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	<title>NSAE &#187; L&#8217;édito du moment</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 21:16:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[
Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut réformer le régime de l&#8217;entrée et de l&#8217;expulsion des étrangers en France. Cette nouvelle modification de la loi constitue une étape supplémentaire dans la fragilisation d&#8217;hommes, de femmes, d&#8217;enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil.
Ce sont pourtant des êtres humains. Certains fuient la guerre ou les traitements [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut réformer le régime de l&#8217;entrée et de l&#8217;expulsion des étrangers en France. Cette nouvelle modification de la loi constitue une étape supplémentaire dans la fragilisation d&#8217;hommes, de femmes, d&#8217;enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-2953"></span>Ce sont pourtant des êtres humains. Certains fuient la guerre ou les traitements inhumains pour sauver leur vie. D’autres cherchent simplement à améliorer leur situation et celle de leur famille. Ils aspirent, comme nous, à vivre en paix, à trouver le bonheur, à travailler, en France, leur pays « d’accueil ».</p>
<p style="text-align: justify">Mais le projet de loi va sonner le glas des aspirations de beaucoup et, par là même, de notre hospitalité et de notre humanité en réduisant leurs droits à la justice, à une vie familiale et à la solidarité.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, les étrangers n’auront plus le droit d’être entendus !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Jusqu&#8217;alors, la loi réclamait le contrôle du juge des libertés si la mise en rétention excédait deux jours avant l&#8217;expulsion. Ce garde-fou, indispensable face à l’arbitraire de l’administration, est retardé par ce projet de loi : ainsi des expulsions seront possibles pendant cinq jours sur seule décision administrative.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, le juge judiciaire ne pourra plus sanctionner certaines irrégularités.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, le droit d’asile sera entravé !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ce projet de loi restreint les possibilités d’accéder au territoire pour demander l’asile et place un nombre plus important d’éventuels demandeurs dans des conditions défavorables pour l’examen de leur demande de protection.</p>
<p style="text-align: justify">Et s’ils sont déboutés et renvoyés, il leur interdit de revenir dans l’Union européenne pour sauver leur vie.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, le droit de vivre en famille sera restreint !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Des conjoints de Français ou d&#8217;étrangers en situation régulière, voire avec des enfants en France, sont parfois sans document de séjour. La loi qui peut déjà interrompre leur vie familiale va durcir les conditions de leur séparation en repoussant toute possibilité de retour. En effet, tout étranger renvoyé peut être « banni » de l’Union Européenne jusqu’à 5 ans : nous refusons cette double peine !</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Si nous laissons faire, la solidarité restera répréhensible !</strong></p>
<p style="text-align: justify">En modifiant la loi, le projet voudrait calmer les critiques sur le délit dit de &laquo;&nbsp;solidarité&nbsp;&raquo;. En ne modifiant que très marginalement l&#8217;exemption pour un tel délit, le projet de loi persiste à dissuader quiconque aiderait, de bonne foi et dans la durée, un étranger dont nul ne sait a priori s&#8217;il est en situation administrative irrégulière.</p>
<p style="text-align: justify">Il est contradictoire de maintenir le principe de fraternité dans la devise de la République et de punir les actes de solidarité.</p>
<p style="text-align: justify">Motivés par la solidarité et la défense des plus faibles, notamment des étrangers, en partenariat avec d&#8217;autres membres de la société civile, nos organismes, mouvements, associations et services <strong>chrétiens </strong>refusent que des mesures de plus en plus restrictives, voire arbitraires, propulsent des milliers d’hommes et de femmes dans la précarité et le désespoir.</p>
<p style="text-align: justify">Aussi estimons-nous nécessaire d’éveiller les consciences, d’appeler à la vigilance et à l’information sur ce projet de loi qui comporte des dispositions très inquiétantes.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Nous nous engageons à agir pour que la figure de l’étranger </strong><strong>ne serve pas de bouc émissaire en France et en Europe.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Initiateurs de l&#8217;appel :</strong></p>
<p style="text-align: justify">- <strong>ACAT-France </strong>(Action des chrétiens pour l&#8217;abolition de la torture)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>CCFD </strong>- Terre solidaire</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>FEP </strong>(Fédération de l&#8217;Entraide Protestante)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>La Cimade </strong>(Service oecuménique d&#8217;entraide)</p>
<p style="text-align: justify">- <strong>Secours Catholique </strong>/ CARITAS-France Avec la contribution du <strong>SNPM </strong>(Service national de la pastorale des migrants)</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Autres signataires nationaux :</strong></p>
<p style="text-align: justify">- ACO (Action catholique Ouvrière)</p>
<p style="text-align: justify">- Apostolat de la prière</p>
<p style="text-align: justify">- Association Espoir</p>
<p style="text-align: justify">- CASP (Centre d&#8217;Action Sociale Protestant)</p>
<p style="text-align: justify">- CERAS (Centre Recherche et Action Sociales)</p>
<p style="text-align: justify">- Chrétiens et sida</p>
<p style="text-align: justify">- Communauté Mission de France</p>
<p style="text-align: justify">- Communauté de Vie Chrétienne</p>
<p style="text-align: justify">- Congrégation des Auxiliatrices de la Charité</p>
<p style="text-align: justify">- Congrégation des Fils de la Charité</p>
<p style="text-align: justify">- Conseil National de l&#8217;Église réformée de France</p>
<p style="text-align: justify">- DEFAP (service protestant de mission)</p>
<p style="text-align: justify">- DOM&#8217;Asile</p>
<p style="text-align: justify">- Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France</p>
<p style="text-align: justify">- Équipe nationale des Prêtres-Ouvriers</p>
<p style="text-align: justify">- Fédération des réseaux des parvis</p>
<p style="text-align: justify">- Fédération protestante de l&#8217;enseignement</p>
<p style="text-align: justify">- Fraternité Évangélique Afrique-Caraïbe-Europe</p>
<p style="text-align: justify">- Fondation de l&#8217;Armée du Salut</p>
<p style="text-align: justify">- JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne)</p>
<p style="text-align: justify">- JRS-France (Service Jésuite des Réfugiés)</p>
<p style="text-align: justify">- Justice et Paix &#8211; France</p>
<p style="text-align: justify">- Mission Populaire Évangélique de France</p>
<p style="text-align: justify">- Missionnaires d&#8217;Afrique (Pères Blancs)</p>
<p style="text-align: justify">- MIR-France (Mouvement International de la Réconciliation)</p>
<p style="text-align: justify">- Nous sommes aussi l&#8217;Église</p>
<p style="text-align: justify">- Pax Christi &#8211; France</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau chrétien &#8211; immigrés</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau Foi et Justice Afrique-Europe</p>
<p style="text-align: justify">- Réseau franciscain Gubbio</p>
<p style="text-align: justify">- Soeurs Auxiliatrices</p>
<p style="text-align: justify">- Soeurs du Bon Pasteur</p>
<p style="text-align: justify">- Union nationale des CPCV (organisme protestant de formation)</p>
<p>- Alliance Nationale des Unions Chrétiennes de Jeunes Gens &#8211; UCJG-YMCA</p>
<p>- VEA (Vivre ensemble l&#8217;Évangile Aujourd&#8217;hui)</p>
<p style="text-align: center"><em><strong>Nous invitons chacun à lire l&#8217;argumentaire qui développe les aspects évoqués dans cet appel. </strong></em><em><strong>A l&#8217;utiliser pour informer, débattre, interpeller les élus qui sont nos représentants…</strong></em></p>
<p style="text-align: center"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Appel-+-Argumentaire-avec-signataires-au-16-juillet-20101.pdf">Appel + Argumentaire avec signataires au 16 juillet 2010</a></em></p>
<p style="text-align: center">
<p><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/05/25/appel-pour-une-relance-du-christianisme-social-pour-des-communes-theologiques/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 15:28:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Ouverture(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;orée du XXIe siècle, nous reprenons le chemin du christianisme social. Le projet de la fin du XIXe siècle reste le nôtre : confronter la foi chrétienne avec son environnement social, économique, politique, culturel et écologique et poser des paroles et des gestes de libération. Si nous vous invitons à cette nouvelle marche, c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l&#8217;orée du XXIe siècle, nous reprenons le chemin du christianisme social. Le projet de la fin du XIXe siècle reste le nôtre : confronter la foi chrétienne avec son environnement social, économique, politique, culturel et écologique et poser des paroles et des gestes de libération. Si nous vous invitons à cette nouvelle marche, c&#8217;est qu&#8217;apparaissent dans le christianisme des clivages et des engagements nouveaux qui appellent à des rencontres, des paroles, des actions nouvelles dans un monde qui a cruellement besoin d&#8217;amour, de justice, d&#8217;espérance.</p>
<p>Nos réflexions sont nourries de nos engagements, de nos lectures de la Bible et de l&#8217;héritage intellectuel notamment protestant, de nos dialogues et nos compagnonnages avec les autres croyants, les mouvements intellectuels, politiques et sociaux qui se battent pour un monde plus juste.<span id="more-2727"></span></p>
<p>Divers dans nos références théologiques, nous nous retrouvons dans un évangile qui repense et repousse sans cesse les frontières, qui refuse les barrières du pur et de l&#8217;impur, qui nous dit que la grâce est offerte à toute la création, que la vie est toujours plus forte que les mises à mort sociale, économique, écologique, culturelle, raciste, sexiste ou homophobe. Nous voulons convoquer à nouveaux frais les vieux et gros mots comme Royaume de Dieu, Seigneurie de Jésus Christ, Amour inconditionnel de Dieu : expérimenter leur déplacement dans un nouveau contexte, considérer que la fidélité à laquelle engage la parole religieuse n&#8217;est pas déplacement d&#8217;un contenu à l&#8217;identique, sans transformation mais bien plutôt redéfinition incessante de ce qu&#8217;elle véhicule, réfléchir à ce que notre attachement à ces termes nous fait et nous fait faire.</p>
<p>Nous regardons le monde et nous crions : « injustice ! » La violence sociale et écologique du système économique actuel et son incapacité à se réformer nous invitent à rechercher les voies de son dépassement. L&#8217;invasion de son imaginaire nous pousse à travailler avec tous les autres créateurs d&#8217;un imaginaire alternatif. L&#8217;évolution des débats sur l&#8217;immigration en décalage avec une réalité sociale de plus en plus métissée nous engage à rentrer frontalement en dissidence avec les discours et les décisions qui transforment l&#8217;Europe en forteresse. Notre refus d&#8217;un apartheid planétaire nous met en relation avec les croyants et les militants des pays du Sud. Le détournement de la laïcité au profit de logiques d&#8217;exclusion nous incite à défendre et inventer un espace public riche qui n&#8217;a pas peur du conflit et de la différence. L&#8217;évolution des réalités familiales et sexuelles nous amène à une éthique nouvelle qui tourne clairement le dos au moralisme, qui interroge profondément l&#8217;imaginaire de la « famille chrétienne », du soi-disant « projet de Dieu » en la matière.</p>
<p>Ces réalités disent notre urgence, ces convictions expriment nos points de départ. Elles ne limitent pas ce que nous désirons construire ensemble, avec vous et avec d&#8217;autres. Elles ne définissent ni un dedans, ni un dehors. Nous en appelons ici et là à la création de « communes théologiques » pour relancer le Christianisme social, qu&#8217;il soit un « nous » mobile et indéterminé de réflexion et d&#8217;action. Un collectif à échelles et formes diverses qui n&#8217;aura de cesse de se redéfinir en situation, de se recréer sans cesse et sans centre unique. Une communauté qui se caractérise par le manque et les questions, la rencontre et l&#8217;hospitalité, plutôt que par le plein, le propre et les affirmations.</p>
<p>Nous ne voulons pas agir seuls, nous désirons des alliances : les protestants par-delà les frontières, les catholiques et tous les croyants ouverts, se reconnaissant dans les théologies de libération, la gauche qui ne renonce pas, la droite qui s&#8217;interroge, le mouvement social, tous les humanistes, celles et ceux qui croient en l&#8217;amour, la justice et l&#8217;espérance sont nos parentèles.</p>
<p>Nous voulons réfléchir et agir, l&#8217;un et l&#8217;autre, l&#8217;un pour l&#8217;autre.</p>
<p>Si nous voulons affirmer des positions, nous voulons aussi prendre le temps de la conversation et de l&#8217;échange, nous mettre d&#8217;accord sur nos accords et nos désaccords, donner et recevoir à penser, soutenir la pensée depuis toutes les places et non penser à la place de.</p>
<p>Si nous voulons prendre la parole, nous voulons surtout engager les batailles d&#8217;idées nécessaires afin de déplacer les questions et les clivages des débats dans nos Eglises et dans la société.</p>
<p>Si nous voulons réfléchir, nous voulons autant agir, encourager à l&#8217;action, échanger sur nos expériences de terrain, contribuer ici et maintenant aux changements nécessaires, en ne nous interdisant aucun des moyens de la non-violence, de sa logique de surabondance prophétique et de désobéissance aimante.</p>
<p>Une invitation est lancée à nous relancer dans cette épopée commune : publiquement, dire notre espérance et agir en conséquence. Nous répondons à l&#8217;invitation et nous vous invitons à y répondre : pour que se démultiplient les « communes théologiques » !</p>
<p>Quiconque se reconnaissant dans le Christianisme Social. Il est minuit dans l&#8217;ordre social. Quelqu&#8217;un frappe à la porte.</p>
<p>le groupe de rédaction de ce texte* vous invite à <a href="http://lapetition.be/en-ligne/petition-7297.html" target="_blank">signer cet appel</a> qui devrait être publié dans un organe de presse protestant début juin. En laissant vos coordonnées, vous serez également tenu au courant de la suite des événements.</p>
<p>Une première rencontre aura lieu le 02/10/2010 à Paris.</p>
<p>* Olivier Abel, Jacqueline Amphoux, Roberto Beltrami, Christian Bouzy, Pierre Bühler, Diane Barraud, Olivier Brès, Héloïse Duché, Laurent Gagnebin, Mathieu Gervais, Sebastien Heintz, Alain Houziaux, Stéphane Lavignotte, Olivier Maes, Pierre-Olivier Monteil, Jean-Paul Nunez, Yves Parrend, Raphaël Picon, Yves Quetin, Jean-Pierre Rive, Pierre Strauss, Robin Sautter, Jean-Pierre Thévenaz, Marion Véziant-Rolland, Antoine Rolland, Pierre Vergniol, Joseph Zysiadis, et d&#8217;autres personnes&#8230;</p>
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		<title>Mouvement international Nous sommes Eglise : « Le temps est venu d’engager des réformes qui n’ont que trop attendu »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/04/18/mouvement-international-nous-sommes-eglise-%c2%ab-le-temps-est-venu-d%e2%80%99engager-des-reformes-qui-n%e2%80%99ont-que-trop-attendu-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Apr 2010 17:10:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion du cinquième anniversaire du pontificat de Benoît XVI, le Mouvement international Nous sommes Eglise appelle l’ensemble des fidèles catholiques à soutenir la Lettre ouverte aux évêques de Hans Küng.
Le Mouvement international Nous sommes Eglise déplore que le cinquième anniversaire de l’élection du pape Benoît XVI soit si gravement terni par la profonde crise que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion du cinquième anniversaire du pontificat de Benoît XVI, le Mouvement international <em>Nous sommes Eglise</em> appelle l’ensemble des fidèles catholiques à soutenir la <em>Lettre ouverte aux évêques</em> de Hans Küng.</p>
<p>Le Mouvement international <em>Nous sommes Eglise</em> déplore que le cinquième anniversaire de l’élection du pape Benoît XVI soit si gravement terni par la profonde crise que traverse l’Eglise – à savoir la révélation du scandale mondial d’abus sexuels et leur couverture depuis des décennies.<span id="more-2553"></span></p>
<p>« Il serait vain de rechercher les raisons de cette profonde crise de notre Eglise dans l’approfondissement de la sécularisation ; elles résident dans l’inaptitude de la Papauté à discerner les signes des temps », déclare <strong>Raquel Mallavibarrena</strong> de <em>Nous sommes Eglise</em> Espagne, <strong>actuelle présidente du Mouvement international <em>Nous sommes Eglise</em></strong>. « Le scandale des abus sexuels et de leur couverture est le fruit d’une conception inhumaine de la sexualité et de structures patriarcales de pouvoir caduques. La crise globale actuelle met en lumière l’incapacité de la hiérarchie cléricale seule à servir plus longtemps de fondement et de justification à la structure institutionnelle de l’Eglise catholique et à son autorité ».</p>
<p><em>Nous sommes Eglise</em> apprécie les récentes entreprises du Pape pour combattre la pédophilie dans l’Eglise. Mais <strong>la tragédie de Benoît XVI réside dans le fait qu’il les a initiées trop tard, trop timidement, et qu’il n’est pas suffisamment soutenu par tous les cardinaux, les évêques, et la Curie romaine</strong>. Il récolte aujourd’hui ce qu’il a semé quand, en 2001, au titre de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), il a intimé à tous les évêques de l’Eglise universelle l’ordre de dissimuler aux autorités civiles tout cas de crime sexuel contre des mineurs perpétré par des membres du clergé, pour en informer plutôt ses services.</p>
<p>Joseph Ratzinger, qui eut à assumer durant les trois dernières décennies la plus haute responsabilité institutionnelle dans la définition de la doctrine catholique officielle, porte en dernière instance la responsabilité de l’échec de l’Eglise à répondre adéquatement aux défis de notre temps dans de nombreux domaines. Il a choisi d’ignorer, à de multiples occasions, les préoccupations que lui présentaient des évêques, des théologiens ainsi que de nombreux fidèles laïcs du monde entier – eux qui doivent pourtant affronter concrètement, sur le terrain, de multiples défis pastoraux. Son hostilité fut particulièrement nette à l’encontre de la théologie de Libération. <strong>Le premier quinquennat de son pontificat a mis chaque jour davantage en évidence la faiblesse fondamentale du système sur lequel repose l’Eglise catholique romaine – son organisation pyramidale ; sa ruineuse division en une « société à deux classes » avec des clercs d’un côté et les laïcs de l’autre ; le centralisme romain qui ne laisse aux Eglises locales pratiquement aucune autonomie</strong>.</p>
<p>Par ailleurs, la résistance résolue à la guerre, qui caractérisa Jean-Paul II, fut abandonnée par Benoît XVI, comme le prouve sa rencontre avec l’ex-président George W. Bush, placée sous le signe de la cordialité, en dépit de la responsabilité de ce dernier dans l’attaque de l’Irak en complète infraction du Droit international. Benoît honorerait l’Eglise en renouant avec une opposition énergique face aux chefs d’Etat qui considèrent la guerre comme un moyen d’action légitime. Il honorerait l’Eglise en se prononçant sans équivoque en faveur du désarmement global et contre le commerce des armes.</p>
<p>« Le scandale suscité dans l’Eglise universelle par la décision solitaire du pape – au mépris total du principe de collégialité – de lever l’excommunication de quatre évêques de la fraternité Saint Pie X, a été reçu comme le signal clair d’une prise de distance vis-à-vis du concile Vatican II », selon les termes de <strong>Pedro Freitas</strong> de <em>Nous sommes Eglise</em> Portugal, <strong>qui assumera prochainement la présidence du Mouvement international <em>Nous sommes Eglise</em></strong>. « L’extrême centralisation du pouvoir et le total mépris du principe de subsidiarité dans l’Eglise, caractéristique du mode de gouvernement de Benoît XVI jusqu’à ce jour, induit des conséquences alarmantes. Ces derniers sont largement responsables des défis croissants auxquels sont confrontées les Eglises locales : l’effondrement continu des vocations à exercer une prêtrise d’un autre temps tout comme la désertion de fidèles toujours plus nombreux ».</p>
