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	<title>NSAE &#187; ACTUALITÉ</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>La belle vie des décroissants, par Hubert Prolongeau</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 19:07:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est un peu en retard. A pied, forcément, c&#8217;est plus long. Depuis longtemps, Christophe n&#8217;a plus de voiture. Six enfants, les trois siens et les trois de ses colocataires, courent dans le jardin de sa maison qui, paradoxe amusant, jouxte un supermarché Lidl. Très vite, il met les choses au point : il n&#8217;aime [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est un peu en retard. A pied, forcément, c&#8217;est plus long. Depuis longtemps, Christophe n&#8217;a plus de voiture. Six enfants, les trois siens et les trois de ses colocataires, courent dans le jardin de sa maison qui, paradoxe amusant, jouxte un supermarché Lidl. Très vite, il met les choses au point : il n&#8217;aime pas le terme &laquo;&nbsp;décroissance&nbsp;&raquo; et lui préfère celui de &laquo;&nbsp;simplicité volontaire&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;A un moment, nous consommions.&nbsp;&raquo; Trop, sans doute : il tombe dans la spirale du surendettement. La décroissance, pardon la simplicité volontaire, est-elle une manière d&#8217;apprivoiser cette pauvreté ? &laquo;&nbsp;Nous avons pris conscience que rien de cela n&#8217;était nécessaire, et arrêté tous les crédits.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, il fait son compost, se chauffe avec un poêle à bois, récupère l&#8217;eau de la machine à laver pour arroser. &nbsp;&raquo; C&#8217;est une démarche d&#8217;autonomie par rapport à l&#8217;énergie : s&#8217;il n&#8217;y en a plus, nous voulons pouvoir nous débrouiller par nous-mêmes. &nbsp;&raquo; Le jardin, un rien désordonné, est un laboratoire.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/La-belle-vie-des-décroissants.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2909" title="La belle vie des décroissants" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/La-belle-vie-des-décroissants.jpg" alt="" width="512" height="256" /></a></p>
<p>Lui et sa femme fabriquent leur lessive avec de la cendre de bois, se brossent les dents avec de l&#8217;argile verte, réalisent des matériaux de construction avec de la sciure, de la chaux, du sable et 60 % de papier. &laquo;&nbsp;On peut en faire des meubles&nbsp;&raquo;, dit-il, regardant d&#8217;un air ravi ce mélange de système D et de philosophie. Des rouleaux de carton remplis d&#8217;un mélange d&#8217;huile et de sciure de bois servent de combustible. Autour du poêle, des briques de terre gardent la chaleur. Lui utilise un rasoir mécanique et porte un pull marron récupéré. &nbsp;&raquo; On s&#8217;habille avec des vêtements usagés et on se meuble avec du matériel trouvé dans les poubelles. &nbsp;&raquo; Il rit : &nbsp;&raquo; Celles de Marseille sont très riches. &laquo;&nbsp;</p>
<h3>LE TEMPS PLUTÔT QUE L&#8217;ARGENT</h3>
<p>La famille vit avec 1 400 euros par mois. Christophe est fonctionnaire, ce qui lui laisse un temps plus précieux à ses yeux que la fortune. Il refuse les banques auxquelles il veut &laquo;&nbsp;en laisser le minimum&nbsp;&raquo;, et remplit des enveloppes hebdomadaires avec du liquide. &laquo;&nbsp;J&#8217;aimerais qu&#8217;on puisse commercer de façon proche, que tout ce qu&#8217;on utilise vienne d&#8217;un rayon de 200 kilomètres. Je préfère acheter du riz de Camargue que du riz thaï.&nbsp;&raquo;</p>
<p>En vacances, une fois par an, la famille retrouve les membres d&#8217;une association d&#8217;instruction à la maison. &nbsp;&raquo; Je refuse de prendre l&#8217;avion. J&#8217;ai même du mal à comprendre qu&#8217;on ne l&#8217;interdise pas sur des petits trajets tant le coût écologique est grand. &nbsp;&raquo; Pour l&#8217;instant, il ne consent qu&#8217;à une concession : vivre en ville, quand beaucoup de décroissants la quittent pour la campagne. &nbsp;&raquo; Comme cela, nous pouvons avoir un plus gros impact sur notre entourage. &nbsp;&raquo; Il a créé une association, le Centre de développement des alternatives. Il a Internet, on leur a donné une télévision, qu&#8217;il garde &laquo;&nbsp;pour les enfants&nbsp;&raquo;. Il ne s&#8217;interdit pas de louer une voiture en &laquo;&nbsp;autopartage&nbsp;&raquo;, système de garage coopératif.</p>
<p>C&#8217;est sur l&#8217;éducation qu&#8217;il se montre le plus radical. Ses enfants, il les élève lui-même. &laquo;&nbsp;L&#8217;école ne respecte pas leur maturité. Elle dédaigne les rythmes biologiques de l&#8217;enfant. Et nous refusons la compétition, qu&#8217;on leur apprend tellement.&nbsp;&raquo; L&#8217;Education nationale admet ce mode de vie, à condition que les enfants aient acquis, à 16 ans un certain nombre de connaissances, soumises à inspection.</p>
<p>Ce refus de l&#8217;école s&#8217;est étendu à l&#8217;hôpital, au moins en ce qui concerne les naissances des deux derniers, qui ont eu lieu à la maison. &nbsp;&raquo; Le système médical impose des règles, des heures de tétée. Nous n&#8217;en voulions pas. Ce sont l&#8217;allaitement maternel, puis l&#8217;instruction à la maison qui nous ont fait entrer dans tout un monde alternatif, qui est aussi notre réseau social. La marginalité, on ne s&#8217;en rend pas compte.</p>
<h3>&laquo;&nbsp;KHMERS VERTS&nbsp;&raquo;</h3>
<p>Ce n&#8217;est pas d&#8217;aujourd&#8217;hui que les idées de la décroissance, mêlant préoccupations écologiques, retour à la nature, rejet de la consommation et vision apocalyptique d&#8217;un monde à la dérive, ont la faveur d&#8217;une marge du public. D&#8217;après un sondage Ifop Sud-Ouest de novembre 2009, 27 % des Français seraient prêts à restreindre de façon significative leur consommation. Dans les années 1970, elle rejoignait la mouvance des babas cool et des néo-ruraux, beaucoup caricaturés depuis.</p>
<p>Un journal, La Gueule ouverte, fondé en 1972 par Pierre Fournier, en parlait régulièrement, et un film (L&#8217;An 01), qui vit débuter en 1973 Jacques Doillon et fut coréalisé par Alain Resnais d&#8217;après une bande dessinée de Gébé, lui servit de plate-forme. Son slogan était clair : &laquo;&nbsp;On arrête tout.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Françoise n&#8217;a pas vu L&#8217;An 01. Elle n&#8217;a pas non plus tout arrêté. Grande, belle, elle a choisi elle aussi la &nbsp;&raquo; simplicité volontaire &nbsp;&raquo; : habits usagés et fonctionnels, aucun maquillage. Elle se lave au savon d&#8217;Alep, se nettoie le visage au beurre de karité, ne regrette pas la coquetterie. &laquo;&nbsp;La décroissance, c&#8217;est un cheminement. Très tôt, je me suis posé des questions sur le sens de l&#8217;organisation du travail, sur l&#8217;entrée après des études dans un tunnel qui m&#8217;amènerait jusqu&#8217;à la retraite. ça m&#8217;a fait peur.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Elle abandonne sa carrière pour un réseau d&#8217;insertion sociale puis des boulots alimentaires avant de trouver Eco-Sapiens, une Scop (société coopérative de production) montée avec deux autres passionnés qui publie un guide d&#8217;achat éthique en ligne classant les labels écologiques de &laquo;&nbsp;top&nbsp;&raquo; à &laquo;&nbsp;truand&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Je me suis dit : je ne chercherai plus de travail dans ma formation. Je lâche tout un système. &nbsp;&raquo; Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est son conjoint qui abandonne aussi un travail rémunérateur &laquo;&nbsp;pour trouver quelque chose de plus conforme à ses convictions&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;C&#8217;est à la fois une démarche écologique et un choix de vie. Nous voulons arrêter d&#8217;acheter uniquement parce que nous avons les moyens de le faire. C&#8217;est ridicule, et ensuite cela m&#8217;encombre. Consommer, faire les magasins me prend un temps que je veux consacrer à autre chose.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La voie n&#8217;est pas toujours évidente. &laquo;&nbsp;C&#8217;est difficile de créer un monde en marge. Il faut aussi composer avec la réalité.&nbsp;&raquo; Ainsi de l&#8217;école, qu&#8217;elle avait pensé faire arrêter à ses enfants pour tenter, comme Christophe, une autre éducation. &laquo;&nbsp;Nous avons cherché une voie alternative du type Freinet, mais prendre la voiture tous les matins c&#8217;était une concession trop importante. Nous avons donc choisi une école de proximité.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La vie est en fait un &laquo;&nbsp;arbitrage quotidien et au coup par coup&nbsp;&raquo;. Pas de voiture ? Si, une, mais qu&#8217;on n&#8217;utilise qu&#8217;en cas de nécessité. Pas d&#8217;avion ? Le moins possible, mais quand son mari doit aller voir sa famille au Liban, il le faut bien.</p>
<p>Ils consomment localement, et presque jamais des produits emballés, réduisent au minimum leurs déchets. Elle fabrique sa lessive elle-même, récupère l&#8217;eau des bains pour les toilettes, s&#8217;habille en faisant les dépôts-vente, refuse les jeux électroniques.</p>
<p>Ils gardent un téléphone portable pour toute la famille, maintiennent le chauffage à 19 °C, avec du gaz et des panneaux solaires, et mettent deux pulls quand il fait froid. Leur consommation de viande se limite au week-end. Ils partent en vacances dans des accueils paysans. &nbsp;&raquo; Mes enfants ne connaissent pas Mario Bros mais ils ont donné le biberon à des agneaux.&nbsp;&raquo; Aucun de leurs meubles n&#8217;est neuf, lorsqu&#8217;ils en achètent, c&#8217;est chez Emmaüs. Dans leur jardin, il y a un potager.</p>
<p>Les parents de Françoise les trouvent imprudents. La jeune femme essaie de ne pas s&#8217;emporter dans les réunions de famille : &laquo;&nbsp;Parfois, je me fâche quand je vois leurs gaspillages. Mais ça braque les gens plus que ça n&#8217;ouvre le dialogue.&nbsp;&raquo; Un jour, chez un membre de sa famille, elle a éteint tout ce qui était inutile. &laquo;&nbsp;Ca a été houleux. Mais j&#8217;essaie d&#8217;accepter leur mode de vie comme je leur demande d&#8217;accepter le mien. Quand j&#8217;entends parler de “Khmers verts”, de “talibios”, je me demande un peu ce que nous avons fait pour mériter des termes aussi violents. Quand je suis seule à vélo face à mille bagnoles, je ne les traite pas de nazis. La violence n&#8217;est pas de notre côté. &laquo;&nbsp;</p>
<h3>PREMIÈRE RÈGLE : LE BÉNÉFICE ZÉRO</h3>
<p>Pierrick a étendu ce mode de vie à son métier. La consommation, il a connu. Des études de commerce international l&#8217;ont amené à travailler dans des entreprises &laquo;&nbsp;qui ne me correspondaient pas. Il n&#8217;y avait aucune éthique de fonctionnement&nbsp;&raquo;. Il rencontre là un garçon qui se pose les mêmes questions. Ensemble, ils décident d&#8217;ouvrir, en 2003, un lieu de commerce équitable à Marseille. Ainsi naît Le Grain de sable, un restaurant végétarien. &laquo;&nbsp;C&#8217;était un choix de vie qu&#8217;il fallait affirmer.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Première règle : le bénéfice zéro, une gestion de bons pères de familles qui permet de payer les salaires, et c&#8217;est tout. &laquo;&nbsp;On arrive entre 9 heures et 10 heures, on finit à 15 heures, et on peut profiter de la vie. Nous avons réfléchi à la notion de taille critique. Nous pouvons avoir quatre employés. Après, nous sommes dépassés.&nbsp;&raquo; Il lisse de la main sa petite moustache à la d&#8217;Artagnan. Le copain des débuts est parti, remplacé par un Canadien, Daniel, accent chantant et chemise à carreaux. Lui aussi avait tenté de monter un café équitable, mais avait échoué. La serveuse, une artiste béninoise, est là trois heures par jour.</p>
<p>Autre règle : boycotter la grande distribution. Le lundi, ils vont acheter des légumes directement au producteur et, selon les arrivages, font le menu de la semaine. Puis ils complètent avec un marché paysan. &laquo;&nbsp;Nous sommes le caillou dans la chaussure de l&#8217;économie classique.&nbsp;&raquo; Ils valorisent le sens de la trouvaille. &laquo;&nbsp;On essaie de prouver aux gens qu&#8217;ils peuvent savourer un goût riche dans des mets sans viande.&nbsp;&raquo; Comme des blinis de courgettes au gingembre en blinis ou un curry thaï préparé avec du lait de coco bio-équitable.</p>
<p>S&#8217;il y a, au fond, une bibliothèque consultable qui ne laisse guère de doute sur les choix de la boutique (Naomi Klein y côtoie les suppléments du Monde diplomatique), ses patrons veulent que les gens se rendent compte où ils sont le plus tard possible. &nbsp;&raquo; Nous voulions un projet plus cohérent que militant. Suggérer, c&#8217;est aussi bien qu&#8217;expliquer. &nbsp;&raquo; Ils font bien sûr du compost et transportent l&#8217;après-midi leurs 30 litres quotidiens d&#8217;épluchures aux plantations de leur producteur de légumes.</p>
<h3>RÉVOLUTION CULTURELLE</h3>
<p>Leur vie s&#8217;essaie à être aussi cohérente que leur projet économique. Pas de voiture, sinon pour aller chercher les légumes, pas de télé ni de téléphone portable, tous les déplacements à vélo… Bien sûr, il y a de l&#8217;électricité. &laquo;&nbsp;Mais comment faire autrement ? Un projet ne vit que par ses paradoxes.&nbsp;&raquo; Eux aussi ont Internet. &laquo;&nbsp;Je ne suis pas contre la technologie ou le progrès scientifique, explique Daniel. Ce serait idiot. La technologie me fascine, c&#8217;est une forme d&#8217;art. Mais après, qu&#8217;est-ce qu&#8217;on en fait ? &nbsp;&raquo; Pierrick aimerait bien que leur démarche débouche sur quelque chose de plus politique, mais il n&#8217;attend pas grand-chose de la mairie de Marseille, même si de nombreux élus viennent manger au Grain de sable.</p>
<p>Quel impact ont aujourd&#8217;hui les idées pro-décroissance en France ? Même ceux qui en sont proches ont du mal à le dire précisément. Le monde décroissant, comme beaucoup de petits mondes, est divisé en tendances, et la violence des échanges y prend des allures d&#8217;excommunication. &laquo;&nbsp;Nous touchons à la fois les vieux soixante-huitards, Attac ou les amis du Monde diplomatique, ainsi que de très jeunes gens. Naviguer entre ces deux tendances est très difficile&nbsp;&raquo;, raconte Serge Latouche, économiste et fondateur de la revue Entropia.</p>
<p>Deux tendances se complètent et parfois s&#8217;opposent : ceux qui s&#8217;en tiennent à un changement personnel et individuel et qui, lorsqu&#8217;ils vont de l&#8217;individuel au collectif, ne dépassent jamais le niveau local ; et ceux qui prônent un mouvement plus radical et pensent, en gros, que tout cela est très joli mais qu&#8217;une vraie révolution est nécessaire. &laquo;&nbsp;Il faut une révolution culturelle, affirme Serge Latouche. Un changement de point de vue et de la façon de produire qui ne peut pas en rester à l&#8217;individuel.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Certaines initiatives locales sont allées dans ce sens : ainsi le combat de la mairie de Barjac pour faire adopter la nourriture biologique dans les cantines de l&#8217;école, les efforts pour devenir des &laquo;&nbsp;villes en transition&nbsp;&raquo; consentis par Grenoble ou Saint-Quentin-en-Yvelines. Yves Cochet, le député Vert le plus en pointe dans ce domaine (il met en avant les énergies de proximité, l&#8217;économie locale et s&#8217;est fait rabrouer en prônant le contrôle des naissances et en évaluant le coût écologique d&#8217;un nouveau bébé), pense que &laquo;&nbsp;le problème n&#8217;est pas de savoir si l&#8217;on est pour ou contre la décroissance, mais de savoir quelle décroissance nous allons mettre en œuvre. Elle est inéluctable. Tous les politiques ont un modèle périmé en tête. A droite comme à gauche, c&#8217;est l&#8217;aveuglement &laquo;&nbsp;.</p>
<p>La crise a de toute évidence amené ces idées à ne plus paraître comme le seul refuge baba cool d&#8217;un mode de vie sinistre. Le mouvement s&#8217;exprime par plusieurs journaux et revues. Un mensuel, La Décroissance, attirerait 20 000 lecteurs. C&#8217;est surtout un adversaire tenace, virulent et un rien répétitif des &laquo;&nbsp;écotartuffes&nbsp;&raquo;, les Cohn-Bendit, Hulot et autres chantres du &laquo;&nbsp;développement durable&nbsp;&raquo;, escroquerie notoire d&#8217;après ses rédacteurs.</p>
<p>Nous aurions bien aimé entendre son rédacteur en chef, Vincent Cheynet, fondateur des Casseurs de pub, mais il ne souhaite pas parler à ce &laquo;&nbsp;sac à pub&nbsp;&raquo; qu&#8217;est Le Monde Magazine. La revue S!lence, créée il y a vingt-huit ans, ou Entropia, beaucoup plus récente (elle a 2 ans), sont au centre d&#8217;une réflexion qui remplit de plus en plus les salles où la notion est débattue.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous avons voulu être le “think tank” de ce mouvement aux contours flous et qui a besoin de références solides&nbsp;&raquo;, explique Serge Latouche. Flous, c&#8217;est incontestable. Si elles séduisent surtout à gauche, les idées de la décroissance ont aussi un écho fort à l&#8217;extrême droite, où Alain de Benoist, théoricien de la &nbsp;&raquo; nouvelle droite &laquo;&nbsp;, a publié un Demain la décroissance (E-dite, 2007).</p>
<p>Plusieurs thèmes divisent les décroissants. L&#8217;intérêt de la crise, par exemple. &laquo;&nbsp;La crise peut être une opportunité, dit Serge Latouche, le choc qui mènera à une vraie prise de conscience.&nbsp;&raquo; Tous ne partagent pas sa vision. Vincent Cheynet, dont nous reproduisons le propos en espérant qu&#8217;il nous pardonnera cette souillure, craint qu&#8217;elle ne provoque &laquo;&nbsp;des crispations et des phénomènes de peur&nbsp;&raquo;.</p>
<h3>DÉCROÎTRE, MAIS JUSQU&#8217;OÙ ?</h3>
<p>Autre thème qui divise : décroître, mais jusqu&#8217;où ? Quid des pays pauvres ? Peut-on sans indécence demander à un paysan burkinabé de réduire sa consommation ? &laquo;&nbsp;Non, bien sûr, répond Serge Latouche. Il y a encore des tas de choses qui doivent croître, chez nous comme chez les paysans pauvres ; ce qui importe, c&#8217;est de rompre avec le totalitarisme de la croissance. Le terme de “décroissance” ne me plaît pas, c&#8217;est un slogan. Je préfère celui d&#8217;“acroissance”, construit comme athéisme, c&#8217;est-à-dire sortir de la religion de la croissance.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il faut modérer le terme, ajoute Yves Cochet. Il y a des choses qui doivent décroître et d&#8217;autres qui vont croître. Il faut un projet de société plus libre et qui barde l&#8217;idée de qualificatifs rassurants. La décroissance ne s&#8217;applique bien sûr qu&#8217;aux pays de l&#8217;OCDE. Mais il faut que tous, y compris les pays émergents, comprennent qu&#8217;ils n&#8217;atteindront jamais le niveau de vie occidental. C&#8217;est déjà trop tard.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Mais le comprendre comment ? La politique fait peur aux décroissants – à beaucoup d&#8217;entre eux, du moins. Un mouvement s&#8217;est créé en 2005, le Parti pour la décroissance (PPLD). Aujourd&#8217;hui, il n&#8217;existe plus guère, ses fondateurs s&#8217;étant mangé le nez entre eux. &laquo;&nbsp;Il y avait là quelques jeunes très ambitieux mais pas très organisés&nbsp;&raquo;, estime Yves Cochet.</p>
<p>Leurs idées ont été reprises par le MOC (Mouvement des objecteurs de croissance), créé en 2007, qui annonce 200 adhérents et une dizaine d&#8217;élus locaux. Ensemble, les deux ont créé l&#8217;Association des objecteurs de croissance. &laquo;&nbsp;Nos idées doivent fonder un débat, pas un parti, estime Serge Latouche. Le parti, c&#8217;est se rendre ridicule par les chiffres.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et les Verts ? &nbsp;&raquo; Ils ont failli à leur mission historique. &nbsp;&raquo; Opinion que ne partage pas le député Yves Cochet, qui ne se leurre pas pour autant sur le côté individuel de la pratique. &nbsp;&raquo; Il y a de petits mouvements dans certains cantons, dans la Drôme, l&#8217;Ardèche, l&#8217;Ariège. Mais il n&#8217;y a pas de mouvement national ou social. &nbsp;&raquo; Cochet souhaiterait une VIe République où la France deviendrait beaucoup plus fédérale. Pour l&#8217;instant, il est assez seul. Tout au plus quelques personnalités de gauche, comme Jean-Luc Mélenchon ou les tenants du Nouveau Parti anticapitaliste, regardent-ils avec plus d&#8217;attention ces militants d&#8217;un nouveau type.</p>
<p>La prochaine étape ? D&#8217;ici quelque temps, Françoise et son compagnon projettent d&#8217;aller vivre à Forcalquier, au-dessus de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). &laquo;&nbsp;C&#8217;est à la campagne, près d&#8217;une petite ville. ça va dans notre sens.&nbsp;&raquo; Elle pense continuer à travailler de chez elle avec son ordinateur, mais refuse la logique du ghetto. &laquo;&nbsp;Dans la vie, on n&#8217;est pas très nombreux à vivre comme cela. C&#8217;est important de garder le contact avec des gens différents.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pour Pierrick, c&#8217;est trouver un terrain et aller au fond des bois pour vivre en paix. &laquo;&nbsp;La vie en marge, ce n&#8217;est pas dur, c&#8217;est plutôt drôle. En plus, on se retrouve avec des gens qui nous ressemblent.&nbsp;&raquo; Prosélytes ? Même pas. &laquo;&nbsp;Ce qui nous pousse, c&#8217;est une volonté individuelle de vivre en cohérence avec nous-mêmes. Et c&#8217;est probablement la meilleure façon de faire changer les choses.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Auteur : Hubert Prolongeau<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 18.07.10.</strong></p>
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		<title>Aide au développement : la tension monte entre les ONG et le gouvernement, par Ivan du Roy</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/07/16/aide-au-developpement-la-tension-monte-entre-les-ong-et-le-gouvernement-par-ivan-du-roy/</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Jul 2010 20:28:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[Le gouvernement Sarkozy veut-il écarter les organisations non gouvernementales et associations de solidarité internationale de l’aide au développement ? Rendez-vous annulé à l’Élysée, réunion avec l’Agence française de développement qui tourne au vinaigre… Autant de signes qui inquiètent le monde des ONG.

