle <strong>Marco</strong> <strong>Politi</strong> – vaticaniste du <em>Fatto quotidiano</em>, après vingt années passées à la <em>Repubblica </em>– interprète les 6 ans et demi du pontificat de <strong>Benoît XVI</strong> dans son essai : <em>Joseph Ratzinger. La crise d’un pontificat</em>, qui vient d&#8217;être publié par Laterza (328 pages, 18 €). Un livre qui tombe à pic, bien documenté mais pas pour autant difficile ou ennuyeux, et qui reconstitue les étapes du «règne» de Benoît XVI, depuis le conclave qui l’a élu pape en avril 2005 jusqu&#8217;à ses dernières actions.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/M.Politi.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5747" title="M.Politi" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/M.Politi.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ce que serait le pontificat de Benoît XVI était déjà en partie écrit dans les prémisses qui ont conduit Ratzinger à la papauté. Au fur et à mesure que progressait la maladie du pape Jean Paul II, écrit Politi, s’est constitué un groupe pro-Ratzinger au sein du collège des cardinaux, motivé par trois préoccupations : &#8220;sauvegarder le centralisme romain, rétablir plus fermement la doctrine et la discipline, ne pas permettre que des gestes et des décisions papales puissent ternir l&#8217;image de suprématie de l&#8217;Église catholique &#8211; comme cela s’était produit avec le <em>mea culpa</em> du Jubilé ou les rencontres interreligieuses d’Assise voulues par Jean-Paul II&#8221;. Et Ratzinger était le bon candidat pour cet objectif.</p>
<p style="text-align: justify;">Politi constate que Ratzinger a été élu par deux &#8220;complicités&#8221; : le &#8220;chantage&#8221; de <em>Universi Dominici Gregi</em> (la constitution apostolique promulguée par Wojtyla qui, après un certain nombre de votes infructueux, permettrait l&#8217;élection d&#8217;un pape à la majorité absolue et non pas aux deux tiers : si cela devait arriver, on donnerait l&#8217;image d&#8217;une Église divisée, et ce serait un moyen indirect de pression sur les indécis) ;  et l&#8217;absence d&#8217;autorité de candidats très influents pour combler l&#8217;immense vide laissé par Jean-Paul II (il y en aurait eu un, le <strong>cardinal Martini</strong>, mais sa maladie déclarée l’écartait avant même qu&#8217;on commence à en parler sérieusement). Il a donc été élu, bien qu’il soit un pape qui «polarise», qui ne représente qu&#8217;une partie de l&#8217;Église, les plus conservateurs, comme Martini du reste aurait représenté l&#8217;aile progressiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Les risques étaient tous sur la table, dès après la première «année de grâce» pendant laquelle Ratzinger a semblé donner une image différente de ce qu’on attendait du &#8220;gardien de la foi&#8221; : il rencontre le théologien rebelle <strong>Hans Küng</strong>, son vieil ami et compagnon «réformiste» au temps de Vatican II, mais «la réunion restera une parenthèse sans suite», note Politi. Surviennent alors l&#8217;un après l&#8217;autre, des espèces d’ &#8220;accidents de parcours&#8221;, qui cependant révèlent une idée précise sur Dieu, l&#8217;Eglise et l&#8217;humanité, qui est le résultat d&#8217;une théologie. Lors de la présentation du livre à Rome le 16 novembre, <strong>Vito Mancuso</strong> a décrit cette théologie comme incapable de communiquer avec le monde et l&#8217;histoire, comme l&#8217;ont fait, par exemple, les théologiens de la Libération ou le théologien protestant Karl Barth avec son expression &#8220;la Bible et le journal&#8221;. Politi énumère six éléments essentiels du pontificat de Ratzinger:</p>
<p style="text-align: justify;">1. la rupture des relations avec le monde islamique, après le discours à Ratisbonne où Benoît XVI, citant l&#8217;empereur byzantin Manuel II Paléologue, attribue à l&#8217;Islam la méchanceté, la violence et le manque d’humanité ;</p>
<p style="text-align: justify;">2. l&#8217;enterrement définitif du Concile Vatican II &#8211; et avec lui l&#8217;espoir d&#8217;un renouveau de l&#8217;Eglise aujourd&#8217;hui &#8211; interprété dans l’optique de la continuité de la tradition, rendue évidente par la restauration de la messe en latin (ce qui contredit le Ratzinger réformiste d’après le Concile qui, rappelle Politi, avait écrit dans <em>Concilium</em> que la messe tridentine était un &#8220;rite archéologique&#8221;);</p>
<p style="text-align: justify;">3. la fracture dans les relations avec le monde juif comme résultat de l&#8217;auto-absolution du peuple allemand et de l&#8217;Eglise catholique par rapport au nazisme (discours à Auschwitz en mai 2006), la reprise de la prière pour les &#8220;juifs perfides&#8221; dans la liturgie du Vendredi Saint selon le missel de saint Pie V (ensuite partiellement corrigée), l&#8217;accélération du processus de béatification du &#8220;pape du silence&#8221; sur la <em>Shoah</em>, Pie XII, et la levée de l&#8217;excommunication de l&#8217;évêque lefebvriste négationniste <strong>Richard  Williamson</strong>, également due à une défaillance de l&#8217;information diplomatique du cardinal secrétaire d&#8217;Etat <strong>Tarcisio</strong> <strong>Bertone</strong> ;</p>
<p style="text-align: justify;">4. l’affirmation, au cours d&#8217;un vol pour l&#8217;Afrique, que l&#8217;utilisation du préservatif &#8220;augmente le problème&#8221; de la diffusion du sida ;</p>
<p style="text-align: justify;">5. la question de la pédophilie des clercs, pour laquelle Politi reconnaît que Benoît XVI avait fait beaucoup et qu&#8217;il s’était &#8220;engagé dans une action visible contre les abus sexuels du clergé&#8221; mais qu’il n’avait pas pu aller au fond en donnant «un ordre clair aux autorités ecclésiastiques du monde entier de toujours dénoncer les prêtres coupables à la justice et à la police&#8221;,</p>
<p style="text-align: justify;">6. et enfin, l&#8217;invention, comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, des &#8220;principes non négociables&#8221; et leur répétition incessante en tant que pape, comme un obstacle à la modernité et à la sécularisation, avec des retombées politiques évidentes, surtout en Italie, où de plus en plus fréquemment ils sont brandis par la hiérarchie de l&#8217;Eglise comme une menace contre les catholiques qui se tournent vers la gauche.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces éléments sont des signes d&#8217;une conception de l&#8217;Eglise comme &#8220;citadelle assiégée&#8221; qui rappelle <strong>Pie IX</strong> – de qui, ce n’est peut-être pas surprenant, Benoît XVI a rétabli certains vêtements liturgiques à la signification symbolique évidente : la mitre et la crosse &#8211; et l’indicateur d’un manque croissant de collégialité et d&#8217;un renforcement progressif de la &#8220;centralisation de la curie&#8221; et de &#8220;l&#8217;absolutisme de la papauté&#8221;. Le résultat est que &#8220;sur toutes les grandes questions qui exigent une réforme (de la pénurie du clergé au rôle des femmes dans l&#8217;Eglise, de la collégialité aux questions de sexualité, de science et de bioéthique) c’est le statu quo&#8221;, et, en attendant, &#8220;le fossé se creuse au sein de la communauté catholique en deux grandes tendances: ceux qui se retranchent dans la réaffirmation de l&#8217;identité catholique et ceux qui attendent une Eglise capable de se mesurer avec de nouvelles questions, selon le vieil adage <em>Ecclesia semper reformanda</em>&#8220;. Peut-être, se demande Politi, &#8220;devons-nous commencer à nous demander si ce modèle de monarchie absolue, né au Concile de Trente il y a cinq cents ans, est encore capable de fonctionner.&#8221;</p>
<p align="right">Luca Kocci – Italie</p>
<p>Notes :  in <a href="http://www.adistaonline.it/index.php?op=articolo&amp;id=51089">Adista Notizie</a> n. 95 &#8211; 24 Dicembre 2011. Traduction : P. Collet</p>
<p><strong>Source </strong>:</p>
<p>Traduction française par Pierre Collet : <a href="http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=1047">http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=1047</a></p>
<p>Source originale (en italien) : <a href="http://www.adistaonline.it/index.php?op=articolo&amp;id=51089">http://www.adistaonline.it/index.php?op=articolo&amp;id=51089</a></p>
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		<title>Un appel aux évêques en faveur de l&#8217;écologie</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/10/un-appel-aux-eveques-en-faveur-de-lecologie/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 18:17:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Etienne Séguier Des catholiques interpellent l’Église afin qu’elle s’engage concrètement en faveur de l’environnement. L’Assemblée plénière de Lourdes, du 4 au 9 novembre, devrait apporter une réponse. « Nous, chrétiens, nous sentons particulièrement préoccupés par les questions écologiques – effet de serre, désertification, artificialisation croissante de la nature et de la vie, dangers liés aux technologies [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Etienne Séguier</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><em>Des catholiques interpellent l’Église afin qu’elle s’engage concrètement en faveur de l’environnement. L’Assemblée plénière de Lourdes, du 4 au 9 novembre, devrait apporter une réponse.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Giotto1.jpeg"><img class="size-full wp-image-5493 aligncenter" title="Giotto1" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Giotto1.jpeg" alt="" width="204" height="247" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« Nous, chrétiens, nous sentons particulièrement préoccupés par les questions écologiques – effet de serre, désertification, artificialisation croissante de la nature et de la vie, dangers liés aux technologies du vivant et du nucléaire. » C’est ainsi que débute L’appel aux évêques pour l’écologie. L’une de ses promotrices, Laura Morosini, ancienne porte-parole des Amis de la Terre au Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002 précise l’ambition de cet écrit : « Nous reconnaissons volontiers que l’Église catholique a déjà beaucoup réfléchi à la question, et notamment Benoît XVI. Mais nous aimerions que cette prise de conscience se traduise par une mobilisation sur le terrain avec le soutien des évêques. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Née lors de la fête de la Nature</strong> organisée le 21 mai dernier, cette initiative réunit notamment les animateurs du groupe de réflexion sur l’environnement de la Communauté vie chrétienne (CVX), proche des jésuites, et les responsables des Cahiers de Saint-Lambert, une revue sur l’écologie animée par Dominique Lang, assomptionniste. La mouture définitive du texte a été présentée, en septembre, au groupe de travail Écologie et Environnement des évêques de France. Après deux ans de labeur sur la question, il doit présenter ses conclusions lors de la prochaine assemblée plénière des évêques de France, qui se tient à Lourdes, du 4 au 9 novembre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Parmi les 15 propositions concrètes</strong> promues par l’Appel, la plus symbolique concerne la demande que les hosties et le vin de messe soient issus de l’agriculture biologique. Pas de pesticide dans la communion au corps et au sang du Christ ! Mais les promoteurs de ce texte comptent aussi inciter à une gestion plus verte du patrimoine de l’Église. À l’extérieur des églises, création de jardins solidaires et écolos. À l’intérieur, promotion d’une plus grande efficacité énergétique. L’appel cite en exemple le dernier rassemblement CVX, à Nevers, qui a eu recours au covoiturage, à la consommation de produits locaux et à la vaisselle durable ; ou encore la rencontre des Scouts de France, en Gironde, qui a été attentive à la consommation d’eau. « <em>La promotion de repas issus de l’agriculture biologique et/ou locale dans les lieux collectifs (Enseignement catholique, maisons diocésaines, séminaires) peut contribuer à développer ces filières </em>», pointe Bertrand Rollin, de l’association culturelle de Boquen, membre du Réseau des Parvis aussi mobilisé. Cette pétition a reçu l’appui de théologiens renommés tel François Euvé, de scientifiques comme le botaniste Jean-Marie Pelt, ou Jean-Pierre Raffin président d’honneur de France nature environnement (FNE) et membre du bureau des Amis de La Vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il est trop tôt pour savoir </strong>quelles mesures les évêques vont retenir. Marc Stenger, évêque de Troyes qui préside le groupe de travail Écologie et Environnement, s’est déclaré « en phase avec cet appel ». À terme, les signataires aimeraient constituer en France un réseau de chrétiens écolos, prêts à retrousser leurs manches. Avis aux amateurs.</p>
<p style="text-align: right;">Etienne Séguier</p>
<p style="text-align: right;">Publié le 02/11/2011</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Source :</p>
<p><a href="http://www.lavie.fr//actualite/ecologie/un-appel-aux-eveques-en-faveur-de-l-ecologie-02-11-2011-21494_8.php">http://www.lavie.fr//actualite/ecologie/un-appel-aux-eveques-en-faveur-de-l-ecologie-02-11-2011-21494_8.php</a><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>• Lire l’appel complet </strong>publié le 02/11/2011 :<strong> </strong></p>
<p>- sur le site lavie.fr :<strong> <a href="http://www.lavie.fr/actualite/ecologie/appel-aux-eveques-pour-l-ecologie-02-11-2011-21493_8.php">Appel aux évêques pour l&#8217;écologie</a></strong></p>
<p><strong> </strong>- Télécharger en fichier PDF :  <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Appel-aux-évêques-pour-lécologie.pdf">Appel aux évêques pour l&#8217;écologie</a></p>
<p>• Si vous souhaitez<strong> signer cet appel</strong>, écrivez à l&#8217;adresse suivante :<strong> <a href="mailto:appelchretienpourlecologie@gmail.com">mailto:appelchretienpourlecologie@gmail.com</a></strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Pour un dialogue nouveau entre Église et Société</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/10/06/pour-un-dialogue-nouveau-entre-eglise-et-societe/</link>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2011 14:39:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Communiqué de l’équipe nationale des groupes Jonas Les groupes JONAS sont nés dans les années 1987-1988. « Jonas » a toujours eu comme souci de participer au grand projet de Vatican Il : «une Église qui se laisse interroger par le monde», «une Église douée d&#8217;une parole audible et compréhensible» pour ce monde. Les membres fondateurs de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Communiqué de l’équipe nationale des groupes Jonas</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les groupes JONAS sont nés dans les années 1987-1988. « Jonas » a toujours eu comme souci de participer au grand projet de Vatican Il : «une Église qui se laisse interroger par le monde», «une Église douée d&#8217;une parole audible et compréhensible» pour ce monde. Les membres fondateurs de Jonas ont depuis plus de vingt ans, toujours veillé aux orientations de Vatican II sans en faire un point final.</em></p>
<p><em>Jonas s&#8217;est donné quelques moyens d&#8217;observation :</em></p>
<p><em> &#8211; des groupes dans bon nombre de Diocèses,</em></p>
<p><em> &#8211; un bulletin : « Courrier de Jonas»</em></p>
<p><em> &#8211; un site Internet</em> : <a href="http://www.groupes-jonas.com/neojonas/">www.groupes-jonas.com/neojonas/</a></p>
<p>Adresse pour le Courrier de Jonas : <a href="mailto:du%20site%20:%20redaction@groupes-jonas.com">redaction@groupes-jonas.com</a><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Jonas.jpg"><img class="size-full wp-image-5273 aligncenter" title="Jonas" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Jonas.jpg" alt="" width="158" height="236" /></a></p>
<p><strong>COMMUNIQUÉ</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Différents événements et initiatives secouent l’Eglise catholique dans les temps que nous vivons</strong>. Rien d’étonnant en cette période de bouleversements de tous ordres : socio-culturels, économiques, éthiques, politiques, religieux… Dans cette situation, le pire serait de s’enfermer dans l’aveuglement, le repli ou le refus du débat. Ceci est, pour nous, une évidence.</p>
<p style="text-align: justify;">D’abord, nous constatons que de tous côtés, et notamment en différents pays européens, des appels pressants sont adressés à l’Eglise catholique pour qu’elle entende, enfin, certaines questions qui se posent et de manière insistante. Un moment étouffées- car les murs bétonnés existent dans l’Eglise- les vraies questions reviennent à la surface. Nous pensons, en particulier, aux conditions de réintégration des lefebvristes, au memorandum de plus de 400 théologiens germanophones, à l’appel de plus de 400 prêtres et diacres autrichiens, appel approuvé par plus de 71% de la population Leur inquiétude est aussi la nôtre et nous en sommes solidaires. Ces protestations expriment indiscutablement un malaise mais formulent également des demandes précises.. Ici, chez nous, nous sommes témoins que nombre de catholiques refusent le mouvement de restauration qui s’est instauré dans leur Eglise. Ils sont inquiets pour  l’avenir de leur communauté, spécialement pour sa mission d’évangélisation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1 </strong>-<strong> Une première crainte concerne la fidélité à l’enseignement de Vatican II</strong>. Elle vient d’être activée, lors de la rencontre du cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et de Mgr Felay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X. C’est toute  la légitimité du Concile qui est en jeu, avec quelques questions majeures : la collégialité épiscopale, le dialogue interreligieux, l’oeucuménisme, la liberté religieuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Est-il nécessaire de rappeler qu’un concile œcuménique est la plus haute instance législative de l’Eglise catholique ? A l’inverse d’autres conciles, Vatican II n’a pas été convoqué pour défendre une institution menacée ou revendiquer un pouvoir hégémonique dans la société mais pour confronter la Parole de Dieu avec le dynamisme de l’histoire. Quelles que soient les limites du travail conciliaire, c’est pour une large part, en acceptant ce parti-pris d’ouverture à la rencontre et à la liberté de recherche, qu’il a permis à l’Eglise de mettre en relief son identité profonde. Cette ouverture – déjà mise en valeur dans la longue histoire du Peuple de Dieu- dépasse, quoiqu’on en dise, de simples problèmes de réformes. C’est une manière autre de concevoir la nature de ‘Eglise et sa situation dans le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, l’éventualité d’une seconde « Prélature personnelle » ( après celle de l’Opus Dei), en vue de réintégrer les lefébvristes ne laisse, à notre avis, présager rien de bon. Nous craignons que cela revienne à légitimer l’existence d’une Eglise dans l’Eglise et cela sur simple décision du pape. Va-t-on sacrifier les éléments novateurs de Vatican II sur l’autel d’intégristes résolus ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2 -</strong> Un deuxième aspect retient notre attention. Il est lié à <strong>la vie ecclésiale.</strong> Il s’agit de ces sujets qui reviennent sans cesse dans les synodes diocésains  mais qu’il est interdit –curieusement – de transmettre  à Rome.</p>
<p style="text-align: justify;">L’un des plus fréquemment évoqués concerne l’attitude de l’Eglise catholique à l’égard des divorcés remariés. La question revient souvent, posée  désormais par de hautes instances de la communauté ecclésiale (tel le président de la Conférence épiscopale allemande), par nombre de pasteurs et par une fraction chaque jour grandissante du peuple chrétien. Beaucoup s’étonnent – à juste titre- que l’Eglise ne tienne pas compte de la diversité des situations. Le synode des évêques sur la famille, en 1980, demandait par 179 voix contre 20 « qu’on se livre à une nouvelle recherche à ce sujet, en tenant compte également des Églises d’Orient, de manière à mieux mettre en évidence la miséricorde pastorale ». Cette demande expresse n’a produit aucun résultat, et il n’est pas étonnant que la loi encore en vigueur ait pour effet d’encourager les décisions individuelles de plus en plus nombreuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3 -</strong><strong> Nous relevons aussi la question des ministères</strong> La situation des prêtres, en nombre continu de  décroissance et de vieillissement, est devenu un véritable défi. Certains « se tuent » littéralement à la tâche, trop souvent limitée au culte, et les nouvelles formes d’aménagement pastoral sont plus qu’hésitantes. D’autre part, beaucoup d’instances d’animation pastorale (conseils pastoraux, équipes pastorales) ne remplissent pas leur mission.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les questions  posées, en France et ailleurs, on ne peut oublier celle de l’ordination presbytérale d’hommes mariés, sans en faire une panacée et en tenant compte du  contexte. Quant aux diacres permanents, la plupart mariés, on constate que certains deviennent de véritables animateurs de paroisses, ce qui interroge sur la spécificité du diaconat et sur la confusion qu’on entretient entre « exercer un ministère » et choisir tel état de vie (célibataire, marié).Revient aussi, en différents lieux, la question de l’ordination des femmes, soit au diaconat, soit à la prêtrise. Sans doute, faudrait-il distinguer ce qui est théologiquement possible et ce qui demeure inopportun dans le contexte actuel…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4 &#8211; </strong>Un autre point d’attention – porte sur <strong>la rupture culturelle qui s’établit entre l’Eglise et la société.</strong> C’est cela notre première préoccupation. Le langage, les rites, la communication, la manière de sentir et de penser de l’institution ecclésiale sont décalés et deviennent imperméables à la majorité de nos contemporains. Il s’agit bien plus que d’une question de vocabulaire, il s’agit d’une manière autre d’approcher les réalités que nous vivons, et particulièrement les réalités d’ordre religieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous assistons à un véritable mouvement d’émancipation par rapport aux arguments d’autorité et de tradition,  et à une revendication   de la liberté  de penser et de croire. Ce rejet d’une vérité toute faite et intangible, ce refus d’une parole surplomblante et enfermante, cette impossibilité d’admettre un pouvoir discrétionnaire et sans appel sont au cœur du divorce qui sépare l’institution ecclésiale et la société. Le système doctrinal et ritualiste élaboré par des cultures et  des langages du passé devient irrecevable de nos jours. Par contre, il nous paraît primordial d’être attentif à la richesse des différentes cultures. Ne faudrait-il pas revenir à la Source, c’est-à-dire à l’appel de Jésus de Nazareth à le suivre sur les chemins inédits de libération qu’il ne cesse d’ouvrir ?</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, n’est-il pas urgent de clarifier la notion de « nouvelle évangélisation » désormais à l’ordre du jour ? En quoi l’évangélisation sera-t-elle nouvelle ? – Ce n’est sûrement pas en faisant appel d’abord à de nouveaux « outils » (Internet, rassemblements de tous ordres) pour autant nécessaires dans notre monde de communication. L’évangélisation sera « nouvelle » si elle s’inscrit concrètement dans un contexte qui lui, est, incontestablement, nouveau. Fera-t-on l’effort d’analyser ce nouveau contexte socio-culturel et d’en tirer courageusement les conséquences qui en découlent ? Nous demandons instamment que le synode romain 2012 y soit attentif.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est bien une Eglise en débat qui est ici en jeu pour affronter les défis de notre temps. Nous avons voulu y prendre notre modeste part et nous serions heureux si elle suscitait vos propres réactions.</p>
<p style="text-align: right;"><em> L’équipe nationale des groupes Jonas </em></p>
<p style="text-align: right;"><em>22 Septembre 2011</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Source :</strong><em> </em></p>
<p style="text-align: left;"><em> </em><a href="http://www.groupes-jonas.com/neojonas/article.php?sid=755&amp;thold=0">http://www.groupes-jonas.com/neojonas/article.php?sid=755&amp;thold=0</a></p>
<p><strong> </strong></p>
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		<item>
		<title>La révolte gronde dans le clergé autrichien</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/09/15/la-revolte-gronde-dans-le-clerge-autrichien/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 15:21:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Église compte aussi des « indignés » dans ses rangs. Ils réclament notamment des eucharisties sans prêtre ou l’ordination de laïcs mariés. Enquête de notre envoyé spécial en Autriche Jean Mercier « Seigneur, nous te prions pour que les autorités de l’Église et la base des croyants puissent mieux se comprendre. » Le dimanche 11 septembre, l’intention de prière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’Église compte aussi des « indignés » dans ses rangs. Ils réclament notamment des eucharisties sans prêtre ou l’ordination de laïcs mariés. </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images16.jpeg"><img class="size-full wp-image-5170 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images16.jpeg" alt="" width="259" height="194" /></a></p>
<p>Enquête de notre envoyé spécial en Autriche</p>
<p>Jean Mercier</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Seigneur, nous te prions pour que les autorités de l’Église et la base des croyants puissent mieux se comprendre. </em>» Le dimanche 11 septembre, l’intention de prière résonne de façon particulière sous les voûtes de la petite église de Probstdorf, à une trentaine de kilomètres de Vienne. L’homme qui se tient derrière l’autel n’est autre que le père Schüller. Ce prêtre de 59 ans au regard bleu saphir est le chef de file de l’association Pfarrer Initiative (« les curés prennent les devants »), qui défie depuis trois mois l’épiscopat sous la forme d’un « appel à la désobéissance ». Les prêtres affirment vouloir transgresser plusieurs règles de l’Église. Ils vont donner la communion aux divorcés remariés et aux protestants. Se refusant à dire la messe plus d’une fois par dimanche, ils vont organiser des « eucharisties sans prêtre ». Opposés aux regroupements de paroisses, ils militent pour l’ordination des hommes et des femmes mariés pour que chaque clocher ait son pasteur.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/H.Schüller.jpeg"><img class="size-full wp-image-5177 aligncenter" title="H.Schüller" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/H.Schüller.jpeg" alt="" width="183" height="276" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le cas d’Helmut Schüller, le défi a été lancé à l’archevêque de Vienne</strong>, le cardinal Christoph Schönborn, un <em>papabile</em> proche de Benoît XVI. Un vieux contentieux existe entre les deux hommes. Jadis, Schüller a été le vicaire général du diocèse. À la suite d’un conflit, le cardinal a décidé de virer son bras droit devenu très médiatique, ce qui avait créé l’émoi. « <em>Tout ça appartient au passé, </em>assure Helmut Schüller<em>. Croyez-vous qu’autant de prêtres se seraient mobilisés si c’était une vengeance de ma part ? La situation ne peut plus durer. Nous avons reculé par rapport au concile Vatican II. Non seulement l’institution veut revenir en arrière sur le rôle des laïcs et sur l’œcuménisme, mais en plus les avancées espérées sont bloquées. Rien ne bouge depuis 15 ans. </em>»</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/WirSindKirche1.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5173" title="WirSindKirche" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/WirSindKirche1.jpeg" alt="" width="117" height="96" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En 1995, la révélation de la pédophilie de l’ex-cardinal archevêque de Vienne, le cardinal Gröer, avait déclenché un véritable soulèvement : 500 000 Autrichiens avaient signé une pétition pour réclamer des réformes, donnant naissance au mouvement <strong><em>Nous sommes l’Église</em></strong>. Sous la contrainte, l’épiscopat autrichien s’était engagé sur la voie du dialogue. <em>« La réalité s’est vite imposée : l’institution ne veut pas bouger</em>, explique un autre prêtre « critique », Hans Bensdorp. <em>C’est pourquoi nous avons créé en 2006, avec des prêtres progressistes, la Pfarrer Initiative</em>. » En 2008, les curés autrichiens ont été reçus au Vatican, par Mgr Ladaria, secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la foi : « <em>Nous avons pu nous expliquer. Il nous a écoutés et a reconnu les problèmes </em>», constate le père Schüller.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si parfois le dialogue n’existe pas entre la base et le sommet</strong>, ce n’est pas le cas à Vienne où les rebelles admettent qu’ils ont reçu une écoute réelle. Mais ils reprochent au cardinal son inaction. <em>« Schönborn doit faire de l’Autriche une sorte de laboratoire pour le futur </em>», affirme le père Schüller. « <em>C’est impossible</em>, argumente le porte-parole du cardinal, Michael Prüller. <em>On ne peut introduire de changements majeurs sans que l’Église le décide au niveau universel.</em> » C’est en raison de ce blocage que, le 19 juin dernier, les prêtres dirigeants de la Pfarrer Initiative ont tapé du poing sur la table en lançant leur appel à la « désobéissance ». Le conflit est d’autant plus déroutant que le cardinal est un conservateur éclairé qui a notamment nommé des femmes à des postes clés, et confié des paroisses de rite latin à des prêtres mariés grecs-catholiques, ce qu’il n’a théoriquement pas le droit de faire. Il a lancé en 2010 une grande mobilisation pour faire face à l’avenir : l’Église doit être missionnaire et répartir des laïcs sous la forme de communautés de base.</p>
<p style="text-align: justify;">« <strong>L’appel à désobéir était un électrochoc. On a joué notre va-tout </strong>», explique l’un des piliers de la Pfarrer Initiative, le père Kurmanowytsch. Ceux qui ont promis allégeance à leur évêque le jour de l’ordination peuvent-ils désobéir sans se parjurer ? « <em>On ne doit obéir qu’à sa conscience. L’Église n’est pas l’armée</em> ! », explique Helmut Schüller. Faire pression en menaçant les autorités de transgression est-il si efficace ? « <em>Si l’apôtre Paul n’avait pas fait pression sur ses chefs pour que l’Évangile soit annoncé aux non-juifs, l’Église n’existerait pas ! Si l’Église s’était remise en question à temps, on n’aurait pas eu la Réforme ! </em>», rétorque le prêtre. Officiellement, les pourparlers sont en cours. Le prélat a demandé aux rebelles de son diocèse de se positionner par écrit face aux préceptes qu’ils veulent enfreindre. Ils ne lui ont pas encore répondu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans la ligne de mire des « indignés </strong>» se trouve le regroupement des paroisses, dû à la pénurie de prêtres. « <em>Les gens se sentent abandonnés : ils n’ont plus de curé attitré, ils ont de moins en moins de services publics, et on leur propose le curé d’à côté alors qu’ils payent des impôts pour l’Église ! </em>», souligne une laïque progressiste, Barbara Coudenhove Kalergi. Le père Nikolaus Krasa, vicaire général de Vienne, se veut réaliste : « <em>Le nombre de catholiques déclarés a fortement chuté, de sorte qu’il y a la même proportion de prêtres par rapport au nombre de croyants qu’il y a 20 ans… Mais le manteau est devenu trop grand pour nous. D’autant que nous devons payer pour l’entretien des églises</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’évolution, certes cruelle, est une chance</strong> pour Veronika Prüller-Jagenteufel, responsable des 2 200 agents pastoraux du diocèse de Vienne. « <em>Nous devons inventer quelque chose de nouveau. Le système a été pensé au XVIIIe siècle : Joseph II avait multiplié les paroisses pour contrôler ses sujets </em>via<em> les curés. Même si nous avions tous les prêtres qu’il faut, nous n’aurions plus les moyens financiers de faire vivre ce maillage territorial. Ni les moyens humains, car une paroisse a besoin d’une certaine masse critique pour fonctionner et rayonner.</em> » En 2010, en Autriche, l’Église catholique a enregistré un record dans les sorties d’Église : 87 000, soit 64 % de plus qu’en 2009, ce qu’elle impute à la tourmente médiatique liée à la pédophilie, un dossier pourtant assez bien géré par les évêques. Ces sorties comptabilisées par les services fiscaux signifient une chute des ressources. Mais ce phénomène a aussi touché très fortement l’Église protestante.</p>
<p style="text-align: justify;">« <strong><em>Remplir tous les postes de prêtres en ordonnant des laïcs</em></strong><em> ne ferait que retarder la mutation nécessaire et renforcer le cléricalisme. L’urgence est de vivre le sacerdoce commun des baptisés défini par Vatican II, </em>estime Otto Neubauer, directeur de l’Académie d’évangélisation de Vienne<em>. Avant de construire la structure idéale, notre défi est de vivre la foi. L’évangélisation est prioritaire. Là est la vraie révolution. </em>» Pour certains prêtres de base, qui avouent leur épuisement à gérer quatre ou cinq clochers quand, jadis, ils ne s’occupaient que d’un seul, ceci n’est qu’un vœu pieux. Le père Gump, dans la banlieue viennoise, est très clair : « <em>Nous sommes des prêtres proches des gens, pas des managers de regroupements pastoraux. Je connais des pères de familles qu’on pourrait ordonner. Le célibat ne définit pas le sacerdoce</em>. » Pour le père Bensdorp, on est au bord du gouffre : « <em>Des prêtres ne cessent de m’appeler pour me dire qu’ils craquent. Le bateau coule ! </em>» Quant à refuser la communion aux divorcés remariés, « <em>c’est plus difficile à expliquer aux gens que vous côtoyez tous les jours que depuis un bureau du Vatican </em>», affirme Viktor Kurmanowytsch.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> La situation étant bloquée</strong>, certains radicaux peuvent rendre public ce qu’ils font en cachette, ce qui obligerait les évêques à sévir. Mgr Scheuer, l’évêque d’Innsbrück, par exemple, vient d’annoncer une enquête suite à la révélation que des messes sauvages étaient dites par des laïcs dans son diocèse. Aux yeux du droit canon, un tel acte fait encourir l’excommunication, et Mgr Scheuer a prévenu qu’il agira si les faits sont avérés. Des sommets tyroliens à la plaine de Danube, les convulsions ecclésiales ne font que commencer.</p>
