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	<title>NSAE &#187; À ne pas rater</title>
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	<description>Non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, pour faire de nos vies un chemin de foi</description>
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		<title>Nettoyage ethnique à Jérusalem</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 21:59:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Philippe Lewandowski « Le maire de Jérusalem, Nir Barakat, a annoncé que la municipalité allait classer 70.000 citoyens de Jérusalem comme non-résidents, dans le cadre de la campagne israélienne visant à atteindre une majorité juive à Jérusalem-Est. 70.000 résidents palestiniens, déjà coupés du reste de Jérusalem par le mur d’apartheid israélien, seront désormais privés de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Philippe Lewandowski</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>« Le maire de Jérusalem, Nir Barakat, a annoncé que la municipalité allait classer 70.000 citoyens de Jérusalem comme non-résidents, dans le cadre de la campagne israélienne visant à atteindre une majorité juive à Jérusalem-Est. 70.000 résidents palestiniens, déjà coupés du reste de Jérusalem par le mur d’apartheid israélien, seront désormais privés de papiers d’identité, et leur administration transférée de la Municipalité de Jérusalem à l’administration civile de l’armée israélienne en Cisjordanie »</strong>.</em> [1]</p>
<p style="text-align: justify;">La brutalité et le caractère extrêmement grave de cette annonce ne doivent pas être sous-estimés. Il s’agit ni plus ni moins de la reprise, ou plus exactement de la poursuite de la Nakba (catastrophe), dans une ampleur qui n’a été dépassée que lors de la sinistre année 1948.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un peu d’histoire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons que le plan de partage mort-né de 1947 [2] prévoyait, aux côtés d’un État palestinien et d’un État israélien, un statut à part pour Jérusalem et ses environs (incluant Bethléem), qui seraient administrés par l’ONU. Cette résolution et ce statut ont été balayés par la guerre de 1948 : « <em>Pour David Ben Gourion, Jérusalem ne pouvait se trouver hors du périmètre du nouvel État juif. C’est pourquoi la bataille pour Jérusalem fut une priorité absolue. Les forces armées israéliennes réussirent à s’assurer le contrôle de la partie ouest de la ville, obligeant ses habitants palestiniens à se réfugier derrière la ligne d’armistice tracée à proximité des murailles de la vieille ville qui demeura dans la partie arabe de la Palestine, bientôt annexée par la Transjordanie du roi Abdallah</em> ». [3]</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation dura jusqu’à la guerre de 1967, à l’issue de laquelle Israël occupa l’ensemble de la ville, la Cisjordanie ainsi que le Golan. L’annexion unilatérale d’une partie de ces territoires n’est pas reconnue par la communauté internationale, ils doivent donc, dans leur ensemble, être considérés comme des territoires occupés. La puissance occupante est censée ne pas s’en prendre à la population locale, et toute colonisation demeure en principe illégale. Mais le projet sioniste n’a cure du droit international.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dépossession rampante</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Terres et habitations constituent les premières cibles des nouveaux arrivants. Les expropriateurs n’ont pas toujours la patience d’attendre que s’écroulent des demeures faute d’entretien (mais les Palestiniens n’obtiennent de permis de construire, et donc de maintenir en état, qu’avec la plus grande parcimonie, voire qu’à titre exceptionnel), il n’est donc pas rare de voir des bulldozers raser des maisons, côté pile ; côté face, des colons s’installent sans façon dans des immeubles habités par des Palestiniens en chassant tout simplement ces derniers sous la protection de l’armée.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images22.jpeg"><img class="size-full wp-image-6006 aligncenter" title="images" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/images22.jpeg" alt="" width="275" height="183" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les personnes, quant à elles, se voient gratifiés de statuts aussi divers que variables, accompagnés de droits plus ou moins restreints. Les 250.000 Palestiniens de Jérusalem reçoivent ainsi une carte de résident bleue (qui leur donne en pratique le droit d’habiter à Jérusalem-Est, mais nul droit de vote), dont le renouvellement « <em>est un processus long, ennuyeux, et parfois humiliant, une routine annuelle à laquelle il faut se soumettre dans les bureaux du Ministère de l’Intérieur dans la partie Est de Jérusalem</em> » [4]. La perte de cette carte ressemble fort au prélude d’un processus d’expulsion.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De l’accélération à l’explosion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une augmentation notable des refus de renouvellement de cartes avait été observée en 2009 : « <em>En 2008, selon le Haaretz , le ministère de l’intérieur israélien a privé de statut de résident 4 577 Palestiniens . Au cours des quarante années précédentes, 8 558 Palestiniens au total avaient perdu ce statut. Soit une augmentation exponentielle</em> ». [5]</p>
<p style="text-align: justify;">Le chiffre effarant de 70.000 non renouvellements prend dès lors toute sa signification. Surtout si on le met en rapport avec l’annonce presque simultanée de l’autorisation de la construction de 130 nouveaux logements pour Israéliens juifs à Jérusalem-Est. [6]</p>
<p style="text-align: justify;">En termes clairs, qu’est-ce donc si ce n’est de la purification ethnique au grand jour ? Les pitres médiatiques habituels restent bien entendu silencieux. Ceux qu’on dit grands dans les pays occidentaux leur emboîtent le pas dans l’inaction. Pouvons-nous nous taire ?</p>
<p align="right"><strong><a href="http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?auteur48">Philippe Lewandowski</a></strong></p>
<p align="right">27 janvier 2012</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>[1] Wadi Hilweh Information Center, 70.000 Palestiniens de Jérusalem vont être reclassés comme citoyens de Cisjordanie, <a href="http://www.ism-france.org/communiques/70000-palestiniens-de-Jerusalem-vont-etre-reclasses-comme-citoyens-de-Cisjordanie-article-16452">http://www.ism-france.org/communiqu&#8230;</a> , 30-12-2011, consulté le 01-01-2012.</p>
<p>[2] Résolution 181 de l’ONU, votée le 29 novembre 1947, mais sans consultation des populations concernées</p>
<p>[3] Jean-Paul Chagnollaud &amp; Sid-Ahmed Souiah, <em>Atlas des Palestiniens</em>. Paris : Autrement, 2011, p.54.</p>
<p>[4] <em>Jérusalem, le rapport occulté : rapports 2005 et 2008 des diplomates de l’Union Européenne en poste à Jérusalem</em>, présentation par René Backmann. Paris : Salvator, 2009, p.63.</p>
<p>[5] Blog de Gilles Paris, journaliste au Monde, <a href="http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/2009/12/02/4-577-palestiniens-en-moins-a-jerusalem-est-en-2008/">http://israelpalestine.blog.lemonde&#8230;</a>, 02-12-2009, consulté le 01-01-2012.</p>
<p>[6] En fait, ce sont 15.000 unités d’habitations supplémentaires réservées aux Juifs qui sont prévues d’ici 2015. Cf. Jean-Paul Chagnollaud &amp; Sid-Ahmed Souiah, op. cit., p.57.</p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2557">http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2557</a></p>
<p><strong>Photo</strong> : <a href="http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4848">http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4848</a></p>
<p><strong>Pour en savoir plus </strong>:</p>
<p>lire « <em>La politique d&#8217;Israël à Jérusalem inquiète les Européens</em> »  par  Laurent Zecchini, correspondant du Monde à Jérusalem ; télécharger : <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Politique-Israël-à-Jérusalem.pdf">Politique Israël à Jérusalem</a></p>
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		<title>Gaza : trois ans après l’opération « Plomb durci »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2012/01/20/gaza-trois-ans-apres-loperation-plomb-durci/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 11:31:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis le 18 janvier 2009 la bande de Gaza survit aux conditions drastiques mises en place suite à l’offensive israélienne sur son territoire. Bernard Flichy, du département Moyen-Orient du Secours Catholique, nous rappelle ces conditions. &#160; L’opération « Plomb durci », lancée par l’armée israélienne aux derniers jours de l’année 2008, se voulait une réponse aux roquettes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis le 18 janvier 2009 la bande de Gaza survit aux conditions drastiques mises en place suite à l’offensive israélienne sur son territoire. Bernard Flichy, du département Moyen-Orient du Secours Catholique, nous rappelle ces conditions.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Palestine.jpeg"><img class="size-full wp-image-5877 aligncenter" title="Palestine" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Palestine.jpeg" alt="" width="155" height="207" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">L’opération « Plomb durci », lancée par l’armée israélienne aux derniers jours de l’année 2008, se voulait une réponse aux roquettes artisanales et aux obus de mortier lancés par des groupes résistants palestiniens, prisonniers dans la bande de Gaza. Comme l’explique Bernard Flichy, <em>« les tirs n’ont pas cessé pour autant. En 2011, on en a dénombré environ 400 qui ont causé la mort de trois civils israéliens. En représailles, 107 Palestiniens ont été tués. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le rapport Goldstone dénonçait des crimes de guerre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les pilonnages intensifs sur Gaza de décembre 2008 et janvier 2009 avaient causé la mort de 1 400 Gazaouis, dont un quart d’enfants, et détruit des milliers de logements et de nombreuses infrastructures (écoles, hôpitaux, etc.). Malgré les condamnations, notamment par le biais du rapport Goldstone qui dénonçait des crimes de guerre, le gouvernement israélien n’a subi aucune sanction.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Or, Gaza vit depuis en état de blocus permanent,</em> explique Bernard Flichy, <em>une punition collective absolument interdite par le droit international et plus particulièrement par la 4e Convention de Genève. Les 1,6 million d’habitants de Gaza, dont la moitié a moins de 18 ans, sont devenus des otages ce qui, là aussi, est contraire au droit international. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les mouvements de population sont interdits</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« La libération du soldat israélien Shalit aurait pu avoir des conséquences positives</em>, poursuit Bernard Flichy, <em>mais l’étendue du contrôle est toujours la même. »</em> À quelques exceptions près, les mouvements de population sont interdits ; les importations de marchandises, réduites à un quart de ce qu’elles étaient avant 2005, sont extrêmement contrôlées (à l’exception de celles qui transitent par les tunnels qui relient la bande de Gaza à l’Égypte) ; contrôle de l’espace aérien et des eaux territoriales, réservés aux forces israéliennes (les pêcheurs de Gaza sont sommés de ne pas franchir la limite de 3 miles marins) ; 35 % des terres agricoles ne peuvent pas être exploitées, car jugées zones à « haut risque ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>75 % de la population survit grâce à des aides</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les conséquences de cette situation entraînent un chômage de masse : 38 % des jeunes sont sans emploi. Les salaires ont diminué de 20 % au cours des six dernières années. Plus de la moitié de la population de Gaza souffre d’insécurité alimentaire et 75 % de la population survit grâce à des aides.</p>
<p style="text-align: justify;">À cette situation humaine extrêmement difficile vient s’ajouter la dégradation de l’environnement : 90 % de l’eau pompée dans la nappe aquifère est impropre à la boisson et plus de 50 millions de litres d’eaux usées sont déversées quotidiennement dans la mer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelle est la politique poursuivie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le blocus de Gaza a suivi l’accession démocratique du Hamas au pouvoir. Mais il n’a pas totalement annihilé la résistance des Gazaouis. À l’heure où la popularité du Hamas semble diminuer parmi la population, Bernard Flichy se demande quelle est la politique poursuivie par le gouvernement israélien. Cette politique de punition collective n’est-elle pas l’indice d’une absence pure et simple de projet politique en la matière ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Source </strong>:</p>
<p><a href="http://www.secours-catholique.org/actualite/gaza-trois-ans-apres-l-operation-plomb-durci,10598.html">http://www.secours-catholique.org/actualite/gaza-trois-ans-apres-l-operation-plomb-durci,10598.html</a></p>
<p><strong>En savoir plus :</strong></p>
<p><a href="http://%20www.plateforme-palestine.org">Plateforme des ONG françaises pour la Palestine</a></p>
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		<item>
		<title>Noël 2011 à Bethléem : homélie de Mgr Fouad Twal</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/29/noel-2011-a-bethleem-homelie-de-mgr-fouad-twal/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 12:16:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[hotspot]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Amis de Sabeel-France nous ont transmis l’homélie prononcée à Bethléem la nuit de Noël par le patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal en présence, comme c’est la tradition, des autorités civiles et en premier lieu du président Mahmoud Abbas. Il y exprime des positions claires sur la situation politique, en lançant un appel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les <a href="http://www.amisdesabeel-france.blogspot.com/">Amis de Sabeel-France</a> nous ont transmis l’homélie prononcée à Bethléem la nuit de Noël par le patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal en présence, comme c’est la tradition, des autorités civiles et en premier lieu du président Mahmoud Abbas. Il y exprime des positions claires sur la situation politique, en lançant un appel pour que soit mis un terme à la violence et à l’injustice, en réclamant la paix, la stabilité et la sécurité pour tout le Moyen-Orient.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethleem1-EgliseNativ..jpg"><img class="size-full wp-image-5768 aligncenter" title="Bethleem1-EgliseNativ." src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethleem1-EgliseNativ..jpg" alt="" width="250" height="187" /></a></p>
<p align="center"><strong>Homélie de Noël 2011</strong></p>
<p align="center"><strong><em>« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix</em></strong></p>
<p align="center"><strong><em>sur la terre aux hommes qu’il aime » </em></strong><em>(Luc 2:14)</em></p>
<p align="center"><span id="more-5767"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur le Président Abou Mazen, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, Excellence Nasser Judeh, Ministre des affaires étrangères de Jordanie représentant le Roi Abdullah de Jordanie,</p>
<p style="text-align: justify;">Mesdames et Messieurs leurs Excellences, Consuls et Ambassadeurs,</p>
<p style="text-align: justify;">Chers représentants des diverses Eglises,</p>
<p style="text-align: justify;">Chers frères et soeurs, fils et filles de la Terre Sainte :</p>
<p style="text-align: justify;">De l’Eglise de la Nativité et à proximité de la Grotte Sainte, où la Vierge Marie a emmailloté son fils et l’a déposé dans une crèche, je vous salue tous, fidèles ici présents, téléspectateurs, mais également nos frères de la diaspora, particulièrement ceux que j&#8217;ai rencontrés récemment. Je salue tout spécialement le président Mahmoud Abbas et le félicite pour ses efforts inlassables en faveur d’une paix juste dans le Moyen-Orient et dont la création d’un Etat palestinien est un des fers de lance principal. Je reconnais ses efforts communs avec Sa Majesté, le Roi Abdullah de Jordanie qui a exprimé sa grande préoccupation pour Jérusalem, pour ses lieux saints et surtout ses habitants.</p>
<p style="text-align: justify;">Chers frères et soeurs,</p>
<p style="text-align: justify;">Le chant des anges dans le ciel de Bethléem il y a plus de deux mille ans, retentit encore dans nos oreilles : « Gloire à Dieu au plus haut et paix sur la terre » (<em>Luc 2:14</em>). Cet hymne, avec son parfum céleste, nous fascine et nous instruit.</p>
<p style="text-align: justify;">Que la Gloire soit rendue à Dieu et que la paix descende sur la terre. La gloire de Dieu et la paix du monde sont inséparables, ayant entre elles un lien de cause à effet. Si nous attribuons la gloire à Dieu, nous aurons sa paix. Si nous nous donnons la gloire à nous-mêmes, nous serons privés de cette paix. En effet, la glorification du Seigneur et son adoration sont un devoir et une dette. Dieu promet sa paix à ceux qui l’adorent en esprit et en vérité. Ce qui nous rassure, c’est que Dieu ne manque jamais à ses promesses.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que Dieu n’a pas besoin de nos éloges pour grandir, ni de nos prières de louanges pour parfaire sa gloire. C’est nous qui grandissons et devenons meilleurs à la mesure de notre humilité devant sa grandeur infinie. Le Seigneur est glorieux en lui-même, sa gloire provenant de son être intime et de la création, oeuvre de ses mains. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l&#8217;étendue annonce l&#8217;oeuvre de ses mains. Le jour en instruit un autre jour, la nuit en donne connaissance à une autre nuit. » (<em>Ps 19:2-3</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Nos religions – musulmanes, juives et chrétiennes &#8211; sont unanimes pour dire que l’adoration de Dieu est un devoir d’amour primordial : « Fils de Dieu, rendez au Seigneur familles des peuples, rendez au Seigneur gloire et honneur! Rendez au Seigneur la gloire de son nom ! Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté ! » (<em>Ps. 29: 1-2</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons être fiers car, parmi tous les continents et patries du monde, Dieu a choisi la Palestine, notre chère terre, pour être la patrie du Sauveur, du Messie attendu, qui est sa Parole et la substance de sa gloire. Par conséquent, nous avons le devoir de suivre le cortège des anges et de répéter à l’infini: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». Gloire à lui « parce que la grâce de Dieu qui porte en elle le salut est apparue à tous les peuples. » (<em>Tite 2 : 11</em>) Oui, elle apparut à quelques pas de ce lieu saint, où nous sommes rassemblés ce soir. De ce Christ attendu, les prophètes ont prédit : «Sur lui reposera l&#8217;Esprit du Seigneur », « il jugera les faibles avec justice, il rendra une sentence équitable pour les humbles du pays. » (<em>Isaïe 11, 4</em>). La bonne nouvelle concerne les 2 ennemis, qui « de leurs épées, forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l&#8217;épée; ils n&#8217;apprendront plus la guerre. » (<em>Is 2: 4</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Chers fidèles, nous ne voulons pas que Noël relève d’une douceureuse mémoire subjective et purement émotionnelle, tournée vers un passé lointain. Non, car , le Christ est vivant parmi nous, vivant par sa résurrection, vivant dans ses sacrements et vivant dans son message : un message d’amour, de justice et de paix à tous les peuples, à tous les individus et à toutes les familles, paix dont nous avons besoin plus que jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre région traverse des transformations radicales qui ont un impact sur notre présent et notre avenir. Nous ne pouvons pas rester comme de simples spectateurs. Nous, les chefs religieux et ceux qui ont entre les mains le sort des peuples, devons faire tout ce qui est possible pour protéger notre peuple, travailler à sa survie, et à réaliser ses aspirations. Nous sommes avec notre peuple de toutes nos forces, car ses souffrances et ses espérances sont les nôtres.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous, les habitants de Terre Sainte, de Palestine, d’Israël, de Jordanie et de Chypre nous espérons que la fête de Noël mette fin à la culture de violence et de la mort et inspire une solution aux divisions internationales et nationales. L’Histoire nous enseigne que la volonté des peuples, avec leurs aspirations à la paix et à la liberté, est plus forte que le pouvoir de l’injustice. Par ailleurs, la Toute-puissance de Dieu surpasse celle du Mauvais. C’est pourquoi nous espérons, avec la grâce de Dieu et la bienveillance des hommes de bonne volonté, que disparaissent les murs physiques et psychologiques que les hommes construisent autour d’eux-mêmes. Dieu veut des ponts qui unissent plutôt que des murs qui séparent ce que Dieu a uni. <strong>Chers frères et soeurs, abattons les murs de nos coeurs pour abattre les murs de béton ! </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethléem2-Mur.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5769" title="Bethléem2-Mur" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethléem2-Mur-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les Palestiniens se sont tournés récemment vers l&#8217;Organisation des Nations Unies, avec l’espoir d’une solution juste au conflit, ayant l’intention de vivre en paix et en sécurité avec leurs voisins. On leur a demandé de revenir à un processus de paix qui avait échoué. Ce processus leur a laissé le goût amer de promesses non tenues et un sentiment de méfiance.</p>
<p style="text-align: justify;">Frères, à l&#8217;occasion de Noël et par la puissance du Prince de la Paix dont nous célébrons la naissance selon la chair, nous élevons notre voix à Dieu lui criant notre soif. Nous demandons la paix et rien que la paix.</p>
<p style="text-align: justify;">- Nous la voulons pour le peuple palestinien aussi bien que pour le peuple israélien.</p>
<p style="text-align: justify;">- Nous voulons la paix, la stabilité et la sécurité pour tout le Moyen-Orient, afin que nos enfants et leurs enfants vivent leur enfance dans l’innocence, et dans un environnement sain, et puissent jouer ensemble sans peur ni complexes.</p>