<p><strong>Le Mouvement international <em>Nous sommes Eglise</em> soutient avec détermination la <em>Lettre ouverte aux évêques</em> rédigée par Hans Küng</strong>, dans laquelle il les appelle à donner de la voix en faveur de réformes. <strong><em>Nous sommes Eglise</em> invite l’ensemble des fidèles à envoyer courriers électroniques et lettres à leurs évêques et à leurs nonces pour exprimer leur soutien à la lettre ouverte de Küng</strong>. La crise contemporaine et l’inadéquation de la réponse qu’ont apportée les autorités ecclésiales à cette crise mettent en évidence l’urgence inédite de réformes structurelles conformes à l’esprit du concile Vatican II – et que <em>Nous sommes Eglise</em> réclame avec constance depuis 15 ans. Elles ne peuvent plus continuer à être remises à plus tard. <strong>Le temps est venu d’initier ces réformes :</strong></p>
<p>1. <strong>Le Peuple de Dieu devra participer à la prise de décision</strong>, à tous les niveaux de notre Eglise, afin que puissent advenir les innovations nécessaires pour répondre adéquatement aux défis pastoraux de notre temps. Les fidèles devraient prendre part à l’élection de leurs évêques. S’il n’en va pas ainsi, Rome continuera à nommer des évêques davantage préoccupés par l’Institution et sa défense que par leurs ouailles et leurs besoins.</p>
<p>2. La misogynie ecclésiale devra cesser. <strong>Les femmes devront être admises à tous les ministères de l’Eglise</strong> – ministères qui devront se transformer en ministères de service et non de pouvoir.</p>
<p>3. <strong>Le célibat devra devenir optionnel</strong>, afin que l’amour conjugal cesse d’être un tabou pour les clercs.</p>
<p>4. <strong>Les avancées réalisées dans le champ des Sciences en ce qui concerne la morale sexuelle devront être reconnues</strong> ; le principe absolu du primat de la conscience individuelle devra être respecté.</p>
<p>5. <strong>L’Évangile devra être proclamé comme incitation à la vie en plénitude</strong>, et non comme un moyen pour discipliner les personnes en les intimidant.</p>
<p>Le pape Benoît devrait accueillir les mises en cause mondiales et croissantes de son pontificat comme l’expression d’une profonde préoccupation quant au bien de l’Eglise tout entière. Comme le précise le <strong>Code de Droit Canon (Can. 212)</strong> : « Les fidèles chrétiens sont libres de manifester aux Pasteurs de l’Eglise leurs besoins, en particulier d’ordre spirituel, et leurs désirs (§2). » « Conformément aux connaissances, compétences et prestige dont ils disposent, ils ont le droit, et même le cas échéant le devoir, de manifester aux pasteurs sacrés leur opinion sur tout ce qui touche au bien de l’Eglise, et de la faire connaître au reste des fidèles chrétiens, sans préjudice pour l’intégrité de la foi et de la morale, avec révérence envers leurs Pasteurs, et attentifs au bien commun et à la dignité des personnes (§3). »</p>
<p><strong>Qui sommes-nous ?</strong></p>
<p>Le Mouvement international <em>Nous sommes Eglise</em> fut créé à Rome en 1996. Il est présent dans plus de 20 pays sur tous les continents et entretient des liens avec des organisations partageant ses combats dans le monde entier. <em>Nous sommes Eglise</em> est un mouvement international à l’intérieur de l’Eglise catholique, engagé dans sa réforme sur la base du concile Vatican II (1962-1965). <em>Nous sommes Eglise</em> est né en Autriche en 1995, à l’occasion d’un référendum ecclésial mis en œuvre en réponse au scandale de pédophilie provoqué par le cardinal de Vienne d’alors, Hans-Hermann Groer.</p>
<p><strong>Vos contacts </strong><strong>:</strong></p>
<p>Allemagne : Christian Weisner +49-172-518 40 82 <a href="mailto:media@we-are-church.org">media@we-are-church.org</a></p>
<p>Autriche : Hans Peter Hurka +43-650-315 42 00 <a href="mailto:hans_peter.hurka@gmx.at">hans_peter.hurka@gmx.at</a></p>
<p>Belgique : Edith Kuropatwa-Fèvre +32-(0)-2-567-09-64 <a href="mailto:ekf.paves@happymany.net">ekf.paves@happymany.net</a></p>
<p>Brésil : Irene Cacais +55-61 3223 4599 <a href="mailto:luisirenecacais@solar.com.br">luisirenecacais@solar.com.br</a></p>
<p>Canada : Jean Trudeau +1-613)745-2170 <a href="mailto:trudeau.jean@videotron.ca">trudeau.jean@videotron.ca</a></p>
<p>Catalogne : Francesc Bragulat <a href="mailto:somescat@somesglesia-cat.org">somescat@somesglesia-cat.org</a></p>
<p>Chili : Enrique Orellana +56-696 4491 <a href="mailto:lapazesobradelajusticia@yahoo.com">lapazesobradelajusticia@yahoo.com</a></p>
<p>Espagne : Raquel Mallavibarrena +34-649332654 <a href="mailto:rmallavi@mat.ucm.es">rmallavi@mat.ucm.es</a></p>
<p>États-Unis : Anthony Padovano +1 973-539-8732 <a href="mailto:tpadovan@optonline.net">tpadovan@optonline.net</a></p>
<p>Finlande : Giovanni Politi <a href="mailto:giovanni.politi@kolumbus.fi">giovanni.politi@kolumbus.fi</a></p>
<p>France : Hubert Tournès +33-240119873 <a href="mailto:hubertournes@orange.fr">hubertournes@orange.fr</a></p>
<p>Hongrie : Dr. Marcell Mártonffy +36 1 2190621 <a href="mailto:martonffy@pantelweb.hu">martonffy@pantelweb.hu</a></p>
<p>Irlande : Helen McCarthy <a href="mailto:wearechurchireland@eircom.net">wearechurchireland@eircom.net</a></p>
<p>Italie : Vittorio Bellavite +39-02-70602370 <a href="mailto:vi.bel@IOL.IT">vi.bel@IOL.IT</a></p>
<p>Norvège : Aasmund Vik <a href="mailto:aasmund.vik@nationaltheatret.no">aasmund.vik@nationaltheatret.no</a></p>
<p>Pays-Bas : Henk Baars +31-20 6370221 <a href="mailto:hbaars@steknet.nl">hbaars@steknet.nl</a></p>
<p>Pérou : Franz Wieser +51-1-4492716 <a href="mailto:fwieser@speedy.com.pe">fwieser@speedy.com.pe</a></p>
<p>Portugal : Maria Joao Sande Lemos +351.91 460 2336 <a href="mailto:mjoaosandel@gmail.com">mjoaosandel@gmail.com</a></p>
<p>Royaume-Uni : Martin Pendergast +44 (0)208 986 0807 <a href="mailto:martinjp@btinternet.com">martinjp@btinternet.com</a></p>
<p>Suède : Krister Janzon <a href="mailto:krister.janzon@comhem.se">krister.janzon@comhem.se</a></p>
<p>suisse : Brigitte Durrer +41-819212725 <a href="mailto:bridu@gmx.ch">bridu@gmx.ch</a></p>
<p> Communiqué de presse Madrid/Rome, 17 avril 2010</p>
<p><strong>Page d’accueil</strong> : <a href="http://www.we-are-church.org/int/">http://www.we-are-church.org/int/</a></p>
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		<title>Connaissez-vous Sabîl ?</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Apr 2010 09:01:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chaque jeudi à midi, heure de Jérusalem, l&#8217;association théologique palestinienne Sabîl organise une célébration de communion œcuménique. C&#8217;est le temps de célébrer l’eucharistie, examiner comment les écritures s’appliquent à la vie en Palestine aujourd’hui et prier pour les besoins particuliers de la région. Dans leurs fuseaux horaires respectifs, des individus et des groupes partout dans le monde [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque jeudi à midi, heure de Jérusalem, l&#8217;association théologique palestinienne <a href="http://www.sabeel.org" target="_blank">Sabîl</a> organise une célébration de communion œcuménique. C&#8217;est le temps de célébrer l’eucharistie, examiner comment les écritures s’appliquent à la vie en Palestine aujourd’hui et prier pour les besoins particuliers de la région. Dans leurs fuseaux horaires respectifs, des individus et des groupes partout dans le monde prient en union avec eux<span id="more-2549"></span>, en solidarité avec Sabîl à Jérusalem, des “Amis de Sabîl” et des artisans de paix partout dans le monde. Partant de l’Australie, traversant la Palestine et tout autour du monde ils prieront pour la paix dans la justice et porteront leur attention sur des questions locales et mondiales chaque semaine.</p>
<h3>Vague de prière pour le jeudi 15 avril 2010</h3>
<p>1) Un ordre militaire israélien qui vient d’être révélé et prend effet cette semaine permet la déportation ou l’expulsion de la Cisjordanie de dizaines de milliers de gens. Des Palestiniens nés à Gaza, des conjoints de Palestiniens nés à l’étranger, des militants internationaux semblent devoir être les premières cibles de la police mais la formulation ambiguë de cet ordre met en danger la presque totalité de la population de Cisjordanie. Prions pour que cette injustice soit arrêtée avant que des familles et des communautés ne soient démembrées. Pour plus d’information (en anglais), vous pouvez consulter le site de <a href="http://www.haaretz.com/hasen/spages/1162075.html" target="_blank">Haaretz</a> ainsi que celui de <a href="http://www.hamoked.org.il/news_main_en.asp?id=901" target="_blank">Hamoked</a>.</p>
<p>2) Le 17 avril est “le jour des prisonniers” en Palestine. Ce jour là, nous nous souvenons qu’il y a actuellement près de 8.000 Palestiniens dans les geôles israéliennes, y compris les 259 personnes maintenues en “détention administrative” sans inculpation ni jugement et 337 mineurs (dont 41 ont moins de 16 ans). Actuellement, de nombreux prisonniers observent une grève de la faim pour attirer l’attention sur les mauvaises conditions auxquelles ils sont soumis. Prions pour que leur message soit entendu par ceux qui exercent le pouvoir. Puissent-ils trouver soulagement et justice.</p>
<p>3) Cette semaine est un moment de transition pour les Amis de Sabîl du Royaume-Uni. Anne Clayton va assurer le rôle de coordination à la suite de Jennifer Oldershow. Nous sommes très reconnaissants à Jennifer pour les cinq années qu’elle a consacrées à ce service et nous sommes heureux de travailler avec Anne au cours des prochaines années. Nous remercions Dieu pour le témoignage des Amis de Sabîl du Royaume-Uni et les autres groupes d’Amis de Sabîl dans le monde.</p>
<p>4) Au moment ou prend fin la visite des témoins anglophones de Sabîl et celle des témoins de Sabîl des Pays-Bas, prions pour les douzaines de participants qui vont bientôt rentrer chez eux partager ce qu’ils ont vécu. Puissent-ils trouver des moyens forts de sensibiliser leurs familles et leurs amis au besoin d’une paix juste en Palestine et en Israël.</p>
<p>Cette semaine, nous nous associons à la prière du Conseil Œcuménique des Églises pour le Japon,la Corée du Nord, la Corée du Sud et Taiwan.</p>
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		<title>L&#8217;Eglise est menacée de devenir une sous-culture, par Mgr Albert Rouet</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Apr 2010 17:38:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
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		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Archevêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet est l&#8217;une des figures les plus libres de l&#8217;épiscopat français. Son ouvrage J&#8217;aimerais vous dire (Bayard, 2009) est un best-seller dans sa catégorie. Vendu à plus de 30.000 exemplaires, lauréat du Prix 2010 des lecteurs de La Procure, ce livre d&#8217;entretiens porte un regard assez critique sur l&#8217;Eglise catholique. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Archevêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet est l&#8217;une des figures les plus libres de l&#8217;épiscopat français. Son ouvrage <em>J&#8217;aimerais vous dire</em> (Bayard, 2009) est un best-seller dans sa catégorie. Vendu à plus de 30.000 exemplaires, lauréat du Prix 2010 des lecteurs de La Procure, ce livre d&#8217;entretiens porte un regard assez critique sur l&#8217;Eglise catholique. A l&#8217;occasion de Pâques, Mgr Rouet livre ses réflexions sur l&#8217;actualité et son diagnostic sur son institution.<span id="more-2474"></span></p>
<p><strong>L&#8217;Eglise catholique est secouée depuis plusieurs mois par la révélation de scandales de pédophilie dans plusieurs pays européens. Cela vous a-t-il surpris ?</strong></p>
<p>Je voudrais d&#8217;abord préciser une chose : pour qu&#8217;il y ait pédophilie, il faut deux conditions, une perversion profonde et un pouvoir. Cela signifie que tout système clos, idéalisé, sacralisé est un danger. Dès lors qu&#8217;une institution, y compris l&#8217;Eglise, s&#8217;érige en position de droit privé, s&#8217;estime en position de force, les dérives financières et sexuelles deviennent possibles. C&#8217;est ce que révèle cette crise, et cela nous oblige à revenir à l&#8217;Evangile ; la faiblesse du Christ est constitutive de la manière d&#8217;être de l&#8217;Eglise.</p>
<p>En France, l&#8217;Eglise n&#8217;a plus ce type de pouvoir ; cela explique qu&#8217;on est face à des fautes individuelles, graves et regrettables, mais que l&#8217;on ne connaît pas une systématisation de ces affaires.</p>
<p><strong>Ces révélations surviennent après plusieurs crises, qui ont jalonné le pontificat de Benoît XVI. Qui malmène l&#8217;Eglise ?</strong></p>
<p>Depuis quelque temps, l&#8217;Eglise est battue d&#8217;orages, externes et internes. On a un pape qui est plus théoricien qu&#8217;historien. Il est resté le professeur qui pense que quand un problème est bien posé, il est à moitié résolu. Mais dans la vie, ce n&#8217;est pas comme cela ; on se heurte à la complexité, à la résistance du réel. On le voit bien dans nos diocèses, on fait ce qu&#8217;on peut ! L&#8217;Eglise peine à se situer dans le monde tumultueux dans lequel elle se trouve aujourd&#8217;hui. C&#8217;est le coeur du problème.</p>
<p>Au-delà, deux choses me frappent dans la situation actuelle de l&#8217;Eglise. Aujourd&#8217;hui, on y constate un certain gel de la parole. Désormais, le moindre questionnement sur l&#8217;exégèse ou la morale est jugé blasphématoire. Questionner ne va plus de soi, et c&#8217;est dommage. Parallèlement, règne dans l&#8217;Eglise un climat de suspicion malsain. L&#8217;institution fait face à un centralisme romain, qui s&#8217;appuie sur tout un réseau de dénonciations. Certains courants passent leur temps à dénoncer les positions de tel ou tel évêque, à faire des dossiers contre l&#8217;un, à garder des fiches contre l&#8217;autre. Ces comportements s&#8217;intensifient avec Internet.</p>
<p>En outre, je note une évolution de l&#8217;Eglise parallèle à celle de notre société. Celle-ci veut plus de sécurité, plus de lois, celle-là plus d&#8217;identité, plus de décrets, plus de règlements. On se protège, on s&#8217;enferme, c&#8217;est le signe même d&#8217;un monde clos, c&#8217;est catastrophique !</p>
<p>En général, l&#8217;Eglise est un bon miroir de la société. Mais aujourd&#8217;hui, dans l&#8217;Eglise, les pressions identitaires sont particulièrement fortes. Tout un courant, qui ne réfléchit pas trop, a épousé une identité de revendication. Après la publication de caricatures dans la presse sur la pédophilie dans l&#8217;Eglise, j&#8217;ai eu des réactions dignes des intégristes islamistes sur les caricatures de Mahomet ! A vouloir paraître offensif, on se disqualifie.</p>
<p><strong>Le président de la conférence épiscopale, Mgr André Vingt-Trois l&#8217;a redit à Lourdes le 26 mars : l&#8217;Eglise de France est marquée par la crise des vocations, la baisse de la transmission, la dilution de la présence chrétienne dans la société. Comment vivez-vous cette situation ?</strong></p>
<p>J&#8217;essaie de prendre acte que nous sommes à la fin d&#8217;une époque. On est passés d&#8217;un christianisme d&#8217;habitude à un christianisme de conviction. Le christianisme s&#8217;était maintenu sur le fait qu&#8217;il s&#8217;était réservé le monopole de la gestion du sacré et des célébrations. Face aux nouvelles religions, à la sécularisation, les gens ne font plus appel à ce sacré.</p>
<p>Pour autant, peut-on dire que le papillon est &laquo;&nbsp;plus&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;moins&nbsp;&raquo; que la chrysalide ? C&#8217;est autre chose. Donc, je ne raisonne pas en termes de dégénérescence ou d&#8217;abandon : nous sommes en train de muter. Il nous faut mesurer l&#8217;ampleur de cette mutation.</p>
<p>Prenez mon diocèse : il y a soixante-dix ans, il comptait 800 prêtres. Aujourd&#8217;hui il en a 200, mais il compte aussi 45 diacres et 10 000 personnes impliquées dans les 320 communautés locales que nous avons créées il y a quinze ans. C&#8217;est mieux. Il faut arrêter la pastorale de la SNCF. Il faut fermer des lignes et en ouvrir d&#8217;autres. Quand on s&#8217;adapte aux gens, à leur manière de vivre, à leurs horaires, la fréquentation augmente, y compris pour le catéchisme ! L&#8217;Eglise a cette capacité d&#8217;adaptation.</p>
<p><strong>De quelle manière ?</strong></p>
<p>Nous n&#8217;avons plus le personnel pour tenir un quadrillage de 36 000 paroisses. Soit l&#8217;on considère que c&#8217;est une misère dont il faut sortir à tout prix et alors on va resacraliser le prêtre ; soit on invente autre chose. La pauvreté de l&#8217;Eglise est une provocation à ouvrir de nouvelles portes. L&#8217;Eglise doit-elle s&#8217;appuyer sur ses clercs ou sur ses baptisés ? Pour ma part, je pense qu&#8217;il faut faire confiance aux laïques et arrêter de fonctionner sur la base d&#8217;un quadrillage médiéval. C&#8217;est une modification fondamentale. C&#8217;est un défi.</p>
<p><strong>Ce défi suppose-t-il d&#8217;ouvrir le sacerdoce aux hommes mariés ?</strong></p>
<p>Non et oui ! Non, car imaginez que demain je puisse ordonner dix hommes mariés, j&#8217;en connais, ce n&#8217;est pas ça qui manque. Je ne pourrais pas les payer. Ils devraient donc travailler et ne seraient disponibles que les week-ends pour les sacrements. On reviendrait alors à une image cultuelle du prêtre. Ce serait une fausse modernité.</p>
<p>Par contre, si on change la manière d&#8217;exercer le ministère, si son positionnement dans la communauté est autre, alors oui, on peut envisager l&#8217;ordination d&#8217;hommes mariés. Le prêtre ne doit plus être le patron de sa paroisse ; il doit soutenir les baptisés pour qu&#8217;ils deviennent des adultes dans la foi, les former, les empêcher de se replier sur eux-mêmes.</p>
<p>C&#8217;est à lui de leur rappeler que l&#8217;on est chrétien pour les autres, pas pour soi ; alors il présidera l&#8217;eucharistie comme un geste de fraternité. Si les laïques restent des mineurs, l&#8217;Eglise n&#8217;est pas crédible. Elle doit parler d&#8217;adulte à adulte.</p>
<p><strong>Vous jugez que la parole de l&#8217;Eglise n&#8217;est plus adaptée au monde. Pourquoi ?</strong></p>
<p>Avec la sécularisation, une &laquo;&nbsp;bulle spirituelle&nbsp;&raquo; se développe dans laquelle les mots flottent ; à commencer par le mot &laquo;&nbsp;spirituel&nbsp;&raquo; qui recouvre à peu près n&#8217;importe quelle marchandise. Il est donc important de donner aux chrétiens les moyens d&#8217;identifier et d&#8217;exprimer les éléments de leur foi. Il ne s&#8217;agit pas de répéter une doctrine officielle mais de leur permettre de dire librement leur propre adhésion.</p>
<p>C&#8217;est souvent notre manière de parler qui ne fonctionne pas. Il faut descendre de la montagne et descendre dans la plaine, humblement. Pour cela il faut un énorme travail de formation. Car la foi était devenue ce dont on ne parlait pas entre chrétiens.</p>
<p><strong>Quelle est votre plus grande inquiétude pour l&#8217;Eglise ?</strong></p>
<p>Le danger est réel. L&#8217;Eglise est menacée de devenir une sous-culture. Ma génération était attachée à l&#8217;inculturation, la plongée dans la société. Aujourd&#8217;hui, le risque est que les chrétiens se durcissent entre eux, tout simplement parce qu&#8217;ils ont l&#8217;impression d&#8217;être face à un monde d&#8217;incompréhension. Mais ce n&#8217;est pas en accusant la société de tous les maux qu&#8217;on éclaire les gens. Au contraire, il faut une immense miséricorde pour ce monde où des millions de gens meurent de faim. C&#8217;est à nous d&#8217;apprivoiser le monde et c&#8217;est à nous de nous rendre aimables.</p>
<p><strong>Propos recueillis par Stéphanie Le Bars<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 03 avril 2010</strong></p>
<p>__________________________________________________________</p>
<h3>Une France de moins en moins pratiquante</h3>
<p>Culture catholique :<br />
64 % des Français se reconnaissent de culture catholique. Ils étaient 65 % en 2006 et 75 % en 1987.</p>
<p>Pratique hebdomadaire :<br />
4,5 % fréquentent l&#8217;église chaque dimanche, contre 6 % en 1987 et 14 % en 1978.</p>
<p>Pratique mensuelle :<br />
15 % des Français se rendent une fois par mois à l&#8217;église.</p>
<p>Répartition sociale :<br />
25 % des croyants sont retraités ; 46 % chez les pratiquants .</p>
<p>Répartition politique :<br />
30,6 % des Français qui se disent pratiquants affichent une sympathie pour l&#8217;UMP, 25,6 % pour le PS, 11,8 % pour le FN, 10,8 % pour le MoDem.</p>
<p><strong>Sources : compilations d&#8217;enquêtes IFOP.</strong></p>
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		<title>A la recherche de l&#8217;impôt juste</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/04/01/a-la-recherche-de-limpot-juste/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Apr 2010 08:12:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
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		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Au moment où le bouclier fiscal suscite des discussions de plus en plus vives, un philosophe, un sociologue et un économiste expliquent dans « La Croix » ce que serait à leurs yeux un système fiscal plus juste.
