Que fait la COMECE ?
Le Conseil d’administration de NSAE a mis en place un groupe de travail chargé d’étudier, à la lumière des textes qu’elle publie, les objectifs et le travail de la COMECE. Nous présentons ici une première analyse, effectuée à partir des documents rassemblés sur le site www.comece.org.
1- La COMECE : objectifs, structure et domaines d’activité
La COMECE (créée le 3 mars 1980) est la Commission des Episcopats de la Communauté européenne. Cette commission est composée d’Evêques délégués par les conférences épiscopales dans les Etats membres de l’Union européenne. Elle possède un Secrétariat permanent à Bruxelles.
Objectifs
- Accompagner et analyser le processus politique de l’Union européenne.
- Informer et conscientiser l’Eglise sur les développements de la législation et des politiques européennes.
- Encourager la réflexion, basée sur l’enseignement social de l’Eglise, sur les défis posés par la construction d’une Europe unie.
Structure
Les Evêques se réunissent deux fois par an en session plénière. Le Nonce apostolique détaché auprès des Institutions européennes participe également à ces sessions plénières. Un comité exécutif, composé du Président, des deux Vice-Présidents et du Secrétaire général, assure la continuité du travail de la COMECE entre les sessions plénières.
Domaines d’activités
I- Eglise, Religion, Europe : L’Eglise catholique en Europe; Oecuménisme; Dialogue avec d’autres religions; Relations Eglise – Etat en Europe
II- L’Union dans le monde : Politique étrangère et de sécurité; Commerce et Gouvernance mondiale; Coopération au développement
III- Économie et Société : Affaires sociales; Société de l’information; Recherche et bioéthique; Education et Jeunesse.
IV- Droit et Justice : Droits de l’Homme; Asile et Migrations; Questions juridiques; Relations Eglise – Etat en Europe
V- L’Avenir de l’Union : Intégration européenne; Européanisation de l’Union.
2- Premiers commentaires du Groupe de Travail
L’importance de l’éventail des questions auxquelles s’intéresse la COMECE traduit clairement son souci d’être un interlocuteur incontournable pour les instances dirigeantes européennes. A lire les textes, on s’aperçoit assez vite que certaines questions motivent plus que d’autres. Les évêques montrent un souci constant de défendre dans le texte constitutionnel l’article I-51, la référence à Dieu et celles aux racines chrétiennes. Ils s’opposent avec opiniâtreté à tout ce qui pourrait favoriser, même de façon très détournée, les lois sur l’avortement, ou concurrencer la seule “vraie famille”. Les beaux principes sur la politique d’asile et d’immigration, par exemple, ne bénéficient pas de la même pugnacité. La réticence à évoquer la justice ou l’égalité des droits est manifeste. Le terme consacré (dont on ignore de quelle façon juridique il pourrait se traduire) est celui d’égale dignité.
Deux sujets nous ont paru particulièrement importants : Celui de la “Gouvernance mondiale” pour lequel la COMECE s’est entourée d’un groupe d’experts présidé par Michel Camdessus. Nos amis de “Noi siamo Chiesa” ont étudié ces rapports en détails dans un document que NSAE est disposé à diffuser à tous ceux qui le souhaitent (3 pages). La revue Parvis en a publié de larges extraits dans le numéro 22. L’une des conclusions du GT est de proposer à NSAE d’adopter les termes de ce rapport.
Le second sujet d’importance est celui des rapports avec l’islam. Il est significatif que la COMECE ait choisi Saint Jacques de Compostelle (qualifiée par le pape de “capitale spirituelle de l’Europe”) pour marquer l’unification de l’Europe. Saint Jacques le Majeur, l’apôtre de l’Espagne, mort à Jérusalem, enterré en Galice, est devenu au IXème siècle le “Matamore” (= tueur de Maures), symbole de la lutte contre les Maures. Saint Jacques de Compostelle a symbolisé la Reconquista de l’Espagne chrétienne sur l’islam : on l’a appelée la lutte de la croix contre le croissant, du Christ contre Mahomet. Selon la légende, Saint Jacques est apparu en 844, monté sur un cheval blanc, l’épée à la main, guerroyant contre les Arabes. Le Président Zapatero, qui accompagnait en juillet dernier le roi Juan Carlos à Compostelle, n’a pas beaucoup apprécié de s’être trouvé dans l’ombre de cette statue, toujours présente dans la cathédrale…
Ce combat fait-il partie des “racines chrétiennes de l’Europe” ? Ne va-t-on pas à contre-sens de ce que voulait être la construction européenne à ses débuts : une réconciliation entre d’anciens ennemis, permettant d’éviter de renouer avec des affrontements passés ?
Le Groupe de Travail “COMECE”, 29 et 30 janvier 2005
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