Le 22 juin, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner invite une vingtaine de représentants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Le gouvernement Sarkozy veut-il écarter les organisations non gouvernementales et associations de solidarité internationale de l’aide au développement ? Rendez-vous annulé à l’Élysée, réunion avec l’Agence française de développement qui tourne au vinaigre… Autant de signes qui inquiètent le monde des ONG.</strong></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/arton1120-cd558.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2899" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/arton1120-cd558.jpg" alt="" width="308" height="204" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Le 22 juin, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner invite une vingtaine de représentants de la « société civile » à un « Conseil stratégique ». Des dirigeants de fondations, des chefs d’entreprises, quelques représentants d’ONG (Crid [<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nb1">1</a>], Croix rouge française, Fiacat [<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nb2">2</a>], Handicap International…), un syndicaliste (de la CFDT) se rendent donc au Quai d’Orsay discuter diplomatie et aide au développement. Problème : Bernard Kouchner ne participera pas aux sommets du G8 et du G20 qui se tiennent au Canada quelques jours plus tard.</p>
<p style="text-align: justify">Pour discuter de ces sommets, sur fond de crise, le rendez-vous clé est programmé deux jours plus tard, le 24 juin. Les ONG seront reçues par Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Cette rencontre entre société civile et président de la République, à la veille de chaque G8, est pratiquée depuis huit ans. Devenue traditionnelle, cette habitude a été prise sous la présidence Chirac en 2002 pour marquer la volonté de la France d’arriver à ces sommets après avoir entendu la parole de ses ONG. Une seule fois ce rendez-vous a été manqué, lors de la libération d’Ingrid Betancourt en juillet 2008.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>23 joueurs valent bien 3 milliards de pauvres</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Mais ce 24 juin, coup de tonnerre, ou plutôt de vuvuzela ! Nicolas Sarkozy annule sa rencontre avec les ONG pour caser le rendez-vous demandé par Thierry Henry, de retour de la débâcle sud-africaine. Question de priorité… « <em>Pour le Président de la République, recevoir un footballeur est plus important que la situation des trois milliards de pauvres des pays en développement. C’est un très mauvais signal pour la politique de coopération de la France</em> », déplore, le 25 juin, Jean-Louis Vielajus, président de Coordination Sud (qui regroupe 130 ONG) sur LCI. D’autant qu’en septembre, Nicolas Sarkozy est censé participer au sommet contre la pauvreté à New York, et qu’en novembre, la France doit prendre la présidence du G20. Les déconvenues des ONG ne s’arrêtent pas là.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le nouveau directeur de l’Agence française de développement (AFD), Dov Zerah, invite ceux qui se sont fait poser un lapin par l’Élysée à le rencontrer, le 29 juin. Dov Zerah est un proche du Président de la République. Il vient d’être nommé le 2 juin à la tête de l’institution financière qui gère et distribue une grande partie de l’aide publique au développement (APD) destinée aux pays du Sud. Il connaît le secteur : il a dirigé le cabinet du ministre de la coopération Michel Roussin [<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nb3">3</a>] en 1993 puis a présidé début 2000 le groupe textile Dagris (aujourd’hui Geocoton), très implanté en Afrique sub-saharienne. Il gère l’AFD sous la tutelle de trois ministères : le Quai d’Orsay, Bercy et le ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Claquage de portes</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Mais la réunion tourne au vinaigre. Le ton du nouveau directeur est jugé agressif. Celui-ci semble peu disposé au dialogue. Il fait comprendre aux ONG que leur place en tant que partenaires privilégiés est loin d’être assurée face, notamment, aux entreprises qui – dit-il &#8211; doivent prendre toute leur place dans l’aide au développement (seraient-elles soudainement devenues philanthropes ?)&#8230; Il demeure flou sur la part de l’enveloppe budgétaire qui sera attribuée aux associations pour mener à bien leurs projets. Selon Coordination Sud, 1,5% de l’aide publique française au développement transite par les ONG, soit 45 millions d’euros en 2010. C’est dix à vingt fois moins que d’autres pays européens, notamment le Royaume-Uni ou la Suède. Et très en dessous de la moyenne des États de l’OCDE : 5% de l’aide au développement passe par les associations. Enfin, si les ONG présentes ne sont pas contentes, Dov Zerah menace explicitement d’en trouver d’autres, plus dociles. Après plus d’une heure de ce style, les représentants des 130 ONG décident de plier bagages.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">L’attitude de Dov Zerah est en totale contradiction avec la promesse faite par Jacques Chirac, reprise à son compte par Nicolas Sarkozy, de doubler la part de l’APD transitant par les ONG françaises. Cet engagement, formulé en 2005, n’a toujours pas été tenu. Le directeur de l’AFD se retrouve également à contre-courant des indications formulées par le Parlement, lors de la remise du rapport sénatorial sur le financement de l’aide au développement, en novembre 2009. « <em>Vos rapporteurs souhaitent que les engagements pris à l’égard des ONG soient tenus, car il importe pour l’efficacité même de notre politique de renforcer les opérateurs associatifs français qui mènent sur le terrain des actions souvent remarquables</em> », écrivent alors les sénateurs Christian Cambon (UMP, Val-de-Marne) et André Vantomme (PS, Oise). Le directeur de l’institution financière, désormais présentée comme « <em>un groupe au service du développement</em> » disposant d’ « <em>une gamme de produits diversifiés pour répondre aux besoin de nouveaux clients</em> », ne semble pas partager ce point de vue. A-t-il l’aval de l’Elysée ?</p>
<p>Ivan du Roy</p>
<p>16 juillet 2010</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nh1">1</a>] Centre de recherche et d’information sur le développement, qui regroupe une cinquantaine d’ONG, dont le Secours Catholique et le CCFD.</p>
<p>[<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nh2">2</a>] Fédération internationale des chrétiens pour l’abolition de la torture.</p>
<p>[<a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article1120#nh3">3</a>] Michel Roussin a ensuite été vice-président du groupe Bolloré, très implanté en Afrique de l’Ouest, de 2000 à 2010.</p>
<p><strong>Source</strong> : http://www.bastamag.net/spip.php?article1120</p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;évêque et les centres de rétention administrative</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/24/leveque-et-les-centres-de-retention-administrative/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 08:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[
L’archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, doit effectuer prochainement une visite pastorale au centre de rétention de Cornebarrieu. Il a répondu aux questions de La Croix.



La Croix : Pourquoi souhaitez-vous visiter le centre de rétention administrative de Cornebarrieu, ouvert en juin 2006 aux portes de Toulouse ?

Mgr Robert Le Gall : Cette démarche s’inscrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
<p><em>L’archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, doit effectuer prochainement une visite pastorale au centre de rétention de Cornebarrieu. Il a répondu aux questions de La Croix.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/cra1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2864" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/cra1.jpg" alt="" width="346" height="260" /></a><br />
</em></p>
<h3>
<p style="text-align: justify"><em>La Croix</em> : Pourquoi souhaitez-vous visiter le centre de rétention administrative de Cornebarrieu, ouvert en juin 2006 aux portes de Toulouse ?</p>
</h3>
<p style="text-align: justify"><strong>Mgr Robert Le Gall</strong> : Cette démarche s’inscrit dans le cadre du soutien que j’apporte aux « cercles de silence » lancés fin 2007 par les frères franciscains sur la place du Capitole à Toulouse. Ils manifestent ainsi, tous les mois, en silence et par leurs prières, leur solidarité humaine et spirituelle avec les sans-papiers. J’avais donné au départ mon aval à cette initiative, en les mettant en garde cependant contre toute tentative d’instrumentalisation.</p>
<p>Depuis bientôt trois ans, ce mouvement désormais présent dans de nombreuses villes en France trouve le ton juste pour alerter les pouvoirs publics sur la condition des personnes retenues. Je veux prolonger cette démarche par une visite à Cornebarrieu pour réitérer une demande, faite l’an dernier au plan national, concernant la présence de représentants des religions, et pas seulement catholiques, au sein de ces centres de rétention.</p>
<h3 style="text-align: justify">Quelle réponse a reçu cette demande ?</h3>
<p style="text-align: justify">Immédiatement négative. L’administration argue du fait que les personnes retenues ne sont que de passage dans les centres et qu’il est donc difficile d’organiser des rencontres avec des représentants religieux.</p>
<p>Mais la durée maximale de rétention peut atteindre 32 jours, et même 45 jours à l’avenir. Je dis que l’épreuve d’une attente de retour forcé au pays, pour des familles et des enfants de plus en plus nombreux, crée des situations d’angoisse durant lesquelles un secours spirituel me paraît opportun et nécessaire.</p>
<p>J’espère que ma démarche, avec le soutien notamment des évêques de Montauban, Pamiers et Strasbourg, permettra d’avancer en ce sens. On pourrait envisager pour l’Église une aumônerie des centres de rétention administrative de France.</p>
<h3 style="text-align: justify">On peut aussi penser que votre démarche a une dimension politique…</h3>
<p style="text-align: justify">Certainement pas. Je tiens d’ailleurs à saluer sincèrement les efforts faits par les services de la préfecture pour la régularisation de certains sans-papiers. Je sais, pour être en contact régulier avec le préfet à Toulouse, qu’ils travaillent aussi avec leur cœur, mais avec des marges de manœuvre limitées par ce qu’il faut malheureusement appeler une politique du chiffre.</p>
<p>Je sais parfaitement les problèmes insolubles que pose l’immigration, sauf à travailler durablement à des rapports Nord-Sud plus justes. En visitant Cornebarrieu, je ne veux pas tonitruer, mais je ne viendrai pas non plus en catimini.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’une visite officielle mais d’une visite pastorale au titre de la compassion, au nom de ma foi et de celle des personnes retenues. Mon initiative s’inscrit aussi dans une attention de fond qui me paraît essentielle aujourd’hui, une préoccupation générale sur toutes les nouvelles formes de pauvreté et de précarité.</p>
<p><strong></strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Recueilli par Jean-Luc FERRÉ, à Toulouse</strong></p>
<p style="text-align: right">source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2430117&amp;rubId=4078</p>
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		<title>Retraites Quelle conception de l’Homme ?</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/22/retraites-quelle-conception-de-l%e2%80%99homme/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 16:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[
Inquiétude, colère, sentiment d’injustice sont exprimés par les travailleurs, à l’annonce du projet gouvernemental sur les retraites. L’Action catholique ouvrière entend et partage ces réactions.
La retraite par répartition repose sur une vision solidaire de la société : les actifs payent des cotisations qui sont réparties entre les retraités. Cette répartition a pour résultat un transfert [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/250_1000_-p5290285.jpg"><img class="size-full wp-image-2855 aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/250_1000_-p5290285.jpg" alt="" width="250" height="188" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Inquiétude, colère, sentiment d’injustice sont exprimés par les travailleurs, à l’annonce du projet gouvernemental sur les retraites. L’Action catholique ouvrière entend et partage ces réactions.</p>
<p style="text-align: justify">La retraite par répartition repose sur une vision solidaire de la société : les actifs payent des cotisations qui sont réparties entre les retraités. Cette répartition a pour résultat un transfert du pouvoir d&#8217;achat entre générations. Elle repose sur une conception du travail au service de l’Homme.</p>
<p style="text-align: justify">La réforme des retraites voulue par le gouvernement va accroître la régression sociale. Elle rejette d’emblée la seule solution équitable : une réforme globale du système économique qui ait pour finalité le service de l’Homme, une vraie reconnaissance de son travail, une juste répartition des richesses, un système de solidarité équilibré entre les actifs et les retraités.</p>
<p style="text-align: justify">Cette réforme est foncièrement injuste puisqu’elle fait reposer sur les salariés 85 % des déficits générés par la crise. La contribution supplémentaire demandée aux hauts revenus et aux revenus du capital reste purement symbolique.</p>
<p style="text-align: justify">Elle est cynique puisqu’elle pénalise d’abord les travailleurs, en priorité les femmes, les jeunes, les demandeurs d’emploi, les seniors, forcés par le système lui-même à la précarité et au chômage. Elle refuse de prendre en compte de manière globale la pénibilité de certains métiers dont on sait pourtant qu’ils cassent les corps et parfois même le goût de vivre.</p>
<p style="text-align: justify">Elle est vaine parce qu’elle ne résout pas la question du financement des retraites à long terme et ne prépare pas un bel avenir à nos enfants.</p>
<p style="text-align: justify">Elle est inacceptable car elle dévalorise la vie de l’Homme en le réduisant à un outil de production, sans aucune considération pour son développement personnel, son investissement familial, social, culturel&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">Exploiter l’Homme au travail, l’user et l’anéantir au service de la finance et de l’enrichissement de quelques-uns, tel n’est pas le projet de Dieu pour l’Humanité. Ce Dieu auquel nous croyons veut une vie pleine et épanouie pour chacun, au service du vivre ensemble, une vie où tous soient respectés dans leur dignité.</p>
<p style="text-align: justify">L’Action catholique ouvrière appelle chacun et chacune à participer activement à la résistance. Mobilisons-nous massivement, répondons aux appels unitaires des organisations syndicales, relayons ce message auprès de nos compagnons de travail et de vie. Nous mettons notre espérance dans la lutte collective.</p>
<p style="text-align: justify">Résistons, espérons, ensemble choisissons la vie&#8230; une vie équitable pour tous !</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right"><em>Paris, le 18 juin 2010</em></p>
<p style="text-align: right"><em>http://www.acofrance.fr/ressources/10167/15/1.pdf</em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>En condamnant l&#8217;Europe à l&#8217;austérité, l&#8217;Allemagne se fragilise elle-même, par André Grjebine</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/19/en-condamnant-leurope-a-lausterite-lallemagne-se-fragilise-elle-meme-par-andre-grjebine/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 12:32:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[La crise actuelle n&#8217;est pas un simple accident de parcours que l&#8217;on pourrait exclusivement attribuer à la mauvaise gestion de la Grèce et d&#8217;autres &#171;&#160;pays du Sud&#160;&#187; et aux comportements erratiques des marchés financiers. Elle est le révélateur du malentendu fondateur de la construction monétaire européenne.