«Seul l&#8217;impôt profitant à l&#8217;ensemble de la société est juste» (Serge-Christophe Kolm, philosophe et économiste)
«Trouver un consensus autour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au moment où le bouclier fiscal suscite des discussions de plus en plus vives, un philosophe, un sociologue et un économiste expliquent dans « La Croix » ce que serait à leurs yeux un système fiscal plus juste.<span id="more-2441"></span></p>
<h3>«Seul l&#8217;impôt profitant à l&#8217;ensemble de la société est juste» (Serge-Christophe Kolm, philosophe et économiste)</h3>
<p>«Trouver un consensus autour d’un impôt juste s’avère extrêmement complexe. Pourquoi ? Tout simplement parce que la justice en matière de redistribution dépend du corpus de valeurs de chacun. Un ultralibéral, par exemple, considère que les revenus tirés de son travail sont sa propriété. À ses yeux, le prélèvement d’une partie de son salaire à des fins redistributives constitue une forme d’expropriation. À l’entendre, l’imposition est intrinsèquement injuste.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/isf_article.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2442" title="isf_article" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/isf_article.jpg" alt="" width="400" height="273" /></a></p>
<p>Selon d’autres, à l’inverse, nos revenus découlent en grande partie de nos capacités intellectuelles, de nos origines sociales, de notre éducation, etc. Bref, de paramètres globalement aléatoires. Envisagés sous cet angle, les revenus semblent arbitraires et peu corrélés au mérite. Dans cette perspective, il est souhaitable et juste de taxer très fortement les hauts revenus. C’est ce que promeuvent, par exemple, les partisans de l’égalitarisme.</p>
<p>L’idée que l’on se fait d’un impôt juste découle donc de la façon dont on définit les notions de propriété individuelle ou de mérite personnel. Inutile de dire que les libéraux et les égalitaristes divergent sur ce point. C’est d’ailleurs souvent notre position dans la société qui nous fait adhérer à l’un de ces deux grands systèmes.</p>
<p>Nous optons, en fait, pour le modèle répondant le mieux à nos intérêts personnels. On trouve certes ça et là des individus très aisés partisans de l’égalitarisme mais, en général, ils apporteront plutôt leurs suffrages aux tenants du libéralisme. En face, les plus démunis auront tendance, eux, à dénoncer l’arbitraire de leur position sociale et à réclamer une forte redistribution par l’impôt.</p>
<p>Il faut, selon moi, dépasser cet antagonisme. Comment ? En amenant chacun à faire abstraction de ses intérêts particuliers, tâche ardue ! , et à se poser la question suivante : “Quel est l’impôt juste, non pas pour moi mais pour l’ensemble de la collectivité ?” En effet, seul l’impôt profitant à l’ensemble de la société peut être qualifié de juste.</p>
<p>À partir de là se posent deux questions complémentaires. La première consiste à se demander s’il existe des besoins de base auxquels il est impératif de répondre. Si tel est le cas, on peut estimer que tout impôt permettant de financer ces besoins sera juste. L’autre question est celle de savoir à partir de quel niveau d’imposition les individus risquent d’être désincités à créer de la richesse, au motif qu’il leur semble injuste d’être aussi fortement taxés. Un tel désengagement s’avérerait contre-productif pour la société. »</p>
<h3>«L&#8217;impôt juste est celui qui prépare l&#8217;avenir» (Michel Wieviorka, sociologue)</h3>
<p>«Avant même de réfléchir à la manière dont il est prélevé, on pourrait se poser la question de la justesse de l’impôt en fonction de son poids. Un impôt lourd n’est pas forcément un impôt juste. Il y a des États qui prélèvent peu mais qui ont une affectation juste et inversement. Donc, le fond du sujet n’est pas que celui du volume.</p>
<p>Techniquement, il y a des impôts qui évoluent plus ou moins selon les revenus des ménages. Je pense pour ma part que l’impôt progressif ne suffit pas, et qu’il faut tendre vers un impôt vraiment proportionnel. Je pense de ce point de vue que la TVA est un impôt injuste, mais c’est là une question de philosophie politique.</p>
<p>Au-delà de ces considérations, la question de fond est moins celle du poids ou du mode de prélèvement de l’impôt que celle de son usage. Si l’on considère que le modèle de société souhaité est celui d’un monde où le meilleur gagne en s’appuyant sur ses seules forces individuelles, on n’aura pas la même conception de l’impôt que si l’on aspire à une société de solidarité avec les plus démunis. L’impôt est là pour répondre à des attentes.</p>
<p>Mais que constate-t-on ? Les Français ont le sentiment de ne plus savoir où va leur pays. Et ils ont le sentiment d’une perte de sens du politique. Ils ne savent plus très bien à quoi servent les élections régionales, s’il faut être pour ou contre l’Europe… Pourquoi tant d’angoisse, tant d’incertitude dans cette société contemporaine ? Parce que, au fond, la France n’a pas encore terminé sa lente sortie de l’ère industrielle qui dure depuis maintenant quarante ans. Tous nos repères traditionnels ont vacillé.</p>
<p>Dans un tel contexte d’inquiétude, je pense qu’un impôt juste est celui qui contribue à la reconstruction d’un avenir. Prenons l’exemple de l’industrie automobile. Si je prélève des impôts pour sauver l’emploi et protéger l’industrie telle qu’elle est, il y a de fortes chances pour que vous le trouviez injuste. En revanche, si je prélève l’impôt pour préparer autrement la mobilité dans l’espace, l’urbanisme, l’utilisation de l’énergie, je contribue à redonner du sens à un projet collectif.</p>
<p>Un programme de gauche comme de droite qui commencerait par dire : “Voilà la fiscalité que je propose” passerait donc à côté de l’essentiel. La fiscalité est un moyen au service d’une vision et non l’inverse. Il porte un projet qui s’adresse aux citoyens d’aujourd’hui mais qui prend aussi en compte les générations à venir. »</p>
<h3>«Il faudrait rendre le système plus simple et plus homogène» (Jacques Le Cacheux, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques-OFCE)</h3>
<p>« Pour définir un impôt juste, les économistes distinguent deux dimensions. La justice horizontale, d’abord, consiste à dire : à situation identique, traitement identique. Ce qui, en matière fiscale, revient à appliquer un même impôt aux personnes qui ont un niveau de vie comparable.</p>
<p>La justice verticale, elle, consiste à prélever plus les personnes les plus aisées et moins les personnes les plus modestes, de façon à assurer une redistribution des revenus. Ce critère est plus subjectif car, si toutes les sociétés modernes considèrent qu’il est normal de pratiquer une justice verticale, le degré de redistribution acceptable est sujet à des jugements de valeur.</p>
<p>Hélas, la fiscalité française ne répond plus ni à l’un ni à l’autre de ces deux critères. Concernant la justice horizontale, elle ne traite pas pareil les personnes qui ont des situations économiques comparables. Elle taxe ainsi différemment les revenus du capital et ceux du travail. Et, dans les revenus salariaux, le salaire fixe et les heures supplémentaires ne sont pas imposés de la même façon. Les niches fiscales aggravent encore ces disparités.</p>
<p>Concernant la justice verticale, l’impôt sur le revenu est devenu de moins en moins progressif avec la réduction du nombre de tranches et la diminution des taux marginaux, ce qui a rendu le barème moins « pentu ». La TVA est aussi par nature non redistributive. Ensuite, le bouclier fiscal, qui plafonne l’impôt à 50 % des revenus, limite clairement la justice verticale. Enfin, dernier exemple, la CSG, créée dans les années 1990, qui est appliquée avec le même pourcentage quel que soit le revenu, et sans quotient familial, est moins progressive que l’impôt sur le revenu.</p>
<p>Pour rendre la fiscalité française plus juste, il faudrait arrêter de réformer morceau par morceau, comme on l’a fait ces dernières années, mais regarder les impôts comme un tout pour tenter de rendre le système plus simple et plus homogène. On pourrait, par exemple, fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG en un impôt global fonctionnant avec les mêmes règles.</p>
<p>Une autre réforme consisterait non pas à supprimer toutes les niches fiscales, dont certaines ont des justifications économiques, mais à y mettre bon ordre. Il s’agirait d’éliminer celles qui sont contraires à l’équité sans être très efficaces économiquement. Je pense aux incitations immobilières, comme la déduction fiscale sur les intérêts d’emprunts ou les dispositifs Scellier ou Robien, qui parviennent plus à défiscaliser qu’à orienter l’investissement. »</p>
<p><strong>Propos recueillis par Marie BOËTON, Bernard GORCE, et Nathalie BIRCHEM<br />
Source : </strong><a href="http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2420713&amp;rubId=4076#" target="_blank"><em><strong>La Croix</strong></em></a><strong>, édition du 31 mars 2010</strong></p>
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		<title>Les bourgeois, c&#8217;est comme les cochons&#8230;</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/03/16/les-bourgeois-cest-comme-les-cochons/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 18:46:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[La propriétaire d&#8217;un appartement du Val-de-Marne a été condamnée à verser 8.000 euros de dommages et intérêts pour avoir enfreint les règles d&#8217;&#160;&#187;occupation bourgeoise&#160;&#187; en louant son appartement à des migrants, selon un jugement que l&#8217;AFP a pu consulter lundi 8 mars.
Résidant à Vincennes, Mme R. a loué en octobre 2007 deux appartements à l&#8217;association [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La propriétaire d&#8217;un appartement du Val-de-Marne a été condamnée à verser 8.000 euros de dommages et intérêts pour avoir enfreint les règles d&#8217;&nbsp;&raquo;occupation bourgeoise&nbsp;&raquo; en louant son appartement à des migrants, selon un jugement que l&#8217;AFP a pu consulter lundi 8 mars.</p>
<p>Résidant à Vincennes, Mme R. a loué en octobre 2007 deux appartements à l&#8217;association France Terre d&#8217;Asile qui y installait pour une durée de six mois des personnes bénéficiant du statut de réfugiés, en attendant de leur trouver un logement pérenne.<span id="more-2364"></span></p>
<h3>Une utilisation &laquo;&nbsp;commerciale&nbsp;&raquo;</h3>
<p>En juillet 2008, le syndicat des copropriétaires de l&#8217;immeuble a saisi la justice pour demander la résiliation du bail au nom des règles d&#8217;&nbsp;&raquo;occupation bourgeoise&nbsp;&raquo; des lieux détaillées dans le règlement intérieur et qui interdit notamment toute utilisation &laquo;&nbsp;commerciale&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;industrielle&nbsp;&raquo; de l&#8217;immeuble.</p>
<p>Dans son jugement du 19 janvier, le tribunal de grande instance de Créteil se refuse, pour des questions de forme, à résilier le bail mais donne raison aux copropriétaires sur le fond.</p>
<p>Selon le tribunal, ce bail entraîne &laquo;&nbsp;un mode d&#8217;occupation précaire incompatible avec les conditions d&#8217;occupation pérennes et paisibles qu&#8217;implique la notion d&#8217;occupation bourgeoise&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Cette location rend par ailleurs inefficace la sécurisation de l&#8217;entrée de l&#8217;immeuble &laquo;&nbsp;en raison de la multiplicité des accédants&nbsp;&raquo;, selon le jugement.</p>
<p>Le tribunal reconnaît également l&#8217;existence de &laquo;&nbsp;nombreux incidents&nbsp;&raquo; liés à cette location &laquo;&nbsp;irrégulière&nbsp;&raquo;, citant &laquo;&nbsp;des bruits, y compris nocturnes, des allées et venues, des jets de mégots&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;faïences&nbsp;&raquo; par la fenêtre.</p>
<h3>&laquo;&nbsp;Une pratique discriminatoire&nbsp;&raquo;</h3>
<p>Au titre des dommages et intérêts, le tribunal a donc condamné Mme R. à verser 8.000 euros au syndicat auxquels s&#8217;ajoutent 2.500 euros de frais de justice.</p>
<p>&laquo;&nbsp;La notion d&#8217;occupation bourgeoise sert ici à une pratique discriminatoire qui est liée à l&#8217;origine des occupants&nbsp;&raquo;, a déclaré à l&#8217;AFP Pierre Henry, le directeur général de France Terre d&#8217;Asile, qui a annoncé qu&#8217;il saisira la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l&#8217;égalité (Halde).</p>
<p>Selon lui, ce jugement met en péril &laquo;&nbsp;un maillon essentiel&nbsp;&raquo; du dispositif de relogement des réfugiés, confrontés, comme d&#8217;autres, à une pénurie de logements publics.</p>
<p>L&#8217;assocation a fait appel du jugement.</p>
<p><strong>Source : AFP, 8 mars 2010</strong></p>
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		<title>Pierre de Locht, trois ans déjà !</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 15:33:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
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		<description><![CDATA[Voilà trois ans déjà que, le 9 mars 2007, Pierre de Locht nous quittait. Né à Bruxelles en 1916, Pierre de Locht était prêtre catholique et docteur en théologie. Expert appelé à siéger à Rome dans la Commission pontificale sur la famille (1964 -1966), il a progressivement pris des positions &#160;&#187; non traditionnelles&#160;&#187;. Il se retrouve [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà trois ans déjà que, le 9 mars 2007, Pierre de Locht nous quittait. Né à Bruxelles en 1916, Pierre de Locht était prêtre catholique et docteur en théologie. Expert appelé à siéger à Rome dans la Commission pontificale sur la famille (1964 -1966), il a progressivement pris des positions &nbsp;&raquo; non traditionnelles&nbsp;&raquo;. Il se retrouve de ce fait quelques années plus tard mis au ban de l&#8217;Église catholique par sa hiérarchie. Si ses prises de position (notamment sur la contraception et l&#8217;avortement) ont fait grand bruit dans la société et ont secoué l&#8217;Église catholique, elles ont surtout permis à de nombreux croyants de se libérer<span id="more-2326"></span> d&#8217;une morale d&#8217;interdits. Elles ont aussi amené bien des incroyants à considérer sous un jour nouveau les relations avec les chrétiens. Il prendra position pour la dépénalisation de l&#8217;avortement dans les années 80, s&#8217;attirant les foudres &laquo;&nbsp;célestes&nbsp;&raquo;. Il plaidera également pour l&#8217;ordination d&#8217;hommes mariés ou l&#8217;accès des femmes à la prêtrise. Il regrettera inlassablement l&#8217;effet dévastateur de la centralisation du pouvoir de l&#8217;église &laquo;&nbsp;en faveur d&#8217;un tout petit nombre, le pape et sa curie&nbsp;&raquo;. Outre de nombreux articles consacrés à la morale, et plus spécialement à l&#8217;éthique de la sexualité et à la foi chrétienne, il est l&#8217;auteur de plusieurs livres, parmi lesquels <em>L&#8217;avortement. Les enjeux d&#8217;un débat passionné</em> (1985), <em>La foi décantée</em> (Desclée de Brouwer, 1998), <em>Oser être chrétien aujourd&#8217;hui</em> (Desclée de Brouwer, 2000), <em>Et si j&#8217;étais nommé évêque</em> (Mols, 2002) ou encore, en février 2007, <em>Chrétien aujourd&#8217;hui : un engagement contradictoire ?</em> (éditions Luc Pire). Mais pour nous, il était d&#8217;abord un témoin d&#8217;évangile à la voix incomparable, bienveillante, ferme, stimulante, libératrice&#8230;</p>
<p>Le texte qui suit est pour nous une façon de prolonger sa vie et sa voix parmi nous. Il s&#8217;agit des réflexions qu&#8217;il nous livra lors de l&#8217;assemblée générale de <em>Nous Sommes Aussi l&#8217;Église</em> en juin 1998 : importance du vécu à la base et nécessité de se libérer d&#8217;une sorte de « dépendance hiérarchique » que peuvent paradoxalement révéler certaines postures contestataires. Ecoutons-le&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Pierre-de-Locht.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2327" title="Pierre de Locht" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Pierre-de-Locht.jpg" alt="" width="400" height="544" /></a></p>
<h3>Où faut-il investir nos énergies ?</h3>
<p>Au lendemain d’une très intéressante et stimulante assemblée, je me suis fait quelques réflexions, que j’aimerais vous communiquer. Il est impressionnant de voir avec quel dynamisme les participants, et spécialement les femmes, refusant l’esprit peu évangélique de tant de prises de position officielles de notre Église, militent pour de tout autres comportements. Spécialement à l’égard des divorcés remariés, des prêtres qui s’ouvrent à un amour humain, des homosexuels&#8230;</p>
<p>Je garde cependant un peu la crainte que, pour un certain nombre, il s’agisse avant tout d’obtenir de la hiérarchie qu’elle modifie son regard et sa manière de faire. N’est ce pas donner encore trop d’importance à l’autorité, comme si les maturations et évolutions dans l’Église étaient conditionnées par l’attitude des évêques ?</p>
<h3>Légitime transgression</h3>
<p>On n’a pas besoin d’autorisation pour refuser personnellement et en communauté des manières d’être que l’on perçoit comme anti-évangéliques et pour se mettre à adopter des attitudes que l’on croit autrement plus conformes à l’inspiration de Jésus. Sachant bien, d’ailleurs, que les évolutions germent pratiquement toujours à la base.</p>
<p>La transgression n’est pas une opposition. Elle est une manière d’être qu’on adopte en soi et pour soi, car on la considère comme davantage conforme à l’Évangile. Faut-il une autorisation pour faire ce que l’on croit mieux ? Transgresser, ce n’est pas s’opposer, c’est avancer au-delà des normes actuellement établies, afin de mieux répondre aux exigences humaines et évangéliques. Et lorsqu’on constate avec étonnement que les « autorités » ne perçoivent guère ou pas le sens de ces indispensables modifications, on ne peut laisser tomber les bras et attendre leur autorisation pour agir selon ce que l’on croit devoir faire. Et cela d’autant plus que n’existe pas de dialogue ouvert et confiant entre l’autorité et le peuple chrétien.</p>
<p>Encore trop marqués par une obéissance-soumission qu’on nous a inculquée comme vertu majeure du chrétien, beaucoup n’osent pas encore être eux-mêmes. C’est pourtant la manière d’être des chrétiens de la base, entre autres vis-à-vis des divorcés remariés, des homosexuels ou des prêtres qui se marient, comme la manière de célébrer l’Eucharistie, qui feront le plus efficacement changer le mentalités et peu à peu les structures, mais ces dernières à un rythme plus lent car les législations sont toujours en retard sur la vie.</p>
<h3>Le vécu à la base, condition d’une contestation crédible et efficace</h3>
<p>Les énergies ne doivent donc pas être investies d’abord, me semble-t-il, dans la lutte pour faire changer l’autre, et spécialement les autorités religieuses, mais pour vivre à la base d’autres manières de penser et d’être. Et cela, au besoin dans l’incompréhension des autorités. Telle est l’exigence de la transgression comme avancée indispensable.</p>
<p>Le plus urgent n’est donc pas de demander à l’autorité ces transformations ; il s’agit de les susciter à la base, de les instaurer, de les vivre, au besoin en marge des normes établies, lorsque celles-ci sont figées et qu’un vrai dialogue est impossible.</p>
<p>Les stratégies à l’égard de l’autorité, si importantes soient-elles, je les crois secondes (non pas secondaires ni accessoires). Elles n’engendrent ni densité ni force, si elles n’émanent pas d’un vécu à la base. Ces stratégies se mèneront du reste dans un tout autre esprit si elles ne sont pas avant tout revendicatives, mais le cri de ce qui se pense, se vit, se réalise déjà à sa mesure à la base.</p>
<p>Tant à l’égard des divorcés remariés que des homosexuels, un climat de non jugement et d’accueil s’est peu à peu instauré dans les communautés. Ces changements de mentalité, dont nous sommes tous agents actifs, sont primordiaux. Sans eux, les modifications structurelles n’auraient guère de poids. Pourquoi ne pas instaurer, dès maintenant, à l’égard de prêtres qui se marient, des attitudes constructives et même comme cela se réalise déjà à plus d’un endroit, des pratiques qui ne les qualifient pas.</p>
<h3>Ne pas surestimer l’importance de la hiérarchie</h3>
<p>Cela n’empêche nullement de militer pour que l’ensemble de la communauté participe aux choix des évêques. A la condition de ne pas laisser croire ou se persuader que la vitalité d’une communauté tient avant tout à la qualité de sa hiérarchie. Ce serait encore en majorer l’importance. Mais il est clair que celle-ci n’est nullement négligeable. Cependant, le climat de confiance, de collaboration, de dynamisme joyeux, ne dépend pas seulement de l’évêque, mais de tout ce qui est suscité à la base.</p>
<p>La revendication des chrétiens de la base (laïcs et ministres divers) d’être partie prenante dans le choix de ses dirigeants est beaucoup plus qu’une exigence de rendement et d’efficacité. Elle tient à la dignité foncière des baptisés, également et solidairement responsables du devenir du message chrétien dans l’aujourd’hui. Ce sont des raisons théologiques fondamentales qui appellent à refuser la conception d’une Église dans laquelle les fidèles ne seraient que les exécutants d’une hiérarchie dépositrice privilégiée de la grâce et des dons de l’Esprit, et relais indispensable entre Dieu et les humains.</p>
<h3>La vérité de l’Église, c’est d’abord ce que les chrétiens vivent à la base</h3>
<p>Ceci m’amène à une dernière réflexion. La participation indispensable du tout venant chrétien n’est pas seulement une question d’efficacité dans l’organisation de l’Église. C’est l’apport de chacun, avec sa manière personnelle d’accueillir l’inspiration évangélique et de l’incarner dans la réalité présente, qui constitue l’Église. Quel appauvrissement du rayonnement évangélique lorsque cette effervescence de l’Esprit, ce « souffle de sainteté », suivant l’expression de Chouraqui, est paralysée parce que domine une organisation pyramidale et dictatoriale ! Il est entre autres indispensable à la vérité de la communauté ecclésiale que la perception féminine du message de Jésus Christ, loin d’être contrecarrée, puisse se déployer pleinement.</p>
<p>Si le peuple chrétien revendique, à juste titre, sa participation dans tous les rouages d’organisation de l’Église, c’est parce qu’il doit être présent dans la réflexion doctrinale, l’élaboration morale, la sensibilité sacramentelle&#8230; C’est ce que pense, cherche, vit le peuple chrétien qui fait la vérité et la vitalité de l’Église.</p>
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		<title>Un certain 11 octobre 1962 ou Vatican 2 dans mon itinéraire personnel, par Hugues Puel</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 10:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot 2]]></category>

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		<description><![CDATA[Mon père, né en 1907, fréquentait les camelots du roi et avait donc 19 ans au moment de la condamnation de l’Action française (1926). Je lui ai souvent entendu exprimer son amertume face à l’attitude de l’archevêque de Bordeaux, Mgr Andrieu, dans le déclenchement de cette affaire. L’idéologie familiale était marquée par les figures tutélaires [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon père, né en 1907, fréquentait les camelots du roi et avait donc 19 ans au moment de la condamnation de l’Action française (1926). Je lui ai souvent entendu exprimer son amertume face à l’attitude de l’archevêque de Bordeaux, Mgr Andrieu, dans le déclenchement de cette affaire. L’idéologie familiale était marquée par les figures tutélaires non seulement de Charles Maurras avec son conservatisme social, son royalisme et son antisémitisme, mais aussi de Saint Vincent de Paul<span id="more-2318"></span> avec sa foi, sa générosité et son sens des autres : mon grand-père paternel pratiquait les bonnes œuvres de la confrérie mise par Ozanam sous le patronage de Saint Vincent en visitant des familles pauvres du quartier. Ma mère, née en 1905, était l’aînée de dix enfants dont la propre mère mourut en 1919 de la grippe espagnole. A la mort de mon grand-père maternel qui ne s’était pas remarié, tous les enfants ayant été élevés dans un catholicisme très traditionnel, le domaine familial, où la surface de terre cultivable s’était réduite au cours des ans, fut vendu.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Vatican-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2319" title="Vatican 2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Vatican-2.jpg" alt="" width="300" height="375" /></a></p>
<p>Né en 1932 à Bordeaux, je fis mes études secondaires chez les jésuites de cette ville (Ecole Saint Joseph de Tivoli, 1940-1950). Lors de la retraite d’élection d’une durée d’une semaine qui clôturait la préparation du baccalauréat de philosophie dans cette institution ignatienne, l’idée de vocation religieuse fut considérée, mais je décidais de ne pas décider et d’entreprendre des études supérieures, selon le souhait de mon père. Pendant six ans, j’étudiais à l’Université de Bordeaux le droit, les sciences politiques et l’économie (1950-1956). En même temps, je participais avec passion avec un groupe de jeunes catholiques, artistes, employés, étudiants, à l’animation de plusieurs ciné-clubs, ce qui nous mettait en relation et en coopération ponctuelle avec des militants communistes qui menaient de leur côté le même travail de culture populaire. Nous découvrions les cinémas japonais, américain, soviétique. C’était le beau temps des ciné-clubs, où se préparait avec les <em>Cahiers du cinéma</em> la nouvelle vague, tandis que le groupe de presse Malesherbes sous influence dominicaine lançait <em>Radio-Cinéma-Télévision</em>, l’ancêtre de <em>Télérama</em>.  </p>