<p style="text-align: right;">Jean Mercier</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Source </strong>: article publié dans La Vie n° 3446 du 15 Septembre 2011</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lavie.fr/hebdo/2011/3446/index.php?contexte=p">http://www.lavie.fr/hebdo/2011/3446/index.php?contexte=p</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AfficheSoutienAutriche.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5174" title="AfficheSoutienAutriche" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AfficheSoutienAutriche.jpeg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En savoir plus</strong> sur le diocèse d’Innsbrück :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>AUTRICHE</strong> <a href="http://www.kipa-apic.ch/index.php?pw=&amp;na=0,0,0,0,f&amp;ki=223631">C&#8217;est une nouvelle fronde</a> (qui n&#8217;est pas sans rapport avec celle des 330 prêtres signataires d&#8217;un Appel à la désobéissance qui fait grand bruit dans l&#8217;Eglise. Elle se déroule dans le diocèse d&#8217;Innsbrück, dans le Tyrol, où la télévision autrichienne a révélé l&#8217;existence de &#8220;célébrations eucharistiques privées&#8221;, réalisées sans prêtre. Parmi les personnes participant à ces célébrations, une des fondatrices du mouvement réformateur &#8220;<strong>Nous sommes l&#8217;Eglise</strong>&#8220;, le Dr Martha Heizer. <a href="http://www.dioezese-innsbruck.at/index.php?id=5594&amp;portal=1&amp;isMeldung=1">Sur le site du diocèse (en allemand)</a>, le Dr. Jozef Niewiadomski, professeur de théologie systématique, explique pourquoi les participants s&#8217;exposent à des sanctions en usant d&#8217;une métaphore pour le moins inattendue: &#8220;<em>Aucune entreprise ne saurait tolérer que ses produits de qualité, protégés par des brevets, soient contrefaits par d&#8217;autres sociétés ou individus et vendus à bas prix. Le fait de tolérer de tels actes conduit simplement à la dissolution progressive de l&#8217;entreprise</em>.&#8221;</p>
<p><strong>Source</strong> :</p>
<p><a href="http://www.lavie.fr//religion/matinale-chretienne-du-13-septembre-13-09-2011-19907_10.php">http://www.lavie.fr//religion/matinale-chretienne-du-13-septembre-13-09-2011-19907_10.php</a></p>
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		<item>
		<title>« L’ÉGLISE EN 2011 ;  prendre un nouveau départ est une nécessité »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/02/07/%c2%ab-l%e2%80%99eglise-en-2011-prendre-un-nouveau-depart-est-une-necessite-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 09:59:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[143 théologiens ont déjà signé ce catalogue de réformes. Les théologiens y réclament de profondes réformes de l’Église catholique. Lisez ci-dessous le memorandum complet. Il s’est bien passé un an depuis que des cas d’abus sexuel commis par des prêtres et des congréganistes sur des enfants et des adolescents au sein du collège Canisius de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>143 théologiens ont déjà signé ce catalogue de réformes. Les théologiens y réclament de profondes réformes de l’Église catholique. Lisez ci-dessous le memorandum complet.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il s’est bien passé un an depuis que des cas d’abus sexuel commis par des prêtres et des congréganistes sur des enfants et des adolescents au sein du collège Canisius de Berlin ont été rendus publics. Suivie une année qui plongea l’église catholique en Allemagne dans une crise sans pareil. Aujourd’hui, l’image qui est donnée est ambiguë : beaucoup de choses ont été entamées pour rendre justice aux victimes, surmonter l’injustice, pister les causes des abus, du silence et de la morale équivoque dans  les propres rangs. Après avoir commencé par éprouver de l’effroi de nombreuses chrétiennes et de nombreux chrétiens &#8211; occupant ou non des fonctions &#8211; ont pris conscience que de profondes réformes sont nécessaires. L’appel à un dialogue ouvert sur les structures de pouvoir et de communication, sur l’organisation de la fonction ecclésiale et la participation des croyants aux responsabilités, sur la morale et la sexualité a éveillé des espoirs, mais aussi des craintes. Est-on en train de perdre ce qui est peut-être la dernière chance de sortir de la paralysie et de la résignation en attendant que la crise se passe ou en la minimisant ? Le remous d’un dialogue ouvert et sans tabou n’inspire pas confiance à tout le monde, encore moins quand s’annonce une visite papale. Mais il ne saurait encore moins être question de l’alternative suivante : un silence de tombe car les derniers espoirs ont été détruits.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La profonde crise de notre église exige aussi d’aborder ces problèmes qui à première vue n’ont pas à voir directement avec le scandale des abus et leur passage sous silence durant des dizaines d’années. En tant que professeurs de théologie nous n’avons pas le droit de nous taire plus longtemps. Il est de notre responsabilité de contribuer à un véritable nouveau départ. Pour l’église, 2011 doit devenir l’année d’un nouveau départ. Jamais les chrétiens n’ont été aussi nombreux à quitter l’église que l’année passée ; ils ont refusé dorénavant d&#8217;obéir à l’autorité ecclésial ou ont privatisé leur vie de foi pour la protéger de l’institution. L’église doit comprendre ces signes et elle-même quitter des structures ossifiées pour regagner nouvelle vitalité et crédibilité.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le renouvellement de structures ecclésiales ne réussira pas en s’isolant craintivement de la société, mais seulement en ayant le courage de s’autocritiquer et d’accepter des impulsions critiques, venues aussi de l’extérieur. Cela fait partie des leçons de l’année passée. La crise des abus n’aurait pas été traitée de manière aussi décidée sans l’accompagnement critique des gens. L’Église ne peut regagner de la confiance qu’en communiquant ouvertement. L’Église ne sera crédible que si l’image qu’elle donne d’elle-même et l’image perçue par les personnes qui lui sont extérieures ne divergent pas. Nous nous adressons à tous ceux qui n’ont pas encore renoncé à espérer un nouveau départ au sein de l’Église et qui s’engagent en faveur de celui-ci. Nous nous inspirons de signaux pour un nouveau départ et un dialogue que quelques évêques ont posés dans des discours, sermons et interviews durant les derniers mois.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Église n’est pas un but en soi. Elle a pour mission d’annoncer le Dieu libérateur et aimant de Jésus-Christ à tous les hommes. Elle ne peut remplir cette mission que si elle est elle-même un lieu et un témoin crédible du message de liberté de l’évangile. Son discours et son action, ses règles et structures – toute sa façon de faire avec les gens à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Église – doivent répondre à l’exigence suivante : reconnaître et développer la liberté des Hommes en tant que créatures de Dieu. Le respect inconditionnel de chaque personne humaine, le respect de la liberté de conscience, l’engagement  pour le droit et la justice, la solidarité avec les pauvres et les opprimés, voilà des critères théologiques fondamentaux qui découlent. L’amour de Dieu et du prochain s’y concrétisent.</p>
<p style="text-align: justify;">S’orienter au message biblique de liberté inclut un rapport différencié à la société moderne : à plus d’un égard elle est en avance sur l’Église, quand il s’agit de reconnaître la liberté, l’émancipation et la responsabilité des individus ; l’Église peut en tirer un enseignement, comme le Concile Vatican 2 l’a déjà souligné. À d’autres égards la critique de cette société dans l’esprit de l’évangile est absolument nécessaire, par exemple quand des êtres humains ne sont plus jugés qu’en fonction de leur rendement, quand la solidarité réciproque finit dans l’oubli  ou quand la dignité de l’Homme est bafouée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais en tout état de cause il est vrai que le message de liberté de l’évangile est le critère pour une Église crédible, pour son action et sa forme sociale. Les défis concrets auxquels l’Église doit faire face ne sont nullement nouveaux. Malgré cela, on ne peut guère distinguer des réformes orientées vers l’avenir. À ce sujet un dialogue ouvert doit être mené dans les champs d’action suivants .</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">1)    Structures participatives : dans tous les champs de la vie de l’Église la participation des croyants est une pierre de touche pour la crédibilité du message de libération de l’évangile. Conformément au vieux principe de droit qui dit que « ce qui concerne tout le monde, doit être décidé par tout le monde » il faut plus de structures synodales à tous les niveaux de l’Église. Les croyants doivent être impliqués dans la désignation d’importants fonctionnaires (évèque, prêtre).  Ce qui peut être décidé sur place, doit être décidé sur place. Les décisions doivent être transparentes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">2)    Communauté : les communautés chrétiennes doivent être des lieux où les gens partagent entre-eux des biens spirituels et matériels. Mais présentement la vie communautaire se détériore.  Sous la pression du manque de prêtres on érige des unités administratives de plus en plus grandes – des   paroisses XXL – au sein desquelles on ne peut plus guère faire l’expérience de la proximité et de l’appartenance. Des identités historiques et des réseaux sociaux qui se sont mis en place au fil du temps sont abandonnés. Des prêtres sont « envoyés au casse-pipe » et sont au bout du rouleau. Les croyants prennent leur distance quand on ne les croit pas capable d’assumer des corresponsabilités et de participer à la direction de leur communauté au sein de structures plus démocratiques. La fonction ecclésiale doit être au service de la vie de la communauté et non inversement. L’Église a aussi besoin de prêtres mariés et de femmes pour occuper la fonction ecclésiale.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">3)    Culture du droit : la reconnaissance de la liberté et de la dignité de chaque être humain se voit particulièrement quand un conflit est règlé à la loyale et dans le respect réciproque. Le droit ecclésial ne mérite ce nom que si les croyants peuvent réellement faire valoir leurs droits. Il est urgent d’améliorer la protection juridique et la culture du droit au sein de l’Église ; un premier pas dans cette direction serait la mise en place d’une juridiction administrative ecclésiale.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">4)    Liberté de conscience : le respect de la conscience individuelle signifie mettre sa confiance dans la capacité de choisir et de se montrer responsable. Il est aussi du devoir de l’Église d’encourager cette capacité ; mais cela ne doit pas se transformer en paternalisme. Prendre cela au sérieux concerne particulièrement le domaine des choix de vie personnels et de la forme de vie individuelle. La haute estime que l’Église accorde au mariage et à la vie non-maritale n’est pas en question. Mais elle ne commande pas d’exclure ceux qui vivent de manière responsable l’amour, la fidélité et le souci réciproque dans un partenariat unissant deux personnes du même sexe ou un couple de divorcés-remariés.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">5)    Réconciliation : la solidarité avec les « pécheurs » présuppose de prendre au sérieux le péché dans ses propres rangs. Le rigorisme suffisant et moral ne sied pas à l’Église. L’Église ne peut prêcher la réconciliation avec Dieu, sans elle-même créer par sa propre action la condition préalable à une réconciliation avec ceux envers lesquels elle s’est rendue coupable, par la violence, en les privant de leur droit, en inversant le message biblique de liberté en une morale rigoureuse sans miséricorde.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">6)    L’office : la liturgie vit par la participation active de tous les croyants. Les expériences et formes d’expression du présent doivent avoir une place en son sein. L’office ne doit pas se figer en un traditionalisme. La diversité culturelle enrichit la vie liturgique et ne se marie pas bien avec des tendances à l’uniformisation centralisée. Le message de l’Église n’atteindra les êtres-humains que si la fête de la foi accueille des situations de vie concrètes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le processus de dialogue ecclésial qui a été entamé peut conduire à la libération et à un nouveau départ si tous les participants sont prêts à s’attaquer aux questions urgentes. Il s’agit, dans un échange libre et honnête d’arguments, de trouver des solutions pour faire sortir l’Église de cette préoccupation de soi qui la paralyse. La tempête de l’an dernier ne doit pas être suivie de calme ! Dans la situation actuelle cela ne pourrait être qu’un silence de tombe. En temps de crise la peur n’a encore jamais été bonne conseillère. L’évangile invite les chrétiennes et chrétiens à regarder vers l’avenir avec courage et – suite à la parole de Jésus &#8211; à marcher sur l’eau à l’instar de Pierre : « pourquoi avez-vous si peur ? Votre foi est-elle si petite ?»</p>
<p style="text-align: right;">Traduction : Michel May</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les signataires :</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Albus, Michael, Universität Freiburg</p>
<p>Anzenbacher, Arno, Universität Mainz</p>
<p>Arens, Edmund, Universität Luzern</p>
<p>Autiero, Antonio; Universität Münster</p>
<p>Bäumer, Franz Josef, Universität Gießen</p>
<p>Baumgartner, Isidor, Universität Passau</p>
<p>Bechmann, Ulrike, Universität Graz</p>
<p>Belok, Manfred, Theologische Hochschule Chur</p>
<p>Benk, Andreas, Pädagogische Hochschule Schwäbisch-Gmünd</p>
<p>Bieberstein, Klaus, Universität Bamberg,</p>
<p>Bieberstein, Sabine, Katholische Universität Eichstätt</p>
<p>Biesinger, Albert, Universität Tübingen Bischof,</p>
<p>Franz Xaver, LMU München</p>
<p>Blasberg-Kuhnke, Martina, Universität Osnabrück</p>
<p>Böhnke, Michael, Universität Wuppertal</p>
<p>Bopp, Karl SDB, Phil.-Theol. Hochschule Benediktbeuern</p>
<p>Bremer, Thomas, Universität Münster</p>
<p>Brosseder, Johannes, Universität zu Köln</p>
<p>Broer, Ingo, Universität Siegen</p>
<p>Bucher, Anton A., Universität Salzburg</p>
<p>Collet, Giancarlo, Universität Münster</p>
<p>Dautzenberg, Gerhard, Universität Gießen</p>
<p>Demel, Sabine, Universität Regensburg</p>
<p>Droesser, Gerhard, Universität Würzburg</p>
<p>Eckholt, Margit, Universität Osnabrück</p>
<p>Emunds, Bernhard, Phil.-Theol. Hochschule St. Georgen</p>
<p>Ernst, Stephan, Universität Würzburg</p>
<p>Feiter, Reinhard, Universität Münster</p>
<p>Franz, Albert, Universität Dresden</p>
<p>Frevel, Christian, Universität Bochum</p>
<p>Fröhling, Edward SAC, Phil.-Theol. Hochschule Vallendar</p>
<p>Fuchs, Ottmar, Universität Tübingen</p>
<p>Fürst, Alfons, Universität Münster</p>
<p>Gabriel, Karl, Universität Münster</p>
<p>Garhammer, Erich, Universität Würzburg</p>
<p>Göllner, Reinhard, Universität Bochum</p>
<p>Görtz, Heinz-Jürgen, Universität Hannover</p>
<p>Goertz, Stephan, Universität Mainz</p>
<p>Grümme, Bernhard, Pädagogische Hochschule Ludwigsburg</p>
<p>Häfner, Gerd, LMU München</p>
<p>Haker, Hille, Universität Frankfurt am Main, Chicago</p>
<p>Hartmann, Richard, Theologische Fakultät Fulda</p>
<p>Heimbach-Steins, Marianne, Universität Münster</p>
<p>Heinz, Hanspeter, Universität Augsburg</p>
<p>Hemel, Ulrich, Universität Regensburg</p>
<p>Hengsbach, Friedhelm SJ, Phil.-Theol. Hochschule St. Georgen</p>
<p>Hilberath, Bernd-Jochen, Universität Tübingen</p>
<p>Hilpert, Konrad, LMU München</p>
<p>Höfer, Rudolf, Universität Graz</p>
<p>Höhn, Hans-Joachim, Universität zu Köln</p>
<p>Hoffmann, Johannes, Universität Frankfurt am Main</p>
<p>Hoffmann, Paul, Universität Bamberg</p>
<p>Holderegger, Adrian, Universität Freiburg(Schweiz)</p>
<p>Holzem, Andreas, Universität Tübingen</p>
<p>Hünermann, Peter, Universität Tübingen</p>
<p>Jäggle, Martin, Universität Wien</p>
<p>Jorissen, Hans, Universität Bonn</p>
<p>Kampling, Rainer, Universität Berlin</p>
<p>Karrer, Leo, Universität Freiburg/Schweiz</p>
<p>Kern, Walter, Pädagogische Hochschule Ludwigsburg</p>
<p>Kessler, Hans, Universität Frankfurt am Main</p>
<p>Kienzler, Klaus, Universität Augsburg</p>
<p>Kirchschläger, Walter, Universität Luzern</p>
<p>Knobloch, Stefan, OFMCap, Universität Mainz</p>
<p>Könemann, Judith, Universität Münster</p>
<p>Kohler-Spiegel, Helga, Pädagogische Hochschule Feldkirch/Vorarlberg</p>
<p>Kos, Elmar, Universität Vechta</p>
<p>Kraus, Georg, Universität Bamberg</p>
<p>Kruip, Gerhard, Universität Mainz</p>
<p>Kügler, Joachim, Universität Bamberg</p>
<p>Kuhnke, Ulrich, Hochschule Osnabrück</p>
<p>Kuld, Lothar, Pädagogische Hochschule Weingarten</p>
<p>Ladenhauf, Karl-Heinz, Universität Graz</p>
<p>Lang, Bernhard, Universität Paderborn</p>
<p>Langer, Wolfgang, Perchtolsdorf</p>
<p>Lesch, Karl Josef, Universität Vechta</p>
<p>Loretan, Adrian, Universität Luzern</p>
<p>Lüdicke, Klaus, Universität Münster</p>
<p>Ludwig, Heiner, TU Darmstadt</p>
<p>Lutterbach, Hubertus, Universität Duisburg-Essen</p>
<p>Maier, Joachim, Schriesheim</p>
<p>Meier, Johannes, Universität Mainz</p>
<p>Mennekes, Friedhelm SJ, Köln</p>
<p>Merks, Karl-Wilhelm, Bonn</p>
<p>Mette, Norbert, Technische Universität Dortmund</p>
<p>Michel, Andreas, Universität zu Köln</p>
<p>Mieth, Dietmar, Universitäten Erfurt und Tübingen</p>
<p>Missala, Heinrich, Universität Duisburg-Essen</p>
<p>Möhring-Hesse, Matthias, Universität Vechta</p>
<p>Mooney, Hilary, Pädagogische Hochschule Weingarten</p>
<p>Müller, Klaus, Universität Münster</p>
<p>Müllner, Ilse, Universität Kassel</p>
<p>Nauer, Doris, Phil.-Theol. Hochschule Vallendar</p>
<p>Neuner, Peter, LMU München</p>
<p>Niederschlag, Heribert SAC, Phil.-Theol. Hochschule Vallendar</p>
<p>Odenthal, Andreas, Universität Tübingen</p>
<p>Ollig, Hans-Ludwig SJ, Phil.-Theol. Hochschule St. Georgen</p>
<p>Pellegrini, Silvia, Universität Vechta</p>
<p>Pemsel-Maier, Sabine, Pädagogische Hochschule Karlsruhe</p>
<p>Pesch, Otto Hermann, Universität Hamburg</p>
<p>Pock, Johann, Universität Wien</p>
<p>Poplutz, Uta, Universität Wuppertal</p>
<p>Porzelt, Burkard, Universität Regensburg</p>
<p>Raske, Michael, Universität Frankfurt am Main</p>
<p>Richter, Klemens, Universität Münster</p>
<p>Roebben, Bert, Universität Dortmund</p>
<p>Rotter, Hans, Universität Innsbruck</p>
<p>Sauer, Ralph, Universität Vechta</p>
<p>Schäper, Sabine, Katholische Fachhochschule Münster</p>
<p>Schmälzle, Udo, Universität Münster</p>
<p>Schmidt, Thomas M., Universität Frankfurt am Main</p>
<p>Schmiedl, Joachim, Phil.-Theol. Hochschule Vallendar</p>
<p>Schockenhoff, Eberhard, Universität Freiburg</p>
<p>Scholl, Norbert, Pädagogische Hochschule Heidelberg</p>
<p>Schulz, Ehrenfried, LMU München</p>
<p>Schreiber, Stefan, Universität Augsburg</p>
<p>Schreijaeck, Thomas, Universität Frankfurt am Main</p>
<p>Schüller, Thomas, Universität Münster</p>
<p>Schüngel-Straumann, Helen, Universität Kassel / Basel</p>
<p>Seeliger, Hans-Reinhard, Universität Tübingen</p>
<p>Siller, Hermann Pius, Universität Frankfurt am Main</p>
<p>Simon, Werner, Universität Mainz</p>
<p>Spiegel, Egon, Universität Vechta</p>
<p>Steinkamp, Hermann, Universität Münster</p>
<p>Steins, Georg, Universität Osnabrück</p>
<p>Stosch, Klaus von, Universität Paderborn</p>
<p>Striet, Magnus, Universität Freiburg</p>
<p>Strotmann, Angelika, Universität Paderborn</p>
<p>Theobald, Michael, Universität Tübingen</p>
<p>Trautmann,  Franz,  Pädagogische  Hochschule  Schwäbisch-Gmünd</p>
<p>Trautmann, Maria, Katholische Universität Eichstätt</p>
<p>Trocholepczy, Bernd, Universität Frankfurt am Main</p>
<p>Vogt, Markus, LMU München</p>
<p>Wacker, Marie-Theres, Universität Münster</p>
<p>Wahl, Heribert, Universität Trier</p>
<p>Walter, Peter, Universität Freiburg</p>
<p>Weirer, Wolfgang, Universität Graz</p>
<p>Wendel, Saskia, Universität zu Köln</p>
<p>Wenzel, Knut, Universität Frankfurt am Main</p>
<p>Werbick, Jürgen, Universität Münster</p>
<p>Willers, Ulrich, Katholische Universität Eichstätt</p>
<p>Ziebertz, Hans-Georg, Universität Würzburg</p>
<p>Zwick, Reinhold, Universität Münster</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>Les communautés de base en Europe</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/12/09/les-communautes-de-base-en-europe/</link>
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		<pubDate>Thu, 09 Dec 2010 19:39:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[LE RÉSEAU NSAE]]></category>

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		<description><![CDATA[Cet article est extrait du n° 6 de la Lettre d&#8217;information des Réseaux des Parvis Les communautés sont des groupes  de personnes qui partagent une identité commune. Cette identité est le produit de la rencontre de tous les individus qui la constituent. C&#8217;est ce que nous appelons leur identité collective. Les communautés sont établies selon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cet article est extrait du n° 6 de la <em>Lettre d&#8217;information des Réseaux des Parvis</em></p>
<p><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/L6001.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3427" title="L6001" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/L6001-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Les communautés sont des groupes  de personnes qui partagent une identité commune. Cette identité est le produit de la rencontre de tous les individus qui la constituent. C&#8217;est ce que nous appelons leur identité collective. Les communautés sont établies selon deux axes, l&#8217;axe psychologique et l&#8217;axe politique.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut avoir une communauté ou un groupe de personnes qui se réunissent pour se sentir bien ensemble, en sécurité. La raison d&#8217;être d&#8217;un tel groupe, ce « bien-être », leur donne un sentiment d&#8217;appartenance, le sentiment de faire partie d&#8217;un corps plus grand. La dimension psychologique d&#8217;un tel groupe est déterminante.</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, on peut avoir des groupes dans lesquels la dimension psychologique est virtuellement absente. Nous pouvons imaginer un groupe politique dont le but est de gagner les élections et d&#8217;accéder au pouvoir, ne laissant aucune place à l&#8217;attention portée à ses membres.</p>
<p style="text-align: justify;">Une communauté ecclésiale saine, du type de celles que nous désirons, devrait idéalement insister sur les deux dimensions. Les catholiques progressistes se rassemblent parce qu&#8217;ils éprouvent un urgent besoin d&#8217;action politique. Ils veulent faire survenir le Royaume de Dieu, ils veulent changer le monde et atteindre la justice sociale, ils veulent changer la structure de l&#8217;Église. C&#8217;est la dimension politique de leur communauté.</p>
<p style="text-align: justify;">Le temps passant, ils se rendent compte que le changement n&#8217;est pas si facile à obtenir. Si le groupe &#8211; ou communauté &#8211; n&#8217;est pas capable de développer la dimension psychologique, elle stagnera ou cessera de croître. Elle aura de la difficulté à recruter de nouveaux membres. Une communauté a besoin d&#8217;offrir à ses membres un espace dans lequel ils peuvent se développer en tant qu&#8217;individus, s&#8217;épanouir et contribuer à dessiner l&#8217;identité collective de la communauté.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;Église préconciliaire, la grille d&#8217;autel coupait l&#8217;église en deux espaces délimités: le sacré et le profane. L&#8217;un où la sexualité était taboue, l&#8217;autre où elle était strictement codifiée. De ce côté-ci se rassemblaient les impurs, les femmes, qui ont des règles et qui symbolisent la sexualité, les hommes qui n&#8217;excluent pas d&#8217;avoir des relations charnelles avec les femmes, et les enfants. L&#8217;autre côté était réservé à ceux qui, par la grâce des Saints Ordres, pouvaient agir in persona Christi et détenir l&#8217;autorité. Ils avaient le pouvoir sur les clés du paradis et définissaient la Doctrine et la Tradition, et veillaient à ce qu&#8217;elles soient imposées et respectées. Sans leur médiation, il n&#8217;y avait nul accès au sacré et à Dieu. Et Dieu était loin, et enfermé dans une petite cage appelée le tabernacle, dont les prêtres avaient la clé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le prix à payer pour les hommes &#8211; les femmes étaient exclues par définition &#8211; pour être cooptés dans le royaume du Pouvoir et du Sacré était de renoncer à tout ce que les femmes représentaient.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec Vatican II, une conception différente de ce qu&#8217;est une communauté devint acceptable et légitime, alors que, dans l&#8217;histoire européenne, ceux qui revendiquaient être les gardiens de l&#8217;héritage de Jésus n&#8217;ont jamais conçu cette sauvegarde autrement que par la violence et la coercition. Le catholicisme s&#8217;est répandu à travers le monde essentiellement par l&#8217;épée. Mais le miracle, c&#8217;est que cette violence, tout en obscurcissant le message de libération que Jésus prêchait, n&#8217;est jamais parvenue à le tuer complètement. Et le potentiel utopique et consolateur de la Bonne Nouvelle a survécu en aidant les opprimés à survivre. Il semble qu&#8217;il y ait du vrai dans l&#8217;idée que Dieu habite avec les Anawim, les pauvres et les opprimés. C&#8217;était la Bonne Nouvelle que les pauvres et les opprimés n&#8217;avaient qu&#8217;une chance de survivre, à savoir établir une communauté. Additionner leurs faiblesses en vue d&#8217;une force: croître et multiplier.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc la vie communautaire est centrale dans l&#8217;identité chrétienne. [Malgré le choc de la Révolution française], l&#8217;Église maintient comme institutionnelle sa structure aristocratique, monarchique et absolue. Cependant elle perd de façon progressive le pouvoir politique. Tout au long des XlXème et XXème siècles, l&#8217;éducation atteint des secteurs de plus en plus larges de la société, et une lente révolution culturelle accompagne une urbanisation qui s&#8217;accélère, même dans les rangs catholiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Des personnalités telles que Joseph Cardjin en Belgique apparaissent, qui comprennent l&#8217;importance de s&#8217;adresser au monde ouvrier, et de nouvelles formes pastorales naissent, qui permettent aux laïcs de prendre en main la vie de la communauté. La méthode Voir &#8211; juger &#8211; agir se développe, fournissant au peuple un instrument pour décider de son action, en utilisant l&#8217;Écriture comme un paramètre de décision éthique.</p>
<p style="text-align: justify;">Un changement d&#8217;attitude à l&#8217;égard de la sexualité devient crucial dans le processus de maturation des laïcs catholiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi Dieu aurait-il créé le plaisir sexuel pour en faire un mal ? Le plaisir sexuel ne pouvait-il réellement recevoir l&#8217;approbation de Dieu ? Et si une grossesse conduisant à une naissance que l&#8217;on est incapable d&#8217;assumer économiquement pouvait être empêchée, pourquoi ne devrait-on pas le faire ? À la publication de Humanae Vitae, une réaction mondiale se produisit. Les laïcs avaient mûri et un processus de séparation entre le religieux et le hiérarchique survint, entre Ecclesia et Ecclesiasiica, selon les mots d&#8217;un ami colombien. Vatican II a confirmé l&#8217;idée que l&#8217;Église était le peuple de Dieu. À partir de là, de nombreuses petites communautés sont nées et devenues visibles à travers le monde, en particulier là où les gens souffraient d&#8217;oppression. Mais certaines apparurent dans des pays où il n&#8217;y avait pas d&#8217;oppression politique, comme l&#8217;Allemagne ou l&#8217;Italie, et le Tiers-mondisme fut une expression de la conscience grandissante de la « globalisation ». Ces catholiques se sentaient responsables de la justice sociale et de la souffrance des pauvres dans le monde en développement.</p>
<p style="text-align: justify;">Humanae Vitae produisit la première crise. La sexualité faisait problème en termes de droit, le droit à la liberté de conscience au sein de l&#8217;Église. De nombreux prêtres quittèrent le ministère, et finirent par créer des organisations de prêtres mariés. En 1975, le Rassemblement pour l&#8217;Ordination de Femmes vit le jour. Avec l&#8217;élection de Jean-Paul II, la liberté de pensée et de parole fut mise en question, et les protestations au sein de l&#8217;Église se firent de plus en plus virulentes. De nombreuses organisations et associations furent créées en Allemagne, en France, aux Pays-Bas etc., dont certaines font aujourd&#8217;hui partie du Réseau Européen, ou des Réseaux du Parvis en France, par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Communautés de Base avaient un équilibre harmonieux entre les dimensions politiques et psychologiques. Elles voulaient changer l&#8217;Église en commençant par elles-mêmes et par leur vie en tant que communautés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le capitalisme généralisait son modèle socio-économique avec la libre concurrence, et le Vatican, allié objectif de Reagan dans son combat contre le marxisme, se tenait aux côtés des oppresseurs, tandis que le peuple de Dieu, l&#8217;Église de la base, souvent avec la solidarité de prêtres et de religieuses, organisait la résistance. De cela surgit la théologie de la libération, réprimée par le Vatican. Les communautés de base étaient des sortes de cellules révolutionnaires où l&#8217;on faisait l&#8217;expérience de la démocratie. Pendant ce temps, le Vatican, sous l&#8217;influence grandissante de l&#8217;Opus Dei, fit de la diplomatie internationale l&#8217;une de ses plus hautes priorités. Le Saint-Siège chercha à assurer une présence dans toutes les instances internationales importantes, tentant, entre autres, d&#8217;y empêcher les progrès des droits des femmes et des droits reproductifs.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1995, Wir sind Kirche fut créé en réponse au scandale des abus sexuels révélé par le Cardinal Groër à Vienne. En trois semaines, 500 000 signatures furent obtenues pour demander des réformes structurelles fondamentales dans l&#8217;Église catholique. Il devait y en avoir 1 800 000 en Allemagne en trois mois. Et en 1996, le Mouvement International Nous Sommes Église était créé à Rome. La même année en Autriche, le premier Synode des Femmes d&#8217;Europe se réunissait à Gmunden, et aboutissait à la création de WOW (Women Ordination Worldwide), et les premières ordinations de femmes eurent lieu sur le Danube en 2002. Inutile de préciser que de nombreux autres mouvements européens se joignirent à cette démarche.</p>
<p><strong>Avenir </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les mouvements réunis dans le Réseau Européen Églises et Libertés sont très soucieux de la dimension politique. Mais, au-delà du désir de changer le monde, et même l&#8217;Église institutionnelle, nous ne devons pas oublier que nous avons aussi besoin d&#8217;appartenir à une communauté dans laquelle nous pouvons faire l&#8217;expérience de l&#8217;intérêt mutuel et nous développer personnellement. Au fil du temps, les choses apparaissent plus compliquées qu&#8217;au début, et le groupe fait l&#8217;expérience de ses premières petites crises. Ce sont des expériences bénéfiques si les membres mûrissent, et le groupe peut en sortir plus fort. Des règles sont établies, qui définissent les relations et les prises de décision. Les individus doivent se soumettre à ces règles et les conflits peuvent être évités.</p>
<p>Mais les individus doivent préserver leur droit d&#8217;être des individus.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les communautés saines, les gens comptent. Leurs besoins individuels comptent. Les hiérarchies, si elles existent, sont plates, et les responsabilités tournent. Tout le monde apprend de tout le monde et tout le monde a quelque chose à enseigner aux autres. Une communauté saine n&#8217;est pas une affaire de pouvoir. Cela n&#8217;a pas d&#8217;importance d&#8217;être le groupe le plus vaste ou le plus influent. Ce qui importe, c&#8217;est de lui appartenir, et que tout le monde se sente bien et prospère. Ce n&#8217;est pas essentiel d&#8217;avoir une continuité, des héritiers ou des successeurs. C&#8217;est magnifique d&#8217;avoir des groupes qui fonctionnent de façon démocratique, mais finalement ce n&#8217;est pas le groupe, le plus important, mais l&#8217;individu. Toutes les formes de totalitarisme ont toujours mis les intérêts du groupe au-dessus des intérêts et des droits des individus. Le fascisme. Le communisme. L&#8217;Église.</p>
<p style="text-align: right;">Elfriede Harth</p>