<p style="text-align: justify;">- Nous voulons que la route prise par nos ancêtres &#8211; les mages et les bergers &#8211; pour rejoindre Bethléem, reste ouverte, sans barrières ni barrages, ouverte aux pèlerins du monde entier, y compris du monde arabe. Ils seront les bienvenus. Avec eux, nous prierons et chanterons : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (<em>Luc 2:14</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">- Et en cette nuit sainte, les enfants de Terre Sainte, compatriotes de l’Enfant Jésus, nous supplient : « Laissez-nous grandir normalement, donnez-nous le temps de jouer dans les grandes places de nos villes et villages loin des intrigues politiques.»</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethléem3.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5770" title="Bethléem3" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Bethléem3.jpeg" alt="" width="259" height="194" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais il ne faut pas seulement prier pour la paix. Les bonnes intentions et discours ne suffisent plus. Cherchons la paix concrètement avec toutes nos énergies. La paix est donnée aux hommes de bonne volonté. Elle ne se réalise pas sans de véritables et courageux artisans de paix, prêts à se sacrifier pour une cause aussi noble. La paix se reçoit et se donne en même temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Ecoutons la voix de Jésus : « N&#8217;ayez pas peur, je suis avec vous ». Seigneur, si tu es avec nous, qui est contre nous ?</p>
<p style="text-align: justify;">- Oui, sur ta parole, Seigneur, nous jetons nos filets et reconnaissons que Noël est un jour de fête.</p>
<p style="text-align: justify;">- Sur ta parole, nous invitons tout le monde à se réjouir avec nous.</p>
<p style="text-align: justify;">- Sur ta parole nous allumons l’arbre de Noël dans nos églises et dans nos maisons comme signe d’espérance et de joie. Rien ne nous enlèvera notre espérance: ni la peur, ni les menaces, ni l’arrogance des hommes.</p>
<p style="text-align: justify;">O Enfant de Bethléem, en cette nouvelle année, nous mettons entre tes mains notre Moyen-Orient troublé, et surtout ses jeunes pleins d’aspirations légitimes, ces jeunes frustrés par la situation économique et politique et à la recherche d’un avenir meilleur. Daigne réaliser leurs voeux et mets en leurs coeurs l’audace et la sagesse en même temps que l’esprit de responsabilité.</p>
<p style="text-align: justify;">De cette église, nous adressons nos remerciements et la promesse de nos prières à tous ceux qui ont contribué et contribuent à la paix et à la justice, à tous les amis qui ont participé à nos espérances et nos inquiétudes à l&#8217;occasion des révolutions arabes. En cette nuit, nous prions pour nos gouvernants et pour les dirigeants du monde entier, afin qu’ils aient la sagesse, le discernement et l’esprit du don d’eux-mêmes envers leurs concitoyens. Nous prions pour le retour au calme et la réconciliation en Syrie, en Egypte, en Irak et en Afrique du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;">De cette Eglise et en cette nuit sainte, nous appelons les fidèles et les pèlerins à s&#8217;unir avec nous dans la prière pour Jérusalem. Comme son nom l’indique, c’est la ville de la paix. Elle a la vocation de rassembler les croyants du monde entier, les fils d’Abraham, en une seule famille. C’est la ville Sainte, la ville de la prière. Des millions de pèlerins viennent prier pour la paix et la réconciliation. Nous prions pour que nous l’ayons en abondance. (<em>Jean 10:10</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">De ce lieu saint, je fais un appel à tous nos frères et soeurs dans le monde. Le monde souffre du manque de charité et de chaleur humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos voeux pour cette année : que « nous nous aimions les uns les autres comme Dieu nous a aimés » et que nous nous réconcilions les uns avec les autres comme Dieu nous a réconciliés dans le Christ. (<em>Ephésiens 4:32</em>). Cette réconciliation nous fait voir le visage du Christ dans les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Que la Paix de l’Enfant de Bethléem et le chant des anges du ciel remplissent vos coeurs et vos esprits (<em>Phil. 4: 7</em>) aujourd’hui et tous les jours de votre vie.</p>
<p align="right"><strong>† Fouad Twal</strong></p>
<p> <strong>En savoir plus :</strong></p>
<p><strong>• sur la situation de Bethléem</strong><strong> </strong>: lire « Conte de Noël –Bethléem sous occupation » à :</p>
<p><a href="http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9857">http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9857</a></p>
<p><strong>•</strong> sur le <strong>tourisme solidaire en Palestine</strong> : cf le dossier « Terre Sainte, terre de rencontres » publié dans le n° 262 (Déc. 2011) de <em><a href="http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/p/publications.php">Faim Développement Magazine</a></em> du CCFD-Terre solidaire et consulter le <a href="http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/i/info_2715.php?PHPSESSID=77483aac25030b10f633d1a06d1ce52f">site</a>.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>PRIÈRE DE SABEEL</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/12/22/priere-de-sabeel/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 17:57:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[                                                         Dieu de miséricorde et d’amour, nous te rendons grâce pour les nombreuses bénédictions que tu nous as gracieusement accordées. Nous te rendons grâce pour ta présence et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>              </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/SABEEL-Logo.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5736" title="SABEEL-Logo" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/SABEEL-Logo.jpg" alt="" width="300" height="190" /></a>                                          </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dieu de miséricorde et d’amour, nous te rendons grâce pour les nombreuses bénédictions que tu nous as gracieusement accordées. Nous te rendons grâce pour ta présence et pour ta conduite sur le chemin de la paix où nous marchons.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bénis l’œuvre  de Sabeel et de ses amis, localement et internationalement. Dirige ses activités œcuménique, interreligieuse, et pour la justice. Accorde à nous tous le courage de faire face à l’oppression. Fortifie notre engagement au service de la justice, de la paix, et de la réconciliation entre tous les peuples, et particulièrement entre Palestiniens et Israéliens. Aide-nous tous à voir ton image les uns dans les autres. Rends-nous capables de nous dresser en faveur de la vérité, et pour le respect de la dignité de tout être humain.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A toi seul soit la gloire et l’honneur, maintenant et à toujours.   Amen.</strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Invitation à une vague de prière</span></strong>.<em>   </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Chaque jeudi à midi, Sabeel organise à Jérusalem une célébration œcuménique pour la communauté. C’est un temps de rassemblement pour réfléchir à la façon dont les écritures s’appliquent à nos vies actuelles, prier pour les besoins de cette région et de notre monde, partager l’eucharistie. Depuis les iles du Pacifique, en traversant l’Asie, la Palestine, l’Europe, les Amériques, tout autour du globe, nous vous invitons à prier pour la paix et la justice, lorsqu’il est midi sur notre fuseau horaire.</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Vague  de  prière  pour le jeudi 22 décembre  2011  </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">► La violence extrême de colons a continué à s’exercer cette semaine à Hébron et Naplouse et dans leurs environs. Des pierres lancées par des colons juifs illégaux ont aussi frappé le bus rempli d’étudiants du collège biblique de Bethléem à son retour d’un concert de chorale. La violence des colons contre les Palestiniens s’est accrue de 50% en 2011 ; elle a semé la terreur chez les gens et dans les terres agricoles, causant des dommages considérables aux biens. Au cours de ce seul mois, trois mosquées près de Ramallah, de Jérusalem et de Salfit ont été incendiées et couvertes de graffitis racistes, prions pour que le gouvernement prenne ses responsabilités en mettant fin à ces violences plutôt que de rendre ces attaques possibles puis de protéger les colons des poursuites. Prions Dieu pour qu’il change le cœur des colons. Seigneur, dans Ta miséricorde, entends notre prière.</p>
<p style="text-align: justify;">► Les gens dans toute la Palestine se sont réjouis de la libération en début de semaine de 550 prisonniers politiques supplémentaires des prisons israéliennes dans le cadre de l’accord d’échange de prisonniers conclu entre le Hamas et Israël. Parmi les prisonniers il y avait 55 enfants et 6 femmes. Prions pour leur rapide réintégration dans la société et pour plus de sagesse. Prions pour la libération de tous les prisonniers politiques. Seigneur, dans Ta miséricorde, entends notre prière.</p>
<p style="text-align: justify;">► Prions pour tous ceux qui doivent rassembler des éléments de vie et de mort après la fin officielle de la guerre menée en Irak par les États-Unis. À la vue des effets de cette guerre qui a fait rage pendant 9 années et détruit des millions de vies, nous sommes dans la peine. Prions pour la population d’Irak qui doit faire face à un avenir incertain et qui cherche à reconstruire après cette guerre injuste. Seigneur, dans Ta miséricorde, entends notre prière.</p>
<p style="text-align: justify;">► Le temps de Noël se déroule en Israël-Palestine avec de nombreuses célébrations conduites des jours différents par des catholiques romains et des protestants, des chrétiens arméniens et orhodoxes. Alors que nous avons le privilège de recevoir des gens du monde entier pour la célébration de la naissance de Jésus, nous déplorons le fait que de nombreuses familles palestiniennes sont dans l’impossibilité de se réunir à cette occasion, parce qu’elles n’ont pas reçu des permis de déplacement pour quitter la Cisjordanie. Seigneur, dans Ta miséricorde, entends notre prière.</p>
<p style="text-align: justify;"> ► Prions avec le Conseil Œcuménique des Églises pour le Ghana et le Nigéria. Rendons grâce à Dieu pour leurs apports à la famille des croyants du monde entier, et prions pour que leurs besoins soient satisfaits. Seigneur, dans Ta miséricorde, entends notre prière.</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>Source</strong>:</p>
<p><a href="http://www.amisdesabeel-france.blogspot.com/">http://www.amisdesabeel-france.blogspot.com/</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>Pour les agriculteurs, resemer sa propre récolte sera interdit ou taxé</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2011 15:19:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le champ de l&#8217;agriculture, l&#8217;usage libre et gratuit des graines ne sera bientôt plus qu&#8217;un doux souvenir rappelant des méthodes paysannes d&#8217;un autre temps. Surnommées &#8220;semences de ferme&#8221;, ces graines étaient jusqu&#8217;alors sélectionnées par les agriculteurs au sein de leurs propres récoltes et replantées l&#8217;année suivante. Depuis plusieurs décennies, ces pratiques n&#8217;allaient déjà plus de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/semences.jpg"><img class="size-full wp-image-5659 aligncenter" title="semences" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/semences.jpg" alt="" width="128" height="96" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le champ de l&#8217;agriculture, l&#8217;usage libre et gratuit des graines ne sera bientôt plus qu&#8217;un doux souvenir rappelant des méthodes paysannes d&#8217;un autre temps. Surnommées &#8220;semences de ferme&#8221;, ces graines étaient jusqu&#8217;alors sélectionnées par les agriculteurs au sein de leurs propres récoltes et replantées l&#8217;année suivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis plusieurs décennies, ces pratiques n&#8217;allaient déjà plus de soi lorsque ces semences étaient protégées par un Certificat d&#8217;obtention végétale (COV) <em>– </em>à savoir  le droit de propriété des &#8220;obtenteurs&#8221; de l&#8217;espèce. Resemer ces graines était théoriquement interdit. Mais cet usage demeurait, dans les faits, largement toléré en France. Il est désormais strictement réglementé par une proposition de loi UMP adoptée lundi 28 novembre par le Parlement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em> &#8220;Sur les quelque 5 000 variétés de plantes cultivées dans le commerce, 1 600 sont protégées par un COV. Ces dernières représentent 99 % des variétés cultivées par les agriculteurs&#8221;,</em> explique Delphine Guey, du Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS). Or, environ la moitié des céréales cultivées étaient jusqu&#8217;ici ressemées par les agriculteurs, <a href="http://www.semences-fermieres.org/">selon la CNDSF</a> (Coordination nationale pour la défense des semences fermières). Presque toujours illégalement, donc. Mais le temps de <em>&#8220;l&#8217;incertitude juridique&#8221;</em> semble révolu : pour le ministre de l&#8217;agriculture, Bruno Le Maire, ces semences <em>&#8220;ne peuvent pas être</em><em> libres de droit, comme elles le sont aujourd&#8217;hui&#8221;. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce qui change</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En fait, la <a href="http://www.senat.fr/leg/ppl09-720.html">proposition de loi</a> du sénateur UMP Christian Demuynck transpose un <a href="http://eur-lex.europa.eu/Notice.do?mode=dbl&amp;lang=en&amp;lng1=en,fr&amp;lng2=bg,cs,da,de,el,en,es,et,fi,fr,hu,it,lt,lv,mt,nl,pl,pt,ro,sk,sl,sv,&amp;val=302956:cs&amp;page=1&amp;hwords=">règlement européen</a> de 1994 sur la protection des obtentions végétales, jusqu&#8217;ici nullement en vigueur en France. Conséquence : les semences de ferme, jusqu&#8217;ici tolérées, sont désormais légalisées&#8230; à condition de verser une <em>&#8220;rémunération aux titulaires des COV&#8221; – </em>à savoir aux entreprises de semenciers <em>–</em>, <em>&#8220;afin que soit poursuivi le financement des efforts de recherche et que les ressources génétiques continuent d&#8217;être</em><em> améliorées&#8221;</em>, dit le texte de loi. En sont exemptés les petits agriculteurs produisant moins de 92 tonnes de céréales.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis 2001, cette taxe est appliquée pour une seule espèce : le blé tendre. Nommée &#8220;contribution volontaire obligatoire&#8221;, elle est empochée par l&#8217;interprofession des semenciers. L&#8217;agriculteur doit payer 50 centimes par tonne de blé lors de la livraison de sa récolte. Ce système devrait donc être étendu à 21 espèces, dont la liste reste ouverte, assure Xavier Beulin, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d&#8217;exploitants agricoles), sur le site du syndicat.</p>
<p style="text-align: justify;">En somme, pour Guy Kastler, délégué général du réseau Semences paysannes et membre de la Confédération paysanne, <em>&#8220;pour la moitié des espèces cultivées – le soja, les fruits, les légumes… –, il est interdit de réutiliser</em><em> ses propres graines, et pour l&#8217;autre moitié – céréales et plantes fourragères –, il faut payer</em><em> pour resemer</em><em>.&#8221;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vers une privatisation des semences ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs associations écologistes et paysannes craignent ainsi une mainmise accrue de la filière semencière sur l&#8217;accès aux graines, via un droit de propriété étendu aux récoltes et aux graines qui en sont issues. Avec la taxe<em>, &#8220;même les agriculteurs qui se passent des semences commerciales doivent payer</em><em> pour ces semences&#8221;,</em> déplore Guy Kastler. Le militant redoute que la part des semences de ferme ne s&#8217;amenuise, à mesure que ces dernières deviennent plus chères et donc moins intéressantes pour l&#8217;agriculteur. Entre cette taxe et l&#8217;interdiction de resemer ses propres graines, l&#8217;agriculteur est de plus en plus incité, non plus à produire, mais à acheter ses semences. D&#8217;où la crainte d&#8217;une dépendance accrue aux entreprises semencières.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais du point de vue de Xavier Beulin, la contribution de tous à la recherche sur les espèces cultivées se justifie, dans la mesure où même les semences de ferme en sont généralement issues. Dressant un parallèle avec la loi Hadopi visant à <em>&#8220;protéger les créateurs&#8221;</em> de films et de musique, le président de la FNSEA estime qu&#8217;il est <em>&#8220;normal que [ceux qui utilisent des semences fermières] participent aussi au financement de la création variétale, puisqu&#8217;ils en bénéficient&#8221;</em>.<em> </em>Opposé à cet argumentaire, le syndicat <a href="http://www.coordinationrurale.fr/semences-de-ferme-xavier-beulin-un-semencier-en-confusion-dinterets.html">Coordination rurale</a> relève sur son site que Xavier Beulin n&#8217;est pas seulement à la tête du premier syndicat agricole. Il dirige aussi le groupe <a href="http://www.sofiproteol.com/activites/gestion-de-fonds-dinvestissement/strategie-dinvestissement/semences-et-biotechnologies/">Sofiprotéol</a>, <em>&#8220;qui détient des participations dans plusieurs grands groupes semenciers français (Euralis Semences, Limagrain&#8230;)&#8221;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vers une perte de biodiversité ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Autre crainte : l&#8217;impact de cette mesure sur la diversité agricole. Certes, resemer une même variété – presque toujours issue de la recherche – n&#8217;accroît pas, a priori, la biodiversité. D&#8217;autant que<em> &#8220;pour les grandes cultures, aucune variété utilisée n&#8217;est le fruit d&#8217;une conservation ancestrale ; toutes ont été développées grâce à la création variétale&#8221;</em>, souligne Xavier Beulin.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, resemer sa récolte peut entraîner des variations dans l&#8217;espèce, et donc favoriser cette biodiversité, nuance Guy Kastler. <em>&#8220;Des caractères nouveaux apparaissent, permettant à la plante d&#8217;être</em><em> mieux adaptée au sol, au climat, aux conditions locales. Il est alors possible de réduire </em><em>les engrais et les pesticides. A l&#8217;inverse, les semenciers adaptent les plantes aux engrais et aux pesticides, qui sont partout les mêmes.&#8221;</em> Ils tendraient donc plutôt à créer de l&#8217;uniformité dans les plantes, où qu&#8217;elles soient cultivées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vers le régime du brevet ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le COV est, en France, une alternative au brevet sur le vivant, en vigueur aux Etats-Unis par exemple. Ce droit de propriété intellectuelle est détenu par les entreprises ayant obtenu, par la recherche, les espèces cultivées, et qui jouissent donc du monopole de la vente des semences de cette espèce avant qu&#8217;elle ne tombe dans le domaine public – comme c&#8217;est le cas d&#8217;environ 450 d&#8217;entre elles en France. D&#8217;aucuns, comme Guy Kastler, craignent un glissement vers ce régime du brevet, en limitant le droit des agriculteurs d&#8217;utiliser librement les semences protégées.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, à la différence du COV, le brevet interdit complètement aux agriculteurs de redemer leur récolte, indemnités ou pas, note Delphine Guey. C&#8217;est le cas des variétés OGM de la firme américaine Monsanto qui, selon Marie-Monique Robin dans le documentaire <a href="http://www.arte.tv/fr/1912794.html"><em>Le Monde selon Monsanto</em></a>, a même créé une sorte de &#8220;police des semences&#8221; spécialisée dans la traque des agriculteurs semant ou échangeant illégalement les graines qu&#8217;ils récoltent.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre différence avec le brevet, le COV permet aux obtenteurs d&#8217;utiliser librement une variété protégée pour utiliser ses ressources génétiques et en sélectionner de nouvelles. Ainsi, travailler sur un gène d&#8217;une espèce ne permet pas de la breveter et donc de se l&#8217;approprier totalement. Une distinction qui a permis, selon Delphine Guey, de préserver une diversité d&#8217;entreprises semencières françaises. Et donc de laisser aux agriculteurs un plus ample choix d&#8217;espèces à leur disposition. Toutefois, si le brevet des espèces vivantes n&#8217;est pas de mise en France, le brevetage des gènes des plantes y est, lui, de plus en plus pratiqué.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Angela Bolis</strong></p>
<p><strong>Source : </strong>article publié le 29 novembre 2011 sur <a href="http://www.lemonde.fr/">LEMONDE.FR</a><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>• Pour en savoir plus :</strong></p>
<p>-<strong> </strong><a href="http://www.bastamag.net/article1941.html">Le droit de planter et cultiver librement bientôt interdit ?</a><strong> </strong>(24 nov. 2011)</p>
<p>- <a href="http://www.bastamag.net/article1954.html">Taxe sur les semences : l’UMP contre les paysans</a> ( 28 nov. 2011)</p>
<p>- <a href="http://www.bastamag.net/article1961.html">Droit de propriété sur les semences : l’agro-industrie obtient sa redevance</a> (30 nov. 2011)</p>
<p>- <a href="http://www.confederationpaysanne.fr/gouvernem-fait-voter-nouvelle-taxe-contre-pay_840-actu_1925.php">Le gouvernement fait voter une nouvelle taxe contre les paysans !</a> (29 nov. 2011)</p>
<p>• <strong>Pour suivre l’actualité des mobilisations à venir </strong>(cf les sites suivants) :</p>
<p>- <a href="http://www.confederationpaysanne.fr">Confédération Paysanne</a></p>
<p>- <a href="http://www.semencespaysannes.org/">Réseau Semences Paysannes</a></p>
<p>- <a href="http://www.semonslabiodiversite.com/">Semons la Biodiversité</a></p>
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		</item>