Au moment de la création de l&#8217;euro, chacun a fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La crise actuelle n&#8217;est pas un simple accident de parcours que l&#8217;on pourrait exclusivement attribuer à la mauvaise gestion de la Grèce et d&#8217;autres &laquo;&nbsp;pays du Sud&nbsp;&raquo; et aux comportements erratiques des marchés financiers. Elle est le révélateur du malentendu fondateur de la construction monétaire européenne.</p>
<p>Au moment de la création de l&#8217;euro, chacun a fait semblant de ne pas comprendre ce qu&#8217;il pouvait attendre de ses partenaires. L&#8217;Allemagne n&#8217;a accepté de renoncer au mark qu&#8217;en échange de leur alignement sur sa propre rigueur, bref de la création d&#8217;une sorte de mark européen. La France a souscrit aux règles de Maastricht en pensant qu&#8217;elle n&#8217;aurait jamais à les appliquer, en négligeant que l&#8217;Allemagne ne cesserait de lui rappeler les termes d&#8217;un traité signé avec quelque légèreté.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/drapeaux-europe-27.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2852" title="drapeaux-europe-27" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/drapeaux-europe-27.jpg" alt="" width="470" height="303" /></a></p>
<p>Ce faisant, les uns et les autres n&#8217;ont pas pris en compte les différences fondamentales entre les pays, que l&#8217;union monétaire n&#8217;a fait qu&#8217;accentuer. En supprimant le risque de change, elle favorise les délocalisations et la spécialisation entre pays, les entreprises de chacun d&#8217;eux n&#8217;ayant plus à craindre les effets d&#8217;une variation du taux de change sur leurs prix à l&#8217;exportation et donc leur rentabilité. Ces spécialisations renforcent l&#8217;hétérogénéité des pays et la divergence des niveaux de vie.</p>
<p>Sa spécialisation favorable a permis à l&#8217;Allemagne de compenser une demande domestique faible : dans la période 1999-2007, celle-ci n&#8217;a augmenté que de 0,6 % par an (contre 1,7 % dans l&#8217;ensemble de la zone euro, 2,7 % en France&#8230; et 4,2 % en Grèce). Sa contribution à la croissance (1,6 %) était donc réduite. Si les partenaires européens de l&#8217;Allemagne avaient suivi ses conseils, non seulement, leur croissance aurait été encore plus faible et leur chômage plus élevé, mais cette évolution aurait déteint sur l&#8217;ensemble de la zone euro, y compris sur l&#8217;Allemagne.</p>
<p>La &laquo;&nbsp;rigueur&nbsp;&raquo; n&#8217;est acceptable pour le peuple allemand que parce qu&#8217;elle a pour contrepartie une politique néomercantiliste, c&#8217;est-à-dire une croissance &laquo;&nbsp;tirée&nbsp;&raquo; par l&#8217;exportation : en 2007, l&#8217;excédent courant allemand atteignait 192 milliards d&#8217;euros, soit 7,9 % du PIB. Dans ces conditions, il est étrange que l&#8217;Allemagne scie la branche sur laquelle elle est assise en recommandant à ses partenaires d&#8217;adopter des politiques de rigueur dans une conjoncture déjà atone.</p>
<p>La pression des marchés est sans cesse évoquée pour imposer des plans de rigueur. Cette crainte est parfaitement justifiée pour chaque pays pris séparément, a fortiori quand l&#8217;Allemagne prend les devants en adoptant une vigoureuse politique d&#8217;austérité. On peut quand même se demander si une plus grande solidarité financière entre pays de l&#8217;Union européenne ne permettrait pas de contourner l&#8217;obstacle.</p>
<p>C&#8217;est largement dans cette optique que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de se porter garante des emprunts publics émis par des pays en difficulté de la zone euro, malgré les réticences des autorités allemandes. Logiquement, l&#8217;étape suivante devrait être de rééchelonner les dettes de ces pays pour leur permettre de réduire progressivement leur endettement public sans sombrer dans la récession, ni y substituer un endettement privé autrement plus risqué. De surcroît, une telle stratégie devrait réduire les écarts de taux d&#8217;intérêt auxquels les pays européens peuvent se financer, sous réserve évidemment que les déclarations intempestives des autorités allemandes cessent d&#8217;attiser la spéculation.</p>
<p>Ce mécanisme de solidarité financière entre pays de la zone euro pourrait-il provoquer un effet d&#8217;éviction ou d&#8217;inflation ? Il ne devrait pas avoir d&#8217;effet d&#8217;éviction tant que les investissements privés sont faibles comme c&#8217;est actuellement le cas. Par ailleurs, le déficit budgétaire peut résulter de dépenses &#8211; ou d&#8217;une réduction des recettes publiques &#8211; favorables aux entreprises. De même, un effet inflationniste n&#8217;apparaîtrait que si la création monétaire se traduisait par une augmentation de la demande sensiblement supérieure à la croissance potentielle. Non seulement on en est loin, mais de surcroît, une neutralisation progressive des achats d&#8217;emprunts publics par la BCE pourrait annihiler d&#8217;éventuelles tensions.</p>
<p>Reste à se poser la question délicate de la limitation d&#8217;un endettement public non conjoncturel comme l&#8217;a été initialement celui de la Grèce. Un organisme de contrôle européen a été envisagé. Un pays peut-il accepter de soumettre son budget au contrôle d&#8217;un organisme non élu ? Le gouvernement économique préconisé notamment par la France serait un premier pas dans le sens d&#8217;un contrôle plus démocratique. L&#8217;acceptation d&#8217;un tel contrôle européen pourrait être la condition de l&#8217;éligibilité d&#8217;un Etat aux rachats de ses emprunts publics par la BCE.</p>
<p>En réalité, il est douteux que la zone euro puisse survivre durablement sans un mécanisme de rééquilibrage qui compense les déséquilibres courants par des flux de capitaux. Tous les pays ne peuvent pas être excédentaires. Par définition, pour que les uns aient des excédents, il faut que les autres aient des déficits. C&#8217;est ce qu&#8217;a compris la Chine, à l&#8217;échelle mondiale, qui accumule les réserves en dollars et finance ainsi à la fois les importations américaines de produits chinois, et la croissance des Etats-Unis, stimulée par une politique budgétaire expansionniste qui assure le développement de leurs importations.</p>
<p>Au sein de la zone euro, ce mécanisme de rééquilibrage peut s&#8217;instaurer spontanément. Dans cette optique, les pays excédentaires accepteraient un partage des tâches au sein de l&#8217;Union, en considérant qu&#8217;il leur incombe d&#8217;investir leurs excédents courants dans les pays déficitaires, ce qui favorisera le développement, et à terme le rattrapage de ces derniers. C&#8217;est le processus qui fonctionne au sein d&#8217;un pays où personne ne s&#8217;occupe de connaître l&#8217;ampleur des excédents et des déficits entre régions. La seule différence &#8211; mais elle est psychologiquement de taille &#8211; réside dans la publication des balances de paiements des pays européens, contrairement à ce qui se fait entre l&#8217;Auvergne, la Bretagne et l&#8217;Ile-de-France par exemple.</p>
<p>Ce partage des tâches peut également être institutionnalisé par la création d&#8217;un mécanisme de solidarité qui assure une péréquation entre les pays économiquement les mieux armés et ceux qui sont plus fragiles. Ce mécanisme devrait également coordonner les politiques budgétaires. Encore faut-il comprendre cette exigence, non comme une soumission de tous les Etats membres à des règles de fonctionnement budgétaire communes, telles qu&#8217;elles ont été définies à Maastricht, mais comme une politique commune prenant en compte la diversité des chocs conjoncturels auxquels sont soumis les Etats de l&#8217;Union.</p>
<p>Cette coordination devrait donc conduire à exiger que les pays excédentaires relancent davantage leur économie que les autres et soutiennent ainsi la croissance de l&#8217;ensemble, sans provoquer de déséquilibres excessifs des balances courantes.</p>
<p>L&#8217;Allemagne devrait ainsi se recentrer progressivement sur son marché intérieur. Elle pourrait ainsi relancer sa demande domestique, par exemple par une augmentation des salaires trop longtemps contenus. Elle serait bien inspirée de procéder à ce changement de cap, avant que la crise ne s&#8217;aggrave et devienne incontrôlable. L&#8217;expérience japonaise devrait pour le moins être méditée.</p>
<p>En fin de compte, il est probable que les pays européens s&#8217;enfonceront dans la crise tant qu&#8217;ils ne seront pas convaincus que, comme le disait Keynes, les pays excédentaires sont aussi responsables des déséquilibres que les pays déficitaires. L&#8217;Allemagne n&#8217;a jamais oublié le traumatisme infligé par l&#8217;hyperinflation qui a marqué la République de Weimar (1919-1933). Mais peut-on pour autant accepter qu&#8217;elle impose la stagnation et le chômage à ses partenaires ? Ce sont pourtant ces phénomènes qui ont fait le lit des régimes totalitaires qu&#8217;ont connus les Européens dans les années 1930.</p>
<p>Auteur : André Grjebine, directeur de recherche à Sciences Po, Centre d&#8217;études et de recherches internationales (CERI)<br />
Source : <em><a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank">Le Monde</a></em>, édition du 17.06.10</p>
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		<title>L&#8217;euro : notre monnaie, notre problème, par Béatrice Majnoni d&#8217;Intignano</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 12:19:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Les marchés, et c&#8217;est leur rôle, ont sonné la fin de la &#171;&#160;récré&#160;&#187;. Les grands gourous, de Joseph Stiglitz à Paul Volcker en passant par Paul Krugman, suggèrent que notre monnaie, face à sa première crise, doit passer le test de survie. L&#8217;euro est-il menacé ? Surement pas. Imagine-t-on l&#8217;effroyable pagaille qu&#8217;engendrerait un retour à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les marchés, et c&#8217;est leur rôle, ont sonné la fin de la &laquo;&nbsp;récré&nbsp;&raquo;. Les grands gourous, de Joseph Stiglitz à Paul Volcker en passant par Paul Krugman, suggèrent que notre monnaie, face à sa première crise, doit passer le test de survie. L&#8217;euro est-il menacé ? Surement pas. Imagine-t-on l&#8217;effroyable pagaille qu&#8217;engendrerait un retour à une monnaie nationale dans un ou quelques pays : manque de pièces et billets, réécriture des données bancaires et comptables, dévaluation, explosion de l&#8217;endettement, sortie des capitaux, envolée des taux d&#8217;intérêt, solitude ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/majnoni-d-intignano.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2848" title="majnoni-d-intignano" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/majnoni-d-intignano.jpg" alt="" width="116" height="85" /></a></p>
<p>Après avoir vu l&#8217;euro trop fort on observe sa désescalade avec effroi. La vérité est qu&#8217;il redescend vers une valeur normale. Les grandes monnaies fluctuent autour de leur parité de pouvoir d&#8217;achat ; plus on s&#8217;en éloigne et plus la probabilité d&#8217;y revenir augmente. La valeur à parité de pouvoir d&#8217;achat de l&#8217;euro par rapport au dollar est entre 1,15 dollar et 1,2 dollar, soit une marge de fluctuation supportable pour les opérateurs commerciaux (plus ou moins 20 %) comprise entre 0,90 dollar et 14 dollars. On y revient et chacun devrait donc s&#8217;en réjouir. Les entreprises peuvent se protéger du risque de change entre ces valeurs ; en dehors, elles souffrent, comme Airbus ou Thalès ces dernières années, dont les marchés sont négociés à long terme et en dollar.</p>
<p>L&#8217;euro, après être né à 1,17 dollar, soit à sa parité, est sorti de cette marge entre 1999 et 2001, baissant jusqu&#8217;à 0,82 dollar, quand sa crédibilité restait mise en doute. Puis entre 2003 et 2007, il est devenu trop fort, flirtant avec les 1,6 dollar. Devenu crédible, dans une zone en équilibre, d&#8217;emblée seconde monnaie mondiale, et de loin, principal succès récent des Européens, ayant marginalisé la livre sterling, le yen et le franc suisse… Il a alors attiré les capitaux à la recherche de diversification. Un attrait renforcé par la courte période où les taux d&#8217;intérêt européens sont restés supérieurs à ceux des Etats-Unis (2007-08) qui a fait s&#8217;apprécier l&#8217;euro hors de toute raison. Il faut donc se réjouir de sa baisse, souhaitable pour notre industrie, et accepter que notre monnaie flotte. Cette baisse est dans l&#8217;ordre des choses en période de faible conjoncture. Elle fournit un relai de croissance par les exportations, surtout à notre industrie et à notre tourisme, et sauve les pays du Sud en leur redonnant un peu de compétitivité. Toutefois les mouvements de capitaux nous disent que l&#8217;euro n&#8217;est pas resté, selon le souhait de ses concepteurs et celui de la Banque centrale européenne, une monnaie régionale. Il s&#8217;internationalise depuis quelques années. Il faudra donc le gérer comme une monnaie internationale, c&#8217;est-à-dire agir sur son taux de change avec le dollar et le yuan. Les traités fondateurs attribuent cette responsabilité à l&#8217;Eurogroupe qui la dédaigne, ou la craint ? Là aussi, la fin de la &laquo;&nbsp;récré&nbsp;&raquo; sonnera un jour et l&#8217;Europe devra faire face. L&#8217;euro est aussi devenu, volens nolens, l&#8217;étalon de mesure du dollar, faute de concurrent pour cette fonction. Or le dollar joue au yo-yo selon la conjoncture, il faudra s&#8217;y faire.</p>
<h3>LA ZONE EURO SOUFFRE DE QUATRE FAIBLESSES AUXQUELLES TOUTE STRUCTURE PLUS FÉDÉRALE DEVRA RÉFLÉCHIR</h3>
<p>La rédaction déplorable du pacte de stabilité et de croissance de 1997 qui limite à 3 % du PIB le déficit public. En période de croissance, c&#8217;est trop laxiste ; en période de récession, trop exigeant. Le budget public devrait s&#8217;équilibrer sur l&#8217;ensemble d&#8217;un cycle : excédent engrangé grâce à la croissance ; déficit plus conséquent pour relancer en période de récession comme l&#8217;illustre la crise actuelle. Il faut surtout s&#8217;inquiéter d&#8217;un déficit structurel durable, ce dont souffre la France. Et, enfin, de l&#8217;incapacité à couvrir les dépenses publiques courantes par des recettes courantes. Tous nos étudiants savent cela, qu&#8217;hommes politiques et grands médias font semblant d&#8217;ignorer. La France, au mépris des appels de l&#8217;Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à laissé jouer les stabilisateurs automatiques, a appelé ses excédents conjoncturels &laquo;&nbsp;Cagnotte&nbsp;&raquo;. Imbécillité donnant l&#8217;occasion à la droite et à la gauche de s&#8217;affronter sur son emploi au lieu de les engranger comme marge de manœuvre pour la prochaine récession ! Les propositions actuelles restent simplistes et donc inconséquentes.</p>
<p>Ensuite la zone euro ne peut se reposer sans fin sur ses membres vertueux. Les pays dégageant un excédent de leurs échanges extérieurs (Allemagne, Pays-Bas, Finlande et Belgique) ont rendu les déficits des autres (France, Espagne, Italie…) indolores. La balance des paiements de la zone est ainsi équilibrée, évitant les pressions sur l&#8217;euro. Mais des modèles de croissance aussi différents, fondés chez les premiers sur la modération des salaires et l&#8217;exportation, et chez les seconds sur la consommation favorisée par des hausses de salaries agressives et/ou le crédit, peuvent-ils durablement cohabiter ? Certes, les pays en rattrapage comme l&#8217;Espagne, le Portugal ou l&#8217;Irlande ont besoin de temps et de souplesse. Ils ont bénéficié de la baisse des taux d&#8217;intérêt (de plus de 10 % à quelques pourcents) et des fonds structurels. Ils ont alors confondu la classe supérieure avec la récréation. Jusqu&#8217;à quand les Allemands voudront-ils bien travailler pour eux ? Personne ne se le demandait et ils ont raison de le rappeler.</p>
<p>La politique de taux d&#8217;intérêt unique de la BCE exige des ajustements nationaux. Pendant des années l&#8217;Allemagne, ayant moins d&#8217;inflation, a subi des taux d&#8217;intérêt réels positifs (taux de la BCE moins l&#8217;inflation), d&#8217;où moins de croissance et d&#8217;emploi. L&#8217;Espagne, ayant plus d&#8217;inflation, bénéficiait, elle, de taux réels négatifs, favorisant un excès de crédit à la consommation et à l&#8217;habitat qui a nourri la bulle immobilière et des créations d&#8217;emploi artificielles. Il faut dans ces cas une politique budgétaire plus expansive outre-Rhin et plus restrictive outre-Pyrénées.</p>
<p>L&#8217;objectif d&#8217;inflation de la zone euro est irréaliste pour une zone aussi large et disparate. Une moyenne de 2 % signifie forcément de la déflation dans certains pays ou secteurs comme l&#8217;industrie. Plus de souplesse serait la bienvenue.</p>
<p>La mode reste à relire et commenter Keynes et ses recettes de relance par la dépense publique. Irving Fisher et Paul Kindleberger, les analystes des bulles et des déflations qu&#8217;elles génèrent, sont inconnus du grand public. L&#8217;euro est le grand succès de l&#8217;Europe. La sagesse des réactions de la BCE face à la crise a fait taire toutes les critiques injustifiées à son égard. Mais la crise des finances publiques met la zone devant ses responsabilités face aux quatre difficultés évoquées. Les endosser exigera un peu d&#8217;analyse et de pédagogie et du courage politique de la part de l&#8217;Eurogroupe. L&#8217;euro est notre monnaie, c&#8217;est aussi notre problème !</p>
<p><strong>Auteur : Béatrice Majnoni d&#8217;Intignano,  économiste, professeure à l&#8217;université Paris-XII, auteure de <em>L&#8217;euro, notre monnaie, notre problème</em> (2008).<br />
Source : <em><a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank">Le Monde</a></em>, édition du 17.06.10.</strong></p>
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		<title>La réforme du système monétaire international, par Gaspard-Hubert Lonsi Koko</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 12:04:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont l&#8217;intention de demander une accélération de la régulation financière, au sommet du G20 qui se tiendra à la fin du mois de juin à Toronto. Ainsi veulent-ils relancer le débat sur le financement des opérations de sauvetage du secteur bancaire récemment rejeté par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont l&#8217;intention de demander une accélération de la régulation financière, au sommet du G20 qui se tiendra à la fin du mois de juin à Toronto. Ainsi veulent-ils relancer le débat sur le financement des opérations de sauvetage du secteur bancaire récemment rejeté par les ministres des finances dont les pays sont membres de ce groupe. Certes, l&#8217;idée d&#8217;une taxe sur les transactions financières internationales est très louable. Mais elle semble peu audacieuse, car le problème de fond reste la réforme du système monétaire internationale.</p>
<h3>DES MESURES IDOINES SANS ENTRAVER LES ÉCHANGES INTERNATIONAUX</h3>
<p>En effet, sous le prétexte de la nécessité de verser des bakchichs à l&#8217;étranger – ce qui est officiellement autorisé pour favoriser l&#8217;exportation – il est toujours possible de se partager en toute discrétion une partie de ces pots-de-vins avec les destinataires. Outre ce délit de corruption, beaucoup de grosses entreprises ont recours aux sociétés offshore, pour ce qui est de leurs profits. Cela a été reproché, entre autres, à Didier Pinault Valencienne par ses actionnaires belges minoritaires. Au prochain sommet du G20, il faudra non seulement veiller à rendre ces pratiques impossibles, mais surtout préconiser des mesures favorables à l&#8217;augmentation du nombre de juges efficaces dans l&#8217;espoir de prendre des décisions appropriées.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Gaspard-Hubert-Lonsi-Koko.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2843" title="Gaspard-Hubert Lonsi Koko" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Gaspard-Hubert-Lonsi-Koko-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a></p>
<p>Dans un environnement où les taux de change ou d&#8217;intérêts sont exclusivement déterminés par les mouvements de capitaux, et non plus par les données économiques, les spéculateurs sont en proie à un effet d&#8217;anticipation dangereux. Cela nécessite, de la part des principaux établissements financiers, de renforcer les outils d&#8217;intervention. Il faudra que le prochain G20 prenne des mesures concrètes afin de contrôler davantage l&#8217;émission incontrôlée de liquidités dans le monde, laquelle a nourri une vague spéculative sans précédent. Tant que cela ne sera pas fait, l&#8217;endettement continuera et la menace de l&#8217;effondrement brusque de l&#8217;économie mondiale persistera. Il est donc indispensable de restituer aux seules banques centrales la mission d&#8217;émettre de la monnaie, et de contrôler les mouvements de capitaux sans pour autant entraver l&#8217;expansion des échanges internationaux.</p>
<h3>LA STABILISATION DES MOUVEMENTS DE CAPITAUX POUR MIEUX COMBATTRE LA SPÉCULATION</h3>
<p>Aujourd&#8217;hui, pour un dollar commercial transitant d&#8217;un pays à l&#8217;autre, 50 à 100 bougent sans transaction commerciale sous-jacente. Il faut donc combattre et freiner réellement ces mouvements spéculatifs, massifs, qui compromettent l&#8217;économie de chaque pays et sa stabilité. Les remèdes peuvent être trouvés au niveau de chaque pays, mais le plus efficace reste une solution globale qui suppose un accord, au minimum, entre les pays membres du G20.</p>
<p>En tout cas, une initiative peut être prise unilatéralement. Elle consiste à imposer, pays par pays, un contrôle des positions de change sur les capitaux spéculatifs. Les banques seraient obligées, au moins pour les comptes de clients non résidents, &laquo;&nbsp;à boucler&nbsp;&raquo; tous les soirs leurs positions de change – sauf, bien sûr, pour ce qui correspond à des règlements commerciaux réels. C&#8217;est donc une sorte de contrôle des changes, réservé aux marchés &laquo;&nbsp;dérivés&nbsp;&raquo;. Cela se pratique déjà en Europe, notamment en Espagne et en Irlande. Il sera indispensable, bien sûr, d&#8217;instaurer aussi cette pratique en France. En plus de cette méthode applicable pays par pays, il faut taxer forfaitairement, par exemple à un pour mille, tous les mouvements de capitaux qui ne seraient pas justifiés par des transactions commerciales réelles.</p>