<p style="text-align: right;">Traduction : Didier Vanhoutte</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/L60021.jpg"><img class="size-medium wp-image-3430 aligncenter" title="L6002" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/L60021-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: right;">
<p style="text-align: right;">
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		<title>Une autre manière d’être Église par Leonardo Boff</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Oct 2010 12:38:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;article qui suit a été publié dans la traduction française de Pierre Collet sur le site de nos amis belges du Réseau P.A.V.E.S. (http://www.paves-reseau.be/). Il fait suite à un autre article de Leardo Boff intitulé &#8221; Où se situe la véritable crise dans l&#8217;Eglise&#8221; (http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=851). La lecture de mon dernier article ci-dessus peut en avoir désespéré [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em>L&#8217;article qui suit a été publié dans la traduction française de Pierre Collet sur le site de nos amis belges du Réseau P.A.V.E.S. (http://www.paves-reseau.be/). </em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Il fait suite à un autre article de Leardo Boff intitulé &#8221; Où se situe la véritable crise dans l&#8217;Eglise&#8221; (http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=851).</em></p>
<p style="text-align: center"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/menurose.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-3265" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/menurose.gif" alt="" width="416" height="92" /></a><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify">La lecture de <a href="http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=851">mon dernier article</a> ci-dessus peut en avoir désespéré plus d’un. J’y analysais la structure du pouvoir de l&#8217;Église, centralisé, pyramidal, absolutiste et monarchique. Ce type de pouvoir ne favorise pas l&#8217;idéal évangélique d&#8217;égalité, de fraternité ni de participation des fidèles. Il ferme plutôt les portes à la participation et à l&#8217;amour.</p>
<p style="text-align: justify">C’est qu&#8217;un tel type de pouvoir, par nature, a besoin d&#8217;être fort et froid. Ce modèle d’église-pouvoir se présente comme l&#8217;Église sans plus, et pire encore, comme voulu par le Christ, alors que, comme je l&#8217;ai montré, il est apparu à un moment de l’histoire et est seulement son instance d’animation et de gestion, comptant moins de 0.1 % de l’ensemble des fidèles. Par conséquent, il n&#8217;est pas toute l&#8217;Église mais seulement une partie infime.</p>
<p style="text-align: justify">Mais l’église-communauté comme phénomène religieux et comme mouvement de Jésus est beaucoup plus que l&#8217;institution. Elle trouve d&#8217;autres formes d&#8217;organisation beaucoup plus proches du rêve de son fondateur et de ses premiers disciples. Sagement, les évêques brésiliens, dans leur réunion annuelle tenue à Brasilia du 4 au 13 janvier derniers, ont admis : « seule une Église avec différentes manières de vivre la même foi sera capable de dialoguer de manière significative avec la société contemporaine ». Avec ceci ils ont rejeté la prétention d&#8217;une seule manière d&#8217;être : celle de la tradition du pouvoir. Sans la nier, il y a beaucoup d&#8217;autres manières : celle de l&#8217;Église de la libération, celle des charismatiques, celle des religieux et religieuses, celle de l&#8217;action catholique, et même celle de l&#8217;Opus Dei, celle Communion et Libération et celle de la Nueva Canción, pour citer seulement les plus connues.</p>
<p style="text-align: justify">Mais il y a une manière toute spéciale et très prophétique qui est née au Brésil dans les années 50 et qui a pris une dimension mondiale, parce qu&#8217;elle a été assimilée dans beaucoup de pays : les Communautés Ecclésiales de Base (CEB). Les évêques leur ont consacré un « Message au Peuple de Dieu sur les CEB ». Curieusement, elles sont apparues au moment où se développait au Brésil une nouvelle conscience historique. Dans la société : le peuple désirait davantage de participation politique ; et dans l&#8217;Église : les fidèles voulaient aussi davantage de participation et de coresponsabilité ecclésiale. Les CEB sont une autre manière d&#8217;être Église, dont le sujet principal, bien que non exclusif, est les pauvres. Son style est communautaire, participatif et inséré dans la culture locale. Les services sont rotatifs et l&#8217;élection démocratique. Elles articulent continuellement foi et vie, elles sont actives dans le domaine religieux, en créant de nouveaux services et rites, et actives dans le domaine social ou politique, dans les syndicats, dans les mouvements sociaux comme dans le MST (Mouvement des travailleurs Sans Terre) ou dans les partis populaires.</p>
<p style="text-align: justify">Nous ne savons pas avec précision combien il en existe, mais on compte quelque cent mille communautés de base au Brésil, regroupant plusieurs millions de chrétiens. Les évêques constatent leur haute valeur novatrice et anti-systémique. Le marché a éliminé les relations de coopération et de solidarité tandis que dans les CEB on vit des relations fondées sur la gratuité, sur la logique de l&#8217;offre-réception-rétribution. Elles ont assumé la cause écologique, c&#8217;est pourquoi on comprend aussi les CEB comme des communautés écologiques de base. Elles ont développé une forte spiritualité de respect de la vie et de la Terre Mère. Le résultat de tout cela a été davantage de respect, de vénération et de coopération avec tout ce qui vit et existe.</p>
<p style="text-align: justify">Les CEB montrent comment la mémoire sacrée de Jésus peut recevoir une autre configuration sociale, centrée sur la communion, sur l&#8217;amour fraternel et sur la joie de certifier la victoire de la vie contre les oppressions. C’est la signification existentielle de la résurrection de Jésus comme insurrection contre le modèle du monde actuel.</p>
<p style="text-align: justify">Humblement les évêques déclarent qu&#8217;elles aident l&#8217;Église à être plus engagée dans la vie et la souffrance des pauvres. Plus encore, elles interpellent toute l&#8217;Église en l&#8217;appelant à la conversion, à l’engagement pour la transformation du monde en un monde de frères et sœurs.</p>
<p style="text-align: justify">Cette manière d&#8217;être Église peut servir de modèle pour l&#8217;insertion dans la culture contemporaine, urbaine et globalisée. Si elle était choisie comme inspiration pour le projet du Pape Benoît XVI de « reconquête » de l&#8217;Europe, ce dernier aurait sûrement un certain succès. On pourrait voir des communautés de chrétiens, intellectuels, travailleurs, femmes, jeunes, … vivre leur foi en articulation avec les défis de leurs situations existentielles. Elles ne prétendraient pas avoir le monopole de la vérité et de la certitude, mais elles associeraient tous ceux qui cherchent sérieusement un nouveau langage religieux et un nouvel horizon d&#8217;espoir pour l&#8217;humanité.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right">Leonardo Boff &#8211; Brésil)</p>
<p>Notes :<br />
<a href="http://alainet.org/active/39873">http://alainet.org/active/39873</a><br />
traduit de l’espagnol par Pierre Collet</p>
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		<title>Ils parrainent le rassemblement de Lyon des 11 et 12 novembre</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Sep 2010 18:58:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Le rassemblement est soutenu et encouragé par un comité de parrainage constitué de personnalités. Nous reproduisons ici deux des nombreuses lettres de reçues : celle du Père Jacques Noyer et celle de Hans Küng Chers amis, Vous m&#8217;avez fait part de l&#8217;initiative prise par les Réseaux du Parvis. Vous estimez que le temps est venu de montrer l’actualité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis22.png"><img class="size-full wp-image-3169 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logo-rass-parvis22.png" alt="" width="170" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><em>Le rassemblement est soutenu et encouragé par un comité de parrainage constitué de personnalités. Nous reproduisons ici deux des nombreuses lettres de reçues : celle du Père Jacques Noyer et celle de Hans Küng</em></p>
<p>Chers amis,</p>
<p style="text-align: justify">Vous m&#8217;avez fait part de l&#8217;initiative prise par les Réseaux du Parvis. Vous estimez que le temps est venu de montrer l’actualité de l’Evangile pour le monde d&#8217;aujourd’hui et vous estimez aussi que le temps est venu de prendre publiquement la parole pour réveiller cette conscience au cœur de l&#8217;Eglise.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Je partage profondément vos objectifs et, comme vous me le demandez, j&#8217;accepte volontiers de parrainer votre rassemblement.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">On vous reprochera sans doute de ne pas faire assez confiance à ceux qui dans l&#8217;Eglise revendiquent l&#8217;autorité pastorale. Je crois que les pasteurs ont besoin d&#8217;un peuple éveillé, responsable, impatient et qui réclame des portes ouvertes plutôt qu&#8217;un troupeau endormi n&#8217;attendant que des portes closes sur les rigueurs du temps.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Vous souffrirez peut-être de cette capacité apprise au long des siècles par les responsables de circonscrire le feu que vous allumerez, par le silence. On vous dira que le temps n&#8217;est pas venu, qu&#8217;il est trop tôt, qu&#8217;il est trop tard. On vous dira que ce n&#8217;est pas comme ça qu&#8217;il faut faire entendre sa voix, qu&#8217;il y a des chemins prévus pour cela. On ne sait que c&#8217;est le bon moment et le bon moyen que si les résultats sont là. Et je les souhaite pour vous.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Et si l&#8217;on vous reproche de manger à la table des pécheurs, d&#8217;ouvrir vos rencontres à des étrangers douteux, de jeter aux chiens les miettes des enfants, vous trouverez la réponse facilement dans l&#8217;évangile.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">D&#8217;autres rassemblements sont annoncés ou envisagés. Je souhaite bien entendu qu&#8217;ils n&#8217;entrent pas dans des querelles de préséance, n&#8217;accentuent pas artificiellement des nuances et ne se lancent pas dans un jeu de surenchère. J&#8217;y vois le « signe qu&#8217;il est temps ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Oui, l&#8217;Esprit continue à travailler au cœur des hommes pour les rassembler dans le Christ.</p>
<p style="text-align: justify">
<p>Cordialement,</p>
<p style="text-align: right">Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens</p>
<p style="text-align: right">16 août 2010</p>
<p>Chers amis, chères amies,</p>
<p style="text-align: justify">Souvent, ces dernières années, il semblait que nous, les réformateurs, nous étions démunis face au pouvoir de la hiérarchie. Mais maintenant, c’est justement le projet de restauration de la hiérarchie romaine qui réveille le peuple, lequel ne se laisse plus imposer une Eglise, une liturgie et une théologie datant du Moyen-âge et de l’époque baroque. Malgré les immenses dégâts qu’elle a occasionnés, la crise de l’Eglise a aussi quelques conséquences positives.</p>
<p style="text-align: justify">•                L’accueil de quatre évêques traditionalistes et hostiles au Concile a entraîné un regain d’intérêt pour Vatican II.</p>
<p style="text-align: justify">•                Le fait d’avoir occulté, durant le règne des deux papes de la restauration, d’innombrables cas d’abus sexuels de la part de clercs a mis en lumière la faillite du système absolutiste romain.</p>
<p style="text-align: justify">•                La nomination de nombreux évêques conservateurs, voire réactionnaires, a fait réfléchir la population aux critères et aux modes de sélection utilisés.</p>
<p style="text-align: justify">Si je ne me trompe pas, un changement d’opinion s’est aussi opéré chez les catholiques de base, même parmi les conservateurs. De plus en plus de personnes se mettent à critiquer la politique de restauration de l’Eglise. Ce que nous disons depuis si longtemps fait maintenant l’objet d’un large consensus. Les choses ne peuvent plus continuer comme cela dans notre Eglise ! Les gens en ont assez d’être bernés par des hiérarques hors du temps, avides de pouvoir et calquant leur pensée sur la pensée romaine. Nous voulons mettre en pratique les réformes empêchées par Rome. En ce qui concerne l’œcuménisme, nous ne voulons plus de bonnes paroles, mais des actes, en particulier en direction de l’intercommunion.</p>
<p style="text-align: justify">Nos désirs de réforme trouvent aujourd’hui un écho plus grand que jamais. Alors tenons bon, et continuons à parler franc, à mettre en œuvre, nous la base, les réformes que le sommet empêche de faire. Car « Nous sommes le peuple ». Et beaucoup ont pris conscience que « Nous sommes l’Eglise », au service de laquelle doivent se mettre des dirigeants hélas souvent sourds et aveugles.</p>
<p style="text-align: justify">Chères amies, chers amis, je vous souhaite d’avoir confiance, d’avoir l’audace de ce que vous croyez, et de tenir. Allez de l’avant sans crainte, avec beaucoup de joie et d’espérance.</p>
<p style="text-align: right">Hans Küng, 15 septembre 2010</p>
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		<title>Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/07/21/ne-laissons-pas-fragiliser-le-droit-de-l%e2%80%99etranger-2/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 21:16:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut réformer le régime de l&#8217;entrée et de l&#8217;expulsion des étrangers en France. Cette nouvelle modification de la loi constitue une étape supplémentaire dans la fragilisation d&#8217;hommes, de femmes, d&#8217;enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil. Ce sont pourtant des êtres humains. Certains fuient la guerre ou les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut réformer le régime de l&#8217;entrée et de l&#8217;expulsion des étrangers en France. Cette nouvelle modification de la loi constitue une étape supplémentaire dans la fragilisation d&#8217;hommes, de femmes, d&#8217;enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-2953"></span>Ce sont pourtant des êtres humains. Certains fuient la guerre ou les traitements inhumains pour sauver leur vie. D’autres cherchent simplement à améliorer leur situation et celle de leur famille. Ils aspirent, comme nous, à vivre en paix, à trouver le bonheur, à travailler, en France, leur pays « d’accueil ».</p>
<p style="text-align: justify">Mais le projet de loi va sonner le glas des aspirations de beaucoup et, par là même, de notre hospitalité et de notre humanité en réduisant leurs droits à la justice, à une vie familiale et à la solidarité.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, les étrangers n’auront plus le droit d’être entendus !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Jusqu&#8217;alors, la loi réclamait le contrôle du juge des libertés si la mise en rétention excédait deux jours avant l&#8217;expulsion. Ce garde-fou, indispensable face à l’arbitraire de l’administration, est retardé par ce projet de loi : ainsi des expulsions seront possibles pendant cinq jours sur seule décision administrative.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, le juge judiciaire ne pourra plus sanctionner certaines irrégularités.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, le droit d’asile sera entravé !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ce projet de loi restreint les possibilités d’accéder au territoire pour demander l’asile et place un nombre plus important d’éventuels demandeurs dans des conditions défavorables pour l’examen de leur demande de protection.</p>
<p style="text-align: justify">Et s’ils sont déboutés et renvoyés, il leur interdit de revenir dans l’Union européenne pour sauver leur vie.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, le droit de vivre en famille sera restreint !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Des conjoints de Français ou d&#8217;étrangers en situation régulière, voire avec des enfants en France, sont parfois sans document de séjour. La loi qui peut déjà interrompre leur vie familiale va durcir les conditions de leur séparation en repoussant toute possibilité de retour. En effet, tout étranger renvoyé peut être « banni » de l’Union Européenne jusqu’à 5 ans : nous refusons cette double peine !</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, la solidarité restera répréhensible !</strong></p>
<p style="text-align: justify">En modifiant la loi, le projet voudrait calmer les critiques sur le délit dit de &#8220;solidarité&#8221;. En ne modifiant que très marginalement l&#8217;exemption pour un tel délit, le projet de loi persiste à dissuader quiconque aiderait, de bonne foi et dans la durée, un étranger dont nul ne sait a priori s&#8217;il est en situation administrative irrégulière.</p>
<p style="text-align: justify">Il est contradictoire de maintenir le principe de fraternité dans la devise de la République et de punir les actes de solidarité.</p>
<p style="text-align: justify">Motivés par la solidarité et la défense des plus faibles, notamment des étrangers, en partenariat avec d&#8217;autres membres de la société civile, nos organismes, mouvements, associations et services <strong>chrétiens </strong>refusent que des mesures de plus en plus restrictives, voire arbitraires, propulsent des milliers d’hommes et de femmes dans la précarité et le désespoir.</p>
<p style="text-align: justify">Aussi estimons-nous nécessaire d’éveiller les consciences, d’appeler à la vigilance et à l’information sur ce projet de loi qui comporte des dispositions très inquiétantes.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Nous nous engageons à agir pour que la figure de l’étranger </strong><strong>ne serve pas de bouc émissaire en France et en Europe.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Initiateurs de l&#8217;appel :</strong></p>
<p style="text-align: justify">- <strong>ACAT-France </strong>(Action des chrétiens pour l&#8217;abolition de la torture)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>CCFD </strong>- Terre solidaire</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>FEP </strong>(Fédération de l&#8217;Entraide Protestante)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>La Cimade </strong>(Service oecuménique d&#8217;entraide)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>Secours Catholique </strong>/ CARITAS-France Avec la contribution du <strong>SNPM </strong>(Service national de la pastorale des migrants)</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Autres signataires nationaux :</strong></p>
<p style="text-align: justify">- ACO (Action catholique Ouvrière)</p>
<p style="text-align: justify">- Apostolat de la prière</p>
<p style="text-align: justify">- Association Espoir</p>
<p style="text-align: justify">- CASP (Centre d&#8217;Action Sociale Protestant)</p>
<p style="text-align: justify">- CERAS (Centre Recherche et Action Sociales)</p>
<p style="text-align: justify">- Chrétiens et sida</p>
<p style="text-align: justify">- Communauté Mission de France</p>
<p style="text-align: justify">- Communauté de Vie Chrétienne</p>
<p style="text-align: justify">- Congrégation des Auxiliatrices de la Charité</p>
<p style="text-align: justify">- Congrégation des Fils de la Charité</p>
<p style="text-align: justify">- Conseil National de l&#8217;Église réformée de France</p>
<p style="text-align: justify">- DEFAP (service protestant de mission)</p>
<p style="text-align: justify">- DOM&#8217;Asile</p>
<p style="text-align: justify">- Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France</p>
<p style="text-align: justify">- Équipe nationale des Prêtres-Ouvriers</p>
<p style="text-align: justify">- Fédération des réseaux des parvis</p>
<p style="text-align: justify">- Fédération protestante de l&#8217;enseignement</p>
<p style="text-align: justify">- Fraternité Évangélique Afrique-Caraïbe-Europe</p>
<p style="text-align: justify">- Fondation de l&#8217;Armée du Salut</p>
<p style="text-align: justify">- JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne)</p>
<p style="text-align: justify">- JRS-France (Service Jésuite des Réfugiés)</p>
<p style="text-align: justify">- Justice et Paix &#8211; France</p>
<p style="text-align: justify">- Mission Populaire Évangélique de France</p>
<p style="text-align: justify">- Missionnaires d&#8217;Afrique (Pères Blancs)</p>
<p style="text-align: justify">- MIR-France (Mouvement International de la Réconciliation)</p>
<p style="text-align: justify">- Nous sommes aussi l&#8217;Église</p>
<p style="text-align: justify">- Pax Christi &#8211; France</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau chrétien &#8211; immigrés</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau Foi et Justice Afrique-Europe</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau franciscain Gubbio</p>
<p style="text-align: justify">- Soeurs Auxiliatrices</p>
<p style="text-align: justify">- Soeurs du Bon Pasteur</p>
<p style="text-align: justify">- Union nationale des CPCV (organisme protestant de formation)</p>
<p>- Alliance Nationale des Unions Chrétiennes de Jeunes Gens &#8211; UCJG-YMCA</p>
<p>- VEA (Vivre ensemble l&#8217;Évangile Aujourd&#8217;hui)</p>
<p style="text-align: center"><em><strong>Nous invitons chacun à lire l&#8217;argumentaire qui développe les aspects évoqués dans cet appel. </strong></em><em><strong>A l&#8217;utiliser pour informer, débattre, interpeller les élus qui sont nos représentants…</strong></em></p>
<p style="text-align: center"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Appel-+-Argumentaire-avec-signataires-au-16-juillet-20101.pdf">Appel + Argumentaire avec signataires au 16 juillet 2010</a></em></p>
<p style="text-align: center">
<p><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Chrétiens des Parvis, qui sommes-nous ? par Cécile Entremont</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/04/13/chretiens-des-parvis-qui-sommes-nous-par-cecile-entremont/</link>
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		<pubDate>Tue, 13 Apr 2010 11:39:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[NSAE, qui est membre fondateur des &#8220;Réseaux des Parvis&#8221;, se retrouve tout à fait dans la présentation qu&#8217;en fait ci-dessous la présidente de la Fédération et ne comprend pas la description caricaturale qu&#8217;en donne Pierre Castaner. Catholiques d’ouverture, protestants libéraux, unitariens, nous sommes plus de cinq mille chrétiens &#8211; au sein de cinquante associations françaises &#8211; regroupés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em><strong>NSAE, qui est membre fondateur des &#8220;Réseaux des Parvis&#8221;, se retrouve tout à fait dans la présentation qu&#8217;en fait ci-dessous la présidente de la Fédération et ne comprend pas la description caricaturale qu&#8217;en donne Pierre Castaner. </strong></em></p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td width="100%"></td>
<td width="100%" align="right"><a title="Convertir en PDF" href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/index2.php?option=com_content&amp;do_pdf=1&amp;id=22" target="_blank"></a></td>
<td width="100%" align="right"><a title="Version imprimable" href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/index2.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=22&amp;pop=1&amp;page=0&amp;Itemid=77" target="_blank"></a></td>
<td width="100%" align="right"><a title="Suggérer par mail" href="http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/index2.php?option=com_content&amp;task=emailform&amp;id=22&amp;itemid=77" target="_blank"></a></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<table style="text-align: justify">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p style="text-align: justify"><strong>Catholiques d’ouverture, protestants libéraux, unitariens, nous sommes plus de cinq mille chrétiens &#8211; au sein de cinquante associations françaises &#8211; regroupés depuis dix ans par les Réseaux du Parvis.</strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Comme dans d’autres courants de l’Eglise émergente, les associations du Parvis se constituent à partir d’une préoccupation, d’une motivation ou d’une recherche commune qui les rejoint dans leur quotidien et qui cimente leurs liens. Ces associations se structurent quelque peu au fil du temps (statuts, assemblées, ateliers réguliers, conférences, publications) : elles ont aujourd’hui entre trente et dix ans d’existence. Elles peuvent toutes arguer de leur légitimité, tout à fait reconnue d’ailleurs par leur appartenance à Parvis, qui permet la saine confrontation.</p>
<p style="text-align: justify">Protestation à l’encontre de la « monarchie romaine », vigilance politique par rapport aux collusions de pouvoir spirituel et temporel, contestation des règles morales et du sexisme catholique en particulier, « option préférentielle pour les pauvres », recherche d’intériorité partagée, actualisation des textes et du langage de la foi : autant de vecteurs de rassemblement sur le Parvis !</p>
<p style="text-align: justify">Le Parvis est un passage ouvert, entre l’intérieur et le monde extérieur ; c’est un espace de rencontres, de débats, d’innovations. Un lieu de liberté et de créativité !</p>
<p style="text-align: justify">Sur le Parvis, ça circule, on rencontre encore d’autres groupes d’autres appartenances, croyants ou non .. Et enfin, sur le Parvis, on est tous à la même hauteur ! pas de piédestal, de chaire, de hiérarchie : le réseau est horizontal, souple, ouvert.</p>
<p style="text-align: justify">Les « chercheurs de vérité » à la suite de Jésus qui se rassemblent au Parvis pratiquent une ecclésiologie nouvelle en partageant les diverses manières de concrétiser leurs valeurs communes :</p>
<p style="text-align: justify">• la fidélité au message de l’Evangile,</p>
<p style="text-align: justify">• la primauté de l’humain et des chemins d’humanisation</p>
<p style="text-align: justify">• la nécessité du dialogue et du débat,</p>
<p style="text-align: justify">• la fraternité humaine et la solidarité face à toutes les exclusions,</p>
<p style="text-align: justify">• la liberté de recherche spirituelle et théologique.<em> </em></p>
<p style="text-align: justify"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: normal">source : http://www.reseaux-parvis.fr/chretiens-en-liberte/reseaux-du-parvis/notre-proposition/notre-proposition.html</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les laïcs dans l&#8217;Eglise, par Joseph Moingt</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/04/02/les-laics-dans-leglise-2/</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Apr 2010 08:11:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vais vous inviter à jeter un triple regard sur l&#8217;Église : 1) sur son présent d&#8217;abord, pour diagnostiquer, au principe de sa crise actuelle, un manque de communication avec le monde laïcisé issu de la modernité, manque imputable à la privation de parole responsable dont souffre son laïcat; 2) puis sur ses origines, pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je vais vous inviter à jeter un triple regard sur l&#8217;Église :</p>
<p style="text-align: justify;">1) sur son présent d&#8217;abord, pour diagnostiquer, au principe de sa crise actuelle, un manque de communication avec le monde laïcisé issu de la modernité, manque imputable à la privation de parole responsable dont souffre son laïcat;</p>
<p style="text-align: justify;">2) puis sur ses origines, pour découvrir une possibilité de sortir de cette crise. Cette possibilité réside dans le caractère sacerdotal du peuple chrétien, qui permet d&#8217;associer le laïcat au ministère consacré de la tradition apostolique;</p>
<p style="text-align: justify;">3) enfin sur l&#8217;avenir de la mission évangélique, que l&#8217;Église serait impuissante à remplir sans appeler le laïcat à en assumer la responsabilité, sous la conduite de sa hiérarchie et sous des formes à inventer de concert dès maintenant.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/joseph-moingt.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2468" title="joseph-moingt" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/joseph-moingt.jpg" alt="" width="250" height="374" /></a></p>
<h3 style="text-align: justify;">1. Diagnostic du présent</h3>
<p style="text-align: justify;">Il y a plusieurs dizaines d&#8217;années que les sociologues analysent en termes de déclin, d&#8217;éclipse, de dépérissement, de retrait, de disparition, et autres termes non moins alarmants, la situation de la religion en général (il s&#8217;agit le plus souvent du christianisme) et celle de l&#8217;Église en particulier (ce sera souvent la seule confession catholique ou son magistère que je désignerai sous ce nom). L&#8217;Église n&#8217;admet pas volontiers ce diagnostic. Il n&#8217;y a pas longtemps que l&#8217;Osservatore Romano, rappelant qu&#8217;elle est universelle, vantait à coups de statistiques triomphalistes l&#8217;exceptionnelle bonne santé de l&#8217;Église. Il fallait bien concéder toutefois qu&#8217;il n&#8217;en allait pas de même en Europe, mais les explications ne manquaient pas, qui situaient les causes dû péril au dehors de l&#8217;Église : le matérialisme, le goût du plaisir et du profit, la sécularisation de la société, le laïcisme des pouvoirs publics. La reconquête du terrain perdu était déjà en cours, assurait-on : c&#8217;était la nouvelle évangélisation. On devait malheureusement avouer qu&#8217;on allait manquer d&#8217;ouvriers apostoliques : soit par défaut d&#8217;esprit de sacrifice, ou parce que les responsables n&#8217;osaient pas solliciter la générosité des jeunes, on ne réussissait pas à enrayer la baisse du recrutement du clergé. Ainsi avait-on cerné le mal mortel dont souffrait l&#8217;Église des pays occidentaux : le manque de prêtres ; il n&#8217;y avait pas de remède à chercher sur d&#8217;autres terrains.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette analyse institutionnelle ne va pas à la racine du mal, au fait que l&#8217;Église se vide de ses fidèles de façon continue depuis plusieurs siècles, et plus particulièrement de ses jeunes fidèles depuis un demi-siècle : la transmission des croyances, des pratiques et des liens d&#8217;appartenance ne se fait plus. Que le manque de prêtres obère gravement le fonctionnement de l&#8217;institution ecclésiale, c&#8217;est un fait indiscutable et douloureux. Mais la fuite massive des fidèles est un phénomène autrement plus inquiétant, puisqu&#8217;elle menace l&#8217;Église d&#8217;extinction, et comment ne pas en chercher la cause au-dedans de l&#8217;institution qui n&#8217;a pas su retenir chez elle ceux qui l&#8217;ont quittée?</p>
<p style="text-align: justify;">Un historien reconnu démontrait récemment, analyses textuelles à l&#8217;appui, que la pensée des Lumières était l&#8217;héritage sécularisé de la spiritualité chrétienne du XVIIe siècle. Ce qu&#8217;on appelle la Modernité &#8211; la naissance du sujet qui s&#8217;affranchit de l&#8217;autorité et de la tradition, l&#8217;apparition d&#8217;une rationalité basée sur le doute méthodique et l&#8217;observation scientifique, l&#8217;analyse critique des textes bibliques, la revendication de la liberté de penser, de philosopher et de croire, l&#8217;aspiration aux droits individuels et politiques &#8211; tout ce vaste mouvement d&#8217;émancipation, qui commence avant même le XVIIe siècle, a pris naissance au sein d&#8217;une société majoritairement chrétienne, au sein même d&#8217;institutions ecclésiastiques, et n&#8217;était pas dirigé contre la foi ni l&#8217;Église. Mais les autorités de l&#8217;Église n&#8217;ont pas compris la légitimité de ces aspirations, elles se sont senties mises en cause et s&#8217;y sont opposées, et les chrétiens sont allés chercher au-dehors les libertés qui leur étaient refusées au-dedans.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;hostilité entre l&#8217;Église et la modernité s&#8217;est aggravée à mesure que la raison, rejetée et laissée à elle-même, s&#8217;émancipait des croyances et virait au rationalisme, et que la hiérarchie ecclésiale s&#8217;alarmait des aspirations démocratiques même tournées contre les autorités politiques. Ainsi s&#8217;est consommée la rupture avec le monde moderne.</p>