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		<title>Egypte : les bombes lacrymogènes et les écrans de fumée</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/24/egypte-les-bombes-lacrymogenes-et-les-ecrans-de-fumee/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 17:23:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous reproduisons ici, traduite de l’arabe, une chronique de l’écrivain égyptien Galal Amer, parue le 22 novembre 2011 dans le quotidien Al Masri Al Youm. Les bombes lacrymogènes obscurcissent la vue et les écrans de fumée obscurcissent les consciences. Je suis un voyou, l’enfant d’un quartier populaire d’Egypte. Comme un passant, je disparaîtrai aussi soudainement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Nous reproduisons ici, traduite de l’arabe, une chronique de l’écrivain égyptien Galal Amer, parue le 22 novembre 2011 dans le quotidien </em></strong><strong>Al Masri Al Youm<em>. Les bombes lacrymogènes obscurcissent la vue et les écrans de fumée obscurcissent les consciences.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/EgypteLacrymogènes.jpg"><img class="size-medium wp-image-5615 aligncenter" title="EgypteLacrymogènes" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/EgypteLacrymogènes-300x224.jpg" alt="" width="270" height="202" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je suis un voyou, l’enfant d’un quartier populaire d’Egypte. Comme un passant, je disparaîtrai aussi soudainement que je suis  apparu, car il n’y a derrière moi ni association, ni syndicat ni parti, ni clique. En mai 2010, j’ai vécu l’ère de « La Prime, Monsieur le président ! » et, en janvier 2011, celle de « Fiche le camp, Président ». J’ai lu sur les conquêtes romaine, arabe et ottomane et je me suis toujours interrogé : « Pourquoi, Dieu, sommes nous-conquis par le premier venu ? » J’ai appris la tactique chez de grands chefs de guerre et, pour moi, la pire des choses que le Conseil militaire ait jamais faites, c’est d’avoir considéré la révolution comme une offensive hostile, qu’il lui faudrait d’abord « absorber » avant de lui opposer une contre-offensive.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceux qui tiennent le pouvoir s’allient toujours à ceux qui tiennent l’argent, contre les pauvres qui, eux, n’ont que leur urine à tenir. Essaie de vite lire cette chronique car je dois partir à cause de la fumée. La seule chose qui ait été modernisée au ministère de l’Intérieur, ce sont les bombes lacrymogènes. Le gouvernement a exploité la trêve pour se réarmer et, étrange coïncidence, la rue Mohamed-Mahmoud (où ont lieu les affrontements les plus durs, NDT) porte le nom du pire ministre de l’Intérieur de l’histoire de l’Egypte, qui était surnommé « Poigne de fer ». A cette cadence, la moitié d’entre nous finiront la période de transition avec un œil unique.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous vivons dans l’illusion, et tout n’est qu’écran de fumée : le référendum, les amendements de la Constitution, le « Document portant principes supra-constitutionnels »… Il y en a qui rendent hommage aux Martyrs avant de poursuivre le massacre, et d’autres qui nous parlent de l’au-delà alors qu’ils possèdent tout ici-bas. Le cheikh et le curé s’embrassent lors des « réunions de réconciliation »,  mais chacun d’eux dit dans son for intérieur : « Puisses-tu, Dieu, lui transmettre mon rhume ! » Les médias, les grandes plumes…, tout n’est qu’écran de fumée. Nous en suffoquons.</p>
<p style="text-align: justify;">Transmettre le pouvoir ? Comment ? Contre accusé de réception ou par huissier de justice interposé ? Ceux qui déclament les éloges funèbres de la révolution sont plus dangereux que ceux qui tentent de l’enterrer. Après les manifestations du 25 janvier, nous avons eu droit à la « Bataille du chameau » et, aujourd’hui, après les manifestations du 18 novembre, nous avons droit à la « Bataille des urnes ». Si elle n’a pas encore pris le pouvoir, la révolution est au moins consciente que Mohamed Hosni (Moubarak, NDT) est Mohamed Hussein (Tantaoui, NDT) est Mohamed Badie (Guide des Frères musulmans, NDT) est Mohamed Mahmoud : tous des bombes lacrymogènes.</p>
<p style="text-align: right;">Texte original (en arabe) de <strong>Galel Amer</strong></p>
<p style="text-align: right;">Traduit de l&#8217;arabe par <strong>Yassin Temlali</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong> </strong><strong>Source :</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.maghrebemergent.com/economie/78-idees/6423-egypte--bombes-lacrymogenes-et-ecrans-de-fumee.html">http://www.maghrebemergent.com/economie/78-idees/6423-egypte&#8211;bombes-lacrymogenes-et-ecrans-de-fumee.html</a></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p><strong>Pour en savoir plus</strong> sur les violations des droits humains par les dirigeants militaires de l’Egypte : <strong>LIRE</strong></p>
<p><a href="http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Egypte-Les-dirigeants-militaires-ont-%C2%AB-aneanti-%C2%BB-les-espoirs-des-manifestants-de-la-Revolution-du-25-4002">le communiqué de presse d’Amnesty international du 22/11/2011.</a></p>
<p><strong><em><br />
</em></strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nsae.fr/2011/11/24/egypte-les-bombes-lacrymogenes-et-les-ecrans-de-fumee/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Naomi Klein : « Le mouvement Occupons Wall Street est actuellement la chose la plus importante au monde »</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/11/10/naomi-klein-%c2%ab-le-mouvement-occupons-wall-street-est-actuellement-la-chose-la-plus-importante-au-monde-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 14:33:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Naomi Klein, journaliste canadienne et auteur de La Stratégie du choc*, était invitée à s’exprimer par le mouvement Occupy Wall Street, à New York. Selon elle, ce mouvement va durer, car le combat contre le système économique « injuste et hors de contrôle » prendra des années. Objectif : renverser la situation en montrant que les ressources financières [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Naomi Klein, journaliste canadienne et auteur de <em>La Stratégie du choc*</em></strong><strong>, était invitée à s’exprimer par le mouvement Occupy Wall Street, à New York. Selon elle, ce mouvement va durer, car le combat contre le système économique « injuste et hors de contrôle » prendra des années. Objectif : renverser la situation en montrant que les ressources financières existent, qui permettraient de construire une autre société.</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par rédaction </strong>(12 octobre 2011)</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/OccupyWallStreet.jpeg"><img class="size-full wp-image-5487 aligncenter" title="OccupyWallStreet" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/OccupyWallStreet.jpeg" alt="" width="239" height="167" /></a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em>J’ai été honorée d’être invitée à parler [le 29 septembre] devant les manifestants d’Occupons Wall Street. La sonorisation ayant été (honteusement) interdite, tout ce que je disais devait être répété par des centaines de personnes, pour que tous entendent (un système de « microphone humain »). Ce que j’ai dit sur la place de la Liberté a donc été très court. Voici la version longue de ce discours [publiée initialement en anglais dans Occupy Wall Street Journal].</em></p>
<p style="text-align: justify;">Je vous aime.</p>
<p style="text-align: justify;">Et je ne dis pas cela pour que des centaines d’entre vous me répondent en criant « je vous aime ». Même si c’est évidemment un des avantages de ce système de « microphone humain ». Dites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous redisent, encore plus fort.</p>
<p style="text-align: justify;">Hier, un des orateurs du rassemblement syndical a déclaré : <em>« Nous nous sommes trouvés. »</em> Ce sentiment saisit bien la beauté de ce qui se crée ici. Un espace largement ouvert – et une idée si grande qu’elle ne peut être contenue dans aucun endroit – pour tous ceux qui veulent un monde meilleur. Nous en sommes tellement reconnaissants.</p>
<p style="text-align: justify;">S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1 % [les plus riches] aiment les crises. Quand les gens sont paniqués et désespérés, que personne ne semble savoir ce qu’il faut faire, c’est le moment idéal pour eux pour faire passer leur liste de vœux, avec leurs politiques pro-entreprises : privatiser l’éducation et la Sécurité sociale, mettre en pièces les services publics, se débarrasser des dernières mesures contraignantes pour les entreprises. Au cœur de la crise, c’est ce qui se passe partout dans le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Et une seule chose peut bloquer cette stratégie. Une grande chose heureusement : les 99 %. Ces 99 % qui descendent dans les rues, de Madison à Madrid, en disant : <em>« Non, nous ne paierons pas pour votre crise. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce slogan est né en Italie en 2008. Il a ricoché en Grèce, en France, en Irlande, pour finalement faire son chemin jusqu’à l’endroit même où la crise a commencé.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Pourquoi protestent-ils ? »</em> demandent à la télévision les experts déroutés. Pendant ce temps, le reste du monde demande : <em>« Pourquoi avez-vous mis autant de temps ? »</em>, <em>« On se demandait quand vous alliez vous manifester »</em>. Et la plupart disent : <em>« Bienvenus ! »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de gens ont établi un parallèle entre <em>Occupy Wall Street</em> et les manifestations « antimondialisation » qui avaient attiré l’attention à Seattle en 1999. C’était la dernière fois qu’un mouvement mondial, dirigé par des jeunes, décentralisé, menait une action visant directement le pouvoir des entreprises. Et je suis fière d’avoir participé à ce que nous appelions alors « le mouvement des mouvements ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y a aussi de grandes différences. Nous avions notamment choisi pour cibles des sommets internationaux : l’Organisation mondiale du commerce, le FMI, le G8. Ces sommets sont par nature éphémères, ils ne durent qu’une semaine. Ce qui nous rendait nous aussi éphémères. On apparaissait, on faisait la une des journaux, et puis on disparaissait. Et dans la frénésie d’hyperpatriotisme et de militarisme qui a suivi l’attaque du 11 Septembre, il a été facile de nous balayer complètement, au moins en Amérique du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Occupy Wall Street</em>, au contraire, s’est choisi une cible fixe. Vous n’avez fixé aucune date limite à votre présence ici. Cela est sage. C’est seulement en restant sur place que des racines peuvent pousser. C’est crucial. C’est un fait de l’ère de l’information : beaucoup trop de mouvements apparaissent comme de belles fleurs et meurent rapidement. Parce qu’ils n’ont pas de racines. Et qu’ils n’ont pas de plan à long terme sur comment se maintenir. Quand les tempêtes arrivent, ils sont emportés.</p>
<p style="text-align: justify;">Être un mouvement horizontal et profondément démocratique est formidable. Et ces principes sont compatibles avec le dur labeur de construction de structures et d’institutions suffisamment robustes pour traverser les tempêtes à venir. Je crois vraiment que c’est ce qui va se passer ici.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre chose que ce mouvement fait bien : vous vous êtes engagés à être non-violents. Vous avez refusé de donner aux médias ces images de fenêtres cassées ou de batailles de rue qu’ils attendent si désespérément. Et cette prodigieuse discipline de votre côté implique que c’est la brutalité scandaleuse et injustifiée de la police que l’histoire retiendra. Une brutalité que nous n’avons pas constatée la nuit dernière seulement. Pendant ce temps, le soutien au mouvement grandit de plus en plus. Plus de sagesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la principale différence, c’est qu’en 1999 nous prenions le capitalisme au sommet d’un boom économique frénétique. Le chômage était bas, les portefeuilles d’actions enflaient. Les médias étaient fascinés par l’argent facile. À l’époque, on parlait de start-up, pas de fermetures d’entreprises.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons montré que la dérégulation derrière ce délire a eu un coût. Elle a été préjudiciable aux normes du travail. Elle a été préjudiciable aux normes environnementales. Les entreprises devenaient plus puissantes que les gouvernements, ce qui a été dommageable pour nos démocraties. Mais, pour être honnête avec vous, pendant ces temps de prospérité, attaquer un système économique fondé sur la cupidité a été difficile à faire admettre, au moins dans les pays riches.</p>
<p style="text-align: justify;">Dix ans plus tard, il semble qu’il n’y ait plus de pays riches. Juste un tas de gens riches. Des gens qui se sont enrichis en pillant les biens publics et en épuisant les ressources naturelles dans le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fait est qu’aujourd’hui chacun peut voir que le système est profondément injuste et hors de contrôle. La cupidité effrénée a saccagé l’économie mondiale. Et elle saccage aussi la Terre. Nous pillons nos océans, polluons notre eau avec la fracturation hydraulique et le forage en eaux profondes, nous nous tournons vers les sources d’énergie les plus sales de la planète, comme les sables bitumineux en Alberta. Et l’atmosphère ne peut absorber la quantité de carbone que nous émettons, créant un dangereux réchauffement. La nouvelle norme, ce sont les catastrophes en série. Économiques et écologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Tels sont les faits sur le terrain. Ils sont si flagrants, si évidents, qu’il est beaucoup plus facile qu’en 1999 de toucher les gens, et de construire un mouvement rapidement.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous savons tous, ou du moins nous sentons, que le monde est à l’envers : nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, en réalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espace atmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’il y avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, est abondant – les ressources financières pour construire la société dont nous avons besoin.</p>
<p style="text-align: justify;">La tâche de notre époque est de renverser cette situation et de contester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nous <em>pouvons</em>nous permettre de construire une société décente et ouverte, tout en respectant les limites <em>réelles</em> de la Terre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le changement climatique signifie que nous devons le faire avant une date butoir. Cette fois, notre mouvement ne peut se laisser distraire, diviser, épuiser ou emporter par les événements. Cette fois, nous devons réussir. Et je ne parle pas de réguler les banques et d’augmenter les taxes pour les riches, même si c’est important.</p>
<p style="text-align: justify;">Je parle de changer les valeurs sous-jacentes qui régissent notre société. Il est difficile de résumer cela en une seule revendication, compréhensible par les médias. Et il est difficile également de déterminer comment le faire. Mais le fait que ce soit difficile ne le rend pas moins urgent.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ce qui se passe sur cette place, il me semble. Dans la façon dont vous vous nourrissez ou vous réchauffez les uns les autres, partageant librement les informations et fournissant des soins de santé, des cours de méditation et des formations à « l’empowerment ». La pancarte que je préfère ici, c’est : <em>« Je me soucie de vous. »</em> Dans une culture qui forme les gens à éviter le regard de l’autre et à dire : « Laissez-les mourir », c’est une déclaration profondément radicale.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques réflexions finales. Dans cette grande lutte, voici quelques choses qui ne comptent pas :</p>
<p style="text-align: justify;">Comment nous nous habillons,</p>
<p style="text-align: justify;">Que nous serrions nos poings ou faisions des signes de paix,</p>
<p style="text-align: justify;">Que l’on puisse faire tenir nos rêves d’un monde meilleur dans une phrase-choc pour les médias.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voici quelques petites choses qui comptent vraiment :</p>
<p style="text-align: justify;">Notre courage,</p>
<p style="text-align: justify;">Notre sens moral,</p>
<p style="text-align: justify;">Comment nous nous traitons les uns les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons mené un combat contre les forces économiques et politiques les plus puissantes de la planète. C’est effrayant. Et tandis que ce mouvement grandit sans cesse, cela deviendra plus effrayant encore. Soyez toujours conscients qu’il y a aura la tentation de se tourner vers des cibles plus petites – comme, disons, la personne assise à côté de vous pendant ce rassemblement. Après tout, c’est une bataille qui est plus facile à gagner.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne cédons pas à la tentation. Je ne dis pas de ne pas vous faire mutuellement des reproches. Mais cette fois, traitons-nous les uns les autres comme si on prévoyait de travailler ensemble, côte à côte dans les batailles, pour de nombreuses années à venir. Parce que la tâche qui nous attend n’en demandera pas moins.</p>
<p style="text-align: justify;">Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plus importante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment.</p>
<p style="text-align: right;">Naomi Klein, le 6 octobre 2011</p>
<p style="text-align: right;">Traduction : Agnès Rousseaux / <em>Basta !</em></p>
<p>Discours publié dans <a href="http://www.scribd.com/doc/67436424/Occupied-Wsj">Occupied Wall Street Journal</a>. A lire : le <a href="http://www.naomiklein.org/main">blog de Naomi Klein</a> (en anglais).</p>
<p><strong>Source </strong>: <a href="http://www.bastamag.net/article1812.html">http://www.bastamag.net/article1812.html</a></p>
<p>* <strong>A lire et à voir</strong> :</p>
<p><strong>- le livre </strong>: <em>« La stratégie du choc – La montée d’un capitalisme du désastre</em> », par N. Klein, Ed. Actes Sud, 2008, 672 pages, 25 €.</p>
<p>- <strong>le DVD</strong> d’après le livre de N. Klein, <em>« La stratégie du choc – La montée d’un capitalisme du désastre</em> », film réalisé par M. Winterbottom et M. Whitecross, durée 79 min., 2010, Editions du Montparnasse (<a href="http://www.editionsdumontparnasse.fr">http://www.editionsdumontparnasse.fr</a>).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/DVD-Str.Choc.jpg"><img class="size-full wp-image-5486 aligncenter" title="DVD-Str.Choc" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/DVD-Str.Choc.jpg" alt="" width="119" height="190" /></a></p>
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		<title>« Aidons l’argent » à fuir les paradis fiscaux</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Oct 2011 23:31:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[À une semaine du G20 de Cannes, où Politis sera présent, le CCFD-Terre solidaire a mis ce jeudi 27 octobre un point final à sa campagne contre les paradis fiscaux. Au terme de 16 mois de mobilisation le CCFD-Terre solidaire a remis symboliquement au chef de l’État les 475 524 cartes postales collectées via l’appel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>À une semaine du G20 de Cannes, où Politis sera présent, le CCFD-Terre solidaire a mis ce jeudi 27 octobre un point final à sa campagne contre les paradis fiscaux. </em></strong><strong><em>Au terme de 16 mois de mobilisation le </em></strong><strong><em><a href="http://ccfd-terresolidaire.org/">CCFD-Terre solidaire</a></em></strong><strong><em> a remis symboliquement au chef de l’État les 475 524 cartes postales collectées via l’appel </em></strong><strong><em><a href="http://www.aidonslargent.org/">« aidons l’argent »</a></em></strong><strong><em> à sortir des paradis fiscaux.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AidonslArgent2.jpeg"><img class="size-medium wp-image-5415 aligncenter" title="Aidonsl'Argent2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AidonslArgent2-300x207.jpg" alt="" width="300" height="207" /></a><br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Selon le CCFD, 800 milliards d’euros s’évadent chaque année des pays en développement. Le manque à gagner annuel pour ces pays est chiffré à 125 milliards.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la place du Palais-Royal à Paris, jeudi 27 octobre, 400 personnes masquées se sont couchées sur le sol pour donner un retentissement médiatique à la campagne de l’organisation, une semaine avant un G20 crucial à Cannes.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, les fuites de capitaux représentent 40 milliards d’euros, contre 250 milliards en Europe. Et la Suisse est à l’offensive pour défendre le<em> statu quo</em> : elle a conclu cet été avec l’Allemagne et l’Angleterre les « <a href="http://www.suisse.attac.org/Les-accords-Rubik-passes-par-la">accords rubik</a> » qui lui permettent de garder secrète l’identité des détenteurs de comptes dans ses banques. En échange la Suisse s’engage à verser à l’Allemagne et à la Grande-Bretagne une somme d’argent issue d’un impôt forfaitaire, qu’elle perçoit elle-même en toute opacité, sur les placements des ressortissants de ces deux pays.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mathilde Dupré, chargée de mission sur les questions fiscales au CCFD-Terre solidaire.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Ces accords sont très dangereux, ils remettent complètement en cause le principe d’échange d’informations entre les États.</em> <em>L’Allemagne et la Grande-Bretagne abandonnent tout moyen de vérifier si ce que leur verse la Suisse correspond effectivement aux fonds qui sont présents dans les banques suisses. Heureusement, ces accords </em><em><a href="http://www.romandie.com/news/n/CHFiscalite_les_accords_Rubik_derangent_Bruxelles_qui_evoque_des_mesures261020110610.asp">viennent d’être condamnés par l’Union européenne</a></em><em>, alors que la France, l’Italie, la Belgique sont démarchés par la Suisse à leur tour. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Sur cette question comme sur beaucoup d’autres, les organisations devraient être massivement mobilisées, du 1er au 4 novembre prochain, à l’occasion du <a href="http://www.mobilisationsg8g20.org/">contre-G20 organisé à Nice</a>, où <em>Politis</em> sera présent.</p>
<p style="text-align: right;"><em><a href="http://www.politis.fr/_Erwan-Manac-h,362_.html">Erwan Manac’h</a></em><em></em></p>
<p style="text-align: right;"><em>28 octobre 2011</em><strong></strong></p>
<p><strong>Source </strong>: <a href="http://www.politis.fr/Aidons-l-argent-a-fuir-les-paradis,15795.html">http://www.politis.fr/Aidons-l-argent-a-fuir-les-paradis,15795.html</a></p>
<p><strong>Pour en savoir plus :</strong></p>
<p><strong>•</strong> le film de cette mobilisation sur :</p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/xlzhsv_flash-mob-le-g20-doit-prendre-ses-responsabilites-face-aux-paradis-fiscaux_news"> http://www.dailymotion.com/video/xlzhsv_flash-mob-le-g20-doit-prendre-ses-responsabilites-face-aux-paradis-fiscaux_news</a></p>
<p><strong>•</strong> <a href="http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/i/info_2669.php?PHPSESSID=ded75fd0f59ec2b189c57d479526c304">Mobilisation du CCFD-Terre Solidaire : de l’Alter-sommet de Nice au G20 de Cannes</a></p>
<p>• Mobilisations et recommandations du CCFD-Terre Solidaire : le dossier de presse (19 pages) :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/G20-Cannes.pdf">G20-Cannes</a></p>