<p>Une telle taxe donnerait un coût aux mouvements de capitaux spéculatifs ainsi qu&#8217;aux marchés &laquo;&nbsp;dérivés&nbsp;&raquo; et procurerait des ressources fiscales que l&#8217;on pourrait prévoir, par ailleurs, d&#8217;attribuer aux Nations unies. Ainsi, cette solution – qui suppose, comme cela a été souligné, un accord minimum entre les pays du groupe des G20 – serait le résultat d&#8217;un accord international. Le système monétaire international étant en quête de stabilité, il faut d&#8217;urgence stabiliser les mouvements de capitaux et combattre la spéculation.</p>
<h3>SURVEILLANCE MULTILATÉRALE ET COLLECTIVE DE LA STABILITÉ MONÉTAIRE MONDIALE</h3>
<p>Comme aucun pays ne peut s&#8217;isoler de l&#8217;influence des autres, la stabilité monétaire ne peut être que conjointe. S&#8217;il en est ainsi, les taux de change pourront demeurer flexibles afin d&#8217;absorber les variations asymétriques, mais les mouvements de capitaux devraient être le plus souvent stabilisants. En outre, la concertation des banques centrales à court terme, pour manier les taux d&#8217;intérêts et intervenir conjointement en vue de briser les attaques spéculatives, seraient plus efficaces parce qu&#8217;elles se feraient sur une base plus claire. On peut toutefois se demander quelle impulsion pourrait conduire les autorités monétaires à s&#8217;engager dans cette voie sur le plan mondial. Car il ne s&#8217;agit, en fait, que des entités indépendantes, les unes des autres, qui acceptent une auto-limitation de l&#8217;exercice de leur pouvoir monétaire, en vue de préserver le bien public général et la stabilité monétaire mondiale. C&#8217;est exactement pourquoi il faut établir une véritable Constitution du système monétaire international, comme l&#8217;étaient déjà les anciens accords de Bretton Woods.</p>
<p>Pour qu&#8217;une attitude propice à cette évolution apparaisse, il faut qu&#8217;un intérêt commun soit perçu, en dépit des multiples finalités socio-économiques qui nourrissent les politiques individuelles de chaque banque centrale. Les initiatives monétaires allant dans le sens des Unions économiques monétaires (UEM) peuvent y aider. Mais cette solution sera loin de couvrir tous les problèmes macro-économiques à l&#8217;échelle planétaire. Par exemple, les politiques de change des pays asiatiques pèsent sur le prix du travail, et menacent l&#8217;emploi dans les pays occidentaux. C&#8217;est pourquoi une approche multilatérale devient indispensable, pour que les évolutions des taux de change réels ne provoquent pas des distensions de concurrence intolérables.</p>
<p>Cette approche serait conforme aux statuts du Fond monétaire international. Il s&#8217;agirait d&#8217;une surveillance multilatérale et collective de la stabilité monétaire mondiale. Ainsi, dans le domaine financier, chaque Etat aura un devoir impérieux de réflexion et d&#8217;audace. L&#8217;avenir économique du monde, donc, également, son avenir social, en dépend. Seul un système réformiste pourra s&#8217;en donner les moyens.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko, président d&#8217;Union du Congo, auteur de plusieurs ouvrages dont </strong><strong><em>Un nouvel élan socialiste. Socialisme, un combat permanent.<br />
</em>Source : <em><a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank">Le Monde</a></em>, édition du 17.06.10.</strong></p>
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		<title>La criminalité organisée, une menace mondiale pour la sécurité</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 10:20:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Un nouveau rapport de l&#8217;UNODC montre comment, par la violence et la corruption, les marchés criminels internationaux sont devenus de véritables centres de pouvoir. M. Antonio Maria Costa, Directeur exécutif de l&#8217;Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) a déclaré, lors du lancement d&#8217;un nouveau rapport de l&#8217;Office concernant la mondialisation de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un nouveau rapport de l&#8217;UNODC montre comment, par la violence et la corruption, les marchés criminels internationaux sont devenus de véritables centres de pouvoir. M. Antonio Maria Costa, Directeur exécutif de l&#8217;Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) a déclaré, lors du lancement d&#8217;un nouveau rapport de l&#8217;Office concernant la mondialisation de la criminalité (&laquo;&nbsp;The Globalization of Crime: A Transnational Organized Crime Threat Assessment&nbsp;&raquo;), que la criminalité organisée s&#8217;était mondialisée et était devenue l&#8217;une des premières puissances économiques et armées de la planète. Le rapport, lancé aujourd&#8217;hui au Conseil des relations extérieures à New York, examine les principaux flux de trafic de drogues (cocaïne et héroïne), d&#8217;armes à feu, de produits de contrefaçon, de ressources naturelles volées et de victimes de la traite à des fins de prostitution ou de travail forcé, ainsi que de victimes du trafic de migrants. Il couvre également la piraterie maritime et la cybercriminalité.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marché-mondial-héroïne-afghane.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2822" title="Marché mondial héroïne afghane" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marché-mondial-héroïne-afghane-300x150.jpg" alt="" width="300" height="150" /></a></p>
<p>C&#8217;est pour donner suite aux préoccupations exprimées par des États Membres de l&#8217;ONU, le Conseil de sécurité, le G8 et d&#8217;autres organisations internationales face à la menace posée par la criminalité transnationale organisée, et à la nécessité de combattre ce fléau, qu&#8217;il a été décidé d&#8217;établir ce rapport. Cette tâche n&#8217;était pas aisée, car les données existant dans ce domaine étaient jusqu&#8217;à présent limitées et inégales. M. Costa a déclaré que, malgré les difficultés propres à toute recherche sur la criminalité, l&#8217;UNODC avait réussi à mettre en évidence le pouvoir considérable et la dimension mondiale des mafias internationales.</p>
<p>Le rapport montre à quel point les flux illicites ont des répercussions dans le monde entier. &laquo;&nbsp;<em>Aujourd&#8217;hui, le marché criminel a atteint une dimension planétaire : les marchandises illicites proviennent d&#8217;un continent, transitent par un autre et sont vendues sur un troisième</em>&laquo;&nbsp;, a déclaré M. Costa. &laquo;&nbsp;<em>La criminalité transnationale est devenue une menace pour la paix et le développement, voire pour la souveraineté des États</em>&laquo;&nbsp;, a averti le chef de l&#8217;UNODC. &laquo;&nbsp;<em>Les criminels ont recours aux armes et à la violence, mais aussi à l&#8217;argent et aux pots-de-vin pour acheter les élections, les politiciens, le pouvoir et même l&#8217;armée</em>&laquo;&nbsp;, a-t-il poursuivi. La menace pesant sur la gouvernance et la stabilité est analysée dans un chapitre consacré aux régions menacées (&laquo;&nbsp;Regions under Stress&nbsp;&raquo;).</p>
<p>Le rapport de l&#8217;UNODC comprend un certain nombre de cartes et de diagrammes évocateurs, qui illustrent les flux illicites et les marchés correspondants. &laquo;&nbsp;<em>Les commerces illicites concernent tous les grands pays, aussi bien ceux du G8 que ceux du BRIC </em>[Brésil, Russie, Inde, Chine, ndlr]<em>, ainsi que les puissances régionales. Les premières économies du monde étant également les premiers débouchés du commerce illicite, je demande à leurs dirigeants d&#8217;aider les Nations Unies à lutter plus efficacement contre la criminalité organisée. Actuellement, on ne fait pas grand cas de ce fléau qui fait du tort à tout le monde, en particulier aux pays pauvres incapables de se défendre</em>&laquo;&nbsp;, a indiqué M. Costa.</p>
<p>Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :</p>
<p>• On estime à 140 000 le nombre de victimes de la traite des êtres humains aux fins de l&#8217;exploitation sexuelle rien qu&#8217;en Europe, traite qui génère des revenus annuels bruts de 3 milliards de dollars pour les exploiteurs. &laquo;&nbsp;<em>Dans le monde, il y a des millions d&#8217;esclaves modernes qui sont vendus à un prix qui, en termes réels, n&#8217;a pas changé depuis des siècles</em>&laquo;&nbsp;, a déclaré M. Costa.</p>
<p>• Les deux principaux flux de trafic de migrants vont de l&#8217;Afrique vers l&#8217;Europe et de l&#8217;Amérique latine vers les États-Unis. De 2,5 à 3 millions de personnes font l&#8217;objet chaque année de ce trafic entre l&#8217;Amérique latine et les États-Unis, qui rapporte 6,6 milliards de dollars aux trafiquants.</p>
<p>• L&#8217;Europe est le plus gros marché régional pour l&#8217;héroïne (20 milliards de dollars), et la Russie est devenue le premier pays consommateur d&#8217;héroïne dans le monde (70 tonnes). &laquo;&nbsp;<em>Les stupéfiants tuent entre 30 000 et 40 000 jeunes Russes par an, soit le double du nombre de soldats de l&#8217;Armée rouge tués pendant l&#8217;invasion de l&#8217;Afghanistan dans les années 1980</em>&laquo;&nbsp;, a indiqué M. Costa.</p>
<p>• En Amérique du Nord, le marché de la cocaïne marque un repli suite à la baisse de la demande et au renforcement des mesures de détection et de répression. De ce fait, une guerre de territoire a éclaté entre les gangs de trafiquants, en particulier au Mexique, et de nouvelles routes de la drogue sont apparues. &laquo;&nbsp;<em>Depuis toute la côte atlantique de l&#8217;Amérique latine, la cocaïne est expédiée en Europe via l&#8217;Afrique</em>&laquo;&nbsp;, a indiqué M. Costa. &laquo;&nbsp;<em>Certains pays d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest risquent de ne pas résister aux attaques qu&#8217;ils subissent</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>• L&#8217;attention et les critiques se concentrent sur les principaux pays producteurs de drogues illicites, tels que l&#8217;Afghanistan (opium) et la Colombie (coca), mais c&#8217;est dans les pays (riches) de destination qu&#8217;est réalisée la plus grande partie des profits du commerce de la drogue. Par exemple, le marché mondial de l&#8217;héroïne afghane est estimé à environ 55 milliards de dollars, mais seulement 2,3 milliards de dollars, soit environ 5 %, reviennent aux agriculteurs, aux négociants et aux insurgés afghans. Le marché de la cocaïne représente quant à lui 72 milliards de dollars en Amérique du Nord et en Europe, mais quelque 70 % des profits sont réalisés par les trafiquants de niveau intermédiaire dans les pays consommateurs et non dans la région andine.</p>
<p>• Le marché mondial des armes à feu illicites représenterait entre 170 et 320 millions de dollars par an, soit 10 à 20 % du marché licite. Même si la contrebande d&#8217;armes est plutôt ponctuelle (c&#8217;est-à-dire liée à des conflits particuliers), les quantités sont tellement importantes qu&#8217;elles peuvent tuer autant que certaines pandémies.</p>
<p>• L&#8217;exploitation illégale des ressources naturelles et le trafic d&#8217;espèces de faune et de flore sauvages en provenance d&#8217;Afrique et d&#8217;Asie du Sud-Est bouleversent des écosystèmes fragiles et conduisent à l&#8217;extinction de certaines espèces. L&#8217;UNODC estime que les importations dans les pays de l&#8217;Union européenne et en Chine de bois et de produits dérivés du bois illicites en provenance d&#8217;Asie ont représenté environ 2,5 milliards de dollars en 2009.</p>
<p>• La quantité de produits contrefaits interceptés aux frontières européennes a été multipliée par 10 au cours des 10 dernières années et leur valeur représente plus de 10 milliards de dollars par an. Jusqu&#8217;à la moitié des médicaments testés en Afrique et en Asie du Sud-Est sont contrefaits et de mauvaise qualité, ce qui augmente les risques de maladies au lieu de les réduire.</p>
<p>• Le nombre d&#8217;actes de piraterie au large de la corne de l&#8217;Afrique a doublé l&#8217;année dernière (passant de 111 en 2008 à 217 en 2009) et continue d&#8217;augmenter. Des pirates venus de l&#8217;un des pays les plus pauvres de la planète, la Somalie, s&#8217;emparent de navires appartenant aux plus riches pour obtenir une rançon, en dépit des patrouilles effectuées par les flottes les plus puissantes du monde. Les rançons versées s&#8217;élèvent à plus de 100 millions de dollars par an, mais seulement un quart de ce montant revient aux pirates, le reste allant à la criminalité organisée.</p>
<p>• Plus de 1,5 million de personnes par an sont victimes d&#8217;usurpation d&#8217;identité, ce qui engendrerait des pertes économiques estimées à 1 milliard de dollars. La cybercriminalité menace quant à elle la sécurité des pays en s&#8217;attaquant aux réseaux électriques, au trafic aérien et aux installations nucléaires.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit là que de quelques exemples illustrant l&#8217;abondance de nouvelles informations qu&#8217;offre le rapport de l&#8217;UNODC, dans lequel sont également proposées un certain nombre de mesures pour faire face aux menaces que pose la mondialisation de la criminalité. Selon M. Costa, il faut tout d&#8217;abord &laquo;&nbsp;<em>déstabiliser les forces du marché</em>&nbsp;&raquo; qui sont à l&#8217;origine de ces formes de commerce illicite. &laquo;&nbsp;<em>Le démantèlement des groupes criminels eux-mêmes s&#8217;est révélé inefficace, étant donné que ceux qui sont arrêtés sont immédiatement remplacés</em>&laquo;&nbsp;, a-t-il dit. &laquo;&nbsp;<em>L&#8217;action répressive contre les groupes mafieux ne permettra pas de mettre un terme aux activités illicites si les marchés sur lesquels ils s&#8217;appuient restent intacts, notamment les hordes de délinquants à col blanc &#8211; avocats, comptables, agents immobiliers et banquiers &#8211; qui les protègent et blanchissent leurs gains. L&#8217;expansion des marchés noirs est due autant à la cupidité des cols blancs qu&#8217;à celle des groupes criminels organisés</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le rapport insiste sur le fait que, la criminalité ayant pris une dimension mondiale, il ne suffit pas de prendre des mesures au niveau national, qui ne font que déplacer le problème d&#8217;un pays vers un autre, mais qu&#8217;il faut intervenir à l&#8217;échelle mondiale, en se fondant sur la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, adoptée à Palerme (Italie) en 2000. &laquo;&nbsp;<em>La criminalité s&#8217;est internationalisée plus rapidement que les politiques de détection et de répression et la gouvernance mondiale</em>&laquo;&nbsp;, a indiqué M. Costa. &laquo;&nbsp;<em>La Convention de Palerme vise précisément à adopter des mesures internationales pour lutter contre ces menaces transnationales, mais elle ne suscite souvent que peu d&#8217;intérêt</em>&laquo;&nbsp;, a-t-il dit. &laquo;&nbsp;<em>Les États qui sont fermement déterminés à lutter contre la mondialisation de la criminalité devraient encourager ceux qui ne l&#8217;ont pas encore fait à appliquer pleinement la Convention</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>M. Costa a également tenu à faire une distinction entre les pays qui ne sont pas disposés à lutter contre la criminalité organisée et ceux qui ne sont pas en mesure de le faire et a donc demandé de renforcer l&#8217;aide au développement et l&#8217;assistance technique pour réduire la vulnérabilité des pays pauvres. &laquo;&nbsp;<em>Si l&#8217;État ne parvient pas à offrir des services publics et à assurer la sécurité, ce sont les réseaux criminels qui s&#8217;en chargent</em>&laquo;&nbsp;, a-t-il déclaré. &laquo;&nbsp;<em>La réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement serait un remède efficace contre la criminalité, qui est quant à elle un obstacle au développement</em>&laquo;&nbsp;, a-t-il ajouté. Il a également demandé d&#8217;accorder une attention accrue à la justice pénale dans les opérations de consolidation et de maintien de la paix. &laquo;&nbsp;<em>La criminalité étant une source d&#8217;instabilité, la paix est le meilleur moyen de l&#8217;endiguer</em>&laquo;&nbsp;, a-t-il indiqué.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Les délinquants sont motivés par le profit, c&#8217;est pourquoi nous devons nous attaquer à leur argent</em>&laquo;&nbsp;, a déclaré M. Costa. &laquo;&nbsp;<em>Nous devons accroître les risques et réduire les avantages qui permettent à la main sanguinaire de la criminalité organisée de manipuler la main invisible de la concurrence</em>&laquo;&nbsp;, a-t-il dit. Il s&#8217;est prononcé pour une application plus énergique de la Convention des Nations Unies contre la corruption, l&#8217;adoption de mesures plus efficaces contre le blanchiment d&#8217;argent et la restriction du secret bancaire.</p>
<p>Pour plus d&#8217;informations, veuillez contacter Walter Kemp, Porte-parole et rédacteur de discours, Office des Nations Unies contre la drogue et le crime<br />
Portable: (+43-699) 1459-5629<br />
Courriel: <a href="mailto:walter.kemp@unodc.org">walter.kemp@unodc.org</a><br />
La version intégrale du rapport est disponible (en anglais) sur papier ou sur le site Web de l&#8217;UNODC à l&#8217;adresse: <a href="http://www.unodc.org">www.unodc.org</a></p>
<p>VIENNE, le 17 juin 2010 (Service de l&#8217;information de l&#8217;ONU)</p>
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		<title>Les mafias menacent l&#8217;ordre mondial selon l&#8217;ONU</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 10:04:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Le crime organisé est devenu une force à l&#8217;échelle mondiale, a déclaré à l&#8217;ONU, à New York, Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l&#8217;Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) basé à Vienne. &#171;&#160;La criminalité est devenue mondiale, a atteint une dimension macro-économique et pose une sérieuse menace pour la paix [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le crime organisé est devenu une force à l&#8217;échelle mondiale, a déclaré à l&#8217;ONU, à New York, Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l&#8217;Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) basé à Vienne. &laquo;&nbsp;La criminalité est devenue mondiale, a atteint une dimension macro-économique et pose une sérieuse menace pour la paix et même pour la souveraineté des nations&nbsp;&raquo;, a-t-il déclaré lors de la présentation à une réunion plénière de l&#8217;Assemblée générale de l&#8217;ONU un nouveau rapport de l&#8217;ONUDC intitulé &laquo;&nbsp;La mondialisation de la criminalité: évaluation de la menace posée par le crime organisé international&nbsp;&raquo;. Il a regretté que dix ans après son adoption à Palerme, la Convention de l&#8217;ONU contre le crime organisé transnational, seul instrument international contre le crime, ne soit pas assez suivie d&#8217;effet et que tous les pays n&#8217;y adhèrent pas.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marché-mondial-héroïne-afghane.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2822" title="Marché mondial héroïne afghane" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marché-mondial-héroïne-afghane.jpg" alt="" width="546" height="273" /></a></p>
<p>Ce rapport estime qu&#8217;environ 140 000 personnes sont victimes de trafic d&#8217;êtres humains alimentant l&#8217;industrie du sexe en Europe, qui représente un revenu annuel de 3 milliards de dollars pour ses exploitants. Le rapport indique aussi que les deux principaux flux de migrants clandestins vont d&#8217;Afrique en Europe et d&#8217;Amérique latine aux Etats-Unis. De 2,5 à 3 millions de migrants passent clandestinement d&#8217;Amérique latine aux Etats-Unis chaque année, rapportant 6,6 milliards de dollars aux passeurs.</p>
<p>L&#8217;Europe est le plus gros marché régional en valeur pour l&#8217;héroïne (20 milliards de dollars) et la Russie en est le premier pays consommateur au monde (70 tonnes). &laquo;&nbsp;Les stupéfiants tuent entre 30 000 et 40 000 jeunes Russes par an, soit le double du nombre de soldats de l&#8217;Armée rouge tués pendant l&#8217;invasion de l&#8217;Afghanistan dans les années 1980&#8243;, indique le rapporteur. Pour lui, &laquo;&nbsp;l&#8217;attention et les critiques se concentrent sur les principaux pays producteurs de drogues illicites, tels que l&#8217;Afghanistan (opium) et la Colombie (coca), mais c&#8217;est dans les pays (riches) de destination qu&#8217;est réalisée la plus grande partie des profits du commerce de la drogue. Par exemple, le marché mondial de l&#8217;héroïne afghane est estimé à environ 55 milliards de dollars, mais seulement 2,3 milliards de dollars, soit environ 5 %, reviennent aux agriculteurs, aux négociants et aux insurgés afghans.&nbsp;&raquo; Le rapport constate aussi que près de la moitié des médicaments testés en Afrique et en Asie du Sud-Est sont contrefaits et inadéquats, accroissant les risques de maladie au lieu de les réduire.</p>
<p>&laquo;&nbsp;L&#8217;action répressive contre les groupes mafieux ne permettra pas de mettre un terme aux activités illicites si les marchés sur lesquels ils s&#8217;appuient restent intacts, notamment les hordes de délinquants à col blanc — avocats, comptables, agents immobiliers et banquiers — qui les protègent et blanchissent leurs gains. L&#8217;expansion des marchés noirs est due autant à la cupidité des cols blancs qu&#8217;à celle des groupes criminels organisés.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pour l&#8217;ONU, la menace n&#8217;est pas seulement économique. &laquo;&nbsp;Les profits tirés du crime et la menace d&#8217;utiliser la force, permettent aux criminels d&#8217;influencer des élections, des politiciens et même des militaires&nbsp;&raquo;, ajoute-t-il. Selon lui, les pays les plus faibles sont les plus exposés au risque mais la menace est globale. &laquo;&nbsp;Les flux illégaux pointent presque tous vers le Nord&nbsp;&raquo; car &laquo;&nbsp;les plus grandes économies sont les plus gros marchés pour les biens illégaux&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Source : LEMONDE.FR avec AFP | 18.06.10</p>
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		<title>Être riche, c&#8217;est qui, c&#8217;est quoi ?</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 07:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[Au moment où le gouvernement s’apprête à annoncer des mesures pour assurer l’avenir des retraites, enquête sur le sentiment d’être riche ou pas.