<p style="text-align: justify;">On sait que Vatican II a voulu renouer les relations avec ce monde et a reconnu la légitimité de beaucoup d&#8217;idées &#8220;modernes&#8221; que la Papauté du XIXe siècle n&#8217;avait cessé de condamner, en particulier les droits de l&#8217;homme et la liberté de conscience et de religion. Quarante ans après, on ne peut pas dire que la situation se soit améliorée, ni sur le plan des relations entre monde et Église, ni sur celui des relations entre laïcat et hiérarchie catholique; qu&#8217;il s&#8217;agisse des unes ou des autres, le diagnostic est le même : la communication ne passe pas. En plus de trois siècles d&#8217;affrontement à la modernité, l&#8217;Église n&#8217;a toujours pas appris à dialoguer, elle ne sait qu&#8217;enseigner au titre de son autorité divine des vérités censées immuables.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il ne s&#8217;agissait que des vérités de foi tirées de sa révélation et concernant le salut éternel, on ne lui en ferait pas le reproche. Mais elle prétend régenter aussi le vaste domaine des vérités d&#8217;ordre éthique accessibles à la raison naturelle, qui s&#8217;étend à la vie de l&#8217;homme en société et à ses liens à l&#8217;univers. Or, pour l&#8217;homme de la modernité, tout ce qui relève de la raison commune, de la condition humaine universelle, du bien commun, tout cela relève du débat public, du dialogue philosophique, tout cela est soumis à des procédures démocratiques de discussion, rien ne peut être tranché par simple rappel à l&#8217;ordre de traditions immuables, de principes métaphysiques absolus, ni d&#8217;une autorité divine. L&#8217;Église est statutairement incapable d&#8217;entrer dans ce débat, et donc de ramener à elle ses anciens fidèles égarés dans ce monde sécularisé. Elle est non moins incapable d&#8217;empêcher de la quitter des fidèles qui vivent, sentent et pensent en connivence avec la rationalité et la socialité de leur temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici donc l&#8217;Église menacée de ne plus pouvoir remplir la mission qui est sa seule raison d&#8217;être : annoncer l&#8217;Évangile au monde. Cette mission est surtout assurément d&#8217;annoncer Jésus Christ, mais c&#8217;est aussi et au préalable de répandre sa pensée, l&#8217;esprit évangélique, qui conditionne l&#8217;accès à sa personne par la foi, et qui est nécessaire à la vie du monde, car ses paroles sont esprit et vie. Or, si elles ne peuvent pas être répandues par voie d&#8217;autorité mais seulement de débat, la mission évangélique dans une société laïque devrait largement incomber au laïcat chrétien. Or, il n&#8217;est de parole autorisée dans l&#8217;Église que celle qui émane de ses chefs et ministres consacrés. Les laïcs ne peuvent que témoigner à titre individuel, non porter au monde une parole d&#8217;Église; même leur témoignage souffre d&#8217;un défaut de crédibilité : comment persuader au-dehors que l&#8217;Évangile est école de vraie liberté, alors que leur qualité de personnes majeures et responsables n&#8217;est pas reconnue au-dedans?</p>
<p style="text-align: justify;">Privée de la parole missionnaire de ses fidèles laïcs, l&#8217;Église ne peut plus guère espérer que survivre dans nos régions en tant que minorité religieuse. Cet espoir lui sera-t-il longtemps permis? Non, hélas!, puisque le ministère de la vie spirituelle et sacramentelle appartient exclusivement au clergé. Voici maintenant les fidèles menacés de ne plus pouvoir mener leur vie de chrétiens à cause de leur impuissance à susciter des vocations sacerdotales. Et voici l&#8217;Église menacée effectivement d&#8217;extinction, de son propre aveu et consentement. Face une telle éventualité, le chrétien est amené à se demander : est-il possible que Jésus ait lié la dispensation de sa parole et de sa vie au ministère des prêtres, et mis ses simples fidèles sous leur dépendance, au point de condamner la mission évangélique à s&#8217;arrêter et l&#8217;Église à disparaître, faute de prêtres? La question est si grave et si urgente que le théologien ne peut se dispenser d&#8217;interroger directement l&#8217;Évangile, à ses risques et périls, par-delà même la tradition historique dont se réclame le Magistère.</p>
<h3 style="text-align: justify;">2. Les ressources de l&#8217;origine</h3>
<p style="text-align: justify;">La remontée aux origines de l&#8217;Église, aux temps apostoliques, nous fournira les moyens de faire face aux difficultés d&#8217;aujourd&#8217;hui; on n&#8217;y trouvera pas des solutions toutes faites, mais la possibilité de poser les problèmes autrement et de chercher des réponses nouvelles à des situations nouvelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, on ne voit jamais Jésus soucieux d&#8217;instituer un sacerdoce nouveau qui remplacerait celui du Temple. Plus radicalement, il annonce la venue imminente du Royaume de Dieu, il ne se préoccupe pas de poser les fondations solides d&#8217;une institution religieuse destinée à croître et à durer dans le temps. Dans les communautés apostoliques, on ne voit pas de ministères sacramentels réservés à des clercs consacrés; Paul donne la première description d&#8217;une assemblée eucharistique sans faire référence à des prêtres consécrateurs. Il est rapporté dans les Actes que les apôtres établissaient des dirigeants dans les Églises qu&#8217;ils fondaient ou visitaient, mais on ne les voit pas agir eux-mêmes en chefs de communauté; une imposition de la main aux presbytes apparaît tardivement, elle est d&#8217;origine rabbinique et de portée imprécise; mais il est admis que le vocabulaire sacerdotal usité par le Nouveau Testament se rapporte exclusivement au culte judaïque, et le seul écrit qui parle du sacerdoce du Christ, l&#8217;Épître aux Hébreux, n&#8217;envisage nulle part sa transmission dans l&#8217;Église.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a pourtant une exception notable à cette réserve linguistique : plusieurs écrits du Nouveau Testament parlent de l&#8217;ensemble des fidèles en termes de &#8220;peuple sacerdotal&#8221; ou de &#8220;royaume de prêtres&#8221;, reprenant d&#8217;ailleurs l&#8217;expression à des textes de l&#8217;Ancien Testament qui décrivent l&#8217;accomplissement des promesses divines dans les temps messianiques en suite de l&#8217;effusion de l&#8217;Esprit Saint. Si rares que soient ces mentions, leur signification est claire : seul le prêtre avait le droit, en vertu de sa consécration, de s&#8217;approcher de Dieu dans le Temple et de lui offrir sa prière et celle du peuple; les chrétiens, semblablement et à un titre supérieur, ayant reçu l&#8217;onction de l&#8217;Esprit du Christ, n&#8217;ont pas besoin de recourir à des intermédiaires, mais jouissent d&#8217;un accès direct auprès de Dieu. On voit à quel point ces mentions isolées du sacerdoce des fidèles consonnent avec de nombreux textes des apôtres, de Paul en particulier, qui parlent des chrétiens en termes de Temples du Saint Esprit, pierres vivantes de la demeure de Dieu, qui offrent à Dieu des actions de grâce et s&#8217;offrent eux-mêmes à lui en sacrifices qui lui plaisent..</p>
<p style="text-align: justify;">On se trouve donc là sur un terrain solide, un terrain de fondation, qui atteste la conscience des premiers chrétiens d&#8217;avoir reçu du Christ la pleine capacité de subvenir par eux-mêmes aux besoins de leur vie spirituelle. On en trouve une abondante preuve et illustration dans les descriptions de la vie des communautés fournies par les écrits des apôtres, de Paul en particulier : partout surgissent des ministères, surtout de la parole, attribués aux « charismes » de l&#8217;Esprit Saint et reconnus par les communautés; le besoin se fait sentir ici et là d&#8217;y mettre de l&#8217;ordre, mais Paul s&#8217;adresse pour cela au « discernement » des fidèles, sans faire appel à une autorité instituée, notamment à propos des réunions eucharistiques des Corinthiens. L&#8217;effusion universelle de l&#8217;Esprit est source de ministères qui jaillissent de la communauté elle-même, mis à sa disposition et contrôlés par elle pour subvenir à ses divers besoins sacramentels (baptême, eucharistie, réconciliation, onction des malades) et spirituels (catéchèse, explication des Écritures, exhortation, jugement, envoi en mission). Cette « ressource » originelle est en principe inaliénable et inépuisable. Elle est l&#8217;accomplissement de la promesse de Jésus à ses disciples, avant son départ, de leur envoyer « un autre Paraclet » qui leur fournirait toute l&#8217;assistance dont il s&#8217;acquittait lui-même auprès d&#8217;eux jusque-là.</p>
<p style="text-align: justify;">On se gardera bien d&#8217;oublier pour autant l&#8217;autorité conférée par Jésus personnellement à ses apôtres pour l&#8217;annoncer au monde, rassembler, enseigner, diriger ceux qui croiraient en lui jusqu&#8217;au moment de sa venue en gloire. Au tout début de l&#8217;Église, le terme d&#8217;« apôtre » revêt une acception assez large, il s&#8217;étend à tous ceux qui avaient suivi Jésus de plus près dans des groupes de disciples, qui avaient bénéficié de ses apparitions après sa résurrection et lui rendaient publiquement témoignage de lieu en lieu, et aussi à ceux que les communautés envoyaient porter la parole en d&#8217;autres lieux. Assez vite cependant, une autorité particulière fut reconnue aux « Douze » apôtres choisis spécialement par Jésus, et étendue aux chefs des Églises établis par eux pour leur succéder.</p>
<p style="text-align: justify;">Vers la fin du IIe siècle, la coutume s&#8217;établit de confier le gouvernement des Églises, jusque- là assumé par un collège de « presbytres » ou « anciens », à un seul évêque, et c&#8217;est alors qu&#8217;apparaît pour la première fois une ordination sacerdotale, qui habilite l&#8217;évêque, et lui seul, à accomplir les principaux actes sacramentels, tandis que les presbytres, eux aussi ordonnés, l&#8217;assistent dans le gouvernement du peuple, le suppléent occasionnellement pour le service du culte, mais ne deviendront prêtres à titre plénier et personnel que deux siècles plus tard environ, quand ils seront mis à leur tour à la tête d&#8217;Églises paroissiales. La distinction clercs/laïcs est donc instituée par des rites d&#8217;ordination au début du IIIe siècle, ce qui met fin aux ministères des laïcs et leur retire le droit à prendre la parole dans l&#8217;Église.</p>
<p style="text-align: justify;">On n&#8217;aura pas de difficulté à reconnaître à ces ministres consacrés une autorité sacerdotale propre et particulière, sans que cela oblige à ressourcer leur sacerdoce à un acte institutionnel particulier. Comment le pourrait-on, alors que Jésus ne parle jamais de sacerdoce et que le premier rituel d&#8217;ordination, celui d&#8217;Hippolyte, remonte à l&#8217;origine du culte juif pour expliquer que le nouveau temple de Dieu, l&#8217;Église, avait besoin d&#8217;un ministère nouveau afin que le culte dû à Dieu ne tombât pas en déshérence? Il est logique de rattacher le ministère consacré au seul lieu du Nouveau Testament qui s&#8217;approprie le vocabulaire sacerdotal, et c&#8217;est en parlant du peuple des fidèles du Christ; cela n&#8217;empêchera pas de penser que les ministres consacrés exercent le sacerdoce à titre personnel et d&#8217;une façon spécifique, en vertu de l&#8217;autorité confiée par le Christ, ainsi que le rappelle Vatican II, et de reconnaître ainsi la légitimité de la tradition sacerdotale de l&#8217;Église.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette tradition perdrait toute légitimité, si elle en venait, dans la situation de détresse qui est la nôtre, à empêcher les fidèles de s&#8217;alimenter aux sources de la vie spirituelle et sacramentelle, sous prétexte que le sacerdoce commun du peuple chrétien, vide de tout « pouvoir », se réduirait au besoin de recourir au ministère des prêtres, ce qui serait une contradiction dans les termes. Oserait-on dire que le Saint Esprit, source de toute sanctification, se tient inactif dans l&#8217;Église, livré à la seule disposition des prêtres? Jésus n&#8217;emploie le mot « pouvoir » que pour le réduire à l&#8217;humilité du service, c&#8217;est-à-dire l&#8217;empêcher de s&#8217;ériger en monopole et en contrainte. Quand donc on s&#8217;aperçoit que la poursuite du monopole clérical, qui n&#8217;est pas en tant que tel d&#8217;institution divine, conduirait l&#8217;Église à la ruine, il est urgent de se retourner vers l&#8217;origine évangélique, qui fut l&#8217;effacement de l&#8217;ancien dans du nouveau, pour y redécouvrir et réactiver la puissance de renouveau dont l&#8217;Église a besoin.</p>
<h3 style="text-align: justify;">3. Un futur à réinventer</h3>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Église du Christ est née de l&#8217;arrachement d&#8217;un petit reste d&#8217;Israël à son passé par la mort de son fondateur et de sa projection dans le monde païen par l&#8217;effusion de l&#8217;Esprit pour y inventer une existence toute nouvelle et itinérante : « Allez par le monde entier&#8230; » Aujourd&#8217;hui, rejetée par le monde qu&#8217;elle avait baptisé, la voici contrainte de tirer de son envoi au monde une nouvelle manière d&#8217;être-au-monde pour y remplir sa mission. Partons de ce principe : il ne s&#8217;agit pas que l&#8217;Église change de structures pour mieux s&#8217;adapter à un monde nouveau, il s&#8217;agit qu&#8217;elle prenne les moyens d&#8217;accomplir sa mission, qui est, je le répète, sa seule raison d&#8217;être. Elle peut survivre telle quelle un certain temps, peut-être encore longtemps, sous la forme d&#8217;une minorité religieuse; mais sa mission est de se tenir en lien de communication avec le monde, ce qu&#8217;elle est incapable de faire présentement, faute de parler le même langage que lui; elle s&#8217;emploie, au contraire, à en retirer les fidèles et â les regrouper dans des enceintes sacrées autour des prêtres, tant qu&#8217;il en restera.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;avenir de l&#8217;Église, bien au contraire, c&#8217;est de laisser ses fidèles aller au monde, y implanter des communautés de disciples ouvertes à la vie des autres, y témoigner de la liberté qu&#8217;ils tiennent du Christ et de la vitalité de l&#8217;Évangile, en assumant pleinement la responsabilité de leur existence chrétienne engagée dans la vie du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment se fera le changement institutionnel de l&#8217;Église? Je ne chercherai pas à l&#8217;imaginer; peut-être se fera-t-il par le haut, par des mesures d&#8217;autorité, ou au prix de bouleversements tumultueux, peut-être continuera-t-il à se faire silencieusement par en bas, ainsi qu&#8217;on voit tant de chrétiens quitter les lieux officiels de chrétienté et se regrouper ailleurs pour vivre en chrétiens autrement. Sans prétendre tracer un organigramme du changement, il est possible d&#8217;évoquer les traits constitutifs d&#8217;une communauté de disciples selon l&#8217;Évangile : méditer ensemble la Parole de Dieu, l&#8217;interroger pour en recevoir les réponses aux questions du monde, s&#8217;ouvrir à toutes les personnes en quête de sens à la façon dont Jésus fréquentait les pécheurs, se mettre en peine de soulager les souffrances de la société à la manière dont Jésus allait au-devant des malades, accueillir la présence du Seigneur qui a promis de venir au milieu des siens, « annoncer la mort du Seigneur jusqu&#8217;à ce qu&#8217;Il vienne » et se nourrir du Pain de vie, célébrer les mystères de l&#8217;identité chrétienne, recevoir et initier de nouveaux disciples, se donner les ministres et présidents dont les chrétiens ont besoin pour se constituer en corps du Christ dans la fidélité à la tradition chrétienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Car le changement de style de vie commune ne se fera pas en rupture avec la tradition de l&#8217;Église, par la médiation de laquelle, seule, les chrétiens sont en droit de se dire et en pouvoir de se tenir dans la « suite » du Christ. Il ne saurait être question de supprimer le ministère consacré, pas plus que d&#8217;instituer dans les communautés un nouveau clergé rival du clergé officiel. Les membres de ces communautés célébreront les mystères de leur appartenance au Christ en vertu du sacerdoce commun du peuple chrétien, quelles que soient les attributions de leurs ministres ou présidents et les procédures de leur mise en place. Mais le ministère consacré de la tradition apostolique gardera toujours sa nécessité et sa spécificité, qui tiennent à l&#8217;historicité et la spatialité de l&#8217;Église; sa fonction est, d&#8217;une part, de jalonner la route par laquelle toute grâce et vérité découle de la personne et de l&#8217;événement de Jésus sous la garantie de ses envoyés et, d&#8217;autre part, de tenir en lumière et en activité les signifiants et les articulations de l&#8217;unité et de l&#8217;universalité du corps du Christ. C&#8217;est pourquoi les communautés auront à cour de vivre en communion avec leurs évêques, et ceux-ci de respecter et d&#8217;encourager, plutôt que d&#8217;entraver, la libre créativité des chrétiens.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus les fidèles laïcs se prendront eux-mêmes en charge, plus le ministère consacré retrouvera son caractère originel, apostolique et épiscopal, c&#8217;est-à-dire itinérant et global : visiter les communautés, leur rendre les services qu&#8217;elles réclameront, connecter leurs activités évangéliques, sociales ou caritatives, les rassembler dans des célébrations d&#8217;unité, subvenir aux besoins religieux des chrétiens dispersés ou des masses déchristianisées, promouvoir l&#8217;évangélisation sur un plan régional ou national. Ainsi, grâce, d&#8217;un côté, à la responsabilisation des laïcs dans des communautés devenues autonomes et, d&#8217;un autre côté, à l&#8217;allègement des charges du ministère consacré et à l&#8217;élargissement de ses perspectives, l&#8217;Église sera capable d&#8217;assumer plus efficacement sa mission évangélique.</p>
<p style="text-align: justify;">La prise de responsabilité des laïcs ne doit pas être vue comme une prise du pouvoir, arraché aux mains de ses détenteurs actuels. Mais elle ne se fera pas non plus sans une association des premiers au pouvoir exercé par les seconds. La hiérarchie a peur que ne s&#8217;introduise un peu de démocratie dans l&#8217;Église, ce qui semble représenter pour elle le mal suprême; aussi prétend-elle ne pas disposer à son gré du pouvoir que le Christ lui a confié et qui appartient à lui seul. Mais où voit-on dans le Nouveau Testament que l&#8217;Église aurait été fondée sous le régime de la monarchie? La seule loi donnée par Jésus à ses apôtres est l&#8217;interdiction de commander à la façon des puissants de ce monde, c&#8217;est-à-dire par mode de domination.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pouvoir ne doit pas s&#8217;exercer sans partage, afin que l&#8217;obéissance soit rendue à Dieu même et ne s&#8217;arrête pas à la personne des chefs, afin également que l&#8217;autorité n&#8217;empêche pas la libre créativité inspirée par l&#8217;Esprit Saint aux membres du corps du Christ pour la croissance de ce corps. Le pouvoir ecclésiastique est donc limité par l&#8217;obligation de respecter ce que Paul appelle « la concitoyenneté des saints » : il est permis d&#8217;entendre par là les droits des fidèles laïcs à participer à la gestion de leur être-au-Christ, de leur vivre-ensemble en Église, de leur vivre-en-chrétiens dans le monde, et aussi à la gestion du bien commun de la société séculière, qui ne relève pas de l&#8217;autorité de l&#8217;Église. Tous ces droits méritent d&#8217;être considérés comme inhérents à l&#8217;égale appartenance de tous les chrétiens au Christ.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;apparition du sujet moderne, avons-nous dit, est liée à la revendication de la liberté de conscience, du droit de chaque individu à suivre le jugement de sa conscience et à agir en personne responsable de ses choix et de ses actes. L&#8217;Église a été désertée par tant de fidèles et a perdu sa crédibilité au regard du monde moderne, parce qu&#8217;elle n&#8217;a pas su concilier le respect de cette liberté avec l&#8217;autorité divine dont elle se prévalait, et parce qu&#8217;elle refusait à ses membres les droits que les États, eux aussi plus ou moins théocratiques, durent concéder à leurs citoyens &#8211; avant tout le droit de participer à l&#8217;expression d&#8217;une volonté commune.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Église ne rentrera pas en communication avec ce monde tant qu&#8217;elle n&#8217;aura pas donné figure en elle-même à la liberté dont l&#8217;Évangile est la source. La reprise effective de sa mission est au prix de cette conversion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Auteur : Joseph Moingt, s.j., théologien<br />
Source : </strong><a href="http://www.culture-et-foi.com" target="_blank"><strong>Culture et foi</strong></a></p>
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		<title>Clés pour une interprétation du Concile Vatican II</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 09:31:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Dégager du trésor de la Révélation le neuf et l&#8217;ancien (cf. LG 25) La polysémie du mot prêtre en français provoque confusion et pièges théologiques. Une vigilance linguistique s&#8217;impose.  En grec, 2  termes En latin, 2  termes sert à désigner En français, 1  seul terme Hierus sens 1       Sacerdos sens 1 Les prêtres des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em>Dégager du trésor de la Révélation le neuf et l&#8217;ancien (cf. LG 25)</em></p>
<p style="text-align: left;">La polysémie du mot <strong>prêtre </strong>en français provoque confusion et pièges théologiques. Une vigilance linguistique s&#8217;impose. </p>
<table style="width: 478px; height: 345px;" border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" width="478">
<tbody>
<tr>
<td width="123">
<p align="center">En grec, 2  termes</p>
</td>
<td width="104" valign="top">
<p align="center">En latin, 2  termes</p>
</td>
<td width="359" valign="top">
<p align="center">sert à désigner</p>
</td>
<td width="151" valign="top">
<p align="center">En français,<br />
<strong>1</strong>  seul terme</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="3" width="123">
<p align="center"><strong>Hierus</strong></p>
<p align="center">sens 1</p>
</td>
<td rowspan="3" width="104" valign="top"><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong>Sacerdos</strong></p>
<p align="center">sens 1</p>
</td>
<td width="359" valign="top">Les prêtres des religions sacrificielles, leur pouvoir d&#8217;intermédiaire, leur sacerdoce sacrificiel (les sacrificateurs, les immolateurs, les hommes du sacré),<strong> </strong>par exemple dans l&#8217;Ancien Testament le sacerdoce lévitique.</td>
<td rowspan="4" width="151" valign="top">
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong>Prêtre</strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center">(d&#8217;où une ambiguïté tenace et récurrente)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="359" valign="top">Dans le Nouveau Testament Jésus Christ l&#8217;unique et définitif <em>grand prêtre </em>(médiateur), son sacerdoce (offrande et sacrifice) parfait, intransmissible.</td>
</tr>
<tr>
<td width="359" valign="top">Dans le Nouveau Testament la communauté chrétienne dans son ensemble et la tâche sacerdotale de chaque baptisé y compris liturgique c&#8217;est-à-dire la communauté qui célèbre, qui offre et s&#8217;offre, avec en son sein un ministre ordonné, président.</td>
</tr>
<tr>
<td width="123" valign="top">
<p align="center"><strong>Presbyteros</strong><br />
sens 2</p>
</td>
<td width="104" valign="top">
<p align="center"><strong>Presbyter</strong></p>
<p align="center">sens 2</p>
</td>
<td width="359" valign="top">Dans le Nouveau Testament les ministres ordonnés de la communauté chrétienne, anciens, guides, pasteurs (désignés uniquement par ce terme et pour cette fonction).</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<ul>
<li><strong>Veillons</strong> à lever et dénoncer toutes les ambiguïtés d&#8217;une théologie <span style="text-decoration: underline;">sacerdotale</span> et sacrificielle, veillons à bannir de nos propos les ambiguïtés d&#8217;un langage sacral qui donnent du prêtre (au sens 1) une image préchrétienne et falsifiée des relations Homme/Dieu dans le Christ.</li>
<li><strong>Veillons </strong>à n&#8217;utiliser exclusivement dans nos paroles et nos écrits<strong> </strong>que le mot prêtre au sens 2, le <span style="text-decoration: underline;">presbytre</span> au sein d&#8217;une communauté tout entière <span style="text-decoration: underline;">sacerdotale</span>.</li>
</ul>
<p>Extrait de la version approuvée par l&#8217;Assemblée internationale de l&#8217;<strong><a href="http://www.uac.fr/statutsuac.doc" target="_blank">Union Apostolique du Clergé </a></strong>du 19-23 octobre 1997</p>
<p>&#8221; [...]  Cette option théologique entraîne pour les membres de l&#8217;Union Apostolique la nécessité d&#8217;une réflexion courageuse sur le ministère ordonné, sur son caractère unitaire, sur les spécificités de chacun de ses degrés, épiscopal, presbytéral, diaconal, sur les lieux que chacun occupe et doit occuper, sur leur <em>compénétration</em> et sur la reprécision (ou, là où ils manquent, sur l&#8217;<em>invention) </em>des mots qui les expriment. En fait le vocabulaire a suivi l&#8217;interprétation théologique et le fait d&#8217;avoir pendant plusieurs siècles (mais non pas depuis les origines) eu tendance à faire coïncider l&#8217;épiscopat et le <span style="text-decoration: underline;">presbytérat</span> avec le <em><span style="text-decoration: underline;">sacerdoce</span> </em>a conduit à n&#8217;avoir dans certaines langues qu&#8217;un seul mot pour exprimer le <em><span style="text-decoration: underline;">presbytérat</span></em> et le <em><span style="text-decoration: underline;">sacerdoce</span>.</em> Or dans le Nouveau Testament les deux ne coïncident pas.<em></em></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Nous voulons nous habituer à parler de <em>prêtres</em> et de ministère <em>presbytéral</em>, en réservant (ou en introduisant) le terme de <em>sacerdoce</em>, d&#8217;état sacerdotal pour définir <em>l&#8217;existence</em> <em>sacerdotale</em> du Christ et du Peuple de Dieu ou le <em>service cultuel</em> de l&#8217;Ancien Testament ou des religions non chrétiennes.</span></p>
<p>Au cours du Symposium international pour le 30e anniversaire du Décret conciliaire <em>Presbyterorum ordinis</em> (octobre 1995), on a insisté sur la réappropriation d&#8217;une terminologie et sur une reformulation théologique qui aident à distinguer l&#8217;identité<em> <span style="text-decoration: underline;">sacerdotale</span>, prophétique et royale</em> de chaque chrétien (qui est vraiment un autre Christ) de l&#8217;identité particulière du <em>ministère ordonné</em> diaconal, <span style="text-decoration: underline;">presbytéral</span> et épiscopal. Sur ce point le témoignage des membres de l&#8217;Union Apostolique peut devenir prophétique.  [...] &#8221; (<em>Mots soulignés par Alain Weidert)</em></p>
<h3>Quelques remarques urgentes et bienfaisantes.</h3>
<p>Le mot hierus (sacerdos) est employé <strong>130 </strong>fois dans le Nouveau Testament mais jamais pour y qualifier les ministres et lorsque Paul énumère des fonctions dans une communauté il n&#8217;y est jamais question de sacerdoce. Une prise de distance aussi catégorique avec le temple de Jérusalem, où au temps de Jésus 7200 prêtres se relayaient autour du Grand Prêtre, induit une religion d&#8217;un type nouveau qui veut sortir et se distancer radicalement du système sacral et sacrificiel qui nécessitait jusqu&#8217;alors des intermédiaires patentés entre les Hommes et Dieu.</p>
<ul>
<li>Dans le NT il n&#8217;est question de <span style="text-decoration: underline;">sacerdoce</span> qu&#8217;à propos du Christ et de l&#8217;ensemble de la communauté chrétienne.</li>
<li>Les distinctions lexicologiques du Nouveau Testament entre sacerdoce et presbytérat sont assez bien respectées dans le corpus de Vatican II (cf. Presbyterorum ordinis) par l&#8217;utilisation des mots sacerdos et presbyter (la plupart du temps presbyteri au pluriel). Le mot sacerdos y désignant par ailleurs à la fois <em>les évêques </em>et<em> les prêtres </em>(!). Dans la traduction en Français qui ne dispose que du seul mot prêtre la différence est rendue graphiquement par l&#8217;utilisation des deux mots <em>prêtre</em> et prêtre. Le décret sur le ministère et la vie des prêtres porte bien au final le titre «<span style="text-decoration: underline;">Presbyterorum</span> ordinis» et non «De vita et ministerio <span style="text-decoration: underline;">sacerdotali</span>» comme prévu à une étape de sa rédaction.</li>
<li>Dans le corpus de Vatican II il existe bien un <span style="text-decoration: underline;">sacerdoce ministériel</span> (de certains fidèles du Christ) mais uniquement en lien avec celui du <span style="text-decoration: underline;">sacerdoce commun des fidèles</span>, ordonné à lui, à son service, contenu en lui. Le ministre ordonné y est comme«l&#8217;icône du Christ Prêtre» (1) mais jamais pour y rendre second le Corps du Christ lui-même. Pas plus que le sacerdoce ministériel n&#8217;absorbe et ne rend caduque, chez ceux qui sont ordonnés, le sacerdoce du Christ Corps qu&#8217;ils sont en commun avec tous les autres baptisés. Ces deux sacerdoces participent, chacun selon son mode propre, de <span style="text-decoration: underline;">l&#8217;unique sacerdoce du Christ</span> (LG 10). Avec Vatican II nous n&#8217;avons affaire ni à une promotion des laïcs au détriment des pasteurs, ni à l&#8217;affirmation que certains seraient plus <em>sacerdotes</em> que d&#8217;autres. Ce serait dans l&#8217;un et l&#8217;autre cas un non-sens christologique.</li>
<li>Avec Vatican II il n&#8217;est jamais question d&#8217;un <em>sacerdoce ministériel</em> qui serait ordonné pour lui-même, deviendrait une fin religieuse en soi ou octroierait une identité (ontologique) particulière. Le sacerdoce ministériel, ou plus exactement le ministère sacerdotal est toujours ordonné au service d&#8217;une Eglise particulière, au service concret du <em>sacerdoce commun</em> des baptisés, d&#8217;une communauté déterminée. Le <em>sacerdoce-commun</em>-<em>à-tous,</em> quant à lui, marquant la spécificité de toutes spiritualités chrétiennes, c&#8217;est-à-dire la spécifique et incontournable vocation baptismale de chacun.</li>
</ul>
<p>Avec Vatican II, les inégalités clercs/laïcs n&#8217;ont plus de raison d&#8217;être qui faisaient de certains les membres <em>les plus élevés</em>, <em>premiers</em> et <em>principaux</em> du Corps mystique (2). Il y est essentiellement question de retrouver, dans une égale dignité, l&#8217;identité de l&#8217;Eglise comme communion des croyants en Christ. C&#8217;est-à-dire la mise en valeur du Corps du Christ (LG 7), <em>l&#8217;être Christ </em>tout autant féminin que masculin, de l&#8217;Eglise et de chaque baptisé, presbytres y compris. Redécouvrir que toute femme, tout homme sans privilège particulier, mais en exerçant des fonctions et ministères diversifiés, est un élément constitutif de <span style="text-decoration: underline;">la toute première des <em>vérités </em>ecclésiales</span>, le <strong>kleros</strong>, la famille des <strong>héritiers du Christ</strong>. Découverte que ce Corps mystique du Christ sans frontière et sans clivage interne est le signe vivant et le sacrement du Corps christique de l&#8217;Humanité.</p>
<p>(1) Cf. Catéchisme de l&#8217;Eglise catholique, 1997, n° 1142<br />
(2) Pie XII. Encyclique Mystici Corporis Christi, 1943</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" align="left">
<tbody>
<tr>
<td width="283" valign="top">
<p align="center">Vocabulaire à bannir</p>
</td>
<td width="284" valign="top">
<p align="center">Vocabulaire à promouvoir</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">
<p align="center"><strong>Prêtre au sens 1</strong></p>
<p>Le prêtre « hierus » ou « sacerdote » (<em>En italique en français dans Presbyterorum ordinis de Vatican II)<br />
</em></td>
<td width="284" valign="top">
<p align="center"><strong>Prêtre au sens 2</strong></p>
<p>Le prêtre « presbyteros » ou « presbyter » : le prêtre de la communauté chrétienne</td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">Le sacerdoce <em>(expression erronée pour parler des prêtres catholiques)<br />
</em></td>
<td width="284" valign="top">La prêtrise &#8211; Le presbytérat</td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">Sacerdoce ministériel &#8211; Sacerdoce presbytéral - Sacerdoce ordonné &#8211; Charge sacerdotale</td>
<td width="284" valign="top">(Ministère sacerdotal) &#8211; Ministère presbytéral &#8211; Ministère pastoral &#8211; Ministère ordonné &#8211; Ministère de prêtre &#8211; Charge de prêtre</td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">Vocation sacerdotaleFormation sacerdotaleOrdination sacerdotaleEquipe sacerdotaleConfrères dans le sacerdoceAccueil sacerdotal</td>
<td width="284" valign="top">Vocation presbytéraleFormation presbytéraleOrdination presbytérale, au presbytérat, à la prêtrise<br />
Equipe presbytéraleConfrères prêtresAccueil par un prêtre</td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">Fêter vingt ans de sacerdoce &#8211; Jubilé sacerdotal</td>
<td width="284" valign="top">Fêter vingt ans de ministère (sacerdotal), de presbytérat &#8211; Jubilé presbytéral</td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">Appelé au sacerdoce (S&#8217;engager dans la voie du sacerdoce)Recevoir le sacerdoce (sacerdoce catholique)Le sacrement du sacerdoce (sic !)<br />
« Notre-Dame du sacerdoce » (sic !)</td>
<td width="284" valign="top">Appelé à la prêtriseRecevoir le sacrement de l&#8217;OrdreLe sacrement de l&#8217;Ordre</td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">Son, leur sacerdoceL&#8217;état sacerdotal (par rapport à l&#8217;état laïc) Spiritualité sacerdotaleVie sacerdotaleIdentité sacerdotaleSainteté sacerdotaleSociété, fraternité sacerdotale</td>
<td width="284" valign="top">  </td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">Communauté sacerdotale (celle des prêtres au sens 1)</td>
<td width="284" valign="top">Communauté sacerdotale. Cf. le sacerdoce commun des tous les baptisés, le sacerdoce royal des fidèles, du peuple sacerdotal (LG 10)</td>
</tr>
<tr>
<td width="283" valign="top">
<p style="text-align: center;">Année <span style="text-decoration: underline;">sacerdotale, année </span>du<span style="text-decoration: underline;"> sacerdoce</span><br />
<em>(proposée par Benoît XVI pour 2009-2010)<br />
</em>**********<br />
« Après Dieu le prêtre c&#8217;est tout&#8230; »<br />
 le curé d&#8217;Ars, cité par Benoît XVI,<br />
(Lettre aux prêtres 18-6-2009)</p>
</td>
<td width="284" valign="top">
<p style="text-align: center;">Il aurait mieux valu dire année <span style="text-decoration: underline;">presbytérale<br />
</span>ou année <span style="text-decoration: underline;">du prêtre</span>.