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		<title>Pierre Larrouturou : « Nous sommes dans un moment crucial »</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 13:25:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[À quelques jours du G20 de Cannes organisé les 3 et 4 novembre, l’économiste présente dix propositions pour éviter un effondrement de l’économie. Explications. Contre l’« inertie insupportable » des politiques et devant la gravité de la crise, Pierre Larrouturou, économiste et conseiller régional EELV d’Île-de-France, a souhaité prendre la parole. À quelques jours du G20, qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>À quelques jours du </em></strong><strong><em><a href="http://www.cannes.com/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=11481&amp;Itemid=2457886">G20 de Cannes</a></em></strong><strong><em> organisé les 3 et 4 novembre, l’économiste présente dix propositions pour éviter un effondrement de l’économie. Explications.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Contre l’« inertie insupportable » des politiques et devant la gravité de la crise, Pierre Larrouturou, économiste et conseiller régional EELV d’Île-de-France, a souhaité prendre la parole. À quelques jours du G20, qui se tiendra à Cannes les 3 et 4 novembre, il lance un </em></strong><strong><em><a href="http://www.poureviterleffondrement.fr/">appel en ligne</a></em></strong><strong><em> intitulé « Pour éviter l’effondrement ». Une initiative « citoyenne », en son nom propre, pour tenter d’être entendu au-delà des appartenances partisanes.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/G20.jpg"><img class="size-full wp-image-5406 aligncenter" title="G20" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/G20.jpg" alt="" width="255" height="180" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Propos recueillis par <a href="http://www.politis.fr/_Erwan-Manac-h,362_.html">Erwan Manac’h</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Politis.fr : Pourquoi avez-vous pris cette initiative ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pierre Larrouturou  :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il fallait dire l’extrême gravité de ce que nous vivons aujourd’hui. Nous sommes au bord du chaos, la crise sociale qui se dessine peut être beaucoup plus grave que celle qu’on a vécu en 2008. Je souhaitais aussi dire que les « indignés » ont raison : ce n’est pas aux peuples de payer. Aujourd’hui, 0,2% de la population a cumulé une fortune de 39 000 milliards alors qu’il faudrait 110 milliards pour sauver la Grèce.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est un problème de volonté politique. C’est pour cela que nous rappelons que Roosevelt, lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1932 aux États-Unis, a fait passer 15 réformes fondamentales sur les banques et la fiscalité en trois mois.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Peut-on espérer que des mesures soient adoptées lors du G20 à Cannes, les 3 et 4 novembre ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Les conclusions de ce G20 ne sont pas écrites à l’avance, comme c’est parfois le cas avant les sommets. À <a href="http://www.politis.fr/Un-austere-G8,14291.html">Deauville</a> en mai dernier, pas un mot n’a été échangé sur la crise financière. Aujourd’hui, tout le monde voit bien que c’est l’urgence. Le climat a complètement changé.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes dans un moment crucial, cela peut basculer d’un côté ou de l’autre. Nous devons être nombreux pour présenter les solutions et mettre la pression sur ce G20 et la maintenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Parmi vos propositions, vous avancez des mesures contre le chômage. S’agit-il d’amortir le choc d’une récession mondiale, désormais inéluctable ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. Il faut regarder les choses en face. La dette totale américaine a atteint 250 % du PIB. La bulle immobilière en Chine a prit une ampleur encore jamais vue. Elle est aujourd’hui deux fois plus grosse que la bulle américaine avant qu’elle n’explose.</p>
<p style="text-align: justify;">Les déséquilibres s’accumulent depuis 30 ans et l’élection aux États-Unis de Ronald Reagan en 1981. 30 ans de crise sociale et d’endettement ont amené de tels déséquilibres que ce serait se mentir de penser qu’on pourra éviter une crise.</p>
<p style="text-align: justify;">La question est aujourd’hui de savoir si les conséquences de cette crise seront catastrophiques, pour notre société, notre cohésion sociale, nos services publics. Ou au contraire, si nous sommes capables d’anticiper la crise et d’en faire au contraire l’occasion de ressouder notre contrat social, de construire une Europe politique vraiment démocratique et de mettre des règles sociales et écologiques à la mondialisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Hélas, vu la bêtise de nos dirigeants, le poids des lobbies et le fatalisme de beaucoup de nos concitoyens qui ne croient plus en l’action collective, le plus probable est sans doute que cela finisse mal. La dernière fois que cela a mal fini [au lendemain de la crise de 1929] ça s’est soldé par 30 millions de morts [lors la Seconde Guerre mondiale], alors que certains avaient tiré la sonnette d’alarme.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais j’ai de l’espoir, nous voyons se lever un mouvement citoyen partout dans le monde pour porter des solutions. Vu le niveau d’intelligence des citoyens et l’apport d’internet, nous pouvons faire pression sur nos politiques qui ne sont pas à la hauteur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez quitté le PS pour rejoindre EELV. Les socialistes sont-ils trop éloignés de vos analyses ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne supportais plus l’inertie et le discours perpétuel sur le retour de la croissance. Je me souviens en particulier d’un débat avec Dominique Strauss-Kahn, qui s’était moqué de moi à La Rochelle, alors que je montrais la dette américaine, qui grimpait de façon verticale. La gauche européenne et le PS étaient incapables de regarder cela et de prévenir la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">Les membres de la commission économie avaient les yeux rivés sur la croissance américaine. Ils ne voulaient pas s’apercevoir qu’elle était non seulement artificielle, mais intenable du point de vue écologique et qu’elle n’amenait pas le plein emploi. Du fait des gains de productivité et la multiplication des petits boulots, la durée réelle du travail était tombée à 33 heures aux États-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">J’en avais donc marre du PS et de sa politique de « rustines », qui ne propose pas grand-chose d’autre que des emplois jeunes, en espérant que la croissance revienne par miracle. Je ne pouvais plus accepter cette inertie.</p>
<p style="text-align: justify;">Propos recueillis par <a href="http://www.politis.fr/_Erwan-Manac-h,362_.html">Erwan Manac’h</a></p>
<p style="text-align: justify;">26 octobre 2011</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les dix mesures de l’appel de Pierre Larrouturou :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">• Séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires pour protéger l’épargne des citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">•  Instaurer une taxe sur les transactions financières.</p>
<p style="text-align: justify;">• Responsabiliser les financiers.</p>
<p style="text-align: justify;">• Annuler les baisses d’impôts concédées depuis 20 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">•  Lutter contre les paradis fiscaux. Sécuriser les salariés, lutter contre les licenciements.</p>
<p style="text-align: justify;">• Sécuriser les chômeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">• Lutter contre les délocalisations.</p>
<p style="text-align: justify;">• Signer à nouveau la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_de_Philadelphie">Déclaration de Philadelphie</a>, pour un sursaut de coopération et de justice sociale à l’échelle planétaire.</p>
<p style="text-align: justify;">• Convoquer un nouveau sommet de Bretton-Woods, pour « prendre acte que nous vivons la fin d’un modèle de développement ».</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>:</p>
<p><a href="http://www.politis.fr/Pierre-Larrouturou-Nous-sommes,15719.html">http://www.politis.fr/Pierre-Larrouturou-Nous-sommes,15719.html</a></p>
<p><strong>A LIRE pour en savoir plus </strong>:</p>
<p>• la <em>tribune de P. Larrouturou</em> parue le 25 octobre 2011 dans Le Monde : <strong>&#8220;</strong><strong>Pourquoi les &#8220;indignés&#8221; ont raison&#8221;</strong></p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Larrouturou-Monde25.10.11.pdf">Larrouturou-Monde25.10.11</a></p>
<p>• le <em>rapport d’Attac France </em>: <strong>&#8220;</strong><strong>Le G20, un fiasco annoncé&#8221;</strong></p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/RapportG20-Attac.pdf">RapportG20-Attac</a></p>
<p style="text-align: justify;">Avant <a href="http://www.mobilisationsg8g20.org/">le contre-sommet du G20</a> qui se tiendra à Nice du 1er au 4 novembre et le G20 de Cannes les 3 et 4 novembre, ce rapport (14 pages) retrace les multiples raisons qui font de ce sommet un fiasco annoncé.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p><strong> </strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nsae.fr/2011/10/27/pierre-larrouturou-%c2%ab-nous-sommes-dans-un-moment-crucial-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>17 octobre 1961 : &#8220;Ce massacre a été occulté de la mémoire collective&#8221;</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 13:51:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Entretien avec Gilles Manceron A cinq mois de la fin de la guerre d&#8217;Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d&#8217;un des plus grands massacres de gens du peuple de l&#8217;histoire contemporaine de l&#8217;Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d&#8217;Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Entretien avec Gilles Manceron</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>A cinq mois de la fin de la guerre d&#8217;Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d&#8217;un des plus grands massacres de gens du peuple de l&#8217;histoire contemporaine de l&#8217;Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d&#8217;Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le 5 octobre et la répression organisée par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon. La réponse policière sera terrible. Des dizaines d&#8217;Algériens, peut-être entre 150 et 200, sont exécutés. Certains corps sont retrouvés dans la Seine. Pendant plusieurs décennies, la mémoire de ce épisode majeur de la guerre d&#8217;Algérie sera occultée.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L&#8217;historien Gilles Manceron, auteur de </em></strong><strong>La Triple Occultation d&#8217;un massacre<em> (publié avec </em></strong><strong>Le 17<em> </em></strong><strong>octobre des Algériens<em>, de Maurice et Paulette Péju, éd. La Découverte), explique les mécanismes qui ont contribué à cette amnésie organisée.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/17oct61.jpeg"><img class="size-full wp-image-5325 aligncenter" title="17oct61" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/17oct61.jpeg" alt="" width="277" height="182" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 a-t-elle été occultée pendant si longtemps ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;agit d&#8217;un événement d&#8217;une gravité exceptionnelle, dont le nombre de morts a fait dire à deux historiens britanniques <em>[Jim House et Neil MacMaster, </em>Les Algériens, la République et la terreur d'Etat<em>, Tallandier, 2008]</em> qu&#8217;il s&#8217;agit de la répression d&#8217;Etat la plus violente qu&#8217;ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l&#8217;histoire contemporaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment une répression de cette ampleur a-t-elle pu ne pas être considérée pendant plusieurs décennies comme un événement de notre histoire ? L&#8217;historien Pierre Vidal-Naquet a employé le terme d&#8217;<em>&#8220;énigme&#8221;</em>. Je me suis interrogé sur les facteurs qui permettent d&#8217;expliquer comment ce massacre a été occulté de la mémoire collective.</p>
<p style="text-align: justify;">Il me semble tout d&#8217;abord qu&#8217;il y a une volonté de faire le silence de la part des autorités françaises. En premier lieu, bien sûr, les autorités impliquées dans l&#8217;organisation de cette répression : le préfet de police de la Seine, Maurice Papon, le premier ministre, Michel Debré, ainsi que Roger Frey, ministre de l&#8217;intérieur. Mais également le général de Gaulle, qui de toute évidence a pourtant été très irrité par cet épisode. Il a néanmoins voulu tirer le rideau sur cette affaire et fait en sorte que les Français passent à autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Par quels moyens le pouvoir</strong><strong> a-t-il réussi à imposer</strong><strong> le silence, et donc cette amnésie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sur le moment, il y a eu censure de la presse, avec l&#8217;empêchement des journalistes à se rendre sur les lieux de détention des Algériens, par exemple. Et puis très vite, les instructions judiciaires ont été closes sans aboutir. Il y en a eu une soixantaine, elles ont toutes débouché sur des non-lieux. Une volonté d&#8217;oubli judiciaire, qui s&#8217;est combinée avec les décrets d&#8217;amnistie, qui couvraient les faits de maintien de l&#8217;ordre en France, une difficulté à accéder aux archives, l&#8217;épuration d&#8217;un certain nombre de fonds&#8230; tout cela a contribué à ce phénomène d&#8217;occultation jusqu&#8217;à la fin des années 1970.</p>
<p style="text-align: justify;">Par la suite, d&#8217;autres facteurs ont pris le relais. En 1961, Gaston Deferre, à l&#8217;époque sénateur, avait protesté de façon très vigoureuse contre la répression policière. Mais quand Jean-Louis Béninou, journaliste à <em>Libération</em>, va le voir pour lui demander de faire la lumière sur cet événement, au début des années 1980, M. Deferre, devenu ministre de l&#8217;intérieur, lui répond qu&#8217;il n&#8217;en est pas question. Il a fait le choix de ne pas ouvrir ce dossier.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cinquante ans plus tard, il existe encore une confusion entre le 17 octobre 1961 et la manifestation de Charonne, le 8 février 1962, au terme de laquelle neuf personnes ont trouvé la mort&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La mémoire de Charonne, une manifestation pour la paix en Algérie et contre les attentats de l&#8217;OAS – mais pas pour l&#8217;indépendance ! –, s&#8217;est en effet superposée à celle d&#8217;octobre 1961. Il faut dire que la gauche française a eu plus de réactivité par rapport à la violence qui s&#8217;est déployée lors de la manifestation de Charonne, qu&#8217;elle avait organisée. Cette attitude a été celle du PCF, mais également de la Ligue des droits de l&#8217;homme, qui a décidé la constitution d&#8217;une commission d&#8217;enquête après Charonne alors qu&#8217;elle ne l&#8217;avait pas fait au lendemain du 17 octobre.</p>
<p style="text-align: justify;">On voit là les limites de l&#8217;engagement de la gauche française de l&#8217;époque. A l&#8217;exception du petit PSU et de l&#8217;UNEF, rares étaient les partis qui étaient réceptifs à l&#8217;idée d&#8217;une indépendance algérienne.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le plus surprenant, c&#8217;est que la mémoire de Charonne ait occulté celle du 17 octobre y compris au sein de certaines familles algériennes&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui. La famille d&#8217;une des victimes du 17 octobre, une jeune lycéenne, qui devait avoir 15 ou 16 ans, Fatima Bédar, dont on avait retrouvé le corps dans le canal Saint-Martin, a longtemps cru et répété qu&#8217;elle était morte à Charonne. Au sein même de l&#8217;immigration algérienne, le mot de &#8220;Charonne&#8221; était plus présent que la référence au 17 octobre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au lendemain de l&#8217;indépendance, comment cet événement a-t-il été utilisé par les nouvelles autorités algériennes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ici qu&#8217;un troisième facteur d&#8217;occultation a joué : la volonté du pouvoir algérien de ne pas mettre en valeur une initiative prise par la Fédération de France du FLN, qui avait organisé la manifestation du 17 octobre.</p>
<p style="text-align: justify;">La Fédération de France était en effet devenu un fief d&#8217;opposition au nouveau pouvoir en raison de son ouverture aux idéaux et aux valeurs de la gauche européenne, syndicale et politique. Lors de la crise de l&#8217;été 1962 qui vit s&#8217;affronter, au sein du FLN, les prétendants au pouvoir, elle avait misé<em> </em>sur les civils du GPRA <em>[le gouvernement du FLN en exil]</em> contre les militaires de l&#8217;armée des frontières du colonel Boumediene.<em> </em>Elle se retrouva ainsi dans le camp des vaincus et les autorités de la nouvelle République algérienne évitèrent de lui faire de la publicité, en passant plus ou moins sous silence la répression du 17 octobre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment s&#8217;est finalement faite toute la lumière sur l&#8217;ampleur du massacre ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A travers des publications, notamment. Le roman policier de Didier Daeninckx [Meurtres pour mémoire<em>, Gallimard, 1984</em>], qui associe la recherche sur le passé de Maurice Papon sous l&#8217;Occupation à son rôle en 1961, ou des travaux d&#8217;historiens comme <em>La Bataille de Paris</em>, de Jean-luc Einaudi [<em>1990, Seuil</em>], ont joué un rôle. Et puis avec la constitution d&#8217;une association, Au nom de la mémoire, par des enfants issus de l&#8217;immigration algérienne, la mémoire a commencé à émerger.</p>
<p style="text-align: justify;">Le procès de Maurice Papon pour complicité de crimes contre l&#8217;humanité en tant que secrétaire général de la préfecture de la Gironde pendant l&#8217;Occupation a certainement contribué à ouvrir le dossier du 17 octobre 1961 et à le faire surgir dans l&#8217;espace médiatique. Lors du procès Papon en 1997-1998, des témoins ont parlé de sa personnalité, de son rôle en Algérie et à la préfecture de police de Paris. Parmi eux, Jean-Luc Einaudi, qui a publié une tribune dans <em>Le Monde</em> du 20 mai 1998, où il employait le terme de &#8220;massacre&#8221; à propos du 17 octobre. Papon a trouvé bon de poursuivre Einaudi pour diffamation. Il a été débouté de sa plainte. Le terme de &#8220;massacre&#8221; a été considéré comme légitime par le tribunal. C&#8217;est un véritable tournant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cinquante ans après les faits, l&#8217;Etat français a-t-il reconnu sa responsabilité ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a une reconnaissance de la part de collectivités locales, notamment la mairie de Paris en 2001 qui a fait un geste fort avec l&#8217;apposition d&#8217;une plaque commémorative sur le pont St-Michel. D&#8217;autres communes de la banlieue ont fait des gestes similaires. Et le cinquantenaire, cette année, va être marqué par toute une série d&#8217;initiatives, dont un boulevard du 17-Octobre devant la préfecture des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Mais de la part de l&#8217;Etat, il n&#8217;y a toujours aucun signe de reconnaissance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment expliquer</strong><strong> que cette répression ait eu lieu alors que venaient de s&#8217;ouvrir</strong><strong> les négociations d&#8217;Evian, qui allaient aboutir</strong><strong> à l&#8217;indépendance de l&#8217;Algérie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les négociations d&#8217;Evian entre des représentants français et ceux du FLN s&#8217;ouvrent en mai 1961. A ce moment-là, on pouvait penser que le sort de la guerre ne pouvait déboucher que sur une indépendance. C&#8217;était la volonté du général de Gaulle, approuvée par les Français et les Algériens. En janvier 1961 un référendum avait donné une très nette majorité (75 %) en France métropolitaine comme en Algérie en faveur de ce processus.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette politique était contestée par un certain nombre de forces, parfois au sein même de l&#8217;appareil d&#8217;Etat. Le premier ministre, Michel Debré, qui avait été dessaisi du dossier algérien par de Gaulle, avait insisté pour qu&#8217;on lui laisse celui du maintien de l&#8217;ordre en France métropolitaine, et il a pu déployer une action qui prenait le contre-pied de l&#8217;action mise en œuvre par le général de Gaulle.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce faire, il s&#8217;entoura de Roger Frey, nommé au ministère de l&#8217;intérieur en mai 1961 au moment où s&#8217;ouvrent les négociations d&#8217;Evian, en remplacement de Pierre Chafenet. Surtout, il obtient le remplacement fin août d&#8217;Edmond Michelet, le garde des sceaux, qui s&#8217;opposait aux méthodes brutales et illégales mises en œuvre par Papon. Il sera remplacé par Bernard Chenot, un homme jugé plus accommodant, ce qui laissera les mains libres à Papon pour se livrer à la répression du 17 octobre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le général de Gaulle, qui est arrivé au pouvoir avec l&#8217;aide de Michel Debré en 1958, est un peu prisonnier des conditions de son accession au pouvoir. Il essaye de préserver l&#8217;essentiel, c&#8217;est-à-dire la fin de la guerre via les négociations, et fait des concessions. Il cherche à garder à ses côtés des gens qui lui sont fidèles, quand bien même ces derniers désapprouveraient sa politique algérienne. Il fait donc savoir son mécontentement à Michel Debré au lendemain du 17 octobre, mais s&#8217;abstient de rendre publique sa désapprobation. Il garde le silence, et prolonge d&#8217;une certaine manière l&#8217;occultation de cet événement.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Propos recueillis par Soren Seelow</strong></p>
<p><strong>Source </strong>: publié le 17 octobre 2011 sur lemonde.fr</p>
<p><strong>• A VOIR :</strong></p>
<p>Le webdocumentaire <a href="http://www.raspouteam.org/1961/">17 octobre 1961</a>. A grand renfort d&#8217;images d&#8217;archives, servi par un graphisme soigné, il retrace les événements depuis leur origine et les replace dans leur contexte.</p>
<p><strong>• A LIRE </strong>:</p>
<p><strong><em>LE 17 OCTOBRE DES ALGÉRIENS </em></strong>de Marcel et Paulette Péju, suivi de <strong><em>LA TRIPLE OCCULTATION D&#8217;UN MASSACRE</em></strong> de Gilles Manceron. La Découverte, 200 p., 14 €, 2011</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/17octAlgér.Découverte.jpg"><img class="size-full wp-image-5328 aligncenter" title="17octAlgér.Découverte" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/17octAlgér.Découverte.jpg" alt="" width="154" height="250" /></a></p>