<p>En 1954, le pape Pie XII mit fin à l’aventure des prêtres-ouvriers. Il sacrifia sur l’autel de la géopolitique de la guerre froide l’expérience missionnaire la plus pertinente et la plus généreuse des douze années précédentes. Grâce à mes études, j’avais déjà pris quelques distances avec la foi traditionnelle de ma famille, mais celle-ci fut alors mise au défi : l’abandonner ou approfondir le message évangélique qu’elle annonçait, mais qu’elle trahissait dans ses actes. Mon intérêt se tourna vers les dominicains dont j’avais jusque là à peine remarqué l’existence, mais que les foudres romaines de Pie XII mirent pour moi en vive lumière <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn1">[1]</a>. En 1956, quand le moment fut venu de prendre un emploi dont les propositions étaient nombreuses en ces temps de forte croissance, la cristallisation de ma vocation religieuse se fit soudaine : je pris l’habit de l’Ordre des prêcheurs à Saint Maximin dans le Var (province de Toulouse) le 14 novembre 1956. J’avais de cet Ordre une vision aussi imprécise que celle suggérée par le dessin du Saint Dominique de Matisse <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p>Je ne donne pas ici d’autres détails biographiques <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn3">[3]</a>, sauf pour ce qui concerne directement Vatican 2. Ce projet de Concile avait été annoncé en janvier 1959 par le nouveau pape Jean XXIII et laissait nos professeurs dominicains du couvent de Toulouse pour le moins perplexes. De ce temps d’études, je retiens l’anecdote suivante : le jeudi 11 octobre 1962, tout le couvent des dominicains de Toulouse remplissait un vaste autocar pour passer la journée à Lourdes à l’occasion de l’ouverture du Concile. Dans le voyage du retour, le chauffeur alluma sa radio pour que nous puissions écouter les nouvelles. Le journaliste cita le passage du discours inaugural de Jean XXIII « <em>autre le dépôt de la foi, autre la manière de l’énoncer et les formes qu’il revêt au cours du temps</em> », texte que Benoît XVI considère comme relevant d’une herméneutique  de la continuité. A son écoute, mon professeur de dogme, assis sur le siège devant le mien fit un bond et s’écria « <em>ces journalistes disent n’importe quoi !</em> ». Pour lui, dans la distinction entre le dépôt et son énonciation, la rupture avec la tradition était évidente, comme en témoignait le cours de dogme qu’il nous infligeait. Au mépris de toute méthode historique et après avoir accumulé les citations de la Bible et de Denzinger <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn4">[4]</a> sorties de leur contexte, il nous distillait avec contention la « <em>vraie doctrine</em> », celle d’un Thomas d’Aquin s’exprimant dans le langage « formel » de l’Ecole. Il dévalorisait toute autre parole qui, affirmait-il, n’était qu’un parler humain ! « <em>Pour parler humainement</em> », répétait-il, pour s’excuser lorsqu’il s’était laissé allé à l’emploi d’une figure, d’un symbole, d’une image ou d’une comparaison ! Il définissait l’Eglise de façon « formelle » comme une société parfaite gouvernée par une hiérarchie sacrée. Le Concile quant à lui parla plutôt d’un peuple en marche « <em>qui tire son unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn5">[5]</a>. Le professeur d’exégèse de nouveau Testament, Raphaël Weijers, avait une autre théologie. En nous commentant longuement l’Epître aux Hébreux, il nous montrait que le Christ était le seul prêtre donnant naissance à un peuple sacerdotal offrant sa vie en sacrifice d’action de grâce. La rupture était totale avec les prêtres de l’Ancien Testament et les ministères étaient des services diversifiés et évolutifs dans le temps. Ordonné en 1962, au ministère presbytéral, je ne me suis jamais considéré comme un prêtre faisant partie d’une hiérarchie sacrée. J’avais pris le risque de m’engager dans l’aventure dominicaine et cette ordination faisait partie du paquet. Ma spiritualité n’était pas sacerdotale, elle était et elle demeure baptismale. Elle s’appuie sur la parole prophétique de l’Evangile et sur la foi des premières communautés chrétiennes dans le Christ ressuscité.</p>
<p>Passons du 11 octobre 1962 au gouvernement de l’Eglise par Benoît XVI dont plusieurs initiatives provoquent une crise de gouvernance,  qui n’est pas seulement le fruit de l’imagination éditoriale de quelques organes de presse. Je note les malaises épiscopaux révélés par un certain nombre de faits.</p>
<p>1 &#8211; La levée de l’excommunication des schismatiques refusant le Concile Vatican 2 à partir d’une démarche liée à une mission menée par le cardinal Dario Castrillon Hoyos à la demande du pape, mais sans consultation des épiscopats les plus concernés : les évêques allemands et français. La crise existait déjà avant les déclarations négationnistes de Williamson qui déchaînèrent les médias.</p>
<p>2 &#8211; La nomination d’un prêtre autrichien, Gerhard Maria Wagner, comme évêque auxiliaire de Linz (Haute-Autriche), contre l’avis de l’épiscopat autrichien et en violation de la procédure de la <em>terna </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn6">[6]</a>, ce qui déclencha la réaction respectueuse, mais sévère, signée de tous les évêques de ce pays rappelant au pape que la nomination des évêques doit se faire pour l’Eglise locale et non pas contre elle <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn7">[7]</a>. Cet événement très significatif a eu peu d’écho dans les médias français.</p>
<p>3 &#8211; L’épiscopat brésilien désavoue l’excommunication par l’archevêque de Recife &#8212; successeur de Dom Helder Camara et nommé par Jean-Paul II, Monseigneur Jose Cardoso Sobrinho &#8212; de la mère d’une fille de 9 ans enceinte de jumeaux dont un avortement évita la mort, acte pour lequel l’archevêque étendit aux médecin intervenants cette excommunication.  Plusieurs évêques français se dirent scandalisés par ce manque de compassion, tandis que le titulaire du dicastère <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn8">[8]</a> des évêques apporta son soutien à Sobrinho. On ne doit pas donc pas se scandaliser si le rapprochement est fait par la presse avec la loi du silence pratiquée longtemps par les évêques de différents pays sur les viols d’enfants par des membres du clergé.</p>
<p>4 &#8211; La déclaration des évêques allemands du 5 mars 2009, s’interrogeant sur les incertitudes du chemin actuel de l’Eglise mettant ainsi en cause son actuelle gouvernance. S’il y eut peu d’écho en France, il y en eut beaucoup en Allemagne.</p>
<p>5 &#8211; La déclaration d’Albert Rouet, archevêque de Poitiers « <em>à propos des événements récents qui ont marqué l’Eglise : levée des excommunications des quatre évêques intégristes, de l’excommunication à Recife, des propos sur le sida</em> ». Cette déclaration en appelle à un autre positionnement de notre Eglise dans le monde car « <em>toute parole qui vient d’en haut, qui n’est pas engagée dans un dialogue, après avoir écouté et entendu l’autre, ne peut plus être une parole crédible… Notre monde n’écoute que ce qui est prononcé à hauteur de visage d’homme</em> ». Cette réaction, la plus remarquable, ne fut pas unique. D’autres réactions critiques se firent jour ça et là, mais dominèrent le silence et la gêne d’un épiscopat français très divisé.</p>
<p>6 &#8211; De cette division, on a eu le témoignage en novembre 2009, lorsque le président de l’assemblée plénière de la conférence des évêques de France a renoncé à mettre au vote  le rapport de l’évêque d’Angoulême, Claude Dagens, intitulé « Indifférence religieuse, visibilité de l’Eglise et évangélisation » et qui prolongeait une déclaration précédente sur la foi comme libre proposition au peuple.</p>
<p>Cette crise de gouvernance n’est pas une imagination de la presse, mais procède de la mauvaise réception du Concile Vatican 2 par le siège romain. L’Eglise se définit comme peuple en marche, comme ouverture au monde en solidarité avec les espoirs et les souffrances de l’humanité<a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn9"> [9]</a> et en appelle à l’autonomie responsable tant des autorités politiques que des baptisés. Mais l’Eglise romaine qui n’honore pas la nature épiscopale de l’Eglise et maintient son système de gouvernement centralisé, ignore le principe de subsidiarité qu’elle recommande aux sociétés séculières, nie l’autonomie des couples en répondant négativement à la question soulevée par <em>Humanae Vitae</em> de savoir si « <em>la finalité de la procréation dans le mariage concerne l’ensemble de la vie conjugale et non chacun de ses actes</em> » (§3), en imposant une distinction incompréhensible entre une contraception naturelle et artificielle, tandis qu’une partie de l’épiscopat catholique aux Etats-Unis se transforme en véritable lobby <em>pro-life</em>. <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn10">[10]</a></p>
<p>Cette crise de gouvernance a sa source dans l’attitude confuse de Benoît XVI face au Concile Vatican 2. Une analyse du discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005 en apporte la preuve. En effet, quelques mois après son élection comme évêque de Rome, sous le nom de Benoît XVI, Joseph Ratzinger prononça un discours principalement consacré à la réception de Vatican 2. Il s’efforce de répondre à la question : pourquoi la réception du Concile s’est déroulée de manière aussi difficile, puis s’interroge sur les difficultés du dialogue entre l’Eglise et la modernité.</p>
<p>Après avoir salué l’anniversaire des 40 ans de la fin du Concile, il voit dans la cause des difficultés une question d’herméneutique, c’est-à-dire de juste interprétation, de juste lecture et de juste application. Or il dénonce une fausse herméneutique définie comme « <em>herméneutique de la discontinuité et de la rupture</em> » qui, selon lui, a la faveur des médias et d’une partie de la théologie moderne, alors qu’il y faut « <em>une herméneutique de la réforme</em> », c’est-à-dire du renouveau dans la continuité de « <em>l’unique sujet-Eglise</em> ». L’herméneutique de la rupture est critiquée car, d’une part, elle oppose l’Eglise préconciliaire et l’Eglise postconciliaire, alors que, pour lui, c’est la continuité de l’unique sujet-Eglise qui doit être considérée et on ne doit pas en appeler des textes du Concile à l’esprit du Concile pour regarder l’avenir. Elle passe sous silence le fait que le sujet-Eglise est de nature eschatologique et que le personnel ministériel au service de l’Eglise vit dans le temps et doit s’ouvrir, comme le recommandait Jean XXIII,  aux signes des temps.</p>
<p>Comme exemple d’herméneutique de la continuité, Benoît XVI cite le discours d’ouverture du Concile par Jean XXIII le 11 octobre 1962 sur la transmission de la doctrine : « <em>Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et respectée d’une manière qui corresponde aux exigences de notre temps. En effet une chose est le dépôt de la foi, c’est-à-dire les vérités contenues dans notre vénérable doctrine, et une autre chose est la manière de les énoncer, en leur conservant cependant le même sens et la même portée. </em>» Cette synthèse  exemplaire de la fidélité et du dynamisme lui semble cependant si délicate que le pape entreprend une réflexion sur le difficile dialogue entre l’Eglise et la modernité.</p>
<p>Le pape se réfère alors au discours de conclusion du concile par Paul VI qui pourrait justifier une herméneutique de la discontinuité dans la mesure où le Concile Vatican 2 s’était centré sur les questions d’anthropologie et les rapports entre l’Eglise et l’homme d’aujourd’hui. Il évoque Galilée, Kant, la Révolution française, le libéralisme radical, les sciences naturelles. Il voit les rapprochements possibles à travers la doctrine sociale catholique qui se situe dans l’entre-deux du libéralisme radical et de la théorie marxiste de l’Etat. Et surtout il considère dans les nouvelles positions épistémologiques tant des sciences naturelles que des sciences historiques que d’autres rapprochements sont possibles : « <em>Dans tous ces secteurs […] pouvait apparaître quelque forme de discontinuité et que, en un certain sens, une discontinuité s’était de fait manifestée dans laquelle cependant, une fois faites les diverses distinctions entre les situations concrètes historiques et leurs exigences, il apparaissait que la continuité des principes n’était pas abandonnée : un fait qui échappe facilement à une première perception. Et c’est justement dans cet ensemble de continuité et de discontinuité, à des niveaux divers, que consiste la nature de la vraie réforme</em> ». <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn11">[11]</a></p>
<p>Ce n’est pas lumineux et je ne prolonge pas la lecture des paragraphes de cette prose lourde, alambiquée et faussement subtile grâce à laquelle le pape en arrive à justifier la liberté religieuse reconnue par le Concile Vatican 2 en 1965, alors que Pie IX l’avait anathématisée en 1864. Mais pour affirmer la continuité, Benoît XVI doit la faire remonter au témoignage de Jésus lui-même et à celui de l’Eglise des martyrs, en sautant discrètement sur les formes diverses des mélanges théologico-politiques depuis l’empereur Constantin et la longue histoire de l’Eglise catholique, jusqu’à Pie XII (le nazisme et la guerre froide) et Jean-Paul II (le Rêve de Compostelle <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn12">[12]</a>), en passant par la théorie des deux glaives et les luttes entre la Papauté et l’Empire. La distinction des deux herméneutiques ne vaut pas grand-chose. </p>
<p>Pour le père Congar, mais en un tout autre sens, le discours de Jean XXIII pour l’ouverture du Concile le 11 octobre 1962 était une vraie rupture, mais une rupture encore à faire. Sortant d’un procès du Saint Office pour ses positions théologiques, procès dont il n’avait connu ni le chef d’accusation, ni le nom de ses juges, ni le verdict final, il assiste à l’ouverture du Concile qui lui parait révéler le visage constantinien de l’Eglise de Rome et note dans son journal au 11 octobre 1962 ses sentiments : « <em>Je vois le poids non dénoncé de l’époque où l’Eglise était seigneurisante, où elle avait un pouvoir temporel, où les papes et les évêques étaient des seigneurs, qui avaient une cour, protégeaient les artistes, prétendaient à une pompe égale à celle des Césars. Cela l’Eglise ne l’a jamais répudié à Rome. La sortie de l’ère constantinienne n’a jamais été son programme. Le pauvre Pie IX, qui n’a rien compris au mouvement de l’histoire, qui a enfoncé le catholicisme français dans une stérile attitude d’opposition, de conservatisme, d’esprit de restauration a été appelé par Dieu à entendre la leçon des événements, ces maîtres qu’il nous donne de sa main, et à sortir l’Eglise de la misérable logique de la « Donation de Constantin » </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn13"><em>[13]</em></a><em>, de la convertir à un évangélisme qui lui eut permis d’être moins <span style="text-decoration: underline;">du</span> monde et plus <span style="text-decoration: underline;">au</span> monde. Il a fait juste le contraire. Homme catastrophique qui ne savait ni ce qu’était l’ecclesia ni ce qu’était la tradition… Et Pie IX </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn14"><em>[14]</em></a><em> règne encore. Boniface VIII </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn15"><em>[15]</em></a><em> règne encore. On l’a surimposé à Simon Pierre, l’humble pêcheur d’hommes !</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn16">[16]</a>.</p>
<p>Revenons du 11 octobre 1962 à aujourd’hui. Benoît XVI est-il sorti de l’ère constantinienne ? Les Etats pontificaux se limitent désormais à une quarantaine d’hectares, mais disposent d’un Institut des oeuvres de religion, l’IOR, véritable banque du pape, qui gère les milliards issus de «<em> la donation de Mussolini</em> » <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn17">[17]</a> et dont les ressources sont précieuses pour limiter la liberté de parole d’évêques dont les diocèses sont loin de s’autofinancer <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn18">[18]</a>. La gouvernance de l’Eglise n’applique pas le principe de subsidiarité. Les synodes romains ne traitent pas des questions débattues dans l’Eglise, en cherchant l’expression collective d’épiscopats organisés et non seulement celle particulière de tel ou tel prélat. En bloquant tout débat sur l’ordination de <em>viri probati</em> <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn19">[19]</a> à la présidence de l’Eucharistie, l’Eglise romaine décourage des chrétiens de la participation à ce sacrement central et manque à l’obligation de fournir des ministres à leur communauté. En conséquence se développe la pratique des eucharisties sauvages dont témoigne la prise de position favorable à leur égard de dominicains néerlandais, face à la carence romaine. Dans <em>Le rêve</em> <em>de Jérusalem </em><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn20">[20]</a>, le cardinal Martini, qui était <em>papabile</em> au dernier conclave, a évoqué cette nécessité de faire du synode romain un véritable organe de réflexion collective et de décision.</p>
<p>Pour sortir de l’ère constantinienne,  le pape pourrait inviter au débat sur une infaillibilité qui se trompe d’objet, car elle n’est pas d’abord celle du pape, mais celle de l’Eglise. Je crois à l’infaillibilité de l’Eglise qui me transmet avec sûreté le message évangélique recueilli par les premières communautés chrétiennes. Quant à l’infaillibilité personnelle du pape, je l’affecte d’un très fort coefficient de relativité, dont les composantes sont les suivantes. La question n’émerge qu’au dix-neuvième siècle après des décennies de débats complexes issus du jansénisme et de la question de savoir si le pape est exempt d’inerrance non seulement sur la substance de la doctrine, mais aussi sur l’interprétation incontestable du texte lui-même <a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftn21">[21]</a>. Proclamée en 1870, l’infaillibilité pontificale est contemporaine de la perte des Etats pontificaux. Comment ne pas l’interpréter comme une affirmation d’autorité compensatrice de l’autorité temporelle perdue ? De plus ce « dogme » n’a été utilisé qu’une fois en 1950 pour la proclamation de l’Assomption de Marie, vieille croyance populaire partagée par de nombreuses communautés chrétiennes tant en Occident qu’en Orient. Son utilité pastorale a été jusqu’ici totalement nulle. Elle est même négative, car elle fait croire à un pape infaillible et donc tout puissant qui défigure l’image pétrinienne du serviteur.</p>
<p>Il n’y a pas besoin d’un nouveau Concile pour sortir vraiment de l’ère constantinienne. Il suffit d’un comportement du siège romain qui s’inspire de la lettre et de l’esprit du Concile Vatican 2. Des nominations épiscopales, non seulement indépendantes des pouvoirs politiques, mais procédant d’une consultation plus large que la procédure complètement secrète de la <em>terna</em>. L’acceptation du débat dans l’Eglise sur les problèmes qui se posent et que nombre de synodes diocésains a exprimé.</p>
<p>On peut avoir une autre vision et penser que, avec plus d’un milliard de baptisés, l’Eglise catholique est un monde d’une extraordinaire complexité et diversité. Sans doute la barque de Pierre est-elle menée « à la gaffe » (Duchêne), mais le  message est prêché vaille que vaille, et comme la conscience de chacun est respectée tant qu’il n’est ni théologien, ni divorcé remarié, on doit accepter le poids de l’histoire et la variété des situations. Je comprends ce point de vue, mais ne le partage pas. Je ne me résigne pas à ce que l’aide apportée aux personnes et aux familles par des ministres dévoués de l’Eglise catholique soit handicapée par un discours romain devenu inaudible en matière d’éthique familiale. Je ne me résigne pas à l’exercice d’un pouvoir qui soit insensible à la promesse démocratique qui vit au coeur des sociétés humaines. Je revendique ma liberté évangélique de critique pour confronter le message et les pratiques des institutions ecclésiales. Je sais que la liberté évangélique est aussi une responsabilité et je connais mes limites et mes fragilités.</p>
<p>Mon témoignage est donc là pour ouvrir un débat. Mais je ne peux l’achever sans dire mon bonheur d’être chrétien et catholique. Je suis immensément reconnaissant à mon Eglise de m’avoir transmis la foi à travers ma famille, de m’avoir offert les mots pour prier (le notre Père, les psaumes, le Nouveau Testament), de m’avoir à travers l’Ordre dominicain initié à l’extraordinaire littérature chrétienne d’ordre mystique, historique et surtout théologique avec son remarquable travail de la raison au cœur de la foi. Pour tout cela ma reconnaissance est infinie. La rencontre avec Dieu se fait dans le dialogue, avec les mots pour le dire qui nous conduisent au silence, avec les symboles sacramentels qui rythment notre pèlerinage vers le Dieu vivant par le Christ dans l’Esprit, au cœur des communautés chrétiennes dans leur diversité.</p>
<p><strong>Auteur : Hugues Puel<br />
Source : intervention à l&#8217;Agora Tête d&#8217;Or (Lyon) le 6 mars 2010, restituée ici avec la permission de l&#8217;auteur.</strong></p>
<hr size="1" /><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref1">[1]</a> F. LEPRIEUR, <em>Quand Rome condamne</em>, « Terre entière », Paris,  Plon/Cerf, 1989.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref2">[2]</a> Sur les murs de la chapelle de Vence en Provence.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref3">[3]</a> On en trouvera dans mon livre <em>Economie et Humanisme dans le mouvement de la modernité</em>, Paris, Editions du Cerf, 2004. Par ailleurs, j’ai évoqué mon itinéraire dans l’Ordre dominicain dans un entretien avec Jacques-François Vergonjeanne pour <em>Prêcheurs, Bulletin de liaison de</em> <em>la province de France,</em> n°110 de septembre 2007.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref4">[4]</a> Un ouvrage procédant d’une sélection très orientée de textes issus des Conciles et des textes papaux.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref5">[5]</a> <em>Lumen Gentium,</em>  §4.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref6">[6]</a> Les trois noms sélectionnés selon une procédure secrète menée par le nonce apostolique auprès de l’épiscopat du pays concerné et entre lesquels le pape <span style="text-decoration: underline;">doit</span> choisir le candidat finalement retenu.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref7">[7]</a> <em>Documentation catholique</em> du 15 mars 2009.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref8">[8]</a> Dicastère est le nom des ministères dans le gouvernement de la Curie romaine de l’évêque de Rome.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref9">[9]</a> §1 de <em>Gaudium et Spes</em>,</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref10">[10]</a> Sur cette histoire, C. GREMION et H. TOUZARD, <em>L’Eglise et la contraception : l’urgence d’un changement</em>, Paris, Bayard, 2006 et M. SEVEGRAND, <em>L’affaire humanae Vitae, l’Eglise catholique et la contraception</em>, Paris L’Harmattan, 2008.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref11">[11]</a> Texte complet dans <em>Documentation catholique</em>, 15 janvier 2006.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref12">[12]</a> <em>Le rêve de Compostelle : vers le restauration d’une Europe chrétienne ?, </em>Paris, Le Ceturion, 1989.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref13">[13]</a> Le plus célèbre faux de l’histoire, ce document instaurait le pape comme chef d’Etat avec un domaine de la taille de la Lombardie au cours des huitième et neuvième siècles, P. SIMONNOT, <em>Les papes</em>, <em>l’Eglise</em> <em>et l’argent</em>, <em>Histoire économique du christianisme des origines à nos jours</em>, Paris, Bayard, 2005, chapitre 8 « le pape, chef d’Etat ».</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref14">[14]</a> 1792-1878.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref15">[15]</a> 1235-1303.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref16">[16]</a> Y. Congar, <em>Mon journal du Concile,</em> 11 octobre 1962, cité par Andrea Riccardi, <em>Histoire du Concile Vatican 2</em>, tome 2,  Le Cerf, 1998,  p.32-33. </p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref17">[17]</a> Les accords du Latran désignés ainsi par Philippe Simonnot.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref18">[18]</a> Banque du pape, l’IOR (Institut des œuvres de religions) dispose actuellement d’un capital d’environ 5 milliards d’Euros, selon <em>La Croix</em> du 4 mars 2010.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref19">[19]</a> La question de l’ordination d’hommes mariés pour présidée l’Eucharistie, à laquelle une grande partie du peuple chrétien serait favorable, pratique qui existe déjà dans les Eglises orientales rattachées à Rome.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref20">[20]</a> Desclée de Brouwer, 2009.</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/pasteword.htm?ver=327-1235#_ftnref21">[21]</a> J.F. CHIRON, <em>L’infaillibilité et son objet</em>, Le Cerf, 1999.</p>
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		<title>Un érudit musulman publie une fatwa contre le terrorisme</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 18:02:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Un éminent érudit musulman d&#8217;origine pakistanaise, Muhammad Tahir-ul-Qadri (voir photo), a condamné mardi les terroristes, considérés comme des ennemis de l&#8217;islam, dans une fatwa (avis juridique donné par un spécialiste de loi islamique) rendue publique à Londres.