 Une plage privée dans la baie de Saint-Tropez (AFP/ESTRADE).
On ne sait pas où commence la richesse, comme on ne sait pas ou débute la vieillesse. C’est en substance ce qu’énonçait le sociologue économiste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au moment où le gouvernement s’apprête à annoncer des mesures pour assurer l’avenir des retraites, enquête sur le sentiment d’être riche ou pas.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Plage-privée.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2815" title="Plage privée" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Plage-privée.jpg" alt="" width="400" height="273" /></a></p>
<p style="text-align: center;"> Une plage privée dans la baie de Saint-Tropez (AFP/ESTRADE).</p>
<p>On ne sait pas où commence la richesse, comme on ne sait pas ou débute la vieillesse. C’est en substance ce qu’énonçait le sociologue économiste Vilfredo Pareto au tournant du XXe siècle. Plus de cent ans plus tard, essayer de cerner le « sentiment » de richesse aujourd’hui en France se heurte toujours au même problème. Être riche, c’est quoi, c’est qui ? Donnée statistique définie, le seuil de la pauvreté est sans équivalent à l’autre bout de l’échelle sociale.</p>
<p>Si l’on considère comme « riches » les personnes disposant de « très haut revenus » selon la terminologie de l’Insee dans son étude sur les revenus et le patrimoine des ménages publiée en avril dernier, portant sur la période 2004-2007, cela ne concerne que 1 % de la population française (lire les Repères).</p>
<p>C’est à partir d’un revenu annuel déclaré de 84 500 € par unité de consommation que l’on appartient à cette catégorie. L’Insee compte une unité de consommation (UC) pour le premier adulte d’un ménage, 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans et plus, et 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans. Juste en dessous, et toujours selon l’Insee, les « hauts revenus » hexagonaux se situent entre 35 600 € et 84 500 €. Ils représentent 9 % de la population.</p>
<h3>La fourchette des hauts revenus peut varier du simple à plus du double</h3>
<p>Se sent-on riche pour autant si l’on se retrouve ainsi classé dans les hauts et très hauts revenus ? Loin s’en faut. La fourchette des hauts revenus peut varier du simple à plus du double. Mais au sein du 1 % des très hauts revenus, les disparités sont colossales : de 1 à 150, soit de 84 500 € à plus de 13 millions d’euros.</p>
<p>Autrement dit, selon la sociologue Monique Pinçon-Charlot, la seule avec Michel Pinçon à explorer depuis des années les sommets de l’échelle sociale, « il existe plus de diversité dans les conditions de vie des riches que parmi les pauvres. La grande richesse est extrêmement dispersée, d’autant qu’elle est multidimensionnelle. Car, à côté de la richesse économique et patrimoniale, il ne faut surtout pas méconnaître l’importance de la richesse sociale, c’est-à-dire l’entretien des réseaux, essentiel dans ces univers-là, et de la richesse culturelle. Cette dispersion explique que même chez les plus aisés peut s’imposer l’idée que les riches, c’est les autres. La perception de la richesse est de toute façon variable et dépend de ce que chaque individu peut imaginer en fonction de sa position dans la société. »</p>
<p>L’an dernier, une enquête du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) sur les classes moyennes abordait de façon marginale cette notion de perception de la stratification sociale. À partir de quel montant de ressources peut-on se sentir riche ? Réponse des Français : en moyenne 4 660 € par mois pour une personne. Des revenus que n’atteint que 3 % de la population.</p>
<p>En dessous, donc, on pourrait « légitimement » ne pas se sentir riche. Ce qui d’ailleurs est le cas : « 50 % des Français les plus aisés disent appartenir aux classes moyennes supérieures, et 29 % même aux classes moyennes inférieures, précise Régis Bigot, directeur du département conditions de vie et aspirations des Français au Crédoc. Cette difficulté à se concevoir privilégié vient d’une représentation biaisée aujourd’hui de la répartition des revenus, issue de la période assez atypique des Trente Glorieuses, qui gonflait des classes moyennes croyant à l’ascension sociale. Aujourd’hui, ces classes moyennes stagnent, et le fossé avec les hauts revenus, eux en forte progression, se creuse. »</p>
<h3>« Le grand retour de l’héritage »</h3>
<p>Du coup, la frange basse des hauts revenus ne peut-elle être considérée comme « riche » ? C’est bien sûr loin d’être admis par la population concernée. « Tant que l’on parle de taxer les super-riches, tout va bien, commente Louis Maurin, cofondateur de l’Observatoire des inégalités. Mais dès que l’on propose de situer le seuil de richesse à un niveau plus raisonnable, pour penser une fiscalité compatible avec l’ampleur de l’effort national indispensable pour financer la dette, les retraites ou la Sécurité sociale, ça coince. Pourtant, lorsqu’on appartient au 9 % des Français avec des hauts revenus définis par l’Insee, si on n’est pas riche, alors qu’est-ce qu’on est ? »</p>
<p>Pour l’économiste Thomas Piketty, l’enjeu majeur de ce débat réside aussi dans ce qu’il appelle le « grand retour de l’héritage », qui n’appartient pas qu’au XIXe siècle balzacien. La définition de la richesse exigerait de plus en plus de prendre en compte le patrimoine constitué et transmis et, dans ce cadre, ne pas considérer que l’accumulation des biens des super- riches.</p>
<p>« Des dotations de 300 000 ou 400 000 € n’arrivent certes pas tous les jours, mais ne se produisent pas non plus que chez les plus nantis, assure l’économiste. Une fraction non négligeable d’une génération post-baby boom s’apprête à en profiter, et des inégalités redoutables pour une société démocratique vont se constituer. Il faut impérativement prendre en compte cette dimension, qui dépasse le débat sur la nécessité de faire payer les riches. »</p>
<h3>Viser les très hauts revenus</h3>
<p>Une analyse avec laquelle Monique Pinçon-Charlot n’est qu’en partie d’accord : « La richesse patrimoniale est effectivement essentielle à prendre en compte. Mais d’abord et avant tout, celle des très hauts revenus qui aujourd’hui ne laisse rien au hasard dans sa transmission, agissant comme la seule classe vraiment organisée dans notre société. On peut certes réfléchir à une fiscalité contributive concernant les hauts revenus définis plus largement. Mais je crois qu’il existe bien des marges de manœuvre à exploiter avec les très hauts revenus qui concentrent les niches fiscales choisies, l’accès aux paradis fiscaux et les revenus du capital peu taxés. Si une prise de conscience peut intervenir, j’espère avec optimisme qu’elle touche aussi des familles très aisées qui se réclament encore de certaines valeurs, et qui commencent à percevoir que ce monde est fou. »</p>
<p><strong>Auteur : Jean-Luc Ferré<br />
Source : </strong><a href="http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2428651&amp;rubId=4076#" target="_blank"><strong>La Croix</strong></a><strong> (site Internet), 14 juin 2010.</strong></p>
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		<title>Des paysans haïtiens refusent les dons en nature de Monsanto</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Jun 2010 10:43:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le 13 mai dernier, la multinationale Monsanto a annoncé sa décision de faire un don de semences de maïs conventionnel et de semences potagères aux agriculteurs haïtiens. Selon Monsanto, ce don, d’une valeur de 4 millions de dollars, sera composé de semences de maïs, chou, carotte, aubergine, melon, oignon, tomate, épinard et pastèque. Il représentera [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/19594.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2806" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/19594.jpg" alt="" width="119" height="105" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Le 13 mai dernier, la multinationale Monsanto a annoncé sa décision de faire un don de semences de maïs conventionnel et de semences potagères aux agriculteurs haïtiens. Selon Monsanto, ce don, d’une valeur de 4 millions de dollars, sera composé de semences de maïs, chou, carotte, aubergine, melon, oignon, tomate, épinard et pastèque. Il représentera au total plus de 400 tonnes de semences qui seront acheminées sur l’île au cours des douze prochains mois. Lors de cette annonce, la multinationale a annoncé qu’une première livraison de 60 tonnes avait déjà été effectuée, par avion et bateau, début mai.</p>
<p style="text-align: justify">Depuis cette date, un mouvement de protestation paysan s’est développé sur l’île d’Haïti. Le 4 juin, une première manifestation, à l’appel du Mouvement paysan Papaye (MPP) a réuni plusieurs milliers de paysans et paysannes du pays. Pour la Via Campesina (1), qui soutient et relaie le mouvement : <em>« Ces multinationales se présentent comme salvatrices, alors qu’elles font partie des principales actrices du désastre environnemental, économique et social subi mondialement par le secteur agricole. Jusqu’à présent, les paysans haïtiens ont peu recours aux hybrides F1 de Monsanto et Pioneer, dont ils ne peuvent pas utiliser la récolte comme semence. Ils utilisent essentiellement les semences paysannes locales et s’inscrivent dans une démarche de promotion de la Souveraineté alimentaire, dans la priorité à la production et la consommation locales et traditionnelles ».</em></p>
<p style="text-align: justify">Face à cette contestation grandissante, la firme Monsanto a précisé que le Ministère Haïtien de l’Agriculture a autorisé ce don et que le projet WINNER, financé par le Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis, organise la distribution aux agriculteurs haïtiens.</p>
<p style="text-align: justify">Pour sa part, Jean-Baptiste Chavannes, coordonnateur du MPP et membre de la Via Campesina haïtienne, considère « <em>qu’il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une très forte attaque contre l’agriculture, les paysans et les paysannes, la biodiversité, les semences créoles que nous défendons, et à ce qu’il reste de notre milieu environnemental en Haïti ». </em></p>
<p style="text-align: justify">Michel Sage</p>
<p style="text-align: justify">08.06.2010</p>
<p style="text-align: justify">[1] <em>La Via Campesina est un mouvement international rassemblant des millions de paysans, de petits producteurs, de sans-terre, de femmes rurales et de travailleurs agricoles du monde entier. Le mouvement est composé de 148 organisations actives dans 69 pays d&#8217;Asie, d&#8217;Afrique, d&#8217;Europe, et des Amériques</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Source</strong> : <a href="http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4258">http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4258</a></p>
<p><strong>POUR EN SAVOIR PLUS </strong>:</p>
<p><strong>1- « Monsanto : un nouveau « tremblement de terre » se déchaîne en Haïti » par Jean-Yves Urfié </strong>(le père Jean-Yves Urfié est membre de l’Ordre du Saint-Esprit ; il est un ancien professeur de chimie au Collège Saint-Martial de Port-au-Prince).</p>
<p>26 mai 2010</p>
<p>http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=2768:monsanto-un-nouveau-qtremblement-de-terreq-se-dechaine-en-haiti&amp;catid=6:articles&amp;Itemid=11</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Monsanto va «offrir» aux agriculteurs haïtiens 475 tonnes de semences génétiquement modifiées: un cadeau mortifère. Le statut de «population assistée» n’est pas unanimement accepté ! </strong></p>
<p style="text-align: justify">[…]</p>
<p style="text-align: justify">Le tremblement de terre à Haïti, le 12 janvier 2010, a fait le bonheur de certains affairistes. La multinationale étatsunienne Monsanto est en train d’offrir aux agriculteurs du pays un cadeau mortel, à savoir 475 tonnes de semences [de céréales et légumes, dont 60 sont déjà livrées] génétiquement modifiées (OGM), en plus des engrais et pesticides qui leur sont associés.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Tout cela sera distribué gratuitement par le projet WINNER [1], avec le soutien de l’ambassade étasunienne en Haïti. Les Haïtiens savent-ils que c’est Monsanto qui fabriquait le défoliant dit «agent orange» [herbicide dispersé massivement de 1961 à 1971 pour liquider la forêt qui «servait de sanctuaire aux combattants vietnamiens engagés contre l’armée impérialiste des Etats-Unis] que les bombardiers américains ont utilisé pendant la guerre du Vietnam, empoisonnant ainsi les soldats américains autant que les civils vietnamiens ?</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Les Haïtiens savent-ils que dans beaucoup de pays on a déclaré ces semences dangereuses ? Elles viennent souvent en kit accompagnées d’un herbicide de Monsanto du nom de Round Up qui contient du glyphosate. Dans ma Bretagne natale, cette substance a déjà contaminé l’eau potable. Mais Monsanto continue à prétendre que son produit est biodégradable. Ce qui lui a valu un procès intenté par le service de répression des fraudes de Lyon [2].</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Monsanto a déjà commencé à distribuer ses semences de maïs OGM dans les régions de Gonaïves, Kenscoff, Pétionville, Cabaret, Arcahaie, Croix-des-Bouquets et Mirebalais. En Haïti, il n’y aura bientôt plus que des semences Monsanto. Ce sera alors la fin de l’indépendance des agriculteurs. Monsanto a investi récemment 550 millions de dollars au Brésil pour fabriquer son herbicide Round Up dans l’Etat de Bahia. Mais il semble que le pays soit en train de résister à la multinationale.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Monsanto fait toute une publicité autour de ce don de semences qui serait un cadeau généreux. Mais les agriculteurs haïtiens qui voudront disposer de droit de resemer pour leurs récoltes futures devront payer des royalties à Monsanto.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le représentant de Monsanto en Haïti est Jean-Robert Estimé. Il fut ministre des Affaires étrangères sous la longue dictature de la famille Duvalier. Une alliance prometteuse !</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Traduction A l’Encontre</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify">[1] Le projet WINNER a été lancé le 8 octobre 2009 – avant le tremblement de terre, mais après les tempêtes tropicales – par l&#8217;Agence américaine pour le développement international (USAID). Ce projet qui vise, entre autres «l&#8217;intensification agricole». Il est financé par l&#8217;USAID à plus de 126 millions de dollars. Une délégation de Monsanto a visité Haïti le 6 mai 2010. Un débat existe sur le caractère des semences (maïs hybride) et des pesticides et le ministère haïtien affirme qu’il ne s’agit pas de semences Round UP Ready. (Réd.)</p>
<p style="text-align: justify">[2] La cour d’appel de Lyon a confirmé en octobre 2008 la condamnation en première instance de la firme d’agrochimie Monsanto pour publicité mensongère à propos de son désherbant, le Round Up. (Réd.)</p>
<p style="text-align: justify">
<p><strong>2-</strong> <strong>Haïti: des milliers de paysans en colère contre Monsanto</strong></p>
<p>Mondialisation.ca, Le 7 juin 2010</p>
<p><a href="http://www.tdg.ch/">Tribune de Genève</a></p>
<p>http://mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=19594</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Port-au-Prince</strong><strong> | Des milliers de paysans haïtiens ont participé à une manifestation pour protester contre le gouvernement, à qui ils reprochent de distribuer des semences de la firme Monsanto. De nombreux paysans craignent que les semences reçues ne soient une menace pour les variétés locales.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Des milliers de paysans haïtiens ont participé à une manifestation pour protester contre le gouvernement, à qui ils reprochent de distribuer des semences de la firme Monsanto. De nombreux paysans craignent que les semences reçues ne soient une menace pour les variétés locales.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Monsanto a fait don de 475 tonnes de maïs aux paysans haïtiens dans le cadre de Project Winner, une initiative de l&#8217;agence publique américaine d&#8217;aide au développement, l&#8217;Usaid. &laquo;&nbsp;Le gouvernement haïtien utilise le séisme pour vendre le pays aux multinationales&nbsp;&raquo;, a dénoncé Jean-Baptiste Chavannes, coordinateur du Mouvman Peyizan Papay (MPP), à la pointe du mouvement des agriculteurs haïtiens.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Rassemblés vendredi à Hinche, dans le centre du pays, les manifestants arboraient des pancartes et chantaient des slogans dénonçant le président René Préval et réclamant le départ de Monsanto du pays.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Selon le ministère haïtien de l&#8217;agriculture, le but de cette initiative est d&#8217;accroître la productivité agricole du pays. L&#8217;île a été sévèrement touchée par le séisme du 12 janvier qui a fait entre 250 000 et 300 000 morts et laissé quelque 1,3 million de sans-abri.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Un porte-parole de Monsanto aux Etats-Unis a de son côté affirmé que les semences données aux Haïtiens n&#8217;étaient pas génétiquement modifiées, mais qu&#8217;il s&#8217;agissait de &laquo;&nbsp;semences hybrides conventionnelles, déjà utilisées en République dominicaine&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">
]]></content:encoded>
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		<title>La Coupe du monde, une aliénation planétaire</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 21:14:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Fabien Ollier est directeur de la revue Quel sport ? Il a publié un grand nombre d&#8217;ouvrages participant de la critique radicale du sport dont notamment L&#8217;Intégrisme du football en 2002, Footmania en 2007, Le Livre noir des J.O. de Pékin en 2008. A quelques jours de l&#8217;ouverture de la Coupe du monde de football, Fabien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em>Fabien Ollier est directeur de la revue </em>Quel sport ?<em> Il a publié un grand nombre d&#8217;ouvrages participant de la critique radicale du sport dont notamment </em>L&#8217;Intégrisme du football<em> en 2002, </em>Footmania<em> en 2007, </em>Le Livre noir des J.O. de Pékin<em> en 2008. A quelques jours de l&#8217;ouverture de la Coupe du monde de football, Fabien Ollier dresse un état des lieux sans concession de cette grand-messe planétaire orchestrée par &laquo;&nbsp;la toute-puissante multinationale privée de la FIFA&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Entretien avec Fabien Ollier</strong></p>