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		</item>
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		<title>Les indignés appellent à une journée d’action internationale</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/10/14/les-indignes-appellent-a-une-journee-d%e2%80%99action-internationale/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 Oct 2011 22:07:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Mobilisation De Madrid à Wall Street, de Lisbonne à Athènes, le mouvement des Indignés ne faiblit pas. Une journée d’action internationale aura lieu le 15 octobre. Basta ! reproduit l’appel lancé par la plateforme Democracia real ya ! « Nous montrerons notre indignation contre la perte de nos droits, aux mains de l’alliance entre les grandes corporations et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Mobilisation</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De Madrid à Wall Street, de Lisbonne à Athènes, le mouvement des Indignés ne faiblit pas. Une journée d’action internationale aura lieu le 15 octobre. <em>Basta !</em></strong><strong> reproduit l’appel lancé par la plateforme <em>Democracia real ya !</em></strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/democraciareal.jpg"><img class="size-medium wp-image-5316 aligncenter" title="democraciareal" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/democraciareal-300x279.jpg" alt="" width="300" height="279" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« Nous montrerons notre indignation contre la perte de nos droits, aux mains de l’alliance entre les grandes corporations et la classe politique.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bastamag.net/article1555.html">Democracia Real YA</a> vous invite à participer à cette action pacifique de protestation internationale, en vous joignant à notre convocation ou en réalisant votre propre convocation pour cette date. Le moment est venu de faire entendre notre voix. Notre avenir est en jeu, rien ne peut freiner la puissance de millions de personnes quand elles s’unissent pour le même objectif.</p>
<p style="text-align: justify;">Democracia Real YA est une plate-forme qui a pris naissance en Espagne pour coordonner différents groupes de mobilisations citoyennes. Sous le slogan <em>« Nous ne sommes pas des marchandises dans les mains des politiciens et des banquiers »</em>, des milliers de personnes sont descendues dans les rues le 15 mai pour exiger une démocratie plus participative, s’opposer à la corruption du système politique et montrer notre rejet face à la réduction des acquis sociaux et des mesures d’austérité qui nous sont imposées.</p>
<p style="text-align: justify;">Après le succès de cette première manifestation, plusieurs mouvements et campements similaires à la première occupation de la place Tahrir ont émergé sur les places à travers tout le pays. Ceci a donné naissance aux assemblées populaires où les citoyens développent leurs objectifs moyennant un processus de décision inclusif et horizontal. Le mouvement du 15 mai s’est rapidement propagé au-delà des frontières espagnoles et a inspiré des actions dans de nombreuses villes à travers le monde, y compris une manifestation populaire contre le pacte euro le 19 juin dernier.</p>
<p style="text-align: justify;">Sous la pression des pouvoirs financiers, nos dirigeants politiques travaillent pour le bénéfice d’une minorité, et peu leur importe le coût social, humain et environnemental que cela génère et dont ils sont responsables. En faisant la promotion des guerres à but lucratif, et en appauvrissant des populations entières, la classe dirigeante nous prive de notre droit à une société libre et juste.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi nous vous invitons à rejoindre ce combat pacifique en diffusant ce message, ensemble nous pouvons changer cette situation intolérable. Prenons la rue le 15 octobre. Il est temps pour eux de nous écouter. Unis, nous ferons entendre notre voix ! »</p>
<p style="text-align: right;">Rédaction &#8211; 10 Octobre 2011</p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://www.bastamag.net/article1786.html">http://www.bastamag.net/article1786.html</a></p>
<p><strong>Pour en savoir plus </strong>:</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/5850185202_e2ee34c340_m.jpg"><img class="size-full wp-image-5317 aligncenter" title="5850185202_e2ee34c340_m" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/5850185202_e2ee34c340_m.jpg" alt="" width="180" height="106" /></a></p>
<p>- <a href="http://15october.net/fr/">Peuples du monde, mobilisez-vous le 15 Octobre !</a></p>
<p><a href="http://15october.net/fr/"></a>- <a href="http://www.france.attac.org/articles/le-15-octobre-indigne-es-et-rassemble-es-appel-unitaire">Le 15 octobre indigné-es et rassemblé-es (appel unitaire et appel international)</a></p>
<p>- Le mouvement anti-Wall Street gagne la Suisse :  <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/IndignésSuisse.pdf">IndignésSuisse</a></p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/IndignésSuisse.pdf"></a>- La City de Londres, nouvelle cible d’un groupe d’ ”indignés” :  <a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/IndignésCity-de-Londres.pdf">IndignésCity de Londres</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/WallStreetIndignés1.jpg"><img class="size-medium wp-image-5321 aligncenter" title="WallStreetIndignés" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/WallStreetIndignés1-300x150.jpg" alt="" width="300" height="150" /></a></p>
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		<title>Pour la reconnaissance d&#8217;un Etat palestinien</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Sep 2011 21:50:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Jimmy Carter et Mary Robinson Nous accueillons chaleureusement les efforts de la direction palestinienne pour obtenir des soutiens à la reconnaissance d&#8217;un Etat palestinien par les Nations unies. Une telle initiative pourrait relancer le processus de paix au Moyen-Orient, actuellement en panne. Contrairement à ceux qui estiment qu&#8217;aller devant l&#8217;ONU fait régresser ledit processus, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Jimmy Carter et Mary Robinson</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Palestine-ONU.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5183" title="Palestine-ONU" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Palestine-ONU.jpg" alt="" width="289" height="140" /></a></strong></em></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Nous accueillons chaleureusement les efforts de la direction palestinienne pour obtenir des soutiens à la reconnaissance d&#8217;un Etat palestinien par les Nations unies. Une telle initiative pourrait relancer le processus de paix au Moyen-Orient, actuellement en panne.</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à ceux qui estiment qu&#8217;aller devant l&#8217;ONU fait régresser ledit processus, nous pensons que ramener la question israélo-palestinienne à l&#8217;ONU est la bonne chose à faire. C&#8217;est l&#8217;ONU qui a aidé à la naissance de la solution des deux Etats en 1947, quand elle a accepté la partition de la Palestine en deux Etats et voté la résolution 181. Le mouvement national juif a utilisé la résolution 181 pour ouvrir la voie à la création de l&#8217;Etat d&#8217;Israël. Soixante-trois ans plus tard, il est temps que les Palestiniens bénéficient des mêmes droits.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que les gouvernements américain et israélien expriment leur hostilité au principe consistant à faire reconnaître un Etat palestinien par l&#8217;ONU, la position de l&#8217;Union européenne sera essentielle sur la voie d&#8217;une éventuelle résolution, que celle-ci soit présentée devant le Conseil de sécurité ou devant l&#8217;Assemblée générale. La France, qui a toujours fondé ses positions à l&#8217;ONU sur les principes du respect du droit international, est bien placée pour donner l&#8217;exemple, tant à l&#8217;ONU qu&#8217;au sein de l&#8217;UE.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Elders, un groupe d&#8217;anciens chefs d&#8217;Etat auquel nous appartenons, ont adressé un courrier aux ministres des affaires étrangères de tous les Etats membres de l&#8217;UE en les exhortant à adopter une position commune en faveur d&#8217;une résolution qui reconnaîtrait le droit légitime du peuple palestinien à posséder son Etat. Nous leur rappelons à cette occasion qu&#8217;une telle initiative répondrait en réalité aux conclusions du Conseil européen de décembre 2009, qui se prononcent pour <em>&#8221; une solution fondée sur la coexistence de deux Etats, avec Israël et un Etat de Palestine indépendant, démocratique, d&#8217;un seul tenant et viable, coexistant dans la paix et la sécurité &#8220;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;époque, le Conseil déclarait être <em>&#8221; disposé, le moment venu, à reconnaître un Etat palestinien &#8220;</em>. Sur une question d&#8217;importance vitale pour le Moyen-Orient et pour ses futures relations avec ses voisins, nous pressons l&#8217;UE de saisir cette occasion d&#8217;agir de façon positive et décisive. Droits humains universels</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;est ni réaliste ni raisonnable de penser que le conflit palestinien restera gelé pendant que le &#8221; printemps arabe &#8221; apporte de tels changements dans la région. L&#8217;essentiel ne sera pas seulement le vote de l&#8217;ONU, au cas où il aurait lieu. Ce qui s&#8217;ensuivra sera tout aussi important, sinon plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Les futures négociations de paix entre Israël et les Palestiniens ne pourront se contenter d&#8217;en revenir au <em>&#8221; business as usual &#8220;</em>. Si c&#8217;était le cas, elles seraient vouées à l&#8217;échec. Elles doivent au contraire reprendre sur une base nouvelle, fondée sur le droit international et les droits humains universels, avec des paramètres clairs et une date limite convenue entre les deux parties pour leur conclusion.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a un an, le président Barack Obama a saisi l&#8217;occasion de son allocution annuelle devant l&#8217;ONU pour déclarer qu&#8217;il espérait accueillir la Palestine dans les rangs des pays membres avant le commencement de la nouvelle session. Malheureusement, les négociations bilatérales qui auraient pu déboucher sur ce résultat souhaitable n&#8217;ont pu avoir lieu, en raison de la poursuite de l&#8217;expansion des colonies israéliennes dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.</p>
<p style="text-align: justify;">La communauté internationale a déclaré à de multiples reprises que ces colonies étaient illégales au regard du droit international. Afin de préserver ce qui reste de la possibilité de créer un Etat palestinien <em>&#8221; d&#8217;un seul tenant et viable &#8220;</em>, il doit être mis un terme à la construction en Cisjordanie et à Jérsusalem-Est de tout nouveau logement destiné à des habitants juifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Toute négociation qui reprendrait après le vote d&#8217;une résolution par l&#8217;ONU devra viser à définir le territoire de l&#8217;Etat palestinien en se fondant sur les frontières de 1967, avec pour capitale Jérusalem-Est. Un tel accord pourrait prévoir des échanges équivalents de territoires afin d&#8217;autoriser des ajustements mineurs. Une médiation extérieure ferme et solide sera un autre élément essentiel, car il n&#8217;est guère probable que les deux parties soient capables de parvenir seules à un accord.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi, si l&#8217;UE, premier partenaire commercial d&#8217;Israël et, avec un milliard d&#8217;euros par an, de loin le plus gros donateur à l&#8217;Autorité palestinienne, adoptait une position positive et unie sur la résolution onusienne envisagée, cela lui conférerait un poids supplémentaire qui lui permettrait de jouer un rôle politique accru dans le processus de résolution du conflit. Depuis plus de vingt ans, les négociations ont plus porté sur la façon de procéder qu&#8217;elles n&#8217;ont eu de véritable substance, suscitant une désillusion et une frustration compréhensibles chez les Palestiniens et parmi ceux qui cherchent un accord de paix juste et durable. Cela fait près de soixante-trois ans que l&#8217;ONU s&#8217;est accordée sur la création de deux Etats &#8211; cette solution a été trop longtemps retardée.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Jimmy Carter</strong>, <em>Ancien président des Etats-Unis</em></p>
<p><strong>Mary Robinson</strong>, <em>Ancienne présidente d&#8217;Irlande</em></p>
<p style="text-align: right;"><em>Traduit de l&#8217;anglais par Gilles Berton</em></p>
<p><strong>Source</strong> : article paru dans Le Monde daté du 20 sept. 2011</p>
<p><strong>Plus d’information </strong>:</p>
<p>Consulter les dossiers suivants sur le site de la <strong><em>Plateforme des ONG françaises pour la Palestine</em></strong> :</p>
<p>(<a href="http://www.plateforme-palestine.org">http://www.plateforme-palestine.org</a>) :</p>
<p>1. <a href="http://www.plateforme-palestine.org/LA-PROCEDURE,2298">La procédure</a></p>
<p>2. <a href="http://www.plateforme-palestine.org/PALESTINE-LES-POSITIONS-DE-LA,2299">Palestine/Les positions de la société civile</a></p>
<p>3. <a href="http://www.plateforme-palestine.org/PALESTINE-LES-POSITIONS,2300">Palestine/Les positions officielles</a></p>
<p>4. <a href="http://www.plateforme-palestine.org/ISRAEL,2301">Israël</a></p>
<p>5. <a href="http://www.plateforme-palestine.org/FRANCE-EUROPE-LES-POSITIONS,2302">France/Europe – Les positions officielles</a></p>
<p>6. <a href="http://www.plateforme-palestine.org/FRANCE-OPINIONS,2303">France / Les analyses</a></p>
<p>7. <a href="http://www.plateforme-palestine.org/MONDE,2304">Monde</a></p>
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		<title>La crise &#8230; des ânes</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Sep 2011 20:05:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Histoire circulant sur internet d’après une fable espagnole dont l’auteur reste inconnu. Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange, mais son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Histoire circulant sur internet d’après une fable espagnole dont l’auteur reste inconnu</em></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Unknown5.jpeg"><img class="size-full wp-image-5132 aligncenter" title="Unknown" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Unknown5.jpeg" alt="" width="259" height="194" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange, mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaires s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés. Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour éviter ce désastre, le maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.</p>
<p style="text-align: justify;">Voyant sa note en passe d’être dégradée et prise à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale&#8230; On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et, parallèlement, on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.</p>
<p style="text-align: justify;">Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois.</p>
<p><strong>Source </strong>: <a href="http://www.suisse.attac.org/La-crise-des-anes">http://www.suisse.attac.org/La-crise-des-anes</a></p>
<p>Mis en ligne le 27.08.2011</p>
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		<title>Générations sans futur</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/09/01/generations-sans-futur/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Sep 2011 14:21:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[par Ignacio Ramonet &#8220;Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis&#8221; André Gide Ce furent d’abord les Arabes, puis les Grecs, ensuite les Espagnols et les Portugais, suivis des Chiliens et des Israéliens ; et enfin, le mois dernier, dans le bruit et la fureur, les Britanniques. Une épidémie d’indignation soulève les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>par <a href="http://www.medelu.org/spip.php?auteur4"><strong>Ignacio Ramonet</strong></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/I.Ramonet.jpeg"><img class="size-full wp-image-5089 aligncenter" title="I.Ramonet" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/I.Ramonet.jpeg" alt="" width="197" height="255" /></a><br />
</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>&#8220;Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis&#8221;</em></p>
<p style="text-align: right;">André Gide</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Ce furent d’abord les Arabes, puis les Grecs, ensuite les Espagnols et les Portugais, suivis des Chiliens et des Israéliens ; et enfin, le mois dernier, dans le bruit et la fureur, les Britanniques. Une épidémie d’indignation soulève les jeunes du monde. Semblable à la vague qui, dans les années 1967-1968, de la Californie à Tokyo en passant par Paris, Berlin, Madrid et Prague, avait secoué la planète et bouleversé sinon la politique du moins les mœurs des sociétés occidentales.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui c’est différent. Le monde a changé en pire. Il vit une grande régression. Nombre d’espérances se sont évanouies. L’ascenseur social est fracassé. Pour la première fois depuis un siècle, en Europe, les nouvelles générations risquent d’avoir un niveau de vie inférieur à celui de leurs parents. Le modèle néolibéral de globalisation brutalise les peuples, humilie les citoyens et dépouille les jeunes de l’espoir d’une vie décente. La crise financière, ainsi que les &#8220;solutions&#8221; proposées pour la combattre, à base d’austérité et de rigueur contre les classes modestes et moyennes, aggravent le malaise général. Les Etats démocratiques sont en train de renier leurs propres valeurs. On se demande d’ailleurs comment peuvent-ils, en même temps, conduire des guerres lointaines &#8211; Irak, Afghanistan, Libye &#8211; au nom de ces mêmes valeurs démocratiques qu’ils renient chez eux&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Dans de telles circonstances, à quoi pourraient servir la soumission et l’obéissance ? De plus en plus fréquentes, les explosions d’indignation et de révolte sont ressenties comme naturelles, normales&#8230; Partout, on sent monter colères et violences.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces explosions toutefois n’adoptent pas les mêmes formes partout. Ainsi, la fougueuse détonation anglaise du début août dernier s’est différenciée, par son niveau élevé de véhémence, des autres protestations juvéniles essentiellement non-violentes (même si des affrontements ponctuels ont pu se produire ici ou là, à Athènes, Santiago du Chili ou ailleurs).</p>
<p style="text-align: justify;">Autre différence essentielle : les émeutiers anglais, en raison peut-être de leur appartenance de classe, n’ont pas été en mesure de verbaliser leur mécontentement. Ils n’ont pas su non plus mettre leur exaspération au service d’une cause politique. Ou s’en servir pour dénoncer une injustice concrète. Dans leur éphémère et brutale guérilla urbaine, ils ne s’en sont même pas pris systématiquement aux banques&#8230; Comme si leur rage d’exclus et de dépossédés ne pouvait être apaisée que par les &#8220;merveilles&#8221; des vitrines&#8230; Au fond, comme tant d’autres &#8220;indignés&#8221; du monde, ces révoltés exprimaient leur désespoir d’être les oubliés d’un système incapable désormais de leur offrir une place dans la société ou un avenir digne.</p>
<p style="text-align: justify;">Au Chili et en Israël, les étudiants étaient en première ligne. Particulièrement irrités contre l’obsession néolibérale de privatiser les services publics. Cette privatisation représente, à leur yeux, un vol manifeste du patrimoine des pauvres. Ceux qui ne possèdent rien, disposent au moins de l’école publique, de l’hôpital public, des transports publics, etc. qui sont gratuits ou presque, subventionnés par la collectivité. Quand un gouvernement les privatise, non seulement il dépouille tous les citoyens d’un bien qui leur appartient (il a été payé avec leurs impôts) mais il vole plus particulièrement les pauvres dont c’est le seul et unique patrimoine. Une double injustice. Et l’une des racines de la colère actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour justifier la fureur des insurgés de Tottenham, un témoin dénonça : &#8220;<em>Le système ne cesse de favoriser les riches et d’écraser les pauvres. Il coupe dans les budgets des services publics. Les gens meurent dans les salles d’attente des hôpitaux publics après avoir attendu un médecin pendant des heures et des heures.</em>.. [1]&#8220;</p>
<p style="text-align: justify;">Au Chili, depuis trois mois, des dizaines de milliers d’étudiants, soutenus par une importante partie de la société, réclament la déprivatisation de l’éducation (privatisée sous la dictature du général Pinochet, 1973-1990). Ils exigent que le droit à une éducation publique et gratuite soit inscrit dans la Constitution. Et expliquent que &#8220;<em>l’éducation n’est plus un mécanisme de mobilité sociale. Au contraire. C’est un système qui reproduit les inégalités sociales</em>&#8220; [2].</p>
<p style="text-align: justify;">Au cri de &#8220;<em>Le peuple veut la justice sociale</em> !&#8221;, à Tel-Aviv, le 6 août dernier, quelque 300 000 personnes ont manifesté en faveur du mouvement des jeunes &#8220;indignés&#8221; qui exigent un changement des politiques publiques conduites par le gouvernement néolibéral de Benyamin Netanyahou [3]. &#8220;<em>Quand une personne qui travaille </em>- déclara une étudiante &#8211; <em>n’arrive même pas à acheter de quoi se nourrir correctement c’est que le système ne fonctionne pas. Ce n’est pas un problème individuel, c’est un problème de gouvernement</em> [4].&#8221;</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis les années 1980 et la mode de l’économie reaganienne (&#8220;<em>reaganomics</em>&#8220;) dans tous ces pays &#8211; et singulièrement dans ceux de l’Union européenne (UE) fragilisés aujourd’hui par la crise de la dette souveraine -, les recettes des gouvernements (de droite et de gauche) ont été les mêmes : réduction drastique de la dépense publique avec des coupes particulièrement importantes dans les budgets sociaux. Résultat de cette politique : une hausse spectaculaire du chômage des jeunes (21% au sein de l’UE ; 42% en Espagne !). Soit l’impossibilité pour toute une génération d’entrer dans la vie active. Le suicide d’une société.</p>