Il souligne que les actes de terrorisme ne pouvaient avoir aucune justification au nom de l&#8217;islam, condamnant notamment les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un éminent érudit musulman d&#8217;origine pakistanaise, Muhammad Tahir-ul-Qadri (voir photo), a condamné mardi les terroristes, considérés comme des ennemis de l&#8217;islam, dans une fatwa (avis juridique donné par un spécialiste de loi islamique) rendue publique à Londres.</p>
<p>Il souligne que les actes de terrorisme ne pouvaient avoir aucune justification au nom de l&#8217;islam, condamnant notamment les attentats d&#8217;Al-Qaida, dans cette fatwa de quelque six cents pages présentée au cours d&#8217;une conférence de presse à Londres, en présence notamment de députés et de représentants d&#8217;associations caritatives.<span id="more-2288"></span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-2289  aligncenter" title="Muhammad Tahir-ul-Qadri" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Muhammad-Tahir-ul-Qadri.jpg" alt="" width="575" height="385" /></p>
<p>Les kamikazes &laquo;&nbsp;ne peuvent pas prétendre que leur suicide sont des actes commis par des martyrs qui deviendront des héros de l&#8217;oumma [la communauté musulmane], non, ils deviendront des héros du feu de l&#8217;enfer&nbsp;&raquo;, a déclaré le Dr Tahir-ul-Qadri. &laquo;&nbsp;Il n&#8217;y a aucune place pour le martyre, et leurs actes ne seront jamais, jamais, considérés comme le djihad ['guerre sainte']&laquo;&nbsp;, a-t-il ajouté.</p>
<p>Cette fatwa &laquo;&nbsp;peut être considérée comme l&#8217;argumentaire théologique le plus complet contre le terrorisme islamiste à ce jour&nbsp;&raquo;, selon la fondation londonienne Quilliam, qui combat l&#8217;extrémisme musulman. Si d&#8217;autres responsables musulmans avaient par le passé déjà condamné le terrorisme, M. Qadri, qui s&#8217;est exprimé en anglais et en arabe, a souligné que cette fatwa écartait complètement tout type d&#8217;excuse pour justifier la violence. Il a souligné que l&#8217;islam était une religion de paix, appelant d&#8217;autres responsables religieux à rejoindre sa position.</p>
<p>Muhammad Tahir-ul-Qadri est à la tête du mouvement Minhaj-ul-Quran, une organisation de tradition soufie, qui combat l&#8217;extrémisme religieux dans des centres situés dans des dizaines de pays.</p>
<p><strong>Source : LEMONDE.FR, 02.03.10</strong></p>
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		<title>Le mépris des pauvres, par Gabriel Marc</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 17:09:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE SOCIÉTÉ AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Économie & Société]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne regrettera pas 2009. L&#8217;année s&#8217;est ouverte sur une panique financière et a mis au jour ensuite la conscience aiguë d&#8217;une crise écologique et la révélation d&#8217;une crise alimentaire.
La crise financière a pris tout le monde de court. Elle avait pourtant été annoncée depuis longtemps: un empilement de risques de plus en plus extravagants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">On ne regrettera pas 2009. L&#8217;année s&#8217;est ouverte sur une panique financière et a mis au jour ensuite la conscience aiguë d&#8217;une crise écologique et la révélation d&#8217;une crise alimentaire.</p>
<p style="text-align: justify">La crise financière a pris tout le monde de court. Elle avait pourtant été annoncée depuis longtemps: un empilement de risques de plus en plus extravagants ne pouvait que fragiliser l&#8217;édifice.<span id="more-1988"></span> Quand un petit parpaing de ce château branlant a cédé, tout a menacé de s&#8217;écrouler. Les gouvernements des grands pays ont élaboré des plans de relance pour protéger l&#8217;économie et colmaté les brèches des plus grandes banques. Dans l&#8217;urgence immédiate, il le fallait absolument. Des milliers de milliards de dollars de liquidités leur ont été consentis, prélevés sur les revenus futurs des travailleurs et des générations qui les suivent.</p>
<p style="text-align: justify">On nous persuade que tout cela est maintenant derrière nous. Est-ce si sûr ? Pourvu des liquidités reçues, le système, juste un peu dégraissé, reprend goût à ses anciennes pratiques. Plutôt que d&#8217;engager ses ressources rétablies pour financer l&#8217;investissement à long terme, il préfère le rendement immédiat du marché spéculatif pour se refaire du gras. Tant mieux pour les gagnants du jeu. Tant pis pour les autres : le chômage devient endémique, les salaires sont bloqués, sauf pour une minorité qui se les attribue jusqu&#8217;à l&#8217;invraisemblance, et les peuples de la pauvreté tirent la langue. C&#8217;est ainsi que s&#8217;ouvre l&#8217;année 2010.</p>
<p style="text-align: justify">La crise écologique n&#8217;est pas d&#8217;urgence aussi immédiate. Elle n&#8217;en est pas moins très préoccupante : elle appelle des remèdes de long terme. Mais ils sont d&#8217;un coût considérable : il faut reconfigurer l&#8217;appareil productif mondial. Les nations les plus puissantes devraient donner l&#8217;exemple, mais elles sont entre elles en âpre compétition, alors ce n&#8217;est pas le moment. À Copenhague, on a acté qu&#8217;il faut faire quelque chose, mais sans contrat, ni contrainte, ni contrôle. Autant ne dire rien. D&#8217;ici à la catastrophe annoncée, on a le temps. Pensez donc : 2020, 2050, plus tard même, ce sera pour les successeurs ! Tant pis pour tant de pays pauvres exposés aux dérèglements climatiques, parfois jusqu&#8217;à une disparition programmée. C&#8217;est ainsi que s&#8217;ouvre l&#8217;année 2010.</p>
<p style="text-align: justify">La troisième crise est latente. C&#8217;est la crise alimentaire. Une personne sur cinq dans l&#8217;humanité ne mange pas à sa faim, ne dispose pas des calories nécessaires au maintien du corps. En deux ans, leur nombre a spectaculairement augmenté. Un sommet sur la sécurité alimentaire vient de se tenir à Rome à la FAO pour tenter d&#8217;endiguer ce massacre. Les chefs d&#8217;État du G8 ont été absents et le sommet s&#8217;est achevé sans engagement financier pour développer l&#8217;agriculture des pays de la faim. Le pape a fait chorus avec ces pays-là en dénonçant le gaspillage et la spéculation (1). Mais sa voix s&#8217;est envolée avec celle des pauvres. L&#8217;insécurité alimentaire dans un si grand nombre de pays est très grave, car si on peut vivre en autarcie des produits de la terre &#8211; nos aïeux l&#8217;ont fait -, aucun être vivant ne peut vivre sans s&#8217;alimenter. Que plus d&#8217;un milliard de personnes &#8211; seize fois la population de la France ! &#8211; ne mangent pas assez pour l&#8217;énergie de vivre, c&#8217;est une honte pour l&#8217;humanité. C&#8217;est pourtant ainsi que commence l&#8217;année 2010.</p>
<p style="text-align: justify">Tout compte fait, il n&#8217;y a rien de tellement nouveau au fond depuis les temps bibliques où des prophètes, parfois mal embouchés, fulminaient contre l&#8217;insolence des riches et leur mépris des pauvres qu&#8217;ils exploitaient. La mondialisation contemporaine s&#8217;est contentée d&#8217;élargir l&#8217;espace de l&#8217;injustice. Elle pouvait « mieux faire ».</p>
<p style="text-align: justify">Jusqu&#8217;à quand les peuples vont-ils courber l&#8217;échine sans rien dire face à l&#8217;arrogance des élites ? Faut-il en arriver à « un nouveau 1789 avec, comme à la Bastille, la prise par le peuple d&#8217;une banque centrale », comme l&#8217;évoquait ici même un chroniqueur allemand (2) ? Sans aller jusqu&#8217;à cette extrémité, on peut, en cette période de vœux, formuler celui, ardent, d&#8217;un réveil des peuples pour refuser le primat exclusif de la finance sur l&#8217;homme, le saccage de la planète nourricière, la fatalité de la faim, et pour inventer de nouveaux styles de vie et de nouvelles manières de penser. L&#8217;énoncé des principes de la destination universelle des biens de la terre et de la promotion du bien commun rappelés inlassablement par les autorités morales, à commencer par l&#8217;Église, est merveilleux, mais ce serait mieux si l&#8217;énoncé devenait réalité. Alors on pourrait dire sans duplicité : bonne année 2010.</p>
<p>Gabriel Marc est ancien président du CCFD-Terre solidaire</p>
<p>(<a href="http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2010/01/19/001/">1</a>) Cf. Documentation catholique du <a href="http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2010/01/19/006/">6</a> décembre <a href="http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2010/01/19/2009/">2009</a>.</p>
<p>(<a href="http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2010/01/19/002/">2</a>) Lire La Croix du <a href="http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2010/01/19/018/">18</a> décembre <a href="http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2010/01/19/2009/">2009</a>.</p>
<p>La Croix 19 janvier 2010</p>
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		<title>Assemblée générale de NSAE</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/12/20/assemblee-generale-de-nsae/</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Dec 2009 17:44:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>

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		<description><![CDATA[




La prochaine assemblée générale de Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise se tiendra les 23 et 24 janvier 2010 au Centre International de Séjour de Paris, 6 avenue Maurice Ravel, 75012 Paris (métros Bel-Air, Porte de Vincennes, Porte Dorée ; Bus : PC2, n°29 et n°56). Le thème de cette année est : &#171;&#160;la justice de l&#8217;Evangile&#171;&#160;.
Vous êtes invités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<div>
<p class="MsoNormal" align="center"><strong></strong></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><strong></strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p><span style="font-weight: normal;">La prochaine assemblée générale de <em>Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise</em> se tiendra les 23 et 24 janvier 2010 au Centre International de Séjour de Paris, 6 avenue Maurice Ravel, 75012 Paris (métros Bel-Air, Porte de Vincennes, Porte Dorée ; Bus : PC2, n°29 et n°56). Le thème de cette année est : &laquo;&nbsp;<strong>la justice de l&#8217;Evangile</strong>&laquo;&nbsp;.<span id="more-1845"></span></span></p>
<p><!--StartFragment--><!--EndFragment--><!--StartFragment--><!--EndFragment--><!--StartFragment--><!--EndFragment--><span style="font-weight: normal;">Vous êtes invités à participer aux temps forts de cette Assemblée générale :</span></p>
<p><span style="font-weight: normal;"><span style="text-decoration: underline;">Le Samedi 23 Janvier 2010</span></span></p>
<p><span style="font-weight: normal;">- 13h30 : accueil des participants ;</span></p>
<p><span style="font-weight: normal;">- 15h 30 : intervention de </span>Claude GEFFRE, o.p. sur le thème <strong>&laquo;&nbsp;La justice de l&#8217;Evangile&nbsp;&raquo;</strong> ;</p>
<p><strong><span style="font-weight: normal;">- 17h 30 : célébration ;</span></strong></p>
<p><span style="font-weight: normal;">- 20h 30 : soirée conviviale autour d&#8217;un pot de l&#8217;amitié.</span></p>
<p><span style="font-weight: normal;"><span style="text-decoration: underline;">Le Dimanche 24 Janvier 2010</span></span></p>
<p><span style="font-weight: normal;">- 9h30 : accueil des participants ;</span></p>
<p><span style="font-weight: normal;">- 10h 15 : intervention d&#8217;</span>Etienne GRIEU, s.j. sur le thème <strong>&laquo;&nbsp;Promouvoir la justice&nbsp;&raquo;</strong> ;</p>
<p><span style="font-weight: normal;">- 13h 45 : travail en ateliers autour du thème <strong>&laquo;&nbsp;</strong></span><strong>Redécouvrir et se réapproprier l&#8217;Evangile&nbsp;&raquo;</strong> ;</p>
<p> - 17h00 : fin de l&#8217;assemblée générale.</p></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Eglise, qu&#8217;as-tu fait de ton évangile ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/10/31/eglise-quas-tu-fait-de-ton-evangile-2/</link>
		<comments>http://www.nsae.fr/2009/10/31/eglise-quas-tu-fait-de-ton-evangile-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 31 Oct 2009 19:39:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>

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		<description><![CDATA[Le hors-série n° 22 de de la revue Les Réseaux des Parvis &#8212; &#171;&#160;Eglise qu&#8217;as-tu fait de ton Evangile&#160;&#187; &#8212; vient de sortir. Il a été réalisé par la Rédaction de la revue, sous la responsabilité de Michel Dheunynck, Cécile Entremont et Didier Vanhoutte. Il rassemble plus de 60 documents, courriers, témoignages, extraits
d&#8217;articles, dans lesquels [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le hors-série n° 22 de de la revue <em>Les Réseaux des Parvis</em> &#8212; &laquo;&nbsp;Eglise qu&#8217;as-tu fait de ton Evangile&nbsp;&raquo; &#8212; vient de sortir. Il a été réalisé par la Rédaction de la revue, sous la responsabilité de Michel Dheunynck, Cécile Entremont et Didier Vanhoutte. Il rassemble plus de 60 documents, courriers, témoignages, extraits<br />
d&#8217;articles, dans lesquels beaucoup d&#8217;entre vous vont se reconnaître.<span id="more-1622"></span> Souvent bouleversants, toujours stimulants, ils permettent de décortiquer les récents événements qui ont secoué l&#8217;Eglise.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/10/parvishorsserieeglisequastufait1.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1627" title="parvishorsserieeglisequastufait1" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/10/parvishorsserieeglisequastufait1-211x300.jpg" alt="parvishorsserieeglisequastufait1" width="211" height="300" /></a> </p>
<p style="text-align: center;"><strong>Table des matières :</strong></p>
<p style="text-align: center;">I  : Christianisme trahi<br />
II : Une attente de débat dans l&#8217;Eglise<br />
III : Confrontation féconde entre droits humains et Evangile<br />
IV : Collectifs pour sortir de l&#8217;ornière dogmatique</p>
<p><strong>Extraits de l&#8217;éditorial de Michel Deheunynck :</strong></p>
<p>Le titre  <em>Eglise, qu&#8217;as-tu fait de ton Evangile  ?</em>  est choisi en contre-écho à la fâcheuse interpellation de Jean Paul II à notre pays « France, qu&#8217;as-tu fait de ton baptême  ? ». Mais aussi pour affirmer que c&#8217;est d&#8217;abord au nom de l&#8217;Evangile  que s&#8217;expriment les malaises, détresses et révoltes de nombre d&#8217;entre nous face à l&#8217;Eglise romaine.</p>
<p>Cet Evangile, super cadeau que Dieu nous fait, trop souvent délaissé par l&#8217;institution qui préfère jouer avec le carton d&#8217;emballage qu&#8217;est  la religion avec ses rites, ses règles et ses dogmes, à l&#8217;image de ces petits enfants qui renoncent vite au cadeau trop raffiné pour eux et préfèrent s&#8217;amuser avec la boîte&#8230;</p>
<p>Les réactions ont afflué à la suite des dérapages, bavures  et  autres caprices hiérarchiques qui ont accéléré leur cadence depuis le début de cette année 2009.</p>
<p>Nous avons voulu recueillir et  faire résonner les expressions d&#8217;amertume et de rancoeur, mais aussi d&#8217;humanité, d&#8217;amour et de foi qui se sont manifestées. Il y en avait tant qu&#8217;il a bien sûr fallu choisir en contournant les  inévitables  redondances pourtant révélatrices d&#8217;un mouvement à forte dimension collective.</p>
<p>Ces expressions multiples ont été aussi  très diverses, selon leur style : cris du coeur, coups  de « gueule », déclarations, articles de presse, lettres ouvertes aux évêques, etc &#8230; Diverses aussi par leurs auteurs : croyants intégrés ou en marge, laïcs et clercs, théologiens, professionnels, politiques,  médias, etc &#8230;Certaines étaient focalisées sur tel ou tel dysfonctionnement ecclésial : réintégration des intégristes et de leurs évêques , excommunications autour d&#8217;une petite fille brésilienne qui a ému toute la planète, réprobation renouvelée de l&#8217;usage préventif du préservatif, &#8230;. d&#8217;autres  étaient d&#8217;emblée plus globalisantes sur les comportements peu  évangéliques de l&#8217;institution dans leur ensemble.</p>
<p>Encore fallait-il les classifier selon une présentation dynamique. Nous proposons de commencer par les textes  qui expriment surtout une <strong>émotion</strong>; puis, ceux qui évoquent une <strong>attente</strong>, un avenir autre; ensuite, nous présentons les pistes de <strong>réflexion</strong> et d&#8217;approfondissement qui  ont été élaborées et que nous confrontons aux arguments adverses des mouvances intégristes ; enfin, pour ne pas en rester aux déclarations, nous développons  les <strong>actions</strong> qui sont envisagées ou déjà engagées. Ce cheminement nous rappelle celui de l&#8217;Action Catholique en Voir-Juger-Agir.   </p>
<p> A travers toute cette mobilisation se révèle un éveil de la conscience du peuple croyant, une  ébauche d&#8217;émancipation d&#8217;un troupeau qui n&#8217;entend plus être docile et obéissant et revendique sa maturité. Désormais adulte, il n&#8217;est plus disposé à jouer avec la boîte &#8230;</p>
<p>Mais émergent aussi des réactions de civilisation, telle que la remise en cause de l&#8217;intégrisme catholique, comme il en est  de l&#8217;intégrisme financier, ainsi que de sa compromission avec certains mouvements d&#8217;extrême droite. Cette émergence d&#8217;une opinion publique dans l&#8217;Eglise catholique romaine contribue ainsi,  pour sa part,  à féconder des interrogations de sens majeures pour l&#8217;avenir de notre humanité.</p>
<p>Au-delà  des paroles et bien au-delà de nos mouvances sur les parvis de l&#8217;Eglise, des mouvements prophétiques sont en marche. Oui, ça bouge dans le christianisme et dans son rapport au monde d&#8217;aujourd&#8217;hui. Enfin !</p>
<p><strong>Présentation du premier chapitre : Christianisme trahi (par Didier Vanhoutte)</strong></p>
<p>Il y a bientôt 50 ans on commençait d&#8217;ériger le mur de Berlin. Il aura duré 28 ans. Ses créateurs avaient oublié que tous les murs, toutes les citadelles tombent un jour, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre. Le temple de Jérusalem fut rasé en l&#8217;an 70, et le mur qui entoure Israël aujourd&#8217;hui tombera un jour.</p>
<p>Parce que les murs ne protègent pas. Ils enferment. Ils asphyxient. Et l&#8217;Eglise catholique romaine, emprisonnée dans une attitude obsidionale, l&#8217;a elle aussi oublié. Aujourd&#8217;hui, on y restaure avec effroi, tout en tremblant, les vieux rites, on s&#8217;abrite derrière les dogmes, on donne de la voix dans certains palais épiscopaux et derrière la façade de la Curie. On joue la pudeur offensée. On fait le simulacre de l&#8217;autorité : elle ne prouve que la déconfiture.</p>
<p>Alors le peuple crie. <em>Rendez-nous l&#8217;Evangile !</em> Cette clameur fera un jour s&#8217;effondrer les murailles de Jéricho pour libérer <em>la Parole</em>.</p>
<p>Une jeune fille de 20 ans avait compris tout cela en 1929 : Simone Weil. Voici ce qu&#8217;elle écrivait alors (Œuvres complètes, Quarto Gallimard, page 137) : <em>Il est des organisations, dans la société, qui, étant comme refermées sur elles-mêmes, n&#8217;ont d&#8217;autre but que d&#8217;exister et d&#8217;exister le plus possible. Telles sont les églises, tels sont les partis, telles sont, de la manière qu&#8217;on l&#8217;entend de nos jours, les patries. La fin suprême est, pour une église, de s&#8217;étendre ; pour un parti, le pouvoir. Et le moyen, puisque églises et partis sont composés d&#8217;hommes, c&#8217;est de diriger toute l&#8217;action de ces hommes vers l&#8217;église ou le parti, de les transformer, d&#8217;hommes qu&#8217;ils s&#8217;efforçaient d&#8217;être, de manière à ce qu&#8217;ils ne soient plus que des croyants, que des partisans.</em></p>
<p>Les textes que vous allez découvrir dans ce chapitre, issus de nos Réseaux ou venus de personnalités indépendantes, prouvent que le temps de l&#8217;acceptation silencieuse n&#8217;est plus.