</p>
<p style="text-align: center;">« Année sacerdotale » signifierait sinon « Année du sacerdoce commun de tous les baptisés », ce qui aurait été une excellente proposition !</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><strong><em>Auteur : Alain Weidert<br />
</em></strong><a href="mailto:aaweidert@yahoo.fr">aaweidert@yahoo.fr</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Sur les Parvis, la coupe est pleine !</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/09/28/sur-les-parvis-la-coupe-est-pleine/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2009/09/28/sur-les-parvis-la-coupe-est-pleine/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2009 09:38:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Même si elles ont le mérite de faire s&#8217;exprimer les catholiques de base &#8211; et en France, quelques évêques en ordre dispersé -, c&#8217;en est assez des prétendues bévues du Pape Benoît XVI ! C&#8217;en est assez de cette institution romaine, monarchique, dogmatique et autoritaire qui s&#8217;allie aux intégrismes et prétend imposer aux croyants une manière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1493" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/logo_parvis_150.gif" alt="" width="90" height="35" /></p>
<p><em>Même si elles ont le mérite de faire s&#8217;exprimer les catholiques de base &#8211; et en France, quelques évêques en ordre dispersé -, c&#8217;en est assez des prétendues bévues du Pape Benoît XVI !</em></p>
<p><em>C&#8217;en est assez de cette institution romaine, monarchique, dogmatique et autoritaire qui s&#8217;allie aux intégrismes et prétend imposer aux croyants une manière unique de croire, de vivre et d&#8217;aimer !</em></p>
<p align="center"><em>Non ! L&#8217;Eglise, ce n&#8217;est pas ça !</em></p>
<p align="center"><em> </em></p>
<p><em>Il existe d&#8217;autres visages de l&#8217;Eglise universelle des amis de Jésus de Nazareth : par exemple, dans nos réseaux du Parvis des chrétiens d&#8217;ouverture expérimentent avec joie de nouvelles façons de vivre ensemble l&#8217;Evangile.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong><em>Aujourd&#8217;hui ils proclament haut et fort :</em></strong></p>
<p><em> </em></p>
<p>Au nom des valeurs que nous partageons avec celles et ceux qui donnent priorité à l&#8217;humain, jamais nous n&#8217;accepterons</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> de renoncer aux acquis de l&#8217;Histoire, tels que la séparation de l&#8217;Eglise et de l&#8217;Etat, la condamnation de l&#8217;antisémitisme, ou l&#8217;ouverture du Concile Vatican II à la modernité,</li>
<li> de laisser bafouer les Droits Humains, entre autres l&#8217;égalité de la femme et de l&#8217;homme et la liberté de conscience,</li>
<li> de perdre les acquis démocratiques, le droit au dialogue et au débat, à la liberté d&#8217;opinion et d&#8217;expression,</li>
<li> de nier l&#8217;apport des sciences physiques et médicales, comme celui des sciences humaines, au progrès et au bonheur de l&#8217;humanité.</li>
</ul>
<p>Et dans nos groupes, nous continuerons à chercher librement à incarner l&#8217;Evangile dans l&#8217;épaisseur de nos vies et à</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> porter notre attention aux plus fragiles et démunis,</li>
<li> construire des liens fraternels dans nos sociétés éclatées,</li>
<li> lutter et agir pour tenter de répondre aux défis de notre temps, posés par la convergence des crises écologique, économique et spirituelle,</li>
<li> espérer avec d&#8217;autres faire grandir l&#8217;Humanité.</li>
</ul>
<p align="center"><em>Plus que la morale sexuelle c&#8217;est  l&#8217;avenir de la planète et de l&#8217;humanité qui nous préoccupe et nous pousse à agir !</em></p>
<p align="center"><em>Et le Royaume d&#8217;Amour, de justice et de liberté annoncé par le message de l&#8217;Evangile est l&#8217;horizon de nos utopies et de nos engagements.</em></p>
<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right;"><span lang="FR">COMMUNIQUÉ DES <strong><em>RÉSEAUX DU PARVIS</em></strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right;"><span lang="FR">68, rue de Babylone – F 75007 PARIS</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right;"><span lang="FR">www.reseaux-parvis.fr</span><span lang="FR"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right;"><span lang="FR">MARS/AVRIL 2009</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Associations de la fédération des <em>Réseaux du Parvis</em></span><strong><span style="text-decoration: underline;"> signataires :</span></strong></p>
<p>Amis du 68 rue de Babylone &#8211; Association culturelle de Boquen &#8211; Association Culturelle Marcel Légaut (ACML) &#8211; Association des Femmes d&#8217;Europe pour la Recherche Théologique (AFERT) &#8211; Chrétiens Autrement Orléans &#8211; Chrétiens de l&#8217;Ain en Recherche (CAR) &#8211; Chrétiens et Libres en Morbihan (CELEM) &#8211; Chrétiens et Sida &#8211; Chrétiens Ici Maintenant Ensemble (CIME) &#8211; Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l&#8217;Ecole Confessionnelle (CEDEC) &#8211; Chrétiens sans Frontières 33 &#8211; Chrétiens sans Frontières 61 &#8211; Chrétiens sans Frontières 95 &#8211; Correspondants des Communautés de Base (CCB) &#8211; Croyants en Liberté Moselle &#8211; Croyants en Liberté 41 &#8211; Croyants en Liberté St Etienne &#8211; Croyants en Liberté Yvelines (CELY) &#8211; David et Jonathan &#8211; Droits et Libertés dans les Eglises (DLE) &#8211; Eglise en Dialogue 44 &#8211; Equipe de Chrétiens en Classe ouvrière du secteur de Caen (ECCO) &#8211; Equipe Nationale de Jonas &#8211; Espérance 54 &#8211; Evangile et Modernité 49 &#8211; Evangile sans Frontières 14 &#8211; Evreux 13 &#8211; Evreux sans Frontières &#8211; Femmes et Hommes en Eglise (FHE) &#8211; Fraternité Agapè de Chambéry &#8211; Humanistes Croyants 35 &#8211; Coordination Régionale des Groupes Jonas Alsace &#8211; Jonas Vosges &#8211; Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise (NSAE) &#8211; Partage Recherche Evangile (PRE) &#8211; Partenia 07 &#8211; Patenia 77 &#8211; Partenia 2000 &#8211; Plein Jour &#8211; Point 1 Rouen &#8211; Prêtres en Foyers Provence &#8211; Prêtres Mariés France Nord &#8211; Rencontres de la Boivre &#8211; Solidarité Eglise Liberté Vendée (SEL85).</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Benoît XVI rappelle la rupture entre clercs et laïcs&#8230; au profit des premiers</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/09/20/benoit-xvi-rappelle-la-rupture-entre-clercs-et-laics-au-profit-des-premiers/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2009/09/20/benoit-xvi-rappelle-la-rupture-entre-clercs-et-laics-au-profit-des-premiers/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 08:26:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Saint-Père a reçu ce matin un groupe d&#8217;évêques brésiliens achevant leur visite Ad Limina, devant lesquels il a développé la question des rôles au sein de l&#8217;Eglise : &#8220;Face à celle des laïcs, l&#8217;identité propre aux fidèles ordonnés relève de la différence essentielle entre sacerdoce ministériel et sacerdoce commun. Il faut donc éviter la sécularisation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Saint-Père a reçu ce matin un groupe d&#8217;évêques brésiliens achevant leur visite <em>Ad Limina</em>, devant lesquels il a développé la question des rôles au sein de l&#8217;Eglise : &#8220;<em>Face à celle des laïcs, l&#8217;identité propre aux fidèles ordonnés relève de la différence essentielle entre sacerdoce ministériel et sacerdoce commun. Il faut donc éviter la sécularisation des prêtres et la cléricalisation des laïcs&#8230;<span id="more-1441"></span> Dans cette perspective, les laïcs doivent exprimer la vision anthropologique et la doctrine sociale de l&#8217;Eglise dans la vie publique, y compris en politique, tandis que les prêtres doivent y être étrangers. Leur mission est de favoriser l&#8217;unité et la communion des fidèles en étant une référence pour tous</em>&#8220;.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/nominations-vatican.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-21" title="Benoît XVI nomme 18 nouveaux cardinaux électeurs" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/nominations-vatican.jpg" alt="Benoît XVI nomme 18 nouveaux cardinaux électeurs" width="350" height="226" /></a></p>
<p>Puis Benoît XVI a dit que &#8220;<em>la carence en prêtres ne peut justifier une plus grande participation des laïcs</em>&#8221; en substitution. &#8220;<em>Dans la mesure où ils sont conscients de leurs responsabilités propres au sein de l&#8217;Eglise, ils favorisent le rôle primordial du prêtre comme pasteur de la communauté, comme témoin de la l&#8217;authenticité de la foi et dispensateur des mystères du salut au nom du Christ&#8230; La fonction sacerdotale est essentielle et irremplaçable pour l&#8217;annonce de la Parole et la célébration des sacrements, de l&#8217;Eucharistie avant tout&#8230; Il faut donc demander au Seigneur d&#8217;envoyer des ouvriers pour sa vigne, mais aussi pour que les prêtres manifestent la joie de la fidélité à leur identité et l&#8217;enthousiasme de leur mission</em>&#8221; Le manque de prêtres, a ajouté le Pape, &#8220;<em>ne doit pas être considéré comme normal, et encore moins comme un caractère acquis à l&#8217;avenir</em>&#8220;, encourageant ses hôtes &#8220;<em>à unir leurs efforts pour susciter la vocation des nouveaux pasteurs dont les diocèses ont besoin&#8230; mais également pour disposer d&#8217;un clergé mieux formé et plus nombreux au service de la foi et de la mission apostolique des fidèles</em>&#8220;.</p>
<p>Evoquant ensuite le 150<sup>e</sup> anniversaire de la mort du Curé d&#8217;Ars, commémoré par l&#8217;Eglise à l&#8217;occasion de l&#8217;Année sacerdotale, le Pape a rappelé qu&#8217;il demeure un modèle pour le prêtre d&#8217;aujourd&#8217;hui, &#8220;<em>surtout dans un célibat vécu comme exigence et don de soi, manifestation de la charité pastorale que le Concile Vatican II décrit comme coeur de l&#8217;être et de l&#8217;action du prêtre</em>&#8220;. En conclusion, il a souligné devant les évêques brésiliens la manifestation de nombreux signes d&#8217;espérance pour l&#8217;avenir de leurs Eglises, un &#8220;<em>avenir que Dieu prépare par le biais de la rigueur et de la fidélité exercées dans le ministère épiscopal</em>&#8220;.</p>
<p><strong>Cité du Vatican, 17 Sep 2009<br />
</strong><strong>Communiqué de presse du Vatican (<a href="http://212.77.1.245/news_services/press/vis/dinamiche/d0_fr.htm" target="_blank">Vatican Information Service N156</a>)</strong></p>
<p><strong>Pour le texte complet original (en portugais) de l&#8217;allocution de Benoît XVI, <a href="http://212.77.1.245/news_services/bulletin/news/24338.php?index=24338&amp;po_date=17.09.2009&amp;lang=fr" target="_blank">cliquez ici</a>.</strong></p>
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		<title>Charte des droits des catholiques : l&#8217;exemple américain</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Sep 2009 15:50:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte écrit par l&#8217;Association des droits des catholiques dans l&#8217;Eglise prouve, si besoin était, que le malaise catholique dépasse largement les frontièrs européennes. En Europe, cette charte a été reprise au sein du Réseau européen « Eglises et liberté » (RE), auquel appartient &#8220;Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise&#8221;. Cliquez ici pour le texte original. CHARTE DES [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce texte écrit par l&#8217;Association des droits des catholiques dans l&#8217;Eglise prouve, si besoin était, que le malaise catholique dépasse largement les frontièrs européennes. En Europe, cette charte a été reprise au sein du Réseau européen « Eglises et liberté » (RE), auquel appartient &#8220;Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise&#8221;. <a href="http://arcc-catholic-rights.org/charter.htm" target="_blank">Cliquez ici pour le texte original</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>CHARTE DES DROITS DES CATHOLIQUES DANS L&#8217;EGLISE</strong></p>
<h3>Préambule</h3>
<p>Les droits des catholiques dans l&#8217;Eglise trouvent leur origine dans notre humanité fondamentale en tant que personnes et dans notre baptême en tant que chrétiens. Le fait d&#8217;être membre à la fois de la communauté humaine et celle de l&#8217;Eglise confère par conséquent les droits présentés ici, qui garantissent notre dignité et notre liberté en tant que personnes et en tant que catholiques.</p>
<p>Les droits fondamentaux sont clairement établis dans la Déclaration universelle des droits de l&#8217;homme des Nations Unis. La présente Charte des droits des catholiques dans l&#8217;Eglise présuppose les droits exprimés dans la Déclaration universelle. Ces droits de l&#8217;homme fondamentaux sont complétés par les droits et la liberté communs à tous les fidèles, confèrés aux chrétiens par le baptême, et fondés sur: 1) le sacerdoce universel de tous les croyants, 2) l&#8217;égalité fondamentale des croyants, et 3) le rôle prophétique de tous les croyants.</p>
<p>En outre, le Concile Vatican II invite l&#8217;Eglise à lire les &#8220;signes des temps&#8221; et à se laisser enseigner par eux. Un des nombreux signes évidents de ce temps, dans de nombreux pays, est le souci des droits de l&#8217;homme. Les promoteurs de cette Charte des droits des catholiques soutiennent que la fidelité au message de l&#8217;Evangile commande le souci d&#8217;une justice dans l&#8217;Eglise, aussi bien que dans le monde. De par sa nature même, l&#8217;Eglise doit oeuvrer pour la liberation des opprimés et des marginalisés à cause des structures sociales pécheresses qui rendent souvent impossible à beaucoup d&#8217;hommes et de femmes de revendiquer eux-mêmes leurs droits fondamentaux.</p>
<p>L&#8217;Eglise, en tant que peuple de Dieu, et pas seulement les chrétiens en tant qu&#8217;individus, est appelée à temoigner du commandement de l&#8217;amour. Cette responsabilité comporte l&#8217;exigence de renouveler l&#8217;organisation structurelle de l&#8217;Eglise partout où elle induit l&#8217;injustice et dénie à certains catholiques les droits qu&#8217;ils possèdent comme personnes, et la liberté chrétienne. &#8220;La justice est le minimum absolu de l&#8217;amour&#8221; (Paul VI). L&#8217;Eglise institutionnelle, comme societé humaine, ne peut donc plus justifier un ordre autoritaire et hiérarchique qui a pu convenir à des époques antérieures du développement humain. Les enseignements de l&#8217;Eglise sur la justice sociale, particulièrement tels qu&#8217;ils furent établis dans l&#8217;Encyclique &#8220;Populorum Progressio&#8221; de Paul VI, sont présupposés par la présente Charte.</p>
<p>Est fondamental pour cette Charte le principe que tous les catholiques sont foncièrement d&#8217;une égale dignité. Le canon 208 du nouveau Code de droit canonique affirme que : &#8220;Entre tous les fidèles, du fait de leur régénération en Christ, existe une veritable égalité quant à la dignité et à l&#8217;action ; tous coopèrent à l&#8217;édification du corps du Christ, selon la condition et la fonction propre de chacun&#8221;. En d&#8217;autres termes, l&#8217;égalité de tous les catholiques est fondée sur le fait d&#8217;avoir un seul Seigneur, une seule foi, une seule vocation et une initiation sacramentelle commune. Par conséquent, les droits et l&#8217;égalité ne saurait être diminués par des dons ou des rôles différents parmi les membres de l&#8217;Eglise. Le Christ a supprimé toutes les distinctions entre &#8220;juifs et gentils, esclaves et hommes libres, hommes et femmes&#8221; (Gal. 3,28).</p>
<p>Ainsi, puisque tous sont également aimés de Dieu, la possibilité que possède chacun ou chacune de répondre à ce Dieu et d&#8217;exercer ses propres capacités au sein de la communauté de l&#8217;Eglise ne doit pas être limitée par des considerations de race, d&#8217;age, de nationalité, de sexe, d&#8217;orientation sexuelle, d&#8217;état de vie ou de position sociale. Le nouveau Code de droit canonique (cf. Appendice) n&#8217;énonce que partiellement les principes qui devrait imprimer un rapport juste, charitable et donc fécond entre le magistère et le peuple de Dieu.</p>
<p>Les droits n&#8217;existent pas isolément, mais seulement en rapport avec les responsabilités correspondantes. Mais il est capitale de se rappeller qu&#8217;aucune responsabilité ne saurait etre correctement assumée sans la garantie et la mise en oeuvre de ces droits humains et catholiques.</p>
<p>Ces considérants font ressortir la nécessité d&#8217;une Charte, claire et complète des droits des catholiques dans l&#8217;Eglise, droits fondés sur l&#8217;Evangile &#8211; et délimitée par lui &#8211; et sur l&#8217;authentique tradition de l&#8217;Eglise. Par conséquent, la présente Charte proclame les droits catholiques suivants.</p>
<h3>DROITS FONDAMENTAUX</h3>
<p>1. Tous les catholiques ont le droit de suivre en tout domaine leur conscience dûment éclairée.</p>
<p>2. Les responsables d&#8217;Eglise n&#8217;ont le droit d&#8217;enseigner la matière de morale privée ou publique qu&#8217;après une large consultation, préalable à la formulation de leur enseignment. ( C. 227)*</p>
<p>3. Tous les catholiques ont le droit de s&#8217;engager dans n&#8217;importe quelle activité qui n&#8217;empiète pas sur les droits des autres ; par exemple, ils ont le droit à la liberté de parole, de presse et d&#8217;association ( C 223.1).</p>
<p>4. Tous les catholiques ont le droit d&#8217;accéder à toute information en possession des autoritiés écclesiastiques concernant leur bien-être spirituel et temporel, à condition que cette connaissance ne porte pas atteinte aux droits des autres ( C. 221, 1, 2, 3; C. 223, 1.2).</p>
<h3>PRISE DE DECISION ET DESACCORD</h3>
<p>5. Tous les catholiques ont le droit d&#8217;avoir voix dans toutes les décisions qui les concernent, y compris le choix de leurs responsables ( C. 212.3).</p>
<p>6. Tous les catholiques ont le droit a ce que leurs responsables leur rendent des comptes.</p>
<p>7. Tous les catholiques ont le droit de former des associations de leur choix visant des buts religieux, y compris celui de prier ensemble; de telles associations ont le droit de décider de leurs propres règles de gouvernement ( C. 215).</p>
<p>8. Tous les catholiques ont le droit d&#8217;exprimer publiquement leur désaccord au sujet de décisions prises par les autorités de l&#8217;Eglise ( C. 218; C. 212.3).</p>
<h3>PROCEDURES JUSTES</h3>
<p>9. Tous les catholiques ont le droit d&#8217;être traités selon les normes couramment admises pour les procédures administratives et judiciaires, et ce sans délais indus ( C. 221, 1, 2, 3: C. 223, 1, 2).</p>
<p>10. Tous les catholiques ont droit à la reparation d&#8217;une injustice selon des procédures légales regulières ( C. 221, 1, 2, 3; C. 223, 1,2).</p>
<p>11. Tous les catholiques ont droit a ce que leur bonne réputation ne soit pas mise en cause, ni leur vie privée violée ( C. 220).</p>
<h3>MINISTERE ET VIE SPIRITUELLE</h3>
<p>12. Tous les catholiques ont le droit de recevoir de l&#8217;Eglise les concours ministeriels nécessaires à une vie pleinement chrétienne, comprenant :</p>
<p>a) une instruction dans la tradition catholique et un enseignment moral présenté de manière à mettre en evidence l&#8217;utilité et la pertinence des valeurs chrétiennes dans la vie actuelle ( C 229, 1,2) ;</p>
<p>b) un culte reflétant les joies et les intérets de la communauté réunie et susceptible de l&#8217;instruire et de l&#8217;inspirer ;</p>
<p>c) une assistance pastorale appliquant avec amour et efficience l&#8217;héritage chrétien à des personnes en situation particulière ( C.213; C. 217).</p>
<p>13. Tous les catholiques ont le droit de choisir, dans le souci des normes évangéliques toute voie susceptible selon eux de favoriser leur vie chrétienne &#8211; c&#8217;est à dire leur propre réalisation en tant qu&#8217;êtres humains uniques crées par Dieu. Ils ont également le droit d&#8217;être guidés dans le sens d&#8217;une vie authentiquement humaine aussi bien au niveau personnel qu&#8217;à celui de la communauté et du monde en general (C. 212. 2).</p>
<p>14. Tous les catholiques ont le droit de suivre les coutumes et les lois du rite de leur choix et d&#8217;y conformer la pratique de leur prière ( C. 214).</p>
<p>15. Tous les catholiques, sans discrimination de race, de sexe, d&#8217;orientation sexuelle, d&#8217;état de vie ou de situation sociale, ont le droit de recevoir tous les sacrements, après une préparation appropriée.</p>
<p>16. Tous les catholiques, quel que soit leur statut canonique (laïc ou clerc), leur sexe,leur orientation sexuelle, ont le droit d&#8217;exercer dans l&#8217;Eglise tous les ministères, après une préparation appropriée, selon les besoins et avec le consentment de la communauté ( C. 225, 1).</p>
<p>17. Tous les catholiques ont le droit à ce que les déteneurs de responsabilités dans l&#8217;Eglise promeuvent un sens de la communauté.</p>
<p>18. Ceux qui remplissent une charge dans l&#8217;Eglise ont droit à une formation adequate ainsi qu&#8217;a une honnête rétribution et une prise en charge financière dans l&#8217;exercise de leur fonction, comme au respect et à la liberté nécessaire à cette fonction ( C 2170).</p>
<p>19. Tous les catholiques ont le droit d&#8217;attendre de tout responsable dans l&#8217;Eglise qu&#8217;il soit bien formé et qu&#8217;il poursuive sa formation tout au long de son mandat ( C 217).</p>
<p>20. Les enseignants catholiques en théologie ont droit à une liberté académique responsable. Le caractère acceptable de leur enseignement doit être évalué au moyen d&#8217;un dialogue avec leurs pairs et non sans tenir compte de la légitimité d&#8217;un désaccord responsable et d&#8217;un pluralisme dans les croyances ( C. 218).</p>
<h3>DROITS SOCIAUX ET CULTURELS</h3>
<p>21. Tous les catholiques ont droit à la liberté de choix en matière politique.</p>
<p>22. Tous les catholiques ont le droit de suivre leur conscience dûment éclairée en oeuvrant pour la justice et la paix dans le monde ( C. 225, 2).</p>
<p>23. Tous les employés de l&#8217;Eglise ont droit à des conditions décentes de travail et à une juste rétribution. Ils ont également le droit de ne pas se voir licensiés sans la mise en oeuvre d&#8217;une procédure normale ( C. 231, 2).</p>
<p>24. Tous les catholiques ont le droit d&#8217;exercer leurs talents artistiques ou culturels sans ingérence (par exe</p>
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		<title>L&#8217;homme fonctionnel. Capitalisme, propriété, rôle des États</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/09/07/lhomme-fonctionnel-capitalisme-propriete-role-des-etats/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 11:39:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Le juriste catholique allemand Ernst-Wolfgang Böckenförde voudrait que ce soit l&#8217;Église qui écrive le « manifeste » définitif contre le capitalisme, celui-ci devant être renversé depuis ses bases parce qu&#8217;il est inhumain. Il a écrit cet article en juin dernier, peu avant la publication de l&#8217;encyclique Caritas in Veritate. La crise bancaire et donc économique qui nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Le juriste catholique allemand Ernst-Wolfgang Böckenförde voudrait que ce soit l&#8217;Église qui écrive le « manifeste » définitif contre le capitalisme, celui-ci devant être renversé depuis ses bases parce qu&#8217;il est inhumain. Il a écrit cet article en juin dernier, peu avant la publication de l&#8217;encyclique Caritas in Veritate</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise bancaire et donc économique qui nous a frappés et qui est encore loin d&#8217;être finie soulève bien des questions. Est-elle due à l&#8217;irresponsabilité et à l&#8217;avidité de nombreuses banques, notamment les banques d&#8217;investissement ? Ou à l&#8217;absence de règles rigides pour les marchés financiers internationaux, au mauvais fonctionnement de la surveillance des banques et de la finance, à la séparation et à l&#8217;indépendance de l&#8217;économie financière virtuelle (et acrobatique) vis-à-vis de l&#8217;économie réelle de la production et des biens ? Plusieurs facteurs de ce genre y ont probablement contribué, associés à une confiance ingénue en un marché &#8220;libre&#8221; et sans règles.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais rechercher les causes uniquement dans cette direction ne mène pas loin. En effet le système qui s&#8217;est constitué pendant des décennies dans ce domaine avec succès et avec de gros profits matériels mais aussi avec un écart croissant entre les pauvres et les riches, ce &#8220;turbo-capitalisme&#8221; (comme l&#8217;appelle Helmut Schmidt) qui a atteint, avec la globalisation mondiale, une qualité nouvelle avant de provoquer un effondrement, ne peut pas être défini et expliqué en se référant seulement aux comportements fautifs d&#8217;individus ou de groupes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Certes cela peut avoir joué un rôle, mais plus globalement il s&#8217;agit des résultats d&#8217;un système d&#8217;interaction consolidé et très répandu qui suit une logique fonctionnelle propre à laquelle il soumet tout le reste. Ce système d&#8217;interaction s&#8217;est transformé en un système d&#8217;action : le capitalisme moderne. Celui-ci forge le comportement économique (et aussi, en partie, non économique) des individus et l&#8217;intègre dans le système. Ils sont sûrement acteurs mais, dans leur comportement, ils suivent moins une libre impulsion interne que les incitations venant du système et de sa logique fonctionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">LE CARACTÈRE INHUMAIN DU CAPITALISME</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais comment se présente plus précisément le capitalisme moderne comme système d&#8217;action ? Un grand sociologue humaniste du XXe siècle, Hans Freyer, peut nous aider à répondre. Dans son livre &#8220;Theorie des gegenwärtigen Zeitalters [Théorie de l'époque actuelle]&#8220;, il parle des &#8220;systèmes secondaires&#8221; comme de produits spécifiques du monde industrialisé moderne et en analyse la structure avec précision (1).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les systèmes secondaires sont caractérisés par le fait qu&#8217;ils développent des processus d&#8217;action qui ne se rattachent pas à des organisations préexistantes, mais se basent sur quelques principes fonctionnels, par lesquels ils sont construits et dont ils tirent leur rationalité. Ces processus d&#8217;action intègrent l&#8217;homme non comme personne dans son intégralité, mais seulement avec les forces motrices et les fonctions requises par les principes et par leur mise en œuvre. Ce que les personnes sont ou doivent être reste en dehors.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les processus d&#8217;action de ce genre se développent et se consolident en un système répandu, caractérisé par sa rationalité fonctionnelle spécifique, qui se superpose à la réalité sociale existante en l&#8217;influençant, la changeant et la modelant.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Voilà la clé qui permet d&#8217;analyser le capitalisme comme système d&#8217;action. Il est fondé sur un petit nombre de prémisses : liberté générale de l&#8217;individu et des associations d&#8217;individus en matière d&#8217;acquisitions et de contrats ; pleine liberté en matière de transferts de marchandises, d&#8217;affaires et de capitaux hors des frontières nationales ; garantie et libre disposition de la propriété personnelle (y compris le droit de succession), en entendant par propriété la possession de biens et d&#8217;argent, mais aussi de savoirs, de technologies et de compétences.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;objectif fonctionnel est la libération générale d&#8217;un intérêt lucratif potentiellement illimité, ainsi que des potentialités de gain et de production, qui opèrent sur le marché libre et entrent en compétition entre elles. La poussée décisive est donnée par un individualisme égoïste qui incite les personnes concernées à acquérir, innover et gagner. Cette poussée constitue le moteur, le principe actif; il vise non pas un objectif préexistant en matière de contenu, fixant des mesures et des limites, mais une dilatation illimitée de soi, la croissance et l&#8217;enrichissement. Il faut donc éliminer ou écarter tous les obstacles et règlements qui ne sont pas demandés par les prémisses citées ci-dessus. Le seul principe régulateur doit être le marché libre.