<p style="text-align: justify;">Au lieu de réagir, les gouvernements, effrayés par les récentes chutes des Bourses, insistent à vouloir satisfaire les marchés. Quand leur priorité devrait être, au contraire, de <em>désarmer</em> les marchés [5]. Contraindre ceux-ci à se soumettre à une réglementation stricte. Jusqu’à quand peut-on accepter que la spéculation financière impose ses critères à la représentation politique ? Quel sens a donc la démocratie ? A quoi sert le vote des citoyens si, en fin de compte, ce sont les marchés qui tranchent ?</p>
<p style="text-align: justify;">Au sein même du modèle capitaliste, les alternatives réalistes ne manquent pas. Défendues et vérifiées par des économistes reconnus. Voici, par exemple, deux idées. Pourquoi la Banque centrale européenne (BCE) ne devient-elle pas une véritable banque centrale ? Elle pourrait prêter de l’argent (sur la base de conditions précises) aux Etats de l’eurozone, leur permettant ainsi de financer leurs dépenses. En l’état actuel des choses, on le sait, la BCE ne peut le faire. Ce qui contraint les Etats à se tourner vers les marchés au prix du versement d’intérêts exorbitants. Si cette simple mesure était adoptée, finie la crise de la dette souveraine.</p>
<p style="text-align: justify;">Seconde idée : exiger immédiatement la Taxe sur les transactions financières (TTF). Une simple taxe de 0,1% sur tous les échanges en Bourse et sur les marchés monétaires, permettrait à l’UE d’encaisser des recettes estimées entre 30 à 50 milliards d’euros. De quoi financer aisément les services publics, restaurer l’Etat providence et offrir enfin un futur radieux aux nouvelles générations.</p>
<p style="text-align: justify;">On le voit, les solutions techniques existent. Quid de la volonté politique ?</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Notes </strong></p>
<p>[1]  <em>Libération</em>, 15 août 2011.</p>
<p>[2]  <em>Le Monde</em>, 12 août 2011.</p>
<p>[3]  Selon une enquête d’opinion, les revendications des &#8220;indignés&#8221; israéliens sont soutenues par 88% des citoyens (<em>Libération</em>, op. cit.).</p>
<p>[4]  <em>Le Monde</em>, 16 août 2011.</p>
<p>[5]  <em>Cf.</em> Ignacio Ramonet, &#8220;Désarmer les marchés&#8221;, <em>Le Monde diplomatique</em>, décembre 1997.</p>
<p><strong>Source : </strong>Chronique du mois -1<sup>er</sup> Septembre 2011</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><a href="http://www.medelu.org/spip.php?article855">http://www.medelu.org/spip.php?article855</a></p>
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		<title>Les indignés en marche pacifique vers Bruxelles</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/08/19/les-indignes-en-marche-pacifique-vers-bruxelles/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Aug 2011 11:36:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
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		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[De toute l’Espagne, du Portugal, d’Italie, de Grèce, de France…, d’Europe, différentes marches populaires indignées  passeront par Paris le samedi 17 septembre (au moment où le pacte « Euro Plus » va être réexaminé par le parlement européen) avant de converger à Bruxelles le samedi 8 octobre pour y tenir un campement jusqu’au 15 octobre, journée de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marche21.jpeg"><img class="size-full wp-image-4977 aligncenter" title="Marche2" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marche21.jpeg" alt="" width="144" height="96" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>De toute l’Espagne, du Portugal, d’Italie, de Grèce, de France…, d’Europe, différentes marches populaires indignées  passeront par Paris le samedi 17 septembre (au moment où le pacte « Euro Plus » va être réexaminé par le parlement européen) avant de converger à Bruxelles le samedi 8 octobre pour y tenir un campement jusqu’au 15 octobre, journée de mobilisation mondiale à Bruxelles.</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marche1.jpeg"><img class="size-full wp-image-4972 aligncenter" title="Marche1" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marche1.jpeg" alt="" width="200" height="117" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La marche des indignés de Madrid</em></strong> (initiée <a href="http://madrid.tomalaplaza.net/2011/07/25/la-marcha-popular-indignada-partira-desde-sol-rumbo-a-bruselas/">le 25 juillet à Madrid au départ de la Puerta del Sol </a>) a traversé la frontière franco-espagnole le mercredi 17 août entre Irun et Hendaye, et rejoint Bayonne pour deux jours ; elle partira pour Dax le vendredi 19 août et poursuivra sa route vers Bordeaux (le 26 août) etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici le commentaire d’un indigné qui les a rencontrés à San Sebastian, le 15 août :</p>
<p style="text-align: justify;">« Ils sont environ 80, jeunes de 18 ans environ mais aussi des gens de la cinquantaine et soixantaine dans une ambiance magnifique. Ils sont très forts et super efficaces et organisés, on a beaucoup à apprendre d’eux ; ils ont une énergie positive énorme et intense ainsi qu’une foi énorme. C’est beau ce qu’ils vivent et ce qu’ils vont nous apporter. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A lire </strong>: le communiqué de presse des indignés de Bayonne : <a href="http://roadtobrussels.blogspot.com/2011/08/communique-de-presse-une-frontiere-de.html">« une frontière de moins vers la démocratie ! »</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/arton7851-191e9.png"><img class="size-full wp-image-4973 aligncenter" title="arton7851-191e9" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/arton7851-191e9.png" alt="" width="250" height="173" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Les indignés de Toulouse</strong></em> sont partis le 23 juillet vers Bruxelles ; vous pouvez suivre leur périple sur les sites ci-après :</p>
<p style="text-align: justify;">- Liste des étapes (de manière à ce que vous puissiez prévoir leur accueil) :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://roadtobrussels.blogspot.com/p/itineraire-toulouse-bruxelles.html">http://roadtobrussels.blogspot.com/p/itineraire-toulouse-bruxelles.html</a></p>
<p style="text-align: justify;">- Journal de bord : <a href="http://roadtobrussels.blogspot.com/">http://roadtobrussels.blogspot.com/</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A lire </strong>: l’appel du 19 août pour le <a href="http://roadtobrussels.blogspot.com/2011/08/appel-soutien-pour-les-marches.html">soutien aux marches populaires indignées vers Bruxelles</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres marches sont prévues au départ d’Aix-La-Chapelle (Allemagne), Maastricht (Pays-Bas) etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les indignés de Paris</em></strong><strong> </strong>ont lancé le 16 août l’appel suivant pour soutenir ces mouvements :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Appel à rejoindre en France les marches populaires indignées vers Bruxelles</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Face à la crise mondiale, depuis quelques mois, le mouvement des indignés s’est développé dans différents pays pour demander une démocratie réelle maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, les indignés de Madrid marchent vers Bruxelles, le cœur du pouvoir dans l’Union européenne. Cette marche entrera en France le 17 août, elle passera par l’ouest de la France puis par Paris le 17 septembre, et elle arrivera à Bruxelles le 8 octobre pour préparer la mobilisation mondiale du 15 octobre.</p>
<p style="text-align: justify;">Une marche est aussi partie de Toulouse le 23 juillet, et d’autres sont en projet : marche de Barcelone (passant par Lyon), marche de Zaragoza (passant par le Rodez), marches partant d’Italie, aux Etats-Unis…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous appelons tous les citoyens indignés et concernés à s’informer sur ces marches, à les accueillir, à les soutenir et à les rejoindre.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Nous devons construire ensemble ce mouvement et le développer, pour arriver à une mobilisation internationale d’ampleur, globale et pacifique, dont les marches et le rendez-vous mondial du 15 octobre ne seront qu’un début !</p>
<p style="text-align: right;">Assemblée générale de Paris, 7 août 2011</p>
<p>Nos sites web :</p>
<p><a href="http://www.marche-paris.fr/de.html">http://www.marche-paris.fr/de.html</a> (pour la coordination des marches vers Paris)</p>
<p><a href="http://paris.reelledemocratie.fr/">http://paris.reelledemocratie.fr</a> (site officiel des indignés de Paris)</p>
<p>Mail de contact (information) : <a href="file://localhost/src/compose.php">walktoparis17s@lists.takethesquare.net</a></p>
<p>site facebook : <a href="http://www.facebook.com/pages/Marche-%C3%A0-Paris-17-S-Marche-%C3%A0-Bruxelles/187662047965389?sk=wall">http://www.facebook.com/pages/Marche-à-Paris-17-S-Marche-à-Bruxelles/187662047965389?sk=wall</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marches-Fin.jpeg"><img class="size-full wp-image-4974 aligncenter" title="Marches-Fin" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Marches-Fin.jpeg" alt="" width="240" height="160" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>En Grande-Bretagne, les émeutes urbaines découlent des inégalités sociales</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/08/17/en-grande-bretagne-les-emeutes-urbaines-decoulent-des-inegalites-sociales/</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Aug 2011 20:49:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Point de vue par Olivier Esteves* Alors que l&#8217;Angleterre subit une vague d&#8217;émeutes qui semble s&#8217;inscrire dans la durée et que les zones de turbulence s&#8217;étendent désormais à Birmingham, Manchester, Bristol ou Leicester, on peut tenter - il faut insister sur ce mot compte tenu d&#8217;événements complexes en train de se dérouler sous nos yeux &#8211; de replacer ces violences [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Point de vue</strong> <strong>par Olivier Esteves*</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Emeutes-GB.jpeg"><img class="size-full wp-image-4952 aligncenter" title="Emeutes GB" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Emeutes-GB.jpeg" alt="" width="283" height="178" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Alors que l&#8217;Angleterre subit une vague d&#8217;émeutes qui semble s&#8217;inscrire dans la durée et que les zones de turbulence s&#8217;étendent désormais à Birmingham, Manchester, Bristol ou Leicester, on peut tenter - il faut insister sur ce mot compte tenu d&#8217;événements complexes en train de se dérouler sous nos yeux &#8211; de replacer ces violences urbaines dans le contexte des émeutes britanniques depuis 1958, lorsque Notting Hill (dans l&#8217;Ouest londonien) fut le théâtre des premières véritables émeutes de l&#8217;après-guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Premier constat : la difficulté de pointer une cause ethnique ou raciale à la flambée de violence. L&#8217;identité raciale de Mark Duggan, tué par la police, jeudi 4 août, n&#8217;a guère soulevé de débat&#8230; et nombre de quartiers multiethniques, où des émeutes ont éclaté depuis 1980, n&#8217;ont pas été davantage touchés que d&#8217;autres. La ville de Bradford, qui s&#8217;embrasa en 1995, et beaucoup plus gravement encore en 2001, est pour l&#8217;instant calme.</p>
<p style="text-align: justify;">Les photos d&#8217;émeutiers, que la presse populaire conservatrice publie dans un exercice désormais bien rodé outre-Manche de <em>name and shame</em> (&#8220;nommer et faire honte&#8221;), montrent des visages tantôt blancs, tantôt noirs, tantôt asiatiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;y a ici rien d&#8217;exceptionnel, car même si des &#8220;émeutes&#8221; par le passé ont volontiers été estampillées &#8220;raciales&#8221;, pareil catalogage ne résiste pas à une analyse rigoureuse des faits historiques : ainsi, à l&#8217;issue des émeutes de 1981, environ seulement un tiers des personnes arrêtées étaient issues des minorités ethniques.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, dans la mémoire nationale, les noms des quartiers de Brixton (sud de Londres), de Toxteth (Liverpool) ou de Moss Side (Manchester) donnaient une indication claire quant à l&#8217;identité raciale des fauteurs de troubles.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;expression anglaise de <em>race riot</em> (&#8220;émeute raciale&#8221;) est très prisée par la presse : deux fois quatre lettres, deux mots commençant par une même consonne, bref la promesse d&#8217;une feuille que l&#8217;on s&#8217;arrachera.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, seules les émeutes de Southall (West End de Londres, 1981) ou de Lozells (Birmingham, 2005) consistèrent en une confrontation directe entre deux groupes ethniques distincts.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;aucuns peuvent également être tentés de considérer Bradford (2001) comme une émeute raciale : en effet, plus de 90 % des personnes écrouées alors étaient des jeunes musulmans d&#8217;origine pakistanaise, s&#8217;en prenant directement à une police très majoritairement blanche.</p>
<p style="text-align: justify;">Les événements de Bradford (2001), la plus grave émeute depuis Brixton (1981), ont notamment montré la faillite d&#8217;une approche strictement sécuritaire des quartiers de type <em>inner cities </em>(ces quartiers populaires défavorisés à l&#8217;intérieur d&#8217;une grande ville).</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, en l&#8217;espace d&#8217;une journée, tous les efforts menés par Martin Baines et Phil Read en matière de <em>community policing</em> (police de proximité) ont été dilapidés par le déchaînement d&#8217;une violence provoquant l&#8217;envoi massif d&#8217;escadrons de police ne connaissant ni le terrain de Bradford ni le type de population qui y réside.</p>
<p style="text-align: justify;">Etudier les causes de ces troubles revient pour beaucoup de politiques ou d&#8217;éditorialistes, à droite mais aussi à gauche, à légitimer le comportement criminel et pour tout dire suicidaire des <em>thugs</em> (racailles), ce qui dessine une alliance théorique entre sociologues et casseurs, où les premiers seraient en quelque sorte les idiots utiles des seconds.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà qui rappelle à quel point Margaret Thatcher, en 1981 et avant la décision de commander un rapport à Lord Scarman, ne voulait pas entendre parler d&#8217;explication sur les émeutes de Brixton : seul importait de réprimer sévèrement les fauteurs de troubles. Cette approche semble également être celle de David Cameron aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre ces deux figures du conservatisme, Anthony Blair aura assuré une continuité idéologique manifeste, d&#8217;abord en publiant, dès 1993, une tribune dans <em>The New Statesman</em> intitulée &#8220;Pourquoi la sécurité est une question socialiste&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y déclinait notamment ce qui allait bientôt devenir la formule magique de la tolérance zéro travailliste : <em>&#8220;Tough on crime, tough on the causes of crime&#8221;</em> (&#8220;dur avec la criminalité, dur avec les causes de la criminalité&#8221;).</p>
<p style="text-align: justify;">Tantôt invoqué ou dénoncé, ce <em>soundbite</em> (&#8220;slogan accrocheur&#8221;) ne résume pas pourtant l&#8217;approche &#8220;tolérance zéro&#8221; des néotravaillistes. En effet, il s&#8217;agit avant tout de se montrer impitoyable avec la criminalité, c&#8217;est-à-dire les comportements violents, délinquants, &#8220;antisociaux&#8221; qui génèrent cette criminalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant aux causes elles-mêmes, celles-ci sont effacées ou tendent à l&#8217;être, comme le remarque Laurent Bonelli** dans son analyse de la tolérance zéro en France : on n&#8217;est guère prêt à voir dans la précarité, le chômage, la discrimination, une famille brisée, etc., autant d&#8217;éléments explicatifs, fussent-ils partiels, de la flambée de violence.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est exactement ce qui est en train de se passer à Tottenham ou Hackney. Dans ce quartier, Pauline Pearce, femme noire dont l&#8217;appel a été largement relayé par Twitter et les médias traditionnels &#8211; jusqu&#8217;au <em>Sun</em> &#8211; et dont les enfants ont souffert de la violence des gangs, a d&#8217;abord pourfendu la violence des jeunes avant de préciser : <em>&#8220;Ils ont besoin de quelque chose, d&#8217;un centre communautaire pour que le quartier se retrouve, ils se trouvent en butte à une ségrégation imposée par le code postal et c&#8217;est comme ça que les gangs voient le jour.&#8221;</em> La référence à l&#8217;implacabilité du code postal rappelle étrangement la France de l&#8217;automne 2005.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans nos deux pays, et par-delà les contrastes rituels et simplistes souvent établis entre deux modèles d&#8217;intégration différents, les inégalités considérables de richesse, que la crise montre au grand jour, et le recul d&#8217;un Etat-providence qui n&#8217;en finit plus d&#8217;être moribond, rendent sans doute inéluctables et cycliques les violences urbaines, même si celles-ci ne sont pas, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) comme à Tottenham, porteuses d&#8217;un message politique clairement articulé.</p>
<p style="text-align: justify;">La fermeture de tant de centres pour la jeunesse (Youth Centres) en Angleterre pour cause d&#8217;économies budgétaires a accéléré les flambées de violences, où des jeunes vont chercher l&#8217;argent là où il se trouve, dans une version anglaise, encagoulée et hélas violente du <em>Faut pas payer</em><em> !</em> du dramaturge et Prix Nobel de littérature italien Dario Fo : bijouteries, grandes surfaces, enfin commerces de proximité. Les patrons de ces derniers, souvent issus de minorités ethniques, optent pour une stratégie de l&#8217;autodéfense car, toujours comme en France, les coupes budgétaires drastiques affectent aussi les forces de police.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, l&#8217;inéluctabilité de ces violences urbaines pose en plein, comme aux Etats-Unis où les banlieues n&#8217;ont pas brûlé depuis longtemps, la question de ce que certains historiens ou sociologues américains appellent la <em>&#8220;gestion de la marginalisation&#8221;</em>.</p>
<p>*<strong> Olivier Esteves, </strong>maître de conférences à l&#8217;université de Lille-III, spécialiste d&#8217;histoire britannique. Dernier essai publié : « <em>De l’invisibilité à l’islamophobie. Les musulmans britanniques 1945-2010) </em>» (Presses de Sciences Po).</p>
<p><strong>Source : </strong>Article paru dans Le Monde daté du 13.08.11</p>
<p>**  <strong>A lire </strong>:  Laurent Bonelli, <em>« La France a peur. Une histoire sociale de l’insécurité », </em>Ed. La Découverte, décembre 2010, 422 pages, 12,50 euros.</p>
<p>Lire une <a href="http://www.raison-publique.fr/article388.html">recension de l’ouvrage</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/L.Bonelli.png"><img class="size-full wp-image-4951 aligncenter" title="L.Bonelli" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/L.Bonelli.png" alt="" width="135" height="207" /></a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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		</item>
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		<title>Françafrique : lettre à M. François Fillon</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/08/10/francafrique-lettre-a-m-francois-fillon/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Aug 2011 20:56:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Lettre ouverte à Monsieur François Fillon qui a déclaré le vendredi 15 juillet 2011 à Abidjan : &#8220;J’appelle tous ceux qui continuent à vouloir évoquer les relations entre la France et l’Afrique en parlant de Françafrique à changer de vocabulaire.&#8221; par Nicolas Sersiron* 20 juillet 2011 Monsieur le Premier Ministre J’appelle tous ceux qui continuent à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Lettre ouverte à Monsieur François Fillon qui a déclaré le vendredi 15 juillet 2011 à Abidjan : &#8220;J’appelle tous ceux qui continuent à vouloir évoquer les relations entre la France et l’Afrique en parlant de Françafrique à changer de vocabulaire.&#8221;</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em></em></strong><strong>par Nicolas Sersiron*</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/N.Sersiron.jpeg"><img class="size-full wp-image-4915 aligncenter" title="N.Sersiron" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/N.Sersiron.jpeg" alt="" width="160" height="160" /></a></p>
<p><em>20 juillet 2011</em></p>
<p>Monsieur le Premier Ministre</p>
<p style="text-align: justify;">J’appelle tous ceux qui continuent à vouloir évoquer les relations financières entre la France et l’Afrique en parlant de &#8220;<em>dette publique</em>&#8221; à changer de vocabulaire pour le remplacer par &#8220;<em>escroquerie néocoloniale</em>&#8220;. Selon le dictionnaire de l’académie française : « <em>une dette est ce que l’on doit à quelqu’un</em> ». Les paysans, la population majoritaire en Afrique ainsi que les petits salariés et entrepreneurs des villes et bidonvilles remboursent par leurs impôts directs et surtout indirects, prélevés sur la plus value de leur travail, ces trop fameuses « <em>dettes publiques</em> ». Ils vivent pour la grande majorité très pauvrement et ont souvent de grandes difficultés pour se nourrir. La grande insécurité matérielle de ces populations prouve qu’elles n’ont pas profité des emprunts faits par leurs gouvernements, aussi bien auprès de la France que des autres institutions financières. Elles n’ont donc, en bon français, pas de dette et ne doivent rien à qui que ce soit ? Ces remboursements, qui leurs sont imposés, semblent donc illégitimes. Pour en être certain, il faut vérifier l’origine des emprunts et leur utilisation, la représentativité des gouvernements et la bonne foi des prêteurs. La France, par exemple, ne se serait-elle pas servie de la dette pour maintenir ses prérogatives coloniales, l’accès à des matières premières quasiment gratuites, indispensables à son boom économique de l’après-guerre et après les indépendances des pays francophones d’Afrique ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dès les années 1960, la Banque mondiale a imposé, aux pays africains nouvellement indépendants, le remboursement des emprunts contractés auprès d’elle par la France et les autres pays colonisateurs afin d’optimiser l’extraction des richesses pour leur propre compte. L’aide au financement, d’un port en eau profonde, ou d’une voie ferrée destinée à transporter exclusivement des minerais ou d’autres matières premières exportées sans transformation, sans rien payer au pays exportateur, doit-elle être assumée par celui qui n’en a aucunement profité ? Bien sûr que non, car en droit international cela s’appelle une dette odieuse. La Banque mondiale a été chargée de poser les premières pierres de la grande escroquerie néocoloniale nommée opportunément « <em>dette publique</em> ». Plus tard, les multiples prêts des pays industrialisés, comme ceux de la France, des banques, du FMI comme de la BM, serviront à bâtir une structure de contention économique et financière implacable. Le but était d’imposer à ces pays et à leurs peuples, après le départ des armées coloniales, un nouveau moyen d’asservissement apte à assurer la continuité du pillage colonial qui avait favorisé l’enrichissement de la France et de l’Europe. N’oublions pas qu’au sein de la Banque mondiale, la France détient, avec 65 millions d’habitants, 4,31% des voix, quand un milliard d’Africains n’en a que 5,86%.</p>