<p><strong>Propos recueillis par Anthony Hernandez</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images2.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2795" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images2.jpeg" alt="" width="135" height="97" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Vous comparez le sport en général, le football en particulier, à une aliénation planétaire. Que vous inspire la Coupe du monde ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Fabien Ollier : </strong>Il suffit de se plonger dans l&#8217;histoire des Coupes du monde pour en extraire la longue infamie politique et la stratégie d&#8217;aliénation planétaire. Le Mondial sud-africain ne fait d&#8217;ailleurs pas exception à la règle. L&#8217;expression du capital le plus prédateur est à l&#8217;œuvre : les multinationales partenaires de la FIFA et diverses organisations mafieuses se sont déjà abattues sur l&#8217;Afrique du Sud pour en tirer les plus gros bénéfices possibles. Un certain nombre de journalistes qui ont travaillé en profondeur sur le système FIFA ont mis en évidence le mode de fonctionnement plutôt crapuleux de l&#8217;organisation. Ce n&#8217;est un secret pour personne aujourd&#8217;hui. De plus, il y a une certaine indécence à faire croire que la population profitera de cette manne financière. Le nettoyage des quartiers pauvres, l&#8217;expulsion des habitants, la rénovation luxueuse de certains townships ont été contrôlés par des &laquo;&nbsp;gangs&nbsp;&raquo; qui n&#8217;ont pas l&#8217;habitude de reverser les bénéfices. Avec la majorité de la population vivant avec moins de 2 euros par jour, cet étalage de richesse est pour le moins contestable.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le déploiement sécuritaire censé maintenir l&#8217;ordre, assurer une soi-disant paix civile n&#8217;est autre en réalité que la construction d&#8217;un véritable Etat de siège, un Etat &laquo;&nbsp;big brother&nbsp;&raquo;. Les hélicos, les milliers de policiers et de militaires ne sont là que pour contrôler, parquer la misère et protéger le luxe, pour permettre aux pseudo-passionnés de football de <em>&laquo;&nbsp;</em>vibrer<em>&laquo;&nbsp;</em>. La mobilisation de masse des esprits autour des équipes nationales induit la mise en place d&#8217;une hystérie collective obligatoire. Tout cela relève d&#8217;une diversion politique évidente, d&#8217;un contrôle idéologique d&#8217;une population. En temps de crise économique, le seul sujet qui devrait nous concerner est la santé de nos petits footballeurs. C&#8217;est pitoyable.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Pourtant, les Français sont plutôt critiques avec leur équipe nationale.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">On assiste plutôt à la réduction de chaque citoyen en analyste de café des sports par un processus d&#8217;identification. C&#8217;est un supportérisme obligatoire déguisé en <em>&laquo;&nbsp;pensée critique&nbsp;&raquo;</em>, dans les bons comme dans les pires moments. Il existe en réalité une propension du plus grand nombre à réclamer sa part d&#8217;opium sportif. Mais pour que le désamour des Français à l&#8217;égard des équipes de mercenaires millionnaires évolue en véritable prise de conscience, je souhaite que l&#8217;équipe de France ne passe pas le premier tour. Leur manière de jouer si mal tout en étalant de manière indécente un rythme de vie particulièrement nauséabond est la preuve d&#8217;une morgue terrible vis-à-vis de quelques principes éthiques et moraux élémentaires. Malheureusement, chaque victoire de l&#8217;équipe de France fait reculer de plusieurs centimètres la pensée critique dans ce pays. Je n&#8217;apprécie pas le développement du totalitarisme sportif. Nous venons d&#8217;en finir avec Roland-Garros, le Mondial prend place et nous aurons ensuite le Tour de France. Le système des retraites peut être pulvérisé en silence.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Comment appréhendez-vous alors le succès français en 1998 analysé et célébré par de nombreux intellectuels comme un événement positif dépassant le simple cadre sportif ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">La victoire de l&#8217;équipe de France a généré une défaite de la pensée. De nombreux intellectuels ont choisi de descendre dans les vestiaires au lieu de s&#8217;emparer de domaines sociopolitiques d&#8217;importance. Ils mettent en œuvre une pensée caricaturale qui consiste à constater amèrement les dérives du sport mais à noyer le tout dans un discours idéaliste sur les <em>&laquo;&nbsp;valeurs positives&nbsp;&raquo;</em> du sport : <em>&laquo;&nbsp;Oui, le sport entraîne parfois des comportements limites mais je ne peux pas faire autrement que de m&#8217;y laisser prendre&nbsp;&raquo;</em>. Trop d&#8217;intellectuels ont succombé aux <em>&laquo;&nbsp;passions vibratoires&nbsp;&raquo;</em> et aux <em>&laquo;&nbsp;extases&nbsp;&raquo;</em> sportives ; ce sont eux qui légitiment à présent l&#8217;horreur sportive généralisée : violences, dopage, magouilles, crétinisme des supporters, etc.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Votre thèse réfute l&#8217;idée du football ou du sport en général comme simple reflet de la société avec son lot de violences.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">En effet, une grande partie de ceux qui défendent le sport et le football les dédouanent en leur conférant un simple effet miroir d&#8217;une société violente. <em>&laquo;&nbsp;On ne peut pas demander au football d&#8217;être moins violent que la société&nbsp;&raquo;</em>. A mon sens, il n&#8217;est pas seulement le reflet, le football est également producteur de violences sociales, générateur de violences nouvelles. Il impose un modèle de darwinisme social. Cela tient à sa structure même : le football est organisé en logique de compétition et d&#8217;affrontement. Jouer ce spectacle par des acteurs surpayés devant des smicards et des chômeurs est aussi une forme de violence. Une logique contradictoire se fait d&#8217;ailleurs jour. D&#8217;un côté, les supporters ont conscience du fait que les sportifs gagnent des sommes folles par rapport au néant qu&#8217;ils produisent mais de l&#8217;autre côté, dans une soif d&#8217;identification liée à leur propre misère, il y a une impossibilité à ne pas <em>&laquo;&nbsp;rêver&nbsp;&raquo;</em> devant cette marchandise vivante qui démontre que l&#8217;on peut se hisser au sommet de l&#8217;échelle.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Une autre image d&#8217;Epinal du football lui attribue un rôle d&#8217;exutoire des nationalismes et des guerres.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">La symbolisation de la guerre n&#8217;existe pas dans les stades, la guerre est présente. Le football exacerbe les tensions nationalistes et suscite des émotions patriotiques d&#8217;un vulgaire et d&#8217;une absurdité éclatants. Je réfute l&#8217;idée d&#8217;un procès de civilisation. Le sport provoque une forme de violence différente, moins évidente qu&#8217;une bombe mais ne participe absolument pas à un recul de la violence. Il y a de multiples coups d&#8217;épingle à la place d&#8217;un grand coup d&#8217;épée.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Vous regrettez le ralliement de la gauche aux valeurs de droite léguées par le sport de pointe. En quoi consiste-il ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Le sport est indéniablement politique. A ce titre, il génère des valeurs politiques. Il est intéressant d&#8217;essayer de savoir si ces valeurs sont de droite ou de gauche. Il me semble que la gauche a rompu avec ses valeurs pour se rallier au modèle de droite fondé sur le principe de rendement, de hiérarchie et de compétition. Voir Marie-George Buffet dénoncer le foot-spectacle et se retrouver en finale de la Coupe du monde 98 vêtue du maillot et criant ses encouragements à l&#8217;équipe de France, c&#8217;est assez schizophrénique. Il y a une défaite politique de la gauche vis-à-vis de la stratégie de développement capitalistique effectuée par le sport de pointe à travers les multinationales privées qui l&#8217;organisent tels que la FIFA, l&#8217;UEFA et le CIO. L&#8217;exemple de l&#8217;attribution de l&#8217;Euro 2016 à la France est frappant. A gauche, les Verts, le PCF ont signé une lettre de soutien à la FFF. Par cet acte, ils ont fourni un blanc-seing à toute forme de dilapidation de l&#8217;argent public. En période de crise, comment la gauche peut-elle ne pas être sensible à l&#8217;attribution d&#8217;une enveloppe d&#8217;1,7 milliard d&#8217;euros à la rénovation des stades ? Il paraît incroyable que cela soit des multinationales privées qui décident de ce qu&#8217;un Etat doit mettre en œuvre en matière de politique économique.</p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Propos recueillis par Anthony Hernandez</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source</strong> : LEMONDE.FR le 10.06.2010</p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>Le dernier set par Thomas Sommer-Houdeville</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2010/06/02/le-dernier-set-par-thomas-sommer-houdeville/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Jun 2010 22:10:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le texte que Thomas Sommer-Houdeville, coordinateur des missions civiles, avait écrit le samedi 29 mai au soir depuis le cargo grec faisant partie de la flotille de la liberté. Thomas a participé depuis 3 mois en Grèce à la préparation de la flotille et était venu en France pour élargir la participation, il est intervenu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em><strong>Voici le texte que Thomas Sommer-Houdeville, coordinateur des missions civiles, avait écrit le samedi 29 mai au soir depuis le cargo grec faisant partie de la flotille de la liberté. Thomas a participé depuis 3 mois en Grèce à la préparation de la flotille et était venu en France pour élargir la participation, il est intervenu entre autre dans une réunion du collectif national pour présenter l&#8217;initiative. </strong></em></p>
<p style="text-align: justify"><em><strong>L&#8217;occasion ici de rendre hommage à la petite délégation française composée de 7 personnes.</strong></em></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/174839-mavi-marmara-peut-transporter-environ.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2764" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/174839-mavi-marmara-peut-transporter-environ-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Le dernier set</strong></p>
<p style="text-align: justify">29 mai 2010 &#8211; de Thomas Sommer-Houdeville*, depuis l&#8217;un des bateaux de la flottille de Gaza</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Un jour ou l&#8217;autre peut-être, quelqu&#8217;un écrira l&#8217;histoire complète de cette aventure. Il y aura beaucoup de rires, de véritables cris et quelques larmes. Mais ce que je peux dire maintenant, c&#8217;est que nous n&#8217;avions jamais imaginé que nous ferions flipper Israël comme ça. Enfin, peut-être dans certains de nos plus beaux rêves&#8230;. Tout d&#8217;abord, ils ont créé une équipe spéciale d&#8217;urgence réunissant le ministère israélien des Affaires étrangères, le commando de marine israélien et les autorités pénitentiaires pour contrer la menace existentielle que nous et nos quelques bateaux remplis d&#8217;aide humanitaire représentent. Puis, Ehud Barak lui-même a pris le temps, malgré son agenda chargé, de nous mettre en garde à travers les médias israéliens. Ils nous annoncent maintenant qu&#8217;ils nous enverront dans la pire des prisons israéliens, dans le désert près de Beersheva.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Ce sont des annonces pour nous faire peur. Et d&#8217;une certaine façon nous avons peur. Nous avons peur de leurs navires de guerre, peur de leurs Apaches et de leur commando tout noir. Qui n&#8217;en aurait pas peur ? Nous avons peur qu&#8217;ils saisissent notre cargaison et toute l&#8217;aide médicale, les matériaux de construction, les maisons préfabriquées, les kits scolaires, et qu&#8217;ils les détruisent. Toute cette solidarité patiemment rassemblée dans de si nombreux pays pendant plus d&#8217;un an. Tous ces efforts et cette vague d&#8217;amour et d&#8217;espoir envoyés par des gens normaux, d&#8217;humbles citoyens de Grèce, Suède, Turquie, Irlande, France, Italie, Algérie, Malaisie. Tout ceci pris comme un trophée par un État agissant comme un vulgaire pirate des îles. Qui ne sentirait pas un certain sentiment de responsabilité et de peur de ne pas être capable d&#8217;accomplir notre mission et livrer nos marchandises à la population emprisonnée de Gaza ?</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Mais nous savons que la peur est aussi de l&#8217;autre côté. Parce que depuis le début de notre coalition, l&#8217;Etat d&#8217;Israël fait tout ce qu&#8217;il peut pour éviter la confrontation avec nous. Depuis le début ils ont essayé de nous empêcher de partir, de regrouper nos forces et de prendre le large tous ensemble vers Gaza. Ils ont essayé de nous briser. Leur scénario idéal était de nous diviser, les Irlandais d&#8217;un côté, les Grecs et Suédois d&#8217;un autre, les Américains d&#8217;un autre encore et les Turcs tout seuls. Bien sûr, ils savaient qu&#8217;ils ne pourraient pas mettre la pression sur la Turquie, ni agir directement là-bas. Alors ils ont concentré leurs attaques sur les parties irlandaises et grecques de notre coalition.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le premier set a commencé il y a deux semaines quand ils ont saboté le cargo irlandais, l&#8217;obligeant à retarder son départ pour près d&#8217;une semaine. Mais, les Irlandais ont réparé aussi vite qu&#8217;ils le pouvaient et maintenant ils sont à un ou deux jours derrière nous. Puis ils ont mis une pression énorme sur le gouvernement grec, affaibli par la crise économique, pour l&#8217;obliger à ne pas laisser partir le cargo grec et le bateau de passagers greco-suédois. A cause de ces pressions, nous avons dû retarder notre voyage deux fois et demander aux Turcs, à leurs 500 passagers et aux amis américains qui étaient prêts à partir de nous attendre. C&#8217;est ce qu&#8217;ils ont fait heureusement ! Jusqu&#8217;à la dernière minute avant leur départ de Grèce, nous ne savions pas si les deux bateaux auraient l&#8217;autorisation du gouvernement grec, mais finalement le gouvernement grec a décidé de prendre ses responsabilités en agissant comme un Etat souverain et a laissé le cargo et le bateau de passagers quitter le port du Pirée à Athènes.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Le deuxième set a eu lieu hier, dans la partie grecque de Chypre, là où nous avions négocié avec le gouvernement d&#8217;embarquer une délégation VIP de parlementaires européens et nationaux de Suède, d&#8217;Angleterre, de Grèce et de Chypre. Alors que les deux bateaux de Grèce, le bateau américain venant de Crète et les 4 bateaux turcs étaient déjà au point de rendez-vous attendant que la délégation VIP arrive et embarque à notre bord, nous avons reçu la nouvelle que notre délégation était encerclée par la police chypriote dans le port de Larnaka et interdite de bouger où que ce soit. Chypre, un pays européen, était en train d&#8217;interdire a des parlementaires européens de se déplacer librement sur son sol, en rupture complète de toute législation et réglementations européennes ! Alors que nous commencions à négocier avec le gouvernement chypriote, nous avons clairement compris que ce changement soudain d&#8217;attitude envers nous était dicté directement par Israël. De sept heures du matin jusqu&#8217;au soir, le gouvernement de Chypre nous mentait, disant que c&#8217;était un malentendu que les VIP aient été autorisés à embarquer pour n&#8217;importe quelle direction qu&#8217;ils souhaitaient, que c&#8217;était juste une question bureaucratique à résoudre. Mais rien ne s&#8217;est passé et nos parlementaires ont été pris au piège. Le gouvernement chypriote agissait comme un auxiliaire d&#8217;Israël et nous a fait perdre un temps crucial. Ce matin, la délégation VIP a décidé que le seul choix qui restait était d&#8217;aller au port de Formogossa dans le Nord de Chypre sous contrôle turc, et de là prendre un bateau rapide pour nous rejoindre au point de rendez-vous. Bien sûr, parce que notre coalition est formée de Turcs et de Grecs et de Chypriotes, la Chypre du Nord qui est sous occupation turque, est une question politique très importante. Et envoyer notre délégation prendre un bateau dans le port de Formogossa, encore sous embargo des Nations Unies, est une question politique encore plus importante. Cela aurait pu briser le dos de nos amis grecs et chypriotes de la coalition. Ce fut presque le cas. Mais c&#8217;est le contraire qui s&#8217;est révélé. Notre coalition tient toujours. C&#8217;est le parti chypriote au pouvoir qui est sur le point de se briser, et les 7 parlementaires grecs et chypriotes qui faisaient partie de la délégation et ne pouvaient pas aller au nord de Chypre sont furieux contre le gouvernement chypriote. Un immense débat a toujours lieu en ce moment en Grèce et à Chypre sur ce qui s&#8217;est passé et sur notre flottille pour Gaza. Dans une heure ou deux, 80% de notre délégation VIP embarquera sur nos bateaux et nous partirons pour Gaza comme prévu. Donc nous pouvons dire qu&#8217;Israël a perdu les deux sets qu&#8217;il a joués.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Dans quelques heures, le dernier set, crucial, commencera quand nous entrerons dans les eaux de Gaza. Bien sûr, matériellement, il serait très facile pour Israël de nous stopper et nous arrêter, mais le coût politique qu&#8217;ils auront à payer sera énorme. Vraiment énorme, à tel point que toutes les ruses et les pièges qu&#8217;ils ont tenté de mettre sur notre route ont réussi à faire une seule chose : sensibiliser de plus en plus de gens partout dans le monde sur notre flottille et sur la situation de Gaza. Et de tout ça, nous apprenons quelque chose : la peur n&#8217;est pas de notre côté, mais du côté d&#8217;Israël. Ils ont peur de nous parce que nous représentons la colère des gens tout autour du monde. Les gens qui sont mécontents de ce que l&#8217;Etat criminel d&#8217;Israël fait aux Palestiniens et à chaque amoureux de la paix qui ose prendre le parti des opprimés. Ils ont peur de nous parce qu&#8217;ils savent que, dans un proche avenir il y aura encore plus de bateaux à venir à Gaza comme il y a de plus en plus de personnes à décider de boycotter Israël chaque jour.</p>
<p>* Coordinateur de la Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP)</p>
<p>Source : <a href="http://www.protection-palestine.org/">http://www.protection-palestine.org</a></p>
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		<title>Les sept idiots du Cabinet</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jun 2010 13:51:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette voix discordante en Israël est l&#8217;éditorial du quotidien Haaretz du 1er juin 2010
 
 
 
 
Cette fois-ci, tout était prévisible. Même ce journal avait mis en garde contre la possibilité de subir une défaite tout en remportant la victoire. Alors que se préparait la grande confrontation navale, il était clair que ça se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Cette voix discordante en Israël est l&#8217;éditorial du quotidien Haaretz du 1er juin 2010</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><div id="attachment_2753" class="wp-caption aligncenter" style="width: 305px"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/3958215365.jpg"><img class="size-full wp-image-2753" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/3958215365.jpg" alt="" width="295" height="171" /></a><p class="wp-caption-text">Manifestation à Ankara devant l&#39;ambassade d&#39;Israël (source Reuters)</p></div></p>
<p style="text-align: justify">Cette fois-ci, tout était prévisible. Même ce journal avait mis en garde contre la possibilité de subir une défaite tout en remportant la victoire. Alors que se préparait la grande confrontation navale, il était clair que ça se terminerait mal.</p>
<p style="text-align: justify">Après tout, la préparation des troupes dépendait de sept idiots et de leurs subordonnés &#8211; des gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.</p>
<p style="text-align: justify">On nous dit régulièrement qu&#8217;Israël n&#8217;a jamais eu un groupe de ministres aussi efficace et profond : même le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman fait preuve de profondeur, nous explique le ministre de la Défense Ehud Barak.</p>
<p style="text-align: justify">Mais qui peut témoigner des talents et de la capacité de jugement d&#8217;Ehud Bakar lui-même ? Peut-être des soldats qui ne sont jamais revenus du front.</p>
<p style="text-align: justify">Sept ministres contre sept navires. Pas des porte-avions, pas même des croiseurs, mais des petits bateaux, chargés de centaines de personnes. Pas tous des saints, mais pas non plus des terroristes. Mais soudain, sans crier gare, cette flottille improbable devient une armada menaçante…</p>
<p style="text-align: justify">Avant la bataille de Trafalgar, l&#8217;amiral Nelson, tout comme les commandants alliés à la veille du débarquement en Normandie, savaient que le destin de leurs nations étaient en jeu. Ça suffit à nous désespérer quand nous pensons à nos propres dirigeants. Pour eux, chaque jour est comme le jour J. Que se passera-t-il quand il y aura vraiment la guerre ?</p>
<p style="text-align: justify">Ce qui est dérangeant, c&#8217;est de penser à notre armée qui trébuche chaque fois qu&#8217;elle reçoit l&#8217;ordre d&#8217;avancer. Et ne croyez pas les promesses selon lesquelles on fera mieux la prochaine fois. Il y a toujours plein d&#8217;excuses, mais le résultat est à chaque fois un désastre.</p>
<p style="text-align: justify">Des unités d&#8217;élite sont censées savoir comment prendre le contrôle d&#8217;un navire sans mettre en danger tout l&#8217;Etat, comment maîtriser des passagers qui agitent des barres de fer et des couteaux sans pour autant semer la mort, comment conserver deux pistolets et un fusil sans en perdre le contrôle.</p>
<p style="text-align: justify">Mais, pour commencer, il n&#8217;y aurait jamais dû y avoir de confrontation physique. S&#8217;il s&#8217;agissait effectivement d&#8217;une « provocation politico-médiatique », nous n&#8217;aurions jamais dû nous retrouver piégés.</p>
<p style="text-align: justify">Si nous avions laissé cette flottille arriver jusqu&#8217;à Gaza &#8211; une option qui a effectivement été proposée -, il y aurait eu des cris de victoire de l&#8217;autre côté. Mais ils auraient disparu au bout d&#8217;un ou deux jours.</p>
<p style="text-align: justify">Mais l&#8217;Israël du Premier ministre Netanyahou et de Barak, des ministres Moshe Ya&#8217;alon, Benny Begin, Benjamin Ben-Eliezer et Eli Yishai et même Dan Meridor est entré en concurrence avec le Hamas et le Hezbollah pour savoir qui peut faire les plus grandes démonstrations de force, ce qui ne signifie rien de plus que d&#8217;humiliantes preuves de faiblesse.</p>
<p style="text-align: justify">Comment avons-nous développé un tel manque de confiance en nous-mêmes au point de nous lancer tête baissée sur le premier bateau qui passe ? Au moins aurions nous pu éviter de lancer nos soldats l&#8217;un après l&#8217;autre au cœur de la foule en colère.</p>
<p style="text-align: justify">Ce qui devrait suivre, c&#8217;est une demande d&#8217;enquête, mais ça n&#8217;a pas de sens. La bêtise ne connaît pas de limites, et c&#8217;est une prérogative ministérielle. Et ce qui est sans limites et aussi insondable.</p>
<p style="text-align: justify">Ce club des sept va donc poursuivre dans ses pratiques néfastes, nous mettant bien plus en danger que tout bateau, car nous sommes dirigés par la folie. Ce gang de Jérusalem va continuer à nous entraîner vers le bas, encore et encore, car nous n&#8217;avons pas le courage de changer après le désastre.</p>
<p style="text-align: justify">Et nous continuerons à avoir peur de nos dirigeants &#8211; comme si ça ne suffisait pas d&#8217;avoir peur de Mahmoud Ahmadinejad. »</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: right">Yossi Sarid,</p>
