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La remise des clés à St-Pierre
Publié le 28 juillet 2011 par Lucette Bottinelli

EVANGILES DE L’ENFANCE – Partie I

Notre ami Claude BOURET vient de suivre une session de réflexion sur les « Evangiles de l’enfance » (Mathieu et Luc) ; pour nous faire partager son enthousiasme il a rédigé ses notes, qui seront publiées progressivement sur le site, avec les textes d’Evangile correspondants.


Cette étude se réfère aux chapitres 1 et 2 respectivement de Mathieu (Naissance et enfance de Jésus) et de Luc (Naissance et vie cachée de Jean-Baptiste et Jésus) ; elle a été créée et dirigée par M.D., Oratorien.

Dans le premier volet qui suit :

« Les Evangiles de l’enfance – Partie I » on trouvera les notes de CB comme introduction générale à l’étude.

Introduction générale

Ces parties des évangiles sont à la fois trop connues, inconnues, mal connues. Elles ont beaucoup inspiré les artistes. Nous sommes beaucoup influencés par le côté affectif de la fête de Noël.

Mais, « texte sans contexte n’est qu’errance des mots » On ne peut pas comprendre les évangiles de l’enfance si on ne connaît pas l’Ancien Testament. On a besoin du contexte de ces écrits.

De quels moyens disposaient leurs auteurs ? Ils ont été écrits 70 à 80 ans après la naissance du Christ.  La culture hébraïque est très différente de la culture grecque, et il faut bien connaître les débats théologiques de cette époque où il n’y a nullement la volonté de raconter la naissance de Jésus.

Jésus apparaît comme un envoyé en mission après le baptême avec Jean, le baptiste. Dans l’évangile de Marc on voit nettement le regard posé sur l’homme : Jésus è  Messie è Christ. La mort et la résurrection sont les moteurs de la vie des apôtres : ils proclament « Il est Vivant, Celui qu’on a vu mort ! ». En lisant les épitres de Paul, on ne sait rien de la vie de Jésus. Les réceptionnaires des lettres de Paul comprennent ce qu’il veut dire, car, déjà, circulaient les récits (que les auteurs des évangiles allaient mettre par écrit pour leurs communautés respectives).

La première église chrétienne s’est rapidement divisée sur ce qu’était la personne de Jésus. Il y eut 4 tendances :

1- Si Jésus est un homme, alors il ne peut pas être Dieu (thèse des « ébionites ») D’où, au IVème siècle, l’hérésie d’Arius.

2- Si Jésus est Dieu, il ne peut pas être homme, il ne peut pas mourir : position des Docètes qui disent que la vie de Jésus n’est qu’une apparence, il n’est jamais mort.

3- Les gnostiques disent qu’il peut être à la fois Dieu et homme, mais Dieu seul peut en donner la connaissance à certains ; ils n’ont pas la vision incarnée, leur position est compliquée.

4- Jésus est à la fois Dieu et Homme : c’est la base de la Foi chrétienne.

Toutes ces idées étaient débattues à l’époque où l’on a commencé la rédaction des évangiles dans un contexte de discussions théologiques très mouvementé.

Marc démarre son évangile sur la mission de Jésus, et décrit sa vie publique. Mathieu et Luc veulent commencer par dire « mais qui est donc cet homme ? » Il faut bien s’ancrer dans l’esprit que Mathieu et Luc ne cherchent pas à raconter COMMENT Jésus est né ni COMMENT il a été conçu, ce n’est pas l’idée des évangiles de l’Enfance ! Ils sont en plein milieu de la querelle identitaire de l’époque : QUI EST Celui qui est né ? Leurs évangiles racontent comment cet homme les a accompagnés, ils veulent d’abord montrer qu’il est LE FILS DE DIEU.

Dans l’évangile de Jean, il n’y a ni naissance, ni fécondation, dès l’origine Jésus est Dieu et sait qu’il est Dieu. Un des textes de Vatican II, Dei Verbum, article 12, dit ceci :

« Puisque Dieu parle dans la Sainte Écriture par des intermédiaires humains, à la façon des hommes, l’interprète de la Sainte Écriture, pour saisir clairement quels échanges Dieu lui-même a voulu avoir avec nous, doit rechercher ce que les hagiographes ont eu réellement l’intention de nous faire comprendre, ce qu’il a plu à Dieu de nous faire connaître par leur parole.

Pour découvrir l’intention des hagiographes, il faut entre autres choses être attentif aussi ” aux genres littéraires “. En effet la vérité est proposée et exprimée de manière différente dans les textes qui sont historiques à des titres divers, dans les textes prophétiques, les textes poétiques, ou les autres sortes de langage. Il faut donc que l’interprète recherche le sens qu’en des circonstances déterminées, l’hagiographe, étant donné les conditions de son époque et de sa culture, a voulu exprimer et a de fait exprimé à l’aide des genres littéraires employés à cette époque. Pour comprendre correctement ce que l’auteur sacré a voulu affirmer par écrit, il faut soigneusement prendre garde à ces façons de sentir, de dire ou de raconter, qui étaient habituelles dans le milieu et à l’époque de l’hagiographe, et à celles qui étaient habituellement en usage ça et là à cette époque, dans les relations entre les hommes. »

(à suivre)

Notes rédigées par Claude Bouret – 23 juillet 2011

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