<p style="text-align: justify;">Les premiers présidents africains, les véritables démocrates qui avaient voulu sortir leur pays de l’ornière coloniale dans laquelle les réseaux Foccart &#8211; mis en place par De Gaulle dès les indépendances- voulaient les maintenir, ont été assassinés, tels Lumumba, Sylvanus Olympio et Sankara, d’autres ont été écartés de force. Les prêts ont avant tout servi à corrompre les décideurs africains restants. Le bond économique et industriel des trente glorieuses n’aurait pu exister en France sans le maintien d’un extractivisme néocolonial des matières premières, quasiment gratuites, au profit de ses entreprises : pétrole, coltan, cuivre, caoutchouc, bois précieux, coton, café, cacao, etc., n’oubliez pas les révélations de l’affaire ELF.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais revenons aux populations africaines sur qui pèse le poids des remboursements de la « <em>dette publique</em> ». Ont-elles eu des informations sérieuses leur offrant la possibilité de connaître le montant des emprunts, leurs destinations et la possibilité d’émettre des choix ? Ont-elles reçu des sommes d’argent de la France ou de la Banque mondiale leur permettant d’améliorer l’agriculture paysanne, essentielle à leur survie, ou d’investir dans les petites entreprises de transformation ? Les réponses sont négatives. Si on ne sait pas précisément à quoi a servi l’argent des multiples emprunts, on connaît, par contre, le haut niveau de corruption des bourgeoisies locales, les projets appelés éléphants blancs, comme la Cathédrale de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, copie de St Pierre de Rome, dont la construction a surtout profité aux entreprises françaises, ou le barrage d’Inga en RDC. On sait, la Banque mondiale savait, quand elle lui prêtait, que la fortune colossale de président comme Mobutu, de l’ex Zaïre, était égale à la dette du pays. Or, ce sont ces escroqueries que l’on qualifie de « <em>dettes publiques</em> » et que les peuples africains remboursent depuis des décennies.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour savoir si le contrat d’endettement signé au nom du peuple était valable, il faut disposer de plusieurs éléments. Ces gouvernements étaient-ils libres de leurs choix ? Représentaient-ils légitimement leurs peuples à la suite d’élections démocratiques, étaient-ils en capacité de signer ces contrats de prêts engageant leur pays pour des dizaines d’années ? Ces sommes empruntées, sous forme d’investissements productifs, auraient pu produire des plus-values, offrant ainsi les moyens de rembourser les dettes de l’Etat emprunteur. Les prêteurs, banques du Nord, France ou Banque mondiale, ont-ils respecté ces conditions, sans lesquelles le contrat de prêt doit être déclaré nul et ne peut donc pas engager légalement les populations à les rembourser ? Ces sommes empruntées ont-elles réellement servi à l’amélioration de la vie des populations ? NON !</p>
<p style="text-align: justify;">En 1980, quand les taux de référence anglo-saxons ont été multipliés par trois et que les emprunts africains indexés sont devenus impossibles à rembourser, le FMI a saisi l’occasion pour imposer aux populations des plans d’austérité draconiens. Ouverture des frontières à la concurrence déloyale des produits subventionnés du Nord, liberté de mouvements des capitaux du Nord, privatisation des entreprises publiques par le chantage aux nouveaux prêts de secours du FMI, de la BM et des pays industrialisés, restrictions des dépenses publiques en faveur des populations. Ces mesures ont accentué le néocolonialisme, la gigantesque escroquerie appelée « <em>dette publique</em> » a alors lourdement appauvri les peuples africains et fortement enrichi leurs créanciers et les entreprises transnationales qui se sont implantées à la faveur de ces plans.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous nous demandez d’abandonner le mot “<em>Françafrique</em>” mais c’est surtout son sous-entendu “<em>Françe à fric</em>” qui vous dérange. Quand vous déciderez d’abandonner la gestion néocoloniale du Franc CFA, alors, nous oublierons ce mot. Car ce sont des milliards d’euros de réserves des peuples africains qui se trouvent dans les caisses du Trésor français. Cette gestion par la France, bride les économies africaines en arrimant leur monnaie aux fluctuations de l’Euro et leur enlève une part importante de leur souveraineté en les privant d’un important levier économique. Accepteriez-vous que l’Euro soit géré par la Côte d’Ivoire ?</p>
<p style="text-align: justify;">Alassane Ouattara est le nouveau président de la Côte d’Ivoire grâce à l’intervention de la force armée française Licorne. Il est un économiste formé dans les universités américaines et un ancien directeur du département Afrique du FMI. Soyons certains qu’il saura renvoyer l’ascenseur et permettre aux entreprises françaises de continuer à exploiter les travailleurs de son pays et à en extraire les matières premières leur assurant de splendides profits dans une continuité néocoloniale sans faille. Il continuera à rembourser la dette publique selon les critères de la « <em>bonne gouvernance</em> » imposée par le FMI et la Banque mondiale. Pourtant, depuis des décennies, les pays ex-colonisateurs en premier, tous les pays industriels et leurs entreprises transnationales extractivistes ensuite, sont responsables des désastres environnementaux et du réchauffement climatique. Ils ont créé une dette écologique envers les pays africains qui subissent le plus fortement ces pollutions, sans y avoir participé. Cette dette énorme n’a pourtant jamais été honorée. Le fonds vert institué à Copenhague &#8211; qui se veut être une forme de compensation à cette dette écologique &#8211; doit financer les mesures d’adaptation au réchauffement climatique. Or, il sera géré par la Banque mondiale. Une fois de plus, les mesures qui s’annoncent seront en faveur du verdissement du capitalisme, pour lui refaire une image, et non pour aider les peuples africains, les premiers touchés par ces dérèglements.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il nous faut rester optimistes. Un jour, le combat des populations africaines et des associations françaises aboutira à ce que les dettes publiques illégitimes et odieuses soient annulées, lorsqu’un audit citoyen aura été mis en place et ses conclusions reconnues, comme cela a été fait en Equateur, en 2008. Alors, cette escroquerie néocoloniale prendra fin. Le FMI et la BM lâcheront enfin les pays africains comme l’on exigé certains pays d’Amérique du sud, tels la Bolivie et l’Equateur. Ces pays pourront alors se protéger contre la concurrence déloyale des pays industrialisés, comme la France, qui subventionne son agriculture et exporte dans un système de concurrence faussée en étranglant les petits producteurs africains. Le café ou le cacao pourra entrer en Europe, après transformation locale, le rendant prêt à consommer, sans payer de taxes douanières. Les forêts primaires ne seront plus vendues en bois d’œuvre ou transformées en huile de palme exportée pour payer les dettes illégitimes. Alors oui, ce jour là, Monsieur Fillon, quand « <em>Dette publique</em> » ne sera plus synonyme d’escroquerie néocoloniale, nous ferons disparaître du vocabulaire le mot “<em>Françafrique</em>”.</p>
<p style="text-align: justify;">* Nicolas Sersiron est vice-président du CADTM-France</p>
<p><strong>Source </strong>: Bulletin d’information francophone du CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) n° 82 du 5 août 2011.</p>
<p><a href="http://www.cadtm.org/Lettre-ouverte-a-Monsieur-Francois">http://www.cadtm.org/Lettre-ouverte-a-Monsieur-Francois</a></p>
<p><strong>Pour en savoir plus </strong>:</p>
<p><strong>•</strong> DVD : « <em>Françafrique. 50 années sous le sceau du secret </em>»</p>
<p>film documentaire historique de Patrick Benquet (2010) en deux volets de 80 min. chacun (1ère partie : « Raison d’état » et 2ème partie : « L’argent roi »).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/DVDFraçafrique.jpg"><img class="size-medium wp-image-4916 aligncenter" title="DVDFraçafrique" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/DVDFraçafrique-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a></p>
<p><strong>•</strong> Livre : « <em>La Françafrique, le plus long scandale de la République »</em>, <a href="http://survie.org/qui-sommes-nous/presentation/actualite-de-l-association/FRANCOIS-XAVIER-VERSCHAVE-NOUS-A">François-Xavier Verschave</a>, Ed. Stock, 1998 .</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/FrançafriqueVerschave.jpg"><img class="size-medium wp-image-4917 aligncenter" title="FrançafriqueVerschave" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/FrançafriqueVerschave-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
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		<title>Appel aux nuits du 4 Août</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/07/28/appel-aux-nuits-du-4-aout/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2011 12:11:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Les habitants du plateau de Millevaches aux ressortissants du reste du monde. Interdite à Eymoutiers, la fête des Nuits du 4 août est aujourd&#8217;hui accueillie à bras ouverts par la commune de Peyrelevade sur le Plateau de Millevaches. Calamité pour les uns, question d’honneur pour les autres, les Nuits du 4 août auront bien lieu ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Les habitants du plateau de Millevaches aux ressortissants du reste du monde.</em></strong><em></em></p>
<p><strong><em>Interdite à Eymoutiers, la fête des Nuits du 4 août est aujourd&#8217;hui accueillie à bras ouverts par la commune de Peyrelevade sur le Plateau de Millevaches.</em></strong></p>
<p><strong><em>Calamité pour les uns, question d’honneur pour les autres, </em></strong><strong><em><a href="http://ddata.over-blog.com/4/54/92/03/nuitsdu4aoutweb.pdf">les Nuits du 4 août auront bien lieu !</a></em></strong><strong><em></em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Logo-Nuits4aout.jpeg"><img class="size-full wp-image-4860 aligncenter" title="Logo-Nuits4aout" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Logo-Nuits4aout.jpeg" alt="" width="118" height="119" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">De Oaxaca à Millevaches, de Tunis à Malo Bray-Dunes, qui a dit que les peuples ne parviendront pas à s’offrir des fêtes à leur mesure ?</p>
<p style="text-align: justify;">Qui peut prétendre que le seul avenir des humains doive s’appeler Fukushima ?</p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>RENDEZ-VOUS DONC A </em></strong><strong><em><a href="http://www.peyrelevade.correze.net/">PEYRELEVADE</a></em></strong><strong><em> LE 4 AOUT PROCHAIN</em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.peyrelevade.correze.net/"><strong>Peyrelevade</strong><strong> </strong></a><strong>: </strong><strong>premier village du monde  où le 4 août va durer </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>au moins 2 jours !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans une époque où règne le « seul contre tous » peut-on encore faire la fête à  plus de quatre sans devenir, comme le chantait Brassens, « une bande de cons » ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les peuples sont-ils condamnés à se laisser mener par « le pain et les jeux » pendant que les experts règlent leur sort avec les beaux résultats qu’on sait ?</p>
<p style="text-align: justify;">Est-il possible de réfléchir ensemble et de questionner le monde sans tomber dans les débats préprogrammés par la télévision ?</p>
<p style="text-align: justify;">Des questions parmi d’autres, que des habitants du plateau de Millevaches se proposent d’approfondir en vous invitant massivement à venir les rejoindre</p>
<p style="text-align: center;"><strong>les 4 et 5 août 2011 aux NUITS DU 4 AOUT !</strong></p>
<p style="text-align: center;">pour un moment de réjouissances et de rencontres  au pays des résistances.</p>
<p>Il y aura de la musique, des chants, des danses, des débats, de quoi boire et manger et un bal populaire</p>
<p>et la formidable envie de déboulonner les statues !</p>
<p><strong>En savoir plus </strong>:</p>
<p>- Programme mis à jour au 26 Juillet :</p>
<p><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/Les-Nuits-du-4-aout-Peyrelevade-programme-4.pdf">Les-Nuits-du-4-aout&#8212;Peyrelevade&#8212;programme-4</a></p>
<p>- Contact :<strong> </strong><a href="mailto:Nuitsdu4aout@gmail.com">Nuitsdu4aout@gmail.com</a><strong></strong></p>
<p>- Site : <a href="http://www.nuitsdu4aout.com/">http://www.nuitsdu4aout.com/</a></p>
<p>___________________________</p>
<p><strong>APPEL AUX NUITS DU 4 AOÛT</strong></p>
<p><strong>Des habitants du plateau de Millevaches aux ressortissants du reste du monde</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sur cette vieille terre de résistances, nous avons décidé de fêter à notre manière l’abolition des privilèges que la Révolution française proclama, et qu’il nous reste à réaliser. Deux siècles et demi après la première nuit du 4 août, la mise à sac de la planète par une oligarchie prédatrice qui a remplacé les aristocraties d’antan, atteint un point de non-retour. Les gouvernements qui avaient renfloué la Banque aux dépens des peuples prétendent maintenant sacrifier les peuples pour satisfaire la Banque.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, des revolutions arabes aux places occupées d’Espagne et d’Europe, des émeutes de Grèce à celles de Londres, des bloquages français aux grèves chinoises, le rêve d’un monde plus libre, plus égalitaire et plus fraternel connaît une nouvelle jeunesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Du 4 au 6 août prochain, venus des quatre coins du monde, insurgés victorieux, musiciens, travailleurs en butte à l’exploitation, saltimbanques, chômeurs heureux, étudiants enragés, citoyens au bord de la crise de nerf, cinéastes, irradiés en furie, militants lassés de s’indigner ou radicaux mélancoliques, écrivains, habitants des campagnes et des banlieues, bloggeurs, tous peu soucieux de leur reconnaissance par la société existante, se retrouveront dans les rues d’un bourg limousin</p>
<p style="text-align: justify;">Deux jours et deux nuits durant, il y aura des films, des interventions, des discussions, de l’ivresse, de la musique et des chants, l’inattendu au coin de la ruelle et les murs couverts d’expressions énigmatiques, un banquet et un bal populaire aussi. Il y aura sur cette nouvelle place Tahrir en zone rurale la même disposition à se rencontrer et à se parler que dans les rues de Tunis le 14 janvier dernier ou sur les piquets de bloquage en France pendant le mouvement contre la réforme des retraites. Pour s’arracher ensemble au cours programmé de la catastrophe, et crier « Dégage ! » à tout ce qui entend nous gouverner.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y aura à la fin une assemblée d’où partiront, à coup sûr, des projets de bouleversement pour le siècle qui vient.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme disait un graffiti de la Puerta del Sol : « L’impossible ne peut qu’advenir. »</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Nous vous attendons donc à </strong><strong><a href="http://www.peyrelevade.correze.net/">Peyrelevade</a></strong><strong> pour les Nuits du 4 août</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AfficheNuitdu4aout.jpg"><img class="size-medium wp-image-4862 aligncenter" title="AfficheNuitdu4aout" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/AfficheNuitdu4aout-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a></p>
<p><strong>Source</strong> : <a href="http://www.nuitsdu4aout.com/">http://www.nuitsdu4aout.com/</a></p>
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		<title>D&#8217;un 14 Juillet à l&#8217;autre : 1880 &#8211; 2011</title>
		<link>http://www.nsae.fr/2011/07/21/dun-14-juillet-a-lautre-1880-2011/</link>
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		<pubDate>Thu, 21 Jul 2011 11:01:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Un petit peu d&#8217;Histoire pour rappeler d&#8217;où nous venons&#8230; C’est la loi du 6 juillet 1880 qui a établi que « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle » en évoquant à la fois la prise de la Bastille en 1789 la Fête de la fédération, le 14 juillet 1790, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Un petit peu d&#8217;Histoire pour rappeler d&#8217;où nous venons&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C’est la loi du 6 juillet 1880 qui a établi que « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle » en évoquant à la fois la prise de la Bastille en 1789 la Fête de la fédération, le 14 juillet 1790, érigée en « symbole de l&#8217;union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l&#8217;égalité ».</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em><em>Il s&#8217;agissait d&#8217;installer durablement la République. Le souvenir de La Commune de Paris (Mars-Mai 1871), où le peuple ouvrier fut massacré par les Versaillais – 20.000 morts et près de 10.000 déportations en Nouvelle-Calédonie – qui avaient préféré pactiser avec l&#8217;Allemagne par peur de la révolution sociale, était présent dans les débats de 1880 sur le 14 juillet. Quatre jours après l&#8217;adoption de la loi sur la Fête nationale, le Parlement vota l&#8217;amnistie pour les condamnés de la Commune.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les deux faits sont donc liés : la Fête nationale à la date anniversaire de la prise de la Bastille et la réintégration des Communards proscrits dans la vie publique.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> C’est le contexte dans lequel se situe le discours de Victor Hugo au Sénat, qui est reproduit ci-après.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/14Juillet1880.jpeg"><img class="size-medium wp-image-4793 aligncenter" title="14Juillet1880" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/14Juillet1880-300x233.jpg" alt="" width="300" height="233" /></a></em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Lithographie anonyme où Marianne porte un bonnet phrygien, attribut révolutionnaire qui, officiellement, est encore interdit, depuis une circulaire de 1872. En arrière-plan à gauche, on distingue le bateau La Loire qui assure la liaison avec la Nouvelle-Calédonie et, donc,  le retour des communards déportés parmi lesquels Louise Michel.</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Victor Hugo. Troisième discours au Sénat pour l&#8217;amnistie. </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Séance du 3 juillet 1880.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« J&#8217;appellerai seulement votre attention sur un fait. Messieurs, le 14 juillet est une fête ; votre vote aujourd&#8217;hui touche à cette fête. Quelle est cette fête ? Cette fête est une fête populaire. Voyez la joie qui rayonne sur tous les visages, écoutez la rumeur qui sort de toutes les bouches. C&#8217;est plus qu&#8217;une fête populaire, c&#8217;est une fête nationale. Regardez ces bannières, entendez ces acclamations. C&#8217;est plus qu&#8217;une fête nationale, c&#8217;est une fête universelle. Constatez sur tous les fronts, anglais, espagnols, italiens, le même enthousiasme ; il n&#8217;y a plus d&#8217;étrangers.</p>
<p style="text-align: justify;">Messieurs, le 14 juillet, c&#8217;est la fête humaine. Cette gloire est donnée à la France, que la grande fête française, c&#8217;est la fête de toutes les nations. Fête unique. Ce jour-là, le 14 juillet, au-dessus de l&#8217;assemblée nationale, au-dessus de Paris victorieux, s&#8217;est dressée, dans un resplendissement suprême, une figure, plus grande que toi, Peuple, plus grande que toi, – l&#8217;Humanité !</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, la chute de cette Bastille, c&#8217;était la chute de toutes les Bastilles. L&#8217;écroulement de cette citadelle, c&#8217;était l&#8217;écroulement de toutes le tyrannies, de tous les despotismes, de toutes les oppressions. C&#8217;était la délivrance, la mise en lumière, toute la terre tirée de toute la nuit. C&#8217;était l&#8217;éclosion de l&#8217;homme. La destruction de cet édifice du mal, c&#8217;était la construction de l&#8217;édifice du bien. Ce jour-là, après son long supplice, après tant de siècles de torture, l&#8217;immense et vénérable Humanité s&#8217;est levée, avec ses chaînes sous ses pieds et sa couronne sur sa tête.</p>
<p style="text-align: justify;">Eh bien, messieurs, ce jour-là, on vous demande de le célébrer de deux façons, toutes deux augustes. Vous n&#8217;y manquerez certainement pas. Vous donnerez à l&#8217;armée le drapeau, qui exprime à la fois la guerre glorieuse et la paix puissante, et vous donnerez à la nation l&#8217;amnistie, qui signifie concorde, oubli, conciliation, et qui, là-haut, dans la lumière, place au-dessus de la guerre civile la paix civile.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 14 juillet a marqué la fin de tous les esclavages. Ce grand effort humain a été un effort divin. Quand on comprendra, pour employer les mots dans leur sens absolu, que toute action humaine est une action divine, alors tout sera dit, le monde n&#8217;aura plus qu&#8217;à marcher dans le progrès tranquille vers l&#8217;avenir superbe.</p>
<p style="text-align: justify;">Messieurs, ce sera un double don de paix que vous ferez à ce grand pays : le drapeau, qui exprime la fraternité du peuple et de l&#8217;armée ; l&#8217;amnistie, qui exprime la fraternité de la France et de l&#8217;humanité.</p>
<p>Rendons grâce à la République. »</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>:</p>
<p><a href="http://www.histoire-image.org/media/media.php?i=546&amp;m_enreg=1">http://www.histoire-image.org/media/media.php?i=546&amp;m_enreg=1</a></p>
<p><strong>Pour en savoir plus : </strong></p>