<p style="text-align: right">ancien ministre du gouvernement d&#8217;Yitzhak Rabin en 1993<em> </em></p>
<p style="text-align: right"><em>http://www.haaretz.com/print-edition/news/seven-idiots-in-the-cabinet-1.293418</em></p>
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		<title>«Des enfants meurent à cause des gangsters de la Bourse»</title>
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		<pubDate>Thu, 27 May 2010 12:12:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean Ziegler interviewé par Michel Collon
25 mai 2010
Dans ses livres qui ont marqué l’opinion, Jean Ziegler n’a cessé de dénoncer le caractère absurde et criminel des politiques du capitalisme envers les peuples du tiers monde. Il a été le rapporteur spécial pour le droit à l&#8217;alimentation du Conseil des droits de l’homme aux Nations unies [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jean Ziegler interviewé par Michel Collon</strong></p>
<p><strong>25 mai 2010</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Dans ses livres qui ont marqué l’opinion, Jean Ziegler n’a cessé de dénoncer le caractère absurde et criminel des politiques du capitalisme envers les peuples du tiers monde. Il a été le rapporteur spécial pour le droit à l&#8217;alimentation du Conseil des droits de l’homme aux Nations unies de 2000 à 2008. Michel Collon l&#8217;a interrogé à Genève sur la crise, la Bourse, la faim, Obama, Israël…</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images1.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2744" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images1.jpeg" alt="" width="126" height="88" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>La crise t’a surpris ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Dans sa violence, oui. Je ne pensais pas que les truands de la finance allaient ruiner l’économie mondiale à une telle vitesse : 1.800 milliards de valeurs patrimoniales ont été détruites. Pour les pays du tiers-monde, c’est une catastrophe totale. Mais aussi pour les pays industrialisés.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Ce sont encore les pauvres qui paient ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Oui. Le 22 octobre 2008, les quinze pays de l’euro se sont réunis à Paris. Sur le perron de l’Elysée, Merkel et Sarkozy ont dit :<em> « Nous avons libéré 1.500 milliards d’euro  pour le crédit et pour  augmenter le  plafond d’autofinancement de 3 à 5% »</em>. La même année, les mêmes pays européens ont réduit leurs subventions pour le programme alimentaire mondial (qui ne vit que de ces subventions) de 40 %. De six milliards de dollars à moins de quatre milliards.  Ce qui fait qu’au Bangladesh, on a supprimé les repas scolaires. Un million d’enfants  sont gravement et en permanence sous-alimentés. Ces enfants meurent donc à cause des gangsters de la Bourse. Il y a là des morts véridiques. Les spéculateurs, aujourd’hui, devraient être jugés au tribunal de Nuremberg. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Quelle leçon les puissants ont-ils tiré de la crise ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Aucune. Prenons l’exemple de la Suisse. Le contribuable suisse y a payé 61 milliards de dollars pour le sauvetage de la plus grande banque : UBS. L’an dernier, en 2009, les dirigeants d’UBS, toujours proche de la  faillite, se sont distribués entre eux des bonus pour quatre milliards de francs suisses ! Le pillage est total et l’impuissance des gouvernements qui se comportent comme des mercenaires est totale aussi. En tous les cas, en Suisse, en France, en Allemagne où j’ai quelques renseignements. C’est un scandale permanent.  Le masque néolibéral est tombé évidemment, avec sa prétendue légitimité. Mais le cynisme et  l’arrogance des banquiers triomphent totalement.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Et du côté du public, sens-tu une évolution ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Non, si tu regardes les chiffres, ils sont catastrophiques. Toutes les cinq secondes, un enfant meurt de faim. 47.000 personnes meurent de faim tous les jours. Un milliards de personnes (c’est-à-dire un homme sur six) sont gravement et en permanence  sous-alimentés. Alors que l’agriculture mondiale dans l’état actuel de son développement pourrait nourrir sans problème douze milliards d’êtres humains avec 2.700 calories par individu par jour ! Donc, au début de ce siècle, il n’y a plus aucune fatalité. Un enfant qui meurt de faim, au moment où nous parlons, est assassiné. C’est catastrophique.  L’ordre mondial du capital financier globalisé est meurtrier - épidémie, décès par la pollution de l&#8217;eau , etc… &#8211; et en même temps absurde : il tue sans nécessité. C’est l’ordre des oligarchies et du capital financier mondialisé. Sur le plan de la lutte contre la faim, l’échec est total.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Tu as été, de 2000 à 2008, le rapporteur des Nations-Unies sur le problème de la faim dans le monde. Quel bilan tires-tu ? As-tu servi à quelque chose ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Oui. La conscience a augmenté. Plus personne aujourd’hui, ne considère ce massacre quotidien comme un fait de la nature. On va en Europe, je crois, et en tout cas dans les pays de la périphérie vers une insurrection des consciences. Il faut une rupture radicale avec ce monde cannibale. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Alors que le problème de la faim n’est pas résolu, on dépense de plus en plus pour faire la guerre.</strong></p>
<p style="text-align: justify">En 2005, pour la première fois, les dépenses mondiales d’armement (pas les budgets militaires, juste les dépenses  d’armement) ont dépassé mille milliards de dollar par an. Nous vivons dans un monde d’une absurdité totale.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Obama avait pourtant fait de belles promesses… </strong></p>
<p style="text-align: justify">Il est vrai qu’Obama suit totalement la surdétermination de l’Empire. Je ne l’ai jamais rencontré, c’est sûrement quelqu’un de bien, mais la réalité qu’il affronte est effrayante. Les Etats-Unis restent la plus grande puissance industrielle au monde : 25 % des marchandises industrielles sont produites  par eux, avec pour matière première le pétrole : 20 millions de baril par jour dont 61% sont importés. On peut l’importer de régions comme le Moyen-Orient ou l’Asie centrale, ce qui les force à maintenir une force armée totalement hypertrophiée, et le budget fédéral est donc complètement parasité par les crédits militaires… Mais telle est la logique de l’Empire.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Quel est ton sentiment sur ce qui se passe maintenant en Israël et comment cela peut-il évoluer ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Je pense que Tel-Aviv dicte la politique étrangère des Etats-Unis avec le lobby de l’AIPAC, comme puissance déterminante. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Avant les politiciens, ce sont quand même d’abord les multinationales pétrolières qui décident d’armer Israël.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Oui, la logique fondamentale est que pour les intérêts pétroliers, il faut un porte-avion stable. Et l’Etat d’Israël mène &#8211; ce n’est pas moi qui le dit, c’est un rapporteur spécial des territoires occupés &#8211; une politique permanente de terrorisme d’Etat. Tant que ce terrorisme continue, il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient, il n’y aura pas de fin au conflit Iran &#8211; Irak, ni rien du tout. Tout est sans issue sauf si enfin l’Union européenne se réveillait, tu comprends ?</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Que pouvons-nous faire, nous Européens, pour la réveiller ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Depuis juin 2002, existe un accord de  libre échange entre Israël et les 27 pays de l’Union européenne qui absorbent 62% des exportations  israéliennes. Dans cet accord, l’article 2 (c’est le même dans tous les traités de libre échange) dit : le respect des droits de l’homme par les partis contractantes est  la condition pour la validité de l’accord. Mais les violences faites aux Palestiniens - vol de la terre, torture permanente, éliminations extrajudiciaires, assassinats, organisation de la sous-alimentation comme punition collective – tout cela, ce sont des violations permanentes des droits de l’homme les plus élémentaires. Si la Commission européenne suspendait pendant 15 jours l’accord de libre-échange, les généraux israéliens reviendraient à la raison immédiatement. Or, l’Europe des 27, ce sont des démocraties, c’est à nous de jouer, nous opinions publiques. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Comment ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Il faut forcer nos gouvernements. Nous ne sommes pas impuissants. En Belgique, il y a beaucoup de problèmes, en Suisse et en France aussi. Mais une chose est certaine : les libertés publiques existent. Il faut se saisir de ces libertés publiques pour imposer à nos gouvernements un changement radical de politique, c’est tout. S’ils ne le font pas, alors il ne faut plus voter pour eux, tu comprends, c’est aussi simple que ça !</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Mais tous ces gouvernements sont d’accord de soutenir Israël. En France, par exemple, que ce soit l’UMP ou le PS, ils soutiennent Israël.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Soutenir la sécurité et la permanence d’Israël, c’est une chose. Mais cette complicité avec le terrorisme d’Etat et la politique de colonisation, ce n’est pas possible. C’est la négation de nos valeurs, c’est « du fascisme extérieur » : c’est-à-dire que nos valeurs sont démocratiques à l’intérieur de nos frontières et à l’extérieur, nous pratiquons le fascisme par alliance.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Et enfin, le rôle des médias dans tout ça ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ils sont complètement soumis. Notamment en période de crise, les journalistes ont peur pour leur  emploi. L’agressivité du lobby israélien est terrible. Moi, j’ai subi la diffamation la plus effroyable, et ça continue aux Nations-Unies d’ailleurs, c’est grâce à Kofi Annan que j’ai survécu. Israël est un danger pour la paix du monde, Israël cause d’effroyables souffrances. Et dans ce pays, les opposants comme Warschawski sont complètement marginalisés. Mais si l’opposition israélienne anticoloniale et anti-impérialiste n’a pas la parole, n’a pas d’influence, eh bien, nous allons vers la catastrophe. Il faut soutenir les opposants.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Et le rôle des médias à propos de la crise ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">La crise est présentée comme une fatalité, une catastrophe naturelle. Alors que les responsables sont identifiés !</p>
<p style="text-align: justify">Source : http://www.<span style="text-decoration: underline">michelcollon.info/ </span></p>
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		<title>Cisjordanie : campagne pour le boycottage des produits des colonies</title>
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		<pubDate>Sun, 23 May 2010 10:10:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis quelques semaines, un index inquisiteur poursuit les habitants des grandes villes de Cisjordanie. &#171;&#160;Ne laisse pas rentrer les colonies dans ta maison&#160;&#187;, clame le slogan de l&#8217;affichette placardée sur les murs. L&#8217;injonction renvoie à la campagne de boycottage des produits des implantations juives que mène depuis quelques mois l&#8217;Autorité palestinienne.

Parallèlement à son plan visant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques semaines, un index inquisiteur poursuit les habitants des grandes villes de Cisjordanie. &laquo;&nbsp;Ne laisse pas rentrer les colonies dans ta maison&nbsp;&raquo;, clame le slogan de l&#8217;affichette placardée sur les murs. L&#8217;injonction renvoie à la campagne de boycottage des produits des implantations juives que mène depuis quelques mois l&#8217;Autorité palestinienne.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Salam-Fayyad.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2713" title="Salam Fayyad" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Salam-Fayyad.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>Parallèlement à son plan visant à établir les fondations d&#8217;un Etat de fait susceptible d&#8217;être proclamé à l&#8217;été, le premier ministre Salam Fayyad (voir photo) a décidé de mettre en oeuvre une loi votée en 2005, restée lettre morte, qui prohibe la vente dans les territoires occupés de marchandises fabriquées dans les zones industrielles adossées aux colonies de Cisjordanie. &laquo;&nbsp;Nous nous engageons à débarrasser le marché palestinien de tous ces produits d&#8217;ici à la fin de l&#8217;année&nbsp;&raquo;, martèle le chef du gouvernement, pas fâché de prendre à contre-pied ses adversaires, qui ne voient en lui qu&#8217;un technocrate aux ordres de Washington.</p>
<p>Du coup, les douanes palestiniennes ont accru leur surveillance à l&#8217;entrée des grandes villes. Des barrages volants surgissent sur les itinéraires détournés qu&#8217;empruntent certains camions de livraison. La tâche est immense. La liste noire dressée par le ministère de l&#8217;économie palestinien ne compte pas moins de 2 000 articles différents.</p>
<h3>&laquo;&nbsp;RESSOURCES DÉTOURNÉES&nbsp;&raquo;</h3>
<p>Des fruits et légumes cultivés dans les kibboutz de la vallée du Jourdain aux masques antirides de la société Ahava à base de boues de la mer Morte, en passant par les Jacuzzi de l&#8217;entreprise Lipski, installée dans la zone industrielle de Barkan. &laquo;&nbsp;Le chiffre d&#8217;affaires dégagé par la commercialisation de ces produits en Palestine avoisine les 200 millions de dollars par an&nbsp;&raquo;, assure Omar Kaba, chef de l&#8217;unité de protection des consommateurs au ministère de l&#8217;économie.</p>
<p>Chaque jour, les agents placés sous ses ordres inspectent les rayonnages et les étals des marchands de Cisjordanie. L&#8217;emballage est souvent trompeur. Pour déjouer la vigilance des Palestiniens et échapper du même coup aux taxes des Européens (qui excluent les produits des colonies de l&#8217;accord de libre-échange négocié avec Israël), les patrons colons n&#8217;hésitent pas à domicilier à Tel-Aviv leurs entreprises de Cisjordanie.</p>
<p>A malin, malin et demi. &laquo;&nbsp;Une fois, je suis entré dans une zone industrielle israélienne en me faisant passer pour un homme d&#8217;affaires et j&#8217;en ai profité pour récupérer tous les catalogues des usines qui y sont implantées&nbsp;&raquo;, sourit Omar Kaba. Si un produit illicite est découvert, il est saisi puis détruit et son vendeur s&#8217;en sort avec une simple remontrance. En cas de récidive, il s&#8217;expose à une amende qui peut atteindre 16 000 euros et une peine de 2 à 5 ans d&#8217;emprisonnement, selon un décret de la présidence palestinienne publié le 27 avril.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Les colons non seulement s&#8217;approprient une part de notre marché indûment, mais ils détournent aussi nos ressources comme l&#8217;eau et la terre, à leur profit, affirme Hitham Kayali, le directeur de la campagne de sensibilisation au boycott, cofinancée par l&#8217;Autorité palestinienne et le secteur privé. Quand on achète le produit d&#8217;une colonie, on rémunère le produit d&#8217;un vol.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Israël s&#8217;est aussitôt ému de cette initiative, le premier ministre Benyamin Nétanyahou parlant d&#8217;&nbsp;&raquo;incitation à la haine&nbsp;&raquo;. Silvan Shalom pour sa part, ministre en charge du développement régional, a mis en garde contre les retombées de cette campagne, susceptible de mener à la fermeture d&#8217;usines où nombre de Palestiniens sont employés.</p>
<p>Dans les territoires occupés pourtant, l&#8217;idée du boycottage gagne du terrain. Des centaines de membres de la Shebiba, l&#8217;association de jeunesse du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, ont été recrutés pour diffuser et expliciter la consigne. &laquo;&nbsp;C&#8217;est une initiative tardive, très tardive, mais salutaire&nbsp;&raquo;, dit Sam Bahour, un homme d&#8217;affaires volontiers critique envers M. Fayyad. L&#8217;hypothèse d&#8217;un &laquo;&nbsp;nettoyage&nbsp;&raquo; du marché d&#8217;ici à la fin de l&#8217;année paraît optimiste, dans la mesure où beaucoup de Palestiniens, sous l&#8217;effet d&#8217;un complexe, préfèrent acheter israélien plutôt que local. &laquo;&nbsp;Depuis le début de l&#8217;occupation, en 1967, nous avons subi quarante-trois ans de conditionnement, dit Sam Bahour. Il nous faudra beaucoup de temps pour réajuster nos habitudes de consommation.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Auteur : Benjamin Barthe, envoyé spécial à Ramallah<br />
Source : <em>Le Monde</em>, édition du 30.04.10</strong></p>
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		<title>Proche-Orient : Abbas appelle à boycotter les produits des colonies</title>
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		<pubDate>Sun, 23 May 2010 09:06:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Mahmoud Abbas a appelé, samedi 22 mai, les Palestiniens à boycotter des produits fabriqués dans les colonies juives, soulignant que cet appel ne concernait pas les produits fabriqués dans le reste du territoire israélien. &#171;&#160;Il ne faut, en aucun cas, consommer de marchandises issues de nos terres sur lesquelles ont été construites des colonies&#160;&#187;, a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mahmoud Abbas a appelé, samedi 22 mai, les Palestiniens à boycotter des produits fabriqués dans les colonies juives, soulignant que cet appel ne concernait pas les produits fabriqués dans le reste du territoire israélien. &laquo;&nbsp;Il ne faut, en aucun cas, consommer de marchandises issues de nos terres sur lesquelles ont été construites des colonies&nbsp;&raquo;, a déclaré M. Abbas à Ramallah (Cisjordanie). &laquo;&nbsp;Et nous sommes très contents que notre jeunesse (&#8230;) se soit portée volontaire pour vider les maisons palestiniennes des produits des colonies&nbsp;&raquo;, a-t-il ajouté.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Mahmoud-Abbas.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2690" title="Mahmoud Abbas" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Mahmoud-Abbas-300x150.jpg" alt="" width="300" height="150" /></a></p>
<p>Des milliers de jeunes Palestiniens ont commencé mardi à faire du porte-à-porte en Cisjordanie occupée pour inciter au boycottage des produits des colonies juives, à l&#8217;initiative du Fonds Karameh (dignité), établi pour promouvoir l&#8217;économie palestinienne.</p>
<p>Le dirigeant palestinien a ouvert sa porte à des bénévoles qui distribuaient des tracts énumérant des produits divers (meubles, vins, boissons non alcoolisées, etc.) dont l&#8217;Autorité palestinienne a interdit la vente sur les marchés palestiniens.</p>
<h3>PAS UN BOYCOTT D&#8217;ISRAËL</h3>
<p>&laquo;&nbsp;Nous ne boycottons pas Israël, a-t-il cependant souligné, car nous avons des relations (avec cet Etat) et nous importons&nbsp;&raquo; des produits d&#8217;Israël. Le mois dernier, M. Abbas avait signé un décret interdisant la vente et le négoce des produits fabriqués dans les colonies juives en Cisjordanie.</p>
<p>Toute personne reconnue coupable de se livrer au négoce de tel produits risque de deux à cinq ans de prison et 16 000 euros d&#8217;amende.</p>
<p>Près d&#8217;un demi-million d&#8217;Israéliens vivent dans plus de 120 colonies établies en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée. Les Palestiniens considèrent leur présence comme menaçant la création d&#8217;un futur Etat indépendant et viable.</p>
<p>Abbas a rejeté des accusations israéliennes selon lesquelles cette campagne équivaudrait à une incitation à la haine contre l&#8217;Etat juif &#8211; ce que les Etats-Unis, engagés dans une médiation entre les deux parties, lui ont recommandé d&#8217;éviter.</p>
<p>La principale organisation de colons, Yesha, a riposté à la campagne de porte-à-porte en la qualifiant de &laquo;&nbsp;terroriste&nbsp;&raquo;. Le ministre israélien des finances, Yuval Steinitz, a estimé, vendredi, que le boycott compromettait les démarches engagées par les Etats-Unis pour relancer le processus de paix.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ce n&#8217;est pas la bonne manière d&#8217;aborder des négociations&nbsp;&raquo;, a-t-il déclaré à la télévision israélienne, ajoutant que les produits provenant des colonies étaient souvent le résultat d&#8217;une coopération avec des usines israéliennes.</p>
<p>Source : LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 22.05.10</p>
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		<title>Un rapport de l&#8217;ONU dénonce le blocus israélien dans la bande de Gaza</title>
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		<pubDate>Sun, 23 May 2010 09:02:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nsae</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon un rapport de l&#8217;ONU, le blocus qu&#8217;Israël impose à la bande de Gaza continue d&#8217;entraver gravement la reconstruction des bâtiments et infrastructures détruits lors de l&#8217;offensive israélienne de décembre 2008-janvier 2009. A ce jour, seuls 25 % des dégâts ont pu être réparés, plus d&#8217;un an et demi après l&#8217;offensive dévastatrice &#171;&#160;plomb durci&#160;&#187;.