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le point de départ et la base de la construction ne sont pas la satisfaction des besoins des hommes et leur bien-être croissant; ceux-ci suivent le processus et sa progression, ils sont pour ainsi dire une conséquence du système en fonctionnement. Le droit et l&#8217;État qui en est le gardien ont pour seul devoir d&#8217;assurer la possibilité de développement et le fonctionnement de ce système d&#8217;action. Ils sont une variable fonctionnelle, pas une force préexistante d&#8217;organisation et de limitation.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le dynamisme d&#8217;un tel système et son influence sur les comportements sont énormes. Le système lui-même devient, et est, sujet de commerce. Réalisation de profits, croissance du capital, augmentation de la production et de la productivité, auto-affirmation et croissance sur le marché constituent le principe moteur et dominant, dont la rationalité fonctionnelle intègre et subordonne tout le reste. Les travailleurs ne sont pris en considération que sur la base de la fonction qu&#8217;ils exercent et des coûts qu&#8217;ils représentent, ce qui fait que l&#8217;on en réduit le nombre le plus possible. Les remplacer, si possible, par des machines ou des technologies automatisées pour réduire les coûts paraît non seulement rationnel mais économiquement nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La compensation des problèmes sociaux et des licenciements qui en résultent ne rentre pas dans cette logique fonctionnelle, mais elle est confiée à l&#8217;État et à sa fonction de garantie, l&#8217;État pouvant justement pour cette raison créer des impôts et demander des contributions qui, en tout cas, impliquent encore des coûts pour les entreprises. Le principe structurant n&#8217;est pas la solidarité envers les personnes et entre elles; elle n&#8217;est prise en considération que comme réparation pour bloquer, et en partie compenser, les conséquences nuisibles et inhumaines du système, qui se développe sur la base de sa logique interne.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">On ne peut contester les extraordinaires réalisations en termes économiques et de bien-être que le capitalisme ainsi structuré produit non seulement dans chaque pays, mais aussi au niveau mondial, malgré toutes ses fautes et insuffisances ; nous-mêmes, habitants de l&#8217;Occident, en tirons de grands profits. Mais on ne peut pas ne pas voir qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un processus en progression continue. Sur la base de sa dynamique il cherche sans cesse à s&#8217;étendre et à intégrer dans sa logique fonctionnelle tous les cadres de vie dans la mesure où ils ont un côté économique, avec de fortes répercussions y compris dans le domaine de la culture et du style de vie personnelle. D&#8217;où l&#8217;extension de l&#8217;élément économique dans tous les aspects de la vie. Aujourd&#8217;hui on le constate surtout dans le système de santé.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">MARX AVAIT VU JUSTE</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il y a plus de 150 ans, Karl Marx l&#8217;avait déjà clairement analysé et exprimé et l&#8217;on est frappé par l&#8217;actualité de son pronostic: &#8220;Par l&#8217;exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Elle a enlevé à l&#8217;industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries dont l&#8217;adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n&#8217;emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. [...] À la place de l&#8217;ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l&#8217;est pas moins des productions de l&#8217;esprit. Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l&#8217;amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu&#8217;aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine, [...] sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production&#8221; (2).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne notre époque, il faut ajouter que, grâce à une organisation parfaite au niveau mondial du transport de containers par mer, les coûts de transport des marchandises et des produits sont minimes. De ce fait, les grandes distances ne découragent plus mais elles stimulent plutôt le commerce au niveau mondial.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le fait que, dans la recherche constante de nouvelles possibilités de gain, les affaires fondées uniquement sur un capital fictif et sur sa multiplication, avec une tendance à négliger les données de l&#8217;économie réelle et à les détériorer, se répandent de plus en plus sur les marchés financiers, n&#8217;est pas en dehors du développement, mais correspond plutôt à sa logique. Cela aussi, Karl Marx l&#8217;avait déjà vu (3).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;État et le droit peuvent sûrement fixer de l&#8217;extérieur des limites au système capitaliste et lui imposer des règles, limiter ses excès et ses conséquences inacceptables, dans la mesure où l&#8217;organisation de l&#8217;État, qui de son côté est lié à la défense d&#8217;une économie favorable à la croissance, a la force de le faire. Et, dans une certaine mesure, il le fait. Mais, même en cas de réussite, cette correction reste marginale, elle doit être extorquée à la logique fonctionnelle du système dans la mesure où cette dernière tend toujours à la plus grande déréglementation possible.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">RENVERSER LE CAPITALISME DEPUIS SES BASES</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">De quoi souffre donc le capitalisme ? Pas seulement de ses excès et de l&#8217;avidité et de l&#8217;égoïsme des hommes qui y opèrent. Il souffre de son point de départ, de son principe fonctionnel et de la force qui crée le système. Il est donc impossible de guérir cette maladie par des remèdes marginaux; on ne peut la guérir qu&#8217;en changeant le point de départ.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il faut remplacer l&#8217;individualisme si répandu en matière de propriété, qui prend comme point de départ et principe structurant le profit potentiellement illimité des individus, considéré comme un droit naturel et qui n&#8217;est sujet à aucune orientation en termes de contenu, par une organisation normative et une stratégie d&#8217;action basées sur le principe selon lequel les biens de la Terre, c&#8217;est-à-dire la nature et l&#8217;environnement, les produits de la terre, l&#8217;eau et les matières premières n&#8217;appartiennent pas à ceux qui s&#8217;en emparent les premiers et les exploitent, mais sont destinés à tous les hommes pour qu&#8217;ils satisfassent leurs besoins vitaux et parviennent au bien-être.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un principe radicalement différent; son point de départ et de référence est la solidarité des hommes dans leur coexistence et leur compétition. C&#8217;est de là qu&#8217;il faut déduire les règles fondamentales sur la base desquelles modeler les processus d&#8217;action, économiques mais aussi non économiques (4).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le choix d&#8217;un tel point de départ n&#8217;est pas du tout nouveau. Il se rattache à une ancienne tradition, qui n&#8217;a été abandonnée qu&#8217;avec le passage à l&#8217;individualisme de la propriété et au capitalisme. Thomas d&#8217;Aquin, le grand théologien et philosophe du Moyen Age, affirme explicitement que sur la base du droit naturel, c&#8217;est-à-dire à l&#8217;organisation de la nature voulue par Dieu, les biens terrestres sont prévus pour la satisfaction des besoins de tous les hommes. La propriété privée des individus n&#8217;existe que dans le cadre de cette destination universelle et lui est subordonnée. Elle n&#8217;appartient pas au droit naturel en soi, mais elle est un ajout législatif justifié par des motifs pratiques, parce que chacun s&#8217;occupe davantage de ce qui est à lui que de ce qui appartient à tous, parce qu&#8217;il est plus conforme à l&#8217;objectif que chacun possède et gère ses biens lui-même et, enfin, parce que la propriété privée favorise la paix entre les hommes (5). Puis Thomas distingue entre possession, administration et usage de ce que l&#8217;on possède. Alors que la première ne concerne que l&#8217;individu, l&#8217;usage doit tenir compte du fait que les biens extérieurs, sur la base de leur destination originelle, sont communs, donc celui qui en est pourvu doit les partager volontairement avec les pauvres (6). C&#8217;est pourquoi, selon Thomas, en cas d&#8217;extrême nécessité, le vol n&#8217;est pas un péché (7).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">On voit apparaître ici un modèle contraire au capitalisme. Un modèle qui part d&#8217;autres principes fondamentaux et démasque ainsi le caractère inhumain du capitalisme. La solidarité n&#8217;apparaît plus comme une réparation, pour bloquer et compenser les conséquences nuisibles d&#8217;un individualisme débridé en matière de propriété, mais comme un principe structurant de la coexistence humaine y compris dans le domaine économique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce point de départ agit de plusieurs façons: attribution des produits du sol et des matières premières naturelles; relation avec les biens de consommation et l&#8217;environnement, nature, eau et air; rôle dirigeant de ce qui est travail par rapport au capital; limites à l&#8217;accumulation de propriétés et de capitaux; reconnaissance des autres êtres humains &#8211; y compris les générations futures &#8211; comme sujets et partenaires dans le domaine de l&#8217;usage, du commerce et de la possession et pas comme objets d&#8217;une possible exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">On a ainsi un cadre normatif, à l&#8217;intérieur duquel le sentiment de la possession et de l&#8217;usage personnel, la garantie de la propriété peuvent et doivent avoir leur signification pragmatique et leur fonction comme forces motrices du processus économique et de son progrès. Mais ils restent liés au concept prioritaire de solidarité, qui offre une orientation en termes de contenu et fixe des limites empêchant une expansion illimitée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">APRÈS MARX, C&#8217;EST L&#8217;HEURE DE L&#8217;ÉGLISE</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est pas ici le lieu pour élaborer en détail un tel modèle théorique et pratique inspiré du principe de solidarité. Les bases pour le faire se trouvent dans la tradition de la doctrine sociale chrétienne. Il suffit de les tirer de leur sommeil de Belle au Bois Dormant et de s&#8217;appliquer avec décision à les mettre en pratique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Longtemps cette doctrine sociale de l&#8217;Église a eu une attitude plutôt défensive vis-à-vis du capitalisme dont les indiscutables succès l&#8217;impressionnaient. Elle l&#8217;a critiqué sur des points spécifiques au lieu de le mettre en discussion en tant que tel. Actuellement l&#8217;évident effondrement du capitalisme, dû à son expansion illimitée et presque déréglée, peut et doit permettre à la doctrine sociale de l&#8217;Église de le contester de manière radicale.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour cela le magistère social peut se référer simplement au pape Jean-Paul II, le critique le plus lucide et le plus énergique du capitalisme après Karl Marx. Dès sa première encyclique, il avait entrepris une évaluation du système en tant que tel, des structures et des mécanismes qui dominent l&#8217;économie mondiale dans le domaine des finances et de la valeur de l&#8217;argent, de la production et du commerce. À son avis, ils se sont montrés incapables de répondre aux défis et aux exigences éthiques de notre temps (8). L&#8217;homme &#8220;ne peut devenir esclave des choses, esclave des systèmes économiques, esclave de la production, esclave de ses propres produits&#8221; (9).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais la nouvelle orientation solidariste et la transformation d&#8217;un vaste système d&#8217;action économique qui, comme nous l&#8217;avons montré, ne tient pas compte de la nature et de la vocation de l&#8217;homme mais les contredit, ne se réalisent pas toutes seules. Cela demande un pouvoir d&#8217;État capable d&#8217;agir et de décider, qui dépasse la simple fonction de garantie du développement du système économique et de vérification du parallélogramme des forces, mais assume efficacement la responsabilité du bien commun à travers la limitation, l&#8217;orientation et aussi le refus de poursuivre le pouvoir économique, en cherchant sans cesse à réduire en même temps les inégalités sociales.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il est impossible de réaliser une telle transformation par de simples interventions de coordination. Mais aujourd&#8217;hui où trouve-t-on une telle forme d&#8217;État ? Face à l&#8217;enchevêtrement économique mondial la force de l&#8217;État national ne suffit plus; elle sera toujours vaincue par les forces économiques qui agissent au niveau mondial. D&#8217;autre part, il est impossible d&#8217;organiser une forme d&#8217;État au niveau mondial, sous la forme d&#8217;un État planétaire. On ne peut le faire que pour et dans des zones limitées, qui sont en relations entre elles et collaborent. L&#8217;appel est donc lancé surtout à l&#8217;Europe. Mais aura-t-elle la volonté et la force de le faire ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: right;">Ernst-Wolfgang Böckenförde</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Article publié en Italie par « Il Regno » n°19 et reproduit en Français sur le site : http://chiesa.espresso.republica.it/articolo/1338746?fr=y</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>NOTES</strong></p>
<p>(1) H. Freyer, &#8220;Theorie des gegenwärtigen Zeitalters&#8221;, Deutsche Verlag-Amstalt, Stuttgart, 1956, p. 79 sqq.</p>
<p>(2) K. Marx, F. Engels, &#8220;Manifesto del partito comunista&#8221;, Marietti, Genova, 1973, p. 60.</p>
<p>(3) K. Marx, &#8220;Das Kapital&#8221;, vol. III, c. 25, Dietz-Verlag, Berlin, 1956, pp. 436-452.</p>
<p>(4) Cf. E.-W. Böckenförde, &#8220;Ethische und politische Grundsatzfragen zur Zeit&#8221;, in Id., &#8220;Kirche und christilicher Glaube in der Herausforderungen der Zeit&#8221;, Münster, 2007, pp. 362-366.</p>
<p>(5) Thomas d&#8217;Aquin, &#8220;Summa Theologiae&#8221;, IIa-IIae, q. 66, art. 2 et 7.</p>
<p>(6) Id., q. 66, art. 2, resp.</p>
<p>(7) Id., art. 7, resp.</p>
<p>(8) Cf. Jean-Paul II, &#8220;Redemptor hominis&#8221;, 1979, n. 16. Cf. aussi: Id., &#8220;Laborem exercens&#8221;, 1981; &#8220;Centesimus annus&#8221;, 1991.</p>
<p>(9) Jean-Paul II, &#8220;Redemptor hominis&#8221;, 1979, n. 16.</p>
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		<title>&#8220;Église  et  pouvoir&#8221;, par José Comblin</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Sep 2009 10:11:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Le présent texte, transcrit à partir de conférences prononcées à Santiago, Chili, en novembre 2005, conserve le « style oral ». Il est de plus en plus évident que le principal problème pour les chrétiens d&#8217;aujourd&#8217;hui, c&#8217;est la question du pouvoir. C&#8217;est la principale nouveauté, le grand défi que la culture contemporaine adresse à l&#8217;Église après Vatican [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="TEXT-ALIGN: left"><em>Le présent texte, transcrit à partir de conférences prononcées à Santiago, Chili, en novembre 2005, conserve le « style oral ».</em></p>
<p>Il est de plus en plus évident que le principal problème pour les chrétiens d&#8217;aujourd&#8217;hui, c&#8217;est la question du pouvoir. C&#8217;est la principale nouveauté, le grand défi que la culture contemporaine adresse à l&#8217;Église après Vatican II. Le Concile n&#8217;a pas parlé de ça. Il a plutôt essayé d&#8217;éviter la question, parce qu&#8217;à ce moment là, la question du pouvoir n&#8217;était pas encore un thème dominant dans la culture occidentale.</p>
<p>Dans <em>Lumen Gentium</em>, le Concile  a tenté de ne pas utiliser le mot pouvoir ; quand il parle de la hiérarchie, il utilise le mot « munus » (tâche), ou des mots qui signifient le service. C&#8217;est ainsi qu&#8217;on évite de toucher à la question du pouvoir. C&#8217;est bien évident qu&#8217;on a évité volontairement le mot pouvoir (sauf à quelques occasions comme en 18a où les mots « pouvoir sacré » sont immédiatement atténués par le mot service).</p>
<p>La hiérarchie tente de mettre le sujet de côté en pensant que c&#8217;est une question incongrue, non pertinente, mais sa pertinence est plus évidente que jamais. Le clergé, formé pour manipuler des concepts édifiants, rejette l&#8217;idée que quelque chose pourrait être motivé par des questions de pouvoir dans l&#8217;Église. On présume que tout se fait par amour. Même la condamnation des hérétiques se fait par amour. C&#8217;est un service pour l&#8217;Église. Il est clair que, comme pour toute société humaine, la question du pouvoir est pertinente dans l&#8217;Église. Encore plus, elle est inévitable.</p>
<p>La relation de pouvoir est encore celle définie par la chrétienté médiévale. Les formes ont changé, mais le fond demeure le même.</p>
<p>Dans l&#8217;ecclésiologie traditionnelle, depuis les origines au  XIVe siècle, le mot pouvoir occupe le centre du sujet. Alors, l&#8217;Église se définit par les pouvoirs qui la constituent.  Ce qui fait l&#8217;Église, ce sont les pouvoirs de la hiérarchie. Le mot pouvoir a toujours un sens positif et seulement positif. Le pouvoir est l&#8217;un des principaux attributs de Dieu, peut-être l&#8217;attribut le plus important, pour le moins dans la dévotion catholique. Dans la liturgie on ajoute toujours l&#8217;adjectif puissant ou tout-puissant à l&#8217;invocation de Dieu. Dieu est le tout-puissant. Le pouvoir de Dieu est totalement positif. Il est le créateur et le sauveur. C&#8217;est ce qui produit tout ce qui existe et qui conduit la création, agissant par les moyens du salut.</p>
<p>Maintenant, le pouvoir de Dieu agit à travers les pouvoirs humains. Dieu n&#8217;agit pas sans la médiation des hommes. Ces médiateurs revêtus d&#8217;une participation au pouvoir de Dieu pour réaliser les œuvres de Dieu sont la hiérarchie de l&#8217;Église. Le pouvoir de la hiérarchie est seulement positif, parce que c&#8217;est le pouvoir même de Dieu. On dit que la hiérarchie est la cause efficiente de l&#8217;Église. Elle produit l&#8217;Église car l&#8217;action salvatrice de Dieu passe par cette médiation. Le pouvoir de la hiérarchie est comparable seulement avec le pouvoir créateur de Dieu : ce sont eux qui créent l&#8217;Église. C&#8217;est le pouvoir sauveur de Dieu : ils réalisent le salut. Dieu a élu quelques hommes pour être les sauveurs de l&#8217;humanité. Les laïcs se sauvent par l&#8217;intervention de la hiérarchie. Sans la hiérarchie ils ne sont rien. Ils reçoivent tout et ne produisent rien.</p>
<p>Ce pouvoir surnaturel de la hiérarchie culmine dans l&#8217;eucharistie. Comme le Pape vient de le rappeler (<em>il s&#8217;agit de Jean-Paul II en 2005, à travers l&#8217;encyclique</em> Ecclesia de eucharistia <em>- ndlr</em>), le prêtre ordonné prononce les paroles de la consécration comme s&#8217;il était le Christ lui-même. Le Christ parle par sa bouche et produit par la bouche du prêtre le miracle de la transsubstantiation, le plus grand miracle qu&#8217;on puisse imaginer. Le ministre ordonné a la même force que Dieu, quand il célèbre l&#8217;eucharistie.</p>
<p>Les laïcs regardent, admirent, adorent et reçoivent Dieu des mains du prêtre. Cette théologie est l&#8217;image de l&#8217;Église dans l&#8217;ecclésiologie traditionnelle qui est courante jusqu&#8217;à Vatican II, même si elle a été réfutée par les meilleurs biblistes et les meilleurs historiens catholiques. C&#8217;est toujours la théologie du Pape.</p>
<p>Ce pouvoir est le service de la hiérarchie. Exercer le pouvoir divin c&#8217;est le service que le ministre ordonné offre à l&#8217;Église à laquelle il a donné vie. Il ne peut y avoir aucune opposition entre le pouvoir et le service. Le pouvoir est le plus grand service.</p>
<p>Il est évident que cette identification entre pouvoir et service ne vient pas du Nouveau Testament. Elle vient de l&#8217;idéologie impériale. Dans cette idéologie, tout pouvoir est positif parce que tout pouvoir est service à la société : «  dominer pour servir », voilà  la définition de tous les colonialismes, jusqu&#8217;à la guerre en Irak qui est le plus grand service apporté au peuple irakien.</p>
<p>Les théologiens de ce temps-là connaissent très bien tous les défauts personnels de la hiérarchie, des prêtres et des diacres. Mais cela ne change pas la théorie. Les pires prêtres continuent à créer l&#8217;Église par ses sacrements, ses paroles et son gouvernement. Les abus de pouvoir sont considérés comme de purs problèmes personnels qui se solutionnent par la conversion du prêtre. Ils ne reconnaissent pas que cette situation n&#8217;est pas inévitable, qu&#8217;elle est liée en grande partie au modèle de société qu&#8217;on a bien voulu imposer à l&#8217;Église et qu&#8217;il s&#8217;agit, par le fait même, d&#8217;un problème de politique dans l&#8217;Église.</p>
<p>Mais les membres de la hiérarchie ne peuvent pas être de purs représentants du pouvoir de Dieu. En exerçant son pouvoir, ils ne communiquent pas le message de Dieu, mais plutôt toute la théologie. En administrant les sacrements, ils manipulent la religiosité populaire avec sa magie et ses superstitions. En gouvernant leurs paroisses et leurs diocèses, ils agissent comme des patrons d&#8217;entreprises. Ils créent une certaine orientation de l&#8217;Église, ils ne créent pas l&#8217;Église produit de l&#8217;Esprit Saint, par l&#8217;intermédiaire de tous les chrétiens, chacun  avec son charisme. L&#8217;orientation donnée par le clergé n&#8217;est pas corrigée ni améliorée par le peuple chrétien, elle se transforme en domination. Alors, le pouvoir devient domination, comme dans toutes les institutions humaines. C&#8217;est pour ça qu&#8217;il existe toujours un problème politique dans l&#8217;Église, qui est le problème que les membres du clergé sont des êtres humains et non de purs dépositaires du pouvoir de Dieu. Leur pouvoir n&#8217;est pas comme le pouvoir de Dieu, pure force créatrice, il n&#8217;est pas un pur don de la vie. Il est aussi imposition, arbitraire, domination de l&#8217;homme sur l&#8217;homme. Pas seulement à cause des vices personnels, mais par les structures de péché.</p>
<p>La conception médiévale du pouvoir dans l&#8217;Église, avec l&#8217;abîme qui s&#8217;en suit entre le clergé et le peuple, est en crise depuis deux siècles, même si la hiérarchie l&#8217;a nié jusqu&#8217;à Vatican II et si plusieurs le nient encore aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Cette relation est en crise depuis longtemps et la crise s&#8217;est accentuée davantage au XXe siècle. Des millions de personnes ont abandonné l&#8217;Église catholique et la cause fondamentale, consciente ou inconsciente, c&#8217;est la question du pouvoir. Avec le Pape actuel, on ne peut même pas soulever le problème parce que son pouvoir est plus absolu que le pouvoir de n&#8217;importe quel Pape du passé, incluant le pouvoir de Pie XII. La hiérarchie nie le problème parce qu&#8217;elle sent qu&#8217;elle serait le premier objet de la contestation. Mais il est évident que la nouvelle société urbaine, alphabétisée et culturellement développée, n&#8217;accepte pas ce genre de relation de pouvoir qui est né au Moyen Âge. Elle ne peut accepter que Dieu réserve sa médiation à quelques-uns, quand le Nouveau Testament annonce que l&#8217;Esprit Saint est donné à tous. Il affirme qu&#8217;il y a diversité de rôles et de services. On ne discute pas le fait que certaines personnes soient destinées à gouverner. Mais on n&#8217;accepte pas que le pouvoir humain soit identifié au pouvoir de Dieu.</p>
<p>On ne peut pas nier que l&#8217;Église, comme tout groupe humain, a besoin d&#8217;une organisation de pouvoir, mais pas éternellement cette organisation née à une époque historique donnée, limitée dans le temps. Personne ne nie que l&#8217;autorité soit nécessaire. Mais le système actuel de l&#8217;autorité fait que des millions de catholiques, justement ceux qui sont de la nouvelle culture urbaine, s&#8217;éloignent de l&#8217;Église, ou tout simplement perdent inconsciemment le sentiment d&#8217;appartenance à cette Église.</p>
<p>Il faut donc voir et examiner de façon critique le système de pouvoir qui existe dans l&#8217;Église, régi par un droit canonique toujours relatif. Il faut voir clairement la différence entre ce qui est permanent dans l&#8217;Église et ce que l&#8217;histoire a faite dans les siècles suivants. Sinon, nous serons prisonniers de l&#8217;histoire, prisonniers d&#8217;un passé mort.</p>
<h3>1.  L&#8217;ECCLÉSIOLOGIE DU NOUVEAU TESTAMENT ET LE POUVOIR</h3>
<p>L&#8217;ecclésiologie de Paul est centrée sur le concept du peuple de Dieu, corps du Christ et temple de l&#8217;Esprit Saint. Ce concept est sous-jacent à tous les chapitres de ses lettres. Tout ce qu&#8217;il dit de l&#8217;Église se réfère à ce peuple de Dieu.</p>
<p>La doctrine du pouvoir selon Paul  est implicite dans sa doctrine sur la Loi et l&#8217;Esprit. Le peuple de Dieu passe par deux étapes. D&#8217;abord, il y a eu le régime de la Loi et maintenant, avec Jésus, commence le régime de l&#8217;Esprit. Dans le régime de la Loi, la relation avec Dieu est une relation de soumission. Le peuple de Dieu est le peuple qui se soumet à la Loi. L&#8217;obéissance à la Loi est la vertu suprême. Mais, la Loi ne serait pas réelle si elle n&#8217;était pas présentée par des dirigeants humains. La Loi n&#8217;existerait pas comme telle, s&#8217;il n&#8217;y avait pas sur terre, au-dessus du peuple, une autorité qui oblige à la respecter. Cette autorité est représentée par les docteurs et les prêtres, ceux-là même qui ont condamné Jésus. La soumission à la Loi se traduit par la soumission à ses représentants. Obéir à Dieu se résume dans la pratique à obéir aux autorités qui l&#8217;imposent.</p>
<p>Pour Paul, la Loi &#8211; c&#8217;est-à-dire tout le système centré sur la Loi &#8211; ne sauve pas, parce qu&#8217;elle ne change pas l&#8217;être humain. La personne se soumet par crainte du  châtiment, mais sans se renouveler personnellement. Il n&#8217;y a que l&#8217;Esprit pour renouveler l&#8217;humanité. Sous  le régime de la Loi, l&#8217;autorité agit en imposant la Loi. Par l&#8217;Esprit, la personne se sent interpellée, poussée par une force interne qui la rend capable de suivre le chemin de Jésus sans aucune imposition. Elle fait le bien par sa propre volonté, non par obligation. </p>
<p>Dans le régime de la Loi, les représentants de la Loi l&#8217;utilisent pour imposer leur propre volonté. Ils interprètent, augmentent, changent les préceptes de la Loi pour qu&#8217;ils coïncident avec leur volonté et leurs avantages, même matériels.</p>
<p>Dans  sa doctrine de l&#8217;Esprit, Paul ne prête pas attention au problème du pouvoir, que ce soit celui de l&#8217;Église dans la société, que ce soit le pouvoir dans l&#8217;Église, ou ce qu&#8217;on appelle maintenant les ministères. Selon lui, le pouvoir apostolique, c&#8217;est l&#8217;autorité pour annoncer l&#8217;évangile de Jésus, comme force dans le monde. C&#8217;est le pouvoir de Dieu, qui est le pouvoir de conversion et de vie nouvelle. Mais il n&#8217;élabore pas lui-même une doctrine de l&#8217;apostolat comme pouvoir dans l&#8217;Église.</p>
<p>Selon lui, dans la communauté chrétienne, le pouvoir de Dieu se manifeste dans l&#8217;abondance des charismes qui sont des forces données à certains ou à tous les membres. Les charismes semblent avoir une force intrinsèque qui porte les membres de la communauté. Comme apôtre de Jésus-Christ, Paul exerce le pouvoir de dénoncer, d&#8217;exhorter, d&#8217;orienter : le pouvoir de rappeler les enseignements de Jésus. Lui-même ne définit pas ce qu&#8217;est ce pouvoir des apôtres.</p>
<p>Mais de son côté,  l&#8217;ecclésiologie des évangiles est centrée sur la question du pouvoir. Dans la pensée de Jésus, le problème du pouvoir est le problème principal et prioritaire de l&#8217;Église. Ce mot, Église, est presque absent des évangiles mais la réalité est présente dans les disciples. Quand Jésus se dirige aux disciples dans leur ensemble, il énonce son ecclésiologie.</p>