<p>Lire le TEXTE d&#8217;Edwy PLENEL publié le 17 juillet 2011 &#8221; <em>En défense d&#8217;Eva Joly : leur 14-Juillet et le nôtre</em>&#8221; accessible à l&#8217;adresse ci-après, incluant des DOCUMENTS SONORES (chansons et textes de : Georges Brassens, JacquesPrévert, Boris Vian etc.).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.mediapart.fr/article/offert/3d8838a29839430c0a4ebfc1f8a94f36">http://www.mediapart.fr/article/offert/3d8838a29839430c0a4ebfc1f8a94f36</a></p>
<p><a href="http://www.mediapart.fr/article/offert/3d8838a29839430c0a4ebfc1f8a94f36"> </a></p>
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		<title>« Ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut »</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jul 2011 20:50:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucette Bottinelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[À ne pas rater]]></category>
		<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Serge Halimi La crise de la dette qui balaie certains pays européens prend une tournure inédite : née du choix des Etats d’emprunter pour sauver les banques, elle place des pouvoirs publics exsangues sous la tutelle d’institutions soustraites au suffrage universel. Le destin des peuples de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande ne se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Serge Halimi</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/S.Halimi1.jpeg"><img class="size-full wp-image-4724 aligncenter" title="S.Halimi" src="http://www.nsae.fr/wp-content/plugins/S.Halimi1.jpeg" alt="" width="200" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La crise de la dette qui balaie certains pays européens prend une tournure inédite : née du choix des Etats d’emprunter pour sauver les banques, elle place des pouvoirs publics exsangues sous la tutelle d’institutions soustraites au suffrage universel. Le destin des peuples de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande ne se forge plus dans les Parlements, mais dans les bureaux de la Banque centrale, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international. En attendant une convergence des mouvements sociaux ?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Economique mais aussi démocratique, la crise européenne soulève quatre questions principales. Pourquoi des politiques dont la banqueroute est assurée sont-elles néanmoins déployées dans trois pays (Irlande, Portugal, Grèce) avec une férocité remarquée ? Les architectes de ces choix sont-ils des illuminés pour que chaque échec — prévisible — de leur médication les conduise à en décupler la dose ? Dans des systèmes démocratiques, comment expliquer que les peuples victimes de telles ordonnances semblent n’avoir d’autre recours que de remplacer un gouvernement qui a failli par un autre idéologiquement jumeau et déterminé à pratiquer la même « thérapie de choc » ? Enfin, est-il possible de faire autrement ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse aux deux premières questions s’impose sitôt qu’on s’affranchit du verbiage publicitaire sur l’« intérêt général », les « valeurs partagées de l’Europe », le « vivre ensemble ». Loin d’être folles, les politiques mises en œuvre sont rationnelles. Et, pour l’essentiel, elles atteignent leur objectif. Seulement, celui-ci n’est pas de mettre un terme à la crise économique et financière, mais d’en recueillir les fruits, incroyablement juteux. Une crise qui permet de supprimer des centaines de milliers de postes de fonctionnaires (en Grèce, neuf départs à la retraite sur dix ne seront pas remplacés), d’amputer leurs traitements et la durée de leurs congés payés, de brader des pans entiers de l’économie au profit d’intérêts privés, de remettre en cause le droit du travail, d’augmenter les impôts indirects (les plus inégalitaires), de relever les tarifs des services publics, de réduire le remboursement des soins de santé, d’exaucer en somme le rêve d’une société de marché — cette crise-là constitue la providence des libéraux. En temps ordinaire, la moindre des mesures prises les aurait contraints à un combat incertain et acharné ; ici, tout vient d’un coup. Pourquoi souhaiteraient-ils donc la sortie d’un tunnel qui ressemble pour eux à une autoroute vers la Terre promise ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le 15 juin dernier, les dirigeants de l’Irish Business and Employers Confederation (IBEC), l’organisation patronale irlandaise, se rendaient à Bruxelles. Ils demandèrent à la Commission européenne de faire pression sur Dublin pour qu’une partie de la législation du travail irlandaise soit démantelée sans tarder. Au sortir de la réunion, M. Brendan McGinty, directeur des relations industrielles et des ressources humaines de l’IBEC, déclara : <em>« Les observateurs étrangers voient bien que nos règles salariales entravent la création d’emplois, la croissance et la reprise. Or une réforme d’envergure constitue un élément central du programme qui a reçu l’aval de l’UE</em> [Union européenne] <em>et du FMI</em> [Fonds monétaire international]. <em>Ce n’est pas le moment pour le gouvernement de caler devant les décisions difficiles. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Difficiles, les décisions ne le seront pas pour tous, puisqu’elles généraliseront une tendance déjà observée dans les secteurs déréglementés : <em>« L’échelle des rémunérations pour les nouveaux salariés a baissé d’environ 25 % ces dernières années,</em> note l’IBEC. <em>Ce qui montre que le marché du travail répond</em> [sic] <em>à une crise économique et au chômage</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb1">1</a>).<em> »</em> Ainsi, le levier de la dette souveraine procure à l’UE et au FMI les moyens de faire régner à Dublin l’ordre dont rêve le patronat irlandais.</p>
<p style="text-align: justify;">La règle semble s’appliquer ailleurs puisque, le 11 juin, l’un des éditorialistes de <em>The Economist</em> signalait que <em>« les Grecs soucieux de réformes voient dans la crise une occasion de remettre le pays sur le bon chemin. Ils louent en silence les étrangers qui serrent la vis à leurs élus</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb2">2</a>)<em> ».</em> Dans le même numéro de l’hebdomadaire libéral, on pouvait aussi découvrir une analyse du plan d’austérité que l’UE et le FMI infligent au Portugal. <em>« Les hommes d’affaires jugent de façon catégorique qu’il ne faut pas s’en écarter. Pedro Ferraz da Costa, qui dirige un</em> think tank <em>patronal, estime qu’aucun parti portugais n’aurait proposé au cours des trente dernières années un programme de réformes aussi radical. Il ajoute que le Portugal ne doit pas laisser passer une telle occasion</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb3">3</a>).<em> »</em> Vive la crise, en somme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les « analphabètes » économiques paient,  imaginant qu’il s’agit  d’un tribut dû au destin</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Trente ans, c’est à peu près l’âge de la démocratie portugaise, avec ses jeunes capitaines que le peuple couvrait d’œillets pour les remercier d’avoir renversé une dictature, mis fin aux guerres coloniales en Afrique, promis une réforme agraire, des campagnes d’alphabétisation, le pouvoir ouvrier dans les usines. Là, en revanche, avec la réduction du revenu minimum d’insertion et du montant des allocations-chômage, les « réformes » libérales des retraites, de la santé et de l’éducation, les privatisations massives <em>(lire « </em><em><a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/A/20798">Cap sur l’austérité</a></em><em> »),</em> c’est le grand bond en arrière, Noël en été pour le capital. Et le sapin va continuer de ployer sous le poids des cadeaux puisque le nouveau premier ministre Pedro Passos Coelho a promis d’aller au-delà de ce que lui imposent l’UE et le FMI. Il veut en effet <em>« surprendre »</em> les investisseurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><em> « Qu’ils en soient conscients ou non</em>, analyse l’économiste américain Paul Krugman, <em>les dirigeants politiques servent presque exclusivement les intérêts des rentiers — ceux qui tirent énormément de revenus de leur fortune, qui ont prêté beaucoup d’argent dans le passé, souvent de manière étourdie, et qu’on protège à présent contre une perte en reportant celle-ci sur tous les autres. »</em> Krugman estime que les préférences de ces détenteurs de capitaux s’imposent d’autant plus naturellement qu’<em>« ils versent des sommes importantes lors des campagnes électorales et ont accès aux décideurs politiques qui, sitôt qu’ils n’exerceront plus de responsabilité publique, viendront souvent travailler pour eux</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb4">4</a>)<em> ».</em> Lors de la discussion européenne relative au renflouement financier de la Grèce, la ministre autrichienne des finances Maria Fekter estima d’abord que <em>« vous ne pouvez pas laisser les banques réaliser des profits pendant que les contribuables essuient les pertes</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb5">5</a>)<em> ».</em> Touchante naïveté, mais passagère : après avoir hésité pendant quarante-huit heures, l’Europe a laissé les « intérêts des rentiers » s’imposer sur toute la ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">En apparence, la crise de la dette souveraine découle de mécanismes « complexes » dont la compréhension exige de pouvoir jongler avec les innovations permanentes de l’ingénierie financière : produits dérivés, primes de défaillance (les fameux CDS ou <em>credit default swaps</em>), etc. Cette sophistication étourdit l’analyse, ou plutôt la réserve au petit cénacle des « comprenants », qui sont généralement les profiteurs. Eux encaissent en connaissance de cause, pendant que les « analphabètes » économiques paient, imaginant peut-être qu’il s’agit d’un tribut dû au destin. Ou à une modernité qui les dépasse, ce qui revient au même. Essayons donc plutôt la simplicité, c’est-à-dire la politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Autrefois, les monarques européens obtenaient des prêts des doges de Venise, des marchands florentins, des banquiers génois. Nul ne pouvait les contraindre à rembourser ; parfois ils s’en dispensaient, ce qui réglait le problème de la dette publique… Beaucoup plus tard, le jeune pouvoir soviétique fit savoir qu’il ne s’estimait pas comptable des sommes empruntées et dilapidées par les tsars : des générations d’épargnants français se retrouvèrent alors avec des emprunts russes sans valeur dans leur grenier.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais d’autres moyens, plus subtils, permettaient de desserrer le garrot de la créance (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb6">6</a>). Ainsi, la dette publique britannique passa entre 1945 et 1955 de 216 % à 138 % du produit intérieur brut (PIB) ; celle des Etats-Unis, de 116 % à 66 %. Sans plan d’austérité, au contraire. Bien sûr, le développement économique impétueux de l’après-guerre résorba automatiquement la part de la dette dans la richesse nationale. Mais ce ne fut pas tout. Car les Etats remboursaient alors une valeur nominale qui s’amenuisait chaque année du niveau de l’inflation. Quand un prêt souscrit avec un intérêt annuel de 5 % est remboursé avec une monnaie qui fond tous les ans de 10 %, ce qu’on appelle le « taux d’intérêt réel » devient négatif — et c’est le débiteur qui gagne. Justement, de 1945 à 1980, le taux d’intérêt réel fut négatif presque chaque année dans la plupart des pays occidentaux. Résultat, <em>« les épargnants déposaient leur argent dans des banques qui prêtaient aux Etats à des taux inférieurs à celui de l’inflation</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb7">7</a>)<em> ».</em> La dette publique se dégonflait alors sans grand effort : aux Etats-Unis, des taux d’intérêt réels négatifs rapportèrent au Trésor américain un montant égal à 6,3 % du PIB par an pendant toute la décennie 1945-1955  (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb8">8</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi les « épargnants » acceptaient-ils d’être grugés ? C’est qu’ils n’avaient guère le choix. En raison du contrôle des capitaux, de la nationalisation des banques aussi, ils ne pouvaient faire autrement que de prêter à l’Etat, lequel se finançait ainsi (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb9">9</a>). Impossible alors pour de riches particuliers d’acheter des placements spéculatifs brésiliens indexés sur l’évolution des prix du soja dans les trois années à venir&#8230; Restaient la fuite des capitaux, les valises de lingots d’or quittant la France pour la Suisse à la veille d’une dévaluation ou d’une échéance électorale que la gauche risquait de remporter. Mais les fraudeurs pouvaient se retrouver en prison.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec les années 1980, le décor est bouleversé. Les revalorisations de salaires au rythme de l’inflation (échelle mobile) protégeaient la plupart des travailleurs des conséquences de cette dernière, pendant que l’absence de liberté des mouvements de capitaux obligeait les investisseurs à endurer des taux d’intérêt réels négatifs. Désormais, ce sera le contraire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le peuple a compris  qu’il ne serait jamais assez pauvre  pour que le système le prenne en pitié</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’échelle mobile des salaires disparaît presque partout — en France, l’économiste Alain Cotta nommera cette décision majeure, prise en 1982, le <em>« don Delors »</em> (au patronat). Par ailleurs, entre 1981 et 2007, l’hydre de l’inflation est terrassée et les taux d’intérêt réels deviennent presque toujours positifs. Profitant de la libéralisation des mouvements de capitaux, les « épargnants » (précisons qu’il ne s’agit ici ni de la retraitée de Lisbonne disposant d’un compte à la poste, ni de l’employé de Salonique…) mettent les Etats en concurrence et, selon l’expression fameuse de François Mitterrand, <em>« gagnent de l’argent en dormant ».</em> Prime de risque sans prise de risque ! Est-il vraiment utile de souligner que passer de l’échelle mobile des salaires avec des taux d’intérêt réels négatifs à une baisse accélérée du pouvoir d’achat avec une rémunération du capital qui s’envole entraîne un renversement total de la donne sociale ?</p>
<p style="text-align: justify;">Apparemment cela ne suffit plus. Aux mécanismes qui favorisent le capital au détriment du travail, la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne [BCE], FMI) a choisi d’ajouter la contrainte, le chantage, l’ultimatum. Des Etats exsangues d’avoir trop généreusement secouru les banques implorent un prêt pour boucler leurs fins de mois ; elle leur enjoint de choisir entre la purge libérale et la faillite. Toute une partie de l’Europe, qui hier déboulonnait les dictatures d’António de Oliveira Salazar, de Francisco Franco, des colonels grecs, se retrouve ainsi ravalée au rang de protectorat administré par Bruxelles, Francfort et Washington. Mission principale : protéger la finance.</p>
<p style="text-align: justify;">Les gouvernements de ces Etats demeurent, mais uniquement pour surveiller la bonne exécution des ordres et recevoir les éventuels crachats de leur peuple, qui a compris qu’il ne serait jamais assez pauvre pour que le système ait pitié de lui. <em>« La plupart des Grecs,</em> relève <em>Le Figaro, comparent la tutelle budgétaire internationale à une nouvelle dictature, après celle des colonels, que le pays traversa de 1967 à 1974</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb10">10</a>).<em> »</em> Comment imaginer que l’idée européenne sortira grandie de se trouver ainsi associée à une camisole de force, à un huissier étranger qui s’empare de vos îles, de vos plages, de vos Haras nationaux, de vos services publics pour les revendre au privé ? Depuis 1919 et le traité de Versailles, qui ignore ce qu’un tel sentiment d’humiliation populaire peut déchaîner de nationalisme destructeur ?</p>
<p style="text-align: justify;">D’autant que les provocations se multiplient. Le prochain gouverneur de la BCE, M. Mario Draghi, qui comme son prédécesseur dispensera des consignes de « rigueur » à Athènes, était vice-président de Goldman Sachs au moment où cette banque d’affaires aidait la droite grecque à maquiller les comptes publics (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb11">11</a>). Le FMI, qui a aussi un avis sur la Constitution française, demande à Paris d’y introduire une <em>« règle d’équilibre des finances publiques »</em> ; M. Nicolas Sarkozy s’y emploie.</p>
<p style="text-align: justify;">De son côté, la France fait savoir qu’elle aimerait qu’à l’instar de leurs homologues portugais les partis grecs <em>« s’unissent et forment une alliance »</em> ; le premier ministre François Fillon comme M. José Barroso, président de la Commission européenne, ont d’ailleurs tenté d’en convaincre le dirigeant de la droite grecque, M. Antonis Samaras. Enfin M. Jean-Claude Trichet, président de la BCE, imagine déjà que <em>« les autorités européennes aient un droit de veto sur certaines décisions de politique économique nationale</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb12">12</a>)<em> ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le Honduras a créé des zones franches où la souveraineté de l’Etat ne s’applique pas (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb13">13</a>). L’Europe institue à présent des « sujets francs » (économie, social) à propos desquels le débat entre partis politiques s’évanouit, puisqu’il s’agit de domaines de souveraineté limitée ou nulle. La discussion se concentre alors sur les « thèmes de société » : burqa, légalisation du cannabis, radars sur les autoroutes, polémique du jour à propos de la phrase malencontreuse, du geste impatient, du juron d’un homme politique étourdi ou d’un artiste qui a trop bu. Ce tableau d’ensemble confirme une tendance déjà perceptible depuis deux décennies : la délocalisation du pouvoir politique réel vers des lieux d’apesanteur démocratique. Jusqu’au jour où l’indignation éclate. Nous y sommes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Réclamer l’« impossible » quand,  en ricanant, les libéraux  parachèvent l’insupportable</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’indignation est désarmée sans connaissance des mécanismes qui l’ont déclenchée et sans relais politiques. Les solutions — tourner le dos aux politiques monétaristes et déflationnistes qui aggravent la « crise », annuler tout ou partie de la dette, saisir les banques, dompter la finance, démondialiser, récupérer les centaines de milliards d’euros que l’Etat a perdus sous forme de baisses d’impôts privilégiant les riches (70 milliards rien qu’en France depuis dix ans) — sont connues. Et des gens dont la maîtrise de l’économie n’a rien à envier à celle de M. Trichet, mais qui ne servent pas les mêmes intérêts que lui, les ont détaillées (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb14">14</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit donc moins que jamais d’un débat « technique » et financier, et bien plutôt d’un combat politique et social. Assurément, les libéraux ricaneront que les progressistes réclament l’impossible. Mais que font-ils d’autre, eux, que parachever l’insupportable ? Le temps est donc peut-être à nouveau venu de se remémorer l’exhortation que Jean-Paul Sartre prêtait à Paul Nizan : <em>« Ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut</em> (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nb15">15</a>).<em> »</em></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Serge Halimi.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh1">1</a>) « <a href="http://ibec.com/IBEC/Press/PressPublicationsdoclib3.nsf/vPages/Newsroom~ibec-in-brussels-on-concerns-about-reform-of-wage-rules-15-06-2011?OpenDocument?OpenDocument">IBEC in Brussels on concerns about reform of wage rules</a> », IBEC, 15 juin 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh2">2</a>) Charlemagne, « <a href="http://www.economist.com/node/18805263">It’s all Greek to them</a> », <em>The Economist,</em> Londres, 11 juin 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh3">3</a>) « <a href="http://www.economist.com/node/18805349">A grim inheritance</a> », <em>The Economist,</em> 11 juin 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh4">4</a>) Paul Krugman, « <a href="http://www.nytimes.com/2011/06/10/opinion/10krugman.html">Rule by rentiers</a> », <em>The New York Times,</em> 10 juin 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh5">5</a>) <em>International Herald Tribune,</em> Neuilly-sur-Seine, 15 juin 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh6">6</a>) Lire Laurent Cordonnier, « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2010/03/CORDONNIER/18883">Un pays peut-il faire faillite ?</a> », <em>Le Monde diplomatique,</em> mars 2010.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh7">7</a>) <em>Cf.</em> « <a href="http://www.economist.com/node/18834259">The great repression</a> », <em>The Economist,</em> 18 juin 2011, qui détaille l’histoire de ce mécanisme.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh8">8</a>) <em>Ibid.</em></p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh9">9</a>) Lire Pierre Rimbert, « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2009/04/RIMBERT/17031">“Nous avons eu le pouvoir, maintenant il nous faut l’argent”</a> », <em>Le Monde diplomatique,</em> avril 2009.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh10">10</a>) <em>Le Figaro,</em> Paris, 16 juin 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh11">11</a>) Lire « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2010/03/HALIMI/18882">Bien mal acquis profite toujours (à Goldman Sachs)</a> », <em>Le Monde diplomatique,</em> mars 2010.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh12">12</a>) Reuters, 2 juin 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh13">13</a>) Lire Maurice Lemoine, « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/06/LEMOINE/20656">Villes privées dans la jungle</a> », <em>Le Monde diplomatique,</em> juin 2011.</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh14">14</a>) Sur chacun de ces sujets, <em>Le Monde diplomatique</em> a publié de nombreuses propositions depuis deux ans. On lira également le « <a href="http://atterres.org/?q=node/1">Manifeste des économistes atterrés</a> ».</p>
<p>(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760#nh15">15</a>) Préface de Jean-Paul Sartre à <em>Aden Arabie,</em> Maspero, Paris, 1971.</p>
<p><strong>En savoir plus </strong>: lire le dossier « <em>Vent de fronde en Europoe </em>» pages 7 à 10 du Monde diplomatique de Juillet 2011.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Source </strong>: Le Monde diplomatique de Juillet 2011, en kiosques actuellement.</p>
<p><a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760">http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760</a></p>
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