Officiellement destinée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon un rapport de l&#8217;ONU, le blocus qu&#8217;Israël impose à la bande de Gaza continue d&#8217;entraver gravement la reconstruction des bâtiments et infrastructures détruits lors de l&#8217;offensive israélienne de décembre 2008-janvier 2009. A ce jour, seuls 25 % des dégâts ont pu être réparés, plus d&#8217;un an et demi après l&#8217;offensive dévastatrice &laquo;&nbsp;plomb durci&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Officiellement destinée à faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes sur le sud d&#8217;Israël, l&#8217;offensive s&#8217;était soldée par la mort de 1 400 Palestiniens et la destruction partielle ou totale de 6 268 maisons. Israël maintient un strict blocus de Gaza – sauf pour les produits de première nécessité – depuis la prise du pouvoir dans ce territoire par le Hamas en juin 2007, par un coup de force, ne laissant passer qu&#8217;une quantité très limitée de ciment, au motif qu&#8217;il servirait aux groupes armés opérant à Gaza.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/gaza-blockade-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2687" title="gaza-blockade-2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/gaza-blockade-2-300x191.jpg" alt="" width="300" height="191" /></a></p>
<h3>UNE AIDE INTERNATIONALE &laquo;&nbsp;INEFFICACE&nbsp;&raquo;</h3>
<p>Le rapport publié dimanche par le programme de développement de l&#8217;ONU relève toutefois que la plupart des institutions médicales ont été remises en état, dont dix des douze hôpitaux endommagés, ainsi que 78 % du système de tout-à-l&#8217;égout et des conduites d&#8217;eau.</p>
<p>L&#8217;ONU estime qu&#8217;en dépit de quelques améliorations &laquo;&nbsp;l&#8217;aide internationale s&#8217;est révélée largement inefficace&nbsp;&raquo; du fait notamment qu&#8217;elle s&#8217;interdit d&#8217;utiliser du matériel importé à travers des tunnels de contrebande à la frontière égyptienne. Or, selon la Banque Mondiale, 80 % des importations parviennent à Gaza par ce biais. Les organismes d&#8217;entraide islamiques, qui emploient elles des matériaux de construction venus par ces tunnels, &laquo;&nbsp;se sont avérées plus à même d&#8217;aider à la reconstruction&nbsp;&raquo;, relève le rapport. Il donne en exemple le Secours islamique, le Croissant Rouge du Qatar, l&#8217;association caritative Al-Rahama, et autres associations qui opèrent toutes avec le soutien du mouvement islamiste Hamas, lequel contrôle la bande de Gaza (1,5 million d&#8217;habitants).</p>
<p><strong>Source : LeMonde.fr avec AFP | 23.05.10</strong></p>
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		<title>PÉROU &#8211; Situation de l’Église en 2010  par Bruno Van der Maat</title>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 14:03:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux ans après avoir publié un premier bilan sur la situation de l’église sud-andine [1], nous avons de nouveau demandé à Bruno Van der Maat, théologien laïc vivant à Arequipa depuis 25 ans, de faire le point sur les évolutions et les blocages institutionnels.





1.- Composition de la Conférence épiscopale et relations Église-État
 
Ces dernières années la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em>Deux ans après avoir publié un premier bilan sur la situation de l’église sud-andine [</em><em><a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4403#nb1">1</a></em><em>], nous avons de nouveau demandé à Bruno Van der Maat, théologien laïc vivant à Arequipa depuis 25 ans, de faire le point sur les évolutions et les blocages institutionnels.</em></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: center"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ImagePérou1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2674" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/ImagePérou1.jpg" alt="" width="160" height="159" /></a><br />
</em></p>
<p style="text-align: center"><em><br />
</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>1.- Composition de la Conférence épiscopale et relations Église-État</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Ces dernières années la division qui s’était instaurée dans l’Église catholique du Pérou s’est approfondie. D’un côté se trouve un groupe d’évêques qui soutiennent l’archevêque de Lima, le cardinal Juan Luis Cipriani. Ce groupe est composé d’évêques de mouvements comme l’Opus Dei, le Sodalitium, le Néo-catéchuménat ainsi que de quelques autres évêques de la même tendance. De l’autre côté se situe un groupe plutôt hétérogène d’évêques de diverses orientations, unis par le seul fait de s’opposer au cardinal. Ce groupe a réussi, grâce à une majorité obtenue avec une seule voix de différence, à réélire l’actuel président de la Conférence épiscopale, l’archevêque franciscain de Trujillo, Mons. Miguel Cabrejos. La différence d’une seule voix montre bien le clivage parmi les évêques. Le motif de cette différence est la personne de l’archevêque de Lima, le Cardinal Cipriani, de l’Opus Dei, et le modèle d’Église qu’il représente. Beaucoup d’évêques ne supportent pas du tout les prises de positions politiques ni le style autocratique du cardinal. Depuis plusieurs années ils empêchent que le cardinal assume la présidence de la Conférence épiscopale. Le vote étant de plus en plus serré, plusieurs (arch)évêques se font nommer des évêques auxiliaires afin d’augmenter le nombre de votes de leur groupe. Ce jeu politique ne permet pas toujours que les nouveaux prélats répondent aux exigences pastorales du moment, ce qui n’aide pas vraiment à restaurer la confiance que la population avait dans l’Église catholique qui connaît un franc recul face aux diverses communautés évangéliques qui se consolident un peu partout, ainsi que face à une indifférence religieuse croissante, surtout en zone urbaine. L’augmentation de l’importance des évangéliques se voit par exemple dans la double célébration religieuse lors de la fête nationale. Outre la traditionnelle messe de <em>Te Deum</em> célébrée dans la cathédrale de Lima en présence du président de la République et de son gouvernement, depuis plusieurs années un « <em>Te Deum</em> évangélique » est célébré le lendemain de la fête nationale également avec la présence du président de la République.</p>
<p style="text-align: justify">Cette augmentation de la présence évangélique dans la vie publique et dans la politique (lors des dernières élections présidentielles il y avait un candidat pasteur évangélique) a suscité une réaction dans l’Église catholique que l’on pourrait qualifier de « retour à la chrétienté ». Plusieurs évêques préconisent que l’Église catholique ne peut pas être « réduite » au statut des autres églises et religions, de par son ancrage et sa tradition dans l’histoire du Pérou. Actuellement le Pérou est un État non confessionnel où l’on respecte la liberté de religion, mais où l’Église catholique jouit de plusieurs privilèges, surtout fiscaux. Pour certains évêques l’aide que reçoit l’Église catholique (entre autres le salaire que les évêques reçoivent de l’État) n’est qu’une (maigre) compensation pour le transfert de biens qui a eu lieu lors de l’Indépendance il y a bientôt deux siècles. En outre, ils préconisent que l’aide financière et les privilèges fiscaux que reçoit l’Église soient utilisés intégralement pour des œuvres de charité organisées ou soutenues par l’Église catholique. Cependant cela est difficile à vérifier étant donné que l’Église catholique ne montre aucune transparence dans l’usage de ses ressources et ne rend compte à personne de ses finances, ce qui rend difficile un débat ouvert.</p>
<p style="text-align: justify">Parlant de biens de l’Église, le cardinal Cipriani vient de remporter une importante victoire légale dans les procès pour le contrôle des biens de l’Université pontificale catholique du Pérou. Par une sentence adoptée à la majorité, le Tribunal constitutionnel lui a donné raison dans un litige qui l’oppose depuis plusieurs années à l’Université sur les conditions d’exécution du testament d’un bienfaiteur de l’Université. Le recteur ainsi que la plupart des professeurs et étudiants craignent une ingérence du cardinal qui pourrait être néfaste pour la meilleure université du pays.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>2.- Modèles d’Église en jeu</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">Au Pérou s’opposent différents modèles ecclésiologiques, dépendant fortement de la formation et de la personnalité de l’évêque du lieu. Dans le Sud, où le poids d’évêques de l’Opus Dei et des nouveaux mouvements comme le Néo-Catéchuménat et le Sodalitium est écrasante, le style est nettement autocratique. Les décisions de l’évêque font loi. En soi, cela pourrait paraître normal si ce n’était que ces décisions sont souvent perçues comme arbitraires car prises sans consultation et – bien souvent – sans connaissance de cause. Plusieurs évêques appliquent une politique de la terre brûlée : avant leur arrivée rien de bien n’a été développé et la véritable évangélisation de leur diocèse commence avec eux. Tout est décidé personnellement par l’évêque, sans aucune possibilité de recours. Rares sont les visites pastorales où les prêtres, religieuses et fidèles peuvent s’exprimer. La communion avec l’évêque se réduit à une obéissance aveugle et sans dialogue. Comme l’exprimait un évêque : « Je n’ai pas le temps de dialoguer ». Un diocèse du Sud, par exemple, n’a pas de vicaire général depuis que le nouvel évêque a pris position il y a déjà plusieurs années, ce qui laisse le terrain libre pour le seul évêque du lieu. Seulement il ne peut pas tout faire tout seul. Aussi la population se plaint-elle que leur évêque n’est jamais disponible car souvent en voyage à Lima ou à Rome.</p>
<p style="text-align: justify">Il est vrai que les évêques donnent la priorité à certains groupes : en premier lieu leur propre mouvement qui a le vent en poupe. En second lieu, on peut constater une certaine alliance avec les grandes entreprises, surtout les mines, fort importantes dans le Sud. Beaucoup de mines financent directement des projets sociaux ou culturels des diocèses (par exemple la restauration d’églises baroques). Cela n’est pas sans lien avec le fait que le thème de l’environnement est devenu pratiquement tabou dans l’Église du Sud (contrairement par exemple au centre du pays où l’Église catholique est fortement impliquée dans la préservation de l’environnement et où elle critique les entreprises minières et le manque d’action de l’État). La relation entre l’Église et la presse locale permet de passer outre ce thème des mines et de projeter au premier plan les activités pastorales et sociales de l’évêque.</p>
<p style="text-align: justify">Toutefois, tout n’est pas sous contrôle. Un évêque a été attaqué en justice pour diffamation par le prêtre d’un diocèse voisin, un autre a plusieurs procès en cours pour licenciements arbitraires, un prêtre est en prison accusé du viol d’une mineure, etc. Plusieurs congrégations ont quitté le Sud, les sœurs de Maryknoll ont été obligées de quitter la Prélature de Juli où elles ont travaillé avec la population depuis plus de 40 ans.</p>
<p style="text-align: justify">Le mouvement de respect et d’adaptation à la culture andine a pratiquement disparu des préoccupations officielles de l’Église du Sud andin. On en revient à la culture d’une « Église Universelle », c’est-à-dire européenne. Tout ce qui avait été développé dans le courant de l’inculturation a été annulé, car considéré comme païen et contraire à la foi. En christologie, la tendance d’une christologie descendante est fortement renforcée, un évêque allant jusqu’à minimiser l’importance des festivités de Noël, car il ne s’agirait « que de l’aspect humain du Christ, Fils de Dieu ». Par contre la dévotion mariale est utilisée pour rassembler les fidèles lors de manifestations qui n’ont pas nécessairement de lien avec la Vierge Marie (comme l’anniversaire d’un diocèse ou l’ouverture de l’année du sacerdoce).</p>
<p style="text-align: justify">Ce style d’Église cause certaines réactions. D’une part, dans le Sud andin, des laïcs formés sous l’ecclésiologie antérieure de communion et d’inculturation se sont organisés pour se réunir et continuer la formation et l’aide à la population. Les portes des locaux de l’Église leur ont été fermées et tous les évêques du Sud andin ont signé une lettre demandant aux ONG catholiques d’Europe de ne pas financer leurs projets. Ce qui est intéressant c’est que les évêques du Sud andin n’ont jamais émis aucun document pastoral commun ni signé aucune lettre commune si ce n’est celle-ci. La communion ecclésiale n’est pas exactement visible dans la région. Chaque évêque veut installer son propre séminaire diocésain. Face au manque de candidats séminaristes locaux, ceux-ci sont accueillis ou attirés depuis d’autres diocèses.</p>
<p style="text-align: justify">D’autre part, les communautés évangéliques et les autres groupes para-chrétiens renforcent leurs rangs avec des ex-catholiques mécontents. Une Église parallèle de prêtres mariés a ordonné dans la région plusieurs prêtres et diacres, que la population en manque d’attention pastorale confond facilement avec les ministres catholiques.</p>
<p style="text-align: justify">La réponse de la plupart des évêques au Pérou est de serrer les rangs, de renforcer l’obéissance et de prôner une évangélisation centrée sur les sacrements. Pourtant les évêques latino-américains réunis à Aparecida en 2007 avaient proposé un chemin d’ouverture et de dialogue pour l’Église du continent. Les deux projets risquent de se confronter encore pendant un certain temps.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[<a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article4403#nh1">1</a>] Voir DIAL 2978 &#8211; « <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?article1891">PÉROU &#8211; Situation de l’Église sud-andine</a> ».</p>
<p>__________________________________________________</p>
<p>samedi 1er mai 2010, mis en ligne par  <a href="http://www.alterinfos.org/spip.php?auteur5">Dial</a></p>
<p><a href="http://enligne.dial-infos.org/"><strong>Dial</strong></a> – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3107.</p>
<p>Source française : Dial &#8211; <a href="http://enligne.dial-infos.org/">http://enligne.dial-infos.org</a></p>
<p>Adresse internet de l’article : http://www.alterinfos.org/spip.php?article4403<strong> </strong></p>
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		<title>Appel aux autorités publiques de l&#8217;Union Européenne et du Conseil de l&#8217;Europe</title>
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		<pubDate>Tue, 11 May 2010 18:14:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucienne Gouguenheim</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Dans le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[
Les membres du Réseau Européen Eglises et Libertés présents lors de son Assemblée Générale de mai 2010 déclarent que la récente crise allumée à travers le monde par la révélation massive de violence sexuelle perpétrée pendant des années par des membres du clergé catholique qui plus est à l’intérieur même des enceintes institutionnelles de l’Eglise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logore.JPG.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2664" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/logore.JPG-291x300.jpg" alt="" width="291" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Les membres du <em>Réseau Européen Eglises et Libertés </em>présents lors de son Assemblée Générale de mai 2010 déclarent que la récente crise allumée à travers le monde par la révélation massive de violence sexuelle perpétrée pendant des années par des membres du clergé catholique qui plus est à l’intérieur même des enceintes institutionnelles de l’Eglise catholique a tragiquement démontré le lien inextricable entre les positions par rapport à la sexualité humaine et les positions par rapport à l’exercice du pouvoir à la fois à l’intérieur de l’Eglise et dans ses relations avec la société civile, positions qu’une majorité de fidèles ne partagent pas. Pendant des années, des secteurs importants du laïcat catholique d’Europe, dont le <em>Réseau Européen </em>n’est qu’une expression publique parmi d’autres, ont réclamé des réformes fondamentales des structures de l’Eglise dans ces domaines.</p>
<p style="text-align: justify">Aujourd’hui, tandis qu’ont été révélées les tentatives systématiques menées de longue date par les autorités ecclésiales d’étouffer la violence sexuelle massive, nous, citoyens européens, nous appelons les autorités publiques de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe et les autorités publiques de tous les Etats européens dans lesquels la violence sexuelle a été perpétrée au sein des enceintes de l’Eglise catholique :</p>
<ul style="text-align: justify">
<li>· A honorer leur responsabilité de protéger les mineurs et les autres personnes vulnérables de toutes les sortes de violence, en particulier de la violence sexuelle. En tant qu’Etat associé à la <em>Convention des Droits de l’Enfant</em>, chaque pays européen doit être tenu pour responsable des mesures prises pour garantir aux mineurs qui dépendent de leur juridiction une vie sans violence sexuelle.</li>
<li>· A tenir les autorités de l’Eglise catholique pour responsables d’avoir systématiquement couvert la violence sexuelle qui a récemment été révélée, tout en considérant que les membres du clergé sont citoyens de leurs pays respectifs et en tant que tels égaux devant la loi à tout autre citoyen, quel que soit leur statut clérical.</li>
<li>· A clarifier les limites de la liberté religieuse et de la liberté de conscience, que les responsables religieux pourraient invoquer pour justifier la dissimulation.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify">Nous déplorons vivement que les enceintes institutionnelles de l’Eglise, que de nombreux parents catholiques considéraient comme un havre de sécurité pour leurs enfants, soient en fait devenues un lieu de violence sexuelle contre ces mineurs.</p>
<p style="text-align: right">Mennerode, Pays-Bas, le 9 mai 2010</p>
<p style="text-align: right">(Traduction Didier Vanhoutte)</p>
]]></content:encoded>
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