<p>Les principaux textes sont dans le chapitre 18 de Mathieu (surtout 1-7; 12-35), ainsi qu&#8217;en Mathieu 20, 24-28 et 23, 8-12, et dans le chapitre 13 de Jean (<em>l&#8217;épisode du lavement des pieds &#8211; ndlr</em>).</p>
<p>Il n&#8217;est pas nécessaire de faire une exégèse très minutieuse pour voir que Jésus installe une nouvelle façon d&#8217;exercer le pouvoir, une nouvelle relation de pouvoir. Pendant des siècles, on a lu ces textes comme des conseils moraux, comme des recommandations faites aux dirigeants pour qu&#8217;ils adoptent  une meilleure façon d&#8217;agir.  Jésus n&#8217;est pas venu faire de exhortations morales mais  pour changer les structures du peuple de Dieu. Pour les exhortations morales, il y avait les sages qui ont laissé de nombreux écrits de sagesse. Jésus est venu détruire la structure de pouvoir qui existait dans le peuple pour construire une nouvelle structure de relations à l&#8217;intérieur de ce peuple.</p>
<p>Pendant des siècles, on a interprété les paroles du Christ  comme si le disciple de Jésus devait exercer les structures de pouvoir de toujours, mais avec un nouvel esprit, d&#8217;une façon différente.  L&#8217;Église est tombée dans la même déformation que celle qui affecte les sociétés civiles ou le peuple d&#8217;Israël, c&#8217;est-à-dire, commettre l&#8217;injustice mais avec des bons sentiments. Ce qui donne un sens édifiant à la destruction des personnes. Ce fut le cas pour l&#8217;Inquisition et pour toutes les imitations de l&#8217;Inquisition. Tout se justifie pour le bien de la personne poursuivie, torturée ou tuée. Le chrétien agirait comme tout le monde mais en y ajourant des bons sentiments et un sens religieux : tout pour le bien de Dieu et de son Église.</p>
<p><strong>Jésus ne vient pas changer seulement la subjectivité mais la structure elle-même des relations sociales</strong>. Par son exemple, il nous indique quelle structure d&#8217;autorité doit prévaloir. Jésus n&#8217;utilise aucune forme de coercition pour imposer sa volonté. Il n&#8217;a pas d&#8217;armes, ne peut pas menacer, ne veut pas punir (Lc 9, 51-56). Il n&#8217;a pas de moyens de défense contre ses adversaires, pas même au moment de la prison, de la condamnation ou de l&#8217;exécution. Il est incapable d&#8217;exercer la moindre violence. Non seulement il ne pratique pas la violence mais il n&#8217;a pas les moyens pour l&#8217;exercer. Il n&#8217;a pas en réserve des moyens violents, ce qui serait une menace. La sagesse politique traditionnelle dit qu&#8217;il faut montrer les armes pour ne pas avoir à les utiliser. Jésus ne peut pas montrer les armes qu&#8217;il n&#8217;a pas.</p>
<p>C&#8217;est le sens de la comparaison qu&#8217;il fait à propos des enfants (Mt 18, 1-4). Les enfants n&#8217;ont pas le pouvoir d&#8217;imposer leur volonté. Ils n&#8217;ont pas encore le pouvoir de chantage qu&#8217;exercent les enfants plus vieux des familles riches. L&#8217;enfant est un être fragile. Jésus a choisi la faiblesse.</p>
<p>Jésus ne définit pas les lois et il n&#8217;impose pas son autorité au moyen de lois. Les lois sont faites pour imposer une volonté supérieure à une personne qui ne veut pas l&#8217;exécuter, il le fait seulement par crainte de châtiment. La loi gouverne au moyen de la peur d&#8217;être puni. La loi est basée sur la peur.</p>
<p>Cela ne veut pas dire que Jésus a tout accepté. Il n&#8217;accepta pas de procéder comme le font les autorités d&#8217;Israël. Avec les pécheurs, la règle c&#8217;est le pardon, le pardon sans limite. De fait, son autorité est telle que les gens font ce qu&#8217;il enseigne avec une liberté totale et avec grand plaisir. Ils ne le font pas par peur, mais par amour. L&#8217;autorité de Jésus est basée sur l&#8217;amour qu&#8217;elle suscite. Il n&#8217;a pas besoin de définir des lois parce que les personnes le suivent volontairement et avec conviction. Il ne menace pas, parce que les gens veulent ce que lui veut et par conviction.</p>
<p>Son autorité est dans sa propre personne et dans sa façon d&#8217;agir où se manifeste sa valeur absolue : cela vient de Dieu.</p>
<p>L&#8217;autorité de Jésus se manifeste dans la recherche de la brebis égarée, dans le pardon des dettes. Au lieu d&#8217;imposer une punition, il propose le pardon. <strong>Cela serait considéré comme de l&#8217;anarchie dans notre société</strong>. Pourtant ce n&#8217;est pas évident qu&#8217;il en soit ainsi. Tous savent bien que les petits paient leurs dettes. Ce sont seulement les grandes corporations qui ne paient pas. Le problème, c&#8217;est l&#8217;existence des grandes corporations qui de toutes façons ne plient pas devant la loi,  au contraire elles changent la loi pour qu&#8217;elle leur soit favorable.</p>
<p>Jésus veut qu&#8217;entre les disciples les relations de pouvoir soient différentes (Mt 20, 24-28). La différence n&#8217;est pas seulement dans la subjectivité mais dans les structures mêmes du pouvoir. Sinon, rien ne changerait. D&#8217;ailleurs dans toutes les sociétés, il y a des principes qui rendent plus supportables les relations de pouvoir sans changer les structures et ainsi on laisse la porte ouverte pour que le successeur vienne exercer un pouvoir rigoureux.</p>
<p>Jésus dit : « Ne vous faites pas appeler « Rabbi » parce qu&#8217;un seul est votre Maître et vous êtes tous frères. N&#8217;appelez personne « Père » sur cette terre, parce qu&#8217;un seul est votre maître : le Messie » (Mt 23, 8-10). Les autorités de l&#8217;Église qui désirent ces titres disent que c&#8217;est une question sans importance, que Jésus parle ainsi pour donner un exemple d&#8217;humilité, mais qu&#8217;il ne veut pas définir une façon d&#8217;être.  Ils suppriment tout simplement l&#8217;enseignement de Jésus. Pourtant, dans la culture de Jésus, les noms sont très importants parce qu&#8217;ils représentent la réalité. Celui qui a le nom de maître croit qu&#8217;il  a une autorité supérieure qui lui permet d&#8217;imposer ses idées aux autres. Avec cette question de noms, Jésus veut changer les structures.</p>
<p>Le problème des structures est clair dans l&#8217;Église d&#8217;aujourd&#8217;hui. Il y a des évêques plus humains, des curés plus humains &#8211; chrétiens ­- qui n&#8217;insistent pas sur leur pouvoir, qui consultent ou tiennent compte des opinions des autres, qui gouvernent avec patience et tolérance, qui donnent place à la liberté et à la responsabilité des laïcs. Mais, à tout moment, un autre peut venir et se contenter d&#8217;appliquer rigoureusement la loi canonique qui lui attribue des pouvoirs exclusifs. Les structures du code actuel attribuent à l&#8217;autorité un pouvoir absolu, sans droit de se défendre, un pouvoir exclusif, sans participation. N&#8217;importe quel évêque ou curé peut détruire toute la liberté qu&#8217;un prédécesseur a pu créer. Les cas sont nombreux en Amérique latine. Les auteurs de ces destructions peuvent invoquer la loi qui leur attribue un pouvoir absolu, dictatorial.</p>
<p>Jésus lui-même dénonce la façon dont les scribes et pharisiens exercent l&#8217;autorité. « Ils mettent de lourds fardeaux sur les épaules des gens, mais eux ne bougent même pas le petit doigt » (Mt 23, 4). Comme les paroles de Jésus ne définissent pas de façon juridique les relations qu&#8217;il veut établir entre ses disciples, par la suite on a pu considérer ses paroles comme de purs symboles ou des formes littéraires sans contenu juridique. De fait, au cours de 20 siècles, plusieurs des anciennes relations de domination dans les sociétés humaines sont entrées dans l&#8217;Église. Les relations de pouvoir qui existent aujourd&#8217;hui ne procèdent pas de la volonté de Jésus mais plutôt de la pénétration des structures de domination, propres aux cultures où l&#8217;Église s&#8217;est établie.</p>
<h3>2.  L&#8217;ÉGLISE ET LE POUVOIR DANS LA CHRÉTIENTÉ</h3>
<p>Il n&#8217;est pas nécessaire de rappeler toute la structure de pouvoir qui s&#8217;est construite dans la chrétienté, surtout l&#8217;occidentale. Il y eut quatre étapes principales qui nous ont amené à ce que nous connaissons aujourd&#8217;hui.</p>
<h4><em>LES QUATRES ÉTAPES DU POUVOIR DANS L&#8217;ÉGLISE</em></h4>
<p><span style="text-decoration: underline;">La première étape</span> a commencé dans la troisième génération quand les prêtres se sont démarqués davantage des évêques monarchiques. C&#8217;était une imitation de la structure des synagogues et des fraternités romaines. Mais au nom des apôtres, les évêques ont acquis une autorité toujours plus grande sur les prêtres et sur l&#8217;organisation des Églises. Au 4e siècle, les évêques ont déjà concentré presque tout le pouvoir et tous les charismes. Au Concile de Nicée, convoqué par l&#8217;Empereur, tous ceux qui n&#8217;étaient pas évêques ont été exclus et on a donné la totalité du pouvoir aux évêques.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">La deuxième étape</span> vint avec Constantin et ses successeurs qui ont fait de l&#8217;Église la religion officielle et obligatoire. C&#8217;est à ce moment que s&#8217;est créé le clergé comme caste séparée et éloignée du peuple. Le clergé a concentré tout le pouvoir dans l&#8217;Église, il a supprimé les communautés et a soumis les laïcs à une passivité totale sans aucune responsabilité. Un abîme s&#8217;est créé entre le clergé et le peuple, même si les textes évangéliques sur le service étaient rappelés, c&#8217;était sans aucune connexion avec la réalité. De plus en plus la Bible devint un livre de symboles qui justifièrent le système en lui donnant une idéologie avec laquelle on essayait de convaincre les peuples. La liturgie du lavement des pieds est une pieuse ironie.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">La troisième étape</span> commence avec les Papes bénédictins ou grégoriens dès le XIe siècle. C&#8217;est le début de la mobilisation progressive du clergé, qui durera dix siècles, pour qu&#8217;il se transforme en armée du Pape, avec lequel le Pape exerce un pouvoir total sur la chrétienté. Le clergé devient l&#8217;armée du Pape. Surtout les Mendiants, auxquels les Papes imposent l&#8217;ordination sacerdotale, qui vont favoriser cette exaltation du pouvoir du Pape en faisant pression sur tout le clergé diocésain. Depuis lors s&#8217;établit une concentration croissante du pouvoir du clergé dans les mains du Pape.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">La quatrième étape</span> vint du Concile de Trente qui consacra la structure du clergé, en affirmant avec force ses fondements et en augmentant le pouvoir centralisateur du Pape. Le Pape est de plus en plus le chef du clergé. Après la Révolution française, cette concentration du pouvoir du clergé aux mains du Pape prend l&#8217;envergure que nous connaissons aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Tout cela est bien connu. Il n&#8217;est pas nécessaire de répéter ce qu&#8217;on trouve dans les livres de l&#8217;histoire de l&#8217;Église.</p>
<h4><em>LES TROIS RAISONS POUR CONCENTRER LE POUVOIR</em></h4>
<p>La question est la suivante : comment se fait-il qu&#8217;on a légitimé cette plus grande concentration du pouvoir aux mains du clergé et ensuite aux mains du Pape ? Il y a trois raisons : <strong>la défense de l&#8217;orthodoxie de la foi, la défense des sacrements et la défense de l&#8217;unité de l&#8217;Église</strong>.</p>
<p>En premier lieu, on a invoqué la nécessité de <span style="text-decoration: underline;">défendre l&#8217;orthodoxie</span>. Pour ça il est nécessaire de concentrer l&#8217;autorité dans le clergé et dans le Pape qui sont les seuls à pouvoir défendre l&#8217;authenticité de la foi. De nombreuses hérésies sont apparues et pour défendre la foi contre ces hérésies il faut un pouvoir fort : le pouvoir de condamner jusqu&#8217;à la mort en plusieurs occasions. On a monté tout un système qui incorpore ce pouvoir du clergé et du Pape. L&#8217;Inquisition a été la manifestation historique la plus visible et la plus crainte.</p>
<p>La concentration du pouvoir augmente de plus en plus de nos jours avec les documents du cardinal Ratzinger. Selon ces documents, des hérésies envahissantes sont apparues qui nient tout le contenu de la foi : la théologie de la libération, la théologie des religions.</p>
<p>L&#8217;expérience de l&#8217;histoire nous montre, après quelques siècles, que les hérésies ne sont pas si loin de l&#8217;orthodoxie. L&#8217;accord entre catholique et luthériens sur la doctrine de la justification en est un bon exemple. Les hérésies peuvent dire la foi, d&#8217;une autre façon. Est-ce que les doctrines présentées d&#8217;une façon différente n&#8217;ont pas été traitées d&#8217;hérésies parce qu&#8217;il fallait avoir des hérésies ? <strong>Sans hérésies, le pouvoir du magistère ne se manifeste pas et il n&#8217;a pas d&#8217;opportunité de croître</strong>. Les hérésies sont nécessaires pour justifier l&#8217;augmentation du pouvoir du magistère. Les hérésies n&#8217;auraient-elles pas été inventées pour donner plus de pouvoir au Magistère ?</p>
<p>D&#8217;autre part, les hérésies du Moyen Âge sont une contestation de ce qui donne tant de pouvoir au Pape et au clergé. C&#8217;est une accusation contre le  pouvoir du clergé. C&#8217;est une contestation de tout ce qui sert à augmenter le pouvoir du clergé. Cela s&#8217;est produit au second millénaire. L&#8217;hérésie est une façon pour les laïcs de se défendre de la domination intellectuelle et culturelle du clergé et du Pape qui est de plus en plus à la tête du clergé. L&#8217;hérésie est une contestation du pouvoir. L&#8217;attaque des hérésies ne serait-elle pas la défense du pouvoir du clergé ? Derrière ces nombreuses condamnations &#8211; qui s&#8217;avéreront plus tard très relatives, historiques et circonstancielles &#8211; n&#8217;y aurait-il pas une défense du pouvoir du clergé qui se sent menacé quand il perd le contrôle de la parole, quand il ne permet pas qu&#8217;on dise la même chose mais en d&#8217;autres mots ?  Toutes ces condamnations ne seraient-elles pas avant tout l&#8217;affirmation du pouvoir de la hiérarchie et de tout le clergé avec elle ?  Les luttes de doctrine n&#8217;auraient-elles pas été, de fait, des luttes pour le pouvoir et pour la définition des pouvoirs ?</p>
<p>La deuxième motivation du pouvoir du clergé c&#8217;est la <span style="text-decoration: underline;">défense des sacrements</span>. Ici aussi, les hérésies attaquent les sacrements, le système au complet des sept sacrements. Pourquoi condamnent-elles ce système ? Ne serait-ce pas que les sacrements sont le fondement même du pouvoir clérical ? Grâce aux sacrements, que seuls les prêtres peuvent administrer, les laïcs ne peuvent se sauver sans passer par les mains du clergé, c&#8217;est-à-dire sans se soumettre à toutes les conditions imposées par le clergé.</p>
<p>En vraie théologie, les sacrements sont des signes de la foi, signes d&#8217;amour de Dieu. Mais pendant plusieurs siècles, ils ont été vécus comme des obligations. Les sacrements deviennent des rites nécessaires à la salvation, sans eux il n&#8217;y a pas de salut. Voilà la loi que les chrétiens doivent respecter et s&#8217;ils ne le font pas, ils commettent un péché mortel et perdent le salut. Les sacrements sont toujours accompagnés de menaces et sont reçus avec crainte. Le clergé prend note des mauvais chrétiens qui ne reçoivent pas les sacrements au bon moment. <strong>Les sacrements sont devenus un système par lequel les prêtres rendent leur ministère indispensable</strong>. Ils ont le monopole des sacrements et tous doivent se soumettre à leur monopole. Il faut recevoir le sacrement pour éviter l&#8217;enfer. Les prédicateurs savaient comment susciter la peur des peines de l&#8217;enfer et ils réussissaient ainsi à pousser les récalcitrants vers les sacrements.</p>
<p>D&#8217;autre part, les sacrements sont devenus une des principales sources du pouvoir économique du clergé. C&#8217;est une raison de plus pour les laïcs de résister aux sacrements.  Avec le temps, la peur de l&#8217;enfer a diminué et les gens plus éduqués se sont déclarés indépendants. Avant la Révolution française, plus de 90% des français allaient à la messe tous les dimanches. Vingt ans plus tard ils ne sont plus que 20 % à s&#8217;y rendre.</p>
<p>Pour le clergé, il s&#8217;agit là d&#8217;une décadence. Pour eux, les sacrements c&#8217;est leur vie, leur façon d&#8217;entrer en relation avec le peuple et leur raison d&#8217;être. Ils sont là pour célébrer les sacrements. Pour plusieurs, leur vie de clerc ce sont les sacrements. C&#8217;est aussi leur activité professionnelle, leur façon de trouver les moyens de survivre. Le curé c&#8217;est celui qui célèbre les sacrements : c&#8217;est son travail professionnel. C&#8217;est la principale source du pouvoir du clergé et on peut les réduire à ça.</p>
<p>En troisième lieu, il y a  <span style="text-decoration: underline;">le pouvoir de gouvernement</span>. Tous les séculiers doivent se soumettre au clergé dans tous les actes de vie chrétienne, surtout  en ce qui touche leur vie morale et sociale. Ici aussi c&#8217;est le règne de la crainte de l&#8217;enfer. En principe, cette soumission a pour but de défendre le peuple chrétien contre le danger des ennemis. En pratique, le gouvernement du clergé veut toujours plus de pouvoir. Le principe de Léon XIII a prévalu dès le moment où l&#8217;Église s&#8217;est séparée des monarchies : en matière politique, il faut toujours chercher  l&#8217;alliance et l&#8217;appui parmi ceux qui favorisent le plus l&#8217;Église, c&#8217;est-à-dire le clergé ou le Pape. C&#8217;est un principe de grand opportunisme qui démontre comment l&#8217;action politique est la soumission aux intérêts du clergé.</p>
<p>Ce qui nous amène à voir le pouvoir du clergé et du Pape dans la société. En chrétienté, le clergé est la première classe, la classe privilégiée, celle qui a le plus de pouvoir, qui intervient sur tout. Elle contrôle l&#8217;économie, le pouvoir des rois, elle domine toute la culture. Voilà l&#8217;idéal. En pratique, plusieurs rois et princes ne suivent pas les directives du clergé : la moitié du temps, les rois catholiques et les empereurs ont été excommuniés. Il y a toujours eu une culture souterraine critique du pouvoir sacerdotal. Il y avait le pouvoir économique des juifs, des banquiers qui ne se soumettaient pas aux lois contre l&#8217;usure. Mais, fidèle au système, le clergé a essayé de le sauver en essayant de le maintenir même après les révolutions libérales du XXe siècle.</p>
<p>Le clergé n&#8217;a pas accepté facilement la ruine de la chrétienté, ce qui pour lui signifiait la perte du pouvoir, une défaite politique, économique, culturelle. Après 15 siècles de domination, il est maintenant exposé à toutes les critiques demeurées clandestines durant ces 15 siècles. On accuse alors le clergé d&#8217;avoir voulu, au nom de Jésus-Christ, dominer la société. Cette accusation se répète inlassablement depuis les derniers siècles. Évidemment, que le clergé n&#8217;acceptera jamais cette accusation parce qu&#8217;il sent que ses intentions sont différentes. Le clergé invoque ses bonnes intentions au lieu de voir les faits et les structures. Ses intentions sont de défendre le peuple chrétien contre le pouvoir économique (des autres), contre le pouvoir politique (des autres), et contre les menaces de corruption d&#8217;une culture non contrôlée par le clergé. Il n&#8217;en reste pas moins que les laïcs voient les choses avec plus d&#8217;objectivité.</p>
<p>Cette accusation qui a été faite au clergé pendant des siècles a toujours été rejetée avec indignation par le clergé. Il n&#8217;accepte pas un examen sérieux et critique de ses actions. Il croit vivre une vie de service mais c&#8217;est une vie de domination où les laïcs sont toujours de service, mais les prêtres, non.</p>
<p>On a toujours répété que le clergé voulait dominer les consciences. Qu&#8217;il ait voulu  dominer la société, ça pourrait toujours se supporter. Mais dominer la pensée, la conscience morale, les valeurs, c&#8217;était insupportable et cela provoqua une réaction terrible. Parce qu&#8217;on savait que le contrôle des consciences, c&#8217;était accepter l&#8217;ordre établi, de la société établie. Le contrôle des consciences avait comme but de soumettre les catholiques à la société établie, la société de la chrétienté. C&#8217;était essentiellement conservateur et plusieurs laïcs le voyaient ainsi. Au lieu d&#8217;être un ferment de liberté, l&#8217;Église était le principal obstacle à la liberté. Le clergé apparaissait comme une classe liée au maintien des pouvoirs en place. Les laïcs avaient perdu la crainte du clergé qui exerçait le contrôle. Avant la Révolution, ceux qui ne recevaient pas les sacrements étaient fichés par la police et traités comme suspects. Après la révolution ce pouvoir du clergé a disparu.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, on ne fréquente plus les sacrements comme avant. Cela démontre le peu de compréhension de la valeur de signe, et indique le sentiment de dépendance ou d&#8217;obéissance du peuple. Le peuple ne craint plus l&#8217;enfer comme avant, il a donc perdu la motivation pour recevoir les sacrements.</p>
<p>La chrétienté n&#8217;existe plus comme un ensemble mais il en reste des fragments, des fragments conservateurs qui maintiennent un petit monde où on pratique la fidélité aux comportements traditionnels de la société rurale médiévale. Le clergé tente encore de maintenir et consolider ce qui reste de pouvoir dans l&#8217;Église. Il maintient, de la même façon, son pouvoir sur la petite portion du peuple qui  lui demeure fidèle. </p>
<h3 style="TEXT-ALIGN: left">3.  VATICAN   II</h3>
<p>Pendant ses sessions, Vatican II a reçu plusieurs dénonciations de cléricalisme, juridisme, bureaucratisme, etc. Il n&#8217;a pu cacher les critiques qui se sont faites pendant 15 siècles mais qui n&#8217;ont jamais été acceptées. De là est sortie une théologie renouvelée du peuple de Dieu et du rôle de l&#8217;Église dans le monde. Mais quand il s&#8217;agit de définir le rôle des évêques, du clergé, que ce soit dans <em>Lumen Gentium</em> ou dans les documents pour le clergé, la doctrine demeure traditionnelle et ne tient pas compte des problèmes soulevés. On multiplie les exhortations morales, mais on ne change pas les structures. On ne touche pas au problème du pouvoir et du lien entre la recherche du pouvoir et la définition du clergé qui a prévalu pendant quinze siècles. On est retourné à la doctrine conservatrice traditionnelle. Là, tous les problèmes sociaux deviennent des problèmes moraux. Si les prêtres étaient plus vertueux, il n&#8217;y aurait pas de problèmes. De fait, s&#8217;ils étaient plus vertueux, ils ne supporteraient pas la structure actuelle. Il est impossible d&#8217;imaginer un clergé où tout le monde est saint. Le comportement moyen dépend des structures. Si ces structures sont des structures de domination qui n&#8217;accordent au peuple chrétien aucune participation au pouvoir, l&#8217;exhortation morale ne servira de rien.</p>
<p>Ceux qui n&#8217;ont pas besoin de conversion se convertiront et ceux qui en ont besoin ne réaliseront pas toute la domination qu&#8217;ils exercent sur les autres. </p>
<p>Les textes de Vatican II ne touchent pas au plus grand problème, qui selon plusieurs évêques, était le problème du siècle : le problème du clergé. Plusieurs autres évêques ne pouvaient pas se libérer du modèle qu&#8217;ils avaient en tête : le rôle traditionnel du prêtre comme membre de la classe privilégiée, comme fonctionnaire des sacrements et défenseur du pouvoir de l&#8217;Église. Comme l&#8217;épiscopat était divisé sur ce point, on n&#8217;en a pas parlé.</p>
<p>On n&#8217;a pas parlé non plus de la relation entre le clergé et le pouvoir politique. De fait, plusieurs pensaient que le parti démocrate chrétien allait solutionner tous les problèmes, en redonnant à l&#8217;Église une place privilégiée et en empêchant l&#8217;adoption de lois défavorables au clergé qui réduiraient son pouvoir dans la société tant dans les codes que dans la culture, l&#8217;éducation, les services de santé. Ils comptaient sur l&#8217;appui de partis politiques catholiques pour éviter que l&#8217;Église renonce totalement à son pouvoir dans la société. Le monde change, mais la structure historique de la chrétienté se maintient, au moins comme illusion dans la pensée du clergé.</p>
<p>Du moment que le Concile n&#8217;a pas voulu, ou n&#8217;a pas pu, traiter de la question du clergé, ce qui arriva était prévisible. <strong>Dans le premier monde, les vocations ont disparues, il n&#8217;y a plus de crédibilité. Dans le Tiers-monde, les vocations sont nombreuses mais basées sur le principe de chrétienté : la prêtrise offre du pouvoir dans la société et dans l&#8217;Église</strong>,  cela est un grand attrait pour les pauvres qui ont peu de moyens d&#8217;ascension sociale.</p>
<h3>4.  IDÉALISME ET RÉALISME</h3>
<p>Jean-Paul II a eu, parmi ses priorités, de rétablir le pouvoir social du clergé. Il a pensé qu&#8217;un des moyens les plus efficaces serait de rétablir la discipline traditionnelle, ce qui ramènerait l&#8217;auto-estime du clergé. Il a essayé de le faire et a réussi en partie. Il a rétabli la séparation entre le clergé  et les laïcs, entre le clergé et la société, pour éviter les tentations. Il a tout fait, inlassablement, pour élever le statut du clergé. Il a multiplié les documents dirigés au clergé, par exemple, à l&#8217;occasion du Jeudi Saint de chaque semaine sainte.</p>
<p>Ces écrits manifestent une conception idéaliste du sacerdoce. Ils ne tiennent pas compte des conditions matérielles, psychologiques et sociales de la vie sacerdotale. Ils ignorent les problèmes des prêtres des années 60, problèmes jamais résolus et qui continuent de produire les mêmes effets (abandon du sacerdoce, crise d&#8217;identité). Tout cela est considéré comme une déficience morale. On le solutionne par une affirmation encore plus forte de la doctrine, c&#8217;est-à-dire, par un renforcement de l&#8217;idéologie traditionnelle du clergé. </p>
<p>Le Pape s&#8217;appuie sur des mouvements sacerdotaux comme l&#8217;<em>Opus Dei</em>, les <em>Légionnaires du Christ</em>, <em>Sodalitium </em>et autres mouvements sacerdotaux. Ils sont tous des intégristes dans la doctrine, rigoristes en morale, inflexibles en discipline. Ils sont l&#8217;incarnation de la loi totale. Leur moteur est l&#8217;idéologie cléricale, telle que définie par le Concile de Trente. Ces mouvements doivent donner l&#8217;exemple à l&#8217;ensemble des prêtres. Ils seraient les guides du clergé. Le Pape leur a donné le rôle des jésuites dans l&#8217;Église tridentine.</p>
<p>Ces mouvements sont fascinés par le pouvoir. Ils manifestent une volonté féroce d&#8217;accumuler une richesse matérielle, du prestige social, le pouvoir politique, le pouvoir culturel. Ils fondent des institutions puissantes, supposément destinées à l&#8217;évangélisation. Ils ne réalisent pas jusqu&#8217;à quel point ils se donnent en spectacle à la société, spectacle de sectes religieuses à la conquête du pouvoir. Ils ne réalisent pas qu&#8217;il va leur arriver ce qui est arrivé aux jésuites au XVIIIe siècle. Ils font alliance avec les puissants, avec les institutions dominantes de la société occidentale. Ils n&#8217;entendent aucunement la voix qui monte du monde des opprimés. Ils ne tiennent pas compte de ce monde parce que leur monde est celui des dominateurs.</p>
<p>En Amérique latine, ces mouvements sacerdotaux acquièrent de grands pouvoirs dans tous les secteurs, surtout en économie et en politique. Ils agissent par l&#8217;intermédiaire des élites laïques qui leur sont totalement soumises. Ils créent un laïcat fanatique dépourvu de tout esprit critique et de libre initiative.</p>
<p>Le clergé, inspiré par ces exemples, devient totalement opportuniste. Il croit que le marketing religieux va solutionner les problèmes de l&#8217;évangélisation. Ils croient que, par la manipulation des moyens de communication, il sera possible de refaire une nouvelle chrétienté  dans laquelle l&#8217;Église pourra de nouveau gouverner le monde.</p>