</p>
<p style="text-align: center;"><strong>N&#8217;hésitez pas à vous procurer le hors-série (6,5 € à l&#8217;ordre des éditions du Temps Présent 68 rue de Babylone, 75007 Paris), à en parler et à le diffuser autour de vous.</strong></p>
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		<title>Benoît XVI rappelle la rupture entre clercs et laïcs&#8230; au profit des premiers</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 08:26:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Saint-Père a reçu ce matin un groupe d&#8217;évêques brésiliens achevant leur visite Ad Limina, devant lesquels il a développé la question des rôles au sein de l&#8217;Eglise : &#171;&#160;Face à celle des laïcs, l&#8217;identité propre aux fidèles ordonnés relève de la différence essentielle entre sacerdoce ministériel et sacerdoce commun. Il faut donc éviter la sécularisation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Saint-Père a reçu ce matin un groupe d&#8217;évêques brésiliens achevant leur visite <em>Ad Limina</em>, devant lesquels il a développé la question des rôles au sein de l&#8217;Eglise : &laquo;&nbsp;<em>Face à celle des laïcs, l&#8217;identité propre aux fidèles ordonnés relève de la différence essentielle entre sacerdoce ministériel et sacerdoce commun. Il faut donc éviter la sécularisation des prêtres et la cléricalisation des laïcs&#8230;<span id="more-1441"></span> Dans cette perspective, les laïcs doivent exprimer la vision anthropologique et la doctrine sociale de l&#8217;Eglise dans la vie publique, y compris en politique, tandis que les prêtres doivent y être étrangers. Leur mission est de favoriser l&#8217;unité et la communion des fidèles en étant une référence pour tous</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/nominations-vatican.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-21" title="Benoît XVI nomme 18 nouveaux cardinaux électeurs" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/11/nominations-vatican.jpg" alt="Benoît XVI nomme 18 nouveaux cardinaux électeurs" width="350" height="226" /></a></p>
<p>Puis Benoît XVI a dit que &laquo;&nbsp;<em>la carence en prêtres ne peut justifier une plus grande participation des laïcs</em>&nbsp;&raquo; en substitution. &laquo;&nbsp;<em>Dans la mesure où ils sont conscients de leurs responsabilités propres au sein de l&#8217;Eglise, ils favorisent le rôle primordial du prêtre comme pasteur de la communauté, comme témoin de la l&#8217;authenticité de la foi et dispensateur des mystères du salut au nom du Christ&#8230; La fonction sacerdotale est essentielle et irremplaçable pour l&#8217;annonce de la Parole et la célébration des sacrements, de l&#8217;Eucharistie avant tout&#8230; Il faut donc demander au Seigneur d&#8217;envoyer des ouvriers pour sa vigne, mais aussi pour que les prêtres manifestent la joie de la fidélité à leur identité et l&#8217;enthousiasme de leur mission</em>&nbsp;&raquo; Le manque de prêtres, a ajouté le Pape, &laquo;&nbsp;<em>ne doit pas être considéré comme normal, et encore moins comme un caractère acquis à l&#8217;avenir</em>&laquo;&nbsp;, encourageant ses hôtes &laquo;&nbsp;<em>à unir leurs efforts pour susciter la vocation des nouveaux pasteurs dont les diocèses ont besoin&#8230; mais également pour disposer d&#8217;un clergé mieux formé et plus nombreux au service de la foi et de la mission apostolique des fidèles</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Evoquant ensuite le 150<sup>e</sup> anniversaire de la mort du Curé d&#8217;Ars, commémoré par l&#8217;Eglise à l&#8217;occasion de l&#8217;Année sacerdotale, le Pape a rappelé qu&#8217;il demeure un modèle pour le prêtre d&#8217;aujourd&#8217;hui, &laquo;&nbsp;<em>surtout dans un célibat vécu comme exigence et don de soi, manifestation de la charité pastorale que le Concile Vatican II décrit comme coeur de l&#8217;être et de l&#8217;action du prêtre</em>&laquo;&nbsp;. En conclusion, il a souligné devant les évêques brésiliens la manifestation de nombreux signes d&#8217;espérance pour l&#8217;avenir de leurs Eglises, un &laquo;&nbsp;<em>avenir que Dieu prépare par le biais de la rigueur et de la fidélité exercées dans le ministère épiscopal</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>Cité du Vatican, 17 Sep 2009<br />
</strong><strong>Communiqué de presse du Vatican (<a href="http://212.77.1.245/news_services/press/vis/dinamiche/d0_fr.htm" target="_blank">Vatican Information Service N156</a>)</strong></p>
<p><strong>Pour le texte complet original (en portugais) de l&#8217;allocution de Benoît XVI, <a href="http://212.77.1.245/news_services/bulletin/news/24338.php?index=24338&amp;po_date=17.09.2009&amp;lang=fr" target="_blank">cliquez ici</a>.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pour mieux comprendre et réagir face à la crise et au discours lénifiant</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/09/02/pour-mieux-comprendre-et-reagir-face-a-la-crise-et-au-discours-lenifiant/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 11:41:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;une des priorités de « Nous sommes aussi l&#8217;Eglise », cette année, est d&#8217;aider, par une formation permanente,  les différents groupes à décrypter un discours politique et économique lénifiant : tout est fait « pour notre bien » par un président omniprésent et omnipotent.
Dans le même temps des décisions importantes sont prises pour notre avenir à tous dans tous les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">L&#8217;une des priorités de « Nous sommes aussi l&#8217;Eglise », cette année, est d&#8217;aider, par une formation permanente,  les différents groupes à décrypter un discours politique et économique lénifiant : tout est fait « pour notre bien » par un président omniprésent et omnipotent.</p>
<p style="text-align: left;">Dans le même temps des décisions importantes sont prises pour notre avenir à tous dans tous les domaines : réduction du nombre d&#8217;enseignants, de fonctionnaire dans les services de santé ; privatisation des services publics ; exclusion des pauvres<span id="more-1226"></span> ; soutien aux banques ; dette publique de plus en grande ; une politique d&#8217;immigration sélective qui « saigne » les pays les moins riches &#8230;</p>
<p style="text-align: left;">Face à cette déferlante, la crise financière mondiale s&#8217;annonce longue. Un sentiment d&#8217;impuissance risque de paralyser ou au moins de démobiliser les militants. Puisqu&#8217; « Il » s&#8217;occupe de tout, laissons le faire.</p>
<p style="text-align: left;">Le hors-série n°21 publié par Parvis « <strong>Capitalisme et libéralisme</strong> » qui est réalisé en grande partie par des membres de N.S.A.E. avec Partenia 77 évoque ce contexte et montre qu&#8217;il n&#8217;y a pas de fatalité. Sur chacun des problèmes d&#8217;actualité, il fait un rapide historique montrant comment et pourquoi  on en est arrivé là. Comment repenser les alternatives et aller plus loin.</p>
<p style="text-align: left;">Chacun peut se le procurer en adressant un chèque de 6,5 euros  à NSAE, 68 rue de Babylone, 75007 Paris</p>
<p style="text-align: left;">Pierre Desbruyeres</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1243 aligncenter" title="La libéralisation c'est l'ouverture au monde" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/09/mric-parvis-liberalisation-seilliere2.png" alt="La libéralisation c'est l'ouverture au monde" width="269" height="301" /></p>
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		<title>Les crises se suivent&#8230;, par Jacques Noyer</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/05/17/les-crises-se-suivent-par-jacques-noyer/</link>
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		<pubDate>Sun, 17 May 2009 18:51:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Textes critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Les crises se suivent et ne se ressemblent pas. D&#8217;abord, la crise financière, puis la crise de l&#8217;Église catholique, enfin la crise de la grippe A. Il est évident qu&#8217;elles ne se ressemblent pas. Elles n&#8217;appartiennent pas au même domaine de la vie humaine. Elles n&#8217;ont aucun lien entre elles. Elles ont des causes et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Les crises se suivent et ne se ressemblent pas. D&#8217;abord, la crise financière, puis la crise de l&#8217;Église catholique, enfin la crise de la grippe A. Il est évident qu&#8217;elles ne se ressemblent pas. Elles n&#8217;appartiennent pas au même domaine de la vie humaine. Elles n&#8217;ont aucun lien entre elles. Elles ont des causes et des dynamiques très différentes. Elles réclament des remèdes spécifiques. Elles ont des conséquences incomparables.</p>
<p>Et pourtant elles sont toutes des crises de la confiance. « <em>Avant la crise, on mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, on vendait, on plantait, on bâtissait&#8230;</em> », comme disait Jésus en Luc, 17 lorsqu&#8217;il évoque les crises mythiques du déluge ou de Sodome. Quand vient la crise, tous ces échanges qui constituent la vie quotidienne sont touchés. La confiance qui les rendait possible est frappée. Pour prêter, pour entreprendre, pour croire, pour vivre il faut la confiance. Toutes ces crises ont en commun de jeter le soupçon sur les autres, sur les institutions, sur les responsables en place. Mon voisin devient une menace. Nos chefs nous ont trahis. La vie commune devient problématique.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1045" title="jacques-noyer" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/05/jacques-noyer.jpg" alt="jacques-noyer" width="273" height="400" /></p>
<p>Chacune de ces crises s&#8217;inscrit dans une série de crises antérieures. Chaque crise surprend mais on l&#8217;attend depuis toujours sans savoir quand et où elle se déclencherait. Les maux d&#8217;aujourd&#8217;hui ne sont pas les premiers et dans chaque registre le fantôme des crises précédentes hante les esprits.</p>
<p>La crise de 1929 reste dans les souvenirs avec son lot de chômeurs, de faillites, de suicides et de misères. Personne ne sait si on pourra aujourd&#8217;hui échapper à cette fatalité. Et les perspectives politiques peuvent craindre la montée de nationalismes et de dictatures dont le nazisme reste le modèle même si d&#8217;autres peuvent espérer que de ce chaos annoncé apparaisse une société meilleure. La révolte des nouveaux « damnés de la terre » qui n&#8217;ont rien à perdre n&#8217;a besoin ni d&#8217;idéologie ni d&#8217;espérance pour se produire.</p>
<p>La crise sanitaire d&#8217;aujourd&#8217;hui trouve une société instruite par de nombreuses alertes antérieures. Elle reste surtout marquée par la tragédie non encore maîtrisée du Sida. Ce Sida qui a jeté un soupçon de mort dans la sexualité trouve un écho dans ce soupçon de mort qui rode dans les contacts les plus courants. Le masque est aussi, à sa façon, un préservatif qui semble annoncer un peuple bâillonné au nom de la peur.</p>
<p>L&#8217;Église catholique a connu dans son histoire bien des crises également et de bien plus graves. Il suffit de penser à la Réforme Luthérienne. Il est bien possible que cette hantise est présente chez un certain nombre de fidèles. Où va-t-on si on commence à critiquer le Pape ? Il semble pourtant qu&#8217;il y a aussi, surtout en France, le fantôme d&#8217;une autre crise à laquelle on fait rarement allusion.</p>
<p>Notre génération a connu la grande crise de la Guerre quand, à part quelques personnalités exemplaires, l&#8217;Église de France s&#8217;est laissée impressionnée par le prestige de l&#8217;ordre nouveau au point de glisser dans une complaisance scandaleuse avec le discours de Vichy et parfois de Berlin. On sait comment Pie XII lui-même, à tort ou à raison, s&#8217;est vu reprocher son silence. On ne peut oublier l&#8217;épuration de plusieurs évêques à la libération.</p>
<p>Comment ne pas éprouver de l&#8217;angoisse quand le Pape semble montrer tant de complaisance avec les héritiers de cette église-là. Le Concile avait réussi à sortir de cette triste histoire. La réintégration des fidèles de Mgr Lefebvre est devenue grâce à lui une question doctrinale. Mais ce n&#8217;est pas pour rien que ce qui a mis le feu aux poudres ce sont les propos négationnistes de l&#8217;un d&#8217;entre eux. Comme on est loin de la liturgie !</p>
<p>Si derrière la crise économique d&#8217;aujourd&#8217;hui, nous voyons la crise de 1920, si derrière la grippe porcine d&#8217;aujourd&#8217;hui nous tremblons de la menace du Sida, de la même façon ce qui rend compte de la crise religieuse d&#8217;aujourd&#8217;hui, c&#8217;est la menace de cette Église bien pensante et lâche dont le retour annoncé nous appelle à une nouvelle résistance.</p>
<p><em><strong>Auteur : Jacques Noyer, évêque émérite d&#8217;Amiens<br />
Source : Témoignage Chrétien, édition du 7 mai 2009</strong></em></p>
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		<title>Lettre ouverte aux évêques de France, par l&#8217;association Confrontations</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2009/05/09/lettre-ouverte-aux-eveques-de-france-par-lassociation-confrontations/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2009 15:45:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
		<category><![CDATA[Textes libérateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 20 avril 2009
Monseigneur,
L&#8217;association Confrontations, qui succède au CCIF (Centre Catholique des Intellectuels Français), regroupe des chrétiens souvent professionnellement impliqués dans l&#8217;analyse de l&#8217;opinion publique et des fonctionnements institutionnels. A ce double titre, nous nous sentons tenus en conscience de nous adresser à vous, de façon urgente, au sujet de la façon dont L&#8217;Église [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Paris, le 20 avril 2009</p>
<p>Monseigneur,</p>
<p>L&#8217;association Confrontations, qui succède au CCIF (Centre Catholique des Intellectuels Français), regroupe des chrétiens souvent professionnellement impliqués dans l&#8217;analyse de l&#8217;opinion publique et des fonctionnements institutionnels. A ce double titre, nous nous sentons tenus en conscience de nous adresser à vous, de façon urgente, au sujet de la façon dont L&#8217;Église catholique est gouvernée.<span id="more-959"></span> Apparue au grand jour au cours des dernières semaines, cette manière nous semble porter atteinte à notre capacité collective d&#8217;annoncer l&#8217;Évangile, laissant beaucoup d&#8217;entre nous stupéfaits et humiliés.</p>
<p>Après la gestion de la levée de l&#8217;excommunication des quatre évêques de la Fraternité saint Pie X et de l&#8217;affaire Williamson, après l&#8217;approbation apportée à l&#8217;action du successeur de Dom Helder Camara par le Cardinal Rè, président de la Commission pour l&#8217;Amérique Latine, et préfet de la Congrégation des évêques, nous avons été aux prises avec des déclarations sur la propagation du sida faites d&#8217;une manière telle qu&#8217;elles ont, hélas, complètement occulté l&#8217;enjeu du voyage du pape en Afrique.</p>
<p>Loin d&#8217;être l&#8217;effet du hasard, ces trois incidents, fort significatifs, en leur proximité même, ne peuvent être réduits à des problèmes de communication : ils révèlent, en effet, un mode de gouvernement.</p>
<p>Surmontant nos émotions, nous nous sentons obligés, en nous détachant de l&#8217;actualité immédiate, de vous faire part de nos réflexions sur le gouvernement ecclésial tel qu&#8217;il s&#8217;exerce habituellement tant à Rome que dans notre propre espace ecclésial. Pour cela, nous nous appuyons sur le numéro 37 de la constitution dogmatique sur l&#8217;Église de Vatican II (1), ainsi que sur le devoir que nous en fait le can. 212, § 3 du code de droit canonique (2).</p>
<p>Plutôt que nous adresser directement au Saint-Siège, nous préférons nous adresser à vous qui portez solidairement la responsabilité de la proposition de la foi en notre pays, là où se situent également nos responsabilités au sein de nos diocèses et de nos Églises locales.</p>
<p>Pour plus de clarté, nous exprimons d&#8217;emblée notre conception de la conduite du Peuple de Dieu car c&#8217;est sur elle que repose l&#8217;ensemble de nos propositions.</p>
<p>Pour Vatican II, le Peuple de Dieu est premier même si les évêques y ont une place essentielle : ensemble nous cherchons à connaître Dieu révélé en Christ, pour transmettre la Bonne Nouvelle. Sans écoute mutuelle, respectant la diversité des charismes, le Peuple de Dieu ne trouvera pas sa fidélité à l&#8217;Évangile, surtout dans une société humaine en transformation profonde et rapide.</p>
<p>Le recours à la réflexion de tous ceux qui sont concernés et ont des responsabilités y est ordinairement la condition de prises de parole et de décisions fructueuses. C&#8217;est cela que visaient la synodalité, impliquant les laïcs au plan local ou national, et la collégialité des évêques au sein de l&#8217;Église entière, toutes deux promues par Vatican II. Les avoir négligées n&#8217;est-il pas à la source de bien des difficultés présentes ?</p>
<p>Après un essai de diagnostic du fonctionnement actuel de l&#8217;Église (I), nous avons élaboré quelques propositions (II) que nous souhaiterions voir prendre en considération dans les délibérations pastorales de votre diocèse espérant qu&#8217;elles seront reprises également au niveau des différentes commissions épiscopales dans un travail collectif. De ce message qui vous est adressé, vous saurez, nous en sommes persuadés, vous faire l&#8217;écho à Rome.</p>
<p>Nous vous remercions pour l&#8217;attention que vous porterez aux propositions que vous trouverez ci-jointes et vous prions de croire, Monseigneur, à l&#8217;expression de nos sentiments respectueux et de notre fidèle attachement à l&#8217;Église.</p>
<p>Pour le conseil d&#8217;administration de Confrontations<br />
Jean-Louis Piednoir &#8211; Président</p>
<p>N.B. Copie envoyée à son Excellence Monseigneur le Nonce Apostolique à Paris</p>
<p>P.S. Nous avons apprécié le travail de réflexion accompli par la dernière rencontre des évêques de France à Lourdes ainsi que le discours de clôture de son président (écrit à la main par Jean-louis Piednoir).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-14" title="Jesus" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2007/09/jesus.jpg" alt="Jesus" width="400" height="300" /></p>
<p style="text-align: center;">*<br />
*      *
</p>
<p style="text-align: center;"><strong>NOTRE MESSAGE</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>I &#8211; Un essai de diagnostic</strong></p>
<p>Le diagnostic que nous proposons veut aller bien au-delà des remous actuels. Il s&#8217;appuie sur une réflexion collective de membres de notre association. Il s&#8217;appuie également sur les résultats d&#8217;enquêtes, connus et publiés, ainsi que sur notre expérience de chrétiens engagés dans la société contemporaine et dans l&#8217;Église.</p>
<h3>Des paroisses en déshérence</h3>
<p>Sur le moyen terme, le problème le plus visible est celui de la déshérence des paroisses qui a un rapport très réel avec le mode de gouvernement de l&#8217;Église. C&#8217;est dans leurs assemblées locales que les chrétiens de tous âges se retrouvent pour écouter la Parole, partager la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, vivre les sacrements et en particulier celui de l&#8217;eucharistie. Ceci devient de plus en plus difficile car en moins de 50 ans, 90% des prêtres français ont disparu. La seule réponse apportée à ce problème fondamental a été jusqu&#8217;à maintenant de regrouper administrativement les paroisses et cela ne concerne plus, depuis longtemps, seulement les petites paroisses rurales. Un désert spirituel s&#8217;instaure aussi dans les petites villes et les banlieues. N&#8217;a-t-on pas d&#8217;autres réponses chrétiennes à une situation désormais structurelle ?</p>
<p>Tous les évêques et les prêtres savent qu&#8217;en 2009 nous sommes entrés dans la 75ème année consécutive de baisse du nombre des ordinations. Il y a 40 ans, tous âges confondus, il y avait en France 41 000 prêtres. Dix ans plus tard, ils n&#8217;étaient plus que 36 000. Et dans cinq ans ils seront seulement 4500 âgés de moins de 65 ans pour un pays d&#8217;environ 65 millions d&#8217;habitants. Depuis un quart de siècle nous ne réussissons à ordonner, en moyenne, qu&#8217;un prêtre par diocèse et par an, ce qui implique que tel diocèse, celui de Verdun par exemple, puisse être privé d&#8217;ordinations pendant huit ans.</p>
<p>Telle est la dure réalité, qui n&#8217;est pas seulement le résultat de ce qu&#8217;on appelle la sécularisation, terme très général qui dispense d&#8217;inventorier nos responsabilités propres. On y a répondu jusqu&#8217;à maintenant, sans succès, par la prière et des regroupements administratifs de paroisses. Mais pourquoi les secteurs paroissiaux et les diocèses au lieu d&#8217;être gouvernés seulement d&#8217;en haut, ne prendraient-ils pas un peu plus en mains propres leur destin chrétien ? Des réalisations en ce sens existent déjà dans certains diocèses.</p>
<p>Ne faut-il pas développer la confiance dans les capacités du Peuple chrétien, en sa diversité, à se constituer en assemblées de prière, d&#8217;écoute de la Parole et de services aux autres ?</p>
<p>Bien accompagné, ne suscitera-t-il pas lui-même des appels aux ordinations ? Certaines années, n&#8217;a-t-on pas ordonné, par exemple, plus de diacres que de prêtres ?</p>
<h3>Des diocèses en déficit de synodalité</h3>
<p>Peut-on affirmer qu&#8217;en France notre Église cultive vraiment une synodalité qui permettrait de faire appel aux ressources du Peuple chrétien de façon structurelle ? Ainsi, 45 ans après Vatican II, nous constatons que la moitié des diocèses français n&#8217;ont toujours pas convoqué un seul synode. Seule une dizaine parmi l&#8217;autre moitié en a célébré deux et très rarement trois.</p>
<p>Dans la société française contemporaine, instruite, informée, changeant très rapidement, quel avenir peut avoir une Église où les fidèles restent passifs, gouvernés sans possibilité de faire entendre leur voix et de s&#8217;intégrer dans la recherche de tant de solutions urgentes concernant, par exemple, l&#8217;invention de nouveaux langages de la foi ou l&#8217;avenir des ministères ?</p>
<p>La visite des paroisses par les évêques pourrait contribuer à la création de l&#8217;esprit requis. Mais comment est-elle conçue ? Quelle est sa fréquence ? Est-ce l&#8217;occasion d&#8217;une vraie rencontre avec le Peuple de Dieu ?</p>
<p>Prier ou parler avec son évêque est souvent difficile. Certes, on le sait occupé. De ce fait, en plus des synodes, ne faudrait-il pas imaginer des formes de communication plus habituelles dans le peuple chrétien ? Pour utile qu&#8217;il soit, internet ne saurait être un moyen adéquat pour que les évêques puissent écouter leur peuple et non pas seulement lui parler.</p>
<h3>Des orientations de la Conférence des Évêques peu lisibles</h3>