<p>Comme en temps de chrétienté, <strong>ils pensent qu&#8217;ils vont évangéliser avec le pouvoir, par le pouvoir, en augmentant leur pouvoir</strong>. Ils croient que leur pouvoir va convaincre les chrétiens et les soumettre à leur contrôle. Ils ne se rendent pas compte que le monde a changé et que les laïcs d&#8217;aujourd&#8217;hui ne sont pas tous comme ceux d&#8217;autres temps. Ils pensent que l&#8217;exemple des mouvements sacerdotaux intégristes va conquérir la société et fonder un nouveau clergé semblable à l&#8217;ancien et basé sur la même théologie. Et ils pensent que les laïcs vont se soumettre à la discipline de l&#8217;intégrisme.</p>
<h3>5. QUELLES SERAIENT LES NOUVELLES ORIENTATIONS AU SUJET DU POUVOIR DANS L&#8217;ÉGLISE D&#8217;AUJOURD&#8217;HUI ?</h3>
<p>D&#8217;abord, il faut reconnaître le pouvoir des laïcs, basé sur les charismes et dons spirituels qu&#8217;ils ont reçus, les responsabilités d&#8217;évangélisation qu&#8217;ils assument, etc. À tous les niveaux, à partir du Concile œcuménique jusqu&#8217;aux conseils paroissiaux, les laïcs doivent avoir droit de parole et peuvent décider avec le clergé  sur tout ce qui ne touche pas à la doctrine clairement définie.</p>
<p>Les laïcs doivent avoir une voix active lors des élections à tous les niveaux, depuis l&#8217;élection du Pape jusqu&#8217;à l&#8217;élection des curés.</p>
<p>Les laïcs doivent avoir le droit de discuter de liturgie, de catéchèse et de l&#8217;organisation de l&#8217;Église.</p>
<p>Le principe de base, c&#8217;est que le pouvoir ne peut pas être concentré dans une seule personne.</p>
<p>Le fondement de toute réforme du système de pouvoir, c&#8217;est l&#8217;information.  La préparation des décisions doit être ouverte, publiée et les documents nécessaires doivent être disponibles pour tout le monde. Il ne peut y avoir de secret dans les nominations, ni de décisions concrètes prises par une seule autorité.</p>
<p>Il est nécessaire de <strong>créer une instance juridique indépendante où les personnes, qui se sentent victimes d&#8217;injustice, peuvent recourir</strong>. Actuellement, un laïc n&#8217;a aucune défense face au clergé ou aux religieux ; les religieuses n&#8217;ont pas de défense face au clergé ; les prêtres n&#8217;ont pas de défense face à l&#8217;évêque, et les évêques n&#8217;ont pas de défense face au Pape.</p>
<p>Le principe de base, c&#8217;est que le pouvoir est dans tous les chrétiens, à degrés divers, et la structure doit reconnaître cette situation.</p>
<p>Le second principe c&#8217;est qu&#8217;aucune personne humaine ne représente le pouvoir de Dieu, donc elle peut être corrigée dans tout ce qui n&#8217;est pas pouvoir de Dieu.  Il doit donc y avoir une correction fraternelle qui doit être publique.</p>
<p>Le pouvoir de Dieu crée, construit, édifie, augmente, confère plus de liberté. Tous les pouvoirs ecclésiastiques qui n&#8217;agissent pas en ce sens, ne sont pas pouvoir de Dieu et doivent être contenus, limités, corrigés structurellement. Les structures doivent éliminer les opportunités d&#8217;abus de pouvoir. Car, dans l&#8217;Église il y a abus de pouvoir comme dans toute société et pour diminuer ça il faut avoir des normes qui équilibrent les pouvoirs de tous.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/01/comblin.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-118" title="comblin" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2008/01/comblin.jpg" alt="comblin" width="150" height="197" /></a></p>
<p>Auteur : José Comblin</p>
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		<title>&#8220;Une Eglise en attente de débats&#8221;, par Elodie Maurot</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2009 08:40:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de cette année 2009, les crises successives qui ont traversé l&#8217;Église catholique ont occasionné de nombreuses réactions, de multiples courriers et courriels, des discussions sur le parvis des églises&#8230; Ces prises de parole, instinctives autant que raisonnées, amènent à poser la question de la place du débat dans la vie de la communauté chrétienne. « <em>Aujourd&#8217;hui, il faut bien reconnaître que le débat est un peu atone</em> », répond le P. Paul Valadier.<span id="more-1094"></span> </p>
<p>Ce jésuite, philosophe au Centre Sèvres (Paris), se réjouit, du coup, de l&#8217;élan provoqué par les récentes difficultés. Un constat de fond que confirme le P. Frédéric Louzeau, président de la faculté Notre-Dame à Paris : « <em>Les débats de l&#8217;après-Concile n&#8217;ont pas trouvé de solution de fond. Si, aujourd&#8217;hui, les questions ne sont pas posées, ce n&#8217;est pas parce que les problèmes n&#8217;existeraient plus, mais parce que nous n&#8217;avons plus la force de les régler</em>. »</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/06/people.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1096" title="people" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/06/people.jpg" alt="people" width="300" height="277" /></a></p>
<p>Les difficultés éprouvées par l&#8217;Église devant le débat ne datent pas d&#8217;hier. Sans doute l&#8217;ecclésiologie très hiérarchique développée tout au long du XIXe siècle, en réaction défensive à la démocratisation des sociétés européennes, a laissé des traces tenaces. Malgré l&#8217;expérience profonde de dialogue réalisée à Vatican II et sa vision du Peuple de Dieu, l&#8217;opposition entre « Église enseignante » et « Église enseignée » ne s&#8217;efface que lentement.</p>
<h3>&#8220;On considérait qu&#8217;il n&#8217;y avait dans l&#8217;Église rien à inventer&#8221;</h3>
<p>« <em>Comme évêque</em>, témoigne Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d&#8217;Amiens, <em>j&#8217;ai souffert de ne pas avoir pu vivre une Église suffisamment disposée au débat, à la recherche, à l&#8217;écoute réciproque, à l&#8217;invention pour faire vivre l&#8217;Évangile aujourd&#8217;hui. Cela tient au fait que, jusqu&#8217;à encore récemment, on considérait qu&#8217;il n&#8217;y avait dans l&#8217;Église rien à inventer, mais seulement des choses à mieux faire comprendre, à mieux expliquer</em>. »</p>
<p>Parmi les difficultés plus récentes : une moindre visibilité des intellectuels catholiques, la diminution des écoles de théologie et des associations chrétiennes. Le départ silencieux de fidèles à partir des années 1970 apporte sa part d&#8217;explication. « <em>Beaucoup de ceux qui animaient le débat dans l&#8217;Église sont partis</em> », rappelle l&#8217;historien Denis Pelletier. Dans un mouvement inverse, les nominations épiscopales n&#8217;ont pas toujours promu des pasteurs très à l&#8217;aise dans le débat. « <em>Cela peut devenir douloureux, quand un évêque estime ne pas avoir besoin de débat dans son diocèse</em> », confie un vicaire épiscopal.</p>
<p>« <em>Les problèmes de réorganisation de l&#8217;Église sont tellement lourds qu&#8217;ils absorbent toutes les énergies</em>, note le P. Frédéric Louzeau. <em>Peu de lieux peuvent donner du temps, des personnes pour faire le travail du théologien, comme nous cherchons à le faire à la faculté Notre-Dame. Cela suppose des choix difficiles</em>. » La pâte humaine et les résistances psychologiques ont bien sûr aussi leur part. « <em>La projection d&#8217;une image maternelle absolue, vis-à-vis de l&#8217;Église, peut entraîner un rapport de soumission qui empêche une appropriation de la filiation</em>, souligne Jean-François Noël, prêtre et psychanalyste. <em>L&#8217;Église devient alors une figure intrusive où il n&#8217;y a pas de place pour penser, pour être soi-même</em>. »</p>
<h3>&#8220;La crise actuelle touche la question de l&#8217;appartenance au catholicisme&#8221;</h3>
<p style="text-align: left;">Pourtant, les sujets ne manquent pas au sein de la communauté catholique. « <em>Le débat qui occupe le plus les esprits est lié à la question des ministères, à la question du respect de la &#8220;citoyenneté ecclésiale&#8221; du laïc</em> », estime le P. Bernard Sesboüé, théologien au Centre Sèvres. Sur la place des laïcs dans l&#8217;Église, la conversion doctrinale s&#8217;est faite à Vatican II, explique-t-il, mais elle n&#8217;est pas complètement passée dans les faits : « <em>Le respect de la responsabilité chrétienne du laïc, au nom même de son baptême, n&#8217;est pas acquis</em>. »</p>
<p>Ces dernières semaines, les débats sur l&#8217;intégrisme, puis la morale (excommunications de Recife) ont amené beaucoup de catholiques à s&#8217;interroger sur leur identité même. « <em>La crise actuelle touche la question de l&#8217;appartenance au catholicisme, et l&#8217;affrontement entre catholiques a lieu sur les critères qui permettent de définir cette appartenance</em> », analyse Denis Pelletier.</p>
<p>Si l&#8217;envie de débats se manifeste, la conjoncture ecclésiale garde sa météo propre, redoutant parfois les « perturbations » que provoque tout débat. « <em>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;Église vit dans une ambiance de normalisation</em>, analyse le P. Sesboüé. <em>C&#8217;est un peu lié aux excès de langage ou d&#8217;interprétation qui ont pu avoir lieu après Vatican II. Du coup, nous vivons une période où poser certains problèmes semble incongru</em>. » Parmi ceux-ci, la crise de renouvellement du corps presbytéral, une crise « <em>manifeste et gravissime</em> » pour le théologien.</p>
<h3>Le débat avance doucement</h3>
<p>Pourtant, le sujet n&#8217;a pu être discuté lors de la visite de Benoît XVI aux évêques à Lourdes, en septembre dernier. « <em>Aucun évêque n&#8217;a eu la possibilité de remettre le problème du renouvellement du corps presbytéral entre les mains du pape,</em> déplore le jésuite<em>. Alors même que les évêques sont paniqués devant la perspective qu&#8217;il n&#8217;y aura, dans quelques années, que très peu de prêtres actifs dans certains petits diocèses, et que le maillage paroissial s&#8217;effondre en de nombreux endroits. On aurait pu imaginer que le pape reparte à Rome en emportant avec lui cette question&#8230;</em> »</p>
<p>En dépit des difficultés, hésitations ou résistances, le débat avance doucement, comme le montre l&#8217;expérience des synodes et des conseils paroissiaux, presbytéraux ou diocésains. « <em>Aucun groupe n&#8217;est humain s&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;échanges de paroles. Une famille où l&#8217;on ne se parle pas est une famille morte </em>», résume le P. Valadier. « <em>L&#8217;Église n&#8217;est pas une société d&#8217;autorité, mais une société où l&#8217;adhésion est centrale</em>, relève le dominicain Jean-Paul Durand, professeur de droit canonique à l&#8217;Institut catholique de Paris. <em>Si l&#8217;adhésion n&#8217;est pas cultivée, comment les gens peuvent-ils rester chrétiens ?</em> »</p>
<p>Comment, aussi, accompagner alors ceux pour qui le dialogue reste accessoire, voire incongru ? « <em>Le débat dans l&#8217;Église n&#8217;est pas quelque chose de superficiel ou de social. Il engage des liens au Christ vers le Père dans l&#8217;Esprit Saint</em> », répond le P. Durand, rappelant qu&#8217;il existe un « <em>régime du débat</em> » dans l&#8217;Église catholique, « <em>même s&#8217;il est largement ignoré</em> ». « <em>Le droit canonique indique que c&#8217;est un droit, un devoir et même une obligation pour tout fidèle de faire connaître à son évêque et aux autres chrétiens son &#8220;opinion&#8221;</em> », précise-t-il.</p>
<h3>&#8220;L&#8217;Église n&#8217;est pas une démocratie &#8220;</h3>
<p>« <em>Il ne faut pas avoir peur de poser des questions. Mais il faut les poser de manière raisonnable et raisonnée,</em> conclut Bernard Sesboüé<em>. Ce qui a fait beaucoup de tort à la conception du débat dans l&#8217;Église, c&#8217;est qu&#8217;on l&#8217;a parfois présenté au nom d&#8217;une conception immédiatement démocratique de l&#8217;Église. Or, l&#8217;Église n&#8217;est pas une démocratie &#8211; pas plus qu&#8217;une monarchie -, mais il y a en elle des éléments de responsabilité démocratique. N&#8217;oublions pas que c&#8217;est l&#8217;unanimité des fidèles qui est dépositaire de l&#8217;infaillibilité de l&#8217;Église</em>. »</p>
<p>Pour Mgr Noyer, c&#8217;est l&#8217;Évangile lui-même qui invite au débat : « <em>Le Christ n&#8217;a pas donné un texte, une loi, une institution,</em> souligne l&#8217;ancien évêque d&#8217;Amiens.<em> Il a donné son Esprit &#8211; et pas à une personne, mais à l&#8217;Église tout entière -, sous la forme de langues, comme pour nous inviter à dire les choses, à les dire ensemble à travers un échange qui s&#8217;enrichit des expériences de tous.</em> »</p>
<p><em><strong>Auteur : Elodie MAUROT<br />
Source : La Croix, édition du 29 mai 2009</strong></em></p>
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		<title>Pourquoi je resterai dans l&#8217;Eglise, par Anne Soupa</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/05/17/pourquoi-je-resterai-dans-leglise-par-anne-soupa/</link>
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		<pubDate>Sun, 17 May 2009 18:57:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>

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		<description><![CDATA[Devant la vague de tristesse et de déceptions qui secoue le monde catholique, la tentation est grande de partir. Refusant une Église pharisienne, des fidèles demandent même à être rayés des registres de baptême. La violence que s&#8217;infligent ceux qui se résolvent à un tel geste me bouleverse, comme elle afflige leurs curés qui ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">Devant la vague de tristesse et de déceptions qui secoue le monde catholique, la te</span>ntation est grande de partir. Refusant une Église pharisienne, des fidèles demandent même à être rayés des registres de baptême. La violence que s&#8217;infligent ceux qui se résolvent à un tel geste me bouleverse, comme elle afflige leurs curés qui ne peuvent qu&#8217;y consentir. Mais ajouter un mal à un autre mal est-il le bon geste ? En temps de désolation, disait Ignace de Loyola, surtout ne pas prendre de décision&#8230;</p>
<p>Ce qui nous a tous emprisonnés, ces dernières semaines, c&#8217;est le système binaire qui faisait référence unique : être d&#8217;accord ou partir. Comme elle a mis du temps à se dessiner, cette troisième voie, comme elles ont jailli des profondeurs de la conscience, les forces nécessaires pour refuser cette alternative aliénante !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-thumbnail wp-image-24" title="parrocel" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/parrocel.thumbnail.jpg" alt="parrocel" width="128" height="91" /></p>
<p>Si étroit est le chemin qui concilie l&#8217;expression libre de sa conscience et le désaccord&#8230; Si malmenées ont été les figures de référence (pendant la crise moderniste, ou dans les décennies d&#8217;avant le Concile), si discréditées, si salies pour leur audace même&#8230; Si lourde est la culpabilité catholique (et que certains alimentent) &#8211; vais-je contribuer à détruire l&#8217;Église, à <em>« briser la tunique sans couture du Christ »</em> ? &#8211; que mieux valait souffrir mille morts plutôt que de dire « non ! ».</p>
<p>Or, la preuve est maintenant faite que la digue s&#8217;est rompue, faisant le lit de cette troisième voie, au cours encore incertain, mais irréversible. Le Jourdain ne remonte pas en arrière&#8230; Quand la conscience a parlé, comment les mots rentreraient-ils dans la gorge ?</p>
<p>L&#8217;expérience que font en ce moment les fidèles catholiques, pour douloureuse qu&#8217;elle soit, est une sorte de passage de la mer Rouge. De même que les Hébreux, dos à l&#8217;Égypte, un peu perdus dans le vaste désert de Sîn, ont dû apprendre à s&#8217;assumer, de même les catholiques d&#8217;aujourd&#8217;hui, par leur mobilisation, se sont mis en situation de responsabilité morale dans une Église qui, encore plus, est la leur. Le « non » oblige autant que le « oui ». Davantage, même, car il appelle des solutions alternatives. Après l&#8217;avoir osé, tout reste à faire&#8230;</p>
<p>Ce qui fonderait donc le fait de rester, malgré l&#8217;amertume de ces jours, est la conviction que la critique est destinée au relèvement. Soigner un corps malade &#8211; se soigner, car chacun est l&#8217;Église &#8211; vaut mieux que l&#8217;abandonner. Et c&#8217;est pour cela qu&#8217;aujourd&#8217;hui, il est vital pour l&#8217;Église que ceux qui ont manifesté leur désapprobation ne la quittent pas.</p>
<p>Pour moi, la cause est entendue, je ne partirai pas. Mais j&#8217;apprendrai à me couler dans ce qui vient d&#8217;advenir et me paraît le seul, mais réel, acquis de ces temps de méchante houle : la naissance d&#8217;une opinion publique dans l&#8217;Église.</p>
<p>Une fois cette conviction posée, reste à apprendre à ajuster au mieux ses critiques avec le souci réel de vivre ensemble, dans l&#8217;Église. Il est incontestable que le Web a favorisé l&#8217;éclosion d&#8217;une parole spontanée, plus libre. Mais celle-ci a aussi été violente, parfois à l&#8217;excès. Était-ce l&#8217;effet de ce double anonymat, émetteur sous pseudo, destinataires fragmentés derrière l&#8217;écran ? Ou bien une caractéristique propre à la matière religieuse, à l&#8217;image de ces furieux débats qui émaillèrent les premiers siècles chrétiens, lorsque les frondes théologiques &#8211; entre évêques ! &#8211; ont généré toutes sortes de violences, d&#8217;exactions, de coups de mains mercenaires, de crimes même, puisque le malheureux émissaire de l&#8217;évêque de Rome, Flavien, en est même mort (« brigandage » d&#8217;Éphèse, en 449) ! Ou bien cette parole encore à la recherche de son propre écho estelle la conséquence d&#8217;une atonie du débat interne dans le monde catholique, atonie elle-même adossée à l&#8217;hypertrophie actuelle du ministère de Pierre, contraire à la plus grande tradition chrétienne ?</p>
<p>Toujours est-il qu&#8217;il serait bon de se donner les lieux et les moments de vraiment vivre le débat en Église. La lettre du pape montre son désir d&#8217;expliquer, de ne pas cacher ses propres erreurs. Dommage qu&#8217;elle n&#8217;ait été destinée qu&#8217;aux seuls évêques, alors que les réactions de la base, celles des fidèles, ont été déterminantes. Il revient maintenant aux Églises locales, clercs et simples laïcs, aux mouvements et aux médias catholiques (aux médias non catholiques même, qui ont hébergé les opinions « dissidentes »), de multiplier les initiatives qui prouveront qu&#8217;on peut débattre à visage découvert, dans le respect, que l&#8217;on peut s&#8217;écouter et non s&#8217;anathématiser. Seul ce qui se fait <em>« à visage d&#8217;homme »,</em> selon la parole forte de Mgr Rouet, peut faire tomber la vindicte de certains fidèles autant que la langue de bois magistérielle.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, nous avons tous besoin de ce contact direct, d&#8217;une proximité presque charnelle. D&#8217;incarnation, en somme. D&#8217;une Église qui sache inviter autour du feu et disposer les fauteuils pour faire cercle et se parler. L&#8217;heure vient, elle est venue, d&#8217;inventer dans la parole échangée l&#8217;Église de demain.</p>
<p><strong>J&#8217;apprendrai à me couler dans ce qui vient d&#8217;advenir et me paraît le seul, mais réel, acquis de ces temps de méchante houle : la naissance d&#8217;une opinion publique dans l&#8217;Église.</strong></p>
<p><em><strong>Auteur : Anne Soupa, présidente du Comité de la jupe<br />
Source : La Croix, édition du 11 mai 2009</strong></em></p>
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		<title>Nous sommes (aussi) l&#8217;Eglise, par Karim Mahmoud-Vintam</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Apr 2009 16:53:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[Bien au-delà d&#8217;une mouvance généralement et paresseusement qualifiée de contestataire, un nombre croissant de chrétiens s&#8217;interrogent sur la pertinence de leur affiliation à l&#8217;Eglise catholique. A vrai dire, la plupart ne s&#8217;étaient même jamais posé la question : ils étaient catholiques comme ils sont Français (ou Béninois, peu importe !), par héritage ou par convention, sinon par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bien au-delà d&#8217;une mouvance généralement et paresseusement qualifiée de <em>contestataire</em>, un nombre croissant de chrétiens s&#8217;interrogent sur la pertinence de leur affiliation à l&#8217;Eglise catholique. A vrai dire, la plupart ne s&#8217;étaient même jamais posé la question : ils étaient catholiques comme ils sont Français (ou Béninois, peu importe !), par héritage ou par convention, sinon par hasard. A travers ses propos littéralement<em> planants</em> (sur la contraception et le SIDA) et ses actions de réconciliation unilatérale (ces pauvres intégristes<a name="_ftnref1" href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/blank.htm#_ftn1">[1]</a> n&#8217;avaient apparemment rien demandé&#8230;), sans même parler de l&#8217;affaire de Ratisbonne jadis ou de Recife naguère, Benoît XVI leur offre avec une insistance pour le moins singulière les raisons de s&#8217;interroger.</p>
<p>Faut-il pour autant quitter le navire, bruyamment ou sur la pointe des pieds, selon le tempérament, le degré d&#8217;exaspération ou de désespoir de chacun ? Imaginerait-on renoncer à sa nationalité pour cause de désaccord, même radical, avec le Pouvoir du moment ? Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire &#8212; et de faire entendre &#8212; que le Pape, quel qu&#8217;il soit, ne saurait parler au nom de tous les catholiques quand il quitte son rôle de garant de l&#8217;unité de l&#8217;Eglise pour s&#8217;aventurer dans l&#8217;énonciation d&#8217;une <em>loi naturelle</em> introuvable dans les textes comme dans les faits ; quand il déserte son rôle de gardien du dogme &#8212; dont le Symbole des Apôtres livre la quintessence &#8212; pour affirmer comme vraies et intangibles des constructions théologiques conjoncturelles et précaires qui font débat parmi les théologiens eux-mêmes ; quand il abandonne son rôle de pasteur pour endosser la robe du monarque de droit divin, sourd aux préoccupations <em>réelles</em> de ses fidèles, hermétique à l&#8217;idée même d&#8217;entrer dans un dialogue bienveillant et amoureux &#8212; ce qui ne signifie pas complaisant &#8212; avec les femmes et les hommes de son temps. Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire &#8212; et de faire entendre &#8212; que nous sommes (aussi) l&#8217;Eglise, et qu&#8217;en dehors des quelques points précédemment évoqués, nulle autorité n&#8217;a le droit de parler en notre nom, de brader au passage la crédibilité de notre foi aux yeux des non-catholiques, et d&#8217;obscurcir l&#8217;annonce de l&#8217;évangile de Jésus-Christ qui demeure le fondement le plus sûr de notre foi.</p>
<h3><em>Quousque tandem abutere, Benedicte&#8230;</em></h3>
<p>Une autre question agite nombre de chrétiens de confession catholique : faut-il réclamer la démission de Benoît XVI ? Là encore, on aurait tort de croire qu&#8217;il ne s&#8217;agit que de groupuscules <em>contestataires</em> &#8212; à moins de considérer comme tel un Alain Juppé qui affirmait récemment que « <em>ce pape commence à poser un vrai problème</em> » ! Laissons de côté la légitimité d&#8217;une telle revendication pour interroger son opportunité. D&#8217;abord, la crise que traverse l&#8217;Eglise ne date pas de l&#8217;élection de Benoît XVI. Sans remonter à Théodose, c&#8217;est sous le pontificat de Jean-Paul II que fut mené le <em>détricotage</em> méthodique des acquis du concile Vatican II &#8212; qui marqua une tentative inédite d&#8217;ouverture de l&#8217;Eglise aux préoccupations de son temps et de recentrage autour du <em>peuple de Dieu</em>. C&#8217;est sous son pontificat que fut menée la répression &#8212; orchestrée déjà par un certain Joseph Ratzinger &#8212; des théologiens qui entendaient interroger librement la foi chrétienne (Tissa Balasuriya au Sri Lanka, Hans Küng en Allemagne, Ivone Gebara au Brésil&#8230;), et l&#8217;on aurait tort de croire que seuls les théologiens dits <em>de la libération</em> étaient dans la ligne de mire car ce fut toute l&#8217;intelligence de l&#8217;Eglise qui fut contrainte à la censure &#8212; ou pire, à l&#8217;auto-censure &#8212; au service d&#8217;une <em>restauration</em> doctrinale et idéologique d&#8217;ampleur. C&#8217;est sous le pontificat de Jean-Paul II enfin qu&#8217;eut lieu la reprise en main méthodique des Eglises nationales (limogeage en France de Jacques Gaillot nommé évêque de Partenia, diocèse du désert algérien disparu au&#8230; VII<sup>e</sup> siècle ; affaire d&#8217;Innsbruck en Autriche en 1995 qui suscita la <em>Requête du Peuple de Dieu</em> signée en quelques mois par plus de 500.000 personnes en Autriche et en Allemagne ; nomination d&#8217;évêques latino-américains ou africains signalés pour leur docilité à l&#8217;égard de l&#8217;Institution comme des pouvoirs en place) et le soutien sans faille à des mouvements dont le but affiché n&#8217;est pas le service de la société mais son noyautage et sa domination (Opus Dei, Légionnaires du Christ, Communion et Libération&#8230;). Benoît XVI n&#8217;est donc pas <em>tombé du ciel</em>, et les problèmes actuels dépassent très largement sa seule personne. Demander sa démission ? Soit, mais pour quel successeur après 30 années de <em>créations</em> de Cardinaux-électeurs majoritairement acquis aux thèses et orientations vaticanes actuelles ?</p>
<p>La sortie de crise, si elle existe (et elle existe forcément), est ailleurs. La porte est étroite et le chantier monumental. Mais il est aussi extraordinairement stimulant, l&#8217;essentiel n&#8217;étant pas d&#8217;arriver à une Eglise parfaite (quel orgueil et quelle naïveté !) mais de cheminer, de trébucher, de se relever, encore et encore, en direction d&#8217;une Eglise plus fidèle à celui dont elle se réclame, c&#8217;est-à-dire au service d&#8217;une humanité plus libre, plus juste, plus humaine. Nous sommes (aussi) l&#8217;Eglise, et il appartient à chaque chrétien(ne) de construire non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, moins pyramidale/cléricale et plus horizontale/laïque (au nom de l&#8217;égale dignité de tous les baptisés, hommes et femmes) ; soucieuse d&#8217;approfondir la foi qui la fait vivre et d&#8217;en rendre raison avec humilité ; engagée aux côtés de ceux qui souffrent partout où ils se trouvent plutôt que confite devant les autels et les bénitiers ; soucieuse de revenir inlassablement aux Evangiles, pour interroger encore et toujours le texte et se laisser interroger par lui ; une Eglise plurielle où toutes les sensibilités religieuses puissent s&#8217;exprimer (car il serait contradictoire de renverser un carcan dogmatique pour lui en substituer un autre) et communiquer dans le respect mutuel et la libre recherche ; une Eglise rassemblement de communautés diverses, dont la communion est garantie par le collège des évêques en général et l&#8217;évêque de Rome en particulier, cheminant en pensée et en action avec tous les Hommes de bonne volonté, quelle que soit leur religion &#8212; si tant est qu&#8217;ils en aient une !</p>
<p>Une telle métamorphose déconcertera ou rebutera plus d&#8217;un fidèle habitué à recevoir religieusement, d&#8217;en haut, le réconfort de ce qu&#8217;il faut faire, penser, croire. Mais la crédibilité de l&#8217;Eglise et sa fidélité à l&#8217;Evangile sont à ce prix. Plus que jamais, l&#8217;Eglise catholique a besoin de tous ceux, quelle que soit leur histoire, leur origine ou leur vie, qui ont soif de vérité et de justice, et sont en recherche de la force d&#8217;aimer et d&#8217;être aimé, cette force qui si souvent nous fait défaut et qui pourtant est la seule manifestation tangible de ce que nous chrétiens appelons Dieu, dans nos vies.</p>
<p>Auteur : <strong>Karim Mahmoud-Vintam, </strong>président de l&#8217;association <em>Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise</em>, éditeur (<em>Temps Présent Editions</em>, fondé entre autre par Ella Sauvageot, François Mauriac, et Jacques Maritain) et enseignant à l&#8217;<em>Institut d&#8217;Etudes Politiques</em> de Lyon.</p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1" href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/blank.htm#_ftnref1">[1]</a> Intégristes qui, soit dit en passant, sont moins à condamner (quoi de plus facile d&#8217;ailleurs eu égard à la suffisante bêtise des propos de nombre d&#8217;entre eux &#8212; sans même parler du négationniste mitré Richardson !) qu&#8217;à plaindre pour leur inaptitude foncière à comprendre le monde et, finalement, à y vivre.</p>
<p>Ceci est le texte intégral de la tribune publiée par le quotidien Libération dans son édition du 13 avril 2009 sous le titre &#8220;Benoît XVI n&#8217;est pas tombé du ciel&#8221;.</p>
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