<p>Les réactions tardives du Président de la Conférence des Évêques de France au vu des évènements récents, le fait même qu&#8217;il n&#8217;y ait pas eu de parole commune mais seulement une parole épiscopale dispersée, laissent place à bien des interrogations sur les modes de concertation et de consultation entre les évêques de France. Sur l&#8217;affaire du Brésil, révoltante à tous égards, on aura noté par exemple le décalage dans le temps et le contenu entre les diverses interventions. Comment la Conférence des Évêques de France s&#8217;informe-t-elle et quels instruments se donne-t-elle pour pouvoir réagir en concertation, sans priver un évêque de sa liberté de parole ?</p>
<p>Par ailleurs, le travail de réflexion fondamental sur l&#8217;annonce de l&#8217;Évangile dans notre société semble absent ou n&#8217;est pas repérable.</p>
<p>Quelles ont été les suites du remarquable rapport Dagens (3) qui avait bénéficié d&#8217;une concertation, comportant quelques théologiens ? S&#8217;est-il perdu dans les sables ?</p>
<p>Depuis lors, quelles réflexions neuves sont proposées aux chrétiens ?</p>
<h3>Ne reproduit-on pas en France le fonctionnement institutionnel du Pape et de la Curie ?</h3>
<p>Le mode de décision à l&#8217;oeuvre dans la tentative de réconciliation des évêques de la Fraternité saint Pie X semble marqué par l&#8217;absence de dialogue entre les acteurs concernés tant au sein de la Curie qu&#8217;au sein de l&#8217;Église catholique en ses instances nationales et locales. C&#8217;est, en effet, par la presse que les évêques français ont appris les décisions du pape.</p>
<p>Les récents événements ont fait apparaître un pape solitaire, des congrégations et des commissions romaines qui ne communiquent pas entre elles et des décisions prises sans consultation des instances locales concernées.</p>
<p>C&#8217;est précisément sur l&#8217;absence de toute consultation préalable des évêques de France, alors que le « lefébvrisme » concerne bien notre pays, que l&#8217;on aurait pu attendre une réaction de la Conférence. Elle se borne à dire que la pleine reconnaissance de Vatican II était une condition indispensable et incontournable à l&#8217;unité, mais elle reste muette sur cette absence d&#8217;information et de consultation. Et on constate le même silence sur ce point dans la lettre d&#8217;explication postérieure du pape alors que cette absence avait choqué bien des croyants.</p>
<p>Au plan de l&#8217;analyse institutionnelle, tous les maillons de la chaîne souffrent de dysfonctionnements de haut en bas, le maillon du dessous reproduisant le mode de fonctionnement pyramidal de celui du dessus.</p>
<p>La crise a tout de même révélé un attachement profond du peuple chrétien à Vatican II, ce en quoi les évêques peuvent se réjouir et ce sur quoi ils peuvent s&#8217;appuyer.</p>
<p>Une chance s&#8217;offre ainsi à notre Église : la confiance réciproque entre les fidèles et leurs pasteurs pourra ainsi être restaurée et permettre un nouveau départ pour la réflexion sur la présence de l&#8217;Église dans notre culture.</p>
<h3>Un faible niveau d&#8217;inculturation</h3>
<p>Beaucoup de fidèles souffrent du décalage entre le discours ecclésial et les évolutions de la société. Le discours de l&#8217;Église devient inaudible et le fonctionnement de certains de ses organes est devenu incompréhensible.</p>
<p>L&#8217;inculturation, qui est loin d&#8217;être une simple adaptation à la société environnante, demande d&#8217;analyser les mutations culturelles de nos sociétés, qui ne sont, en soi, ni bonnes ni mauvaises. Faute de les comprendre, on reste fixé sur des modèles culturels qui eurent leur pertinence dans le passé. Il arrive ainsi qu&#8217;on transforme en norme théologique et pastorale des figures de la vie ecclésiale, pertinentes en leur temps mais devenues stériles aujourd&#8217;hui. On peut penser notamment au régime de l&#8217;autorité, au statut des prêtres, à l&#8217;évolution de la vie des couples et des jeunes et au nouveau statut de l&#8217;affectivité dans les engagements personnels et institutionnels.</p>
<p>Trois évolutions majeures devraient ainsi faire l&#8217;objet de réflexions approfondies en Église :<br />
- Le rapport à l&#8217;autorité de nos concitoyens qui sont sensibles aux mécanismes permettant de concilier autonomie personnelle et nécessité d&#8217;une autorité.<br />
- La place des femmes dans l&#8217;expression publique de l&#8217;Église et dans la prise de décisions.<br />
- Les conditions d&#8217;émission du message évangélique : on ne peut plus séparer le contenu du message de la crédibilité de ses émetteurs.</p>
<p>Cette réflexion conditionne fortement l&#8217;annonce de l&#8217;Évangile aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>II &#8211; Nos propositions</strong></p>
<p>Au regard de ce diagnostic initial, les propositions qui suivent voudraient contribuer à résoudre des dysfonctionnements récurrents qui ne sont que secondairement des &laquo;&nbsp;problèmes de communication&nbsp;&raquo; entre l&#8217;Église et notre société. C&#8217;est l&#8217;Église elle-même, avec tous ses membres, qui doit mieux prendre en charge le témoignage à rendre à l&#8217;Évangile, en instaurant un régime d&#8217;écoute mutuelle parce que l&#8217;ensemble des dons du Saint Esprit ne se trouve que dans l&#8217;ensemble de l&#8217;Église ; ce qui devrait se traduire par une synodalité plus active.</p>
<h3>1 Mettre en oeuvre la synodalité à tous les niveaux</h3>
<p>- Promouvoir une réelle collégialité épiscopale, en conférant des capacités de proposition et des pouvoirs de décision à des conférences épiscopales régionales ou continentales. Une papauté solitaire et se voulant omni-compétente n&#8217;aide ni la pastorale ni les rapprochements oecuméniques.</p>
<p>- Évaluer la mise en oeuvre de Vatican II tant dans la ligne de <em>Lumen Gentium</em> et de l&#8217;oecuménisme que dans celle de &laquo;&nbsp;<em>l&#8217;Église dans le monde de ce temps</em>&nbsp;&raquo; qui porte un message sur la vie publique, la construction européenne, la mondialisation&#8230;</p>
<p>- Proposer des formations spécifiques aux clercs et aux laïcs tant à l&#8217;écoute qu&#8217;à l&#8217;expression, et au dialogue afin de promouvoir la participation du plus grand nombre. Ainsi différentes formes de synodalité pourront se mettre en place peu à peu, et les chrétiens pourront faire entendre leur voix.</p>
<p>- Revaloriser les églises locales comme sujets de droit : les consulter au préalable sur le choix des futurs évêques, sur les projets d&#8217;encycliques et sur l&#8217;ordre du jour des synodes romains. Des développements en ce sens ne demandent pas de créer de nouveaux instruments synodaux mais de donner de réels pouvoirs à ceux dont on dispose déjà, qui restent souvent méconnus et sous-utilisés.</p>
<h3>2 Développer la prospective</h3>
<p>L&#8217;Assemblée des Évêques de France a désormais une cellule prospective ce dont nous nous réjouissons. Avec beaucoup de groupes chrétiens nous espérons pouvoir y collaborer.</p>
<h3>3 Retrouver la primauté du service de l&#8217;Évangile</h3>
<p>Dans les difficultés actuelles, une urgence semble s&#8217;imposer : donner la primauté à l&#8217;Évangile tant dans les nombreux messages de l&#8217;Église que dans sa gouvernance.</p>
<h4>a) Donner la priorité à l&#8217;Évangile dans les messages de l&#8217;Église</h4>
<p>Les messages de l&#8217;Église sont nombreux, y perçoit-on facilement l&#8217;originalité et la nouveauté de l&#8217;Évangile ? L&#8217;esprit du monde y fait obstacle, mais probablement aussi la traduction trop rapide de l&#8217;Évangile en une morale que l&#8217;on demande, en même temps, aux autorités civiles de transformer en lois, en référence à la loi naturelle. Ce glissement fréquent, de l&#8217;une dans l&#8217;autre, des trois instances que sont l&#8217;Évangile, la morale et les lois civiles, ne permet plus d&#8217;honorer ni la spécificité de l&#8217;Évangile &#8211; qui est bien autre chose qu&#8217;une éthique &#8211; ni l&#8217;originalité de la morale, ni la responsabilité spécifique des législateurs. Ces courts-circuits détournent nos contemporains de l&#8217;écoute du message évangélique, en partie parce que dans leur mémoire historique, notre Église est perçue comme s&#8217;étant opposée aux libertés et qu&#8217;aujourd&#8217;hui encore elle leur donne l&#8217;impression de vouloir s&#8217;emparer autoritairement de leur liberté.</p>
<h4>b) Donner la priorité à l&#8217;Évangile, créateur de communion, dans la gouvernance de l&#8217;Église</h4>
<p>Ces dernières semaines l&#8217;exercice solitaire des ministères d&#8217;autorité est apparu aussi problématique que celui de tout ministère. Car dans la communion de l&#8217;Évangile, tout ministre est situé dans l&#8217;Église, avant de l&#8217;être face à elle. Saint Augustin aimait répéter : « <em>avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque</em> ». Dans le droit canon et dans certaines théologies, cet équilibre a été perdu. C&#8217;est l&#8217;une des sources de la crise actuelle de tous les ministères.</p>
<h5>Épiscopat et communion ecclésiale.</h5>
<p>Vatican II l&#8217;a certes rappelé : « <em>on ne doit pas les considérer comme les vicaires des Pontifes romains</em> » (Lumen Gentium 27). Néanmoins dans le droit en vigueur, les évêques ne sont-ils pas l&#8217;équivalent des préfets de notre République ? Le pape les nomme librement et ils n&#8217;ont de comptes à rendre qu&#8217;à lui seul. Si d&#8217;autres évêques sont impliqués dans leur choix, des réseaux sans statut ecclésial le sont aussi. Mais comment justifier, dans une ecclésiologie de communion, que les instances du diocèse concerné soient ignorées ? De plus quand, structurellement, l&#8217;évêque catholique est situé seulement face à son diocèse, que devient la synodalité ? On est loin de l&#8217;adage canonique médiéval « <em>ce qui concerne tout le monde doit être délibéré par tous</em> », et plus encore de la patristique, quand le pape saint Léon demandait que l&#8217;évêque, « <em>qui préside à tous, soit élu par tous </em>». La bureaucratisation actuelle est facteur de crise pour les Églises locales, réduites au statut de départements de l&#8217;Église universelle et privées de créativité pour l&#8217;inculturation de l&#8217;Évangile.</p>
<h5>« Vocations » et synodalité de l&#8217;Église locale.</h5>
<p>Ce qui est vrai des évêques, l&#8217;est aussi des prêtres. La vocation de ces derniers a été largement privatisée et fondée sur le volontariat, très valorisé spirituellement, d&#8217;une personne d&#8217;abord appelée dans son intimité, directement par Jésus. En l&#8217;absence de volontaires de ce type, on se condamne à ne plus avoir de prêtres. Pourtant, en bien des secteurs pastoraux, les chrétiens de l&#8217;endroit ne pourraient-ils pas prendre en charge leur propre avenir, analyser ensemble les besoins du service de l&#8217;Évangile et repérer les personnes qui pourraient les assumer, moyennant formation ? Mais cela suppose à nouveau des formes de synodalité favorisant de telles démarches. Cela suppose aussi qu&#8217;on donne une priorité résolue à l&#8217;Évangile dans la détermination des critères actuellement requis pour l&#8217;ordination. Certes en introduisant une limite d&#8217;âge pour les évêques (sauf paradoxalement pour celui de Rome dont la charge est plus complexe), on a commencé à faire prévaloir les nécessités du ministère sur la personne des ministres. Mais est-il suffisant de ne réviser dans leur statut que le seul paramètre de l&#8217;âge ?</p>
<p style="text-align: center;">*****</p>
<p>Au terme de ce message, nous redisons combien il serait périlleux de ramener la crise actuelle à des erreurs de communication ou à une tempête médiatique, bientôt remplacée par une autre. Le vrai problème est celui d&#8217;une gouvernance de l&#8217;Église catholique à laquelle il faut commencer à remédier, dès maintenant, sur deux points essentiels :</p>
<p>- la décision de la constitution dogmatique de Vatican II de faire précéder le chapitre sur les évêques par le chapitre sur le Peuple de Dieu n&#8217;a pas encore été mise en oeuvre. C&#8217;est une requête de synodalité de l&#8217;Église et non de démocratisation, car les dons de l&#8217;Esprit sont finalisés par le bien commun. Personne ne les monopolise, même si certains, légitimement, doivent décider dans l&#8217;Église en dernière instance.</p>
<p>- la gouvernance actuelle montre un déficit plus important encore dans sa faible capacité à surmonter la crise des ministères (des vocations, comme on dit) et à faire entendre sa parole parce que, dans les deux cas, la priorité n&#8217;est pas donnée à l&#8217;Évangile.</p>
<p>La réception du concile n&#8217;en est qu&#8217;à ses débuts. Le Cardinal Kasper le notait, il y a vingt ans. Ses attentes d&#8217;alors sont toujours les nôtres : « <em>plus de collégialité, de participation et de co-responsabilité, plus de circulation de l&#8217;information et de transparence dans les processus de décision</em> » (4).</p>
<p>Comme l&#8217;indique encore Guy Coq (5), Vatican II, qui a rendu possible « <em>une image de l&#8217;Église amie de la raison et solidaire des combats humains contre la mort</em> », est loin d&#8217;avoir porté tous ses fruits !</p>
<p>(1) « <em>Avec l&#8217;aide de l&#8217;expérience des laïcs, les pasteurs sont mis en état de juger plus distinctement et plus exactement (distinctius et aptius) en matière spirituelle aussi bien que temporelle et ainsi toute l&#8217;Eglise qui, renforcée par tous ses membres, remplir plus efficacement sa mission pour la vie du monde</em> ».</p>
<p>(2) « <em>Selon leur savoir et la compétence (et le prestige) dont ils jouissent, les fidèles ont le droit et même parfois le devoir de donner aux pasteurs leur opinion sur tout ce qui touche le bien de l&#8217;Église et de le faire connaître aux autres fidèles, étant sauves l&#8217;intégrité de la foi et des moeurs et le respect dû aux pasteurs, compte tenu du bien commun et de la dignité des personnes</em> ».</p>
<p>(3) « <em>Nous pensons que les temps actuels ne sont pas plus défavorables à l&#8217;annonce de l&#8217;Evangile que les temps passés de notre histoire. La situation critique qui est la nôtre nous pousse au contraire à aller aux sources de notre foi et à devenir disciples et témoins du Dieu de Jésus-Christ d&#8217;une façon plus décidée et plus radicale</em> ». Paris, Ed. du Cerf, 1999, p.21.</p>
<p>(4) W. Kasper, <em>La théologie et l&#8217;Eglise</em> (Cogitatio Fidei 158), Paris, Ed. du Cerf, 1990, p. 405 (revu sur l&#8217;original Theologie und Kirche Mainz, 1987).</p>
<p>(5) Article dans Marianne, 4-11 avril 2009.</p>
<p>Auteur : <a href="http://www.confrontations.fr/" target="_blank">CONFRONTATIONS</a>, association d&#8217;intellectuels chrétiens, rassemble des personnes qui veulent contribuer à la vitalité, à la créativité et à l&#8217;espérance face aux rivalités de pouvoir et à la marginalisation des plus faibles dans la vie sociale et économique.</p>
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		<title>Après 1789, 2009 ?, par Sophie Wahnich</title>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2009 13:10:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretien avec...]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>
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		<description><![CDATA[La Révolution française, vingt ans après le bicentenaire, affleure à nouveau dans les discours publics. Le président de la République de reconnaître que ce n&#8217;est pas facile de gouverner un « pays régicide ». Alain Minc de mettre en garde ses « amis de la classe dirigeante » en rappelant que 1789 a commencé en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Révolution française, vingt ans après le bicentenaire, affleure à nouveau dans les discours publics. Le président de la République de reconnaître que ce n&#8217;est pas facile de gouverner un « <em>pays régicide</em> ». Alain Minc de mettre en garde ses « <em>amis de la classe dirigeante</em> » en rappelant que 1789 a commencé en 1788 et qu&#8217;il faut sans doute savoir renoncer<span id="more-967"></span> à certains privilèges. Jean-François Copé de déplorer « <em>la tentation naturelle de refaire en permanence 1793 </em>».</p>
<p>Ces énoncés témoignent pour le moins d&#8217;une inquiétude : le peuple français ne se laisse pas si facilement gouverner, il a su et saurait peut-être à nouveau devenir révolutionnaire, voire coupeur de têtes. Parler de la Révolution française vise soit à la congédier en affirmant qu&#8217;on ne laissera pas faire à nouveau, soit à en faire le lieu d&#8217;une expérience utile pour ne pas répéter les erreurs passées. La violence doit aujourd&#8217;hui pouvoir rester symbolique et ne pas atteindre les corps. Pour ce faire, il faut savoir d&#8217;un côté la retenir, et de l&#8217;autre tarir les sources de son surgissement.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-968" title="revolution" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/05/revolution.jpg" alt="revolution" width="430" height="339" /></p>
<p>Retenir la violence, c&#8217;est là l&#8217;exercice même du maintien de l&#8217;ordre. Or il n&#8217;appartient pas aux seules « <em>forces de l&#8217;ordre</em> ». Les révolutionnaires conscients des dangers de la fureur cherchent constamment des procédures d&#8217;apaisement. Lorsque les Parisiens, le 17 juillet 1791, réclament le jugement du roi, ils sont venus pétitionner au Champ-de-Mars sans armes et sans bâtons. L&#8217;épreuve de force est un pique-nique, un symbole dans l&#8217;art de la politique démocratique.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les mouvements sont non violents, ils inventent, comme de 1790 à 1792, des formes qui permettent de dire la colère tout en retenant la violence. Les manifestations et les grèves encadrées par les syndicats et les coordinations relèvent de cette tradition, mais on peut aussi voir des occupations avec pique-nique, un « <em>printemps des colères</em> » qui propose en même temps une guinguette. On lit <em>La Princesse</em> <em>de Clèves</em> dans un vaste relais de voix devant un théâtre public.</p>
<p>Or ces outils de l&#8217;auto-retenue de la violence peuvent être mis à mal par les forces de l&#8217;ordre quand elles usent de la violence répressive sur les corps. Ici encore, ce n&#8217;est pas sans rappeler la violence exécutive qui surgit contre les corps désarmés de la foule. Le 17 juillet 1791, certains sont morts dans une fusillade sans sommation, aujourd&#8217;hui certains perdent un oeil dans un passage à tabac, des enfants rentrent chez eux traumatisés, des manifestants sont interpellés et jugés pour rébellion.</p>
<p>Enfin cette auto-retenue peut céder si ceux à qui est adressée la demande de nouvelles lois n&#8217;entendent pas ces émotions disruptives que sont la colère, l&#8217;indignation et même l&#8217;effroi lié à la crise. Le désir de lois protectrices est au fondement du désir de droit. Le gouvernement joue avec le feu en refusant de traduire dans les faits cette demande populaire. Elle incarne un mode spécifique de la souveraineté en France : la souveraineté en actes. La disqualifier au nom de la seule démocratie représentative, c&#8217;est fragiliser encore davantage un pacte social d&#8217;unité déjà exsangue.</p>
<p>En effet, plus on s&#8217;éloigne de l&#8217;élection présidentielle, et plus la nécessité pour un président de la République de représenter le pays tout entier, réuni après la division électorale, semble négligée, voire méprisée.</p>
<p>Loin de tenir compte des attentes du camp adverse, notre gouvernement n&#8217;a pas non plus tenu compte de son propre camp, à qui il avait promis un meilleur niveau de vie. Aujourd&#8217;hui, la crise s&#8217;installe. Les effets sociaux et politiques du bouclier fiscal sont devenus lisibles. On assiste à une volonté de réformer le système éducatif français sans concertation et les réformes sont vécues comme des démantèlements purs et simples. Une dette d&#8217;honneur et de vie pourrait opposer frontalement deux groupes sociaux antagonistes et diviser profondément la société.</p>
<p>Dette d&#8217;honneur, car l&#8217;électorat a été trompé par un usage sans vergogne du registre démagogique et que, maintenant, il le sait. Dette d&#8217;honneur, car le refus de concertation prend appui sur la valeur supposée des résultats électoraux en démocratie. Effectivement, Nicolas Sarkozy a été bien élu, et la valeur donnée au rituel se retourne contre ceux mêmes qui y ont cru, dans toutes les catégories sociales révoltées. Enfin, « dette de vie », car aujourd&#8217;hui le travail et l&#8217;éducation nationale sont vécus comme des « points de vie » qui semblent disparaître sans que les plus riches semblent s&#8217;en soucier, avouant une absence totale de solidarité dans la crise.</p>
<p>Le mot d&#8217;ordre qui circule « <em>nous ne paierons pas votre crise</em> » met en évidence cette division sociale entre un « nous », les opprimés, et un « vous », les oppresseurs. Mais elle a surgi également dans l&#8217;enceinte de Sciences Po Paris. Des étudiants de l&#8217;université étaient venus chercher des alliés dans cette maison. Ils ont été éconduits et parfois insultés, qualifiés de futurs chômeurs dont les étudiants de Sciences Po auraient à payer le RMI. Cette violence symbolique traverse déjà donc différents segments de la société et ne peut qu&#8217;attiser la rébellion de ceux qui se sentent ainsi bafoués par une nouvelle morgue aristocratique. Les étudiants venaient chercher des alliés, ils ont rencontré des ennemis.</p>
<p>Mais le « nous » des opprimés n&#8217;est pas constitué uniquement des précaires, chômeurs, ou futurs chômeurs, il est constitué des classes moyennes qui sont précarisées, des classes lettrées qui manifestent et se mettent en grève pour défendre une certaine conception de l&#8217;université et des savoirs. Il est constitué de tous ceux qui, finalement, se sentent floués et réclament « justice ». A ce titre, les mouvements sociaux de cet hiver et de ce printemps sont déjà dans la tentation naturelle de refaire 1793. Ils veulent plus de justice et pour l&#8217;obtenir affirment que, malgré les résultats électoraux, ils incarnent le souverain légitime.</p>
<p>Cette tentation naturelle du point de vue du président de la République, c&#8217;est celle de « l&#8217;égalitarisme », terme disqualifiant le fondement même de la démocratie : l&#8217;égalité. Ce supposé égalitarisme viserait à empêcher ceux qui ont le mieux réussi en termes de gains de richesse, de pouvoir pleinement bénéficier de cette richesse. Le bouclier fiscal serait une loi protectrice contre l&#8217;égalitarisme. Ici, refaire 1793 supposerait de refuser ce faux débat. Pendant la Révolution française, l&#8217;épouvantail brandi par les riches s&#8217;appelle « loi agraire », une volonté supposée de redistribuer toutes les terres. Robespierre, le 24 avril 1793, en rejette l&#8217;idée : « <em>Vous devez savoir que cette loi agraire dont vous avez tant parlé n&#8217;est qu&#8217;un fantôme créé par les fripons pour épouvanter les imbéciles ; il ne fallait pas une révolution pour apprendre à l&#8217;univers que l&#8217;extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes. Mais nous n&#8217;en sommes pas moins convaincus que l&#8217;égalité des biens est une chimère. Il s&#8217;agit bien plus de rendre la pauvreté honorable que de proscrire l&#8217;opulence</em> ».</p>
<p>Le 17 juin 1793, il s&#8217;oppose à l&#8217;idée que le peuple soit dispensé de contribuer aux dépenses publiques qui seraient supportées par les seuls riches : « <em>Je suis éclairé par le bon sens du peuple qui sent que l&#8217;espèce de faveur qu&#8217;on veut lui faire n&#8217;est qu&#8217;une injure. Il s&#8217;établirait une classe de prolétaires, une classe d&#8217;ilotes, et l&#8217;égalité et la liberté périraient pour jamais</em>. »</p>
<p>Une loi, aujourd&#8217;hui, a été votée pour agrandir cette classe d&#8217;ilotes, mais le gouvernement refuse que l&#8217;impôt sur les immenses richesses puisse venir en aide aux « malheureux ». Le pacte de la juste répartition des richesses prélevées par l&#8217;Etat semble avoir volé en éclats quand les montants des chèques donnés aux nouveaux bénéficiaires du paquet fiscal ont été connus : les 834 contribuables les plus riches (patrimoine de plus de 15,5 millions d&#8217;euros) ont touché chacun un chèque moyen de 368 261 euros du fisc, « <em>soit l&#8217;équivalent de trente années de smic</em> ». Une dette de vies.</p>
<p> Lorsque Jérôme Cahuzac, député du Lot-et-Garonne, affirme qu&#8217;il est « <em>regrettable que le gouvernement et sa majorité soient plus attentifs au sort de quelques centaines de Français plutôt qu&#8217;aux millions d&#8217;entre eux qui viennent de manifester pour une meilleure justice sociale</em> », il retrouve en effet le langage révolutionnaire. Ainsi le cahier de doléances du Mesnil-Saint-Germain (actuellement en Essonne) affirme : « <em>La vie des pauvres doit être plus sacrée qu&#8217;une partie de la propriété des riches</em>. »</p>
<p>Certains, même à droite, semblent en avoir une conscience claire quand ils réclament, effectivement, qu&#8217;on légifère contre les bonus, les stock-options et les parachutes dorés. Ils ressemblent à un Roederer qui, le 20 juin 1792, rappelle que le bon représentant doit savoir retenir la violence plutôt que l&#8217;attiser. Si le gouvernement est un « M. Veto » face à ces lois attendues, s&#8217;il poursuit des politiques publiques déstabilisatrices, alors la configuration sera celle d&#8217;une demande de justice dans une société divisée, la justice s&#8217;appelle alors vengeance publique « <em>qui vise à épurer cette dette d&#8217;honneur et de vie. Malheureuse et terrible situation que celle où le caractère d&#8217;un peuple naturellement bon et généreux est contraint de se livrer à de pareilles vengeances</em> ».</p>
<p><strong>Auteur : Sophie Wahnich &#8211; </strong>Historienne, chercheuse au CNRS-Laboratoire d&#8217;anthropologie des institutions et des organisations sociales(Laios-llac). Elle est l&#8217;auteur de nombreux ouvrages sur la Révolution française, dont « l&#8217;Impossible Citoyen, l&#8217;étranger dans le discours de la Révolution française » (Albin Michel, 1997) ; « La Longue Patience du peuple, 1792, naisance de la République » (Payot, 2008).<br />
<strong><em>Source : Le Monde (édition datée du 05.04.09)</em></strong></p>
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		<title>Nous sommes (aussi) l&#8217;Eglise, par Karim Mahmoud-Vintam</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Apr 2009 16:53:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[Bien au-delà d&#8217;une mouvance généralement et paresseusement qualifiée de contestataire, un nombre croissant de chrétiens s&#8217;interrogent sur la pertinence de leur affiliation à l&#8217;Eglise catholique. A vrai dire, la plupart ne s&#8217;étaient même jamais posé la question : ils étaient catholiques comme ils sont Français (ou Béninois, peu importe !), par héritage ou par convention, sinon par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bien au-delà d&#8217;une mouvance généralement et paresseusement qualifiée de <em>contestataire</em>, un nombre croissant de chrétiens s&#8217;interrogent sur la pertinence de leur affiliation à l&#8217;Eglise catholique. A vrai dire, la plupart ne s&#8217;étaient même jamais posé la question : ils étaient catholiques comme ils sont Français (ou Béninois, peu importe !), par héritage ou par convention, sinon par hasard. A travers ses propos littéralement<em> planants</em> (sur la contraception et le SIDA) et ses actions de réconciliation unilatérale (ces pauvres intégristes<a name="_ftnref1" href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/blank.htm#_ftn1">[1]</a> n&#8217;avaient apparemment rien demandé&#8230;), sans même parler de l&#8217;affaire de Ratisbonne jadis ou de Recife naguère, Benoît XVI leur offre avec une insistance pour le moins singulière les raisons de s&#8217;interroger.</p>
<p>Faut-il pour autant quitter le navire, bruyamment ou sur la pointe des pieds, selon le tempérament, le degré d&#8217;exaspération ou de désespoir de chacun ? Imaginerait-on renoncer à sa nationalité pour cause de désaccord, même radical, avec le Pouvoir du moment ? Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire &#8212; et de faire entendre &#8212; que le Pape, quel qu&#8217;il soit, ne saurait parler au nom de tous les catholiques quand il quitte son rôle de garant de l&#8217;unité de l&#8217;Eglise pour s&#8217;aventurer dans l&#8217;énonciation d&#8217;une <em>loi naturelle</em> introuvable dans les textes comme dans les faits ; quand il déserte son rôle de gardien du dogme &#8212; dont le Symbole des Apôtres livre la quintessence &#8212; pour affirmer comme vraies et intangibles des constructions théologiques conjoncturelles et précaires qui font débat parmi les théologiens eux-mêmes ; quand il abandonne son rôle de pasteur pour endosser la robe du monarque de droit divin, sourd aux préoccupations <em>réelles</em> de ses fidèles, hermétique à l&#8217;idée même d&#8217;entrer dans un dialogue bienveillant et amoureux &#8212; ce qui ne signifie pas complaisant &#8212; avec les femmes et les hommes de son temps. Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire &#8212; et de faire entendre &#8212; que nous sommes (aussi) l&#8217;Eglise, et qu&#8217;en dehors des quelques points précédemment évoqués, nulle autorité n&#8217;a le droit de parler en notre nom, de brader au passage la crédibilité de notre foi aux yeux des non-catholiques, et d&#8217;obscurcir l&#8217;annonce de l&#8217;évangile de Jésus-Christ qui demeure le fondement le plus sûr de notre foi.</p>
<h3><em>Quousque tandem abutere, Benedicte&#8230;</em></h3>
<p>Une autre question agite nombre de chrétiens de confession catholique : faut-il réclamer la démission de Benoît XVI ? Là encore, on aurait tort de croire qu&#8217;il ne s&#8217;agit que de groupuscules <em>contestataires</em> &#8212; à moins de considérer comme tel un Alain Juppé qui affirmait récemment que « <em>ce pape commence à poser un vrai problème</em> » ! Laissons de côté la légitimité d&#8217;une telle revendication pour interroger son opportunité. D&#8217;abord, la crise que traverse l&#8217;Eglise ne date pas de l&#8217;élection de Benoît XVI. Sans remonter à Théodose, c&#8217;est sous le pontificat de Jean-Paul II que fut mené le <em>détricotage</em> méthodique des acquis du concile Vatican II &#8212; qui marqua une tentative inédite d&#8217;ouverture de l&#8217;Eglise aux préoccupations de son temps et de recentrage autour du <em>peuple de Dieu</em>. C&#8217;est sous son pontificat que fut menée la répression &#8212; orchestrée déjà par un certain Joseph Ratzinger &#8212; des théologiens qui entendaient interroger librement la foi chrétienne (Tissa Balasuriya au Sri Lanka, Hans Küng en Allemagne, Ivone Gebara au Brésil&#8230;), et l&#8217;on aurait tort de croire que seuls les théologiens dits <em>de la libération</em> étaient dans la ligne de mire car ce fut toute l&#8217;intelligence de l&#8217;Eglise qui fut contrainte à la censure &#8212; ou pire, à l&#8217;auto-censure &#8212; au service d&#8217;une <em>restauration</em> doctrinale et idéologique d&#8217;ampleur. C&#8217;est sous le pontificat de Jean-Paul II enfin qu&#8217;eut lieu la reprise en main méthodique des Eglises nationales (limogeage en France de Jacques Gaillot nommé évêque de Partenia, diocèse du désert algérien disparu au&#8230; VII<sup>e</sup> siècle ; affaire d&#8217;Innsbruck en Autriche en 1995 qui suscita la <em>Requête du Peuple de Dieu</em> signée en quelques mois par plus de 500.000 personnes en Autriche et en Allemagne ; nomination d&#8217;évêques latino-américains ou africains signalés pour leur docilité à l&#8217;égard de l&#8217;Institution comme des pouvoirs en place) et le soutien sans faille à des mouvements dont le but affiché n&#8217;est pas le service de la société mais son noyautage et sa domination (Opus Dei, Légionnaires du Christ, Communion et Libération&#8230;). Benoît XVI n&#8217;est donc pas <em>tombé du ciel</em>, et les problèmes actuels dépassent très largement sa seule personne. Demander sa démission ? Soit, mais pour quel successeur après 30 années de <em>créations</em> de Cardinaux-électeurs majoritairement acquis aux thèses et orientations vaticanes actuelles ?</p>
<p>La sortie de crise, si elle existe (et elle existe forcément), est ailleurs. La porte est étroite et le chantier monumental. Mais il est aussi extraordinairement stimulant, l&#8217;essentiel n&#8217;étant pas d&#8217;arriver à une Eglise parfaite (quel orgueil et quelle naïveté !) mais de cheminer, de trébucher, de se relever, encore et encore, en direction d&#8217;une Eglise plus fidèle à celui dont elle se réclame, c&#8217;est-à-dire au service d&#8217;une humanité plus libre, plus juste, plus humaine. Nous sommes (aussi) l&#8217;Eglise, et il appartient à chaque chrétien(ne) de construire non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, moins pyramidale/cléricale et plus horizontale/laïque (au nom de l&#8217;égale dignité de tous les baptisés, hommes et femmes) ; soucieuse d&#8217;approfondir la foi qui la fait vivre et d&#8217;en rendre raison avec humilité ; engagée aux côtés de ceux qui souffrent partout où ils se trouvent plutôt que confite devant les autels et les bénitiers ; soucieuse de revenir inlassablement aux Evangiles, pour interroger encore et toujours le texte et se laisser interroger par lui ; une Eglise plurielle où toutes les sensibilités religieuses puissent s&#8217;exprimer (car il serait contradictoire de renverser un carcan dogmatique pour lui en substituer un autre) et communiquer dans le respect mutuel et la libre recherche ; une Eglise rassemblement de communautés diverses, dont la communion est garantie par le collège des évêques en général et l&#8217;évêque de Rome en particulier, cheminant en pensée et en action avec tous les Hommes de bonne volonté, quelle que soit leur religion &#8212; si tant est qu&#8217;ils en aient une !</p>
<p>Une telle métamorphose déconcertera ou rebutera plus d&#8217;un fidèle habitué à recevoir religieusement, d&#8217;en haut, le réconfort de ce qu&#8217;il faut faire, penser, croire. Mais la crédibilité de l&#8217;Eglise et sa fidélité à l&#8217;Evangile sont à ce prix. Plus que jamais, l&#8217;Eglise catholique a besoin de tous ceux, quelle que soit leur histoire, leur origine ou leur vie, qui ont soif de vérité et de justice, et sont en recherche de la force d&#8217;aimer et d&#8217;être aimé, cette force qui si souvent nous fait défaut et qui pourtant est la seule manifestation tangible de ce que nous chrétiens appelons Dieu, dans nos vies.</p>
<p>Auteur : <strong>Karim Mahmoud-Vintam, </strong>président de l&#8217;association <em>Nous Sommes Aussi l&#8217;Eglise</em>, éditeur (<em>Temps Présent Editions</em>, fondé entre autre par Ella Sauvageot, François Mauriac, et Jacques Maritain) et enseignant à l&#8217;<em>Institut d&#8217;Etudes Politiques</em> de Lyon.</p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1" href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/blank.htm#_ftnref1">[1]</a> Intégristes qui, soit dit en passant, sont moins à condamner (quoi de plus facile d&#8217;ailleurs eu égard à la suffisante bêtise des propos de nombre d&#8217;entre eux &#8212; sans même parler du négationniste mitré Richardson !) qu&#8217;à plaindre pour leur inaptitude foncière à comprendre le monde et, finalement, à y vivre.</p>
<p>Ceci est le texte intégral de la tribune publiée par le quotidien Libération dans son édition du 13 avril 2009 sous le titre &laquo;&nbsp;Benoît XVI n&#8217;est pas tombé du ciel&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>NOUS SOMMES (AUSSI) L&#8217;EGLISE, par Karim Mahmoud-Vintam</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 09:30:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karim Mahmoud-Vintam</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chantiers de réforme]]></category>
		<category><![CDATA[FAIRE ÉGLISE AUTREMENT]]></category>
		<category><![CDATA[L'édito du moment]]></category>

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		<description><![CDATA[Bien au-delà d&#8217;une certaine mouvance généralement et paresseusement qualifiée de « contestataire », un nombre croissant de chrétiens s&#8217;interrogent sur la pertinence de leur affiliation à l&#8217;Eglise catholique. A vrai dire, la plupart ne s&#8217;étaient même jamais posé la question : ils étaient catholiques comme ils sont Français (ou Allemands ou Béninois, peu importe !), par héritage ou par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bien au-delà d&#8217;une certaine mouvance généralement et paresseusement qualifiée de « contestataire », un nombre croissant de chrétiens s&#8217;interrogent sur la pertinence de leur affiliation à l&#8217;Eglise catholique. A vrai dire, la plupart ne s&#8217;étaient même jamais posé la question : ils étaient catholiques comme ils sont Français (ou Allemands ou Béninois, peu importe !), par héritage ou par convention, sinon par hasard. A travers ses propos littéralement<em> planants</em> (sur la contraception et le SIDA) et ses actions de réconciliation unilatérale (ces pauvres intégristes<a name="_ftnref1" href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/blank.htm#_ftn1">[1]</a> n&#8217;avaient apparemment rien demandé&#8230;), sans même parler de l&#8217;affaire de Ratisbonne jadis ou de Recife naguère, le pape Benoît XVI leur offre avec une insistance pour le moins singulière les raisons de se poser la question.<span id="more-874"></span></p>
<p>Faut-il pour autant quitter le navire en toute hâte, bruyamment ou sur la pointe des pieds, selon le tempérament, le degré d&#8217;exaspération ou de désespoir de chacun ? La réponse sera sans doute aisée pour celles et ceux qui se considèrent aujourd&#8217;hui catholiques par convention &#8212; culturelle ou familiale &#8212; ou par hasard. Mais qu&#8217;en sera-t-il pour tous ces autres chrétiens de confession catholique par choix, par projet ? Imagineraient-ils par exemple un seul instant renoncer à leur nationalité parce qu&#8217;ils seraient en désaccord, même de façon radicale, avec le chef de l&#8217;Etat ou le Gouvernement du moment ? Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire &#8212; et de faire entendre &#8212; que le Pape, quel qu&#8217;il soit, ne saurait parler au nom de tous les catholiques quand il quitte son rôle de garant de l&#8217;unité de l&#8217;Eglise pour s&#8217;aventurer dans l&#8217;énonciation d&#8217;une « loi naturelle » introuvable dans les textes canoniques comme dans les faits (alors que dans le même temps les défis sociaux, économiques, écologiques, culturels et spirituels s&#8217;accumulent) ; quand il déserte son rôle de gardien de la foi du Peuple de Dieu pour affirmer comme vrais et intangibles les fruits de constructions théologiques conjoncturelles et précaires qui font débat parmi les théologiens eux-mêmes ; quand il abandonne son rôle de pasteur universel et d&#8217;inspirateur du peuple de Dieu &#8212; que nul catholique n&#8217;aurait idée de lui dénier &#8212; pour endosser la robe du monarque de droit divin, sourd aux préoccupations <em>réelles</em> de ses fidèles, hermétique à l&#8217;idée même d&#8217;entrer dans un dialogue bienveillant et amoureux &#8212; ce qui n&#8217;a jamais signifié complaisance &#8212; avec les femmes et les hommes de son temps. Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire &#8212; et de faire entendre &#8212; que nous sommes (aussi) l&#8217;Eglise, et qu&#8217;en dehors des quelques points précédemment évoqués, nulle autorité n&#8217;a le droit de parler en notre nom, de brader au passage la crédibilité de notre foi aux yeux des non-catholiques, et d&#8217;obscurcir l&#8217;annonce de l&#8217;évangile de Jésus Christ qui demeure le fondement le plus sûr de notre foi.</p>
<p><strong><em>Quousque tandem abutere, Benedicte&#8230;</em></strong></p>
<p>Une autre question agite un nombre croissant de chrétiens de confession catholique : faut-il réclamer la démission de Benoît XVI ? Là encore, on aurait tort de croire qu&#8217;il ne s&#8217;agit que de groupuscules catholiques « contestataires » &#8212; à moins de considérer comme tel un Alain Juppé qui affirmait récemment que « <em>ce pape commence à poser un vrai problème</em> » ! Laissons de côté la légitimité d&#8217;une telle revendication pour interroger son opportunité. D&#8217;abord, la crise profonde &#8212; institutionnelle, politique, morale et spirituelle &#8212; que traverse l&#8217;Eglise ne date pas de l&#8217;élection de Benoît XVI mais bien de celle de Jean-Paul II. C&#8217;est sous le pontificat de ce dernier que fut mené le « détricotage » méthodique des acquis du concile Vatican II &#8212; qui marqua une tentative inédite d&#8217;ouverture de l&#8217;Eglise aux préoccupations de son temps et de recentrage de cette même Eglise autour du « peuple de Dieu ». C&#8217;est sous son pontificat que fut menée la répression &#8212; aussi efficace que discrète &#8212; des théologiens qui entendaient interroger librement la foi chrétienne ; orchestrée par le Cardinal Joseph Ratzinger (avant qu&#8217;il ne devienne Benoît XVI) alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avec la bénédiction de Jean-Paul II, cette répression eut lieu sur tous les continents (Tissa Balasuriya au Sri Lanka, Hans Küng en Allemagne, Ivone Gebara au Brésil&#8230;), et l&#8217;on aurait tort de croire que seuls les théologiens dits « de la libération » étaient dans la ligne de mire car ce fut toute l&#8217;intelligence de l&#8217;Eglise qui fut contrainte à la censure &#8212; ou pire encore, à l&#8217;auto-censure &#8212; au service d&#8217;une « restauration » doctrinale et idéologique d&#8217;ampleur. C&#8217;est sous le pontificat de Jean-Paul II enfin qu&#8217;eut lieu la reprise en main méthodique et parfois bruyante des églises nationales (limogeage en France de Jacques Gaillot nommé évêque de Partenia, diocèse du désert algérien disparu au&#8230; VII<sup>e</sup> siècle ; affaire d&#8217;Innsbruck en Autriche en 1995 qui suscita la « requête du Peuple de Dieu » signée en quelques mois par plus de 500.000 personnes en Autriche et en Allemagne ; nomination d&#8217;évêques latino-américains ou africains signalés pour leur docilité à l&#8217;égard de l&#8217;Institution comme des pouvoirs en place, dont l&#8217;évêque de Recife est exemplaire&#8230;) et le soutien sans faille à des mouvements d&#8217;église dont le but affiché n&#8217;est pas le service de la société mais son noyautage et sa domination (Opus Dei, Légionnaires du Christ, Communion et Libération&#8230;). Benoît XVI, sauf son respect, n&#8217;est donc pas « tombé du ciel », et les problèmes actuels dépassent très largement sa seule personne. Demander sa démission ? Soit, mais pour quel successeur après 30 années de « créations » de Cardinaux-électeurs majoritairement acquis aux thèses et orientations vaticanes actuelles ?</p>
<p>La sortie de crise, si elle existe (et elle existe forcément), est ailleurs. La porte est étroite, la voie difficile, le chantier monumental et à certains égards surhumain ; mais il est aussi extraordinairement stimulant, l&#8217;essentiel n&#8217;étant pas d&#8217;arriver à une Eglise parfaite (quel orgueil et quelle naïveté !) mais de cheminer, de trébucher, de se relever, encore et encore, d&#8217;un cœur joyeux, d&#8217;un esprit confiant, d&#8217;une volonté raffermie, en direction d&#8217;une Eglise plus fidèle à celui dont elle se réclame, c&#8217;est-à-dire au service d&#8217;une humanité plus libre, plus juste, plus humaine. Nous sommes (aussi) l&#8217;Eglise, et il appartient à chaque chrétien(ne) de construire non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, moins pyramidale/cléricale et plus horizontale/laïque (au nom de l&#8217;égale dignité de tous les baptisés, hommes et femmes) ; soucieuse d&#8217;approfondir la foi qui la fait vivre et d&#8217;en rendre raison avec humilité ; engagée aux côtés de ceux qui souffrent partout où ils se trouvent, au cœur du monde plutôt que devant les autels et les bénitiers ; une Eglise d&#8217;hommes et de femmes debout, adultes et responsables de leurs actes comme de leur foi (ce qui devra sans doute nous amener à reconsidérer le baptême des jeunes enfants, pratique inconnue des premiers chrétiens) ; une Eglise soucieuse de revenir inlassablement aux Evangiles, pour interroger encore et toujours le texte et se laisser interroger par lui, en communauté ; une Eglise plurielle où toutes les sensibilités religieuses puissent s&#8217;exprimer (car il serait contradictoire et regrettable de renverser un carcan dogmatique pour lui en substituer un autre) et communiquer dans le respect mutuel et la libre recherche, autour de ce point d&#8217;unité qu&#8217;est la Tradition et dont le Pape est signe et serviteur ; une Eglise rassemblement de communautés diverses, dont la communion est garantie par le collège des évêques en général et l&#8217;évêque de Rome en particulier ; une Eglise enfin en communion de pensée et d&#8217;action avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, quelle que soit leur religion &#8212; si tant est qu&#8217;ils en aient une !</p>
<p>Une telle métamorphose, n&#8217;en doutons pas, déconcertera ou rebutera plus d&#8217;un fidèle habitué à recevoir religieusement, d&#8217;en haut, le réconfort de ce qu&#8217;il faut faire, de ce qu&#8217;il faut penser, de ce qu&#8217;il faut croire. Mais la crédibilité de l&#8217;Eglise et sa fidélité à l&#8217;évangile sont à ce prix. Plus que jamais, l&#8217;Eglise catholique a besoin de toutes les fois, de toutes les intelligences, de toutes les énergies, de tous ceux, d&#8217;où qu&#8217;ils viennent, quelle que soit leur histoire ou leur vie, qui ont soif de vérité et de justice, et sont en recherche de la force d&#8217;aimer et d&#8217;être aimé, cette force qui si souvent nous fait défaut et qui pourtant est la seule manifestation tangible de ce que nous chrétiens appelons Dieu, dans nos vies.</p>
<p><strong>Karim Mahmoud-Vintam</strong></p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1" href="http://www.nsae.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/paste/blank.htm#_ftnref1">[1]</a> Intégristes qui, soit dit en passant, sont moins à condamner (quoi de plus facile d&#8217;ailleurs eu égard à la suffisante bêtise des propos de nombre d&#8217;entre eux &#8212; sans même parler du négationniste mitré Richardson !) qu&#8217;à plaindre pour leur inaptitude foncière à comprendre le monde et, finalement, à y vivre.</p>
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